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HISTOIRE
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CHARLES VHIL
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HISTOIRE 21479
CHARLES VIIL
ROY DE FRANCE;
| TARK
| GUILLAUME DE JALIGNYŸ.,
ANDRÉ DE LA VIGNE,
& autres Hiftoriens de ce temps- la.
OÙ SONT DECRITES LES CHOSES LES PLUS
| memorables arrivées pendant ce Regne, depuis 14 83.
| jufques en 1498.
| ENRICHIE DE PLUSIEURS MEMOIRES,
Obférvations , Contracts de Mariage, T raitez, de Paix, t autres
L Titres € Pieces Hifioriques non encore imprimées.
| | Le tout recucïlli par feu Monfiu GODEFRO#Y, Confeiller
& Hiftoriographe ordinaire du Roy.
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DE L'IMPRIMERIE ROYALE,
| Par SEBASTIEN MABRE-CRAMOISY, Imprimeur de Sa Majcfté,
& Directeur de fon Imprimerie Royale.
M. DC. LXXXIV.
LESIRIINIIENSELIIIELES
£#
SÉSÉSRESÉTESITÉEPINTTE
OO TABLE
DES AUTEURS
contenus en cette Hiftoire.
H ISTOIRE de plufienrs chofes memorables aduenuës
du regne de Charles VIII. Roy de France, és an-
nées 14861487 1488 148 9. par Guillaume
de Taligny. page 3
Extrait d'une Hifioire de France manuscrite, qus commence
l'an 1270. € finit lanisro. | 9I
Extrait de l'Hiftoire du Voyage de Naples du Roy Char-
des VITT. mifé par écrit en forme de Journal, de fôr
exprés vouloir 7 commandement , par André de la
_ Vigne Secretaire d'Anne de Bretarne Reine de Fran-
ce. nu 114
Relation du meme Voyage du Roy Charles VIII. pour
la conquesfe du Royaume de Naples; qui fert de fup-
plement an Fournal précedent : par Pierre Defrey de
T royes. | _ Ro 190
Hisloire de Louys Seigneur de la T rimbuille, dit le Cheva-
lier [ans reproche, ejcrite par Iean Bouchet; dans laquelle
il y a quelques circonftances qui éclairciront l'Hifforre de
C arles V’IITZ. — 207
Georgij Flori Mediolanenfis Ï C. de expeditione Caroli
VIII. in Neapolitanum Regnum libri duo. 216 .
Legatio Gallicana de expéditione Italica Regis Franco-
rum Caroli VIII. Ex Bibliotheca Danielis Schneideri
IC. &Cäncellarij Ducalis Megalopolitani , Gonfiliarii-
_ que Saxonici Vimarienfis. | 238
Extrait de l'Hiftoire de Louys Duc d'Orleans , depuis dou-
Liéme du nom, Roy de France, en ce qui regarde celle
du Roy Charles VIII. En Latin. | 253
Extrait d'une Hifloire abregée manuftrite des Rois de Fran-
ce, recucillie par Albert Cattanée Archidiacre de Cre-
mone. En Latin. 277
4 19
Extrait d'une autre Hifioire abregée des Roys de France,
intitulée, Francorum Regum Genealogia, par Sympho-.
rian Champier Medecin d'Antoine Duc de Lorraine.
284 — |
Extrait d'uneautre Histoire, dont le titre eff, Trophæum
Gallotüm, par le mefme Ghampier, où eft le Traité de
Paix du Roy Charles VIII. auéc le Pape Alixan-
dre VI. 7
Extrait du Livre intitulé: Efigies Regum Francorum om-
nium, à Pharamundo ad Henricumi vique Tertium, ad
viuum expreflæ. +. 290
Extrait du Livre intitulé : Omnium Regum Francorum,
à Pharamundo vique ad Carolum Nonum, Vitæ bre-
uiter complexæ , atque certis epigramimatis illuftratæ,
authore Henrico Pantaleone. oo 291
Extrait du Livre intitulé : Epitome des Gestes des cin-
quante-buit Rois de France, depuis Pharamond jufques
au “Roy Françors I. | | 292
Extrait du Livresntitulc: Les anciennes 7 modernes G'e-
mealogies des Rois de France, auec leurs Epitaphes ©
Effigies, par Jacques Bouchet : | 294
Extrait du Livre intitulé : Chronique abregée ou. Recueil
des faits, gestes \@7 vies illuitres des Rois de France
jufques à Charles IX. | 296
Extrait du Recucil des Antiquitez, de l'Abbaye de Sains
Denis, 06 font les fépultures ex tombeaux des Rois de
France. | . à 297
Extrait d'un Livre intitulé: Stephani Pafchafj IC. ac in
Senatu Parifienfi Patroni, Iconum liber. 301
Extrait d'un Livre intitulé: Theodori Pafchafij in Fran-
corum Regum Icones, notæ. 302
Extrait du Livre intitulé : La Franciade , ou l'HiShoire
generale des Rois de France. 302
Extrait du Livre des Antiquitez, © fingularitez les plus
remarquables de Paris. 39
TT)
TABLE
des Pieces imprimées parmi les Obfervations
fur cette Hiftoire.
NSTRUCTION d# Roy Louys X I. à fon fi le
Roy Charles VIII. 21. Septembre 1 4 8 2. page 307
Extrait dela N egotiation LS Geurs de Rochechouart € …
bot Amballadenurs a Rome, 148 2.
Lettre du fieur de Haraucourt au Roy Louys X I. au fe
de l'Euefque de Verdun, 8. OGobre 1482. 31$
Lettre du mefme au Gouuerneur de Provence [ur le ir
fuiet, 8. Ofobre 1 4 8 2. |
Lettre du fieur de Lenoncourt au Roy Louys XI. fr :
mefme [uiet, 9. Octobre 148 2. 317
Aix autres Lettres fur le mefme fuiet. 317. 318. 319. € 320
Trois Lettres an Roy Louys XI. touchant la Ducheffe de
. Milan, Bonne de Savoye, S gt €7 Octobre 148 2.
320, @) 321
Memoire touchant lex T'raitez, d Arras, de Francfort, &)
de Senlis en 148 2. 1489.@ 1493. | 323
Traité de Paix conclu à Arrasle 23. Decembre 1 4 8 2. 314
… Attes' de Ratification du Traité d'Arras,*. 344. 346.348
Rs au fuiet des mœurs &7 vertus du Roy Charles VIII.
Obitus Regis Ludouici XI.
. : Pape Si ixte V. en ‘fiser à du Chapitre F Chery
352
Ordre . Roy Charles VII 1 aux Gens des (omptes d'exer.
cer leur Offices 54 : ues à ve qu'autrement en ait cfté or-
donné, 11. Septembre 1 4 8 3. ‘ibid,
Réuocation du Domaine aliené, 22. Septembre 1483. 35;
Confirmation des Privileges des habitans de la ville de
Compiegne, S eptembre 1483. 35
Confirmation dn Bailly de Saint Pierre le Monflier, 359
Provifions de la Charge de Conneftable en fancur de Lean
Duc de: Bourbon ex d'Auuergne, 23. OŒobre 1483. 359
Défenfes de verifier les dons du Domaine € droits fer le
Sel, 29. Octobre 1483. | a 361
Don au Comte de Dunvis de certaine Jômme à prendre fur
les babitans de Briançonnois en Dauphiné, 13. br *
bre 1483.
Téflament de Charloste de Savoye veune du sl Louys À L
1. Decembre 1 48 3. 363
Effat des Officiers de [a Maifi n. 365
Inventaire de [es meubles. 367
Don aux Chanoines de la Sainte Chapelle du renenu des
Regales, 4. Decembre 1 4 8 3. 368
Circonflances de la vie &) des PE du Chancelier Guilau-
me de Rochefort. 371
Provifions de l'Office de Chancelier en [a faucur, 22. Septem-
bre 1483. 372
Memoire concernant le Chancelier Adam Fumée 373
Confirmation des Priuileges des Marchands de la Hanfe
Teuthonique , Septembre 1 4 8 3. 374
Hommage de la Terre le. 27. Decembre 1483. 381
(Confirmation des Privileges de la Rochelle, Decembre 1 48 3.
382
vs du Cardinal de la Balluë, touchant les affaires qu'il
negocioit a Rome pour le feruice dn Roy, 4. Mars 1483.
386
Lettres du Roy touchant La jouiffance des terres de la Ma
fon d' Armagnac; 5. Mars 148 3. 387
PR es alliances de France @ d'Efcofe, 22. Mars
483 389
S re ance des appellations des Fuffices de Flandres, 5. De-
_cembre 1483. 394
Effat des cent Lances de la Maifin du Roy, 1483: 396
Appellation des Prowufions de l'Enefché de Tournay, données
fans le conféntement du Roy, 19, Nouembre 1 4 8 3 397
rs “ Duc d'Orleans au fuict de la tenuë des Effars,
399
or on en l'Affemblée des E frats de Tours, ibid,
Nom des S egneurs & Depntez qui y afifferent, 400
Cahier prefenté au Roy par les Gens des srois Effats, 404
Refponjes du Roy à ce cahier, | 418
Circonftances mé concernent les Effats > Ti OUrs , 424
Memoire touchant le Sacre 7 Couronnement du # RO Char-
des VIIL 148 4. _. 428
Union
Union de la Baronnie de Mont-Doubleau an (ümté de
Vendofme , May 1 4 8 4. os 418
Memoire touchant les alliances avec les Snifles ; 432
Entrée du Roy Charles VIII. à Paris, 148 4. ibid.
Relation de ce qui fe pale en France au fujet du Cardinal
- de la Ballue Legat à latere, 1484. 440
Contrat de Mariage de: Gilbert de Chabannes Seigneur
de (urton, @ de Catherine de Bourbon, eAouft 1 48 4.
44 |
Confrmation des Priuileges des Officiers de Vincennes,
445 —
Deux Lettres du. Duc d'Orleans , touchant les differends'
d'entre luy & le Duc de Lorraine, 30. Aout © 5. Se-
ptembre 148 4. 450: 4$t
Promeffe de René Duc de Lorraine, de prendre le parti du
Roy Charles VIIL 29. Septembre 148 4. 451
Erection d'une Foire franche à Dunquerque , Septembre
1484... | | 45à
Commifion e7 inffruction pour accommoder le différend tou-
chant les pays de Foix, Bigore, & autres, Oifobre 148 4:
| 454 455 | |
Articles preféntez; an Roy de la part du Duc de Bretagne,
"1484 | 456
Traité entre le Roy Charles VIII. & les Seigneurs de.
- Bretagne,1484: | huh 457
Promefe des Seigneurs de Bretagne de reconnoiftre le Roy
Charles VIII. pour Souverain , aprés la mort du Duc
François , 28. Odtobre 1484. 453
Lettres de confederation entre les fieur &7 Dame de Beau-
jen € ceux du pays de Flandres, 25. Oltobre 148 4.
460 E
Lettres du Roy Charles VIIL ‘an fujet de la Gardenoble
ae Philippes Archiduc d'Anftriche, 27. Décembre 1 4 84.
4.61 |
Revocation du Domaine aliené, 27. Decembre 1 48 4.
_ 46; se
Remonffrances du Duc d'Orleans au Parlement de Paris,
touchant les defordres de l'Etat, fanvier 1484. 466
Lettres du Roy Charles VIII. par lefquelles sl vent _ le
Comte de Romont, Marie &' Francçoife de Luxemboure
| €
foient compris au Traité d'Arras fait en 1483: 28,
Janvier 1484 | . 469
Lettres du Roy (harles VTT I par lefquelles il prend comme
Souverain Seigneur les Flamans en [a protection, ÿ. Fe.
vrier 148 4. | _ 472
Exemption de Ban & Arriere-ban, €9 de bailler déclara-
tion de Fiefs en faveur des Officiers du Parlement de
Paris, Février 1484. | . 473
Traité des Droits du Roy an Royaume de Sicile, (omté de
Provence, er autres pays © Seigneuries, | 476
Refponfés aux prétentions du Duc de Lorraine jur les
Dacbez, d'Anjou , Comtez, de Provence és du Maine,
& autres Sergneuries , | 433
Effar des Gentilshommes de l'Hofiel du Roy,148 5. 485
Resbonfé des Seigneurs de Bretagne aux articles du Duc,
Jur ce qui a efté entrepris an Chaftean de Nantes, Aouft
Traité de Mariage de René II, Duc de Lorraine 7 d
Philippes de Gueldres , 28. Aouft 1485. 487
Dispenfe du Pape pour la diffolution du Mariage de René
Duc de Lorraine avec Teanne d'Harcourt, 31. Janvier
1488 | 49L
Arrests contre le Duc d'Orleans, Septembre 1 48 ÿ, 492
Procés verbal entre les Officiers du Roy © du Duc de Sa-
voye jèr l'hommage du Marquifat de Saluffes , Seprem-
bre 1485. 493
Ordre d# Duc de Bourbon Conneftable de France touchant
le Ban & Arricreban, Septembre 1 485. $0o
Lettre au fujet d'une Ligue entre le Comte d'Angoulefine
© le Seigneur d'Albret contre le [érvice du Roy, 20.
Ofobre 1485. soi
Publication de la T reve avec l'Angleterre, Décembre 1 48 s.
ibid.
Avis touchant l'augmentation des gens de guerre poir la
feureté du Royaume, 1485. | Soz
Lettre a Madame de Beanjen au fujet des affaires de Bre-
tagne, Janvier 1495. | fo4
Huit Lettres du Duc d'Orleans, du Prince d'Orange, ds
Comte de Dunois, er du Comte de Comminges, [ur le
mefme fujet, 1485. 1486. sos. & fuiv.
Traité d'alliance tnire les Rois de France & de Portu g al,
7: Janvier 1485. $o9
Confirmation de la Foire Saint Germain DefpreX ; Février
1485. | j10
Donation du Royaume de Cypre au Dai de Savoye, par
Charlotte Reyne de Cypres 25. Février 1 48 5. f14
Entrée du Roy Charles VIII. à Troyes 1486. sr?
Exemption de Tailles en faveur des habitans de la Ville de
Troyes, 14, Ma) 14486. ji
ÆESfabli{ement en la Ville de Troyes des Foires de Chaimpa-
gne € de Brie , Juin 1486 oo j14
Mainlevée accordée par le Roy én conféquence du ferment
de fidclité de lEsvefché de S'asnt Flour, 28, May 148 6.
539 : | |
Irftruclion an Comte de Vendofime envoyé vers le Duc de
Bourbon, 10. Juin 1486. | 531
LE net du Duc de Lorraine, 21. fuillet 1484.. 53;
Nomination du Duc de Lorraine à l'Office de Grand Cham-
bellan, 7. Aoust 1486. 53
Lettre d'Angele Cato Archevefque de Vienne ; touchant les
. affaires de Naples, 4. Septembre 1486. ibid,
Réunion du Comté de Provence à la Couranne , QŒabre
_ 1486. _ | 537
Lettre du Roy au fieur de Bou, 4. fuillet 1486. . 537
Deux Lettres du Roy des Romains er de [on Confél au
fajet des différends entre luy &) le Roy Charles V III.
| Septembre 1 4 8 6. | $40. S4I
Circonftances de la vie & des emplois de l Admiral de Gra-
ville , | | f44
Ordre touchant les gens de guerre de Picardie &7 Artaïs,
_ 1486. . 545
Traité entre le Roy des Romains €5 ceux de la Ville de
Saint-Omer, 26. fanvier 1 4.8 6. 546
Lettre de Marguerite d'Auftriche femme du Roy Charles
VIII. à Madame de Beaujeu 1 48 6. _$47
Déclaration du Roy en faveur de Marie ex Franroifé de
| Lasrmboure : Filet 1487: | $48
* Procuration pour le Mariage de François Comte de Ver:
dofme ; éÿ de Marie de Luxembourg veuve du Comte de
Romont, 3. Aouft 148 7: .. S5t
€ 1j
Contra@ de Mariage du Comte de Véndofine, ÿ. Septembre
1487. _ . 553
“Déclaration du Roy touchant la restitution des biens du
Conneftable de Saint Paul, en faveur de Marie & Fran-
çoife de Luxembourg, 1487. 558
Arreff pour l'exécuiion de la Déclaration cy-deffus , 1 4 8 8.
359 . | |
Perm:ffion au Sieur & Dame de Bcaujeu, de fe faire telles
donations qu'ils voudront , Aonft 1487: $64
Réunion an Domaine de la terre de Fontenay-le-Comte en
Poitou, 15. Février 148 7. Sn ;6$
Contrat de Mariage de Charles Comte d'Angoulefme, ©
de Lonyfe de Savoye, 16. Février 1487. _ ÿ67
Arret d'enregiftrement du Contrat cy-deffs » 19. Février
I 4. 1 7 $79
Arreft contre George d'Amboife Evefque de Montauban,
1487. | 571
Inffruétion du Pape à fes Nonces en France, touchant le
procés des Esvejques de Perigueux € de Montauban,
I 4 8 7 | | | j7t
Lettre de Jean Boëte pour le mefme fuict, ee ÿ72
Arreff contre les Evefques de Perigueux &) de Montauban,
573 oo |
Deux ordres àu fieur de Beaujeu d'afiiter au procés du
Duc d'Orleans, 20. Aouft &' 2 2. Janvier 1487. 573.
574 | |
Arrest contre le Comte de Dunois, 23. May 1488. 575
ArreSt contre le Comte de Comminges @ autres, 1488.
576 | | |
Arreff contre Philippes de Commines ; 24. Mars 148 8.
576 | |
"7 par le Procureur Général d'un Monitoire décerné par
e Pape contre les Flamans, 18. May 1488. 577
Lettres du Roy Charles VIII. au fujet de ce Monitoire,
jêr | | —.
Lettre du Seigneur de la Trimouille touchant l'efat de l'ar-
mée de Bretagne, 19. May 1488. 1 58
Denx Lettres de la Duchefe d'Orleans pour demander la
delsvrance de [on Mar) ; 534
Lettre au fujet de la conduite du Sulram ZLi%im és Terres
de l'Eglife, 26. Novembre 148 8, 586
Commiffon pour le mefme fujet, __ äbid,
Lettre touchant la Promotion an Cardinalat de François
de Savoye Archevefque d'Auch, 11. Décembre 1489.
Traité entre le Roy des Romains &) ceux du païs de Flan-
drès, 31. Décembre 1489. _ ibid,
Réfultar du Confël, i3. Octobre 1489 594
Lettre du fieur de Graville touchant l'eftat des affaires de
Normandie, 1 3: Juin 14809. 597
Lettre du Roy 4 la Ducheffe de Bourbon, 31. Juin 1489.
598 |
Nombre des Ftftes aufquelles la Ducheffe de Bourbon fe
‘peut avec dix perfonnes faire abfoudre de tous peche? ,
ibid. |
Contrat de Mariage d'Angelbert de Cleves, éx de Char-
lotte de Bourbon, 22. Fevrier 1 4 8 9: 6où
Procuration du Roy des Romains pour traiter du Mariage
d'entre luy @ Anne Duchefle de Bretagne, 20. Mars
1489 | 604
Ligue entre les Rois d'Angleterre és des Romains , contre
le Roy Charles VIII. 11. Septembre 1 49 0. 6o$
Effat des Officiers de la Maïfon de Charles VIII 1490.
609 | | |
Eftat des cent Gentilshommes de l'Hoftel du Roy, 1 49 0
6ii |
Lettre du Duc d'Orleans au fujet de ce qui fé palfoir en
Normandie; 9. fuir 1491: _ 61:
Ordre à l'Officier des Genfd'armes du Roy d'obeir au Duc
d'Orleans , 9. fnillet 149 1.
614
Reftitution en leurs biens ©) honneurs des enfans de Jacques
. d'A TMAÇTIA » Juillet >» 1491. | ibid.
Ligue entre les Ducs d'Orlcans, de Bourbon & autres, pour
le férvice du Roy, 4. Septembre 1491. 66 .
Inftruttion dun Roy à fs Ambafladenrs à Rome , 1491:
_ 617 |
Traité de M ariage entre le Roy Charles VIII. & la Reine
Anne de Bretagne, 1 3. Décembre i491.: 622
Entrée à Paris de la Reine & Anne de Bretagne, 1491.
L 625. | |
D) Ode
€
Ligue de la Reine, des Ducs d'Orleans ; de Bourbon, & au-
tres, pour le férvice du Roy, s. Juillet 1 49 2. ibid.
Deux Lettres touchant la Nasfauce du Dauphin Charles
Orland, 10. Ofobre 1492 L 617
Ceremonies du Baptefne du Dauphin Charles nee :
. ZT 2e . Je | . 1 id,
Ps or au fujet de la Fondation d'un Convent e4 la
Ville de Lyon, en faveur de Frere Ÿcan Bourgeois, 14.
es 16. Novembre 1498 _— 618, 629
Traitté entre le Roy Charles VIII & Henry VIL, Roy
d'Angleterre, 3. Novembre 1492 ibid,
CMain-levée du Temporel de l'Evefché de Paris, à caufe
du Serment de fidelité préffé par l'Evefque, 10. Décembre
1492. LL | . 367
Circonftances de la Vie, & des emplois du Cardinal Bri-
fonnet,
638
Traité de Senlis entre le Rey Charles VIII. le Roy des
Romains ex l'Archiduc d'Auftriche ; 23. May 1 49 2.
640. | |
Publication de la Paix de Senlis, 23. May 1463. 652
Promefles de purs Seigneurs € Willes pour l'execution
du Trai e de Senlis 1493 " 653. 654
Acte de délivrance de la Princefe Margucrite d'Auftriche,
12. fuir 1493. _656
Abregé de la Wie de Marguerite d’Auffriche, 658
Commiffion pour la garde d'Hefdin , Aire € Bethune en
exécution du Traité de Serlis, 659
Inffruction pour les Provifions de l'Ervefché d'Angers 1 493:
661 |
Traité de Barcelone entre le Roy de France, le Roy © le
Keyne de Cafhlle, 1 9. Janvier 1493: 661
Deux Lettres au fujet de la remifé de Perpignan, @ Comté
de Cerdaigne , 4. Juin 1493 _ 671. 674
Defcharge de la Place de Perpignan, 7. Juillet 1493. 673
Provifions du Gouvernement de Paris , [Île de France ©
Brie en faveur du (omte de Montpenfier, 9. Décembre
1493 .—. 674
Droits du Roy an Royaume de Sicile, Naples € Arragçon,
675 .
Lesre qu fujet des protestations faites par le Pape, pour la
conférvation des droits de l'Eglifé fur le Royaume de Na
ples, 3 Odobre 1494. _ 63;
Lettres du Roy pour la levée des deniers déflinez, pour la
conquefte de Naples, 1 8. Juillet 149 4. ibid,
Edit pour engager le Domaine pour fubvenir aux frais du
Voyage d'Italie, Oobre 1494. 635$
Deux Lettres au fujet d'un emprunt fur le Clergé pour le
Voyage d'Italie, 29. Octobre & 14. Décembre 149 4.
687. 688
Lettre de Guillaume Briçonnet au Duc de Bourbon, 14 9 4.
689 _.
Contract de Mariage de Fean de Boulogne © de Jeanne de
© Bourbon, veuve du Conneffable de Bourbon, 2. Fanvier
1494: _ 691
Couronnement du Roy ean d'Albret èx de Catherine de
Navarre, 1 0; fanvier 1 4.9 4 : 693
Serment de fidelité preffé au Roy par l'Abbé de Saint Amand,
24. Février 1494. Ce 699
Six Lettres du Duc d'Orleans au fujet des affaires d'Italie,
14. 15: Avrdi49 419.20. € 22. Avriliggs:
700.701. 702
Effat des Officiers de la Maifon du Dauphin, 1494.
703
Effat des Officiers de la Maïfon du Roy; 1495. 704
Effat des Officiers de la Maifon de la Reyne, 149 $+ 706
Relation des habillemens d'une Duchelfe d'Italie, 709
Relation de ce que ft le Roy Charles VIII. 4 Rome,
710
Entrée du Roy Charles VIII à Naples, 22. Février
_ 1494 | | 716
Requeste du fieur Rabot contenant plufieurs circontances
des affaires d'Itahe, . 717
Circonftances de la vie 7 des emplois du Chancelier de Gan-
A); | 719
Lettre au fuiet de la bataille de Fornonë ; 17. fuillet 14 9 5.
720 |
Provifions de l'Office de Chancelier en faveur de Robert Bri-
çonnet , 30. AOUSE 1205 t
Se | 72
Traité de Paix entre le Roy Charles VIII. & Ludovic-
Sforce Duc de Milan 10. Octobre 1 495. 712
—. dm Parlement de Bretagne, 2 JS. Novembre 149$.
Prife F de poffefion du Comté de Flandres au nom de F Archi
_… duc d'Auftriche, 26. Décembre 1495. 729
Traité de Boulogne entre la France € Anglererre 24°
May 1497 | 738
Provifi ons de Poffice de Chancelier en faveur de Guy de
Rochefort, 9. luillet 149 7. 743
Ordre pour travailler au Trefor des Chartres, 30. Décem-
Dre 1497: 1e
idiote données par les Rois aux x Peuples, 74S
Deux Lettres au [ujet du Convoy 7 Obféques du Roy Char-
les VIII. 11.7 17. Avril 1498. 745. 746
Orüre aux Gens des Comptes d'afifter aux Obfiques du Rey
* Charles VIT I Avril 149 8. 746
Ordre tenu à l'Enterrement du Roy Charles VIII. 1498.
Ordre de la Pompe Funebre du Charles VIII. paf
Co par Paris, 1498. 75%
PIECES AJOUSTEES.
Projet Pr Mariage de Charles V11 L. avec Marie brie
des Pais-bas,
Articles de Mariage entre le Duc de Bourbon Conneflable
de France E Jeanne de Bourbon, 758
HISTOIRE
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PREFACE |
PEL SN U plus ancien des Hifforiens qui zyenr
| écris du temps du Roy Charles LIT.
ne commence. qu'à la troifiéme année:
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Le Roy Charles VIII. naquit à ÆAmboifé le dernier jour
de Fuin de l'année à 47 0. à
2 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
Son Mariage fut conclu avec Marguerite file de Ma-
ximilian I. Archiduc d'Auftriche, € de Marie de Bour-
gogne, en l'année 1483. mais il n'eut pas d'effet ; pour les
raifons qu'on verra dans le cours de cette Hiffoire.
LL fucceda au Roy Louis X I. fon pere le 30. Aout de
_ l'année 1483. @' 4 cauje de fôn bas âge, il demeura, comme
le feu Roy l'avoit ordonné , fous la conduite de Pierre Se.
1483. gneur de Beaujeu, depuis II. du rom Duc de Bourbon,
d'Anne de France [a femme, fœur de ce jeune Roy.
Louis Duc d'Orleans, beaufrere du Roy pour avoir épou-
fé Jeanne de France [a [œur, &' premier Prince du Sang
Royal , depuis Roy de France [ous le nom de Louis X 1 I
#€ put fouffrir qu'on l'éloignaft de la Régence, & com-
Mença à pratiquer fous-main diver(ts ligues contre le Gou-
Vernement.
Pour éteindre ces troubles dés leur naï[ance, e7 pour ré-
former en mefne temps divers abus qui s'effoient.infenfible-
ment glffez dans le Royaume , les E ffats Gencraux fu-
rent convoquez, à Tours, © l'on y fit plufieurs beaux Ré-
glemens , qui font parmi les Preuves de cette Hifhoire.
ÆEnfuite le Roy âgé de treize à quatorze ans fut couron=
né à Reims le Dimanche 30. May 1484. par l'Arche-
vefque Pierre de Laval. — |
1484. L'année fuivante [6 paf[a affez, tranquillement , ex ce ne
fat qu'en 148 6. que le Parti du Duc d'Orleans parut for-
—— mé, © que ce Prince [è déclara onvertement. :
1485. C'esf en cét endroit que Guillaume de Faligny commence
fon Hiftoire. Nous la mettons à la tefte .: ce Recueil,
parce que de tous les Hifforiens contemporains c'eft celuy qui
a le plus fidelement rapporté toutes les intrigues de ce Re-
ges € 1 en cffoit [ans doute parfaitement inftruit , puis
qu'il effoit Secretaire de Pierre Seigneur de Beaujeu, qui gou-
vernoit alors abfolument. ci UE |
Se en a ne
HISTOIRE
DE PLVSIEVRS CHOSES MEMORABLES
aduenuës du Regne de Charles VIII. Roy de France,
és années 1486. 1487. 1488. & 1489.
Par GVILLAVME DE JALIGNY,
Secretaire de Pierre II. Duc de Bourbon, fous lequel fe pafferent les Affaires
que cét . Autheur à defcrites, | |
RESPONSE FAITE PAR CEVX
de la Ville de Paris au Duc d'AuStriche *, * C'eftoit
fur les lettres qw'il leur auoit eférites. gr
RES-HAVT & puiflant Princé,'il eft venu deuers nous vn sen
homme pottant vos Armes, {oy-difant voftre Heraut, lequel 1519:
nous a prefenté vos lettres en parchemin, & féel rouge, efquelles
vous intitulez en marge deflous les lignés, ce qui iamais n'a efté
fair en lettres à nous adrefées : Et il n'appartient à quelque Prince
que ce foit, fors au Roy noftte Souuerain Seigneur, qui eft Roy &
Émpereur en fon Royaume; lefquelles vos lettres, pour la reue-
rence, &tres-haute obeyffance que luÿ deuons, & qu’il faifoit con-
duire ledit homme portant vos armes, nous auons prifes, &faiclire
en l'Hoftel commun de cette bomne Ville & Cité de Paris : Car au-
trement pour la forme defdites lettres, & aufli pource Fu VOUS vous
eftes mis & efleué en guerre contre le Roy, noftre fouuerain Sei.
gneur, en vfurpant contte droit & raifon fes Terres, &Seigheuries,
comme Theroüenne & Montaigne, qui {ont du vray Domaine du Roy, Theroñsnne
& de fa Couronne, n’euflions receu ne veu vofdites lettres. © Mortai-
Et pource que en icelles faices grande narration d’entreprifes, A cd
que dites auoir efté faites par nos tres-tedoürèz Séigneur: & Dame, Roy.
Monfeigneur, & Madame de Beaujeu, contre.le Traité de a * + Le Traité
nous n’en auons point eu de cohroiffance. Eteftchofe trop difhcile d sé “0
à croire : car nous auons toufiours veu & {eu le Roy noftte fouue- * ”
rain Seigneur, mondit Seigneur, & Dame de Beaujeu, & tous les au-
tres Princes, & Seigneurs eftans entour fa perfonne, & de fon Con-
feil, tres-affectionnez & enclins àentretenir & garder ledit Traité de
aix : Et n’auons point fceu que à vous, ne fut les lé & fuiets dé
3 & puiffant Prince le Comte de’Flandre, Pair de France, voftre
fils*, ayenc eftéfaites aucunes prifes de places, de prifonniers, ne * Philippe
autres exploiéts de guérre: mais auons bien feeu, & eft bien con- Pa ET
neu à nous, que auez fait furprendre lefdires Villes, Pr TOUT Charis Ps :
1]
1486.
4 "A
\
Ne \
HISTOIRE DE CHARLES VIII.
1.486. droit &raïfon,cotime diceft: Et eftes entré À mi fürprife en armes.
| en ce Royaume, pour greuer le Roy noftre fouuerain Seigneur, &
fes bons & loyaux lubiets : Dont äffez nous ne nous pouuons ef-
meruciller; veu ledic Traité de paix, fi folennellement par vous
iuré, & par les Communautez des pays de Flandre de voftredit fils.
Aufñi canfidéré le Mariage d'edtre noître fouuerain Séigneur, &
*Margueri- de la Reyne * noftre fouugtaine Dame, voftre fille. Et {embloic
en pt bien à nous, & à tous les fubiets de ce Royaume, que quand au-
renoyéc pe cun Prince, ou Seigneur, euft voulu faire la guerre au Roy, noftre
| ou É fouuerain Seigneur, es pays 8 fuiets, vous etes & deuez eftre l'vn
des Princes du monde, qui par foy, ferment, honneur, & par na-
turelle obligation, eftes plus obligé à le garder & defendre.
Et quelque chofe que vous efcriuiez du faiét, aage, & gouuerne.
ment À Roy PARU nr Seigneur, il a “to à Dieu fi bien
traité & gouuerné ce Royaume, & tous fes fubiets depuis qu’il eft
venu à la Couronne, & par fi bon confeil, que tous {es fubiets ont
vefcu fous luy en sat luftice, paix, repos, & feureté, & feront
toufiours aû plaifir de Dieu : car 1e Roy noftre fouuerain Seigneur
_. vient, & croift de iour en iour en prudence, & vertus.
Et toychant les charges, que par vofdites lettres donnez à no.
ftredit Seigneur, & Dame de Beaujeu, nous n’auons {çeu, veu, nç
conneu , qu'ils ayent fair, ou procuré aucune chofe du çsontenuen
vofdites lettres ; mais les auons toufiours vey de tres-rand & bon
” vouloir au feruice, bien, honneur, feureté & conduite du Roy, &
de fes affaires : Et veu que par ledit Traitté de paix eftoir dir, que la
Reyne voftre fille, fi roft qu’elle feroit amenée en ce Royaume, fe,
roit baillée és mains de noftredit Seigneur & Dame de Beanuieus
Aufly que par Philippes Dafles , voftre Elcuyer , qu'enuoyaftes à
Melcun deuers le Roy, noftre fouuerain Seigneur ,entre autres cho.
fes vous dites, que vouliez abfolument entretenir ledic Traité de
paix en tous fes points & articles ; (comme le Roy, qui de fa gra,
ce, a accouftumé nous-communiquer fes grandes affaires ;nous feig
lots dire & declarer, ) nous croyions fermement, que vous & eux,
feufliez d'vne bonne amitié: Attendu aufly Ja grande proximité, &
afhnité par Mariage, qui eft cant entre la Reyne, noftre fouueraine
Dame voftre fille & eux , que ledit Compe de Flandre, votre fils.
Eten tant quepar vofdites lettres nous requerez, & neantmoins
fommez, que tenions la main envers noftre fopucrain Seigneur , à
ce qu’il ne donne plus de credit, gouuernement, neauétorité à no+
ftredit Seigneur & Dame de Beauieu, & qu'ilfafle afflembier les Prin.
pure CS» Eftats, & Seigneurs de fon Royaumé, pour befogner auec es
LIL, qu tim Deputez de l'Empereur* voftre pere, ceux du fainét Empire, & les
FEmpre Voltres, que offrez y cnuoyer à l'entrerenement dudis Traitré de
ans Go. Paix, Ou fur une autre bonne forme, & nouuelle Alliance :ce font
ru 1493. ChOÎeS en quoy le Roy noître fouuerain Seigneur, & non autre à
ROY DE FRANCE.
l’ayde de Dicu , fçaura bien pouruoir à l'vcilité & feureté de cédit 1486,
Royaume, & de a fubiets : Et ne voyons qu'il y ait caufe ny ma- Li
tierce de faire ce que nous efcriuez. Mais en toufiours acquitrant
noftre loyauté , & fuiuant les loïiables œuures de nos predeceffeurs,
nous auons cfté, fommes, & ferons toufiours deliberez d'obeyr &
feruir enuers & contre tous noftre fouuerain Seigneur, en tout ce
qu'il luy aplûü , & plaira nous commander. Er pour ce faire, y em-
ployer nos corps, nos biens , & nos vies, fans aucune chofe y ef-
pargner ; ainfi que bons, loyaux, vrais, & obeyffans fubiets doi-
uent faire enuers leur fouuerain & naturel Seigneur. Et fi vous fai-
fiez reparer les infra@ions faites de voftre part, contre ledit Traité
de paix, ainfi que vous y cftes obligé & tenu , vous feriez ce que de-
ucz, à voftre honneur & loüange : Et ferait mieux que pour le temps
aduenir , le fcifliez loyaument & irreuocablement entretenir, que
d'en faire vn nouueau ; auquel pourroit auoir peu de france & feu-
reté , quand celuy qui folemnellement ,.comme dit eff, a efté faic,
feroit ou deuroit eftre nul, ou enfraint. |
Et quant à la derniere claufe de vos dites lettres , qui fanne affez
que voftre intention eftde continuer la guerre, vous ferez le grand
dommage du pays de Flandre, & autres pays de voftredic fils, com-
me il pourra le plus fentir, & le fps : Et pour y refifter, nous
& tous les autres fabiets du Roy, noftre fouuerain Seigneur , fom-
mes deliberez d'y employer corps & biens iufques à la mort inclu-
fiuement. Efcrit audit Hoftel commun de la Ville &:Cité de Paris,
Je 1° jour de Septembre, l'an mille quatre cent quatre-vingt & fix. Le 2. Se-
_ Par les lettres que deffus, on peut affez connoïftre la'grande ar- Prmbre.
rogance, outrecuidance, & prefomption en quoy fe mertoit ledit
Duc d’Auftriche : Et auffy comme par leRoy , & ceux de Paris, luy
fuc bien & conuenablement refpondu , en luy remonftrant affez
clairement fa faute : Et par la fufdite Refponfe , peut on aflez en-
tendre la fubftance des lettres, que ce Duc d’Auftriche auoit efcri-
tes à ceux de Paris. Ne
Incontinent que ceux de Paris eurent expedié leurslettres, felon
le double cy-deffus efcrit , ils enuoyerent quelques gens de bien
d’entre eux deuers le Roy à Beawuais pour faire leur defpefche , &
l'Officier d'armes du Duc d’Auftriche auec eux. DT
Le Roy aufly de fa part, aprés que les lettres de fa Refponfe feu-
rent preftes, fe trouua vniour en l’Hoftel de de où il eftoit
logé, & en fa Chambre de parement , accompagné des Seigneurs de
fon Sang eftans auec luy , des Cheualiers de fon Ordre, & des autres
gens de fon Confeil , où lefdites lettres furent leuës , & puis à vn
chacun fut demandée fon opinion , pour fçauoir fi elles eftoienten
bonne forme, & fi le Roy Éifoic conuenable Refponfe: Il y eut fur #oyez par-
ce plufieurs belles opinions. Et entre autres, le a ip de Grauille, 7? os
qui eftoit vn des principaux autour de la perfonne du Roy, dit qu'il wrasioms.
À ii
\
6 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
1486. s’efbahiffoit bien qui mouuoit le Duc d'Auftriche de vouloir corri-
gcr le Roy, & mettre l’ordre en France, veu qu'il ne luy touchoit.
en rien ;attendu-qu'il n’auoit aucune cheuance dedans le Royaume,
ny alentour ; & n’eftoit de par luyaucunement parentdu Roy, finon
* Marie be. à Caufe de la fille * du Duc Charles de Bourgongne, qu’il auoit ef-
ritiere des pouféc : Et allegua qu'il auoit aucunesfois leu dans les Croniques &
Pays-B#. anciens faicts de France ; & qu’il n’y auoit point trouué que les Al-
lemans euflent iamais fubiuguë les François , ny mis ou donné or-
dre & police en leurs affaires ; mais qu’au contraire les François
auoient fubiugué & reduit fous leur obeyffance les Allemans, & mis
& donné loix, ordre & police en leur pays, comme feit Le Roy Char-
* Ce fur de. emagne , & pluficurs autres. Quand ce veint à Monfeigneur de
puis Pierre Beaujeu * à opiner , il remonftra les charges que le Duc d'Auftri-
. 5 che luy donnoit, par les lettres qu’il auoit efcrites, ant au Roy qu’à
poux d'An. Ceux de Paris, & s’en excufa tres-honneftement, en declarant que
ne de Fran- |e Duc d'Auftriche n’auoit efcrit ny bien , ny verité, & qu'il nele
2 craignoit, ny redoutoit, & qu’à l’ayde de Dieu, & de ous fes bons
VIII. parens & amis , il fe garderoit bien de luy , & de tous ceux qui le
pouuoyent auoir incité à ce faire. Sa remonftrance cftant faite, il
{e leua, & aucc luy Monfeigneur le Comte Dauphin-d’Auucrgne,
& Monfeigneur de Vendofme de la Maifon deBourbon , fes parens,
qui pareillement dirent, que le Duc d’Auftriche à tort & fans caufe,
& contre verité, auoit chargé mondit Seigneur de Beaujeu, & offri-
rent de le feruir contre ledit Duc d’'Auftriche , & tous fes Alliez :
Cela fait, & les opinions eftans ouyes, le Roy feit venir Thoi{oy
d'or, auquel dans Le Confcil, en la prefence du Roy, Monfeigneur le
Chancelier feit plufieurs belles remonftrances ; lefquelles faites, le
Roy le feit defpefcher, & le feit deffrayer , luy faifant deliurer cent
cicus d’or: Et 1 fit bailler vn de fes Officiers d'armes pour le me.
“Jean 11, CT feurement iufques au lieu où il trouueroit ledit Duc d’Au-.
Duc de ftriche. | |
. Le Roy eftant encores à Beauvais, à l'entrée du mois de Septem-
fable. bre, mille quatre cent quatre-vingts &fix, Monfeigneur de Bour-
és bon *, venant de fon pays de Bourbonnois arriua en Cour bien ac-
nes, & p. so. Compagné ; & le Roy enuoya des plus gensde bien de fa maïfon au-
d 62. de deuant de luy : Auffy Monfeigneur de Beaujeu fon frere y alla, &
Fe feut bien receu par le Roy : Il auoit dans fa Maiïfon aucuns de fes
bles, /mpref: feruiteurs; qui cftoient fort grands mutins, dont le Seigneur de Cs-
fo dx Lou Lint , 8e le Seigneur d'Argenton *, qui s’eftoit retiré pardeucrs luy ,
* Philippe €ftoient les principaux , qui auoient attiré plufieurs ieunes Gentils-
de Comi- hommes:à leur cordelle ; & trois ou quatre iours après que mondic
nes, gi 4 . | à ; : | D us
nr des Scigneur de Bourbon eut feiourné audit Beauuais , à la pourfuite
Memoires. defdits Scigneurs de Culant & d’Argenton, (ie crois bien . Mon-
w . Fe | |
Per fcigneur d'Orleans *, qui eftoit auffy à Beauuais, & ceux de fa ban-
Less X11. dc n'y nuifoyent pas,) mondit Scigneur de Bourbon feit vn peu du
ROY DE FRANCE. 7
courrouffé, feignant de n'eftre point content de Monfeigneur & de 1486,
Madame de Beaujeu, ny du Scigneur de Grauille, & autres qui gou-
uernoyent fous eux ; en difant qu'ils cftoient caufe de la guerre que
le Duc d'Auftriche faifoir , & du m'efcontentement qu’auoient les
autres Seigneurs du Sang ; & alleguoit qu’il eftoit Connefable, & qu'à
luy appartenoit l’execution de la guerre, & qu'il s’en vouloit aller
en Picardie , pour refifker à l'encreprife dudit Duc d’Auftriche, & y
trouuer quelque bon appointement : De fait, il partit dudit Beau-
uais contre le gré du Roy, pour tirer en Picardie: I] y eut à fon de.
part des allées & venuës de Monfeigneur & de Madame de Beaujeu,
& autres grands perfonnages de l1 Maifon du Roy pardeuers luy
pour interrompre fon defpart, mais il n’y eut point deremede. Et il
s’en alla au gifte à la Newuille en hez à quatre licuës de là: Auquel lieu
femblablement dés le lendemain il y eut des gens enuoyez de par
le Roy , & mondit Seigneur & Dame de Beaujeu pour le retarder ;
mais toufiours il faifoit du mauuais cheual : Toutesfois quelque
chofe quil fit, ie crois qu’il lentendoit autrement, & qu'il auoic
vne fecrete intelligence auec mondit Seigneur & Madame de Beau-
jeu, qui fe menoit par aucuns de fes feruiteurs : Mais il vouloit bien
fcindre d’eftre vn peu mefcontentpour contenter lefdits Seigneurs
de Culant &d’Argenton, & autres qui eftoyent de leur bande ; &
par ce moyen il fçauoit coufiours le faiét & les intrigues de mondit
Seigneur d'Orleans, & de ceux de fa fuite. Quoy qu'il en foit , bien
toit aprés Îefdits Seigneurs de Culanc & d’Argenton, feurent mis
hors de fa maifon ; comme il fera dit dans Île temps que cela arriua.
Ainfy que ces menées fe faifoyenc, le Roy eut nouuelles que le
Duc d’Auftrice auoit affemblé fon Armée vers les marches d'Ipre,
& qu'il marchoit, & s'en venoit à Theroïenne pour l'auitailler , par-
ceque ceux de cette Ville cftoyent reduits à de grandes se nt
de viures. a | |
Pour refifter audit Duc d’Auftriche, le Roy auoit en Picardie le
Seigneur des Cordes, Marefchal de France , fon Lieutenant & Gou- Fe par-
uerneur de Picardie, & le Scigneur de Gié , de la Maifon de Rohan, ” ses
auffy Marefchal de France, qui auoyent les gens d'Ordonnance du
Roy, excepté certain nombre de Lances qui eftoient fur les front
tierces de Bretagne, auec les Barons , qui cftoyent en differend auec
leur Duc. D D Ve
Lefdits Seigneurs des Cordes & de Gié , auoyent donné bon of.
dre dans les Villes & Places que le Roy tenoit audit pays de Picar-
dic ;'& les auoyent bien fournies de viures & de gens, tellement que
le Duc d'Auftriehe ne les pouuoit bonnement greuer , car ce font
toutes bonnes Villes, & fortes; comme Boulongne, Hefdin, Aire, Be-
thune., Arras, & autres Villes de ces marches-là ; Ceux de fain& Omer
fc tenoyent neutres; mais ils fauorifoyent plus le Duc d’Auftriche
que le Roy. . N oo
ï PT
14 8 6.
8 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
Lefdites Villes ainfy gardées, les fufdits Seigneurs des Cordes &
de Gié, auoyent encore auec eux de refte quelques huit cent à mille
. Lances, demeurans toufiours fur la frontiere dudit Ducd’Auftriche,
lefquels chafcun iour couroyent fur l'Armée d’iceluy Duc, laquelle
ils greuoyent fort, tellement qu’aucuns de fes gens n'ofoyent pas
s’efcarter hors de leur Armée.
Quand le Duc d’Auftriche eut rauitaillé la Ville de T heroïüenne, il
füt en foucy de ce qu'il auoit à faire ; car il auoit affez bonne Ar-
mée, comme dedix à douze mille combattans, mais il voyoit bien
qu'il ne pouuoit se par force aucunes des places | le Roy
cenoit , & confideroit bien que d'entrer plus auant fur les Le du
Roy , il feroit enclos de toutes les Villes , & que les gens du Roy
cftoyent puiffans pour luy couper fes viures, & luy faire des outra-
ges , comme gens deliberez à ce faire. D'autrepart, il eftoit en fou-
cy des moyens de pouuoir entretenir fon Armée ; pource qu’elle
cftoic toute à fa charge, & logée dans les pays & Scigneuries de fon
fils, & leur eftoyent É< viures fort chers : Ie crois bien que quand
il propofa de faire fon Armée, & de fe mertre fur les champs, il auoit
des intelligences auec quelques Seigneurs de France ; lefquels il
penfoic deuoir de leur cofté faire des broüilleries en France , & y
fufciter vne guerre ciuile , mais ils luy feurent comme le cheual au
pied blanc ; car ils luy faillirent au befoin cette fois, n’y ayant eu
perfonne qui s’ofaft declarer ny foufleuer contre le feruice du Roy,
pour le doute & la crainte de ce qu'il les auoit defia chaftiez par
deux fois. | |
. Toutesfois le Duc d’Aultriche delibera , & fe refolut defaireen
| ”_ uc forte exploiter fon Armée, & fe meit à marcher dudit lieu
€ Theroïüenne contremont la riuiere du L#, fuiuant la cofte de Flan-
dre,& de la Picardie, & feit tant qu'il veint à Lens en Artois, lorsVil-
le defemparée où il n’habitoit que de pauures gens, eftans à la mercy
de tous ceux qui y vouloyent entrer & fortir' : Et [à feiourna par au-
* cuns jours, enuoyant cependant courir de fes gens entre ledit Lens
feuc pris, & lefdires
_& Arras: .Aufly chafcun iour les fufdits Scigneurs des Cordes & de
Gi, auec gens de cheual, fe venoient prefenter fur les champs de-
yant luÿ ; mais homme ne s'efcartoit d’iceluy Duc d’Auftriche pour
leur venir courir fus’: Et ledit Duc d’Aultriche eftant audit Lens,
cfcriuit des lettres à uclques-vns de fes feruiteurs ; mais le porteur
| enuoyées au Roy : Il mettoit à la fin de
ces lettres; Donné à Lens en Artois, premiere Ville de noftre conquefte :
Ce qu'on tenoit vn peu à derifion pour luy, veu que cette Ville
eftoit route defemparée, brufléc & inhabitée, finon, comme dit ef,
d'aucuns pauures gens y cftans comme en mendicité. Audit lieu de
Lens , il commença à auoir vn peu de queftion, & difpute entre fes
gens , c’eft à fçauoir les Allemans, & ceux de la langue Françoife :
Pource qu’il y feic quelque payement aux Allemans, & non aux au-
tres
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ROY DE FRANCE. | 9
tres :toutesfois ce Duc trouua moyen de tout appaifer pour cet-
te fois : Pendant que fon Armée feiournoit à Lens, il füt à l'fle,
En trouuer le moyen d'auoir de l'argent, dont lefdits Allemans
urent payez, autrement ils s'en vouloient aller. | |
Aprés qu'il eût aihfi feiourné à Lens, & rafraifchy fes gens, qui
n'auoient encores fait aucuh exploit de guerre ,ilen partit, & prit
fon chemin vers Sainéf Quentin , fuiuant la cofte du Hainaut. Et
lefdits Seigneurs des Cordes & de Gic le coftoyoient toufiours, &
{elon qu'ils le voyoient marcher en auant, ils enuoyoient toufiours
donnet prouifion & rafraifchiffement és Villes ou il tiroit , & luy
portoient toufiours le plus de dommage qu’ils pouuoient.
Nous reuiendrons au Roÿ lequel eftoit cependant à Beaunais ,
où il receuoit d'heure à autre par les Poftes des nouuelles du train
d'iceluy Duc d’Auftriche & de fon Armée , & du chemin qu'il
prenoic, & delibera lors de s'approcher des marches où il tiroit:
enfin le dixneufiefme iour de Seprembre mille quatre cent quatre
vingts & fix, il partit de Beawnais, & s’en alla au gifte à Clermont
en Beaunoifis où il trouua Monfcigneur de Bourbon, & luy fit
bonne chere, &bon accueil. Le lendemain le Roy en partit, ayant
aucc [uy mondit Seigneur de Bourbon,&s’en allerent à Compiegne ,
auquel lieu il delibera de feiourner iufques à qu’il fceût ce que vou-
droit faire ledit Duc d’Auftriche. . :;, 7. |
_ Éclendemainquele Roy fut arriué à Compiegne , Monfcigneur
de Bourbon fe trouua auec Monfeigneur & Madame ‘de Beau-
jeu ; & Îe mirent à part eux en bye ae , & là eurent plufieurs
paroles enfemble ; chacun faifant fa doleince & plainte , de ce
u'il luy fembloit que Pvn faifoit tort à l’autre: mais aprés plu:
are der a 277 delibererent d’eftre bons freres & parens,
& d’auoir le fait du Roy & du Royaume fur toute chofe à cœur &-:
en récommandation , & de s’employer à fon feruice comme ils y
eftoient tenus, fans auoir departialité pour quelque homme que ce
fuft , & là arrefterent entre ‘eux de plus, que tous leurs feruiteurs
qui s’eftoient meflez, ou auoient volonté de mettre & nourrir quel-
que 'diffenfion & diuifion entteeux, qu'ils s’en defteroient, & ne
leur donneroient plus de crédit auprés d'eux; & à cé, effet , pource
que lefdits Seigneurs de (nlent &.d'Argenton , * cfboient notez * Le feurde
cftre des principaux, mondit Seigneur de Bourbon deflors leur don: . eff
na congé, & les efloigna de luy auec tous ceux qui eftoient de leur oi
intelligence. Plufieurs gens de bien , qui aimoientle. feruice du
Roy Le fort ioyeux de voir les deux freres eftre ainfi bien en-
femble, pource que les affaires du Roy sen fortifioient roufiours
dauantage ; mais d'autres au contrairé, qui-cuffent bien voulu voir
des broüilleries dans l'Eftac, n'en eftoient pas. fort iogeux.. .
Pendant que le Roy feiournoit ainfi audit.lieu de Compiegne ,
le Duc d'Aufñtriche , lequel ,:éotnme dicieft., eftoit party dé Lens
| | is BAC 2 |
14386.
Septembre,
10 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
1486. Es Artois, & s'en eftoit allé vers Sainét Quentin , pource quil mat-
choit toufiours en tirant vers le Comté de Gwife, les fufdits Sei
oneurs des Cordes & de Gi, qui le fuiuoient voufiours de prés,
eurent quelque opinion qu'il pourroit tirer vers la Lorraine , &
fe ietter dans la Bourgongne :‘à cette caufe ils enuoyerent deuers
le Seigneur de Bawdricourt Lieutenant du Roy audit pays de Bour-
gongnc, & luy firent fçauoir , qu'il fe tint bien fur fes gardes, &
qu'il donnaft bonne prouifion pour la conferuation des Villes &
Places qui y font. Ce que ledit Seigneur de Baudricourtfit: Toutes.
fois les Seigneurs des Cordes & de Gié fuiuoient de fi prés le Duc
d’Auftriche, qu'il les auoirt toufiours en barbe; & pource que ce Duc
eftoit Lors fur les marches du Cambrefis , ils donnerent aufli ordre
aux Places de ce quartierlà; entre autresayantfoupçon de quelque
entreprife fur la ville dé Gsife, ils y donnerentbonne prouifion, & la
firent tres-bien rauitailler & munir d'artillerie, en enuoyant dedans
icelle le Seigneur de Brezé ,grand Senefchal de Normandie , le Vida
me de Chartres, & le Seigneur de Rames en Normandie, auec quel-
ques Capitaines & gens de pied,deliberez d'attendre ledit Duc d'Au-
triche s'il y venoit mettre le fiege , &refolus de fe bien defendre.
Ce Duc vint fe loger au (hafleanen Cambrefis, & enuoya partie
de fon Armée au Nouion, qui eft vn beau village fitué dans ladi_-
te Comté de Guife, où d'heure en autre ceux de cette Ville s’at-
tendoient à vn Siege : Lefdits er nov des Cordes , & de Gié
cftoient lors dans S. Qwentin , deliberez fi le Duc d’Auftriche
mettoit le fiege de le luy faire leuer. Pendant que le Duc d’Au-
«amer. riche eftoit audit Chafiel en Cambrefis , la veufue * du Duc Char-
cadre des de Bourgongne , à la requefte de ceux du pays de Hainaut , vinc
few d'E- audit Chaftel en Cambrefis par deuers ce Duc , pour le fupplier
y a F4 : de la part de tout ledit pays de Hainauc, que fon plaifir fuft de ne
glterre. partir point de ces marches qu’il n'éûc pris cetre place de Guyfe,qui
eftoit caufe à ce qu’ils difoient , de leur faire infinis maux, & de
courir tout leur pas ; luy refpondit qu'il y feroit fon deuoir :
mais aprés qu'’ileût{eiourné durant quelques iours audit Chaftel en
Cambrefis, & qu'il eût-bien fceu-la prouifion & les gens de bien
qui eftoient dans ce lieu de Guyfe, cela luy fit defefperer d'y pou-
uoir rien gagner, veû aufli que les viures commencoient à luy eftre
bien petits, & que fesgens eftoient en de grandes fouffrances, ou.
tre le manqué d'argent , & qu'il n'auoit plus rien pour payer nÿ
foudoyer fon: Armée’, & que mefme il ne voyoit aucun moyen
d'en recouurer ; de forte qu'il fe refolut de congedier fon Armée;
& de faiét, il partit dudit Cambrefis , d’où il tira au Quefnoy , 8e
cftablit fes garnifons, puis il rompit fon Armée. Or comme ila
cfté Frs 70 au Noñion, en ladite Comté de Gui/e , il ÿ auoic
vne partie de fon Armée ,& entre autres enuiron deux mille AL
‘lemans à pied , lefquéls, quand ils .apperceurent que ledit. Duc
.. .: ROY DE FRANCE iï
d'Auftriche s’en vouloit aller, & qu'ils virent bien qu'il n’y auoit . 486
moyen de recoyurer de Iuy aucun denier , outre qu’ils eftoient |
comme affamez , ils enuoyerent deuers le Séigneur de Brezé grand
Senefchal de Normandie, qui eftoit chef dans leditlieu de G#yfe,
& luy firent fçauoir que s’il les youloit receuoirils fe viendroient
rendre :à [uy, & que.fi le plaïfir du Roy cftoit de fe: feruir d'eux,
ils: le feruiroient volontiers; finon qu'il luy pleût leur donner paf-
fage:, & ‘qu'ils s'eñretourneroient en leur pays: Sur quoy cegrand
Sencfchal fut confeillé de les recueillir, pour toufiours iblis |
d'autant le Duc d’Auftriche, &.les mettre en haine & auerfion de
luy , afin qu'vne autrefois ils ne le vinflent fi toft feruir : Par ainfi
il les manda de fe venir rendre à luy, ce qu'ils firent : Et le demeu-
tant de ceux qui tirerent aprés le Duc: d’Auftriche bruflerénc à
leur depart ledit village du Nouion, ce qui fut vn grand domiña-
ge : Mais ce font là des guerdons & biën-faits de Madame la
Guerre. | | . se
Quand ledit grand Sencfchal eût ainfi receu ces Allemans,
pource qu'ils n’auoient point d'argent pour viure , & qu’autour
d'icelle ville de Gæyfe il y auoit bien peu de viures , il les enuoya
au Roy, qui eftoit à PM , pour-en faire à fon bon plaifir:
Sur quoy le Roy voyant quele Duc d’'Auftriche auoit licenrié fon
Armée, & que l'entrée de Se tee prochant, leur folde cauferoit
de grands fraiz , il delibera de les laiffer aller en leur pays ; aupa-.
_ rauanrquoy il les fit affembler hors vne des Portes dudit Compie- .
gne, où il les alla voir, & leur fitdonner à chacun d'eux de l'argent,
er pouuoir fe conduire iufques hors du Royaume; mefme il leur
ailla des Gentils-hommes de fa Maifon pour les accompagner &
guider : leur route fut par la Boursongne , & allerent: fe rendre à
Mafcon:, où ils pafferent la Saône, de la ils entrerent dans la Breffe,
‘puis aux Allemagnes. | ”
Le Duc d’Auftriche, comme dit eft , eftablit fes garnifons, &
tira vers Malines où cftoit fon fils: Il auoit pour principaux Ca-
itaines le Duc de Gueldres, non-ioüyffant de ladite Duché, (car
e fils de ce Duc d’Auftriche la tenoit ) Philippes Monfeigneur
de Raueftain , le Comte de Naffau , & le Seigneur de Montigny
fils du Comte de Horne : Ledit Philippes Monfeigneur de Raue-
ftain auoit la fronticre de Picardie en garde, & ledit Seigneur de
Montigny celle de Hainaut, dont il fera fait plusample mention,
felon & à mefure que les chofes pourront Do | |
Le Roy eftant encor à Compiegne , fçachant cette rupture de
l'Armée du Duc d’Auftriche, & qu'il auoit ainf eftably fes gar-
nifons, delibera aufli de fon coftéde donner bon ordre & d’efta-
* blir bonne garde fur le fait des Places de Picardie , & du refte
de la frontiere , & fur le fubiet de fes gens d'armes : Et manda de
venir pardeuers luy fes Capitaines, lefquels eftans — donna
1)
1486.
O&obre.
* François
IL. pere de la
ReyreAnne.
12 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
fur le tout bonne prouifion , puisil delibera de s'en venir és enui-
tons de Paris. : . is LT Les
Enuiron le neufiefme du mois d'Oétobre , mille quatre cent
quatre vingt & fix, le Roy {e retira vers Paris, refolu d’y paflerfon
hyuer, ou és lieux circonuoifins : mais toft aprés qu’il y fût arri-
ué, il receût nouuelles que le Duc de Bretagne“ efloit fort mala-
de , & mefme en danger de mort , parquoy il fut aduifé par le
Confeil , que veù que le Roy pretendoit auoir droiét fur la Duché
de Bretagne aprés : crefpas de ce Duc, il fe deuoit approcher des
marches de cette Prouince, & deuoit tirer en Touraine : Suiuant
lequel aduis le Roy partit pouraller à Tours, mais auant fon depart
il manda le Preuoft des Marchands & les Efcheuins de Paris, auf-
quels il fit fçauoir la refolution de fon voyage, & leur dit que le
plücoft qu'il pourroit il reuiendroit vers eux , dont ceux de Paris
furent fort ioyeux , & le fupplierent que roufiours il Les eût en fa
bonne grace. |
Le Roy arriua à Tours à la fin du mois d'Oétobre mille ar
cent quatre-vingt & fix, en attendant toufiours des nouuelles de
Bretagne, & fe cenoit audit Tours ,ou à Amboile.
Nouembre.
* François
d'Orleans -
Longueuille
I. du nom,
fils du fa-
meux Iean
Comte de
Dunois.
* Depuis le
Roy Loüis
XII.
Au mois de Nouembre enfüuiuant mille quatre cent quatre-vingt
& fix, le Roy eftant à Amboife , eût p.17 que Monfeigneur de
Dunois* ,qui eftoit demeuranten Dauphiné conformément au Trai-
té de Baugency, eftoic party fecretement dudit pays, & venu à Par-
tenay, qui eftoit à luy ‘dont le Roy fut mal-content, tant parce
qu'il y eftoit venu fans fon se que aufli pource que ledit
Partenay eft affez proche des marches de Bretagne , & qu’on prefu-
moit qu'il n’y feiourneroitpas, fans mener quelque pratique auec
le Duc de Bretagne. _. | _
Incontinent le Roy enuoya deuers luy , luy faire commande-
ment qu’il partit hors dudit Pattenay ; mais il fic refponfe que là
il eftoit chez luy , qu'il y auoit fes prouifions , & qu'il n'eftoic
pas deliberé d'en partir :1l y eût plufieurs allées & venués fur ce
fuiet, & efloit content le Roy qu’il s’allät tenir à Longucuille en
Normandie qui eftoit à luy , mais pour quelque remonftrance &
commandement qui luy füct fait de par le Roy , il n'y voulut en-
tendre , & ne voulut partir dudit Partenay , où chacun iour il
amafloit grande st 18 de viures , & aflembloit des gens , &
eftoit bien le Roy aduerty qu'il entretenoit quelque intelligence
auec iceluy Duc. - | +
Le Roy d'ailleurs fut aucunement aduerty que Monfeigneur
d'Orleans *auoit aufli quelque commerce auec luy : à cette caufe
il enuoya vers mondit Seigneur d'Orleans qui eftoit à Blois , &
y fut Monfeigneur le Marefchal de Gié , qui auoit charge de l'a-
mener , & cftoit le Roy deliberé de le bien traiter ; mais mondit
Seigneur d'Orleans s’excufoit le mieux qu’il pouuoit. Car il pen-
ROY DE FRANCE. | 13
foit bien à d'autres affaires, comme il fe verra cy-aprés. 6
Le Roy feiourna à Amboife tout le mois de Decembre , & y ASS
pafla la fefte de Noël. Le mois de’Tanuier *enfuiuant mille qua- Er Decem-
tre cent quatre-vinot & fix, le Duc de Bretagne enuoya vne Am- ss ul
baffade pardeuers le Roy , dont l'Euefque de Nantes eftoit le chef:
Entre autres choles il auoit charge de parler du differend de ce Duc, Pnéen,
& de fes Barons, qui duroic coufiours, afin que le Roy fe defiftât de commenpois
les fupporter &faucrifer. Auffiauoit.il charge de dire comme le Duc ‘7 5”
s’efbahifloit , de ce que le Roy pretendoit droiét audit Duché en quesiuques
vertu d'vn cranfport qu'en auoit fait le Comte de Panthieure au 9156397
feu Roy Louys X I. pere du Roy: Et que le Duc n'entendoit pas ke4 premier
que s’il n’auoit hoir mafle, autre peûüt pretendre droiét audit Du- Zanwier.
ché de Bretagne que fes filles , & requeroit Le les Lertres de la- fi PA 6o4
dite acquifition faite par le Roy Louys luy fuffent renduëés. Aufli Grip.
auoic as ladite Ambaffade de parler de Monfeigneur d'Or- gaie |
lcans, & de monfeigneur de Dunois. OT 2 fer ..-
Le Roy fit bien & grandement receuoir cette Ambaffade , & wre.
luy donna audience : eux eftans oüys,le Roy eftoit deliberé dans
peu de leur faire refponfe, & cependant chacun iour il faifoit fe-
ftoyer lefdits Ambaffadeurs. |
Mais auant que le iour de la refponfe fuft venu , audit mois de
lanuier mefme, leRoy eût nouuelles que Monfeigneur d'Orleans.
cftoit party à heure de vefpres de Blois, & qu’enuiron les huit ou
neuf heures du foir il auoit paffé par Chafteaurenauc , & ciroit en
Bretagne auec la plus grande diligence ka poyuoit. | :
Incontinent le Roy enuoya aprés , feulement pour fçauoir au
vray s'il tiroit en Bretagne, & voit aprés le Roy FA affleuré qu'il
y cftoit allé; parce que le lendemain arriua vn de fes gens parde-
uers le Roy pour luy faire fçauoir fon allée en Bretagne , & qu'il
alloit vers le Duc qui l'auoit mandé, & difoit qu'il n'y loir
point pour aucun mal, ny pour faire chofe au deplaifi du Roy:
Deux ou trois iours aprés fon depart , fon train & fes menus
ofhciers vinrent pafler par Amboife , pour tirer aprés luy , le
Roy ordonna q'on les laiffät aller, & qu'on ne leur demandit
rien. | ni) | |
On chargeoit lors Monfeigneur de Dunois de fon allée, &
qu'il auoit conduit & pourchaffé cette pratique, & tenoit-on au-
cuns des feruiteurs de mondit Seigneur d'Orleans eftre de fes com-
plices , dont entre autres le Seigneur de Zoyeufe eftoit foupçonné ,
auec M Gentil - homme nommé Ÿean de Loant , le Chancelier de
mondit Seigneur d'Orleans , nommé Maïftre Denys le Mercier ,
de Blois, & vn nommé le Borgne Bouter Controolleur des fes Fi-
nances aufli dudit Blois , qui n’eftoient pas gens de grande con-
duite': mais Mefleigneurs L Princes en leur ieuneffe fe chargent
aflez fouuent plütoft de tels perfonnages que de gens fçauans,
| B ii
14 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
1486 & Le d'experience & de prudence; aufli plufieurs fois en ont-
"ils beaucoup à fouffrir. | | oo
( 73) _ Audit mois de Januier mille quatre cent au re & fix,
| / “Meflire Lowys Baftard de Bourbon , qui auoit efpoufé Ia fille natu-
* p.pag.xa. relle du feu Roy Louys, alla de vie à trefpas ; Il cftoit 4dmiral*
dE PAS de France, Capitaine de cent Lances, Capitaine de Honnefleur &
impreféon dé Grauille en Normandie, & auoit d'autres grands biens duRoy :
dé Lomire. En. fon viuant il auoit efté homme de bien , & s'eftoit fort em-
... … ployé au fait des guérres du temps du Roy Louys XI. Et pour.
“, : ce que l’Eftat d’Admiral eft vn des beaux Offices de France, il fut
fort brigue par plufieurs grands Perfonnages parens du Roy , &
… autres, mais pource que au temps de ladite vacation le Seigneur
P. de Louys de Grauille auoit toute auétorié auprés du Roy , foubs Monfei-
ras gncur & Madame de Beaujeu , & qu'il eftoit homme de grande
bre entreprife ; qui plus auoit entre les mains les affaires duRoy qu'au-
L'Aif. des cun autre À fut pourueu dudit Office d’Admiral , & eùt aufh la
a. Capitainerie de Honnefleur , dont il y eût vn peu de murmure par
To quelques Seigneurs & Capitaines , aufquels il fembloit qu'ils de-
ui se uoient cftre preferez audit Seigneur de Grauille : mais à caufe de
“dr p.540.e fa grande autorité aucun n'ofa tenter d'y donner empefchement.
celles fur de Les cent Lances que ledit Baftard de Bourbon auoit, furent diui-
Cr. fées au Comtes de Montpenfier & de Vendofme, & à vn ieune au-
peser tre Baftard de Monfeigneur de Bourbon Jean, car le defunt eftoic
Baftard du feu Duc deBourbon Charles : La Capitainerie de Grauille
fut baillée à Mefhire Pierre de Rohan Seigneur de Gié, Marefchal
de France, & fes autres biens furent difperfez à d’autres perfonnes.
En cedit mois de Januier mille quatre cent quatre-vingt& fix,
pource que ceux de Theroïenne eftoient rçduits à des grandes ne-
cefhrez de viures , le Seigneur des Cordes Lieutenant du Roy, &
Gouuerneur de Picardie, croyant entierement les affamer, affem-
bla les ne pays auec nombre de gens de pied, pour
empefcher qu'ils ne fuflent fecourus de rafraihiflemens , mis le
Duc-d’Auftriche fit celle diligence d'affembler gens & viures,
qu'il trouua moyen de rauitailler & fecourir la grnifon de ladi-
te Ville , qui ne püt eftre pour lors remife en l'obeïffance du
Roy. |
TNT Parcillement audit mois de lanuier mille quatre cent quatrc-
puis le Car- Vingt & fix , le Roy fut aduerty que les Eucfques de Perigueux,
dinal Geor- furnommé de Pompadour , & de Montauban * furnommé de Chau-
ee ré mont ; & les Seigneurs d’Argenton * & de Bucy frere dudif Euef-
meux Mi que de Montauban ,auoient intelligence auec Monfeigneur d'Or-
pan d'Efat Icans & Monfeigneur de Dunois, & d'autres qui s’eftoient retirezen
x1r. ” Bretagne, & qu'ils leur faifoient fçauoir toutes nouuelles de Cour ;
* philippe de mefme fut trouué vn homme allant d’'Amboife (où ils eftoiene
Comines. auec le Roy) en Bretagne, portant des lettres d'eux, & crois bien
= PP Re D © en à
ROY DE FRANCE. ts
que le porteur defdices lettres fit fous main fçauoir fon meflage ; 486,
afin d'eftre trouué chargé d'icelles lettres : Pour ce fuiet le Roy
les fit-vn matin conftituer prifonniers , & à chacun d’eux bail-
la des gardes , & les fit mettre en lieu feur; & pour interroger les
fufdits Euefques, les Officiers de l’Archeuefque de Tours furent
appellez, & les faifoit cependant le Roy bien traiter, pour l'honneur
& le refpet de l'Eglife, & de ce qui aduint d'eux mention fera
faite cy-aprés : Par eux, & aufhi par celuy qui fut crouué faifi de
ces lettres, qui eftoit homme d'entendement, le Roy fut en quel-
façon aduerty des affaires de mondit Seigneur d'Orleans, &
e ceux de fa bande. | |
On tenoit que l’Euefque d’Alby frére dudit Euefque de Mon-
tauban, fçauoit bien cout le faiét de mondit Seigneur d’Orleans,
& qu'il en eftoit vn des principaux conduéteurs ; à cette caufe le
Roy dépefcha vn Gentil-homme de fa Maifon , auquel il bailla
certain nombre d’Archers de fa garde pour aller en toute diligen-
ce à Alby, où eftoit ledit Euefque, pour fe faifir de fa Perfonne,
& l’atrefter prifonnier ; mais il y auoic lors dans le chafteau d'Am-
boife vn Chanoine de l’Eglife de Saint Florentin conftruite dans
ledit chafteau , léquel auoit autres-fois efté à cét Euefque d’Alby,
qui eftoit bien aduerty du voyage qu'on faifoit de cette forte de-
uets ledit Euefque ; ce qui le fit monter promptement fur vn bon
cheual , & il fit fi bonne diligence qu'il arriua à Alby auant le
= Gentil-homme & les Archerstdu Roy, &de tout aduertit l'Euef-
que , lequel incontinent en partit & s'en alla haftiuement à Aui-
gnon, parquoy il éuita fa prife; mais'en fon abfence fon tempo-
rel & fes biens furent faifis, & mis en la main du Roy. Il s’'en-
uoya depuis fort excufer de cette matiere, difant n’en eftre aucu-
nement coupable, enfin aprés rats Remonftrances qu’il fit fai-
re il luy fut permis de venir faire fa refidence dans fon Euefché,
ce qu'il fit peu de temps aprés. . |
“: Quand'le Roy & mondic . de Beaujeu apperceurent
d'Orleans, le Duc de Bretagne , & ceux de
leur bande vouloient faire des broüilleries , ils firent dire aux
Arnbaffadeurs dé Bretagne qu'ils s’en retournaffent, & que le Roy
<nuoyeroit deuers ledit Duc, de fés gens, qui luy feroienc refpon-
£e fur fes demandes. e de |
.: Nous retoürnerons à parler de l'allée de Monfeigneur d'Orleans
en Bretagne : Chacun iour Monfeigneur & Madame de Beaujeu qui
auoient f, principale charge & conduite des affaires du Roy, & du
Royaume, & le Seigneur de Grauille foubs eux, mettoient peine
de defcouurir au vray l’entreprife de mondit ns, Ja d'Orleans ,
& de fçauoir ceux qui voudroient adherer auec luy : Souuent ils
en auoient nouuelles , par Îefquelles ils apprenoïent qu'ils auoient
intention de broüiller le Royaume. MURS |
l
16 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
1486. .… Etpour mieux & plus clairement enteridre cette matiere, il faut
F_” fçauoir qu’à l’arriuée de mondit Seigneur d'Orleans en Bretagne,
le Prince d'Orenge neueu du Duc, & le Seigneur de Lefcun eftoient
à Nantes auec ledit Duc, & auoient pris le gouuernement de fa
perfonne ; or lefdits Prince d'Orenge & Seigneur de Lefcuneftoient
nommément obligez au Roy, & fes penfionnaires, ayans receu de
rands biens de luy , & auoient efté # principaux conducteurs de
fa diuifion furuenuë entre ce Duc & fes Barons, dont il a efté par-
lé cy-deuant, & auoient iufques alors toufiours tenu le party des
Barons contre leur Duc, & s'imaginoit le Roy , & Monfecigneur
& Madame de Beaujeu qu'ils fuflent refidens auprés du Duc,
pour le bien du Roy, encor que fouuent ils eftoienc aduertis qu’ils
menoient des pratiques au dommage du Royaume, mais on diffi-
muloit iufques à ce que tour fuft bien defcouuert, & fceu au
viay.
Auff on diffimuloit vn peu pour ledit Seigneur de ge qui
ouuoit lors fort broüiller ,à caufe de l’auétorité qu'on Îuy auoic
Paille ; & afin que fon leger courage , & fa variable foy foit
mieux connuë, & mieux fceuë, nous parlerons vn peu de luy :11
faut fçauoir qu'il eftoit des marches de Bearn , & de Gafcogne*,
* porrrair du Mimple & tres-pauure Gentil-homme de fon eftoc , fi defnué de
fieurde Lef- biens, qu'il n'auoit pas en fa ‘part vne feule maifon pour fe reti-
eur. P4- rer: En fon ieune aage, & du temps du Roy Charles Septiefme ,
120. @° I2I. , .
de Comines, pere du Roy Louy Onziefme, il femit dansles Compagnies d'Or-
imprefion donnances dudit Roy Charles ; dans fa ieuneffe il eftoit fort adex-
du Lowre. Lre Gentil-homme, bon‘homime d'armes, & fort adroit à cheual,
tres-entrant, bien parlant ,:& hardy auec les Princes & Seigneurs :
durant le Regne du mefme Roy Charles il fit tant qu'il eutaccés
auprés de fa perfonne , & fut par luy fait Bailly de Coftentin;
bref il eftoit es bien entretenu & appointé de ce Roy. Auf
auoit-il credit & auétorité enuers le Duc de ge » qui pour
lors frequentoit ce Roy Gharles : Of aduint que ledit Roy alla
de vie a crefpas , & pource que le Roy Louys XL, fon fils, qui
vint à 3 Couronne aprés’ luy.; n’auoit pas grande cognoiffance
de luy , & qu'il ne l'entretint pas comme faifoit le Roy Charles
{on pere , il fe retira deuers ledic Duc de Bretagne , & eût toute
l'autorité auprés de luy ; & deflors en auant il ne ceffa de broüil-
ler, de craffiquer, & de metre difflenfion-entre ce Roy & ce Duc,
& fut vn des principaux autheurs dela diuifion qui aduint entre
ledit Roy & fon frere Charles Duc de Berry. Car en lan mille
quatre cent foixante & quatre, luy-mefme emmena mondit Sei-
nie de Berry , de Poitiersen Bretagne pardeuers le Duc qui eftoit
ors a Nantes , & cela fans le fceu du Roy , dont grande diuifion
& guerre aduint en France , laquelle fe nominoit.le bien Public :
en pacifant laquelle diuifion ce Seigneur de Lefcun fut le princi-
pal
= ———: —_—_— ——
»
ROŸY DE FRANCE. 17 :
pal conduéteur , en prenant du tour la conduite & le gouuerne : 86,
ment d'iceluy Seigneur de Berry , qu'il entretenoit toûjours en
broüillerie & diuifion auec le Roy fon frere:Or aduint que mon-
dit Seigneur de Berry “alla de vice à trefpas , & incontinent aprés * P. dans de
ledit Seigneur de Lefcun fe retira deuers le Duc de Bretagne , où “aa P'
il faifoit merueilles de continuer fon mauuais commerce, & de *
tenir ce Ducen diuifion auec le Roy, en le faifant allier des An-
glois , & du Duc Charles de Bourgongne , qui eftoient toüjours
en queftion & debat auec ledit Roy Louys , lequel eftant Prince
fort fage , auoit cette vertu en luy , que combien qu'vn homme
luy eût fair cous les maux du monde, & qu’il eût grand fubiet
de tenir fon courage contre luy , & de “a ne faire aucun bien,
routesfois il preferoit fort volontiers à fon reffentiment le bien
de la chofe publique ; de forte que quand il voyoit que C’eftoit
mu homme d’entendement , qui pouuoit luy faire quelque
eruice , & cftre caufe de quelque bien , en le retirant d’vn party
contraire, & l’attirant à luy oublioit les maux qu’il luy auoit
faits , & le gagnoit & attachoit à luy , quoy qu'il luy en deût
coufter : il penfa donc de cette maniere d'attirer à luyÿ ledit Sei.
Seigneur de Lefcun, & de luy faire tant de biens qu'il s'en deuroit
contenter , & employa des gens pour en venir à bout , efperant
que par ce moyen le Duc de Bretagne luy feroit bon parent, &
fubiet , & fe departiroit de toutes JET ee faites contre luy :
Enfin donc lé Roy le gagna & attira à fon feruice. Et combien
pe ne fût de maifon ny de lieu pourquoy le Roy le deût d’abord
1 haut éleuer qu'il fit : toutesfois pour plus l’obliger à luy eftre
bon feruiteur , incontinent il le fit Cheualier de En Ordre, luy
bailla cent Lances de fes Ordonnances, luy donna les Senefchauf-
_ fées de Guyenne, des Lannes , & de Bazadois , & enfin le fit fon
Lieutenant gencral, & Gouuerneur de tout le pays de Guyenne :1l
luy donna de plus la Comté de Comminge , & la Seigneurie de
Fronffac , luy mit entre fes mains le Chafteau de ‘Frompette à
Bourdeaux , le Chafteau de Bayonne, les Villes & Chafteaux de
Dacs, Sainét Seuer, Libourne, Blaye, & la Rcolle, & luy fittant
d’autres biens, qu’il auoit plus de quarante mille francs de bien-
fai&s de luy : Outre plus , quoy que d'ancienneté il n'y aitaccou-
ftumé d'auoir qu'vn Admiral dans tout le pays de France: toutes- me Per
fois le Roy pour cette fois luy baïlla lAdmirauté* dudit pays de LEE 5e
Guyenne ; & il auoit fi grande autorité en ce Duché là, qu'il y Admiraux,
cftoic craint & obey comme s'il en eûr efté le Duc + Auec cela PPT
le Roy-pourueût grandement fes freres & fes parens , à l'vn def-
de il donna la Senefchauffée de Carcaflonne , & leur fit plu-
eurs biens, & encor à plufieurs de fes feruiteurs ; bref il eftoit fi
bientraité qu'il n'y auoit Prince & Seigneur en France , tant füc-il
proche parent du Roy, qui le fût micux: Et dans tous ces biens.
| | | C
| 18 HISTOIRE DE CHARLES.VIII.
1486. la ledit Roy Louys XI. l'entretinc iufqües à l'heure de fon trefpas ;
4Ad6G, F . |
aprés lequel le Roy Charles Huitiefme fon fils conferua le mef-
me Seigneur de Lefcun dans tous les biens qu’il auoit : & à l’ad-
uencment dudit Roy Charles Monfeigneur & Madame de Beau-
jeu, quiauoient entierement le souuernement du Roy & du Royau-
me, traiterent ce Seigneur de Lefcun tout ainfi qu’il le voulut re-
querir & demander, en luy augmentant de plus en plus fon au-
étorité en Guyenne ; mefme fur toutes les affaires de ce pays-là ils
n'en faifoient que pat fon confcil & aduis : Outre plus, à fa pour-
fuite & requefte ils tinrent la main en faueur du fils de Monfei-
* C'bit gneur d'Albret* afin d'auoir la Reyne de Nauarre en mariage :
Se a s Mais nonobftant tout le bon traitement qui luy fut fait, & non-
poux de Ca- Obftant les grands biens ‘du feu Roy Louys , & ceux que le
therine Rey- Roy luy faifoit encor , & bien qu'il fut vieil & aagé comme de
MN& foixante & dix ans , & plus : toutesfois voulant retourner encor
à fa premiere nature de trafhiquer & faire des trahifons, il fut ad-
herant à Monfeigneur d'Orleans , & prit intelligence auec luy,
& auec Monfeigneur de Dunois , qui auoient bien intention tous
enfemble de broüiller le Royaume : Or à caufe des Places qu'il
tenoit en Guyenne, pour le doute qu’il n'y fit entrer dedans des
Eftrangers, mondit Seigneur & Madame de Beaujeu , aprés le voya-
ge de mondit Seigneur d’Orleans en Bretagne , creurent deuoir
s’abftenir de faire aucun exploit de guerre , iufques à ce qu'ils
fceuffent bien au vray le vouloir , & l'intention dudit Seigneur
d'Orleans, de Monfcigneur de Dunois , du Prince d'Orenge , &
de ce Seigneur de Lefcun , qui eftoient à Nantes auec le Duc de
Bretagne. |
Enfin Monfeigneur & Madame de Beaujeu furent aduertis , que
mondit Seigneur d'Orleans , le Duc de Bretagne , Monfeigneur
d'Engoulefme , Monfeigneur de Dunois, le Prince d'Orenge,
Monfeigneur d’Albret, & ledit Seigneur de Lefcun auoient in-
telligence enfemble , deliberez de faire quelque broüillerie dans
le Royaume, & qu'ils auoient intelligence auec le Duc d'Auftri-
*C'effoit Re- Che & le Duc de Lorraine * : Ce qui fut fceu & defcouuert par
Hi - mr meffagers qui portoient des lettres des vns aux autres,
" lefquelles eftoient efcrites en chiffres , dont ils auoient les Abecez
pardeuers eux: mais on fit fi bonne diligence pour connoïftre ces
chiffres , qu'on defchiffroit facilement ces lettres ; & par plufieurs
autres moyens fut defcouuerte leur mauuaife volonté. :
Monfcigneur & Madame de Beaujeu eftans affeurez âuec veri-
té du mauuais vouloir des perfonnes cy-deflus nommées , furent
fort defplaifans de l'erreur & de la ES dans laquelle ils fe
mettoient , confiderans le dommage qui en pouuoit aduenir au
Royaume , & leur fembloit bien qu'ils n’auoient pas fubier de :
ce faire , veù le bon traitement que le Roy leur faifoir , & les .
ROY DE FRANCE. 19
grands biens qu’ils receuoient deluy. Et s'efbahifloient fort decet. 1,486, :
te réfolution de Monfeigneur d'Orleans & de Monfeigneur de
Dunois , aufquels le Roy auait defia par deux fois me les
broüilleries qu'ils auoient faites depuis fon aduenement à la Cou:
ronne , & fçauoient bien qu'auprés mondit Seigneur d'Orleans
mondit Seigneur de Dunois eftoit le principal chef & conducteur.
Toutesfois pource que ledit Seigneur de Lefçun detenoit les
principales Places de Guyenne, & qu'il auoir dans ledit pays Odet
d’Aidie Senefchal de Carcaffonne fon frere , qui auoit la charge
des cent Lances dudit Seigneur de Lefcun, lefquels eftaient tous,
ou la plus grande partie Bearnois , & gens qui n'auoient gueres
à perdre ; mondit Seigneur & Madame de Beaujeu delibererent
auant toutes chofes de donner ordre & prouifion à ladite Duché
de Guyenne, & de la mettre en feureté, en recouurant les Places
que ce Seigneur de Lefcun y detenoit ; & à ce fubier en toute di-
ligence ils efcriuirent à ceux de Bordeaux & de Bayonne, afin
qu'ils ne fuflent furpris par les Chafteaux que lcdit Seigneur de
* Lefcun tenoit : à quoy ceux de Bordeaux & de Bayonne donne-
rent ordre au mieux qu'ils pûrent. De plusil fut aduifé que le Roy
jroit en perfanne dans ledit pays de Guyenne , pour le recouure-
ment des fufdites Places : & furent à ce fubiet ordonnées quatre
cent Lances & deux cent Archers de la garde du Roy, pour mar-
cher & aller deuant demander ouuerture defdites Places, dont le
Seigneur dSainét André auoit la charge , & fut refolu que le
Roy marcheroit aprés. | : |
Pendant que le Roy faifoit fes preparatifs pour aller en Guyen-
ne, mondit Seigneur d'Orleans , le Duc de Bretagne , le Prince
d'Orenge , & ledit Seigneur de Lefcun , qui eftoient à Nantes,
mettoient peine d'attirer & accorder les Barons auec le Duc, mais
ils n’en pouuoient venir à bout ; car ces Barons ne vouloient rien
faire fans le vouloir du Roy , & vouloient que leur Duc fit le
bon plaifir du Roy, & que Monfeigneur d'Orleans & ce Seigneur
de Lefcun fe retiraflent en leurs maifons : De la bande des Barons
cftojent Monfcigneur de Rohan, le Seigneur de Rieux Marcfchal
de Bretagne, le Seigneur de Quintin frere dudit Seigneur de Ro-
han, le Seigneur de Chafteaubriant qui auoit efpoufé la fille du-
dit Seigneur de Rieux, & plufieurs autres; pour le regard du Sei-
gneur de Laual il eût bien voulu fe tenir neutre, & ne rien faire
contre le Roy, ny contre le Duc : mais il craignoit de defobeïr
au Roy, & à ce fubiet il faifoit felon fon bon plaifir. |
Par plufieurs fois mondit Seigneur d'Orleans & le Duc enuoye-
rent deuers le Roy , & faifoient plufieurs ouuertures d'accord :
Mais leurs demandes eftoient fi defraifonnables que le Roy n'y
auroit iamais voulu entendre. Aufli connoifloit-on clairément
que ces ouuertures eftoient toutes feintes & remplies de diffimu-
C i
| 20 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
* 1486. lations, afin de paruenir à leur intention , qui eftoit de broüiller
le Royaume.
Quant à mondit Seigneur de Dunois il eftoit cependant à Par-
tenay , où il auoit actiré plufieurs gens fans adueu & vagabonds,
& en faifoit fortifier la Ville & le Chafteau , & le garnir de vi-
ures le mieux qu'il pouuoit, mais fes gens ne faifoient encor au-
cun exploit de guerre. |
Pareillement {e conduifoit Monfeigneur d'Engoulefme à Con-
gnac où il eftoit, & par fois à Engoulefme ; & eftoient en grande
crainte du Roy, pource que le bruit eftoit qu'il alloit és marches
de Guyenne.
Il y auoit encor plufieurs menus Seigneurs dans le Royaume,
qui euffent volontiers adheré auec lefdits Seigneurs , & tenu leur
party, & qui n’attendoient que broüillerie dans le Royaume ; mais
pour la crainte du Roy ils ne s’ofoient declarer , & attendoient
que les affaires du Roy vinffent à eftre plus mal qu'ellesn'eftoient.
Le9. Fe Enuiron le neufefme iour de Feurier mille quatre cent quatre-
dE vinot & fix, le Roy partit de Tours, pour tirer à Chinon, & de là :
en Guyenne. Il prit fon chemin dudit Chinon à Chaftelleraut,
& le dix-feptiefme iour dudit mois de Feurier il arriua à Poiétiers,
où il fit fa nouuelle Entrée comme Roy, & y fut bien & magni-
fiquement receu par ceux de la Ville , qui luy firent vn beau
prefent. |
Le Roy cftant à Poiétiers, pource que Oder d'Aide Senefchal
de Carcaflonne, frere du Seigneur de Lefcun , eftoit dedans Xain-
ces auec les cent Lances aude de Lefcun , qui eftoient en partie
Bearnois & Gafcons , & qu'on ne fçauoit s'ils voudroient faire
… d’abord ouuerture au Roy; Monfecigneur & Madame de Beaujeu &
* y. pag. 16. ceux du Confeil , dont le Seigneur de Grauille , Admiral * de France,
e : . cftoitle principal, voulurent Bien donner ordre à ladite ville de Xain-
prefiion du €S, & la mettre en la feureté du Roy; & auant que d'enuoyer par-
Loue. deuers ledit Senefchal , qui eftoit dedans , ils ordonnerent à vn
Gentil-homme , nommé Antoine de Iarrye, du pays de Berry,
{eruiteur dudit Seigneur de Beaujeu , qui eftoit Capitaine ou Gou-
- uerneur du pont de Xainétes, d'aller audit pont, & de s’en faifir.
& affeurer , ce qu'il fit aufli-coft ; de laquelle chofe le fufdit Se-
ncfchal fut fort troublé, & employa tous fes foins à le recouurer
par belles perfuafions d'abord , & puis par menaces : mais il ne
peût trouuer moyen de le recouurer :la poficflion de ce pont fit vn
tr bien ; car ce Senefchal eftoit deliberé de tenir bon dans icel-
e Ville , qui eût coufté beaucoup à reprendre ; pource qu'outre
les cent Lances qu'il auoit , il pouuoit encor promptement re-
couurer des Arbaleftriers & gens de pied , des terres de Monfei-
gneuf es meer & du Seigneur de Pons, qui eftoient de fon
party & de fon intelligence,
ROY DE FRANCE. 21
Mondit Seigneur & Madame de Beaujeu eftans aduertis que
ce pont eftoit ainfi faifi & en feureté pour le Roy, firent incon-
tinent acheminer quatre cent Lances & deux cent Archers de la
garde du Roy, pour aller dans Xainétes ; dequoy ledit Senefchal
eftant aduerty , &fçachant leur venuë , il emmena auccluy les cent
hommes d'armes qu'il y auoit, & fe retira à Pons : maislefdits qua-
tre cent Lances & deux cent Archers, donrile Seigneur de Sainét-
André eftoit Chef, firent grande diligence de courir aprés , donc
ce Senefchal ayant eû aduis, il s’en Îla auant leur venuë à Pons,
& fe retira à Blaye. LL
Entre ledit lieu de Pons & Blaye ; la plufpart des cent Lances
dudit Senefchal de Carcaffonne , voyans que le Roy auoit cette
matiere à cœur, l'abandonnerent, & vinrent fe rendre au Roy, qui
les receût fort bien, & ordonna de leur payement.
Le Seigneur de Pons fit en fuite ouuerture audit Seigneur de
Sainét-André ,& aux quatre cent Lances & deux cent Archers du
Roy.
De cette ville de Pons , aprés qu’elle eût efté ainfi aflurée au
feruice du Roy, le Seigneur de Saint-André tira en toute dili-
gence audit lieu de Blaye, & fit loger fes gens à l'Abbaye & aux
enuirons de la Ville: Le lendemain l'artillerie du Roy qui le fui-
uoit , arriua vers luy ; les Officiers de laquelle commencerent af-
prement à battre la Ville , & d'heure à autre arriuoient Arbale-
ftriers & gens-de pied , que le Roy auoit commandez pour ren-
forcer ce fiege, outre plufieurs Seigneurs du pays qui s’y eftoient
rendus en perfonne : Aufli le Roy de logis en logis fuiuoit ledit
Seigneur de Saint-André , & deux ou troisiours aprés luy il arriua
à la veuë de Blaye : On employoit toute diligence à battre cette
Ville, & à faire les approches pour y donner l’affaut : Aucuns des
gens du fufdit Odet d’Aidie , qui eftoientc enfermez dans Blaye
_ auec luy, voyans que le Roy eftoit en perfonne à ce fiege, dirent
audit Odet, qu'ils ne vouloient point tenir contre le Roy , & en
ortirent.
Pendant que le Roy.eftoit ainfi occupé deuant Blaye , le Sci-
pe d’Albret, qui eftoit de l'alliance des fufdits Seigneurs, auoit
ait amas dans fes terres de quelque nombre d’Arbaleftriers, par-
my lefquels il y auoit des Nauarrois & Bearnois, & eftoit le bruit
qu'il viendroit à ce fiege ; mais il n’auoit pas aflez de gens pour
ofer l'entreprendre. Ceux de Bordeaux de leur cofté fecouroient fort .
les É du Roy audit fiege, tant de viures ee chofes ne-
ceffaires au Camp. Ledit Odet voyant qu'il eftoit fort batu &
preffé, & en eftar d'eftre pris d'affaut, parlementa, & demanda plu-
fieurs chofes, dont il fut d'abord éconduit : Enfin il requit qu'il
pleüt au Roy luy pardonner, le tenir toufiours pour fon feruiteur,
& luy laiffer les biens qu'il auoit de luy,& que moyennant cela,
C ii
1486.
1486.
* Entrçe du
Roy 4 Bor-
deaux l'an
1486. Le 7.
Mars.
* V.cy-de-
Hant PAL. 17.
2 * HISTOIRE DE CHARLES VIIL
il rendroit & mettroit en fes mains toutes les Places que fon fre-
re le Seigneur de Lefcun tenoit en Guyenne : Or combien que le
Roy fût prés d'auoir la Ville par force, routesfois pour éuirer l’ef-
fufion de fang , & les inconueniens des gens de bien , qui peuuent
aduenir quand vne Ville eft prife par affaut , & aufli veû l'offre
qu'il faifoit de rendre les autres Places que ledit Seigneur de Lef—
cun occupoit, il fut confeillé d'accepter l'offre qu'il luy faifoit: Et
fut ainfi cette Ville renduë au Roy deux iours aprés fa venu ; il
cftoit lors logé à Bourg.
Le Roy enuoya ledit Odet d’Aidie Senefchal de Carcaffonne, ac-
Sr 2 de quelqué nombre de fes gens de guerre , pour luy faire
baillerles autres Places, qui luy furent toutes renduës; c’eft à fçauoir
le Chafteau Trompette, Fronffac, la Reolle, Saint Seuer, Dacs,
& le Chafteau de Bayonne, lefquelles furent routes mifes en feu-
reté pour le Roy ; dequoy ceux qui auoient la charge du Roy ,&
de fes affaires, furent fort ioyeux, pour auoir ainfi retiré lefdites
Places, & mis le pays de Guyenne en affeurance.
Depuis que le Roy fût arriué à Poictiers , & pendant le temps
qu’il mit à aller de Poitiers à Blaye, il y eùt des allées & venuës
pardeuers Monfeigneur d’Engoulefme , qui eftoit à Congnac , &
auoit des gens dans Engoulefme, il requeroit le Roy qu'il le vou-
lût prendre en appointemenc : Et tant fur allé & venu de part &
d'autre , qu'enfin le Roy le receût & luy pardonna ; de forte qu’il
fe vint rendre vers le Roy à Bourg ; auquel lieu il le receût, & luy
fit bon accueil, & luy promit de l’entretenir & de le traiter com-
me fon parent, en fes penfions, & autres biensfaits. |
Auffi le Roy en paffant à Pons pardonna au Seigneur dudit
lieu, & luy fit bailles {a Remiflion.
Veû que le Roy eftoit fi proche de Bordeaux , & qu’il n’y auoit
encor efté, il fut aduifé qu'il iroit iufques-là, & qu’il y feroit fon
Entrée ; ce qu’il fit : Il y fut grandement bien receu par les ha.
bitans de la Ville, quiluy firent debeaux prefens, & aux Seigneurs
qui eftoient auec luy ; ce fut le feptiefme de Mars mille quatre
cent quatre-vingt & fix qu’il y fit fon Enttée*.
Il ÿ feiourna enuiron huit iours, pendant lequel temps fut don-
né ordre & feureté à tout le pays de Guyenne , dont le Gouuer-
nement que tenoit ledit Seigneur de Lefcun uy fut ofté ,& bail-
lé à Monfeigneur de Beaujeu , qui ordonna pour fon Lieute-
nant audit pays le Seigneur de Candale: L'Admirauté * de Guyen-
ne, que pofledoit auffi ledit Seigneur de Lefcun, fut reünie à l’A d-
mirauté de France, & baillée au Seigneur de Grauille Admiral de
France. La Sencfchauffée de Guyenne, & autres Senefchaullées &
Capitaineries qu'auoit le mefme Seigneur de Lefcun luy furent
toutes oftées , & baillées à plufieurs des feruiteurs du Roy : & la
LA . .
Comté de Comminge reünie au domaine du Roy.
ROY DE FRANCE. 23
.… Audit voyage de Guyenne eftoit toûjours auec le Roy Madame: 486.
de Beaujeu fa {œur, fans aucunement l'abandonner, & auoit toû-
jours le foin & la garde de fa Perfonne , & ne fe faifoit aucune
chofe qui touchât le Roy , & le Royaume, que ce ne fût de fon
fceu , vouloir , &' confentement ; fous elle & Monfeigneur de
Beaujeu , ledit Seigneur de Grauille Admiral de France auoit la -
principale charge des affaires du Royaume. À
Quané le Roy eùüt donné ordre aux affaires du pays de Guyen-
ne ; il fut deliberé qu'il iroit vers Partenay , pour remettre cette
Ville auec le Chafteau que Monfeigneur de Dunois tenoit en fon
obeïffance : A cét effet, le quinziefme iour dudit mois de Mars mille
quatre cent quatre-vingt & fix, il partit de Bordeaux, & vint au
gifte à Blaye. De la il prit fon chemin à Ionfac , à Congnac,
(auquel lieu il fut bien receu par Monfeigneur M EYE qui
en eftoit Seigneur, } & à Sainct Jean d'Angely ; de là à Chizé, à
Niort, à Eruy prés la Lande: Et le vingt & huictiefme iour dudit Le 28.Mars.
mois de Mars pure ayx fauxbourgs de Partenay ,oueftoit defia
fon Armée , qui auoit marché deuant luy : A l’arriuée du Roy
mondit Seigneur de Dunois n'eftoit pas audit lieu de Partenay;
car quand il fut aduerty que le Roy & fon Armée venoient l'af-
fieger, il en partit de bonne heure, & s’en alla à Nantes deuers
Monfeigneur d'Orleans &le Duc de Bretagne, & laiffa le Seigneur
de Ioyeufe, qui eftoir à Monfeigneur d’Orleans , & autres gens de
guerre pour la garde de Partenay ; mais le iour mefme que le Roy
fut arriué , ceux de dedans commencerent à parlementer , & ce dit
iour rendirent la Ville & le Chafteau , moyennant que le Roy
leur pardonnât, & s’en allerent leurs bagues fauues.
Ainfi que le Roy retournoit de Guyenne , en venant à Par-
tenay , Monfeigneur de Bourbon, qui venoit de fa ville de Mou-
lins auec fon Eftat ordinaire , fe rendit deuers le Roy. |
Le Roy donna ordre & prouifion à la Ville & au Chafteau de
Partenay , & les mit en bonhe feureté , & fit enfuite acheminer
fon Armée vers les marches de Bretagne, enintention d'aller aprés.
. Mais pource qu’aucunes chofes confiderables aduinrent ailleurs
en cedit mois de Mars, il en fera icy fait mention , & puis nous
retournerons à continuer la guerre de Bretagne. LS
En cedit mois de Mars mille quatre cent quatre-vingt & fix,
Madame Marguerite d'Armagnac Ducheffe de Bourbon ; eftant
en la ville de Moulins en Bourbonnois , accoucha d’vn fils ,
mais du trauail qu’elle eût à l’enfanter elle mourut, & feize iours
aprés le fils trefpaffa , donc ceux du pays firent grand deüil, pour-
ce que mondit Seigneur deBourbon eftoit defia fort aagé , & n'a-
uoic aucuns autres enfans:On auoit deliberé de faire grand chere
&refioüyffance aux couches de madite Dame, mais la ioye fut cour-
née en triftefle. | . NS
Le 15.Mars.
1436.
24 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
Durant ce mefme mois de Mars pendant que le Roy eftoit en-
cor , ainfi qu'il a efté dic cy-deflus , és marches de Bretagne , il
auoit fes garnifons fur les frontieres de Picardie , qui faifoient la
uerre en Hainaut, Flandres , Brabant, & autres pays sé mer Pen
le Duc d'Auftriche & fon fils, lefquels de leur cofté auoient leurs
Capitaines & gens de guerre, qui faifoient la guerre aux pays du
Roy : Dans le Hainaut eftoit Chef pour ledit Duc d’Auftriche le
Seigneur de Montigny fils du Comte de Horne, & frere de l'E-
uefque du Liege , lequel vn iour de cedit mois de Mars affembla
fes garnifons de Hainaut & s'en vint courir deuant la ville de
Guyfe, en intention d'y faire quelque furprife ; il eftoit bien accom-
pagné de gens de pied & de cheual, mais auant qu'il peût arriuer
iufques aux fauxbourg d’icelle Ville du cofté de Hainaut, ceux de
la Ville, & les gens du Roy qui y eftoient en garnifon, en furent
aduertis, & fe 1etterent dans ce fauxbourg , qui eftoit barré , dans
le deffein de faire leur effort pour empefcher qu’il ne fût bruflé
& pillé : {ls ne fe furent pas fi toft rendus dans ce fauxbourg,
que ledit Sieur de Montigny auec {a compagnie y arriua ; ils
commencerent aufli-toft à efcarmoucher , & d'vn cofté & d'autre
{e faifoient de grands efforts ; or ainfi que cette efcarmouche fe
faifoit le Sieur de Montigny , qui eftoit vaillant de fa perfonne,
& monté fur vn bon cheual , apperceuant vn Archer qui auoit
efté autresfois à luy , lequel s'eftoit rendu du party du Roy dans
ladite ville de Guyfe, & combattoit auec fes gens dans l'efpoir
de le prendre, il s’efforça d'entrer bien auant dedans ce fauxbourpg,
& fit fi bien qu’il paruint iufques audit Archer , lequel mettoit
peine à fe deffendre, iufqu’à ce que incontinent vinrent à fon fe-
cours ceux de la garnifon de la Ville tellement que ledit de Monti-
gny fut contraint de s'en retourner; mais comme il s’en alloit, il
arriua qu’vn payfant de la Comté de Guyfe qui cenoit vne picque
en fa main, & efcarmouchoit ,ietta fa picque contre ledit de Mon-
tigny , & l’atteignit en la cuiffe où il n’eftoit armé, & luy fitplaye,
non pas bien grande; aprés quoy il fe retira iufques à {es gens, &
ordonna qu'on fit retirer vnchacun,à caufe que fa playe luy fai-
foit fi grande douleur qu'il ne pouuoit plus durer , il ne pouuoit
lus mefme fouffrir d’eftre à ur eftanc donc hors du faux-
pole emmy les champs il fut habillé & penfé ainfi qu'on le peût
faire, & haftiuemenc luy fur dreffé vne forme de liétiere auec des
perches pour le porter à force de gens de pied ; il fut donc ainfi
chargé & mis au milieu de fes gens , pour {e retirer & aller au Quef-
noy : Orainfi qu’ils pafloient par vn ruifleau qui eff au delà de
Guyfe , ceux qui le portoient tomberent dans ce ruiffeau , & fut
ledit de Montigny moüille ; tellement que l'eau qui n’eftoit pas
fort netre entra dans fa playe,ce qui accreût fa douleur : routes-
fois il fut porté iufques au Quefnoy , où quatre à cinq iours ”
e
ROY DE FRANCE _2f$ |
le feu fe mit à fa playe, tellement qu'il luy fallut couper laiambe, | 486
duquel accident 1l mourut enfin quatre iouts aprés : Il eftoit fort
grand pillart, & fouffroit faire beaucoup de maux à fes gens, fans
en faire aucun chaftiment. Il detenoit vn Commandeur de Sainct
Antoine prifonnier, qu'il vouloit rançonner fans iufte occafion,
mais Sainét Antoine * y befongna bien , & luy donna à connoiftre * 1’ Aube
qu’il ne fe deuoit pas iotier à luy. Or il ordonna à fa mort que ce "#74 ds
Commandeut qu'il tenoit prifonnier füt deliuré & mis en liberté. "
Combien qu'il fût grand pillart, il eftoit homme de grande exe.
cution , & de haute entreprife, & eftoit le principal Chef de guer-
re du Duc d'Auftriche , & deffendoit pour duy toute la frontiere
de Hainaut & du Liege ; de forte que par fa mort ledit Duc fut
fort affoibly. | nn
Audit mois de Mars mille quatre cent quatre-vingt & fix,le Mirs:
Scigneur de Romont , qui auoit cfpoufe La Comtefle de Saint
Paul , alla de vie à trefpas. Ladite Comtefe eftoit fa niéce , fille
de fa fœut , & il l’auoit cenuë fur les Fons : mais aprés la mort de
fa fœur il s’en faifit, & l’efpoufa contre le gré à rous les pa-
rens d'icelle fille , du cofté de Sainét Paul : Il ne vient gucres de
bien de tels mariages. Car 7 qu’il l'eûc efpouféc il ne profpe-
ra point, & ne fit aucun profit . | |
Nous reuiendrons au Roy que nous auions laiflé vers Partenay,
lequel auoit fait auancer fon Armée en Bretagne, pour y fecourit
les Barons ir cftoient toûjours én guerte contre leur Duc ; les
principaux defquels eftoient le Seigneur de Rohan, le Seigneur de
Quintin fon frere , le Seigneur de Rieux Marefchal de Bretagne,
le Seigneur d’Auaugour Baftard du Duc, le Seigneur de Chafteau-
briant, & plufieurs autres qui tenoient leurs Places, &auoient des
gens de guerre dedans. |
Quand le Roy eütmis Partenay en afleurance, il tira à Thoüars,
en s’approchant roûjours de la Bretagne, & là fit la fefte de Pafque,
laquelle eftant pañlée il s’en alla à Chafteaugontier , & fciourna
tout le mois d’Auril en cette contrée-là. Enuiron le quatriefme o-
May. mille quatre cent quatre-vingt & fept il arriua à Laual, au- EST
quel lieu fut aduifé qu'il feiourneroit pendant que fon Armée Le4 May.
entreroit en. Bretagne : car dés ce temps la guerre eftoit ouuerte |
contre Monfecigncur d'Orleans ; le Duc de Bretagne ;, & ceux de
leur party. Les Barons d'autre part auoient leurs gens affemblez
vers Vannes en Breragne ; & pource que le Roy faifoit venir des
gens de pied de Normandie, il fut arrefté que l'Armée du Roy
cireroit audit lieu de Vannes; à ce fubict, elle vint deuant vne pe-
tite Ville nommée Pellemeil, qui fui incontinent battuë & affail-
lie ; ceux de dedans firent leur effort pour fe bien deffendre : mais
ils ne peûrent refñfter, & furent pris d'affaut.
Pendant que l'Armée du Roy cftoit ainfi occupée deuant ce
D
1487.
26 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
lieu de Pellemeil , Monfeigneur d'Orleans , le Prince:d'Orenge,
& le Seigneur de Lefcun., qui tenoicnt dans Nantes le Duc de
Bretagne, lequel n’eftoit pas bien aifé de fa perfonne, firent tant
u'ils amenerent ce Duc iufques audit lieu de Vannes, auec le peu
& gens qu'ils peürent trouuer ; & pource qu’ils furent aduertis
que ladite ville de Pellemeil auoit efté prife d'affaue , & que l’Ar-
mée du.Roy marchoit pour les aflieger , tout haftiuement ledit
Duc & lefdits Sieurs'en partirent, &:fe mirent par mer pour tirer
à Nantes : Ils furent fi preflez à ce depart qu’ils n'eûrent pas le
_ loifir de charger leur bagage, car ainfi qu’ils en partoient l'Armée
du Roy arriua deuar la Ville : Or ceux de Vannes voyans que
leur Duc s'en eftoit party de la forte fi foudainement fans leur di-
re aucune chofe de ce qu'ils auoient à faire , & auff qu'il n’auoit
Juin.
hiffé dedans qu’vn tas de gens de pied, qui eftoient fans Chef &
fans argent , incontinent ils parlementerent auec les Barons, &
s'offrirent de faire le bon plaifir du Roy, pourueû qu'il luy pleûc
les receuoir & cenir pour fes:bons Subiets ; ce qui leur füt accordé,
& fe mirent de la forte en l’obeïffance du Roy ; tous les gens de
de pied que le Duc auoit laiffez audit lieu de Vannes, fe rendirent
du party des Barons ; ce fût au mois de Iuin mille quatre cent qua-
cre-vingt & fepr que Vannes füc ainfi mife és mains du Roy.
-: En ce temps-là, pource que Monfciyneur d’Orleins & Mon-
fcigneur de Dunois continuoient d’eftre defobeïffans au Roy , il.
fit faifir & mertre routes leurs terres & Scigneuries en fa main, &
fit rafer les murailles de la ville de Partenay , baillanc prouifion
pour viure à Madame. de Dunois, & à fes enfans : Pour le regard
de Madame d'Orleans il la traitoir & luy entrecenoit fon eftat
comme eftant fa fœur. ‘ | _
Le mefme mois.de Iuin , combien que Monfeigneur le Duc
Ian de Bourbon eût defia efté marié par deux fois., & qu'il fût
_ fort vieil & âgé , de plus de foixante ans ; fort gouteux & mal-
aifé de fa perfonne: toutesfois , pource qu'il n'auoit aucuns enfans,
cfperant toûjours d'en auoir , oui Madamoifelle Ieanne de
Vendofme, fœur du Comte de Vendofme, fans grande folemnité
de nôces. | \ |
‘Quand le Roy eût ainfi reduit la ville de Vannes à fon obeïf__
fance, voyant que Monfeigneur le Duc d'Orleans &le Duc de Bre.
ragne s'en eftoient allez tour effrayez enfermer dans Nantes, leur
Armée eftant rompuë & diflipée , dont la plufpart auoit pris le
party du Roy & des Barons, | fût confeillé de Aire aduancer fon
Armée vers ledit lieu de Nantespour les y aflieger,& reduire à fon
obeïffance ; & pour executer'cette deliberation, il y fit acheminer
fes Troupes & fe retira à Angers pour s’y tenir durant ce fiege.
Incontinent que l'Armée du Roy fût proche de Nantes , qui
fût au mois de luin mille quatre cent quatre-vingt & fepr, le liege
ROY DE FRANCE. 27
fût mis deuant cette Ville , en l'vn des coftez de laquelle le fiege
continuoit depuis le Chafteau iufques à vne poterne qui eft (are
riuiere de Chartre, dans lequel cofté eftoient pour Chefs le Seigneur
de la Trimoüille , le Seigneur de Sainét-André, & le Seigneur de
Champeroux. Outre la riuiere vers les fauxbourss; du cofté de Poi-
tou , cftoit campée vne autre partie de l’armée du Roy , qui te-
noit grande partie des . ; & de ce cofté-là eftoientpour Chefs
de guerre le Seigneur de Breflure en Poiétou , Meflire Gafton du
Lion Senefchal de Thouloufe, le Vicomte d’Aunay , le Seigneur
de Malicorne , & autres. Le Duc de Bretagne , & ceux de Dire
Ville auoient feulement quelque liberté ue ladite riuiere de
Chartre iufques à la riuiere de Loire, du cofté de la Fofle , & par
là leur pouuoient venir viures & gens. Les gens du Roy employoient
cous leurs efforts à battre la Ville, & faire leurs approches pour
la prendre d’affaut : Ceux de dedans de leur cofté mettoient pei-
ne defc fortifier , & refifter aux gens du Roy. Pendant que ces
chofes fe pafloient ainfr , Monfeigneur d'Orleans & ledit Duc
auoient enuoyé en la baffe Bretagne pour y amafler gens, quivinf-
fent à leur fecours ; & y eftoit à cette fin allé Monfcigneur de
Dunois. |
Auffi mondit Seigneur d’Orleans, & le Duc, auant que le Roy
entrât au pays de Bretagne, durant qu'il eftoit encor en Guyenne,
auoient enuoyé vers le Duc d’Auftriche *, qui effoit leur allié , * rximi-
pour en auoir fecours, & luy offroient à ce fubiet l’aifnée fille du dd
Duc en mariage; car il eftoit veuf de fa premiere femme *, & aflez ous
jeune, comme detrente & vnan ,ou enuiron: ÿs luy enuoyerent * C'éffoir
leurs feellez, pour l’entretenir de l'efpoir de ce mariage. Parcille- 22%
ment auoient-ils enuoyé en Angleterre , pour gagner le Roy * & dernier Duc
les Anglois; auffi en Efpagne, & faifoient plûficurs grandes offres 4 Bowrgon-
par cout : Mais ils ne peürent rien faire Le à lefdits Anglois &*'x
Efpagnols, pour la craïnte qu’ils auoient du Roy : Toutesfois le #71. Roy
Duc d’Auftriche, pour le grand defir qu'il auoit de paruenir à ce NL dl
mariage , delibera de les fecourir, combien q#'il füt bien empef-
ché à fouftenir la guerre que les gens du Roy luy faifoient au
pays de fon fils * en Flandres, Hainaut, Brabant , & autres mar- * C'fois
Ches de par delà. Et affembla enuiron quinze cent hommes qu'il Phppe he-
| LE ritier des
fit embarquer , dont il bailla la conduite à vn Baftard de Bour- ps,:.44, &
gongne , nommé Baudoüin , Jequel en cedit mois de luin mille goss
quatre cent quatre-vingr & fept$ tandis que le fee eftoit deuant 7 Fa”
ladite ville de Nantés , vint defcendre à Sain® Malo. D
Quand Monfeigneur de Dunois, qui eftpit en la baffle Breta-
gne, fceût la venué de ce Baftard, il fe retira pardeuers luy, deli-
“he par enfemble de ioindre leurs gens , & de tirer à Nantes,
ce qu'ils firent : Ils fe trouuerent enuiron cinq à fix mille hom-
mes , qui n’eftoient que Communes , & trouuerent moyen d'en-
| D j
1487.
28 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
Te. trer à Nantes du cofté de la Foffe; les gens du Roy ne les peûrent
4387. : À
bonnement combattre ; car il falloit que le fiege. demeurat en fa
force & puiffance; & s'ils euflenc feparé leur armée en deux ils fe
fuffent fort affoiblis, dautant que ceux du quartier de Poitou ne
fe pouuoient ioindre à eux. | |
Le Roy pour plütoft auoir nouuelles de ce fiege , s’auança iuf-
ques à Anfenis, Monfeigneur & Madame de Beaujeu eftans roû-
jours auec luy , auec le Seigneur de Grauillke Admiral de France,
qui faifoit fecourir le fiege de ce que befoin eftoit.
Auant fon depart d'Angers il receüt vne Ambaffade de Hon-
grie grande & notable, de laquelle le Chancelier de ce Royaume,
qui eftoit Archeuefque , eftoic le chef. Ils firent plufieurs beaux
refens au Roy, de la part du Roy de Hongrie, ri et fouhaitoit
is l'alliance du Roy , dautant qu'il eftoit lors en guerre
* Frideric auec l'Empereur *, & le Duc d’Auftriche. Cette Ambaffade fût
LIL Empe- Jong-temps auec le Roy, qui à leur depart leur fit de fort beaux &
reurdepuss |
1440. af fiches dons; & de plus ,enuoya plufieurs autres grands prefens au
ques à 1493. Roy & à la Reyne de Hongrie* : Aufli Madame de Beaujeu enuoya
tester à de fa part plufieurs belles chofes aufdirs Roy & Reyne de Hon-
ximilianl. grie, qui luy en auoient enuoyé par leurs Ambaffadeurs , aufquels
Mens elle en donna auffi particulierement , & les fit à leur retour pañler
du fameux par Paris, pour voir la Ville , en laquelle il furent tres-bien ac-
lean Hwr- cucillis , feftoÿez & deffrayez par le Preuoft des Marchands & les
made, € Efcheuins. :
Bcatrix fille | — |
du RoydeSi- En ce mois de Iuin mille quatre cent quatre-vingt & fept , &
ile fon px- en Juillet enfuiuant , pendant que le fiege eftoit deuant la ville de
Iuin. Juiller, Nantes, aduinrent aucunes chofes au pays de Picardie , dont fera
faite mention cy-aprés. | |
Le Seigneur des Cordes cftoit és marches de Picardie Lieute-
nant du Roy & Gouuerneur du Pays, & fe tenoit le plusfouuent
à Hefdin. Les garnifons du Roy eftoient difperfées és Villes & Pla-
ces qui tenoient fon party , d’où elles faibient guerre aux Fla-
mans , & autres du party du Duc d’Auftriche , & de fon fils. Et
entre les autres Villes du pays d'Artois, Saint-Omer eftoit neutre,
& deuoit ainfi demeurer on lappointement qui auoit efté fait
* Margueri- En traitant le mariage du Roy auec la fille * dudic Duc d’Auftri-
rdpté che, & deuoit durer feulement leur neutralité iufques à ce que la
?
marice À je à à | k :
Philibert Reyne fût en âge, & que ce mariagefütentierement accomply;mais
Duc de S4- fous ombre de leur neutralité ,iR ne deuoient porter faueur à l'vn
nee. ny à l'autre party, ce qu’ils n’obferuoient pas ; ains donnoient tout
le fecours , aide , & la faueur qu'ils pouuoient audit Duc d’Au-
triche , & aux Flamans : Etoutre cela , ils fecouroient de tout
leur pouuoir de viures , & autres chofes neccffaires, ceux de la
-ville.de Theroüenne, que le Duc d’Auftriche auoit furprife fur le
Roy, contre l’appointement & traité du fufdit mariage : Outre la
Pd
ROY DE FRANCE. 29
faueur que ceux de Saint-Omer faifoient au Duc d’Auftriche, &
aux Flamans, & à ceux de T'heroïüenne , ledit Seigneur des Cor.
des fût aduerty que ce Duc tendoit à mettre garnifon dans ledit
lieu de Saint-Omer , & à leur faire declarer guerre contre le Roy,
& que les habitans d'icelle Ville eftoient aucunement portez à y
entendre; fur quoy il refolut d'y donner ordre & remede de tout
fon ne” : Il y auoit trois ou quatre habitans de ladite Ville,
Fes e Duc d’Auftriche &ceux de cette Ville, de fon party, haïf-
oient cres-fort , pource qu’en leur cœur ils les fçauoient eftre Fran-
; ils crouuerent moyen de les faire fortir dehors , ils vinrent
e refugier pardeuers ledit Seigneur des Cordes, qui les receût vo-
lontiers, & les traitoit fott bien: Il s’enquir d'eux de la Commu-
ne de la Ville, de leur façon de viure, & de leur guet & garde,
& s’il y auoit moyen de les mettre entierement à l'obeïffance du
Roy ; fur quoy ils luy declarerent entre autres chofes la maniere
qu'ils tenoient à faire le guet, & les fortifications de cette Ville :
Aprés qu'ils eurent efté oüys , il fembla audit Seigneur des Cor-
1437.
des , qui connoifloit les eftres d'icelle Ville , qu’on les pouuoit --
furprendre par le moyen d’échelles , pofées du cofté du bas de
la riuiere du Lis, lors du changement de leur guet , qui eftoir le
matin; & de plus, que le guet de la nuit en cét endroit-là eftoit
aifé à furprendre, & delibera d’y effayer. 11 fit donc les preparatifs
neceffaires à ce deffein, & fit faire des échelles ; cependant il alloit
& venoit fouuent vers Theroüenne, à Aire, & aux enuirons dudit
Sainét-Omer , afin qu’on ne fe doutât point de luy : Le iour de
deuant cette entreprife il fit charger fes échelles fur vn chariot ou
deux , & pardeflus les fit couurir de filets & cordages , feignant
d'aller chaffer vn cerf dans, vn bois en tirant vers ledit Sain-
Omer : Il auoit auec luy enuiron fix cent bons combatans, tant à
pied que à cheual : Il auoit de plus d’autres gens tour prés, qui
{e deuoient trouuer là au matin pour le fecourir, sil en eftoit be-
foin : Il partit la nuit d’auprés de Therotenne le plus fecretement
qu'il peût , & vint arriuer proche de Saint-Omer , au bas de la
riuiere, à l'endroit ou il vouloit dreffer fes échelles ; il fit écouter
{i on n’entendroit point parler le guet, & fur ce queon n’oüytper-
fonne , il fit drefler fes échelles, & monter des gens afin d’appren-
dre s'ils y trouueroient refiftance : Le guet de la Ville eftoit vn
peu plus auant , & ceux qui le compofoient s’eftoient endormis;
ils furent donc furpris, & depefchez: puis ledit Seigneur des Cor-
des & tous fes gens monterent fans contredit ny refiftance ;eftans
ainfi montez ils defcendirent dans vne ruë prés de là : tous ceux
de la Ville dormoient cependant , & n’y auoit homme qui leur
dit rien, ny qui les apperceût : Ils tirerent tous vers le Marché,
& s’en faifirent; ils ne furent pas fi toft arriuez là, que aucuns de
h Ville ne le fceuffent, qui vouloient faire effroy ,& crier aux-ar-
D ii
30 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
mes ; mais ledit Seigneur des Cordes auoit mené auec luy plufieurs
1487. Trompettes qu'il faifoit fonner de tous les coftez du Marché,
pour faire plus grand effroy par fes ges , comme cftans deuenus
les maiftres, & plus forts que ceux de la Ville ; cellement que les
habitans furent tous effrayez, & chacun mettoic peine de fe fau-
uer. Ledit Seigneur des Cordes voyant leur effroy , & qu'ils n’e-
ftoient pas gens pour l’affaillir , veû qu'ils eftoient ainfi épouuentez;
il leur ke çauoir qu'il n'eftoit pas venu pour les piller & détrui-
re; mais pour les garder & proteger , en les exhortant de n’auoir
point de peur , qu'ils ne receuroient aucun mal ny EE
pourueû qu’ils fiffencle ferment au Roy, & fe deliberaffent de luy
| cftre bons fuiets. Aufli-toft lefdits habitans parlementerent, & f-
hé . rent le bon plaifir de mondit Seigneur des Cordes , en faifant le
leRoy, ferment au Roy. Il fe faifit en fuite d’aucuns Perfonnages qui
cftoient par trop adherans & d'intelligence auec ledit Duc d’Au-
ftriche; & aufli s'empara du Chafteau , & mit enfin la Ville en bon-
ne feureté ; cette entreprife du Seigneur des Cordes fut tres-bien
menée , & heureufement executée : Ceux de cette Ville n’au-
roient pas creû deuoir eftre ainfi furpris par fi peu de gens qu'ils
le furenc : Car il n’y eût pas plus de fix cent combatans d’em-
ployez à cette expedition ; & quatre ou cinq iours aprés la prife
on fit les monftres de ceux de Îa Ville, depuis l’âge de vingt iuf-
ques à cinquante ans, qui fe crouucrent des gens feulement d’icelle
Ville en eftat de deffenfe ,fe monter à dix ou douze mille hom-
«*Nifpo- mes ; ce qui monftre bien que la Ville que Dieu * garde eft bien
minuscu- gardée, & non autrement ; quelque force qu’il y ait dedans. Le
gr Seigneur des Cordes ordonna forte garnifon dans le Chafteau &
Pfam.1:6. là Ville, & employa des gens pour fortifier ledit Chafteau mieux
w’il n’eftoir : Il traitoit au refte fort bien les habitans , & leur
Éiloic venir des viures de toutes parts , tellement que la Ville en
rofitoit beaucoup. Le Roy eftant à Anfenis fceütincontinent par
L moyen des Poftes les nouuelles de cette prife , qu’il fit fçauoir
aux Capitaines qui eftoient au ficge de Nantes, qui ne les tinrent
pas fecretes à ceux ‘de ladite Ville ; car leurs approches eftoient
elles , que les afliegez & les afliegeans pouuoient parler les vns
* auxautres, dont Monfeigneur d'Orleans, le Duc de Bretagne, &
toute leur bande furent pe cfbahis. Ec bien que les Anglois ne
fiffent lors guerre ouuerte au Roy, ils en furenc fort marris , car ils
ne fouhaitoient pas que le Roy leur deuint fi proche voifin, Sainct-
Omer leur femblant eftre comme vn bouleuart, pour empefcher
que les François n'entraffent auant dans ce pays de ce cofté-là.
Parcillement le Due d’Auftriche & les Flamans en furent fort épou-
uentez, & en furent grandement affoiblis, & le Roy d’autant plus
fortifié, Semblablement ceux de Theroïüenne en furent fort effrayez,
reconnoiflans qu'ils en tomberoient en neccflité de viures. T'outes-
ROY DE FRANCE. 31
fois aulfi-toft que le Duc d'Auftriche fçeût cette prife de Sainct-
Omer, il enuoya renfort de quelque peu de gens audit lieu de The.
roüenne, afin d'encourager ceux de dedans à tenir bon, & n'eftre
par trop épouuentez. ; 0:
Incontinent que le Seigneur des Cordes eût ainfi pris la vil-
le de Sain&-Omer , il fit prendre deux ou trois petites Places
qui eftoient auprés , dans lefquelles il y auoit of jeun pillards.
Ét chaque iour faifoit faire des courfes deuant Theroüenne, afin
de les empefcher d’auoit des viures, & les affamer le plus qu’il pour-
roit, & pource qu'il y auoit quelques Villages à l'entour qui les
fecouroient la nuit de bleds , & autres viures | par le moyen des
femmes qui leuren portoient des charges fur le col, on fit dépeupler
tous lefdits Villages ; & f1 ceux qui alloient en courfe fencon-
croient aucunes de ces femmes , ou des payfans qui leur portaffent
viures, ils les prenoïent pour lés chârier. 2
Dans ledit lieu de Theroüenne il y auoit deux hommes de la
Ville, qui auoient charge de faire le guet au lieu de l’efchauguet-
te, & chacun d'eux le faifoir cour à cour dans fa iournée : L'vn
d'eux eftoit vn matin forty pour aller amaffer du bois autour de
la Ville, pour fe chauffer , il aduint qu’il fut rencontré par ceux
de Saint-Omer, qui eftoient venus courir & fe mettre en embu-
fcade au lieu où vint ledit homme; ils le prirent prifonnier, & le
menerent à Saint-Omer : Le Seigneur des Cordes fceût la prife de
cét homme, & qu’il äuoit la charge du guet de ladite Ville, il le fit
venir deuers luy , & l’interrogea fort fur la maniere du gouucrne-
ment de ceux de la garnifon, quelles prouifions ils auoient, s'ils
cftoienc fecourus de viures, & dela manieré de leur guet ; &enl'in-
cerrogeant , pource qu'il le reconnut pr homme, & qu'il eftoit
habitant dudit Theroüenne , il le perfuada par plufieurs belles re-
monftrances fur la loyauté & fidelité que ceux de cette Ville auoient
toûjourseuë enuets le Roy, & qu'il fçauoit bien que ceux de la Ville
eftoient & auoient efté bons François, & tres déplaifans de ce qu'ils
cftoient ainfi foùmis au Duc d’Auftriche , qui les auoit furpris ;
enfin, aprés plufieurs belles paroles qu’il luy dit , il luy offrit des
biens s’il trouuoit moyen de rendre quelque bon feruice au Roy:
Bref, tant Re ledir Seigneur des Cordes, qu'il fceût de luy
que la garnifon de la Ville, après le guet fait de nuit fur les murail-
les , fe departoit affez matin , & que fur lefdires murailles ne demeu-
roit autre guet, & Le du cofté de Saint-Omer ils tenoient leur
Porte clofe ; & pour la feureté du guet tout le long duiour ils fe con-
fioient en celuÿ qui faifoit le œuet à l'échauguette. Auf fceûc ledit
Seigneur des Cordes qu'il y auoit dudit cofté de Saint-Omer vnen-
droit que l’échauguerte ne découuroit point, à caufe d’vne petite
vallée qui eftoit entre-deux; & tellement fut aduerty de toutes cho-
fes, qu’il luy fembloit qu'en gagnant cér homme, quand il feroit
1487.
1497.
Pre de
T'heronenne.
32 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
dans fon échauguetre , que la Ville eftoit aifée à prendre d'em-
blée ; & fit rant qu'il le gagna , & que mefme il luy promit aufñff
de gagner fon compagnon. Ce pauure homme s'en retourna à
Theroüenne, & feignit eftre efchappé pour vne petite rançon: IL
fe mit à faire la Garde comme auparauant , & ceux de la gar-
nifon ne fe douterent point de Lay : Il pratiqua fon compa-
non & le gagna , & par des fignes qu'il auoit auec le Seigneur
es Cordes, qu'il deuoir monftrer de l'Échauguerte, il luy notifia
de faire fes preparatifs, & qu'il feroic feruy. Le + am des Cor-
des fit donc preparer des échelles, & la nuit fe vint ge auec bon
nombre d'hommes-d'armes derriere l'Abbaye qui eft proche d'-
celle ville de Theroüenne, & fit marcher quantité de gens de pied
par vne vallée qui eft proche de ladite Ville , qui ne png
cftre découuerts par le guet affis. L'embufche demeura fort coye-
ment ,iufques à l'heure que le guet afhs prés de la muraille fe re-
tira ; auant lequel depart le guer de l’échauguette fonnoit , don-
nant à connoiftre qu’il ayoit découuert , & qu’il n’y auoit petfon-
ne : Incontinent que ledit guet aflis vers la muraille en fut party,
celuy de l’échauguette donna fon figne , par lequel l'embufcade
des gens de pied reconnüt qu'il eftoit qu de trauailler ; &
le plütoft qu’ils pürent ils drefferent leurs échelles , & monterenc
fur la muraille fans aucun empefchement ; & tellement trauaille-
rent qu’ils deuinrent plus forts que ceux de la Ville, Quand ils fe
trouuerent maiftres de la os 5à ils firent figne au Seigneur des
Cordes à ce qu'il vint auec fes gens; ce qu'il fit : Et quand l’em-
bufcade , qui eftoir defia dedans la Ville Le vid marcher, ils pofe-
rent vne Enfcigne du Roy fur la muraille, & firent fonner par les
Trompettes le cry de Wikle-gagnée. La garnifon de la Ville & les
habitans les voyans ainfi dedans, ils en furent fi épouuentez qu'-
aucun ne fe mit en deffenfe ; mais chacun s'efforça de fe fauuer. Le
principal Capitaine mefme qui cftoit là, & qui en auoit la garde
de la part du Duc d’Auftriche, incontinent qu'il oüyt l’allarme &
le cry , fe barra tres-bien dans la chambre où il eftoit couché , afin
d’éuiter que foudainement on le vint outrager, efperant de parle-
menter pour fauuer fa vie, auant qu'on püt fe ioindre à luy. La-
dite Vilk |
& ledit Capitaine & le furplus de ceux dela Ville furenc faits pri-
fonniers ; & y entra le Seigneur des Cordes, lequel mit & donna
l'ordre pour le fai& de la garde d'icelle, Cette prife arriua au
mois de luillet, quinze iours aprés la prife de Sainét-Omer.
… Le Seigneur des Cordes deux iours aprés la prife de Theroüen-
ne, fes gens d’armesçftans encor auec luy ,eüt nouuelles d'vne pra-
tique qui fe menoic dans Bethune , qui eftoit telle , que Philippes
Monfieur de Raueftain, lequel eftoit le principal Chef de guerre
du Duc d’Auftriche dans les marches de Picardie , par le moyen
. | d'vn
e fût ainfi prife fans aucune refiftance , ny effufion defang;
| 'ROŸY DE FRANCE : 3
d'vn Archer qui s'éftoir venu sendre audit liou de Bechunc ,-auoit
fait preffentit d'vn autre Archer qui:eftoit de l:garnifon de Be-
Ville du coffté de: Flandres, s'il voudroit point enrendre à fai:
re quelque bon feruice au Duc d'Auftriche Ray des Rormains,
& qu'il pourroit gar ce moyen dejenir vn grand, homnie ;: &
auoit beaucoup de biens. Ledir : Archer de la girnifon dé Be-
chune eftoit homme d'entsndement, lequel dés qu'il oüyt qu'on
le vouloit pratiquer , feignit d'y entendre, & s'enquit de quelle
façon il pourroit faire feruice au Duc d’Auftriche : Celuy qui le
follicitois luy declara , qu'atrendu qu'il eftoit logé dans vne mai-
fon qui refpondoir à la muraille de la Ville, qu'aifément il pour-
roit faire vn trou à ladite muraille ,dont on ne fe donneroit point
de garde, & qu'il ne faudroit laifler en dehors ie principales
pierres , qui pourroient tornber auec le moindre effort qu’on y
voudroit faire , & que par ce moyen on n'en apperceuroit rien.
Quand l’Archer fçeür le moyen qu'on vouloit qu'il tint, il refpon-
dit qu'il y enrendroit volonsiérs., pourueñ qu'on luy ft du bien,
& qu'il en für bien affuré; & conclud 2 celuy qui k prariquoit
iroit pardeuers mondit Sieut Philippes de Raueftaini, pour fçauoir
le bien qu'on hiy feroie, & pour en auoir feureté : Pendant que
l'homins de Monfieur de Raucftain alla deuers {on maiftre , ledit
. Aïcher ‘en gardant le ferment qu'il auoit au Roy, notifis certe
pratique au Gouuerneut deBechune pour le Roy, qui en Éûr fore
ioycux , & dit à l'Archer qu'il continuât fa pratique, & qu'il luy
declarât tout ce qu'il feroit: Et en toutediligence cc Gouuerseur fit
fçauoir la pratique au Seigneur des Cordes , pourçe qu'il: eftoit
Licutenant du Roy dans rouc le pays de Picardie: Ledit Seigneur
des Cordes écriuit à ce Capitaine de Berhune, que ladice pratique
fût bien conduire, & qu'on trouuât moyen d'afligner iour ‘audit
Philippes Monfieur de Raucftain pour venir à Bethune, afin de le
nn & on pouuoit. L'homme de mondit Sieur Philippes de
Raueftain retourna, & communiqua auec le fufdie Archer, & luy
apporta promefles & fecllez à certe 6n ; fur quoy iceluy Archer
onna confentement , promefle , & {curete de tout {on Fr
uoir ; & fut afligné iour audit Philippes Monfieur de Raueftain:
Haduinc fi bien à point que leiour de l'affignarion cfloit au temps
de la fufdite prife de Theroüenne ; ledir de Raueftaia fs fes pre-
paratifs , mais pource qu'en telles egtreprifes on eft quelquesfois
trompé, i delibera de n'y aller point qu'il ne flir bien aceompa-
ee & fi fort, qu'il pourroit refifker à vhe forte puiffance fi elle
C
prefentoit ; il affembla donc auec hty Les principaux Chefs &
Capitaives du Duc d'Auftriche, & les Genrils-horames de fa Mai-
fon, & fe rrouucrent tous à vn certain iour affigné emfemble en-
tre Lifle & Bethune ; là eftoient aueç luy le Duc-de Gueldres , ls
| E
148?
chune , & logé ‘dans vne tvaifon refpondant aux murailles’ de La
1487.
34 HISTOIRE DE CHARLES'VIII.
Comte de Naffau, le Scigneur de Boffut, & plufieurs autres gens
de hom , qui fé trouuerent-bien bé we crois-mille hommes,
tantde-pied que de cheual , qui marcherent droit vers Bethune :
Ils ne fe doutoient en ‘rien'du Seigneur des: Cordes ; car ils le
croyoient bien occupé à Theroüenhe ; & Sain®&-Omer , & qu'il
he fcéûct rien de leur entreprife : Le Capitaine.de Bethune qui fçà-
uoit là venuë dudit Philippes. Monfieur'de Raueftain , auoit en-
uoyé commedit eft, à Monfeigneurdes Cordes pour H luy notifiet,
afin de s’y rrouuer & le receuoir : -dequoy eftant aduercy , il ft
preparer cinq:cent hommes d'armes des plus gens de bien qu'il
eût auec luy , car il en auoir plus largement que cela; & auec ce
nombre il partit de Theroüenne pour’ fe trouuer au deuant dudit
Monfieut Philippes & de fa compagnie. à leur abord de Bethune.
Ledit Philippes Monfieur, & les autres qui eftoient auec luy , quarid
ils D. de Bethune de deux licuës, ou enuiton, fe mirent
en ordonnance pour marcher;ilsauoient leurs gens de pied deuant,
dont la plufparteftoient Alemans, auec lefquels eftoient defcendus;
pour leur donnér.plus de courage, le Duc de Gueldres & le Com-
te-de Naffau , tenant chäçun vne pièque en la main : Auce leurs :
gens de cheual eftoit ledicPhilippes Monfieur de Raucftain , qui en
auoir la conduite : Or ainfi qu'ils marchoient, & ne penfoient point
deuoir eftre lors en aucune-imaniere affaillis; eftans prés dudit Be-
chune d’vne demie lieuë; mondft a cs des Cordes, & Monfei-
gneur de Gié Marefchal de France leur parurent tout à coup ,ac-
compagner des fufdits éinq cent hommes d'armes, lefquels ils vi-
rent s’auancer de plus en plus contre:eux ; incontinent ils s’arre-
fterent tout eourt , pour aduifer ce qu'ils auroient à faire en ce
rencontre ; & pource qu'ils découurirent quelques marefts affez
prés d'eux, ils‘conclurent de les gagner, marchans en bon ordre;
mais le Seigneur des Cordes qui n’auoit lors auec foy que des gens
de cheual, alloit plus vifte qu'eux, & les furprit auant qu'ils pâ£-_
fent gagner lefdits marefts ; tellement. qu’ils furent contraints de
varrefter.Leurs gens de cheualeftoientdiuifez en deux bandes, dont
lvhecftoit auec leurs gens de pied, & l'autre en laquelle eftoit ledit
Philippes plus arriere ; lequel ovins que le Seigneur des Cordes
& ceux de fa compagnie eftoient fi proches de leurs gens de pied
& de cheual, & tous prefts de donner dedans, delibera de fe fau-
uer., & de n'attendre point le choc, penfant _— bonne fuite
eft plus feure qu'vne mauuyaife demeure, & croys bien que fon profit
fut lors preferé à fon honneur. Il emmena donc auec luy la bande
des gens de. cheual qu’il auoit, & fe retira. Cependantle Duc de
" Guéldres & le Comte de Naffau eftoient à pied auec les Pierons
qui s'eftoient tous ferrez, deliberez d'attendre le coup, & tenans
bonne contenance ; ils eftoient , :ce femble, de l'opinion d'vn
boiteux qui difoit , Aandir foit celuy qui s'enfuira, pource qu’il ne
ROY DE FRANCE 3$
pouuoit fuir ; auprés d'eux eftoit vne bande à cheual , qui auoit 1487.
aufli cenu bon. Le Seigneur des Cordes & fa compagnie,où eftoient |
ledit Seigneur de Gié Marefchal de France , Monfeigneur le Ba-
ftard de Bourbon Mathieu , le Seigneur d'Vrfé grand Efcuyer ;
& pluficeurs autres Capitaines , eftans approchez d'eux , n'arre-
fterenc point qu’ils ne donnaflent dedans fi afprement ; que d’a- Defaire de
bord , & fans beaucoup de refiftance , ils rompirent & gens de? vs
cheual & de pied , & faifoient merueilles d’abatre & ruer gens rar Fe
par terre, & en tuoient comme bon leur fembloit fans deffenfe : des Cordes.
Le Duc de Gueldres & le Comte de Naffau fe donnerent à con-
noiftre ; aufli eftoient-ils richement habillez , parquoy ils furent
fauuez , ce qui fût à grand peine , & fût ledit Comte de Naffau
” fort bleffé; en peu d’heures les gens du Roy demeurerent les mai-
ftres : Mais auant que cefler il y eût beaucoup de gens tuez fur
la place , ceux qui en refterent furent pris prifonniers , & amc-
nez à Bethune ; le Seigneur de Beaumont de la Maifon de Poli.
gnac en Viuarez , remporta l'honneur d’auoir donné le premier
dans les ennemis. Cette détroufle fût fort grande & profitable
aux Capitaines & gens de guerre, & fort auantageufe au feruice dy
Roy; car les principaux Capitaines du Duc d’Auftriche, & beau-
coup de gens de fa Maifon y eftoient, cellement que cela fût fort
à fon dommage & à fa grande confufion , & des pays de fon fiks.
Le Roy cftant à Ancenis, durant lefiege de Nantes, receût incon:
tinent les nouuelles de cette viétoiré, auec la prife de Théroüen-
ne, qui ne furent pas celées par les afliegcans à ceux de la Ville,
qui en furent fort contriftez & efbahis : Auf ledit Duc d’Auftri-
che en füt de fon cofté tout troublé, & non fans caufe ; car cela
l'affoiblifloit grandement. Tu. | —
Les garnifons du Roy eftablies en Picardie , chaque iour me-
noicnt gucrre contre les Flamans , & les Pays du fils dudit Duc
d’Auftriche , & fe faifoient entr'eux plufieurs entreprifes, comme
on a accoütumé de faire en temps de guerre, les garnifons du Duc
d’Auftriche eftoient au refte fort foibles pour foûtenir la force
de celles du Roy; parquoy tout le plat pays de Flandres ,de Hai-
naut, & de Brabane foûtenoit de fort grandes pertes & domma-
ges; &aufh les Villes, qui ne pouuoient plus faire aucun trafic de
marchandifes. un ue. ON
En ce temps les Flamans, qui font coûtumiers de fe muriner,
voyans que le Duc d’'Auftriche eftoit en grande neceflité, & fort
affoibly , & qu'il auoit fort à faire à foûtenir la guerre du. Roy,
confiderans de plus qu’il eftoit mal auec le Roy d'Anglererre , &
que le pays de Bretagne dont il eftoit allié, auoit à fouffrir, com-
-mencerent à murmurer contre luy ; Mefmetnent ceux de Gand,
, luy vouloient mal de mort , poutce | mg leur auoit ofté fon,
fils * qu’ils éleuoient parmy eux , & qu'il.
: . P'.pag.4.
gs auoit fubiuguez, & füinanre.
E 1)
1487.
Juin.
Juillet.
Grand s3n-
mi. 4
Bourges.
36 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
mis à la raifon , & enfin ils fe foüleuerent contre luy , dont fera
cy- aprés fait mention , au temps qu’arriua cette rebellion.
Audit mois de Iuin mille quatre cent quatre-vingt & fepc , le
ficge continuant deuant Nantes, pource que le Chafteau & la Vil-
le dc Coucy eftoient encore és mains de Monfieur d'Orleans , &
2 doutoit que celuy qui l'auoit en garde , ne retirät dedans
es gens du Duc d’Auftriche, ou autres gens eftrangers , qui euffenc
pu Éire guerre & endommager tout le pays de Vermandois , le
Roy y enuoya le Scigneur d’Vrfé grand Efcuyer, accompagné de
certain nombre des Ordonnances du Roy, & de francs-Archers,
ayans auec eux de l'artillerie, qui furent afhieger cette Place, ou ils
firent tel effet, qu'ils contraignirent en moins de huit iours ceux
de dedans de fe rendre , & de mettre ce Chafteau & la Ville en
l'obeïffance du Roy , ce qui fût vne grande affurance pour tout
ce quartier-là, & vn ul bien pour le Roy ; outre que ce füt
vn furcroift d’affoibliffement pour Monfieur d'Orleans & ceux de
fon party. |
_ Au mois de Juillet enfuiuant mille quatre cent quatre- vingt
& fept , le iour de la Magdelaine , le feu par mefgarde prit dans
la ville de Bourges , qui en fût brülée pour Ê plufpart, doncles ha-
bitans receûrent vn dommage ineftimable ; c’eftoit pitié que d’y
cftre; ce feu fût fi foudain que la plufpart de leurs biensen furent
brûlez. II y eût plus de trois mille maifons confommées par le feu,
& la plufpart des Eglifes, hors la grande Eglife de Sain@ Eftien-
ne Fe ne füt point endommagée. Il y auoit enuiron vingt ans
qu’ils auoient fouffert vne autre incendie , qui parcillement leur
auoit caufe grand dommage ; leurs maifons n'eftoient couuertes
que de bois, ce qui en partie fût caufe d’vn tel inconuenient; Ils
enuoycrent deuers le Roy remonftrer leurs grandes pertes, w re-
querans aucunes aydes fur le fel par tout le Royaume , & des fran-
chifes, que le Roy leur o&roya volontiers.
Pour le prefent nous laifferons la guerre de Picardie & de Flan-
dres, & reuiendrons à celle de Bretagne, & au Roy qui fciournoit
à Ancenis durant le fiege qui eftoit deuant Nantes , pendant le
fufdit mois de luin mille quatre cent quatre-vingt & {ept.
Dans le mefme mois le Seigneur d’Albrer, qui eftoir de la ban-
de de Monfieur le Duc d’Orleans, & du Duc de Bretagne, & par
fon moyen la Reyne de Nauarre qui auoit époufé fon fils , auoit
affemblé des gens, tant de pied que de cheual ; tellement qu'il auoit
bien trois à quatre mille combatans , auec lefquels il fe mic en
ps dans fon quartier de Gafcongne, efperant trauerfer vers
Engoulefme, pafler la Charente, &le Poiétou, & veniren Bretagne
pour fecourir mondit Sieur d'Orleans & le Duc ; il auoit quelque
deffein d’auoir en mariage la fille aifnée du Duc, & de venir par ce
moyen à la fucceflion de ce Duché ; & menoit cette pratique le
ROY DE FRANCE, | 37 En
Seigneur de Lefcun, le Duc mefme luy en tenoit quelques paro-
les , ainfi qu'à plufieurs autres en mefme temps pour eftre mieux
fecouru, & aydé dans fon befoin; le Roy aduerty de cette aflem-
blée qu’auoir faite le Seigneur d’Albrer ; & ayant découuert fon
intention & vouloir , en écriuit aux Seigneurs de Guyenne & de
Poiétou, afin qu'ils s’affemblaffent pour luy aller au deuant & luy
rompre fon paflage. Le Scigneut de Candale, qui eftoit Licute-
nant de Monficur de Beaujcu en Guyenne ,. & auoit la garde du
pays ,auec les Seigneurs dudit pays, fe mic fur les champs ; ce que
pareillement firent les Seigneurs de Poiétou, & s’eftans tous ioints
enfemble , ils firent alors vne affez bonne bande pour luy refifter,
& mefme pour l’attaquer. Ils tirerent donc là ouùils Dont à que s'a-
cheminoit ledit Seigneur d’Albret, & le vinrent rencontrer à vn
fien Chafteau , nommé Nantron, fur les marches d'Engoulefme
& de Limofin; là les gens du Roy le prefferentfifort, qu'il fütcon-
craint de parlementer : Enfin, il s'offre d’eftre bon fubiet du Roy,
de le feruir, & d'abandonner toutes alliances contraires, fi lefdits
Seigneurs le vouloient receuoir à compofition ; lefquels croyans
bicn faire de le gagner pour le Roy, le receûrent , & luy baille-
rent feureté, qu’ils promirent de faire ratifier par le Roy; auffi de
fa part il bailla feureté & oftages, & le cout fut enuoyé par écrit
au Roy, qui fût mal-content de cét appointement que ces Sei-
gneurs auoient ainfi fait; car il n’eftoit pas deliberé de luy pluspar- :
donner, veû les rebellions & grandes defobeïffances qu’il auoit fai.
tes & reïterées par plufieurs fois, & les pariuremens qu’il auoit com-
mis en fon endroit, routesfois il ne voulût pas aller au contraire de
ce qu’en auoient arrefté lefdits Seigneurs de Guyenne & de Poitou,
& ratifia le tout ; aprés quoy s’en retoutna ledit Seigneur d’Albrec
en fes verres, & rompit Én armée : Il enuoya depuis deuers le Roy
pour le fupplier d’auoir pitié de luy, & de l'appointer d’vne pen-
fion ; ce que le Roy fit volontiets, & le traita fort bien , luy fai-
fant appointer cent Lances ; mais quelque femblant & ferment
qu'il fc, il n’auoic pas vouloir d’eftre bon & fidel, comme il pa-
roiftra cy-aprés : Ceux de Nantes furent fort troublez de ce qu'il
n'auoit pû pafler & les fecourir. |
Durant le temps que le fiege eftoit deuant Nantes il y eût plu-
fieurs pourpalers & ouuettures faites afin de paruenir à vn appoin-
tement. Monfieur de Bourbon & Monfieur de Beaujeu fon frere,
qui cftoient à Ancenis auec le Ro y, efpetans de trouuer a
bon accommodement, furent iufques au lieu du fiege où ils parle-
menterent, & firenc tout leur effort pour ajufter les differens ; mais
ils ne pûrent rien conclure, &. s’en tetournerent fans rien faire.
Quand le fiege eût duré plus de fix femaines deuant Nantes il
fûc aduifé par ceux du Confeil du Roÿ , que de le continuer da-
uantage, & vouloir auoir la Valle par force , le Roy ue” cn
ii
148%,
1487.
* JW’. des
droits dn
Roy fur la
Bretagne,
par P. du
Pay, p. 451.
Aout.
38 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
receuoir grand dommage ; & feroit la chofe longue , attendu le
renfort qui cftoit venu de la bafle Bretagne aux afliegez , & aufli
confideré la force & fituation de cette Ville, laquelle on tenoit
vne des belles & fortes Places de France; car le Duc dés qu'il par-
uint à ce Duché, fçachant que le or y 7 droit * ,com-
me appanage de la Couronne autresfois baillé à vne fille , appli-
qua tous fes foins & coute fa puiflance à faire fortifer ladite Vil-
le, combien que d'elle-mefme & naturellement elle foit fituée en
lieu & pays auantageux, & tres-fort ; elle eftoit auec cela muréc,
fofloyée , tourée, & artillée mieux qu'aucune autre Ville, il fût
donc conclu par le Confeil que le fiege fe deuoit leuer , & que
l'Armée entreroit auant dans le pays de Bretagne , afin à ce
moyen de reduire plus aifément le pays, & mectre les rebelles en
l'obeïflance du Roy. | |
-. Suiuant laquelle conclufion, le Roy partit d'Ancenÿ le deuxié-
me iour d'Aouft mille quatre cent quatre-vingt & fept, & alla à
Clffon que tenoit le Seigneur d’Auaugour Baftard du Duc. Le Roy
mit cette Place en feureté pour luy , & y laiffa bonne garnifon
Le bruit fût que ledit Seigneur d’Auaugour en eftoit mal-con-
tent, & que à cette caufe toft aprés il s’en alla rendre vers le Duc.
le croy bien que le Roy fçauoit aucunement fon allée, & on
alloit pour faire feruice au Roy , & au Duc mefme : mais il n’eft
”_ pasbefoin que toutes les pratiques qui fe menent par les Seigneurs,
foient communes à tout le monde, & {ceuëés d’vn chacun.
Le Roy ayant ainfi mis Cliffon en feureté, le fixiéme iour du--
dit mois d’Aouft mille quatre cent quatre-vingt & fepc, il en par-
tit, & s’en retourna audit lieu d’Ancenis : Et ce mefme jour , de
“es matin , l'Armée du Roy fe léua de deuanc Nantes , & vint
oger à quatre lieuës de là,en vn village fur la riuiere de Chartre,
nommé loue, là où elle fe rafraichit vn peu de temps ; & le trei-
ziéme iour dudit mois d’Aouft le Roy partit d’Ancenis accom-
pagné de Monfieur de Bourbon , de Monfieur & de Madame de
Beaujeu,& vint loger audit loue, ee voir fon Armée, & adui-
fer & conclure ce qu’elle auroir à faire ; Le lendemain , qui cftoit
la veille Noftre-Dame de la my-Aouft, aprés la deliberation prife,
il s’en alla au gifte à Chafkasbriant. |
La fefte Noftre-Dame citant pañléc , f Armée du Roy marcha
plus auant en Bretagne fur les marches de Fougeres, & vint fe lo-
ger à vn village fort voifin du pays: chaque iour les gens du Roy:
aifoient des courfes & portoient de a à dommages audit pays
de Bretagne. nn ne
Monfieur d'Orleans & ke Duc, incontinent que le fiege fût le-
ué de deuanc Nantes, deparirenit leurs gens , &-enuoyerent garnir
leurs Villes & Places le mieux qu'ils pürent : Ils fe prefentoient
peu fouuent fur les champs pra, geñs du Roy; &sils y eftoient
"&IROY DE FRANCE ::: 39
rencontrez paË cas forruit ; la plufpart du temps ils eftoientdef-
faics & battus, non que-ie veüille dire qu’ils ne foient bien gens
de deffenfe & dé cœur ; maïs’ quand Dieu veut petfecurer vn Peu-
ple auec la force contraire _ leur enuoye, il leur ofte la deffen-
fe du cœur quand-&-quand; il'en prenoir de ieffié-en ce temps
aux Bretons ; dont lé pays eftoir en de cres-grandes broüilleries ,
& confufions ; caf outre la guerre qu'ils auoient , ils eftoient entre
eux fote diuifez. 2"
'Ée Roy eftañt âudic lieu de Chaflcaubriant, les Barons de Bre-
tagrie, comme Monfeigrieur-de Rôhän , le Seigneur de Quinrin
fon frere , le Seigneur de Rieux Marefchal de Brétagne , le Sei-
gneur de Chafteaubriant, & autres qui eftoient en l'Armée du Roy,
venoient fouuërit à Chafteaubriant conferer auec le Roy de: leurs
affaires, & aduifer ce que l'Armée feroit ; & pource que Vitré eft
vné bonne Villé & belle’ Plice de guerre , dans le pays de Breta-
_gne, & qui pouuoit fort preiudicier au Duc, ils requirencle Roy,
qu'il luy pleût s’eñi aflurer', & y mettré garnifon; le Scigneur de
Laual eftoit dedans Vitré ; où il tenoit lé Chafteau , & y auoit des
gens du Duc en la Ville qui ne faifoient aucun exploiét de guer-
re; car ledit Seigneur de Laual né le- vouloit fouffrir , & eût bien
voulu eftre neucre , & eftre bien d’vn cofté & d'autre, fans decla-
rer guerre à l’vn ou à l’autre party. Le Roy manda audit Seigneur
de Laual de venir pardeuers luy à Chafteaubriant;ildiffera vn peu
d'obeïr : mais quand il connût que le Roy vouloit qu'il vint, ilfe
rendit audit lieu : Lors le Roy lay demanda obeïffance , comme
Souuerain Seigneur de Bretagne , & requit qu'ilinit Vitré én fa
main ; il diffimula tant qu'il püc, & fit des remonftrances fur ce fu-
iet; maisenfin il accorda de bailler Vitré, pour en fairele bon plai-
fir du Roy, qui luy accorda que les gens du Duc qui eftoient de-
dans n'auroient aucun déplaifir. Le ptemier iour de Septembre
mille quatre cent quatre-vingc & fept , le Roy arriua à Vitré, où
ainfi: qu'il entroit les gens du Duc en fortoient ; la reddition de
cette Ville fût grandement auantageufe & profitable au Roy ; &au
contraire, caufa grand affoibliflement & étonnement aux Bretons;
car de lles gens du Roy couroient foit auant dans le pays de
Bretagne, & alloient chaque iour iufques aux portes de Rennes,
de Nantes , & de Dinan ; & n’eft quafi pas croyable d’entendre
les maux que fouffroit lors le pays de Bretagne. Le Roy feiourna |
à Vicré iufques au dix-fepriéme iour dudit mois de Septembre
qu’il en partit, & alla au gifte à Laual: Ceux de cette Ville eftoient
en leur cœur bons Brerons’, & fort déplaifans d’eftre ainfi reduits
à la puiflance du Roy , & eftoient tres-mefcontens du fufdit de
me pu Seigneur, pource qu'il les auoit mis de la forte és mains
du Roy. M |
+: Audit mois de Septembre Monfieur de Bourbon', qui eftoic fort
1487.
3
Septembre.
1487.
40 HISTOIRE. DE CHARLES'VIII.
couteux & âgé, pource que l'hyuer s'approchoir, partir dudic lieu
de Chafteaubriant, & s'en alla en fa ville. de Moulins, où ik mena
aueç duy Madame Icanne de Vendofme fa femme, pour y pafler
Jeut Hiyuer, , a He. + -
.. En ce remps la ville de Rhedon cftoit en l'obcïffance du Roy,
& eftoir és mains de Mpnfcigneur de Rieux ; qui en laifloir la
garde à vn Gentilhomme à qui il fe fioit , & Madame de Ricux
cftoit dedans ; ce Gentilhomme füt fuborné & gagné de à parg
du Duc, auquel il liura cetre Place, & Madame de Rieux fembla-
blement , dont mondit Seigneur de Rieux füe fort rroublé , &
principalement de fa femme, qui eftoir fille du Scigneur de Maillé
en Touraine, fort belle Dame & icune, & ne luy plaifoit point
O&tobrc.
qu'elle fût longuement à Nantes , où le Duc l’auoit fait mener ;
de forte qu'à g priere le Roy écriuit au Duc , en le requeranc
qu'il la voulûc laiffer venir , veû que [a guerre ne fe deuoit poinr
mener aux Dames : Ce Duc qui en tout fon temps auoit aimé &
fauorifé les Dames , à la requefte du Roy la laiffa venir à Ance-
ais vers mondic Seigneur de Rieux fon mary, & luy fit deliurer
routes fes bagues qui eftoienc reftées en eftat; & pendant qu'elle
für à Nantes, il la fic crairer corame fes propres filles. Ce füt vne
rande perte que celle de Rhedon, pource que c’eftoit la clef de
a baffe Bretagne. CS | |
L'Armée du Roy marcha roûjours quant dans le Pays, en pre-
nant Villes & Places, & y demeura ladite Armée iufques enuiron
la myÿ-Otobre mille quatre cent quatre-vingt & fept ; la ville de
Dol fût prife par force & d'affauc , & toute pillée. Le Roy auoir
lors reduit en fon obeïffance dans Le pays de Bretagne les Places de
Cliffon , la Guierche, _ Ancenis , (Chafteanbriant, Vitré, Vannes , Dol,
Sainct- Anbin du Cormier, Chafüllon, Rhedon, Pillemeil , & plufieurs
autres : Et pourçe que l’hyuer s’auançoit déja fort, il füt deliberé
que le Roy poferoit fes garnifons, qui entretiendroient la guer-
Pelerinage
dn RoyasS. ,
Michel.
* Grauille,
#*Coütance,
* al, Diue,
Nouembre.
re tout l’hyuer ; & que le Roy feroit vn tour en Normandie , & de
là à Paris: Les garnifons eftans eftablies , le Roy qui auoit feiour-
né à Laual , en partit le vingt-deuxiéme iour dudit mois d'O&to-
bre, & alla au gifte à Mayenne la Iuhez , d'où il prit fon chemin
à Donfront, à Mortaing , & à Auranches ; & le vingt-fixiéme iour
dudit mois d'Octobre il arriua au Sont Saint Michel , où il füc
comme Pelerin : Auquel lieu il feiourna trois iours en faifant fes
deuotions & offrandes , & en remerciant Sain& Michel, Chef de
fon Ordre , de la bonne victoire & des auantages qu'il obtenoit
contre {es ennemis. Dudir lieu du Mont Sainét Michel il prit {on
chemin à Granduille *, (onflance *, Saint Lo, à (aën, à Sainét-Sauseur
de Dine*, à Honnefleur, au Ponteas de mer, à Magny; & le quator+
ziéme iour de Nouembre mille quatre cent quatre-vingt & fept
il arriua à Roüen ; auquel] lieu il feiourna quelques iours en donnant
| | ordre
ROY DE FRANCE. äi
ordre aux affaires du pays de Normandie , & y tenant les Eftats
ordinaires fur le faiét des finances, & de l'oétroy du pays, iufques
au feptiéme dü mois de Decembre enfuiuant , qu'il en partit Decembre.
pour tirer à Paris , prenant fon chemin à Bainuille, & de là au Pons
de l'Arche, auquel lieu il arriua Le dixiéme dudit moisde Decembre.
Aprés que Le Roy fût party de Laual , Monfieur d'Orleans, le
Duc de Breragne, & ceux de leur ‘bande, voyans qu'il s’éloignoic |
ainfi d'eux , & qu'il auoit laiflé des garnifons qui eftoient affez
puiffantes pour garder les Villes qu’il tenoit en Bretagne, & pour
grandement endommager le furplus du pays, ils furent d’aduis
d’amufer tant qu'ils pourroient le Roÿ de pourparlers de paix; :
afin que cependant il ne leur fit pas tout le pis qu'il pourroit ;
dans cette un ils enuoyerent fupplierle Roy , à ce qu'il luy pleût
leur enuoyer vne feureté & Le pour certain nombre de
gens , eftans deliberez d’enuoyer deuers luy vne bonne Ambaff:-
de , dont le Seigneur de Lefcun feroit le Chef. Le Roy propofa
la matiere au Confeil , combien que tant luy que Monfieur &
Madame de Beaujeu , le Seigneur de Grauille Admiral, & les au-
tres eftans du Confeil , fceuflent bien dans la verité ; que puif-
que ledit Seigneur de Lefcun s'en mefloit. ce n’eftoir qu'vne feinté
& diffimulation , & vn vray abus que cette Ambaflade, & qu'ils
ne tendoient point à bonne fin ; toutesfois pour faire vair à tout
le monde le grand defir qu'ils auoient d'auoir la paix, ils enuoye:
rent cette feureté iufques enuiron pour cent cheuaux , dont le-
dit Seigneur de Lefcun cftoit le chef : Ils fe mirent donc fur
les champs, & vinrent trouuer le Roy audit lieu de Pont de l’Ar:
che, lequel les receût fort gratieufement, & les oüyc parler bien
au long; en particulier füt entendu ce Seigneur de Lefcun : Mais
pour abreger, ladite Ambaffade faifoit des remonfttances & des de-
mandes fi impertinentes & fi déraifonnables , qu'an reconnut
bien , ainfi qu'on l’auoit prefümé d’abord , que ce n’eftoit que rou-
te tromperie & amufement , & qu'ils tendoient à mauuaife fin,
comme il fût découuert depuis plus amplement ; de forte qu'au
Pont de l'Arche mefme,le Roy les dépefcha, & prit en fuite fon
chemin pour venir à Paris : Ledit Seigneur de Lefçun à {3 venuë
& à fon retour pratiqua le Seigneur de Rieux, comme il fera dir cy-
aprés. Le Roy ayant feiourné audit Pont de l'Arche par l'efpace
c huit iours , prit fon chemin à Lowuiers , à Garenne , & de là à
Poiffy , où il arriua le vingtiéme iour de Decembre mille quatre
cent quatre-vingt & fept, deliberé d'y faire la fefte de Noël.
En attendant la fefte de Noël le Roy alloit fouuent à la foreft
de Sainéf Germain en Laye prendre fes efbats, à la chaffe des beftes
noires , dont la faifon eftoit. Il fit donc la fefte à Poiffy, & cha-
cun iour des feftes il y auoit Sermon, qu'il prenoit grand plaifit
d'entendre ; il alloit au Seruice à l'Abbaye aux Dames de Poiffy ;
| | F
1487:
1487.
Decembre.
Januier.
Feurier.
L'année ne
commençoit
encor lors
qu'a Pa/f-
ges,
*W. pag.3s.
precedente.
42 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
auquel lieuilauoic deuotion. La fefte eftant pañée, le vingt-neufñé-
me iour dudit mois de Decembre il alla au gifte à Par , pour y
donner ordre aux affaires du Royaume ; mefmement fur le faic
des guerres de Picardie , & de Bretagne dans l’efté fuiuant.
Durant les mois de Tanuier & de Feurier mille quatre cent qua-
tre-vingt & fept, le Roy feiourna tant à ‘Pari qu'au Bois de Vin-
cennes , & à Poiffy; & cependant furuinrent aucunes chofes qui fe-
ront cy-aprés declarées. Fe | nu
Durant le mefme mois de Ianuier, les Gantois eftans mal-con.
tens du Duc d’Auftriche, qui leur auoic ofté fon fils* , & voyans
que la fortune luy eftoit vn peu contraire , fe rebellerent contre
luy, fans luy vouloir plus aucunement obeïr ; & retirerent en leur
Ville vn nommé Copenolle, qui eftoit fugitif à Tournay , & du
party du Roy, pour la crainte dudit Duc d’Auftriche , qui luy
vouloit mal de mort. Ce Duc voulant les ranger à fon bon plai-
fir, & dans la crainte qu'ils n’attiraffent à leur party le refte de la
Flandre, fe vinr mettre dans Bruges, afin de les gagner , & qu'ils
ne luy fuffent contraires : mais il vouloit tirer d'eux de grands de-
niers pour foûtenir fa guerre ; dequoy ceux de cette Ville furent
aduertis, & qu’il auoit intention de courir fus aux plus riches &
a go d’entreeux , & D Po de grands dommages; & di-
oit-on mefme, qu'il auoit deffcin de piller la Ville : Parquoy fe-
-cretement ils eurent intelligence aucc ceux de Gand, & s’accorde-
rent par enfemble; tellement qu’vn certain iour que ce Duc vou-
loit fortir de Bruges pour tirer à Odenarde , & de là mener la guer.
re aux Gantois , cenx dudit Bruges luy fermerenc les portes , fe
faifirent de fa Perfonne, de fon Chancellier , & de la plufpart des
gens de bien de fa Maifon ;comme aufli fe faifirent d'aucuns de la
Ville ,qu'ils penfoienceftre de l'intelligence d’iceluy Duc , dont ils
firent mourir quelques-vns, & aux autres prirent tous leurs biens,
& les retinrent prifonniers. Le Duc d’Auftriche auoit des garnifons
dans quelques Villesde Flandres, comme à Odenarde , Tenremon-
de, l'Éfclufe, & en la plufpart des autres petites Villes du pays;
lefquelles garnifons ayans fceû la prife de leur Duc, fe mirent à
faire guerre à ceux de Gand, de Bruges, de Ipre, & aux autres Vil-
les & lieux qui cenoient leur party ; qui de leur cofté ayans fait
ligue & alliance par enfemble, fe deffendoient bien; c’eftoit pitié
que de la cruelle guerre qu’ils faifoient entre eux ; car ils mettoient
le feu par tout. Entre tous ces pays-là , ceux de Hainaut eftoient
fort partiaux pour le Duc d'Autriche , & foürenoient fa querelle;
ceux de Brabant, & des autres pays temporifoient le mieux qu'ils
pouuoient d'vn cofté & d'autre. Ceux de Lifle & de Doüay te-
noient pour ledit Duc : Le petit Archiduc Philippes fils de ce
Duc, eftoit à Malines dont il ne fortoit point ; & y eftoit fort bien
gardé de la part de fon pere. Les Gantois & ceux de leur bande
"ROY DE FRANCE #4
fe retiretenc deuers le Roy, & luy requirent focours : Le Roÿ les
fauorifoit comme {es Suiets, L'Empereur pere dudit Duc d’Au- dé à
ftriche füt fort troublé de a prife de fon fils, & alla par fon Em- |
pire demander gens & afliftance pour fecourir ceux qui foûte-
noient la querelle de fon fils : IL y eût plufieurs Re & en-
uoys d'Ambalfades de diuers endroits pour pacifier Le differend
d'iceluy Duc & des Flamians ; & conuenir de fa deliurance , mais
ils ne pürent s'accorder. Un, |
Nous ceflerons 2 vn temps de parler de ce quartier-là de
Flandres, &reuiendrons aux autres choles qui aduinrent durant le
fufdit mois de Feurier mille quatre cent quatre-vingt & fepr.
En cedit mois de Feurier Îe Roy eftoit à Paris ; & combien
qu'il fût contraint de pourfuiure Monfieur d’Orleans , le Duc de
Bretagne , & leurs complices par voye d'hoftilité & de guerre,
veü qu’ils eftoienc agrefleurs ; toutesfois il y vouloit bien proceder
par voyc de lufticc;ä cette caufe il auoic enuoyé adiourner mondit
Sieur d'Orleans & le Duc de Bretagne , à comparoir pardeuant
luy , les Seigneurs de fon Sang, & les Pairs de France , en fa Cour
de Parlement à Paris, à certain iour quiécherroit en cedit mois de :
Feurier : Aufli le Roy auoit fait en mefme temps adiourner les
Seigneurs du Sang, & Pairs de France pour s'y crouuer ; & pour-
ce ” le petit Duc Philippes ; fils d'iceluy Duc d’Auftriche , à
caufe de fa Comté de Flandres eft vn des Pairs, & qu'il ny auoit
as feur accés vers fa perfonne , il fût adiourné à la prochaine
Ville de l'obcïffance du Roy ; & cét adiournement fût notifié à
vn fien Heraut, qui cftoit venu és marches de Picardie vers le Sei-
gneur des Cordes: La Cour de Parlement fût prepare, & les fie-
ges ses pour y tenir le Li de luftice ;ce que le Roy fit leiour
” ‘adiournement fut écheù , là où furent appellez les Seigneurs
u Sang , & Pairs de France par le Preuoft * de Paris, qui feruoit +, puf
de premier Huïflier, accompagné d’vn Confeiller de ladite Cour de Pari 4p-
de Parlement , & du premier Huiflier. Audit iour Monfieur de #5"
Neuers ne comparut point ; & s'eftoit enuoyé excufer , pour fa Srg &
vicilleffe , & debilité de fa perfonne : Pareillement Monkeur de Pas.
Bourbon ; aufh fit Monficur d'Engoulefme, pour quelque char-
ge que le Roy luy auoit baillée en Guyenne , où il eftoit befoin
qu'il demeurât. Aucuns Pairs d’Eglife furent aufli excufez pour leur
vicilleffe, & caducité de leursperfonnes. Des autres Seigneurs qui ÿ
comparurent, fera fait icy mention felon le rang qu'ilseftoienc aflis.
A la main dextre duRoy , au plus haut banc, eftoient affis Meffei- Lis de 14-
gneurs du Sang, c'eft à fçauoir Monfieur le Duc d'Alençonle pre-/fisd y;
mier, & Monfieur de Beaujeu aprés Juy. Vn peu loin d'eux eftoient NE
deux des principaux Ambaffadeurs du Pape, qui eftoienc lors ve- Cerm:de
nus deuers le Roy , pour le faiét de l'E le : Aprés ces deux Am- us
baffadeurs cftoient le Comte de Vendofme, &le Scigneur de Laual.
Fij
Feurier:
44 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
1487. +. eux vn tiers perfonnage d'icelle Ambaflade ; puis eftoienr
2 s Mefire Louys d’Armagnac Cômte de Guyfe ,& Louys Mon-
omte de . | \.
Gmf. fieur de Luxembourg parens du Roy, à caufe de leurs meres. En-
fuite eftoit Mefire AnroineBaftard du Duc Philippes de Bourgon-
gne, qui s’y eftoit mis de fon auétorité ; fur quoy he vne fois ordon-
né de te faire defcendre , mais veù … cftoit fort âgé & Cheualier
de l’Ordre du Roy, on ne luy voulut pas faire “bn, Pur delefai-
re fortir de fa place. Au deffous des Seigneurs du Sang eftoient les
Confeillers lais de la Cour de Parlement ; & au deflous defdits
Confeillers il y auoit encor vn autre banc, où eftoient les Baillifs
“C'effädire & Sencfchaux, & autres gens de bien * de la Maïfon du Roy. A
ve la main feneftre du Roy eftoient les Pairs de France d’Eglife, fça-
té, uoir les Ducs, & puis les Comtes ; aprés eux les Archeuefques &
_. l’'Euefque de Paris *, & l'Abbé de Saint Denys Euef-
+ Enefques QUE dE Lombez vouloient eftre preferez aux autres Archeuefques
de Pans, & & Euefques, & auoir place incontinent aprés les Pairs , difans eftre
D. membres de la Cour de Parlement , à caufe de leurs dignitez ; mais
(4 »
Denys pla- ils furent mis lors à leur rang d'Euefques. Au deffous defdits Pairs,
sex à Lur Archeuefques, & Euefques eftoient les Confeillers Clercs de ladite
ji à Ekef” Cour ; & au deflous d’eux les fufdits Baillifs, & Senefchaux. Cet-
à te afliete eftant faite, si et Magifiri _Aduocat du Roy en fa
dleusMa. Cout de Parlement, propofa fort elegamment ,en demonftrant la
giftri Aduo- naiffance de la Couronne, la creation des Pairs, & de la Cour de
«44 Roy Parlement, la preéminence que le Roy a à caufe de fa Couronne,
au Parle- ; s.. N e |
ment. &aufli celle defdits Pairs à caufe de leurs Pairies, remonftracomme
ils doiuent eftre les Proteéteurs & Gardes de la Couronne ; vint à
tomber & declarer comme on chet dans le crime de lefe-Maicfté
en agrauant le cas de ceux qui y tombent : Remonftra les biens,
& les grands entretenemens que le Roy auoit faits à Monficur
* d'Orleans ,les graces & remiflions qu’il luy auoit faites, lefquelles
il auoit du tout oubliées, les fautes qu’il auoit commifes; & que
nonobftant tout cela, & qu’ill’eût auffi bien, & mieux traité comme
” auant lefdits cas commis, il eftoit rencheü, &auoit derechef commis
le crime delefe-Maiefté Parcillementil remonftra comme le Duc de
Bretagne cft fubier & vaffal du Roy, qui l’auoit toûjours bien trai-
té, & ne luy auoit fait chofe dont il fe deût mécontenter ; mais
que nonobitant les graces & faueurs receuës , il s’eftoit allié des
ennemis du Roy, auoit retiré Monfieur d'Orleans , Monfieur de
Dunois , & tous les autres de leur bande , rebelles & defobeïffans
au Roy; & qui pis eft , auoit commencé la guerre ; & outre ce,
_ auoit commis plufieurs grandes rebellions contre l'auétorité & la
luftice du Roy ; mefmement enuers le Lieutenant du Baillif de
Touraine, qui eftoit allé à Nantes luy fignifier l'adiournement en
cas d'appel , que les Barons auoient obtenu contre luy ; auquel
Lieutenant furent faits plufieurs maux , & le voulüc faire ictter
Sacs
ROY DE FRANCE . A;
dans la rluicre. En demonftrant comme ledit Duc de Bretagne 1487.
cftoit combé pareillement dans le crime de lefe-Maiefté : Aprés
routes lefdites remonftrances il vint à fes conclufions , requerant
pour le Procureur du Roy auoir defaut , & pareillement contre les
Pairs defaillans , mefmement contre le Comte de Flandres ; & fit
nes autres demandes. Cét Aduocat ayant cfté oüy bien au
ong par la Cour , il für ordonné que mondic Sieur d'Orleans &,
le Duc de Bretagne feroient appellez par le Preuoft * de Paris, à Pr ps
.la Pierre de Marbre * ; auquel lieu ledit Preuoft für accompagné l'appel
d'vn Confeiller de la Cour , & du premier Huiflier ; & appella *#Table
lefdirs Seigneurs , & aufhi le Comte de Flandres : Enfin, defaut
fût donné contre eux, & appointé qu'ils feroient derechef adiour-
nez, pour proceder aux autres defauts , comme le tout eft plus à
plain contenu dans le Regiftre qui en fût fait en ce cemps en la-
dite Cour de Parlement. |
- Dans le mefme mois de Feurier mille quatre cent quatre-vingt
& fepc, il furuint aufli des chofes en Brecagne, qui feront cy-aprés
7 c'eft à feauoir, que le Seigneur de Rieux * Marefchal de * Cy-deuanr
Bretagne, combien qu'il fût le principal chef & conduéteur des? 3: #4":
Barons qui s’eftoient rebellez contre leur Duc , & qu’il eftoit en
danger à fa perfonne , & de tous fes biens , n'eur efté le fupport
& la faueur qu’il auoit du Roy , en le foûtenant & protegeant
comme fon fubiet , qui eftoit venu à refuge pardeuers luy pour
luy demander Iuftice ; & nonobftant le grand honneur que le Roy
luy auoit fait, de luy auoir conferé fon Ordre, & aufl les grands
biens qu’il receuoit de luy en penfions, & autres chofes ; tel-
lement qu'il coûtoit au Roy plus de quarante mille francs par an,
en fe monftrant pariure , & contreuenant au fermeht qu'il auoic-
fait au Roy, & en commettant crime de lefe-Maiefté, il retour-
na dans le party du Duc ; & auec luy fit courner fon beau-fils le
Seigneur de Montafilant , qui pareillement auoit fait ferment au
Roy, dont il auoit eù de grands biens : Et quand - &- eux f-
rent tourner leurs Places d'Ancenis ,& de Chafteaubriant ,-& au-
tres qu’ils auoient dans le pays de Bretagne. -De cette-reuolte &
infidelité fût principalement caufe le Seigneur de Lefcun, qui les
auoit pratiquez & FN quand il vint en Ambaffade deuers
le Roy au Pont de l'Arche , dont cy-deffus eft parlé*: Ils tâche
rent à gagner aufli Monfcigneur de Rohan & Monfeigneur de Pag:4r.
Quintin fon frere : Mais ils ne voulurent point fauffer leur foy,
ny eftre ingrats des biens que le Roy leur auoit faits, & faifoit
de plusen plus. |
En ce temps, le Seigneur d’Albret demonftrant & donnant toû-
jours à connoiftre fa variable & petite foy , nonobftant routes les
graces, remiflions ,& grands biens que le Roy luy auoit faits, &
quoy qu'il füt bien entretenu du Roy, trouua moyen de monter
| F ii
+ 46 HISTOIRE DE CHARLES VIIL |
148 : en mer vers Fontarabie, & de venir. ex Bretagne , où il fe: tehdit à
Nantes. Il auoit cinquante hommes d'armes fofdoyez du Roy, qui
cftoient dans ledir pays de Bretagne auccles autres Ordonnances du
Roy, lefquels incontinent qu’ils fceürent l’arriuée dudit Seigneur
d’Albret à Nantes, fereuolterenr contre le {eruice du Roy, & fe ren:
dirent à luy. Ce Seigneur d’Albres eftoit lors dans la pourfüite
de fon mariage auec ‘la fille de Bretagne , à quoy le Seigneur de
___* Lefcun fus-mentionné tenoit la main. Il auoit aufh pour luy la
Pop Dame de Laual, qui eftoir fa fœur de mere, laquelle auoiren fon .
us fs gouuernement les deux filles* de Bretagne. Pareillement le Sei-
Reyne de gneur de Rieux ceftoir pour luy & de fon party ; c'eftoit de plus le
eu. commun bruit que le Duc luy auoir écrit, qu'il La luy donneroit,
cedéeenien- & que {ur ce il luy auoit baillé fon feellé ,bien que ce mariage eût
mefe, lan efté fort mal fortable ; car ilauoit du moins nn ans , &
É la fille n’en auoit qu’enuiron douze.Et de plus ledit d’Albret fe trou-
uoitlors chargé de trois fils & quatre filles, & efloit vn peu coupe-
rofe au vifage; auffi difoit-on que la fille n’yauoit pas d’inclination.
Audit mois de Feurier , le Roy eftanr encor à Paris, receût
nouuelles que les Bretons faifoient amas de gens d'armes , en in-
rention de fe metcre fur les champs , & d’effayer de prendre quel-
que Ville ou Place, fçachans que le Roy n’auoit dans ledit si
que fes garnifons ordinaires, qui ne pouuoient bonnement aban-
donner es lieux où elles eftoient mifes : Parquoy le Roy delibera
| d'aller vers les marches de Touraine, & de faire aprefter fes Trou-
“pe Roy. PSS Pour marcher vers ledit pays de Bretagne : Mais auant fon dé-
fre l'Hoftet- part il alla vificer l'Hoftel- Dieu * de Paris, & y gagner les Pardons;
Dieu de Pa- j] ÿ vifita les Pauures, & [uy-mefme fe recommandoit à leurs bon-
7: nes pricres ,:& des Dames dudit Hoftel , ordonnant que quantité
de couuertures y fuffent deliurées en aumône pour les lits des Pau-
ures. Le vingt & huitième iour dudit mois de Feurier il partit
de Paris tirant à Monrlehery, Hilly, le Boifmallesherbes , Orleans , &
Mars. _#mboife pour vifiter la Reyne*: Et le huitiéme iour de Mars en-
* C'éfoir fuiugnt mille quatre cent quatre vingt & fept , il arriua à Tours.
dAnfriche. Cependant il manda de rafflembler au plütoft fon Armée , & or-
\
Feurier.
donna de la faire auancer fur les frontieres de Bretagne, pour tou-
te enfemble entrer dans ledit pays. po
Au mefme mois de Mars , auanc que l'Armée du Roy fût pre-
fe, celle des Bretons fe mit fur les champs , où Monficur d’Or-
leans eftoit en perfonne, & le Chef, qui vint deuant Vannes, oùil y
auoit des gens de bien pour le Roy , mais ils auoient peu de vi-
ures ; & aufli cette Ville eft fort foible d’elle-mefme , mal-aif£e à:
fortifier, & de grande garde; elle fût fort battuë, & mefme minée ;
de forte qu'auant que l'Armée du Roy pût eftre prefte , ceux de
dedans furent contraints d'entrer en compofition, fuiuant laquel-
le ils fe rendirent enfin, leurs vies fauues, moyennant que ee
ROY DE FRANCE. 47
au nombre de vingt des principaux d'entr'eux demeureroient pri-
fonniers : ils furent principalement demandez par les Bretons,
pour rauoir par ce moyen quelques autres de leurs gens, qui eftoienc
prifonniers de guerre des gens du Roy. Entre les fufdits vingr 48%
Perfonnages ils voulurent auoir vn Baftard de Bourbon nommé ee C.
Charles, le Seigneur de Champeroux , Nauarrot , & autres que # Fed
Monfieur d'Orleans,& le Duc de Bretagne firent bien traiter. 7e
En ce mefme mois de Mars le Comte de Vendofme époufa * la xembourg C.
Comrefle de Saint Paul , vefue du Seigneur Iacques de Sauoye ee É .
Comte de Romont , laquelle poffedoit plufieurs belles Terres & a Hd
Seigneuries és marches de Picardie & de Flandres. Preuues.
Le premier iour du mois d’Auril enfuiuant mille quatre cent
uatre-vingt & fepr*, & quatre-vingt & huit, Monfieur le Duc 1488.
ean de Bourbon, qui eftoit malade en fa ville de Moulins, alla de, Auril.
vie à trefpas. Il auoit efté en fon temps large & liberal Prince, Rap
lequel auoit bien conduit & entretenu fes pays & fuiets , & fait /orsqu'aPafe
de grands biens à fes feruiteurs. Il auoit feruy le Roy Charles 7“
Septiéme dans toutes fes guerres ; mefmement és conqueftes de »p, nées
* la Normandie & de Guyenne furles Anglois, efquelles occafions 1449. 1450.
il fe crouua en perfonne depuis le commencement iufques à la fin. 5745
Il feruit aufli le Roy Louys Onziéme de ce nom, fils d'iceluy Roy merrp. 2
Charles , & eût de grands biensfaits de luy : 11 delaiffa Madame 215-248 6
| Ro de l'Hi-
leanne de Vendofme fa vefue fans enfans , & n’auoit aucuns au- foire de
tres cnfans legitimes ; de forte que Monficur de Beaujeu für fon Charles
fucceffeur * en routes {es grandes Seigneuries, fçauoir és Duchez de Ph SR
Bourbonnois & d’Auuergne, & és Comtez de Forcfts & de l'Ifle ue. d
en lourdain , & autres belles Terres & Seigneuries en Chaftelle- ” 4407 de
nies. Mondit Sieur & Madame de Beaujeu de leur propre & fpe- ee Da
cial heritage auoient defia les Comtez de Clermont en Beauuoifis, q#e! fuccede
de la Marche, & de Gien, & la Seigneurie de Beaujolois, tant du rues :
cofté du Royaume que de l'Empire ») & autres moyennes Seigneu- fond de es
ries, mais par ce grand accroiflement ils fe trouuerent tout à coup
auoir de bien grandes & belles Terres & Scigneuries, qui les ren-
dirent fort riches &puiffans, dont le Roy eftoit d'autant plus forti-
fé, parce qu'ils luy eftoient bons parens & fuiets. Mondit Sicur
de Bourbon fean eftoit Gouuerneur de Languedoc , & de plus
Conneftable de France*; par fon trefpas ledit Sieur de Beaujeu + ses Zerrres
füt aufhi pourueñ du Gouuernement de Languedoc : Et quant à de Prouifion
l'Office de Conneftable , le Roy pour ce temps là le rgtint en fa a
main, fans en vouloir lors donner aucune prouifion. Mondit Sei-
gneur de Beaujeu auoit Monfieur Charles de Bourbon Cardinal, &
Archeuefque de Lyon, qui eftoit fon frere aifné ; lequel encor qu'il
für homme d’Eglife, & fi maladif qu’on n’attendoit prefque plus
rien de fa vie; toutesfois à de ds & inftigation de É feruiteurs,
il vouloit dire que cette opulente fucceflion le regardoit & venoit
1487.
1488.
43 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
à luy , au moins que la plus grande partie luy deuoit appartenir,
mais Madame de Beaujeu en cedit mois d’Auril , toft aprés la
mort d’iceluy Zean Duc de Bourbon , alla exprés de Tours ,en Bour-
bonnois, pour donner ordre au fai & à la feureté des Places &
des pays de cette fucceflion; & elle eftant arriuée à Moulins , en-
uoya gens notables pardeuers mondit Seigneur le Cardinal pour
pacifier & tranfiger auec luy; & fut accordé entr'eux que ce Car-
dinal, fa vie durant, ioüyroit du reuenu de la Seigneurie de Beau-
jolois, & par ce moyen il fe contenta & fe tint fatisfait des preten-
fions D pres en ladite fucceflion. Quand Madame eût ainfi mis
toutes ces chofes en bonne feureté , elle s'en retourna prompte-
ment deuers le Roy. Et dorefnauant quand on parlera dans cette
Hiftoire de Monfieur , ou de Madame de Bourbon, il faut enten-
dre que c’eft des mefmes Monfieur & Madame de Beaujeu, men-
tionnez cy-deuant en tant d'occafions & differens fuicts.
Pour continuer la guerre de Bretagne eft à fçauoir, que le Roy
qui eftoir à Tours en cedit mois d’Auril mille quatre cent quatre-
vingt & fepr & quatre-vingt huit , auoit fait faire fi bonne dili-
gence pu fon Armée , qu'en ce mefme mois elle füt toute
refte, & s'achemina en Bretagne , où d’abord elle tira à Chafteau-
iant, qui s’eftoit , comme a efté dit cy-deflus , rendu aux Bre-
tons , lefquels apprenans que l'Armée du Roy s’en approchoit, y
enuoyerent des plus gens de bien & meilleurs guerriers qu’ils euf-
{ent , iufques au nombre de douze cent combatans, pour deffen-
_ dre cette Place s’il leur eftoit pofhble, & la firent aufli en mefme
temps amplement rauitaller. De cette Armée eftoit lors Chef &
Louys de a Lieutenant pour le Roy le Seigneur de la Trimoüille premier
T'remoille
General de
l'Armée du
Roy.
Chambellan , qui eftoit accompagné du Seigneur de Baudri-
court Gouuerneur de Bourgongne, de Meflire Gafton de LionSe-
nefchal de Thouloufe , du Vicomte d'Aunoy , du Seigneur de
Sain&-Andre, du Seigneur de Champeroux , & de Ar au-
tres Capitaines ; laquelle Armée , qui eftoit bien de douze mille
bons combatans, fe vint ranger deuarit ladite Ville : A leur arriuée
ceux de dedans s’efforcerent vn peu d’efcarmoucher, mais ils fu-
rent fi rudement repouflez , qu'ils furent contraints de regagner
leur clofture ; en mefme inftant l'artillerie du Roy qui sa
route chargée, commença à cirer ; & telle diligence firent les ofh-
ciers qui en auoient le foin , qu’en moins de trois iours ils firent
vne grande breche & ouuerture ,& en fuite firent fi bien leurs ap-
proches , qu'en huit ou dix iours ils furent en eftat de pouuoir
combatre main à main , dont ceux de dedans furent fort épou-
uentez, & leur commenca lors le cœur à faillir , tellement qu'ils
requirent de parlementer : Ils furent oüys en leurs requeftes, &
bien qu’on les eût pù auoir par force , routesfois pour éuiter plus
grande effufion de fang on les receût à compofition, qui für, que
le
ROY DE FRANCE. 49
le Chafteau &la Ville demeureroientau bon plaifir du Roy, que huit
des principaux gens de guerre des Bretons , qui eftoient Le 39 de-
meureroient prifonniers, & que le furplus s'eniroit. Les huit Bre-
tons furent baillez fuiuant : Po em , pour lefquels peu de
temps'aprés ceux du Roy qui étoient demeurez prifonniers à la pri-
fe de Vannes furent rendus & échangez. Ce Chafteau & la Ville
furent rafez & dépeuplez. Partant le Seigneur de Chafteaubriant
nc gagna ne auoir fauffé fa foy au Roy , & d’eftre retourné
dans Îe party du Pucde Bretagne. Le Royeüt incontinentnouuel.
le de certe borne iffuë : Et lors il y auoit pardeuers luy des gensde
Monfieur d’Orleans & de ce Duc, qui pratiquoient à l’accouftumée
quelque appointement , ou.en faifoient le femblant , lefquels ne
vouloient pas croire la prife deChafteaubriant en fi peu de temps:
Mais quand ils en furent affeurez , ils furent fort troublez , & fu-
rent renuoyez fans rien faire deucrs mondit Sieur d'Orleans, & le
Duc de Bretagne, qui cftoient fort eftonnez de cette prife. |
_: La Ville de Chaffraubriant ayant ainfi efté emportée & rafée , auec
le Chafteau, l'Armée du Roy delibera d'aller à Anfenis, pour auffi |
mettre cette Place en fon obeyffance : Ce fut au mois de May en- Mir:
fuiuant , mille quatre cent quatre-vingt & huit, que ladite Armée
alla fe pofter deuant. La Place eftoic tres-bien garnie de bons com-
batans , L auoient grande quantité de fort bonne attillerie, de
poudres, degensde trait, & de viures, & faifoient leur compte de
fe bien garder & defendre, & de la tenir contre l'Armée: Mais les Bonne ‘Are
Officiers de l'artillerie Royale crauaillerent fi bien , qu’il ne leur de- "rie ds
meura muraille , ny fortification en fonentier : à la verité on tenoit
l'artillerie du Roy l’vne des bonnes que iamais aucun de fes prede-
ceffeurs eût euë ; il y auoit entr'autres des baftons de nouuelle fabri-
que en façon de ferpentines, qui faifoient des pañlées incroyables,
tellement qu’en moins de quatre iours ceux de dedans en furent fi
battus, qu'ils n'auoient plus de defenfes où ils s’ofaffent tenir, & ne
pouuoient plus rien exploiter ny endommager leurs ennemis : Se
voyans donc ainfirudementtraitez,& en tres-grand danger de leurs
vies , ils furent contraintsde demander à parlementer , ce qui leur
fut oroyé; & leur fur accorde qu'ils auroient liberté de s’en aller
feurement , à condition que la Place, & tous les biens de dedans,
demeureroient au bon plaifir & à ladifcretion du Roy,ce qui fut ain-
fi arrefté. Cette garnifon,pourla plufpart, fe mic par eauë,& s'en alla
à Nantes: Et fuiuant la condition fufdite, tous les biens de [a Place
furent diftribuez aux Capitaines , & autres de l'Armée du Roy :Il y
auoit dedans largement de viures ; pour le regard de l'artillerie,
dont il y auoit aufli grande quantité, &autres munitions de guer-
re, tout fut arrefté pour le Roy. La Place fut toute rafée , & les fof-
fez qui eftoient tous taillez dans le roc furent comblez ; en quoy
le Seigneur de Rieux eût vne merueilleufe perte qu’il auoit bien me-
ritée , pour auoir ainfi fauflé le ferment qu’il auoit fait au Roy, le-
1488,
148
je HISTOIRE DE CHARLES VIII.
g quel en cüc par les poftes incontinenr des nouuelles , que fceürenc
bicn-toft aufli Monfieur d'Orkleans & le Duc, qui eftoienc- trous
xroublez d'vn cel defaftre, & ne fçauaienc plus à qui fe voüer &
auoir recours, ny quel remede crouuer dans leursaffaires de plus en
plus defefperées. L'Armée du Roy fe rafraïchifloic, & on rac-
commodoit l'artillerie, pour aller là où il leur ferait enfuite com-
mandé. L MU s . en
Quand les Bretons fe.virene ainfi mal menez, & qu'ils ne pou
uoient bonnement refifter aux forces du Roy, crayans intrrom-
pre le cours de fes profperitez , ou au mains empécher + mn n'a-
uançâc dauantage contr'eux, afin d'auair plus de temps de fortifier
cependanc les autres Places qu'ils cenoïent, mefmement Fougeres ,
pour laquelle ils craignoient le plus., ils enuoycerent derechef vne
Ambañlade deuers le Roy, fous ombre de demander la Paix à leur
ordinaire , & de faire fon bon plaifir ; laquelle Ambaffade vince
à Angers, où le Roy s'eftoit rendu pour en approchant toûjours
dauantage de fon Armée, en pouuoir plücoft receuoir des nouuel-
les, & les mieux faire fecourir de routes prouifions neceffaires. Ces
Ambaffadeurs demandoient la Paix, & fupplioient le Roy de la
part de Monfieur d'Orleans, du Duc, & de rout le Pays de Breta-
gne, qu'il luy plûc les receuoir à quelque bon Traité. Le Roy les
LPSC ra toûjours fort gracicufement à fon ordinaire, & vouloie
bien de fa part faire tour bon deuoir: Mais les Bretons eftoient fi
déraifonnables en leurs demandes, quelque dommage qu'ils euf-
fenc de la continyation de la guerre, qu'il n'y auoit moyen de par-
uenir à vn Traicté de Paix, À ARR mr coüjours d'eftre refti-
tuez en toutes les Places qu'ils perdoient : Et mefme ils preten-
doient des dommages & incerefts de leurs pertes, & faifoient toû-
jours telles autres demandes , qu'on trouuoit fort déraifonnables.
Les Bretons cependant pouruoyoient au fait de Fougeres | & y
auoient enuoyé des meilleurs gens de guerre qu'ils euflenc, lefquels
iour & nuit fortifioient La Ville , & la faifoienc rauirailler ; outre
cela ils faifoient grande affemblée de Troupes , & ramafloienc
toute la puiffance : Bretagne en intention de combarire : ils fai-
foient leur compte quefi l'Armée du Roy venoitaflieger Fowgeres ,
ceux de dedans tiendroient affez lon -temps iufques à ce qu'ils
vouluffent, & fuffenc en eftat de combattre , pource que F ougeres
eftoit vne fort bonne Place de guerre , & qui aprés Nantes pafloie
pour la plus belle & la plus forte de Bretagne ; car le Duc en tout
fon temps auoit appliqué tous fes foins à la fortifier , Comme Ja
iugeant feel e clef & entrée de fon Pays du cofté où elle cft
afhife, | | |
D'autre part lefdits Bretons auoient enuoyé fuccefliuement plu-
fieurs Ambaffades deuers le Roy d'Angleterre pour en tirer feçours,
en leur faifant toutes offres & haies, ma poflibles à cer effet:
+,
ROY DE FRANCE, Si
Mais le Roy d'Angleterre ne vouloit, &ine pouuoit point fans in-
ratitude, rompre le ferment qu’il auoit auec le Roy, éonfiderant
bien qu'aprés Dieu il ne tenoit fon Royaume d'Angleterre, que pat
la faueur & l’afhftance que le Roy luy auoic faite : Tous lès An- Oprouion
glois n'eftoient pas de mefine, car ils eftoient fort déplaifansde ce qu'anoit
que leuf Roy ne fecouroit point les Bretons, & le prioient & ex: Roy An s
hortoient de ct faire, par la grande haine qu'ils portoient aux Fran- gérerre à ce-
çois, furquoy il éuadoit toûjours le mieux qu'il pouuoit ; rouresfois ei
tant firent & negatierent les Ambaffades de Bretagne enwers ces An- r Hip” Le
glois , que le Seigneur de Scales accompagné de fix à fept cent des Comines du
leurs, vint defcendre en Bretagne pour y fecourir ke Duc; &difoit- cs D
on que c’eftoic contre le vouloir du Roy d'Angleterre. Les Bre-
tons firent.vn grand bruit de ce fecours pour donner plus de cou-
rage à leurs gens du plat Pays, & pour plus aifément les émouuoir
à {e mettre en armes. | on. _
LeRoy, & aufli Monfieur & Madame de Bourbon , qui auoient
toûjours le foin & tout le gouuernement des affaires du Royaume,
fcachans les diffimulations & amufemens des Bretons , nonobftant
que leur Ambaffade fût encor pardeuers luy , pratiquant toûjours
quelque Traité , ordonnerent à l'Arméé de marcher deuant Fos:
geres, où elle fit aufli-toff toute diligence.de fe rendre ;.à fon arri-
uée la garnifon de dedans s'efforça d’efcatmoucher , car il y auoit
des gens de bien dedans: Mais ils ne püûtrent reffter aux forces du
Roy, & fe retirerent dedans leur Ville : D'autre part l'artillerie du
Roy fit merueille de tirer, tellement qu'en moins d'vniour, tou-
tes les defenfes du cofté du fiege furent'oftées aux afliegez : Et de
plus au deffus de la Ville , la petite riuiere qui pafle par dedans fût
détournée & diuertic ailleurs , donc ils croyoient bien qu’on ne
pourrôit iamais venir à bout ; bref en moins de huit iours certe
Ville fût tellement battuë, & les affiegez furent fi mal menez, &
fi ébranlez , que le courage leur manqua tout à fair, & qu'ils fu
rent obligez de fe rendre , auf efperoient-ils d'eftre fecourus
auant que de venir à cette extremicé ; mais les Brecons n’eftoien
pas encotes prefts pour combattre, & preparoient toûjouts leut
Armée à ce fujet le mieux qu'ils pouuoient, fe perfiiadans toûjours
qu'ils viendroient encor affez à temps pour Pme ; car ils
n’eûflent iamais penfe que l’ Armée du Roy en fi peu de iours, eût
à reduire ainfi vne telle Ville, fi bien fortifiée & {1 bien garnie de
ee combatans qu’elle eftoit, qui auoit pour fa defenfe toute la
fleur du pays de Btetagne , & des eftrangers qui eftoient dans ce
pays ; & la mettre enfi grande neceflité comme elle fût. On efti-
moit bien les Bretons qui eftoient dedans fe monter à deux outtois
mille combartans. | PR | .. . RL 4 PA
L'armée des ennemis fe croyant enfin en aflez boïr eftat, {e re
folut au combat contre celle du Roy , qu’elle prefumoir beaucoup
| G ij
14383.
1488.
s2 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
haraffée du fufdit Siege ; le Sieur de la Trimoüille ayant découuert
léur deffeih & refolution , enuoya vers eux comme à la petite guer-
re le nommé Jacques Galliot vn des principaux Chefs des Troupes
afin d'aller le plus prés, &le plus feurement qu'il pourroit, épier &
découurir au vray l’eftat où ils cftoient , & la contenance qu'ils
tenoient ; ce qu'il executa le mieux qu'il pût ; & aprés les auoir
bien obferuez en écarmouchant toûjours contre leurs Coureurs,
il rapporta franchement qu'il luy fembloit , que fi dans le iour au-
me à Ê combat pourroit arriuer entre les deux partys, yn bon or-
de n'eftoit pas gardé parmy les Troupes du Roy ; les ennemis de-
Fefperez comme ils paroifloient, pourroient caufer vn grand ou-
trage & vn dangereux efchec à l'Armée du Roy; dautant que veû
leur entreprifc fi hardie, & fi temeraire en apparence , ils paroif-
foient à leur mine fiere eftre cres-deliberez & refolus de tout per-
dre , ou d'y demeurer les viétorieux , & y faire grandement leur
roft. |
j Sur ce rapport qu'il fit, ous les autres Capitaines le prierent
de dire fon opinion & aduis là-deflus : Et apres plufieurs chofes
& raifons remonftrées & debatuës entr’eux , il füt d'opinion qu'on
deuoit prendre vne bande d'hommes d’armes des mieux bardez
& montez, qui iroient coftoyer les gens de pied Bretons , & les
écarmoucher ; & quand lefdits Bretons viendroient aux mains, &
à donner , ces hommes d'armes tâcheroient lors à les fendre & les
rompre ; & par ce moyen ils n’accableroient pas fi afprement ny
fi rudement l’Auantoarde des gens de pied du Roy ; & au concrai-
re il en pourroit auenir que les Bretons fe mettroient en déroute
en mefme temps quand ils auroient affaire en deux endroits; ce qui
arriua tout ainfi qu'on l'auoit preueû. |
L’aduis dudit Iacques Galliot fût trouué fort bon, & tous les Ca-
pitaines furent dans le fentiment qu’on luy deuoit bailler la con-
duite de ladite bañde d'hommes d'armes bardez, afin qu'il fit luy-
mefme l'execution de fon propre confeil comme celuy qui auoit plus
d'experience de guerre qu'eux tous ; & furent pour cét effet dé-
cachez & pris enuiron cent hommes d'armes bardez , des mieux
montez, aucc lefquels il marcha au deuant des Pietons de l'Armée
de Bretagne, & les gens du Roy demeurerent tous en bon ordre
auprés dudit lieu de Saincf- Aubin, attendant la bataille.
Pendant que ces chofes fe faifoient par les gens du Roy, l'Ar-
mée des Bretons marchoit roùjours , qui auoit entr'autres vnefort
bonne bande de gens de pied ; car il y auoit bien douze à quin-
ze cent Alemans que le Duc d’Auftriche leur auoit cnuoyez pour
les fecourir; & y eftoit auffi le Seigneur de Scalles Anglois ,accom-
pagné de quelques fepr cent Archers d'Angleterre. Pour donner
meilleure. volonté de combatre aux fufdits gens de pied , Mon-
ficur d'Orleans & le Prince d'Orenge s'eftoient mis à pied auec
_ROY,DE FRANCE, 53
eux , & cftoient dans la bande des Alemans, dont il leur prit :188.
fort mal ; ledit Seignear de Scalles eftoit aufli à pied , auec fes
* Archers d'Angleterre. | - | :
Auec les gens de cheual pour principaux Chefs eftoient le Sei-
gncur d’'Albret, le Seigneur de Rieux , le fils aifné de Monfieur
de Rohan, qui eftoit fort ieune , comme d'enuiron feize ans feu.
lement, bien que fon pere tint le party du Roy : mais il n’auoit
pas creû pouuoir abandonner le party du Duc, pource qu'il l'a-
uoit nourry & éleué dés fon enfance. Aucc les defflufdits il y auoic
uelques Barons & Seigneurs de Bretagne, qui auoient fous eux de
5 pere bandes d'hommes d'armes, & de gens de cheual , &
fuiuoient leurs gens de pied. |
Or aduint que les deux Armées vinrent à fe ioindre & s’en-
trechoquer , & tcoûjours l'Armée des Bretons marchoit fere-
ment ,.& tenoit bonne contenance. Quand les gens du Roy ap-
perceürent leurs ennemis fi prés d'eux, ils n’attendirent pas entie-
rement qu’ils vinflenc les premiers iufques à eux , mais marche.
rent fierement au deuant ; & finalement fe ioignirent ; & comme
ils s’entre-approchoïient le fufdit Capitaine Jacques Galliot com-
mença de mettre à execution l’entreprife qu'il auoit cy-deffus
çonfeillée , & auec les gens de cheual bardez qu'il auoit, donna
& chargea furieufement dedans le fort des gens de pied Bretons;
ce qu'il fit fi rudement qu’il les fendit d’abord, & ri fort les pref-
foit & endommageoit, qu'ils ne pouuoient prefque plus foûtenir
va fi violent chog;les gens de pied du Roy de leur cofté faifoienc
de fort grands faiéts d'armes contre les Bretons : Et comme Dieu
uieft le maiftre des batailles, départ les victoires à fon bon plai-
fr à qui il luy plaift , on vid tout à coup le cœur faillir aux Bre--
tons , qui furent tout à fait hors FA de falut ; telle-
ment qu'ils cournerent le dos & fe mirent en fuite , ne faifans
plus aucune refiftance ; aprés cela les gens du Roy les prenoient |
ou tuoient comme bon leur fembloit, Mondit Sieur d'Orleans y Le Duc
:fûc pris prifonnier , & en danger de fa perfonne , car les Ee de Cf dr
a le vouloient dépefcher ; mais il furuint des hommes d'armes pus { Roy
qui le fauuerent , & fut ierté derriere vn defdits hommes d'armes, "7 ts
| du
& mis hors de la prefle. Pareillement le Prince pe à fût Pris pe) pris prie
par va Suifle du party du Roy , qui tout le iour de la bataille le fôrnier
menoit quand-&-luy , & voyoit tuer les Bretons en fa prefence.
Le Seigneur de Scalles y fut tué, comme aufi tous les Archers
d'Angleterre, &tous les gens de pied Bretons, & ne fe fauua qu’-
_ vnc bande de leurs Alemans, qui furent épargnez.
Incontinent que les gens de cheual Bretons 7 à rates que
le cas de leurs gens de pied alloit mal pour eux , ils netinrent au-
cun arreft , mais fe mirent en fuite pour fe fauuer : à bons che-
uaux, & bien courans , & aufli bons éperons fecouroient fort au
G ii
__ $4 HISTOIRE DE CHARLES.VIIL
n 188. befoin,à quoy Monfcigneur d'Albret , & le Scigneur de Rieux ne
stpargnerent pas, & firent tant qu’ils fe fauuerenc à la fuite.
, Les gens de cheual du Roy les pourfuiuirent fort afprement,
& en prenoient.& tuoient largement ; & entre les gens de nom le
fufdit fils aifné de mondit Seigneur de Rohan y fut tué , & plu-
_ fieurs autres pris ou tuez : de la part du Roy le fufmentionné Ca-
Mort de pitaine Jacques Galliot d fut blefe ,dont il mourut , qui fut vn tres-
ak rss grand dommage ;aufli y fut tué Dom James de Lerin fils du Com-
Capirame.… %e de Lerin de Catalongne, qui eftoit venu feruir le Roy y auoit
enuiron trois ans ; de plus, y fut tué vn Cheualier de Normandie
d’auprés Eureux , nommé Meflire Robinet le Beuf; & peu d’autres
gens y demeurereht morts du.cofté du Roy. L
Tourte cette iournéc les Troupes du Roy garderent le champ, &
pourfuiuirent leurs ennemis : Et aufh-toft par les Poftes & Cour-
| ricrs firent fçauoir ces bonnes nouuelles au Roy, qui eftoit lors
. %- à Angers , dont il fût extrémement ioyeux ; & Les fit incontinent
éhoire rem çauoir par les. bonnes Villes de fon Royaume. EL
.. se, Le lendemain le Seigneur de la Trimoüille, & les Capitaines du
Ain a. Roy,fe rafraîchirent à Saintf Aubin-du-Cormier, & donnerent or- .
Cormier. dre à la garde de Monficur d'Orleans, & du Prince d'Orenge, & fi-
rent vifiter les bleffez, & inhumer les morts, en attendant des nou-
uelles & les ordres du Roy.C'eftoit le bruit qu’il y auoit neuf à dix
mille hommes des ennemis detuez , & que les Bretons eftoient à
la Tournée enuiron quinze à feize mille hommes : maisie crois bien
qu'ils eftoient dans L verité neuf à dix mille hommes, & qu’ils y
pcrdirent quelques trois à quatre mille perfonnes.
Le Roy fit fçauoir audit Seigneur de la Trimoüille, & à fes Ca-
pitaines & Chefs de ouerre, qu'ils luy enuoyaffent mondit Sieur
d'Orleans auec le Prince d'Orenge , & enuoya des Archers de fa
garde au deuant pour les conduire plus feurement.: Mondit Sieur
d'Orleans fut mené à Sablé, & ledit Prince d'Orenge à Angers, où
il fût à l'entrée merueilleufement huë , & mocqué par le commun
peuple de la Ville, qui l'eût outragé n'eût efté les gens du Roy; il
füt ferré dans le Chafteau fous bonne & feure garde.
Aprés que l'Armée du Roy fe fuc rafraîchie, les Capitaines qui
auoient à toutes heures nouuelles du Roy, delibererent d'entrer
roûjours de plus en plus auant dans la Bretagne, & d'y conquefter
Villes & Places : Ils s'imaginoient bien que ce qui s’eftoit fauué des
Bretons tireroit à Rennes , & crois bien que s'ils y fuffent allez,
cette Ville-là n’eût point tenu : Mais les gens du Roy aduiferent,
que le principal eftoit de gagner les Ports de mer;lefquels eftans
conquis, le demeurant feroit bien-toft aprés en grande fubietion:
Ils aduiferent donc d’aller à Sainéf Malo, qui eft le principal Port
de Bretagne, & fe mirent en chemin pour l'aflieger.
Or tout ainfi que les gens du Roy eftoient fortifiez de courage,
_ ROY DE FRANCE. : ‘$$
d'auoir gagné la lournée de Sainét -_ Aubin , les Bretons eftoient
beaucoup affoiblis en force & en vertu de l’auoir perduë, & eftoient
comme hors d'efperance ; d’ailleurs les habicans des Villes eftoient
_ priuez de tout efpoir , & ne fçauoient où auoir recours : tellement
que ceux de Dinan, incontinent aprés la fufdire Tournée, enuoye-
rent deuers Monfeigneur de Rohan, luy fupplier qu'il voulût faire
enuers leRoy qu'il les prit à mercy, & qu'ils feroienc fan bon plai-
fic &.fe metrroient en fon obeïffance. : Le Roy les receût volon-
tiers, & eftablit garnifon en icelle Ville, qui fût de certe forte mi-
fe en feureté pour le Roy. MU:
L'Armée du Roy arriua deuant Saint Malo , au mois d’Aouft
mille quatre cent quatre-vingt & huit, & fût certe Ville affiegée, &
l'artillerie dreffée deuant, du cofté de la mer, & fort battuë : Pour
abreger, combien qu’il y eût fort bonne garnifon dedans, comme
de mille à douze cent hommes; coutesfois ils ne voulurent pas at-
tendre la fortune & la fin du fiege: Ioint que ceux de la Ville, qui ne
1488.
Aouft.
vouloient pas fe décruire,requirent de parlementer; & le tour eftanc
bien pourparlé & debatu, ils fe rendirent à cette compofition , que
les habitans de la Ville demeureroient dans la ioüyflance de tous
leurs biens , & ceux de la garnifon s’eniroient vn bafton blanc au
poing, & tous leurs biens perdus & confifquez au profit des gens
du Roy , comme auf tous les autres biens que ceux du pays auoient
retirez dedans. _. RES. …
À la prife de Sainét- Halo les Bretons eûrent:vne grande &
merueilleufe perte , pource qu’ils la renoienc pour vne des plus
feures Villes de cout le pays de Bretagne; & à certe caufe auoient
retiré dedans ,comme à refuge, la plufpart de leurs biens; ce qui
fut caufe qu'il y eût vn fort er ain pour les gens du Roy, &
c'eftoit toüjours vn plus grand ne our Juy , & plus grand
affoibliflement no Duc, & ceux de EL party. QU files Bre-
tons furent affoiblis à caufe del« Journée de Sainét- Aubin, & de la
prife de Monfieur d'Orleans, & du Prince. d'Orenge, & du retour
de la ville de Dinan en l'obeïflance du Roy , la prife de Sainét-
Halo les mit encor dauantage hors de tout efpoir de falut, & ne
voyoient plus aucune refource ny remede à leurs maux, finon d'a-
uoir leur final recours à la bonne grace & mifericorde du Roy,
comme au feul port affuré qu’ils pourroient efperer. .
Le tout bien debatu entre eux , ils delibererent finalement
d'enuoyer vne bonne & grofle Aimbäffade deuers le Roy , afin
de fe foñmettre du tout à fa volonté & bonne grace , & lefup-
plier d’auoir pitié du Duc , & de fes files, & ne les desheriter
point ; comme auffi d’auoir pitié de tout le pays de Bretagne, fui.
uant laquelle deliberation ils dépefcherent des plus grands Per-
fonnages & gens de bien d’entre eux, pour s'acquiter de cette Am-
baffade, laquelle fut enuoyée auec des Articles, & Lettres du Duc:
1400.
Le Duc de
Bretagne
s'humilie
enuers le
Roy.
‘
Reponfe du
Roy aux
Ambafa-
ÿ6 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
Or combien que ce Duc dans les lettres qu’il auoit auparauant
écrites au Roy, depuis le trépas du Roy Louys fan pere , ne l'auoit
pas appellé dans l’'inticulation d'icelles fon Sowuerain Seigneur, &
dans la foufcription n’auoit pas mis fiet, coutesfois à ce coup il le
fit , & repara ce qu’il auoit manqué de faire par le paffé.
. Cés Ambaffadeurs arriucrent à Angers , où le Roy les fit bien re-
ceuoir; ils luy vinrent faire la reuerence, & prefenter leurs Lettres
de creance, & en les prefencant, ils fe monftrerent beaucoup plus
humbles que par le paflé , mefme ils vfoient de termes de fujetion
u'ils n’auoient pas accouftumé de faire , en le fuppliant tres-hum-
blement qu'il luy plût auoir pitié du Duc , & de fes filles, & de
tout le’pays de Bretagne, & de vouloir confiderer la mifere en la-
quelle eftoient reduits tous les habitans dudit pays ; & luy tin-
tent plufieurs autres difcours fur ce fujer. |
Aprés que le Roy eùc entendu ladite Ambaffade, fur le champ,
de luy-mefme, & fans fur cela prendre aucun confeil, il leur fit ré-
ponfe , & leur dit; Combien il luy déplaifoit de la guerre qui eftoit
encommencée, & qu'il n’en-eftoic pas la caufe, qu'il n’auoit pas te-
deurs de Bre- Nu à luy que dés il y auoit long-temps la Paix ne fût faite, mais
tagne pour
la Paix.
que le Duc, & ceux qui s’eftoient retirez pardeuers luy, luy auoient
commencé la guerre, fans aucune caufe raifonnable ; & combien
ue le corc fût cout de leur cofté , il n’auoit point iufques à pre-
ef crouué le Duc, ny ceux de fon party, en vouloir deuenir à au-
cun bon &.feur appointement : Que de fa part il auoit toûjours
cfté defendeur ; & leur remonftra viuement qu’il n’auoit pas tenu à
luy , à ceux de fa bande, & à tout le pays de Bretagne , qu'ils n’euf-
fent entierement broüillé & confondu le Royaume, qu’à ce fujet
ils auoient fait tout leur effort pofhble : Mais que Dieu qui a roùû-
jours efté le Protecteur du Royaume, l’auoit gardé & se a dans
fa bonne querelle, & luy auoit donné la viétoire de fes ennemis,
tellement qu'ils auoient grande caufe de s’humilier enuers luy ;
& qu'il fçauoit bien que fi le Duc & ceux de fa bande , eftoient
aufli bien que luy au deffus de leurs affaires, & qu'il fût reduit à les
requerir de quelque accommodement , ils ne luy voudroient pas
iamais faire la mefme grace qu'il eftoit deliberé de leur faire : En
leur adjoûtant , que bien qu'il parût affez qu'il eftoit alors en fon
pouuoir de les acheuer de perdre , il ne vouloit toutesfois point
vier de vengeance en leur endroir , mais la laiffer toute à Dieu, à
qui feul elle doit eftre referuée. Ces remonftrances eftans ainfi fai-
es , il leur dit ; Que tres-volontiers il commettroit des principaux
de fon Confeil pour ouïr amplement leur Ambaffade, & la manie-
re auec laquelle ils fouhaittoienc paruenir à vne bonne Paix , les
affurant que de fa part il fe mettroit en toute raifon bonne, &
équitable. |
. Aprés que lefdits Ambaffadeurs eûrent ainfi écouté le Roy,
&
ROY DE FRANCE $7
& cntendulesbelles remonftrancesqu'il leur auoir faites, ils en fu-
rent fort confolez , & ne {e pürent tenir de dire, que bien-heu.,
reux: Cfbaienr les Sujers du Royaume, & tenus à Dieu, qui leur
1488.
auoit donné vn Roy fi fage , & fi prudent, & plein de fi grands
gracc. & douceur; veü mefmement Fâge qu'il auoic alors, ' n'e--
floit pas encor de: feize ans accomplis. Ïls remercierent € Roy .
eres-bumblement de: fon bon Accueil, & de la grace quils trou
uoicnt en.luy. De là er auant ils alloient chaque iout conferer
auec ceux que le Roy auoit commis pour les oüyr. Enfin aprés
plufieurs. Affemblécs & Remonftrances faites , & debatuës -d'vn
cofté & d'autre, pour abreger ,les Articles de paix & appointe-
ment furent fairs & accordez ; & afin que mieux & plusclairement
le tout foit fceu & entendu du Lecteur, ces Articles tels qu'ils fu-
rent paflez & accordez à Sablé en Aniou., le vingtième iour d’Aouft
mille quatre cent quatre-vingt & huic , fonc cy-aprés inferez en
leur entier. - |
Charles par la grace de Dieu Roy de France; A tous ceux qui
ces prefences lertres verronr, Salur : Comme pour obuicr aux guer-
res & divifions, & abbatre du tour les tres-perilleufes & tres-dan-
gereufes entreprifes faites alencontre de Nous & de noftre Royau-
me, il ait efté befoin & neccffaire qu'ayons mis par deux fois vne
rande & puiffante Armée, tant l’année paflée que cette prefenre;
ait efté aufi befoin qu'ayons fait marcher noftre Armée au pays
‘de Bretagne ; ce que Nous faifions à grand regret ,.pour l'amour
qu'auions toûjours porté à noftre tres. cher Coufin le Duc de Brc-
tagne, & à iceluy pays, parquoy euflions bien voulu, que l'on eût
à deflors pacifier les differens qui cftoient entre Nous & noftre.
dit Coufin:Et combien que auons mis en noftre obeïffance plu.-
fieurs Villes & Places dudir pays de Bretagne; tellement que par
ce moyen , & auffi au moyen de la Bataille dont il a plû a ie
Createur Nous donner la viétoire, il eftoic bien en Nous de cirer
lus auant; routesfois ayans égard aux remonftrances &.requeftes
a Nous faites de par noftredit Éoufin , qui a enuoyé grande & no-
table Ambaffade deuers Nous, pour faire & conclure quelque bon
Traité de paix. Nous pour l'honneur & reucrence de Dieu ; & qué
vetrions la deftruction de noftredit Coufin, & de fondit pays, auons
commis plufieurs grands & notables Perfonnages pour trauailler
fur le faiét de ladite Paix ; & aprés auoir oùy leur rapport , auons
finalement efté contens de faire cefler noftredite Armée , & d'ac-
corder à noftredit Coufin icelle Paix. Et fur ce a efté fair, pañlé,
accordé ,&conclû entre Nous &.noftredit Coufin vn bon & fru-
étueux Traité de paix ,en la forme & maniere que s'enfuit.
C'eft lo Traité de paix paflé , accordé & conclu entre le Roy
& le Duc, pour eux, leurs hoirs, fuccofleurs ; Pays, & Seigneu-
ries. . A
l
H
Aoufît.
53 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
Premierement, bonne feurcté , vraye & perpetuclle paix & ami-
tié, vnion & concorde; eft & dorcfnauanc fera à toüjours inuiola-
Ariicles du Llemenc entre le Roy , & Île Duc, leurfdits hoirs , fucceffeurs, pays
Traité de . :
Paix entre SCIgNCUriIcs. |
le RoyChar- Et pour ofter les occafions , au moyen defquelles ladite Paix fe
ralers La pourroit enfraindre, s’il n'y SD in , le Duc fera prompte-
Ducde Br- ment vuider de fon pays tous les frangers, qui audit pays fe fonc
t4gné. meflez de la guerre contre le Roy, & les enuoyera le Duc incon-
tinent hors dudit pays. |
Et auec ce , jamais en _— cemps que ce foit , iceluy Duc,
{es hoirs, fucceffeurs , & ceux de fondit pays, ne receuront ny en-
tretiendront audic pays aucuns eftrangers , qui foient gens pour
fufcicer, pratiquer ou faire guerre auRoy, & à fon Royaume: Et
ainfi l'a promis & iuré le Duc folemnellement, & Île promet & iu-
4 “hbois refur les Sain@s Euangiles de Dieu, & fur le fuft * de la vraye Croix,
pour luy, fefdits hoirs, & fucceffeurs.
Semblablement , pour cette mefme confideration, & afin d'é-
uiter aux merucilleux inconueniens ro ne aduenir audit
pays de Bretagne , fi le Duc marioit les Dames fes filles à aucuns
Scigneurs, qui fuffent enclins & portez à émouuoir guerres & di-
uifions, iceluy Duc voulant à ce obuier , ne permertra que lefdi-
tes Dames {es filles foient mariées au déplaifir & mécontentement
du Roy , & contre fon gré : Et pour ce a promis & iuré, promet &
iure folemnellement , comme deflus , que routes les fois que fes’
affaires feront difpofées à faire quelque Traité de mariage pour lef-
dites Dames, ce fera par le confeil » aduis & confentement du Roy,
& non autrement : Attendu mefmement que ledit Seigneur à de-
claré, qu’il delibere traitter lefdites Dames amiablement & fauo-
rablement, comme fes parentes.
Et pour garder, tenir , obferuer & accomplir loyaument, & de
bonne foy tout ce que dit eft , tant de faire vuider dudit pays de
Bretagne , & non iamais y receuoir les eftrangers, qui fe font mé-
lez, ou voudroient méler cy-aprés de faire guerre au Roy, & à fon-
dit Royaume , ont accordé que des mariages d’icelles Dames, le
Duc fera bailler les fecllez des Prelats , Chapitres, Seigneurs d'E-
glife , Barons, nobles, bonnes Villes, & cu des T rois Eftats du-
dit 7” de Bretagne , en la mcilleure & plus feure forme que fai
te fe pourra. Tous lefquels auec iceluy Duc , s’en obligeront fous
les plus grandes cenfures d'Eglife qu’ils fe pourront obliger, & auff
fous peine de deux cent mille écus d’or , à appliquer au profit du
Roy , en cas de contrauention. Lepa& & promefle deflus dits
neantmoins demeurans en force & vigueur, pour le payement de
laquelle fomme de deux cent mille écus d'or, lefdites bonnes Vil-
les generalement, & fpecialement la Ville & Comté de Mantes fe.
ront expreflément hypothequées , obligées , & affectées.
1488.
ROY DE FRANCE. | 59
En outre, veû que le Roy à déja mis en fon obeyflance lesVil.
les & Places de Sainéf Malo , Fougeres, Dinan, & Saintt Aubin dé
Cormier, 8 plufieurs autres dudit pays de Bretagne: Et que fi l'Oft
& Armée du Roy tiroit en auant, ce feroit la totale deftruétion &
perte dudit pays ; le Duc connoiffant cela clairement, a voulu &
conlenty , veut & confent, pour le bien & faluation de fondit pays,
& aufh de Luy , & defdites Dames fes filles, que lefdites Villes & Pla-
ces de Sainéf Malo, Fougeres, Dinan, er Saintf Aubin, demeurent
en la main du Roy, auec leurs banlieuës ,Chaftellenies, eftenduës,
Ports, Havres, Paflages, lurifdiétions, Refforts, Offices, preroga-
tiues, préeminences, droits , profits & émolumens, & appartenan-
ces quelconques, tant fur la mer, que en eauë douce , & en terre
ferme. Efquelles Villes & Places de Sainét Malo, Fougeres, Dinan,
& Sainét Aubin, le Roy aura toute puiffance de commettre, or-
donner, inftituer, & deftituer tous Officiers, quels qu'ils foient,
fans que le Duc ou fes gens y aÿent que voir, ny que connoiftre,
foit en la mer, foit en cauë douce, ou en la terre, fauf en ce qui
è
fera dit & declaré cy-aprés. | |
" Et moyennant ces chofes, & auffi pour contemplation des
mariages à venir d'icelles Dames. & de ce que le Duc veut & en:
tend trairer, faire & conclure lefdits mariages par l'auis, confeil &:
confentement du Roy , & non autrement , iceluy Seigneur dés à
prefent fait & fera retirer fon Oft:& Armée hors dudit pays de Bre
tagne ; en delaiffant garnifon feulemene efdires Villes qui font en
fon obeïffance, ou en aucunes d’icelles , ainfi qu'il verra que be-
foin fera , & pour autant de cemps que bon luy femblera.
Et combien que le Roÿ ait fait tou grands frais, coufts &
dépens en cette guerre de Bretagne , & à caufe d’icælle , dont il
pourroit faire queftion, & demande au Duc: toutesfois en faueur
& contemplation que deflus, iceluy Duc en demeurera quitte &
décharge, & l'en a quitté & quitte le Roy entierement. |
Et dauantage le Roy eft & À
uenu ordinaire & extraordinaire defdites Villes & Places de Dinan
& Saint Aubin : En retenant par le Roy en fa main la force, au-
thorité , & vour le farplus defdits lieux : Mefmement les cloftures
ceintures, murailles, tours, portaux , Chafteaux, Forterefles, Foffez,'
Fauxbourgs & banlieuës : Auec le pouuoir de pouruoir auxOf-
ces , &de mettre gens de guerre à la garde defdits lieux , en tel nom-
bre que bon luy femblera, s’il voit que meftier en foit. Pour la-
quelle garde le Duc ne fera tenu de payer aucune chofe , fors feu-
lement les reparations neceffaires , & les gages ordinaires des Of-
ciers : C’eft à {çauoir , tant œeux qui d'ancienneté y ont accouftu-
mé d’eftre , que ceux qui y cftoient au temps r lefdites Villes
& Places fonc venues és mains du Roy; à prendre le tout fur le
reuenu : Pour lequel reuenu leuer, & reccuoir, celuy ou ceux que
H ij
era content que le Duc reçoiue Îe re-
60 HISTOIRE DE CHARLES VII.
le Duc à ce commertra , feront cenus d’auertir prealablement les
Chefs qu’il plaira au Roy ordonner efdits lieux , & de faire {er-
ment qu'ils n'y viendront pour autre caufe que pour leuer & exi-
ger ledit reuenu. | | |
. Et fi pourra neantmoins le Duc faire poufuite par requefte , &
non autrement, pour l’éntier recouurement de tout ce que le Roy
retient à prefenc efdits lieux de Dinan & Sainét- Aubin , aprés que
le Duc aura fourny à ce qu’il eft tenu de fournir de fon cofté,
quant aux chofes deflus dites. | |
Mais entant que couche lefdites villes de Sainét Malo & de
Fougeres , & leurs appartenances, le Duc n’en pourra faire pour-
fuite. de fon viuant. Toutesfois le Roy a Ph, Pi & confent, en
faucur & contemplation defdits mariages , que lefdites Dames,
aprés le trépas du Duc leur Seigneur & pere , puiflent faire ladite
pourfuire ; & s'il eft lors connû & rrouué que le Roy n'y aït droir,
foit a caufe du titre qu'il peut & pourra auoir , & | mp pretend
en la totalité dudit pays & Duché de Bretagne aprés le trefpas du
Duc, foit par autre iufte vitre & moyen;en ce cas, iceluy Seigneur
reridra & reftituëra pleinement lefdires villes de Sain&-Malo &
de Fougeres aufdites Dames, ou à celle d'elles à qui il appartiendra,
ou à leurs hoirs procreez de rio 9 qui naîtront defdits ma-
Confnre ASS » faits par l'aduis, confcil &confentement du Roy ; comme
ment du Roy deflus ft dit; pourueû qu’il foit prealablement rembourfé des mi-
requis fer les fes & dépenfes qu'il aura faites pour les meliorations , reparations
2 D De & fortifications defdites Villes & Places de Dinan & Sainét-Au-
de Bretagne, bin , en tout.& par tout : Si d’icelles Villes & Places de Dinan &
: Sain&t- Aubin n’eft autrement appointé entre le Roy & le Duc,
findeceme aUant le trépas d’'iceluy Duc. |
Hifhoire. Mais s'il aduenoit que lefdites Dames , ou aucune d'icelles fuf-
fent mariées fans le confentement , aduis & confeil du Roy , les
deflus dites Villes & Places de Saint-Malo, Fougeres, Dinan, &
Sainct- Aubin; enfemble toutes leurs appartenances quelconques
demeureront perpetuellement audit Seigneur ; pour en ioüyr au-
dit cas par luy , & fes fuccefleurs Roys de France, comme de leur
propre heiag & domaine; & neantmoins feront commifes les
peines deflus declarées. . | Ni
Au furplus, pource que les gens de guerre du Roy auront au-
cunesfois à loger en la terre du Duc , pour aller & venir aufdites
Places & Villes de Saint-Malo, Fougeres, Dinan, &Sainét- Aubin,
le Duc a confenty & confent qu'ils É uiffent faire licitement, &
_ loger à Dol, & és lieux.déclos où defemparez ; moyennant qu'ils
payeront leur efcoc raifonnablement, & ne mefferont à perfonne,
& aufli qu'ils ne pafferont outre la riuiere de Dinan. |
_ Et au regard des villes & places de Vitré & de Cliffon , eftans
pieça en la main du Roy, il ne fera venu de Jes remertre à autres
14838.
ROY DE FRANCE ét
maintenant ,.ne pour le temps à venir , fors aux Seigneurs qui
les cenoient lors qu’il les mit en fadite main. |
Et quant aux autres Places & lieux du pays de Bretagne, qui par
les gens du Roy auoient efté prifes & occupées, & qui ne font des
appartenances defdites Villes & Places de Sainét Malo, Fougeres,
1488.
Dinan & Saint Aubin ; elles feront renduës à ceux qui eneftoient
poffeffeurs au temps de la prife d’icelles.
. Et fi les gens du Roy, ou autres en fa faueur de quel ue Nation
qu’ils foient , prenoient cy-aprés aucunes Villes ou Places dudit
pays de Bretagne, le Roy en fcra incontinent reparation & reftitu-
tion ;à peine de perdre tout Îe droit qu'il peut auoir & pretendre
maintenant, & pour le remps aduenir efdites Villes de Sainét Ma-
lo, Fougeres, Dinan & Sainét Aubin, & l'appliquer au Duc, & à fes
fucceffeurs : Et neancmoins demeurera le Roy obligé & tenu à la-
dite reftitution. |
Et pareillement fi les gens du Duc , ou autres en fa faueur, de
quelque Nation qu’ils foienc, par furprife , emblée, ou autrement, .
prenoient cy-après aucunes defdires Villes de Saint Malo, Fouge-
res, Dinan & Saint Aubin, le Duc en fera faire incontinent re-
paration , & refticution ; à peine de perdre entierement cout le droit
qu'il , & fes heritiers & fuccefleurs, pourroient pretendre efdites
Villes & Places de Sain& Malo, Fougeres, Dinan & Sain& Aubin,
à appliquer au Roy, & à fes fucceffeurs : Et neancmoins demeurera
le Duc obligé & tenu à ladite reftitution. Ainfi accordé & con-
clu à Sablé le 20. Aouft 1488. nu |
. En cette année il y eût Traité de Pacification fait entre ceux
de l'Ifle, de Doüay , & d'Orchies, & les trois Membres de Flan-
dres , qui en donnerent leurs Lettres d’affeurance , par lefquelles
ils promettoient à leur égard , & pour autant qu'il leur pouuoit
toucher, & à leurs adherans , d'entretenir les conuentions de ce
Traité: * Et femblables Lettres reciproques deuoit auf bailler +c,-y,
iceluy Monfeigneur Philippes, auec les fufdits Trois Membres de pag. 65-
Flandres, pour eux & leurs adherans, aux fufdits de l’Ifle, Doüay
_ & Orchies: Par lefquelles ils deuoient promettre d'entretenir ledit
Traité ainfi conclu à Lifle par Mefhre'lean Seigneur de Hames,
Meflire Valleran d'Ongnies , Bailly de Hefdin , Cheualiers, & Mai-
ftre Iean Dauffay, Seigneur de Lambres, Confciller & Maiftre des
Requeftes de l'Hoftel du Roy ,à ce commis & deputez par Mon-
fcigneur Îe Marcfchal des Cordes , en la prefence d'Antoine de
Fontaines Efcuyer , Lieutenant de Monfeigneur Philippes de Cle-
ues, de Reuerend Pere en Dieu Monfeigneur l'Abbé de Lofs,
Mcflire Charles d'Ongnies Cheualier, Seigneur d’Efcrets, Mefhre
Valentin de Berfées Chanoine de Saint-Pierre de Lifle , Maiftre
_ Jean Dommeffent Lieutenant general de la Gouuernance, Maiftre
Ican François Penfionnaire , Iacques de Landas Efcheuin, & Ma-
| H ii
Gi HISTOIRE DE CHARLES VIIL
2. thieu Raymbaut Procureur de la ville de Life , eux faifans forts
de ceux de la ville d'Orchies ; le quatorziéme iour de Decembre
148
Decembre. l'an mille quatre cent quatte-vingt & huit. | |
Nous reuicndrons au Roy , qui partit de Poiffy aprés la fefte de
Noël , & s'en alla en Gaftinois ; où il prenoit fes cfbars à la chañle,
en attendant Monfieur & Madame de Bourbon, lefquels il auoit
mandez pluficurs fois de venir pardeuers [uy, pour donner ordre
fur le faiét des guerres de Flandres, & de Breragne auant la venuë
de l'efté. | .
Mondit Sieut & Madame de Bourbon, la fefte de Noël eftant
En donnerent ordre aux affaires de leur pays; & eftans à Mou-
1
nsils achererent du Seigneur-de la Baftie en tn le Cha-
* Bourbon. {tel & Seigneurie de Bourbon-lenceiz *, fitué dans ladite Duché de
lancy. Bourgongne vers l'Autunois fur la riuiere de-Loire; lequel Chaftel
leur eftoit bien-feant , tant à caufe que c’eft vne bonne place de
gucrre, que pource qu'en cét endroit les Prouinces de Bourgon-
pne & du Bourboñnois font feparées l'vne de l'autre ; & que cet
te Place leur renoit lieu de frontiere, & eftoit vn paffage fur ladi-
ce riuiere ; & leurs affaires eftans acheuées ils partitent,&s'en vin-
rent par eau iufques à Gien , où ils defcendirent & ioignirent le
Roy, puis ils PA robe de venir à Paris, où ils arriuerent tous
Hh4dp.SMannicr, enfemble le vingt & vniéme iour de lanuier , mille quatre cent
quatre-vingt & huit. ce |
Le Roy eftant à Paris , les Capitaines qui eftoient à fon feruice
s’y rendirent aufh ; & fût là donné ordre fur le faiét de la guerre de
Flandres, & de ceux qui tenoient le party de France contre le Duc
d'Autriche : Et de ce quartier-là le fufdit Seigneur des Cordes eûc
toute la charge, & le commandement pour le Roy. |
I] fût parcillement aduifé de la guerre de Bretagne , & fût or-
donné quelle Armée nouuelle le Roy mettroit fus, pour renforcer
celle Le cftoic demeutée dans ce paÿs : Surquoy conclufion eftane
prife, Îe Roy enuoya fes mandemens aux lieux où fe deuoient le-
uer des gens de guerre , au de là de ce que portoient fes Ordon-
nances precedentes ; afin qu'ils fe tinffenc prefts, & fe rendiffenc
fur les marches de Bretagne. | | :
Le Roy eftanc encor à Paris ledit mois de IJanuier , mille quatre
cent quatre-vingt & huit, il arriua pat deuers luy vn Ambaffa-
deur de l'Empereur des Turcs, que conduifoit vn Ambaffadeur du
Roy de Naples : Par cét Ambaffadeur le Turc écriuoir au Roy des
Lettres de creance : La caufe pourquoy le Turc écriuoit , & en-
uoyoitfon Ambaffadeur ,eftoit pource qu’en Franceeftoir fon frere
More deMa- ifné, à qui appartenoic toute la Seigneurie ; & y auoit efté amené
homet Il. il y auoit déja quatre ou cinq ans : Car en l'an mille quatre cent
Empereur rs à & vn , l'Empereur des Turcs mourut, lequel delaiffa
des Turcs, Ne : |
l'essai, à deux de fes enfans la plus grande Scigneurie du monde; pource
ROY DE FRANCE. 6;
u’il poffedoit deux Empires , & onze Royaumes : Et tenoit fous }; 488.
on elite la Turquie, la Grece, & la plus es de l'Afie. Aprés
fa mort, pource que fon fils aifné eftoir fort éloigné de Conftan-
tinople, où le Turc a couftume de faire fa refidence, & qu'il eftoit ses
occupéen vne guerre; fon frere *puifné durant cette ablence s’af- l'Empir des
fura des gens d'armes qui eftoient autour de {on pere , & de plus Turcs fer.
s'empara de toutes fes Ps » & vfurpa le titre de la Seigneurie: …. ssl
L'aifné d'autre part fçachant les nouuelles du decés de fon pere, fe afné, v.p.
mir en chemin par mer pour venir prendre poffeflion de cér Em- #5 A
ire comme Seigneur naturel ; mais en venant il apprit que fondit Rp
he s'eftoit faifi de tout ; & luy cftanc encor fur mer ilrenconcra des impreffion du
gallées en courfe, que fon frere auoit enuoyées pour le guerter & le ns
prendre au paflage, & fût tellement preffé d’icelles gallées qu’il fût myles Preu-
contraintde fe mettre en fuite, & fe fauuer , pource qu'il eftoic bien “*-
affuré de fa morts'il eftoic pris: Il fût donc Re pourfuiuy, qu'il
luy conuint fe iecter à refuge dedans Le port de Rhodes;laquelle chofe
eftant venuéë à la ssh ps du Grand-Maiftre & des Cheualiers,
incontinent ils fe faifirent de fa perfonne , eftans fort ioyeux de l'ad-
uenturc qui leur eftoit aduenuë ; & e{perans d'en bien faire leur pro-
fic, ils donnerent bon & feur ordre pour la garde de fa perfonne.
Auffi-toit que le frere qui vfurpoit la Seigneurie fceût , comme
fondit frere eftoic ainfi échapé, j en fût cres-déplaifant: Toutes- :
fois incontinent aprés il enuoya vne grande & folennelle Ambaf-
fade deuers le Grand-Maiftre de Rhodes, pour pratiquer s’il feroic
poffible de r'auoir fon frere, ou à tout le moins d'eftre affuré qu'il
ne luy pât nuire à l’aduenir; enfin il füt conclû entr'eux , que le-
dit frere ioüyffant, donneroit par chacun an vne bonne & gran-
de penfion au Grand-Maiftre de Rhodes. Et en outre, qu'il four-
niroit autre grande fomme d'argent pour la dépenfe de fon frere
{polié , & pour fa garde : Outre quoy alliance fût faite & toute
feureté baillée à ceux de Rhodes de leurs terres & Seigneuries. Or
combien que le Grand-Maiftre de Rhodes eût lors vn auantageux
party auec le Turc, toutesfois il fût en doute qu’à la longue la
Scigneurie de Rhodes n’en fût broüillée , & en danger , s’il dete-
noit continuellement fon prifonnier à Rhodes, croyant bien que
le frere ioüyffant , croit inceffamment à l’aguet , pour l’auoir ou
ar amour ou par trahifon , ou de force : D'autre part il redoutoit
2 entreprifes des voifins , comme du Souldan, des Venitiens, du
Roy de Naples, & autres ; & penfoir que chacun d'eux employe-
roit fes cinq fens, pour trouuer moyen de l’auoir, & en faire cha-
cun fon profit. Aufhi eftoit-il fort requis par le Pape de le luy
bailler , pour le profit & l'auantage du ind Siege À poftolique ;
enfin pour éuiter tous ces inconueniens , il delibera : le mettre
en lieu feur; & pource qu’il eftoit natif de France, de la Comté de * Pierre
la Marche , & de la Maifon d’Aubuffon *, il refolut de l'enuoyer 7*?#°"
elcx Grande
64 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
1488. €n Ce Royaume, confidesane que le Roy eftoit fort éloigné des Sei-
| euries du Turc, & qu'il n'auoit guéres d'intereft fur le fai& de
Pa pa cét Empire Ottoman à qui ildemeuräât des deux freres : Toutesfois
luin1476. auant que de l'enuoyer en France, ilentoya fçauoir du Roy Louys
sr lan Onzièéme de ce nom, fi fon. plaifir feroit de le vouloir bien fouf-
tr. > friren fon Royaume ; laquelle chofe le Roy accorda volontiers.
Aprés donc que ledit Maiftre de Rhodes eût ainfi eù le congé &
la permiflion du Roy, il prepara le voyage de fon prifonnier , &
_ l'enüoya defcendre au pays de Languedoc; de là il le fit mener en
fadire Comte de la Marche, en la maifon du Seigneur du Bacala.
my, qui citoit parent d'iceluy Grand-Maiftre ; & là fût detenu ce
mme qui auoit pour fa garde aucuns Cheualiers de Rhodes,
efquels eftoient pour la plufpart parens dudit Grand-Maiftre. 11
eftoit fort bien entretenu de fa perfonne en toutes fes neceflitez
& befoins ; auffi fon frere Empereur payoit bien fa dépenfe. Ce
prifonnier auoit oùy parler du Roy Louys , & de la grandeur de
fon Royaume, & de fa Seigneurie, & aufli de fes faiéts ; parquoy
il defiroit fort de le voir & de parler à luy ; les Cheualiers qui l'a.
* Mahomet uoient en garde le firent fçauoir au Roy ; lequel fit refponfe , que
Se pour la grande renommée que fon pere * auoit euë (qui en fon
es Turss. au | |
temps eftoit sm alors le plus grand Prince de la Loy de Ma.
; homer, & lequel auoit le plus fait de belles conqueftes qu'aucun
autre }ille verroit volontiers, & communiqueroit de tres-bon
cœur auec luy; mais que bonnement il ne le pouuoit faire, atten-
LeRoy du qu'il n'eftoit pas de fa Loy; & ordonna de plus qu'on luy die,
Louys XI. que s'il vouloit embraffer la Religion Chreftienne, il luy promet-
sxhrte SH toit d'employer toute {a puiffance afin de luy aider à recouurer les
(Zemi, on Seigneuries de fon Empire ; & de plus , il luy donneroit dequoy
NS. entretenir fon eftat ; & fi d’auenture il vouloit cependant demeu-
Baiazeh 11. Yet en fon Royaume qu'il luy donneroit des heritages & Seigneu-
Empereur rics ,auec laioüyffance defquelles il pourroit viurecomme vn Prin-
ro g “ce. Les Cheualiers firent fçauoir tout cela à leur prifonnier : mais
Chrétien. pour quoy que ce fût il ne voulut delaiffer fa Loy, & demeura en-
cor en ladite Comté de la Marche en la maifon du fufdic Bocala-
“Innocent My ,iufques audit mois de Januier mille quatre cent quatre-vingt
VIIL Pape & huit, qu’aprés plufieurs pourfuites & inftances que le Pape* &
Roy de Fa le fainét Siege A poftolique auoient faites enuers le Roy, afin d'a-
mettre entre UOÏT Ce prifonnier , pour le grand profit & intereft du fain& Sic-
fésmains. ge; & qu'à cette caufe il yauoiteû Ambaffade enuoyée exprés de-
uers le Roy, laquelle y eftoir encore ; le Roy en fe monftrancvray
fils de l'Eghfe , & voulant enfuiure l'amour que fes predeceffeurs
auoient cüenuers le S. Siege, dont à cette caufcils ont acquis le titre
de Tres-Chreffiens Roys de France, il liura & remit ce prifonnier aux
_ Ambaffadeurs du S. Pere pour le mener à Rome; cequi arriua vn peu
_ auparauant que l'Ambaflideut du Turc arriuaft à Paris ;lequel Am-
baffa-
ROY DE FRANCE. 6; |
baffadeur offroit de la patt de fon maiftre au Roy de grands par- 1488.
tys, & auantageufes conditions, comme de bailler coutes les Re- |
liques de Dieu noîftre Sauueut , des Apoñtres , & des Sainéts & |
Sainétes, que fon pere auoit ttouuées à Conftantinople *lors qu’il sa Éd æ
fitla conquefte de cette Ville, & dans routes les autres Villes qu'il Cp:
auoit conquifes fur la Chreftienté ; de plus, il offroit de faire rout snoph le19.
fon effort pour conquerir la T'erre-Sainéte , & puis de la remettre Es 29 ‘455:
mains du Roy ;aufli offroit-il vne groffe penfion pour l'entretene-
ment de fon frete, pourueû que le Roy le retint dans fon Royau-
me. Lors que ces grandes offres fe firent , le prifonnier eftoic en
cor dedans le Royaume, & l'eùt bien pû le Roy recôuurer & s’en
rendre maiftre ; & mefme aucuns difoient , que veû ces grandes
offres, le Roy les deuoit accepter : Mais id fe voulut bien mon-
ftrer vray fils de l'Eglife, & ne voulut pas preferer l'auarice & l'in-
cereft à la liberalité, & à la loyauté ,en difant que puis qu'il l’auoit
fair liurer aux gens du Pape, & qu'il luy en auoit accordé ha deli-
urance , qu'il vouloit tenit fa parole | & qu'il feroit bien ioyeux
que le fainé Siege en fit fon profit, & en pût tirer quelque auan-
cage : Il fûc donc mené à Auignon ; & de là il fut mis fur mer,
& conduit à Rome: D'ailleurs, le Grand-Maiftre de Rhodes pour:
fuiuoit aufli de fa part qu'il fût mis és mains du fainét Siege ; &
par ce moyen il fût fait Cardinal, & obtinc de grands priuilepes rs ”
& biens pour tout l'Ordre de Sain& Iean de Ierufalem. Le Roy Ho
fit au refte tres-bien entretenir & traiter l'Ambaffadéur du Turc, #4! en re-
& celuy du Roy de Naples, qui le conduifoit, & les fit deffrayer, 77%.
& leur fit de beaux dons. oo | et 7e:
Au mois de Feurier mille quatre cent quatre-vingt & hui, le su _.
Roy eftant encores à Paris , aprés qu'il eût donné ordre fur la Gr auf Fais
ri de Flandres, & enioint à fes Capitaines ce qu'ils auoient à /aconfidera:
aire ; pource qu'il auoit chaque iour nouuelles , que fes gens de en a
guerre qui cftoient en des garnifons dans la Bretagne prenoient
Villes & Places , & qu'ils s'eftoient comme rendus maiftres de toute
la baffe Bretagne ; mefmes qu’ils auoient pris Conqueft , quieft vn
beau Port de mer , & que le Seigneur LA Rohan Lieutenant du
Roy, aucc aucuns Capitaines, eftoit deuant le Chafteau de Breft,
lequel ils cenoient fi étroitement afliegé, que ceux de dedans of-
froienc de fe rendre, leurs bagues fauues ; à quoy il ne les vouloit.
receuoir, fans fçauoir auparauant fur ces conditions le bon plaifir
du Roy, auquel pour cette caufe ils auoient écrit: Le Roÿ donc de-
libera de partir de Paris, & tirer en Touraine iufques vers les mar-
chesde Bretagne pour plûtoft les fecourir de gens, &leur faire fça-
uoir plus fouuent de fes nouuelles & en receuoir d'eux teciptoque-
ment: À cétcffecil fe prepara fur tour ce qu’il luy conuenoït de fai-
re, & ledit mois de Feürier mille quatre cent quatre-vingt & huit il
partit de Paris, ayant le iour auant fon départ efte vificer l'Eglife de
| I
F euricr,
66 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
1488. Sainéte Auoye où il oùyt la Mefle, & y fit fes offrandes & fes
prieres & recommandations, puis il tira à Amboife, & à Tours.
Pendant que le Roy alloit en Touraine furuinrent des chofes
en Picardie, en ce mefme mois de Feurier mille quatre cent qua-
tre-vingt & huit, dont nous ferons vn peu de mention : Et d’au-
*Pag.s. tant que cy-deuant a cfté dit *, comme le Scigneur des Cordes
Lieutenant du Roy en Picardie , auoit pris d'emblée la ville de
Saint-Omer , & comme il l’auoir reduite en l’obcïffance du Roy,
ceux d'icelle Ville fe mutinerent en cedit mois, & voicy comme
cela aduint : Il eft vray’ qu’en faifant le Traité de ceux de Lifle,
“pa. Doüay , & Orchies , cy-deuant* écrit , il fût dit, que fi ceux de
Hainaut vouloient entrer en femblable Traité , qu'ils y feroienc
- receùs par le Roy : Or pource que les Hennuyers eftoient fi fort
foulez de la guerre, & en fi grandes necefhitez de viures qu'ils ne
ouuoient plus reculer , a ne fffent en routes chofes le vou
* Traité de Lois du Roy, aprés que le fufdit Traité * de Lifle eût efté conclu,
me ils enuoyerent des gens par deuers ledit Seigneur des Cordes, pour
aduifer & conuenir du lieu où ils pourroient entrer en negotia-
tion, & prierent ledit Seigneur des Cordes qu’il voulût à certe fin
fe trouuer à Tournay, là où fe trouueroient auffi auec luy des plus
ens de bien du pays, pour conclure leur appointement. Le Sei-
gneur des Cordes fe prepara donc pour aller à Tournay , & s'y
rendit ,en y attendant de iour à autre les Hennuyers , qui fe pre-
paroient de leur cofté pour fe rendre pardeuers luy. Mais cepen-
dant ceux de Saint-Omer penfoient bien à autre chofe, & auoient
bien vn aurre deflein en tefte ; ils eftoient roûjours déplaifans de
ce que ledit Seigneur des Cordes les auoit furpris d'emblée , par
leur-faure & negligence ; ce qui fit qu'aucuns de leur Ville, qui
cftoient plus dans leur cœur du party du Duc d’Auftriche que de
celuy du Roy, trouuerent moyen de pratiquer & auoir intel igen-
ce auec aucuns Capitaines auenturiers d'iceluy Duc d’Auftriche,
Icfquels fe tenoient en Flandres difperfez en des petites Villes qui
font és marches de Calais ,comme à Dixmude, Nieuport , & au-
res lieux , où ils firent leur entreprife de reprendre Sainét-Omer;&
dirent à ces Capitaines, qu’ils trouuaffent inuention de ramaffer le
plus de gens qu'ils pourroient, & qu’à certain jour dont ils con-
… uinrenc, ils fe rendiffent audit Saint-Omer ; ce que ces Capitai-
_ nes firent, & en mefme temps ceux de Saint-Omer de leur part
gagnoient fecretement le menu peuple ; entre les autres ils prati-
querent les Ifleres ou gens d'eau , qui font les Mariniers, & gens
viuans des vaiffeaux & batteaux qui vont le long de la riuiere du
Liz.Enfuite les Capitaines du Dued’Auftriche firent fçauoir à ceux
de Sain@ Omer qu'ils eftoient prefts, & qu’ils auoient bien fepc à
huit cent compagnons à leur difpofition : Aprés quoy ceux de
Sainét-Omer leur manderent le iour qu'ils viendroient, & qu'vne
ROY DE FRANCE. 67
partie de leur troupe, fe mit fur l'eau, afin qu'on fe doutât moins
de rien, & que les autres s’acheminaffent le plus fecrerement lp
pourroient, Ils fe trouuerent donc precifément à l'heure aduifée &
conuenué entr'eux & ceux de la Ville qui eftoient de l'entreprife,
& les plus forts dans icelle, fe declarerent au iour artefté , & vin
rent au deuant d'eux à la porte par ou ils venoient, où ils fe fai-
firent d’abord des Portiers dont aucuns furent mal-traitez, com
bien qu'ils ne fiffent aucune defenfe ny refiftance. Les Capitaines
du Duc d’Auftriche, dont Meflire Charles de Saueufe eftoit ya
des principaux , entrerent de cette forte dans la Ville ; &-aufli.
roft les Iflaires fufnommez, c'eft à fçauoir le commun peuple, fe
rangcrent auprés d'eux : de prime - face is allerent vers le Cha:
_fteau pour voir s'ils le pourroient auoir: mais il y auoit dedans des
gens qui fe mirent en defenfe, & qui refifterent à leur entreprife,
Voyans donc qu'ils ne le pouuoient auoir pour lors, ils firent des
defenfes & retranchemens , & dreflerent des fortifications & ba,
ftilles contre ceux du Chafteau, & auoient gens toüjours au guet
contr'eux. Aufli ceux de la garnifon du Chafteau fe tenoient fur
leur garde de leur cofté. Les mutins & rebelles de Sainét-Omer fe
faifirent en mefine temps des gens de la garnifon , qui y eftoiten
petit nombre pour le feruice du Roy, dautanc que le Seigneur des
Cordes comme Lieutenant de Roy , auoit fott obtemperé & ac-
quicfcé à leurs requeftes , afin de les contenter & foulager du Jo+
gement des Troupes tant qu’il fe pourroit; de plus, ils prirent oc-
cafion de fe faifir de plufieurs gens de bien des premiers de la Vil-
le, qu'ils penfoient auoir dequoy , & leur faifoienc açcroire qu’ils
effoient bons François ; & fur ce pretexte ils prenoient tous leurs
biens, les pilloient, & leur faifoient tout le pis qu’ils pouuoient ;
c’eftoit pitié que de fe trouuer lors dans ladite Ville ; auff peut.
on bien s'imaginer quelle raifon il y a parmy le peuple quand il
a la domination, & qu'ila auétorité & l’auantage de pouuoir faire
du mal; fur tout eftant ioint à tels gens de guerre , qu'eftoient
ceux qui les eftoient venus aider, eftans tous gens EN , &fans
folde , venans la plufpart des coftes & enuirons de Calais, & de
Guines, aufquels tous biens eftoient communs pourueñ qu'ils les
puffenc auoir & s’en rendre maiftres, dont ils ne fe metroient pas
en grand foucy de faire fatisfaction : Ces chofes eftans ainfi faites,
le Seigneur des Cordes qui eftoit demeuré à Tournayÿ pour negôtier
auccles Hennuyers ,en fût aduerty ; & cout foudainement, auant
que d'appointer & rien conclure, il en partit,& vint en coute diligen-
ce Aire, là ou il affembla le plus de gens qu'il pût, auec lefquels il
s’en alla au Chafteau de Sainét-Omer pour le fecourit , & aduifet
sil n’y auroit point quelque moyen & remede pour recouurer la
Ville : mais il crouua que les habitans s’eftoient defia fi fort re-
tranchez & fortifiez qu'à grand’ peine les pourroit-on prendre,
I
1488.
1488,
+
63 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
fans auoir vne grand’ Armée ; à cette caufe , & aufh pource qu'il
craignoit, que s’il drefloic foudainement vne Armée qu’ils ne fif-
fent quelque mauuaife entreprife, & ne priffent vne refolution de
defefpoir ,comme de receuoir & mettre les Anglois dans leur Vil-
le, dont ils font proches voifins , & que s’ils y entroient les plus
forts qu'ils ne s'en faififfent;afin d’éuiter vn fi grand danger il fût
confeillé qu’il valoit mieux ne les pas reduire à vne telle necefhté,
puifque plus aifément le Roy pourroit reprendre & recouurer la
Ville d'eux-mefmes, que des Anglois : Partant il delaiffa & aban-
donna ledit Chafteau , lequel à la verité n'eft que comme vne mai-
fon ou chafteau de plaifance ; car il eft fans Torterelle qui vaille :
Enfuite le Seigneur des Cordes fe retira vers Hefdin , où il fe te-
noit le plus fouuent , & fit renforcer les garnifons de Theroüen-
ne & d’Aire, qui tenoient en grande fuiction & crainte ceux de
Saint-Omer pe mutins de laquelle. Ville n’auoient pas aucune
occafion de faire vne telle defobeïffance au Roy ; car pendant
qu’ils auoient efté en fes mains, il les auoit toûjours fort bien trai-
* PAG. 14. -
* Depuis, le
Roy Louys
XII.
tez; là où auant qu'ils fuffenten fa fuietionils eftoient en grande ne-
ceflité de viures, qu'ils auoient fous luy en grande abondance, tanc
des Marchands de Paris, qui leur en menoient chacun iour , que
par eux-mefmes qui en venoient charger là où ils vouloient dans
tous les pays de l’obeïffance du Roy ; &de plus ils auoient en Fran-
ce & ailleurs vn tres-grand commerce & trafic de marchandifes,
qu’ils perdirent dés qu’ils fe furent ainfi monftrez rebelles : Mais
les Populaces ordinairement ne regardent finon qu’à executer lés
premiers emportemens de leur mauuaife volonté, & non pas aux
confequences qui leur en peuuent aduenir : Toutesfois nonobftant
leur nodios ne vouloient point fouffrir que les'gens de guer-
re , qui eftoient dans leur Ville, fiffent la guerre aux Suiets du Roy,
& vouloient bien demeurer neutres. |
Cy-deuant a efte dit*, comme toft aprés l'allée de Monfieur le
Duc d'Orleans en Bretagne, le Roy eftant à Amboife , l'Eucfque
de Perigueux , furnommé de Pompadour , & celuy de Montauban
furnommé d’'Amboife, de la Maifon de (haumont, & les Seigneurs
de Bucy frere dudit Euefque de Montauban , & d'Argenton en Poi-
Ctou, furent arreftez prifonniers , pource qu’on furprit certaines
lettres qu’ils écriuoient en Bretagne, par lefquelles on foupçonnoit
qu’ils auoient intelligence auec mondit Sieur d'Orleans *, & les
autres qui tenoient cs party. Depuis ledit temps iufques en ce
mois dé Feurier mille quatre cent quatre-vingt & huit, ils furent
detenus prifonniers , & menez en diuers lieux ; & finalement à
Mechun fur Loire; & furent interrogez par aucuns Confeillers de
la Cour de Parlement : Mais le Pape auoit lors des Ambaffadeurs
deuérs le Roy pour aucunes matieres, lefquels auoientcharge de les
interroger de par le Pape, & de traicer leur appointement de cout
ce
ROY DE FRANCE. 69
leur pouuoir ; & as qu'ils les cûrent oüys auec les Confcillers 1488.
de Parlement, qui les’ auoient ja interrogez, ils firent requefte au »;,, Euef-
Roy de parle Pape pour leut deliurance ; à laquelle requefte il ques de Peri-
obtempera volonciers , & furent ainfi deliurez *: mais ils furent ee
finez és limites de leurs Diocefes ; & aufli für deliuré le Sei- À pos
confinez ès limites de leurs Dioceles ; & aufli fût deliuré le Sei- » 21onrau-
gncur de Bucy : Pour le regard du Seigneur d’Argenton*il eftoit £a ( ed
N - + 5 A . \ : ’ : t) de-
gardé à la Conciergerie à Paris ,ou il auoit efté mené pour luy fai- ne
: puss le Car- |
re {on procés. dinal Geor-'
Parcillement cy- deuant a efté dit *comme l'année precedente er
vers Bethune il y eût vne rencontre des gens de ouerre du Roy Gbandaprés
& de ceux du Duc d’Auftriche, en laquelle les François eûrent la sois années
victoire, & entr'aucres ils y gagnerent prifonniers le Duc de Guel- pee pi
dres , & le Comte de Naffau , lefquels demeurerept és mains du pag. 14.
Seigneur des Cordes & du Seigneur de Gié Marefchaux de Fran- | : HR |
ce, comme les principaux Chefs de l'Armée du Roy : Ie crois bien prfinmier.
que le Comte de Naffau pourparla fort de fa rançon , & fit des 7-p.14.d
ouuertures, que s’il pouuoit eftre en liberté il mettroit peine de 7,7?
faire en forte enuers le Duc d’Auftriche , qu'il vint à route raifon * Pag.32. &
enuets le Roy , & qu'il luy remonftreroit bien la faute qu'il auoir 55
faite , d’auoir efté rebelle au Roy à l’appetit d’autruy : Doncques
par le moyen de plufieurs ouuertures qu'il fit, & aufli parce qu’il
offroit rançon raifonnable ,comme de quatre-vingt mille francs,
il fût deliuré & mis en liberté. Il paya content la moitié de fadi-
te rançon, outre les dépens, & pour l'autre moitié il bailla hofta-
ges. Incontinent'aprés il enuoya de fes gens deuers le Duc d’Au-
triche, & luy écriuit ce que bon luy fembla , afin. de le faire ve-
nir à quelque bon Traité de paix : Ledit Duc l’aimoit & auoit
fiance en luy ; & luy enuoya les Articles des chofes qu'il reque-
roit du Roy pour paruenir à la paix, en luy écriuant qu’il s’en al-
lt deuers le Roy pour y trauailler. Et incontinent il vint auec le
Seigneur des Cordes pardeuers le Roy, qui eftoit lors en Tourai-
ne, auquel il communiqua ces Articles & fes Inftructions , ainfi
qu’à Monfieur & à Madame de Bourbon: Sur quoy le Roy com-
mit des plus gens de bien de fon Confeil pour y negotier : Mais
pource que es les Inftructions du Duc d’Auftriche fe rencon-
croient des demandes impertinentes, les chofes pour lors ne fe pà-
rent terminer-à vn accord : Toutesfois pource que le Roy de fa
part fe mettoit à toute raifon, ledit Comte de Naffau luy declara
qu'il luy déplaifoit fort de ce que les matieres ne {e reduifoient pas
à quelque bon Traité; & que fi le sou du Roy eftoit d'enuoyer
aprés luy deuers le Duc d’Auftriche aucuns de fes feruiteurs , il
croyoit que ce Duc, veû le deuoir auquel le Roy fe mertoir, fe-
roit fans doute tout ioyeux d'y entendre à la fin ; & qu’ainfi vne
bonne paix fe pourroit conclure ; & s’offroit ce Cointe de Naffau
* d'y faire tout deuoir. Le Roy bien qu’il eût tout auantage fur
I ü
70 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
1488. ledit Duc, & qu'il l'eût pü chaffer iufquesen Mean
ource qu'il auoit époufe fa fille, & pour la compañlion qu'il auoit
*Philippes des pays de fon beau-frere* le petit Duc Philippes, qui eftoient
sc du tout en defolation & pauureté, à caufe de la guerre qui y auoit
Marguerite dés-ja filonguement duré, il füc confcillé de fa part de fe mettre à
7 femme blus que deuoir , pour paruenir à ladite paix. Et à cette caufe il
7 dépefcha l'Euefque de Lombez Abbé de Sainé&t Denys, du pays
V'. cy-apres pe q ÿSs pay
79.6 8. de Gafcongne, & aucc luy le Seigneur de Rochechotüart Confeil-
Ambafx- Ver & Chambellan du Roy, & Maiftre Pierre de Sacierges Maiftre
deurs du Roy des Requeftes de l’Hoftel du Roy , auec des Inftructions , pour
Ÿ je: “aller deuers le Duc d’Auftriche en Alemagne, où il eftoit alors,
_ & y fuiure ledit Comte de Naffau. Du temps qu'ils y arriuerent,
& de ce qu’ils negatierent, il en fera fait mention cy-aprés.
Nous reuiendrons au Roy, lequel en ce mois de Feurier mille
quatre cent quatre-vingt & huit, eftoit party de Paris pour aller
en Touraine afin d’eftre plus prés de fon Armée de _… fur
quoy eft à fçauoir , que durant tout l'hyuer, & depuis le mois
_ d'O&obre precedent, que le Roy s’eftoit retiré és marches de Pa-
ris, fon Armée auoit toûjours continué la guerre, & auoit reduit
prefque toute la baffle Bretagne en fon obcïffance, comme diteft;
mefme ces deux beaux Ports de Conqueft & de Bref , ce qui fit que
les gouucrneurs des filles de Bretagne ( c'eft à fçauoir Monfeigneur
de Dunois, les Seigneurs d’Albret, de Rieux , de Comminges, &
les autres de leur ne voyans le Roy ainfi conquerir tout le
pays, & qu’ils n'y pouuoient plus refifter, ils delibererent de faire
du pis qu’ils pourroient. Ils auoient enuoyé plufieurs Ambaffades
deuers le Roy d'Angleterre, & ceux du 2e en leur faifant toutes
les offres qui leur eftoient poflibles afin d’en tirer du fecours; & tant
firent leurs Ambaffadeurs , que les Anglois leur donnerent enfin
audience ; ils leur remonftrerent que fi le Roy venoit à bout de .
la Bretagne, cette Prouince ne fortiroit iamais de fes mains, & qu’il
fe rendroit maiftre dela Mer; ce quitiendroit à l’aduenir le Royaur-
“Her me d'Angleterre en toute fuietion. Le Roy d'Angleterre * de fa
PEUR part auoit toûjours connoiffance & ne vouloit oublier que le Roy
pat fon fecours & fon affiftance luy auoit comme mis fon Royau-
me en fes mains ;ce qui faifoit que s’il n’eût tenu qu'à luy iln'au-
roit jamais voulu auoir de guerre auec le Roy ; mais les Prelats &
Seigneurs d'Angleterre murmuroient bien fort de cette conquefte
que le Roy faifoit du pays de Bretagne, qui ne leur plaifoit point,
eftans pouflez de ialoufie & d'intereft , par la crainte que le Roy
deuenant trop fort & trop puiffant , ils en pourroient deuenir en
rande fuietion à fon écard ; parquoy ils | Rae enfemble
de fecourir les Bretons, & contraignirent comme par force leur
Roy de fe declarer en leur faueur : Ils ordonnerent à ce fuiet qu'vne
Atméc fût leuée parmy eux , afin d'eftre enuoyée à leur fecours,
ROY DE FRANCE. 71
dont ils affurerent les Ambaffadeurs de Bretagne: Depuis ces Pre-
lats & Seigneurs vouloient que, fi befoin eftoic, leur Roy mefme
y allit en perfonne ; neantmoins il fût par eux auifé que leur Roy
deuoit écrire au Roy, en le priant qu’il fe deportât de la guerre de
Bretagne, & qu'il fit paix auec les filles, & les laiffâc ioüyr deleurs
Seigneuries. Pource ledit Roy d'Angleterre écriuit au Roy vne
lettre qui luy.enuoya par vn fien Secretaire. L’Ambaffade de
Bretagne eftant retournée au pays: les Bretons faifoient bien {e-
mer .& répandre par tout le bruit du fecours qu'ils attendoient
d'Angleterre ; dont le Roy eftanc aduerty , & que les Anglois
auoient ainfi conclu & deliberé de fecourir les Bretons; & de plus,
pourcé que le Roy d’Anglererre luy auoic écrir là-deffus fon in-
tention, il fût confeillé d'enuoyer vn Ambafladeur deuers ledit Roy,
afin de luy reinonftrer le deuoir auquel il s’eftoit mis enuers lef-
dites filles de Bretagne, & qu’il n’auoit pas tenu à luy que ladite
paix n'eûc efté faite & entrerenué ; mais que la faute en eftoit du
tout aux trafiqueurs eftansauec icelles filles: Auffi fut-il auifé que
cét Ambaffadeur pourroit par mefme occafion plus amplement
découurir & fçauoir du fait des Anglois & de leur Armée : Par-»< Lg
quoy le Roy en cedit mois de Feurier mille quatre cent quatre- 4rheuéque
vingt & huit, dépefcha l'Archeuefque de Sens furnommé Salafart , 45e: Ame
1488.
| | | 1 baffadeur du
auec Inftruétions pour pafñler en Angleterre ; au retour duquel il os
fera parlé de ce qu'il y aura fait. | gléterre.
Cy-deuant a efté dit * comme le Prince d'Orenge , oncle def- * Pag.ss.
dites filles, fut pris prifonnier à la Zournée de Sainét-. Aubin , auec
Monfieur le Duc d'Orleans. Incontinent aprés faprife ,fa femme* * Ieanne de
ui eftoit fœur de Monfieur de Bourbon, fe retira pardeuers le Roy, 2.
qu’elle fupplia tant que leditPrince fût élargy fur fa foy & fa parole; AE
& depuis fon élargiflement il fuiuoit toûjours leRoy, reconnoiffant rl :
la grande grace qu’il luy auoit faite, de luy auoir ainfi pardonné fils de
les rebellions qu'il auoit commifes contre luy ; & dans cetrerecon- Guillaume
noiffance il fit quelque ouuerture, que fi le bon plaifir du Roy . és
cftoit de luy laiffer faire vn cour en Bretagne, qu’il luy fembloit rinede Bre-
qu’il feroit de belles remonftrances à fes mieces *,& à ceux du pays, el
& s'employeroit à trouuer quelque bonne paix. Parquoy en ce- 1 pu de
dit mois de Feurier mille quatre cent quatre-vingt & huit , ce Prin- Bretagne.
. * L
ce d'Orenge s’en retourna deuers les filles de Bretagne, qui eftoient ou
\ “22 | . nes germai-
lors à Rennes ;auec lefquelles eftoit Monfeigneur de Dunois, qui nes, & me-
auoit Îa principale charge des affaires du pays. | lixs.
Mondit Seigneur le Prince à fon arriuée receût bon accueil def. 34,1 Comte
dites filles ,ainfi que de mondit Seigneur de Dunois, & des autres de Dunoñdr
qui eftoient auec elles ; & toft aprés, luy, & mondic Seigneur de 2 Era
Dunois s'entendirent bien l’vn l’autre , fe ioignirent étroitement principale
enfemble , & entreprirent toute l’auétorité fur ces filles. Il com- °74#e des
: \. À Re : | . affaires de
menca d’abord à y auoir diuifion entr'eux & Monfeigneur d’Al- al
72 HISTOIRE DE CHARLES VIITL
bret ,& lesSeigneursde Rieux & de Comminges. Pourceque ledit
Seigneur d’Albret vouloit époufer l'aînée de ces filles, & difoit que
le Duc la luy auoit promife dés fon viuant , & luy en auoic baillé
fonfcellé ; & qu'à cette caufe il auoic delaiffé l’obeïffance du Roy,
& auoit abandonné roures fes terres & Seigneuries dont il auoit en-
gagé la plufpart; & à ce mariage mondit Seigneur de Ricux te-
noit de tout {on pouuoir la main ; &-vloient d'auétorité, pource
qu’ils s'eftoienc faifis du Chafteau & de la ville de Nantes, & eftoient
les plus forts dedans: Ie crois bien que s'ils euffent tenu les filles,
qu'ils euffent fait bon gré où malgré ledit mariage de mondit Sei-
gneur d'Albret auec icelle fille aînée ; mais elle n’y vouloit pour
rien du monde entendre. D'autre part mondit Seigneur le Prince
& mondit Seigneur de Dunois n’eftoient pas de cette opinion, &
n’y vouloient condefcendre, & efperoient bien autrement en fai-
re leur profit; outre cela, ils fçauoient bien que le Roy n’auoit pas
ledir mariage pour agreable , attendu les mauuais tours que luy
auoit fait ce Seigneur d'Albret : Er auoit bien intention mondit
Scigneur de Dunois, par le moyen des filles, de regagner les bon-
nes graces du Roy , & auoir abolition de tout le paffé ; cela fit,
que de là en auant il y eût grande defhance entre ledit Prince d’O-
renge , Monfcigneur de Dunois , & les Seigneurs d’Albret , de
Rieux, & de Comminges. Touresfois quant à la garde de ce qu'ils
tenoient encores en Bretagne, ils fe fecouroient & fauorifoient l'vn
l’autre, nonobftant leurs diuifions fufmentionnées.
Il y auoit cependant toüjours quelque venuë defdits Seigneurs
de Bretagne pardeuers le Roy , pour trouuer moyen d’auoir quel-
que appaintement ; mais ils eftoient toûjours fi deraifonnables en
leurs demandes, que le Roy n’eftoit point confeillé d'y entendre:
Ce Seigneur d’Albret y enuoyoir en fon particulier, & auffi en
écriuoit-il à Monfieur & à Madame de Bourbon, afin que le Roy
confentit au mariage de ladire fille de Bretagne & de luy, & qu'ils
tinffent la main à F, faire paruenir : Mais pource qu’il auoit efté
ingrat & méconnoiffant des biens qu'ils luy auoient faits ; mef-
* Catherine mement d’auoir fait auoir à fon fils la coufine germaine * du Roy
. ee Reyne de Nauarre, ils ne vouloient point auoir affaire auec luy,
Prince de N'y pouuant prendre aucune feureté, bien qu'il leur fit de grandes
Viane, & offres. |
ré Au mois de Mars enfuiuantmille quatre cent quatre-vingt & huic,
ce , file du 'Archeuefque de Sens, lequel comme a efté dit cy-deuant , auoic
VI Gt efté enuoyé en Ambaffadcen Angleterre trouuale Roy d’Angleter-
de Iean fi, te dans vne Maifon de plaifance présla ville de Londres; à fonarriuée
er Sire ce Roy eftoit en telle fuietion des Prelats & ns de fon Royau-
me, qu'il n'ofoit parler à part audit Archeuefque de Sens, pource
* W. pag. 1. Que les Anglois reputoient que leur Roy* auoit quelque amour
Man. & reconnoiffance pour le Roy , à caufe de ce qu’il auoit grande-
| | ment
1485.
ROY DE FRANCE. | 73
ment contribue à le faire Roy, par l'aide &le fecours qu’il luy auoir
baillé pour le mettre fur le Ke 2 ; & fçauoient bien les Anglois
qu'il y auoit plulieurs promefles de fa part enuers le Roy. Ledit
RM de Sens für oùy parle Roy d'Angleterre, en prefen-
ce des Prelats & des Seigneurs de ce Royaume , & furetit ordon-
nez des principaux d'entr'eux pour communiquer auec luy fur le
fai & fur la queftion de PE Quelque pourparler qu'il y
eût de fait, les Anglois ne fe vouloient point fatisfaire & conten-
ter, finon que le Roy promît d'abandonner entierement la querelle
de Bretagne , & qu'il laifft les filles en leur entier & en leur liber-
1488.
té, dans la pleine poffeffion du Pays, comme leur pere auoit efté;
parquoy cét Archeuefque n'ayant pü rien gagner dauantage, s'en
retourna en Touraine vers le Roÿ ; auquel il rapporta, qu’eftant
en Angleterre il auoit fceù , comme Îles Anglois auoient dreffé
vne Armée pour defcendre en Bretagne, laquelle eftoit def-ja ar-
riuée fur les Ports, toute prefte à s'embarquer & femettreen met,
dequoy il affura bien le Roy.
Ledit Archeuefque de Sens ne fût pas plûtoft atriué deuers le
Roy , qui eftoit à " , que les Anglois furent débarquez en
Bretagne, où ils vintent prendre terre & defcendre au pays d’An-
guerrande : Ces Anglois publicient , qu'ils eftoient bien douie
mille combatans, voire encore plus : Auf les Brecons de leur co-
ft faifoient bien. leur deuoir de le publier de la forte : mais à la
verité ils n’eftoient que fix mille hommes; & auoient pour Chefs
& conduéteurs le Preuoft d'Angleterre, & le grand Efcuyer de
leur Roy. Sur cela le Roy tint Confeil de ce qu'il auoïit à faire,
& fût aduifé par les anciens Capitaines & gens de bien, qu'il
deuoit tenir aduerties les Villes & Places qu’il occupoit en Bre-
tagne,, lefquelles eftoient de meilleure & plus feure garde , &
ue dans icelles il deuoic faire retirer fes gens d’armes , & laifler
‘ailleurs faire aux Anglois cout du pis qu’ils pourroient , n’eftans
. pas gens en cftat de prendre lefdites Villes par force ; & qu’en peu
de temps ils fe lafferoient , & fe repentiroient de leur entreprife,
tant pource qu’ils ne pourroient recouurer aucune folde des Bre-
cons, qui n'eftoient pas en pouuoit d’en donnet : Que aufli, d'au-
tant qu'ils ne pourroient pas faire de grands gains & butins pour
fufhre à leur entretien, & qu'il faudroit que ls Royaume d’Angle-
terre fournît entierement à leur folde & fubfiftance. Le Roÿ vfant
de ce confeil , fit retirer fes gens d'armes , qui eftoient difperfez
dans toutes les petites Villes qu’il cenoit en la bafle Bretagne , &
les fit loger à Brelt, Saint-Malo, Dinan, Sainé&t-Aubin du Cor-
mier, Vitré, Fougerés, Cliflon, & dans les Places de Monfeigneur
de Laual, de Monfeigneur de Rohan, & des autres Barons qui te-
noient fon party, & fit renforcer fon Armée de gens de cheual &
de pied, & tres-bien rauitailler lefdites Villes, d'ou fe bonne
74 HISTOIRE DE CHARLES VIII,
1488, & rude guerre aux Anglois & aux Bretons : Ces Anglois entre
UF" rent auant dans le pays de Bretagne, & dans la fuite du temps ils
fe vinrent loger à deux lieuës de Dinan, là où ils Camperent. Les
gens du Roy de leur cofté fe mirent en campagne, & fe pofterent
entre Dinan & les Anglois, d’où chacun iour ils alloient efcar-
| moucher iufques aux barrieres des _ mais ils ne les pou-
* camp UOient atrirer hors de leur parc* où ils fe tenoient fort ferréz. Les
| Anglois tâchoient de tout leur pouuoir d’auoir entrée dans les
Villes de Bretagne, mais les Bretons n’ofoient s'y fier, apprehen-
dans qu’ils ne Eur Éffent quelque mauuais tour ; cependant les
Bretons & Anglois faifoient femer vn bruit , que le Roy d'An-
gleterre drefloit encores vne autre grande Armée, & qu’il deuoict
defcendre en perfonne vers eux auec tres-graride puiffance ; dou
quoy, {e faifoit toûjours forte guerre , tellement que c’eftoit pi-
tié de la defolation & de la pauureté en laquelle eftoit reduit lors
ledit pays de Bretagne. | | de
Audit mois de Mars mille quatre cent quatre-vingt & huit, le
Grand-Maiftre de Rhodes, de la Comté de la Marche , furnom-
*W.g-de- ME d'Anbuffon*, für creé Cardinal, & eût le chapeau : Et auffi le
“he fütl’Archeuefque de Bordeaux, lurnommé * d'Effinay , du pays de
d'Efpinay. Bretagne , lequel eftoit parent du Seigneur de Grauille Admi-
ral de France. La deliurance du frere du Turc és mains du Pape,
fût le moyen & la caufe , comme on difoit , de leurdite promo-
tion. + a |
Auril. Au mois d’Auril enfuiuant , le Comte de Vendofme*, & de S.
*François Paul (à caufe de fa femme ) fût enuoyé de par le Roy és marches
de Bourbon de Picardie pour le faiét de la gucrre des Flamans, & du Ducd'Au-
. # e. ftriche , afin de fecourir toûjours lefdits Flamans , & Philippes
poufa Marie Monfeigneur de Raueftain. : ù :
de Luxem- Audit mois d’Auril auffi, fût donné Arreft par la Cour de Par-
A fon lement contre le Scigneur d’'Argenton*, qui auoit cfté pris prifon-
re Phibppes nicr aucc les Eucfques de Perigueux & de Montauban ; & für dit
. dans l’Arreft, se à quatriéme partie de fes biens feroit confifquée
4 au Roy, & que durant dix ans il feroit confiné & relegué en vne
de fes maifons, telle qu'il plairoit au Roy de nommer ; lequel ne
voulut pas vfer de toute la rigueur de Iuftice, & ne difpofa point
de la quatriéme partie defdits biens, ainfi que portoit l’Arreft.
1489. | Audir mois d'Auril mille quatre cent quatre-vingt & huit, &
quatre-vingt & neuf , le Roy eftant à Chinon , receñt nouucl_
Auril. les que Monfeigneurle Duc de Sauoye s’eftoit misen chemin pour
Nota qu venir deuers luy ; la caufe de fa venuë eftoit pour vne diuifion &
ri queftion, qui eftoit entre luy & le Marquis de Saluces, à caufe de
lors encor l'hommage dudit Marquifat que ce Duc demandoit , & vouloit
D contraindre le Marquis à luy en faire hommage : Ledic Marquis
eitenca. foûtenoit ke contraire , & difoit qu’il ne le senoit pas de luy, mais
:ROY DE FRANCE, | 7
du Roy *, àvaufe du Dauphiné ; & que pour rien dumondeilne 1480.
feroit pas le contraire ;ce que voyant ledit Ducde Sauoye; & pre- _
nant octafion que le Roy auvit fes gens-d'armes occupez és guer: ri
res de Bretdgne & de Flandres ; il s'efforça de faire guerre audit v.p.604. de
Marquis, & y alla auec fes fotces contre luy ; tellement qu'il prit 7 sd
la pluf, ant de fes Villes &.Places, Et fut ce Marquis contraint de impref: du |
venir à téfuge pardeuers le Roy , pour luy demander fecours. Le Zowe .é:
Roy auant que comimencer la guerre au Duc de Siuoye voulut a
bien l'en aduertir, pource qu'il eftoit fon coufin germain , & en- re, 6 par-
uoya de fes pens pardeuers luy., afin de le prier qu'il fe deportât #2 Pre
de certe ‘entreprife , & iqué cette matiere fe vuidâc à l'amiable; & * 2e aa
que gens fuffent ordonnez pour voir & examiner les droits d’vn Dr
cofté & d'autre, afin de mettre vn chacun à la raifon. Le Duc de Roy —
Sauoye-vfa d'auétorité là-deflus , difant que ledit hommage luy 4x Dauphi-
appartenoit, & qu'il l'auroit : T'outesfois les Deputez du Roy luy Un
remonftrerent gracieufement que la voye ainiable luy feroirmeil: Duc de Sa-
lcure & plus profitable, que d’y proceder par voye de fai& , & que uoyc.
le Roy ne le perimettroit iamais autrement ; enfin ils aduiferent & |
conuintent d'vn iour pour craïter de cette matiere, & que le Roy
nommeroit desgens de fa part, & Monfeigneur de Sauoye aufli de
la fienne, & qu'ils fe trouucroient fur les limites du Dauphiné & de
la Sauoye , pour trouuer quelque bon -expedient fur ‘ce differend.
Le Roy donc de fa part ordonna, à ce fuict, des gens de bien de fa
Cour de Parlement à Paris, dont Maiftre Thibaut Baillet fecond
Prefident eftoit le principal chef des Deputez ; aufli y eftoit l'Ad- ss 20
uocat du Roy à T'houloufe ; & les principaux de la Cour de Par- por exami-
lement & de la Chambre des Comptes . Dauphiné, garnis des péra.2es
titres du Roy. D'autre patt Monfeigneur de Sauoye ordonna. des #viff d'H-
principaux de fon pays pour Commiffaires en l'examen de certe 28° 452
affaire , & furent les chofes debatuës d'vn cofté & d'autre , &y
cût plufieurs affemblées fur ce fuiet ; mais les Sauoyens* ne vou- * 4. Sa-
loient venir À aucune raïifon ; & bien que de la part du Roy. il “Y**
fut fortement remonftré que ledit hommage luy appartenoit , ils
n'y vouloient enrendre ny deferer , & le vouloient auoir , quel-
rs droiét que le Roy alleyuât concr'eux, &ne cefloient point dé
aire la guerre au pays de Saluces. Voyant donc le Roy que le
Duc deSauoye ne vouloitvenir à aucune raifon , il réfolut d'y em
ployer la force pour luy empécher cette vfurpation ; & à ce fuiet
il ordonna gens pour luÿ aller faire la guerre, dequoy monditSei. |
gneur de Sauoye cftant aduerty, il ne voulut pas laiffer proceder |
le Roy par voye de fai& , fe doutanc qu'il ne füc trop foible, &
enuoya prier le Roy, qu'il fe voulût deporter de faire auancer fon
Armée, l'affuranc qué dans peu de cerps il {e rendroit pardeuers
luy , auec les gens de fon Confeil , pour trouuer quelque bon moyen
d'accord fur certe mariere : De plus il ft fçauoir au Roy , qu'il
K ij
76 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
| defiroit fort dele voir, & des’offrir à luy pour le feruir de rouf fon
Sd à pouuoir. Le Roy condefcendit volontiers à fa requefte; &c pour-
+ print a <e qu'en cedit mois d’Auril il s’eftoit mis en chemin , le Roy de-
Charles 1, libera de l'aller receuoir à Tours, & d'y faire la fefte de Pafques,
DucdeSa- ainfi qu'il fit, auant laquelle ce Duc arriua à Tours * bien ac-
Dertet compagné de Seigneurs , Cheualiers , & Gentilshommes de fon
que le Roy pays: Car il auoit amené aucc luy route la fleur de fa Nobleffe,
Roc mefme des Euefques , fon Chancelier qui eftoit l°vn defdits
re. Eucfques, & plufeurs gens de bien de fon Confeil. Il auoit'qua-
Hifi. deSa- rante Archers de fa garde bien en point, & tenoit-on qu'il auoit
Ed du moins huit cent Lo à fa fuite. Le Roy enuoya au deuant
*a-fortho- de luy des principaux de fa Maifon, & le recucillit grandement*,
norable- : | ‘ |
ee en le traitant & le faifant fort bien traiter , auec tous fes gens :
no. Aufll Monfeigneur de Bourbon & Madame , qui eftoit fa cou-
Charlorre {1ne germaine *, l'entretenoient fort bien , &luy communiquoient
deSamye, & failoient part des affaires du Roy , & du Royaume : Ce Duc
fé de Sauoye de fa perfonne eftoit ieune, comme de vingt-quatre *
#1 7 à vingt- cinq ans , de moyenne taille , bien formé, plaifant &
“ Lor.ans, agreable ; & fi cftoit-il homme fage, qui fe gouuernoit par con-
eil; & de fa perfonne, s'accommodoit & ajuftoit fortbien. Aprés
que la fefte k affée , il requit au Roy qu’il fit propofer la ma-
tiere du difcrend fus-mentionné dans fon Confeil, & qu'elle y fût
debatuë, & fes gens oüys; le Roy le fit volontiers, & le tout veü,
les gens du Roy remonftrerent en fa prefence , comme ledit hom-
mage appartenoit au Roy de toute ancienneté, & que le Duc de
pr por. Sauoye ne le pouuoit bonnement contredire ny l'empécher, eftans
Marquifaæ les chofes bien debatuës de part & d'autre ; les gens dudit Duc de
de Saluces, Sauoye difoient au contraire auoir de plus grands & meilleurs ti-
PA tres feruans à leur cas, dont ils ne pouuoient faire fi prompte dé-
couuerte , ny les monftrer fur l'heure; parquoy ils requirent qu'il
| ec au Roy de leur donner quelque efpace de temps pour en faire
arccherche & les apporter; & à ce fuiet , de vouloir prolonger l'ar-
bitrage;le Roy l'accorda à la requefte du Duc de Sauoye, qui l'en
pria cres-inftamment, pourueü que cependant les Places qu'il auoic
prifes fur le Marquis de Saluces fuffent mifes en main-tierce ; la-
quelle chofe füt accordée; & pour main-tierce furent ordonnez
Monfieur de Bourbon & l’Archeuefque d’Auchs, qui commirent
gens de leur part dans lefdites Villes & Places ; & l'arbitrage fut
Te prolongé iufques à vn an; cela fait & arrefté de la forte ledit Duc
Sanye, fils de Sauoye fe tenoit toûjours auec le Roy , en s'’offrant à luy de
de Louys Îe feruir : mais de fon départ de la Cour il fera cy-aprés faic
= . rs mention dans le temps a en partit. Pour le regard dudit Mar-
d'Anne de quis de Saluces, il eftoit aufli en Cour, où il remonftroit fon bon
Opre. roit , & la iuftice de fa caufe , & pour luy aider à fupporter les
pertes qu’il auoit fouffertes à caufc dudit differend , le Roy luy
‘ROY'DE FRANCE. 77
- donnoit vne bonne & grande penfon, & le faifoit bien traiter: 1 489.
Tout ledit mois. d'Auril Le: Roy feiourna à Tours, & auffi tout
le mois de May mille-Quaure.cent quatre-vingt & neuf. a. L
Et le premier iour dudit mois de May ,luy cftant au Pleffis du |
Parc, il s'arma , & auec luy les ieunes Scigneurs & Gentilshommes 2. F 7
de fa Maifon, & cftant accompagné des: quatre cent .Archers de Ler queriré
fa garde aufli armez , & ayans leurs arcs bandez & chacun fatroufle pee Fa
au cofté , ils allerent querir le May danse bois de Sain&-Cofme, de lan
d'où ils s'en vinrent à des liffes qui eftoient preparées deuanc le figere.
Parc dudit lieu du Plefhs , là où ils coururent & firent plufieurs
tours ; il les faifoit fort beau voir, Monfeigneur de Bourbon, & se vi
Monfeigneur de Sauoye , & les autres Seigneurs & Chambellans somme auét
de la Maifon du Roy y cftoient , lequel ils accompagnoient. Il clsy de Sa-
failoit tres-beau voir le Roy qui eftoit bel homme d'armes , bien "7"
adroit à cheual, & qui auoit fort bonne contenance : Aucuns de
fes Capitaines eftoient toûjours auprés de luy, qui l'inftruifoienc
à manier & conduire {a lance , & faifoient mettre enfemble trous
ceux qui eftoient armez, qu'ils faifoienc marcher comme s'ils euf-
{ent Rr rangez en bataille en face de leurs ennemis; le Roy y fai-
foit la fonétion de Capitaine , à quoy il eftoit fort inftruit , &
fçauoit comme il s'y deuoit conduire & gouuerner. Il y auoit au- ”
prés de luy de ieunes Seigneurs Monfcigneur Lowys d'Armagnac me ni
Comte de Guife , Losys Monfeigneur de Vendofme, & Louys Mon- Comte de
feigneur de Luxembourg , de l'âge du Roy. Tout ce mois de May 6°
ils frequentoient ainfi les armes, tancoft à joûter, puis à la cour-
fe, & autrement, pour s'exercer d’autanc plus, & fe rendre habiles
aux armes. |
En cedit mois de May mille quatre cent quatre-vingt & neuf, 44or d'An-
Mcffire Antoine de Beauuau Seigneur de Precigny , Confeiller & in
Chambellan du Roy, & premier Prefident lay en fa Chambre des premier Pre-
Compres, alla de vie à trefpas; duquel l'Eftat de premier Prefident Dit Lay des
de ladite Chambre fut par le Roy donné à Méflire Efhenne de jui furcede
nel [ucce de
Vers Seigneur de Grimaut en Prouence, auffi Confeiller & Cham- Éftienne de
bellan du Roy s & Bailly de Meaux. Vers.
Parcillement tout le mois de luin enfuiuant mille quatre cent
quatre-vingt & neuf , le Roy fit feiour ès marches de Tours, &
d'Amboile. |
: En ce mefme mois le Duc de Sauoyeeüt nouuelles que fa fem-, pue
me cftoit accouchée d’vn fils, dont il fût fort ioyeux, pource que de Charles-
c'eftoir le premier; & pria le Roy de le faire tenir , & luy don- pee cs
ner fon nom* ; ce que le Roy fit volontiers. Et prit lors congé is
: ; hoye , 10m
du Roy ledit Duc de Sauoye, lequel s'en alla deuers fa fémme en méas Ba-
fon Duché.
Aufli en cedit mois de luin, pource que les Bretons publioient |
que les Anglois dreffoient vne feconde Armée, & que le Roy de _
K 1j
Iuin.
7 HISTOIRE DE CHARLES. VIIL.
1480. Caftille .&. d'Aragon efkait. leur allié , qui leuoit vne Armée pour
entrer dans le Roufillon ,:& venir À Pérpisuan à caufe qu'il que-
NE relloit toûjours la Comté de Roufkllon * ; le Roy pour Éuiter aux
Roufilon. inconueniens qui En pourroliéntaduenir ,enuoya des gens de gucr-
re fur les limites dont 'on-adoit quelque doute, comme de Bour-
.. deaux & de la Guyenne : Et pour la garde de ces Pays-là füc or-
* Monfew donné Monfcigneur d'Engoulefme* Gouuerneur de Guyenne, &
d es auec luy Meflire Pierre de Rohan Seigneur de Gié Marefchal de
RD France ; & fur les limites de la Comté de Roufhilon füt ordonné
Guyenne. ]e Comte de Montpenfier, auec des Seigneurs de Linguedoc &
du Dauphiné. | | LL.
Audit mois de Iuin mille quatre cent quatre-vingt & neuf,
Monfeigneur & Madame de Bourboneürent par échange de Mef-
feigneurs Fear d’ Armagnac Duc de Nemours, & Louys d'Armagnac
Comte de Guife le Vicomté de Carladés, & la Seigneurie de Mu-
rat, & autres belles Terres, Scigneuries &c Places fortes, qui auoient
cfté à feu Monfeigneur Jacques d'Armagnac Duc de Nemours : Et
fut baillé par mondit Seigneur de Bourbon & ladite Dame fon
époufc à l'encontre, la Comté de Lifle en Jourdain, les Seigneuries
de Fahy & Bofols en Auuergne, & douze cent liures tournois de
rente qu'ils auoient fur le Seigneur d'Albret. Ce fut vne tres-belle
pour ledit Seigneur de Bourbon & ladite Dame , &
| vn fort grand accroiflement pour leur Duché d'Auuergne.
Die Tout le mois de luillet enfuiuant mille quatre cent quatre-
vingt & neuf, le Roy für és marches de Tours & d'Amboife; &
pource que quand le Roy d'Angleterre auoit mis fur pied les fix
mille hommes fufmentionnez qu'il auoit enuoyez en Bretagne,
Decime. Les Prelats & gens d'Eglife d'Angleterre luy auoient oétroyé vne
cordée au Decime ; & que le Roy auoit beaucoup à fupporter à caufe des
Royd'An- guerres de Bretagne & de Flandres, à sen {es deniers ordinaires
gere. ne pouuoient bonnement fufhre, il fut aduifé par ceux qui eftoient
| auprés du Roy, qu'il feroit bon & vtile à l'Eftat que les Prelats &
gens d'Eglife de France oétroyaffent au Roy vne femblable De
cime. À cette caufe le Roy manda à Amboife, en cedit mois de
luillet aucuns des principaux Prelats, & aufli le premier Prefidenc
du Parlement Maiftre Iean de la Vacquerie , & aucuns Confeillers
de ladite Cour auec luy , pour aduifer enfemble fur les moyens
comme on y procederoit : Mais ledit premier Prefident & lefdits
Confeillers pour ladite Cour , & auffi lefdits Prelats de leur part,
firent au Roy des remonftrances, portans entr'autres , comme en
Les Papes tel fait de Decimes le Pape ne les accorde iamais qu'il g'en ait
nos ag pour luy vne grande partie , qui ne reuient point; d'autre part,
Decimes qu’il n’eft pas croyable de fçauoir les fraiz qui s'y font , & que la
qWils n'en D des leuées qu'on y fair s'en va en telles marchandifes.
4 £ l . . e | »
pe. Aufli remonftrerent-ils comme le Roy tiroit de grands Deniers
ROY DE FRANCE. 79
de fon peuple, au moyen defquels les Prelars & gens d’Eglife ne
pouuoient eftre qu'à grand’ peine , & aprés vne ei attente,
payez du reuenu de leurs terres & domaines ; de forte que fi on
prenoit encores la Decime , l'Eglife auroit beaucoup à fouffrir:
Auffi ceux du Parlement declarerent, que qui viéndroit à eux fur
ce fai-là demander prouifion & décharge en luftice, ils la bail
roient aufli-toft , parquoy la propofition demeura fans fortir
cffet. |
Pource que les Flamans eftoient fort courus par les garnifons
d’aucunes Villes eftans dans la Comté de Flandres, comme de-
Nieuport, Dixmude, Dunquerque, & autres Villes eftans fur les li-
mites de Calais & de la Mer , lefquelles tenoient le party du Duc
d'Auftriche ; & qu'au moyen d'icelles courfes , leurs viures leur
eftoient fort empéchez , ils fupplierenc le Roy qu'il luy plûc les
fecourir d'vne Armée pour reduire lefdites Villes ; dequoy ils re-
aufli bien fort le Seigneur des Cordes Lieutenant general
u Roy, afin d'y faire diligence. Le Roy accorda leur requefte,
d'autant plus que lefdites Villes fauorifoient ceux de Sain&-Omer,
& les fecouroient de viures & de gens; tellement qu’il manda au-
dit Seigneur des Cordes de tenir prefts fes gens, tant de fes Or-
donnances que de pied, & aufli de l'artillerie , en maniere qu’il
püût aller 7 # & reduire en fon obeïffance lefdites Villes ; ce
que ledit Seigneur des Cordes fit durant tout cedit mois de Iuil-
let mille quatre cent quatre-vingt & neuf: Aufli les Flamans pre-
paroient leurs gens de leur cofté. |
Audit mois de luillet mille quatre cent quatre-vingt& neuf, le
Roy eftant coûjous és marches de Touraine , mondit Seigneur
des Cordes auoit fait fi bonne diligence, que fon Armée fut prefte
en Picardie, & la fit affembler autour de la ville d’Aire : Aufl les
Flamans auoient mis fus leurs gens , & les auoient fait venir aux
enuirons de Dixmude , pour s’affembler auec ledit Seigneur des
Cordes : Mais auant qu'ils fuffent ioints , les gens du Duc d'Auftri-
che s’affemblerent le plus fecretement qu’ils pûrent,& prirent auec
eux des gd ir de la Comté de Guines, & d’autour de Calais
(on tenoit qu'ils eftoient bien douze cent hommes, ) & fe mirent
à porter la croix blanche, comme s'ils euffent efté des gens du Roy,
uis ils fe vinrent ioindre aux Flamans, qui les croyoient de prime
3e eftre des gens dudit Seigneur des Sr incontinent
ils commencerent à fe ietter fur les Flamans , dont auant qu'ils -
euffent le loifir defe mettre en defenfe, ils en tuerenc, comme on di-
foit, fix à “+ cent. A la fin les Flamans, qui eftoient en beaucoup plus
grand nom re qu'eux, {e mirent en defenfe,& les repoufferent aprés
en auoir tué trois à quatre cent. Le Seigneur des Cordes fut in-
continent aduerty de cette méprife,& en toute diligence fit marcher
fon Armée, & le lendemain fe ioignitaux Flamans, auec lefquels ils
1439,
So HISTOIRE DE CHARLES VIII.
| 1489. Sen allerent mettrelefiege deuant Nieaporr, où eftoient entrez quel-
ues {pt à huit cent hommes de guerre Allemans, & autres: Cet-
- te Ville fut batué, & vn affaut donné; mais ceux de dedans firent
bonne defenfe, & aufli l'eau des foffez n'auoit pas efté affez vui-
dée ; parquoy les affiegeans n’y püûrent entrer : Et derechef le Sci
neur des Cordes la faifoit battre, & y faire fes approches , deli-
Pere d'en venir enfin à bout, & l'emporter." Mais l'Euefque de
Lombez eftant deuers ledit Duc d'Auftriche, pour le fait de la
paix , luy écriuit qu’il ne procedât plus outre, “ que la paix
entre le Roy & ce Duc eftoit concluë; parquoy ledit Seigneur des
Cordes & les Flamans fe defifterent de proceder plus outre, & re-
cirerent leur Armée de l’entreprife de ce fiege. |
Nous craicerons de ladite paix, pource qu'elle fut concluë en ce
mefme mois de luillet mille quatre cent quatre-vingt & neuf, &
* Pag.7o. comme il a efté dit cy-deuant*, l’Euefque de Lombez Abbé de
Sainét-Denys, le Seigneur de Rochechoüart,& Maiftre Pierre de
Sacierges Maiftre des Requeftes , furent enuoyez aprés le Comte
de Naffau deuers le Duc d’Auftriche pour accorder aucuns Articles
que ledit Comte n’auoit voulu paffer, & pour conclure & mettre
fin à cette paix : Ils trouuerent le Duc d’Auftriche en Alemagne :
à Francfort , là où il auoit affemblé la plufpart des Seigneurs de
l'Empire , & autres fes parens ,rant pourle fait dudit Empire, &
* Frideric pour fe l'affurer aprés le crépas de fon pere*, que pour aucuns dif-
NT. Emp.dés ferens que fon pere auoit contre le Roy de Hongrie” , lequel luy
mar 4o3, Menoit forte guerre, & auoit dés-ja conquis fur luy la plufpart de
© *Vladifas [a Duché d’Auftriche , mefmement la principale Ville , nommée
Vienne. Mais pource que ledit Roy de Hongtie eftoit vieil , &
n’auoit aucuns enfans legitimes , ains feulement vn Baftard , ledit
Duc d’Auftriche tâchoit de faire paix auec luy , afin d’auoir le
Royaume de Hongrie aprés luy, en faifant bonne part de quelques
Seigneuries à ce Baftard. Ce Duc mettoit en auant que ce Royaume-
là eftoit lheritage de l'Empereur fon pere, comme proche parent
du Roy Lancelot. De plus, il follicitoit vn fecours d’Armée enuers
* C'efädir lefdits Scigneurs* de l'Empire contre le Roy, pour foûtenir la
D guerre de fon fils*, en leur difant que le Roy l’auoit chaffé hors
*Philippes des Pays & Seigneuries de fondit fils le petit Duc Philippes , qui
Lui futpe- S'inciculoit _A4rchiduc d'Anftriche. Ledit Euefque de Lombez & Îles
re de l'Emp. : | |
Charles A autres Ambaffadeurs communiquerent ne LE Duc fur le faict
| … dela paix , lequel de prime abord tint de grands difcours de plain-
tes & voit de grofies paroles, que les Allemans font affez coûtu-
miers de tenir , mais les Seigneurs de l'Empire ne vouloient pour
rien condefcendre à faire la guerre au Roy.
Et afin que mieux foient entendus les termes & difcours qui fu-
rent tenus à iceux Ambaffadeurs, cy-aprés font iointes les Lettres
qu'ils en écriuirent au Roy, incontinènt que la paix fut conclué.
| Sire ,
ROY DE FRANCE. Br
Sire , tant hamblement que faire pouuons , nous recomman- ; 480.
dens à voftre bonne grace ; Plaife-vous fçauoir , que depuis que,
vous auons dernierement écrit iufques à prefent , nous ne. vous te
euflions fceû faire à fçauoir chofe ou il y eût feureté ne arreft ; car Ambafa-
nous auons icy trouué le Roy des Rornains à vne Affemblée , par raid ss
aduis de laquelle il'a voulu éonduire & expedier les affaires, pour a
lefquelles il vous a pleû nous enuoyer par deçà ; & combien quep#r.#
fçauons que croyez nous auoir à noftre ‘partement baillé charger ras
demy faite: toutesfois quand il éft venu à eñ pratiquer la conclu- friche.
fion , nous nous fommes trouuez perplex & loin de compte ; Car
en ladite Affemblée, quieft la plus grande en nombre de grands
Princes , qui fût long-temps. y a tenuë en er , {e font
trouuez gens de diuerfes opinions, aucuns defquels defirent la paix,
les autres la guerre ; parquoy chacun iour nous auons cfté feruis
de diuerfes réponfes ; à l’vne fois, de telles qui nous donnoient
quelque attente de trauailler ; à l’autre, nous en oftoient coute ef-
perance ;en maniere qu’eftions prefts de partir : Ce que nous euf-
fions fait il y a long temps ,veü l'ennuyeux pafle-temps qu'auons
icy , n'eût efté que nous connoïfhons clairement que la diffimu-
lation & la demeure que nous faifons feruiroit à empécher l'oroy
de l’aide quele Roy des Romains auoit demandé & requis aux
Princes, &.gens des autres Eftats de ladite Affemblée , qu'il trou
uoit prefque toûjours enclins à luy aider & luy donner fecours dans:
fes affaires. Mais les remonftrances faites tant en general qu'en.
particulier , du deuoir en quoy vous vous mettez des differens
d'entre vous & luy , les a mis-en tel differend entr'eux, qu’ils ne
{çauent en fortir , quelque bonne volonté que la plufpart d’eux
eüt de luy complaire ; au moyen dequoy nous eftions certains ,
que fi nous nevenions à vne conclufion de paix , qu'à tout le moins
nous empécherions qu’on ne luy fit aide, qui pour cette heureluy
püt profiter, & vous nuire. | |
Sire, aprés plufieurs differentes trauerfes euës fur cette matiere,
qui longues feroient à mettre par écrit, &encores plus ennuyeufes
à vous de les lire ,nousauons à l’aide de Dieu tant fait, qu’auiour-
d'huy paix finale a efté arreftée, conclué, & iurée entre vous, & le
Roy des Romains, Monfeigneur l’Archiduc fon fils, vos Pays,
Suiets, PRE EE au plus prés de voftre intention que poflible
nous a cfté ; de laquelleen toute diligence iceluy Roy des Romains
aduertit le Duc dé Saxen fon Licutenant és pays & marches de
Flandres ; & fia faitarrefter ceux qu'il auoit le long du Rhin à fon
fecours : Et nous femblablement l'auons fait fçauoir à Monfei-
ghcur le Marefchal des Cordes, afin qu’on cefle d'vne part & d’au-
tre tout exploit & execution de guerre, & tous actes d’hoftilité;
& en outre luÿ auops écrit, qu'il fafle deputer gens pour les trois
Membres & Eftats defdits pays de Flandres, & leurs adherans ; afin
L
ç
82 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
14 89. de fe trouuer pardeuers vous en quelque part que vous {oyez dans
le huictiéme iour de Septembre prochain venant, auec ample pou-
_uoir de negocier fur la pacification des differens qui de prefenc
font entre die Roy des Romains & eux, & leurfdits adherans ;
auquel iour femblablement il enuoyera tant à cette fin, que pour
voir ratifier ladite paix, Monfeigneur le Comte. de Naffau & autres
tant de fon Confeil , — par les Eftats des Pays de Mon-
fcigneur fon fils qui de prefent tiennent fon party. |
Et pource, Sire, que nous doutons que mondit Seigneur le Ma-
refchal differe d'accomplir le contenu en nofdites lettres’, nous
vous fupplions, Sire, qu’il vous plaïfe, en accompliffant les cho-
fes contenuës audit Traité de paix, de luy écrire de fe retirer de
fon cpfté auec lefdits gens de guerre : Et aufi vous plaife écrire
aux fufdits des Membres & Eftats de Flandres, qu'ils enuoyent
leurs Depurez auec vn pouuoir ample de negotier, fans qu'il foit
befoin de retourner dauantage deuers eux pour la conclufion des
fufdites matieres ; & qu'ils y trauaillent tout ainfi que contient en
fon dernier chef le memoire &l’aduis qu’ilsontbailié aux Ambaffa-
deurs , que pour ces maticres autz enuoyé pardeuers eux; lequel
aduis , à leur requefte vous nous auez depuis enuoyé, fuiuant le
Fa ë /
quel nous auons entrepris ladite Journée , & de nous affembler
pour donner vne meilleure conclufion à leurs affaires.
Au furplus, Sire, ledit Roy des Romains enuoye deuers Mada-
me #nne de Bretagne Maiftre at ce de Brefcille, pour l’ad-
uertir des Articles du Traité qu’il vous plaift luy accorder à fa fa-
ueur & requefte , afin que de fa part elle faffe diligence d'accom-
plir les conditions contenuës en iceluy .; qui eft de faire fortir les
Anglois de fon pays: Ce qui femble au Roy des Romains, & aux
gens & Ambaffadeurs qu'elle a deuers luy par decà; que non feu-
lement elle le pourra faire, mais aufli qu’elle le fera volontiers : Et
afin que plûtoft elle vous puiffe certifier de l'acceptation , qu'il
entend qu'elle fera dudit Traité , il nous a priez de bailler audit
de Brefeille feureté de pouuoir paffer par le Royaume; ce que pour
cette caufe nous luy auons octroyé , & pour retourner pardeuers
vous feulement. | a. ue
Sire, nous faifons diligence de groffoier & mettre en forme ledit
Traité de paix ; ce qu’eftant fait , moy Pierre de Sacierges ie m'en
iray le plus diligemment que poflible mefera pardeuers vous, pour
vous aduertir de routes chofes, & vous apporter ledit Traité : Mais
* Ican de I NEantmoins nous vous ayons bien voulu par aduance fommaire-
ou à de ment aduertir des deux Articles qu edens , pource qu'ils font d'im-
Enefque de Portance,& qu'il eft befoin de faire diligence fur iceux, plus qu'il
Lombez fais W'eft pour le prefent requis aux autres. Ét au regard de nous Euef.
Cardinal que k ue. & de Rochechoüart, nous atrendrons à Pa-
1493.mort 1 .
1499. ris ledit Comte de Naffau , & les autres Ambaffadeurs , pour les
ae
2 me ot ER
ROY DE FRANCE. | 83
vous amener & .conduüire , ainf qu’il en à efté conuenu entr'eux e
_ & nous. es "4 2°
Et à tant prions, Sire, le benoïft Fils de Dieu, qu'il vous doint Le22. Juilter
tres-bonne vie & longue : Ecrit à la hafte à Francfort le iour de la 148
Magdelaine , le vingt & deuxiéme iaur de luillet mille quatre
cent quatre-vingt & neuf. Et au deffous eft écrit, Vostres bum-
bles x tres-ahciffans faiets FEucfque de Lombez, de Rochechoüare,
P..de Sacicrges ; & âu deffus de fa lettre , 45 Roy wofire Souverain
Seigneur. …_ om | |
Pour plus amplement auoir connoiffance de ladite Paix , cy-
aprés fonc inferez au long les Articles tels qu'ils furent faits &
paffez par lefdits Ambaffadeurs , ayans Pouuoir du Ray , auec le
Duc d’Auftriche Roy des Romains. .
Au nom & à la loüange de Dieu noftre Createur, & de route la 7,44 4
Courcelefte, paix TI alliance, & intelligence à toûjours. paix enrre Le
cft faite, promife, & iurée encre tres-haurs & cres-puiffans Princes 7 reg
Maximilien par la grace de Dieu Ray des Romains , tant en fon. Maximilian
nom, qu'au nom & foy faifant fort de Monfeigneur Philippes Ar- pe
chiduc d'Auftriche mineur d’ans, leurs hoirs, Pays, Seigneuries , Francfort
& Suiets d'vne part; Et tres-haut, tres-excellent, cres-puiflanc , &c l'an 1489. le
res-Chreftien Prince (harles par icelle mefme grace Roy de Fran’, …. :
ce, & Marguerire {a femme & Tv leurs hoirs, Pays, Seigneu- proprement
ries, & Suicts, d'autre part ; par laquelle toutes rancunes , haines &:7 cb en
malueillances des vns enuers les autres font mifes ius , & oftées ; Depuis pr
& toutes iniures de fai, & de paroles remifes & pardonnées. Traité de
| .J , : Senlis 1493.
… fre cft aduifé que pour plus grande feureté de ladite Paix, & reine
our eftre perpetuelle à roûjours la prefente vnion & amitié, que r# au long
À veué des deux Roys eft neceffaire ; & à cette fin, dés à prefent Te fie |
le Roy des Romains enuoyera fes Ambaffadeurs deuers le Roy rHif. 4e
tres-Chreftien fon beau fils , pour aduifer du iour & du lieu prés Cominesim-
la fronuiere , où ils deuront conuenir enfemble & s’entre-voir ; au- per .
quel iour & lieu ainfi conclu, vn chacun d'eux fe grouucra fans au- soz.
cunc difficulté. | à |
tem , quant à la reftitution des Duché de Bourgongne, & du
Comté de Charolois, enfemble des fruiéts & leuées d'iceux deman-
dez parles Ambaffadeurs & Orateurs du Roy des Romains , n'ague- LeTrairé dis
res cftans pardeuers le Roy tres-Chreftien fon beau fils , pource 4 Arr2#»4e
ue le Roy tres-Chreftien a répondu en vouloir faire felon Iu- 2 Roy
ice , en enfuiuant le Traité de paix de lan mille quatre cent qua- Louys XI.
tre-vingt & deux,comme plus amplement il entend de dire à la- D
dite Afflemblée, lèédic Roy des Romains fon beau-pere pour bien d'Afriche.
de paix, confent que cette demande foit differée & remife iufques .
à ladite voué & Aflemblée. _
tem , fur ce que le Roy tres-Chreftien demande la ville de.
Saintt-Omer luy eftre dés à prefent renduë , le differend de ce pre- Omer.
L 1}
ncamememmememmmmne. à
s
1489:
= touchant le faiét des pays de Flandres, Brabant, & leurs adherans, le-
84 HISTOIRE DE CHARLES VIIL.
fenc Article fera remis à la veuë & Affemblée defdits deux Roys.
tem au regard de ce ue lefdits Ambaffadeurs ont demandé,
dir Roy tres-Chreftien defire de tout fon cœur pour le bien de mon-
dit Seigneur l’Archiduc fon beau-frere, qu'ils foient remis en bon-
ne paix, & qu'ils fe conduifent honneftement & reucremment en-
uers ledit Sieur Roy des Romains , ainfi. qu'il appartient. Et à ce
faire les induira par toutes voyes deuës & pofhbles ; & promet de
bonne foy , autant qu'il peut promettre , d'y faire & de s’y em-
ployer loyaument & diligemment pour ledit Roy des Romains,
tout ainfi qu'il voudroit eftre fait pour luy en | apr cas, & d'y
garder de tout fon pouuoir l'honneur & le profit dudit Sieur Roy
des Romains , dautant qu'il reputera dorefnauant leurs fortunes
cftre communes, puifque l'on vient à reünir & reintegrer la paix,
amour , bien-veüillance , & alliance entr'eux ; & pour plûtoft
donner fin & conclufon , l’on fera enuoyer par les Eftats dudit
Pays, d'vn party & d'autre, des gens ayans ample pouuoir de tra-
uailler & conclure en la pacification des differens qui peuuent eftre
entre ledit Sieur Roy des Romains & eux, fans qu'il foit plus be-
{oin de retourner deuers ceux qui les enuoyeront pour la conclu-
fion defdites matieres ; & cependant ne fe fera aucun exploit de
guerre d'vn cofté ny d'autre : Et aflure le Roy herhies le-
dit Roy des Romains fon beau-pere, qu’il entend en cette matie-
re, & en toutes autres , garder fon honneur & fon profit, & n'y
auoir point d'autre regard , comme par experience il le monftrera;.
car il fçait bien qu’en gardant l'amitié de fondic beau-pere , il la
doit preferer à toutes autres amitiez ;ce qu’il luy promet en bon-
Nota Parole ne foy » & parole de Roy de France.
de Roy de
France.
rem , & entant que touche les prifonniers & feruiceurs d’iceluy
Roy des Romains, qui furent pris à Bruges, & qui de prefent font
detenus à Gand, ou ailleurs, le Roy tres-Chreftien fera tellement
qu'ils feront deliurez à pur &à plain quittes de toutes compofitions
& dépenfes ; & f1 aucuns auoient dés-ja compofé, ou payé finan-
ce, ils en feront rembourfez. |
rem , & au furplus ,le Roy des Romains, à la requefte dudit
Roy tres-Chreftien fon beau-fils, reprendra en fa bien-veüillance
Mcflire Philippes de (lenes, & luy permettra ioüyrdes terres & biens
qui luy pouuoient competer & appartenir, tant par luy comme à
caufe de Mademoifelle fa femme. |
rem , & feront compris en ce prefent Traité de paix les Alliez
d'vn party & d'autre, pour eux, De hoirs & fuiets, fi comprisy
veulent eftre ; ce qu’ils feront tenus de declarer dedans fix mois pro-
chains venans; & d’iceux leurfdits Alliez feront tenus lefdits Roys
faire exprefle declaration, lors qu'ils iureront d'entretenir ce pre-
fenc Traité de paix. | |
ROY'DE FRANCE. 8
-: 7remi, en ce prefent Traité eft comprife la perfonne de Mada- , 489
me la Ducheffe * de Bourgongne, vefue du feu DucCharles; & luy d
e .e : | | : k .
fera renduë laioüyffance de fes cerres de ChauJfin, de la Perriere*, &, til
autres chofes qui luy peuuent competer & doiuent appartenir , feu dE:
gant à caufc de fon doüaire, qu'autrement , felon la forme & les _ _"
conditions contenuës à plain & declarées. és Articles faifans men- 2
| : au _ ; gleterre.
tion d’icelle refticution au Traité *de paix de l'an mille quatrecent +7,44
| : & deux; lefquels Arudclés feront tenus pour inferez Chauflin c
e mot à mot en ce prefent Traité. ..: la Perriere.
: : ; Û « * : _ * Ce Traité
rem, les Suiets d’vn cofté & d’autreretaurneront à leurs biens im- fi x Arras
meubles ; à fçauoir les Sujets & feruiteurs du Roy des Romains , & fm envier
de mondit Seigneur l'Archiduc fon fils , à tels biens qu’ils peuuent De.
auoir fituez dans les Royaumes, Pays & Seigneuries du Roytres - dasant
Chreftien : Et les Suiets & feruiceurs d’iceluy Roy tres- Chre- À
ftien, aux biens qu'ils peuuent auoir és Pays & Seigneuries def- e plufieurs
dits Roy des Romains, & Archiduc fon fils , tant à ceux donc ils points
ioüyfloient deuant les diuifions , que depuis le Traité de paix de
l'an mille quatre cent quatre-vingt & deux. Et quant aux fruits
_ & leuées des heritages , & rentes , tout ce qui aura efté donné &
leué depuis le commencement defdites diuifions , iufques au iour
de la Paix, par commandement des Princes, leurs Lieutenans ou
Commis, ‘ donné & leué , & n'en pourra iamais cftre
faite pourfuite contre les Commiffaires qui s'en font entremis, ny
contre ceux qui les ont receus ,ou qui en ont profité. Quant aux
arrerages des rentes, & cens, dont les termes font écheüs, afin d'en
ofter toutes maticres de procés, ils demeureront à ceux qui enont
le don par Lettres patentes. |
tem , quant à toutes autres chofes mobiliaires , quelque don
quicen ait efté fait , fi elles n'ont efté leuées & tranfportées des
lieux , &. maifons où elles eftoient auparauant lefdites guerres &
diuifions ; ce qui s’en trouuera eftre en iceux lieux & maifons,
aprés la Paix publiée , appartiendra à celuy ou ceux à qui lefdits
lieux eftoient auparauant la guerre, & les pourront prendre & le-
uer , s'ils les y trouuent , fans qu’on leur puifle baïller fur iceux
aucun trouble ou empéchement , pour quelque caufe que ce
{oit. | | |
| Jtem, touchant Frere Iean d'Eufhgny Abbé du Monftier Sainét-
Jean, Mcflires Claude de T'houlongeon Seigneur de Baftie, An-
toine Raulin Seigneur d'Efmeryes , Claude de Thoulongeon Sei-
es de Traues, le Seigneur de Villerual, Frere Iean de Gomme-
aut , Eftienne Dunereft, & Iean Brefeille, pour lefquels les Am-
baffadeurs & Commis du Roy des Romains ont requis qu'ils fuf-
fent compris en ce prefent Traité de paix ,a efté répondu qu'ils ÿ
font compris, & pourront retourner feurementau Royaume, Pays &
Scigneuries duRoy tres-Chreftien , & rentrer dans leurs biens , où
| | L iij
. 1499.
* François
IL. mort le 9.
Sept. 1488.
*V.pag. 8.
precedente.
86 HISTOIRE DE CHARLES: VIIL
qu'ils foient fituez , tant audit Royaume, qu'au: Dauphine, &
ailleurs. # L. de .. PRE
tem, aprés la deffufdice veuë & Affemblée, & queleRoytres-
Chreftien aura declaré finalement audit Seigneur: Roy des Romains
fon beau-pere, les caufes de la detention de Monfieur d’Orleans,
fi ledic Sieur Roy des Romuins perfifte en la requefte qu'il a faire
pour ledit Sieur d'Orléans, il fera lors aduife de la forme d'y pro-
ceder , en baillant feureté &. caution raifonnable & fuffifante au
Roy , & au Royaume de France, qu'il ne Jeur aduiendra iamais mal
ny dommage pour le fait dudit Sieur d'Orleans.
| rem, & outre plus, le Roy tres-Chreftien accorde en faueur &
à la requefte dudit Roy fon beau-pere , que les Villes & Places
fortes quelconques du pays de Bretagne, +4 cftoient en la puif-
fance & ioüyflance du Duc dernier * trépaflé ,au temps du Traité
& appointement * dernier fait entre iceluy Seigneur & ledit Duc,
foient dés maintenant remiles és mains de Madame «4#nne de Bre:
tagne aînée fille d'icéluy feu Duc, moyennant & à condition qu’el-
le fera tenuë de faire. vuider & fortir entierement les Anglois hors
dudit pays de Bretagne, & baillera bonne caution & feureté de ne
mettre cy-aprés. lefdits Anglois efdites Places & Forts, |
Auec ce , au cas deffufdit ; c’eft à fçauoir , que ladite Dame Anne
face vuider entierement lefdits Anglois hors du ‘pays de Bretagne;
& qu’elle baille ladite caution &feuretés le Roy tres-Chreftien en
faueur dudit Roy fon beau-pere, confent en outre, que les Places
& Villes de Sainé&t-Malo , Fougeres , Dinan , & Sainét-Aubin,
dont mention elt faite audit Traité, foient mifes en neutralité, &
que Meffeigneurs les Duc de Bourbon & Prince d'Orenge tien-
nent lefdites Places neutres, c'eft à fçauoir , ledit Seigneur Duc de
Bourbon , en fon nom, & ledir Prince d'Orenge fous le nom du-
dit Sieur Roy des Romains. | |
Et pource que lefdites Villes & PlacesdeSain&-Malo, Fougeres,
Dinan, & Saint- Aubin font mifes en neutralité és mains defdits
Sieurs Roy des Romains , & de Bourbon , par la maniere deuant
dite , ils promettronc & bailleront leurs fcellez , de les rendre &
deliurer à celle des parties à qui le droiét en appartiendra.
Duquel droiét , & de toute la queftion qui peut en eftre entre
ledit Roy tres-Chreftien & ladite Dame Anne, fera dit au plûtoft
que poflible fera, & au plus card dedans vn an prochain venant,
pat luges non fufpects , à ce ordonnez | du confentement des
parties. | | |
Et ladite Dame Anne pourra enuoyer à ladite Affemblée des
fufdits deux Roys, fes Ambaffadeurs, Confeillers , & feruiteurs,
de quelque eftat ou condicion qu'ils foienr, iufques au nombre de
cent perfonnes , & au deffous ; fans que pour cela ils foient tenus
demander ny auoir autre feureté ou ÉuË conduit. | |
(ROY DE FRANCE. g
Jrem, & par ce prefent Traité les deux Roys demeureront en Q
leur entier en autres chofesnon comprifes en iceluy, pour les pou- 422:
uoir demander & pourfuiure par voye de luftice comme il appar-
tiendra, & non autrement. . |
_frem, & feront dés à prefent lefdits Roys publier le Traité de zeTrairé
paix de l'an mille quatre cent quatre-vingt & deux, dont és Arti- ne de
cles precedens eft fait mention. | PRE
rem, & pour plus grande feureré des chofes accordées &
conclués, ils TT l'yn: à l’autre reciproquement leurs feellez
auec les feellez des Princes, Seigneurs, & Villes, qui feront
aduifez & nommez par ledit Roy tres-Chreftien, & les Ambafla-
deurs que de prefent enuoye deuers luy ledit Sieur Roy des Ro-
mains fon beau-pere ; Jefquels feellez defdits Princes, Seigneurs,
& Villes ainfi aduilez, vne chacune defdites parties fournira à l'au-
tre au iour & au lieu qui feront pris & accordez par ledit Roy
tres-Chreftien , & les Ambaffadeurs deflufdits ; & auec ce , les
Parties fe foumettront à la coërtion & contrainte de noftre Sainct
Pere le Pape, fous les fulminations & cenfures de l'Eglife.
Lequel Traité de paix, en rous & chacuns les poinéts & Arti-
cles cy-deflus contenus , nous fufdits Ambaffadeurs , Procureurs,
& Commis defdits Roys & Princes, auons promis & promettons
loyaument, & de bonne foy, fousnoftre honneur , au nom d'iceux,
de fermement entretenir & accomplir de * eu en point, & les
faire folemnellement iurer , ratifier , confirmer , & approuuer par
iceux Princes ; & de ce , en faire bailler & deliurer leurs Lettres
patentes en forme deuë & fufhfante, d'vne part & d'autre.
Double de la Confirmation d'iceux Articles , faite par
le Roy des Romains , tant en [on nom que pour
fon fils l'Archiduc.
Maximilian, ec. Nous en exerçant Ofhice de Roy, & voulans
auoir la fruition des biens qui viennent de paix, & à noftre pou-
uoir éuicer les maux infinis & deteftables , qui de la guerre s’en-
fuiuent & prouiennent , à l’honneur & reuerence de Dieu noftre
Createur , qui n’a voulu à nul mortel laiffer aucune faculté de
donner paix , mais s'en eft voulu referuer la totale diftribution,
comme autheur & Prince d’icelle, & en reuerence de fa glorieufe
Vierge mere ; auons agreé , ratiñé, & approuué » agreons , rati-
fions, & pps ei ces Prefentes fignées de noftre main ; &
en bonne foy & parole de Roy promettons & iurons entretenir,
& faire entretenir ledit Traité de paix, en rous & chacuns fes
points & Articles cy-deflus accordez; & ce tant en noftre nom,
que pour & au nom de noftre cres-cher fils l'Archiduc , duquel
nous nous fommes faits & faifons forts; & aufli aux noms de nos
1489.
88. HISTOIRE.DE CHARLES VIII.
fucceffeurs, & des liens, fans iamais aller pour nous, noftredit fils,
ou nofdits fucceffeurs , au contraire dudit Traité, & d’aucuns-des:
points & Articles cy-deffus écrits & accordez : Er s'il aduenoit, ce
que Dieu ne veüille, que par nous, noftredit fils, nos fuccefleurs,
ou autres de parnousilfüt contreuenu en aucuns defdits points &
Articles cy-deffus accordez ; Nous confentons que les: Princés tant
de noftre Sang , comme autres nos Sujets , & les crois Eftats des
Pays & Scigneuries de nous, & de noftredit rres-cher fils, ne nous
donnent aucun aide, faueur, fecours, ou afliftance ; & que la con-
trauention & defaut, fiaucuns font faits, foient reparez & remis : Et
_ pour mieux encore faire, nous auonsaudit cas, les fufdits Princes &
* 41. le 22.
luillet 1489.
Seigneurs de noftre Sang , gens des Eftats des Pays & Scigneuries
de nous, &'de noftre tres-cher fils , qui par noftre ordonnance
bailleront cy-aprés leurs feellez , pour l'entretenement & feureté
d'iceluy Traité, quitté & quittons par ces Prefentes de tous ferui-
ces , aides & afliftances, que faire nous pourroient. Si donnons en
mandement aux gens du grand Confcil de nous, & de noftre tres.
cher & tres-amé fils, & à rous nos Baillifs, Senefchaux, Preuofts,
luges, & Officiers, ou à leurs Lieutenans ; & à chacun fur ce re-
quis, fi comme à luy appartiendra, que ces Prefences ils verifienc
& enregiftrent en leurs Cours & Auditoires, & rout le contenu en
icelles gardenr & obferuent de poinét en point , fans aller , ne
fouffrir aller ou faire au contraire , en quelque maniere que ce
{oit : Car ainfi nous plaïft-il , voulons , & ordonnons eftre fait.
Et pource que de ces Prefentes l’on pourroit auoir affaire en plu-
fieurs & diuers lieux ; Voulons qu’au vidimus d'icelles , ou à l’ex-
traict d’aucuns des poinéts & Articles cy-deuant contenus , faits
fous les Seaux par nous ordonnez aux contraëts dans les Pays &
Seigneuries de nous, & de noftredit fils, ou fous autre Seel auten-
tique, foy foitadjoütée en lugement, & dehors, comme à ces Pre-
fentes : Et afin que ce foit chofe ferme & ftable à toûjours , nous
auons fait mettre & appofer noftre Seel à cefdices Prefentes ; fauf
en autre chofe noftre EDi@, & l’autruy en toutes. Donné à Franc-
fort le vingtième * iour de luillet l'an mille quatre cent quatre-
vingt & neuf, & de noftre Regne le quatriéme. Ainfi figné «#a-
ximilian, Et au deflous , Par le Roy , Monfeigneur le Comte de
Naffau , le Mouche de Vere , le Preuoft du Liege, & autres pre-
{ens, de Brioul. | |
Aprés que les Ambaffadeurs du Roy eürent ainfi bien conclu,
& accordé tout le Traité de paix auec le Roy des Romains , il
füt aduifé & deliberé entr'eux, quelefdits Ambaffadeurs s'en vien-
droient iufques à Paris; & que à ils attendroient les Ambaffadeurs
du fufdit Roy des Romains , pour fe rendre enfemble deuers Je
Roy, afin de luy faire confirmer, & voir iurer ledit Traité de paix.
Et pour donner fin à la guerre de Bretagne; comme auf pour faire
&
ROY DE FRANCE. 89
& traiter l'accord des Flamans, & de leurs adherans,auec ledit Roy ; 489
des Romains, dont le differendeftoit remis au Roy, comme il ft
porté cy-deffus dans les Articles du fufdit Traité de À us A cette
fin le Roy des Romains ordonna pour fes Ambaffadeurs le Com-
te de Naffau , le Mouche de Veré, du pays de Bourgongne, grand
Efcuyer de l’Archiduc fon'fils, le Preuoft de l'Eglife du Liege, &
autres ;lefquels il fit preparer ; & mettreen chemin:Mais du temps
de leur arriuée auprésdu:Roÿ, il en fera faic mention cy-aprés.en
{on lieu, & auffi de ce qu’ils trauaillerent. Depuis ce Traité de paix .
_ainf conclu , le Roy intitula le: Duc d'Auftriche fon beau - pere
& Roy des Romains. D D
Puifque nous auons parlé des chofes furuenuësau mois de Juil-
lec mille _ ‘cent quatre - vingt & neuf, nous ferons pareille
mention de ce’qui furuint au mois. d’Aouft enfuiuant ; auquel
temps , pource que le Seigneur-de Rieux auoit affemblé le plus
de Bietons qu'il auoit pû ; & qu'il auoit pris auec luy quelque nom-
bre d'Anglois, &'s'en eftoit allé deuant Breft, où il tenoit le fiege;
&auoitartillerie, dont il faifoit battre le chafteau, & que lesBretons |
auoient des hauires, qui fauorifoient leur fiege du cofté de la mer, ..
le Scigneur de Grauille* _Admiral de France fût -dépefché pour al- +7 16.4:
ler dans la cofte de Normandie faire appréter le nauité du Kioÿj Admiraux,
& le fien ,afin de faire leuer' ce: fiege & porter viurés aux gens du Ps he
Roy qui eftoienr dedans le Chafteau , lefquels luy auoiïent fait fças pag. 540. de
uoir qu’ils tiendroient iufques à ce.que leurs prouifions & rafrai- ds cp
chiffemens fuffent prefts. Ledit Seigneur de Grauille eftoit lors le mefne eds:
principal ayant auctorité en Cour aprés Monfeigneur & Madame sr.
de Bourbon ; & depuis qu’il eftoit entré en cette auétorité il n’a- L'Admiral
uoit point encor K meer la perfanne du Roy ; de forte qu'à spas
caufe qu’on luy baïlla cette commifhion, le commun bruit eftoit, difgracic.
ue la Cour commencoit à fe tanner * de luy, & qu’on luy bail- +47 1emer
loit le* bout. Il en partit donc & alla en fa commiflion, & fitdi-, ne
ligence d’apprefter le Vaiffleau , & s'auança en fuite à Bret. Gus,
En cedit mois d’Aouft mille quatre cent quatre-vingt & neuf,
le Seigneur de Chaftillon en Bretagne , maifné* de la Maifon de *4/ puié,
Laual , alla de vie à trépas : En fon viuant il eftoit Cheualier de 776 e
l'Ordre du Roy, & Grand-Maiftre des eauës & forefts de France. sd Dre
Il auoit feruy le Roy Charles VII. le Roy Louys Onziéme, & le Aforr du
’ . / LC. Grand -
Roy Charles de prefent ; & s’eftoit fort employé au faiét de leurs pp des
guerres , & de leurs affaires , & auoit receû de grands biensfaits eaués d- fi
d'eux ; il auoit bien vefcu, & s’eftoit gouuerné en homme debien: refés.
Son eftat de Grand-Maiftre des eauës & forefts fut donné au Sei-
Emi de Lifle, furnommé du Mas, & fes autres charges & emplois
urent difperfez à des feruiteurs du Roy.
Audit mois d'Aouft mille quatre cent quatre-vingt & neuf, la Rés or sb
Ducheffe d'Alençon *, femme du Duc René d'Alençon , & fœur m7
Août.
9o HISTOIRE DE CH. VIII R.DEFRANCE.
1489. du Duc René de Lorraine, accoucha d'vn fils *en k ville d’Alen
on: Ledit enfanc fut à grand'ioyc receû ; car depuis que les Ducs
BL d'Alençon eftoient fortis de la Maifon & Couronne, qui füt du
Ducd' Ale temps du Roy * Jean, il n’en reftoit plus aucun hoir que ce Duc
gon; arriere Rent. Le Roy fut le compere au Baptefme de cét enfant, & Ma-
Lan auf dame de Bourbon la commere : Mais ils ne l'allerent tenir fur les
arriere pætis Fonts que vets la fin du mois de Septembre enfuiuant.
fo % et Pareillement en cedit mois d’Aouft mille quatre cent quatre-
Philippes le vingt & neuf, le Roy eftant à Amboife, les filles de Bretagne fu-
Harey-._ rent aduerties, & aufh les Anglois, comme les Ambaffadeurs du
de dire ss Roy, qui auoient efté à Francfort * deuers le Roy des Romains,
ce fut ledit audient traité la Paix : Ce qui fit qu'incontinent lefdites filles | &
mA les Seigneurs du pays de Bretagne dépefcherent vne bonne Am-
mRlean. baffade, pour venir deuers le Roy traiter aufli la Paix de leur co.
* pag. 81. Îté , en enfuiuant ce qui en auoit efté parlé & conclu dans le Trai-
Me té dudit Roy des Romains. Le Chef de cette Ambaflade eftoit
chef d'une Monfeigneur de Dunois *, qui auoit auec luy le Chancelier de Bre-
PE ragne, & autres gens de bien: Il y auoit aufli des gens de la part
enmoyée de- des Anglois , entre lefquels eftoit le Preuoft* d'Angleterre princi-
sers Le Roy. pal Chef de l'armée des Anglois qui eftoit defcenduë en Bretagne.
-P4-73 D'ailleurs Monfcigneur d’Albret, Monfeigneur de Rieux , & le
Seigneur de Lefcun , qui eftoient à Nantes où ils faifoient leur
bande à part, y enuoyerent aufli des gens de leur P: ; &-combien
. que par la fufdite Paix du Roy des Romains celle de Bretagne y
cftoit comprife & declarée ;, neantmoins ils ne laifloient de faire
des demandes fort grandes, & tout à fait déraifonnables.
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HISTOIRE
DE FRANCE;
Qui commence l'an 1270. & finit l'an 1510.
Recueilie par vn deseGentilshommes de Charles d'Orleans
Comte d'Angoulefime. Laquelle fert de fuite éx de continna«
tion à l'Hiffoire precedente.
—14V) 1 l'efté tous vnis en Bretagne, fe banderent
au _ mA À & diuiferenc les vns contre les autres, &
SENTE fe mirent Monfeigneur le Marefchal de
rene "1À Rieux & Monfeigneur d’Albret dedans
5 #1 + de s | Nantes; & Monfeigneur de Dunois, &
FAST )TARC DS Monfeigneur*, a- * Sganoir l
SA: uec certain nombre d’Allemans,& quel- ee 08
a —. — ques Bretons, demeureréht auec la Du. je 77
_cheffe* Ecvn certainiourils s’entre-rencontrerentfur les champs les * Anne de
vas les autres. Pour l'heure ladite Ducheffe eftoit en croupe derriere Brragne.
Monfeigneur deDunois ou fonChancelier,& la pourle mieux,mon- à db
dit Seigneur de Dunois promit de mener cette Dame dedans Nan- » pag. 71
ces*. Ét pour bien entretenir ce Traité fut baillé en oftage Zean de
Loen auec d’autres Gentilshommes, aufquelsilfut promis | Mon-
. . >" . / .
fcigneur de Dunois, qu’ les garderoit,& empécheroit de tomber
Mi
LS N ce temps,ceux quiauparauant auoient
—— — —. ——_—
92 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
en inconuenient. Mais quand ce vint au lour se mr res _
de Loen confiderant & connoiffant que fi ladire Duche ; € . re]
*Pag.s3. menée à Nantes, cela e au sn e 58 : .
dirére. Sneur fon maiftre, lequel eftoit pour p rs
hearts Er à TOUS CEUX qui _. foûtenu - par … Est
dem Au. ien public au fien particulier, & eee Mens cn
ne ris Mes oit & dé # de leurs promeffes ; ce
rendtémoi. quele cedulle il les quittoit & déc argcoit de " P 7 ; æ
SE qui fut vne ation qui partit d'vn grand & . € cœu # fire
ne doit pas eftre icy teuë, afin que tous Gentils De” q
uent auoir l'honneur deuant les yeux fur toutes cho ne NE
exemple de faire & agir auffi vertueufement en pareil Fr ay
oùy dire & raconter ce faiét dudit Zean de Loer à vn fi noble per-
fonnage, que ie fcay bien u'il ne voudroit jamais mi ag
chofe que la verité; & combien qu’on ne fit pas mourir : À
Loen en confequence de l'oftage auquel il auoit efté de ; à fuc-
il en grand danger de fa vie; & eft bien à prefumer in . ne s’at-
tendoit pas d'en échaper, au moins prit-il ainfi fa refolution à
l’aduenture. 2. | | LL
“Charles _ LES nouuelles de la prife de Monfei neur _ er ss
d'Orleans fcigneur d'Engoulefme*, ie fuis affuré qu’il en fur auffi dép 1e
Comte d'En- que d'aucune autre chofe quiluy fût oncques auparauant aduenué;
Een & à iufte droit &bonne caufe, Incontinent il dépefcha deux de fes
Pre ” Gentilshommes (dont ie fus lvn*) & vn Clerc . arms 2:
Due d'Or- tnuoyer deuersle Roy, afin de le M rer sage ir s : re
* L'Autheur QUE, que fon bon plaifir füt de vouloir entendre à : .
de cette Hi- ce de mondit Seigneur. Les lettres de D a "# es rE
a me furent ag au Roy , & la creance Ê ro si fa | su
tilshommes te. Le plus fort du Confcil qui cftoit lors auec | cig ù
ddr Cemte ternps, c’eftoit Monfcigneur l'Admiral de Grauille; mais combien
nr Pc qu'on y fit toute la meilleure pourfuite qu'on y pût faire, fine
Phyt apré s’y fit-il aucune chofe ; & fürent ces lectres quiauoient efté appor-
| rc At tées, & la dépefche telle qu’on nous auoit _ , Pre Mon-
liurance du. fcigneur & à Madamé de Bourbon, lefquels : Sp pes = à
rs Kion en Auucrgne, là où ils some poffeffion ; € leurs _
7 ‘res & Seigneuries;car depuis la mort du Duc Iean ils n'y auoient
oint encores cfté. Au partir de la Cour nous allimes audit Rion
Negotiation Aeuers lefdits Seigneur & Dame de Bourbon, & les fu pliâmes
sie : ” humblement de par Monfeigneur d'Engoulefme, qu'il leur plût
Louys Duc eftre fauorables à la deliurance de Monfeigneur. Pour conclufon
. Par ils nous firent bonne chere, & nous dirent de tres-belles & bon-
| nes paroles touchant la matiere pourquoy nous eftions allez là ;
“L'Anbeur mais ce fuc tout, car il n'y en eût aucun effet. Ie vis * audit Rion
pere si | Monfeigneur le Prince ste à qui n'eftoit point tenu en pri-
venës Cen- fon fermée , car il alloit aux c amps quand il luy plaifoit; auffi
tendues, |
ns
Nes
Æ#. Oril aduint encetre faifon , que le ieune Roy Charles, qui auoit
ROY DE FRANCE. 9}
auoit - il époufc la fœur * de Monfeigneur de Bourbon : Ie Iuy * Ieanne de
oüis dire en vn banquet qu'on nous faifoit (Ià où il fut dreffé vn ?°”**
propos touchant les armes & les batailles ) qu'il ne croyoit point ner, 233
qu'il y.eût au monde Gentilhomme , ny d'autre condition , plus Fr
hardy * que Monfcigneur d’Orleans, & qu'il le fçauoit par expe- ge dudir Duc
rience. en
Affez toft aprés ledit Prince fut deliuré *, & enuoyé en Breta- Louys Xi.
ne, pource qu'il y auoit bruir qu'on y vouloit faire defcendre * Elzife-
es Anglois. ee
En ces éncrefaites Monfeigneur d’Albret craita auec le Roy de renge l'an
luy mettre le Chafteau de Nantes entre fes mains, moyennant 0 Eu
qu'on luy deuoit rendre routes {es terres, & luy donner beaucoup LE
d'argent pour l’acquitter de fes fraiz & dépenfes ; & en outre, cent
hommes d'armes, & autres chofes, Monfeigneur & Madame de
Bourbon conduifirent ce Trairé. En effet, ledit Seigneur d'Albret
fic tant par diuers moyens qu’il fe rendir le plus fort dedans ledit
Chafteau; & incontinent aprés il en aduertit ceux qui condüifoient
cette entreprife, lefquels y vinrent en diligence, & furent intro.
duits dans A Place. Le Roy y vint en grande compagnée bien-
toft aprés , & receùt l’obeïflance & les Bémifons de la Ville &
du Chañfteau. Quand il y eût feiourné quelque temps, & qu'il y
eût eftably des Capitaines, & y eût mis bonne garnifon , & tout
ce qui y eftoit neccflaire , il s’en retourna en Touraine. |
Meflire George d'Amboife Euefque de Montaubaà , & éleû
Archeucfque de Narbonne (lequel auoir efté conftitué prifonnier) |
fut deliuré *, parce qu'on netrouua fur luy occafion dé le retenir; car ns
de tout ce qu'on luy mertoit en auant ,il s’en rapportoit toûjours sfque de
au Roy : Aprés qu'il fut deliuré (comme bon & loyal feruiceur Æ6tauban,
1 ‘à : A : / - . qui fnt de-
qu'ilcitoit , & a roüjours efté de <#fonftigneur) il pourchaffa par Puis le Care
ous moyens qui luy furent pofhble, de paruenir à fa deliuran- dirald'4m-
ce ; & pour en venir à bout, il commença d'entretenir l’Admiral . .
de Grauille, qui pour l'heure y pouuoit beaucoup , en propofant sisi
va traité de mariage de fon neueu Monfeigneur de Chaumont
auec la fille dudit Admiral; ce qu'il ne faifoit que pour l’occafion PU
deffus dite. D'autre cofté Monfeigneur d'Engoulefme eftoit con- VII. re-
tinuellement aprés le Roy , en le follicitant & le fuppliant tres- fôw de gou-
hurablement de la mefme chofe; ainfi qu'il faifoit Monfeigneur & “777
mefme les
Madame de Bourbon , lefquels luy en donnoient de bonnes paro- Afairess &
les; toutesfois rien ne fe concluoit encores fur ce fuiet. de fon propre
mouuement,
sl met en l:-
° . À e ’ ,
iufques alors toûjours efté souuerné , voulut fe rendre maiftre, & berrté, aprés
A à | trois ans de
manier luy-mefme fes affaires ; il commença donc à prendre cœur, prifèn Le Due
& à aimer vn peu fon plaifir. Il auoit vn de fes Chambellans nom- d'Orteans
mé Monfcigneur de Miolans, qui commenca d’auoir grand credit /”beaufre-
; re, l'an 1491.
auprés de luy ,ainfi que firent d’autres perfonnages , & vie sis VPS3C $4:
nn, M ii
| 94 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
* René de
ne offe. pre-
mer Pane-
fier.
Meflire René de Cofé , sd premier Panetier : Pour abreger les cho-
fes, ledit de Miolans, & les autres , remonftrerent au Roy que s’il
deliuroic Monfeigneur d'Orleans de luy-mefme, & fans le confeil
& la participation de ceux qui auparauant l'auoient tenu fous leur
gouuernement , ledit Monfeigneur d’Orleans feroit pour iamais de
plus en plus obligé à luy faire feruice , outre que de fon chef il fe-
roit vn tour de Prince magnanime. Le ieune Roy qui de foy auoit
le cœur tout genereux & (D cral , trouua cette propofition fort bon-
ne, & pour conclufion, il partitvne foirée du Pleffis-lez-Tours fai-
gnant d'aller à la chaffe , & fit demeurer tous ceux qui lé vouloient
fuiure ; & auec petit nombre de gens il s’en alla coucher à Montri-
chart, & depuis iufques au Pont-de-Barangon , d'ou il dépefcha
Monfcigneurd’Aubigny pour s’en aller à la Tour de Bourges que-
rir Monfeigneur afin de l’'amener deuers luy. Ce qu'il ft, & le con-
duifit audit Pont-de:Barangon, où mondit Seigneur fit la reueren-
ce au Roy, en le remerciant tres-humblement , & le plus qu'il luy
füt poffible. En faifant cette deliurance, le Roy Charles y proce-
da comme Prince tout remply de bonté, de clemence , & de libera-
lité. Auf peut-on dire qu'il faifoit en cela ce qu'il deuoit faire:Car
mondit Seigneur en tout fon procedé, & dans fa conduite n’auoit
rien fait finon ce qu’il luy auoit ordonné, & fait fçauoir qu'il fie.
Toutes ces chofes furent d’abord celées à Monfeigneur & à Mada-
me de Bourbon, & elles le furent pareillement audit Admiral. Le
Roy emnmiena toûjours depuis mondit Seigneur quant & luy, &
le FA mefme coucher auec en , luy faifant fournir vn li de camp,
& autres meubles & vftenfiles ; car il n’en auoit point: A la verité il
ne fçauoit quelle chere luy faire, voulant bien donner à connoiftre
à vn chacun que ce qu’il en auoit fait eftoit de fon propre mouue-
ment & libre volonté. De cetre façon que ie viens de dire Aon/ei-
gneur für deliuré de la:prifon , où il auoit demeuré duranttrois ans:
Sçauoir eft à Lufignan vn an, & le refte de ce temps il für detenu
dans la Tour de Bourges, & quelque peu à Mehun-fur-Yeure. Et
tant qu'on le cint dans ledit lieu de Lufignan , il ne luy füt permis
d’auoir auec luy aucun de fes feruiteurs accouftumez, finon fon Me-
decin Maiftre Salomon de Bombelles. nn
Ces chofes eftans faites, & l'Armée du Roy eftant en Bretagne,
fçauoir eft Monfeigneur de la Trimoüille , d’yvne part à vne lieuë de
Rennes, & Monfeigneur de Sainét André d’vn autre cofté, le Roy
prit fon chemin pour s’y en aller : Et fut la deliberation prife de
mettre le fiege deuant ladite Ville de Rennes : Mais par la grace de
noftre Seigneur, & par le bon fens & la conduite de ceux qui s'en
meflerent , (qui eftoient de la part de la Ducheffe Monfcigneur le
Prince d'Orenge , & Monfcigneur de Dunois,) les chofes furent fi
bien menées, qu'enfin vn Traité de bonne Paix fe fit entre les par.
ties, voire de la meilleure forte qu'il fe pouuoit faire. Et furent en-
ROY DE FRANCE. | 9$
uoyez felon mon aduis , vers la Ducheffe Meffcigneurs d'Alby, 4ccord de
& du Bouchage ; & ie crois que le Roy la veid luy-mefme. Finale- mariage er-
ment fut accordé le Mariage de luy , & de ladite Dame , par le La De
moyen duquel fut mis fin à dire guerre, qui auoit déja trop lon- de Bretagne,
guement duré , fur tout pour les pays qui eftoient fur la fron- ‘#"
cicre.
Monfeigneur de Dunois s'employa , & trauailla merueilleufe-
ment à bien conduire cét affaire , dont il eftoit enfin heureufe-
ment venu à bout. Ce qui fit que luy qui eftoit auparauant com-
me éloigné de la Cour y eftoit fi bien reuenu, qu'il commençoit
d’auoir la pe part du gouuernement des affaires : Mais dans le Treffe
temps que le on s'en venoit , vne maladie pi ap d'vn cathare hs ‘ L
luy prit par les chemins eftant à cheual , de laquelle il mourut pref- sr
P tout incontinent aprés, qui füt vn tres-grand dommage, & vne es dde
ort grande perte pour la France : Car c’eftoit vn tres fage Cheua- , >"
lier , pourueü de routes bonnes qualitez, & remply de tres-prudent 1491. lequet
confeil, fur routes les occurrences d’Eftat qui pouuoient furuenir. nn
. d : Lu = t'AHAI
Ainfi va des chofes de ce monde, où il n’y a aucune ftabilité , ny far»
affeurance. le mariage
Peu de temps auant le Traité de Rennes *, Madame Ifabean de a À
Bretagne, fœur de la Ducheffe , laquelle eftoit vne tres-belle & ieu- VII. aure
ne Dame, alla de vie à trépas : Et ainfi demeura ladite Ducheffe Ânnc Ds-
ne ; : cheffe deBre-
feule heritiere de cette belle & grande Seigneurie. rage ce qui
Pour abreger, ladite Ducheffe fut emmenée à Langes, où le Roy f#vrres-
Charles {e trouua, là où furent faites folemnellement les nopces de gi
ces deux tres-nobles & excellentes perfonnes. Qui voudroit pen- eur
fer les grands affaires, perils , & les auentures où cette ieune Da- #7
me auoit efté , on iugeroit que ce ne pouuoit eftre que par vn pri- * V.dansles
uilege tout extraordinaire de Dieu , que les chofes, pour sr
eftoient fi bien arriuées. De verité , elle fut & a toûjours efté bien #°#1f-
feruic ; auffi meritoit-elle bien de leftre , & la fin en fut bonne, pe
comme il fe void : Car aprés auoir enduré tant de trauaux & de tra- de 4 Du-
uerfes , elle eût le bien à époufer le plus noble & le plus puiffanc 4 ne
Roy de la Chreftienté, & fut faice Reyne du tres-excellent, opulent, on
& triomphant Royaume de France : Et aufh reciproquement ledit
Seigneur Roy eût pour femme la plus noble, & la plus puiffante,
tant en vertus, qu’en terres & Seigneuries qui fût pour lors.
_ Les nopces eftans faites & accomplies, le Roy & la Reyne s’en
vinrent au Pleflis-lez- Tours , où fe pafloit continuellement le
temps en bonnes cheres. 0 |
uelques iours aprés le Roy partit de Tours , ayant la Reyne
en fa compagnie ; laquelle par toutes les bonnes Villes où elle paf-
foit , eftoit receuë ainfi que la raifon vouloit qu’on accueillit fa Sou-
ueraine Dame : Dequoy chacun s’acquitta felon fon pouuoir.
Le Roy arriua à Paris, & la Reyne s'en alla à Sainét Denys , où
96 HISTOIRE DE CHARLES VIIL |
depuis le Roy alla auffi loger, ainfi que firent tous les Seigneurs de
| la fuite de la Cour ;on y demeura deux ou trois iours, pendant lef-
* L'Autheur quels le Sacre de la Reyne fur fait, & ic la veis facrer*, ce qui fut
nn. vne chofe d'une merucilleufement belle folemnité :-Il la faifoit beau
RÉ SIUES voir ; car elle eftoit belle , & ieune, & pleine de fi bonne grace, que
ment à. l'on prenoit plaifir à la regarder. Et pour mise de la maniere & des
Denys dela yeftemens de ladite Dame ; Elle eftoic en cheueux., & auoit vne ro-
AR be de damas , ou fatin blanc : A certaines heures du Seruice , elle
gne, & fon cftoit menée deuant le Prelat qui officioit, lequel luy mit du Saint
sr os Huile fur l'eftomach, &entre les épaules. Dedans le Chœur de l'E-
| glife de Sain& Denys eftoit dreffé vn petit échaffaut , fur lequel
v.Tom.l.du cette Reync eftoit. Vne Pa du temps que la Meffe dura , A10n-
Frérnl feigneur * luy foûtenoit la Couronne fur la tefte, pource qu’el-
469.& 68. le eftoit trop grande & pefante, & qu'il luy eût fair 4 de la
“Il futde- Porter. Auprés de ladire Dame eftoit Madame de Bourbon, & au-
puis fon tres Dames , lefquelles auoient fur leurs teftes chacune vn chapeau
Pn ou Couronne de Duchefle, ou Comtefie, fuiuant leur qualité &
_ fclon ce qu’il leur appartenoit. A ladite Meffe la Reyne receût le
Corps de noftre Seigneur; Affurément ce Sacre eft vn myftere fort
deuot, & qu'il fait beau voir: Il pl auoit parmy l'afiftance enuiron
vingt que Archeuefques ou Euefques, fans les Abbez & autres gens
d'Eglife. Les perfonnes qui ont cette grace d'eftre ainfi facrées,
font en partiecomme Ecclefiaftique & Lais tout enfemble & leur
eft deû & doit-on faire , & porter vn grand honneur & reuerence ;
aufh doiuent ils merucilleufement apprehender de déplaire à no-
ftre Seigneur , de qui tant de biens & honneurs leur aduiennent
fpecialement, & doiuent auoir coûjours la crainte de Dieu deuant
*Initium fa- les yeux ; car le commencement de toute fcience* c’eft de craindre
Pintæ ll & aimer Dieu fur toutes chofes.
mor Domi- ; :
ni. Pano, Le lendemain enfuiuant la Reyne partit de Sain-Denys pour
venir faire fon Entrée à Paris, où eftoit fort remarquable de voir
le grand nombre de peuple qui alla au deuant d'Elle , de tous eftats
& toutes conditions; fçauoir ceux de la Cour de Parlement, de la
Chambre des Comptes, les Generaux de la Iuftice, ceux des Re-
queftes du Palais, du Trefor, & des Eleûs, qui tous y furent : Pa-
reillement le Preuoft de Paris, auec tous ceux de la Iuftice du Cha-
ftclet, Commiffaires & autres; Sergens à cheual & à verge : Le Che-
ualier du Guet & tous ceux de fa charge le Preuoft des Marchands,
& les Efcheuins , auec grand nombre de bons Perfonnages & Bour-
gcois de ladite Ville : Pour le vray, quand tout ce monde füt af
femblé il compofoit vne merueilleufe quantité de peuple ; telle-
ment que depuis la Chapelle , par tout le chemin , & parmy les
ruës iufques au Palais, on ne fe pouuoit tourner ; & n’eût efté l'or-
dre qui y fut mis , on n’y auroit fceû paffer. Ladite Dame arriua
grandement bien accompagnée tant de Seigneurs que de Dames;
au
ROY DE FRANCE. 97
au refte , il n'eftoit rien de plus triomphant que de fa perfonne,
elle eftoit auec route fa fuite: Méffeigneurs d'Orleans, d'Engoulef-.
me , d'Alençon, & de Bourbon y cftoient, & plufieurs autres L'Aubenr |
grands Seigneurs. Madame de Bourbon , & quantité d’antresgran. Fu
des Dames que ie ñe puis toutes nommer. Il ne fe pouuoit rien Li.
de plus admirable que de, voir enfemble vne fi noble & fi belle mefne qu'il”
compagnée ; & ie croy qu'il n'ya perfonne én vie qui ait jamais / 445 voue.
pû voir accueillir vne Prinéefle, en quelque lieu que ce fut, auec
va tel honneur qu'elle fût receuë pour l'heure ; &1l luy eftoit bien
deû : carily a long-temps qu'aucune Dame n’apporta tant de biens
à la Couronne qu’elle a fait. | n. -
Aprés que le Roy & la Reyne eürent durant quelques iours efté
logez dedans le Palais , ils s'en vinrent aux Tournelles. Le logis
de Monfcigneur d'Engoulefme eftoit au plus prés, où ie vis plu-
fieurs fois Afonfeigneur & luy coucher enfemble ; & il me fouuienc
que mondit Seigneur reuenoit quelquesfois de la Ville, qu'il eftoit
tard, & que mondit Seigneur d'Engoulefme eftoit dés-ja couché, |
alors ledit Seigneur fe deshabilloit le plus doucement qu'il pou-
uoit ; on cût ge à voir la façon qu'il tenoit en s’allant coucher ;
qu’il fe mettoit auec vn homme à qui il auoit “non peur de fai-
re ennuy & déplaifir , & qu’il apprehendoit fort de réueiller ;. :
aufh volontiers quand on aime quelqu’vn, on a crainte de luy dé-. ne
laire, &ie fçay queiamais gens ne s’entr'aimerent mieux queceux-.
i faifoient.Le matin il ne vouloit que bien peu de fes gensentraflent:_
, À ere | ; George ::
dedans la chambre. Ty ay veû venir Melfire George d'Amboife le: rare
quel eftoit fon principal Confeiller , & crois que dés l'heure il eftoicpriripal
Archeuefque de Roüen, ou le fût bien-toft aprés: Il fût poftulé eds
vnanimement de tous ceux du Chapitre de ladite Eglife , & ceda sus, fur
à l'Eucfque de Rieux (qui eftoitde ceux de la Doufe) l’Archeuef- fait Arche
ché de Narbonne, pource qu’il luy en auoit efté fait quelque pro- F7"
meffe parle Roy ; lequel continuoit defaire la meilleure chere qu’il 1455.
cftoit poflible à Æfonféigneur : aufli n'eftoit-il pour lors autre bruit,
à la Cour que de tenir bonne & grande Maifon, & de faire toutes & une fle
autres chofes qui feruent à faire renommer les Princes. : or Fe
Durant le mariage du Roy Charles & de la Reyne Anne, ils traine
eûrent felon mon aduis deux ou trois enfans*, l'vn defquels ie vis fs Charles-
\ _. | L x Oïland, qui
à Amboife , qui pouuoit eftre de l'âge de crois ans, bel enfanta.,,7
merueilles. | | D
Certain cemps aprés le Roy fe refolut d'aller à Lion, où il mena à gril ;
h Reyne, ayant aufl toûjours Monfeigneur d’Orleans en leur com- jé, rs:
pagnée ; car quand il s’en trouuoit à dire , la Cour en paroifloit 3.”is.ves
: À ; é Ceremonies
res amoindrie. Dans icelle ville de Lioh on commença de ,,;, 3 pre,
aire de grandes cheres , & à fe diuertit par de merucilleux pafle- me & l'éffar
temps ; car pour l'heure les Dames &'les autres habitans fe met- #/*#4r
à F | . fonparmy les
coient fur le bon bout, leur eftant alors aflez nouueau de voir vne fi preuues.
N
cel'an1492.,
Tr.
98 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
grande Seigneurie parmy eux, à quoy ils n’eftoient point accoûtu-
mez depuis aflez long-temps ; mais depuis ils S'y {ont bien appris:
« 11 efois né EN La faifon que le Roy fût pour La premicre fois à Lion, il* pou-
ä Amboife Uoit auoir vingt-quatre Ou vingt-cinq ans ; il auoit auec luy nom-
le dernier bre de ieunes Gentilshommes, tous remplis de bonne volonté,
OM “lefquels ne defiroient que s'appliquer à toutes chofes plaifantes &
agreablés, ainfi que la Ieuneffe le defire volontiers : Ee Roy leur
faifoit tout plein de grands dons ; & ils dépenfoient liberalement
ce doncil les gratifioit , en luy donnant le plaifir de tout ce qu'ils
pouuoient s’imaginer luy pouuoir eftre agreable. Il fe fit durant ce
temps à Lion plus frequemment des Ioûtes, Tournois, Combats
à la barricre, & autres entreprifes d'armes à plaifance, qu'il ne s’e-
ftoit fait long-temps auparauant. Monfeigneur d’Orleans eftoit
des vns & des autres , & roûjours des premiers entrepreneurs, com-
me celuy qui de tout fon pouuoir defiroit donner du paffe-temps
“Behoure, 24 Roy autant ou plus qu'aucun qui fût en la compagnée. Ces
oubohourd, behourdis * fe faifoient parmy les ruës de la Ville, &:l y auoit
Cefvntour- aux carrefours des Perrons*: Le plus fouuent les grandes Cheuale-
as ee ries fe faifoient dans la ruë de la luifucrie , parce que là les Che-
naliers. ualiers de la quefte trouuoient les plus belles & bonnes auentures
* C'éfune_ felon ce qu'ils defiroient. Les grandes cheres qui fe faifoienc pour
bafequarrée: l'heure émeüûrent & éleuerent le cœur du Roy, qui eftoit en fa
HUE fleur de ieuneffe, de faire de hautes entreprifes; car communément
ls Cheus- ieunes gens veulent voir chofes nouuelles, & faire dequoy il foit
ee #7. parlé d'eux : Ce fut lors qu'il luy fût mis en en d'entrepren-
caufes de dre le voyage de Naples, à quoy ilentendit volontiers ; car ileftoit
lwrsentre- Prince tour plein de bon vouloir. Les ieunes gens qui eftoient au-
Pr cour de luy , & qui defiroienc fort que ce voyage fe fit, ne cef_
ne Hi ne foient de luy en parler ,en leluy lotiant à merucilles. Monfcigneur
ge de Na- d'Orleans de fon cofté trouua cela fort bon ; car le plus grand
ples, él plaifir qu’il eût en ce monde eftoit d’auoir occafion de fuiure les
ce Key. me Ames, comme celuy qui en aimoit le métier fur toures chofes. II
enfasue és confeilloit donc cét affaire de tout fon pouuoir ; aufli faifoit l’E-
rod uefque de Sain&t-M alo, qui auparauant auoit efté General ., lequel
Le Gen Pour ce temps-là auoit plus PE credit qu aucun autre auprés la
Guillaume perfonne du Roy. Et furenc Îles chofes tant demenées qu'il fût en-
Briffonnet fin conclu & refolu d'y aller. Le Seigneur Ludouic feruit auffi d'vn
Pi 46 E grand moyen pour le faire entreprendre, car il pretendoit de s’ai-
S.Malo, v. ce des François contre le Roy de Naples, qui luy vouloit faire la
de Comines guerre, Enfuite le Roy delibera de faire fon voyage par terre, auec
sf 2. vnetres-belle &groffe armée,rant de Seigneurs, "CF papes
287.555. tilshommes de fa Maifon, que des Ordonnances, & grand nombre
de Suiffes , auec bonne quantité d'artillerie. Il fut dit que Mon-
feigneur d’Orleans iroit le premier. Monfeigneur de Bourbon füt
ordonné pour demeurer comme Lieutenant du Roy durant fon
4
eo"
ROY DE FRANCE 99
abfence,auec tout plein pouuoir de trauailler aux affaires publi-
ques & d'Eftat. Monfcigneur d'Engoulefme domeura parcillement,
combien qu'il s’offrit fouuent d'y aller, & fe mit aflez de fois en
fon deuoir fur ce luier; mais on ne voulu pas Îe permettre.
Monfcipneur d'Orleans partit de Lion auant le Roy affez bon
efpace de remps , & fit tanc de iournées qu'il paffa les Monts, &
arriua à Aft vne fienne Cité tres-belle, où 1l n’auoit point encor
efté ; il y fût merueilleufement bien receû de cous les Citoyens &
habitans du pays, qui naturellement font bons François : Auffi ÿ
auoit-il longtemps que la Maifon d'Orleans en auoirla poffeflion
& ioüyffance. Quand ledit Seigneur y eût feiourné quelques iours,
il en partit pour aller à Gennes ; en laquelle Ville on l'accueillit auec
grand honneur, & luy fit-on de bonnes & grandes cheres : Ainfi
qu’il feiournoit audit lieu, nouuclles luÿ vinrent que le Seigneur
Dom Federic (que ÿay autresfois ved, qu’on nommoit Prince dè
Tarente, & qui —_ a cfté Roy de Naples) eftoit à vn Port nom:
mé Rapaille , auec bien quarante-quatre galées armées & remplies
de foldats pour leur huit ou dix mille autres cotti-
bacans deftinez à mettre fur terre: leur intention eftoit de s'en ve-
nir droit vers Gennes, pource qu'ils auoient intelligence auec àu-
cuns de ceux de la Ville. Incontinent que ces nouuelles vinrent à
la connoiffance dé mondit Seigneur, luy qui ne repardoit que la
où il y auoit de l'honneur à acquerir, & qui dés-ja comme il luy
fembloit-par fon haut cœur,& bon vouloir, auoit la victoire en:
tre fes mains, il fe mit en mer fur fa galeace , &auec toutes lesna-
ucs, galées , & vaifleaux qu’il pût recouurer , mais qui n'eftoient
pas en grand nombre, il ht faire voile droit audit lieu de Rapaille;
)n & vint donner dedans le havre dudit lieu auffi hardiment &cou-
&lrageufement qu'il eftoit poflible de faire. Ledit Seigneur Dom
Ÿ/ Federic auec fes galées s’eftoit auparauant retiré trois ou quatre mil-
les au deffous delà, laiffant toutesfois grand nombre dé fes gens;
lefquels auec aucuns du pays fe defenditent merueilleufement bien.
Mais ils furent fi vaillammenc affaillis par mondit Scigneut & les
fiens, qu’ils ne pürent foûcenir le faix, & fallut qu'ils priffent la |
fuite: Sur cela Monfeigneut de ‘Piennes & le Bailly de Dijon vinrenc #7 & :
le long de la montagne auec certain nombre de gens de pied, à
où vers vn petic Pont de pierre au dehors d'vn village sil ÿ eût vn
forc'grand choc & tuërie. Il faifoir là beau voit Monféigneur
d'Orleans combatte & donner cœur à fes gens , & faire rout ce
qui appartient à Prince courageux & genereux de faire: Entte a
æres il y ptit prifonniers deux gros petfonnages l'un Méflire Tea nale des en-
Fregofe, & l'autre des _4dornes. Le lendemairi martin le Seigneur 77
Dom Federic auec fes galées bien équipées de gens & d'attilletie,
& de toutes autres chofes neceffaires pour combatte für la mer,
fit derechef contenance de vouloir vehit chercher baraille ; dequoy
| Ni
Y
V'iétoire de
Rapaille
remportée
par Louys
Duc d'Or-
leans [urle
Prince de
Tarente.
*Y. le me[-
me de Comi-
nes pag. 178.
281.291.
292.
Quatre cho-
fes requifes
avn Con-
querant pour
renfisr.
Ke
100 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
mondit Seigneur d'Orleans eftant aduerty , combien qu'il ne fût
équipé ny accompagné à la moitié prés de ce que l’autre eftoir,
fi ne fit-il pas le moindre femblant qu'il eneûtaucun doute ; mais
en ioyeufe chere & aucc vn courage afluré , il entreprit de tirer
tout droit comme vne ligne contre fon ennemy; lequel quand il
vid cela prit la fuite, & gagna le Jarge de la mer ; &ainfi eût mon-
dit Seigneur double victoire; car il defhc les vns en effec, & fit fuir
les autres. Il eût cette belle iournée & bonne aduenture-tres-fas
uorable pour luy laquelle luy tourne à vne loüange immortelle ;
& il fit en cela vn merueilleux & important feruice au Roy Char.
les ; car cecy für caufe qu’il fit & qu'il pourfuiuit fa conquefte beau-
coup plus aifément. | :
La deffaite de Rapaille eftant aduenuë , Monfeigneur d'Orleans
auec fes Nauires ,s’en retourna à Gennes, où vous pouuez penfer
qu'il eût affez de peine d'y pañler , comme fçauent ceux qui ont
frequenté la mer : Il eût là vn tres-mauuais pafle-temps ; mais noftre
Seigneur vouloit qu'il effayät de tout , pour cftre mieux experi-
menté : Car nul ne fçait que valent les chofes douces Es n'a goufté des
ameres. Ledit Seigneur à fon retour de Rapaille fût affez mal accucilly
par ceux de Gennes ,mefmement pource qu'en Îa Iournée deflus-
dite il y auoit eù beaucoup de leurs gens tuez ; & de plus la fiévre
quarte le prit : Et par ainfi mondit Seigneur eût affez de peine &
de mal cout enfemble; il fallut pour le mieux qu’il s’en rerournâc
en L4f, où le Roy eftoit venu le iour d’auparauant qu'il y arriuât;
lequel füc bien marry de cette maladie , & luy ordonna & com-
manda de demeurer là, pour auoir le temps de fe guerir, dequoy
mondit Seigneur eût vn regret meruecilleux ; car ce n'eftoit pas ce
_ defiroit que lé repos ; & eftoic bien plus marry de ce qu'il
alloit qu’il feiournât , qu’il n’eftoit pas de fa maladie, Toutesfois
fallut-il qu'il eût patience, & qu’il la prit en gré , parce que #e-
ceffité n'a point de loy; aufli cette demeure luy eftoit-elle comman-
dée par celuy à quiileftoit tenu d'obeïr; lequel d’ailleurs connoif-
{oit que là il le pouuoit beaucoup feruir , ainfi qu'il Le fit à mer-
ucilles ,& luy rendit de grands feruices.
Le Seigneur Ludouic* vint faire la reuerence au Roy , en luy fai-
fant de belles & grandes offres, & m'a efté dir que le Roy emprun-
ta de l'argent de luy, qui eftoit vne mauuaife chofe pour vn Con-
rs ; cat quand vn Prince entreprend de conquerir vn pays,
il doit eftre pourueü & auoir donné ordre Pr fur
quatre chofes; c’eft à fçauoir, qu'il y ait gens d'armes en bon & en
fufhfant nombre: Secondement, del’Argent largement pour les fou-
doyer, & pour furuenirä tout ce qui peut aduenir. Troifiémement,
de Partillerie ce qu’il eft neceffaire , & que l’on peut conduire fe
lon le quartier où l’on va. Et en dernier lieu, que Les viwres ne fail-
lent & ne manquent point par faute d'ordre, ou autrement : Et fi en
*
ROY DE FRANCE. IoI
aucunes de celdires chofes il y a du defaut , à grand peine vient-
on à bout de fon entreprife. Or combien qu'il fût ainfi que le Roy
Charles empruntât pour l'heure quelque hole, le blime n'en doit
pas cftre à luy; mais à ceux qui fe méloient de fes affaires, & prin-
cipalement de fes finances , lefquels auant fon depart y deuoient
auoir fi bien pourueü , qu’il ne tombät point en cét inconuenienr.
Il ne feiourna paslà beaucoup qu'il ne fe mît en chemin d’auancer
plus outre , & fit tant qu’il arriua à Florence , ou fût recueilly en
grand triomphe. Il y fit fon Entrée aufli belle & gorgiafe* qu'on Eau ts
en eût point encor veû , & tout ainfi qu'il eût fait en vne de fes propremét
Villes : Il y feiourna par quelque temps, & pour fa feureté prit en- Rubi.
tre fes mains Pife, & autres Places. De là en allant à Rome, il fûc
recueilly par rout où il paffa ainfi qu’il appartient à vn tel Prince
de l'eftre ; puis 1l s’en alla vers Rome. Il y eût quelque differend
entre le Pape Alexandre * & luy ; car ce Pape eftoit naturellement * 7. lemef
Efpagnol , & s'il eût cfté en fon pouuoir il eût volontiers empé- 2.
ché les François de paffer plus outre ; maisil ne le püût. Finalement 306. Faut
par bons moyens le Roy entra dans Rome * plus triomphamment, +,
& mieux accompagné , que ne fit aucun autre Prince qui foit en Royà Rome:
la memoire de ceux qui font viuans. Le Roy eftanc à Rome il
eût plufieurs alarmes; & on y vid par fois dans le camp de Flour
iufques à fix.ou fept cent hommes d’armes acroupez enfemble;'ce
qui faifoit, que bien fouuent le Pape ne fe croyoit pas mefme
gueres enfeureté: Finalement tout vint & fe termina à vn bon ap-
ointement ; & y füc le Roy grandement bien feftoyé & honoré, &
# bailla le Pape vn fien neueu pour Faccompagner & le feruir à
faire fa conquefte ; laquelle, pour en parler briéuement il fit, fans
qu'il y eût prefque aucune refiftance , finon à Sainét-Germain & au
Mont Sainct-lean, là ou il y eût quelques-vns qui fe defendirent,
lefquels furent forcez & pris d'allauc & mis la plufpart au fil de
l'épée, ainfi qu'on a accoûtumé de faire en tel cas. [l n’y eût donc &
ne parût aucune defenfe ailleurs, & fût le Roy receû à * Naples par * Son Entrée
ous ceux du pays comme leur Sounerain Seigneur, en luy faifant & sd y
rendant toute l’obeïffance deuë. Le Chafteau de l'Oeuf , qui eft Ceremonial
aflis en mer, tint quelque peu de temps , mais cela fût de courte 4 France,
durée. PRO à Roy Alphonfe auoit de bonne heure aban- ? Éd
donné cette Cité, & en fuyant s’eftoit retiré en l'Ifle d'Ifque* : Il * z'ype de
eftoit en reputation d'eftre hardy aux armes , mais il le monftra pr
bien mal cette fois ;ie m'imagine que cela luy arriua par punition Naples ‘
diuine, & que Dieu le vouloit enfin punir des grandes cruautez,
tyrannics, & lubricitez qu’il auoit commifes tant de fois en diuer-
fes facons. |
Le Roy Charles cftant à Naples* le Seigneur Ludouic manda à : px mef
Monfeigneur d'Orleans (lequel par ordre du Roy eftoit demeuré ”* _.
à 4ff) qu'il luy baïllât la Ville, ou que s’il ne Le faifoic, qu'il luy "77
| N ü
* Prife de
Nouare par
le Duc d'Or-
leans, que
Ludouic 4f-
fiege enfuite.
ro HISTOIRE DE CHARLES VIIL
viendroit courir fus. Ledit Seigneur d’Orleans, qui de fon naturel
nc fe laifloit pas aifément épouuenter par menaces , n’en tint aucun
conte ; mais fit réponfe à celuy qu'il luy auoitenuoyé, que s’il y ve
noit il n’y entreroit point que ce ne füt pardeffus fon corps. Auffi.
toft ledit Seigneur affembla tout ce qu'il püt de gens pour fa de-
fenfc; fon Lieutenant nommé Robinet de Framefelles , qui toû-
jours s'eft monftré vn tres-bon & hardy homme d'armes en tous
lieux où l'affaire l'a requis, fe trouuoit lors abfent auec vne partie
de fa Compagnée auprés du Roÿ ; maïs il luy vint la Compagnée
de Monfeigneur le Marefchal de Gi£ , & la Compagnée du Baftard
Charles , auec des gens à cheual & de pied que Monfcigneur de
Bourbon luy enuoya du Dauphiné, & d'ailleurs. Quand tout ce-
la fût Aemblé ,auec ce qu'il püt recouurer d'autre part, fe voyant
deffié par Ludouic, en vfant de fa vertu accoûtumée , il n’attendic
pas qu'on le vinc aflieger , mais il fe mic le premier aux champs,
en commençant vne guerre forte & afpre contre fon ennemy: Et
en peu de temps il conquit plufieurs Villes & Chafteaux , & fit
tant qu'il recouura la Cité de Nouare*, qui eft vne des bonnes &
confiderables Villes de la Duché de Milan , dont les habitans fe
mirent volontiers entre {es mains, en luy obeïffant comme à leur
naturel & legitime Seigneur ; & s’il eût eù pour l'heure aflez de
gens , il eft à prefumer que la plufpart du pays fe feroir rendu à
uy, reconnoiffant le bon droiét qu'il y auoit. Ledit Seigneur Lu-
douic eftant aduerty que Monfeigneur d’Orleans l'auoit grande-
ment endommagé , & voyant qu'il s’eftoit rendu maiftre de No-
uare, Cité qu’il difoit fienne , fans toutesfois qu’il eüt aucun titre
valable pour la pouuoir pretendre, il affembla de nombre de
gens; ce qui luy fûc aifé de faire , dautant qu'il eftoit riche &four-
ny de Ducats; &auec vne forte Armée pourueuë & garnie de tout
ce qui luy eftoit neceffaire, tant d'artillerie _ d’autres chofes, il
s'en vinc mertre le ficge deuant ladite ville de Nouare , dans la-
quelle mondit Seigneur eftoic aflez bien moe 2 , mais non
pas de troupes fufhfantes pour pouuoir combatre ledit Ludouic;
que s'il eût eù des gensen nombre feulement à la moitié prés des
sn ae il n’y eût pas failly. Toutesfois à l'approche de ce fie-
ge il y eût vne grande & groffe efcarmouche, où furent faits plu-
ieurs coups de lance, & où il y eût de beaux faiéts d'armes ,au-
tant qu'il eftoit poflible de faire de la part de fi peu de gens qu’e-
ftoient les affiegez. Pour abreger , le fiege y füt mis, où tous les
iours fe faifoit de belles & grandes forties, efquelles Monfeigneur
d'Orleans fe trouuoit le plus fouuent ; & fi la raifon ne l'eût em-
péché, il eût volontiers toûjours efté des premiers, n'ayant aucu-
ne crainte de fe trouuer & s’expofer dans les lieux les plus dange-
reux qui puffent paroiftre. Ce nes fût longuement continué, du-
rant lequel mondit Seigneur eût la plufpart du temps la fievre
ROY DE FRANCE. | 103
quarte, voire telle & fi forte , _ eft affez de gens qui en fem-
blable eftac fe fuffent du tout allitez , fans bouger de la chambre,
mais il ne fit pas cela ; car fon cœur le tenoit en vertu & en force,
n'épargnant point fa vie pour garder fon honneur: Et ainfi ma-
lade qu'il eftoit, tant aux forties qui fe faifoient qu'à fortifier la
Place, à affeoir le Guer, & à faire toutes les autres chofes qui ap-
partiennent à vn bon Chef de guerre , il ne manquoit d'y eftre,
faifant de necefhité vertu: Mais tant dura cét affaire, que les viures
commencerent merueilleufement à diminuer dans la Ville affiegée,
tellement que c’eftoit pitié de voir la neceflité qui y eftoit de plus
en sr y qu s’acquittoit de pouruoir & ire aide à tous,
grands & petits de tout ce ne pouuoit, & n'y épargnoit rien ;ce
ui eftoit dans fa Maifon eftoit aufli commun à tous les habitans,
a le plus grand ok és au moindre , comme à luy-mefme,
Et tant y proceda, que luy, & fes feruiteurs domeftiques eürent
& fouffrirent beaucoup de neceflitez, telles & fi grandes qu'il n'en
cft point aduenu de femblables dans noftre temps , en diftribuant
les viures & les prouifions que les Pouruoyeurs de fa Maifon
auoient faites pour luy ,aux Capitaines & aux autres pauures gens re
d'armes qui en auoient befoin ; il fe trouuoit affez fouuent que mine dans
c'eftoit luy-mefme qui en auoit la moindre part. Pour abreger, Poe
la neceflité & la pauureté y fût tres-grande , & continua longue- us, defend
ment; tellement que c’eftoit pitié d'y eftre & de la voir ; il y en æ#cvne
mourut plufieurs de faim, ae u'il eftoit comme impoffi- pa à
ble de pouruoir à tout ; & cela eftoit le ire fenfible regret que ce refolurion.
bon Prince eût, nonobftant fa grande maladie; parce qu’il n’y pou-
uoir pas remedier, ainfi comme il eût bien voulu.
Pour reuenir à parler du Roy Charles durant la faifon qu'il fe- paume or.
iourna à Naples, | pee le temps en y faifant bonnes & gran- dre apporté
des cheres (car la difpofition du lieu le requiert aflez;) & s’y fit er
beaucoup de Joûtes & de Tournois d'vne forte & d'autre; il y auoit Royaume de
entr'autres de belles Dames à merueilles : Plufieurs de ceux qui l'x- Nsples-
uoient fuiuy en cevoyageluy demanderent ce dequoy ils penfoienc
leur pouuoir feruir à recouurer argent ; luy qui de fa nature ne
ouuoit rien refufer à perfonne, leur accordoic & oëtroyoit faci-
Me ce qu’ils demandoient; fi bien que les viures, les munitions
mefmes, & generalement tout ce qui eftoit neceffaire pour la de-
fenfe des Places conquifes, leur fût cres-legerement donné; ce qui
füc vn tres-grand & irreparable — : Car par ce moyen ceux
qui auoient efté chaffez & mis en fuite dudit Royaume, quandils
vinrent à le reconquerir , le firent beaucoup plus à leur aife, en trou-
uant les lieux de defenfe dépourueüs de tout ce qui y eftoit de be-
foin. Finalement, quand il fembla au Roy ,& à ceux qui pourlors
conduifoient & manioient fes affaires, qu'il auoit affez longtemps
feiourné dans le Royaume de Sicile*, croyant auoir bien pourueñû + y, Naples
104 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
à cout ce qui eftoit neceffaire ; il laiffa Monfeigneur de Montpen-
fier Viceroy audit pays auec certain nombre de gens de guerre
pour la garde d'iceluy, & prit fon chemin pour s'en retourner en
… France; s'en reuenant tout à fon belaife, dans la penfée & la croyan-
pan "à ce qu'il ne luy furuiendroic plus aucune affaire ; il y en auoit mef-
contre leRoy, me fort peu de fa fuite qui portaffent des armes & habillemens de
po A guerre fur eux :Ilfit cant de iournécs qu'il arriua à Pontréme, là
sé cs ly Où il apprit que les Venitiens s'eftoient afflemblez en tres-grand
empécherfin nombre, en vn lieu nommé Fornouë ; & qu'ils eftoient ,commeon
Al - difoit, deux mille hommes d'armes & vingt mille de pied , dont
l'intention eftoit telle, que de vouloir empécher le Roy de paffer,
fi ce n'eftoit à leur mercy & difcretion. D'autre part, ainfi qu’il a
efte dit cy--deflus, le Seigneur Ludouic auec pareille force & puif-
fance cenoit coûjours Monfeigneur d'Orlcans afliegé dedans No-
uare; & par ainfi ces Italiens croyoient lors auoir &tenir entre leurs
mains prefque toute la fleur, l'honneur, l'excellence, la bonté, &
la valeur du Royaume de France , & auoient proietté de la forte
leur deffein, mais il en aduint autrement par la grace de Dieu.
A Quand le Roy fût aduerty que les Venitiens l’auoient dés-ja
long-temps attendu pourle combatre , il tint confeil auec les Sei-
‘gneurs & Capitaines, & autres Ofhciers de guerre, afin d’auifer fur
ce qui eftoic à faire. Il fût confeillé de continuer fon chemin tout
droit, & que c'eftoit le meilleur : Il fût donc ordonné qu’en l’A-
. uantgarde de fon Armée feroit mis la plufpart de fes forces ; ce qui
fût Fe. Il y auoit quelques quatre à cinq cent hommes d’armes,
& trois mille Suifles , auec de l'artillerie. Pareillement fut-il or-
donné du Corps de bataille, & de l’Arriere-garde, par le bon ad-
uis des gens de bien qui y eftoient. Tour le bagage , & les gens
qui n’eftoient de defenfe furent mis à la queuë & derriere l'Armée;
ils eftoient beaucoup. Il m'a efté dit que le Roy eftoit entre l’A-
uantoarde & la Bataille, comme furvne aîle, D 58 de ceux
Hardege, Qi il fe floic le plus ; & dans la verité l'ay oùy dire qu'il le
G courage faifoit beau voir , parce qu'il monftroit vifage de Prince hardy &
. el courageux. Les Gentilshhommes qu'ilauoit emmenez fe monftroient
©. * tousen leur particulier eftre gens de cœur, & pleins de bonne vo-
lonté , ce qu’ils donnerent bien à connoiftre par effet. Les Veni-
tiens fur ces entrefaites enuoyerent vn Trompette vers l'Armée de
France feignant de vouloir parler ;ce qu'ils ne faifoient à autre fin
que pour apprendre & découurir où eftoit le Roy , leur intention
eftanc de faire vne rude & grofle charge fur l'endroit où ils fçau-
roient que fa Perfonne feroir : Ce qu'ils firent aufhi-toft , faifans
partir à ce fuiet cinq ou fix cent hommes d'armes de leur groffe
troupe, les mieux montez & les plus gaillards de ceux en qui ils
c fioient le plus de routes leurs bandes: Ceux-là donc s'en vinrent,
marchans fi ferrez qu’à les voir venir il eût femblé qu’on les eût
| cOuUert
| | ROY DE FRANCE. _of
couuert d'un feul drap ; & ils s'approcherent auf fierement que
gens d'armes pourroïent faire iufques à donner dedans. Le Roy Baraile 6
auoir mahdé à deux cent hommes d'armes de venir deuers luy , ons
lefquels les rencontrerent & atraquerenc par le cofté , tellement none Les
que tous furent defaits, & la plufparc tuez. Il y eûc Lors des Fran NL v
çois qui donnerent la chale iufques au camp des Venitiens , dont .
aucun ne fic femblant de fartir de fa place : Cette rénéontre fût mefme de
belle & honorable pour ke Roy & pour rousceux quitftoient auec sea :
luy, lefquels n'eftoienc qu'vne poignée de gens ; au regard du grand bé
nombte des autres. Mais il faut feauoir que Monfeigneur d'Or-
leans fût bien caule en partie de cette viétoire ; car au tres-
grand danger & peril de fa perfonne, & auec vne merueilleufe in-
commodité qu'il reffentoic tant par la necéffité de viures que d’au-
tres chofes neceffaires , il amufoit cependant le Seigneur Ludouic,
& arreftoit fi grand nombre de gens auec luÿ à ce fiege de N6-
uare, qu'il n’eft point à douter que fi tous ces Liguez euffenit efté
enfemble, il eût efté prefque impoñlible de pouuoir paffer fans y
demeurer ; à quoy cette grande diuerfion qu'il faifoit ; apportoit
remede. | |
Aprés la rencontre de Fornouë le Roy ne fciourna gueres en vn
lieu; mais il auança le plus diligemment & aux plus grandes iouf-
nées qu'il pût. Par les chemins ils perdirent luy & les fiens vné
grande LL de leur bagage & fomtniers *, & edrent grande ne- * Sommiers
ceflité de viures. De verité, quand ils atriuerent à Æ4f, ils eftoient sen
extrémement laffez & trauaillez,& reffembloient bien à des gens qui rimaux de
auoient eû quantité de mef-aifes, & foufferc beaucoup de mg bagage.
le Roy d’ailleurs n’eftoit lors gueres fournÿ d'argent, pres à fon
arriuée quarante mille francs que Monfeigneur d'Engoulefme auoit + 1e Canton
enuoyé à Monfeigneur d'Orleans pour le fecourir & l'aider : Mais d'Appenfel
le Roy ptit cela, qui luy venoit bien à poin@® pour l'heure ; car nsc
il en auoit neceflité. Puis, quand il eût pris quelque repos à 4ff, leur Ale,
il s'en alla à Vercel. PS Fa
Or il fautentendre qu'aprés la rencontre fufdice de Fornouë ,tou- Able fs
te cette grofle Armée des Veñitiens fe vint ioindre auec le Sei- rires
gneur Ludouic deuant Nomare, Lors que ces deux Camps furent 7 .
aflemblez , ils pouuoient monter à plus de quatre mille Hommes gueules à 1a
d'armes, & quarante mille Hommes de pied. Aprés que le Roy eûr et
vn peu feiourné à Véréel ; il aduifa comment il poutroit fecourit d'vn Ours
& aider Monfeigneur d'Orleans ; car fon intention n'eftoit pas d° fable ; ef
de retourner en France fans luy, cotibien qu'il y eût lots aucuns, sy
qui euflent affez voulu le conttaire : À ce fuiet il enuoya de- vrOurs; ce
uers les Ligues, pout en auoir des gens à fon fecours , lefquels 2,7%
luy en vétroyerent tant qu’il luy ef plairoit;& für aufli-roft mis defigne ioy
l'enfeigne de l'Ours* aux champs ; tellement qu'en bien peu de / Cantoñs
cemps il ÿ fût leué vn corps de dix-huit ou vingt mille hommes, FOus.
106 HISTOIRE DE CHARLES VIIL.
en forte qu’on difoit, que iamais on n’en auoit veü pour vne fois
fortir vn fi grand nombre de leur pays: Cependant il feroit affez
difcile de s'imaginer & penfer la preffante neceflité & la grande
fouffrance de viures qui continuoit dedans Nouare ,ainfi que l'ay dit
cy-deflus ; tousles jours on y voyoit & découuroit de nouuelles pau-
urecez & des miferes commeincroyables: Les plus grands & les prin-
cipaux de la Ville,auec le Duc d'Orleans mefme y auoient affezaffai-
re:Quelques Gencilshommes & compagnons s’hafardoient de porter
du pain & des farines dans la Place afin de fecourir ceux de dedans;
mais cela pouuoit feruir de peu à tant de peuple : Iecroy pour le vray
que jamais garnifon ny Place affiegée n'endura dauantage, ny auec
plus de conftance & de refolution ; & cour cela parla confideration
& pourle refpeét de la haute vertu du Prince qui eftoit dedans, le
quel eût mieux aimé mourir que d’encrer en Traité, ny prendre au-
cun party, quine luy eût efté honorable ; encore que dans cettecon-
ioncture il eût le plus fouuent la fievre. Il fouffroit & enduroit tout
fon mal volontiers & courageufement, pour rendre feruice au Roy
fon Souuerain & naturel Seigneur. Les Suiffes eftans donc venus en
fibon & fi grand nombre, comme ie vous ay dit, le Roy delibera
ee de marcher pour aller faire leuer le fiege de Nouare , & y con-
Ces dem au traindre à cét effer le Seigneur Ludouic par vn combat ; ce n'eft
fécours dé bas qu’il ne fût confeillé de ne point hazarder de Bataille pour
dc 2-5 de raifons & inconueniens qu'on luy mettoit en auant ;
mefmement quand on luy faifoit confiderer le grand peril & le
danger auquel il s’eftoit n'agueres trouué à Fornouë ; & eftimoit-
on que de tenter encorcs la fortune vne feconde foisen ce fai&-li,
ce ne feroit pas fagement y proceder ; veü qu'affez fouuent il eft
mefaduenu àceux qui trop legerement & volontairement ont voulu
mettre au hazard le fuccés de leurs affaires : D'autre part, on con-
fideroit que les gens d'armes de France cftoient fort foulez & fa-
ciguez, & que la plufpart des forces prefentes eftoient les Suiffes ; &
que s’il aduenoit qu’on s’affemblât pour donner bataille, & que par-
RaiGns pour aduenture il en mefaduint, veü Peftac des chofes, ce pouuoit eftre
n'hazarder ]a totale deftruftion & laruine du Royaume de France; mefme, par-
ue que de deux chofes l’vne , ou il eût fallu que le Roy & Mon-
feigneur d'Orleans fuffent enfuite de la deffaite combez entre les
mains des Italiens; ou bien les Suiffes mefines au cas de la victoire
auroient pû s’en faifir, & demeurer les maiftres de tout, à leur aifc.
Ac&rd dt La confideration preffante des raifons & des chofes deffufdites, fic
di ofare confeiller l’'appointement, lequel fetraitafi bien que finalement il
pateur du fût accordé par ce Traité que Monfeigneur d'Orleans pourroit {or-
perse tir en toute Éberré & feureté de Nouareauec tous ceux qui eftoient
la deliwrance auec luy. Quand ledit Seigneur fût arriué deuers le Roy, il témoi-
& liberté du E qu'il luy déplaifoit fort de cét appointement qu’on auoit ainfi
d'Or- A
Fa f ax, dont il eùt de grofles paroles auec Monfeigneur le Prince
ROYDE FRANCE, | 107
d'Orenge ; car tout Le plus grand defir qu'il auoit au monde eftoit
de combatre, pour auair raifon des grands ennuis & déplaifirs que
fes ennemis Juy auoient fait endurer fi long-temps, I fr tant
qu'il atrira & obtinr fous main plus de huit cent hommes d'ar-
mes François, & la plufpart des Capitaines & Officiers des Suifles,
qui luy promirent de l'accompagner par tour ; furquoy il fupplia
Je Roy que fon bon À füc de luy permettre qu'il en effayät
À l'aduenturc, en luy faifant voir qu’il auoit ban efpoir de luy ren-
dre vn grand & notable feruice, & d’en venir à fon honneur : Mais
ledit Seigneur ne le voulut iamais permettre , en luy difanc qu'il
auoit iuré l’appointement, & qu’il alloir qu'il le tint; mondit Sei-
gncur d'Orleans luy repliqua, qu'il luy plûc le laiffer faire : Mais il
n'eût point d'autre réponie, & on ne luy voulut pas accorder ; de-
quoy il eût vn merucilleux & fenfible regret : Car oncques Prin-
ce n'eût fi grande enuie d'aucune chofe qu’auoit ledit Seigneur
d'Orleans d'hazarder fa vie, pour venger le Roy & luy des torts &
griefs que les Vonitiens & les autres Italiens Juy auoient fait. Tou-
resfois à la fin fallut-il qu'il fe contentär, & qu’il obeït à la volon-
té du Roy, ainfi que la raifon le vouloit; furquoy l’on peut affurer
auec grande verité, qu'il n’y auoit aucun fi petit füc-il, qui füt plus |
cnclin à luy faire feruice & obeïffance qu'il eftoit. _
Tous ces Traitezeftans faits, le Ray s’en reuinren France, ayant
Monfeigneur d'Orleans en fa compagnée, quicftoit toûjours mal.
content dans fon cœur , de ce qu’on s'eftoic ainfi feparé fansrien fai
re ; car il auoit en penfée qu’auec la compagnée que le Roy auoit
affemblée, il eût bien ofé attendre en vn iour tout le monde qui
{croit venu l’attaquer ; & dans certe opinion il s’en vint auec le
Roy, lequel auança tant par fes journées , qu'il arriua enfin en la
ville de Lion , ou ileftoit attendu par tous ceux qui y eftoient, en * 44e
tres-bonne deuotion, d'autant plus qu’il y auoit long-temps qu’on Gilbert de
e Bourbon Co-
ne J'y auoit veu. 7
Affez-toft x js que le Roy füt de retour en France , ceux de penfier, Pi-
Naples fe reuolterent, & la plufpart de tout le Royaume de Si- °724Na
À | les pour le
cile ; les François qui y cftoient demeurez y fouffroient beaucou Che
de peines & d'ennuis ; mefmement le Viceroy Monfeigneur de VIII: Far
Montpenlier * y mourut de maladie ainfi que beaucoup d'autres À 0
ens : bien, dont le Roy fut fort déplaifant & marry, mais pour,
l'heure il n'y pouuoit pouruoir ny y remedier. _ Mrle Dau-
Durant que ledit Seigneur cftoit à Lion luy furuinrent nouuel. Arf tend
les du trépas de Monfeigneur le Dauphin* {on fils vnique, dont il nd 3e
füc fenfiblement touché & grandement attrifté ; de mefme que le âge de. ans
füc là Reyne , & à iufte ticre & raifon. Car naturellement route AS L
perfonne raifonnable tant de petit eftat foit-elle , a regret de Îa 6. Decembre
perte de fon enfant. Il n'y a donc pas peine à s'imaginer quel pûc 4/64
eftre le deüil d'vn fi grand maïftre & fi grande maiftreffe que ceux- sr "
O i
103 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
Mi ei là cftoient touresfois ils Le prirent fagement & vertueufement en
mens de Ye, Comme ils le deuoient faire ; car aux plus grands appartient-
l'Awbeur 1] dé fupporter encor plus patiemment les aduentures & affi@ions
ot Le qui leur aduiennent (tant grandes foient-elles ) que non pas aux
des aduerf- gens de petit ou moindre eftat : Pour conclure au mieux, il feroit
a mn befoin à tous Princes (ainfi que dit vn Sage) de ne s'éleuer iamais
| _pour quelque grande felicité & profperité qui leur pât aduenir ;
. Fu, commeaufli nes'affiger & actrifter que bien à point ne aduerfité
depuis le Roy OU perte quelconque qui luy pût arriuer: Ceux qui ainf le pratiquent
AE s'en trouuent mieux ,& font par toutes gens tenus & reputez pru-
proche y dens, magnanimes & pleins de grand courage. Par le deceds de
tier de la mondit Seigneur le Dauphin, Monfeigneur d’Orleans reuint à fon
appel du premier titre & eftat d'etre appellé Honfeigneur ; & ainfi le nom-
feulrom de Meray-ie dorefnauant, iufques à ce qu'il foit | sr à plus hau-
Monfi- te Seigneurie, c’eft à dire, à la Couronne mefme de France.
ou Monfeigneur le Comte d'Engoulefme Charles mon bon Sei-
L' Autheur ; % . . A / /
cfoirau fer. BNEUT , bicnfaicteur , & maiftre*, quim'auoit toüjoursnourry, éleué
nice du C. & ro de (ongnac pour s'en aller en Cour , où il luy
D. fembloit qu'il ne feroit iamais affez à temps arriué , pour voir
Re Monféigneur , dont il auoit fi grand defir que rien plus: Le iour de
fon depart il fit le plus grand froid qu'on a veû gucres faire &
qu'on eût pû endurer ; arriua ce foir-là à Chafleauneuf, deliberé
de partir le lendemain pour s’en aller à Engoulefme , mais la nuit
vne maladie le prit qui fût caufe qu'il ne pût bouger; cette mala-
“Louife file die s'empira & fe conuertit en fievre tierce, donc Madame * fa
dPRPPSS femme fût rant ébahie que perfonne ne le pourroit eftre plus ;aufli
Duc de Sa- 5 ns por Press en
ueye. cftoient bien étonnez tous {es Gentilshommes & feruiteurs dont
il auoir de bons & fideles , qui l'aimoient tant que plus ne pou-
woient le faire. Ladite Dame enuoya querir en toute diligen-
ce tous les bons & experts Medecins que l’on püt crouuer de
tous coftez, & en tous endroits , feauoir Meflire Antoine de Li-
faine , & vn Maitre Roux de Poictiers qu’on difoit eftre des plus
experimentez en cét Art qu’il y eût: Aufli füc enuoyé querir vn
Catalan nommé Maiftre Gabriel, & vn autre qui s'appelloit Mai-
.. ftre Robert saucc le fien ordinaire ; ainfl furenc-ils aflemblez au
Mrs , nombre de cinq ou x , laquelle quantité * de Medecins l'on dit
ctitéde Me- depuis luy auoir efté fort preiudiciable. Sa maladie luy dura vn
mas a mois tout entier, durant — temps ladite Dame ne bougea ia-
fiuenrplus Mais de fa chambre, & ne découchoit point d'auec luy, tant ma-
nuifible que lade füc-il, eftanc le plus fouuent vétuë , & le feruoit iour & nuit
profitable. aufli doucement & humainement qu’eûc pû faire la plus pauure
femme ,fon mary ;elle ne dormoit quafi ny nuit ny iour. Pour
abreger, quand la maladie de mondit Seigneur füt extrémement
augmentée il fallut qu'on emmenât ladite Dame hors dela cham-
bre ; & eftoit neceflité d’ainfi le faire , car autrement elle n’en fût
Pas
ROY DE FRANCE. 109
point fortie en vie, paroiflant dés-ja plus morte que viue. Quand
mondit Seigneur vid fa fin approcher , luy qui auoit coute fa vie
bien vefcu, tant enuers Dieu qu’enuers les hommes , confiderant
la fragilité humaine , & que la fin couronne l'œuure , il voulut finir
comme vn vray & bon Chreftien doit faire. Il fit donc fon Te-
ftament*, par lequel il ordonna .onféigneur eftre protecteur & *7dfsmem,
defenfeur de Madame fa femme, de Meflieurs fes eg defagere
Maifon , le fuppliant tres-humblement d’ainfi le vouloir faire, d'Engoulef
comme celuy qu'il auoit coute fa vie tenu pour fon Seigneur & ee
fpecial amy, & auquel il auoit le plus de fiance. Il fit Madame fa ATEN
us tucrice &adminiftratrice de fes enfans & de fes biens, & aufi1 #ier iour de
executrice de fon Teftament; il luy nomma aucuns de fes ferui- "#5
teurs dont ie fus * du nombre :Son T'eftament eftant fait il receût * L'Awheur
tres-humblement, & en grande deuotion & humilité tous les Sa- = rm
cremens de noftre mere fainéte Eglife , & en requerant mercy à mer.
Dicu il luy rendit fon efprit le premier iour* de l’an mille quatre * L'année
cent quatre-vinge & quinze ,enuiron midy. Ceux qui ont veü le Pa nu
portrait au vif du Roy (harles le Quint, qui füt nommé le Sage, Ur
difenc qu’il luy reffembloit de corps & de vifage ; mais s’il Le re- lors le19. du
prefencoit de figure, encor le faifoit-il beaucoup plus en bon fens + dus
& prudence; ce qu'il a fait-voiren quantité de rencontres & gran-
des affaires qu’il a eués à conduire, où on a reconnu fon adreffe &
fa fagefle. Il n’y eût iamais homme à qui il fit déplaifir ou dom-
mage , ains au contraire fe plaifoit-ilde faire tout plaifir & cour-
mr À à tous ceux qu’il fçauoit en auoir befoin ; & y parût bien
l'amour que fes feruiteurs, fujers, & voifins luy portoient : Car fon
corps demeura à Chafteauneuf vingt-deux iours auant que d’eftre
tranfporté à Engoulefme ; durant lequel temps Madame fa femme
faifoit continuellement faire chacun iour vn Seruice general à fonin-
tention : Et de cinq, de fix , de huit, voire de dix lieues y venoient de
tous coftez les gens en proceflion , en faifant des regrets tels, que fi
chacun eût perdu fon pere , ou le plus grand de fes amis. Pour
parler du grand deüil que fit ladite Dame d'Engoulefme, il n’eft
poinc de memoire que iamais homme en vid faire de femblable,
ny tant le continuer. Que fi elle témoignoit beaucoup de 3
ce n'eftoit pas merueilles , puis qu’elle auoit perdu vn auffi bon
époux que iamais femme perdic, & qui autant l’aimoit ; ie le fçay
comme celuy qui les a veûs affez fouuent en leur particulier * ,où + 1° sueur
ils ne fçauoient quelle chere fe faire l'vn à l’autre, n’ayans jamais rémoir des
laiffé paroître par enfemble aucun courroux, ny parole rigoureu- ge
fe ; partant fi elle eût tant de regret de perdre vne fi bonne com- |
pagnée ie ne m'en ébahis pas, & prefuppofe qu’en l’eftar où elle
eftoit elle n’eût gueres furuefcu aprés, fi ce n’eüt efté la confolation
qu’elle prit en deux beaux enfans qui luy demeurerent de feu, ,
mondit Seigneur fon mary, fçauoir eft vn fils * & vne fille. Le fils at I.
O ii
110 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
+ Margucri- de l’âge de feize mois, & la fille * d’enuiron trois ans; cela eftoit la
es de joye de cetre Dame, laquelle demeura vefue au dix-huiétiéme an
es ra de fon âge, Le Seruice & l'Enterrement de mondit Seigneur fe fic
Lençon, puis à Engoule{me en aufi grande folemnité qu'il füt pofible , felon
Roy de Na- le temps, les gens, & le pays. Au refte fon T'eftament füt accom-
ply, non feulement ainfi qu’il l’auoit ordonné, mais beaucoup da-
uantage, la bonne Dame n'y voulant rien épargner ; & continuant
en prieres & oraifons depuis ce jour-là, comme ceux qui la fre-
uentoient pouuoient voir, ou l’apprendre. Ces chofes eftans donc
faices elle enuoya deuers Adon/cigneur pour l’aduertir de ce qu'il luy
eftoit aduenu, en le fuppliant tres-humblement quefon bon plai.
fir für de l'auoir pour recommandée , & fes ME va Le Roy fût
aufli aduerty de cetse mort, & dit que c'eftoit grand domma-
e, parce qu'il auoit perdu l'vn des plus hommes de bien qui
EM en fa famille & de fon lignage; ie confefle qu’en difant cela, il
difoic bien la verité. Au regard de Monftigneur , ie crois qu’il ne
mourut onques homme qu'il regrerät tant qu'il le fit ; car il Pai-
moit de grand & parfait amour auant tout autre, comme le plus
proche parent qu'il eût du cofté parernel , qui eftoit fon meilleur
feruireur, & plus loyal amy. Dés cette heure-la il prit cetre Mai-
fon en fa conduite & proteétion comme la fienne propre, en fup.
portant & foûrenant routes les affaires qu'elle auoitcomme les fien-
nes; & depuis il a tant fait de biens & d’honneurs à la mere, &
aux enfans , que pere, mary, fils ou frere n'en fçautoient faire
plus largement. |
Aflez-toft enfuiuant le Roy partit de Lion pour s'en aller à
Æmboife où il feiourna quelque temps , ayant toûjours <Honfti-
is auec luy+ Il fit de ES 2 cheres & banquets, qui durerent
onguement; puis enuiron la Touffaints ledit Seigneur s'en alla à
Moulins où il demeura trois femaines : Pendant qu'on y feiour-
noit Mon/eigneur & Monfeigneur de Bourbon s’vnirenc tres-fort
d'étroite amitié, & fe faifoient bonne chere l’vn à l'autre ; ce qui
füt occafion de donner de l'ennuy & du déplaifir à aucuns de ceux
de la Cour qui ne s'en contentoient pas; car il en elt affez fouuent
de cel naturel , qu'ils entrent facilement en foupçon & ialou-
fic des autres fans que l'on penfe à eux, Quand le Roy eût affez
Chafteas (cioutné à Moulins il s'en retourna à L 4mboife, qui eftoic la place
d'Amboife du monde qu’il aimoit le micux, pource _ c'eftoic le lieu de fa
baffyparor- LL: »: or Las:
dre du Roy, naiflance , & qu'il y faifoit bâtir vn cres-beau & fomptueux edi-
CC, |
LeDucd'Or- : | +
leansGou. Durant ce temps, des enuieux rappotterent au Roy, & luy mi-
ré renc en tefte que Æfon/cignenr, comme Gouuerneur de Norman-
rs © die , entreprenoit en toutes chofes fur fon auétorité , & qu’à ce
cot8*. faire l'incitoit &le confeilloit Monfeigneur de Roüen * qui eftoit
d’Amboife 2 | |
Archeuefque fon Lieutenant: Ceux qui tramoient cette accufation firent venir
ROY DE FRANCE. 111
les Baillifs du pays faire de grandes remonftrances& doleances au 4 Roüen,
Roy , afin de f rendre encor plus mécontent & irrité , en difant ne Sid
audit Seigneur que s'il n’y pouruoyoit au plütoft , il y auoit vn par
cres-grand interet. Le Roy auoit inceffamment les oreilles com- #iriffre
me rompuës de ce que luy difoient les autheurs de cét ouurage ; telle- d Effar.
ment qu'en finils’enirrita fort: AMonfeigneur en füt aduerty , lequel
s’en excufa de fi bonne forte, qu'il n’y auoit aucun Prince ou au-
tre, qui ne l'en eût deû tenir pour tres-deuëment excufé; auffi n’y
auoit-il oncques penfé , & c'eftoient toutes chofes controuuées,
& inuentées calomnieufement contre verité , afin de le mettre mal
auec le Roy, s'ils en euffent pû venir à bout;car,commeï'ayditcy-
deffus,iamais aucune perfonne ne craignictant de déplaire à fon Sou- Les Princes
uerain Seigneur qu’il faifoir, auf cftoic-il bien tenu dele faire. Car F y bi
d'autant plus que les Seigneurs font proches du Roy, & plus luy 4 4Couron-
doiuenc-ils d'honneur, de refpect , de feruice, & d'obeïffance , & #° font encer
{e rendre fujets & humbles à accomplir & executer fes comman- ?/:"78=
] P OMMAN- y feruice du
demens. Ledeflufdit Monfeigneur de Roüen s’excufa parcillement Roy, qw'au-
tres-bien & tres-honneftement, comme vn vertueux & fage Prelat fs fer : _
& Gentilhomme qu'il eft, encor qu’il n’eût befoin d’excufe ; car ou
il n’y auoit aucune faute en luy en ce faict-là : Toutesfois l’excu-
fe feruit de bien peu; & Monfeigneur fe fentit obligé de fe retirer
à Blois , tres-déplaifant du mécontentement du Roy : Ceux qui …
auoient braffé cette calomnie auoientintention, comme ondifoit, gt
de faire tant que Monfeigneur de Roüen füc contraint de s’en al- leans caufée
ler à Rome ,ou à Aft; mais ils penfoient d'vne ,& il en aduint d’au- PR
tre : carl’homme propole & noftre Seigneur difpofe de lachofe PTO- pors. d
pofée felon fon bon plaifir & vouloir. |
Il arriua donc qu'vn iour ,le Roy eftant à Amboife, quelques Dh 7
Gentilshommes lierent vne partie pour ioüer à la paûme, ce qu'ils d'oneblefu-
faifoient pour luy donner pafle-cemps. À ce fuiec il partit de fa TE
chambre pour les aller voir ioüer. En ÿ allant il fe heurta & frappa Charles
de la cefte contre vne porte ; on le foûcint, & il marcha quelques VIIL. qi
trois ou quatre pasen auant, puis il fût tout à coup entierement at- io
teint d’un catharre qui luy romba dans la gorge; après on le retira âge de 17.
dans vne chambre qui eftoit là auprés ; & furent cout incontinent €"
L ne 8 x mois , Le 7.
mandez Medecins & Apochicaires quiy firent ce qu'ils pürenc: La gui 1407.
Reyne y vint, qui faifoit vn deüil merueilleux, & cel qu’elle faifoic veile de Pä-
grande pitié à ceux qui eftoient prefens ; & ne fçauoit-on auquel RÉ NA
entendre ou au Roy , ou à elle: Pour le mieux, il fallut que l'on cedele Roy
l'emmenât en vne autre chambre , voire contre fa volonté. Ce £°uys XII:
Prince vefquit dans l'effort de ce catharre enuiron neuf ou dix rs do ol
heures; & nonobftant qu’il ne püc rauoir ny proferer fa parole, fi Pafques fu
faifoit-il toûjours des fignes , & donnoit des marques d’vn bon ee Mars
Chreftien, & vray Carholique. En cette maniere le Roy {harles ‘71497-&
ver ee : : . dei. Auril
Huitiéme finit fon dernier iour enuiron le temps de Pafques fleuries en 1408.
112 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
l'an mille quatre cent MN dix-fept ; le vray Sauueur du
monde luy foit propice à l'ame, C’eftoit vn cres-gentil Prince, li-
betal, doux gracieux, & tres-accoftable. |
Les me; 1 de cette mort furent apportées à Blois dans cette
mefme nuit au nouueau Roy qui cft de prefent , & cela par plu-
fieurs meffages qui luy furent enuoyez, & qui luy arriuerent coup
fur coup : Encor sl püc voir & confiderer tout d’abord, à la pre-
miere nouuelle d'vn cel & fi grand accident , que c’eftoit là vne
fucceflion à luy aduenuë, qu'on peut dite la plus grande & la pre-
miere de la Chreftienté ; couresfois ce bon Prince debonnaire &
clément par deffus tous autres, & mefmement dans routes les cho-
fes où Fhonneur & la raifon le requierent, fe prit à pleurer, & en
fit orand deüil , en difanc hautement tout sie de biens du feu
* Eloge de Roy Charks. Meflire George * d'Amboifé Archeucfque de Roïüen
George eftoit pour lors fon principal Confeiller ; aufh l'a-t'il efté depuis,
mer & left encores: & à la verité il le merite bien ; car il eft tres-fage
Donfés ler du & de fubtil efprit, bien viuant en fon eftat ; & auec ce tres-bon
sounean Roy. & loyal feruiteur à fon maiftre , pour lequel il auoit auparauant
grandement fouffert & enduré beaucoup de chofes: Mais puis :
les biens & les honneurs eftoient aduenus audit Seigneur fon
Maifkre , raifon & equité vouloient qu'ilen fût participant, & par
fuy reconnu, dautant que qui a eû fa part du mal doit aufli par-
ticiper aux biens quand ils aduiennent. Deuers le matin Mon-
feigneur du Bouchage artiua à Blois, lequel fit recit de toutes les
chofes comime elles eftoient aduenuës. Peu après le Roy par-
_—— tit pour s'en aller à L4mboife , où à fon arriuée il trouua vne
XILoar. Compagnée tres-defolée qu'il faifoit pitié de voir. Ilentra dans la
ter de l'eaué- chambre ou efloic le cotps du feu Roy {harles , à l'entrée de la-
enifle Jurle Quelle il fit vne grande reuerence, & puis iecta de l’eauë-benifte
corps du d, | |
| pa pe deffus:Ledit Seigneur auoit lors des groffles larmes aux yeux , en
eee difant tout haut _ Dies luy voulht pardonner. Il partit de là pour
# , ° Gus : : | ‘
ne d s'en aller deshabiller , & enfuite il alla voir la Reyne, laquelle il
Bretagne f4 erouua taht defolée , & fi remplie de criftefle & de deüil, qu'aucun
Pi a FA ne fçauroit bien raconter combien elle en auoit ; car c’eftoit plus
fin époufe Que fes forces ne pouuoient porter:le bon Prince la reconforta le
l'an 1499. mieux qu'il pât , en s’offrant à elle, ainfi que l'on peut prefumer,
Ft de la meilleure force qu'il luy fût poffble ; ce qui fe pafla beau-
nuë par ce de la meilleure forte qu'il luy fût pofhble ; ce qui fe pafla beau
ms ge mieux que ie ne le [çaurois mettte par écrit;car il ne fütia-
pen je mais Prince qui le furpafsät en gtäcieufeté, benignité , & cour-
France, v. toific. | |
Pag-96. Il demeuta tout ce iour à L4mboife afin d’aduifer & regler les
Ceremonies des Obfeques du Roy (harles, & autres chofes neceffai-
res, puis il s'en reuine à Blois. Surquoy il faut entendre que rous les
fraiz & les dépenfes qui fe firent pour la conduite du corps (dont la
pompe funebre fütaufli grande qu'aucuneautre qui aitefté il Fe fort
ong-
ROY DE FRANCE. 113
long-temps) furent énticrement aux dépens de ce bon Prince, & Obféques ds
le tout fe fit de l'argent qu'il auoit de fon Patrimoine du temps R?y Char-
qu’il n'eftoit que Monfeigneur d'Orleans; car on ne fçauoit gueres pri ar
pour l'heure où en A ailleurs. V. p. 14. du
Bien-toft aprés que le Roy fût reuenu d'ÆAmboife à Blois, ceux es
de Pari enuoyerent pardeuers luy tant de la Cour de Parlement 4 de M.
r autres Corps & Compagnées; ce que firent aufli tous ceux Godefroy
es autres Villes de ce Royaume, afin de luy rendre leurs refpects imprimé l'an
& obeïffances. Monfeigneur de Bourbon y enuoya pareillement, 1619.
& y vint luy-mefme bien-toft aprés, ainfi que tout le refte des re gum er
autres Seigneurs, & gens d'Eftat de France. | deuoirs ren-
Monfeigneur de la Trimoüille * fût ordonñé pourla conduite ge HAE
du corps du feu Roy, dont il-eftoit le prernier ee , auec se néon
{es autres Chambellans, & tous.fes autres Officiers, les mefmes 4 le Cowren-
_ qui auoient accouftumé de le feruir de fon viuant. Il y auoit pour ””
l'accompagner vn Cardinal, auec huit ou dix tant fe ee don de ce
sites ues.. En cét eftar & Ceremonie le corps du defunt Roÿ le, premier
üt mené & conduit iufques à Paris; & en chemin faifant, dans Chembclan,
. V7: \ fr: : 4 la conduite
routes les Villes où pafloit ledit corps, fe faifoient des Seruices 4 Cove,
funebres fort folemnels. À Noftre - Dame de Paris il s’en fit vn & delepom-
beau par excellence; de là il fût porté à Saint-Denys, auquel lieu a .
il fût inhumé en grande pompe & folemnité. Le Seruice eftant VIIL
acheué il fût par les Herauts crié, Adort eft le Roy Charles, Vine le |
Roy Louys. Noftre Seigneur par fa bonté veüille permettre que ce
{oit longuement, & en bonne fanté. DO
€ + ,
$
LHISTOIRE
DV | VOYAGE DE NAPLES
CHARLES VIII
MISE PAR ESCRIT, EN FORME DE IOVRNAL,
de fon exprés vouloir & commandement,
Par ANDRE DE LA VIGNE, Secretaire d'ANNE
DE BRETAGNE Reyne de France.
Tiré de la Bibliotheque du Roy.
LE Mardy neuféme Septembre mille qua.
tre cent nonante quatre le Roy partit de
1 49 4. ee
Sd à KW | Quiers, d'où il s'en alla difner à Ville-
SAN neufue , & le iour mefme fouper. dans la
él ville d'4f, où il fut cres-ioycufement
MEN reccû, & peu aprés il y apprit les bonnes
M À les de la deffaite, fur 1 d
| nouuelles de Îa deffaite, fur la mer de
*P.p.99. € Sa) Genes, du Prince de Tarente * par le
P- 295. des === Duc d'Orleans. Ce combat arriua deuers
sens SES le pont de Genes, auquel fe fignalerent le Seigneur een de la
Granche le Seigneur de Psenne * ; & Charles de Brillac Maiftre d'ho-
Lounure.
HISTOIRE DE CH. VIILR.DEFRANCE. n$
ftel du Roy, lequel y fut fur le champ fait Chewalier , le Bailly de
Dion , & le Seigneur Gxynot de. Lonfire y rendirenc auffi fort 474:
bon feruice : Ledic Duc vint énfuite ioindre le Roy à ff, où |
fe rendirent auffi le Seigneur Ludouic* oncle du Duc de Milan, & * Louys
fa femme Béarrie fille d'Hercule 1. du nom, Duc de Fertare; More die
le Roy dans Aft logea quelque temps en la maifon d'un des ha- 4e Iean Ga-
bitans nommé fear Rogier, & enfuite chez les Iacobins, üù il [e- — hi
iourna iuÎques au fixiéme Otobre ayant cependaât donné or- rl
dre àplufieurs de fes affaires: Ledit Scigneut Ludouicrdans ce temps- fwrpale Du-
là conuerfoit priuément & familierement auec le Roÿ, qui luy bi. sp _
{oit la meilleute chere du monde , pendant que ce perfide cou- Ho
uoit toutes trahifons contre fon feruice, dont il fut à la fin fort
mauuais marchand.
Le Lundy fixiéme Octobre le Roy partit d’A4f, alla difner à O&obre.
Fariniere & coucher à ÆAontcal , qui eft la premiere Place vers la
Lombardie , hors du Piedmont , appartenañt à la Marquife de
Montferrat , qui fit tres-grand accuëil au Roy ( en fe rhettant
en fa protection & fauue-garde ; ) & encor plus dans Cafal {a Vil-
le dE Ms du Montferrat , où il atriua le lendemain Mardy feptie-
_ me du mois, & y fûüc iufques au Vendredy fuiuant dixiémeOéto-
û
bre qu'il für difner à (oaf$e, & coucher à Afortore *.
Le Samedy onziéme O&tobre le Roy füt gifter à Wigese*, qui » 1
eft Euefché , où à fon Entrée chacun crioit à haute voix , Wike le ne -
Roy. | LD
Le Lundy treiziéme Oétobre lé Roy alla aux Granges.
Enfuite il alla à Panie, où il fût receü par vous les Corps & par
lVniuerfité , encr'autres , aucé des acclamations , triomphes , &
magnificences comme incroyables : 11 y für depuis le Mardy qua-
vorzième iufques au Vendredy dix-feptiéme Oétobre qu’il en par-
tic pour allet difnet à Beriofle, & de là coucher à Caflel-Sainit -
Jean .
. . "A de « . .? | . *
Le lendemain, qui füt le Samedy dix-huitiéme O&obre, il oies
füt difner à Rouquelfe, & vers le foir il fit vne Entrée magnifique Galeas Due
dans Plaifance , auquel lieu fuy vinrent nouuelles fort furprenan- #4":
tes, que le petic Duc de Milan * eftoit mort tout fabitèment, dont . Pr
il füc tres-marty, & luy fit, dés lé leridemain de cét aduis , faire for.causépar
vn Seruice funebte fort folérnnel ,en marqué de k grande affection pren
qu'il auoit euë pour le defunt, & dénna a. harge de cette Ccere- Cominesp.
monie ax Sieur Regnaut d'Orcilles, qui s'en acauitta tres-bient, -. 292.293.//
Tour le monde creût facilement d'abord qu'vne ff prompre … il
mort auoit éfté auancée à cé jeune Due par quelque maunais breu- #toi épousé
uagc. Le Roy auant à de partir de Plaifañce* receût diuérs pre- RTE
fens de ceux de 14 Ville, & entr'auttés des fromiages dir pays d'v- 11. Roy de
ne extraordinaire groffeur & grandeur, qu'il fit conduire en Fran- Ed
ce isiques à Moulins deuexs là Reyne & lé Duc de Bourbon: Pre)
Pi
*al. Mortr
1494
* peut-effre
Bourg
SW.p.104.
d'10$.
116 HISTOIRE DE CHARLES VII.
Le Roy partit de Plaifance le Ieudy vingt-troifiéme Oétobre,
alla difner & fouper à Florenfole.
Le Vendredy vingt-quatriéme Oëtobre coucher au Gowrg*de
Sainct- Denys. |
Le Samedÿ sp Te Octobre à Fornouë , Bourgade où
il ya vne belle & grande Abbaye. En ce lieu eft l’Entrée des
Montagnes des Alpes , & ce fût là où le Roy au retour de fon
voyage & de fa conquefte de Naples gagna la Bataille de Fornouë*,
& remporta vne memorable viétoire contre toute l'Italie liguée
contre luy afin de Îuy fermer le paffage. Il y a vn ruiffeau à For-
* PV, de Co-
mines du
Lounre, ?'
294. 295.
* Le mefme
de Comines.
pag 295.
Nouembre.
nouë qui de fois à autre croift fi extraordinairement tout rte
que les paffans qui s’y rencontrent fe trouuent en grand peril,,
comme | pps lors de ce paffage du Roy, où quelques-vns de fa
fuite penferent eftre noyez. | :
Le Dimanche vingt-fixiéme Octobre on chemina parmy les
Monts des : Alpe où on fût fort étroitement logé.
Le Lundy vingt-feptiéme, en continuant la trauerfe des Aonts,
on arriua à vn Bourg nomme Bellée.
Le Mardy vingt-huitiéme on arriua à Pontréme*, où l'on fit
vne fomptueufe Entrée au Roy, que ‘Pierre de Medici vint trouuer
pour fe mettre luy & les fiens en fon obeïffance, & l’affurer de la.
ville de Florence & de l’Eftat des Florentins; il luy promit mefme
de mettre en fon obeïffance vne Villette appellée Sarféigne , & vne
bien bonne Place tout auprés, qu’on nomme Sarfouuille ; laquelle
cffetiuemement für dés l'heure mife entre fes mains.
Le Mercredy vingt-neufiéme le Roy fût à Noffre- Dame des Mi-
racles proche de Pontréme; & aprés le difner il s’en alla à Folle.
Le Ieudy trentiéme & le Vendredy trente-vn & dernier Octo-
bre furent employez à faire auancer l'Armée pour aller coucher à
nr où l'on fit vn feiour de fix iours tant pour le refpeét de
la fefte de la Touffaints , que pour donner temps aux Troupes laf-
fées & fatiguées de fe rafraichir & reprendre haleine; &aufl our
donner quelque repos aux malades. Durant ces fix iours plufieurs
affaires importantes furent ordonnées & reglées par le Confeil du
Roy, que Ludouic vint là trouuer , puis il s’en retourna * foudai-
nement à Milan, continuanttoûjours dans le deffein de faire éclor-
re les grandes trahifons qu'il brafloit pour faire perir l'Armée de
France, & trauerfer ce voyage.:
Le Ieudy fixiéme Nouembre le Roy partit de Sar/éigne pour
aller à Haffe Bourg où il y a vn fort chafteau, dans lequel il fûc
bien accueilly de la Marquife, en l'abfence du Marquis. Pro-
che de ce chafteau il y a vne montagne où fe prend du marbre
blanc & noir, & d'ou l’on découure la grand’ mer qui n’en eft qu’à
demie lieué.
Le Vendredy feptième au partir de Maffe, pour aller coucher
ROY DE FRANCE. | 117
à Petre-Sainéte * petite Ville conteftée entre les Florentins, &lesGe- , 494.
nois, dont le Roy voyant linconftance & les changemens fre-
one qui y furuenoient de iour en iour , fe refolut d'y laifer vne 525
eComines.
orte garnifon dans le chafteau iufques à fonretour ,pour'luy fer+
uir de plus grande feureté à fon paffage. UT
Le Samedy huitiéme Nouembre, aprés difner, le Roy fit fon
Entrée à Luques , dont les habitans le receürent & l’harangue- ::
rent comme leur Sowxerain Seigneur , en foümertant leur Ville
entierement à fon obeïffance ; il fe fit mener par les Grange, qui
font dans vne prairie de quatre ou cinq licuës en quarré , fi-
tuée proche de B. où font nourris vne a de beftiaux de tou-
tes fortes; ce qui eft vne des plus curieufes & plus extraordinaires
chofes à voir : Puis il fût coucher à (ourper le Lundy fuiuant; &
le lendemain Mardy * fon difner füt dans le fauxbourg de Pauie *11 fembley
vers Pife , dans vne grande Abbaye de Sant Antoine richement #iren cé
fondée, & bien baftie, d'où enuiron les deux heures & demie il Ha bass
> | que obfcurite
fit {on Entrée dans la ville de Pife auec toute Ja magnificence pof- dr contradi-
fible. - fHon, ou du
| L Le . | moins confu-
Dés le Dimanche matin neufiéme Nouembre fon train fût preft fon de dar-
de marcher : Il alla difner à Primat , & aprés le difner il fit ladite res, comme fi
Entrée autant folemnelle & honorable qu’on puiffe iamais faire, Re
y cftant receü comme vn Souuerain & vn Liberateur , & comme noir pas bien
le Protecteur de leur liberté contre les entreprifes & vfurpations 777
des Florentins *, qui difoient auoir droit de Seigneurie fur les Pi- * #. de Co-
fans ; & à ce Guide Les vouloient tenir en grande & rude feruitude; a
ce que les Pifans ne pouuoient fouffrir ny fupporter ; c'eftoit vne dl
chofe admirable à voir , que toutes les figures des Hiftoires &
myfteres , & des arcs triomphaux , qui eftoient dreffez & expofez
en diuers lieux dans les carrefours & ruës de Pife,deftinées au paf-
fage du Roy & de fon Armée.
Aprés que le Roy eût fait grand’chere dans Pife, le lendemain
il fût difner au lieu dit Pont-Codere , & coucher à Empoly. |
Puis le matin, qui fut le Mardy onzième Nouembre, il fût au
Ponr-du-Signe , beau & agreable lieu de plaifance (qui n'eft qu’à
deux lieués de diftance de la ville de Florence) où le Roy feiourna
cinq ou fix iours ,.pour voir cependant quelle refolution pren-
droient les Florentins, qui s’'eftoient foûleuez contre Pierre de Me-
dici* , lequel auoit mis en la puiffance du Roy tous leurs chafteaux * De Comi-
& forterefles; enfin, comme le Roy s’appreftoit à les venir forcer qi
leurs Deputez le vinrent trouuer , & par l'entremife de ceux de “77 "77
Siene & de Venife qui les auoient accompagnez, ils s’humilierent , &
excuferent fort leur conduite fur la rebellion du peuple, & le tu- ..
mulre caufé par vn certain tas de populace, & gens fans adueu,en
le priant que fon bon plaifir fût de les venir voir & honorer de
fa prefence ; qu'ils luy ouuriroient toutes les Portes de leur Ville
P iij
118 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
1494. pour y entrer & y pafler auec route fon Armée à fon loidir & bon
7" ayle, & qu'ils luy rendroient tout honneur & refpect & route
l'obciffance pofhble ; ce qu'eftant ainfi offert de leur part, auffi-
toit le Roy y enuoya a de fes Fourriers pour y marquer les
logis, & s’aflurer deslogemens plus commodes , tant gs fa per-
{onne que pour tous ceux de {à fuite ; le Marefchal de Gié y fut
“Guillaume auflli à céc effet , auec l’Euefque de Saint-Malo *, lefquels receu-
Bagonne. enr Je Serment de fidelité des Florentins pour la plus grande feu-
reté du Roy. |
Aprés donc cinq ou fix iours ainfi pafez, le Lundy fuiuantdix-
feptiéme du mois de Nouembre le Roy alla difner proche la vil-
de de Florence dans vn beau & grand Palais orné de verdures & de
treilles: Enfuite dequoy il fit fon Entrée dans Florenæ en tres-grand
triomphe & finguliere pompe. Les Citoyens & habitans luy pre-
fencerenc d'abord les grandes clefs de la Ville , luy firent foy &
hommage, & luy mie honneur & reuerence comme à leur
Roy & fouuerain Seigneur. Aprés que vous les Corps de cette Vil-
le, ranc Ecclefiaftiques que Seculiers eurent paflé ; les Bandes du
_ Roy commencerent à marcher, qui fût la chofe la plus belle qu'on
vic iamais en vne Encréc de Ville : Premierement parurent les
Couleuriniers ,les Allemans, Lanfquenets, & Suiffes, rous bien ar-
mez. Aprés venoit la Bande des Picquiers auec leurs eftendars , gui-
dons & flûtes. Puis la Bande des Hallebardiers entremélez de grands
loücurs d’épées , tous reuétus d'vne mefme parure, fçauoir des cou-
leurs & liurées du Roy , portans la courte dague à leur cofté , les
chaufes.de drap d’or, la chaîne au col : Enfuite venoient les Ca-
pitaina , Monfieur de Cleues , & le Comte de Neuers qui condui-
foient enuiron fix mille foldats deux à deux , auec lefquels eftoit
le Sieur Lornay Elcuyer d'Efcurie, & le Bailly de Dijon. Puis
les © 4rchers d'Ordonnances renans leurs arcs bandez, &/portans leurs
troufles de féches. Aprés les Hommes-d'armes bien montez & ar-
mez , auec leurs clairons, trompettes, cornets & tabourins de guer-
re ; ils eftoient bien en nombre de huit cent Lances ,tous Gentils-
hommes , & de maifon, de grande valeur & vertu, qui ne recher-
choient qu’à acquerir de l'honneur & de la reputation dansle feruice
du Roy. Enfuite venoit la Bande des deux cent Arbaleftriers portans
tous l’arbalefte bandée : Puis la Bande des =_4rchers de la Garde du
Roy allans quatre à quatre, portans deffus le dos, le hocqueton tra-
uaillé de fine orphéuerie. Aprés vinrent quelques Capitaines com-
me les Sieurs de Cruflol , Claude de la Chaftre auec fon fils, die
le Sieur Quoquebourne , & autres habillez tres-richement. Sui-
uoit la Bande des Cent Gentils-bommes du Roy fort fuperbemenct
vétus. Les Pages d'honneur montez fur grands cheuaux, & les La.
quais à pied vétus de draps d'or & de velours allans autour la Per-
fonne du Roy, qui eftoit monté fur fon courfier qu'on appelloirt
ROYDE FRANCE, 119
auoye ; il eftoit armé de toutes pieces d'vn harnois luifant, doré
en plufieurs endroits , & enrichy de quantité de grofles perles & er
de pierres pretieufes , il portoit vne Couronne d'or fur la cefte
toute couuerte de fines pierreries , auec vne grofle efcarboucle
au milieu, quatre Seigneurs des plus qualifiez de la Ville por-
toient deflus vn riche poifle de drap d’or trait à la mode deFran-
ce, & cela, en figne de viétoire & de conquefte. Le grand Eftuyer
d'Efturie portoit l'épée de Iuftice Royale deuant le Roy, & le
Grand-Preuoft de l'Hoftel auec fes gens, Archers de la Garde dü
Corps, eftoient aux enuirons de fa Perfonne pour le preferuer de la
prefle, & de tout peril. Les Grands Seigneurs de l'Ordre & autres ve-
hoient aprés ; & enfuite pefle - mefle les Cardinaux , Archeuef-
ques, Primats , Euefques, Abbez. Puis les Prefidens & Gens du
Grand Confeil, Les Grands Penfionnaires, Les Grands & Generaux
Financiers , les Treforiers, Controlleurs, & Receueurs, tous bien
montez & parez; & confequemment les Valers de chambre, les
Efcuyers, les Officiers , Porte-buffets, Echançons , Dépenfiers ,
Huifliers, Panetiers, Tapifliers, & tous autres feruiteurs domefti-
ques de la Maifon du Roy: Tout à la queué eftoient les Valets &
Pages auec les bagages des bahuts, lits de camp, & aucres vften-
filles, les Viuandiers , Lauandiers , Chariots, Charettes, Broüettes,
Mulctiers, Ruftaux * detrain, Charretiers, pietons, Laquais, Auan- * kyfiques ;
turiers, Corretiers *, & autres moindres gens. d Payfans.
= r | Mefagers.
Voila comme certe Armée Françoifeauec tout fon train paffa lors :
viétorieufement tout au milieu & au trauers de Florence, furnommée
la Belle ,ou la Gentille, compofant vn nombre & vne fuite de plus
de cinquante mille perfonnes des gens du Roy: Les ruës par où cet- ré Le
te Entrée fe fit eftoient tenduës & parées de draps precieux ; & en race. .
plufieurs endroits cftoient dreflez des échaffauts auec des reprefen-
rations de myfteres & ioyeux diétons écrits en lettres d’or & d’a-
zur ,à l'honneur du Roy victorieux , & à la loïange dela Nation
Françoile, & des Fleurs-de-lys. |
Le Roy en cé eftat & en cette pompe fut conduit iufques en
la grande Eglife, où il fit fon oraïfon, puis il fût accompagné au
logis qui luy eftoit Dre , appartenant à Pierre de Medick, dont
les murs font tous bâtis de marbre , où durant dix iours entiers
il fût agreablement logé , y eftant accompägné de cinq ou fix
Princes. | :
Durant fon fejour, il y entendoit chaque iour la Meffe tantoft
à vne Eglife , & tantoft à vne autre , comme ä Sainét Laurens , à
l’Annonciade , à Sain& Dominique où eft vne grande deuotion à
la Dame de Confort, à laquelle on prefente, en figne de vœux, des
images de cire. | |
Le Roy feiourna donc dans la ville de Florence auec fes Trou-
pes (pour y faire voir fa haute puiffance } depuis le Lundy dix-
20 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
; 494. fepriéme Nouembre iufques au Vendredy vingt-huiétiéme du mef
7 me mois qu'il en partie; & le lendemain Samsdy vingt-neuféme
il s’en alla au gifte à Sainct-Cafans , où il demeura tour le Diman-
che dernier Nouembre pour trauailler à fes dépçfches, & autres
affaires, |
Mais le Lundy premier Decembre il für coucher à Pongitond
petite ville affez peuplée & bien plaifante, qui s’acquitra bien de
{on deuoir enuers le Roy & faute fa fuite ; & dont les habitans ne
ccfloient de luy demander à grands crys, qu'il leur procurât Leur
liberté , & les deliurât de toute tyrannie & feruitude,
Le. lendemain il s'en alla difner à l'Abbaye d’4ye proche d'vn
grand Lac; & aprés il fit marcher fon Armée en belle ordannan-
* De Comi- Ce vers l'ancienne ville de Siene * , furnommée le P ierge OÙ la Py-
nesp.299. celle, qu’on auoit ce iour-là extraordinairement bien parée, & ten.
duë de riches draps & rapifferies, afin de mieux honorer & figna-
ler l’Entrée du Roy. |
| Ce für le Mardy deuxiéme Decembre qu'il y fût reçeû en rres-
Rays Sie. grand honneur & appareil, comme vn Prinçe qui venoit prendre
ne. pafleflion de certe Scigneurie , & y faire paroître routes les mar-
ques de fa domination iles Bourgeois fe reuéeirent rous d'yne fem-
blable parure pour cette Entrée : [ls apporterent ioyeufement leurs
Decembre.
clefs ay Roy, qu'ils fouhaitaienr, plus qu'auçun du mandé, d'auoir
pour leur Seigneur , à quoy ils eftoient portez d'vne inclinatian na.
rurelle enuersles François,dans l'efpoir qu'ils feroiens par leur moyen
* pp. 114. deliurez de route oppreflion & eyrannie * : Ils furent plus d'une
co Fr _ lieuë hors de leur Ville au deuantdu Roy; & pour marque de plus
des contra- Grande foûmifhion & deference, ils déracherent & mirent bas quel-
ricter, dini- ques-vnes de leurs grandes Portes , & abbatirent vne partie de
foie 4 Jeurs turailles afin de donner plus facile entrée & plus d'accés
pathi es en-
tre les Flo- parmy eux à tous les François. [ls auoient éleué des Infcriptions
rire Sie marquées en or & en azur, qui porçoigne Syna vetus , (initas Vir-
sSPI .. / à
es ginss; & de l’autre cofté, Karolus Offauus, dinine miffons, Francorun
Rex Chrifianiffiens, Manu Tislie , Liberator Romanæ Ecclefie ,
fdéique amplificaror fanéüifime. Toute cette compagnée für bien
fix heures entieres à pafler fans aucune difcontinuation , chacun
eftant dans vne admiration incroyable de voir yne fi belle & fi
floriffante Armée cheminer auec tant de douceur, de paix, & de
cranquillite , fans caufer le moindre defordre : Petits & grands
iettoient en foule des crys, en vers rymez, de Wige le Roy, mige ce-
luy qui me grand’ bonté maintiendra Senes en vraye liberté : Enfin,
tous Les habitans s'effarçerens à l'enuy de lyy rendrerour honneur,
ainfi qu'à leur Soguerain Seigneur ; Ils le Jogerent pres de l'Egli-
fe ,au lieu dit don dont l’Eglife eft toute enrichie de marbre
blanc & noi; ; proche de là eft l'Hoftel-Dieu, le mieux renté qu'on
fçache eftre dans la Chreftienré. | |
| Le
ROY DE FRANCE 121
Le Ieudy enfuiuant quattiéme Decembre ,le Roy s’en alla dif-
ner à Beanconuent & gifter à S. Clero, où il demeura le Vendredy
cinquiéme, & en partit lé Samedy fixiéme pour aller difner à R-
toure & coucher à la Paillette , ou le Roy trouua toute fon artille-
rie aucc l'attirail & l'équipage dés-ja arriuée, & route prefte à fer-
uir & eftre mife en vfage, qui atcendoit la venuë du gros de l’Ar-
méc. |
Le Dimanche feptiéme Decembre le Roy s'en alla à e Aigwepen-
dans *, Ville qui appartient à l'Eglife de Rome, où il y a vne Fon- *Aqua pen-
taine fort renommée, extraordinairement abondante en eauë tres- dente, v. de
excellente ; le Roy y fût receû tres-honorablement , on luy pre- Un .
fenta les clefs, & on vint au deuant de luy , les Ecclefiaftiques en-
tr'autres reuétus de chappes & chafubles , auec les Croix & les Re-
liques, & mefme le Sainét Sacrement , afin de l'honorer dauanta-
ge à fa Bien-venué. |
Le Mercredy dixiéme Decembre, il partit d’icelle ville d'Æ#-,
; \ Fr: x : | s V’. le mef-
gacpendant pour s’en aller à Viterbe*, (Ville qui cft auffi du patri- 200.
moine de l'Eglife Romaine) où on luy fit vne excellente reception; & 301.
fon logement füt prés dela Porte Romaine dans l’Euefché, maifon
fort agreable & plaifante. IL y. demeura cinq iours entiers ,faifanc
cependant toûjours auancer fes Troupes & fon artilléric ; il y fic
{es deuotions au tombeau de Sainte Rofe Religieufe , qu’il vifica
frequemment auec toute fa Cour , à caufe de la renommée des
tands Miracles qui s'y faifoient. Dans Wirerbe il y à vne tres-bel-
e Fontaine d’eaué fort claire & faine , qui iette par trente-quatre
endroits. L'Hoftel de Ville y eft beau & fomptueux ; le. Marché
public y eft grand & fpacieux, & le Chafteau affez fort, où le Roy
mit le Sieur Gawache en garnifon.
Tandis que le Roy demeura à Witerbe , il enuoya de fa part vers
le Pape * le Sieur de la Trimoäille accompagné de plufieurs Gen- * Alexandre
tilshommes , pour negotier auec luy ; & fit tant que ce Pape pro- Hs
mic d'eftre fidele & fauorable au Roy (ce qu'il ne tint pourtant a
gueres , ainfi qu'il fe verra cy-aprés;) & pour le mieux affurer il AS
deputa des Cardinaux & des Eucfques , auec lefquels eftoit auffi se
fon Confeffeur, qui tous vinrent trouuer le Roy dans fa chambre, & 554.
lequel aprés leur auoir parlé & eftre conuenu auec eux de diuerfes
chofes, & auoir arrefté certains poinéts & articles de Traité* de” 7-# "ef
: : : y Mme PAG. 534.
paix & alliance, il fe refolut de partir de Wirerbele Lundy quinizié- &4rmy es
me Decembre; pais il vint difner à R aw/illon, & coucher à Mappler, Preuues.
petite, mais iolie Ville, ou il fût fort honoré ,bien receû, &tres-
commodément logé , à caufe de l'abondance de toutes fortes de
viures & de bonnes prouifions qui y eftoient, ce qui fit qu'il y de-
meura iufques au Vendredy furuant, afin de laiffer cependant la
liberté à ceux de fa fuite d'y prendre d’autane plus de repos & de
rafraîchifflement. |
| Q_
1494.
122 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
pr Le Vendredy donc dix-neuñéme Decembre il s’en alla difner
Fi G coucher à Breffaigne, belle petite Ville, où il y a vn Chafteauaf-
A a fez fort, ___— au nommé Wirgile,* Seigneur Romain de
Comines, grande confideration , lequel pour témoigner le zele de fon affe-
pag. 199. tion enuers la France ,enuoya vn fien fils naturel trouuer le Roy,
39.39% Afin de demeurer auprés de luy à fon feruice pour plus grande feu-
reté de fa parole: Ce Seigneur poffede en propre dans ces quartiers-
B, en l'efpace de fept à huit mille, d’étenduë, quatre Villes fort
peuplées , fçauoir Wigaire , Breffaigne, Languillaire ; &° Termaigne,
dont il enuoya faire offre au Roy , pour en vfer à fon bon plai-
fir. Prés de ces Villes il y a vne grande foreft enuironnée de fer
tiles labourages, laquelle cft remplie de quantité de porcs - épics
& autres beftes fauuages ; & on la découure de fort loin , à caufe
de la hauteur extraordinaire des arbres.
Durant que le Roy feiourna dans Breffaigne ,le Pape enuoya en
Ambaffade deuers luy les Cardinaux du titre de Lorctte, de Sanét
éLeCardi- Denys, de Saint Surin, & de Lefcaigne*, lefquels conclurent que
nalAfcaigne le Roy feroit receû dans Rome auec toute fon Armée , & qu'il y
“ enreroit fort ou foible cout ainfi qu’il luy plairoit.
v.deComi- En ces entrefaites Monfieur de Ligny* accompagné d’vne bon-
“e:p.300. . ne troupe d'Alemans alla s'emparer de la Place d'Offe, qui eft vn
* Le mefme Port de mer d'importance, fitué au delà du Tybre, où l'on ren-
| is contra vn grand magafin de viures & de munitions de guerre.
#bidp.30$. Le Duc de Calabre* eftoit lors dans Rome , où il trauailloit le
1e plus qu’il pouuoit à encourager & fortifier ceux de fon party,
mais — que l'Armée à Roy s’approchoit ainfide iouren
* ra. jour, il perdit tout courage & s'enfuit; en fe retirant, ou plûtoft fe
poüille fauuant aucc les fiens dans la Prouince de la Poüille * au Royaume
de Naples.
En mefme temps le Sieur de la Trimosille, qui cftoit auec le Ma-
refchal de Gyé auprés du Pape,employa nombre de Fourriers pour
marquer dans Rome les logemens du Roy , & de tous ceux de fa
fuite, cant de fes Troupes que de fa Cour. |
Le Roy feiourna dans Breffaigne depuis le Vendredy dix-neufñé-
me Decembre iufquesau Mercredy trente-vniéme dudit mois, qu'il
*1bid.p.300. {e refolut enfin d'aller luy-mefme à Rome*, & d'y coucherainf qu'il
302. & 306. fit cette iournée- la.
| Il y fit donc fon Entrée à main armée le dernier iour de De-
cembre par la Porte Flamine , lors qu’il eftoit dés-ja fort tard &
toute noire nuit; mais qui fût rouce éclairée à fon fuiet d’vne mer-
ucilleufe quantité de torches, de fallots, & de flambeaux : Il co-
ftoya Saintle Harie de Populo , rraucrfa auec les fiens toute la Vil-
le, tous ayans la hache, la hallebarde, ou l'arc en main, iufques à
ce qu'il fût arriué au Palais Saint Marc, lieu deftiné pour fa de-
meure & pour fon logement ; aux enuirons duquel on plaça toute
ROY DE FRANCE. 123
Pastillorie, auec:de bons corps de garde, |
Le Pape cependant n'eftoit pas trop content de voir ainfi le
Rox fi proche &.fi voidin de luy auec tant de forces, & luy auroit:
fans doute fait dés l'heure quelque trauerfe & maumais tour s'il
auoit pù, mais dans.la crainte d'vne fr grande puiffance il s'allaen:
fermer dans le (hafteau Sainct- Ange, fans. vouloir autrement: pour:
lors parler à luy. °° -.:: | | MS
Le Roy voyant céc étrange procedé du Pape en fon endroit,
&e la méprife & l'embarras auquel il fe mettoir , affembla & rine
Confeil pour auifer fur ce qu'il auroit à faire en ce rencontre, &:
examiner les meilleurs moyens d’adoucir fa fureur, auant qu’eftre
obligé d'en venir à d’autres: exrremitez ; le refultac fut qu'on en-
uoycroit pardeuers luy quatre ou cinq perfonnes qualifiées , qui
furenc Mefhieurs de Foix, de Breffe , de Gyé,& de Ligny auec Mon" 41.06 Rely
fieur d'Angers (nommé Maïtre Teen Darly*) pour luy faire la nv de
harangue en Latin ;le Pape fût vn peu étonné de cettedeputation, Comines p.
qui opera tant qu'vn accommodement & accord* s'enfuiuit,moyen- 2 he.
nant lequel vne entre-veuë fût arreftée entr'eux, comme il fe ver- ,307.6-534.
ra cy-aprés: , |
En attendant ke fuccés de cette conference, le Roy ne perdoit
aucun temps à auancer fes affaires, ne ceffant de trauailler à celleg
qui luy paroifloient les plus preffées , & faifant diftribuer conti-
_nuellement fes ordres & {es mandemens fur toutes les occurrences
qui pouuoient furuenir; il ne laiffoit parmy cela defrequenter les
fainéts Lieux fort deuotieufement, & aller de iour eniouraux Eglifes,
&ftations voir & honorer les Reliques qui y eftoient ;en répandant
par tout de grands dons, & faifant de grandes diftributions decha-
titez & aumônes : Par interualles de temps , pour fe defennuyer
& fe delafer de fon trauail prefque continuel, il alloit par recrea-
tion voir les lieux les plus curieux & les chofes les plus rares de la *c'ef/'Ima-
Ville ; vn iour il fût voir la Veronique* , & la Noftre-Dame de .
Sainét Luc pour y gagner pardons & indulgences. ETS
Le Eundy douziémme lanuier , eftant accompa né de fa No: lanuier.
bleffe ,& precedé des Archers de fa Garde, il fûc Le l'Eglife des
Freres Mineurs, qu'on nomme _4ra Cali, & que Fonditeftre ke lieu
où vne des Sybilles autresfois enfeigna à vn Empereur, qu'il y auoic
vn fouuerain Maiftre qui eftait incroyablement plus que luy, &
eftoit le nompareil ; en luy faifant voir en l'air la figure de Noftre
Seigneur , & de Noftre-Dame fur vn rayon de Soleil. Proche de
cette Eglife il y a vne grande Efguille de fin porphire, & tout au
deflus vne | sens fort fubtilement & delicarement appropriée ;
au dedans de laquelle (fuiuant qu'on le rapporte à Rome) font
renfermées les cendres d'vn Empereur , ou de Seneque le Philofo-
phe. Auprés de là fe voit l'Hoftel de Ville , qu'on prefume auoir
autresfois efté le Capitole des anciens Romains; c’eft dans l'Eglife
Q 1}
1494.
=
h4 HISTOIRE DE CHARLES VIIL.
” fufmentionnée qu’eft conferué le Tableau que la tradition dit
E494. . , cr. |
auoir cfté. fait par Saint Luc mefme l’Euangelifte , reprefentant
aprés le vif & au naturel la fainéte Vierge Marie, lequel Tableau
füc là monftré à découuert durant vne matinée au Roy , & à ceux
*Eleefoir de fa fuite ; ainfi que le corps de Sainéte Helene *, qui eftoit fem-
femme de me de Conftantin Empereur de Rome. a |
l'Empereu . ; — PS
Céflantius, Le Mardy treiziéme Ianuier le Roy oüit la Meffe dans PS 2
G merede des Iacobins, qu'on appelle LA MINERVE, &l'aprefdifnée eftänt
Fe accompagné de plufeurs de fes gens d'ordonnance il fût en-
tendre Vefpres à Saint Scbaftien, lieu fort ancien , dehors la
Ville. : | |
‘En ce temps furuint vne querelle encre les luifs, & quelques-
vns de ceux de la Garde Françoife & Ecofloife du Roy , dans vne
ruëé proche la Place Iudée; l'effet de ce debat fût, que plufieurs de
ces luifs , & mefme quelques-vns des principaux d’entr'eux y fu-
rent tuez & pillez, & leur Synagogue toute renuerfée & décruite;
ce qu'eftant venu à la connoiffance du Roy, il donna ordre au Ma-
refchal de Gié de faire recherche &information exacte des autheurs
de cette fedition , & en fuite pour la confequence il commanda
de faire vn châtiment feuere, & vne punition exemplaire d'vne telle
infulte & fi grande infolence ; à quoy ce Marefchal trauailla en
diligence eftant accompagné dés Archers d'ordonnance; & aprés
vne enqucfte exacte, fix des plus mutins de ces galans furent pour
certe action condamnez à mort, & à cét effet pendus & étranglez
en place publique dans le {hamp de Fleur * , puis attachez aux cre-
neaux de deux grandes feneftres, afin de faire plus de peur au re-
fte de ces rebelles. Cela für caufe que pour remedier à l’auenir à
telles noifes & difputes, le Roy fit promptement dreffer trois ou
quatre luftices en diuers quartiers de la Ville , où quelques larrons,
LeRoyexer- meurtriers, & feditieux furent pendus ; quelques autres criminels
celaluffice 1 /
dans Rome. Cürent par fon ofdre la tefte tranchée dans ledit {hamp de Fleur,
& d’autres malfaicteurs furent iettez en la riuiere ; faifant en cela
voir manifeftement qu’il auoit dans Rome, comme à Paris, hau-
te, moyenne, & bafle Juftice. |
Durant ce temps vn grand pan de muraille cheüt inopinément
de foy-mefme du (hafteau Sainét- Ange, fans qu'on püt bien com-
prendre comment cela pouuoit eftre arriué ; ce Chafteau eft con-
ftruit de grandes pierres de taille par vn artifice & ouurage mer-
ucilleux ; ce qui n'empécha pas qu'vne grande partie ne tombât &
fût ainfi renuerfée dans la “rp au fonds des foflez ; le Pape füt
| # DeComi- FOft étonné & tout en colere d'vne cheûte fi furprenante*, ne fe
“esp.302. Croyant plus en aucune feureté dans ce Chafteau après vn tel acci-
dent: d'autre part chacun en difcouroit dans Romeauec vne extraor-
dinaire admiration , & prefque tous y afluroient & publioient hau-
tement , que cela ne pouuoit eftre ainfi arriué que par vn miracle
*2l Flore,
\
ROY DE FRANCE. 12$
tout extraordinaire, fait vifiblement & tout exprès par le Ciel en 1494.
faueur du Roy. | L |
Le rue à quatorziéme Januier le Roy oüyt Mefle à No-
fre-Dame de Confolation , & fût enfuite difner à Moffre.- Dame
la Noue, où il fût tres-bien regalé par les Celeftins.
“Le leudy quinziéme il entendit Meffe à Sainé&t Marc, & aprés
lc difner il füc par recreation s’ébatre à voir vn combat de tau-
reaux, bœufs, & grandes vaches contre de grands chiens accoû-
umez au carnage; ce qu'on pratique ainfi à Rome afin de rendre
la chair de ces animaux deftinez à la boucherie, meilleure & plus
tendre : Aprés ce diucrtiffement il vint voir le lieu qu’on nomme
Colifée, grande Place qu'on dit par tradition appartenir de droiét
au Roy. | | . |
Le Vendredy feizième lanuier, il oüyt Meffe dans l'Eglife de S.
Pierre , où il fe rendit accompagné de fa Nobleffe ; il y eût vne
merucilleufe prefle, & ce füc là où le Pape s’eftant rendu en mef- : .
me temps, ils s’entreuirent enfin & Se ee l'vn l’autre, fe a
tenans aflez long-temps bras fur bras , & deuifans ioyeufement ds Roy. v.de
par enfemble en rs ‘affection mutuelle ; leur familiarité paroif- no. 4
fant fi grande que deux pareils & deux égaux ne pouuoient pasen
ver reciproquement auec plus de ciuilité & de courtoifie qu’ils s’en-
trefirent lors comme deux parfaits amis & fidels compagnons ; telle-
ment que ce Pape fe fencit par là fi bien encouragé & fl fort excité
à prendre pleine confiance & aflurance en la parole du Roy, que
fouuent il fût obligé de loger auec luy dans fon mefme Palhais;
ils s'entre-aflurerent donc grandement l'vn l'autre de leur paix , al-
liance & accord, & s'entre promirent à l’auenir vne parfaite amitié &
bonneintelligence : Ce iour-là mefme le Pape fit l'Éuefque de Sainét
Malo Cardinal , à la recommandation & nomination du Roy.
Le Dimanche dix - huitiéme Ianuier la Mefle fût chantée en
la Chapelle du Pape , richement ornée de fin drap d’or. Ce iour
imefme füt monftrée aux François, la Veronique * (qui reprefen- * C'ef la
ce la face de noftre Seigneur Iefus-Chrift) & Indulgence pleniere eo
de peine & de coulpe leur fût en fuite accordée. lance ou
Le Lundy dix-neufiéme le Roy derechef oùyt Meffe à Sainét ‘ge _
Pierre, eftant feparé du refte des afhftans dans vn Ofatoire à paït, gneur,
qui luy auoit exprès efté preparé pour ce fuiet. Enfuite il fût au
Palais ,où le Pape tint Confiftoire en fa prefence , auec quantité
de Cardinaux, Archeucfques, Euefques, Generaux d'Ordres, Do-
teurs, Abbez , & autres Ecclefiaftiques, les principaux Seigneurs
François s’y trouuerent aufh ; ce qui fit ce iour-là vne Affemblée
fort folemnelle & rout-à-fait finguliere. | .
Le Mardy vingtiéme Ianuier il entendit Meffe dans vne belle .
& magnifique Chapelle, nommée la Chapelle de France, où il tou-
cha & guerit enuiron cinq cent perfonnes trauaillées du mal des
Qi
/
126 HISTOIRE DE CHARLES VIII,
sale, Ecrotielles;ee qui mettoix Les Italiens dans vne extraordinaire ad-
4 miration de voir cette vertu miraculeufe du Roy. Ce mefmeiour
“ es le Es chanta la Meffe au grand Autel de Sainét Pierre de Ro-
e Roy y eftant son auec fa Nobleffe , fçauoir Princes du
j
Les malades ne , |
desEcroüel- Sing Royal , Cheualiers de l'Ordre , & autres grands Seigneurs,
| 3 . 7 . ..- à e
Capitaines, Chefs, Lieutenans de fes Troupes, Gouuerneurs, &
def à Na- autres ; outre vn tres- grand nombre de moindres perfonnes tant
a ay. François qu'Eftrangers, qui fe sendirent là exprés afin de x rhoig
man, Pardons: Le Pape ARE ere lors aflifté de vingt-cinq Cardinaux,
d'enuiron trente Archeuefques, & quelques quarante Euefques, auec
quantité de Proronotaires, Prieurs, & autres Bencfciers ; il fe fic
beaucoup de ceremonics durant cette Meffe, laquelle eftant ache-
uéc, le Pape & le Roy fe retirerent fur vn theatre vn peu éleué,
qui leur auois efté preparé pour les mettre hors de la grande pref-
fe & foule du monde : Puis au fon de toutes les cloches, les affi-
. flans qui s’eftoient confeflez fe mirent à genoux en eftat de peni-
. rence , auec témoignage de douleur de leurs pechez ; enfuite on
re e déployala fainète Veronique * qui füc aprés par trois fois hautement
gneur. mMonftrée à cout le peuple en grande reuerence par vn Eucfque,
+ C'effécha- monté à cét effet fur vn hourt* à l'entrée del’Eglife Sainét Pierre :
faur,thea- Aprés cela on découurit aufli le fer de la lance dont noître Sei-
tre. gheur éût le cofté percé ; puis on porta en la maniere accoûütumée
le Pape teuétu d'vne chappe blanche, & aflis dans vne chaire iuf-
ques vis à-vis vne grande Place en vn lieu éleué comme au deffus
d'vne porte, à où fur vn hourt dreffé deuant ladite Eglife,ayanc
le Roÿ à fon cofté , & plufieurs Seigneurs & Cardinaux és enui-
tons, il fit dire le Confiteor à tous ceux qui eftoient prefens, y ad-
joûtant enfuite le Adiféreatur , puis il declara qu’il donnoit à tous
ceux (là prefens) qui s'eftoicnt confeflez ,& qui auoient formé vn
acte de contrition , l'Abfolution generale de leurs pechez , auec
rs remiffion de peine & de coulpe comme en l'année du a-
ilé, D'ailleurs, trois Cardinaux publierent enfuite cette Indulgen-
ce à haute voix, pour mieux eftre entenduë de tout le peuple pre-
fenc, & cela en trois differentes Langues, fçauoir en Latin, en Fran-
çois , & en Italien; pour conclufion, le Pape aprés cette Abfoute
publique donna la benediétion generale à toute l’afhiftance, du-
rant laquelle attion il tenoit vne de fes mains appuyée fur vne des
épaules du Roy, pour manifefter & faire voir à vn chacun en vne
Affemblée fi folemnelle & fi nombreufe le grand amour &la par.
faite incelligence qu’il auoit auec luy.
"Cefädire Le Turc* eftoit, pendant toute cette ceremonie, dans le Cha-
Ze. ftcau de Sainct Ange, d'où il it voir & découurir le Pape
Zemi, v.9- {teau de Sainét Ange, d'ou il pouuoit vo ouu pe;
deuantp.63. le Roy , & toute leur Cour, auec cette effroyable quantité de mon-
#46 de qu'il y auoit; quoy fait chacun fe fepara &fe retira en fon lo-
_ gis. Aprés le difner le Roy für à Sainc Sebaftien: |
?
ROY DE FRANCE. 127
Les Mercredy vingt-vn, Ieudy vingt-deux, tape | vingt- ;
troifiéme lanuier il trauailla à difpofer de quantité de fes affaires ; &
encor tout le long du iour du Samedy vingt-quatriéme, iufques au
Dimanche vingt-cinquiéme, que l’aprefdinée il voulut faire auec
le Pape vne caualcate* , qui Plon femnelle & triomphante pour
fe faire voir par toute la ville de Rome;quantité de Seigneurs, Che-
ualiers de l'Ordre, les Gentilshommes de fa Maifon , les cent Pen-
fionnaires, les Archers, Arbaleftriers, Suifles, & autres de fa fuite
s'y cftans trouuez ; ainfi.que plufieurs Archeuefques , Euefques,
Cardinaux, Abbez,Protonotaires , & autres Ecclefiaftiques.
Le Lundy matin be: en Tanuier, il oüyt Meffe à Saint
Marc , & enuiron vne heure aprés le difner il fût fe recréer dans
Saint Iean de Latran. |
Le Mardy vingt-fepriéme il fit preparer & difpofer fes gens
pour fon départ de Rome (aprés quatre femaines de fciour qu'il
y auoit fait) en declarant la refolution qu’il en auoit prife, au fu-
icr de quelques auis receûs , qui le prefloient de continuer fon
voyage.
Départ * du Roy, de Rome, pour s'en aller 4 Naples.
Le Mercredy vingt-huitiéme lanuier il entendit Meffe à Saint
Marc, & pour tenir la promeffe qu’il auoit faite au Pape , il s'en
alla en fuite déjeuner & difner à Saint Pierre, expreflément pour
y prendre congé de luy , comme il fit ; mais bien qu'ils fe fuffenc
dés-ja dit adieu , le Pape ne laiffa pas de venir encor aprés le dif-
ner par vne longue allée fe rendre auprés du Roy , pour luy par-
ler | ma de quelques affaires d'importance ; & aprés. ai fe
furent longuement entretenus fur icelles ; il donna au Roy la be-
nediction auec grand témoignage d'affection , ce fembloit-il ; &
pour d'autant plus affermir de mieux en mieux leur bonne paix,
accord & vnion, qu’on croyoit telle en apparence, il en vint iuf-
ques à ce poinét que de luy donner comme vn ps de fa pa-
role fon propre fils, qu'on appelloit le Cardinal de Valence ,en bon
_ équipage ; à deffein, comme on s'imaginoit , de le fuiure par tout,
& de le feruir en ce voyage: De plus, il luy deliura le Turc fus-
mentionné ; lequel auparauant eftoir detenu fous bonne garde dans
de Chafteau Sainét- Ange: Alors le Roy pric enfin le dernier con-
494.
* caualcade
*# De Comi-
nes p. 308.
gi du Pape en s’entre- touchant l’vn à l’autre la main fort amia-
lement, puis il partit en belle & bonne compagnée; car outre la
flotte de l'Armée, & les Auantcoureurs, & Valets qui auoient dés-
.ja gagné le deuant auec l'Artilleric , autour de fa Perfonne mar-
choient les cent Gentilshommes de fa Maifon ; plus, fix cent Arba-
leftriers , fix ou fept mille Suiffes , Alemans, & Lanfquénets, auec
bien dix-huit cent Lances, qui tous eftoient rangez en haye le
.
128 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
7 long des ruës de Rome, en attendant le paflage du Roy pour fa
1494 {ortic; dequoy le Pape & tous les Romains eftoient en vn prodi-
gicux étonnement de voir tant de forces iointes enfemble fi leftes
&c fi triomphantes , pouuans tous bien dire qu'ils n’auoient ia-
mais rien veû de plus pompeux, ny de plus magnifique. Telle füc
la fortie de Rome de ce Roy victorieux & conquerant,emmenant
aucc luy ce Prince Turc auec le fufdit Cardinal de Valence ; &
aprés auoir bien difné, comme il vient d’eftre dit, il s’en alla pour
ce iour coucher à SÆarigné, ville diftante de fept ou huit mille de
al. Colonnes Rome 5 appartenant aux Colennois |
Le lendemain , qui eftoic le Ieudy vingt-ncuféme Ianuicr , il
difna audit lieu de Hfarigné , & aprés il s'en alla coucher dedans
* DeComi- Beliffre * fort beau & agreable lieu , on eût toute cette iournée vne
#38 forte & rude pluye fur le dos : Là le Roy, le Prince Turc, auec le
Cardinal fils % Pape furent loger enfemblement en la Maifon de
l'Euefque: Ils’y tint & s’y repofa iufqu’au mois fuiuant de Feurier,
pendant lequel temps ce fils du Pape fauffant honteufement &
* Le mef. lâchement f, parole, fi folemnellement donnée, fe déroba de nuit*
me p.38. & s'enfuit vers Le Pape fonpere ; tous deux fe pariurans de cette for-
“po-de te, & gardans mal leur foy promife*, ce qui leur fût vn honteux
“antp.i2r. fuiet à reproche & d’accufation pour toüjours.
Le Samedy trente-vn & dernier du mefme mois de Ianuier, le
Roy voyant le vilain tour que luy auoit ioüé céc infame traiftre,
tout remply qu’il eftoit d’indignation contre ce déloyal, il feiour-
na encor tout le refte de ce iour dans ledit lieu de Belifire , où il
oüyt la Meffe dans l’Eglife Cathedrale , en y faifant fes offrandes
& aumofnes. Là vn Courrier enuoyé exprès & venu en pofte, luy
à ee les bonnes & agreables nouuelles de la reduction de plu-
“Ibid. p.308. fieurs Places à fon obeïffance *, où fe fignala beaucoup Engilberr
Comte de Neuers fameux Capitaine, lequel auoit la conduite des
Alemans, & de pluficurs Compagnies d'Ordonnances ; entr'autres
lieux , nonobftant la grande refiftance de ceux de dedans, fut em-
* Ibid.p308. portéc de viue force par affaut la ville de Afontfortin*, Place de
confequence appartenant au Comte Tzcques, lequel auoit fait fer-
ment au Roy , qui prenoit finguliere confiance en luy , l'ayant à
ce fuiet affocié aux Cheualiers de fon Ordre , & toutesfois il luy
manqua cette fois de parole, s’eftant ioint à fes ennemis , dont mal
luy prit; car cette Ville nonobftant fes fortes & épaifles murailles
fût forcée, comme il vient d'eftre dit, & coute faccagée ; mefme
fes deux fils auec quantité d’autres, y furentfaits prifonniers en pu-
nition de la perfidie & déloyauté de leur pere.
| Le Dimanche premier iourde Feurier, & le Lundy fuiuant qui
Feurier. eftoit le iour de la fefte de la Chandeleur ,le Roy, pour le refpect
du iour, fe refolut d’arrefter encores à Belifire, où il affifta au Ser..
uice dans l'Eglife Cathedrale , eftant accompagné de fix Arche-
| uefques,
ROY DE FRANCE. | 129
ucfques, & de quarre Cardinaux , auec tous fes Gardes pour la feu- :
reté de fa petfonne ; la grand’ Melle y für chantée trs l'Eucfque 424:
d'Angers £a Confeffeur, nommé jet 8 Darly*. Ho d'Ar-
Le lendemain, qui eftoir le Mardy troifiéme Feurier , on par- À
cit pour s’en aller à Valemonton*. : sêque d'An-
Le Mercredy quatriëme aprés la Melle , on füt difner à la Tour, Etarde
& coucher à Florrntine, où le Roys’arrefta toutie Ieudy fuinanr, k5, v.o-
à caufe qu’vn luif fe ptefenta àluy ,en le fuppliant d’auoir la bon- el
té de l'afhfter au fainct Baptefme qu'il demandait; laquelle grace “e per
il obtint fi facilement, qu'aufi-toi aucc ioye le Roy le prit pars, 08
la main, & le cinc fur les Fons baptifmaux , en luy faifant mefme éd
la faueur de luy impofer fon nom Charles , afin que tout le refte
de fa vie il fût mieux memoratif d'vne action de fi grande confe- nn
quence ; ce für l’Eucfque d'Angers fus-nommé qui adminiftra ce Juif au B4-
fainé&t Sacrement, & qui fit coutes les Geremonies de ce Baptefme , Pre.
auec les bonnes inftruétions neceflaires à ce nouueau Chreftien.
Le Roy aprés vne fi belle action, & vn fi grand bien fpirituel, fit
de furcroift largefle de quelques biens temporels à ce luif. Dans
cette Ville il y a vn Monaftere où l'on dit que repofe le corpsde
Sain& Ambroife , orné de plufieurs ioyaux precieux , qui cft vn
lieu fort deuotieux. _
Le Vendredy fixiéme Feurier le Roy für difner & coucher à
V'erlic. | | -. À
Le Samedy feptiéme il y voulut entendre la Meffe , au lieu où
l'on die que repofe le corps de Sainte Marie Iacobi fœur de No:
ftre-Dame ; ce qui fit que foudain les chefs & adminiftrateurs de
cette Eglife , auec plufieurs autres affiftans, fe preparerent de
le receuoir dignement , ainfi qu'il luy appartenoit , allans au
deuant de luy iufques à fon logis auec torches, flambeaux &autres
luminaires, & mefme auec des Reliquaires. Ils luy prefenterent tres-
humblementc les clefs, & ils l'accompagnerent & conduifirent de
la mefme forte qu'ils eftoient venus iufques à ladite Eglife, où on
luy defcendit la Chaffe fus-mentionnée, qu’il honora, & y fit fes
offrandes. . | | |
Le Dimanche huiétiéme il demeura encot toute cette iournée à
Verlc. . 5 | À
Et le Lundÿ matin neufiéme du mefme mois,aprés auoir entendu
Meffe, & déjeuné, il s’en alla difner à Bahut quieft vne forte Place; &
aufhi-toft aprés il accourut en diligence auec tous les fiens , au me-
morable ficge que fes gens auoient formé deuant le Aonr S. Jean *, * De Comi-
qui eft vne Ville auec vn Chafteautres-fort, grandement bien mu- D de
ny & remply de toutes fortes de prouifions auec vne puiffante gar-
nifon compoféc de plufieurs gens ramaffez de diuerfes nations, Fa
uoir des voleurs & bannis pour la plufpart , detérminez & refolus
à toutes fortes d'extremitez ; ce qui je à vne fi opiniâtre refiftance
130 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
que plufieurs François y furent d’abord tuez, mais enfin à force de
rudes coups d'artillerie Îles afhegeans firent vne telle bréche, qu'ils
monterent enfuite courageufement à l’affaut, & emporterent vail-
: lamment ce Chafteau, malgré la grande deffenfe deceux de dedans,
faifans aprés, fans aucune pitié ny mifericorde , main-bafle fur
vous ces pillars & mal-faicteurs , dont ils ietterent aprés les corps
. pardeffus les murailles dans les foflez , ce qui s'executa en la pre-
_ fence-mefme du Roy ; ce carnage fût vn des plus horribles qu'on
vid iamais; lequel dura huit heures entieres. Ce lieu eftoit eftime
a ds comme imprenable ; & le Roy de Naples * y auoit autrefois con-
tinué vn fiege durant bien fept années auant que d’en venir à bout,
encore fuffe à la fin par vne compofition auantageufe à ceux de de-
dans , là où les François l'emporterent en huit heures de temps.
Il y eût à cette attaque quelque quarante François de tuez, & oh
ficurs autres griefuement bleflez ; mais il y en eût bien mille des
afhiegez de tuez , tant de ceux de la Ville que du Chafteau. Mef_
fieurs d'Angers (fus-nommé ) de la Broffe , & de Taillebourg, eurent
charge exprefle du Roy de faire inhumer les corps morts , & de
faire preferuer les femmes & les filles de tout viol & des-honneur: de
laquelle commifion ils s’acquitterent tres-bien à la grande loüan-
ge & honorable reputation du Roy, lequel aprés cét important ex-
ploit, s’en retourna au fufdit lieu de Verlic, ou il fe tint tout le Mar-
dy dixiéme Feurier ; mais le lendemain on fut le Mercredy onzié-
me, il s’en alla coucher audit lieu de Bahut, où enuiron la minuit
* Ferrand NOuuclles luy vinrent , que le cruel Duc de Calabre * s’en eftoit
ox Ferdi- fuy de nuit à l'improuifte de Sainéf-Germain* , apprehendant vn
nand Il. affaut fanglant, & femblable à celuy qu'on venoit de donner, laif-
"De Comi- fanc ainfi à l'abandon & dans le danger les habitans de ce lieu,
rires ” qu'auparauant il auoit affurez auec de grands fermens, de ne quit-
ter jamais , auec proteftation mefme de vouloir mourir auec eux
pour les encourager mr à la deffenfe, & à tenir bon. Sainé
* Id. p. 306. Germain eft la clef & le sn age * qu'il faut neccffairement auoir
3% pour pouuoir entrer dans le Royaume de Nples; & eft à ce fuict
d'vne merueilleufe confequence; cette Villeeft enuironnée de trois
forts Chafteaux , ily a vne Abbaye tres-belle & grandement bien
fortifiée , dedans laquelle on dit u repofe le corps de Sain®
Benoift. Quand on eût appris la fuite de ce Duc, Monfieur de
*Louys Guife * auec les Compagnies qu’il commandoit s’achemina droit
mn audit lieu de Saint-Germain le Ieudy douzième Feurier , auquel
de Guife, de- out le Roy alla coucher à (yprienne petite Ville fort ancienne.
puis Ducde Le Vendredy matin 13. Feurier il alla difner à la ville d'Aquin ,
a 4 d’où le Seigneur du lieu auoit pris la fuite ; c’eft cette Ville qui
Naples, donna naiffance à Saincf Thomas d'Aquin : Aprés le difner le Roy
#f# > 2]]a coucher audit lieu de Sainét- Germain.
1503. . de CR
Le Samedy quatorziéme , aprés auoir oüy la Meffe, il s’en alla
1494.
:
ROYDE FRANCE:.:. 11
voir FAbbaye fus-mentionnée pour-ÿ vifiger :le corps de Saint
Benoift , où fe faic plufieurs miracles ; puis il-füt voir le beau & Lidé
fomptüueux Chafteau qui y eft , compofant vne grande forrereffe
fiuéc & aflife auantageufement en lieu prefque imprenable ; con-
ftruite,à ce qu’on tient par tradition, dés le temps de Charlema-
ne; c'eft .vne Place de grande feureté, aufh eft-ce l'entrée de tous
es bons pays qui font au dela. | US LL
Le lendemain qui eftoitle Dimanche quinziémé, le Rôy enten-
dit Meffe à Sainét-Germain, & aprés le difner ils’en alla coucher à
Mignagye. | ‘ E | |
Le Lundy feiziéme Feurier aprés la Mefe , il s'en alla difner à
Noftre-Dame k Correge , & coucher à Triague*, dont ceux de la * DeComi-
Ville vinrent au deuant de luy , & luy firent vne belle Entrée ; là nsp-30».
il receût nouuelles que le Duc de Calabre par la grande peur qu’il
auoit, s’en eftoit honteufement fuy de Cape * , abandonnant lâche- +, os
ment toute fa gendarmerie , & fon artillerie ; mais aprés fa fuite de Comines
rous ceux de dedans fe vinrent rendre au Roy, en luy apportant F7
routes Les clefs de la Ville & du Chafteau; & le priant de les pren-
dre à fa mercy, & dans fa bonne grace.
Le lendemain qui fût le Mardy dix-feptiéme , le Roy fe tint
toute cette iournée-là à Cosy*. L oo | Pa set 54 |
Le Mercrédy dix-huitieme Feurier , le Roy difna dans vn des ai |
fauxbourgs de Cape, & aprés le difner il y fit fon Entrée, qui fe
paffa rauec toute la magnificence pofhble ; il y für logé.dans le
Chafteau , qui pale sr pe vne Place commeimprenable, que
ledit Duc de Calabre auoit de furcroift grandement fortifiée de
groffes tours & bouleuars capables de refifter fort long-temps;
dés la foirée mefme de cette iournée on fçeût à Naples la nouuel-
le du fuccés de cette affaire. | | di
Le Ieudy dix-neuféme aprés la Meffe, il vint difner & coucher ‘ al. Auerfa.
à Verfe* où il luy fût auffi fair vne honorable & folemnelle En- 77% #
crée:1l' y fût logé dans l'Euefché proche de lagrand’ Eglife. p.309.
Le Vendredyÿ vingtième arriuerent de Naples pardeuers luy plu-
fieurs des differens Corps de cette Ville , fçauoir Ecclefiaftiques ,
Nobles , Marchands , &’autres Bourgeois , pout luy certifier que
fa partie aduerfe le Roy Alphonfe & fon fils Ferdinand * s’en eftoient * Cy-desenr
fuis pat mer; partant ils le fupplioient de les receuoir en fes bon: Era.
nes graces , luy prefentans lors les clefs de leur Ville , & fe met- p.310.
tans leurs corps & biens en fa garde & protection Royale; fur lef-
quelles offres le Marefchal de Gyé* y té , auéc plufieurs oi à
autres Seigneurs , afin d'y aflurer toutes chofes pour l'arriuée du 7
Roy, lefquels y furent honorablement receûs pour le refpe& du
Maiftre qui les enuoyoit (qu’on promit de réceuoir fort ou foi-
ble) & on les rendit dés-lors les Maiftres de:tout ce qui fût à leur
pofhble. Cette iournée mefme le Seigneur Virgile *, & lé Comte
. R ij
* Idempag.
309: €" 325.
Ç
132 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
e Petillane qui s'eftoient declarez ennemis des François, furent par
#74 furprife, & d'vne maniere fubrile pris prifonniers dans Nofle.
urprife, & d'vne maniere fubtile e prifonniers dans Nofle.
LeSamedy vingt-vniéme Feurier l'Armée du Roy partit de Verfe
dés le grand matin , & peu aprés il monta à cheual pour aller fe
cafratchis à Pouge-real auprés L Naples ; lieu de plaifance & des plus
agreables , que ledit Roy = 4lphonfe fit baftir pour fon plaifir &
diuertiffement ; il y a quantité d’amples & larges baftimens , de
longues &grandes galeries, des jardins delicieux , prairies, fontai-
nes, & ruifleaux ; quantité de ftatués antiques d’albâtre, de marbre
blanc, & de se ro , Vn parc tout enfermé de murailles, lequel
eft encor plus fpacieux que celuy du Bois de Vincennes proche de
Paris ; les oliuiers, orangers, gtenadiers, figuiers , dattiers, & au-
tres arbres qui portent Ends des rs rares, auec vne infinité de
routes fortes des plus belles & agreables fleurs y font en tres-gran-
de abondance ; on faifoit eftar que des rofiers feuls on tiroit cha-
| que année ee dix muids d'eauë-rofe: Là font aufhi éleuées &
conferuées force beftes fauuages , & autres de toutes fortes , auec
vne infinité de cheuaux , jumens, & poulains ; outre vne incroya-
ble quantité de volailles & oyfeaux des Indes des plus curieux :11
y à vn four-à œufs fait exprés, & difpofé pour faire éclorre, fans
gelines, iufques à dix mille pouffins à la fois : De ce parc fortvne
rande fontaine qui peut amplement fournir d’eaué, & eft capa-
Elle d’abreuuer & nettoyer toute la ville de Naples : Il y a de plus
vn vignoble auprés de fi. qui produit de tres-excellent vin blanc,
rouge, & clairet, grec & latin, fans les exquis mufcars & vins cuits
qui en prouiennent; bref, il femble que ce foit là vn vray Para-
dis terreftre.
Le Dimanche vingt-deuxiéme Feurier le Roy aprés fon difner, e-
ftant tout ioyeux de voir auenir de ioureniour vn fifauorable fuccés
dans Îa fuite de cette memorable & glorieufe entreprife, fe reuêtit
rar de fes habits les plus riches & pompeux , pour faireen grand triom-
Roy à Na- phefa premiere Entrée dans Naples, en attendant vne fuiuante
les ; de Co- encor plus folemnelle, qui fût le Mardyÿ vingt-deuxiéme May en-
673% fuiuant 1495. ainfi que nous dirons cy-aprés : Il fût logé en toute
* Idempu. feurete dans le Chafteau Defcapoie*, dont le Roy Alphonfe s’eftoit
sm à il y auoit dés-ja du temps. Cette iournée mefme on ap-
*Caftel-no- procha la oroffe artillerie de Chaftel-noue* , auec laquelle on batrit
_. idemp. furieufement cette Place , la Citadelle fût aufli affiegée; c'eft vne for-
F7 terefle paroifloit imprenable, car d'vn cofté elle eft voifine de
la grande & pleine mer, qui la mettoit tout à couuert, & hors de
danger & de furprife: Et d'autre part, vers le Chafteau, elle eftoit
enceinte de foffez à fonds de cuue d'vne extraordinaire profon-
deur , grandement bien paliffadez & renforcez de bouleuars, &
autres jrs de guerre; tellement qu'il fembloit qu'elle ne
pouuoit eftre ny battuë , ny mefme afliesée , fi ce n'eftoit par le
ROY DE FRANCE. 133
cofté qui regarde fur la Ville ; & roucesfois nonobftanc vn eftat
fi fort , & vne aflicte fi auantageufe, aprés vn opiniâtre & rude
affaut , elle füt emportée & prife d’vn plein faut :Il y auoit dedans
la plus groffe, la plus terrible , & la plus accomplie artillerie qu’on
vid jamais , auec quantité de ee de metail & de fonte;
outre vne incroyable prouifion de poudre, charbon, fouffre, fal-
pètre, & dequoy armer de pied en cap plusde mille hommes d’ar-
mes de toutes fortes d’armures qui fe puiflent imaginer , fi bien
qu'on ne peut icy bien exprimer l'ineftimable butin qui cette fois
y fut fait. | no
Enfin dans ladite Citadelle il fût tant trouué de biens, de diuerfes
fortes & d'étranges manieres, que l'on füt plus de huit ioursentiers
à les vuider par force de gens & de charettes, encore n’en pouuoit-
on venir à bout tant !] yen auoit : Les Capitaines du guet eftoient
Meflire Gabriel de SMonfaucon , Tean de la Grange, & plufieurs au-
tres gens de bien. A cét affaut fe trouua vn nommé Gentil Garçon,
dit maintenant Prouence, Heraut d’Armes de chez le Roy, lequel
vid aucuns de nos gens montez fur les tours , & par les batteries
d'artillerie commença à monter, tant & fi bien qu’il fe trouua tan-
coft au plus haut auec les deffus-dits, & füt le cinquième monté;
& auoit lors vétu ledit Prosence vne robe de drap d’or fourrée de
lctifles, que le Seigneur propre des Coulonnois luy auoit donnée;
ceux qui cftoient fur les cours du {hafteax commencerent à ietter
jauelines , dards, & pierres, qui en rien ne profiterent ; car decég
affaut ladite Citadelle fût vertueufement prife: & les Alemans, Ef
pagnols & Napolitains , contraires au Roy , qui refterent de cét
affaut, fe retirerent dedans ledit Chafteau. | |
Le Mercredy vingt-cinquiéme iour de Feurier , le Roy à Naples
oüyr Mefle à l’Annonciade, & aprés difner vint au logis de Mon-
fieur de Montpenfier ; & de là accompagné de tous les Scigneursdu
Sang , alla voir comment ladite (itadelle auoit efté battuë & aflic-
gée ; ce fait , il fût auifé comment on auroit ledit Chaffean. Par-
_ quoÿ l'artillerie du cofté de la Citadelle fût pofée , car autre lieu
propre n’y auoit ; & ladite artillerie eftant bien placée & mife en
l'eftat qu’il appartenoic, fût tellement & éperduëment battu, que
tous ceux qui eftoient dedans, ou la plufpart, furent contraints de
s'enfuir & quitter la Place ; & en s’en allant ils brûlerent& mirent
le feu aux fauxbourgs d'icelle Place, où furent confumées plufieurs
belles maifons. : .. _… :
Le lendemain qui füt le Ieudy vingt-fixiéme, ceux qui eftoient
demeurez dans ledit Chafteau requirent de parlementer; parquoy
l'on ceffa de virer l'artillerie, & vinrent pour parler à eux Engilberr
Monfieur de Cleues Comte de Neuers, Monfieur de Liemy, le Bail:
ly de Dijon, & le grand Efcuyer de RD a our demande-
rent & requirent aufdits Seigneurs que le bon plaifr du Roy für,
KR iij
De Comi-
nes p.311.
1494.
. Mars.
134 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
de leur donner vingt-quatre heures de crêues ; ce qui leur fût ac-
corde ; & le lendemain , pource qu'ils demanderent de fortir leurs
bagues fauues, rien ne leur für oétroyé ; & incontinent plus fort
que deuant commença la batcerie & les approches fi merueilleufe-
ment, que.c'eftoit pitoyable chofe de voir la ruine & la démoli-
tion dudit Chafteau-neuf : lequel eftoit fort à merueilles ; inais la
uiffance des faucons , bombardes , canons, ferpentines & bom-
Parbelles y firent fi horrible dégaft , que tout alloit par terre en
pieces &en lopins; pirquoy ceux de F7 fe voyant eftre de fi prés
chaffez ,chargerent vn mortier puis mirent le feu dedans, & vint
choir tout droit fur la Nef de l'Eglife des Freres Mineurs Corde-
liers de l'Obferuance, & rompit ladite Nef fans faire mal à hom-
me ny à femme du monde qui fût en ladite Eglife , & fiil yen
auoit largement de tous coftez. Ladite batterie dura ni le Ieu-
dy vingt-fixiéme iufques au Lundy deuxiéme Mars enfuiuant : Et
cedir iour mefme, pource que le Roy fût difner en la maifon d'vn
Seigneur de la ville de Naples, qui eftoit auprés du lieu où lartille-
ric auoir efté afliegée ; aprés difner les Canonniers & Bombar-
diers fçachans où le Roy eftoit, & qu’il les pouuoit voir & auifer,
fe forcerent fi rudement à virer & à tempefter ladite Place du Cha-
Prau-neuf, moyennant aufh quelques gracieux dons d'argent que
le Roy leur enuoya, afin qu'ils fffent bon deuoir ,qu’enuiron trois
heures aprés difner., ceux de dedans voyansl’énorme batterie qu'on
leur faifoit de toutes parts, & le Roy en propre perfonne [à pre-
fent, furent tontraints derechef de parlementer , & ceffa l'artille-
rie : Surquoy:parla à eux le Conte de Neuers , Engilberr Monfieur
de Cleues, auec le Bailly de Dijon, & parlerent en Allemant. Lors
firenr les deffus-dits leurs demandes en la maniere qui s'enfuit, c'eft
à fçauoir qu’ils requeroient fortir leurs bagues fauues, & qu’ils fe-
roient payez pour trois mois en feruant le Roy, s'illuy plaifoit, ou
auroient fauf-conduir pour s’en aller à leur auenture. Ce parle-
ment dura iufques au Mardy troifiéme de Mars.
… Et lelendemain quand ces Seigneurs vinrent pour fçauoir s’ils
fe rendoient ou non, ils firent réponfe , que fi le Roy de Naples
nc leur verioit donner fecours en ladite Place , ou qu’il vint en fi
grande puiflance qu'il combatit le Roy & fon Armés dedans le
Samedy_prochain feptiémé Mars enfuiuant , ils fe rendroient &
mettroient les gens du Roy audit Chafteau ; & pour ce faire bail-
lerent oftages , c'eft à fçauoir quatre hommes des plus gens de bien
qui fuffent entr'eux ; parquoy furent les tréues continuées iufques
audit Samedyÿ feptiéme Mars. Et ce iour mefme l’on auoit mené
vac quantité d'artillerie deuant vn lieu fort, où y auoit vne baffe
cour aflez forte de bonne muraille, & vne groffe tour tres-forte,
ui fort nous eftoir nuifible. Lors lefdits ennemis yoyant que leur
ane attendu ne venoit point, & qu'on recommençoit la bat-
ROY DE FRANCE. 13$
cerie pire. que iamais contre leurdite Place par vn affaut hardy & ;
furieux, furent contraints de tout abandonner , & fe rendirent à +94
la perfonne du Roy mefme , qui les receût , leurs vies & ba-
gues fauues , en laiffant l'artillerie qu'ils auoient & les viures en la-
dite Place ;auquel lieu er 3 Roy mit {es gens auecde bons
Capitaines pour la garder. * à
Dés le Mercredy quatriéme iour de Mars le Roy fit mettre le
ficge au (haffeau de Louue* quafi dés le poinét du iour, lequel füt * DeComi-
merucilleufement battu d'artillerie du cofté deuers la terre, par- %P-311
ce que l’autre cofté eftoit deuers la Mer. Et le Roy oüyt la Mef-
fe cedit iour aux Chartreux , & difna au logis de Monfieur de Cle-
rieux , & aprés difner alla voir fon ficge ; & les Officiers de l'artil-
tillerie voyans le Roy qui les eftoit venu voir , commencerent à
tirer e furieufement qu'ils n'auoient encor fait; cellement que
pour l'abondance des pierres des tours qu’on abatoit dedans la mer,
grand quantité de poiflons eftant dedans furent tuez & meurtris;
& enuiron cinq heures de vefpres ceux du Chafteau demanderent
à parlementer , le Roy eftant là prefent ; ce que volontiers leur
oétroya, & enuoya pardeuers eux Monfieur de Fotüés & Monfieur
de Myolan;lefquels allerent “a à eux, & rapporterent la répon-
fe au fouper du Roy au Chafteau de deçà. Plus eft à fçauoir, qu'en
ces iours vne aprés-difnée la fille de la Ducheffe de Malfy en la
prefence de fa mere, en vn lieu dit Pouge-real , fomptueux & ma-
nifique , ainfi que dit a efté ,icelle montée fur vn courfier de
Peulle*, & à bride aualée tant qu'il en pouuoit porter, le fit cou- *LaPoüille,
rir & eftrader quatre ou cinq longues courfes ; & ce fait, le fit con-
tourner, virer, fauter & pennader ledit courfier aufli bien ou mieux
u’eût fceû faire le mieux cheuauchant du monde.
Le Ieudy cinquiéme iour de Mars à Naples, le Roy oùüyt laMef-
fe aux Chartreux ou aux Celeftins prés de la maifon de Monfieur
de Clerieux; & aprés difner alla voir fon fiege deuant le (haffeau ;
& luy eftant audit fiege aux tranchées de fon artillerie, le Prince de
Tarente vint pardeucrs le Roy pour parler à luy ; & auoit efté le
Maiftre-d'Hoftel Brillac en oftage de deuers ledit Prince Monfieur
de Guyfe & Monfieur de Ligny , iufques à tant que ledit Prince
fût retourné de fon parlement ; & parla ledit Prince au Roy en
vn jardin, ioignant l'artillerie, foùs vn oliuier au bout dudit jar-
din , arriere de toutes gens vn petit get de pallet ou enuiron de
loin ,iufques à ce que leRoy appella ceux que bonluy fembla. Le
Roy eftoit monté fur vne mule fauue auec vn harnois de dra
d’or > auffi auoit il vétu vn fayon de drap d’or bordé & bande de
veloux noir , & pardeflus vn manteau en écharpe bandé de cra-
moify, & des brodequins blancs ; & fur la refte la belle tocque d'é-
carlate, & le riche affiquet, aufli fon épée au cofté, {1 bien accou-
tré que bien fembloic eftre bon gendarme & homme d'entende-
ment exquis.
136 HISTOIRE DE CHARLES VIII
Quant audit Prince de Tarente il eftoit vétu d'vne robe de ve-
1494: Joux noir fourrée de Martres fines & bonnes, d'vn pourpoint de
pastis fin fatin noir ,vn bonnet noir fur la cefte, & tous fes habillemens
ler key «- à la mode de France ; auf auoit-il des brodequins blancs, & eftoit
necFederic monté fur vne petite mule baye, & parlerent enfemble le Roy &
Prince de : h |
Tarente. Juy enuiron vne heure & demie : Et füt le Roy de fort belle con-
DeComi- tenance ,en parlant vertueufement audit Prince ; & femblablement
065p.306 Jedit Prince bien fagement fe contenoit felon leurs paroles. su
é 310.
leur parlement tenu, le Roy appella Monfieur de Montpenfier,
*deFoix, Monfieur de Fotüés*, Monfieur de la Trimoille*, Monfieur de
Mer né Myolan, Monfieur de Clerieux, Monfieur le Marefchal de Gyé,
auec plufieurs autres , & parlerent enfemble aflez bon cfpace. Le
Guet & les Gardes , fpecialement les Capitaines à ce ordonnez,
eftans proches de là: Leurs paroles eftans finies, ledit Prince prit con-
gé du Roy & s'en retourna en fa galée qui lotoit fur mer en prefen-
ce de noftre fiege, & le conuoyerent Monfieur de Foüés , Mon-
fieur de Clerieux, Monfieur deMyolan, & d'autres grands Scigneurs
par le commandement du Roy. Et quand il fût fur le bord de la
mer il prit congé des Seigneurs cy-deuant nommez, en fe recom-
mandant à la bonne grace du Roy.
Auant que ledit Prince de Tarente fût retourné en fa galée, ceux
qui y eftoient par le commandement du Roy, dirent quandils fu-
rent retournez, les bonnes cheres & les grands honneurs que leur
firent les Scigneurs de la fuite dudit Prince; car plufieurs ioycufe-
tez leurs furent monftrées dans ladite Et pendant que ce Prince
re auec le Roy : Et derechef quand il füt retourné dans
adite galée d’autres chofes encor plus fingulieres leur monftra, en
les feftoyant honneftement comme bien il le fçauoit faire. Finale-
- ment prit ses 4 dudit Prince Monficur de Ligny , Monficur de Guy-
dar. Je” sauec Monfieur le Maiftre d’Hoftel (harles de Brillac lequel auoit
| gnac, eû la Nr dudit parlement *; & iceux s’en vinrent deuers le Roy
ad on en luy faifans les recommandations dudit Prince comme il appar-
2
tient, honorablement ; & cedit iour ne fût tiré artillerie de cofté
ny d'autre ,en quelque façon ou maniere que ce foit.
Le Vendredy fixiéme iour de Mars le Roy oùüyt Meffe aux Ce-
leftins, puis il fût difner en la maïfon de Monfieur de Clerieux,
ce iour fe continuoient les tréues du Chaffeau - noue iufques au
Samedy midy ; & ce mefme iour partirent plufieurs gens & Cha-
ffeau-noue en grand nombre, entre lefquels ÿ en auoit plufieurs blef-
fez. Les Efpagnols allerent vers ledit Prince de Tarente, & les
Alemans fe vinrent rendre au Roy tous auec fauf-conduit ; &*de ce
iour entra dans ledit Chafteau par commandement du Roy Mon-
ficur de Crefol, Meflire Gabriel de Monfaucon auec fes Archers, &
quantité de fes gens ; lefquels eurent la chage du Chafteau & des
biens qui cftoient dedans en grand nombre, c’eft vne belle chofe
que
ROY DE FRANCE. 137 |
on d’oüyr les biens qui cftoient dedans de toutes fortes en plu- ; 494.
ieurs façons & manieres. | |
Le Samedy fepriéme iour de Mars, le Roy audit Naples , alla
oüyr Mefle à Sainét Dominique, puis difner en fon logis ; aprés
il alla voir le Chafican-none; quand les Allemans & autres nations
furent dehors il entra au Chafteau auec telle compagnie qu'il luy
leût ; ayant veû ledit Chaffeau-nenf à fon aile, il partit & vint voir
c camp de fon fiege deuant le Chaftean de l'Oune; & fur le Lac le-
dit Prince de Tarente vint encor parler au Roy ioignant l'artille-
ric,Monfieur de Ligny & Monficur de Guyfe cftoient cependant
en oftage iufques à fon retour. Ce parlement fût bref, car il eftoit
tard , le Prince prit congé du Roy en fa galée, & incontinent Mon-
fieur de Ligny & Monfur de Guyfe reuinrent deuers le Roy. No-
tez ” ce iour , le Prince de Salerne arriua à Naples , lequel auoit ne.
cfté fugitif duranc cinq ans, pour la crainte du Roy <4lphonfe de lerne vers Le
Naples ; & ce iour il trouua vn fien petit fils, que ledit L4lphonfe Roy: de Co-
auoit tenu prifonnier ; mais le Cardinal “Perri ad V incula l'auoit ?*°
racheté, & auoit baillé groffe rançon pour luy.
Le Dimanche huitiéme iour de Mars, le Roy audit Naples ,oüyt
la Meffe aux Chartreux ou aux Auguftins ; puis alla difnet chez
Monfieur de Clerieux, & aprés il alla ioüer en fon fiege; & là fût
faice la réponfe, que le Roy ne feroit pas ce que les autres deman--:
doient; & für enuoyé le Preuoft de Paris & lEfcuyer Galhor qui les
fommerent de fe rendre , ou autrement on leur monfitreroic de
beaux poin&s, que lon fic fans nulle faute; car en moins de trois
heures on tira … de crois cent coups d'artillerie contre ledit Cha
fran, & fur le tard le Roy s'en rerourna en fon logis dans la Vil-
le , accompagné de plufieurs grands Seigneurs. +
Le Lundy neufiéme iour de Mars, le Roy à Naples, oüyr Meffe à
l'Annonciade , & difnaen fon logis : Et aprés le difner recourna au
ficge , & vid la batterie qui fe fit cette iournée, & le foir reuint
en fon logis à la Ville; & fût grande la batterie ce iour-là merucil-
leufement , laquelle chofe étonna fort ceux de dedans.
Le Mardy dixième jour dudit mois,le Roy oüyt Meffe aux Char-
creux , & aprés alla difner aux tranchées de fon artillerie deuant le-
dit {haftean de l'Ouue, ce fût fous vn pauillon ; & fût tant battu le.
dit Chafteau de bombardes, gros canons, gros faucons,& grofles
couleurines, qu’ils abatirent dans la mer vne des plus groffes tours
qui y fût;te | qu'on voyoit dedans ledit Chafteau par tout;
& celle courmente füt du bruit de ladite arcillerie que les gros poif-
fons reuenoient tous morts fur la mer ,par l'impetuofité & l'abon-
dance des groffes pierres qui cheoient dedans.
_ Le Mercredy onziéme iour de Mars, le Roy à Naples ,otiyten-
cor Mefle aux Chartreux, & alla difner aux tranchées dudit fiege,
& füc derechef tellement battuë ladite Place d'artillerie , que ceux
138 HISTOIRE DE CHARLES VIIE
1494. de dedans ne fçauoient où fe fauuer. Le Roy eftant prefent à ce
fiege vid fes gens aller pardeffus la chauffée iufques à leur boule-
uart, où ils fe combatirent enfemble; tellement que ceux du dedans
enuoyerent querir des arbaleftriers ; mais ainfi qu’ils venoient à cet-
te batterie qui fe faifoic audit bouleuart, vn des Canonniers du Roy
les vid venir, lequel d'vn coup de faucon tua D Chef d'i-
ceux arbaleftriers du Chafteau , qui fût merucilleufement bien ti-
Canouniera- xé & adroitement ; pour lequel coup le Roy luy donna dix écus
se FF d'or.Alors ceux du { n fe fauuoient du mieux qu’ils pouuoient.
UE Et en ce faifant , vn des gens du Roy nagea au trauers de la mer
depuis le fiege iufques audit Chafteau-de-l'Oune pour voir leur con-
tremine; mais ceux de dedans l’apperceurent, & à force de pierres
le chafferent ; car d'artillerie ne pouuoient-ils greuer, & reuint
en noftredit fiese ; le Roy voyant toutes ces chofes luy donna vn
écu ; & ledit iour fût ciré plufieurs coups de mortier & de bom-
bardes; tellement qu'vne de nos bombardes fe rompit & creua, en
euanc yn Italien des noftres, dont ce fût dommage ; & auec ce, blef-
fa plufieurs autres de nos gens ; & ce fait, s’en retourna le Roy en
fon logis.
Le Ieudy douziéme iour dudit mois de Mars, le Roy oüyt Mef-
fe au Chafteau, difna en fon fiege; & für ce iour le Chaffeau tant bat-
tu d'artillerie bas & haut, qu'il conuint au Capitaine eftant dedans.
de fortir pour venir parler au Roy en fon fiege à genoux, la tefte
nuë; c’eftoit vn bel homme qui auoit les cheueux tous blancs, à
priféde Mains iointes il requit d'auoir tréues iufques au lendemain ; ce
Caftel-no- que Le Roy luy oétroya : Pourquoy furent auec le Capitaine du-
aa Ca- di Chafteau le Prince de Salerne & le Marefchal de Gyé pour par-
el-ouo, de | |
Comines lementer auec ceux de ce Chafteau , & allerent par mer auec ledit
pag: 311. Capitaine. |
Le Vendredy treizième iour ,le Roy oùyt Meffe aux Chartreux,
& difna aufdites tranchées de fon fiege; & aprés difner Monfieur
le Prince de Salerne & Monfieur le Marefchal de Gyé menerent
le Capitaine Claude de la Chafire auec fon fils, & des Archers de la
garde audit Chafteau de par le Roy, iufques à ce qu'il y mit Ca-
pitaine *; & depuis le Roy ordonna le Capitaine Claude de Raban-
nges , & Monfieur de Lanernarde auec certain nombre de gens
requis par eux, & depuis s’en vint & fortit ledit Capitaine Claude
& fon fils, deuant nommez , & {es gens fans rien ofter de ladite
Place, fuffe de viétuailles ou autres of. |
Le Samedy quatorziéme iour de Mars le Roy oùyt la Mefleau
Mont d'Oliuet, & difna chez Monfieur de Clerieux.
Le Dimanche quinzième iour de Mars, le Roy audit Naples, en
fort grande deuotion oüyt la Meffe à l’Annonciade, &ne peti
“Lie de 8 du Chafteau de Capoñane* finon pour aller oüyr la Meffe, iufques
demeure das | … |
Napks. au Dimanche vingt-deuxiéme iour dudit mois, en receuant les
* 1.vn Gou-
ucrneur
= ROY DE FRANCE. 139
fidelitez & hommages des Princes & Princefles du Royaume,en- ; 494.
femble des autres Seigneurs & nobles hommes tant de la Ville |
de Naples & terre de Labeur , de Calabre, de Pouille, que d’autres
pays, qui ne font cy-nommez, fuiets audit Royaume. |
Le Lundy vingt-troifiéme, le Roy audit Naples , alla oiiyr Meffe
à l’'Annonciade , & aprés difner alla iouër à Pouge-real, & deuant
luy la fille de la Duchefe de Malfy*, comme cy-deuant a efté ,Amalphy
écrit, fit mille pennades *, fauts, & courfes fur vn grand courfier de &f faire
Peüille*, laquelle chofe eftoit merueilleufe à voir d’vne fille qui voltiger
faifoit ces chofes fi caualierement ; ie crois qu'au fiege de Troye pole
les Dames qui vinrent au feruice des Troyens n’euflenc fceû faire
la centième partie des chofes | failoit.
Le Mardy vingr-quatriéme le Roy oüyt la Meffe au Mont d’O-
liuec, & difna au Chafteau de (æpoïane* en receuant d’autres gens * DeComi-
en fidelité & hommages; & eftoic eftably le lieu où l’on faifoit la ”s?-3ur-
Chancellerie * commeenFrance, & Prefident en Eftat ,comme Mon: * Chancel-
fieur le Prefident de Guefnay* , Monfieur le ([hancelier , & les Secre- see Roy
taires du Roy fous luy ,ayans Seaux grands & petits à queuë fim- RO
ple & double queuë , donnans Graces & Remiflions ainfi qu’en Gonna,
France , Aubaines & Forfaitures , ordonner Coings à Monnoyes ii
d'or,d’argent, & autre metail en plufieurs fortes, comme écus, du- ee
catsà double nom, double coin du Roy nouueau fait de par luy, 54:
_ es armes de France d’vn cofté, & les armes de Sicile d’autre part à
croifettes de Hierufalem ; outre le Roy mic & fit pour lors de.la ro
Monnoye nouueau Maiftre, Horeau;& aux domaines Maiftrenou- nn
ueau ; comme aufh en tous cftats à fon vouloir & plaifir: Aufh il Naples.
fit don à fes gens des offres des Pays cy-deuant nommez, tant
aux Seigneurs , Capitaines, Gentilshommes, Genfdarmes , que à
fes Officiers , & tout parla Cour dela Chancellerie chez le Roy com-
me en France. —
Le Mercredy vingt-cinquiéme iour dudit mois le Roy oùüyt
Meffe à Saint Pierre, qui cftoit le iour de la Noftre-Dame*,ioi- * Feffe de
gnant fon logis , & alla difner à fondit logis , & oüyt Vefpres à ésg res
Noftre-Dame de Confolation; & ce iour vinrent les nouuelles que n
Gaiette eftoit prife*. | | | * Prife du
Le Ieudy vingt-fixiéme iour dudit mois,le Roy à Naples, oüyt Se
la Meffe à Sainct [ean ; ce iour Monfieur le Senefchal de Beanquai- Comines p.
re * partic de Naples , & alla prendre poffeflion dudit Gayette. F0
Le Vendredy vingt-feptiéme iour de Mars ,le Roy audit Na- de Vers, ie.
ples, oüyt la Meffe à l’Annonciade, & aprés difner alla iotier à Pow- P-273-324.
ge-real. à |
Le Samedy vingt-huitiéme iour de Mars le Roy oùyt Meffe à
Noître Dame de Confolation, & difna à fon logis, & alla voirla
muraille neufue d’autour de Naples, par aucuns endroits.
. Le Dimanche vingt-neufiéme iour dudit mois le Roy alla oüyr
| S
140 . HISTOIRE DE CHARLES VIIL.
la Meffe à l'Annonciade,& difner à fon logis;aprés difner alla ioüer
1494 3 Pouge-real: Et pendant quele Roy cftoit audit Far Fol du Roy de
Naples , nommé <Heffire Jean , monta fur vne des tours du Chafteau
de Capoïñanne , au logis du Roy, & en fe ioüant prit vn ais, maisen
reculant arriere, l’ais fût plus pefant que ledir Fol, parquoy il l'em-
porta du haut en bas, & il fût tué, dont le Roy füt grandement
courroucé ; & ledit iour furent criées les Ioûtes en la grand’ Place
prés le Chaffeau-neuf, autrement dit Caftel-noue. |
Le Lundy trentiéme iour de Mars, le Koy à Maple , alla ouyr
.: Meffe à Noftre-Dame de Confolation, & difna en fon logis, &
aprés difner alla à Poure-real. ne. |
Lé Mardy trente-vn & dernier iour de Mars, le Roy audit Na-
ples , oüyt Mefle à Sainét Pierre ; & aprés difner alla ioüer audit
Pouge-real. | on |
Auril. Le Mercredy premier iour d’Auril , le Roy à Naples , ouyt la
Meffe à lAnnonciade. Cette matinée vn'pauure homme des champs
monta fur le bord d’vn puits , pour monter plus aifément fur fon
cheual , lequel fe tira rout à coup prés dudit puits , fi foudainement
: que ledit homme cheût en iceluy puits, & fût noyé; & arriua ce-
Accident. |]; ioignant le Chafteau dudit Capoianne ; & après le difner le Roy
alla iouër audit Pouge-real. |
Le Ieudy deuxième iour d’Auril ;'le Roy à Naples, ouyt Meffe
_ à FAnnonciade, & alla difneren fon logis; aprés difner alla iouët
_: chez Monfieur de Clerieux.
_- Le Vendredy troifième iour d’Auril, le Roy audit Naples ,ouyt
_. - la Meffe à l'Annonciade, & difna à fon logis; & aprés difner alla
_ iouër chez Monfieur de <fontpenfier.
Le Samedy quatriéme iour d’Auril, le Roy audit Naples, oüyt
la Meffe à l'Annonciade, & difna à fon lovis ; & aprés difner alla
ioüier deuers la mer ,du cofté du Marché, en tirant contre Calabre.
Le Dimanche cinquiéme iour d’Auril, le Roy audit Naples,
ouyt la Meffe à Sainct Pierre, & difna à fon logis ; puis après dif-
ner alla iouër à Pouge- real. |
Diuerfesoc- - Les Lundy fixiéme , Mardy feprième , Mercredy huitiéme , &
cuparonsre- Icudy neufiéme iours dudit mois, le Roy ouyt Meffe en plufieurs
4 lieux; & durant ces iours il alla voir les Doüannes tant de mar-
Chandife, qu’és autres Doüannes où l’on faifoit les galées & ga-
licnnes, nefs & nauires, & où on forgeoit chofes appartenantes auf.
_. dites nauires. | |
. Le Vendredy dixiéme iour dudit mois d’Auril , & le Samedy
onzième, le Roy ouyt la Meffe à Sainét Dominique , & difna en
fon logis ; & aprés difner alla voir ramener fon arullerie du fiege,
& celle qui auoit efté prife & trouuée aufdites Places de Naples,
» Comines d0nt la plufpart il fit amener en France. Eten ces iours Monfieur
p.309. 324. Daubigny partit de Naples pour aller en (alabre* , accompagné de
Accident.
ROY DE FRANCE, 14i
fes gens d'armes & Allemans qui eftoient en grand nombre.
Le Dimanche douziéme Auril ,le Roy à Naples, oùyt la Meffe
à Sainét Iean, difna en fon logis; & aprés difner alla iouër à Pos-
e-real. | |
Le Lundy treiziéme iout d'Auril le Roy ouyt Meffe à Oliuer, &
difna chez Monfeur de {lerieux.
Le Mardy quatorziéme iour d’Auril , le Roy à Naples, ouyt
la Meffe aux Cordeliers, & difna chez Monfieur de Hontpenfier ;
& ce iour les nauires arriuerent de France à Naples en grand triomi-
phe, dont le Roy füc fort ioyeux, ainfi _ tous les François.
Le Mercredy quinzième iour d'Auril, le Roy à Naples, ouyt la
Meffe à lAnnonciade, où il fe confeffa, & où iltoucha & guerit* les » 1, ,,
malades des Koh, pe s'y eftoient rendus en grand & merueil- Charles
leux nombre de routes les parties d'Italie , & autres Nations, com- Mic Fe
me Lombards, Italiens, Venitiens, Neapolitains, Peulois, Pruf- alates des
fiens, & d’autres contrées ; enfemble d'autre monde de toutes gens, pr so
tellement que c'eftoit chofe admirable à voir vn fi grand concours na he
de perfonnes; ceux des marches de par delà-faifoient grand’ efti- äRomele
me & grand fecit de cette vertu du Roy, qu'on attribuoit à vne 2° /###7
vertu FA uliere à fa Perfonne comme Roy de France. Ce iour mef- oi
me Melle Virgile & le Comte de Pefhlenne * furent conduits & *al-Perilan-
amenez au Roy enfuite de leur prife. | É .
Le [eudy abfolu feiziéme iour d’Auril , le Roy à Naples, ouÿt
le Seruice à Saint Iean, qui eft vne Eglife que les. Roys de Sicile
ont fondée, fort riche & belle; & là fit le Roy fa Ceñe fort deuo- |
tement comme en France à treize pauures , & à chacun fon dif- HO
“ner, ainf qu’il eft de coûtume, & treize écus d'or, Er fit le Ser- Maples le
mon vn tres-notable Docteur de Paris, nommé Monfieur Pinelle, 147 fant.
auffñi fût la grande Mefle chantée par Maiftre Robiner Chanoine
de Rouën. pu” ’ | oo
Le lendemain, qui eftoit le grand Vendredy-Sainét ,le Roy füt
au Seruice audit Sain& Lean , & précha Monfieur Pinelle cy-deuant
dit ,auffi fit le Seruice ledit Maiftre Robiner, & difna le Roy en ce
lieu. |
Le Samedy dix-huitiéme iour d’Auril , veille de Pa/ques, le Roy
ouyt le Seruice audit Sainét Iean, aflifta à faire l’eauë-benifte, &
fûc la grande Mefle chantée par Monfieur de Sainf-Malo* , & * Cardinal
difna le Roy au mefme lieu. de S. Mal:
Le Dimanche dix-neufñiéme Autil , iour de la grande fefte de ——
Pafques, & premiér de l’année* 1495. le Roy fût à confeffe à l'E- 149$:
glife Sainét Pierre ioignant fon logis, où il toucha les malades des * L'annéene
Æfcroüelles pour la feconde fois, qui fût vne belle chofe à voir, mef-
mement cn vn jour fi folemnel , dont la Seigneurie de Maples fe remps qw'à
donnoit grande admiration ; & aprés les malades rouchez en cec- À grre
tedire Elle, le Roy alla à celle de Saini@ Iean à la grande Meffe . Re
S ii
1494,
14% HISTOIRE DE CHARLES VIIL
+488. & au Seruice que fit Monfieur de Sainéf Halo , & difnale Roy
F7 ce lieu ; & aprés difner affifta au Sermon que fit ledit Sieur Pi-
Le Roy Jo nelle puis ouyt les Vefpres , foupa audit Saint Iean, & coucha
lemnife La -
fefte de Pa. en fon logis.
ques 4 Na- Le Luhdy vingtiéme iour d’Auril , le Roy à Naples , ouyt la
ue Meffe à l'Annonciade, & difna en fon logis, d’où il ne bougea le
refte de cette iournée. | | | | |
Le Mardy vingr-vniéme d'Auril, le Roy à Naples ,oùüyt la Mef-
{e à Noftre-Dame de Confolation, difna en fon logis, & n’en bou-
gea le refte de ce iour. . LL
Le Mercredy vingtdeuxiéme iour d’Auril le Roy ouyt la Mef-
+ Lices, cf 1€ à Naples au Mont d'Oliuet, & difna chez Monfieur de Clerieux
Iclieuäfai- Marquis de Coteron : Aprés le difner il alla aux Lices*, où fe de-
F6 tournoë uoient faire les Ioûtes*, où il trouua plufieurs grands Seigneurs tant
"Joëtes fônt de Florence , que du refte d'Italie, & des Dames du Pays, fpeciale-
see ment de Naples : Lefdites Ioûtes furent faites dans vne grand ruë
courfesauce prés Je Chaftcau-neuf , deuant vne Eglife fondée par les Roys de
hnces. Gicile, de la Maifon d'Anjou; ces Loûtes durererenr iufques au pre-
mier iour de May : Les Tenans du dedans defdites loûtes eftoient
(Chafillon & Bourdillon. |
Au regard des deffendans du dehors le nombre en eft inconnu,
car c’eftoit à tous venans, pourueû que fe fuffent Gentilshommes
& de toutes lignées ; lefdites Ioûtes durerent tout le temps cy-
deffusefcrit, fans mal-faire & fansnoife, finon qu’vne aprés-difnée
certaine querelle s’émeüt entre les Tenans defdites Ioûtes & quél-
ques Allemans ; toutesfois le Roy oyant le bruit y alla en perfon-
À & a Sr le tout , puis ils ioûterent comme auparauant ; ce
is für neceflité que le Roy y allât faire l'accord : Ces Joûtes furenc
Fe finies par Monfieur de Dunois* coufin du Roy à caufe de fa me-
ä Naples,” re, & par l'Efcuyer Gallior à prefenc on Me oes
aufgwels 4fi- Le Sarnedy deuxiéme iour de May le Roy alla ouyr Meffe à
ins 2 l'Annonciade, & difner à fon logis ; puis aprés difner alla iouér à
. Comte de D 2
Dunois, Pouge-real. |
se Le Dimanche troifiéme iour de May , le Roy à Naples, ouyt la
fin germain Meffe à Saint Genny , qui eft la fefte de la grand’ Epglife Cathe-
2. ft drale , où il y eût grande affemblée de Prelats, tant Cardinaux
deSauoye Comme Euefques, & autres conftituez en dignitez ; En icelle Epli-
fa mere, feur fe für monftré au Roy le chef dudit S. Genny, qui eft vne fort riche
Php chofe à voir, digne & Sainéte. Quand le Roy fût deuant le grand
Lonys XI Autel on alla querir du ang de ce Sainét dans vne grande ampou-
. le de verre, qui füt monftrée au Roy; auquel on bailla vne petite
verge d'argent pour toucher l'endroit du fang qui cftoit dedans
cette ampoule de verre, dur comme pierre ; ce que le Roy coucha
auec ladite verge d'argent ; laquelle ampoule fût mife fur l’Autel
deuant le chef dudit Sainét ; & incontinent ce fang commença à
ROY DE FRANCE. 143
s'échauffer & à s'amolir commele fang d’vn homme en pleine fan-
té, boüillant & fremiffant, qui eft vn des grands miracles que ia- 1495°
mais homme vid ; dequoy tout le peuple François , tant Nobles
que autres eftoient en grande admiration de voir cela; & difoient
les Seigneurs de Naples, tant de l'Eglife que de la Ville, que par ce
chef & ce fang ils auoient connoiflance de beaucoup de requeftes
enuers Dieu; car quand ils faifoient leur priere, fi alle eftoit bon-
ne le fang s’amolifloit ; & fi elle n’eftoit pas de iufte requefte, il
demeuroit dur : Auffi par ce fang ils difoient auoir connoiffance
de leur Prince, s'il deuoit eftre leur Seigneur ou non.
Le Lundy quatriéme iour de May , le Roy à Naples , ouyt la
Meffe à l’'Annonciade , & difna en fon logis; & és iours precedens
il enuoya Maiftre fear du Boïs-fontaines & le Maiftre-d'Hoftel de
Breffe pour mettre les biens qui eftoient au Chaffeau-noue par in-
uentaire ; car il y en auoit tres-grande quantité de toutes fortes;
tout premier il y auoit abondance de bleds tant fromens, or-
ges, millet, pois, fèues, que autres grains à viure ; de plus, il y a-
uoit des prouifionsde vins de toutes fortes, comme vin grec, vin ba-
ftard , vin de grenade , vin latin , vin de fainét Seurin , & du vin-
aigre en quantité ; puis 1] yauoir des lards, huiles, & graiffes de tou-
ces fortes largement , vne Apotiquairerie la plus belle du monde ;
en tout Paris il n’y en a point autant , & de toutes fortes de dro-
gucs feruant à ladite Apotiquairerie, comme il y auoit audit Cha-
ffeau ; oùil y auoit aufli vn puits & vne fource de fontaine ; aufli y
auoit-il des draps d’or & d'argent , des veloux & fatins cramoifis,
camelors, taffetas, & de routes autres fortes, comme de draps de foye
en tres-grande quantité. oo oo
Au regard des draps.de laine, il y en auoit abondance ,comme:n un
écarlate de Paris *, Florence , de Milan, & autres draps d’Angleter- lave de Paris.
re, de Perpignan , & d’autres fortes ; femblablement il y auoit de
beaux draps de foye & de lin d’étranges fortes de Flandres, innom-
brablement ;des lits fans nombre de fin duuet, de fines toilestant
de Holande, de France, que de toutes autres contrées. rem, il y
auoit toutes autres toiles teintes, comme bougrans, futaines de tou-
tes fortes, des farges , fayettes de routes couleurs en infinie quantité ; |
auffi force laines fines & moyennes, cottons, chanvre, & fil de,
toute forte ; grand nombre de tapifferies fort riches de diuerfes ma- de magafn”
nicres, tentes, pauillons , courtines, ciels, franges, la mg 1e de Prodigieux »
drap d’or, d'argent, de veloux, de cramoify, &les moindres de foye, he
tapis de veloux de he de Chypres, de Venife, & de routes dans Caftel-
fortes , tant és chappelles comme és chambres , falles , & autres 107°4Na-
lieux ou le Roy s’alloit iouér en fon particulier : Aufl des cuirs il y |
en auoit de toutes les facons du monde ; c'eft à fçauoir cuir de
bœuf , de vaches, de buffles, de cerf, de biches, cheureaux, marro-
quins,cordoüans , bafannes, cuir de cheual blanc & conroyé, cuirs . :
144 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
tannez de toutes fortes, à faire bardes, felles d'armes , harnois de cha.
4495* ÿaux & mulesinnombrablement & de routes fortes;auffi il yauoit des
felles de toutes façons& manicres, tant pour Ioûtes, pour armes,
our courfiers, genets, hacquenées, mules & mulers,plus que iamais
ni n’en vid en maifon du monde ; outre plus il y auoit deux
chambres pleines d’étriers & d’écriuicres de toutes fortes : Il y auoic
deux autres chambres pleines de mordsde brides à cheual pour cour-
fiers, cheuaux moyens, pour mules & mulets , fournies d'étrilles :
Aufli y auoit-il deux'autres chambres pleines d’arbaleftres d’acier
montées & à. monter ; & vne autre chambre pleine de tous traits &
* Arbre fem dards de fin yf, guidaz, carquois, cordages de roures fortes. rem, il
di an fa- y auoit vne chambre pleine de couleurines fournies de boulets, &
on oudre fans nombre. Il y auoit vne grande falle pleine de harnois
ane de toutes manieres. rem il y auoit vne chambretoute plei-
ne de rapieres montées & à monter, jauelines, pertuifannes & coû-
teaux. Au regard de l'artillerie, tant y en auoit que c’eftoit vne éton-
nante chofeà voir, fournie defoufre, de falpétre, plomb, & metail
fans nombre;d’autres chofes fomptueufes y auoit-il en icelle maifon,
& en ce chafteau,comme és chappelles , & autres , tant images,
hiftoires d’allebaftre fin que de marbre ,aufli d’or & d'argent, que
c'eftoit merucilleufe chofe. Auf il y auoit des criftalins Ven,
tant en couppes ,en baflins, éguieres , qu'autres chofes fomptueu-
{es ,ouurées de toutes couleurs, que c'eftoit vne admirable chofe.
Plus , il y auoit de routes manieres d'ouurages tant de terre de Ve-
pife que d'autres lieux , armoyées des armes du Roy & de la Rey-
ne, vn grand & riche ouurage , qui valoit mieux que toutes les
chofes criftalines , & les autres faites de verre ou de rerre , eftimé
vingt mille ducats. Ie crois qu’à l'heure os le Roy <4lphonfe par-
cit de cette Place, que c’eftoit la plus riche demeure du monde, &
la mieux fournie de tous biens : Au furplus, ie crois encor qu’en
la Maïfon du Roy , de Monfieur d'Orleans , & de Monfieur de
. Bourbon tour enfemble, il n’y a pas tant de biens qu’il y auoit là
dedans pour lors ; au regard de la vaiffelle d'or & d'argent il y en
auoit vne quantité merucilleufe. | |
Evewim * Le Mardy cinquième jour de May , le Roy à ‘A pe , ouyt la
publique à , Meffe à Saint Pierre , & difna en fon logis. Après le difner fût
. ds coupée la tefte à vn Italien qui auoit tué vn Page François, &auoit
L'on mer Mange fon cœur, dont plufieurs Italiens & Napolitains furent tres-
tre fort œuel. honteux d’vn tel reproche & bläme aduenu à vn de leur nation.
Le Mercredy fixième iour de May , Le Roy à Naples, ouyt la
Melle au Mont d'Oliuet , & difna en l’Hoftel de Monfieur de
Clerieux : Et ce iour le Roy donna les galées neuues, faires en
*Eftiennc Ja Doüanne de Naples , Fvnc defquelles Monfieur le Senef{chal”*
.. Fi eùt, & l’autre Meflire Gracian de Gueldre : aufli ce iour mefme
Beaucaire, {üt mile celle de Monfieur le Senefchal en mer bien fournie
d'artillerie,
ROYDE FRANCE 14 ÿ
d'artillerie | & bien équipée au demeurant. .:
Le Ieudy feptiéme iour de May , le Roy à Naples , alla ouÿr
Meffe à l'Annonciade ; après difner alla iouër & fe diuertir aux
Doüannes , où fe preparotent de grandes galées & galeaces ; & ce-
ditiour Meflire Gracian de Gueldre tira fa galéc hors de la Doüanné
à force de gens la mit en mer en grand triomphe, bien artillée &
équipée de toutes chofes. | |
Le Vendredy huitiéme iour de May, le Roy à Naples , ouyt la
Melle à Noftre-Dame de la Cité , diftante de deux mille de Na-
ples , fondée par Saint Auguftin à ce qu'on dit ; en cette Eglife
il y a merucilleufement de Vœux deuotieux en cire, apportez tant
des Villes d'Italie que de deffus la mer, qui eft vne belle & renom-
mée Eglife; & difna le Roy audit Conuent, bien content des Re-
ligieux, qui le remercierent de l'honneur qui leur auoit fait de les
citre venu voir; & au partir del’Eglife le Roy alla fur le bord de la
mer, iufques au commencement de ls Montagne de la Grote , que
Virgile, par tradition, fit iadis percer bien fubrilement ; car certe
Montagne eft fort haute, ioignant la mer; & il n’y a autre che
min felon le train de la mer, que celuy-là. |
+
149ÿ"
La hauteur de l’entrée de ladice grote, c'eft à dire, de la cautrne Defériprion
ou du pertuys, eft À que d'vn homme d'armes à cheual, portant #77: gtote
fe pro=
la lance fur la cuifle ; & on y peut entrer quatre ou fix hommes %, ZM
d'armes de front; cela dure vn quart de lieué de long ; aux entrées ples.
& yfluës il fait clair, & au milieu vn peu obfcur; & difent ceux du
_ pays, que iamais ne fe commit aucun mal en ladite grote nÿ foir
ny matin ; & ont de coûtume de tenir en y allant la cofte de là
mer à quelque heure que ce foit , à l'aller ou au venir ; & iamais
n'y aduient aucun mal de meurtre ou vol, qui eft vne grande mer-
ucille à le voir & l’oüyr conter, Ioignant cettegrote ily a vn beau
pays plain, affez lointain de la mer, qui a aux MONtagNes,
& eft temply d’orangers ,oliuiers, prez, froment, poiriers, pom-
miets ; aprés cette plaine lon entre dans vne petite Ville fur le
bord de Ê mer, prés d'vne autre Ville qui eft jadis perie en la mer,
& pafla le Roy lefdices grotes eftant bien accompagné tant de
grands Seigneurs que de Gentilshommes, & de fes Gardes, & vint
rendre du vin prés d'icelle petite Ville ; vn peu arriere de là eft
À lieu où l’on tire du fouffre,en vne grande montagne qui-fem-
ble toûjours brûler fans feu , & vid le Roy faire le fouffre en fa
prefence, tant en bouteilles - autres manicres qui s'en font,au-
cunement medecinales pour le corps de l’homme. Aufli fût mon-
ftré au Roy tout le refte dudit lieu, qui eft merueilleux à voir à
gens qui iamais ne l'ont veû. ?tem, dans la plaine d’icelle monta-
gnc & fouffrerie il y a deux fources d'eauë , dont l’vne eft chaude
& noire comme encre, & boût comme dans vne grande chaudie-
re fur Le feu ; l’autre fource eft blanche & froide, & boût auf
T
| 146 HISTOIRE DE CHARLES VIIL.
1495.
comme l’autre : Dans icelle vallée eft vn trou merucilleux , du-
quel fort vn admirable vent ; lequel ef fi fort & fi puiffant au
{ortir de ce crou., qu'il foûtient pierres , bois , & tout ce qu'on
veut ictrer dcdags ledit trou fans brüler ; & toutesfois il eft fort
chaud ; & difent aucuns des pays de par delà, que quand on
met des œufs cuireen cette cauë fus-nommée, quelque garde qu’on
faffe on en perd vn. rem , aprés ce lieu le Roy alla à vn autre
Éeu fort celebre & de grand renom , où l’on trauaille à faire l'alun
de roche, & vid le Roy la façon de la chaudiere, & de l’eaué qui fe
_ conuertit en pierre d'alun & forme de fel. Aprés cela le Roy vint
en vnautre vallon où il ya vn grand lac fort large long , & profond
d'eauë froide ; & ioignant cedic lac il y a des eftuues chaudes &
fciches fans aucun feu , fors de la chaleur de la montagne, qui eft
belle chofe à voir ; car tout fe fait là naturellement fans aucun ar-
tifice ;aprés toutes ces chofes fût aufli monftré au Roy vn trou rond
dedans l'vne des sou rh joignant ledit lac , qui eft vne cho-
. fe merucilleufe, & finguliere, car incontinent que quelque chofe
y cft mife , auffi- coft elle meurt; & pour l'experience deuant le
Roy , il y füc ietté vn afne cout vif qui fubitement mourut, & vn
chat pareillement : Ie croy que c’eft là vn lieu fathanique ou gouf-
fre infernal. Toutes ces chofes eftanc veuës , le Roy vint coucher
: à Naples en fon mn ordinaire & repaffa deuant les grotes.
Le Samedy neuñéme iour de May, le Roy à N les , oüytla
Meffe aux Chartreux d’enhaut fur vne montagne , d’où l'on void
tous les Chafteaux de la Ville, & la mer; comme aufli toute la vil-
le de IN aples & Pouge-real ;là vinrent au deuant de luy tous lesRe-
ligieux revérus de chappes fort riches, portans pluficurs Reliques
& luminaires ; à l'entrée de leur Conuentils luy firent grand hon-
_neur & reuerence , puis le menerent à leur Eglife en grande ioye
De Comi-
nesp. 311.
& folemnicé Aprés la Meffe oùüye le Roy difna audit Conuent,
& fût là moftrée au Roy vne table longue & large , que le Roy
«Alphonfe auoit fait faire pour luy ; mais en ce temps vn des Reli-
gieux gp , & dit que ce feroi pour le Roy de France, gr que
iamais le Roy Alphonfe n'y mangeroit ,ny le Roy Ferrand auf; & aprés
difner le Roy ne voir vne Place forte ioignant lefdits Chartreux,
puis il s'en retourna coucher dans Naples.
Le Dimanchedixiéme iour de May, &le Lundy onziéme du mefme
mois le Roy à «ples , fic faire les preparatifs de fon Entrée,
Comment le Roy fit fon Entrée dedans Naples, & quel bon-
neur on luy ft, Co comme il D diSpofa de fês affaires.
Le Mardy douziéme iour de May le Roy ouyt la MeffciN4-
ples derechef à l’Annonciade ; aprés le difner il s'en alla à Pouge-
real, là où s'affemblerent les Princes & Seigneurs , tant de France
ROY DE FRANCE. 147 L
& de Naples , que du refke de l'Italie , pour accompagner le Roy 1405.
qui alloir faire fon Entrée dedans Naples, comme K oy de France ; .
de Sicile, @F de Lerufalem ; cs qu'il fit en grand triomphe & excel- ;. so.
lence, reuétu d'yn habillement Imperial, furnomimé Augaffe ; I] te- fique Enrrée
noit la Pomme d’or ronde en fa main dextre , & de l'autre main ra
fon Scepere, habillé & couuerc d'vn grand manteau de fine écar- babir Impe-
late , fourrée & mouchetée d’hermines , à grand çollet renuerfé ”#/7:p#"
auf fourré d'hermines ; la belle Couronne fur la gefte , bien & ri- us one Ler-
chement monté & houflé comme il luy conuient & appartient. tre originale
Vn poifis eftanç porté fur Juy par les plus grands de la Seigneurie 9,4.
de Naples, accompagné à l'entour de fa Perfonne de fes laquais fuer.
rous richement habillez de drap d'or. Le Préuoft de fon Hoftel
alloit deuant luy , aufll accompagné de fes Archers , rous à
pied : Monfieur le Sençfchal de Beaucaire y reprefentoic le Con-
neftable de Naples; & deuant luy eftoit Monfieur de Montpenfier
comme Wiceroy er Lietenant general. Monfieur le Prince de Sa-
lerne , aucc d'ausres grands Seigneurs de France, Cheualiers de l'Or-
dre, & parens du Roÿ ; camme Monfieur de Breffe, Monfieur de
Foix, Monfeur de Euxembaurg, Louys Monfieur de Vendofme , &
autres Scigneurs fans nombre Tefauch deflus nommez eftoient ha-
billez en manteaux comme le Roy. Monfieyr de ‘Pienses auec lé
Maiftre de la Monnoye à IN aples eûrent la charge d'aller par toutes
les ruës de ladite Ville, pour faire ferrer nos gens rant de guerre
que autres, afin de laiffer approcher plus librement & facilement
ceux de AM aples , fpécialement és cinq lieux & places où fe vont
iouër & recréer les Seigneurs & Dames de Naples à coutes heures
que bon leur femble ; en cefdits lieux eftoienc Jefdits Nobles &
Seigneurs auec leurs femunes & leurs enfans : Là plufieurs de ces,
Seigneurs ,. nd nombte prefenterent* au Roy leurs enfans , < Péfen:
Seigneurs ,en gra mbte prelençeren Roy leu a
âgez de huit, dix, douze, quinze & feize ans ; requerans de luy qw'il Le Roy fair
Jeur voulr donner Cheualerie, es qu'il les ft Cheualiers & fon Entrée de Cheualiers
fe propre msin : Ce qu'il fr volontiers, qui fût vne belle & notable 4; Noble
chofe voir, &cres-noble , & cela leut prouenoit du bon vouloir & de Naples.
grand amour qu'ils auoienr pour le Roy. LeditSieur de Piennes &
le Maiftre de la Honnoye , comme dit eft ,alloieng efdirs lieux cy-
deuans nommez pour faire faire lieu & place aufdies Seigneurs de
Naples, Au regatd de la compagnie que le Roÿ auoirauecluy c'e
ftoir la plus gorgiafe * chofe, & la plus triomphante qu'on vid ia” “ef ä dir
mais ser il auoitaucc luÿ grands Seigneurs, Chambellans, Maiftres- Le 7
d'Hoftel , Penfionnaires, & Gentils-hommes, fes quatre cent Ar-
chers de fa Garde, & deux enr Arbaleftiers tous à pied, armez de
Jeurs habillemens accoûrumez. fear Daunoÿ eftoit armé de toutes
pieces sauec cs, il auoitvnfayon “de cramoify decouppé bien menu, * Hocquéren
dur fondir harsois, monté fur vn grand courfier de Peulle bien bat 2*7*
de deriches batdes; & difoienitceux de NN aples que iamais n’auoient
| Ti
1495.
143 : HISTOIRE DE CHARLES VIII. |
veû fi bel homme d'armes. Aprés que le Roy eûrefté en ces cinq
lieux cy-deuant nommez , où il y auoit plufieurs enfans des Sei-
gneurs de Naples , & d'autres Seigneurs circonuoifins qui eftoient
venus à ladite Entrée du Roy poureftre faits Chewaliers de fa main:
Il fût mené en la grande & maiftreffe Eglife de Naples, où fur le
maiftre Autel eftoit expofé le chef de Sainét Genny auec fon fang
de miracle , qui auoit efté autresfois monftré au Roy, comme cy-
deuant a efté declaré affez au long : Dans icelle Eglife, deuant le-
dit Autel, le Roy fit le ferment à ceux de Naples , c'eft à fçauoir,
de les gouuerner €9° entretenir en leurs droics ; & fur toutes chofes ils
luy prierent & requirent franchife & liberté; ce qu'il leur oétroya
& donna, dont lefdits Seigneurs fe contenterent à merueilles , &
firent de grandes folemnitez & réjoüyflances tant pour fa venuë,
que pour le bien qu'il leur failoit ; dans ladite Eplife il fût affez
bon efpace , car les Seigneurs de l'Eglife y eftoienc aufh, tous re-
uétus de leurs riches ornemens; lefquels firent femblablement leurs
oi & demandes au Roy, couchant leurs cas particuliers ;
aufquels ledit Seigneur, comme debonnaire & humain, leur fit &
donna réponfe à tous, en façon telle qu’ils s’en tinrent pour con-
tens : Puis tout cela eftant fait & ordonné en la façon & manie-
re que dit eft , le Roy en partit, & s’en'alla fouper & coucher à
fon logis. |
Les Mercredy, Ieudy, Vendredy,Samedy , & Dimanche treize,
quatorze , quinze , feize, & dix-feptiéème May, le Roy eftant
à Naples , receût plufieurs Ambaffades des Villes , tant de Cala-
bre, de la Poüille que de Bruffe , touchant le faiét de leur gou-
uernement , & afin de fçauoir qui deuoit demeurer dans Icdit pays :
pour eftre leur Gouuerneur & Viceroy ainfi qu'il eftoit de raifon ;
& difna ce Dimanche au Chaftel-noue, dit le Chafieau-neuf.
Le Lundy dix-huitiéme iour de May, le Roy dans N æples, oüytla
la Meffe à Noftre-Dame de Confolation , & difna en fon logis;
& puis alla fouper au Chafleau-neuf dit Chafleau-noue ; où il y eût
vn grand banquet quele Roy fit aux Nobles & Princes du Le Cy-
deuant nommez ; & foupa en la grande falle dudit Chafteau, où
l'on monte par plufieurs degrez de pierre, & füt feruy par lesrand
Senefchal de Naples tout à cheual, habillé tout de blanc ;en tous
fes mets y ayant force trompettes & clerons fonnans ; aufli fou-
perent lefdits Princes & Seigneurs en ladite fale où foupoit le
Roy ; & cftoient à ce fouper aflis en deux tables les Seigneurs
tant de France que d'Italie. Aprés le fouper le Roy prit le fermenc
defdits pays, puis s’en alla coucher en fon logis. |
Le Mardy dix - neufñiëme iour de May le Roy oùüyr Meffe aux
Cordeliers de NN aples , & difna en l'Hoftel du Prince de Salerne,
qui eft vn beau & noble lieu; car il eft fait à pointes de pierres en
façon de diamans, où il y eût grand triomphe & magnificence,
ROY DE FRANCE 149
Comment le Roy fe difpofa 4 s'en retourner 1425
de Naples en France. |
Le Mercredy vingtiéme May ,en grand triomphe &folemnité le
Roy oüytla Meffe à Annonciade, puis il alla difner ; aprés quoy
tous les Princes & Seigneurs tant de France, de Naples, que autres
pays, vinrent au logis dudit Seigneur pour prendre congé deluy;
& à ce fuiet ils fe ioignirent cous enfemble dans vne grande falle. 26 .
Aprés le confeil tenu, & que leur congé fütainfi pris ,le Roy prit mines pag.
auffi debonnairement & humainement congé d'eux , & de tous 325
ceux du pays qui là eftoient, en leur prefentant Monfcigneur de
Montpenfier pour leur Wiceroy , Maiftre, Seigneur , & Gouuerneur , Ljbert de
en fon abfence : Et dés cette heure lefdits Seigneurs, & autres du Montpen-
Royaume de NN aples le receürent & accepterent pour Wiceroy, Re- fer so
gent & Gouuerneur dudit Royaume. Ce fait, conclu, & parache- sil dei
ué , aprés tous congez ainfi pris,comme dit cft, à belle & noble
compagnie triomphamment aiuftée , tant de Seigneurs, Gentils-
hommes, Genfdarmes, Suifles, Allemans, que autres gens , ce mef-
me iour de Mercredy vingriéme du mois de May, il fût au gifte à
né 5 0 |
Le lendemain leudy vingt-vnième May , aprés la Melle, il par-
tit d'Auerfe, & vint au gifte à Capoie*, |
Le Vendredy vingt-deuxième le Roy aprés la Mefle, vint dif-
ner & coucher en la maifon Epifcopale de l'Euefque de Seffe.
= Le Samedy vingt-troifiéme comme il venoit à Gayerte, le bac
qui eft fur la riuiere, fe rompit en partie; de forte qu’il ne pût paf-
fer ce iour-là, & retourna audit lieu de Seffe. |
Mais le Dimanche fuiuant vingc- quatriéme, il vint au gifte à
Saint-Germain. | | | |
Le Lundy vingt-cinquiéme May il pañfa à Pont-(orue.
Le Mardy vingt-fixiéme coucha à Cyprienne petite ville. |
Le Mercredy vingt-feptième à Forcelonne * , Ville interdite en «1, plen
ce temps-là , pource que fes Citoyens auoient tué & couppé les rire,
. bras de leur Euefque , qui eftoit Efpagnol ; la caufe de pu À fût,
pource qu'il vouloit tenir le party du Roy = 4lphonfe Neapolitain
contre le Roy Charles; lequel n'eût point oüy Meffe ce iour-là , fi
ce n'eût cfte le plein pouuoir , & la puiffance qu'il auoit de faire
chanter & celebrer en cous lieux où se luy fembloit.
Le Ieudy vingt-huitièéme il vint à Lyague.
Le Vendredÿ vingt-neuféme il vint au gifte à Wallemonton, où
s’eftoient retirez plufieurs mal-veuïllans de France, à caufe du dé-
plaifir qu'ils auoienc de la deftruétion & du brûlement de <#fontfor-
tin*, les Payfans des enuirons s'eftoient refugiez & cachez dans,» œ.158.
les bois , pour lapprehenfion du paffage des Troupes du Roy;
T ii
Pas. 131.
K
150 HISTOIRE DE CHAREES VIII
1495. lequel le Samedy trentiéme vint au gifte à SHarigné , où le Roy
fciourna tout le Dimanche trente-vn & dernier iour de May, y
eftant logé chez vn expert Couleurinier. |
| Le Lundy premier de Juin le Roy entra dedans Rome à fon re-
lin. sour de Naples , où il füc logé au Palais du Cardinal du Titre de
Saint Clemene; & efloic fort bien accompagné de tous fes Genf-
_ darmes , auec fes Penfionnaires & Gentilshommes, fes Gardes, les
Roy Rome. Arbaleftriers , Suiffes, & Allemans en tres-grand nombre ; incon-
de Conines tinent qu'il fût à Rome ,ainfi que bon & loyal Catholique, il alla
P55 à l'Eglif Sainée Pierre faire fes offrandes, & rendre graces à Dicu
de la viétoire qu'il auoit eué à Pencontre de fes ennemis, & de ce
srneré qu'il fair venu ax deflus de fon entreprife,en ce voyage de Na
ployé faire Ples à aprés {es offrandes faites il rerourna en fondit logis. Et ledit
obfèrmerwn Seioneur Roy meû de bon vouloir, pour éuirer les querelles, dif-
tn 3h & émeutes entre les Allemans & ceux de Rome , tant de
M onfieur de
; Rome, lors
du pafage l'Eglife,comme Seigneurs, Bourgeois, Marchands, & luifs; il fût
se) Les aduifé que lefdits Allemans feroient logez au Palais du Tertre ou
Ftieeprai, és enuirons ; & fût charge Monficur de Piennes de ce faire & or-
n3. & 4. donner auec leurs Capicaines & Marefchaux des logis ; & leur füc
Pr là porté des viures de toutes fortes en grande quantité ; fuiuant
laquelle Ordonnance ils fe comporterent & gouuernerent fort fa.
* Comines Gement &c modeftement : Le Papc* s'en cftoic lors allé hors de Rore,
P#5. à vn lieu dit Vfenr; & ce füt la caufe qui meût le Roy d'ordonner
ainfi les chofes , tellement qu'il n'y eut aucunes infolences à l'en-
contre de luy , de ceux de Rome, ny de l'Eglife.
Le Mercredy troifiéme luin le Roy partit de Rome, vint difner
à Yfola , & coucher à (ampanole; d'où il vint à Sowlte.
Le Vendredy cinquiéme difna à Roffillon , & coucha à Wirerbe
aucc toute fon Armée ; où il fût encor honorablement receû , ainfi
qu'à fon premier pages il y feiourna durant deux iours pour
la reuerence de la grande fefte de la Pentecoftec ; ily vifita derechef
le corps de Sainéte Rofe. Ledit iour de Vendredy cinquiéme iour
de Juin furenc tuez quelques Pages , & autres de nos gens , dans
les bois; & depuis furent trouuez ceux qui les auoient tuez , lef-
Se furent pendus & écranglez. Et les Scigneurs de Wirerbe, tant
e l’Eglife qu'autres, en pareille magnificence, honneur, & reuc-
rence qu’ils auoient fait à l'aller , vinrent au deuant du Roy fort
honorablement.
Le Samedy fixiéme le Roy oùyt la Meffe en l'Eglife Cathedra-
le de Wirerbe, & aprés alla voir le corps de Sainéte Rofe qui repofe
audit licuen chair &en os, & n’eft quetranfy ; aprés le difner le Roy
s’en alla à Vefpres en ladite Eglife, où Ar os de Saint Malo
fit le Seruice. | |
Le Dimanche feptiéme iour de luin , fefte de la Penrecofte , le
Roy oüyt la Meffe à la grand’ Eglife Cathedrale, où fit le Seruice
* Pag.121.
ROY DE FRANCE. 1$1
le mefme Sieur de Sainét Malo : Ledit iour l’arriere-garde du Roy
paffa en grand nombre auec l'artillerie , dont ceux A V'iterbe fu-
rent fort émerueillez , en voyant tant de gens à vne arriere-garde;
aprés difner le Roy alla au Sermon lequel fi prononcé par Mon-
ficur Pinelle fage & prudent Docteur en Theologie à Paris ; aprés
le Sermon le ROy oùyt les Vefpres chez les Cordeliers de Witerbe,
placez hors de la Ville , qui eft vn lieu tres-beau & deuoticux :
Cedit iour vinrent nouuelles au Roy, que les Genfdarmes de fon
_ auant-garde auoient prié & requis les habitans d’vne petite Ville
nommée Touflanelle, de Îcur faire ouuerture & leur adminiftrer vi-
ures pour°de l’argent.ice qu'ils refuferent par pee fois ; par-
pt lefdits Genfdarmes voyans leurs mauuaifes volontez, les af-
aillirent cellement, qu'à force d'échelles & autres chofes ils entre-
rent dedans par vn vif & vertueux affaut, où furent tuez plufieurs
defdits habitans en grand nombre; aufli blefferent-ils & tuerent
plufieurs des noftres ; ce qui fit que toute cette Ville füc pillée,
auec ce qu’ils punirent bien ceux qui eftoient participans & con-
_fentans de route cette befogne ; dequoy le Roy fût grandement
courroucé & mal-content, à caufe que ladite Ville a partenoit au
Pape ; aufh cedit iour vinrent au Roy les nouuelles de la prife de
Monficur de Lefharre. | |
= Le Lundy huitiéme iour de Juin mille quatre cent quatre-vingt
& quinze, le Roy partit de Wirerbe aprés qu’il eût oùüy Mefle à
Sainéte Rofe, & alla coucher à Hfont- flacon où croiflent les bons
vins mufcadets; puis à -Aignependant. Alors le Roy leua & cira le
Capitaine des toilles, nommé Gawaiche , & fes Archers des toilles
qui cftoient demeurez en garnifon dans le Chafteau de Witerbe,
qu'il rendit aux gens du Pape. | | |
Le Icudy onziéme aprés la Meffe il fût iufques à Le Paille tout
doucement, en attendant fon Armée. Le Vendredy douziéme dif-
1495:
Pag.ut.
na à Ricolle ,& coucha à Sainét-Cler. Le Samedy treiziéme vint dif.
ner au Pont-Saual , & coucher à Siene. Le fufdit Ieudy onziéme
füc cé vn Officier du Roy , lequel fût enterré dans vn Conuent
des Cordeliers, qui eft en vne petite ville nommée Ridicoffonne.
En paffant au lieu de le ‘Paille , beaucoup de gens furent fort
mal-traitez de logemens; mais il s’y trouua en recompenfe force
viures par le foin de ceux de Siene, dont la Seigneurie vint au de-
uant du Roy en grand triomphe & magnificence , tenant tel or-
dre & maniere qu’ils auoient fait à l'aller ; & finalement aprés tou:
tes bonnes cheres , grand accueil & vraye obevffance , tous d'vn
accord ils le priérent & fupplierent humblement , qu'il luy pleût
de fa grace les tenir & maintenir en fa bonne, feure & certaine
fauue-garde ; car comme ils difoienc, ils fe donnoient à luy en le
receuant & le prenant pour leur Roy , feul Seigneur & vray Pro-
tecteur ; ce qui leur fût accordé : Et encores pour les souuerner
Seconde En-
tree du Roy %
Siene , v. P.
120, & Co-
mines p.326.
152 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
: & les maintenir en paix & vnion il leur baïlla pour Gouuerneur
+994 Monfieur de Li lequel y laiffa vn fien Li (s ce Mon-
gny , lequel y laiffa vn fien Lieutenant nommé Mon
ficur de Ville-neufue.
Aprés toutes ces chofes faires ,le Lundy quinziéme le Roy dif-
na à l'Hoftel de la Ville, & alla fouper en l’'Hoftel d'vn Cardinal
joignant la grand —_ , Où lefdits Scigneurs de Siene enuoyerent
leurs Trompettes, clairons , & autres inftrumens pour réioüyr le
Roy. Aprés fouper le Roy alla à vn banquet à l'Hoftel de Ville
où lefdits Seigneurs l’auoient inuité & les Dames de la Ville ; au-
uel lieu elles fe trouuerent magnifiquement & galamment habil-
lées, belles par excellence, & feftoyerent le Roy fplendidement ; ce
que iamais ne firent à Prince ÿ à Roy qui là arriuât , & le cout pour
plus grand honneur ; aufh Îles petits enfans tenoïent dans toutes
es ruës d’icelle Ville des panonceaux & écuffons armoyez de fleurs-
de-lys, crians à haute-voix Wine le Roy de France; & puis Vine Fran-
ce par mer €9' par terre; mefme aucuns d’iceux , en deffaut de panon-
ceaux , tenoient en leurs mains des rameaux & branches d'oliuiers
& de palmes, qui eftoit chofe fort plaifante à voir; lequel ban-
quet eftanc fait, ledit Seigneur Êe congé defdites Dames fort hu-
mainement, comme celuy qui le fçauoit bien faire; & lefdites Da-
mes reciproquement de luy ,en fe recommandant à fa tres-noble
garde & protection comme en celle de leur Roy é7 Souuerain Sti-
eur. |
Le Mercredy dix-feptiéme de Juin le Roy partit de Siene aprés
le difner, & vint au vifle à Ponrgipond, où il demeura par reueren-
ce tout le lendemain matin, qui eftoit le Ieudy dix huitiémeluin
iout de la fefté du Sainét Sacrement, fe monftranc vray Carholi-
que & ferme pillier de la foy; car le matin il manda tous fes Sei-
gneurs, Barons , Cheualiers , & autres pour Paccompagner en la
Proceflion, & faire honneut au Sainct Sacrement. Et dés lors qu'il
fût as il s’en alla à la grand’ Eglife où tous les Seigneurs l’at-
Nota Chan- tendoient, comme aufli les Chantres de fa Chapelle ; & de là auec
tres de La Îes Seigneurs de ladite Eglife , tous reuétus & garnis d'ornemens
Font & reliquaires riches & fomptueux ,luy eftant aprés Le Corpus Chrifti
voyage mili- Marcha en grande deuotion & belle ordonnance accompagné de
Paire. tous {es Seigneurs ; & portoient le poiflefur le S. Sacrement Mon-
fcigneur de Vendofme, le Marquis de Ferrare, Monfieur le Vida-
me, & François de LaSalle ; au deuant on portoit force cierges, tor-
ches, & luminaires: Aufli deuant le Corpus Chrifli les trompettes,
claitons , tabourins , meneftriers , & coutes fortes d’inftrumens
joüoient à qui mieux mieux. Le Roy alla par tous les lieux & places
accoütuméesen cette Procefhon , en laquelle il y auoit tant de Sci-
gneurs, Nobles , Barons, Genfdarmes &autres, auec quantité de Sei--
gncurs d'Italie que tous ceux du pays qui là s'eftoient affemblez ,
pour voir la magnificence du Roy , eftoient tout émerueillez devoir
vne
Pag. 120.
ROY DE FRANCE. “IT
vne fi criomphante compagnie, & fit le Seruice Monfieur l’Euef- 149$
ue de Cornoüaille. Cedit iour vinrentnouuellesau Roy que Mon-
re d'Orleans eftoit entré dedans Nogare* malgré le Duc de *Pag.10:.
Milan & fes alliez. | | |
Aprés difner le mefme iour le Roy alla au Chafleau-florenrin , 8e
le lendemain matin Vendredy dix-neufñiéme il vint difner à Cam-
pane aflez prés de Florence*,où il ne fût point à fon rerour, à caufe * Par. 15.
d'vne trahifon des Florentins qui va eftre dite. |
Le Samedy vingtiéme de Iuin le Roy difna à Caffine* ; & aprés” 2! Cafive
difner les nouuelles vinrent au Roy que les Florentins auoient pris
Pont-vvelle d'emblée, feignans eftre des François de l’Arriere-garde
du Roy; ils y auoient tué hommes & femmes, & pillé la Ville; in-
continent le Roy yenuoya Monfieur de Creffol & tous fes Archers ;
maisil n’y trouua ame qui viue,pource qu'il s'en eftoient dés-jaallez.
Aprés ces nouuelles oùyes il s’en alla coucher dedans Pife ,enla-,,,4 Roy à
quelle il fût receû auec tous les fiens tres-humainement & fingulie- Pife, v. pag.
rement ; car au deuant de luy , au plus riche eftar qu'ils peûrenc,al- 77 ht |
‘lerent les Seigneurs de la Ville auec toute leur fuite ,pour luy fai- 328, 350;
re honneur & reuerence, en luy difant Qu'il für le tres-bien rerour-
né de fon voyage en [à tres-bumble , obeyffante , er fuiette Ville : Aprés
vinrent les enfans defdits Seigneurs de Pife tous vécus de fatin
blanc femez de fleurs-de-lys d'or, lefquels il faifoit fort beau voir,
Qui crioient enfemble à Haute voix Viue le Roy , vise France. Les ruës
cftoient tenduës & parées auflibien,ou mieux qu’auparauant, en fai-
fant grands feux deioye; & aux feneftres, portes, & autres lieux des
maifons il y auoit bannérettes ou écuffons femez de fleurs-de-lys,
A l'entrée de ladire Ville on [uy mit vn riche poifle de drap d'or
fur le chef, que les plus Grands de la Ville portoienc ; & tour le
peuple, tant femmes, hommes, que petits enfans crioient à haute
voix par tous les quartiets, Wine le Roy, vine le Roy, en demandant
liberta ou liberté. Au bout du pont de pierre, qui eft en ladite Vil-
le, y auoit vn grand échaffaut orné & garny de riches tapifferics,
de courtines de foye , & autres richeffes, où paroifloit vn Roy ar-
mé de toures pieces, portant vn armet ou tymbre couronné, com-
me celuy de France ; furfon harnois il auoit vne cotte blanche fe-
mée de fleurs-de-lys , & tenoit fon épet route nuë en fon poing
haut éleuée ,en regardant contre Naples ; fous les pieds de fon che-
ual il ÿ auoit vn lyon pour les Florentins, & vn grand ferpent pour
le Duc de Milan. Il y auoit des écriteaux à la loüange du Roy de
France , qui für loger en fon logis deuant & prés de la Citadelle: Et
le foir les Habitans recommencerent à faire des feux de ioyeen plus
de cent endroits, eniettant des fufées ardentes , & des lancesenflam-
mées de feux-grescois ; outre cela , des Tables publiques furent
dreffées dans les ruës, pour faire feftins & banquets, qu’on offroit
par vous les carrefours à tous ceux qui vouloient boire, & mangef,
1$4 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
Le Dimanche vinet-vniéme iour de Iuin les habitans de Pife
vinrencau matin deuers le Roy , &le prierent & requirent, qu'il luy
pleûc de fa grace les prendre à feruiteurs , & qu’ils luy fuffent
fuiets , pour faire & accomplir dés là en auant tout fon bon plai-
ir, & pour feureté , qu'il leur baillât garnifon en leur Ville, & fort
volontiers la receuroient ; à laquelle requefte il ne fit réponfe cer-
taine ; mais alla à la Meffe en la grand’ Epglife , puis il difna &
foupa en fon logis. |
Le Lundy au matin vingt-deuxiéme luin à fon Îeuer, la pluf-
art des Dames & Bourgeoïifes de ladite ville de Pife, mefmement
Le plus fpeciales & principales du lieu vinrent deuers luy ; & pour
luy rendre plus grande reuerence & honneur ; & plus facilement l'é-
mouuoir à pitié & compafhon; la plufpart d'icelles Dames Bour-
gcoifes , & autres femmes , eftoient nuds pieds & en deüil, & fe
mirent à genoux , les mains jointes, en le priant & fuppliant tres-
humblement , que fon bon plaifir füt de prendre ladite ville de
Pife, SR RTE 1 hommes, femmes, enfans , & rous leurs biens
entierement, en fa main, protcétion &fauue-garde ; & de cette heu-
rele receuoient & prenoient pour leur Roy & Souuerain Seigneur; &
en figne pr luy Le lors foy & hommage ; parquoy
le Roy voyant leur bonne affection il leur répondit, ne ferois fe
bien que chacun feroit content ; & qu'il aymoit la Ville & les habitans
beaucoup plus qu'il n’en monftroit le femblant : Le lendemain,
en prenant congé d'eux , il leur laiffa garnifon de gens de bien qui
cinrent pour luy ,lefquels furent bien traitez & gouuernez defdits
habitans, tant qu’ils furent là dedans.
Le Mardy vingt-troifiéme luin il prit congé de ceux de Pig,
& s'en alla difner à Pommart, & puis coucher à Lucques, dont les
habitans vinrent au deuant de luy auec trompettes & clairons,
les Seigneurs d’Eglife & de la Ville eftans reuêtus le plus riche-
ment qu’il leur fût pofhble , le tout en tel honneur & reucrence
“Pau. Qu'ils auoient fait à l'aller *, firent-ils au reuenir, & encor mieux;
car en tout triomphe & finguliere ioye il entra dedans , & fut me-
né à fon logis d’auparauant chez l’Euefque de Lucques , où deux
des plus grands Seigneurs de la ville vinrent deuers luy à l'ifluë
de fon fouper, le prier qu’il leur fit cét honneur de venir mettre
le feu à.leur brandon ; car c’eftoit le foir de la veille de la fefte
de Sainét Iean Baprifte , au lieu accoûtumé en Îa grande Place de
la Ville, où il y auoit vn grand peuple, tant des noftres que de
ceux de la Ville ; le Roy eftoir bien accompagné tant des Seigneurs
deFrance que d'Iralie , & mit le feu auec vne corche dedans le-
Le Roy alu- dit brandon, lequel fût aufli-coft plus orand & plus haut flambanc
ne. Î ne. que celuy de greue dedans Paris. Ce fait , lé Roy auec fa fuite fit
Lucques, neuf cours autour dudit feu; me la Seigneurie de Lucques , tant
homumes que femmes fit merucilleufe fefte & ioye folemnelle. Ce
149$.
ROY DE FRANCE, 1$$
fait, le Roy prit congé d'eux, & s’en alla à fon logis deuant dit;
& au coucher du Roy vinrent des plus grands Seigneurs dudit
Lucques , le prier &requerir que fon bon plaifir fût d’auoir la Vil-
le, enfemble cous les Corps & les biens d’icelle , en fa protection &
fauue-garde. | |
Le Mercredy vingt-quatriéme luin vinrent à Lucques les princi-
aux de la Seigneurie de Pife deuers luy , en le requerant qu'il
ee donnaft certaine réponfe fur leur requefte : Et le Ieudy que
le Roy cftoit à Petre-fainéte, fe trouuerent encor les Seigneurs de-
putez de Lucques, & ceux de Pife derechef , pour luy demander cer-
raine réponfe à leur requefte. Doncle Ieudy ae Juin
le Roy füt à Haffe- crorte, & puis à Petre-faincte , le Vendredy il
difna à Lanance, puis il s’en alla à Sarfanne , où le Samedy il feiour-
na ; & le Dimanche il difna à l& Boule ; aprés le difner il campa
ioignant Wille- franche, au delà de l’eauë ; & le Lundy matin il fe
difner au deffus de Pontrefme. .
Cedit Lundy vingt-neufiéme luin il campa fur le foir droit au
pied des Alpes de Boulongne , où il fe tint fans s'éloigner durant qua-
149$+
tre ou cinq iours auec toute fa fuite; & cependant il fit pañfer fon
artillerie au trauers des Alpes, parmy des roches fort hautes, com-
me aufli les poudres & pierreries; ce qui ne fût pas fans beaucoup
de peines & fatigues. | |
Le fufdit Vendredy vingt-fixiéme luin , le Roy eftant encor à
Petre-faincte , ilen tira la garnifon qu'il y auoit auparauant laiffée ; &
le Samedy vingt-fepriémeeftant à Sarfägne, il eût nouueclles de l’af-
femblée du Duc de Milan & des Veniciens, il ne voulut point cou-
cher à Wille-franche; mais au delà de lariuiereil fitparquer fon camp,
& là fous fes tentes & pauillons il foupa auec tous fes gens d'ar-
mes ; & eftoit le camp du Roy du cofté des ennemis deuers Pon-
trefme , parquoy toute la nuit les trompettes & clairons ne cefle-
rent de fonneér ,en attendant l'artillerie & les Allemans de l’Auant-
garde, auec les gens d'armes.
Le fufdit Lundy vingt-neufiéme iour de Iuin le Roy partit de
fon camp près Wille-franche ; 8 aprés la Meffe alla difner à vn Mo-
naftere au deflus de Pontrefme ; auquel lieu il difna , à caufe que
les Allemans auoient brûlé Pontrefme, pour le tort que ceux dudit
lieu leur auoient fait quand ils ruerent leurs gens à l'aller ; &
aptés difner le Roy alla coucher droit au pied des - 4/pe,où il fit
parquer fon camp iufques à tant que toute fon artilleriefüt pañlée,
ou plufieurs res diligences fe firenc-cant par le Maiftre de l’ar-
tillerie Jean le Grange que autres Officiers de Partillerie; & de-
meura le Roy en fondit camp iufques au Vendredy troifiéme de
luiller. Et fût la plus grande entreprife que iamais Prince fit ,ne ia-
mais fera ; car char ny charette n’y auoit iufques alors palfé, mais fi
bon confeil & fi bonne diligence y fût faire que cout y paffa, tant
Vi)
Pag. 116.
Iuillet.
156 HISTOIRE DE CHARLES VIII
l'artillerie, poudres, boulets de fer & de plomb , quetoutes autres
chofes feruans à ladite artillerie, voire fans mort ny inconuenient
de perfonne ; & für de par le Roy commis à faire pañler ladite artille-
rie, & autres chofes, Monfieur de la Trimoille premier Chambel-
lan du Roy, & Cheualier de l'Ordre , lequel s’y porta fi vaillam-
ment qu’il y acquit vn grand honneur; car luÿ-mefme mettoit la
main à porter les groffes boulles de fonte , de plomb, & de fer,
qui eftoit vn cres-étrange faix à porter, pource qu'il les conuenoit
tenir encre les mains & dans des chapeaux ; ce qui n'eftoit pas
fans grand ennuy & peine merueilleufe ; & auec ce fit canc à l’ai-
Maiftre de de dudit Maiftre de farcllerie can dela Grange, & des Allemans,
Far que l'artillerie fût tirée & menée par lefdices Alpes & montagnes
par le col des hommes en maniere de cheuaux, en montanticelles,
en quoy on foûtint vne execrable peine , merucilleux crauail , &
enetrant ennuy , attendu la façon d'y proceder, le lieu étrange, &
A chaleur grande & cerrible que lors Î faifoit; & eft à entendre,
Grand fin, AUC fi ce n’eût efté la grande (ollicicude dudit Seigneur de Le Trimoille,
rrauail, é qui faifoit boire & manger fouuent les gens crauaillans en cet af-
me aire, & par les grandes proücfles & vaillances fur ce faites, à grand
Tremoillk peine l’euflent voulu faire lefdits Allemans : Et aprés qu’icelle ar-
au pafage tcilleric cftoit ainfi peniblement montée vne des <4{pes ou monta-
des AIPeS. Ones dudit lieu, quand elle eftoit au deflus , le plus fort cftoit aprés
de defcendre en bas, pour derechef la remonter à l’autre monta-
gne enfuiuant; & de bic , il falloit atteler les cheuaux auec grand
nombre d'homines par derriere, afin de retenir ladite artillerie en de-
ualant contre bas; laquelle chofe fut la plus penible, ou du moins
plus dangereufe beaucoup qu'à la monter : En effet , plufieurs
compagnons d'icelle arrillerie , comme Canonniers , Chargeurs,
Cartiers, Aydes, Boutefeux , Arbaleftriers, gens à pied fuiuans Ja-
dite artillerie, Pionniers, Maçons, Marefchaux, Serruriers,& autres
gens de routes pratiques deftinez & propres au faiét deladite artil-
eric, auec les Suiffes & Allemans ; & les Capitaines eürent & foû-
tinrent des peines innombrables en cét affaire ; pource qu’il con-
uenoit le 3 fouuent rompre & tailler le bout d'vne roche pour
contourner les pieces rap ntm élargir, & bien fou-
uent remplir les concauitez du chemin ou des roches, felon le be-
foin qu'ileneftoit, en montant &en defcendant; & eft à entendre
qu'il y auoit à chacune heure des cris & des heurlemens merueil-
leux pour paruenir à la fin de leur entreprife, qui füc l'vne des plus
grandes du monde ; car à bien regarder les Croniques & Hiftoires
du temps paffé , on ne trouue point fi grande ny â penible entre-
rife auoir iamais efté faite. Toutesfois moyennant l'aide de Dieu,
c bon confeil dudit Seigneur de la Trimoille, & vertueufe diligen-
ce des deffus nommez, le tout paffa au profit & honneur du Roy.
Et quand Iedit Seigneur de la T rimoille vint deuers le Roy luy ren.
149$-
ROY DÉ FRANCE 157
dre conte & faire fçauoir comment on y auoit trauaillé , il fem- ; 40 +.
bloit à le voir qu'il eftoit deuenu Maure , pour la grande chaleur
qu'il auoit foufferte en faifanc cela. Il eft encor à fçauoir , que pour
mieux encourager & donner hardieffe aux deflus-ditscompagnons,
cout le long du iour autour & auprés d'eux ioüoient tabourins de
Suiffes, & autres inftrumens pendant qu’ils ciroient & halloient à
la vercolle, ainfi que dit eft. En cedit temps Monfieur le Maref-
chal de Gyé accompagné de fix cent Lances & quinze cent Suifles, Comines,
auec leurs Capitaines , tant des Compagnies que defdits Suifles, ?
pafla le premier lefdites L4/pe à l'Auant-garde, au deuant de nos
ennemis , ce qui fûüc bien fait à l'honneur du Roy. Pendant ice-
luy temps _ le Roy cftoit en fon camp prés ‘Pontrefme,luy vin:
rent nouuelles tant de Monfieur d'Awbigny que de Gayerte , & de
ceux de Naples , qui le iout du Sainét Sacrement auoient voulu
tuer nos gens , enfemble plufieurs autres nouuelles ; parcillement
eft bien à prefumer, que le Roy ne viuoit pas fi aifément en fon-
dit camp qu'il eûc fait autre part ; mais à l’aide de fes bons Ofi- .
ciers il füc fupporté & ioyeufement entretenu. |
Le Vendredy troifiéme iour de luillet le Roy oüyt la Meffe en
fon camp, & d'iceluy partit en fort belle compagnie, pour com-
mencer 2 paller les © 4lpes & montagnes; ce iour il difna à Verfay,
& alla coucher à Caffe*. Cette iournée fc paffa fans alarme ny cf
trouble , combien que de mal logez & mal repeüs il y en cüc lors |
affez , à caufe des dérroits & grandes difhculrez des lieux.
Le Samedy quatriéme de luillet le Roy oüyt li Melle 4 Cafe, - |
& alla difner & coucher à Terence* ; & couchale Royaucctoutfon, 17...
Of , cetre iournée , en fon camp fous la feurcté du bon guet, &
des Gardes. | a
Le Dimanche cinquiéme iour de luillet le Roy oùüyt Melle au- :
dit Terence , puis alla difner à Fowrnoüe, l'Auant-garde marchant
deuant l'artillerie. Aprés le Roy en la Bataille, & l'Arriere-garde
derriere, qui eftoit conduite par Monfieur de la T rimoille , en laquel-
le charge il acquit grand honneur. Audit lieu de Fowrnoïe pluficurs
Genfdarmes, Seigneurs, & Gentilshhommes fe rafraîchirent , & f-
rent manger, penfer, & traiter leurs cheuaux ,mefmement ceux de
l'artillerie, Aprés le difner l’Auant-garde continua de marcher en
forc bel ordre, ayant fon guet deuant elle auec fes aifles, & les Al-
lemans au coutiere * de la greue; en fuite venoit l'artillerie en bon “#Ielong
ordre. Aprés venoit le Roy aucc le Corps de bataille, qu'il con- H'ue
duifoic en autant bel ordre que homme du monde fçauroit faire ;
il cftoit bien monté & armé, & deliberé autant ou plus qu'aucun
de coute là compagnie : Puis marcha lArriere-garde pareillement
en cres-bel ordre ,ayant fon guer & fes Gardes derriere elle, enfem-
ble fes aifles vn peu à cofté;le Roy auec fa bande s'auança ainfl
ehuiron deux mille du pays: Alors s’éleua quelque alarme ou écar-
| | V ii
Idempasg.
-333: ©" 334.
158 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
mouche entre des auant-coureurs, mais ce ne fût rien, & en mar-
chant fût obferué où le Roy poferoit fon camp pour le mieux;
lors il fut confideré & aduifé de le mettre en vne belle place toute
pleine de fauffayes, prairies, & fontaines: Pour ce foir il fe trou-
ua affez de foin , de pes & d'auoine ; ledit camp fût ordon-
né comme il appartient en cedit lieu, ioignant vne montagne fur
laquelle y auoit vn Chafteau fourny de quantité de biens ; au moyen
dequoy les Allemans le pillerent , puis mirent le feu dedans , de-
quoy le Roy fût fort courroucé, pource rs appartenoit au Com-
te Galcafle. Au bout dudit camp, du cofté de nosennemis, eftoit
noftre artillerie , placée en vn beau parc ; les Allemans auprés de
ceux de l’Auant-garde , & prés le logis du Roy & du Corps de
bataille. Du cofté de Fornoxe eftoit l'Arriere-garde, & fût fait bon
guet toute la nuit par les Ecoutes & les Sentinelles ordinaires: Tou-
tesfois enuiron les deux heures aprés minuit il fe leua quelque alar-
me, mais ce ne fut rien, & ce bruit fe paffa auffi-toit.
_ 149$.
S'enfuit Lis de Fornoñe, es la Vidoire du Roy
contre fes ennemis.
Le Lundy fixiéme iour du mois de luillet l'an mille quatre
| cent quatre-vingt & quinze, le Roy eftant en fon camp auprés de
F. de Co Fornoie,enuiron les fix heures du matin, il oüyr Meffe bien & de-
mines p.338. UOtement en vn grand pauillon , où toute la nuit on auoit fait bon
Sp#£.16. guet. Aprés la Meffe il difna, & enuiron les huit heures il monta à
precedente. ; | RE s
cheual bien armé & fort richement accoûcré, ainfi qu'il luy appar-
tenoit. Alors eftant arriué vers l'artillerie ,incontinent on commen-
ça à marcher, & s'auancerent toutes les Ecoutes auec le Guer affez
loin deuant l'armée ; puis aprés l'Auant-garde marcha en tres-belle
ordonnance & conduite, ayant fes aiflesaux deux coftez ;enfemble
fes Trompettes & Cheuaucheurs, auec les Chefs de l'Auant-garde,
dont eftoient Chefs Monfieur le Marefchal de Gyé, & Meflire Zean
acques , & ainfi marcha ladite Auant-garde , & ioignant eux les
Suiffes en bel ordre, qui eftoient conduits par ceux qui s'enfuiuent;
c’eft à fcauoir Monfieur de Neuers Engilbert de Clenes , Monfieur
le Bailly de Dijon, & le grand Efcuyer de la Reyne nommé Lor-
nay. Aprés marcha l'artillerie en bel ordre, bien pourueuë de tout
ce qu'il luy falloit, dont eftoit Chef vn des Maiftres-d'Hoftel de
chez le Roy ,nomméGwynot de Loufieres ,auec le Bailly d’Aufonne
. nommé fean de Grange*. Aprés marcha la Bataille où le Roy en
perfonne eftoit triomphamment accoûtré , ayant autour de luy
étendars , bannicres & guydons déployez, armoyez des nobles
fleurs. de-lys ; comme aufli trompettes & clairons en grand nom-
bre. Semblablement & de fuite auança l'Arriere- garde bien ordon-
* Pag.130. À :
née & en bel eftat , dont eftoienc Chefs Monfieur de Guife*, &
ROY DE FRANCE. . 159
mondit Sieur de la Trimoille, qui s'y conduifirenc fort vaillamment;
en laquelle Arriere-garde eftoient les aifles & le guet accoûtumé. +25:
tem , il fût ordonné auant que de partir dudit camp, que tousles
bagages, coffres, bahus, viures de gens de cheual, viuandiers, &
autres gens non armez , tant à pied comme à cheual , iroient ou-
tre les greues * à main gauche, dont fût baillé la conduite au Ca- * 4 rangs
pitaine Oder, qui y fit fon poflible ; mais à grande peine vouloient-
ils tenir aucun ordre, dont il fe courrouca fort ; car l’vn vouloit
marcher, l’autre non ;l'vn vouloit boire, l’autre manger ; d’autres
vouloient faire boire & repaiftre leurs cheuaux, & plufieurs autres
vouloient aller deuant au logis où l’on difoit que le Roy vouloit
aller loger, ce qui fütcaufe deleur perte, & par cux-mefmes; car en
ce faifanc ils fe metroient en defordre & confufion les vns fur les
autres, combien qu'ils fuffent vn grand nombre merucilleufement
bien pourueüs de toutes chofes. Or eft à fçauoir , que aprés que
la Bataille fût ordonnée, & l'artillerie mife en fon train ,on com-
mença à marcher en vel ordre & maniere que le cas le requeroie,
contre lesennemis; lefquels eftoient dès-ja partis de leur camp, &
marchoient en femblable ordre pour nous venir combatre ; x sis
arriuez en place qui leur cftoit auantageufe pour faire ce qu'ils
auoient entrepris, ils commencerent à lâcher vne groffe piece d'ar-
tillerie vers le quartier de noftre Auanct-garde , & venoir ce cou
du cofté où eftoient les fommiers * dont plufieurs furent bleflez 46}, à bar
mais ce ne fût pas grande chofe ; & au regard de ladite Auant-oar- gage.
de ,elle ne fut en rien decampée pour caufe de ladite artillerie des
ennemis, car toûjours elle pafloit outre. Peu aprés quelque nom-
bre de grands coups d'artillerie cirez par les ennemis, incontinent
que les Maiftres Canonniers du Roy pürent diftinguer de l'œil icel-
le artillerie, ils aiufterent vn gros canon auec vne groffe boule de
fonte en telle maniere, que du deuxiéme coup qu'il tira , cette
boulle rompit en plus de mille pieces les canons qui ainfi fort ti-
roient contre les François; & de plus, vn de leurs principaux Ca-
nonniers y fût tué , ainfi qu’il füt fceû par l’vn des Trompettes
defdits ennemis qui fût pris toft aprés : Et tanc continuerent lef-
dits Canonniers François à tirer fi impetueufement, que les autres
furent enfin contraints de fe rectrer autre part. En ces entrefaites
les vns & les autres commencoient à s’écarmoucher çà & là; mais
l'Auant-garde en bon & bel ordre s'auançoit toûjours pas à pas,
enfemble l'artillerie aprés icelle, bien accompagnée d'vn cofté &
d'autre de Suifles & Allemans ; en cette façon & maniere, auec la,
contenance d’vne vertueufe & virile hardieffe, toute l'armée mar- Fornoüe,
cha durant enuiron demie lieuë de France. Pour le regard des fom- Cominesp-
miers, bagages, & autres gens de fuite, pource qu'ils fe mirent en Fe PÊr à
defordre , mal leur en prit ; car les ennemis voyans le Corps de
Bataille marcher auec vne conduite parfaite, ne bougeoient, mais
1495.
* al rang
160 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
regardoient & auifoient commentils pouroient trouuer le moyen
de la déregler & mettre hors de fon train*; pour quoy faire, ils
enuoyerent vne grande quantité d’Eftradiots, Albanois, & autres
manieres de gens , du cofté deuersla montagne, en paffant pardeuers
Fornoüe , lefquels donnerent & chargerent fur le bagage, tellement
que les ennemis penfoient que ladite Bataille fe decamperoit & fe
mettroit en defarroy , en fe conformant & adioûtant foy à ce que
d’autres fois ils auoient oùy dire des François ; c’eft à fçauoir
qu'ils tenoient aux champs vn plus mauuais ordre que toutes les
hations du monde ; mais on leur donna bien à connoiftre le con-
craire de leur mauuaife penfée ; car iamais meilleur ordre ne füûc
tenu en Bataille du monde , aufli le befoin y eftoit grand; & de
fi bonne forte fe comportoit à l'honneur & profit du Roy & de {on
Royaume, que tous ceux qui là eftoient monftrerent auoir cœur
franc, amour loyal, & vouloir entier de bien feruir ;ie croy certai-
nement qu'il n'eft fi dur cœur au monde, i'entens des amateurs des
Fleurs-de-lys, qui en voyant ce zele & cet ardent defir que les
vertueux & nobles Genfdarmes qui là eftoient , auoient de feruir
leur vray Prince & Seigneur naturel, veû le danger merueilleux
où ils eftoient , n'eût efté meû & prouoqué à larmes de compaf-
fion ; & femblablement s’il eût veû le tres-vertueux Roy, attendu
le lieu où il eftoit, s’expofër bien auant parmy les ennemis fi vail-
limment comme il faifoit, non pas feulement par la force & puif-
fance qui en fa perfonne eftoit ,ny par la proüeffe qui en luy pou-
uoit eftre , confideré fon ieune âge & fa corpulance : Mais auec
ce,en maniere, contenance, gelte, façon , deliberé en paroles,
en confeil , & en demandes courageufes qu'il faifoit à fes fami-
liers & principaux amis , lefquelles eftoienc telles ou fembla-
bles : Que dites-vous, Hefieurs ; n'efles- vous pas deliberez de me bien
feruir auiourd'huy ? TN e voulez-vous p:5 viure €5' mourir auec moy ? 8e
aprés la réponfe euë de chacun, telle qu’à ces propos appartenoir,
*al.devray il adiouftoit: N'ayez point de peur , mes amis, ie [çay de ji feit qu'ils font
*al beaucoup dix fois antant * que nous , mais ne vous chaille, Dies nous a aidé inf(ques
plus
icy 5 il m'a fait la grace de rvous auoir emmenez é5* conduits iufques à
Naples, o$ i'ay eñ vicloire [ur tous mes aduerfaires ; 3° derechef, depuis
Naples ie vous ay amenez icy fans opprefion , fans bonte ny blime, GA
fi fon plaifir eff encores ie vous remeneray en France à l'honneur, loïançe,
© gloire de nous cr de noftre Royaume; pourtant ,mes amis, ayez coura-
ge ,nous fommes en bonne querelle, Dieu ef} pour nous , 5 Dieu bataille
ra pour nous. Dies veut auiourd'huy monftrer le bon amour, la dilection
e9° la charité finguliere qu'il a pour les bons ex loyaux François; parquoy
ie vous prie que chacun [e fie plus en luy é9° en [on aide qu'a la force de
foy-mefme ; e9° en ce faifant ne doutez point qu'il nous donnera faculté vi-
orieufe, vengeance de nos ennemis, €9' gloire bien-heurée. De ces pro-
pres mots, ou autres termes en fubftance femblables, le tres-preux
&
ROYDE FRANCE. 161
& courageux Roy confoloit & gg AT fes gens, lefquels fe
rrouuoient à l'heure en vray lieu & en chemin de peur, & en veuë
de crainte mortelle s’il en fût iamais, | |
Donc les ennemis voyans tenir fi bon ‘ordre aux François;
fans s’ébranler ,ny changer de place pour quelques fourbes & ftra-
ragémes de guerre qu'on leur fceûc faire; pource qu'ils ne fçauoient
pas bonnement en quel endroit eftoit la perfonne du Roy; ils en-
uoycrent vn Heraut* deuers luy au Corps de bataille , feignans * Pag. 104.
d'auoir affaire à parler à luy;ledit Heraut eftant venu, il le receût CFe$:
humainement & benignement , en luy demandant ce qg#'il cher-
choit ; lequel dit , qw'il Lun vn prifonnier grand perfonnage de le
Seigneurie de V'enife. Er le bon Seigneur incontinent ft demander
par vn Trompette à rouces les Compagnies , S'il y auoit perfonne
nicht un prifonnier des Venitiens , que dans trois iours il le rendisf. Et
Le ledit Heraut s’en retourna vers lefdits Venitiens , lequel die
le lieu & la place où le Roy eftoit, _ habillement il auoit, de
quelles couleurs il eftoit vétu , quel cheual, quelles bardes , & quel
accoûtrement il auoit ; & la réponfe par eux oùye, ils tinrent con-
feil enfemble , comment & par sn | moyen ils pourroient venir
iufques à la perfonne du Roy; ne ve il fûc conclu par eux (qui
cftoient au nombre de cinquante à foixante mille hommes) de fai-
re vne grande bande fi forte & fi puiffante, qu'elle fût en eftat de
tuer.tous ceux qu'ils trouueroient deuant eux; à raifon dequoy ils
choifirent dans tout leur grand nombre Îés mieux en point , les
plus forts, hardis, plus nobles, & tous les mieux montez, accom-
pagnez aufh des meilleurs & plus ns hommes à pied qu'ils
cuffent parmy leurs Troupes, ce que volontiers ils firent; aufli fu-
rent-ils receus gayement & chaudement. Et cependant qu'ils fe
preparoienc à cecy, leurs Eftradiots * pafferent la montagne & vin- ? trsdiors
rent charger aufh-toft & donner fur le bagage , fur les fommiers Pr “tag
& mulctiers portans les coffres & autres befognes. Le Roy fût Albanois,
aduerty que ceux du camp de fes ennemis fe mefloient auec eux, 5 Le
& qu'il falloit qu’ils vouluflenc entreprendre quelque chofe de polis
nouucau dans peu de temps. Le Guet, & femblablement les Ecou- Cheuzux
tes les virent faillir en grand nombre , bien montez, armez &bar- de
dez le mieux du monde ioignant le Iong de leur Bataille , & leur mm, quif-
bande s'eftant donc affemblée en corps, ils s’arrefterent vn efpa- gefenome
ce detemps ;alorsil füt fur cela auifé, qu’on prendroit pareillement re. :
par toutes les Compagnies de la Bataille les meilleurs & les plus af-
{urez Genfdarmes qui s’y pourroient trouuer; outre cela, fans rien
rompre ny mettre en defordre, le Roy prit des Capitaines des plus
ogensde bien, tant Allemans que autres , aucc fes cent Genrilshom- Cheualiers
mes & Penfionnaires, & tous ceux de fa Maifon, comme Meflire fairs le iowr
Charles de Maupas (qui ce iour fût fait Chewalier) Gilles C aronnel. #1: Beat
le, LE Comi- |
de Normandie , (qui portoit l’Enfeigne des Gentilshommes ) & Mef- nes p.341.
149$.
162 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
149$. fire 4 (yrar de Prie lequel portoit l'Enfeigne des Penfionnaires;
aucc ces deux bandes y auoit deux cent Arbaleftriers à cheual ;
auffi auoit ledit Seigneur fes Efcoflois & rous fes Archers Francois
auec leurs Capitaines, & fpecialement Claude de la Chafhre quieftoit
toûjours ioignant le Roy ; lequel fagement il confeilloit de ce qu'il
deuoit faire , & des modes & manicres hardies qu’il deuoit tenir,
es toûjours lencourager d'autant plus. Or pour parler icy de
“os ‘accoûtrement duRoy, ilfaut fçauoir, qu'il eftoit aufh bien armé en
du veffemens PTiNCE de grand renogn que iamais homme fût; car il auoit fur luy
é delffæ tout fon harnois complet beau & riche à merueilles ; & fur ledit
pa “A ##" harnois il portoit vne fort riche iacquerte à courtes manches,de cou-
leur blanche & violette, femée de croifettes de Hierufalem en f-
ne broderie de riche orfeuerie. Son cheual eftoit de poil noir, le-
quel luy auoit efté donné par Monfieur de Sauoye ; aufli ledit che-
* Comines ual s’appelloit fauoye *, lequel eltoit bardé au pofhble ; & fur la-
P ges A dite barde * eftoienc les couleurs deuant dites blanche & violette,
épadew. à croifettes de* Hierufalem fort riches. Touchant fon habillement
mure de che. de tefte il cftoit fomptueux par vn armet * de guerre , auec peu
maux parles d'orféuerie , garny de plumaceaux ou plumaux efpais , magiftrale-
pe o pr ment faits de couleurs blanches & violettes ; il auoit la bonne épée &
posée de le Ja bonne dague à fon cofté; au furplus, de routes les chofes appär-
mes de fer. venantes à vn bon Gendarme, dont il eft poffible de parler, il en
* Armesds_ eftoit garny fingulierement plus qu'aucun autre; & pour l’accom-
Jerufalem. Lioner, & ut Te tenir en bonne & feure garde contre les enne-
per mis deffus-dits , il pouuoit auoir autour de fa perfonne quelques |
detefede deux mille hommes, tous gens d'entendement, experts, de bon-
l'homme ne fiance, vaillans & vertueux Genfdarmes ; ce qu'ils monftrerent
d'armes. Lien quand le befoin en füt: Auf le Roy les voulut élire & pren-
dre parmy toutes les autres Compagnies, fans rien pourtant inter-
rompre , pour renforcer l’Auant-garde ; femblablement il fit mettre
les deux cent Archers de Monfieur de Cruffol tenans leursarcs ,auec
les Allemans, lefquels tinrent bon ordre & longuement; Et vn peu
deuant que la bande partit , il y eût quelques-vns des noftres qui
Auans, le contrefirent l'habillement du Roy, & aufh fa monture, a
rss couleurs, pour donner de la bricolle aux ennemis, à caufe qu'ils l’a-
vmbabir fem. uOient enuoyé obferuer par vn Heraut, ainfi qu'il efté remarqué
blable à ce- CY- deffus.
[ny du Ro s |
…. ou Incontinent que ceux du guet vinrent aduertir le Roy derechef,
lesennems que fans point de doute les ennemis marchoient, mais que la pluf-
Diem à [a part d’iceux gagnoient les bois & les buiffons; alors le tres-preux &
perfonnes vertueux Roy, fous la bonne fiance qu'il auoit en Dieu, & en fes
a 4 d#- amis, marchaauec fa bande iufques outre la greue, tellement qu'ils
fdeliré eme commencerent à fe voir les vns les autres; & fans mentir les enne-
uers leur mis venoient gayement, bien deliberez, & en bonne ordonnan-
Prince. ce; çar ils eftoient bien montez , bien bardez, & beaucoup plus
ROY DE FRANCE 163
que les François , & les meilleurs de vous les leurs, ainfi que les
meilleurs des noftres eftoient tous au deuant, &les premiers ; par- 1495:
quoy de prime-face les Auantcoureurs vertueufement fe chocque-
rent & firent bon deuoir de cofté & d'autre, mais la grande bande
{e cenoit toûjours couuerte le plus qu’elle pouuoit ; & incontinent
qu'ils fortirent à découuert ils chargerent impetueufement , coura..
geufement & tres-ficrement les vns {ur les autres, & de tous coftez
commencerent à chocquer & donner dedans; & fût la rencontre
merucilleufement foudaine & afpre ; car,comme dit eft, les enne-
mis eftoient tres-bien armez, & aufh bien montez qu'il eftoir pof-
fible d’eftre, & bardez à l'aucnant : Et pource qu'ils fçauoient l'a-
coûtrement du Roy entierement par le Heraut, cy-deuant nom-
mé, qui eftoit venu demander le prifonnier , ils firent tant qu'ils
vinrent iufques à luy, & chargerent deffus fort & ferme ; lequel
courageufement & cheualeureufement fe deffendit , comme preux
& hardy, tant que au moyen de luy & de ceux qui eftoient autour
‘de fa Perfonne, iamais ne frapperent coup plus auant ceux qui s'e-
ftoient par leur outrecuidance tant auancez ; & ne croy point qu'en
va tel aëte & danger merucilleux où il eftoit, depuis que le mon- Comines
de eft creé fût veù vn cel Perfonnage comme luy, plus virilement p.341.:4.
& plus ficrement donner dedans qu'il faifoit fans peur, fans crain-
ce, & fans frayeur ; mais fembloit que Feu operation & œuure di-
uine il faifoit tout ce qu’on luy voyait faire: A proprement parler,
il merita cedit iour, d'eftre appellé vrey fils de Hars; fucceffeur
de Cefar, compagnon de Pompée , hardy comme Heétor, preux
comme Alexandre, femblable à Charlemagne, courageux comme
Hannibal, vertueux comme Augufte, heureux commeOdauian*, *d.O&aue
cheualeureux commeOliuier , & deliberé comme Roland; car lors Auguite-
qu’on frappoit {ur luy le courage luy croifloit ; & qui plus ft, ilen- 5, 4
courageoit fes g°ns & leur faifoit enfler le cœur tant par fes pa grard cowa-
roles que par fes vertueux faits; & plus eût encore fait par le grand £°“*X-
courage qu'il auoit , fi on luy eûc faiffé accomplir fon vouloir:
Mais les gens de bien qui eftoient autour de fa Perfonne , & qui
bien fçauoient le meftier de la guerre, de peur d’inconugnient ,à
route force le mirent hors du danger , auquel il vouloit toüjours
cftre, & ou il s'eftoit mis ; & firenttant da ans vertueux faits , que
la plus grande partie defdits ennemis, qui ainfi que deuant eft die
a ré affemblez & deliberez de donner fur la perfonne du Roy,
furent là tuez & accablez, mefme les plus gens de bien d’entr'eux;
& pourleur honneur les mieux montez le gagnerent à fuyr, quand
ils virent & apperceürent la tuërie & refiftance fi chaude & fi
cruelle en peu d'heures ; & ne fut en ce rude chocq pris prifon-
nier de nos gens que Monfieur le Baftard Afathien de Bourbon *, pour * Comines
homme de renom , lequel deffendit vertueufement la Perfonne du ?'3#*:547-
Roy, car il eftoit coûjours auprés de luy iufques à l'heure qu'il fût |
X i
1495.
164 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
pris, en croyant prendre vn des grands Seigneurs de Venife qui
s'enfuyoit ; &en le fuiuant, ne peût eftre maiftre de fon cheual qui
cftoit échauffé, & auquel on auoit en la preffe couppé la refne de
fa bride, fi coft, qu'il ne fe trouuaft parmy le danger defdits enne-
mis, voire iufques dans leurs barrieres , où celuy qu'il pourfuiuoit
fe fauua ; & luy eftane pris fût ietté par terre, & peu s'en falluc
qu’il ne fût affommé. Il n’y eût de morts qu'enuiron huit ou dix
Gentilshommes d'eftime & de réputation, moyennant l'ayde & le
fecours de Dieu qui operoit en cét affaire , autrement cout fe füc
mal porté; car ils auoient bien deliberé que iamais le Roy, ny les
fiens ne retourneroient en France ; mais Dieu y pourueüt de reme-
de; car comme fi c’eût efté par diuin miracle & ordonnance de la
Maicfté diuine, encore que les ennemis fe trouuoient dix contre
vn, & que deux deleurs pe en valoient trois des noftres, à lebien
prendre, veü le lieu où ils eftoient, & legrand voyage qu'ils auoient
fait, la pcine, le foin, la fatigue, & le trauail qu’ils auoient foû-
tenu depuis leur depart de France iufques à D in , & de N aples
iufques audit lieu , où ils auoient (oubfere & enduré tant de nuit
que de iour , toutes Îles miferes & neccflitez qui peuuent furuenir
à pauures Genfdarmes fur les champs, non pas vn iour ny vne fe-
maine feulement , mais l'efpace de dix mois continuels fans ceffer,
parmy les dangers de leurs ennemis mortels ; & que ces aduerfaires
cftoient en leur pays fur leurs fumiers ,tous prefts, prompts, & ap-
parcillez, bien nourris, bien penfez, tous frais, & bien repofez ; au
refte bien équipez eux & leurs cheuaux , s'attendans d’accomplir
leur fee volontéen fi grand nombre, comme de cinquante à
foixante mille hommes contre huit ou neuf mille au plus; & encore
dont la plus grande partie eftoit en affez mauuais eftat ; les vns
malades, les autres sk | montez, autres imal armez ; car chacun n'a-
uoit pas cheuaux , & autres chofes pour porter ou fournir à fes ne-
ceflitez : Et toutesfois, moyennant la grace de Dicu , & non pas
celle des hommes (autrement ne le faut-il pas entendre)ils vinrent
heureufement à bout de leur entreprife ; car felon la difpofition
de droit naturel & iugement, les ennemis euflent deû combatre,
voire vaincre & battre dx fois autant de gens que leRoy en auoit,
Cette victoire n’arriua donc point par la puiflance des hommes
ui combatoient , mais c’eftoic Dieu qui batailloit pour eux par
a bonté & vouloir diuin, afin de hs ve & fauuer le Tres-Chre-
ftien Roy pillier de la Foy Catholique ; enfemble tous fes fujers
& bons amis. Les ennemis pes donc lors vaincus, tuez, bleffez, &
mis fous Les picdsdes vertueux François ; & qui plus eft, pour don-
ner encor plusä entendre la déloyale entreprife ‘re ennemis, &
comme fauflement & mefchamment , ainfi que craiftres & déloyaux
qu'ils eftoient, ils auoient entreprisde combatre le Roy; iecroy que
Dieu leur voulut monftrer sx à par figne éuident ; car tant que
ROY DE FRANCE. 165
dura le carnage , la chaffe & la fuite des leurs, il ne ceffa de venter,
de pleuuoir , de tonner , & d'éclairer , comme fi tous les Diables
cuflent.efté déchaînez par les champs.
Au refte, le Roy fut toute cette iournée armé & à cheual , au.
moins iufques à ce que chacun fût retiré au camp ; qui fût vne
rande & loüable vertu à luy. Ledit lieu, où fe donna laBataille |
É nomme Virgerra* , (là où autresfois y auoiteû dés-ja Baraille) & “#: Vergera
cft ioignant le Vau-aux-Rux*, felon le langage du pays, prés de Pr le Val
Fournoëe enuiron deux mille (ou comme l'on pourroit dire, enui- ou
ron autant qu'il y a de Paris iufques au . du Lendit;) & di-
ftant de Parme de quatre milles ; & ainfi ce lieu eft fitué entre
Fornoïe & Parme , du cofté delà les Rux ; & le camp des ennemis
cftoit ioignant la riuiere qui paffe par la. |
Les morts tant des leurs que o noftres demeurerent où ils
cftoient route la nuit iufques au lendemain , que les ennemis en-
uoyerent demander fauf-conduit au Roy pour enterrer leurs gens
morts ; ce qui leur fut oétroyé. |
Le Roy & tous les fiens en figne de triomphe & de victoire a. 4
coucha au Champ de bataille , & bien que les pauures Genfdar- Roy à For-
mes euffent tout le iour vertueufement crauaillé , comme dir eft , > -P-
& cuffent deffendu & ferui leur Maiftre tres loyalement en fi pe sfr
grand danger où ils s'eftoient trouuez , fi furent-ils mal fs , P- 338.
mal traitez , & mal logez ; & mefmement la perfonne du Roy,
qui pour cette nuit s'eftoit retiré en vne petite maifonnette qui
cftoir là toute feule , pour caufe de la pluye & du mauuais temps,
& fût luy- mefme aufli mal foupé qu'aucun autre ; car les Eftra-
diots* auoient couru fur les viures, & chargé fur le bagage, ainfi » Comines
qu'il a efté dit cy-deflus ; ce qui caufa cette indigence de viures ; p.334.
& croyoient ces Eftradiots auec cout le refte des ennemis , qu’en
ruant fur le bagage , noftre Armée fe mettroit en defordre , qui
cftoir ce qu'ils câchoient le plus de faire; mais pour chofe qu'ils
fceuffent entreprendre ,la Bataille n’en tint conte non plus que fi
ce n'eût rien ke ; ains en laiffa faire à ceux qui en auoient la char-
ge;en quoy lefdits Eftradiots n'eûrent pas du tour l’auantage ; car il
en demeura fur le lieu autant des leurs comme des noîftres ; & de
fait ,ces Eftradiots ne firent pas tant de mal fur ledit bagage qu'on
ourroit bien s'imaginer; mais fous ombre d'iceux, plufieurs pail-
Le & méchantes gens qui conduifoient & menoient lefdits ba-
gages, firent la plus grande partie dudit pillage, & _ les
propres coffres & bahuts de leurs maiftres , pour prendre ce qui
-eftoit dedans. : |
Le Mardy feptiéme iour de luillet l'an mille quatre cent quatre- »,, ge
vingt & quinze, le Roy au matin , aprés auoir oùy Meffe , fit le- d'Iraliere-
uer fon camp , & alla loger à vn mille * prés de là, qui eft vne de- _..
mic lieuë de France, ou enuiron , en vn haut lieu qui s'appelle France.
X ii
1495.
166. HISTOIRE DE CHARLES VIIL
1495. Hagdelan , & là demeura tout le iour ; & fut celle diligence faite
ar tous les. Maiftres de l'artillerie, qu’elle eftoit toute, enuiron les
buic heures du matin, arriuée audit camp Royal, où furent auff-
coft les tentes & pauillons œndus ainfi qu'il appartient en tel cas.
Les ennemis Ledit iour vinrent deuers le Roy aucuns de ceux du camp des
spré.lur ennemis prier qu’il leur enuoyaft gens pour parlementer; à quoy
cherchent faire y für enuoyé Monficur de Piennes & Maiïftre Florimond R o-
Roy d'accom- bertet, mais il: y eût quelque different, pource que les Venitiens
moment. ouloicnt qu'on paflät l'eauë par deuers eux , &nos gens:vouloiene
au contraire qu'ils vinffent les crouuer, parquoy ils ne firent rien :
Toutesfois, comme dit a efte , ils eurent fauf - conduit pour leuer
& aller enterrer leurs morts qui eftoient au lieu où la Bataille s’e-
{toit donnée.
Ce mefme iour fut pris par aucuns des bien-veuïllans du Roy
vn Meflager qui alloit vers le Duc de Milan porter le nombre de
* C'eftà dire leurs gens FA ob auoient efté tuez en cette Bataille ; ainfi la
de qualité. puis-ic bien dire & nommer, & non pas fimple rencontre ; car lef-
dits ennemis tenoient camp ordinaire tous les iours, en attendant
le paffage du Roy ; & par ce Meffager, c’eft à dire, par les lettres
qu'il portoit, on fceüc quelles gens eftoienc morts en ce combat,
tant gens de bien qu'autres moindres Genfdarmes : Et quand on
luy demandoir combien.il y en auoit eû de dépefchez , il ne ré-
pondit autre chofe finon que.trop il y en:anoit de morts. Pour le re-
gard des gens de-nom.,. qui eftoient contenus dans lefdites lettres,
cnuoyées par la: Seigneurie de Venife au fus-dit Duc de Milan , à
leur malencontre ; ie mets icy la. teneur d'icelles en peu de mots.
Premicrement pour donner à. entendre les principaux de leur
Armée, c'eftoit le Marquis de Mantoie pour les Venitiens ; & pour
* Gala le Duc de Milan le Comte de Galiach* & le Seigneur Fercaffle* ,
* Fracaffi. auec pluficurs autres grands Capitaines &Offhciers ; feulement doit-
on fçauoir qu'ils eftoienten grand nombre , duquel, fclon la teneur
d'icelles lettres ,moururent ceux qui s'enfuiuent.
La life des perfènnages de renom qui moururent 4 la
Journée de Fornoïe, du camp des Venitiens
© de celuy du Duc de Milan.
Premierement le Seigneur Redolpho de Courango , oncle dudit
Marquis de Mantoüe.
Le magnifique Tohanni Maria de Couranguo coufin du deffus
nommé Marquis, bien-aymé & fauorifé du peuple de Venife.
Guydonne de Couxango vaillint Seigneur.
Noble homme 4ntonio Scalabro de Bruino Capitaine de cin-
quante Lances Veniciennes, fort regretté à Venifc. |
Le fils de Monfieur Nicolo Dextro grand Seigneur.
ROY DE FRANCE. 167
Le fils de Meflire Gwydonne de Baignores.
” Le Seigneur Galliache de Coxero.
Le fils du Comte Johanni de Gayelle.
Le fils de Meflire fohanni de Courango.
Item , le Verte. |
Item d'vne autre bande , enuiron vingt-cinq hommes, tous
grands DE or & de grandes Maifons, qui autrement n’eftoient
nommez dans ladite lettre,
Item, d'autres Venitiens morts, c’eft à fcauoir Meflire Kemigero
grand Seigneur. |
Le Seigneur Bernardino de Montens.
Le Comte Ludouico Danogardo.
Le Comte Bernardino Precemo & plufieurs autres, dont le nom-
bre & le nomeftoient contenus en icelle lettre , mais à chaque nom
il n’y auoit feulement qu'vne lettre, que celuy à qui elles s’adref-
_ foient entendoit bien. | …
ftem , d'vne autre Compagnie Milanoife fous la charge du
si Gallias * jen furent tant dépefchez qu’on n’en fçauroit di- REA
re le nombre ny le conte. .
Ttem , des bleffez, c'efta fçauoir des plus grands desleurs, eftoient Dos
Chriftofle de Cafillanne. :
Plus, le gendre de Labatuzo. |
rem, vn des Capitaines Venitiens , & plufieurs autres qui n'e-
floient pas de fi grand eftat , & importance , dans toutes les
Compagnies * tant de pied que de cheual; & eft à fçauoir, que * Comines
quoy qu'il en füc, il ne demeura gueres de gens de pied des leurs, P3#+
que tous ne fuffent tuez ou bleffez, s’ils n’auoient ofcoft arpenté
en fe fauuant à la fuite, que ceux qui les chafloient de fi prés; & mef-
mement ceux de cheual , aufquels la meilleure piece &la plus cer-
caine de tout le harnois qu’ils portoient , fût pour le temps de ce
combat, la pointe de leurs éperons.
Pour la foufcription defdites lettres eftoit écrit ce qui s'enfuit,
Nunc [oripfi bec, mutatä dexteré Excelf.
Le Mercredy huitiéme iour de luillet le Roy partit de Mage
dulan* auec fon Armée bien équipée de fon arrillerie , Monfieur * Magdelan
Jean Iacques *conduifoit lAuant-garde auec plufieurs de nos Genf- * Trimwlce
darmes , & alla coucher aux bouts de Florenfoll* ; en allant * Fioranfôlle
il furuint vne allarme en paffanc par le Bourg Sainéf-Denys*, mais * y. p. ne
ce ne füc rien; & difoient aucuns que c’eftoit Monfieur de Breffe & le mefme
ui eftoit allé à Gennes , auec vne belle bande de Genfdarmes , tance?" 77
Atbaleftriers que autres, qui euflent bien feruy à la fus-dite Ba-
aille s'ils y euflent efté ; car cette bande eftoit belle & bonne ,en
nombre de feize à dix-huit cent gentils compagnons, tous bien
deliberez. |
Le Ieudy neufiéme iour du mois de luillet le Roy partit de
149$«
168 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
ee F lorenfolle pour aller coucher à l'Abbaye de Salmedon mais ce iour
7" là ceux du pays auoient rompu vn pont p où il falloit faire paf-
fer l'artillerie , qui fût vn grand obftacle & empefchement pour
l'Armée, car il conuint amaffer tous les Pionniers d’icelle, & les
mettre incontinent en befongne; tellement que toftaprés , malgré
les vilains aduerfaires , ladice artillerié paffa gayement ; mais cepen-
Orage de dant qu’on raccommodoir ledit pont la pluye furuint en fi gran-
plnyequiin- de quantité , que tout l'Oft & l’Armée en fût merucilleufement
commode incommodée; car fans cefler en tres-grande abondance elle dura
DR bi heures, dont les chemins furent fi fortr il
du Roy. ien quatre heures, dont les chemins furent fi fort rompus , qu
n'eftoit homme de pied ny de cheual tant fûc-il bien monté, qui
peût mettre vn pied auant l’autre; le plus fort de l'affaire eftoit à
ceux qui menoient l'artillerie ; car pour en tirer vne feule pieceil
conuenoit bien y employer quarante ou cinquante cheuaux , &
autant de Pionniers, ce qui ne fût pas fans vne merueilleufe pei-
ne: Et encore pour augmenter dauantage l’ennuy de cette fatigue,
_ce iour-là mefme il falloit que toute l'Armée paffât auprés de Plai-
*Pagus. fance *, qui eft vne des fortes Villes & dangereufes de route l'Ira-
* Fracafe , lic; car la nuit precedente s’eftoit mis dedans le Seigneur Fercaffe *
Cominesp. neueu du Duc de Milan , aucc quatre mille cheuaux & gens de
349. € 359) Eee ; ce qui eftoit bien pour épouuenter ladite Armée , attendu
a peine, le crauail, & la grande charge qu'elle auoit foûtenuë : Tou-
resfois, graces à Dieu fans aucun danger , elle paffa outre, moyen-
nant le bon ordre qui y fût tenu ; laquelle chofs fit fi belle peur au-
dit Fercaffe qu'il n’ofa iamais fortir dehors , ny les fiens aufli : Et
paffa ladite Armée ce mefme iour la riuiere du lieu , qui encore
n'eftoit gueres grande , mais la nuit fuiuante elle creûc tant, que
le matin on ne la pouuoit plus paffer.
Le Vendredy dixiéme iour de luillet Je Roy partit aprés la Mef-
fe luy & coute fon Armée, auec l'artillerie , & alla difner aux Faux-
*Pagus. bourgs du Chafleau Sainét-Iean*, & ne voulut point entrer de-
dans de peur qu’on ne le pillaft. Les hommes de la ville dudit Cha-
ffean Sainéf-Iean fournirent des viures par deflus les murailles en
grande abondance , tant pour hommes En our cheuaux , en
payant cherement ; & à la requefte de Meflire ean Tacques le Roy
alla coucher dans vn bois ou 1l fit fon campement, & coucha cet-
te nuit dans {es tentes & pauillons auec toute fon Armée.
Le Samedy onziéme iour de luiller le Roy partit aprés la
Mefle oùüye bien matin , pour aller à Tortonne , qui eftoit vne
journée trop grande en ces quartiers-là ; car il fût aduerty que
Fercaffe s'eftoit retiré de Plaifance, & eftoit venu audit lieu de T or-
sonne pour en garder le paffage contrele Roy &tous fes gens; & pour
ce faire, ils eftoient venus en grand nombre dedans cette Ville ;au
bout d'vne leuée , le long des prez & marefts ,il yauoic vne forte
tour joignant vn pont , qui eftoit le commencement du paffage,
\
où
.i! ROY DE FRANICE. ::: 169 u
où il y auoit quelques ftaliens qui le gardoient: Mais incontinent , 49:
que les François arriuerent deuant icelle , ceux de. dedans furent |
bien ébahis, & non fans caufc ; cat ils n’auoient pas efté aduertis,
de voir tant de teftes armées paroiftre deuant eux; ny f groffear-
tillerie qu'on leur monftra de prime-face ; parquay comime gens
fort eftonnez & furpris, pour chofe qu'on fceûr leur dire'ou- fäire
parler , ils ne voulurent’ éntreprendre de refifter ny: entendre À
compofitian ; mais firent les fourds., tellement. qu'il conuint ïom, .
pre les portes de ladite tour, & entra-ron dedans'par force ; a … : :
moyen dequoy lefdits paillars qui:y eftoienic, furent tous tuéz .& .. .:.-
cela par leur faute & aueuglement : Ce fait , le Roy enumaÿa.à x
Tortonne vn de: {es Heraèts d'armes pardeuers ledit Fercaffe neueu dû
Duc de Milan, qui auoit amene audit lieu lefdits Genfdarmes £le+
quel Fercaffe fit bon accueil à cé Heraut, appellé: Prouence *; gollé- » pos. 133
ment, qu’il offrit la Ville, le Chafteau, & tout ce qui:efltoie dedans € 175
au Roy , fi fon plaifir eftoit d'y loger ;.& luy-mefme vint à da
orte dudit lieu Î Tortonne au deuant du Roy, & parla à luy,en
Le offrant derechcf ladite Ville, & trous les biens d’icelle, dont le
Roy le remercia ; & alors il prit congé dudit Fercaffe., qui eftoit
| yn tres-pracieux & beau Gendarme , & paffa enfuite l'artillerie 8e
les Genfdarmes du Roy au trauers les Fauxbourgs de Tortonne, &
par le dedans mefme de la Porte ; qui plus cft, le Roy fr mertre
& planter fon camp deuant & auprés de Tortonne , auquel lieu il
demeura iufques au lendemain matin. 2 _
Ledit Sicur Fercaffe fie là amener des viures, & fi largement que
c'eftoit merucilles, tant pourles Genfdarmes que pour les cheuaux ;
femblablement pour rafraîchir lefdits Genfdarmes , & racoûtrer
ceux qui en auoient neceflité. I] fit aufli porter audit camp gran-
de quantité d’habillemens , comme robbes, pourpoints, chemifes,
chappeaux, bonnets, chauffes, fouliers, & autres chofes necelfai-
res … pain, du vin, des viandes, foin, auoine, & bleds en mer-
ucilleufe quantité. _ oc
Le Dimanche douziéme iour de Juillet le Roy partit de fon
camp, après qu'il eût oùy la Melle, & füt difnor aux Fauxbourgs
de Nofle; & aprés le difner il alla à Capriate; mais il ne voulût pas
pour ce difner, qu'on entraft en cetre ville de IN ofle, dautant que
ceux de ladite Ville baillerent force viures ,ainfi comme ceux des
Villes precedentes auoient fait ; & aufli afin que ladite Ville ne füc
pillée & dérobée , mefmement pource qu'elle cftoit au Seigneur Jean
acquis , qui conduifoit par l'Italie l'Armée du Roy, parce qu'il
en eftoit , & fçauoit les encrées & les paffages mieux qu'aucun
autre. | : ; |
Le Lundy treiziéme iour de luiller le Roy partit dudit Capriate _ 4 ha)
; ,° A e° 8 . . ; . . A Ë \ î ls =
aprés qu'il eût oùy Melle, & difna audit lieu, & fût coucher à fix inines p.50.
milles de Mice *, és terres de la Marquife de Montferrat, & là:3s1.
Ÿ
1495.
170 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
furent tenduë les tentes auec les pauillons , & fût le camp clos
comme il appartient; & ceux de ladite ville de Nice y enuoycerent
force viures. | nn
Le Mardy quatorziéme iour de luillet le Roy partit de fon camp,
& fûc difner & coucher audit Nice, à huit milles d'4f.
Le Mercrédy quinziéme iour de luillet ;le Roy aprés auoir oùy
Melle, partit de Nice, enfemble toute l'Armée en l’ordre accoû-
* De Comi. tUmé, & vint paffer la riuiere qui cft auprés d'4ff*, luy, fes gens
nes p. 351,
& fon artillerie, qui fût vne grande chofe & bien hardie ; & fût
*Idemp.4. Coucher à LAfF*, où il‘ demeura iufques au vingt-feptiéme iour de
IS.
# foarres,
pailles.
* Comines
Juillet ; & cependant les Genfdarmes , & ceux de l'artillerie s'y ra-
fraîchirent & s’y r'habillerent , car grand befoin enauoient., Auffi
le Roy oüycnouuelles de toutes parts; à fçauoirtant de ceux de N 4-
ples , qui s’eftoient tournez contre luy , pour receuoir le Roy Fer-
rand, que du Pape, des Venitiens , de Ludouic Duc de Milan , tou-
chant la grand’affemblée de gens qu’il auoit faite contre Monfieur
d'Orleans ; lequel eftoit entré dedans IN oware , & de toutes autres
chofes aufquelles fagement & en bref il fût pourueü. Aufli luy
cftant encor audit -4/fF, & route fon Armée, viures y vinrent de
toutes parts en grande abondance, tellement que dans le Marché
les chars & chariots eftoient fi preffez qu’on ne s’y pouuoit tour-
ner, cftans pleins & chargez de bleds, À vins, pains, chairs, pou-
lailles, volailles, foin, eftrain* , auoine, & generalement de toutes
autres chofes appartenantes , tant aux hommes qu'aux cheuaux,
aufh des meilleurs & des plusgras veauxdu monde, tous nourris de
lit de vaches , de fruitages , herbages ; & d’autres cels negoces
dont on pouuoit voir , en aufli grande quantité qu'on euft fceû
faire dedans Paris, qui eft vne chofe fort confiderable , veü la lon-
ce demeure que Monficur d'Orleans & fes Genfdarmes y auoit
Faite, le paffage du Roy, de fes gens, & autres; ce qui fait bien pre-
fumer qu'il n’y a pays en France qui n’eût eû bien :affaire d’auoir
à fupporter vne telle charge. Semblablement, le Roy & l'Armée
cftant à Turin & ésenuirons d’4f, toûjours les viures en venoient,
& autant ou plus qu’on en vouloit ; ce qui fait bien voir que le
pays d’Aff eft vn tres-bon pays ms & fertile en tousbiens;
outre que les habirans y font debonnaires , amiables , & fort pai-
fibles. | |
Le Lundy vingt-feptiéme iour de luillet lan mille quatre cent
quatre-vingt & quinze , le Roy partit d’A4f} aprés _ eût oùy la
Mefle, & fût difner à Willeneufue , puis le foir coucher à Quiers*,
past. ér354. OÙ il demeura auec tout fon train , depuis cedit iour iufques au
Spag-114. crentième iour dudit mois de luillet ; durant lequel temps que ledit
precedeste.
Seigneur eftoit audit lieu de Quiers, 1l receût plufieursnouuelles tant
de Monfieur d’Orleans, du Duc de Milan, des Venitiens, & de leurs
cntreprifes , que de tous autres lieux ; & luy eftant en cedit lieu
ROY DE FRANCE. | {7i
aucc tous fes Genfdarmes ,on eñttoûjours luffifamment des viures ue
eant pour les hommes que pour leurs cheuaux. 49 js
Il fE à fçauoir, que par excellence & fingularité fût amenée la
fille de Meñlire Jean de Solier hofte du Roy , noble homme & de
rande renommée, vn foir après fouper, deuant le Roy en pleine
fl; ledit Mefire Feas de Solier fon pere , & aufli fa mere prefens,
enfemble tous les grands Seigneurs de chez le Roy , laquelle en
toute humilité , douceur , benigne reuerence& honneur , dit & pro-
fera par cœur, tenant les meilleurs geftes du monde , vne haran-
ue à la loüange du Roy fi fagemene que Fon ne pourroit mieux,
Es flechir ,touffer, cracher, ny varier en aucune maniere.
Le Icudy trentiéme iour de luillet le Roy partit de Quiers | & * Comines
füc à Turin*, où Madame la Ducheffe luy vint au deuant bien P35
accompagnée ; & füt ledit Seigneur logé en l'Hoftel du Vice-
Chancelier de Saseye , auquel lieu il parla longuement à madite
Dame, & bion familierement, de roues les affaires qu'ils auoient
à befongnerenfemble,rouchanc leurs pays & autres negoces, offrant
ladite Dame audit Seigneur rous {es Pays, Terres, & Seigneuries
entierement, & cftoient prefens pour accompagner madite Da-
me, Monfieur de Brefle & fan fils , Francois Monfieur de Luxem-
bourg, le Chancelier & le Maref hal de Sauoye , Monfieur de la
Chambre , & quantité d’autres grands Seigneurs de nom. Aprés
lufieurs deuis & bonnes cheres, elle prie congé du Roy, enfem-
le fes Damoifelles., lefquelles eftoient toutes vétuëés de noircom-
mc elle; & le Roy auoit lors vétu vn fayon* de drap d'or ; auec +hocquetos
vne manteline de farin gris & violet en écharpe; & bien fembloit v.p.147.
eftre accoûtré en hon Gendarme. Il demeura à Twris iufques au
troifiéme iour d’Aouft ; qu’il retourna derechef à Quiers , mais Aout.
la plufpart de fes Genfdarmes demeurerent à Turin. Le lende-
main quatriéme jour dudit mois d’Aouft le Roy retourna à Turin,
auquel iour l'artillerie partit pour aller à V'ercel, & delà donner fe-
couts à Monfieur d'Olleans *: routesfois le Roy demeura encor à * Pag. 105:
Turin iufques au feptiéme jour d’Aouft, qu'il rerourna difner &
coucher à Quiers, auquel lieu il demeura iufques à l’onziéme du-
dit mois; lequel iour derechef il partit pour reuenir à Turjs , au-
quel lieu , ainfi qu’il foupoit, luy vintent nouuelles que eeux de
Florence auoiïent pris vne Place, appartenant aux Pifans, par com-
pofition ; & aprés ayoient tué les habitans , & puis mangé leur
cœur. |
Le Samedy quinzième iour du mois d’Aouft , le Roy à Tsrin,
pour l’honneur de la fefte & folemnité de Noftre-Dame, oüyc la
ii Melle aux Auguftins dudit lieu ; & y fit le Seruyice Monfieur
e Cornoüaille. Aprés le difner le Roy alla au Sermon, que fit vn
excellent Docteur de l'Ordre defdirs Auguftins, & puis oüyt Vef-
pres & Complies audit Conuent, qui eft firué hors ladite Ville
Y i
i72 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
149$. de Turin ; auquel Seruice eftoient rout le iour fes Chantres & fa
Chapelle entierement, qu'il faifoit fort bonoüyr. Et iceluy iour le
A ‘A Bailly de Dijon partit pour aller querir des Suifles* és Allemagnes.
Roy- Le Mardy dix-huitiéme iour d’Aouft le Roy partit de Turin
“Pag-195. pour aller derechef à Qwiers ; & là demeura iufques au vingt-
PP deuxiéme iour dudit mois, que trefpaffa Maiftre Teen Michel |
cedente. |
Mortdupre mier Medecin du Roy , tres-excellent Doéteur en Medecine, dont
ss" sr le Roy füt tres-fort marry. : | |
Le vingt-deuxiéme iour d’Aouft vint deuers le Roy Monfieur
de Cernon des pays de Prouence, difant, Fu luy approchant fur
mer la terrede Gennes, en venant des pays de Naples, il enuoya fon
Patron de gallée en vne petite Ville de ladite Seigneurie de Gennes
pour auoir des viures , en les bien payant, parquoy il entra en icelle
Ville auec aucunsde fes gens ; & eux cherchans & faifans leurs pro-
uifions de viures par icelle Ville, virent vn échaffaut dreffé en l’vn
des carrefoursd'icelle, où l'on faifoit vn myftere cel, qu’il y auoit vn
Roy reprefentant le Roy de France , lequel eftoit aflis dans vne
chaire, & luy mettoient du feu auprés pour le brûler, dont iceluy
Patron & fes gens, pource qu'ils eftoienc les plus foibles, fe teû-
rent; mais firent leur prouifion , puis fortirent dehors, difans qu'ils
fe repentiroient de l'iniure qu’ils auoient faite à la reprefentation .
du Roy. Lors, incontinent qu'ils furent arriuez en leurs Nauires,
ledit Patron raconta & recita l’iniure & opprobre qu'on croyoit
faire au Roy, par tels ieux & myfteres, audit Seigneur de Cernon;
lequel incontinent fit preparer fes vaiffeaux, qui eftoient en grand
nombre ; & à la pointe du iour , enuiron lheure de deux heures
aprés minuit vint ledit Seigneur de Cernon auec toute fa puiffance
pour venger cette iniure , & mit le fiege deuant icelle Ville; telle-
ment qu’à l’aide de fes Genfdarmes & Mariniers ils l'affaillirent ,
cant par mer à force d'artillerie, que par terre ; fi bien qu'ils la pri-
aime. TeNE par force , & d’affaut ; & quand ils furent dedans ils mirent
pare tout à feu & à fang rez-pieds rez-terre ; puis s'en retournerent en
emuers quel- leurs Nauires fur mer, & vinrent gagner le pays de Prouence ; &
gérts de là vint ledit Sieur de Cernon raconter au Roy l'infamie de ces
LEE méchantes gens, & comment ils les auoient punis de leur outra-
ofenféla f- ge; de laquelle chofe fût faite en Cour grande rifée, & difoit-on
te qu’ils pronoftiquoient eux-mefmes leur malediétion , car ils fei-
dsRay. gnoient de brûler autruy , & eux-mefmesils furent brûlez à bof
efcient. L :
Item, cedic iour vinrent nouuelles au Roy, que ceux du camp
du Duc de Milan auoient pris vne petite Ville des terres de Sa-
uoye, & l’auoient pillée, dont le Roy fût fort courroucé, & fem-
blablement Madame de Sauoye. #
* Comines Le vingt-fixiéme iour d’Aouft le Roy alla de Turin à Quiers*,
F85% & Monfieur le Prince auec plufieurs autres grands Scigneurs tire-
ROY DE FRANCE. 173
rent à Vercel pour donner fecours à ceux qui eftoient dedans TN o-
narre*, Et aprés partit Pierre* de Valeraut grand Marefchal des lo- 1495:
sis du Roy en tout fon voyage de Naples , pour aller au deuant * P4g-105.
des Suiffes & Allemans que le Bailly de Dijon & autres cftoient al- re és
lez querir és Allemagnes, pour les receuoir & faire faire leurs Mon- A rw e el
: tres ; parce qu’il parloit & fçauoit bien leur langage. Le Roy Pogis du
partit de Turin pour derechef retourner audit Qwiers , où il demeu- #3
ra iufques au trentiéme d’Aouft ; qu'il retourna encore à Turin; *P. Off-
& le iour enfuiuant fut creé & fait grand Chancelier de France € 2
Monfieur mé sn nier À de Rheims; Lemefme iour, enui- imprefion du
ron les deux heures de nuit il fit vne fi grande tempefte de groffe he 44
grefle *, qu'elle cheoit en plufieurs endroits prefque auf gl que Chäceliers,
des œufs ; & fembloit y auoir dedans la figure d’vne tefte & face p.31.6 100.
d'homme; il en comba en fi grande abondance qu'elle couuroit ea
demy pied de haut ou enuiron les terres où elle cheût. Le Roy fre du Car.
fciourna à Turin iufques au cinquième iour de Septembre, qu'il #4: U
artit pour aller à Æfontcallier, r eft vne cres-gentille petite Vil- ce
e bien crouffée, & aflife en vn haut lieu ,au bas de laquelle paf- *Grefle d'ex-
fe vne belle & bonne riuiere. eue gref°
Le Dimanche fixiéme iour dudit mois, le Roy oùüyt Meffe à vne
Noftre-Dame grandement requife', qui eft à vne Abbaye de Da-
mes, audit #{ontcallier, ou il difna & {oupa. |
Le Lundy feptiéme iour de Septembre le Roy oùyt la Meffe à Septembre.
ladite Abbaye , & commanda qu'on donnaft force viures à vne, ,
grande bande de Suiffes qui pafloient pardeuant le lieu de Æfont- cailler
caller en tres-belle ordonnance , comme ils ont accouftumé de
faire. | |
Et alloient lefdits Suifles à Nice en Prouence de par le Roy,
our monter fur mer auec ceux dudit Prouence qui s’en alloient
a Naples ; cedit iour , aprés que le Roy eût foupé, par maniere de
pafle-cemps, eftant bien accompagné de plufieurs gens de bien il
s'en alla ioüer fur la greue prés du pont dudit <ontcallier ; & là
fit amener les faucons d'artillerie , & en fit charger aucuns pour
tirer luy-mefme à fon bon plaifir ; & de fait, il les accoûtra & fit Dexterité ds
accoütrer , comme bien l’entendoit , tous prefts à tirer ; puis fit Par À
mettre vn drapeau blanc attaché au bout de deux mafts de bateaux ; dés pieces de
& tira luy-mefme defdits faucons fur ce drapeau , duquel il appro- “”°”:
cha prés de deux doigts ou enuiron, trois *coups de fuite ; puis « 4 antroi-
l'Efcuyer Galliot tira vn coup, mais il paffa par deffus ledit drapeau fiéme coup.
plus de deux picds. | ne | |
Le Mardy huitiéme iour de Septembre, l'an mille quatre cent
quatre-vingt & quinze , le Roy audit Montcallier ; pour l'honneur
& reuerence de Noftre- Dame , oùüyt la Mefle à la grand’ Eglife,
où fit le Seruice Monfieur * de AMontcallier. Et aprés la Meffe dite, dés : dire
les Bouuiers de ladite Ville amenerent vn chariot auec deux grands"
| 5
La
1495:
174 HISTOIRE DE CHARLES VIII,
bœufs qui le tiroient y& fur ce chariot il y auoit vn grand cierge
N rar . 0
pefant deux liures de cire, & plus, lequel füt offert par les Maiftres-
valetsBouuiers deuant a de tous les autres
generalement dudit lieu, & des enuirons, tous abillez d'yne mefme
parure, ou à peu prés ; ce fait, ils fortirenc hors de ladite Eglife auec
Le bœufs & chariot ; & cft à fçauoir , que le Maiftre-valec des
autres , c'eft à dire le plus habile d'eux vous , pris & choif pour
leur Roy, ainfi qu'on a coûtume de faire en telles & femblables
chofes ,eftoic monté fur ledit chariot, fans auoir auvour de luy à
quoy fe cenir ny fe prendre , eftant cout de bout ; & tant qu'on
pouuoit chaffer lefdirs bœufs, & qu'ils pouuoient aller le long du
Marché & de toutes les ruës dudit #fontcallier ; ce Maiftre-valet,
en la façon & maniere que dit eft,eftoit fur ledit chariot qui dan-
foit & ioüoit des pieds & des mains fans cheoir, ce qui eftoit cho-
fe merucilleufe à voir, dautant que les autres Bouuiers entierement
& tant qu’ils pouuoient , aiguillonnoient cependant les bœufs pour
plûtoft courir & aller, afin de le faire comber, ce qu'à la finils firenc:
cat quant ce vint à pafler par la ruë où eftoit Le Roy & les Sei-
neurs, ils aiguillonnerent fi aigrement lefdirs bœufs , qu’il fem-
Ploit que tous les Diables les deuffent emporter, & tirerent fi hor-
riblement & droitement vis-à-vis du logis où eftoic le Roy , que
ledit Maiftre-valet comba à bas vn fi grand & rude faut, qu’il pen-
fa fe rompre les bras & les iambes; dequoy le Roy & tous fes Sei-
gncurs fe prirent grandement à rire. Il eft au refte à fçauoir qu’en
cette Ville il y a celle franchife , que fi quelque Maiftre-valet Bou-
uier veut entreprendre & faire le myftere que dir eft, & qu'il le
puiffe faire fans tomber à terre , fes bœufs & fon charroy feront
francs route l’année à Montcallier : Mais ledit Bouuier perdit lors
icelle franchife & fa peine , & fût encor en danger de fe rompre
Je col. Ce fait, le Roy alla difner à fon logis , puis aprés difher
il partit pour aller à Quiers.
Le Mercredy neuféme iour de Septembre , le Roy à Qwiers ,
_oüyt Meffe aux lacobins, difna en fon logis ; & foupa à la riue de
Quiers, & puis il coucha en ladite Ville. |
Le Ieudyÿ dixiéme iour dudit mois le Roy oùüyet Mefle à Quiers,
difna à Turin, & coucha à Chesaux en Piedmont , où ceux de la
Ville firent audit Seigneur telle Entrée, honneur , & reuerence
qu’on fcauroit faire en la meilleure Ville de fon Royaume; car les
Nobles , l'Eglife, les Manans & Habitans vinrent au deuant de
luy , en luy prefentant les clefs de la Ville & du Chafteau , puis
mirent vn poifle fort riche fur fa tefte , en figne de triomphe &
victoire ; lequel füc porté par les quatre plus grands Maiftres de
toute la Ville, les cloches fonnans , & les ruës eftans tenduës &
tapiffées au poflible : Le Roy fût amené à la grand’ Eglife pour
faire fes offrandes ; puis à fon logis, où il fût craité fort humaine-
ment, le cout par le commandement de Madame de Sauoye.
ROY DE FRANCE. 375
Le Vendredy onziéme de Septembre le Roy partit dudit Che-
naux aprés la Meffe, & alla difner à Sainct-Prat ; & le Samedy dou-
zième aprés la Meffe , il partit de Saincf- Prat, & alla difner aux
Fauxbourgs de Sainét-Germain en vne bonne hoftellerie ; puis aprés
difner alla coucher à Verfay* , & par toutes les Villes où il pafloit *al. Vercei
il luy fut faic ny plus ny moins que ï'ay dit cy-deuant , felon la
puiffance des lieux , le tout par le commandement de madite Da-
me de Sauoye. Quand le Roy füt arriué de Werfay , aprés fouper
il alla voir fon camp , enfemble les Seigneurs & Capitaines qui y
cftoicnt ; aufquels le Roy parla & commanda qu'ils fiffent bon
deuoir, & qu’il les recompenferoit bien ; mefmement aux Capi-
taines des Allemans ; de laquelle vifite & bonne chere lefdits Ca-
pitaines furent fort ioyeux & contens. |
Le Dimanche treiziéme iour dudit mois , le Roy audit Verfay,
oùyt Meffe auprés de fon logis, & aprés la Meffe il alla difneren
fondit camp ; puis aprés difner il s'en vinc fouper & coucher à la
Ville. | a
Le Lundy quatorziéme iour de Septembre , le Roy aprés 1
Meffe alla difner & fouper en fon camp ; & fût dit qu’on le vifi:
ceroit pour le mettre autre part, mais rien n’en fût fait; car il vint
vn Trompette du Duc de Milan parler au Roy. |
Le Mardy quinziéme iour de Septembre le Roy oùüyt Meffe
audit Verfay , & y difna ; puis aprés difner alla coucher en fon
camp, où cftoient fes rentes & pauillons. Au fortir dudit Verfay
il eftoit accompagné de plufeurs grands Seigneurs, c’eft à fçauoir
Monfieur de BE , Monfieur de Foix, Monfieur de Guyfe * ,Mon- * Pa. 130.
fieur de Ligny , Monfieur de Dunos*, Monfieur le Marquis de or
Ferrare , le Comte de Saint-Martin , & plufieurs autres grands o a,
Scigneurs qui ne font icy nommez pour caufe de brieucté : Aufli puis pag.
auec luy Fm fes Penfionnaires ,fes cent Gentilshommes, deux 142.
cent Arbaleftriers à cheual, & quatre cent Archers de fa Garde,
auec plufieurs autres bandes de fes Genfdarmes d'ordonnance ; ce
qui füt lors vne des belles forties qu'il eft poflible au monde de
voir : Incontinent qu'il fût en fon camp fon logis füc foffoyé ,.
des barrieres faites bonnes & fortes, bien garnies d'artillerie groffe
& menuë. Lors arriua Gentil Garçon dit de Prouence* , Heraut d’armes* Pag. 133.
du Roy, lequel venoit du camp du Ducde Milan; & auec luy ve- Ÿ 169.
noic vn Trompette dudit Duc pour parler au Roy: Ce mefme iour®. Fi “
le Roy enuoya le Capitaine She sol par fondit camp , pour; Chaître,
faire tendre en plufieurs autres lieux d’autres tentes & pauillons ,pag.u8. cr
afin de les difperfer & ordonner dedans les logis de fes Gentils-
hommes & Penfionnaires de fa Maifon. |
Item, il cft à fçauoir que le Roy lors eftoit auffi bien en point
de toutes chofes, qu'on fçauroitiamais dire ; premierement il eftoit
monté fur le cheual qu’il auoit le iour de la Tournée de Fornoüe,
1495.
176 HISTOIRE DE CHARLES. .VIIL
vor nommé aunye*, bardé d'vne barde couuerte de velours cramoify
"7". déchiqueré fur blanc& violet par moitié, & l’autre moitie eftoit de
ee velours gris; fui lequel cheual , bien cheuauchant, il eftoit armé de
Ce routes pieces referué fon habillement de tefte ; & fur ledit harnois
P358 il auoit vn riche fayon * des couleurs mefmes de fes bardes, c'eftà
* Pag.147. fçauoir cramoify, violet, &gris déchiqueté, pour mieux faire voir
STE Jedit harnois bien miftement*; & par deflus ledit fayon il auoit
x se vn manteau en écharpe frifquement*interietté”* de la couleur que
*entremeflé portoient fes Penfionnaires. | | |
omparemé Le Mercredy feiziéme iour de Septembre , l'an mille quatre
cent quatre-vingt & quinze, le Roy eftant en fon camp prés Ver
fay, les Ambaffades de la Seigneurie de Venife vinrent deuers luy
accompagnées de plufieurs gens de bien, tant des noftres que de
ceux mefmes de Venife & du Duc de Milan , lefquels aprés tout
bon accueil fait par le Roy, ils le prierent que fon plaifir füc de leur
donner trèéues de quatre iours feulement ; à quoy le Roy répondit,
Qu'il ne vouloir point de trêues , Cr qu'ils en allaffent chercher autre part,
car de luy n'en auroient-ils point ; pource qu'il eftoit befoin qu’il ra-
uitallaft ceux qui eftoient dans Nouare , entre lefquels eftoit Mon-
_#-bet- fieur d'Orleans fon frere*, & que dans peu , ou il luy coûteroic
frere rs | _ À
tout fon Royaume ou il l’auroit; cette réponfe du Roy eftanc otiye
par lefdits Ambaffadeurs, afin d'obtenir ce qu’ils demandoient, ils
ni s'accorderent volontiers que viures leurs fuffent portez*. Parquoy
omIineEs . . il ps 5 ‘
p.34. (OUT iRCOntinENt le Roy y enuoya grande quantité de viures, com-
me de pain, vins, viandes, chairs, bœufs, lards, bleds, auoines,
‘foin, blaues , & toutes autres chofes generalement qui leur faifoienc
beloin', le tout auec fauf-conduit : Aprés lefquelles chofes faites, le
Roy fit monftrer fon camp aufdits Ambaffadeurs , pource que le
Duc de Milan ne vouloir iamais fouffrir que l’on veic le fien, ny
que perfonne étrange entraft dedans, de peur que l'on fceût fon
ordre , eftat , & façon de faire , mais le Roy ne fit pas ainfi ; car
lefdirs Ambaffadeurs furent conduits & menez de bout en bout,
& de long en long, tout à leur bon plaifir ; lefquels s’émerucille-
rent fort du bon ordre, de l'excellence, & de la puiffance du Roy
de France ; & ce fait , pour leur monftrer l'humanité & la bonté
des François ,ils furent menez & conduits à Verfay, auquel lieu le
Roy les fit fefloyer fingulierement , & eûrent cette charge Mon-
— fieur le Marefchal de Gyé, & le Maiftre-d'Hoftel Meflire R egnaut
* al. Doreil. Doxeilles * , qui leur firent en faueur du Roy tout ce qu'il eftoit pof.
les, Comi- fible de faire; & furent menez aux Trois-Roys dudit V1 erfay, auquel
FS2-3%5. Jieu, pource que c’eftoit le Mercredy des Quatre-temps, & qu’on
| ne mangcoit point de chair , on leur fit apporter pain & vins de
routes fortes, ypocras, épices, confitures , & autres nouuclletez fin-
gulieres , tellement quelefdits À mbaffadeurs fe tinrencgrandement
contens de l'honneur que le Roy leur faifoit faire. F
Le
ROY DE FRANCE 177
Le Ieudy dix-fepciéme iour de Septembre le Roy vincaWer- :;
fey*,& A loy füt-il mr que l'abondance des cauës, .
de la playe qui cftoir combée, auoit inondé tour ledit camp. Le
lendemainceux de Peni/e furent feftinez de la part du Roy fort ho-
norablement d'autre facon qu'ils n'auoient cité le iour precedent.
Aprés le difner ils allerent au Confeil chez Monfieur de S. Malo, |
iccompagnez de Monficur d’Æ#rgesron *, Monfieur le Marefchal de ; vs
Gyé, & Monficur le Maiftre d'Hoîtcl, Mefhire Ripaw Doxrills Cheua- ;,, ARE
lier. Et aprés que réponfe leur eût efté faire, ils s’en retournerenten
leur camp, accompagnez dudit Sieur Rigawr Doxrills , Maiftre F lori-
mond Roberter , & Monfieur d'Ærgentos pour rapporter la réponfe d'i-
ceux Venitiens, & du Duc de Milan , qui eftoit en fon camp.
_ Le Vendredy dix-huitieme iour de Sepcembre, ke Roy eftant à
V'erfey, luy vinrent nouuelles que le pont de la riuiere dudit Verfay
cftoit rompu par la grande cruë des cauës, dont il fuc bien marry,
car il n'eftoie plus pofhble de pañfer pour aller de Verfayaudir camp,
ny mettre des viures dedans, pource que la riuiere eftoit fi grande
qu’elle ne pounoit demeurer en Les bouges* ; parquoy incontinent
le Roy manda de faire venir des batteaux de la riuiere du Pauf* Momie |
pour en faire vn pont paflant, ce qui fût fait; car à coute diligen- D
ce on ytrauailla fi bien , que fur lefdits barreaux ,auec grande quan- le Po
cité de conneaux l'on fe vn pont, par lequel l'on pouuoit aller facile-
ment & fans danger, de Verfay audit camp, & dudit camp à Verfay.
Le Roy ce mefmeiour foupa auprés dudit pont, pour voir trauailler
ceux qui le faifoient : Et cedit iour vinrent ne bandes de
Suifles & Allemans qui furent bien accueillis.
Le Samedy dix-neuféme iour de Septembre le Roy audit Fer-
fay , oüyt la Meffe &c y difna , & le bi il afla fouper au fufdit
pont , où il rencontra plufieurs autres bandes d'Allemans qui ve-
noient pourle feruir, parquoy il les fit bien feftoyer.
Le Dimanche vingtiéme iour de Septembre , le Roy eftant à priongarion
Verfay, furent prolongées les Trèues iufques au vingt-cinquiéme des Tréues.
jour dudit mois de Septembre ; & le foir derechef les eauës creûrent
figrandes,qu'ellesrompirentle pont &les batteaux,& emmenetent
cout à vau-l’eaué; rouresfois il füt de nouucau refait en fort gran-
de diligence, aufh bien ou mieux qu’il n’auoit auparauant efté.
_ Le Lundy vingt-vniéme iour . Septembre il arriua vne des
ee grandes bandes d’Allemans qu'il n'eftoic point encore venu,
laquelle il faifoit fort beau voir.
Le Mardy vingt-deuxiéme iour dudit mois de Septembre , le
Roy ne fortit point dudit Verfay, pourauoir le temps d'affifter à fon * Délhiuranse
Confcil & aduifer à ce qu'il auoit à faire. De
Le Mercredy vingt-troifiéme iour dudit mois de Septembre , dufiege de
le Roy cftanc audit Werfay, arriua pardeuers luy Monficur d'Or- Ron
leans * qui venoit de N owsre , lequel fût reccû du Roy ho: pag. 360.
V'ercel
178 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
| vs norablement, debonnairement , & amiablement ; puis le Loir ils
7, fouperent enfemble : Et depuis ce iour là mondit Sieur d'Orleans *
Due “mangea , & fit fon difner en fon logis ; mais le Roy luy faifoit por-
Roy Louys. " . :
XII. ter & enuoyer tout ce qu'il luy eftoic neceffaire , tant pain, vin,
viandes, poullailles, que toutes autres chofes qui appartenoient à
fa table.
Le Ieudy vingt-quatriéme iour de Septembre on auoit acheué
de faire le pont de batteaux & de clayes, pour Foi de Verfay au
camp, & l'alla voir le Roy aprés difner ; le lendemain , qui füc le
Vendredy vingt-cinquiéme de Septembre, finirent les Tréues qui
cftoient entre le Roy & le Duc de Milan ; parquoy le Roy tint
Confeit 4 Ton Confeil , pour fçauoir sil feroit bon ab les -prolongeaft.
Ry. . Etpource faire furent appellez audit Confeil ceux qui s’enfuiuent :
Premierement Monfieur d'Orleans , Monfieur de Breffe le ieune,
Monfieur de Ligny, Monfieur de Vendofme & fon frere, Monfieur
de N'eners, Engilbert de Cleues, Monfieur de Dunoys, Monfieur de
Foués * François Monfieur de Luxembourg, Monfieurle Prince, le
Marquis de Ferrare,Monfieur de la Trimoille, Monfieur de Pien-
* Philippe de ne, Monfieurle Marefchal de Gyé,Monficur d’Argenton*, Mefire
Comines. Iean Jacques, Meflire Troyen , Meflire Camylle Italiens, Mon-
fieur le Cardinal Petri ad vincula, Monfieur le Cardinal de Sainét-
Malo , Monficur d'Angers, Monfieur de Cornoüaille, Monfieur de
«Depuis, Roüen*, Monficur d'Ambrun Archeuefques & Eucfques, auec plu.
Cardinal fieurs autres grands Seigneurs ,Capitaines, Gouuerneurs & Entre-
#Ambifé. inerteurs des affaires du Roy, & de coute fon Armée. Il fût, pour
conclufion , par eux aduifé , que lefdites Trêues feroient prolongées
& continuées tant qu'il plairoit au Roy , pour des raifons à ce le
* Foix
mouuans ; & cedie iour arriucrent plufieurs gens de ceux quis'e-
ftoient enfermez dans NN ouare.
Le Samedy vingt-fixiéme iour de Septembre l'an mille quatre
cent quatre.vingr & quinze, fortirent de 'N oware plufieurs des gens
de Monfieur d'Orleans , comme hommesd'armes, Archers, pietons,
bagages, artillerie, & autres chofes. Et cedit iour , enuiron les fix
heures aprés midy, les gens du Roy qui eftoient allez au camp des
Venitiens & du Duc de Milan, s’en reuinrent , que reconduifoit
* Galeu le Comte Galiach * auec fa bande ; & y eftoient de ce nombre ceux:
qui s’enfuiuent ; premierement Monfieur de Piennes , Monfieur le
*d'Oreilesp. Marefchal de Gyé, Monficur d’Argenton , Meflire Rigawr Doxeilles*,:
176.Comines & Maiftre Florimond Robertet Secretaire du Roy ; & quand ledic
PE IS Galiach les eût conduits iufques auprés du camp du Roy, il s'en
retourna-aucc fes gens . camp des Venitiens ; lequel Galiach
en s'en retournant rencontra ceux de ANouare fufdits, qui ame-
noient quelques pieces de l'artillerie, dont fes gens en prirent par
force & violence deux pieces : Parquoy aufli-toft que les nouuel-
les en vinrent au camp du Roy, il séleua incontinent vn mer-
nm, ms © mm Se :
ROYDE FRANCE. 179
ucilleux alarme, voire tel que tout le monde fe mit en armes pour
les aller récourre ; & de fait , les nouuelles en vinrent iufques au
Roy & Monfieur d'Orleans qui eftoient à Werfæy, lefquels inconti-
nent commencerent à faire armer tout le monde , & eux-mefmes
en propre perfonne y firent leur deuoir ; fi bien que Monfieur
d'Orleans fortit du logis incontinent qu’on luy eût dit qu’on emme-
noit fonartillerie, &s'enalla tout à pied fans armures quelconques,
feulement auec vn arc & fa troufle iufques fur le pont , où il fûüc
armé & accoûtré. Semblablement le Roy fortit auec fes Gencils-
hommes , fes Penfionnaires, fes Archers de la Garde , & tous les
rands Seigneurs de fa Cour ; & fortit dehors par la Porte-portelle,
tellement que le pont ployoit deffous les Genfdarmes pour la gran-
de multitude qui paffoit par deffus ; & auec ce quatre mille Suiffes &
Allemans quieftoient dans la Ville, foudainement commencerent à
fonner leurs Aûtes & tabourins, & à marcher aux champs auecleurs
Enfcignes déployées, qui eftoit la plus belle chofe qu’on auoit en-
core veuë depuis long-temps pour vne alarme. Ce fait, quand on
füc preft de marcher outre pour aller donner fur les auant-coureurs,
il vint des gens qui rapporterent & dirent que ce n’eftoit rien; car
le Comte Galiach ne re tien de tout Cecy ; mais incontinent
qu'il le fceût , il fit rendre ladite artillerie que fes gens auoient
prife, & les fit cres-bien mp aprés ; parquoy le Roy auec tous
fes gens s’en retourna audit Ver/ay, & chacun à fa chacune.
1495:
. Le Dimanche vingt - fepriéme iour de Septembre, le Roy à 7,4,
Verfay , oùüyc la grande Meffe aux Cordeliers , & ce iour fu“ rimuées.
»
rent derechef continuées les Trèues iufques au premier iaur d'O-
étobre. nu
Le Lundy vingt - huitiéme iour de Septembre , le Roy oüyt la
Mefle aux Freres de lObferuance hors de Verfay ; puis il s’en al-
la difner à fon logis ,& aprés difner il s'en alla ioüer en fon camp.
Le Mardy enfuiwant vingt-neufñiémeiloüyt la Meffe audit Con-
uent; puis aprés difner il fit affembler fon Confeil, auquel il affi-
fta , & ou il füc aduifé fur plufieurs grandes affaires couchant l'Ar-
mée, & comment on y pouruoyroit.Le Mercredy trentiéme, aprés
qu'il eût oùüy Mefle, & qu'il eût difné à fon logis, enuiron Vef-
pres , eftanc bien accompagné de tous fes Gentilshommes , Pen-
fionnaires, & autres, il s’en alla en fon camp pour y paffer Le temps
& s'ébatre. u. 7. |
Le Ieudy premier iour d'Otobre vinrent les Ambaffadeurs du
Duc de Milan & des Venitiens deuers le Roy audit Vercel, & les
fit le Roy honneftement feftoyer, & humainement traiter; car ils
coucherent audit Vercel; aufli les gens du Roy qui allerenc vers le
Duc de <Hilan furent en mefme temps tres-bien trairez. Lors,
aprés que le Roy & fon Confeil eürent aduifé fur leurs affaires ,
O&obre.
ils firent venir lefdits Ambaffadeurs, qui eftoientle Comte Galex,
Z ij
Ed
180 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
l'Euefque de Come , Meflire Francifque, & plufieurs autres de leur
149$. À | |
‘party, qui conclurenc plufieurs articles entr’ eux , touchant prin-
Cipalement la paix & l'union des parties ; mefmement que le Duc
de Milan & fes Alliez requeroient eftre d'accord auec le Roy ; par-
Comines quoy il conuint derechef d’enuoyer deuers luy ( pource que le
Qui Roy ne vouloit accorder fes demandes) Monfieur le Marefchal de
Gyé, Monfieur le Prefident Gannay , Monfieur d’Argenton, Mon-
ficur le Vidâme de Chartres, Maiftre Florimond Roberter Secretaire
Secretaire du Roy. Or eft à fçauoir, qu’en traitant & pourfuiuant ces matie-
ds Rey. res,toûjours y auoit auprés le Roy des He des Venitiens ; & aufh
auprésles Venitiens il y auoic des gens du Roy, & furent prolon-
gées les Tréucs iufques au huitiéme iour d'Oétobre.
Le Vendredy deuxiéme iour du mois d'Oétobre , l'an mille qua-
*Treffas de VE Cent quatre-vingt & quinze ,trépañla * audit Wercel le tres-fage
F sex ve de & debonnaire Seigneur Monfeigneur François de Bourbon Comte de
De Vendofme, de Conuerfan, de Saint-Paul, & deSoiffons, Vicomte
me à ercil de Meaux, Seigneur de me , de Grauelingue, d'Efpernon,
.… v. Comines Dunkerque, de Han, dela Roche, Bohain , & Beaureuoir, & Cha-
. ftelain de Lifle ; duquel trépas le Roy füt tant fâché que merueil-
pre, es ;enfemble toute la Nobleffe de France, non fans caufe ; car à
la verité c’eftoit l'vn des beaux & des bons Princes du monde.
#*Machieu . En ces iours Monfieur le Baftard Afarhies “retourna de prifon
. rs vers le Roy, quien fûütfortioyeux. Aufhen ces iours, ou enuiron,
SR ?. mourut le Bailly de Chartres, qui autresfois auoit efté Capitainede
341.342. [a Garde- Efcofloife. rem, en ces iours le Marquis de Mantoie,
PU accompagné d’aucuns grands Seigneurs de Uenife , vint deuers le
Roy, de le receüt 2 honneftement : Ils parlerent enfemble
plufieurs fois feul à feul ; & aprés plufieurs deuis & entretiens le-
dir Marquis prit congé du Roy iufques aprés difner ; & difna ice-
luy Marquis en vn logis que le Roy luy auoit fait apprefter;au-
quel lieu, pour luy faire compagnie, difnerent auec luy Monfieur
le grand Baftard Mathieu de Bourbon , Monfieur le Marefchal de
Gyé, & plufieurs autres grands Seigneurs, defquels il fût honora-
blement receû & feftoyé , le cout aux dépens du Roy. Aprés dif-
ner leditMarquis de Mantoïe retourna deuers le Roy, & le remer-
cia grandement du grand honneur qu’il luyÿ auoit fait, & fait fai-
Courfier a *€3 le Roy luy donna vn tres-beau courfier , qu’il auoic acheté du
cheté ing Baftard du Liege cinq cens écus. Ec aprés ces chofes faites il parla
FF au Roy long-temps en prenant congé de luy , puis s'en retourna
au camp des Venitiens. Incontinent aprés qu'il fût party, Mon-
fieur de Brefle & Monfieur de Foix allerent au deuant du Duc de
Reception Ferrare qui venoit deuers le Roy , lequel fût amiablement receû
faire an Duc du Roy , & de tous fes Seigneurs ; & après l'accueil fait & au-
deFerraté cyns entretiens , le Roy le é mener au Lu où ledit Marquis
venant (TOU= à -e. A
uerle Roy, de AHantoïe auoït efté feftoyé ; où femblablement , par le com-
| ROY DE FRANCE 181
mandement du Roy il füc aufli noblement feftoyé, enfemble fon
fils, & tous fes gens. | | 1425:
Le Mardy fixiéme iour du mois d'Oftobre fût fait audit Wercel
le Seruice de Monfieur de Vendofme en la grand’ Eglife dudit
licu,nommée Saincte Eufebie , auquel Seruice Ë fait le plus grand
deüil de Prince que iamais fûtveü. Helas! il le valoit ; car c’eftoit
l'Efcarboucle des Princes de fon temps,en beauté, bonté, huma-
nité, fagefle, douceur, & benignité ; & faut fçauoir que le Roy en Grerde emi-
fütfi marry, qu'il n'eftoit aucun qui le peüt reconforter ; & pour pres
monftrer qu’il le vouloit aimer en fa mort comme il auoit fait en 4x c. de
fa vic;il ordonna & voulut expreffément que tel & femblable hon- Vendofme.
neur fût fait à l'enterrement à cotps que s’il eût efté fon propre
frere. Et premierement pour parler en bref de l’ordre ai Pc te-
nu audit enterrement , eft à fçauoir que toutes chofes es ob-
fcruées & gardées tant en ceremonies , honneurs, & reuerences,
ue en toutes autres chofes quiappartiennent à vn grandSeigneur
u Sang Royal , cel comme il Air & prochain parent du Roy;
Donc pour ce faire füc mis le corps à l'entrée de fon logis, lequel
auoit efté embaümé, ouuert , & mis en tel & femblable eftat qu’il
cft requis en l'Office Royal , bien clos & férmé dans vn cercueil
de plomb couuert de bois, à raifon qu’il le falloit apporter en Fran--
ce; fur lequel cercueil il y auoit vne grande couuerture de velours
noir auec vne grande croix de fatin blanc, où pendoient les armes
dudit Seigneur de cofté & d’autre. Pour obuier au defordre,com-
me aufli pour faire place & lieu à ceux qui deuoienc ter le
corps de degré en degré, vint le premier le Preuoft de l’Hoftel du
Roy auec fes Archers, & fes gens tous habillez en deüil , qui
auoient affez affaire de faire reculer le peuple , tant des François
que autres , qui venoient plaindre & pleurer la mort du cres-de-
bonnaire defunt. L |
Puis vinrent les Gens d’Eglife, qui de toutes parts auoïient efté Consoy dé
mandez & requis de par le Roy, pour venir à l'Eglife & faire le 78e
Seruice dudit corps ; c’eft à fçauoir les quatre Mendians , comme Come.
Cordeliers, Iacobins , Carmes, & Auguftins , qui cftoient en fort
grand nombre : Aufli auec eux vinrent toutes Gens de Religions,
c'eft à fçauoir ,de Saint Benoïft & de Cifteaux , Prieuts, Abbez,
Moines blancs & noirs, & autres, autant qu’il y en auoit par de-
là , auec leur Croix & Eauë-benifte, la plufpart d'iceux pleurans &
regretans cette mort fi nn ui | | | ”
Aprés vinrent file à file & en tres-bel ordre les Croix detou tes les
Paroifes dudit‘ Tercel, & des enuirons ; aprés lefquelles fuiuoient pre-
micrement plufieurs petits Enfans de chœur , tous reuétus de fur-
Fe ; puis les Chapelains , Preftres, Vicaires & Curez d'icelles en
ort grand nombre. | | …_
.… Enfuite marcherent les Chanoines, Doyens, Archidiacres , & au-
Z iij
1495:
* Depuis le
Cardinal
d'Amboife,
p.69.93.97.
110.6 II2.
* Pag.119.
182 HISTOIRE DE CHARLES VIII,
tres Gens conftituez en dignitez d’Eglife , deuotement chantans,
& plufieurs d’iceux lamentans & regretans la mort du bon & ver-
tueux Prince de Vendofme ; car tel ne le connoifloit & ne l’auoit
iamais veû , qui feulement à voir amerement pleurer ceux qui le
connoifloient , en fi grand nombre , eftoient contraints d’eftre
meüs aufli à pitié & compañlion, tant qu’ils ne pouuoient s'abfte-
nir de pleurer, foûpirer, ou du moins regretter cette pitoyable &
douloureufe mort. |
Aprés marcherent en grande reuerence & honneur les Cardi-
naux, Archeuefques, Euefques, & Abbez qui enfuiuent ; premie-
rement Monfieur le Cardinal Petri ad vincula, Monfieur le Cardi-
pal de Genes , Monfieur le Cardinal de Sainét- Malo, Monficur de
Rouën* qui fit l'Office ce iour-là, Monfieur l’Archeuefque d'#»-
brun, Monfieur l'Euefque d'Angers * Confeffeur du Roy , Monfieur
l'Euefque de Cornoüaille, Monfieur l’Eucfque de Syon, & plufieurs
autres grands Seigneurs conftituez en dignitez. |
_ ftem, deuant & aprés ledit corps y auoit grande & merucilleu-
fe abondance de groffes torches , cierges & luminaires , tous ar-
-moyez des armes dudit Seigneur ,portez par gens à ce ordonnez,
Huifiers à
Male.
tous reuécus en deüil tout à neuf.
Quand tous lefdits Seigneurs, & les autres generalement furenc
paffez en‘vn ordre fi lugubre, qu'il n’y auoit perfonne qui fe peûc
tenir de pleurer , vint le corps; fur lequel , comme dit aefté , il y
auoit vne couuerture de NE As noir croifée de fatin blanc , auec
lefdites armes pendantes de cofté & d'autre ; deuant lequel corps
cftoienc; äinfi qu'ileft requis à vn grand Seigneur du Sang Royal,
deux Huiffiers 4 Halle habillez en deüil , faifans & exerçans leur
Office ,ainfi qu’en tel cas appartient. _ |
_ frem, aufhi deuant ledit corps y auoit grand nombre de Gen-
tilshommes , Officiers, Maiftres-d'Hoftels , Valets de Chambre, Ef-
cuyers, Efchançons, Pages feruans, & autres du crain de fa Mai-
fon, qui en cris piteux , griefs foûpirs , & ameres exclamations,
tous habillez de deüil, fe comportoient f1 douloureufement pour
*al.recher-
cher.
R mort de feu leur bon Maiftré , qu'il n'eft poflible de l'exprimer
ny raconter; car ils auoient lors perdu leur Pere, leur Seigneur, &
leur bon Maiftre , & non fans caufe le regrettoient-ils; car le no-
ble Seigneur eftant au lit de la mort, quand il les voyoit pleurer
pour luy , il les reconfortoit fi doucement & fi humainement qu’il
n'eftoit cœur qui ne fondift en pleurs & en larmes ; & leur difoit
telles. ou femblables paroles : 74es amis, mes enfans ,ne pleurez point
pour moy, car c'eft le plaifir de Dieu que ie meure ; CT puis qu'il luy plaift
ie prens la mort en patience , gr le remercie du bien qu'il me fait de le
connoiffre €9° de le requerir * 4 mon fecours am dernier de mes iours ; €
pourtant, mes amis ne pleurez point , mais priex Dies qu'il luy plafe de
me donner connoiffance de luy infques à ce que mon'ame foir [eparée de
ROY DE FRANCE. 183
mon corps ; aprés laquelle féparation ie me recommande à vos bonnes
priers. Ce cres-noble, fage & prudent Seigneur, vn peu deuant 495:
qu'il trépaffäc, écriuit vne lettre au Roy ,en laquelle pour princi- .
Si A : | ettre dudit
pale fubftance il difoit : Qu'il effoit venu par [on mandement € com- Ce
mandement outre les Monts pour le feruir loyalement ; ce qu'il auoit bon- Roy .peu «-
ne intention de faire fi Dieu luy etr donné le grace de viure plus long- ei Je
temps ; mais puis qu'il luy plaifoir appeller il efhoir bien content que [a
volonté füt accomplie en luy, & le plus grand regret qu'il auoit , C'efloit
qu'il mouroit bors.de [on pays arriere de [a bonne femme * @r de fes petits , + Marie de
_enfans*. À parler proprement, durant fadite maladie il ne regrettoit pr,
autre chofe; & ie croy que cela luy abregea fort fes iours. Er de k pe | ‘ai
faic la derniere claufe de fa Lettre eftoic telle: fon tres-cher Sci- oser 0
greur ie vous dis adieu , en vous recommandant trois chofés principalement 4e Vendof-
aprés ma mort ; premierement ma paunre ame , Ma tres-bonne anile T° Fe . : a d
loyale femme, es mes petits enfans, lefquels demeurent venfue er orphelins ; Ry Henry
fe vous fupplie en faueur d'amour &) d'equité qu'il vous plaife eftre leur le Grand.
mary € pere ; ou du moins leur tvray Seigneur, Garde , er Proreéteur ,
tant de leurs corps comme de leurs biens ; en laquelle garde és proteélion
pour de çy en auant ie les remers entierement pour la bonne fiance que ï'y
ay. Quand le Roy vid cette Lettre, à peu tint que le cœur ne luy
Éndie en deux parts de pitié & compaflion ; car il voyoit bien
qu’il perdoit vn des bons amis qu'il eût au monde, & vn des
loyaux , des beaux, & des bons Princes de fon Royaume; parquoy
aprés la mort d’iceluy il monftra bien qu’il auoit à cœur , & ai-
moit bien affectueufement ce qui luy auoit efté recommandé à la
fin * dudit Signeur de Vendofme, laquelle füc la plus belle, la plus * fp. de la
conftante , & la we fage, iufques à ce qu'il rendit l'ame, qu’on vid vi
damais, ay qu’il eft pofhble de voir pour * mort de Prince. Ie |
54 Iefus Redempteur de tout le monde qu'il luy pardonne fes . ,, a mort
autes, |
x
Comme dit a°efté , fes Gentilshommes & autres de fon Hoftel,
tous habillez en deüil ,marchoient & alloient deuant le corps ;en-
tre. lefquels l'vn defdits Gentilshommes, plus fufhfanc, portoit fon
Heanme. timbré, comme l’on 2. accoûtumé de faire à ceux du Sang Honneurs
Royal ; l'autre portoit {on Efeu & fes _{rmes , vn autre {a Corte ps _.
d'arme , vn autre fon Efhée , & d’autres portoient fon Effendart , Royal. |
fon Guidon , fon Enftigne, & routes autres chofes à ce appartenan-
tes. Puis venoient fes Trompettes & Clairons, Huifiers, Officiers,
Cheuaucheurs tous reuérus de deüil piteux, portans lefdites armes.
Aprés lefquels vint le corps, couuert comme dit eft , lequel por-
toient douze grands Gentilshommes ; & és quatre coins dudit
corps tenoient les quatre bouts d'vn Poifle de drap d'or, qui eftoic
par deflus , Monfieur de Breffe, Monfieur de Foix , Monfieur de
Ligny ; & Monfieur de Guyfe*. Et quand ledit corps füt paifé, “Page
aprés marcherent ceux qui faifoienc le deüil ; c'eft à fçauoir, pre-
134 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
149$. mierement Monfieur Leuys *de Uendofme fon frere ; & le menoir
Monfieur d'Orleans ; aprés Monfieur de Newers , Engilbert de Cle-
“Pag.147. yes, Monficur le Prince d'Orenge, Monficur de Brffele icune, Mon-
*Pag.16. fieut de Danois, Monfieur le grand Baftard de Bourbon* , Monfieur
de la Grutuze , Monfieur le Marcfchal de Gyé , Monfieur de la Tre-
moille , Monfieur de ‘Piennes , Monfieur le Vidime , Meñlire Jean
acques, & Monfieur Camille Icaliens, aucc plufiears autres grands
Seigneurs de France de la Maifon du Roy, & de l'Armée, tous en
. tres-bel ordre & deüil fomprueux ; aprés lefquels marcherent fem-
blablement, aufli tous en deüil & en fort bel ordre {car le Roy
Les cent l’auoit ainfi commandé faire } les css Gentilshommes de fon Ho-
7. ftel, fes cent Penfonnaire ; & puis vn infiny nombre de peuple
fdldu Ray. aprés, tant Genfdarmes, Gencilshommes François, Allemans, Ita-
.. Jiens, & autres, la plus grande mi d'iceux pleurans & regret-
tans piteufement la mort de ce bon Seigneur ; il y auoït tantde
- -monde parmy les ruës de Uercel qu'on ne s'y pouuoit prefque rour-,
ner ny remuer.
Quand le corps füt arriué à l'Eglife on commença à faire le:
Seruice Diuin, & fût à ce commis Monfieur de Roüen ; ce fût lvn:
des beaux & des fomprueux Seruices qu'on vid iamais faire de.
par delà, en France, ny autre part ,& où il y auoit plus de notables:
gens ; car toute Ja Noblefle de France , au moins la grande
partie, y cfloit & roue l'Armée, auec pluficurs Cardinaux, Ar
cheucfques & Eucfques ; laquelle chofc n'aduienct pas fouuent en
France, ny ailleurs. Quand le Seruice fût dit, auquel pour abreger
“en general & en particulier tous les honneurs , toutes les reue--
rences , facons de faire , ordonnances, & ceremonies furent fai-
tes , gardées & obferuées comme l'on eût fceû , peû, & deû faire.
pour vn propre frere du Roy mefme , fi le cas fût aduenu. On
prit congé de l'Eglife, & emporta-t'on le corps, ainfi accoûtré qu'il
a cfte dit ; autour duquel eftoient fes Herauts, Huifhers , Trom-
pettes & Clairons, fans mot fonner, comme aufli les Officiers, rous
portans les armes dudit Seigneur fur leur deüil ; enfemble ceux qui
- portoientfes Cottes d'armes , Tymbre, Efpée, Eftendart, Guydon,
& autres chofes par ordonnance, comme dit a efté,& fut recon-
.duit du long de la Ville de Uercel iufques au dehors des Portes
d'icelle ; auquel lieu furent ordonnez des gens de bien & d’hon--
neur pour auoir la charge de conduire & faire mener ledit corps
en France , laquelle chofe für faite ; car dedans vne Liriere il füe
mis fort honorablement , y ayant toûjours plufieurs torches allu-
mées autour du corps tout le long du iour; & la nuit on le met-
toit repofer és Eglifes par ou il pafloit, & faifoit-on chanter Mefle
& Seruices pour l'ame du defunt; puis il eftoit encor remis fur la-
_ dite Litiere, & conuoyé, comme dit eft, par tous les gens de fa Mai-
fon, & autres grands Seigneurs commis de par le Roy , tous ha-
billez
ROY DE FRANCE. i8$
billez de deüil ; lefquels de journée en iournée pafferent ainfi les
Monts, & autres pays, iufques à ce qu'ils artiuerent à Howlins en 1425:
Bourbonnois ; auquel lieu Moñfieur & Madame dé Boarbon fi-
rent faire vn fomptueux & grand Seruice. Puis delà en aüant Füt
ledit corps mis fur l'eauë , ÿ aÿant aufli toûjours autour d'iceluy
van grand nombre de Religieux, qui iour & nuit difoient —
& oraifons pour le repos de l'ame dudit Seigneur ; cahe qu'il für
artiut à Pendo{me, où l'on luy fit dérèchef cout cé qu’il eftoir pofli-
ble de faire, ainfi qu’à leut vraÿ Prince & Séigneur,
Le Meréredy feptiéme iour du mois d'Oétobre, l'an mille qui: suifés au fe-
tre cent quatre-vingt & quinze, arriua à Uercel deuers le Roy l'E- _. og à
ucfque de Syos, accompagné dé plufieurs Suiffes & Allémans des Comines
Ligues d’Alemagne à pied & à cheual, tous gens de faiét , entre p:61.
lefquels y auoit pluficurs Genvilshommes dudit pays; & en nom-
bre de huit à dix mille Suiffes & Allemans, gens bien deliberez ;
lefquels le Roy receûr volontiers : Puis il defftaya ledit Euefque &
les Scigneurs defdires Ligues d'Alémagne qui les aucient conduics
& amenez tant qu'ils furenc audit Uertl; aufi à leur partement il
leur fit de grands dons ,femblablement à leurs Tabôurins , Troti-
pettes & Clairons, & aucres loüeurs d'inftrumens feruans au sheftier
de la guerre, | | . _ |
Le leudy huitième iour d'O&obre les Ambaffadeurs du Duc de
Milan vinrent à Urrcel deuers le Roy; & quand ilseûrent parlemehté
enfemble, pource que les Tréucs finiffoiens encr'eux, 8e qu'ils vi:
rent tant de Genfdarmes pout Le Roÿ ; préfts & appäreillez de don-
ner dedans ,ils mirent ni prôpofition là Paix, & dirent qu'ils de-
mandoient appointement , & de fâirele Traité de Paix ainfi qu'il
plairoit au Roy, s'il vouloit y vacquer & entendre.
Le Vendrèedy neuñéme iour d'Oétobrte, l'an mille quatre cent
quatre-vingt & quinze, le Roy voyant la requefte qu'on luÿ faifoie,
ayant toûjours cité ‘Prince dé paix; Pretééteur de concorde &) runibn; 8
a Lans Lun 7, . | LA | NP nr Ce Rep Ee
non defirant fairé épandre _ buthain ; que où pofliblé cft à fon merde
hotinéur par voyes iuftes & railonnables d'y pouruoir ; il enuoya P«x par/és
auec lefdits Ambaffideuts & le Prouidadour de la Scigneurie de us sil
Venife deuers ledit Duc de Milan & iceux de Venñife, Môrifieur lé
Marefchal de Gye, Morifieur ke Prefident Gannxy, & Meflire Ri-
gaut Dortills, pour pafler le Traité de Paix, ainfi qu’il avoir eftc
conclu entre le Roy & lefdits Ambaffadeurs, & faire enfuite léuër
leurdit camp : Ce que volontiets accorderent kfdies Seigneurs de
Vénife & ledic Duc de Milan. Ce fait, ces Seisneurs fitenit dafrs
ledit éamp des Venitiens publier à fon de trompe le Traité de Paix;
commré | auoic efté accordé entré le Roy de Frañee une pañt,
la Scigncurie de Venife auéc le Duc de Milan d'äürte part , dont
les Genfdarmes Venitiens & Lombards furent fort icyeux; & bien
le monitrerent par leur effet : Car fi toflque kdié Traité fûc publié,
| À a
186 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
intontinent, fans aucun delay, ils commencerent à leuer leur camp:
1495+ g s'en aller chacun chez {oy. | | + | |
Le Samedy dixiéme iour d'Otobre, tout le camp entierement
defdits Venitiens & du Duc de Milan für leué & décampé. Et de
fait, lefdits Venitiens, Lombards, & Milanois partirent trois heu-
nues gi res gr minuit auec toute leur artillerie, bagages, viures, & au
prés la Paix treschofes,& pour monftrer qu'ils n’y vouloient plus retourner, c'eft
faite. qu'ils mirent le feu dedans leur a : , ttllement que tout füt
aufi-toften feu & en flamme. Ce fair, lefdics Seigneurs Monfieur le
Marefchal de Gyé,Monfieur le Prefidenc de Gannay, Meflire KR igaut
Doreilles, Monfieur d’Argenton , & Maïftre Florimond Robertet , auec
*Pagusz. CUx Gentil Garçon, dit Prouence* , Heraut d’Armes du Roy, reuin-
169.175. renc à Vercel deuers le Roy aflez matin; & luy certifierent comme
le camp des Venitiens & du Duc de Milan eftoit leué & brûlé,
& toute leur artillerie emmenée , enfemble les Genfdarmes, tous
partis pour s’en aller chacun chez foy, fur peine de la hart. Lors
Publicarios le Roy fit publier ce iour en fondit camp à fon de trompe, comme
de la Paix. l'on auoit fait le Traité de la Paix ; parquoy cedit iour fût ordonné
au Bailly de Dijon, à Meflire Charles de Brillac Maiftre-d'Hoftel du
Roy, & autres , de faire faire les Monftres des Genfdarmes & des
Allemans au camp du Roy; ce qui fûc ainfi fait. Et cftoit en-
core le Duc de Ferrare audit Vercel, lequel deuoit aller à Gennes.
Leditiour Monfieur de Dunos, DATE Prince ,& autres grands
Seigneurs allerent à Tris attendre le Roy pour faire le ferment de
ladite Paix , ainfi que les Venitiens & le Duc de Milan auoienc
fait entre les mains des deflus-dits nommez. Et derechef, lefdirs
Ambaffadeurs Venitiens refirent le ferment, comme le Roy l’auoit
Sermens fait, difans que les ennemis du Royeffoient les leurs , Cr qw'ils vouloient
faits pour ce [eruir le Roy de cœur, de corps , ° de biens ; Monfieur d'Angers receût
Je leurs fermens, prefens Monfieur de Cornoäaille , Monficur d’4m-
brun, & autres Prelats.; des Nobles y eftoit le Duc de Ferrare &
fon fils, Monfieur de Breffe , Monfieur de Foix , Monficur d’Ar-
genton, Monfieur de Grutuxe, Meflire Rigaur Doreilles, & Maiftre
Florimond Robertes Secretaire du Roy. Aufh de l’autre partie eftoient
lufieurs Seigneurs de Venife, & d’autres endroits , auec les Am-
afadeurs deffus-dits ; puis, ce fait ,ils prirent congé amiable-
ment les vns des autres, & prepara-r'on le partement du Rôy,le-
uel fe fit le lendemain. : Du Un NAS en
Le Dimanche onziéme iour d'Oétobre, le Roy oùüye Meffe aux
Cordeliers ioignant fon logis ; & aprés difner il füt coucher à Trir,
où il. demeura iufques au quinziéme iour d'Oétobre , auquel lieu
deuoit venir parler à luy le Duc de Milan : Toutesfois il n’y vint
point , mais il manda au Roy-qu'il luy pardonnât , à-caufe qu'il
_eftoit malade, tellement qu’il ne pouuoit fe tranfporter deuers luy,
dont le Roy netint pas grand conte; mais fic apprefter tous fes gens
ROY DE FRANCE. . 137
pour le lendemain partir, ce qu’il fit; car le lendemain , qui fût le
Ieudy quinziéme iour d'Oétobrele Roy oùüyt Mefle audit Trin; &
aprés la Meffe & le difner il füt coucher à Crefcentin.
Le Vendredy feizieme iour d'Otobre, le Roy audit Cre/centin ,
oüyt Mefle ; puis alla difner à vn lieu dit Sillon , & coucher à
Ceffe. |
g. Samedy dix-fepriéme iour d'O&tobre, le Roy er de Ceffe
x la Mefle , & für difner à vne Abbaye cft à moitié du
chemin dudit C ele & de Turin; ou il alla au gifte. |
Le Dimanche dix-huitiéme iour d'Octobre, le Roy oüyt la
Melle audit Turin, & y difna, & aprés difner alla coucher à Quiers.
Le Lundy dix-neufiéme iour d'Oobre il demeura audit Quiers,
& le lendemain, qui fût le Mardy vingtiéme dudit mois d'O&to-
bre, il oüye Meffe & difna à Quiers ; puis aprés difner fût coucher
à Turin. | |
Comme dit a efté cy-deuant, ledit Seigneur difna à Quiers, puis
il fit fes preparatifs pour aller coucher à Turin.
Le Mercredy vingt-vniéme iour dudit mois d'Oétobre, le Roy
ne partit de Turin, mais le lendemain en belle ordonnance, bien
accompagné de fes Genfdarmes, ilalla difner à Riwolle, & coucher
à Saxe. .
Le Vendredy vingt-troifiéme iour dudit mois, il fic chanter fa
Meffe audit Suxe , puis alla difner & coucher à Briançon; & cedir 47/7: ds
iour repafla fon artillerie de Sauoye en Dauphiné. DT
Le Samedy vingt-quatriéme iour dudit mois, aprés la Mefe, le
Roy partit de Briançon & alla difner & coucher à NN ofhre- Dame
d'Ambrun.
Le Dimanche vingt cinquiéme dudit mois, le Roy fit chanter
fa Meffe deuant Noîftre-Dame d’Ambrun , & là fit fes offrandes en
remerciant Dieu du bien qu’il luy auoit fait, de luy auoir donné
victoire contre fes ennemis, & de la grace d'auoir paracheué fon
pi pi auec fi grand honneur ; puis il alla difner à Sawme *, 8e" #Saire
coucher à Gap en Dauphiné. |
Le Lundy vingt-fixiéme iour du mois d'Oétobre, aprés la Mef-
{e , il partit de Gap, & für difner à Saincf. Exibe * ; auquel lieu vin-*S.ÆEwébe
rent les gens des Parroiffes , tant hommes que femmes, filles & en-
fans, pour luy faire honneur & reuerence; &aprés difnerils firent
deuant Îe logis du Roy des dances & efbatemens , & autres ioyeu-
fetez, pour la grande ioye qu'ils auoient du bon retour du Roy;
lequel enfuite partit dudit lieu de Saintf-Exibe , & alla coucher à
Le «Mure, auquel lieu il arriua fort tard. |
Le Mardy vingt -feptiéme iour dudit mois d'Oétobre , le
Roy partit de l4 Meure aprés qu'il eût ouy Meffe, puis il monta
à cheual, pour aller difner à Tawlr, & aprés coucher à Grenoble ,
où il arriua enuiron Vefpres ; auquel lieu vinrent au deuane de
| À a 1)
1495:
188 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
luy cous les Seigneurs de cette Ville, ant d'Eglife comme Se-
*495% Culiers pour luy faire l'honneur & la reucrence qu'ils luy deuoient;
bref, il y fût accucilly en la maniere accoûtumée ; auquel lieu le
Roy difpofa de fesaffaires particulieres: En ces entrefairesil lüy fur-
uint quelque petite maladie, tellement qu'il conuint enuoyer que:
“pagap. tir des Medecins en diuers endroits ; car fon bon’ Medecin, com-
me dita cfté* , cftoit crefpaifé : Toutesfois auant Fr les Mede-
cins fuffent arriuez il commença à guerir, ainfi qu'il fut graces à
Dieu , & ne fût en mal - aife que trois ou quatre iours , & non
fans caufe ; car il auoit fouffert en {on voyage, à mon aduis, au-
tant de peines, de trauaux , de foucy , de chagrin, & d'autres
chofes, que peñût auoir vn Prince &vn Roy qui aime fon honneur,
comme il faifoit , que pourroit , ne fçauroit faire homme viuant
au monde; & pour railon de ce, & d’autres chofes neceffaires à la
conduite de fon faict , il feiourna audit lieu de Grenoble depuis le-
dic iour vingt-fepriéme dudit mois d'Oëtobre iufques au quatrié-
me iour du mois de Nouembre ; lequel iour il fit tenir fes gens
tous prefts à partir & fe mettre en voyc pour tirer à Lion.
Nouembre. Le Mercredy quatriéme iour de Nouembre , le Roy aprés la
Meffe partit dudit lieu de Grenoble, alla difner à Sainéf-Ramberr, &
coucher à Morain. |
Le Ieudy cinquiéme iour dudit mois de Nonembre, le Roy par-
| _ tit de S#forain aprés la Mcfle oüye ,alla difner à Sion , & coucher
* André. à la Coffe Sainct-Andrieu*. | |
Le Vendredy fixième iour de Nouembre , le Roy partit aprés
la Meffe, de la Coffe Sainét- Andrieu; puis fût difner à vn lieu ap-
*Pag.97. pellé Chantonnay, & coucher prés de Lion *, en vn lieu de Phifance.
= Le Samedy fepriéme iour du mois de Nouembre, l'an mille qua-
Reception re Cent quatre-vint & quinze , le Roy aprés la Meffe alla difner
fpeEt à Pl dc , & coucher à Lio ; & eft à fçauoir , que de Lion for-
de Lion x tirent Îcs manans & habitans pour l’accueillir ainfi qu’il luy appar-
fon reteurde renoit : Premierementles Prelats, Seigneurs, Comtes & Chanoines
Naples, Co qe Sainét-Jean de Lion auec tous les autres Chanoines , Curez &
mines p.367. NAS -
_Preftres dudit lieu , les quatre Mendians, & autres Religieux, tous
reuétus d’ornemens fomptueux, portansReliquaires, Chaffes, Fier-
tes, & autres precicufes Reliques, vinrent fairclareuerence au Roy,
ainfi qu'il eft accoûtumé de faire en tel cas.
- Aprés vinrent les Gouuerneurs de Lion, tant de Iuftice que au-
trement ,accompagnez de grands & riches Marchands, enfemble
de pluficurs autres ; & furent faire la reuerence & la bien-venué au
Roy, den eftoit lors outre Île Pont-du-Rofne, où il faifoit, pour
fon plaifir, courir H lance à deux ou trois de fes Mignons. |
Aprés fortirent tous les principaux enfans de Lion, montez,
bardez, & accoûtrez de chaînes, baguës, ioyaux , & autres fingu-
lritez, le mieux que l’on auoit iamais veû ; & rous vétus & habil-
ue ” La Femmes Re 7
RO Y DÉ FRANCE. 199 ——
lez de grands & larges fayons l'vn comme l’autre, lefquels il fai: 1495.
foit beau voir. | de
rem, quand tous ceux à qui il appattenoit furent au devant du
Roy rendre le devoir en quoy ils eftoient tenus, le Roy fit mar-
cher chacun en fon ordonnance dedans la Ville, laquelle eftoit
par toutes Les ruës où il devoir pañler, tenduë, tapiflée, garnie, &
accoûtrée le plus fomprueufement qu’on auoit fceû faire, de gran-
des tapifferies, & autres chofes tres-belles. |
La porte où il paffa, & auffi par tous les cartefours par où il
deuoit pafler, il y auoit deséchaffauts, myfteres, &hiftoires, auec
leurs diéts & fentences par écrit, faits & compris d’entendement
merucilleux.
Item ,en plus de cent endroits il y auoit au trauers des ruës des
Ecuflons pendant en l'air, faits à la mode d'Italie, enuironnez de ,4,moiries
oros chapelets de fleurs, & autres verdures à here dedans LE ritisu d
quels Ecuflons eftoient les Armes my-parties du Roy, c’eft à fça- 1"
uoir du haut cofté les croix de Hierufalem d'or fur champ d'argent
comme Roy de Hierufalem, de Naples, & de Sicile; & d'autre cofté
les trois fleurs-de-lys d'or fur champ d'azur comme Roy de France. Et
pardeflus ledit Ecuflon eftoit la Couronne couronnée du tiere * *sierr.
Imperial magnifiquement fait. >
Ainfi entra le Roy auec toute fa Nobleffe, tres-bien accom-
agné de tous fes Genfdarmes, tant Archers, Gentilshommes, Pen-
ns. que de tous fes autres domeftiques & familiers de fa
Maïfon; triomphant en viétoire, glorieux en geftes, nompareil
en magnificence, & immortel en excellence.
Item, ledit Seigneur en la compagnie deflus-dite, fût mené au
logis de l'Archeuefque de Lion cofte * Saint. Jean , auquel lieu l’at- * proche
tendoient [a Reyne, Madame de Bourbon, & plufeurs autres * André de
grandes Dames, defquelles il füt accueilly en ioye & lieffe tres- D :
fingulierement. most l
Îtem, aprés tout cét accueil, & cette bien-venuë faire, vint par- P:114.dir(en
deuers luy Maiftre .4ndry de La Wigne* , lequel il auoit commis à pr el
coucher & mettre par écrit ce prefent Voyage, comme il apert ; soir prefénté
lequel à fa bien-venuëé luy apporta, entre autres chofes faites & % #2 4
| | Poëfies de [a
trauaillées par luy, diuers Rondeaux qu’il auoit compofez. ir
Aa ii
1427
u” STE UNSS
Si \
_ DV MESME VOYAGE DV ROY
CHARLES VIII
| POVR LA CONQYESTE
DV ROYAVME DE NAPLES.
Qui fert de fupplément au Journal précedent, où le com-
. mencement femble manquer. |
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*
Par PIERRE DESREY, de Troyes.
f
. De l'Entreprifé du Voyage du Roy CHARLES VIT L pour
aller recouurer fon Royaume de N aples, €g comment
il y fut incité.
7. &5 PRE's que le tres-Chreftien & tres - vi-
W. "| étorieux Roy Charles VIII. eût vaillam-
ZAA ] ment, &auec beaucoup de prudence dom.
eTHEA e fes ennemis, tant au dedans qu'aux
MY. frontieres de fes Eftats: encore qu'ileût en
%.ÿ fuite peû demeurer en repos & tranquil-
AA 715 1 lité ; routesfois, comme Prince magnani-
“Lesrafins |NXESCZ" SA me & vertueux, remply de proücfle &
+ de vaillance, il fe dar d'aller conque-
ont infértes . | ep no :
en tu rit fon Royaume de Naples & de Sicile, qui à iufte vitre * luy ap-
_. é ip Il eftoit à la verité de corps, mais il auoit vne pre-
pe. tance qui faifoit dau ‘abord la grandeur de fon courage;
nes du Lou- ,
vre p. 492. Cat depuis qu'il eût vne fois deliberé & arrefté de faire cette gran-
k
rt Die ue ER cd. A a lemen nt ent —
HISTOIRE DE CH. VIII R.DEFRANCE. 191
de & pcrilleufe entreprife ; on ne le peût iamais enfuite détourner
de la conduire. & mettre à fin ; il ne voulut pas mefme écouter.* * P. Robers
les remonftrances preffantes de ceux de Paris, qui dans l'apprehen- cu a
fion du danger de fa pérfonne, tâchoient à le dérourner de cedef. Le
(ein; dont à la verité l’execution paroifloit d'abord comme impof-
fible, & hors d'apparence ; mais en toute diligence il leua aufli-
toft vne grande Armée, choifie du nombre des plus vaillans qui fe
peûrent trouuer, tânt de caualerie que d'infanterie, pour eftreem-
ployée & fur cerre & fur mer;à qe il donna d’excellens Ca.
pitaines pour conduire & commander les Soldats qui la compo-
foient : Il y füc d’ailleurs tout d'abord exhorté , & beaucoup en-
couragé par le Pape « 4lexandre VI. & par le Sieur Zudowic Sforce,
Lo our lors auoient vhe grande haine & malueillance con-
tre Wu vfurpateur du Royaume de tr , dont la domi-
nation eftoit fort tyrannique , & comme infupportable. Le Roy,
pour mieux affembler fes gens de guerre, & auancer fon deflein,
s'achemina à Lion, afin aufli d’eftre plus proche de fon entrée dans
l’/talie quand il en feroit temps. |
Il eft à remarquer, qu'auant qu'on füt entré feulement dans la |
penfée de ce Voyage, dés l’année 1493. vn deuot Religieux appel- À 493°
É Hierofme Sauonaroll* , de l'Ordre Sain& Dominique (que de- , eines
puis fûc tres-iniuftement brûlé à Florence par l'enuie cruelle de p.388. s4r.
fes ennemis) auoit prefché & predic publiquement l’auenement 543: &'550.
du Roy Charles & des François en plufieurs endroits de l'Italie ;
tellement que les Florentins leftimoient eftre vn bon & fain& Pro-
phere. n
Ainfi donc que le Roy cftoit à Lion , il enuoya deuant pout
paffer les Monts Monfeigneur le Duc d'Orleans , auec pvionts
grands Re arm , & autres, accompagnez de quantité de Genfdar-
mes, tant de fes Ordonnances qu’autrement: Il deputa auffi diuer-
{es perfonnes és villes de «Hilan, Gennes , V. enife , Florence, Lucques,
Pife, Viterbe, Rome, & autres lieux de Lombardie & d'Italie, pour
le fuier de cette conquefte ; & afin que dans toutes ces Villes &
Places on executât de bonne foy la promeffe qu’on luy auoit fai-
te, de contribuer'au recouurement de fondit Royaume : Ces De-
putez furent fort honorablement receûs efdites Villes ,& leur fûc
fait par tout tres-bon accueil , auec affurance de tenir la parole
donnée au Roy ; dans laquelle negotiation ils s’acquitterent tous
tres-bien de leur Commiflion & Legation ; & d’ailleurs , le Duc
d'Orlearis fe mit en poffeflion de fa Comté d’4f.
‘En ce temps le Seigneur des Querdes , (qui vulgairement eftoit
nommé Monfieur des Cordes) tomba en vne griéue maladieeftanc
à Lion, difpofé de paffer les Monts auec le Roy; parquoy luy fût
confeillé par les Medecins. de retourner en Picardie (dont il eftoit
natif) däutanct que l'air pourroit aider à le remettre. Adonc ledit
+
+
192 . HISTOIRE DE CHARLES VIII.
Seigneur prit congé du Roy & des autres Princes & Scigneurs de
France, & partir de Lio , pour aller iufques à Le Brefle ; qui eft à trois
Jieuës de ladice Ville, où il trépaffa : Son corps fût mis en vn cer-
Mort du
Sieur des
Querdes os
des Cordes.
cucil de plomb , & porté à Nofire-Dame de Boulongne fur mer ; où
il eft enterré comme il l'auoit fouhaité ; par le commandement
du Roy, il füc fait grand honneur & des proccflions au deuant du-
dit corps, par les Villes où il paffa.
Eftant encore le Roy à Lios, par bon confeil & meurc delibera-
tion, furent de fa part commis& ordonnezplufieuts grandsScigneurs
& prudens Perfonnages pour la garde & deffenfe du Royaume de
France, afin d'y pouruoir fur toutes les affaires occurréntes, ainfi
que befoin feroit : Et premierement fûc commis feul Regent &
rincipal Chef dudit Royaume Monfcigneur Pierre Duc de Bour-
+ lequel auoit époufé [a fœur du Roy Madame Anne de Fran-
ce; le Seigneur de Baudricourr fût mis Gouucrneur de Bourgongne ;
les Seigneurs d'Auaugour & de Rohan Gouuerneurs de Bretagne, le
Seigneur d'Orsal Gouuerneur en Champagne; le Seigneur de Gra-
uille fût ordonné és pays de Caux , Normandie, & Picardie; & le
Seigneur d'AÆngoulefme Gouucrneur en Angoulmois, & en tout le
pays de Guyenne. Tous lefquels, ainfi ordonnez, prirent humble-
. ment congé du Roy, & allerent vn chacun d'eux pour s'acquiter
de leurs fufdites Charges. Aprés routes ces chofes ainfi difpofées
ar bon ordre, le Roy demeura encore quelques iouts à Lio# pour
Le delices & plaifirs d’icelle Ville, & aufli pour la bonne grace d'au-
cunes Dames Lionnoifes : Mais il furuint vne pefte, au Rec de la-
quelle ce Roy partit de ladite Ville , accompagné de Madame la
Aouft.
1494.
Entree du
Roy a Gre-
noble p.187.
183,
Reyne fa femme, & de plufieurs autres; & vint iufques à Wienne,
(qui cft ä cinqlieuëés de Lion ;) Confequemment aprés partirent de
ladite ville & Ciré de Vienne le Roy & la Reyne auec leurs gens,
& paffans par Uillencufue , à Le coffe Sainct- Andrieu , & à Rine, (où ils
furent toüjours bien receüs ) paruinrent iufques à Grenoble.
. Le Samedy vingt-troifiéme iour d'Aouft, l'an mille quatre cent
TT. & quatorze , le Roy accompagné de Ia Reyne fa
emme , & de plufieurs autres Princes, Seigneurs, Dames, & Da-
moifelles , fit fon Entrée dans la ville & Cité de Grenoble ; laquelle
fût cres-fomptueufe & magnifique, tant de la part des Gens d'E-
glife, lcfquels vinrent au deuant de luy & de ladite Reyne, en no-
table proceflion ,garnis de plufieurs Reliquaires , & honneftement
reuérus de fort riches chappes ; que de la part des Scigneurs de la
Cour de Parlement de Grenoble , & autres Officiers en quantité ,auee
les Nobles, Bourgeois, Manans & Habitans de ladire Ville ; lefquels
cftoient cous honneftement vétus & habillez félon leurs eftats ;
c'eft à fçauoir , les vns vétus de belles liurées , & lesautres de certai.
nes deuifes, chacun à fa fantaifie ; & en cette maniere ils vinrent au
deuant dudit Roy , & de fa compagnie; &là parceux à ce deputez,
| | | comme
ROY DE FRANCE. 193
comme Bourgeois & Efcheuins , luy furent prefentées les clefs de
ladite Ville , ‘en luy propofant & difant lotianges par gens qui le
{ceürentbien faire ,en figne d'honneur & d’obeïffance. Puis fût mis
& porté vn fort richeCicl ou Dais deffus luy,& vnautre deffus la Rey-
ne; & ainfi cer ME de leurs gens, & d’vn grand nombre de
peuple ils furent conduits dedans la Ville ; laquelle eftoit honcfte.
ment tenduë & parée de tapifferies, & autres riches paremens. En
_icelle Ville eftoient parcillement fairs & demonftrez plufieurs hi-
ftoires & beaux D , defignans l'excellent honneur & loüange
du Roy & de la Reyne , autant qu'il eftoit pofhble ; car on n'yauoit
rien obmis : Et ainfi fût conduit en ladite Ville & iufques en la
grand’ Eglife de Grenoble, où il fit fon Oraifon ; & puis fût mené |
en fon logis*ou fe tient le Parlement ds Dasphiné, qui eft vn beaulo- *Le Roy loge
gement cres-fpacieux. ef rs
Le Roy & la Reyne demeurerent fix iours entiers dans cette fe où
Ville, où par les Seigneurs Prefidens dudit Parlement , & de fon /ed/e Par-
Grand-Confeil , furent examinées plufieurs chofes pour l’appareil ol
& l'équipage de l'Armée dudit Roy, afin de facilement & en gran-
de feureté pafler les hauts Monts de Sasoye; & mefmementc il fûc
aduifé , que pour tenir le chemin plus facilement , feroient ren-
uoyez les chariots & charettes, qui iufques en ce lieu de Grenoble
auoient efté ordonnez pour apporter le bagage du Roy, & autres
chofes neceffaires à fon armée. Et au lieu EL its chariots & cha-
rettes furent ordonnez grand nombre de mulets pour icelles chofes
porter à grofles charges. ainfi qu'au pays de Saoye on a accoûtumé
de pratiquer ; car autrement n’euflent-ils peû promptement palfer.
Aufli furent ordonnez gens prudens & fages pour prendre & mar- Bon ordre te.
quer les logis du Roy & de fon Armée , felon qu'à chacun pou- ne .
uoit appañtenir en pareille affaire ; donc fût principalement don- Roy.
né la charge à vn nommé Pierre de Valeraut*, lequel eftoit fort , Pag. 173.
propre à cela; pource qu'il connoifloitles lieux & les pays de tout
ce voyage. Et confequemment par le Roy, lefdits Seigneurs &
Gens de Confeil , furent ordonnez fages & aduifez Perfonnages
pour aller çà & là en plufieurs Villes & lieux dudit Pays, faire ap-
porter viures & chofes necefläires à ladite Armée, lefquels viures,
& autres prouifions eftoient par eux payez à honefte & raifon-
nable prix, fans faire ny exercer aucunes pilleries ; & pour cette
caufe, & y donner bonne prouifion ,les ordonnez à ce ,eûrent ti-
tres de Ffare/Chaux , Maiftres-d'Hoftels | & Preuofts, qui bien y firent
leurs deuoirs. Et pour toûjours entretenir les Seigneurs, Citoyens,
Manans & Habitans des Villes & Citez de Lombardie & d'Italie ,afin
qu'ils fourniffent leurs compromis au Roy (pource que leur fidelité
eft aucunesfois bien petite) furent enuoyez ceux qui s'enfuiuent ;
premierement fütenuoyé vn Maiftre-d'Hoftel nommé Jean de Car-
donne à Florence, le Scigneur Charles Brillarr à Genes , Gaucher de Tin-
| Bb
194 HISTOIRE DE CHARLES VIII
teuille à Sénes , la Ville-R igaut-d'Oreilles , à Milan , Adrian de l'Ifle
à Pife; & le Seigneur de Loïan à Lucques, & autres rh à Viter-
be. Et auec vn chacun d'eux furent tranfmis gens de longue-rob-
*Ilenfera bes* ,éloquens, & fcientifiques Orateurs , pour en cette fire pro-
Hg à : pofer harangues quand meftier en feroit. Frem,& pour ce mefme def-
dant {ein furent enuoyez deuers les Princes, Regens , & Gouuerneurs
Preuues. defdits pays de Lombardic & d'Italie les Seigneurs qui s'enfuiuent;
Premierement fût enuoyé le Sieur de la Trimoïlle vers le Roy des
“al. de Bou. Romains , Louys Lucas au Seigneur Ludouic à Milan, le Seigneur
chage du Bofcage * aux Venitiens , le Seigneur d'Aubigny & fes gens à
Po Rome ;auec auffi Monfieur * d'Autun,le Prefident Gue/nay *, & le
“;l can de General de Bidant* Ambaffadeurs vers le Pape : Et autre parc fût
Garnay pag. enuoye le Seigneur d’Argenton F accompagné de Monfireas : Et
RER pour conduire l'Oft & l'Armée du Roy en iceluy Voyage delà les
*ceftde Co- Monts, furent ordonnez les Princes du Sang Royal, & autres Sei-
mn gncurs qui s’enfuiuent, Monfeigneur le Duc d'Orleans , le Seigneur
de Hontpenjier, le Seigneur de Foix , le Seigneur de Luxem OUT
le Seigneur de 7 endofme , le Seigneur Angilbert de Cleues , le Sei-
L _ gneur ean Jacques, le Prince de Salerne , le Seigneur de Afiolens, &
M.dePien- Je Seigneur de Piennes , les Marquis de Saluffes , de Vienne, & de
“S. Rorhelin, les Marefchaux de Gyé @r de Rieux, aucc les Senefchaux
de Beaucaire & de'N ormandie; tous & chacun d eux accompagnez de
_plufieurs notables Capiraines, Cheualiers ,Barons, Gentilshommes,
Efcuyers, & autres braues & loyaux Genfdarmes en quantité ; &
pour les Mignons de la compagnie du Roy, furent ordonnez les
Seigneurs Bowrdillon , Chafhllon , la Palice , George Edouuille , auec
quelques autres familiers , comme Paris, Gabriel , Dyjon & pluficurs au-
tres domeftiques ; De cette noble compagnie eftoient cftablis pour
Maiftres - d'Hoftels de chez le Roy, & autres, (outre les deffus
nommez , qui dés-ja auoient efté enuoyez deuant, pour folliciter
les affaires, & les entretenir ,) Guyot Louliers , qui eût la charge de
— conduire l'artillerie ; & aufh le Seigneur Chaudoyt (lequel eût com-
nn ie miffion d'aller auec la décharge” de la grande N cf * de France)
Nef de le Baillif de Vitry Icannot du Tertre, Perrot de Baché, le Seigneur
France. de Villeneufue x René Parent, le Bailtif Saint-Pierre du Monftier :
“al. Hemé Tean Chafleau-Dreux , Hernëé* du Chefnoy , Tean de Laney , le Sei-
gneur du Fas, Adam de Lifle, Giraut & Charles de Sufaine , le
Seigneur de la Broffe , Honoré Seigneur du Chef, & autres prin-
cipaux Officiers ordinaires , comme Panetiers , Echançons,
Valers de Chambre, Huifliers de Salles , & pluficurs autres, ain-
fi comme il appartenoit fort bien à l’eftat dudit Roy & à cette
affaire. | | |
Aprés qu'iceluy Roy Charles eût fciourné l’efpace de fix iours
dans ladite ville de Grenoble, pour ordonner de toutes fes affaires,
il en partit fort honorablement auec fa Noblefle ,en prenant con-
_.:. ROY D'E FRANCE. | 19:
gé. de Madame la, Reyna & de fes gans,, lefquelss'en, retournerena
en France. | | hs oo
Gamment Le Roy partit de Grenoble pour palfer delà
les M onts , € aller à Naples.
Le, Vendredy vingt-neufiéme iour dudit mois d’'Aouft , le
Roy ayant oùüy Meffe. partit de Grenoble , aprés auoir pris le con-
gé que deflus, de la Reyne fon époule, & de fes gens, & alla auec
enujron. la moitié de. fa compagnie difner en, va lieu, appellé Le
Heure, qui eft vn. Bourg dépendants d'vne Baronnie, appartenant au
Seigneur de Dunois: de là f vint fouper & coucher à E/cay, petite
Ville où il für honosablemenr recçeû, dé tous les Nobles & Bour-
geois qui Fhabitenr :
Le lendemain Samedy trentiéme, & penultiéme d'Aoufé, il vint * 7-p-182.
difner à Sainct- Bosnet ; & puis il alla repofer én vae petite Cité ni
nommée dé en Dauphiné. Le iour fuiuant le Roy alla difner aux A
Forges , & fouper à Noffre-Dume d'Ambrun : où, auec fa Compa- Roltaing
gnie , il füc honeftement receû par tous les Eftats d’icelle Cité , de rai.
&c füt logé en la maifon de l'Archeuelque”*, lequel de la part du for deCade-
Roy eftoit alors allé en Ambaffade deuers le Pape. . gene _
Le Lundy matin premier iour de Septembre mille quatre cent rre que le
quaure-vinge quatorze, aprés auoir oùy la Mefle deuanc Noftre. Ro ln éri-
Dame, il s'en alla difner à Saincf-Crefhin , & puis au. gifte à Briam bles Le 21.
çon”* , où il fût cres-honorablement receü par les Gens d’'Egli- Feurieren-
fc , de ka Nobleffe, & du Tiers-Eftac : Aprés il fût mené cn fon ie
logement , qui par curiofité luy eftoit preparé hors de la Ville, dar
en vnc hofte lerie la plus grande & fpatieu € qu'on puiffe voir : & les Preuues. .
en çc lieu luy für faire, & aux fiens , sres-srande chere de diuerfes U
fores de viandes & cxcellens vins. |
_ Le Mardy deuxiéme jour dudit mois il alla difner à Suzanne, 04.
&c ke fair il alla à la Preuofké d'Ourfé ; où aprés le repas , on luy pre- Li à
fenta vn grandhomme fort robuftc,natif de la Poÿill , lequel eftanc
interroge, füs accufé d'eftie vn des principaux maiftres de le Wau-
Pute* ; Aprés que le Ray l'eûr oùy parler, il le remit encre Le mains */fémble
de la Juftiçe, chatgé de fes crimes; donc l'information eftans deuë. #48"
ment faisk:cét homme fût pendu & étranglé publiquement à vn a
gros arbre. Le Jendemainle Roy alla difner à Chaymont; & inconti. pci
nent aprés il enera dans le pays de Sesoyr, &calla coucher à Suge ; du Ve
quel lieu luy vint au deuant la Ducheffe de Sauoye fort richement,
parée , accompagnée de plufieurs notables Perfonnages , grands Sei.
mes , Barons , Genrilshommes, Dames & Damoifelles , qui tous
uy firent grand honneur ; & le receûrent & traiterent en grand
triomphe & magnificence. Le iour fuiuant il partit dudir heu de
Suxe , & alla difner à Sainé£-louffet ; puis il entra dans le:pays de
B
b ij
Septembre.
Ÿ
* l'eillanne
196 HISTOIRE DE CHARLES VIIL :
Piedmont , & alla au gifte à Villanne*, où il fût honorablement re-
ceù , ainfi qu'en chaque lieu par où il paffa. 2.
Le lendemain Vendredy cinquiéme iour de Septembre, ledit
Roy delibera d'entrer en grande pompe dans Turin, en la manie-
re qui s'enfuit.
De l'Entrée du Roy dans la ville de Turin 4 Pays
de Piedmont , ex tres-grand honneur © folemnite.
Le fufdit Vendredy cinquiéme iour de Septembre, comme le
Roy Charles alloit à Turin, les Gens d'Eglife d'icelle Ville vinrent
au deuant de luy en notable Proceflon ,ainfi qu'en tel cas eft ac-
coûtumé ; & aufh ne faillirent pas à y faire grandement leur de-
uoir , les Gens de la Nobleffe & de Labeur , Manans & Habitans
de laditeVille , de mefme que l'Vninerfité. Parcillement luy vint
au deuant [a notable Dame Princeffe de Piedmont fomptueufe-
ment parée de veftemens magnifiques; car elle eftoit habillée d’vn
fin drap d’orfrizé , trauaillé à l'antique , bordé de gros faphirs,
diamans , rubis , & autres pierres forc riches & pretieufes ; elle
portoit fur fon chef vn gros tas d’afhquets fubrunis de fin or, rem-
plis d’efcarboucles , de balais | & hyacintes , auec des houppes
_ dorées , gros fanons & bouquets d’orfeuerie ,mignardement trauail-
* 41. Valcts
de pied.
lez ; elle avoit à fon col des colliers à grands roquets garnis de grof-
fes perles Orientales , des bracelets de mefme en fes bras, & au-
tres parures fort rares ; & ainfi richement vétuë , elle eftoit mon-
tée fur vne hacquenée, 2. cftoit conduite par fix laquais *
e pied , bien accoûtrez de fin drap d’or broché ; elle auoit à fa fui-
te vne bande de Damoifelles , ordonnées & équipées de fi bonne
maniere , qu'enfin il n’y auoit rien à redire ; elle eftoit aufli accom-
pagnée de plufieurs nobles Cheualiers, Seigneurs, Barons, Efcuyers
. & Pages d'honneur. En cette forte le Roy entra dedans Turin,
dont Îles ruës eftoient tendués' de fins draps d’or & de foye, & d’au-
tres riches paremens ; & parmy la Ville eftoient dreffez de grands
échaffauts remplis de Myfteres , tant de la Loy de naturé que de
la Loy écrite , geftes Poëtiques , & hiftoires tant du vieil que du nou-
ucau Teftament ; ce qui eftoit ainfi continué depuis lentrée des
Fauxbourgs de ladire Ville iufques au Chafteau ; auquelle Roy en-
tra pour y loger en tres-grand triomphe au fon de la melodieufe
_armonie des trompettes & clairons, & y für receû fort honorable-
ment par ladite Princefle, & par le Duc fon beau fils ,accompagné
de fon Oncle le Seigneur de Breffe , & autres Seigneurs & Barons
du Pays, qui s’offrirent tous auec ladite Dame d'aider & de fecou-
ir le Roy, tant de leurs gens que de leurs biens, auec grande dc-
monftration & figne d'amour. I ne faut pas obmettre , que dans
ladite Ville furent ce iour faites en quantité d’endroits pluficurs
Le nan nn.
ROYDE FRANCE. 197
repeuës franches ; où il fût abondamment donné à manger & à
boire à tous paflans & repañfans. | 2.
Le lendemain Samedy fixième Septembre, ladite Princeffe ame
na encor ledit Duc fon beau fils en la chambre du Roy, ouilsdif-
nerent ioyeufement auec luy, en grandes largeffes de biens: Aprés
difner le Roy prit congé de ladite Dame & de fondit fils, ainfi que
des autres Seigneurs de Sauoye & Piedmont, pour aller fouper &, ne
coucher à pc *, Ledic iour donc de Samedy le Roy partit de, #55,
la ville de Turin, & marcha tant auec fa compagnie, qu'il appro- precedenres.
cha de cette ville de Qwiers audit Pays de ‘Piedmont ; auquel lieu
la fufdire Princeffe auoit exprefflément mandé de le bien receuoir
ainfi qu’il fût fait ; & auffi furent faits plufieurs ioyeux ébatemens,
en ladite Ville, à l'honneur du Roy & des fiens, qui furent tous
fort bien receûs au grand triomphe & à la gloire des Dames ; &
ils y feiournerent trois iours. — |
Comment le Roy partit de Quiers pour venir en la ville d'A,
o4 il eut certaines nouuclles des beaux exploits de Monfti-
gneur le Duc d'Orleans au pays de Genes ; ex comme Lu-
douic Duc de Milan & fa fcmme vinrent voir le Roy au-
dit lien d'AÎ*, € d'une merualle auenné audit pays de” 714
Genes. | |
Le Mardy neufiéme iour de Septembre le Roy partit de la vil-
le de Quiers , remerciant honorablement les Seigneurs & Dames
d'icelle Ville du bon accueil qu’on luy auoit fait ; &.ce iour alla
difner à Wille-noue*, puis il vinc fouper à la ville d’4f qui appartient “#47 .
à Monfecigneur le Duc d'Orleans , ouil fût ioyeufement receû de tous
les Eftats du Pays, non en moindre forte que dans les autres Vil-
les precedentes; mais ils firent encore quelque chofe dauantage fe-
lon leur pouuoir , en la reception tant de luy que des fiens. Le
Roy entra donc de cette maniere dans la ville d’4f#; & fût premie-
rement tres-bien logé en l'Hoftel d'yn nommé fean Roger *, &c les * pag rs.
autres Seigneurs furent aufh tous logez en diuers bons logis. Le-
dit Seigneur d'Orleans eftoit pour lors abfent de ladite Ville ; car il
faifoit voile fur les coftes de la mer de Genes pour les affaires du
Roy, afin de mieux affurer fon voyage. |
Le lendemain Mercredy matin dixième Septembre , que le Roy + Faux rap-
cftoit encore en icelle Ville , furuinten hâte vn faux Courier * ; ports donnez,
lequel (comme tout éperdu ,& aucc quelque écrit fair à deffein ) fn ge dr
rapporta nouuelles wat François auoient tout perdu deflus mer : nauale.
Parquoy le Roy aflembla diligemment {on Confeil , & les No-
bles Seigneurs qui eftoient pour lors auprés de luy , afin inconti-
nent de donner ordre, & metre prouifion fur cette affaire. Mais
; Bb ii
198: HISTOIRE DE ÉHARÉES- VIII.
cependant: ce faux Courier sefquius ; & il: nt: carda gueres:, que
toft aprés arriua vn autre veritable.8& affuré Courier, lequel apport
ta de cres-Bonnesnouuelles:, routes contraires à-ce que l'autre avoit
eur. dit, fçauvir comitic ondit-Seigneur d'Orleans, &les fiens:, en fai.
paille p.100, fatit voile aux enuirons du: Rapail*", deuers-le Port de Genes, auoienr
dus. deffait le Prince de Tarenre & route fon armée, & qu'il amenoie
Bien quarante prifonniers dé. marque; & enfin qu'il y aoit eû- ne
telle deffaivé., & vn: fr grand carhage des ennemis de France , qw’ih
cftoit impoflible d'en fçauoir le nomibrrt ; ear if n'en eftoit échap.
pé que forc.peu qui prirent prompcement la fuite pardeffus les
Monts.L'vn desricueux duCardinal de Genes, & l'vn des fils. de Meffire
* Pag.99.& Fregofé ÿ furententr'aurres pris prifonniers: & Frederis* qui commran--
T4. doit en cette rencontre en mourut & expira de peur. Aufli eftoienre
en ce combat les principaux & la fleur de Piralie ; & à certe vi-
* Le Sieur de Oire {e trouuerent auec mondit Seigneur d'Orleans , le Seigneur de
Piennes pag. Piennes* y fear de la Grange, Charles de Brillac lequel y fût fait Che-
Re ualier *, le Bailly de Dijon, le Seigneur dit Gwyor de Loufiers*,
*Ibid. auec plufieurs hommes d'armes & autres vaillans Perfonnages de
guerre. À prés cette victoire ledit Seigneur d'Orleans füt furpris d’v-
ne fievre , ou autre maladie , en telle forte qu’il luy conuint retour-
neren ladite ville d”’4f où eftoit encore le Roy : Auquel lieu eftoit
venu de Milan Ludouic auec fa femme, laquelle eftoit fille du
Duc de Ferrare; & il l'auoit amenéeen grand triomphe d habits &
de ioyaux d’or ,& quantité de riches pierreries, pour ainfi la mon-
fret au Roÿ fibien parée , aucc lequel ils deuifoient auffi familic-
témient , comme de pair à compagnon : Car ce traiftre Ludowie ne
faifoit pas lerspatoiftre l'iniquité de fon mauvais deffcin , com-
*CeLudo- inée il le demonftra bien depuis, & dont aufh finalément bien mal
Se luy en prie & aduint *. : | | |
puss prifon- _P . | _1 os ,
nier du Roy: Aprés que le Roy eûc feioutné quelques ioursen la ville d’4f,
Louys XIL. jf ÿ fûc indifpofé durant deux ou crois iouts ; pourquoy il chan-
* PAG. 11$. ges de Jégis , & fût tranfporté aux Iacobins * dela mefme Vil-
; €n Vne chambre qui atoit vne agreable veuë fur le iardin ; &
._ R auec ledit Seigncut d'Orkans &: autres Princes & Scigneurs, &
Gens de Confeil sil ordonna & expedia plufieuts affaires pour le
bien & l'utilité de fon Voyage, & de tout le Royaume. Cependanr
k fufdit Ludouic fe tetira à Milan, & puis il retourna quelque temps
aprés, mais il faifoit tout cela par feinte & trahifon. Durant ce temps,
comme plufieurs Franéois eftoient encore à Gens ,iladuinten keur
prefencé, & de plufieurs autres de cette Ville, qu’vn iour apré dif.
net ctois ou quatre gentils compagnons allerenc pour pafler le temps
& par diuertiflement fe baigner dans la mer; aprés quoy il en fur-
uint encore vh autre qui fe dépoüilla de fes habits pour fe baigner
aec les autres; & alors fortit du fonds de Peau vn grés Poiffon qui
alla mordre ce derniet baigneut jufques au pur fang ; luy ft voyant
REP tn — mme mdr
ROY DE FRANCE. 199
ainfi bleffé,s'échappa dudit Poiffon en fe deffendant ;mais quand
le Poiflon eût fuccé de fon fang , il courut derechef aprés luy, &
le mordit en plufieurs endroits, jufques à ce que par force il l’en-
traîna dans le fonds de la mer, & iamais depuis ne fût reucû ; de-
quoy plufieurs furent fort ébahis confiderans cét accident fi in-
opiné. |
Aprés e le Roy eût feiourné à L>4f# depuis le neufiéme iour
de Septembre iufques au fixiéme d'Octobre, il partit d'icelle Ville,
pour toûjours auancer chemin & parfaire fon voyage.
Le Lundy donc fixiéme iour dudit mois d'Oobre , aprés que
le Roy eùc oùy la Meffe en Îa ville d'4f, ainfi qu'il auoit de coû-
tume ,il prit vne mediocre refection; puis il en partit, & alla dif-
ner à la Fariniere ; après quoy il alla au gifte à Honçal*, qui eft la
premiere place vers la Lombardie, & vne tres-bonne Bourgade qui
appartenoit au feu Marquis de .Æfontferrat * ; où le Roy fût tres-ho-
norablement & fort bien receû ; car la noble Dame de ce lieu veuf-
ue dudit Marquis y eftoic pour lors ; laquelle , auec le Seigneur fon
beau fils, & fon frere, dit Monfieur Conffantin le receûr tres-ioyeu-
Octobre,
1494
* Pag.i;.
* Ibid.
fement , & en grand honneur ; & luy monftra tout l’eftat d'icelle
Place & Forterefle, tnerueilleufement munie & pourueuéë de tou-
ces chofes feruans à la guerre en tres-grande quantité ; elle luy mon-
ftra aufhi les teftes de trois traiftres , qui peu auparauant auoient
fufcité vne guerre & difcorde entre Ludouic Duc de <Hilan & le
feu Marquis fon mary. En cette honorable reception ladite Da-
me fit vne fort grande & bonne chere au Roy, en luy offrant
tous fes biens & poffeffions àfon bon & loyal feruice ,& en luy re-
memorant amiablement, comme feu fon mary auant fon crépas,
l'auoit laiffée elle & fes enfans en fa bonne garde & proteétion;
parquoy prioit que le Roy les eût tres -affeétueufement recom-
mandez enuers fa noble Maiefté. |
Le lendemain matin le Roy partit dudit Afonçal pour aller dif-
ner & fouper à Cazal* ville capitale du Marquifac de SHontferrat.» jus
De l'Entrée e7 reception du Roy en la ville de Cazal;
€ comme la Marquifé de M ontferrat er [on fils
fé mirent en [a fauue-gardecr protection.
Le Mardy donc feptiéme iour d'Oëtobre le Roy partit dudit
Monçal , & alla difner & fouper à Caxa/ , qui eft la ville capitale
du Marquifat de Montferrar , où il fûc cres-loüablement receû &
conduit iufques au Chafteau , où fon logement auoit efté preparé;
à l'entrée duquel eftoit la noble Dame veufue du feu Marquis, ri-
chement paréc , auec fon fils le ieune Marquis , qui le falüerenc
humblement & en grande reuerence : Et pource qu'ils ne fçauoient
pas bonnement bien parler la Langue Françoife, le Comte de Foix
# MAortare
pag.us.
* Jbid.
* Defcription
des Granges
Paz. 116. ;
200 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
& Lowis Monfeigneur firent &interpreterent leur Harangue, difans
en {ubftance , pour roûjours confirmer fes premieres paroles es
foñmettoient tous er chacuns leurs biens € terres entierement 4 fon obe f-
fance, fans en rien excepter; A que pour totale refolution ils mettoient leur-
dite ville de Cazal, le Chateau , és generalement tous leurs autres lieux er
Places en [a que € protehion; ce que le Roy benignementac-
cepta & prit en fa garde ; puis il entra dans ledit Chafteau au fon
des trompettes & clairons, où il fût traité aux ne de ladite
Dame , fi bien & fi amplement de bons vins, de plufieurs fortes
d'hypocras , auec quantité de diuerfes viandes, qu'il ne fe pouuoit
pas faire mieux; aufh le lendemain le Roy donna de riches & nou-
ueaux habillemens au ieune Marquis, à la mode de France , faifant
paroiftre fa liberalité en fon endroit, & comme il le prenoit & re-
ceuoit en fa garde & protection ; & ainfi le Roy feiourna trois iours
en icelle Ville.
Le Vendredy matin dixiéme dudit mois d'Oétobre , enuiron le
Soleil leuant, le Roy partit de Cazal & alla difner à Conffe ; puis
fouper & & coucher à Morterre * , où il fût honorablement receû
& mené loger au Chafteau , qui eftoit vn lieu cres-honefte ; où il
füt grandement bien traite.
Le Samedy onziéme dudit mois d'O&tobre il difna encore en
ce mefme lieu, puis il s'en alla au gifte dans la ville de Wigeue * ,où
il fût triomphamment receû & accueilly , auec honneur folemnel,
dudit Zudouic , de fa femme, & de plufieurs autres Scigneurs du
Pays , & des Manans & Habitans du lieu. Aprés qu'on luy eût
fait la reuerence & rendu toutes fortes de refpeéts, & qu'on luy eût
propolé ce qu’on luy vouloit dire, on le conduifit à fon logement
au Chafteau , qui eft vn beau & agreable lieu de plaifance, où il
fût fort bien traité auec route fa fuite.
Le Lundy treiziéme iour d'Oétobre le noble Roy alla aux Gran-
ges * à demie lieuë dudit Wigene : Ces Granges appartiennent au Duc
de Milan, qui eft vn cres-plaifant & deleétable lieu, duquel pro-
uiennent des biens innombrables , & comme inconceuables ; car
c'eft vn lieu deftiné pour la nourriture & la garde d'vne incroya-
ble quantité de beftes de toutes fortes & manieres; ce qui faitque
les Ducs de Milan peuuent en receuoir de tres - grands droits &
profits. Premicrement, il ÿ a vne fort grande & fpacieufe cour ,au-
rés de laquelle eft entr'autres vne grande eftable , qui eft agrea-
+ conftruite & ordonnée à hauts pilliers & grands foubaffe-
mens, où d'vn cofté font les grands cheuaux & courfiers de prix,
& de l’autre les haras des iumens. Pour ce temps ,en aucunes efta-
bles il y auoit bien iufques à dix-huit cent groffes beftes à cor-
nes , comme gras bœufs , grofles vaches , & buffles ; & és berge:
*al.d'efta- ries il y auoit de chambre * en chambre le nombre enuiron de
bleen &c.
quatorze mille beftes à pied fourché , comme moutons , brebis,
&
ROY DE FRANCE. 20I
_& chevres ; bref , c’eft vn lieu de cres-grande eftime & valeur.
De l'Entrée du Roy 4 Pauiex , € comment il y fut rec. *Pag.us.
se 4 / le Roy fût party du lieu deffus-dit , comme il ap-
prochoit de la ville de Paie ,ceux du Clergé luy vinrent au de-
uant en fort honorable proceflion ; & en cette maniere il fût con-
duit iufques à la grand’ Epglife, appelléc le Dome , d'où on le me-
na loger au Chafteau, qui eft vn lieu res-beau & fpacieux , où l’at-
cendoient la Ducheffe & fon petit fils pour luy fire la reuerence
à {a ioyeufe bien - venue ; il fûc toûjours magnifiquement ferui,
& bien entretenu de tres-bons vins & de diuerfes viandes, luy &
fa noble Compagnie, depuis le Mardy quatorziéme iour d’iceluy
mois d'Oétobre iufques au Vendredy dix-feptiéme iour aprés en-
fuiuant ; auquel iour il partit de ce lieu aprés auoir oùy la Melle,
_& ‘alla difner à Beriofle* ; & aprés difner vint fouper & gifter à * Ibid.
Caftel- Saint -Iean. Le lendemain , qui fûc le Fées à dix-huitie-
me iour dudit mois , il füt difner à Roquefte; & de là, aprés le mi-
dy, il delibera de faire fon Entrée dans la ville de Plai/ance.
Le Samedy donc, dix-huitiéme iour d'Oétobre, aprés difner, zymée du
le Roy approchant de la ville de Plaifance , les Gens d'Eglife fu- Roy Plai-
rent au deuant de luy en fort belle proceflion , comme auoient *"P-1f
fait les autres Villes ; & femblablement y vinrent les Seigneurs de
renom, Manans & Habitans d'icelle Ville, comme Iuges, Baillifs,
Preuofts, & Lieutenans, auec plufieurs autres Officiers & Confeil-
lers, lefquelsluy firent la reuerence. Bref, il y füt fort honeftement
receù, & triomphamment conduit iufques à fon logis, qui eftoic
cres-bien apparcillé. Durant le temps qu’il demeura dans ladite
Ville, eftant accompagné de fes nobles Seigneurs, il vint vn Cou-
rier en grande diligence luy apporter Lettres, qui contenoient en
fubftance , que ce mefme iour le petit Duc de Milan eftoit mort*; * bd.
dequoy le Roy fût fort furpris & fi marry , que fans aucune fein-
ce, fur le champ , les larmes se en vinrent aux yeux; & pour fai-
re en outre fon deuoir enuers Dieu, & pour la memoire de ce Prin-
ce , il fit le lendemain faire à fon intention vn Seruice funebre
tres-folemnel , fût diftribué vne grande fomme d'argent en au-
mônes pour l'amour de Dieu, & pour le repos de l'ame du defunt,
le tout aux dépens du Roy ; defquelles chofes eût principalement
la charge & la conduite le Seigneur Regnaut d'Oreille*. Et eft à “kid
| noter, qu'à cc Scruice dudic feu ieune Duc , furent de la part du |
Roy conuiez cous des principaux & la plufparr des Citoyens de
Plaifance ; Iefquels en reconnoiffance de {a benigne humanité, luy
firent don de plufieurs grands & excellens fromages * du pays *Zbid
auffi grands quafi que des meules de moulin , lefquels par raïeré
il enuoya de là au Royaume de France, pour en faire prefent à la
c
* Pag.116.
* Ibid.
* Pag. 104.
10$. 116.
*al. Belle,
V. p. 116,
* Jbid.
* Ibid. &
pag: 155.
* Pag. 1$$.
202 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
Reyne : Enfin, aprés plufieurs autres chofes là faites & delibe-
rées, le Roy partit de Plaifance, où il auoit feiourné fix iours.
| |
De plufieurs autres V illes ex Places , ou le Roy palla ;
depuis Plaifance s4/ques 4 la Ville de Lucques.
Le Roy ayant oùy Meffe le Ieudy vingt-troifiéème O&obre.,il
artit de Plaifance, & alla difner & fouper à Florenfole*, petite vil.
“pie il fût bien reccû füuiuant le pouuoir des Habitans , qui luy
firent paroiftre vne finguliere affection.
Le Vendredy vingt-quatriéme, aprés le difner, il alla fouper &
coucher au Bowrg-Sainé Denys *, autre petite ville, où il füt ho-
neftement receû ,en toute obeïffance & foumiflion.
Le Samedy vingt-cinquiéme iour du mois d'Oéobre, il alla
au gifte à Fornoie* , quieft vne À a Bourgade , non mieux fer-
mée qu'vn fimple village ; mais il y a en ce lieu vne belle & gran-
de Abbaye ; c'eft là quañi le commencement des hautes monta -
gnes des _Alpa.
Le lendemain , qui eftoitle Dimanche vingt-fixiéme, aprés dif-
ner, il alla loger à Terente-Borg-de-Tarro.
Et le Lundy vingt-feptiéme, aprés auoir oùy Meffe , il alla Je
foir à Beers* ; en tous fe fouels lieux il eftoit affez étroitement lo-
gé, auec tout fon train ; mais il falloit prendre patience , felon la
neceflité du pays où on fe rencontroit. | | |
Le lendemain Mardy vingt-huitiéme O@obre , il partit de
Beers , & alla repofer à Pontrefme * ,où il fût receû en proceflion à
la clarté de Fe grandes torches & autres luminaires de cire,
fort honorablement, & là luy fût faire vne tres-belle Entrée com-
me és autres Villes. En ce lieu vint.deucrs luy Pierre de Médicis
pour luy apporter quelques nouuelles de F lorence, & par ce moÿen
il fe foûmit à l'obeïffance & fauue- garde du Roy; & pour fe mettre
auffi à couucrt d'aucuns mutins, il luy promit de mettre entre fes
mains vne petite ville appellée Serezane *, laquelle cftoit fujetre &
appartenoit aux Florentins : Aprés cela , il luy donna encore vne
bonne Place des mefmes Florentins, dite Sarzanelle , proche dudit
lieu de Serezane. | |
Le Mercredy matin vinot-neufiéme le Roy füt à NN offre- Dame
des Miracles près ladite ville de Pontrefme , & de là difner à Yole: Et
cedit iour , à l'occafion d’vn debar furuenu , furent tuez quelques
Allemans dans Pontrefme, dont ils fe vengerent bien au retour*.
Le Ieudy trentième iour d'Oétobre, A Roy fit marcher toute
l'Armée, & alla coucher à SereZane, où il feiourna fix iours pour
ordonner de fes affaires, à caufe que les Florentins s'eftoient muti-
nez; & pour lors le reuint encore voir en ce lieu Ludoic Duc de
Milan (lequel brafloit fa trahifon) d'ou il retourna aufli-toft.
ROY DE FRANCE. 20;
Le fixiéme iour de Nouembre le Roy alla luy & fon Armée à Nouembre.
Mae”, qui eft vn Bourg où il y a vn fort Chafteau enuironné 1494.
de grands foffez pleins d’eau , auquel lieu il fût honorablement * pay.n6.
receû de la Dame, laquelle eftoit en icelle Place logée prés de ce
Chafteau , vers vne montagne où fe prend le marbre blanc & noir,
& d’où l'on peut voir la pleine mer, quien eft enuiron à demie
licuë prés.
Le Vendredy fuiuant fepriéme Nouembre, le Roy partit dudit
lieu de Haffe , & alla au gifte à Petre-Sainte *, qui eft vne petite * PetreSain.
ville pour lors poffedée par les Florentins : Mais le Roy fût deuë- © # al
ment informé qu'elle cftoit d’ancienneté des dépendances de Ces re
Genes , & que les Habitans s'en eltoient fouftraits par cautele
& fubtilité ;ce qui füt caufe qu’il mit dans le Chafteau bonne gar-
nifon de Genfdarmes , qui y demeurerent iufques à fon retour,
De l'Entrée du Roy en La ville de Luques.
Le Samedy huitiéme iour du mois de Nouembre , le Roy fitfon
Entrée en la ville de Luques * , & alla le Clergé au deuanc de luy + réa.
plus d'vne lieuë loin; pareillement y allerent les Seigneurs, Bour-
gcois, & autres Habitans de ladite Ville, lefquels par rareté fin-
gi eftoient la a roù vétus & habillez de fins ue d'or &
c velours. Aprés qu'ils l’eûrént tous reucremment receü en gran-
de foumiflion & obeïffance , ils le menerent dans la Ville, qui
eftoit richement parée auec des reprefentations de jeux , 8e dit
logé en l’Euefché, où on luy fit bonne chere, & à route fa Com-
pagnie.
Comment le Roy entra dans la ville de Pile , en d'autres ,
imfques a Florence.
mA "A
… Le Roy partit le Dimanche neufiéme Nouembre au matin, de
ladite ville de Zuques, après auoir oùy Melle, & alla difner à Pri-
mat *, Ce mefme iour aprés difner il fit fon Entrée dans Pife*, où NS De
les Gens d'Eglife, les Poteftats & Gouuerneurs d’icelle Ville luy fu.
rent au deuant. Il ne faut pas douter que fur tous les autres ils luy f-
rent grand honneur & reception, fe foumettans entierement à fon
obeïflance; &ils crioient à haute voix, depuis le plus petit iufques au
plus grand, qu'ils recouureroient fous fon Empire la Liberté ; dans la-
quelle ils eftoient fort courmentez & afigez par les Florentins, qui
les auoient fubiuguez & reduits en feruitude. En vn mor, c'eftoit
Eee d'entendre leurs complainces fur les griefs & corts qu'on leur
aifoit ; c’eft pourquoy le Roy les retint à foy, & les aflura de les
conferuer dans leurs franchifes; dequoy ils furent tant ioyeux qu’il
n’eft poflible de le reciter ; & ainfi ce n'eft pas merucilles sil y fût
Cci
204 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
_. fi bien traité, & tous les fiens aufli. Le lendemin matin le Roy
*Paguy. partit de ladite ville de Pifé , & alla difner à “Pont-Codere *, puis
*Ibia. au gifte à Empoly*. |
Le Mardy onziéme iour de Nouembre, le Roy aprés difner alla
*Jbid, coucher au Ponr-de-Signe* ,qui eft vn fort beau lieu de plaifance;
où il feiourna cinq ou fix iours, pource que les Florentins s’eftoient
foufleuez contre Pierre de Medici , lequel auoit rendu quelques
Places & Chafleaux au Roy : Mais fi . réfolution fa lors
monftrée aux deflus- dits Florentins , & l'artillerie du Roy füt fi
bien preparée pour aller contr’ eux , qu’ils enuoyerent des Ambaf-
fadeurs pour Eire obeïffance au Roy, & s'excufer enuers luy de
leurs fautes , en le priant de vouloir bien venir voir leur Ville, pour
laquelle chofe executer , il fit affembler & preparer fon Armée.
De l'Entrée du Roy 4 Florence awec plufieurs Seigneurs,
ex toute [on Armée.
Le Lundy dix-feptiéme iour de Nouembre , le Roy qui auoit
fait affembler route fon Armée & fon train , difna aflez prés de
Florence en vn grand Palais , & là luy vinrent au deuant rous les Sei-
neurs, Bourgeois, & Gensde tous eftats de ladite Ville, pour luy
Eire la reuerence , & le receuoir honorablement. Aprés que les
Florentins eûrent ainfi fait leur deuoir enuers le Roy, en luypre-
fentant les Clefs de la Ville, toutes les bandes de l'armée du Roy
commencerent à marcher en icelle ,ayans chacune leurs Capitai-
ne & Enfeignes déployées Fvne aprés l’autre , en tres-bel ordre ;
“DiwrsE- ce qui dura fort long-temps à sh sh car il y auoit là plus de Genf-
fa ER larmes que iamais les Florentins euffent veû. Quand ces bandes
Gentils- furent paflées , le Roy accompagné de plufieurs grands Princes
pp ar l & Seigneurs entra dans ladite Ville , fort bien armé d'vn riche
Roy fe voyét harnoiïs blanc , auec fa Garde & fes cent Gentils* hommes aufli vous
dans les armez. Il fût honorablement conduit & mené fous vn riche dais
Preuues. : NE - \ , ANT
* pag. iuiques à l'Eglife, & delà au logis qu'on luy auoit preparé à l'Ho-
* Il faune- Îtel de Pierre de Hedici* , où luy & les fiens furent fi bien trai-
ele. tez qu'on ne le pouuoit mieux faire. Le Roy pour foûmettre &
éqwilyair tenir les Florentins dauantage en fon obeïffance , feiourna douze
erreur de jours dans Florence , d’où il partit le Vendredy enfuiuant vingt-
datteenmet- __ :, % : | -
rantle 21, VDième * iour de Nouembre , & alla au gifte en vn grand Palais
p-u9.& 110. Par del. | L
“bide € lendemain Samedy vingt-neufiéme , il für coucher à Suiné-
Decembre. Caffant* , où il demeura le Dimanche trentiéme.
Et le Lundy premier iour de Deccembre, il fût au gifte à Pon-
<i 494. dibour* , qui eft vne petite Ville affez peuplée & plaifance à voir.
Porgé : Le lendemain Mardy deuxiéme Decembre, il alla difner àl’Ab-
ond p.110. | : | \' à. .
A fr baye d'Aye, & puis au gifte à Sienne* la vieille.
CROY DE FRANCE 1o$
Des E ntrées dn Roy Er de fes gens en la ville de Siene-
_ l'antiqne, à Viverbe, ® autres Villes.
” Lodit Mardy deuxiéme jour de Decembre fortirent de la vil-
le de Siene Îes Gens d'Evlife , accompagnez des autres Eftats ,
chacun en fon rang, qui furent bien vne lieuë au deuant du Roy;
& en le falüant & faifanc leur harangue ils luy prefenterent les
Clefs de la Ville, comme le MST ER leur vray Seigneur. 11 füt
mené en grande folemnité dans certe Ville fort ioyeufement pre-
paré pour fa bien-venué, &.für logé en l’Eucfché prés la grand’
Eglife , où il fût magnifiquement craité luy & route fa Com-
agnie. —.
r leudy enfuruant quatriéme Decembre, le Roy partit de la-
dite vie de Siene , & alla difner à Bon-Counenr*, puis au gifte à *Pag-ur.
Sainét-Clerico* , ou il demeura tout le Vendredy. *21.S. Clero
Le Samedy fixiéme iour de Decembre il alla difner à Ricoure *, + Rivoyre P-
& coucher à la Paille *, Pl.
* La Paillerte
Le Dimanche feptiéme , aprés auoir oùy la Meffe, il alla à 45,7
gnependant* , qui eft vne Ville fituée fur vne hauteur, qui appar-
tient au Pape ; toutesfois Le Roy y füt receu honorablement en
folemnelle proceflion, &luy furent prefentéesles Clefs de la Ville.
Le Mercredy enfuiuant , dixiéme iour de Decembre , le Roy
pafla à Monflafcon* , & alla au gifte à Uirerbe , qui cft vne belle » 74,4
Ville , appartenant aufli au Pape ; mais les Habitans ne laifferent
pas de luy faire vne excellente Entrée, fe foûmettans à fa fujetion,
& le menerent honorablement loger en l’Euefché, qui eft vn tres-
beau lieu , prés la Porte Romaine. Le Roy y demeura cinq iours,
& y vifita cependant pluficurs fois la Chafle de Sainéle Rofe* qui «7554,
eft en chair & en os. Il y mit le Seigneur de Gaiafche* engar-, 6
nifon dans leChafteau ; & puis il enuoya le Seigneur de la Trimoüille* ipia.
pardeuers le ne à Alexandre VI. lequel promit d’effre loyal an Roy; "1bid.11.
& pour mieux l'en aflurer , il luy enuoya quelques Cardinaux & 7, pen.
Euefques, & mefmement fon Confeffeur. | uoye fnCon-
Le Lundy quinzième iour dudit mois de Decembre, le Roy fe Pa
À À " . \ à ee e Roy, 5014.
partit de Uiterbe, & fût difner à Rosffllon, puis au gifte en vne pe- 11.
cice ville appellée Naples, où il demeura iufques au Vendredy fui-
uant.
Ledit Vendredy dix-neufñiéme iour d'iceluy mois, il alla difner & «y 3, pur
coucher à Braciane*, qui appartient à Meflire Uergile * , où le Roy gre ,p.122.
affembla derechef coute fon Armée: Tandis qu’il demeuracampé au “/ bid.
dit Braciane ,eftant bien accompagné de sr grands Princés &
Scigneurs ,& fidels Genfdarmes, A Pape par fon Ambaffade* con- * 4ia.
fentit enfin qu'il amenät fon Armée A la ville de Rome. Cepen-
dant le Seigneur de Ligny accompagné d’vne bonne bande d’Al-
Cc il]
” Pag.1r2.
206 HISTOIRE DE CH. VIII R.DEFRANCE.
lemans les mena iufques à Ofhe*, qui eft vne forte Place au delà
DucdeCala- du Tibre, &'vn Port de mer. Le Duc de Calabre eftoit pour lors à
bre s'enfuit
de Rome,
tbid, 122.
*lA4poüille ,
tbid, 122.
* Ibid.
* Ibid. :
* Pag.127.
* Pag.132.
* Pag.138.
* Pag.149.
* Pag. 159"
Rome; lequel auoit la cemerité de croire qu'il feroit merueilles con-
crc les François; mais il luy fût bon befoin de fe fauuer à la hâte,
& fans retarder; il s'enfuit deuers la Poüille*', & incontinent le Sei-
neur de la Trimoüille & le Marefchal de Sé allerent prendre des
nes * dans Rome, aufii priuément & familierement comme ils
cuffenc fait en des Villes de France. __ ”
Suinent les Relations faites par le mefme Auteur , de l'Entrée dudit Roy
auec toute fon Armée, dans Rome*, @r de tout ce qu'il y fit enfuite :
Puis comme il en partit pour aller a Naples*, @ ce qui fe paffe en che-
min failant: «Aprés, comme il entra*triomphamment dans cette Cité, ainf
qu'un Monarque de l'Italie ; Des affauts 7° prifes des Chateaux Nouc*
€9' de l'Ouc ; De fon retour“ en France : De la Journée e7' Victoire *
de Fornoüe, é° autres circonflances : ais parce que le refte de ces Rela-
tions ef} prefque tout conforme x femblable au precedent Xournal (pages
114. 115. 16. C7 fuinantes) d'oh mefme il femble auoir effé emprunté mor
à mot en plufienrs endroits ; il eff icy obmis , tant pour éuiter les redites,
que pour cafe de brieueté.
5 dut
à \
Ÿ : s
(A
TIISTOIRE DE LOVYS,
, SEIGNEVR DE LA TRIMOŸILLE*, %4TRE
dit le Cheualier fans reproche:
.
Ecrite par TEAN BOVCHET. &
se msi ons ln e
DANS LAQVELLE ".
IL Y À QUELQYES CIRCONSTANCES, :
qui feruiront à éclaircir l’Hiftoire du'Roy |
CHARLES VIII.
74 HakRies Hvitig'Mt de.ce nom, fils
FRE || nique du feu Roy-Zowys Onziéme, fût
HN 2: À couronné * Roy de ‘France en-l'âge de * Pag.2. |
+, | || quatorze ans;:la-icuneffe duquél donna
27"; À occafion de diuifér d'auec luy dés Prin.
LYS <- : À ces de fon Bang, lefquéls afpiroienr, pour
229 : {| lesihonneurs, ou par auarice, à auoir a.
CE À Regence le Gouuérnement de luÿ, & de
É MNÛ fon Royaume; & entre autres Monfieur
Lonys Duc d'Orleans, qui lors eftoit de l’âge de vingt & trois anis,
& auffi le Duc de Bourbon *, Iefquels ne fe declarerent pas fi toft. = p, 6.
Toutesfois Madame = #üne de France fœur du Roy, & époufe du
Seigneur de Beaujeu, de la Maïfon de Bourbon, laquelle auoit le
gouuernement de a perfonne du Roy, fe déutant de ces entre.
rifes, y pourueût ; & dés Pannée du trépas dudit Ro Louys, VO.
Énc gagner les Princes & Seigneurs, à ce qu'ils ne fe détournaffnt
de leur fidélité ; & voyane ke ieune Seigneurde #3 Trimoäille profrerér
en biens & en toutes vertus, appartenans à vn Chef dé vucrre,
& Conducteur d’vne affaire A , & qu'il auoit grand vou-
loir de feruir le Roy, & le Royaume, le fit mettre & coucher dans
et
NN
+. _—
208 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
les Eftats du Roy, & luy parla de le marier auec Mademoifelle
Gabrielle de Bourbon fille du Comte de Montpenfier. Ce mariage
cftoit fort beau & honnefte pour luy ; car 1 Gabrielle eftoit def:
cenduë du Roy Sainét Lowys. Et pour l'entendre, eft à prefuppo.
fer que ledit Roy Sainét Louys eût plufieurs enfans, & entre au-
tres Philippes Troifiéme de ce nom, qui fût Roy aprés luy, &
Robert qui fût Comte de Clermont. Ledit Robert eût vn fils nom-
mé Lonys aufi Cômte de Clermont, & premier Duc de Bourbon;
dont vint Pierre, Second Duc de Bourbon, lequel eût vn fils nom.
mé Louys, qui fût Troifiéme Duc de Bourbon; dont vint Jean,
Quatriéme Duc de Bourbon, qui eût deux fils, Charles ; Cinquiéme
Duc de Bourbon, & Lowys, Premier Comte de Montpenfier pere de
ladite Gabrielle.de Bourbon, & de Gilbert Comte de Montpéales qui
fût Lieutenant general du Roy Charles Huitiéme, & Viceroy de Na-
* Pag.1o7. ples, où il déceda * l'an 1496. luy furuiuans entreautres enfans
| deux de fes fils, fçauoir Charles, & vn autre qui fût tué à la Zowr-
née de Saincte Brigide. Ledit Charles fût Conneftable de France, &
marié auec Swfanne fille dudit Seigneur de Beaujeu, & de ladite
Anne de France. Le mariage dudit Seigneur de la Trimoüille auec
icelle Gabrielle de Bourbon fe bien-toft accordé, & les nôces faites
en Auuerone; d'où ils vinrent à Bommiers, & autrés Places dudit Sex.
Een où furent faits diuers feftins. Ledit Seigneur: demeura auec
adite Dame fon époufe, & en eût vn fils de pa de l'an ; lequel
fût cenu fur les Fons par Procureur qu'y enuoya le Roy Charles
A in ls Huitiéme; & à cette raifon porta fon nom. Cependant d’autre
Fer part leditSeigneur pourfuiuoit la deliurance de fa Vicomté de
“Thoïars, & autres terres. qui luy appartiennent à caufe de fa feuë
mere, &.dont il auoit eû deliurance par Lettres patentes du Roy
Louyys Onziéme, qui furent .enterinées du confentement du Roy
Charles Huictiéme, par deux ou trois Arrefts de la Cour de Par-
lement de Paris; & toutes lefdites terres, non fans grandes mifes
& labeurs luy furent enfin deliurées. Puis il bailla à fesfreres leur
Appennage, & demeura Comte de Benon, Vicomte de Thoÿars,
Prince de Talemonr, Baron de Craon, Seigneur de Sslly, de Lifle- :
bouchart, des Iles de Ré & Marans, de Marual; Saindte- Hermine,
. Manleon, & autres terres. | | RE
L'an mille quatre cent quatre-vingt & quatre, au mois de Iuil.
1484. ler, les Trois Éflats * du Royaume furent appellez à Tours, pour
* Eftats Ge- donner prouifion au gouuernement du Roy, & du Royaume, où
5 Tours Chacun dits Eftats fit fes plaintes. Er aprés y auoir pourueü, &
1483. Voyez aufl à la Regence, il fût ordonné qu'il n'y auroit aucun Regene
9"deusnt p. en France; mais que Madame LA4nne de France fœur aînée du
lc A A Roy, &époufe du Seigneur de Beaje, qui eftoit fage, prudente,
Preuues. &vertueule, auroit le gouuernement de fa Perfonne tant qu'ilfe.
roit ieune, en enfuiuant la volonté du Roy Losys leur pere, Pre
edit
ROYDE FRANCE. 209
ledit Duc d'Orleans ne füt content ; & s’efforça par tous moyens
d’auoir la fuperintendance des affaires du Royaume ; en quoy ceux
de Paris le fauorifoient : Dequoy ladite Dame de Beaujeu eftant
aduertie , enuoya gens à Par“ pour prendre au corps ledit Duc
d'Orleans , qui s’éuada & s’en alla à Alençon , où il füt quelque
temps; pendant lequel , le Comte de Dunos* fon proche parent, * Pag.n.
ee ua pour fon party le Comte d’Engoulefme ,le Duc de Bour-
on”, & le Seigneur d'Albret, qui fe declarerent fes amis ; pour * Pag.6. 7.
laquelle caufe ils furent tous defappointez de leurs Eftats & pen- €?
fions ; ce qui leur donna occafion d'attirer à eux le Duc de Lor-
raine* , le Comte de Foix, & le Prince d'Orange. Touresfois cette * Pag.18
entreprife fût foudain rompuë , & accord fait l'an mille quatre
cent quatre-vingt & cinq ,aucc ladite Dame de Beaujeu, qui auec 1 435.
adrefle conduifoit cautement & prudemment fon affaire.
L'année fuiuante le Duc d'Orleans eftant auerty que la Dame
de Beanjes, fous l'auctorité du Roy le vouloir tenir au détroit, & 14386.
qu’elle auoit efté informée de fes entreprifes fecreres , fe retira fub-
tilement & fecrerement vers Monfieur François Duc de Bretagnean-
cienennemy du feu Roy ZLouys, pere dudit Roy Charles; lefquels,
auec autres Princes leurs adherans, demanderent ayde aux Anglois,
& prirent alliance aueceux contreles François.Le Roy Charles & fon
Confeil y pourueûrent ; car en diligenceils drefferent vnegroffe Ar-
mée, qu'ils enuoyerent en Bretagne par trois diuers lieux. Et aprés
plufieurs Villes dudit pays prifes,ils allerentaflieger la ville de N an-
tes* l'an mille quatre cent quatre-vingt & fept; en laquelle eftoient * Pag.27.
ledit Duc François & fes deux filles _ 4nne & Y fabeau*, le Prince d'O- © 37:
range, la Dame deLaual, l'Euefquede Nantes, & le Comte deCom-
minge. Mais lefiege füt leué , pour la vehemence du chaud; & mar- _ 487.
cha l'Armée vers la ville de Dol, qui fût prife fans refiftance, & pil- "#55
lée; & y furent pris prifonniers plufieurs Bretons. Le Scigneur de
Rieux qui tenoit Encens pour le Roy leliura aux Bretons; & enallanc
à Nantes vers le Duc de Bretagne il prit Chaffeaubriant qui tenoit
pour le Roy ; puis il alla metre le fiege deuant la ville : Vannes,
qui luy fût renduë & liurée par les François, moyennant certaine
compofition faite entr’ eux: D'autre part, l'Armée du Roy reprit
le Chafteau & la Place d'Encenis , & en chaffa les Bretons, lefquels
y auoient efté mis par ledit Scigneur de Kieux ; & parce que le
lieu luy appartenoit, & réa fauffé fa foy , le Roy fit K tee
& rafer la Place iufqu'à fleur de terre. Puis s'en alla l'Armée Fran-
_ çoife aflieger Chaffeaubriant* , qu’elle prit. & mic à fac au commen- ‘4-4.
‘cement de l'année mille quatre cent quatre-vingt & huit. Fe
En ce temps, le Roy Charles par la deliberarion de fon Confeil,
auerty du bon vouloir du Sieur de la Trimoville , qui n’auoit que
vingt & fepc ans, de fa hardiefle , prudence, diligence , & bonne
conduite, & de plufieurs beaux faits d'armes par luy faits és ren
W
1488.
210 HISTOIRE DE CHARLES VIII
contres & faillies qu'on auoit fait au wa de Nantes , 8 aufli és
ficges & affauts de plufieurs Villes, Chafteaux , & fortes Places de
Fi #4 Bretagne, le fit fon Lieutenant General* de fon Armée, & luy bail-
7" Ja toute auctorité Royale accoütumée eftre baillée en tel cas. Ce
que ledit Seigneur tres-volontiers accepta; & commença à pren-
2 plus de foucy qu'il n’auoit accoûtumé, & à penfer en ce qu’il
deuoit faire pour le profit du Roy , & du Royaume , & acquerir
honneur en à charge ; & affembla le Confeil du Roy, pour trai-
ter des pratiques de la guerre de Breragne, où fût auifé & conclu
* Pæg.so. qu'il iroit afhieger Fougeres*, qui eft Place de frontiere , forte, &
de bonne refiftance; ce qu'il fit.
Cependant le Seigneur d’Ælbret, qui s’attendoit d'époufer Ma-
dame L4nne fille aînée de Bretagne, retournant d'Efpagne, fe re-
cira vers le Duc à Nantes ; & fes gens de guerre qu'il auoit ame-
nez , iufques au nombre de quatre mille, prirent leur chemin à
Rennes.
Le Roy cftoit lors à Angers , vers lequel le Comte de Danois
alla comme Ambaffadeur fous fauf - conduit, pour fçauoir quel
*Pag.38. droit*le Roy pretendoit au Duché de Bretagne.
Comme on faifoit toutes ces chofes, le Duc d’Orleans, le Sei-
gncur d’Albret , le Marefchal de Rieux , le Prince d'Orange, le
Comte de Comminge, le Seigneur de Chafteaubriant, le Comte
de Scalles Anglois , le Scigneur de Leon fils aîné du Seigneur de
Rohan, & autres Seigneurs de leur alliance & faction, allerentaffem-
bler leurs Genfdarmes à Rennes pour aller faire leuer le fiege que
lcdit Sieur de la Trimoille tenoit deuant Fougeres ; & cftoit leur
armée de quatre cent Lances , huit mille hommes de pied ,
huit cent ne , & trois cent Anglois, auec bonne quantité
d'artillerie ; & vinrent loger à vn village appellé Andoile Ve Mer-
1488. credy vingt-troifiéme iour de luillet, l'an mille quatre cent qua-
tre-vinot & huit ; cependant le Sicur de la Trimoäille prit la vil-
"Pag$t. Je de Fougeres * par compofition ; dont le Samedy enfuiuant vin-
rent nouuclles aux ennemis , qui encores eftoient audit village
d’Andoille , & que les Bretons qui eftoient à Fougeres s'eftoient re-
tirez leurs bagues fauues : Ce nonobftant ils marcherent contre
les François pour aller afhieger la Place de Sainéf- Aubin; & arriue-
rencau village d'Oranges, qui cftà deuxlicuës dudit Sainét- Aubin;
ledit iour de Samedy, vers le foir ; où furent auertis qu'ils rencon-
creroient les François deliberez deles combatre. TP merde ils
mirent leur Bataille en ordre ; l’Auant-garde fût baillée au Ma-
re{chal de Rieux ; la Bataille au Seigneur d’Albret ; & l'Arriere-
garde au Seigneur de Chafteaubriant : Sur vne de leurs aîles fûc
ordonné le charroy de leur artillerie, & leur bagage ; & jaçoit qu’il
mycût que crois cent Anglois, pour faire entendre qu'il ÿ en auoit
plus largement, dix-fept cent Bretons furent mis auec eux , vérus
ROY DE FRANCE. | 21t
de hocquetons à croix rouges : Et parce que les gens de pied du
Duc de Bretagne fe doutoient des gens de cheual François cftans
en l'armée des Bretons, & mefmement dudit Duc d’Orleans, luy,
& le Prince d'Orange fe mirent à pied auec les Allemans. Le
Sieur de la Trimoille Lieurenant general de l'Armée Françoife,
qui venoit de Fougreres au deuant de fes ennemis, enuoya Mefire
Gabriel de Montfaucon & dix ou douze autres hardis hommes Fran- |
çois, voir la contenance des aduerfaires, lefquels firent rapport dé |
leur bon ordre, A cette caule le Sieur de la Trimoüille LA auffi
ranger en bataille roure fon Armée lors eftant en defordre. Mef-
fire _ Adrian de Lofpital menoit l'Auant- garde ; & ledit Sieur 42m de *
de la Trimoïlle Chef de l’Armée menoit la Bataille : Et comme Lofhiral.
ces deux Armées s’approchoient, l'Armée des François commen-
ça à marcher fans delordre contre les ennemis , qu'ils rençcontre-
rent prés ledit village d'Orange ; l'artillerie füt tirée d'vne parc &
d'autre , qui fort endommagea les deux Armées. L’Auant - garde
des Francois donna fur l’Auant-garde des Brecons, qui foûrint af
{ez bien le choc ; puis cirerent les François à la Bataille des Bre-
rons,où leurs gens de cheual reculerent; comme aufñli fit leur Ar-
riere-garde, & fe prirent à fuir , & aprés eux leur Auant - garde.
Quand les François que conduifoit le Sieur de la Trimoüille , auec
lequel eftoit Mefire Facques Galliot* hardy & vaillant Cheualier, * Pag. 52. &
virent ce defordre , ils chargerent fur les aduerfaires , & tuërenc 5+
cous les gens de pied qu'ils trouuerent deuant eux ; & entre autres
ceux qui auoient la croix rouge, penfans quetous fuffent Anglois.
Le Duc d'Orleans & le Prince d'Orange, qui eftoiententre les gens
de pied Allemans , furent pris *& amenez prifonniers à Sainét- "? 28:53 54
Aubin; le Marefchal de Rieux fe fauua comme il pût, tirantà
Dinan. Le Seigneur de Leon , le Seigneur du Pontlabhe, le Sei-
gneur de Montfort, & plufeurs autres nobles de Breragne y furent
tuez ; & de toutes gens iufques au nombre de Gx mille hommes;
& de la part des François enuiron douze cent; & entre autres le-
dit Meflire Facques Galliot , qui fût grand dommage ; car c’eftoit
vn Cheualier & Capitaine aufli prudent en guerre , & aufli plein
de cœur & hardiefle , qu'on eût peû trouuer, Peu de remps aprés
le Duc d'Orleans fâr mené prifonnier au Chafteau de Lufignan, |
à cinq lieuës de Poiétiers, où il fût longuement prifonnier.
Voila le commencement des bonnes fortunes du S$jeur de [a
Trimoüille , qui l'ont toûjours accompagné à {on honneur , & au
profit du Royaume de France , jufques à fon deceds. Le Roy luy
donna l'Eftat de premier Chambellan , le fit Chenalier de fon Ordre, |
& luy bailla la garde de fon Cacher er petit Seel*. * Garde dy
Cinq femaines ou enuiron, aprés certe Vifoire de Sainf- Aubin, nan ”
le Duc de Bretagne & fa fille puifnée* allerenr de vie à trépas ; * Pag.86.
parquoy Madame 4nne fa fille aînée für Duchefle de Bretagne. *ÿ
Dd i)
212 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
Et moyennant le mariage du Roy Charles auec elle , que traita le
*LeComte Comte de Dunos* ,la Paix fût faite entre le Roy & les Princes de
- Dos. France ; & aufli certain cemps aprés auec Haximilian * Roy des
riage du Roy, ROMaÏNS , pour le mariage qui auoit efté commencé entre fa fil-
Pen le Marguerite de Flandre & ledit Roy Charles Huitiéme ; en forte
‘8°# que le Royaume de France fût en paix & tranquillité.
«Pagigo. Le Roy Charles, petit * de corps & grand de cœur,deux ans aprés
la guerre de Bretagne finie, par l’auis des Princes de fon Sang , &
de la plufpart de la Nobleffe de France, certifié par fes Cours de
Parlement , & autres gens de bon confeil , que le Royaume de
*7.p.98. TN aples* luy appartenoit, voyant fon Royaume de France paifible,
. a fans aucune crainte de fes voifins, & autres, entreprit d'en faire
Cor la conquefte , & de le recouurer. Pour cét effet, l'an mille quatre
en cent quatre-vingt & treize il fit affembler vne fort belle & groffe
ere P Armée ; & pour la faire palfer, il s’en alla à Lion ; & mena auec
luy en certe expedition le Duc d'Orleans, qu'il mic hors de prifon*,
, 2 +? 3 Je Comte de Wendofme *, le Comte de Montpeniier, Lowys de Lu-
’ AP . xembourg Comte de Ligny; ledit Meflire Louys de la Trimoüill,
dise. & plufieurs autres grands Seigneurs, qui firent le voyage fans folde,
a pages, ne autres biens-faits, fors ceux qu'ils auoient à caufe de
dus gratuite leurs Eftats & Offices. 4lphonfe vfurpateur du Royaume de Na-
se ples, par le deceds de fon pere Ferdinand (qui peu de temps au-
ue de parauant eftoic decedé ) fût auerty de cette entreprife; & pour la
Naples. rompre, & empécher que le Roy n'eût paffage par litalie, & par
“Pagur. ROME, ilfe retira vers le Pape <4lexandre *; coniointement auec
lequel il enuoya des Ambafñladeurs & Deputez vers tous les Sei-
gneurs & Communautez d'Italie , pour les exciter de refifter aux
François ;ce nonobftant, le Roy Charles & route fon Armée en-
crerent en Italie, & pafferent les Alpes en la plus grande liberté,
& en plus ee honneur & triomphe qu’on fçauroit dire. Quand
ne 101. ji] eùt fait fon Entrée à Florence* il s’en alla à Viterbe*; où eftant
* Paginr. QUCITy qu'à la requefte de Ferdinand fils du Roy «4lphonfe le fuf-
dit Pape Alexandre luy vouloit nier l'entrée de la Cité de Rome,
* Ibid. il enuoya le Sicur de la Trimoille * vers luy , fçauoir fa volonté ;le-
quel y fût auec d’autres Ambaffadeurs ; & fût arrefté & conclu que
*Pagor. le paflage du Roy fe feroit par Rome; lequel y entra * le dernier
. Eu an iour de Decembre l'an mille quatre cent quatre-vingt & treize”,
1494. par la Porte Flamine, & alla loger au Palais de Sainéf Marc*.
“Pag-11. L'Entrée dura depuis trois heures aprés midy iufques à neuf heu-
res du foir, non fans grande abondance de torches & flambeaux
*Pag.u7. ardens ; & y demeura iufques au vingt-huitiéme iour de [anuier *
enfuiuant. Sa prefence empécha coures violences , & le fit aimer
de tout le commun euple ; au grand regret duquel, (& iceluy
criant Wine France) f partit de Rome pour parfaire fon voyage ;
& auec fon armée en bon ordre alla conquerir le Royaume de
RE
ROY DE FRANCE. 213
NN aples ; nonobftant la refiftance d'Alphonfe & de fon fils Ferdi-
nand ; lefquels n'eftans aflezpuiffans pour luy refifter, donnerentlieu
à la puiffance de France, & au-bon droi& du Roy Charles.Le Pape, les
Venitiens , Lowys Sforce vlurpateur de Milan, & autres Seigneurs
d'Italie ,ennemis des François, & enuieux de leurs victoires, affem-
blerent vne Armée aufli bien équipée qu'on pourroit auoir, pour
furprendre le Roy de France , & fa Compagnie, à fon retour de
Naples, dont il partit pour retourner en France, le vingtième iour
de May mille quatre cent quatre-vingt & quatorze *, auec fon *Cefér1495.
Armée, & partie de fon artillerie ; car il laiffa le refte au Comte 7 8"#7
de <Aontpenfier beau-frere dudit Sieur de la Trimoülle, qu'il fit & un
liffa fon Viceroy *à Naples. * Pag.107.
Le Roy eftanc venu iufques à Serfanne* ,le vingt feptiéme iour ‘4 te
de luin enfuiuant , il y fût auerty de l’entreprife de fes ennemis ;
dont il ne s’ébahit , combien que le danger fût fort. à craindre :
Mais mettant fon efpoir en Dieu, & fur la hardieffe, vaillance , &
bonne experience des gens qu'il auoit auec luy ; deux iours aprés il
alla parquer au pied*des Alpes, où il fe tint par quelque temps pour */bi4-
y faire pafler fon attillerie; qui fûtla plus grande entreprife fur
ce poinct là que iamais Prince fic ; car char ne charette n’y eftoient
jamais paflez ; & fçachant que ledit Sieur de la Trimoille * pes * Pag. 156.
fa hardieffe & bon vouloir , ne trouuoit rien d’impofhble ; il luy
donna cette laboricufe charge, que volontiers il accepta. Erfibien
y employa fon corps, fon efprit, fes paroles, & fes biens, qu'il y
acquit honneur, & accroiffemene de la grace de fon Seigneur &
maiftre. 11 fe mit à pouffer aux charrois, & à porter gros boulets
de fer, en fi grand labeur & telle diligence , qu’à fon exemple la
lufpart de ceux de l’Armée, mefmement les Allemans, eftans de
fon grand & bon vouloir ébahis, s’attacherent à cét ouurage , &
par ce moyen toute l'artillerie fût pañlée auec les munitions, au
crauers de ces Montagnes & vallées, par la prudente conduite dudit
Sieur dela Trimoüille , qui toûüjours ser les courages des Ale-
mans, & autres, par belles paroles , trompettes, clairons*, flûtes , “kid. p.
tambours, bons vins, promefles de recompenfes, & autres moyens, "7
que bien entendent les Capitaines experimentez. |
Les . Alpes paflez, le Roy alla difner au lieu de Fornoïe ; & fon
camp fût aflis à vne lieuë de là, prés de fes ennemis. Le lendemain,
aprés la Meffe oüye, l’ Armée du Roy marcha en bon ordre, dont
l’Auant-garde eftoit conduite par le Marcfchal de Gyé, & le Sei-
gneur fean Jacques Italien. Afez prés d’eux marchoient les Suiffes
en bon ordre , conduits par Monfeigneur Engilberr de Clenes
Comte de Neuers , le Bailly de Dijon , & le grand Efcuyer de la
Reyne. Les Aîles de l'Armée eftoient aux deux coftez ; Gwyor de
Louiers & Jean de la Grange Maiftres de l'artillerie la conduifoient; +.
elle eftoit bien fournie de tout pour tirer, & rendre ban feruice. Roy.
| Ddi
* Picnnes p.
99.114.147.
150.166.178.
184.194.198.
* P.163.180.
* Guyfe pag.
130.135. 136.
137-158. 176.
183.
* Pag.104.
10$. 161.
* Effradiots
pag. 161.
Bataille de
Fornoûe,
pe 195 158.
214 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
Confecutiuement venoit la Bataille, de laquelle le Roy en perfon-
ne cftoit Chef; autour duquel eftoient les Seigneurs de Ligny, de
Piennes* , le Baftard Mathieu de Bourbon *, & autres Seigneurs & Ca-
pitaines tous vaillans & hardis. Aprés la Bataille {uiuoit l'Arrie-
re-garde , que conduifoit ledit Sieur de la Trimoäille , où eftoit le
Seigneur de Guyfe* auec les guets bien ordonnez. L'armée des en-
nemis qui eftoic en frontiere, commença de tirer vne groffe piece
d'artillerie contre l’Auant-garde Françoife, qui nes'en émeüt point,
& paffa outre ; puis l’artillerie des François commença à virer en fi
bonne forte , qu’elle brifa la piece qui auoit tiré coner eux, &
tua le principal de leurs canonniers , & autres gens des ennemis;
ce qui les fit vn peu reculer: Et voulans vfer d'vne cautele & rufe
de guerre, pour tâcher à mettre en defordre l'Armée des François,
& fraper fur la Bataille où efloit le Roy, aprés auoir fceû par vn
cfpie* leftat du veftement & de l’accoûcrement du Roy : Ils firent
deux chofes; l’vne, qu'ils enuoyerent grande quantité d’Albanois
& Eftradiots * courir fur le bagage du Roy, qui s'en alloit à cofté
auche, fous la conduite du Capitaine Oder; lequel, combien qu'il
füt Cheualier de bonne conduite, prudent & hardy Capitaine , ne
pouuoit à fon defir faire marcher les eg de ce bagage, qui eftoient
en grand nombre ; & par leur defaut & defordre ils furent def-
faits, & la plufpart dudit bagage pillé par iceux Eftradiots & Alba-
nois, dont l’Armée de France ne tint conte. L'autre chofe que f-
rent les ennemis fût, que voyans la conftance des François , qu'ils
ne penfoient eftre telle ; maisles iugeoient nebatailler qu’en fureur,
& fans ordre; affemblerent vn bon nombre des plus gens de bien
& mieux experimentez de leur armée, pour donner fur la Bataille
des François où eftoit le Roy, lequel ils s'attendoient de prendre:
Mais il y remedia; car ayant pris des Auant-garde, Bataille, &
Artiere-gardedefon Armée, certain nombre des plus hardis hom-
mes, fans changer les Chefs, attendit fes ennemis en bon ordre &
rcfoluë hardiefle : Si bien que les ennemis eftans venus contre
cux,le Roy auec le Corps de Bataille vinc aufli contre fes enne-
mis; & ainfi {e rencontrerent , & vinrent les auantcoureurs cho-
quer aflez hardiment fur la Bataille , où eftoit le Roy ; & d'vne
part & d'autre fe firenten cette rencontre de grands faits d'armes ;
puis, pour le renfort, la grande bande des ennemis, qui s'eftoit te-
nuëé à couuert dans les bois prés de là, dont le Marquis de Man-
toüe eftoit le conduéteur , fortit impetucufement à découuert,
pour donner fur le Roy. Mais ladite bande , qui eftoit de huit
cent Lances, fût rompuë par ledit Sieur de la Trimoüille ,auec trois
cent Lances qu'il auoit fous fa charge. Neantmoins la meflée fûc
grande, & y eût de grands coups donnez de part & d'autre. Mais,
ainfi que le Dieu des Batailles le voulut ,les ennemis furent deffaits
& tuez fur le champ, fors ceux qui peûrent s'enfuir. Car il y en
ROY DE FRANCE. >1$
eût vn fort orand nombre qui plus firent en ce iour de leurs
éperons & de leurs cheuaux, que de leurs mains & bâtons; &
partant le Roy demeura viétorieux, par le fecours & le bon fer-
uice dudit Sieur de la Trimoüille & des autres vaillans Princes, Ca-
pitaines, & gens de pied de France. |
Ce danger eftant paflé par cette triomphante Viétoire, le Roy
l’efpée au poing, & tout viétorieux & triomphateur de Ttalie, 4, de
retourna en {on Royaume de France, alors riche de paix & d'vne Guyenne. F.
abondance de tous biens. Admiraux
army les
Certain temps aprés, l'Eftat d’Admiral de Guyenne eftant venu À Officiers de
vacquer par-le trépas du fufdit Baftard Mathieu, de la. Maifon l« Couronne.
de Bourbon, le Sieur de la Trimoüille en fût pourueû ; & fic faire shoes
vne fort belle Nef appellée Le: Gabrielle, du nom de fon Epoufe *, 85. & 86.
se mit en pleine mer bien équipée , pour le feruice du Roy, & “LE Re à
u Royaumci à ‘ à AR
: RU contoit deux
. Et lors que le Roy Charles trauailloit à faire exercer luftice en en
fon Royaume, voulant oùyr deux fois la femaine * les plaintes . : Se
de fes Suiets, auant que pouuoir recompenfer ledit Sieur de la jes.
Trimoïille ( felon fes promeffes) des feruices qu’il luyÿ auoit faits, 744
& au bien public, il alla de vie à trépas au Chafteau d’AÆmboife le Vht.p.
sa jour d’Avrill'an mille quatre cent quatre-vingt-dix-{epe, :
felon la computation de Pari, où l'on commence * l'année à Paf_ 1 4 9 7.
ques ; & felon la computation Romaine, & d'Aquitaine, l'an mille Compuration
quatre cent quatre-vingt-dix-huit. Parce que les Romains com- #7"
Pagi3.41e
mencent l’année à Noël, & les Aquitaniens à la Noftre-Dame de 47. 74.109.
e . . A °
Mars. Ce bon Roy ne laiffa aucuns enfans de luy. Etfût fon “gs LIL, 141.
mis auec les autres Roys de France en l'Eglife de l'Abbäye Re
Sainét Denys en France. | | __ ‘d'Aquitai-
Le Seigneur de la Trimoäille fit grand detïil * du trépas du Roy
(harles [on Seigneur & maiftre, &-non fans raifon 4 car auecle cofps
il perdit l'efpoir de la recompenfe de fes labeurs, parce qu'il eftoit
decede fans enfans, & que Madame Anne de Bretagne fa veufue,
auoit toûiouts quelque foupconneux regard fur luy à l'occafion
de la guerre de Bretagne ; aufli que ve Louys Duc d'Orleans, |
qu'il auoit à ladite guerre pris prifonnier *, fuccedoit à la Cou- à Rss
ronne de France, comme le plus proche en ligne mafculine colla-® . b |
terale, par faute de la dire&e. Mais il aduint tout au contraire ,4 Lo.
de fon imagination; car ledit Duc d'Orleans, nommé Lowys XII, Louys XIL
incontinent après le decés d’iceluy Roy Charles , & auant fon À png
Couronnement , manda ledit Sieur de La Tnmoüille, & de fon pro- »cemis.
pre mouuement , fans aucune requefte ny pricre, le confirma en
tous fes Eftats, Offices, Penfions, & bienfaits; le priant luy effre
auf loyal qu'a fon predeceffeur Charles, auec promefle de meilleure‘
recompenfe. . | | hr
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1498.
* Pag. 113
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et GEORGII FL
We MEDIOLANENSIS IC.
DE EXPEDITIONE CAROLI VIII
in Neapolitanum Régnum,
LIBRI DVO.
sy dE NC1D1T manss in meas Georgij Flori Mediolanenfis & bello Ie.
% es de AL bico liber mans [oriptus anse amnos cention : quemr in publicum proferre is-
l'imprefion Jiun exifimaui; sum quia autorem ipfum debiro premio fraudare iniuflum :
Fr cé An pym quia noffros, @) rem ‘uniuer{am listerariam opere hoc fpoliare duxi ne-
M fas. Scripfit pro atate, indufriè , @r inquifitè, ff non eleganter, © cite,
… ‘Mulraincobona iudicia, multa libera, Etfi non ita fit Florus iffe multis floribus
ingenÿ preditus,multe tamen in co veritates, que ad Guicciardini cr aliorur
qui Gallicas pattes oppugnant , commente, € cauillationes confutandas opere
pretium forent bis qui hifloriam nofiram meditantur. Hunc qualemcumque
ad te mitto : rec fi mittere alio vellem, poffem : nec fe poffem , vellem. Ait
de Gallicis rebus, &Icalicis, grec. Diuioni, 1. Kalend. lanuar. M.DC.xT11,
LIBER PRIMVS.
y ALLIA omni pacatà, crebri à Ladowico
A Sfortia Oratores ad Carolum mictebantur,
1 qui otiofum & quierum Regem contra
A lfonfuns Aragoniæmn concitarent : quod
Neapolitanum regnum fucceffionis ture
| fibi debitum à patre atque auo is per
[vim diu occupatum poffi etet. Nam hi,
|A erfi longis itineribus diffitum eflet, fa-
TON TNT | cilè in eius ditianem poteftatémque ven-
Raïfons de
Louys Sfor-. |
CC pour per-
fuader le Roy
de faire lu:
guerre 4 Al-
phonfe d’A-
_ ragon: e
pour l'ani- : ZA] A NN =.
mer à la 608. NE ne RE
quêre du | TT RS Re
Royaume TE LN Eee
de dr ps turum edocebant, nec multo milite, aut maiore j 2 pen opus
| SEA effe : infenfos ob diram diuturnioris tyrannidis crudelitarem om.
| | | . nes
RTS TN RS
rennes 2 es cite 0 5 s h
ROY DE FRANCE É 117
nes regni Principes, quos populi virro fubfequerentur : finitimos, p; Exren.
fi qui cius partes amplexarentur » fidem non fcruaturos : quod
metu potiüs quâm gratià .& amicitià cum co focietateih au
fœdera coïuiflent : Ludouice , quod pro To. Galeacio ex fratre
nepote Imperium adminiftraret , Jongè latéque in Italia aucto-
ritatem fummam viréfque patcre ; cuius.ditionis fines ad He-
erufcos & Florencinos protenderentur : roc auxiliares .capias &
fubfidiarias ex bellicofiflima & audaci gente præfto comparätu-
rum quot expofceret;commearum , & quæ vlui forent militi af-
fatim fubminiftraturum : Longobardiam fertilem effe, & omni
pabulo & anñonâ vhique abundare : adefle Genuam maritimo &
cerreftri bello opportunam : Bononienfes ad radices Appennini,
CAROLI
VI I I. :N
NEar.REG.
& Ferrarienfes ad omnia iuffa non paruâ manu adfuturos : Sabau- |
dienfes, (etfi eorum Dux Ÿo. Carolus _ Amedeus in tutela Blanche,
raræ prudentiæ ac pudicitiæ matronæ, ob ætatem cffec) facilè ta-
men Regias partes fecuturos, liberôfque per anguftas Alpium fau-
ces aditus Gallico militi in Italiam permiffuros ; hofpitia quoque
benignè paraturos; modô tutas res pupilli, cuius effenc deditiflimi,
cognofcerent ; intercedere antiquas neceflitudines,& continua gen.
tis ob vicinitatem commercia : quibus idem ferè fermo,idem ha-
bitus & mores haberentur. Monsferratenfium & Saluciorum reau-
los nunquam à Regia voluntate diffenfuros : Venetos item, quod
longe ab omni itinere cæterôque regnicommercio diftarent, quid-
st in eum non moturos. Nec tanti eorum potentiam cefle
aciendam , quæ par Longobardorum viribus nullo modo effe pof-
fet, vr expeditionem, vel fi aliquid attentarent, omitteret. Cære-
ros Italiæ populos , quôd tum variis ftudiis contumeliz maximè
obnoxij agitarentur , in eius partes vlrro defcenfuros. Turpe effe
entem bellis affuetam , & continuis viétoriis claram otio torpef-
cere. Plerofque Reges & nationum Duces bellorum caufas ex in-
duftria quæritafle, non tam dilatandi Imperij fines gratià, quäm vt
lafciuientis miliis ignauiam excitarent Quanto honeftiüs is, cui
plus quäm iufta inferendi belli occafño pro recuperandis , quæ
per vim iniuftè occupata detinerentur ,poffet contra ablatum ho-
ftem, cuius certa & in manu effet victoria, arma mouere ? Contra
perditum & effeminatum hominem, nullius fidei, deorum religio-
nifque contemptorem bellum gerendum effe , cuius impietateiam
exinanitæ cflent regni vires, qui à fæuiflimo patte non degenera-
rct, qui cruentà cæde omnes ferè regni Proceres fuftuliffet , cutus
immanis crudelitas toto orbe decanraretur. Sanctiffimosélim Fran-
corum Reges in huiufmodi truculentos tyrannos , vtr mifcros po-
pulos tam dirè vexatos liberarent, vitro femper pra eorum innata
religionc arma mouïfle; nullam potiorem caufam belli gérendiin-
ueniri pofle exiftimantes, quam quæ eflet ad commtnem omnium
. bonorum conferuationem. Arbitraretur fibi pro honore, pro glo-
E e
ne nm Les Em. ne
= =
218 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
Ds Exvéo, ti, Pro religione , pro communi omnium commodo , nedum pro
Carozr vindicatione regni decertandum effe: cuius fertiliffima arua , opi-
és l : 1", micolles, ampliffima pafcua, fluuiorum amænitas, aëris faluberri-
‘ma temperies, vrbium elegantia, virorum erudita ingenia, mulie-
rum præftantior forma, quemcunque vel ignauum & defidem , vc
arma fumeret pro his recuperandis , maxime excitarent. Hæc &
multa huiufmodi, quibus animum Caroli in dies magis atque ma-
ois follicitarent, à Legatis adducebantur ; plerifque ex primoribus,
qui Regem in eam fententiam traherent , blandiri ; alios mune-
ribus capere, nonnullos pecuniä tentare. Tanto ftudio Zudouicus,
cui maxime formidolofa erat LA4lfonf ferocia, conabarur eum ex-
cerno terrore ab inftituto retrahere. Quippe qui iam diu explo-
ratum haberet ab eo contra fe clâm arma parari ; magnos exerci-
tus vndique contrahi; nouas in Italia focierates iniri, vt admini-
ftrationem rerum Ÿoanni Galeacio illius genero remittere cogeretur.
Quum enim ætatis iam adultæ is effet, ingeniôque promptiflimo,
ac præftanti animi & corporis virtute, cuius forma & mores magni
Principis auétoritatem præ fe ferrent, nec à patruo in principatum
reponeretur, fed tanquam priuatus ab omni Reipublicæ cura alie-
nus ætatem agerct, non poterant vxor , quæ magni eflet animi,
amici atque eius ftudiofi non ægrè ferre, quod Ludeuicus fub ve-
lamento narenmen eum Imperio ditionéque priuaret. Itaque
quod viribus impares eflent , nec tantum facinus apertè aggredi
auderent contra eum , qui non paruä iam potentià fe muniuerat,
Alfonfum in dies hi magis clàm follicitabant, vt genero quantis
offet copiis fuccurrere properaret, ne per fraudem regno , quod
Lo , nifi fubueniretur, amiffurus erat , tam ignauë fpoliaretur.
Hinc continuæ filiæ preces , querelæ & lacrymæ, qudd non regulo
aut principi nupta videretur , ” maritus, cui nulla in admi-
niftratione rerum auétoritas effet , perinde ac priuatus in tutela
ns tam grandis natu ignominiose degerer. Hinc amicorum ad-
ortationes, qui multa ad rem perpetrandam feorfum polliceren-
tur, modo maturaret; animum foceri impulerant vt omni conatu
generum expullo patruo in regno tucretur. Quod fine ingenti
exercitu fieri poffe non arbitrabatur. Nam Zudouicus qui à nepo-
Vfarpation ve ftabant paulatim fublatis , arcibüfque impofitis fuæ fationis
or nouis cuftodibus, præfetos magiftratufque, & qui in vrbibus in
fat du Du. Omni Mediolanenfi ditione , quos fbi fidos exiftimarec , ius di-
chéde Milan cerent fuo nomine creat, Senatores confcribit, qui exigerent ve-
Ge N'onu Ctigalia & rei præeffent , conftituit ; legationes folus
fufcipit : quos dubiæ fidei & noui alicuius confilij fufpeétos habe-
bat, interim quoquo modo tollere parat. Nihil publicè gereba-
tur quod non eius auétoritate fieret ; Toannis Galeacÿ nomen in di-
lomatis rantüm recipiebatur ; cui pauci admodum comites libi-
dinibus deditiadfiftebant, qui potius exploratores, quèm miniftri
ROY DE FRANCE. 219
erant. Hi omnia eius confilia & cogitationes patruo apericbantr: —
nihil præter quod animum cffeminaret , obicétabant. Quibus ar- Fa Panne
tibus iuuenilis animus à boni propofito facilè dimouebatur. Ita VILL 1e
ille quod iam diu affeétallet regnum ex:fententia adminiftrabac ; Nrar.nec.
hic per ignauiam atque focordiam ex mala confuetudine in otio
ætatem contercbat. Nam quadam velut oftentatione elatus Z#do-
sicus quafi fuo duétu fuâque virtute ac prudentiâ res Mediolanen-
{es aliquot annos in tanta rerum conflitione fatis profperè fuc
cefliffenc, ed fuperbiæ & arrogantiæ progrediebatur , vt qui anrè
mercenariam adminiftrationem longâ prece fibi procuraflet, &
fub alterius nutu & aufpiciis victitaffet , pari iure fe accipi in re-
gni partem non pateretur, pr cedendum efle non arbitrabatur
nepoti ex fratre, qui natus eflet antequam pater cam dignitatem
aut imperium obtineret. Sibi ex iure primogenituræ eum Duca- Raiféns alle-
cum pertinere, quod primus ex patre Duce progenicus fuiffet, clèm Det parL Ve
interim oftentabat. Iraque quum iam videret diuerfa populorum par
ftudia, quibus cognituseffet eius animus, preter externos appara-
eus ,in vrbibus ob fufpicionem paulatim excicari , qui taciti vel
leuem motum expecarent, vel quantulacunque accelerata auxilia,
vt ab adminiftratione deponeretur ; etfi plerofque ex potentiori-
bus multa pollicendo & largiendo in partes fuas attraxerat , arcéf-
ue muniuerat : domefticis tamen vinbus tot turbinum motus {u-
flinere poffe diffus: nihil fibi magisconducere exiftimabar, quàm
Gallicam potentiam, fine qua, quum omnia ei in Icalia fufpecta
cffent , tutus in imperio tunc efle non pollet , hofti obiectare.
Ita enim externis armis A4lfonff conatus reprimi pole arbitrabatur.
Nibhiligitur pretermictere , quod animum Regis impellere maximè
videretur. Magnum auri pondus pro militari viatico defponde-
re, ingentem & validam claffem ad tantum bellum neceffariam
ex omni mari Liguftico colle“tam polliceri. Nouas legationes ad Piufeurs
diuerfos diuerfarum regionum Principes fufcipere, cum quibus vel -4f4des
focietas coëunda, vel fœdus percutiendum pro tempore effet : ve- Lille
cuftiflimas tabulas tunc Genuæ repertas oftentare ; quibus conti- voyage de
nerctur, Neapolitanum regnum Francorum Regibus [uccefforio iure de- FE Mon
beri. Plerofque ex regni primoribus, quos <4lfonfo infen{os , aut
nouarum rerum fludiofes cffe fcicbat , magnis pollicitationibus
{ollicitatos acciuerat, qui Regem fupplices adirent , coleratam diu
ac perpeffam fub tyrannis ri & calamitofam fortunam col-
Jachrimantes; fe & fua, fi in immanem tyrannum arma moueret,
fponte offerrent: pecunias pretereà quantas poteft congerit ; om-
nes naues & triremes, quibus Genuenfes vitro citroque mercibus
vierentur, Genuæ colleétas conducit, omnia expromiffa accuratè
expedir. Et iam rumor percrebuerat Regem breui cum ingenti
exercitu in Jtaliam defcenfurum , atque in _Alfonfum verrà mari-
que duturum. Accelerandum enim Ludouicus effe arbitrabatur,
| | | | Ee ij
De Exrep.
CAROLI
VIIL 1x
NEaAr.REG.
220 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
& interim famâ perterrendum hoftem , ne antequèäm Carolus cum
copiis defcendiffet, noui 2 motus in Italia contra fe cxcitaren-
tur ,quinon ita facile eius aduentu reprimi poffe videbantur, nifi fe
prius imperio abdicaffer: quippe quod fufpicaretur optimum Re-
gem , {fi cum nepote in apertum certamen ( quôd als futurum
erat } de fumma rerum defcendiffet , illius partes potiuis, quim
fuas fponte fufcepturum : fiue quod ei arétä neceflirudine deuin--
us effet & æqualis; fiue quôd ita benigno diceretur animo, qui
neminem per fraudem regno ciici pateretur. Addebar iraque 4/
fonfnm huius rei famâ perculfum non paruas copias citra Appenni-
num in agrum Ferrarienfem fub Ferdinando filio iam tranfportaf-
fe; quæ iter accelerarent ad occludendos Alpium aditus, nifi ob-
uiaretur; vt potius extra regni fines belli fortuna ii fi-
ue quôd fuis parum fideret ; fiue quod id ahienà ditione commo-
diùs geri pofle arbitraretur. Se hactenus Jo. Galeacium nepotem in
partes fuas continuiffe; vereri, fi differatur , ne prece vxoris, vreft
natura iuuenum facilis, à propofito dimoueatur ; ceteréfque Italiæ
principes, aut fpe,aut metu in partes fuas trahac : effe ad eam rem
conficiendam deftinatos ad fingulos legatos. Viderer ne cunéta-
tione irriti apparatus fierent. Conftantem iam efle in omni terra
Italiæ famam de eius in TN capolitanum regnum 2. Quæ fi
omitteretur , non fine ignominia id fieri poffe : fi fufcipienda ef:
fer , accelerandum efle : ne interceflione cemporis vires hoftium
augeri poflent. Omnia Mediolani & Genux parata pro co cie;
modo in Italiam defcendere feftinaret. His aut fimihbus Carolus
commotus , etfi conftituerat bellum aduerfus + 4lfonfum mouere,
ne animo inferior maioribus fuis videretur, nifi recuperato regno
fines imperij ad extremas Italiæ oras protraheret : confilio tamen
primorum totius Galliæ conuocato , fententias exquirere cœæpit: ve
quod communibus aufpiciis gerendum effet , omnium fententiis
comprobaretur. Quo in confilio quum multa in vtramque parrcem
adducerent ; vicit tandein ea pars quæ expeditionem in _4lfonfum
parandam effe cenfebat. Non enim omittendam tam opportunam
belli gerendi oblatam occafionem aiebant ; tum maximè quum
omnia in Gallia quieta eflent. Non effe rot duces, tot milites, qui
hactenus in bellis verfati fuiffenc, deliciis & ignauiâ abfumendos.
Aliquid deeffe tot viétoriis, fi reliquam ætatem in otio volupta-
tibus dediti contererent. Non parua efle , quæ à Ludouico Sfortie
offerri dicerentur ; qui veluti clauftra Italiæ adeuntibus patefacere
poffet. Licere quæ per vim ab hofte occupata detinerentur, vi &
armis recuperare. Id fepè fuperiores Reges attentaffe : fed vel do-
mefticis difcordiis , aut finitimorum vexationibus diftractos ; aut
corum qui regnum tenerent , blanditiis delinitos rem imperfeétam
reliquiffe. Nullam iuftiorem belli indicendi caufam inueniri pof-
fe, quèm quæ non pro dilatandis imperi; finibus cupidine domi-
ROY DE FRANCE. 221
nandi, fed quæ pro-recuperandis à graflatore ablatis excitarer. Non D: Exreo.
referre quod. tanto locorum. interuallo à finibus Galliæ diftaret ru
Neapohtanum regnum, in extxemis Italiæ collocatum : quum in Nrup. .
co plures finc ex Gallia oriundi principes , & non paruæ vhique
nobilium familiæ ; quibus gratius accidere poffet nihil,quäm ad-
uéntus Gallici exercitüs : quo velut à parente expulsâ tyrannide in
mar libertatem refticucrentur. Em verd eùm fenferint Gal-
icas copias Alpes tranfcendifle, ita omnes regnicolas ab © 4lfonfo
vitro defeuros, vt cogatur ante carum aduentum reliéto regno
fugam parare. Domefticis armis , non externis aur Gallicis bellum
conficiendum. St Alpium. accolx , fi Longobardi , fi Genuenfes,
wc ferebatur, à Regc ftarenct, ceteros Italiæ populos nonrepugna-
turos , quin terra marique oppugmari poffet Alfonfus. Nec tanti ef-
fe Hetrufcoram & fummi Pontificis porentiam ; vt tantillüm tan-
cos exercitus remorari poffent : qui ctim fenferint fe aliqua ex par-
te vrocri, ne altenâ causâ iacturam faciant,, illico cedent; fuffque
ipfi, & non alienis rebus confulere feftinabuant. ne liberos adi-
tus aut vi, aut gratià facilè reli@uros. Qui ex Gallia exercitus in
Italiam defcendiffent aliàs, paru etiam manu, femper primo im-
petu victores fuiffe. Quod fi pofteà proftrati aut deleti fuiflent,
id incurià ducum , aut corum quibus credidiffent , accidiffe; non
adfuifle ipfos Reges; non quorum res gerebatur : fed condu&i-
tios imperatores , quorum difcordia tes attriuiffet. Hoc Alexan-
drinam cladem , & apud Genuam, & in Sicilia acceptam demon-
ftrare. Meminiffent Gallicum equiratum tanti roboris efle ,tantà-
que ceteris virtute preftare, ve nulli vnquam ceflerit : pediratum
nunc adeffe vbique robufiffimum. Quis melior iaculo & gladio,
Uafcone ? baliftis , Vocontia ?arcu & bipenni, Normano ? framei &
fcorpionibus , Helgetio® Non fcribendas effe nouas legiones : om-
nes veteranas laborum patientiffimas , belli fcientiffimas integras
effe (paucos proximis bellis defideratos ) quæ numerofiflimum
& validifimum quemque exercitum profligare , aut atterere pof-
fent : quæ fuperioribus victoriis , glorià & honore accenfæ , alias
fuperaddere fummo ftudio efflagitarent. Non effe interim tempus
fruftrà contentionibus a 4 : fed properandum dum om-
nia bello neceflaria, & occañio & vires ,. & otium , ac rerum co-
pia vhertim __ His Principum animi accenfi in fen-
rentiam Regis frequentes defcendere, ve in - 4lfon/am duceretur :
etfi plerique à fuis vrbibus ad id mifh oratores difluadere cona-
bantur. luffic itaque Carolus omnes duces milites fuos à ftationi-
bus educere, in armis paratos habere, ac Italiam verfus agmina-
tim viam ingredi: pedites ex Vafconibus, Normanis, Attrebati-
bus,ac Heluetiis À: multa millia confcripti. Ceteri neceffarij ad
tantam .expeditionem apparatus. in dies maiore çurâ acceleraban-
tur. Mifh interim legati ad Ferdinandum Aragonium Regem , &
Ec ii] |
222 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
Dr Exern, item ad Henricum Anglorum Regem feptimum , ad ceterôfque fi-
SaRozt nitimos Principes, cum quibus vel sa js fœdera firmarent, vel
dé ap, Rec, NOUa percuterent : ne aliqui, dum a
cum maiore parte copiarum proficifcitur , eius fines defenfore ac
*p.parm Prefidiis fuis fpoliatos ingredi tentarent. Hifpano Regi Raffilio*
lesPreuucs, cum Parpiniaco refticuitur, fiue quod ita (vt rumor erat) Ludoui-
cus pater Carolo moriens mandauerat , fiue quôd eo munere fibi
Ferdinandum aduerfus _4lfonfum conciliare pofle Carolus maximè
confidebat. Sabaudienfes vt Regij exercitus per corum fines tranfi-
rent liberè permifere ; modo + iniuriis fubditorum. & malefñciis
abftinerent. Eleé&ti magnæ äuétoriratis viri, qui tranfeuntibus co-
piis loca partirentur, vt commodius hofpitari, poffent , & com-
meatu vbique abundarent. Legionibus itaque ex omnibus hyber-
* CefPier. NS ad fines Lugdunenfium aduocatis , Carolws ed profeus eft,
re v. pag. 98. ibique exercitum luftrauit ; Zoanmem * Borboniorum Ducem foro-
. En rium toti Galliæ prefecit, Ludonicum * Aurelianenfium item Du-
quiefhit CEM CUM quingentis catafractis militibus, mille fagictariis equiti-
_ morrdés l'an bus, decem millibus peditum , qui clafle Genuæ parata impone-
us #7 rentur, premifit. Ceteræ copiæ cum tormentis & munitionibus,
* Pag.98.99. quum Âlpes tranfcendiffent , ipfe tantum itineris faciebat , quan-
S191 tum fatis effe ad mutationem locorum propter falubritatem exi-
ftimabat. Vbi vero Taurini de eius aduentu renunciatum eft , ali-
quot è primoribus Patrum à Blancha defignantur, qui Carolum Al-
pibus appropinquantem magnificè & lautè in omnibus oppidis &
caftellis exciperent , T aurinémque deducerent : inter quos Sebafhia-
nus Ferrerius queftorum prefeétus non paruæ ex Sub-alpinis pro-
ceribus potentiæ, & apud Blancham auctoritatis, cuius confilio &
prudentiâ res pupilli plurimum adminiftrabantur, principatum
* pag 101. Obtinebat. Exceptus eft (aroli aduentus* ab omnibus oppidanis
146. & ciuibus increibili honore qe obferuantiâ. Quo enim pri-
| müm aduentare nuntiabatur, nihil relinquebatur quod ad orna-
tum portarum , itinerum , ocorämque omnium, qua is tranfitu-
rus erat, excogitari poflet : cum liberis omnis ferè multitudo ob-
uiam procedebat. T'anta erat vifendi Regem apud omnes cupidi-
tas , apud potentiores excipiendi cultus & magnificentia. Quum
omnes Alpinas & fubmantanas regiones co honore atque amorce
* Suinanr La Carolas percurriffet iuftis itineribus , ad Eee Auguftum an-
fappuation NO CCCCXC1I111 à Natiuitate * Saluacoris fupra millefimum
bre Ml Affam* peruenit. Ibi Ferrarienfium Dux & Ludouicus Sfortia cum
ce, oxlan- plerifque aliis Icaliæ regulis ei preftà obuiam adfuêre. Intereà Lu-
néenecom douicus Aurelianenfium Dux,quem Genuz clafhi prepofitum di-
mr ne ximus , per exploratores & nuntios certior fa@tus cos pedites, qui
ques, +. in agro Pifano fcripti erant, Neapolitanam claffem, quæ apud
PES. Liburnum iam diu nihil mouerat , iam confcendifle , ftatim con-
* Pag.114. , | | css
& A iectari cœpit eam contra fe parari : quum fatis conftaret duces
1494.
remotam expeditionem
ROY DE FRANCE. 223
Genuenfes efle, & iampridem Orientalem oram clàm follicitaffe, D: Exezo.
ve corum partes fequeretur. Is itaque intentiüs vigilare , hoftium er ae
confilia per exploratores frequentius perfcrutari, omnia per cam + re
oram prefidia augere, tela mittere, munitionibus ac omni com-
meatu oppida & caftella firmare , in vrbe quoque circa littus ex
cubias difponere:non quôd vis aliqua aperta timeretur ; fed vt ab
infidiis omnia tuta effent. Militem è ftationibus ad fe vocatum
in armis pro vrbe cffe iubet ; ac nautas claffem ftrutam paratäm-
que habere , vt hoftem terrâ marique fi moueret, aggredi poffent.
Dum hæc Genuæ à Ludouico gererentur pararentürque, per ignes
ex promontoriis depofitos figna edita claffem aduentare, môxque
precipites per difpolitos equos nuntij retulere eam in finum Ra-
palli iam déclinafl : quod vicus ille prefidio foannis Ludouici Flifii
munitus folum teneretur , cuius frater Zbletus « Alfonfi claffem du-
Ctitabat. Ibi expofitis omnibus in terram copiis , quietis accolis,
quafi nihil tale timerent , fiue quod Jbleti auétoritate & prefentià
deterriti portas occludere non auderent ,incra oppidum duces cum
omni exercitu fe receperunt; idque communire fummo ftudio co-
nabantur. Inde paruis lembulis ad explorandum (vt creditum eft)
Rechum vfque procefferunt : vbi Ecultrà centatis, qui fuæ fattio-
nis crant, vt arma caperent, iterum Rapallum redierunt. Clafhs in
alcum fe recepit. Intereà Genux nec magno tumultu paratä claf-
fe , & militibus arma expedire iuflis Ludowicus poftero die in ho-
ftem terrà marique ducere conftituit; ne cemporis cunctatione po-
pularium animi ad aliquem cumultum à É&iofis incitarentur.
Oauo igicur Idus Septembris in ipfo crepufculo figna canere, &
claffem vela dare fauentibus ventis , leniter tamen flantibus, iubet.
Terreftre agmen paulo poft incedere. Clafh præeratipfe Dux Au-
relianenfium 4ntonius Maria Sanfeuerinas cum terreftribus copiis,
& fo. Adurnius haud procul ab hofte eadem die apud Rechum
confederunt. Claflis cardius proceflit: vtr ægrè leuibus ventis po-
ftero die onerariæ naues in finum Rapalli penetrare potuerint. Nea-
politana claflis, que nufquam poftei confpeéta , eà die in confpe-
étu erat , vr ægrè ferret ftomachareturque Ludouicus , quod eam
tam propinquam ob maris malaciam & ventorum,imô auræ po-
tius lenicatem infequi non poffer. Interim qui Rapalli erant molem
veriti intra vicum , quem fofsà clauftrifque cinxerant, fe contine-
banc, ve cum hofte eruptione fa&ä congredi, & intra munimen-
ta, fi vis aliqua inferretur , fefe tueri poffent. Erat natalis Marix
Virginis, & dies ibat in nodtem, cüm ©Alfon/iani milite ex oppi- Le 8. se-
do erumpentes Ludouici verreftres copias appropinquantes fublaro dép
ingenti clamore inuadunt. His Helueriorum cohors paulatim oc- né
currit ,quæ prelio centato ad primum certamen aliquantulum re-
pulfa, maiore pofteà impetu in hoftem immiffa prelium acrius com-
mifit. Claflis Regia interim quäm maxime potuit ,ad littus appli-
Des Expreo.
CAROLI
VIIL 1x
NEAPr.REG.
Combat de
Rapaille é
victoire de
Louys Duc
d'Orle ans,
V. pag. 190.
114. @ 198.
114 HISTOIRE DE CHARLES VIII
cuit;vtex nauibusin terram acinhoftestormenta excuteret.Et à ter-
goiamaduentabat Ÿo. Ludouicus Flifcus cum peditibus circiter quin-
gentis: fuftinuere impetum Ælphonfieni impigrè, &diutius fuftinuif
fent, nifi repentè fuborta crepidatio effet, ne vndique circumueni-
rentur. Quum enim claffem littori inftare, & ceteras copias veluri
expanfis alis circumfundi intuerentur , omiflo prelio ad fugam
verfi, fefe pars ad proximos montes, pars in fyluas prçcipiti Pigè
receperunt : In eo prelio, quod & fuga & nox diremit,ex hoftibus
circiter quingenti cecidère, multis vulneratis, pluribus captis , in-
ter quos Fregofinus & Rolandius Fregofins, & item falhus Urfinus :
hic ad To. Ludouicum , li ad Aurelianenfium Ducem deduéti ma-
ono honore habiti ; adeo vt non RE Va. {ed hofpites viderentur.
fbletus cum plerifque aliis belli ducibus per fugam elapfus , in He-
cruriam ad reliquas Alfonfi copias proficifcitur. Quæ cüm intelle-
xiflent iam amiffam claflem , & maritimos exercitus profligatos,
omniaque in Hetrufcis metu acterrore tantæ cladis concuffa Fo”
aefle, ad fuam regniquetuitionem acceleratis agminibusfe recipe-
re contendunt. Poltridie cumilluxiffet, qui in fyluis fe abdiderant,
conquifiti, ad vnum inuenti fpoliari ; preterea inuiolati dimiffi funt :
vicum nemine repugnante ingrefh Heluetij quafi hoftium effer , di-
ripucrunt. Quod non paruum Genuæ tumultum concitauit. Nam
cum Heluetij ingentem predam in oculis Genuenfium , tanquam
iure belli captam, in vrbem referrent , tanta repenté indignatio
circa littus & in portu orta eft, (quod iniquo animo ferrent ami-
cos & focios belli fpoliari } vt qui primi circumfteterant, fpolia
eripere, & reluétantibus vim inferre cœperint. Ad eum itaque tu-
mulcum cum magnus hominum concurfus vndique fieret, in vul-
gufque ibidem editæz voces effent , Heluetios trucidare Genuenfes,
20e 7 0 ad arima conclamatum eft, claufæ vhique tabernx totà
paffim vrbe, Heluetij rerum ignari, qui diforegatim defcenderant,
aut in vrbem redierant, canquam hoftes crucidabantur ; plerique
in ranto populari furore ab optimis ciuibus quoquomodo erepti
occultabantur. Intereà qui ex Rapallo agminatim redibant, cogni-
to Genuæ in fuos excitato tumultu, acceptis ftatim armisinftru@ti
ad figna quifque fua fefe recipiunt , in vrbem acies conuertunt,
vt fuis fuccurrerent,& impiè occiforum necem vlcifcerentur. Sed
accepto à Ludouico nuntio, quem paruo lembo, faétus certior de
corumin Genuenfes animo, confeftim præmiferat; ne vlteriüs pro-
grederentur , fedatôque Genuæ per eos qui præerant, cumultu ;
quum plebem arma mes coëgiffent, non longe à Gensa duo-
bus millibus paffuum confedere , ibique velut caftra poluere, do-
nec renunciatum cft omnia Genuæ quieta cfle : Ducem Aurclia-
nenfium in vrbem magno procerum & ciuium comitatu ex claf-
fe , domimque hononificè deduétum. Nam eà die claflis tota fu-
pra portum in ancoris ftetit; quod Lwdouicus feditionis caufam
igno-
ROY DE FRANCE. 225$
jgnoraret , nollerque militem in amicos & belli focios emittere,
ae certior faus effet, quo confilio id Genuenfes attentaflent.
Et ob id terreftres Heluetiorum copias, ve fupra demonftranimus,
in Genuam mouentes, fuperfiftere iuflit. Qui tumultus caufa fue-
rant , poftridie quàam ZLudouicus Vrbem ingreflus eft , de duobus
tantum fupplicium ceptum : ceteri clementiâ dimiffi. Non abs re
effe , imô operæ pretium me faurum exiftimaui , fi paucis hoc
loca recenfuero quæ & quot in portu & extra Genux in ancoris
pro Reve naues eflent. Tanta enim & tam valida claflis fuit, quan-
tam maiorum noftrorum nulla ætas vidit vnquam. Condu&xz
crant ancrariæ naues duodecim,& pergrandes quidem conftitutis
in cis equitiis ac prefepibus , _ equos MDXCVI acciperent:
minores naucs , quæ barchæ vulgo appellantur, xx111,in qui-
bus equi DLXx imponi commodè poterant. Galeoni (ita vulous
appellat) xv11 quibus vehi poterant equi Dcxx. Minora naui-
gla DLXXX cquorum capacia , triremis oncraria cquos centum
captura ; agiles triremes x X X, inter quas Regia vna maior aliquan-
tüm, miro profeéto ingenio ædificata, & Regio ornatu compofi-
ta : Totam claffem, quam item confcenfura erant ad decem pedi-
tum millia, preter eos equites, quos recenfuimus, Cxxv1 naui-
bus conftaffe comperimus ; vt fi iunéta fuiffer , cuique vel magnz
clafñi formidolofa cffe facilè potuerit. Intereà {arolus certior fattus
de fuorum ad Rapallum victoria , ac _A4lfonfians claffis fuga ,rumul-
tüque Gense fuborto, ac repentée fedato;etfi conftirucrat omnem
exercitum terrà Neapolim deducere ; optimum tamen ratus f1 claf-
fis Genuæ inftrua contineretur , ne ab alio interim in fe condu-
ci poffet : magiftris ac duétoribus nauium efflagitantibus miflio-
nem aut abeundi commeatum, facere recufauit. Itaque perfolutis
in duos menfes futuros ftipendiis folidam claflem preter vnam
tantüm onerariam, quæ ex Siciliæ recèns fuperuenerat ; exaggeratis
multorum dierum precibus diucétandis ex negotiatione mercimo-
niis permiffam ; Genuz interim hyemare iufht. Et iam verebarur
nein fe ex Hifhanis aliqua claflis pararetur , quod crebri rumores
fpargerentur Hifpanum ab © A4lexandro PI. Pontifice follicitatum,
in Pl non permanfurum : Cui accedebat , quod ex antiqua &
Reoum illuftri Hifpaniæ Aragonia familia - #lfonfus originem tra-
heret. Exercitum igitur citatis agminibus per Herruriam accelc-
rare iubet, vt regnum, priufquam noui aliqui in fe apparatus fic-
rent, recuperare poffer. Ipfe cum Pretorianis militibus ac proce-
ribus Papiam* ad To. Galeacium , qui cunc aduersä valetudine , quä
intabefcente paucis diebus poft deceflit *, grauiter laborabat (ita
crat humaniflimus) diuertit : cimque is quererctut ac ægrè ferrer,
quôd non fatis officio fuo facere potuiffet, quum obuiam proprer
morbum non prodiiffer ,nec aliquid de more, quod omnia penes
patruum effent , obruliflet : fe ramen & libexos quaf _———
| F
DE ÉxPep,
CAROLI
VIIL 1N
NEAP. REG,
Grande Ar2
mée nauale
dn Roy.
* Pag. it
101.
* Ibid,
DE Exreo.
CAROLI
VIII. 1N
NEAP.REG.
* Pag. ITS.
cd” 201.
* P.116. 155.
101.
r
* Pag.117.
CO 103.
* Ibid.
® P.116, 165.
* P. 119,204.
é 212.
216 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
offerret: hortatus vt bono effet animo, curarétque valetudinem,
pollicendo eius & filiorum rationem in regreflu fe habiturum, tor-
que, quem humeris magni auri ponderis geftabat , eum alacriter
donauit. Inde Platentiam* profectus cft. Interim qui primos or-
dines ducebant, cüm iuga Apennini cum maiore parte 7
iam tranfcendiflenc, optimum rati fi ance aduentum Caroli, que-
dam caftella, quæ à Florentinis erant in finibus Genuenfium , ar-
te, loco, munitionibus fatis firma, reciperentur, aut quoquo mo-
do vi expugnarentur , ad eorum oppugnationem fummo ftudio
conatüque contendunt. Et Florentinum, fi his locis amoucretur,
quod Lucenfes intercederent facilè ceffurum arbitrabantur, nihil-
ue obftare quin liber per omnem Hetruriam aditus pateret. Sar-
raxana* iraque & Sarrazanellum, quæ arces primæ in finibus ho-
ftium occurrerant, quibus Perrus Medices cum valido prefidio prç-
erat, cum crebris tormentis quaterentur ; fiue quod Petrus aduer-
fam pationum Florentiæ factionem , quæ tunc magis poterat,
manu Revgià fe pole opprimere arbitrabatur ; fiue quoôd tanti exer-
citus molem fine fubfidio diutius fuftinere poffe difdebat, dedi-
tione faà à noftris recipiuntur. Idem qui in Petra-fantta* , & ad
ortum Liburni infra Lunam in prefidiis erant , fecere. Pifani* fe
item Carolo dedidere ; qui libertati pofteà reftituti, nulla vi à Flo-
rentinis fubigi vnquam potuerunt. His rebus perterriti Floren-
tinilegatos ad Carolum, quiiam Pontremulum * defcenderat, fui pur-
andi gratià mifere, qui dicerent fe contra eum arma non fum-
En Alfonfi partes fequerentur, fed vt ab incurfionibus mi- .
, |
tum omnia tuta forent ; nec in animo habere ei velle quoquo
modo aditus occludere; quos liberos Alfonfianis militibus reliquif-
fent. Se obfides, fi dubitaret, daturos, & imperata omnia vitro
facturos ; rogarce {olum & obteftari vt militem ab iniuriis & ma-
leficio contineret. His Carolus , etfi animaduertebat vnos ex om
nibus Florentinos effe, qui nihil earum rerum facerent, quas pol-
licerentur , nifi coai, quôd metu potius quèm gratià talia he.
tarent : refpondit tamen , ed fibi minus dubitationis dari , quod
cas res, quas offerrent fponte faéturos prorfus confiderer. Se au-
tem in Italiam defcendiffe, non vt quempiam iniurià afficeret , fed
vt Neapolitanum regnum fibi debitum ab hoftili manu vindica-
rec : qui reluétari conarentur , quum maximos & firmiflimos in
armis fecum haberet exercitus, inultos non reliéturum. Itaque fi
militi commeatum fuppeditarent, fi liberos aditus permitterent,
nihil obftare quin tuti domieffe poffent. Se tamen cum omni exer-
citu velle Florentiam ingredi* ne aliqui in tam populofa vrbe tu-
multus fierenc. Dimiflis his conditionibus Florentinorum legatis,
Ludouicus Sfortis amicorum litteris à precipiti nuntio certior fa-
tus, foannem Galeacium, quem valetudinarium in difceffu Caroli
ex Papia reliétum docuimus, non fine ipfus Ludouici ob fufpicio-
ROY DE FRANCE. 127
nem propinati veneni* vtr rumor erat, ingenti infamià, vità fun- De Exres.
é&tum ad fuperos concefliffe, impetratà à Rege miflione cum pau- pe -
cis fuorum (ceveris fe fequi iuflis ) per difpoitos equos Aediola- Near. rec.
num quèm ocyflimè poteft reuercitur. Nam cüm aliquot equitum * P«: us
auxiliaribus turmis Carolum {ubfequebatur, vt in regnum, fi iube-
ct, proficifceretur. Hediolani igiturin aduentu Ludonic inauditum
fpectaculum. Nam dum ÿoannis Galeaciÿ funus non fatis folemni
pompà cffercur , Ludouicus attalicis & oftro in fignis per medias ci-
uium turmas in Ædem maiorem, vbi aderat iam tumulandum ca
dauer, deduétus à primoribus, conuocatä concione Dax confalu-
tatur: vt hinc mæœroris & luétûs , hinc Ictitiæ & gaudij omnia ple.
na effent. Variæ tamen in vulgus querimoniæ iatabantur, que Caleas
indignitatem rei plane teftarentur : quod nepotem ex fratre ve- Duc de M4
neno fuftuliffet : quod filium eius pupillum tam impiè per fcelus /#* empoi-
Imperio priuaret : quod optimum Regem & credulum in Italiam Ludo fes
traxiflet fuis delinimentis , non vt regnum adipifceretur , fed ve oncle l'an
circumuentus detineretur ; vel cum omni exercicu deleretur. Pru- ee
denter Regem facere fi omifsä in regnum expeditione in eum cum AS
omni exercitu rediret, eimque vi ditione priuaret, quam per frau-
des nepoti eripuiffet. Alij diras clim imprecabantur ; nonnulli
calamitatem , quâ pofteà affiQus eft *, apertè ominabantur : aded * pag. 198.
ve qui eum fequebantur fatellites malediétis popularium concitati
alios cederent ;alios terrore & minis concuterent. His artibus rerum
poritus Ludonicus Sfortis fummo ftudio conabatur vt popularium
animos; qui fibi alienati viderentur, aliquâ fimulrate reconciliaret ;
aut terrore & metu reprimeret. Nam conuocatä concione , alios
blande appcllare , aliis priuilegia & immunitates polliceri, nonnul-
lis facerdotia & magiftratus, quofdam minis deterrere. Sparfus fta-
tim rumor non tam fuâ fponte, quim auétoritate & fuafu Sena-
tus & Procerum Ludouicum Ducem creatum efle, quod tali viro,
magnæ auctoritatis , fummeque prudentiæ & rari confilij eâ tem-
pcftate , quà omnis ferè Italia externis armis concuteretur , non
pupillis aut tutoribus, qui nullam rerum experientiam callerent, aut
animo imbecilles reluétancibus facilè cederent,opus effet. Res in
maximo difcrimine verfari, quod à Carolo Rege Ludouicus Aurelia-
nenfium Dux magni animi fumméque us vir , qui jam
diu ad Mediolanenfium Imperium afpiraret , _4fle in prefidiis * *Pag:1or.
non cum parua manu reliétus effet : qui maiores copias in dies |
contraheret , eo confilio , vt re ad IN eapolim à Carolo benè geftä,
ipfe cum expeditis militibus Mediolanenfium fines inuaderet. Hec,
ecfi plerifque verifimilia videbantur, non tamen popularium odia
in Ludouicum concitata extinguebant; fed magis atque magis ex-
citabant; ve cuiufuis externi iuflis parere mallent quim Ludouico :
fed metu & cerrore taciri rerum euentum expcétabanc. Et iam vn-
dique ex finitimis fuppofitis vrbibus legati Aediolanum nn” :
Ff ij
228 HISTOIRE DE CHARLES. VIIL
. tur, qui Ludonicum ducem confalutarent ; nouo regulo ; etfl non
Caroz: fponte,congratularentur. Soli Papienfes, quod in eius aka iurare
VIIL IN diucids reluétarentur ,antiquum morem & priuilegia adducentes,
do quibus naui Principes creati ad cos, vt publicam fidem reciperent,
roficifci cenerentur: caufantes preterea id præter iufiurandum Je.
Moyens que aleacio & hærcdibus iamdiu interpofñitum feri non pofle ,ingen-
sis fi pecuni mulétati funt. Ipfe interim nihil pretermittere quod ad
maintenir tutelam eccupati Imperij pertinere arbitraretur : cum finitimis po-
dans Pofér- bulis & Principibus noua fœdera percutere : maiores exerciruscon-
PS s fcribere ; caftella omnia & oppida prefidiis commeatu ac muni-
Milan, tianibus augerc: mifli ad Afaximiliansm leoati, quiin eius aa fuo
_Inueftiture nomine jurarent , à quo /nuefhturam (quam appellant } Ducarüs
de ce Ducs, ingenti pecunià mercarentur. Nullo enim iure à patre atque fra-
dre cre ; fed vi atque armis occupatum Imperium fibi Imperiali auéto.
Ludouic f ritate ac ne perpetuo firmatum iri exiftimabat. Itaque Ma-
fairappelle *imiliani decreto Archidax appellatus, co fuperbix atque arrogantiæ
Archiduc. proceflit, ve omnia in dies mifcere ac perturbare audacius conare-
| tur. Nam Genuenfes monet vtlegatos ad Carolum mittant , qui Sar-
* paor2os. axanam* ,cæteräquecaftella, quæ anteà Genuenfium ditionis fuif-
fenc,repetant. Ipfe etiam per oratores à Carolo, qui iam tum Fh-
*Pag-tot. rentiam” tencbat, (nam cam vrbem dirutis, qua incedendum erar,
7404 mœnibus cum omnibus copiis inftruétä acie ingreffus erat) fe re-
rum Pifanarum ac Florentinarum adminiftrationi præfici expofce-
bat. Quæ vbi à Rege obftinate fibi denegari animaduertit ; (no-
lebat enim Carolus quempiam fuo iure fine cognitione priuare,
nec par efle videbatur vt Florentinos, qui facile cefliffent, alterius
poteftari furomitterec';) ftarim omnes Italiæ Principes in Carolum
coñcitare cœpit , inquiens quôd in Italiam defcendiffet , ve eam
omnem libidine dominandi fubigeret, ac tributariam fibi faceret,
aut depopularerur & funditus eucrteret, nedum Neapolitanum re-
gnum recuperaret. Hoc fuo periculo deprehendiffe , ac explora-
cum habere quäm auida gens effet imperi} ; cuius causà nullum ius
feruaret. Sibi & Genuenfibus , qui omnia pra militari viatico ac
auxiliares copias haétenus abundè fubminiftraffenc, clauftra Italiæ
aduenienti-tertà marique aperuiffent , clafflem inftructam iamdiu
sr cum maxima totius Réiblee iaétura pro co in portu continuif-
à s. {ent , datam fidem non fcruaffe : imÔ caftella pleraque & oppida
tre le Roy, Vi, aut dobo capta dixipuiffe ; nonnulla etiam munitionibus im-
Pr præfentiarum re mes datam pecuniam abiurare. : non
vt focios, aut amicos ; fed pro feruis ac deditiiis habere. Id efle
confilium Caroli, ve quos coniunétos fuperare poffe difhderet, hos
omnes in varias ac diuerfas partes , contrariäque ftudia diftra&os
faciliüs opprimeret. Iam paratum efle iugum , quo Italia omnis
fummitteretur, nifi ftatim totis viribus occurrerent. Se voluiffe in
regrum cum omnibus copiis traducere , vt omni præfidio fpolia-
ROY DE FRANCE, | 129
tm Mcdiolanenfium Imperium Aurelianenfium Dux à trgo re- Ds Exreo.
litus nemine repugnante occuparet. Quod vbi deprchendiffer C#n°::
fuis prætimens fe cum omni exercitu Mediolanum recepifle ; vt Near. rec.
quoquo modo inteoris rebus confuleret. Itaque omnes follicita-
re, peruertere fingulos, hortarique cœpit: vt imminentem ruinam
ab corum capitibus omni conatu auerterc procurarent. Non fine
caufa feri, vt recuperato Neapolitano regno & deuitis Longobar-
dis, cetéra Italiæ locaimperio dignitaréque fpoliarentur. His com-
moti Iealix Principes ne quod fibi & rebus fuis pretimerent,
fiue quod nollent exrernum & potentiffimum Regem in Italiæ
finibus imperium fibi quærere , preter Sabaudienfes , Salutios ac
Monsferratenfes , qui datam fidem fine caufa violandam effe non
arbitrabantur, vtarma in Regem pararentur vitro coniurarunt. Et
pleræque ciuitates, qux ad Carole amicitam accefferant , deficere
famä rei permotæ cläm molichantur. Fidem igitur omnibus in-
terponere, iufurandum pofcere, vt quæ cfle ex vfu Italix cogno-
uiflent, communi confilio adminiftrarent. Hæc à compluribus de-
lata cüm Carolus cognouifler , rebus Florentiz * compofitis, quàm * Pæ-104.
maximis poteft itincribus Sess5* peruenit ; vt fines regni priuf- —
quâm alij conuentus in Italia fierent , inuadere poffet. Incereà le-
gatos*ad Alexandram fummum Pontiftcemmittit, cuius legatio- pr
nis Philippus de Sabaudia ex illuftriffima & peruetufta Ducum fà- Ron: Le
milia ortus principatumobrinebat, qui dicerent fe in. Italiam cum Pape Ale-
ingenti exercitu Ééfcendiffe co confilio, ve AN capolitansm regnnm nie Ve
fucceflorio iure fibi debitum vindicaret : nec fibi in animo efle/*
uempiam malefcio aut iniuriâ afñicere, modo iter ad fines regni Deféir du
fcere liberum liceret. Sibi iter per Vrbem faciendum effe, pro- 25° su
ptercà quod nullum aliud commodius haberer. Rogare vt eius d
voluntate id facere liceat. Non decere fummum Pontificem , qui
Chriftianis Principibus contendentibus difceptator RER N R
rum cfle deberet , vt ab armis difcederent , cuiufpiam gratià aut
amicitià in alios concitari. Exiftimare fe à maioribus fuis non
degencrafle, qui merito Chrifanifimi nuncupati func, quum nihil Res si
magis cupiat quim Chriftianam religionem augere , & Apoftoli- FC.
cam fedem quammatimé venerari. Non tanti effe faciendum /[- fiens.
fonfum ryrannum, vt fibi cam iniufkè iter, quod alias ferro & ar.
mis apericndum efler, occludere conaretur. Hæc vbi accepit Ale.
xander conuocatis in confiftorium Patribus , fiue quôd memorià
tenchat L4lfonfum, 8e cius patrem Ferdinandum Romanam Eccle-
fiam continuis percurbationibus haétenus agitafle, fiue quod tu- Rain du
tum cffe non putabat contra potentiflimum Regem, partes cius tra
fufcipere , qui Proceres & populos regni iam diu infenfos habe- 4 Naples.
ret, hortante maximè Æ/tanio Sfortié * Cardinali;etfs non decrant . »,,
qui Alfonfianas partes acerrimè tuérentur, non repugnandum,,,, ”
Carole , {ed concedendum efle decernit. * Ferdinando Can iubet , 106. an,
Ff ii
122.
» —
DE Expep.
CAROLI
VIII 1N
NEAP. REG,
* Pag.130,
# Pag. 206.
* Pag. 113.
Entree du
Roÿ 4Rome,
pag. 101.122.
G 2112.
230 * HISTOIRE DE CHARLES VIII.
ve vrbe Româ cum omni exercitu difcederet : tametfi ibi velut
caftra ei metari haétenus permiferat, ve Carolam Pontificiä au@ori-
rate deterritum ab incœpta expeditione recraheret : fibi tamen in
animo non effe,quum Carolus pertinaciffime in eum infeftis fignis
ducere perfeueraret , nec longè cum copiis abeffec , vt in Vrbe
decertarent ac confligerent ; quod fine maximo & totius Romanæ
Ecclefiæ detrimento id fieri non poffet. Oportere fummum Pon-
cificem pro communi Chriftianorum falute ex officio & Apoñfto-
licæ fedis auctoritate inter Principes contendentes medium & ve-
lut parentem optimum efle ;non partium fautorem. Si vterqueab
armis difcederet, de controuerfiis , vt iuftum Paftorem decet', fe
cogniturum. Quod fi bello decernendum effe ex re arbitrarentur,
ne quâm Rome, quæ efler communis omnium patris, prælium com-
mitterent. Cognito - Alexandri Pontifcis decreto , Ferdinandus cum
omnibus copiis itinere duorum dierum in Santlum Germanum*,
primum oppidum in finibus regni,non longè à Liri fuuio com-
munitum fe recepit ; eo confilio, vt inter anguftas fauces, quibus
iter in Campanos ®num patet, aduenienti Gallico militi com-
modius repugnaret. Interim Carolus ab oratoribus de Ferdinandi
ab Vrbe difceflu * certior faétus,confettis per Senenfium finesitine-
ribus , Romam citatis agminibus ire contendit. Quo vbi appro-
pinquaturn eft , etfi aliquamdiu reluétatus -_4lexander , ne cum om-
nibus copiis Vrbemintraret ,quod in tam diuerfa militum multitu-
dine ab iniuriis & maleficio vix temperari poflet ; ne tamen ma-
iore difcrimine res agitarentur , fi vi & armis , quod aliàs necefle
erat, prohibere conaretur, quum Carolus inftruétä acie pertinacif-
fimé irrumpere feftinaret, permific, ef inuitus, ve militi in Vrbe
hofpitia finirentur. Ipfe in #rcem Sancti < Angeli* indignabundus
fe recepit. Carolus igicur Romam ingreflus, difpofitis per Vrbem
prefidiis, ne aliqui tumultus ex improuifo in fe concitarentur ,
maximè intentus cfle, vc alienatum Pontificem fibi reconciliaret.
Nec abeundum fibi ab Vrbe arbitrabatur, donec Alexander depo-
fito metu aut odio in Uaricanum ad Ædem D. Perri rediiffer ;ibique
copiam fui palam feciflet, perfe@âque re diuinâ fecum fœdera pa-
_cémque firmaffer. Nam aliquot dies, velut pofitis caftris in Ædi-
* Ibid,
bus D. Marci cum pretorianis cohortibus fuit. Frequentes itaque
oratores mittere, qui vel timentem , vel iratum Pontificem paca -
rent" ,aut bono animo efle hortarentur, ab eôque pauorem excu-
cerent. Non enim fibi in animo efle Pontificiam auctoritatem in
aliquo per fe læfum iri. Hoc folum petere , vt eius bonâ grariä li-
ceret fibi regnum vindicare, Nec ægre ferendum efle quod Vrbem
cum omni exercitu ingredi voluerit, quum id non feciflec , vt ei
iniuriam inferret ,fed vt omnia fibi cuta eflent aduerfus tam pro-
pinquum hoftem; cui quum hofpitia in Vrbe permififfet, non vi-
dere cur fibi deneganda effent. Animaduerteret.Alfonfam non cffe
ROY DE FRANCE | 13
fibi preferendum , qui nihil fanétius duceret , quèm maiorum fuo- Ds Exren.
rum inftituco Romanz Ecclefiæ iura propagare. Interea Vrbis fa- Sa rie :
cies immutata & miferanda videbatur , & rapinis & cæde inuito Nras. .
Rege , omnia fœdari , bona ciuium diripi , Pontificis poteftarem * P4g:10r.
ceffare, plerique furore quodam omnia pro arbitrio regebanc ; ve 3 © %4-
quifque vel vlcifci, vel deprædari conftituerac , graffabatur : aded
mali licentia vagabatur , bonos pauor & trepidatio paflim inua-
ferat.
MR RENE ERA EEE R REX E
GEORGII FLO Ï
MEDIOLANENSISI C.
DE EXPEDITIONE CAROLI VIII
in Neapolitanum Regnum.
LIBER SECVNDPVS.
A R1A & anceps humanarum rerum conditio plerofque pigrefion
+. in eam fententiam facilé traxit, vt omnia fortuni fac «x fujet
& cafibus regi arbicrarentur ; nec quicquam in homine vireutis , ne. A
fiuc ad prudentiam, fiue ad fortitudinem , fiuc ad temperantiam., fiue effoient dans
ad infhtiam refpexeris, incffe, quo illius impetus & vires commo- De és
mode vitari poflent. set “ere in his infimis iuris effe di- Charles ?
iudicabant, vt agitari omnia ac mifceri , & alia alid pro arbitrio VIIL yari-
transferri eius vi atque impulfu pro conftanti haberent. Ac mihi *"? +
quidem fingula diligentius contra mecum reputanti, illud in pri-
iis vifum ef certiflimum in manus hominis pofitum effe qualem
fibi fortunam (vrille ait) formare malit : nec eum egere fortunà:
| nec magis regi cafibus, quâm ipfe regat cafus. Tum demum omnia
quæ accidunt, fiue profperafiue aduerfa,reéto Dciiudicio ad punien-
dum , aut emendandum, aut ad remunerandum prouenire. Quod
alibi cüm de ea perdifhcili, & nondum fatis explicata quæftione
difputaremus, quare mala bonis ; @r bona malis accidunt , fatis abun- pe
dé, vt potui, comprobauimus. Nam in omni cuiufuis facinorisne- y fe os
otio, fiue in bello, fiue in pace profilientes caulas inuenies , qui- theur.
# pofteaquèm euenerit,ita fieri debuiffe facilè deprehendes. In
alio enim vigilantiam , in alio folertiam extolles; hic callidus, aut
vafer ac aftutus ; ille hebes atque ignauus nuncupabitur : hic bo-
nis artibus, ille fraude & dolo gloriam quærere contendet ; ita di-
uersà quidem vià bonus & malus ad vnum finem peruenire nitun-
eur: fed illi laus, huic vituperium ac ignominia debetur. Vbi labo-
232 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
Deere, 1e & virtutis vià quis ad honcftas diuitias , aut iuftum Imperium
Carasr graditur, omnia ci profperè fuçcedunt, Contrà vero : perni-
VIIL 1x. ciofis libidinibus dedici per focordiam , cüm ætas feré defluxerit,
NARES brobitarem cæterfque virtuces abiiciunt, fiue capti prauis cupidi-
tatibus ad inertiam & voluprates corporis deferuntur ,fruftra cul-
pam fuam ad sn Nec impij , qui violenta exer-
cent imperia, diuitiäfque ad malos vus conuertunt, vnumquem-
que fine difcrimine vexationibus exagitantes, ac omnia pro arbi-
trio promifcuè mifcentes, dum corruunt, fortunam habent vllam
quam meritô incufare poffinc : quum eorum nefanda fcelera om-
nes in fe concitauerint, & fux ruinæ caufam fibi ipfi præbuerint.
Et qui paruâ manu rs exercitus fuderunt , & qui numero-
fiffimis copiis deuiéti hoftibus cefferunt , non remotiores , aut ex-
tra fe caufas relinquunt, quare illi viétores, hi fuperati fucrint. Il-
lorum ftratagema , virtus, fcientia, prudentia, induftria, confi-
lium , rei benè gerendæ temporis & loci opportunitas; horum ig-
nauia, defidia, imprudentia, trepidatio, difcordia, imperitia, te-
meritas, rerum difhcultas ftatim fuboriuntur, quibus ita rem geri
oportuiffe diiudices. Qui diuitias cumulant , aut fupra modum
feruant, folemus parcos aut auaros , folertes, diligentes & indu-
ftrios appellare : qui vero profundunt , me nu premuntur, luxu-
riofi, prodigi, defides, inertes, ignauique dignofcuntur ; vt nul-
lum negotium quare ita geftum fit, preter fortunam & cafus fui
auétoris caufa carcat. Sed ad inceptum iam redeundum effe cen-
feo, ne.tempus in his fruftrà conteramus, quæ vicifhitudo rerum,
oser quas deinceps fequentibus libris carptim /cripturus fem*, quam li-
épynnrsss quidiffimis cxemplis demonftrabit. Dum igitur ca Rome ita per-
ges. turbatè geruntur, Ferdinandus ,quem Sanclum Germanum cum om-
ni exercitu fe recepifle docuimus, etfi huiufmodi Caroli & Pontz-
ficis diffenfiones aliquid fpei rebus fuis afferre videbantur ; tamen,
uod jam in regno RS fenferat, reliéto in eo oppido pre-
(io cum reliquis copiis, fi populos fuà prefentià in Fe conti-
nerc poflet, in Campaniam, Capuamque profñcifci pergit. Inde ab
“pag. © Alfonfà patre accitus ,N eapolim, relito Capue * in prefidiis exer-
citu , peruenit. Nam LAlfon/xs fiue quod exiftimaret populos ac
Proceres longo odio fibi infenfos eâ noui Regis conftitutione de-
mulcere pofle, fiue quod vereretur ne fi perfifteret in regno à fuis
captus aut obtruncaretur ,aut aduenienti Carolo captiuus tradere-
tur, fe Imperio abdicare fecederéque, ac rerum adminiftrationem
Ferdinando filio , eo animo, vt fi fuperior effet , ius regni fibi in
"bi. pofterum feruaretur, remittere* conftituit. Conuocatis itaque Pri-
moribus regni publico omnium confenfu Ferdinandum regem ap-
pcllat ,omnibus Principibus regni, quos fenior Ferdinandus pater
ob fufpicionent dubiz fidei ,aut nouïi alicuius confilij in vinculis
iamdiu continuerat , carcere dimiffis ; depofito deinde Imperio,
tanquam
ROY DE FRANCE 233
tanquatn priuatus in Siciliim breui sractu, veluti in feceffu rerumi De Exrin
euentum pfæftolaturus , exiguo lembo adnauigat: vbi Religiofo- pe ee
rum Cœnobium ingreflus, fiuequod eo habitu fe tutius dehitefce- Nrap rec.
re poife arbitrarctur ,,quum omnia ci fufpecta effent ; fiue quod
humana nogotia fafkidiret, cuculam induit. Ferdinandus cûm in eius Alphonfe R
aéta Principes iuraffent, éompolitifque quoquomodo NN rapoli re. quirre Les
bus quäm ocyflimé poreft in caftra, (apaamque reuertitur. Intereà Dr
Rome poft longas difceptationes , {nam quindecim dierum ea alter- rod à
catio fuir) percuffo tandem inter Pontificem & Regem fœdere * fon fils Fer-
initâque pace, cuius auétoreÿ fuêre Philippus de Sabaudia, Ludoui- een /
cus Luccburgus, Gwillelmss Brifonctus Epifcopus Maclouienfis, qui enrre le Pape
pauld.pôf poftulante Kege inter Cardinales afcriprus fuit, Carolys € le Roy: cf
omnes copias , peraétis pris de more ab Alexandro ricè facris ad» CAEN
fines regni præmifit, legatos item ad Floreñtinos, qui coaéto in- 127.é-211.
enti exercitu agruim Pifanum iâm cum depopulabantur , & Vr- syrrvs |
4 obfidere properabant, deftinauit, qui eos ab atmis difcedere ©
iuberent ; aut éxpromiffam pecuniam pro ea Vrbe cæterifque ca-
ftellis penderc intérpellarent. Sed parum profecerunt legati, quum
cœptam obfidionem Florentini foluere recufauerint, quéd cérne- ,,.,. ”
rent Regérir alis belloruih motibus breui implicatumh iri. Ec iâm cebdles pour
plerique molicbäntur vt Garolum vi & armis Ivalià detruderent. +,
Ipfe demum,cüm.omnia loca, in quibus prifcæ venerationis me-4,;4 rie -
morià extaret, lætus at fupplex falutaffer adoralfétque, accépris ab lie.
Alexandra obfidibus * Cajare Borgié um Cardinali, qui: pofteà *Pag 117.
Dux Valentinenfium fuir, &c Ziximino , qui cüm in cercamen de:
Imperio cum frasre defcendiffet, viétus ad Rhodios fuppetias ex:
oraturus,confugerat *: à quibus pofteà Romam duétus Pontifici # pér 664
dono.daëus fuerar, cum pretorianis milicibus in caftra profcifci- 65-& 16. .
eur. Interim dum Carolss in Velitris oppido Volfcorum ageret,
duo ex Hifpania oratores ad éum venêre , qui poft graues quére-
las quod is contra legem & foœdera cum corum Rege inita , tam
magnos exercitus in /raliam tran{portaflet, vrhes, oppida:, caftella
Romanz Ecclelié, inuito Pontifice, inuafiffet, ipfunique Pontifi-
cèm prius de fuga cogirantem,in molem A4drians, vt fibi & rebus
fuis confuleret, recipere coëgiflet, monuerunt ve ab drmis difce-
derct, cam expeditionem contra 4lfonfum omittetéc , iure prius
experiretur: quarn armis , ad queni ny ditio fpectaret. Non to-
leraturum Hifhanie Regem , qui validifimam haberet claflem, &
_ potentiffimos in armis exercitus , quod regnum tam iniufté cum
maxima cits iniuria occuparet.. Ad hæc Carol refpondi ,fe ni+
hil contra pacis conditiones attentafle, nec Hifpano regi iniuriam
intulifc. Summo Pontifici,quôd Alfonfianas contra fe partes pre-
cer mortin religionis tueretur ; occurrifle ; nec in cum, nec in res
Ecclefiæ quicquam violentum commififfe ; fed*liberum adirum fo, &
lüm voluiffe, quod negari non debucrat, Se à maioribus fuis non
| C£
234 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
De Exrrs, degenerale , qui nihil fanétius exiftimabant , quim Chriftianam
Caroz: felisionem tueri: fi Pontifex fe æquum cenforem preberet, non
és À IN diéturum fuà causä fugerc voluiffe; fed quorundam maleuolorum
’ Fes 4 pcruerfis delationibus commotum in arce #driani* aliquot dies
| Éille Modo reconciliatum Pontificem , cum co fibi pacem fir-
matam, fatis conftare regnum iure fuccefforiofibi pertinere. Itaque
fibi licere vi & armis ab iniuftè occupantibusillud vindicare. Nec
tanti facere Hifpanie Regis potentiam, vt tantillum à iufto pro-
pofito retrahatur. Mifi item à Maximiliano Rege Romanorum ad
Carolum legati, qui dicerent Haximiliansm breui in 7raliam cum
maximis copiis defcenfurum : vt Imperij 3 :aer Rome confe-
queretur. Iraque ei cum auxiliaribus aut fubfidiariis militibus, fi
expofceret, prefto affuturum : parum compertum habeo quid in-
ter cos Principes pofteà tranfaétum fit. Intercà Carolus, quod Ce-
“Pa [y Borgia, quem pe obfidem docuimus aufugerat* , & Zixzimi-
sus, non finc fufpicione propinati veneni decefferat, per litteras &
nuntios cum Romanis & Pontifice egit, quum eos fufpectos non pa-
rum haberet, vtij quo animo in fe effent apertè declararent. Quod
vbi Rome compertum eft, concufli repentino timore Romani, ne
indignabundus Rex eorum fines depopularetur, ac ad Vrbemcum
infeflo exercitu rediret; ftatim legatos miferunt fui purgandi gra-
ti : qui dicerent optimo fe effe animo in eum , nec vnquam ab
cius voluntate difcefluros. Dimiflis itaque legatis miflus eft Phi-
lippas de Sabaudia ad fammum Pontificem, cum quo firmatæ fan-
ciæque iterum ricè & rectè conditiones pacis & fœderis fuerunt.
Ex Vélitris moueñs Carolus per vallem, quam ÆAoronem nominant,
ne ad ‘"Pontem curuum * , extremum Romanæ Ecclefiz oppidum , du-
*p.1:8.149. Xit.. Hinc expugnatis duobus in collibus oppidis Aontefortino * &c
Santo Joanne arte & naturâ admodum munitis, in predâmque mi-
litibus datis, ac omnibus ferè oppidanis ferro trucidatis , tantus
repenté huius rei famä pauor finitimos inuañit , vtr de falute po-
tius quam de pugna confultarenc. Vbi igitur qui in Sancfo Ger-
mano in prefidiis reliêti erant, appropinquare Gallicas acies pra-
fpexerunt , leui quadam velitatione repugnare primüm , tum de
oppido dedendo apertè agcre ceperunt, quôd oppidani in Galli-
on cas partes clim inclinare viderentur. Recepto per deditionem
Seftep-r49. 547640 Germano”* , Suefam *, & Traietlum* , municionibus fatis fr-
*Triague, mata oppida Carolus expugnare , aut quoquo modo obtinere con-
P#-131 cendit. Interim Ferdinandus , fiue amore mulieris captus , vt fama
crat fiue terrore perculfus, reliétis qui exercitui præeflent , & res
in caftris adminiftrarent , Joanne Jacobo Triuultio , Verginio Urfino,
&'N icolao Petiliani Comite, Neapolim proficifcitur. Inde per nun-
tios & litteras clâm egit cum foanne acobo , fiue quod fuis iam
difhderet, fiuc quod tutius effe arbitraretur aliquâ conditione cum
Carolo pacifci, quàm dubiam belli fortunam experiri, vt ad (aro-
ROY DE FRANCE. 235
lum cüm mandatis de pace traétanda iter acceleraret. Res maximè De Expo.
hoc loco hortari videtur , quoniam de tanto viro tempus admo- Caroz:
nuir,aliquid denatura cultüque cius altius repetere ,ac paucis dif- ie 2
{erere : erfi aliis locis & proximis Libris * de eius rebus preclarège- * 115 feront L
ftis larius diéburi fumus. Zoasnes igitur Tacobus nobili ac peruetu- 96e dan:
A : k k | >. | iffoire du
#tà Trinulriorum inter Infubres familiâ ortus, litteris ac liberalibus &y Lonys
difciplinis iuxcà atque doétiflime eruditus, prima munia militaria XÜ- 4% fi
fub Galeacio Sfortis admodum adolefcens ftrenuiflimè exercuit : ani- da
mo ingenti, gloriæ & honoris cupidus,laborum patientiflimus ;ade0 Porrrair
vc ab negotiis nulla eum voluptas vnquam remorata fit; fummæ pue
vigilantiz , vitæ frugalioris , corpore vegeto , ac, tereti ; torofo pe- ere
étore, facie elatà, apertâque ac decorâ, oculis nigricantibus, fa- Ailanois.
cundus, callidus , rei bellicæ peritiflimus , in preliis ftrenuiflimus,
amicitiarum tenax, in facinorofos {euerus, altitudinis ingenij in-
credibilis, firmæ memoriz , raræ eloquentiæ , in conuiuiis fplen-
didus ac lautus , in omnes liberalis & munificus , fidei culcor ac
obferuantiflimus. His virtutibus, fuis charus, apud exteros clarus
habebatur. Quo cffcœum eft, vt cum Ludouico Sforris | quem ad
Mediolanenfium Imperium iam tum afpirare docuimus , fiue ob
inuidiam, fiue ob fufpicionem, quôd partium Ÿo. Galeaci efle vi-
deretur ftipendiüs primum priuatus , cum demum cüm rediiffer,
domo, patriaque reiectus , ad maiorem Ferdinandum confugiffet,
20 copiis præficeretur. Cüm igitur Ÿo. Zacobus ad (aro- |
lum cum mandatis perueniflet , Uerginius Urfinus * & Nicolans Peri- *P. 151.132.
liani Comes , quos exercitui & caftris cum %o. Zacobo prefectos à
Ferdinando cüm IN eapolim proficifci pergeret, fuiffe demonftraui-
mus; fiue quod ægrè ferrent huiufmodi prouinciam fibi deman-
datam non fuifle; (tantum inuidentia & mala ambirio quorum-
dam mortalium animos exagitat , vt ab ofhcio deflectere non ve-
reantur :) fiue quodanimo ei cflent, abfentià Ferdinand: & Ia-
cobi reli&à (apui, NN olw * cum fuis copiis fe gr seu Quod vbi , Kofe ;4,
per cxploratores Carolus cognoulit, receptis in deditionem Sucfanis
ac Traictanis, Capuam nobiliflimam vrbem, dedentibus fe vlro ci-
uibus , intrare feftinat. Inde _ 4werfam”*, idem facientibus oppi- * Verfeou
danis proficifcens ingreditur. Interim Ferdinandus omni fpe reti- nd
nendi regni deftitutus, quod omnes Principes & populos La: in
fe rebellione fummä Iætitià & applaufu {arolum vbique quo pro-
ficifceretur excipere iam cognouiffer, Regemque apertë el 7
tare,eidfque aduentum fummo ftudioalios efflagitare , & plerof-
que belli duces cum copiis defeciffe , reliéto in arcibus NN eapoli
ceccce militum prefidio claffem *, quamilli fex triremium 8 dua- *Z6id. cp.
rum nauium paratam habebat, cum auri & argenti non ER pon-
dere confcendit. Nam quôd Carolo nulla tunc parata claffis effer,
futurum efle arbitrabatur, vt fi aliqui in Jralis motus in Carolum
firent , quos iam parari fenferat , facilè regnum , fialiunde fuppe-
Ggi
Dre Expeo.
CAROLI
VIIL 1x
Nsa4p. REG,
* Entrée du
Ry a Na-
ples,p.ion:
132.146.
213.
* Pag.132.
134. © 138.
PAL.
131.142.
* Pag,140.
142.
*Zdificia
Pd
236 HITOIRE DE CHARLES VIII
cias fibi comparare poffet,recuperaret. Cognitä igitur Ferdinandi
fugâ , deducentibus primoribus vrbis ac regni Proceribus popu-
lorümque legatis, qui ad eum, vrin cius a@a vitro iurarent ,eum-
ue Regem confalutarent, fummo ftudio ac feftinatione iam vn-
& ue confluebant , Carolus INeapolim omnium maximä lætitià &
ri applaufu ingredicur*. Nihil enim quà tranfeundum erat,
quod ad ornatum portarum, itinerum, parietum, locorümve per-
tineret , Neapolitani pretermifere. Et ferè omnis populus obuiam
efufis vocibus & geftis Carolum Regem tranfeuntem confaluta-
bant. Interim miffo Ludouico Lucemburgo , cum parte copiarum, qui
Nolss,{ quo Nicolaum & V'erginium Vrfinum confugiife demonftra-
uimus ) obfideret oppugnarétve; Carolus tormenta muraléfque ma-
chinas ,ac cætera omnia bellica inftrumenta, quibus arces, quas
Ouum* & Nouum caftllum appellant, demolirentur, quôd aliter ex-
pugnari non poffent, quim celerrimè preparari iubet. Arces erant
ad bellum ducendum aptiflimè naturâ , & loci munitione. Nam
mari, velut ingenti foffà alterâ circumducebatur ;vtraque turribus,
aggceribus, muris ac propugnaculis quafi inexpugnabiles circum-
quaque cingebantur. Paucis diebus poftquam oppugnari cœpe-
runt ,expugnatis Nolÿ, Uerginius , Urfinus, & N'icolaus, cæteris qui
in præfidiis erant , aut ttu.idatis, aut fpoliatis , capti* NE capolim
deducuntur. Expugnatis itidem non multo pôft Neapolitanis ar-
cibus arte & naturâ , vt diximus , munitiffimis , confectifque in
hunc modum rebus {arolus ludos & varia cartamina *NN capoli in-
fticuit. Dum igitur ludi celebrarentur, Regiusexercitus horrendum
ferè fpeétaculum præbuit. Nam quôd Heluetium ad meniana *
quædam , vt fpeétaret, confcendentem , quidam ex fagittariis, qui
cuftodiæ præerat, grauiter vulneraffet, cantä repentè indignatione
rei fparfo rumore, Heluetij perculfi ad arma decurrere , vr Regia
tormenta vi occupauerint, in Gallos rerum ignaros frementes &
furore indignabundi infeftas acies conuerterinc. Nec fpatium erat
Gallis arma capiendi; inermes paflim ab armatis Heluetiis truci-
dabantur : ciues terrore perculfi intra domos fe continebant. Hu-
ius rei famâ permotus Carolus in medias Heluetiorum acies cum
| paucis fuorum inermis prorumpit, caufas cumulrus exquirit; rogat,
obteftatur per fidem datam, per iufiurandum militare arma depo-
nant: fi quifpiam cos iniuriâ affeciflet , fe grauiffimè
animaduerfurum. Non effe furori &irx indulgendum in tam præ-
fenci difcrimine. Animaduerterent hoftem non longè abeffe : qui fi
tumultum inter cos excitatum cognofceret , ftatim non paruâ manu
comparatä reuerteretur ; reliquéfque, qui ex tumultuario conflictu
fupereffent , facili intérnecione deleret. Toclaboribus, tot præliis
dimenfo tam longo terrarum fpatio, comparatam tot vi£toriis fuà
virtute gloriam vno momento tam ignominiose , non ab hofte
ereptam, {ed fuo furore & difcordià amifluros, Se Regem effe ve-
ROY DE FRANCE. … 237 ——
ut optimum omnibus parentem, & æquum inter eos difceptato- si ExreD.
rem. Nec minoris facere Heluetios & belli focios, quàm ftipen: un
diarios milices ; & Gallos legionarios equites omnes iuxta habere. Nrar.e,
Præfencià & oratione Regis-pacati Heluetii, depofitis armis, pro-
ftrati quafi rubore perfufi, ac pœnitentià duéti veniam orantes
mox reconciliantur. Dum ea in regno céruntur, Garolus in dies
certior ficbat nuntiis &-amicorum itteris, magnos in tota Italia
terrâque marique apparatus contra fe fieri. |
C& Auteur ne continnë pas plus auant la Relation dy voyage du Roy
Charles VIIL. pour la conquefle de Naples : an moins s'il l'a fait, on
n'en a point de connoiflance. Mais aprés cette omiffion il paffe outre, ey
entre dans le Regne de Louys XII. pour faire mention des grands Ex-
ploiss de œ Roy en l'Italie. LR CS
.
G g ii
HISTOIRE DE CHARLES VIII.
free
LEGATIO GALLICANA
_ DE EXPEDITIONE ITALICA
Regis Francorum Carozr VIII.
AD PONTIFICEM ROMANVM,
… Regem Neapolitanum, Principes ac liberas Ciuitates Ita-
. Be, Cum Hliéo ipfôus Regis de bello ‘T'urcis poff libera-
tam Îtaliam inferendo , ) recuperando Orientis Imperio.
IN LVCEM RETRACTA ATQVE EDITA
ex Bibliotheca Danielis Schneideri 1C. & Cancellari;
Ducalis Megalopolitani Confiliariique Saxonici Vina-
Pi imarien. rjenfis *. Hanouie apud Heredes Ioan. A urÿ M.DC.xIII.
Orationes perpulcras videbis, Le€tor , cém fententiarum grauitate con-
Jpicuas , tum verborum ornatu dicendique acrimoniä mire fulgentes, qui-
bus inprimis ineft perfuadendi dexteritas , deterrendi horror, € accommodata
feueriras. Facilitatem pretereà inuenies tinéfam Rhetorico nitore, @r orandi
genus prifcam eloquentiam redolens. Quas quo diligentiäs crebrisfque lege-
ris , tanto plus te ra confidas reportaturum. Vale.
ORATIO HABITA AD VENETOS,
“rss à Magnificis Caroli Francorum Regis Oratoribus *, anno
194 195. millefimo quadringentefimo nonagefimo
quarto, die quintä À prilis.
Le 3. Auril TEREMVR magnä verborum amb:age, quantà beneuolen-
To tià & amorce Chriftianiflimus Franc orum Rex hunc floren-
l'année ne tiflimum Statum profequeretur, fi non conftaret & palam effet,
Lors qu'à Pa quäm arétis amicitiæ vinculis cenerifque fœderibus , ab antiquis,
ques, qui Galliarum Reges, Senatufque Venctus fuiffent coniunéti.
éffoir Le jo. Ea omnia modernus Rex non modo ftuduit conferuare , fed
gro ampliflimè adaugere. Eum fe du in conferuatione digniratis,
se ann diffufione nominis, promotione decoris & vtilitate huius ar
1494 diffimz Reipublicæ præbuit, vt melior amicus , fidelior focius à
vobis non dico expeti, fed ne optari ges poffer. Veftra in cum
& anteceflores merita ram funt munifica, ve priuis dies me deficiat,
Re
a —
ROY DE FRANCE 139
quam minimam corum partem enumerem. Sed iam omnium ma- D, Expap.
ximum prebere poteritis , & velle vos pro veftra integritate Sere- Carnot:
nitas fua non difhdit. Ve
\ . \ .\ AE \ NEA?. REG.
Quam enim arroganter , quam nefariè & iniufté <4ragonwm
Reges Neapolitanum regnum occupauerint , minimé vos fugit, ve
putà qui omnia quæ induftriä, ingenio, fagacitate & ftudio fciri
poflunt , noucritis;çüm eam rem volatilis fama voto lacè diffude-
rit vniuerfo. Ad cius recuperationem Rex nofter non diffimulan-
ter afpirat ; & cum 1bundé æquitas & iuftitia fuffragentur , vi-
ciffe fe credit, fi vos tales erga fuam Serenitatem exhibueritis, qua-
les variis locis & temporibus maiores fui , veftros anteceflores fe
pè func experti ; & qualem fe Maieftas fua erga hunc Statum ex-
ibuie A DSL Me voluiffet , fi cafu ita ferente fimilia
vel maiora à Serenitate fua petiuifletis. Confilium imprimis à vo-
bis (in re tam ardua) rogat, dehinc fœderis opem, auxiliämque
veftrum implorat, vteicommeitum prebeatis, militum robore au-
geatis vires , & fumptibus tam MeV expeditioni neceffariis
adiuuetis. Quæ fi fecericis (vt fua fibi Maicftas indubitanter per-
fuadet itfque amicitiæ expoftulat,) & optrimus maximus eum iu-
ftiflimi defiderij fuieffeceritcompotem, Énticris ,(diis bené iuuan-
tibus) maximo veftro cum commodo & decoro , quäm fint Gal-
liarum Reges in colendis amicitiis fideles, conferuandis fœderibus
tenaces, quâm , inquam , finc acceptorum bencficiorum memores.
£-
Respon/io Venetotum 4d eamdem. :
Superuacaneum effet fi explicare niteremur , quantä pierate &
obferuantià Chriftianiffimos Francorum Reges maioresnoftrifem-
per profecuti fint, & nos in hunc vfque diem profequimur ; cum
. Omniatam late, tam copiosé & sa Magnificentia veftra ex-
prefferic, ve nihil nobis videatur reliquife loci, quo nunquam de-
fituram huius Status deuotionem in Chriftianifimos Reges recenfe-
remus. Pauca tamen à vobis diéta & à nobis dicenda perftrinxifle
juuabic , & vno explicaffe verbo fac erit. Obferuantiam, quam an-
- ceceffores noftri ad nos transfuderunt nedum cam efle, quam ac-
cepimus. Sed co creuiffe , vt addi en pofht nihil : ob id à diis
precabimur , ve ea ad vlrima feculi rempora conferuetur illæfa ;
nos quantum humano confilio fieri porerit, non erimus conten-
ti, fi noftris cemporibus quäm fanctiflimé cuftodiuerimus , fed
pofteris cam noftris, omni curâ commendabimus colendam , pre-
‘camärqué iftam noftram deuotionem , quæ talis eft , vt verbisnon
poteft exprimi. Sed vix ab ingeniofiffimo imaginari regiæ Sereni-
tati, noftro nomine declaretur. Sed quod Serenitas fua à nabis con-
filium , auxilia, & opem expetit, lubentes alacréfque preftaremus,
fi id fine noftræ æftimationis lefione poflet fieri, Nam ficuc ini-
Ds Exveo.
CarozLI
VIII. :1N.
Nfapr. REG.
140 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
qu dgeremus fi Sérenitari regiæ in ix/fiffimis fins expeditionibas (vx
hañc quoqué foré non inficiamur) decffemus : Sic iniquiüs nos
agerc quilibet fanxæ mentis neceffarid dixerit, fi pro.conferuatio-
ne vaius fœderis, aliud lederemus non'minus vetuftum, pium aut
fandtum , quorum alterum non effet grauitatis Venetæ , alcerum
- perfdiæ irnmenfæ. Cfraronum enim Regum .amplifima merita
in hunc noftrum Statum & maïores noftros, non ft, qui ignoter.
Talia namaqüe funt, ve nulla cempéoris arinôfitas ta fit deletura.
Omiffo nañnque quôties cum Pifanis , Genuenfibüfque, perperuis
Veneti norñinis hoftibus ,terrà, marique arma contulerint , quas
de eïs reportaierint viétofiàs, vti éontuderint virés, ita quèd eo-
ruminimicitié in +uum non fune nobisextimefcendæ , vnum pro
confummatà amicitià facinus , fac erit enuimeraffe.
Non multa ante tempora, cûm perfidus Tutcus tanto tumultu
& horrore ingruerec , extruétiflimä claffe, maximis copiis, totæ
imminerét Europæ, precipuè Statui noftro , (quem fcutum & ante-
murale effe Chtiftianæ relivionis certum eft) poft multas preces,
quibus ferè vniuer{os Chéilianicatis Principes nequicquatñ con-
tudirus , épem implorañtes , folas nobis fénfimus Æragotwm vi-
res adeflé, quibus nédurn à nobis, fed ab vniuerfo Chriftianorum
orbe ingens periculum propulimus. Quæ eorum merita nunquam
apud nos intermorientur ; vtinam aliis Chriftianis Principibus ef-
fent tam accepta , quâm fuêre frugifera. Alleëti itaque tam pul-
cherrimo beneficio , fuæ Serenitati nos in æuum addiximus,indif-
{olubilique colligauimus fœderis nexu ; quod et deferere ,aut
petulanter interrumpere non modo effet turpe, fed flagitiofum &
fceleftum ;ad quam labi ingratitudinem non velle nos Maieftatem
regiarn ; non fimus iñcerti. Ceterum vt clarè perfpiciat Serenitas
fua nos eos éfle , qui nunquam defuimus confederatis , nec defu-
euri fuus ; non nos récentia & fpéciofa #ragonum merita , non
ampliffima Francorum Regum commemotata beneficia & reinte-
gratæ preces ad violationem alterius compellent , quiere perfruc-
muf ;tacitique tam dubiæ rei pteftolabimur euentum , quem ta-
lem optamus, vt neutri obfit & offéiat. nn |
Quod fi vilt poffent pacis éonditiones labore inueniri, aut in-
duftriä excogitari, non nos pigebic fubire pericula , perferre datn-
na, faceré impenfas, quo tain perniciofum belluimn aut fuffetti pof:
fit penitus, aut fi nequit, faltern differti ; non dubirantes Sereni-
tatem fuam iftis noftris pollicitationibus contentiflimatn fore ,
nec preces afpernaturam ; cui nos cupimus quäm diligentifhmä
comimendari. | 7 :
Eorumdem
ROY DE FRANCE 2A41-
: - | : + De Exvsn.
Eorumdem Oratio ad Ludouicum Sfortiam Ducem Caroti
lee À | VIIL in.
Mediolenenf. die 15. April. on
| Les. Auril.
_ Venimus ad te Ludow. Sfortis Dux Iiluftris, à Chriftianiffimo
Francorum Rege mifli legati , non pro amicitia aut fide (quæ cer-
to Rex nofter, {cit fibi affutura) follicitaturi, fed in tantarum re-
rum tanquam pregnantium mole tuam fententiamexcepturi. Nam
ficuc es huius rei confultor, promotor *, & origo; fic non iniuflè * Ludouic
te conuenimus , rogantes principia huius expeditionis difcernas, ee
mediis confulas , fini preuideas. Nihil enim Rex nofter te inuito Éolicrreurs
incipiet, aut abnuente attentabit : Omnia tuo nutu adminiftra- - vue dy
buntur ; nedum copiæ ipfarümque duces iuffibus tuis parebunt: j Un
Sed & ipfa Maieftas regia confiliis deferet, voluntati morem ge- 191.219. 6
ret. Proin , rumpe imofas , iubéque, fi ita cenfes, legiones hyema- **°-
libus (iam inftante vere) educi. Cernes non tyrones, colonos aut
lixas , fed quemlibet expertifimum veteranorum gentis Celtibe-
riæ Hifpaniarämque ,tum florem Galliarum potiffimum equitum,
peditum Alamannotumrobur eximium ; quibus mors fortiter quæ-
fita ludibrio eft, nullius periculi terror, non laboris fatietas, non
algoris cr tedium : Non, inquam , difcriminis alicuius æ{ti-
matio , his ipfis, non animus aggrediendis in rebus, aut confilium
in gerendis deeft. Fides quâm fit ipfis fingularis , precipua & iim-
olluta ab antiquo perfpectiflimum eft, ita vt fi folo eo prefidio
NP viciffe iam diceres. Quid fiet, fi vnitas copias, fi men-
tem candem , fi idem videris placitum & conforme in omnibus
confilium >? Non Alpium faltuofi vertices , non vrbium extru@if-
fima mœnia, non turres nubibus imminentes, non aggerum mo-
les ,non arces naturä & arte munitæ, non ingeniofa machinarum
inuentio aut horridus bombardarum fragor , ipforum conatus
repeller & obfiftet voluntati. Quare viétor , quocumque voles,
cum inuicto ibis exercitu. Nec dico NN eapolitanus Rex poterit re-
fiftere, fed ne vniuerfæ non modo Aufoniæ , fed Europæ vires in
vnum collatæ obluétabuneur. Tu pro tua integritate & fingulari
prudentia regem (quæ tuæ fefubmitrit fidei) à perfidia tutum red:
des , & fenties eum non tam fibi, quèm tibi & Sforcisdi omni-
bus vicifle. | po
E iufilem Responfio.
Nil vnquam audiuimus libentius, nil voluptuofius potuit euce-
nire aut iucundius, quim quod regia Maieftas (cuius nos non pro-
fitemur amicum, fed clientulum ) tantüm in nobis depofuit ba |
tantum fiduciz & fidei. Faciemus (fi quicquam in terra fidei cft)
ne Serenitatem fuam conceptà -de nobis fallac opinio; : dlchrém-
que videbitur exuperare magnitudine bperum fuâmet once glif-
2 LH
242 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
De Exren, CEntem opinionem , pofterifque hæc res erit monimento liberali-
Caro ter creditæ , hdelitérque inuentæ fidei. Legiones quamprimüm
| : : A trajiciendas cenfemus, quas cantæ. cfle eminentiæ tantæque virtu-
cis Regi gratulamur , & leramur nobis. Negotium enim etfi Re-
giæ Serenit. fit proprium , non tamen minus ob fingularem obfer-
uantiam inclinationémque non vulgarem, noftrum iudicamus ; vel-
Jemuüfque faufto fine tranfigi , quod matimé celeritate poffe fieri
arbitramur. In ambiguis namque rebus queque fortiflima confi-
lia,cutiflima effe confucuerunt. Ad hoc maior ignotarum rerum
terror, maior infuper animus inferentis, quàm propulfantis iniu-
riam : Pretereà fama multorum fepè bellorum confueuit effe gu-
bernatrix : Sic & nobis non difhdimus poffe euenire , priufquèm
hoftis militum numerum, exercitus amplitudinem refciuerit ; fa-
ma omnia adaugebit, gemina ex fingulis faciens ; prius fe fentiet
vicifle , quäm applicuifle in regnum : fingula falubrius euenient,
quam aut fperare poteft Rex, aut aliquis animo sig #4 Hoc
enim nobis pauor tyranni , & regnicolarum feruens defiderium
libertatis , auidâque voluntas excutiendi iugi fuggerunt. Nos Se-
renit. Regiæ non deerimus. Habita namque fides plerumque ip-
fam obligat fidem. En Vrbem hanc, & municipia Maieftatis fuæ
arbitrio expofita ; gazæ & quicquid nobis pecuniarum eft ; nec
urpuratieum comitabuntur noftri, fed hoc noftrum corpus mil-
c fubiicere periculis & certæ morti exponere in animo eft , ob
id non tam in noftra commoda quam in fua decora nos fentiet
anhelantes.
.« Prafatorum Legatorum Oratio ad Bononienles ,
Le:6. Auril, ° : - die 26. Aprilis.
Abeuntibus nobis hæcabinui&iffimo noftro Rege mandata func
iniun@a , vt cum alios Aufoniæ populos , Potentatus , & Vrbes
*al.accen- accederemus *, tum vos, Potentiflimi Viri Bononienfes, denuncia-
HIER turi Regiæ Maicftatis inflituta, quæ vendicare fibi AN capolitanum
due (quod auito hereditariôque iure ad eum fpeétat , & in-
iufté ab © 4ragonie poflidetur Regibus ) in animo habet. Et cùm
ad cam rem peragendam fautoribus amicifque egeat, vos dignos
_cenfuit, quos tali munere honeftaret ; non dubitans , quin ipfius
perfpe&i beneuolentià, clementiâ , & pietate veftrà fponte in ip-
fius effetis amicitiam concefluri , potiüs experturi humanitatem
animique fui placiditarem , quâm confternationem &irain. Pre-
ftat itaque difcernere viri Senatorij, à quo mortalium amicitia ve-
ftra expetatur , & amplum vobis eft fimul & fpeciofum , rogare
eum qui cogere cunéta pôffec. Ob-id fi vultis confulturti rebus
veftris , fuademus amicè , ei vos fœdére coniungité ; qui amicus fo-
lo nutu eleuare vos vltra alios Latij populos poterit, aut ira perci-
ROY DE FRANCE. 2 43
tus in perpetuum fufferre & deprimere. Vtrüm iftorum experiri Ds Exren.
malueritis iam in veftra poteftate eft ; Paulo poft in offerentis vo-
luntate erit. Proin, dum tempus eft, vobis confulite. Preteruolat Nr4
namque perfæpè occafio , quam paulô pôft nequicquam fruftrà
per y quæretis:Nos vobis volentibuscertam & perpetuam pacem
damus, quam fi libidine, ignauiä , auc negligentià contempferitis,
omnia nunciamus aduerfà ; iimque igne, hanc veftram ornatifli-
mam vrbem, mucrone, ciues videbitis cafuros , iure belli veftros
ante oculos, in coniuges liberôfque fæuierur ;quæ fi mente perce-
pcritis, non immerito, animus exhorrefcer,incertümque euentum
certæ ftabilique tranquillitati non anteferet,
Responfio Bononienfium.
Audiuimus mandatorum veftrorum fummam, & magnifica ve-
ftræ gencis verba, animi plus elati quàm vtilis, quæ nifi nota no-
bis effent, non immerito terrorem incuterent. Ita enim loquuti
eftis ; ac fi vrbem hanc nôfque omnes in veftra haberetis potefta-
te,câque iam in nos decreuiftis , quæ in captis hoftibus exerceri
{olent ; Vrbisexcidium ,ciuium interitum, matronarum infantiém-
que cafus oculis fubieciftis noftris ; quæ fi omnia effenc perferen-
da nobis,noftrifque fubeunda, non tamen deceret viros in armis
& ad arma natos, fumofis vetbis deterreri. Sic namque temerè &
imprudenter ageremus recufare regiæ Serenitati amicitiam & fa-
uorem , fi eum decentibus nobis verbis, detuliffet. Sic non iniu-
ftè quilibet fatebitur nos agere, fuperbi Domini, infolentis focij,
tam illicitis mandatis, non parere. Licebit namque arrogancer lo-
quentibus , non meticulosè refpondere. Quis Regi , vobis , aut
genti Gallorum huius noftræ vrbis cribuit imperium? quis ei por-
tas aperuit ? quis intra pomærium accepit ? quæ ficut non faéta ne-
ceffario dixeritis: fic fubire ca graue vobiserit, difhcile, & infau-
ftumi, Dulcis namque libertas eft, nec, nifi ab infano, deferirur ;
éam nemo bonus nifi cum vita fimul amifit; quæ Maiorum no-
ftrotum fanguine parta ,noftro conferuata. Non verbis veftris, fed
ne quidetn operà aufcretur. Quôd fi experiri volueritis, intellige-
cis (veftto infelici fato) nobis & fpiritus & animos cfle, dignos
viris Romanis (à quibus hec vrbs defluxit) dignos gentis Italæ ,
dignos ,dico, atauorum noftrorum claritudine. Nec libertas no-
bis fpitahtibus periclitabitur, nec mœnia, aggeres, aut propugna-
cula huius ciuitatis, inui@&æ dextræ ferrum prçeacutum, nos à vo-
bis periclitari finent, Quare fi amicè venietis, tranfitus per muni-
cipia noftra minimè (benè foluentibus) denegabitur.
Hh ij
CAROL1I
JL 1N
P.REG.
244 HISTOIRE DE CHARLES VIIL.
Ds Exren.
CAROLI
VIII 1N
NEAP. REG.
Le 4 May.
* Il faut en-
tendreLudo-
uic gendre
d'Hercule I,
Duc de Fer-
TAre, U.P.ITS.
precedente.
A4 Hercule Eftenfem Ferrariz Ducem Oratio,
babita quarto May.
Fit partim naturâ, partim inftinu fidereo, partim preceden-
tibus ofhciorum meritis , ve homo homini plus inclinetur; quo-
rum neutrum interte, Hercules Eflenfs, Chriféiniffimémque Fran-
corum Regem , defiderari poteft. Virtuofus namque plerunque vir-
ruofo coniungitur ; & morum conformitas precipuum & tenacif-
fimum amicitiæ confucuit vinculum efle ; quæ us Lælium Sci-
pioni ,Pomponium Graccho ; fic Herculem Carolo iunxit. In vtro-
que enim enitet animi magnitudo; fingularis rs , infignis co-
mitas, precipuafanétimonia, aurea æquitas, liberalitas , prudentia,
prouidentia, & virtus merirô extollenda , quæ tantä vos firmitate
colligarunt , vt veftro feculo non poffit diffolui. Quod fi vltra
ifta merita defideras , nefcio an vnquam efle , aut extare poffunc
maiora , quæ inter vos ambos Maioréfque veftros queunt recen-
{eri. Quæ ficut notiflima & çognita omnibus populis, quando
Annales omnes ipfis funt referti, præterco. Cæterum ad rem ve-
niendo, hoc Regis noftri nomine à te rogamus, velis Serenit. fuæ
in hac füua iuftiflima expeditione , auxilio contra fæuiflimum ty-
rannum efle ,vt eum deturbare, vendicare fibi regnwm funm poflit.
Sua namque fæuitia & crudelitas & Deo &-hominibus eft inuifa,
ui Chriftianiflimum Regem excitauit , vt mulétam irroget , ve
fuä iuftitiä violentiflmam tyrannidem eradicet & extirpet. Cui
fi pro virili affueris, non te officio & bencficio priorem certauif-
fe pœnitebit.
Etus Responfio.
Non ignoramus , quæ familiaritas vel potiüs necefhtudo in-
cer prifcos Francorum Reges, noftréfque Maiores fuctit. A quo-
rum inftituto, ficuc in cæteris non degenerauimus ; fic in hac re
haudquaquam inferiores reputabimur. Regiæ Maicftati cuncta
noftra patebunt. Nec nos inoffñciofi erga eam erimus ; omnia haud
cunctanter fubibimus , quæ iufferit ipfa, aut quæ grata ei fore in-
tellexerimus ; quæ finos animaduerterit see jactantem , quam
viriliüs exequentem, filius * (quem ob fidem fuæ Maieftati dedi-
mus) perfidiæ pœnas luet; is fuo fupplicio noftrum deliétum ex-
piabit. Nec nos deprecamur quo minüs in nos fiat animaduerfio;
quod fi conftantes nos viderit, firmos, & fideles , vt certo facier,
credimus non Vanas fuas pollicitationes futuras.
ROY DE FRANCE 245
| : | , Ds Expen.
Ad Yrancifcum Gonzagam Marchionem Mantuanum, Canori
| | “ VIII. 1N
die duodecimo Marti. “NEAP. REGe
Non æquo fert animo Rex nofter , Francifte Gonzaga, Princeps HE
Iluftris , ita ferre difpenfatricem rerum humanarum fortunam,
rids eum tibi oneri quèm vfui effe, priüs petere quàm conferre
ape Sed cüm hanc quoque nouit amicitiæ fpeciem elfe,
vt confidenter ab amicis res queque neceffariæ expetantur , eam
hoc tempore amplecti non erubefcit, rogâtque cüm anni tibi fint
militiæ habiles, compaamembra, corpus Blidum , ftatura iufta,
& à militari cultu non abhorrens; imprimis experientia bellica &
rei militaris non mediocris cognitio , velis ipfius aufpicio contra
Neapolitanum fubdititium Regem militare. Quæ res cum honori,
cum vtilitati tibi erit non modicæ. Æs enim menftruum, & tibi,
& tuis ex ærario numerabitur. Ec fi Optimus Maximus optatum
finem rebus impofuerit, & te, tuôfque fpes alta &indubia maner.
Experiere namque ee fint Galliarum Reges in eos, qui eorum
infequuntur fidem liberales ,aduerfis in rebus conftantes, fecundis
propitij.
Eïu{dem Refhonfio.
Seriè veftræ legationis intellecta optaremus poffe defideriis Re-
giæ Maieftatis nos condefcendere & obtemperare voluntati. Sed
cüm fides imprimis fit exoluenda , eam Venetis Senatoribus ob- ”
ftriétam ,illefam preftare conuenit. Annuam namque operam au-
ro à nobis emerunt. Quare non poterimus fimul Regiæ Maicfta-
ti morem gerere & farisfacere pollicitationibus , quôd fi Regia
dignitas cos anteuertiflet , inclinatiores fuiflemus ipfi gratuitam,
quam illis mercenariam operam exhibere.
Oratorum Regiorum ad Florentinos, 11. Mas. Le 21. May.
Illuxerunt tandem optati dies quibus inuictiffimus Francorum
Rex amorem pietatémque in vos fuam ; Vos fidem & obferuan-
ciam in Maicftatem fuam , declarare poteritis. Quadragefimusnam- .
que ferè circumagitur annus, cüm anteceflor *{uæ Serenitaris inre- Pise
cuperationem regni fui afpirarer; Vos memores, quod Galliarum René d’An-
Reges, hanc veftram pulcherrimam Vrbem (quæ à finitimis po- un de
pulis deleta & diruta fuit) fuis opibus reftaurarunt, & femotis ru- "7"
deribus condiderunt à nouo. Ita ipfi affuiftis, vt veftro auxilio &
potiffimä operà , fictitium Regem , regno eiiceret. Quam fuam
& veftram. viétoriam tam claram, cum Papa Piys ingenio plus
quàèm viribus dehoneftaffet ; ita quôd non fugienti , fed cedenci fi-
milis, refiduas copias in Galliam traducere cogeretur ; non modo
Hh ii)
Ù 6
246 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
Dr Exveo, Cum fpe fu, fed & Vos veftrà fraudauit ; idque effecit, vt Regia
Caxorr Maicftas vobis benè merentibus nihil, (quod tamen maximè cu-
ee . piebat) pro tali munere talique merito boni refunderet ; quod ne
‘medio quidem tempore ob ingentem locorum diftantiam , & ma-
ximam viarum intercapedinem fieri potuit. Sed non tam remo-
uiffe , quàm diftuliffe vobis iniqua fors tam iuftam mercedem vi-
deri poteft. Quôd enim Rex (arolus ei expeditioni fe accingar,
certè vobis conftare fcimus, vt puto, qui millies ex litteris ciuium
veftrorum (in Empotiis Galliz commoranrium) contraétum exer-
citum, colleétos milites , collegeritis. Et cüm iam copias credamus
* P.191.193. Alpes * exuperafle, facilè coniicietis, eas quamprimum vos apud fu-
turas, quibus fibi regnum , vobis dominium Ecruriæ eft vendica-
turus. Quare non tam ipfi opem feretis, quâm vobis ipfis confu-
letis. Nam fi non pudor , certe cedium vobis deberec irrepere,
quôd vos iniuriis Pontifices , aliique mollifimi Sacerdotes (qui re-
bus prefunt) affecerint, quàm impiè lacefliuerint , terruerint fçpe,
quibus meritô vos terrori effetis. Ob id expergifcimini , & arma
capefcite, regi regnum , vobis non folum immunitatem & perpe-
*acquifiuri tuam libertatem , fed maioris partis Italiæ dominium parturi *.
Refponfio Florentinorum.
Fuit huic ordini acceptifhmum & iucundum auditu, quôd tan-
dem .(etfi ferius quäm voluimus) Chriftianiffimus Rex è fomno
fit experrectus ; quod id petere intendit, quod omni iure Pontifi-
cio, Cefareo & ciuili, ad eum fpeétat. Nos antecefloribus fuisnon
defuimus , nec ipfi, quoad ven defuturi fumus. Hoc enim
merita (quæ partim recenfuiftis) expoftulant , partim ingruentia
pericula quibus fubfuimus , & quorum fperamus finem , nobisper-
fuadent. Poft eum namque diem ( quem exprefliftis copiosè) quo
Rcegiæ Serenit. contulimus quicquid virium nobis & pecuniæ fuit,
Vt Puits à folio Ferdinandum detruderet , nihil nobis in tota Ita-
lia amicum fuit, nihil non aduerfum. Pontifices namque omnes,
ños eos deferuiffe ,éxteræ adhefiffe nationi, quefti funt. Hoc Rex
ipfe, hoc Duces, Vrbes , Potentatus & populi. Cuilibec inuifum
bi Florentinumnomen ,omnesin noftram perniciem anhelarunt:
quilibet gloriæ fibi afcribebebac, fi nos ciuéfque noftros infigni
quadam Îefiffec offensä. Hec omriia eâ animi equitate tulimus, vt
nemo fe Repi veftro in amicitia prelatum poffitdicere, femper id
. quod nunc cafus offert fperantes. Quôd fi longius fata diftuliffent,
non tamen nos pœnituiffet queque duriora perferre propter Regem
&ipfi adeffe,inimicis obefle exiftimaffemus decorum. A duentus ora-
tus eft & optatus,quem pro vitilinoftra conabimur (licècin fe fit lu
culentiffimus) auguftiorem reddere , Vrbem fingulâque in ea con-
tentafuoarbitrio cree , & nos in fuam offerentes poteftatem.
—
ROY DE FRANCE. L 247
Ad Senenfes Oratio, vltimo Mar.
Declaraturi breuibus * Regis noftri voluntatem & noftri aduen-
eus caufam , hoc Vos, Prefides huius inclytæ Vrbis, rogamus, vt
patiamini Regis noftri copias per veftra caftella deduci , ve ipfis
pacifice venientibus cranquillus fit adicus, fecurus difceffus. Non
ciuem, non municipem, non colonum offendent. Vitra ea Regis
eft animus, vt omnia quz ipfis venduntur foluantur ad vnguem :
Quod fi quis non fecerit , fenciet fe Regis indignationem & fui
corporis pœnam incurrifle, quam maximo fuo cum malo diluet &
exfolucr. Precereà optat Maieftas Regia vt frumento, quo maximè
abundatis , alatis copias. Nam ficut horreum Romanorum Sar-
dinia & Sicilia fuerunt ; fic in neceflitate hac veftram Vrbem Sere-
nitas regia elegit ; cui fi ex fide affuericis , cumulatiuis olim tanto-
rum meritorum fructum refundet.
Refponfio Senenfium.
Iuxta defiderium Reois veftri, pollicemur tranfitum copiarum
fuarum , cutum fore & fecurum : Frumenta ad vfum neceffaria,
fumus pretio vendituri ; gratuita namque contribuere , nec ex re
facri Imperij, (cui fubeffe nos fatemur) nec ex fide noftra effet.
Vectigal enim pendere, fubieétionis eft fignum. Et cüm nulli pre-
terquam Cæfareæ Maieftari fubfimus , eo infcio quicquam polli-
ceri , ficut in fe effet infructuofum ; fic nobis inhoneftum. Horrea
alibi Rex vefter queret, nec in meffem alienam immittet falcem.
Imperio namque ferentibus, eidem metere conuenit & æquum eft.
j
_ Ad Alexandrum Sextum Pontificem, Oratio Legatorum
Caroli Francorum Regis, 11. luly.
— Sçpè Oratoribus, fæpius licteris, te apud , e 4lexander Sexte , fol
licicauit Rex nofter , quôd annueres auxiliôque efles , vr Regnwm
fuum Neapolitanum (quo iniuftè eum fpoliarunt Reges : 4raçgonum ,
coque in hunc vfque diem, contra ius fâfque & honeftum potiun-
tur) confequeretur Credebat te tam licitis fuis defideriis obrem-
peraturum , & id agere ne Chriftiani Principes bello implica-
rentur. Sed cum plane videat fe omnia furdis aunibus ceciniffe ,
ferro decreuit curare vulnera,quæ non fentiunt beneficia medici-
næ ; Nofque iterum ad te mifit præcipiens , te admoneremus , vt
Serenitatis fuæ voluntati non incautius relutareris : Quôd fi non
poffemus perfuafionibus apud te efficere , vt tibi & cuis denuntria-
remus bellum ; quod Regem noftrum non minori animo, quàm
nos denuntiamus, gefturum confidas, Nec tibi perfuade ,cam gen-
De E xpsp.
CAROLI
VIIL :N
NEAP. REG
Le dernier
M a).
* 4, breuids
Le12.luillet,
D» Expen.
CAROLI
VIIL 1N
NeaApP.REG.
24 8 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
tem, quæ florentes Romanorum res fæpé periclitauit & fubuertit,
Vrbem hanc diruit, populi Orbisterrarum Domini inuiétum exer-
citum fudic, deuicit Lucium Papirium, Torquatum , illuftres Fa-
bios, ceteréfque preftantiffimos belli Duces ; pufillanimes Sacer-
doces (qui mollitiei & deliciis infueti, bella ciment ) reuerituram,
Potéfne fperarc te & efœminacos tuos complices À contueri
explicatos Regis noftri ordines ? quorum congreffum Camillus,
Marcellus,Fuluius & Africanus ipfeScipioexhorefcerent? Quid di-
xero fi manus conferere incipient ? qui fiiaculis eminus , cominus
gladiis res gerentur? quid, inquam, fi infità gentis more ferocià
quemlibet obuium profternent? paflim mortes mortibus accumu-
labunc? cadaueribüfque cadentium explebunt aceruos ? hocne viri
illecebris dediti, inter exoletorum fcorcorümque gregem enutri-
ti, perferent ? Tu crede, non primum fuftinebis cumultum , vo-
tifque Deos venerabere feris, tunc cum omnia perftrepere armis
cernes, pacem fepè tibi oblaram petes, quam non dacurus cft ali-
quis ,aut vilus conditiones eius auditurus. Quare proteftamur , vo-
lumuüfque omnibus Chrifticolis palam efle, Regem noftrum non
contra Ecclefiam, quam fan@iflumè colit, humiliter reueretur , fed
contra te, tuämque obftinatam perulantiam ,arma morcurum. Bel-
lo itaque te accinge , quoniam pacem perferre non potuifti.
Responfio Pontificis.
Sedulo legimus , multoties audiuimus, Legatos Iure Gentium
tutos elle debere; quod ni fciremus à prifcis obferuatum & trans-
fufum ad hæc noftra tempora, iam linguam , quæ tot nos iniuriis
Jacefiuit ,faucibus faceremus euelli veltris.
Sed vincet modeftia ; humanitas noftra veftro errori confulet
& auxilio erit. Nam longe pulchrius nouimus feipfum vincere,
motuüfque animi reprimere , quàm de hoftibus reportare trium-
phum, quod hodie pe in animum inducemus , eâ ramen lege,
vt pofthac verbum dicatis nullum nobis contrarium ;alioquin ve-
ftræ proteruitatis congruentem pœnam cum fœnore reportabicis.
Minas flocci facimus , fcientes hoc naturâ vobis infitum, quod
ventofi tumidique fitis, omnia agentes viriliüs verbis quàm ope-
rà. Nam quod fortia recenfetis maiorum faéta, curpius vobis eft
quâm honeftius, & plus dedecoris quâm decoris in fe habet. Ni-
hil enim ab his quèm nomen accepiftis, gloria, fama , honor, &
virtus cum ipfis expirauere ,& tumulis funt inclufa. Sicutenim Ca-
milli apud nos effe defierunt , fic & Brennus apud vos inuenietur
nullus; quibus vos maximè artibus precellere conftar, & clarum
cft : in pace tumultuofi , in bello fegnes. Si enim Rex vefter ad
nos venire decreuit non dehortamur quo minüs faciat. Nufquam
namque legitur diuturnam veftrz sentis victoriam fuifle ; Vos vti
victorià
ROY DE FRANCE. 2 49
viétoriä nefairis, &cc. Furentem irà , plurâque &catrociora conan- Ds Exp.
tem dicere , circumftans Cardinalium cœtus precibus deliniens, er
cœpto mouit. NEAP. REG.
Ad Vrfinos , Orafio.
Tantæ bonitatis eft Rex nofter , vt quemlibet vel inimicifli-
mum ad amiciviam hortari non pofthabear.* Sic nos ad vos mific, * 74:11.
fpe&abiles Vrfini, precipuè adre, Virgib, qui ficut capur esgentis, ble
ita periculo propior , vel (fi refipueris } vtilitati vicinior ; rogät-
que non Regem Neapolitansm (qui titulo caret fraudulenter potitus
pofleffione) ei vero, legitimo & naturali Regi in amicitia antefe-
ratis. Hoc toti veftrz genti ampliffimum erit , & fruétuofum ;
Totum namque Capuanum Ducarum poft viétoriam (quæ haud
fegnis erit) vobis gentique Vrfinorum daturus eft, quem confequi
Regis pietate , vefträ operä & virrute confultitis crit, quàäm om-
nia à maioribus parta obftinatius amitrere & veftræ gentis videre
intericum gtauc vobis erit cüm augmentum oculis proponent.
Reiponfio Vrfinorum.
_Confilium veftrum non reprehendimus vt intutum, nec Repis
pictarem incufabimus ; fed ficut gloriæ ci eft, condonare iniurias,
ignofcere errori, parcere infcitix ; fic nobis non in poftremis lau-
Le numerabitur, non mints fanétè exoluifle quèm fidelirer ob-
ftrinxifle fidem. Regi nos NN capolitana adherere certum cft, nec
prius deferturos quäm forores vitæ noftræ prefciderint ftamina.
Quæ noftra fides ficut Neapolitano Regi erit accepta; fic Regi ve-
ftro pro fua prudentia , non debet efle ingrata. Nihil enim fcele-
ftius, nil flagitiofius ingrato homine; à quo vos vitio (cum multa
infignia Neapolitani Regisin nosextent beneficia) ri volumus
alienos , morique honcfté , quâm viuere turpiter fatius erit.
26.Luillet, :
Ad Ferdinandum Aragonis er Neapolitanum Regem ;
| Oratio babita 16. Iuly.
Iure Gentium eft inftitutum , ve bella per Feciales populis Re-
oibus & Principibus (qui hoftes effenc) indicerentur. Sed cüm ve
non fugiat, Ferdinande , Chriftianiffimum Galliarum Regem ho-
fem tibi cffe, perpetuôque fururum quoad non ccfferis poffefho-
ne Regni fui, quod contra ius fâfque violentà manu vfurpafti : VI-
tra ca te non fallit quäm inuifus fis tuis, quam à populis circum-
iacentibus detefteris, quam infuper potenti manu, forsi & precel-
fo brachio contra te Carolus Rex nofter veniat , ve non, fi fum-
mum Jouem habueris propitium aut Martem adiutorem, confule-
re rebus tuis poflis. Ex re tua efle cenfemus vt clementiam venien-
"%
DE Expeo.
CAROLI
VIII 1N
NEAP». REG.
250 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
tis quèm iuftam iram vincentis, experiaris. Fortafhs fi te fuppkx
fibi fubmiferis, fi pronus genua amplexaberis , veniämque roga-
ucris,aliquæ poflinc inueniri pacis conditiones ,quæ {uæ Maicefta-
ti non nocituræ fint, tibi vtiles. Aut enim Regni tibi dare pof-
fet partem , aut tributo impofito , toti preñcere. Refftendi fpes
nulla eft, veniæ aliqua ; quam fi non petieris priufquim copias ad-
duxerit , pofthac nequicquam implorabis. Rard enim parta viéto-
ria deferitur, fperata aliquando conditionibus immutatur. Quan-
ti igicur fit momenti fubmifhio , Mafiniffa exemplo efle deberet,
qui exutus regio decore, famä, & fortunis omnibus per Romanos
(quorum antehac inimicus fuerat } reftituitur ; à quibus veniam
fupplex rogando ed vfque creuit , vt nullus ei Rex ex coætaneis
veniret æquandus. Porus, videns res fuas vergere ad occafum , vi-
tori Alexandro detulit, à quo omni immunitate donatur ; quod
fi vires fuiffet expertus, Dario fimilis occubuiffet miferè , aut exu-
laffec in æuum. Quid de Antiocho, quid de aliis Regibus dice-
mus, qui id préfidij inuenerunt inermes fupplices , quod fperare
armati non potuiflent ; Quorum fiexemplis inniteris, prudenter re-
bus tuis confules. Quôd fi non feceris ,iam vaticinamur,te cafu-
rum , vt nullus ex pofteris cuis extollat caput. Non enim fi om-
nes Aufoniæ copias contraxeris, Regi noftro poteris refiftere, qui
tantà eft militum virtute circumcinétus, tali vallatus prefidio, vt
ne {euus Hannibal, durus Hector, aut immitis Achilles ei poffent
obfiftere. Quare vnum fac à duobus , aut regno fponte cede, aut
ora veniam, quorum alterum ad minus vitæ tuæ confulet. Quæ
fi omiferis, nec fuga tibi expedita eric, nec refiftendi copia ; & {e-
10 laudabis confilium noftrum , & tibi imprecabere,
Neapolitan Regts Responfio iniurio{à. |
Faceflite hinc omnium mortalium flagitiofifimi, cum funeftis
veftris & {celeratiflimis confiliis. Vix enim nobis imperamus , VC
à vobis abftinceamus manus, aut mille vos fubiiciamus cormentis:
tantum enim petulanti linguâ effudiftis fcelus, vc preter ius gen-
cum vitæ veftræ nihil pa LS Vofne fuadere audetis , eo nos
rcgno cedere , quo nos omnes Chriftiani Principes (vel Dij ipfi
irati) fpoliare non poffent ? Creditis nos veftri effe fimiles , qui
omnia rois incipitis , ignauiter perficitis ? magnum difcrimen
inter Italos , Galléfque, ipfa natura voluit, quæ alios ad acquiren-
dam gloriam ad amittendam ceteros progencrauit. Sicut namque
Itali principio & rerum aggreflu fortes funt, mediis fortiores, f-
ne fortiflimi; Sic Galli principio quandam magnanimitatis often-
dunt fpeciem , quæ medio languet , fine confenefcic : Et ficut in
primo confliu , viros æquatis, vel ipfis eftis preftantiores ; fic
fœminis durante’prelio molliores. Nec confidite nos ob eam rem
ROY DE FRANCE. _ 2fI
vos extimefcere , quôd gloriamini veftros maiores fubeoiffe Ita- De Exren.
liam, diruifle Romanam vrbem. Nihil namque conducit, paren- ts
um memoriam claram, filiorum deformem & fpurcam effe. Ne
Non enim non vincere daremus vitio, fi id modo caueretis, vt
vos non vinceremini. Sed quoties Britannorum Rex, Burgundio-
rum Dux , aliïque accolæ vos noftris temporibus vicerunt ? qui
etiam caput regni veftri Parifium coronûâ cinxere , vrbem prefle- :
runt grauiflimà obfidione, Resem mæniis includentes, quarum , f,,4& mal
fe alcitudine eft turatus. Sed verera fortaflis nimis recenfemus, quæ frformédes
noftro tamen æuo euenerunt. Videamus quot Gallorum equites , Lol «
à paucis admodüm Diui Maximiliani peditibus, funt deleti? Con-
fideremus quot ex gentilitiis veftris, Albertus Dux Saxonum in-
clytus, fubmiferit orco, qui paruâ manu toties vos coniecit in fu-
gam, tot de vobis reportauit trophea & egit criumphos , ec.
RRRENCESENINRIEENEE MINIME
EDICTVM REGIS :494
DE EXPEDITIONE SVA
IN ITALIANM.
AROLVS Dei gratià Francorum Rex, vniuerfis Chrifti f-
(Cv. Patentes * licteras infpeéturis , zelum Catholicæ fidei * «1. præfen-
& falutem in Domino fempiternam. Confiderantes attentius, &“
intranoftræ mentis arcana fæpenumero reuoluentes innumerabilia
damna &incommoda, cædes & ftrages, ac nobilium ciuitatum , &
fidelium populorum defolationes & deuaftationes, ac plurima alia
horrendiffima facinora , quæ fpurciflimi Turci fanguinem Chri-
ftianum inceffanter debacchantes à quinquaginta annis citrà , ve à
maioribus noftris profeco fide dignis viris didicimus, inhumanif-
fimé perpetrarunt : cupientéfque more progenicorum noftrorum
Francorum Regum Chriftianiflimorum , tantis fceleribus , quæ
ipfi perfidiflimi Turci religiont Chriftianæ continuè minantur ,
ro viribus occurrere, ac eorum fitibundam rabiem totis conati-
ee reprimere, poftquàm placuit Altiffimo in Regno , ac Domi-
niis noftris fuam pacem ponere, & illà tranquillitate potiri : Pro-
pofuimus pro repellendo Turcorum eorum Lu rabido , & re-
cuperandis Terrà San&à & aliis Dominüs , per eos Chriftianis,
Principibus & populis, ablatis, propriis perfonæ ac laboribus fa- Orland ne
cultatibufque non parcere. Quinimo dile&iffimis vxore, ac vni-/10. O&b.
co filio* noftris, Regnôque ampliflimo, pacifico & opulentiffimo, bo 1e
etiam præter voluntarem Principum & Procerum Reonïi noftri re-6. Decembre
liis, ftatuimus cum adiutorio Dei, cuius caufam ampleétimur, ac "#95: #£° de
Summi omnium Chriftianorum Pontificis & Paftoris, NECNON % p.107.
ii
1494.
Ds Exvep.
CAROLI
VIIL 1N
NeaAP.REG.
*P'.pag.144.
precedente.
* Æneas Sil-
uius dit Pie
IL. élen 1458.
mort1464.
252 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
Principum & aliorum Chrifti fideliu prefidio, hoc fan&iffimum
opus fideli deuotione & magno animo agoredi,
Quod quidem fanétum propofitum diuinà credimus infpira-
tione noftro cordi fuiffe infixum : nec arbitretur quifpiam , vt ad
occupandum quorumcumque Principum vel populorum domi-
nia ,aut ciuitates opus hoc tam fanétum, tämque laudabile agorc-
diamur, fed vc ipfe Deus ineffabilis verus teftis eft, hoc folüm ad
cius laudem & gloriam , fuæque fidei & Chriftianæ religionis exal_
tationem & ampliationem ampleétimur, fperantesin ipfo Deo ,à
quo omnia perfeéta opera perfectionem fufcipiunt, nos hoc fan-
étum defiderium noftrum ad optatum effe&um perduéturos.
Sed quod Regnum Sicilie*, ( quod N eapolitanwm appellatur) fæ-
pius per me noftros à manibus infidelium , & aliorum
Romanx Ecclefiz & Apofñtolicæ Sedis hoftium ereptum , & ci-
dem Ecclefiæ refticutum fuit , & de quo ipfi progenitores noftri
viginti quatuor Inueftituras, videlicet viginti duas à diuerfis Ro-
manis Pontificibus, & duas alias à duobus facris gneralibus Con-
ciliis receperunt; & quod ad nos iure hereditario pertinet. Quam-
uis Pius* Papa II. volens fuos ex humili plebe natos ad Principa-
tus faftigium extollere , Regnum ipfum noftris contra iufticiam
abftulerit , & illud quondam Ferdinando de Aragonia conceferit :
Ad oppugnandum diétos perfidiflimos Turcos precipuè per por-
cum Valonæ, & nonnulla alia loca nobis facilè ingreffum prebe-
re porcerit ,illud Deo opitulante inrendimus recuperare , Vt no-
bis & noftris facilis ingreflus & egreflus , ac tutum prefidium effe
poflit. |
Nec intendimus propterea almæ vrbi Rome, prout modernus
cAlfonfus de Aragonia, & fui predeceflores , alius Alfonfus & Fer-
dinandus , magnä temeritate & rebellione , eam obfidendo fecerunt:
aut aliis terris Romanx Ecclefiz preiudicium aliquod feu dam-
num inferre , fed illim & ipfus Ecclefiz fubditos pro illius &
Apoltolicæ Sedis honore & reuerentià , ab omni damno & in-
iuria pro pofle noftro illæfos conferuare , more dictorum pro-
genitorum noftrorum , quantüm cum Deo poterimus , potius
adaugere.
Quia vero pro diéto Regno recuperando, & noftro fanéto pro-
pofito exequendo , pro faciliori & breuiori via ad Wrbem predi-
am veniendo , per nonnullas terras diétæ Ecclefiæ tranfitus fit
nobis faciendus , San@iffimum in Chrifto Patrem & Dominum
Dominum Alexandrum diuinâ prouidentià Papam Sextum , ac
Sacrofanétum Romanx Ecclefiæ Collegium , necnon quarum-
cumque ciuitatum , oppidorum , terrarum, & locorum eiufdem
Romanæ Eccleliæ Reétores, Gubernatores, Poteftates, Officiales,
ciues, incolas , & habitatores quofcumque in Domino requiri-
mus, & hostamur, & obteftamur , faltem , quemadmodum hofti-
ROY DE FRANCE. 2$
bus noftris, & in hoc facro propofito nobis aduerfantibus , fa-
uores & auxilia, quæ potuerunt, preftiterunt, & preftant, ita no-
bis & noftris liberum ingreffum & egreffum per ciuitates, oppi- € 77
da , terras, & loca predicta, ac iuala neceffaria noftris fumpti- VIIL 1x
bus & expenfis exhibere dignentur. Nifi enim nos in hoc falu- NF4r- RES:
berrimo opere impediuiflent , credimus iam vrbem IN eapolim &
magnam Regni partem expugnalle ; & in principio veris proximè
futuri fines hoftium ingredi potuiffe. | |
Si vero ingreflus & egreflus , ac liber tranfitus , & victualia ,
nobis & noftris foluendo debita pretia, fucrint (quod non credi-
mus) denegata , nihilominus conabimur totis viribus meatum in-
uenire, & capere , & victualia neceffaria , quibus poterimus me-
diis , proteftantes folennirer de nobis, ad culpam non debere
imputari, fed potiusillis, qui perfidà iniquitate de fide noftra non
rcétè fapientes , noftrum pium & fan@tum propofitum voluerint
impedire. | |
Proteftamur infuper de iniuriis Deo & nobis faciendis, dam:
nis quoque & interefle É nos proptereà iam incurfis , & fi quæ Defin du
in futurum incurfuri fuerimus. Quas proteftationes profeque- Roy de con-
mur coram vniuerfa Ecclefia , ac Principibus totius Chriftianita- #74 vr
tis, quos conuocare intendimus pro hac fan@iflimä expeditione,
Deo duce , feliciter adimplendä. |
In quorum omnium fidem Patentes Litteras fieri , & per No- te
à 1e og oo: / : . 11. le Samedy
tarium publicum fubf{cribi & publicari, noftrique Regalis Sigilli ,, Nosem
appenfone muniri fecimus. Datum Florentiæ , die 22. menfis bre1494.v.
Nouembris , anno Domini Mccccxciv. & Regni noftri x11. F0 5 7
120.(F 104.
precedente,
EXTRAIT DE L'HISTOIRE
D E |
LOVYS DVC DORLEANS.
(DEPVIS DOVZIESME DV NOM
ROŸY DE FRANCE)
Pour ce qui regarde celle du Roy CHARLES VIII
1494.
AROLVS QUINTVS Francorum Rex decedens Carolum
48 Ludouicum filios reliquit. Carolo natu maiori Regnum ob-
uenit. Ducatum Aurelianenfem pro fucceflionis parte naëtus eft
Ludouicus , fecundis Regum filis affuetum. Nam & hunc tenuerat
li ii
254 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
prius Philippus , Ioannis Regis frater. Hoc igitur adito , Ludouicus fi
non fratrem impetij magnitudine , animi ramen robore, & ma-
gnarum rerum auiditate æquabar. Fuit quippe is ille Ludouicus im -
perij dominiique cupidiflimus : Fines fuos feu armis, feu pecuniä
diftendi: Adiecitque Ducatui Aurelianenfi quicquid circa Blefiam
terrarum cft ; Couciacum , & Sueflionenfem agrum : Bellum Ger-
_manis intulit , & aliquoc ab eis oppida recepit : Benediti partes
enixè iuuit , ac pro Pontifice eft veneratus : Locharingiæ Duci,
bello cum Metenfibus implicito , pacem reftituit : Foanni Burgun-
do in Regni adminiftratione maxime aduerfatus eft. À quo poft-
*y.p.809. Mmodum infidiis petitus, Parifiis noëtu fœdè trucidatur*. Ad Ce-
190. 403. leffinorum cœnobium defunéti funus magnificè effertur. Pompam
a. exequentibus Siciliz Rege ,Borbonio Duce, & ipfo necis auctore
de l'Hifoire Buroundo. Ibi parenti Carolws iufta omnia perfoluit. Habuitque
Hour aliquanto poft-fuper Ludouici nece concionem, magni quidem no-
du Loue, Minis, fed parum finceri ingenij Theologus, quâ tantum Burgun-
| di nefas tegeretur , & Aureliani manes diris execraretur, & iuftè
occifum fcitè magis quim fanétè contenderet. Vt qui diceret 4w-
relium , Regnum affectafle, plebifque æraria innumeris vettigali-
bus expilafle. Regem fratrem veneno appetiiffe. Et ex Mediola-
nenfium Ducum familia vxorem duxifle , quæ patriis imbuta ar-
tibus eo Regis mentem auerterit , quando forfan venenum aliud
non potuerit , vt eam folam in tanto fenfuum omnium defetu
agnofceret , ei foli adluberet, libenter admitteret, & amicam vo-
citaret. IÎlum etiamnum fidem vanis magorum preftigiis adhi-
buiffe. Ceterâque id genus omnia, quæ magis ad Burgundici fce-
leris excufationem , quâm ad fidem rei pertinerent. Hunc fubor-
Eloge de Nafle Burgundum credibile eft , quo Joannis Gerfonis viri integer-
Ican Ger- rimi, & Theologix Profefloris acutiflimi fidem eleuaret, qui pu-
on blicè aftante ad verba Rege, in atrocius Zoanni Burgundi nefas
inuectus fuerat. Tres ante mortem liberos Ludouicus ex Ualenti-
na, Toannis-Marie Mediolanenfium Ducis filia fuftulit. Carolum,
Philippum , & Ioannem. Carolus ætate grandior Ducatui Aurelianen-
fi incubuit. Philippus Engolifmæ ditionis faftigium adiequutus eft.
foannes Virtutum Comes eft ditus.
Carolus vbi ad maturam peruenit ætatem, patris mortem vltu-
rus , cum Burgundo non diffimulata odia exercuit , eique maximè
femper eft aduerfatus , tum in Reipublicæ adminiftratione , tum
aliis omnibus in rebus. Hunc Burgundus femper apertè & racitè
verituseft. Timuitque magis hominis dexteritatem, quam rerum
potentiam : Ac a cum co quibus potuit conditionibus icit,
quod nec fanétum, nec inuiolatum ftetit. Diflidium non procul
ab aperta vi armorémque ftrepitu aberat. Nihilque vel parum
obftitit , quin tacitus inimicitiarum ignis magnum Galliæx incen-
dium eruétaret. Has Principum fimultates interrupit Anglus , qui
- CL 2 7 |
ROY DE FRANCE. 25
viétis magnà clade apud Blangium* Belgarum oppidum Francis , “ Bataille
Carolum Aurelium in Angliam abduxit, illicque annis quinque péri
& viginti afferuauit. Dum Carolws in Anglia captiuus agerct, re- +. port
xit intercà eius nomine rem tum priuatam tum publicam Joannes 406. 450.
Dunenfis naturalis Ludouicie Aurelj Glius : Vir fanè diligens, & ad
omnia feu belli requiras arcem , feu Reipublicæ fpeétes modera- foire de
tionem accuratus : Cuius confilio , duêtu, atque fælicibus aufpi- Charles VI.
ciis Angli fæpius fufi, fugatique, Galliz tandem poffeffione ceffe- At Eloge
run. Philippus Burgundiæ Dux, Patris rerum omnium preterquèm 4 ris
diuturnarum cum <Aurelianis inimicitiarum heres , tum opibus, édeLon-
tum auétoritate, quà apud Anglum plurimüm poterat, (aroli re- gueuille ; v.
: Ru 797-6801.
demptionem iuuit. Et redeuntem ex Anpglia apud Sanélum _ Ando- : l'Hiffoire
marum * honorificè fimul & benignè excepit : Exceptum donis # Charles
| , : À en É | . VII du
ampliffimis onërauit, & illi Mariam ex Cliuenfium Ducum fami- Louure.
là Germaniz nobiliffimä , fuam ex forore neptem , aduerfan- * 5. Omer.
te Gallorum Rege, connubio iunxit. Ex qua Ludouicum flium
quinquagenarius paulo poft Blefis fufcepit. Vbi altus atque edu-
catus Ludouicus primos infantiæ annos diligentiâ matris exegit
Carolus tot exantlatis domi forifque laboribus , noui demüm
aéris mutationc, & liberiori Galliz cœlo vfus, cum diutiüs in An-
glia angufté degiflet, viram cum morte commutauit*, non multo * Ce Prince
poftquäm libertati reftitutus eft rempore ,reliéto impubere adhuc ne
matris cuftodiæ filio. Quem diligentiflimè & litteris & falutari- 4. renier
bus fidei precepris initiandum Maria preceptoribus cradidit. Im- 1464-0465.
bibit ille nonnihil eruditionis ,fed non planè decoxit. Vrpote qui ee
cüm adoleuiffet ftudia afpernatus , militari cotum difciplinæ fefe 72.ans5il
deuouit. Habuit duos, vnum in litteris , alcerum in moribus im- 7% La
pingendis preceptores. À quibus vbi aliquantüm expuerauiffet, fonen FR
neque verbera, {ed ne verba tolerabat. Vbi vero matris imperio Re
aliquando propter culpam vapularet , cogebatur qui pœnas exa- His, |
turus erat ,faciem perfonare, ne vlcifceretur. Si venandum fuit, de Charles
nullus eum labore aut curfu anteceflit. Si apro vulnus infligen- Me
dum , nullus aduerfus fpumantis feræ impetum paratior, aut vali-
dior. Erat fanè in eo audacia, fed non fine prudentia. Et copia
perfuadendi vberior ,quim exigeres in principe litterarum exper-
te. Accedebat his laboris plus quèm in exercitatifhmo patientia., ai
Cibi appetens fuit, fed delicati & minimé vulgaris. In potu par- our aie à
cus. In fomno parcior. Equitandi folertiam tam ardenter ample- Hoftel de
xus , vt breui fit affequutus ad quod maxime anhelarer. Nullus au pd /
illo acriüsequum pupugit. Nemo folertius reflexit. Ita teneras pri- FO.
mæ ætatis viresexercitatio durauerat, & natiua adolefcentis indu- pos celebrer
k . — . l'aduenemet
firia exercitium fuperauerat, vt nullus obiici poffer , fi fux æratis, } Charles
uem non vinceret , fi maioris , cui non refifteret , ac liberé fefe VIIL 3 Le
ST opponeret. Celebrauit Parifiis apud Neellam* equeftre certa- Chan
à ue ne ; 1483.7.p.2,
men, vbi Principatum iniit Carolus Otfauus. Ad quod vifendi des ss
26 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
dio promifcua hominum multitudo vndecumque conuenerat. Con-
uenerant & ex tota Gallia Principes : Tum nouum Imperium no-
uo Reoi gratulacuri ,tum roboris {olertiæque fpecimen faëturi. In-
ter quos Ludouicus Aurelius ingentem de fe opinionem virtutis ad-
miratione plurimüm auxit. Hic ad fpeétaculum venit duabus no-
biliffimis puellis funiculis equum hinc inde trahentibus, omni ex
Aapee Pare, cf æftus cffer ,armis inftructiffimus. Congreffus eptem mi-
rande force Nutatim perfractis lanceis certaminis gloriam viétor reportauit.
dudit Duc. Ea fanè in co corporis & virium dexteritas erat, vtaliquando fof-
* d'onplain- {am pedum quindecim longitudinis fubfultim *fuperauerit. Nunc
apud Caffrum-nouum ab indigenis celebratiflimo Ludouic nomine
Snpetnss Saltus Regius 27 Tantæ & animi & corporis dexteritati
Up. 93. prec. fuffragabatur pecies formæ admirabilis. Lucentes oculorum f:-
ces, nafus oblongus, &in altum nonnihil reflexus. Oris lineamen-
ca plufquèam muliebria , pulcherrima ea quidem & iucundiflima.
Valetudine, fine Medicorum confilio, vfus eft profperrimä. Cor-
pus robuftum , fed neque nimis longum, neque nimis breue, pen-
dulum tamen , & incuruum nonnihil , lacum ex humeris. Toro-
fum pectus. Longa tibiarum cum robore gracilitas. Talem deni-
que eum imaginemur, qualem nunquam natura eo abfolutiorem
_ effinxerit. Talem, cui nihil ad Regiam Maicftatem deeffet preter
imperium. Sed tantam de fe fpem maior fa@us, aulicorum fedu-
Œus illecebris ,aliquantüm inquinauit. Nam vbi liberius omnia
agit, matris {olüm coercitus imperio , quæ nihil non illi indulfr,
in vitia fertur preceps. Ganeas, fcorta, lupanaria , & ea demum
quibus illa capitur æras, omnia licenter frequentat. Rege Ludoui-
co ad id maximè conniuente. Vcpote qui Ludouicum fciebar effe
in fucceffione fecundum : ne filio fuo Carolo prudentior , atque
ob id plebi acceptior aliquando aduerfaretur. Inquies verd iuue-
nis animus: effrena in mulieres voluptas, feu folutas, feu marita-
tas : vt tantas virtutes, ingentia viri vitia fi non omnino confun-
derent, æquarent certe : ne dum tamen omnis illi virtutis imago
exciderat. Quin & iuuenili quodam perfufus rubore, interdiu fub
tectis licèc fcurriliter , racitè tamen conuiuabatur. Ne vulgo pro-
ditus, (tanta illi priftini honoris confcientia erat,) in peius ferri
diceretur. Aleas auidè attreétauit , cui parüm felicicer refponde-
rent : In ludo facilis, minimé contentiofus, minimè calumnio-
fus, & qui damni ac lucri fortunam eodem vultu æftimarer, col-
luforibüfque manus frequens remitteret , inque aftantes pecunias
fparfim ex ludo contraétas promifcuè frequens diffunderet. Rexic
in Principatu Regis nomine Equitum centuriam, quibus & bonum
Ducem , & militaris difciplinæ fe fcientem preftici. Nullis non
bonis cos onerauit. Congiaria fepè donauit. Stipendia regia ex
priuato fuffecit ærario. Sic milices eo Duce, fic Dux his militibus
animos ingentes alebant. Plus tunc illi prodigalitas , quäm dein
| 7 parfi-
ROY .DE FRANCE. 157
parfimonia profuit. Sed hæc omnia tam diuerfa in immaturæ ad-
Puce ætatis Principe, cui multæ domi congeruntur opes , cui para-
ficorum ampla copia obftrepit nemo admodum miretur. Cüm in
inferioris notæ hominibus longè grauiora videre fit. Solet fanè ex
licentia luxus , & vitæ infolentia gencrari. Quæ omnia ita poft-
modum reliquit, vt ne veftigium prioris vitæ vllum remanfifle vi-
deretur. Iraque reliétis vitiorum illecebris, virtutem proximus am-
plexatur. Evita amplexatur, vt illi vitia non modo nocuiffle quid-
quam, verüm virtutis indipifcendæ inftrumenta fuiffe crederentur.
Nec enim mclius quifquam quauis occafione ad virtutem quàm ex
vitiorum reprobatione fefeinformare poteft. Hic itaqueinter vitia
virtutéfque aduleus ,alteram Ludouici filiam , Caroli Oélaui fororem,
ne non in omnibus Regi, alioqui feueriflimo , obtemperaret , fibi
connubio iunxit , licèt effec forma fatis incongrua, & gibbofa. Ha-
buit enim duas filias Zudouicus. Vnam , hanc Zoannam , quæ nunc
apud Bituriges pro Beata colitur*. Alceram = 4nnam natu maio- Let
rem, quam ante Principatum initum in Flandria fuftulerat. Quæ fennte
Comiti Beanjeuio * nuplerat. Virago * fanè fupra muliebrem fe-, Eloge de le
xum , & confulta, & animofa, quæ nec viris confilio nec auda- Dame de
cià cederct. Perfecta demuüm omni ex parte , & ad Imperij glo- ol. |
riam nata, fi non illi fexum natura inuidiffet, Incredibile penè mu- NZ Dee
lieris ingenium, nifi fuperftes adhuc his de fe omnibus fidem fa- Dar
ceret ampliffimam. His artibus, imo virtutibus, mortuo patre Lu- rte À
douico , impubere adhuc Carolo fratre , toti Galliæ confulciflimè fi
mul & honorificentiflimè moderabatur : Cuius etfi æqua & iufta
effect moderatio , inuidiâ tamen non caruit. Multis ægrè fœminæ
imperium tolerantibus : Inter quos vt erat ad Regni diadema fuc-
ceflonis iure propinquior , ita ad fe rerum omnium moderatio-
nem pertinere contendebat LA4urelius. Hinc igitur mutuæ inter
ÆAnnam & Ludouicum fimultates , & odia propalim exercita. Et
clim fimulata, fefe virerius continere non potuerunt. Tentat Prin-
cipum animos, ac fibi quibus poteft conditionibus coniungit Lu-
douicus. « Anna Regio fota prefidio parui habet Ludouici minas.
Dum tam varius rerum ftatus in Gallia, nec in minore Britannia
quietior effet, diflidentibus à Duce Principibus, (Barones vocant
Britones) rogatur à Britonum Duce Aurelixs vt ei auxilio effet. Nec
rem fuam fatis procefluram rebatur Aurelius , fi Dux Brironum do-
mefticis deftineretur feditionibus , quo minus fibi ad negotium
animo conceptum fuppetias effet laturus. Iraque curfu quantum
poteft maximo in Britanniam contendit. |
Gallia omnis inter pacis, bellique opiniones diuerfis Principum
ftudiis variè rapicbatur. Pars abfenti Awrelio imperium deferebat.
Nonnulli ad Borboninm * refpicicbant. Anne vero Caroli volun-"Pierresieur
tas fororiis pelleéta blanditiis maxime fuffragabatur. Timor vero “os
ingens omnium mentes incefferac , ne fi rerum fumma <A4urelio
KKk
+
253 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
dencgaretur, quàm ad eum magis pertinere fcirent, quâm potiri
finerent , ingentem ex Britannia exercirum cogeret armis. Haud
dubiè vindicaturus quod fibi pace adipifci non liceret. Quodnon
tam Regi perniciofum, quim Regno effet vniuerfo periculofum.
LAnrelium quippe & Galliam tantis copiis oppreffurum ,) & Regem
{olio deturbaturum confultiüs quàm certius prefagibant. Ali ni-
hil minüs quèm bellum à Britonibus domefticà feditione impli-
citis expeétabant. Inter tam diuerfa confilia corum tandem vicit
fententia , qui pulchrè Reipublicæ confultum iri contenderent,
*Sacredu 1 Carolus ante omnia inungeretur*. Quo illi & ex facramento
Roy; v-p- + amplior furgeret Maieftas , & effec in quem populus confilia refer-
FEPPÉE ret | qui caput appareret , & à quo cetera populi membra Impe-
rium expectarent. Nec obftare ætatem Imperio , dum bonorum
deligeretur confeflus , ad quos grauiora Regni negotia referrentur.
Infuefcendum maturè Imperio , vt cum ætate crefcat quoque expe-
rientia. Salubriorem efle Reïpublicæ iuuenis moderationem pru-
dentum fubiectam confilio, quèm fenis preuaricationem , qui dum
longo rerum vfu fibi informatus videtur , reliquorum contemnit
monita, fuôque cunéta arbitrio contumaciter peruertit. Indicitur
itaque Rhems conuentus: Omnis Galliz Nobilitas ad Regiæ con-
fecrationis pompam vndetunque publicè priuatimque citatur.
* Françoisl, Aberat tum in Britannia Æ4wrelius , quem fecutus Danenfis * Comes
Nas de fuerat : Hic ad confilia prefentia nouâque naturä acer , ingenio
Longueuil- promptus, & expcrientià callidus erat : Et qui Ludouicum humilits
ri dis quam quo dignus erat honore demitti non fineret, quique iuueni
parum pro ætate alta excelsâue curanti iuueniles quotidie penè
conuitiis fpiritus infpiraret. Iraque Ludouicum penè inuitum, qui
Anne Britanni Ducis primogenitæ amore deftineretur , ad folem-
ne Caroli Regis facramentum in Galliam retraxit. Non quôd hos
matrimonio iungi non magnoperè cuperet Dunenfis, {ed quod
differri rem confultiüs fperaret. Redeunti ex Britannia _4wrelio
Borbonius Dux opem omnem, & focia arma , fi ad ea ventum ef-
{ec pollicetur. Indignabatur enim fibi apud Regem preferri mino-
rem natu fratrem Beauieuium Comitem, cui Anna nupferat. « {na
interea fuo Carolique fulta prefidio, confecrationem maturat. Sa-
‘crifque more Gallico apudRhemos pera@is, (arolum ad Parifios in
fide continendos perducendum cenfet. Parihj nouum Regem mi-
ro omnium rerum apparatu,omnium Ordinum occurfu , plebif-
que Principinouo profpera cunta precantis applaufu honorificen-
ciffimè exceperunt. Aliquotque illic dies pro vrbis,ciuiumque ac
pt Magiftratuum dignitate commoratus, multifque fuper Regni admi-
> Tours, Niftratione, impuberifque Regis tutela inter Principes controuer-
2483.v. p.2. fis, Conuentutrium Statuum , (Ita Galli Plebeiorum, Nobiliurn, Ec-
S'208.pre. clefiafticorum, vbi ex re communi coguntur,Ordines vocare folent,)
S parmy les Ps
Preuues. ad T#rones vocato, Parifis exceflit. Aurelius autem , etfi fe in comi-
ROY DE FRANCE. 259
tatu importunum 4{nnæ intelligeret, neutiquam tamen perfequi
deftitic, modo apud Regem , quem demereri aliquo offcij generé
ftudebat, modo apud dupe qui Anne partium erant. Magnæ tum
factiones. Circumire pro fe quifque Ciuitates , tentare, Procerum
animos, plurimis milices promiflis oncrare, ac donis prefentibus in
fidecontinere.Certumillius imperium , iuftémque imperij admini-
ftrationem rentur, cui Conuentus ille detuliffet. Die ad conuenien-
dum di, Carolusauro gemmifque fplendidus , in medio Confilio,
cum magna Principum Pontificiumque multitudine, dexterum 4#
relio , finiftrum Cancellario * latus attribuit. Ceterifque pro dignitate * Ze Chan- |
fcdere ac filere per preconem iuflis, Awrelins non fais certä Regis sé rl
gratià concionari ante capit; Quem Anna modeftiffimè intercepit. Rochefort.
Pluräque pro muliebri copiä diéturam, & Aurelium refponfa pa- v.p.99.4e
rantem , Cancellarius Regis verbis circo excedere iubet. Quo & li- '
bera effent omnium fuffragia, & res citra diflidentium cumultum rome: de
difcutererur.Rogantur in orbem finguli: Potentior tum Anne fauen- ES ogg
tium factio fuit. Et medium inter repulfam admiffionémque con- 7"
filium ineunt. Ne & prelatam fibi Annam, « Aurelius ægrè ferret,
& fpe deieëtus apertè contineri non poffet. Communi omnium
iudicio decernitur, Regentem in Regno alium quam Regem mature ado- pr |
leturum tolerari non poffe : Proinde debere Aurelium 4 rebus £erendis %: p. 208. !
animum auertere : IN ec pati Galliam domefhci inteflinifque æfluare [e-
ditionibus. Borbonium infuper Conuentus ille , (egerat id Anna ;
quo eum ab Æ4urelÿ factione in fuam pertraheret,) Magiftrum
Equitum , ( Conneftabilem * vocant) publicè dixit. Plura ex Repu- *Iean Duc
blicâ vectigalibufque annuis & Regio fifco fanxit. Nouus Magi- 7 a
{tratus Borbonium k Aureli focietate neutiquàm aucrtit. Brironum Pr
vero Dux Queftoris cuiufdaim fui Petri Landoifij, (qui paulo pôft 6-7. 47.
vitam Jaqueo finiuit,) confilio , qui fe ad diem Conuentui præ- piufons en
fticutam venturum ,tum Regis iuffu ;, tum Awreli precibus fpopon- Bretagne à
derat, à Conuentu fefe abflinuit. | tiens
Qui fpe vbi elufum fe videt Awrelius ; petitäque Regni mode- on Landais:
tario fruftra fuit, fi non ominino animo Les multüum tamen
ex re follicitus, Parifios reli&à Curià contendit: Ibi Regis iniuffu,
priuatis publicifque Confiliis, tum in Senatu, tum in publicis Ci-
uitatis ædibus fefe immifcer. Modô hos modo iftos cum muneri-
bus, cum blando alloquio, alios crebris falurationibus ad fe pelli-
cit. Conuiuia ad inefcandos homines efhcacia , vel apud fe maxi-
mo fumptu apparabat: Vt multi haud gratuitam Principis ciuili-
tatem vnde prohcifceretur non temerè conieétarent : Cum pruden-
tioribus grauis, cum leuioribus affabilis ,atque in omne humani-
tatis Senamens Neminem à fe malé reietum , fed fpei bo-
næ plenum, natiuo ad gratiam eloquio dimittebat. Nullus erat qui
in cam humani Principis dignationem non maximè anniteretur :
Nam & illi ad conciliandum hominum fauorem oris gratia fuper-
| K k ij
Teu de pau-
me aux Hal-
les z Paris.
Retraite du
Daucd'Otr-
leans , +.
p.12. 209.
260 HISTOIRE DE CHARLES VIII
erat, & maioris aliquando Principatus opinio nullumnonirretie-
bat: Itaque Parifis cum corporis dexteritate ,quam palim fepè pilà
faltüque exercuerat, tum virtute animique fingulari quâdam pre-
ftantià, acformâ imperium demerente, & charus & clarus habeba-
eur, dignüfque non qui vicario fed fuo nomine Rempublicam quan-
tumuis maximam moderaretur. Tantam Parifiorum de /4urelio
opinionem prudens quid rerum moliretur Aurelius, Anna prxuer-
cit. Mifsique tum Regis nomine liétores , qui Awreliwm hæc hif-
que fimilia agere vetarent, qui denique cum ad _ pertrahe-
rent. Vbi vero quibus impeteretur modis , tumultuofo fuorum
nuntio premonitus eft Aurelius, qui tum ludebat pilà fuper bals,
(Ita publicum vocant Parifij emporium,) omiflo cläm ludo fefe
in hofpitium proripit. Mulâque protinus quæ pro foribus ftabat
afcensà, vno aut altero comitatus, Uernolium # à Alençonÿÿ Ducem
per Pontifaram occulte fe recipit. À quo benignè atque comiter
ofpitio exceptus , multäque fermocinatus , ftante ad verba Dy-
nenfs, amplè memorat quäm maturà fe fugä periculoeripuerit, qui
fic apud Parifios rerum ftarus , quibus demum artibus atque con-
filüs illum Anna appetierit, fe confilij auxiliïque iuxta inopem ad
cum multâ fiducià contendifle. Vellet igitur quæ antè inter ipfos
pacta fuerant, rata atque inuiolata manere. Illos qui in verbaiu-
rauerant, ociflimè facramenti admonendos : Euocandôfque ex eis
aliquot , ac in fide continendos, arma, equos, virofque, ac com-
meatuin in promptu habere iubendos. Eo iter direëturos quo ipfa
belli moles inclinaret. Ad qua figillatim Alençonius contra beni-
gnè fatus , agere fe Deo gratias , quod faluum eum atque incolu-
mem ad fe perduxiffet. Nihil effe quod in fe fidéque fuâ immuta-
tum dubitaret. Bono illum effe animo iubet. Dunenfi & {1 Alen-
çonij animus fatis apertus, vires tamen ms iniquæ copiis vide-
bantur : Nihilque vel parüm vbi poteftas deeffet voluntas erat pro-
futura. Dunenfis icaque virorum defc&tum murorum propugna-
culis fupplendum admonet : Et alios Aureliæ faétionis Principes
nuntiis follicitandos vt in armis effent. Belli autem nulla oppor-
tunior pro tempore vifa quäm Wernolij {edes, & fitu & opere mu-
nita, & protrahendo longe bello obfidionem diu fuftentatura. Ita-
ue omnibus quæ in rem opus erant maturè huc fupportatis, Uer-
nolio fefe dies aliquot dum fuos expectant continuerunt. Incereà
omnis Ayrelÿ clientela , quæ Parifis per immaturum illius difcef-
fum haëtenus remanferat , veftigia domini cum tota vtenfilium
fupelleétile , fine villa non modo vi, fed ne iniurià quidem , lon-
go virorum iumentorümque agmine fubfequitur , ac Wernoliwm ap-
petit. Nuntij quibus litterarum perferendarum ad Principes cura
demandata fuerat diligenter munere fuo funguntur. Qui ad Bor-
bonium , qui ad Engo fmenfem ierant , non multo poft interuallo
redeunt. Sanéta atque immota omnia nuntiantes fœdera, in quæ
ROY DE FRANCE. 261
anteà Principes fidem aftrinxiffent. Summä bellum curäâ parare,
ingentes facere exercitus , omnémque fortunæ bellicæ euentum
experiri animis, a decreuiffe. T'am letis nuntiis lætus /4#-
relins, maximä curâ vrebatur quomodo copiæ inter fe tam difiun-
&z coirent. Iam penè illum cœpti tedium mollierat : Quod in
apertum fortunarum omnium rueret difcrimen,quôd magno lui-
turus , fi in hoftium veniret poteftatem : Et quod graui fui iaturâ
temporaria peteretur adminiftratio. Contrà ftimulabant ferocem
iuuenis animum longè ab his diuerfa, annorum immaturitas, cu-
ido dominandi , nufquäm parendi libido. Ad hæc fatioforum
rates fuggeftionibus accepta recèns apud Turones negati regi-
minis iniuria. Nec vllam ad Imperium aliam quàm per vim bi
patere viam perfuaferac. Nec quidquam fibi fugiendum ratus quôd
cù pertineret. Intereà fama Curiam peruagatur, conueniffe Duces,
ac fœdus inter fe percufhiffe , exercitus cr , AC commeatum
ex agris fupportare. Prima tamen his cura qui à Regiis Confiliis
crant hefic,ve & extemplo coniurati ftipendiis expungerentur an-
nuis, & Centuriz quifque fux Ducatu exauétoraretur , & milites
qui apud illos manfiffent accerferentur. Quibus neque fraéti, ne-
que territi Duces, ab incœæptis haudquaquâm deftiterunt, quin ma-
iore animo milites pro fe quifque centuriaret. Borbonius magnas
ex LAluernis plebis Nobilitatifque copias fecum trahens : Engolif-
menfis & animum & apparatum expeétabat, quem etiam amplifi-
mum Pitfonum exercitum confcripfiffe audiebat. Vbi vero rerum
motus primüm vano fimilis mox certus Parifios eft perlatus , qui
neque Regis, neque -4urelij partes apertè fequebantur , & cœcis
rerum procellis immergi timebant, medium inter arma quictém-
que confilium ineunt. Dantque operam vt & conueniant fimul
Principes, & fuper re éommuni colloquantur. Facilè in amicitiam
redituri, vbi collatis mutuo capitibus, alter Iæfam Maieftatem , al-
ter denegatam iniuftè Regn curationem controuerterint. Iurgia
plerunque inualefcere, vbi neuter alcerius mentem affequitur, fs
piri vbi coram pro fe vnufquifque falso fuggefta refellit, vel in-
nocentiam iure caufæ tutatur. Nuntiis igitur inuitatur LA4wrelins,
vt Ebroicum extemplo veniat, qui Regemilluc conceflurum , &
cum co pro vtriufque voto rem compoliturum certo polliceren-
tur, Dunenfis verd quem nullæ etiam abditifimæ Pr ds rerum
actioncs, Ludouicum nonnihil mandatis reluétantem pellicit , ad-
hortatur ,ac precibus exorat , vt fe vinci pateretur , animum fre-
naret magis alcum quèm vtilem, diffimularet,neque non iret qud
& amici illum tuto vocarent, & Rex iuberet , cederet neceflrati
in res humanas omnes ius habenti. Ne aut atnicorum monitis at-
que ideù fidei parüm tribuiffe vifus, illos à fe abalienaret, aut Re-
gij negligens Imperij grauiorem aliquando pertinaciæ vindi&am
confcifceret. Videbat autem Danenfis promiffa Britonum auxilia,
| Kk ii
262 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
quæ Dux in Northmanniam Aurelio miflurum fpoponderat longè
abefle. _ Anna fœderis inter <Awrelium Britonémque ii prudens,
auxilia diftinuit. Miflo qui - A4urelÿ nomine his pro tempore mi-
nus opus effe apud Ducem mentiretur. Interclufi autem tum erant
terrà marique in Britanniam aditus, obferuantibus vias Repiis.
Nec citra vitæ difcrimen ire rediréue dabatur : Multi fruftrà falle-
re, modo Religioforum, modo viantium habitu conati, graues
irritæ cemeritatis fuæ pœnas dederunt, multi laqueo, plures equu-
lco in aquas precipitati vitam finierunt. Quo pr . cft vt Du-
nenfis in omnem confultus euentum, = 4wrelio omnium ope atque
fpe deftituto facilè perfualeric ve fe itineri expediret , Regémque
adiret. Compofitis ad viam rebus,magnâque clientum cepiä co-
mitatus, lege adfcriptà vt fi res minüs tranfigeretur liberaredeundi
effet facultas, Ebroicum contendit. Venienti _A4wrelio plerique ob-
uiam Principes procefsère. Ille vrbem , fub noîem ingreflus, in
ampliffimas ædes diuertit. Tum noéturna ee on colloquia ,
occulti ad < 4urelium eorum nuntij , qui vel fe vel ex fuis quem-
piam deprehendi fub luce timebant. Venifle tamen interdiu in
_Aureli hofpitium Lotharingum » Focenfem | & Principem Orengium
facis conftat. Aclongo inter cos vitro citrôque duto fermone Z4-
douicum ex eis aliquoc in fuam tandem faétionem pertraxifle , ac
retrorfum pace negleëtà & conditionibus reiectis Blefas ociflimè
per Carnutes iter flexifle, (arolus vero Parifros rediit. Ac © A4ureli
faétum pro ætate minüs metienti, nifi alius admonuiffet, parüm
curæ erat futurum. Armorum tamen atque militiæ cupidus bel-
lum parari fummoperè geftiebat. Ipfe in vrbe, in agris, peditum
deleétum haberi 4 equites cogit, Imperatores deligit. Coactis
vndique copiis, ipfe armatus procedit, milites recenfet, omnibus
adlubefcit, plures manu prehenfar, equites gloriä, sp laude,
vtrofque prœmiis ac fui præfentiä ad bellum pro fe, pro Gallici
Imperij maieftate fufcipiendum , verbis animos mouentibus exci-
tabat, atque adhortabatur. Mitis in eo natura, ingens animi vis,
profufa in omnes liberalitas fecerunt vt eo Duce milices nihil non
auderent , eo vindice, neque vitæ neque fortunx aleam fugerent.
Anna copias omnes _A4ureliam ducere necefsè cenfet. Quo & prius
Rex vrbem occuparet , & ciues qui iam A4wrelÿ litteris ad defe-
étionem ETS contineret. Ceterum Bochagium ætate ve-
rendà ,& ad conciliandos plebisanimos naturâ magis quimaïte fa-
cundum,in vrbeñ cum mandatis premictit. In quam vbiventum eff.
Sciturus , inquit , per me ex vobis sig vefier Rex , vos priuatim
pablicéque non tam inbet , quäm pro [ua bumanitate orat , svt que fit in
prafente rerum turbine mens omnium veftra, que belli confilia, in quas in-
clinetis ‘sh palam faciaris. IN am é7 vos iam pridem auxilium Aure-
lio ,vrbem opéfque veftras omnes pollicitos audit. Quod qué ratione fitis
feituri non fatis Rex intelligit, cur vos [ho fabditi imperio , citra vlan
ROY DE FRANCE. | 26}
ant rebellionis ,aut defectionis occafionem alio mentem auertatis N'ullas vn -
quam vrbes, nullos vfquam popalos, gentémue tam barbaram , ant à quie-
ti abhorrentem conjilio 4 fuo Principe defciuiffe per me memini, que non
ant ex preteritis, vel rerum tedio , vel Principis odio , ad liberiorem vita
vfam enocarentur , ant nouarum cupiditate mutationum melioris [ollicita=
rentur fr euentu. At viri Auxelianenfes , neque in Regem odium l-
lum vobis iuflum eff, qui vos fic femper babuit quafi parens liberos , nullis
preffit vecligalibus , @j fi qua grania fint adempturus magis quam auttu-
rus fit; neque vlla [pes liberratis amplior, aur melioris in futurum condi-
tionis offertur. IN if forfan vinditlam pro amicitia , pro pace bellum rvobis
iniquum , 9° durum ; Regiiuflum ,@) facile ,mauults. Vos, inquam ; qui
tam fidi Regibus etiam grauioribus in periculis femper fuifhis, @r Anglicam
obfidionem ad veffram pene omnium perniciem conflanter [ufhnuiflis, Vi-
dete, Aurelij, ne vos prefens hic rerum flatus à fide male diffrahat. Lu-
dunt Principes, vbi aliquando eos digladiaturos Een Principum iur-
gia er diffidia Cinitates magis [hcélare , aut co
aut fouere debent. Repente intumefcant Principes, maturius in amicitiam
redeunt. Et ff de vtrorumque [ociis in fœdere caneatur , manent tamen
fémper iniurie, irarkmque vefligia. Quod fi forte fecerir Deus pace inter
“Principes æqu4 conueniatur ; modicam à vefiro Duce gratiam ; graue à
Rege odium expelHabitis. Ille ob preffitam fibi opem non vobis tam [e de-
bere , quäm vos fibi debitum prefhtiffe purabir, Hic grauiffimas à vobis
pœnas, ob violatum iufhiffimum imperium inre 7: Finem verbis im
ponentem publicus omnium clamor interpellar, Regem benè decis
fperare debere, eifque iniuriam facere, qui de eorum erga fe fide
dubitauerit. Iret porro Regi nunciaturus LA4wrelios iufta fubdito-
rum in Principem munera offciofiflimè expleturos , portas vrbis
doméfque Revgiis patere, omniainillius effe poteftate.T'um demüm
contrà fatur Bochagius : Hand Regi de veftra fide infheratum reporta-
turus nuncium difcedo. Facite verba fattis aquentur. Proxime Rex aderir.
Commeatum abunde ex propinquo cogite, domos flernite. His dictis, vix
Bochagius vrbis pomœæria exceflerat, cum <4urelÿ Legatos aduen-
tare nunciatur. Qui vbi ad publicas Ciuitatis ædes perlati, pauca
pro fui Principis mandato, pro rerum & temporis ftatu funt elo-
uuti, cüm fœderis cum <A4wrelio iéti folüm admonuiffent. Re-
er tulerunt placere <A4ureliis priores conditiones , neque
quidquam in his immutatum iri velle,fi _4urelius hofpitaliter cum
{olito clientum numero , non hoftiliter cum infolentibus militi-
bus vrbem ingredi pararet. Vbi artem videre Legati, & auerfos à
Duce in Regem olebis animos , reditum maturant. Erant Legatio-
nis eius capita /oannes Crifbinus Aureliorum Cancellarius *, Ioannes Lo-
uanius Primarius _4urelÿ Aulicus, reliqui ex<_4wreli clientelà ma-
is Nobiles quam mihi* cogniti. Qui vbi omnia ad _Aurelium re-
tulerunt , nihil his infraétus, fubito arma parari, & copias recen-
ferce imperat. Fuifle tum ferunt in co belli apparatu octo peditum
ibere, quam illis interee
* Chance-
lier du Duc
d'Orleans.
*L’Autheur
_ parle de cho-
fes, arrinées
de fon temps.
_ * Grand cre-
dit, € fin-
guliere repu-
tation du
® Comte de
Dunois.
* Eloge du
Sieur de la
Tremoille,
V. pag. 107:
precedente.
.”
164. HISTOIRE DE CHARLES VIIL
millia, Equites fuper bis mille fexcentos. Arte arbitriôque Dunen-
fs *omnia regebancur. Ipfe peditibus , Lwdouicus equitatui præ-
fuit. Sic inftruétis oportuna belli fedes Belgenciacum vifa. Quod
vrbs ex fefe locique natura aliquantüm munita ,commeatui abun-
dè erat fatisfa@tura , & fluminm Ligeri attigua : Accedebat his 4ure-
bij in LAurelios ob negatum in vibem receptum ingens vindi&æ
ftimulus : Neque commodius ad crebras in <A4wreliorum agros ex-
curfiones receptaculum deligi poterat. Quippe _ octo folüm
milliaria ab 4wreliis abeft. Iraque caftris ibi pofitis, & commea-
tu affatim ex agris comportato, _4urelius auxilia à fuæ factionis
Principibus expeétabat. Intereà antequèm maiores ÆAwreho copiæ
ne qui à Regis Confiliis erant, Belgenciacum finon primo
capi poffet impetu , obfidendum decernunt. Trimollius * vt cum flo-
renti ætate ,ita belli armortimque gnarus, exercitui prefertur Re-
gio : Vrbem quando non nifi graui fuorum iaéturäâ oppugnari de-
{peraret, vallo fofsâque cingere parat. Fiunt crebræ obfidionem
prohibentium eruptiones, multi Regij inter operas trucidantur :
Nihil quod in rem opus effet omittitur , donec aggere duéto, val-
lôque ba circumduétà, pauci pluribus neque armis neque ani-
mis pares in vrbe occluduntur. Multæ in mœnibus vigiliæ, firmæ
pro portis ftationes, equitum peditümque ordines penè continui,
oppugnationem in horas FA Pénge Pro fe : uc fibi eft ad-
hortator, confultor , confolator. Omnes 4#relius ftationes dili-
enter circuibat, excubias locabat, curabat munitiones, fi quem
re vrbis locum, autex fefe parum tutum, aut munimentis egen-
rem videt, fortifimum quemque illuc collocat. Dunenfis verd,
ecfi fociorum auxilia nondum defperaret, euentum tamen belli in-
certum, & obfidionem longam animo præuertens , quantäque eum
non modo inuidiä, fed & quæ futura fui conditio effet, qui cœpti
auctor belli duxque diceretur, agit per Caduceatorem, apertä prius
Aurelio deditionis neceflitate , vt liberè vtrinque colloqui licerer.
Haud abnuit colloquium Trimollius. Fide datä acceprâque congre-
diuntur. Dunenfis oppidi deditionem LA4wrelÿ verbis pollicetur, fi
vitæ rerémque non tam fuarum quèm fuorum abire quo libue-
rit petentium pérmitteretur libertas. Negat Trimollius fe quidquam
Rege tam vicino & fœderis imprudente tranfaéturum. Verüim
omnia libenter relaturum , precéfque adhortationibus admixtu-
rum. Quibus fi non omnino Regemflectere, aliqua tamen ex par-
te lenire confideret, Gratiæ atæ Trimollio. Vtrinque in caftra redi-
um : Nihil tamen in obfidione remiffum, neque vila folutior mi-
liti permifsa licentia. Artem in tam repentina deditione latentem
timente Trimollio : Ne fpe pacis folutus metu miles incautè fubitä
cruptione opprimeretur : Itaque Centurionibus atque belli Impe-
ratoribus folerter amonitis, Trimollixs ad Regem,qui cum ad pontem,
haud longè à Sancfi Laurentÿ Aquenfis vico in obfidione fedebar,
profi-
ROY DE FRANCE. 16;
proficifcicur: Quem iuuenis Rex honorificè fimul & amicè exce-
ptum dicere iubet , quo confilio reliétum in hoftico exercitum
omifsà obfidione deferuerit. Tum Frimolbus : Fini , inquit, inopi-
natus , Rex clarifhme, Principéfque foxtifimi , grawi hello , > in-
teflino diffidio ram nobis quam fapphcibus opportunus peritur : Et ita pe-
ticur Ut fi modo vitam eis liberam , fi inermes eos, qui vobis prius terrori
effe potucrgnt armati, abire finitis, dedunt vrbem , cedunt vobis , in fuas
quifque domos, aut quo fata vocawerint pacificé conceffuri. Integre adhuc
cgions, cffefts neutra ex parte fanguis : Certa pax cum incerta victoria
band remeré commutatur : Wobis forfan indignum me fermonem babere vi -
debor : Wr qui detrectatione militiæ odio Labris, aut focordiä bellum pene
iam confefum modo deféri optimum cenfeam : Fatebor cquidem liberè in-
uitum me boc ad belum accinéluym fuilfe. Quippe qui inrelligam hos con -
tra quos arma induimus | ferrum firingimus ; ques impetimus, corporis no-
ffri cfje partem, commilitones , parentes effe nofiros : Que nobis aduerfus
eos victoria ? quis pro victis triumphus ? nifi quod eis viétis , aut adunum
trucidatis ,tantim nobis adempturi fonus virium, quantum illis abffuleri-
mus. Viri [ant 5 nifs hominure me fallit æffimatio, qui vitforiam nobis
baud incruentam fint reliluri. Adde quod Cr obfidio duratura eff , és:
vicinioræ eorum auxilia : Qua fi coniungi denrur , timeo ne qui pacem
in meliore noffra fortuna defpexerimus, banc ilam obuersä vice “ulrro pe-
titum frufire eamus : Spes victis illis modica , preda ex nobis ingens mi-
éloribas proponitur : Frenanda nobis ira , coërcenda vindiéle cupiditas :
Pacem his dederis | Clementiflime Rex, pacem bis impetrate , Princi-
pes humaniffimi, qui pro vobis aut vobifcum de pace cantra hoftes ve-
ffros aliquando funt dimicaturi. Dixerat Trimollius Hæc parüm Prin-
cipes mouerunt , vt deditionem admitterent, nifi & © A4ureliés in
Regis veniret poteftatem , & Dunen/is exulatum extra Galliamiret:
Maius quippe exinde exarfurum bellum , fi euaderent : Magifque
hæc conuenta bellorum fementem pæbitura , quàm incendia, & re-
centes inimicitiarum ftimulos fopitura: Nunquäm quippe quietu-
rum Dunenfem : Illius confilia, illitfque naturam fatis exploratam
effe: Fret igitur, & fi hæ pacis conditioncs placerent, pacem daret.
Hæc refponfa Trimollius ad Aureliumtulit. Premebat iam tum 44-
relÿ exercitum magis futuri commeatus defperatio , quèm præfens
defeêtus. Et auxilia fruftrà expcétata , fpem tantam protrahendi
lonoius belli infregeranc: Vbi igitur obfefi quæ pacis conditio-
nes afferrenturaudierunt , his magis neceflariis quàm honeftis fub-
Îcribunt : Perducitur in caftra = Auwrelius : Dunenfis exulatum ex
padto CAflem , Infubrium vrbem , quæ in © A4wreli crat ditionc
conceflit. _4wrelio in fidem recepto, ac Dunen/i in exilium a&to,
nondum tamen omnis belli Auétus quieturus erar. Nunciatur quip-
pc Borbonium Ducem, & Engolifmenfém Comitem, ingentes copias,
in #wrelÿ auxilium cogere , & Bitwrigum fines incurfarc , omnia
hofiliter agerc, agros populari, hominum predas agere Frs rci
266 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
parcere: Occurrendum virique maturant Regij : Rex 1 3 cum vi-
Ctore exercitu Bituriges contendic : Res non procul ab armis ab-
fuic : Interuenère tanto rerum difcrimini potentiflimi pacis arbi-
tri Marcfcallus Gieins , & Lotharingorum Dux confultiflimus. Quo-
rum iudicio retranfaétä, pace inter Principes iuratä, exercitu in-
de abdu&to, Rex = 4mbafiam, Aurelius inde Aureliam , diuersè di-
uerfi in fuas quifque fedes abière. Aurelius apud TS 6 non
tam honorificè quèm obedienter receptus, ita fefe fuôfqüe omnes
modeftè continuit, vt nullum concepti in LA4wrelios odij , ne dum
ps Le vindid@æ * fignum ediderit : Qui ex Belgenciafenfr obfidione _4wre-
d'onnœurel lism fucrant fequuti, quo & Dacem aliquo animi dolore leuarent,
à oublier fa- & otio non torperent, ludos equeftreis celebrant: Multi eo mor-
re tales, multus Nobilium numerus venèêre : Ciuitas omnis plures dies
ceuës. fpectaculis occupara, & feftà pace lærata cf.
Aurelium equeft:ibus certaminibus, & folemnibus ludicris ma-
gis,quàm armis, nullus erat qui non maximë gauderer effe diften-
cum : Dunenfis vero quem mclioris fortunæ fpes , & præfentium
rerum ftatus diucrsè vrgebant, ab exilio ex 4/ff4 quam deporta-
tus ex paéto petierat , Partheniacum , {uæ ditionis in Pictonibus
_ oppidum, occulrè redit : Tum nouas res moliri cœpit, plerafque
ad defeétionem Ciuiraces follicitare , Principes omnes Le &
fine litteris nunciis perlicere,animum in omnes partes & bellioc-
cafiones verfare : Timere tamen ne ante maturaim rerum occafio-
nem interciperetur : Omnibus demüm confiliis celare magis ne-
gotium quäm ceflare. L4wrelium ipfum ad fe cläm euocare. Ea
vbi ad illos, qui Regiæ præerant cuftodiæ, perlata, iubetur Repis
nomine Aurelius Ambafiam concedere. Venturum fe propediem ,
atque breui mandatis obfequuturum fpondet. Nuncium bonis
verbis implet, & à fe dimictit cum litteris quibus Regem faluere
atque fe expectare iubet. Fit tardiore morâ Aurelij fufpeétus ad-
uentus Micticur irerum Marefcallus Gieius , qui Aurelium in Cu-
riam vecunque pertrahat. Mandata exequitur Gieius , verbis preces
addit, quibus _ 4wrelium amicè monet, ne fe cum ignominia vio-
lenter trahi patiatur, quo cum gratia pacificé venire poflit : Au-
dicrat Legatum ÆAurelus , & preces,imperij vim habere intellexe-
rat. Spondet igitur Marefcallo pofterä fe die Ble/as , inde Amba-
fiam conceflurum. Preiret igitur ,nec de fe aliter fentiret. Quibus
verbis, etfialium nofcet Awrelij animum , qui fimulatä mente loque-
retur , Gieus difcedit. Polterâ die , confcenfis equis , quo aliquid
iufis tribuiffe videretur, Blefas peruenit. Fam peruagante _ 4mba-
fiam peti, quo magis hos falleret, qui forfan occultæ eius cufto-
“Anne dit intenderent. Ipfe luce infequenti , Reginaldi-cafirum , magnâ
d'Orleans, Canum vi venatum ire fimulans, à tergo verticiter, & fumpro le-
Top uiter prandio ociflime Ebrardi-vallem, ) Virginum Cœnobium il-
Fonteuraud. luftre eft, cui foror * precrat, ) perlabirur ,inclinato iam in mulcam
ROY DE FRANCE. 267
noctem die : Nec fuga latuit : Excirus fortè equorum tumultu,
& infolentem equiratum noëte vagari miratus quidam à latere
Regis, rem Regi detulie : Decernuntur extemplo qui fugientem
_Anrelism reurahant : Ignari ramen quod tenuiflet iter , liberam
euadendi copiam fecerunt. Diuerfatus vnà folüm apud fororem
noce , vbi Le appetit crepufculum , repetitis equis Cliffono *,
mox Britannie illabitur. = Andium oram tacite preterue“tus , ob
quorundam Britannorum Principum , quos à Duce defciuiffe an-
teà prefcripfimus , faétiones, quæ tunc illic porentes erant. Qui
vero per fugas fequuti , affequuti tandem funt nonnullos A4urelÿ
Miniftros, quos retraxère : Hi pro fuga fupplicium timentes, Re-
gis bencficio preter opinionem funt feruati : Hi partim minis,
partim prœmiis illeéti , omnia Awrelÿ confilia palim fecerunt,
faionifque aliquot denudarunt capita. Tantis rerum turbinibus
occurrendum maturè ex Republica vifum eft. Ne neglecta belli
initia contemptu crefcerent, fieréntque proniores ad defcétionem
rebellionémque animi. Ingens in Perthemiacum* cogitur exercitus:
Rex exercitum preire iubet. Imperatoréfque nihil obmirtere quæ
negotium prefens defideraret : Mandatis annectitur , ne iniuffu fuo
cotis in certamen defcendant copiis: Seexpeétent, prapediem fub.
fequuturum. Inuifus tum Plebi ,rum magnæ Nobilitatis parti Dx-
nenfis erat : Plebi, quod ocium perturbaret, & noua femper armo-
rum confilia agicaret : NN obilitati , quod contra communem om-
nium fententiam, & decreta, Regni curationi per vim ##relio viam
facere anniteretur ; Danenfis vero Regium exercitum , ipfämque
Regem non tam non timebat, quiäm contemnebat : Altis fuæ
vrbis mœnibus,& robore, fidéque annixus : Verüm vbi ante vr-
bis muros Regia fterêre figna , nec arceri hoftes poffent, quin &
oppidum cingerent , & caftra fofsà vallôque fepirent. Duxen/em
{pes obfidionis protrahendæ deftituit. Mænibus quippe etfi tu-
tari fe non difhderet, longam ramen fuorum famem ,ob eamque
defeétionem verebatur. Videbätque longè abeffe auxilia , & con-
templabatur rerum exitum. Et non minüs quàäm mortis & fortu-
narum omnium periculum eum mancbat: Ideôque cläm per oc-
cultum terrz meatum elapfus , vrbem ciuibus tuendam reliquic,
in Britanniämque ociflimè fe recipit. Partheniacos vbi fe Ducis pre-
fidio deftirutos videnr , idem qui Danenfem timor, timorifque cau-
fa inuadit : Itaque communi omnium confenfu à mœænibus petunt
liceat colloquio rem tranfigere, quæ vrrifque benë verterer. Fa&tä
colloquendi copiä, vrbem , fe fuäque omnia Regis imperio per-
micrunt : Se. fi quid in Regem temere aufum fic , illius immunes
effe culpæ predicantes: Dunenfem cos fcfelliffe, qui occupatä prius
vrbe, impofitôque potenti præfidio, eis quo voluerine inclinandi
aut deliberandi arbitrium omnc abftulerit: Hæc ciues pro caufa
innocentiæ orare : Milites , quorum & grauior de eu maior
LI ij
* Pag. 38.
* Pag. 23.25.
* Pag.74.
L Pag.11.
268 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
vindicta ceruicibus imminebat , culpam fateri, eamque depreca-
ri, vultu in terram demiflo : Inermes pacem petere, fefe dedere,
nullas deditionis conditiones abnuere , modo vitam pientiffimus
Rex eis concedat : Supplex vtrorumque deditio, 2 periculorum
non confiliorum participes fuiffent, obftinatum alioquiin pœnas
Regem mollit , mouitque ad mifericordiam. Tum quod dedita
vitro vrbs haud paruo negotio oppugnari porcrat : Tum quod
nullæ vtrinque cædes, atrociüfuc faëtum nullum, Regis militüm-
que animos exulcerauerant. Acceptam deditione vrbem , vix im-
perio milites coërciti funt quin diriperent: Ciues in tutum ab in-
iuria recepti , domibus fuis redduntur : Mœnia folo æquata fuèêre,
ne tutum inde cuipiam perfugium effet. In Aquitaniam inde Rex
caftra mouit, aliquôtque oppida quæ (ommingÿ Comitis, qui cum
LAsrelio aufugerat, armis tenebantur, partim deditione, partim vi
recepit. Hæc illique tam profperè fuccedentia iam tumiuueni Re-
gi animos fecère ,vr <#wrelium etiam quocumque in loco agerct
cllo perfequeretur. Verüm maioris res difhicultatis vifa , Regem
_Ambafiam ad tempus quo copias auxiffet, reuocauit. |
A
Intereà fama vulgatur, frequentibus Principes Britannos agitare
gonfiliis , quâ ratione LAurelium , ceterofque cius partes fequutos
è Britannia arcerent, quos fuppetias Ducis aduerfus fe laturos ve-
niffe conietabantur. Ed Cardinalis Burdegalenfis* Orator cum man-
datis oportunè fuperuenit, qui Regis verbis non modo auxilia pol-
liceretur, fed & ipfum Regem belli partem multo maximam fubi-
turum fponderet : Multi Regis focietatem abnuere, & horrere for-
midabilem Britonibus Gallorum poteftatem : Plures, quorum fen-
tentia vicit, accipienda Regis auxilia, expellendôfque quauis occa-
fione illos à Britannia, qui in fuam perniciem coniurauerint :Poffe
Regem conditionibus obftringi, quibus nec Britanniæ imperio in-
cubare poflit, nec patriam grauiore exercitu premere. Si quatuor
folüum equitum centurias, peditum quatuor millia, qui nullà in-
iurià , nullo damno incolas afhcerent, fi quæ ad viétur exigerent,
boni fide foluerent ,in Britanniam duceret. Et demüm vbi A4ure-
lius ceterique Galli Principes Britanniä excefliffent, exercitum om-
nem inde citra motum extemplo in Galliam retraheret. Admiffas
fœderis conditiones , Regifque fyngraphä obfignatas, in eâfque
fan@tè iuratum non defunt qui afferant : Verüm timuiffeRegem ne
{1 vtrifque forfan inferior effet, aut à fociis proderetur, aut ab ho-
ftibus FA : Eam igitur vantis copiis pretendens occafio-
nem, non quo pactus erat exercitu Britanniam ingreditur. Et ter-
rorem ex mulritudine fociis, hoftibus metumincutit. Ducebatin-
En agminis claffem Aontpen/erius, {ummæ rerum à Rege pre-
cŒus, Anne neceflarius. Sanéfi _Andreæ* regulus fub fignis qua-
dringentos equites , fex peditum millia trahens , alid prorupit.
Trimolliës Baronum (ita vocant fuos Principes Britones, ) cafiris
V..
ROY DE FRANCE. 269
caftra coniunxit. Dux qui tum apud MNannetes erat, nec imparato
_excrcitu fefe certamini opponere, nec copias facilé contrahere po-
terat , fuorum confilio <#falefiriéfum (Caftellum eft in Britanniæ
penè vmbilico munitiffimum ,) conceflit , quo facilius ex vlterio-
re Britannia milices armaret, pedites cogeret, féque à primis ho-
ftium incurfionibus fubrraheret. Duces Galli eo copias ferri iu-
bent , Ploermellum modico à Malefriého diftans fpatio obfident.
Triduo oppugnata vrbs in deditionem venit : Obfefforum bona
obfidentium predæ fuère, muri folo æquati, turres deieétæ. Ea res
Britannum , Aurelismque maximè mouit, vt extemplo Malefiriéto
reliéto, inftantibus à tergo Gallis, W enetos * peterent: Maritima ca
vrbs cft : Non diuturna apud Venetos mora, vrgente Gallo Britan-
num , Aurelismque diftinuit. Nauibus cum parte rerum impofita,
magnâ remorum remigumque vi ad Cræfacum appellunt. Hic
* Pag. 16.
46.
vnam alterämue diem reficiendis corporibus immorati, remis de-
nuo incumbunt,N annetes hinc per Ligeri oftia confcenfuri. Fu-
gientes à tergo profequicur Gallus, Ueneros expugnat : Abftraxe-
rat Jenctis Coerquementius magnus Britannicæ militiæ Magifter duo
mille pri ns equites , quos ad Dinantium vbi Uenetos armis
defendi defperarer, Amaurico Mouflaio ducendos dederat. Hos in-
ter Dinantium & Nannetes Adrianus Hoffitalarius * clariflimus bel-
li Dux, cum valida equitum manu palantes metüque folutos ado-
itur , adorfus fundit, fugätque. Imperitia Re mes fexcen-
tos à vitorum exemit violentia : Ducis clementia aliquot ab in-
iuria cexit, eifque fe redimendi pecunià facta eft copia, Acceptæ
cladis nuncius Ducem terruit , 4wrelium acrius pupugit, omnes
denique Britannorum fpes fregit. Vt iam defponderent añimos,
proferri bellum vlrenius non poffe. Cardinalis Foxenfis , qui tum
apud NN annetes cum Duce fororis fuæ defunétæ marico fuerat, ter-
* Pag. uit,
rore belli perculfus, Romam proficifcitur. L4wrelius, ceterique Bri-
tantiæ Principes, vbi fe aperto Marti impares vident, vrbem mu-
nire, excubias pro mœnibus locare. Ec ac fi prefentes hoftes, om-
nia timere ,in armis fuos continere, nihil non antè videre, com-
meatum ex agris fubuehere. Albretus * Princeps per licteras follici-
tacur, fi fuppetias ferre, fi auxilia cogere , fi fuos omnes qui Re-
gis fequebantur militiam transfugere ad Britones veller, Briran-
num filiam fuam plenis nubilem annis coniugio iunéturum , quæ
* Pag.18. d
210.
Britannicum omne imperium , pulcherrimam dotem , allatura ef.
fer. Mouerunt litteræ Albretum ,ob preftantis Ducatus fpem haud
dubiam. Imperatores , qui centuriam Ælbreti nomine fub fignis
duétabant Regiis, ad Britannum retrofpicere imperat , fefe paulo
poft venturum maioribus cum copiis nuncians. Albreti imperium
pars accepère , iuris facramentique obliti : Nonnulli refpuèêre , pro-
ditionffque nomen velut peftem abhorruère , fidem cui dediffent
rclaturi. Perlatis ad Britannos litreris , ingentis fpei “tr im-
LI ii]
270 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
plentur. Ec ipfe Ælbretus cum aliquot generis Hifpani militibus,
& Vafconibus, inBritanniam tranfmittir. Ed Albreti Britanno |æ-
tior aduentus quo & opportunus, & opinione maturiorerat. Nec
tamen cum his copiis ne æquum cum Gallo certamen audent con-
gredi. Dunenfis qui Anglos facile in belli partem accinéturos fpe-
rans ,magis illis opportunitatem, quâm materiam capefcendi de-
effe pro vereribus odiis memorac, ipfe fibi in ÆAngliam penctrandi,
licèc omnia Gallicis latè iam tenerentur armis, fumit prouinciam.
Ec per altiflimas tencbras, per æqua & iniqua , vno alterôue ftipa-
tus comite, naui mare ttaieéturus, bis ad lictus, relu@antibus ven-
tis,non fine naufragij periculo reicctus cft. Audiic intereä ingen-
* Bas-Bre- TeMinferorum Britonum * multirudinem ,, ad tanti bellifamam, Du-
tons. cifque obfefli prefentem necefliratem , fefe fine Duce armaffe, ca-
put non animum deefle. His preter fpem repertis , fe volentibus
Ducem offert. Et vt erac vir callido ingenio , ac plane Vlyffeo,
gentem vel belli fatis auidam , maximä celeritate ad IN annetes
pertrahit, quæ in vrbem , coto fpeétante Gallico exercitu, nec quic-
quam mouente, recipitur. Potuit incompofita hæzc multirudo vel
leui negotio fundi, ni vrbana pro fuis in Gallos precauenda fuif-
fer eruptio. Vibis tædium, añnonæ caritas, ceterâque obfidionis
incommoda ex eis plures domum breui reuocauerunt. Vroebat
acriüs obfidio , eôque Galli infeftius bombardis mœnia quatere,
& magis hoftiliter atque intenté omnia agere, quo hoftium vires
auétas effe cernebant. Fuêre tamen qui à viribus ad infidias & oc-
culta conflia mentem auerterunt. Allicitur ingenti fpe , magnis
romiflis per cransfugas _A4wrelius, vt fi pacem quàm longum tra-
hi bellum mallet , ad Regem noétu perfugeret : Eum non modo
quæ illi antè ablata fuêre recuperaturum , fed auctiorem apudRe-
gem quam pris vnquàäm promeriturum gratiam. LÆ4wrelius qui
* L'Autheur TantO in <4nram*odio æftuabat , conditiones confiliäque afper-
fémaniffe nabatur omnia Tum vrbis fitu ,tum fuorum potentiä fultus , ob-
fa op fidione feflos diuturnâ Gallos difcefluros fperabat. Nec opinié
ty de la Gou- fruftra fuit. Tracti longâ morâ Galli, cum vrbem neque oblidio-
sprl, neque oppugnatione capi confiderent, alio figna verterunt*,
7.38 & aliquot ab hoîitibus vrbes receperunt. Per eos dies nunciatur
“Par. so. Rieimmi “à Rege ad Britannum defciuiffe , equitümque alam , quam
Gr4$- {ub Ælbreri imperio Regia meruiffe ftipendia diximus, co hoc tem-
*Pag.49. pote defecifle. Indignatus his Rex, Ancenixem * , Riei caftrum, tur-
ribus atque altis mœnibus ereétiffimum , dedentibus his qui cufto-
* Ibid. diæ prefucrant, folo æquauit. Cafhrum item Briandi* in Riei inui-
diam excifum. Huius Regulus filiam duxerat, Regis pattes quo-
ad per libertatem licuit fequutus. Hunc Rieius huréfque caftrum
noétu circumuenit. Nondum aperta erat Riei defectio. Hic pro
more in vrbem ad generum admiffus , fecum multos Britannici
nominis milites noëtu introduxit, generum cum multa -nobilium
ROY DE FRANCE. L7I
copia menfis difcumbentem parere, atque Britannicum prefidium
accipere ingitum, nec ad refiftendum facis porentem cogit. Britan-
nus vero ctfi plures ex hoftibus amicos faétos intelligeret , tentat
tamen , fi bellum aliter diflolui , fi pax componi conditionibus
magis quäm armis pofler. Comingius fruftrà miffus omnia hoftilia
nunciat, nullam concordiæ viam patêre. Regem Britanniam iam
animo inuafifle , neque illius poffeflione nifi armis atque viribus
ceflurum. Redie tamen Dunenfis * qui ab armis ad iura rem rotam * P4.50 &
transferat , Ducem bonorum virorum arbitrium fequuturum fpon- ?
deat. Quzæ tamen neutiquèm Gallicum diftinuêre exercicuin , quin
Foulzeras* , vrbem potentiflimam, circumuallaret. Ad tantæ vibis *P.1.21a
obfidionem leuandain , nihil obmittendum rati Britanniæ Princi-
es ,à Mannetibus Foulgeras verfus coguntexercitum. 4wrelius bel-
Ë Dux ante alios emicat. Milites Duci, Dux militibus viétoriam
polliceri. His animis, ad ÆAndouillam * oppidum, quod inter Rhe- * Pag.s0.
dones & Foulgeras eft, caftrametantur. Difpofirifque ibi Principum
tentoriis, vnà parte _Aurelus , alterà Albretus, Rieih[que rabernacu-
la fixère. Erant inter Albretum, © Aureliémque, ob Anne coniu-
gium, fed propter lata ad prefens bellum auxilia, haëtenus diffi-
mulati fimulcatum igniculi. Omnes enim preter Ludouicum fyn- François 1.
graphis <4nne matrimonium cum Albreto iurauerant. rm EL de de
< : | unois Chef
ipfe ,cuius confilio agebat omnia <A4urelius, paéto fubcripferat. 4, cf
Hic pacifcendarum auctor nuptiarum, cüm <A4lbretum in Britan- du Duc
niam [pe illexiffet , cautè à Lawall Domina , Albreti forore , quæ PSS
Principum omnium confenfum fyngraphis fulum apud fe % 0
bat, K ras vtredderet Quo faétum eft ,vt Albretus Aurelio , cu-
ius gratià id fecerat, infidias noéturnas ftruxerit. Excitus tumul-
tu ÆAurelius , arma capit , fuos pro tentorij foribus adftare iubet. Lufes dif
Interea rocus exercitus velut ad pugnam excitatur. Superuenère EE el
ÆAlbretus , Rieïfque, equis ol , à fe deprehenfæ fraudis cul- d'Anne le
pam auerfuri. <4wrelius Albretum infidiarum plane infimulauit. A rerc de Bre-
verbis res pene in difcrimen ac vim tracta. Imperatorum confilio “5°
pro nocte fopitur. Conueniunt demüm Principes fub primam au-
roram , de communi belli apparatu difcuffuri. Nondum ferox 4#-
relio animus quieuerat, iniuriam haud dubiè manu vlrurus, fi per
contubernales licuiffet. Nonnulli ab Ælbrero fraudem detrahentes,
_Aurelium refneritatis atque audaciæ pauld amplioris quàm nego-
tium exigeret prefens damnabant. Pars dignè Aurelium facere,
quia doli auétorem, auttorifque dolum infcétaretur. Refcdit ta-
men Æ#wrelius , ac in omnes cum Albrero conditionis partes con-
ceflit. Maximum quippe concordiæ vinculum , ac ftimulus, com-
mune prefénfque * periculum. * Merus cô-
Ad hunc modum fe res Britannie habebant , cum fedentibus mer
ad <Andouillam* Britonibus nunciatur , Fowlgeras in Gallorum cef-* pag 110.
fiffe poteftatem. Vrbs capta Britannos variè diftorfir. VE pote
272 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
_quam & opere & naturà munitam Gallorum conatibus oppoñere
auderent, & obfidionem diutiüs coleraturam crediderant. Sed ve
acceptum incommodum in hoftes aliqua ex parte referrent ,com-
*Pag.$.é muni omnium fuffragio Sancfum Albinum*, Gallicum quippe hic
4 refidium erat , petere decernunt. Itaque præire exploratores iu-
os , qui caftris locum defignent, qui omnia preuideant, ne in
infidias precipitati circumueniantur. Subfequirur demuüm exerci-
*P4g-50. tus, tanto animofior quàm pris , quanto Foulgeri * captis dam-
num nouum animis adhuc penè prefens inhæreret. Vulgarur in-
tereà rumor Gallos aduentare, qui fine mora , fine detreétatione
copiam pugnandi facerent. 7 Yes Britonum animos va-
riè diftrahebant : Vincere difhcilè fperabant , vinci grauiter me-
tucbant : Itaque facrä confeflionis expiatione fefe purgant , fum-
ptôque panis Angelici fercylo , ad bellum fe ini craftinum NF 8
diunt. _4urelius , Orengiäfque Principes proditionis à Britonibus
accufantur. Fitque per totum exercitum fimilis tumultui clamor
vociferantium Britonum , fefe à fuis Imperatoribus maximè Gal-
lis prodi. Qui aliter fedari aut comprimi nequiit, donec abiectis
armis, equifque dimiflis, per medium Alemannorum agmen ,æqua-
to pugnæ genere, “Principes Alemannico habitu velitarentur. Re.
gebat primam aciem Marefcallus Rieius, Dux — , mediam
Albretus, in qua peditum bona pars fuit. Cafhllibriandi Regulus
curabat , trahebäâtque impedimenta in alas conieéta. Erant in eo
exercitu Anglorum trecenti, qui Duce Talboro , Britonum ftipen-
dia amicitiämque , ideo quia contra Gallos bellum erat , fecuti fue-
rant. Hos Britones Gallis terrori effe opinabantur. Sequenti verd
die, curatis fomno quietéque corporibus, figna explicuêre Brito-
nes ,vexilla erexère, tuba cumultum exciuit. Verum cum non fa-
is conftaret, vbi exercitus Gallicus confediffet , caftra iuxta fyl
uam pofuêre , ne in loco forfan iniquo & improuifo deprehen-
derentur. Galli vero vicinum nefcientes hoftem, fine ordine, fine
Duce, inermes, feffi de via, prædà onufti , nihil denique minüs
fperantes, quàm tam propinquum bellum, Foslgeris egrediuntur,
auxilia fociis lacuri , quos propediem à Britonibus obfeffum iri
audicrant. Itaque non tam ad bellum, qum ad iter accin@i, gre-
Bataille de gatim diuerfo agmine Santfum Albinum petentes , infrequentia fi-
S. Aubin, en . : | ;
Juilerress, SN linquebant, vt hos deleri modico negotio potuifle, fi ica fata
v.p53.54.92, tuliflent , multi æftimauerint. Exercitus Gallici imperium apud
Sat Trimolliwm fuit. Adriano Hofhitalario, viro acri, atque bellicæ rei
petito, primam aciem tradit regendam. Ipfe cum Tacobo Galioto re-
liquam exercitus partem fibi referuat. Impedimenta cum artille-
* Anilkrie ria* (nouo inuento nouum nomen fingereliceat , ) in propinquum
nounellement | - : Re :
int, foflàrepentè duétà collocat.Nequicquam motus his Briro,{peétatori
pag.4. quam bellatori fimilior , liberam inftruendæ rei poteftarem facie-
bat. His ita ordine digeftis, ferre figna iuber #drianss : In primos
ordinem
| ROY DE FRANCE. 273
ordinem turbaturus ingenti ifapetu fertur : Antequäm congreffæ
acies , à cergo fulminales illæ machinæ ingentem vlrro citrôque
hominunmi es dabant, fortiffimis ac ignauiffimis iuxtäiniquz :
Inucétus cum fuis Adrianss, fortiter à primæ aciei antefignanis ex-
cipitur : Exceptus gradum referre cogitur, atque ad fecundum ag-
_ men inclinare : Gahrotns, hoftium oi Le ; animofque , ac vim, nec
non loci fitum , qui maxime illos adiuuabar, contemplatus, tentat
fi qua vi aut arte Britonem fubmoucre poflit. Nam & loci iniqui-
cas, & cum armorum fulgore oculos perftringens folis ardor , qua-
lis qui in magnis lulij caloribus effe folet , Gallis maximè aduer-
fabantur. Eleétâque fortium manu à tergo aggreflus, dum Brito-
ns loco expellit, dum fortiter , arque animosè fefe verè Gallum
preftat,incer medios hoftium AE pe mulritudine oppreflus ex-
pirat*. Eius mors Britonibus tam læta fuit , quàm vita antè aducr-» pag. 2.54.
fata. Nam & cos magnä clade affecerat, & ordines ruperat: Quo & 211.
facilius Adriano poft paulo diflipatos fundere fugaréque fuit. Vbi |
media inclinauit acies, non pugna, fed fedes fuit. Agnitus Orengiss
inter mortuos viuus , diffeétà rubrâ cruce , quam Anglorum inftar
pris induerat, fagittarij cuiufdam beneficio ab omni belli incom-
modo feruatus abducitur. &#wrelius vero inter = 4lemannos , quo-
rum claffem ducebar, pulchram per arma mortem petens, in me-
dium periculum ibact. Fugientes retinebat, pugnantes adhortaba-
tur , ordines refticucbat , vtque permanerent , verbis exemplifque
inuitabat. Iam non verbis, ne dum vi fatis poterat, obteruntur par |
circum adftantes : Offertur deditionis nn 7 Quam accéprà d'Oflcans,
datâque fide arripuit. Maxima peditum Gallorum virrusin Æwre- P#:93-
lo capiendo enituit. Trimollius illum Lædouico Adriani fratri, dum
reliqua peragerct, feruandum tradit. Ferox Princeps, cuftodiäà mi-
litum ampliffimä , ad Sanéfum Albinum ,in tutifimam oppidi do-
mum pertrahitur. Pedites vero in quorum verba anteà iurauerat,
ex capto prœmium iure belli repofcentes, domum obfidione cin.
gunt. Haud inde difceffuri , ni 1llis C##relins , vel propofita mer-
ces æquà fide perfoluatur. Audiit {e peti LÆwreliws , ægrèque tulit,
quod à (ordidiffimis imperium in fe D : Enfem à Lofhi-
talario ,quo à foribus tumultum, à fe iniuriam depellat, petit: Ne-
gat Lofbitalarius capti efle pugnarc , aut gladium accingere : Bene
fperare iubet : Ab co iniuriam , fi quæ inferretur , ctiam morsc
ropulfaturum dictitans. Rediit dr ès fusifque hoftibus in ho-
Éicum Trimolkxs. Armifque depofitis, cibo läborem demprurus,
menfis adftratis, « {wrelism honoratiore fuper fe loco , Orengism
à latere dilcumbere facic. Ipfe ex aduerfo feder. Ian vlrima imen-
fa adponcbatur, cüm dwos Franciftanos cœnaculum ingredi iubet :
Omnes timor inuadit : Ét prefentem mortem opihati, illos ad fc
perductos , qui ante aëtæ delicta vitæ audiant, arbitrantur : Con-
ticuère omnces, mctu magis,quäm modeltià, cum -extemplô Tri-
M m
A — - ——
274 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
mollius affurgens, ita concionatur. De vobis, Principes, neque mi-
hi poreftas eft , neque fi effec , illam in vos fum exerciturus. Ad
Regem à me iudicium defero. Vos autem milites, qui huic bello
materiam quantum in vobis fuit , ruptà fide, fraéto facrofantæ
militiæ facramento præbuiftis , hodie læfi Imperij crimen capite
luetis. Et fi quid eft quod confcientiam remordeac, habete fratres
hos : Nec dum finierat, cum repenté damnatorum cum lachrymis
clamor, cum eiulatibus preces exaudiebantur,, rogantium Princi-
pes, quorum oratià in id difcrimen veniflent, vt & mortem auer-
terent, & deprecarentur fupflicium. Commotis tanto iudicio Prin-
cipibus neque confilium, neque verba, neque animus fuppedita-
bant. Non multum abfimiles his à quibus rogabantur, pœnas da-
curis. Sumpto de damnatis fupplicio , Trimollius Principes cum
bona militum ‘manu in Galliam tranfmittit. Aurelius in amplifsi-
mo Lufiniano caftro aliquandiu afferuatus, Bituriges tandem , aut fi-
delioris cuftodiæ gratià ,aut loci commodioris fitu, traducitur.
Angcbaturdiuturniore præter fpem Awrelij carcere ohanna, neque
tumentem tum primum Regis iram verbis io cxulcerare aufa,
E amicos qui à latere Regis erant, mariti liberationem procura-
at. Quod cüm parüm procederer, hique qui verba auxiliümque
pollicebantur , remifsius agerent , ac Anne inuidiam vererentur,
ftatuit Curiæ fumum non nee præftolari : Itaque plena lachry-
marum , vultu demiflo, vefte muratà , pedibus aduolutä Regis,
| hanc Orationem habuit. |
on - Stiv.ego, Clementiflime Rex, muliebres lachrymas apud viros pa-
France au #%"efficaces : Cm ob procliniorem in his emittendis facilitatem ,tum quod
prés du Roy fæpèob leues caufrs inremperantiäs bis ti confucuerunt : Itaque locutura
Je sis : apud te quantum in me erie continebo lachrymas : Magis oppreff animi
pour la deli- \ | ATEN on.
wrance du dolore, quäm earum inopiä. Cum enim in mentem venit, quanto tempore,
rl _. quantä rerum omnium egeffare > Vitam morte non potiorem nr es meus
midlese. gerit Ludouicus, fingultir animus, exficcat lachrymas vehemens animi
cufes qu'elle &Jfus , arque ita me rapir, vt quid venerim dilfura non fatis ftiami. Fate-
4 rendde ri ne an difiter: deliétum , culpam reiicere , an agnofcere debeani.
aconduste. | | Ph
Accufatur, Clementiffime Rex, Ludouicus Aurelius apud te læ-
fæ Maicftatis. Quod in Bricanniam 4d Ducem fecefferit , quod contra te
arma. [amp{erit , atque pugnauerit , quod cum hoflibus tuis fœdus icerit,
quod me fororem tuam, affumptä ex Britanni Ducis fanguine vxore , re-
padiaturus fuerir. | on : 5
NN on putauit te offendere Aurelius , + figillatim omnia refellam, fi vel
iram aliquando Tux Maieftaris veritus, fugä faluri [ue confulerer , aut
certe à primis illis animi motibus , qui in hominum non funt potefiate , fe-
fe vindicaret ;: dum. in Britanniam ad'neceffarium fuum fe contulit :
Nam cum intelligeret Annam fororem cum qua fimulrares exercuerat
in tanta auCloritate apud te effe , vt tuto in Gallia ; fub imperiofo tam
_potentis fœmine dominio degere non poffer , ad Britannum /e contulir:
ROY DE FRANCE. 127$
Temporum turbimibas cœffurus, ac quicté manfuras , ff per tuam gratiam
licuiffet. Fugit ,inquics , fugiffe non decuir : Fuga plus fifhicionis aber,
uam criminis : Timuit ne per tram licentiam ire in Britanniam non da-
retur. Adhuc bec profeétio tibé molefts effe non debet, cum in nulla re
te offenderit. IN5 errauir forfan qui de tua bumanirare diffus , defherauir
fe boné gratiñ affequi poruiffe quod illi ultro eras oblaturus.
Sed hec lesia, grauiora inflant. Contre te [ampfit arma, cr ita [um
ph, vtipfe manws curs tuis conferuerit ; fignum pugne dederir ; atque in
aciers +055 COpiis defcenderit , dum inter Utrofque pax componi per Legaros
wretur. Fait bec tumaltuaria magis, quäm aut cogitata , aut quefita
pugne octafo. Nam dum sui fuis auxilio effe volunt, Britones perdita
recaperare nithntur ; in apertuns bellum inciderunt , 4 quo regredi tutum
non erat. Adde quod tot annos carcere inclufues , fat luit quod admififfe dolet.
Quod autem te, gloriofiflime frater , pungit ills nupriarum recorda-
tio : Ilum finxiffe pro rempore halenus [um opinata : Quo fibi Britan-
num "Magis femper obffrictum , bac connubif fe in offcio contineret : Hac
igitur neceffitatis funt , non voluntatis. Que fitta , non faita, aperté ani-
um illius oftendurt , in ea opinivne non fuilfe, quä me repudiaret: Si in
hoc peccauit ,me left maxime : Patere me , Clementiflime frater , ill
culpam condonare : Patere te vinciclementiä : Vide ne nunquam liceat tibi,
uod nunc magna cum gratis, magno hominum fauore elargiri potes : Tibi
bebit vitam [eruatus ab iniuria, à carcere liberatus , vxori redditus Au-
relius. Et pro te mortem oppeter , cuius arbitrio vita pependit. TN an ram
mihi crede | magnificum tibi fuit illum copiis exuiffe ,caftra diripuiffe, quam
Landabile, egreginm , ac omni præconio dignum erit with te mifertum ef-
A Parentum inimicitie vt nimio plus acres fent , ita non perpetue elfe
debent. |
Hac Oratione fratrem commotum fenfit /ohanna , & finem fe-
cit loquendi. |
Ad quæ breuiter Rex : Habebis, ait, quem tantopere deperis foror : * Cela arri-
Deus faxit ne in tuam perniciem* [eruatum aliquando volueris. pr Le
i : . | ut quelque
Læta refpon{o Zohaæna , tum gratias agit fracri, cum © 4wrelÿ re- fi ss as
mifsionem follicité maturat. | présrepudiée,
Rex etiam quo & in culpa condonanda humanior fuiffe vide- 2e si
recur, 8 irarum , ob diuturnam in carcere detontionem veftigia, fi
quz <ffent, nouo aliquo officio deleret ,ipfe obuiam Auaricum * w£- * Deliurance
que Aurelio progreditur.Miflis a illum ergaftulo liberarenc: #D#40r
Vbi in confpettum vencum et, 4#relius protinus equo defiliens, pp |
humi fe-profternit : Quo exurgere, & equum confcendere iuflo,
multa vtrinque colloquutis , Auaricuns des ai cft: Apparatæ tum
cpulæ recubantibus adponuntur : Multus inver epulas fermo , tum
Regis amicitiam reconciliantis, tum « 4wrelÿ culpam à ferciicien-
tis : Poftquim eduliis famemexemerunt, multa demüm collaris in-
uicem capitibus, procul ab arbitris confabulati , modo geftis, mo-
do rifu altiüs A , veræ inter fcamicitiz fignum dederunt.
Mm i)
276 HISTOIRE DE ARR PIN ns
RS erpetuo itinere ‘Twrones conténdunt , môx-
Pofterà verô luce, perp Anna Britanni filia nuptias *
Aarisge du que in Britanniam , ad. Reois Phed es crat. Britannia omnis di-
Rose dilibuntur. Anne tum apud Rhedon Anna Regi , Britannica:
nc heritiere \ | : Timebatque ne negata Ann Æ >
Ar Phme ÈRE. MESRINE +. FHMSNSN jam a: prefens. bélli fomes ef-
7 TUM Ierum magna Ex parte Ë igneret : Nam non quic-
PRIE NES Data, mox à Maximiliano fucurum SIS Le Hem de
HMaximilianum duplici iniurià : Tum QD FCPHMAr C
so b vxorem ademptam.. Verum Britannis pilen-
GI: tum O LR | LL an. .
BC fliam , bI d erat : Itaque conditionibus Annecon-
Regis metu fubleuanda CNRS DER
tort KC£ Re bducenda Regi communi Britonum
jugio interpofitis, in Galliam abducenda Regi commur c:con-
Be. | magno Pontificum , Principumque
confilio traditur : SE oppidum, duxit. <Aurelius vero
| fium , Turonum ; ee. \
Dacd'Or- apud Regem in Curia fic exinde g E |
: pu : . ne | r aïret. :
pps" fed ab omni fufpicione alienum preftarer extemplo N eapolita-
le Roy. ftacus in Galliis erat, cüm extemplo 1
ere a re imè Sforrii * agente. Rex itaque co-
Naplesala y indicitur bellum. Id maxime for a” agen L Fe
perfuafion de 7” itum :Iple cerreftres , maritimas Æwrelius cop 2
idouic ir exercitum : Ip | ifcauc totà ral: mam ” VENI,
. P lbibus * cran{fmifsiäque cotà Ztalix , Ko |
Porc 495. Tranfcenfis Alpibus*, | dies aliquot cum exerci-
1494.77, pag. o Pontificis Alexandri metu. Rome | q ,
None Pontifice fœdus *, obfidibus:vrrinque & nn
n : HADOIAIUSSenR fidéque muruo datà, acceprâque, tranfegir.
241: eratis, & impetratis, fidéq SEC g : habuit 4/
oDuium habui 7
or Mox continuo inde agmine ae pu . MR Re En ra
* P.101.122. phanfi eXErCitUM : Nulla PRSien Ils partiam defenfantibue ; his
RES TE fe acies concurrunt : . |
1gnIS, 1NCCT des, vtrinque
*Pagun3. 1 i jure debi tentibus : Vtrinque cædes,
| eDitam Iepe 4
29.613. terram fibi dE faci us cedunt vertünt-
Les Articles Li ]nera : Gallis fortiüs impreflionem PR ælio fe able
Torre rga Neapolitani , maturäquefugä - 4lphonfus p: ftra
après. que terga INecapolitar lo fequuta, vrbes, oppida, caftrâque,
8% ir. Vidtorem omnia parts l à te * fidem recipit: Vt non ve
non maiorc felicitate, de pe mes |
. te ife
ni]je , aut vidi fe > priufquam vicifs D {tari locatis , re-
Las b fidiifaue per atiONEes ’
= Compofitisira Rex rebus, pre Li et NE
| afte m : |
FOR COLMAR PR F Tarum amnem tranfmifluro »; cum
rerum fuccefflu precauentes , ad {'arum | EC ce ol, Sfortia
. | hominum multitudine occurrunt: Ei :
<< 1495. P#8: Magna SE, lium arétiflimä obfidione apud NN 0-
107.187. € {ocia arma Iungit < Cum Aure 1 . Adadtue fe | vrequis
ee _ karim Premeret ; ita VE commeatus inopià ETES
6 | cogeretur : Quod vbi nunciatum Revi, |
ad cibum vti c As iquiäs , cfque longo itinere atque fame,
inftruit,imo exercitus reliquias ,.cafq re .
: RS in pugnam educit. Ac exte
iInopia attritas , in pug ue
Fr rie seen ] 4 dine atque apparatu, ita animis , atque vi-
lo duæ acies, vt multitudine | ? Itanc , infulrant-
| $ xultant, infulra
Fire impares M Ep der . Re Re crac maxi-
Aie que,armorum arti magis quam vlui F 2. ec {e crahcbat,
or- | | . - 1e D
sois ma fit imprefho : Ille lecta iuuenum RÉ US
noëe 149$. À | -fuftinentés modo , fed & refringentes,
pag.10$.116. qui VIimM hoftium non Iu a
ante hoftem loco fubmoucrunt, fubmo-
au T Cum Rege fortiter pugnante hoftem
ROY DE FRANCE. 277
cum fugarunt , fuderüntque. Bello Dei magis quàäm hominum
operà confeéto , in campo quo circumflixerant acies, viétor exer-
citus pernoctauit. Prima Regi 4urelÿ obfidionc liberandi cura in-
ceflit: Ed omnes copias euocat Sfortia : Prædam haud paruam fa-
cere ratus, fi Awrelium in deditionem coësgiffet, qui Mediolanen-
fium imperium ad fe pertinens repetebat : Nihil in ea expeditio-
ne obmiffum quod ad rem pertineret. Nosariam primo 1mpetu Siege de No-
oppugnarc decernit : Awrelins nullum boni imperacoris prætermit- uate 1495.
tensofficium, ftationes circuit, feffis nouos fupponit, ipfe pro por-F
tis pugnam init: Itaque cüm Sforriani vrbem capi tanto præfidio
munitam defperarent, præfénfque ni LAurelius refticuererur fub-
eundum cum Rege certamen effet , animis ad pacem inclinaue- 4,pudOr-
runt. Oportunam quidem Awrelio, qui fame diuturnä preflus fe qu 2
Nousriémque hofti pauld pot erat permiflurus. A Nouaria Aure- PET
lius Regem fequutus, in Galliam rediit, vbi vfque ad Regis mor-
tem tranquille degit. |
| EXTRAIT
DVNE HISTOIRE
ABBREGÉE (MANVSCRITE
DES ROYS DE FRANCE,
RECVEILLIE PAR ALBERT CATTANEE,
Archidiacre de Cremone.
Principalement far le fujet des Vaudois.
Ec filentio prxtereundumeffe cenfeo Carolum Offaunm, Ludo- Eloge du Roy
| uici filium , veram Francorum Regum fobolem , adolefcen- Feré
tem egregiæ indolis, inuiétique animi, fummæquehumanitatis, &
clementiz , tantæque religionis, & continentiæ, vt maiores fuos
omni erga Deum pietate, ne dum æquare, fed fuperare contendat.
Qui animas Sathanis arte deceptas , in æternam mortem ruentes,
ad fanitatem reduxit. Hærctici * hi erant, non doctrinæ excellen- *Q#eles opi-
tià, aut fublimi ingenio præditi: Nec de procefsione Spiricus fan- pe
&i, aliquôue alio occultiore noftrz Religionis myfterio , de qui- ceux qu'on
bus quandéque doétifsimi viri diuerfa fensère, addubitabant. Sed id .
nomen paupertatis preferentes , in tantum dementiæ & cæcitatis ». pag.195.
proceflerant, vt Apoftolis, Martyribus, ac reliquis San@is, deni- Précédente.
M m iij
275 HISTOIRE DE CHARLES VIII
que diuinx Maicftati debicum cultum & honorem fubtraherene,
Quippe qui nec cempla condenda , nec laudes Deo concinendas
putarent : Sanétos vero in tantum contemnerent, vt nihil eorum
precibus homines iuuari poffe crederent : Et proptereà neque fup-
plicandum ipfis , neque dies corum fefto celebrandos dicerene :
Multa denique iuftifsima infticuta , quæ homines Chriftianos in
Ce gx officio continere folene, peruerterent. Nam hæc fermè fenticbanx,
cmysiem& & prædicabant, Romanam Ecclefiam domum effe mendacij. Eius
difoientds decreta nihil habere momenti Prefbycerum non chara@tere , & di-
ne gnitate, fed merito cffici. Ordinem, & offcium nihil tribuere, &
tantum quemque haberc dignitatis, quantum bonitatis, Animas
corporibus migrances , aut in cælum ftatim euolare, aut in fuppli-
_cia æterna demergi. Purgatorium ignem nullum inueniri. Vanum
& fuperfluum effe orare pro mortuis, & auaritiæ facerdotalis in-
uentum. Dei & Sanétorum Imagines delendas. Aquarum & falis
benediétionem irridendam. Sacerdotes pauperes effc deberce , folä
cleemofynà contentos. Liberam cuique prædicationem & concio-
nem verbi Dei effe. Nullum peccatum , quantumuis maioris mali
vitandi gratià, tolerandum. Nemini qui mortalis culpæ reus fic,
parendum. Confirmationem , ne inducitur, Vnétio-
némque extremam inter Ecclefiaftica Sacramenta non numeran-
das. Baptifmum fluuialis vndæ nullà interie&tä facri olei mifturâ
recipiendum. Cœmiteriorum inanem vfum, quæftus om adin-
uentum. Qui cellure tegantur humana corpora nihil referre. Tem-
plum Dei latè parère. Orbem terrarum illud effe. Coarétare eius
potentiam , qui Templa, Monafteria, Sacella, conftruunc, tan-
quam diuina bonitas magis fauens & magis propitia in illis fit.
Sacerdotales veftes, altarium ornamenta, pallas, calices, vafa f1-
cta , nihil momenti ad rem diuinam habere. Sacerdotem quocum-
que loco, quocumque tempore, facrum Chrifti corpus conficere
poffe , & petentibus miniftrare. Sacramentalia verba fola fuffice-
re. Suffragia Sanétorum cum Chrifto in cælo regnantium fruftrà
peti. Illos nec quid apud nos geratur fcire, nec preces audire, nec
fi audiant poffe aliquid opis adferre. In Horis canonicis decan-
tandis, & recitandis, teri fruftrà cempus. Nullo die ab opere cef-
fandum , nifi feptimâ , quæ & Dominic dicitur. Solemnia fefta
Sanétorum prorfus reiicienda. Ieiuniis ab Ecclefia inftitutis nihil
profici. Indulgentias pri & cenfuras pro nihilo habendas.
eo. Hz funt Pauperum de Lugduno opiniones , & deliramenta. Nec
uresdeLion. iam fatis EL ds in conciliabulis fuæ amentiæ fociis hæc com-
municarc, fed propaläm prædicare atque adftruere audebant : Et
quos Catholicos in fuam fententiam fuadendo trahere non po-
terant, variis cruciatibus & iniuriis afhcere, corümque domos di-
ruere non dubitabant. |
Ad hancigitur labem delendam conuerfus Zsnocentiss Pontifex,
| _ROY DE FRANCE -..: 279
Dei vt opinor inftin@tu , 4lbertum Cattanenm Placentinum , e4r- Albert Cat:
chidiaconkm Cremonenfem, Pontificij & Ciuilis Iurifconfultum,quem ne . is
ad hoc mitteret , delegit, monitifque & litreris quibus opus erat Hifoire) cf
armauit. În primis autem Carolm Regem Francorum Chriftianif- employé con-
fimum per EÉpiftolam docuit : Quantüm ad dignitatem Chriftia- {5 06e Par
nifimi nominis pertineat , quantum de Deo & orthodoxa Reli- VIII, 4e
gionc mereri poffet , fi peftis illa quæ Regnum eiusinfecetat , glo- Pape 1484.
riam denigrabat , extingueretur. Labes enim hæc à Lugduno diffufa, 7 #7
in Delphinatu radices egerat , in ea videlicet parte, quæ ad lacum
Lemannum & LAllobroges pertinet. Cuius auétorem Waldenfen, ci-
uem Lugdunenfem à quo eius Sectatores Ualdenfes nominatifunt, Vaudois ons
fuiffe proditum eft. Is diuitiis pollens , vir modicæ literaturæ , no- ho
uurm & vetus Teftamentum, ac nonnullas auétoritares Sanétorum
Patrum in vernaculam linguam verti fecit. Quos minus fané inrel-
ligens, fenfu fuo inflatus, predicationis & A poftolatys ofhcium fibi
vfurpauit, & complures ad fimilem prefumptionem elicuit. Quos
licèc idiotas ad predicandum , per ciuitates & caftra emifir. 1}
multos erfores circumquaque didandences » ab L4rchiepi[copo Lug-
dunenfi excommunicati, & contumaces, ab Znnocentio ‘Tértio in La-
teranenf Concilio hæretici declarati, demüm ZLagduno'expulfi funt,
Qui in Pedemontinm fines fugientes , errores ipfos latè L idem {e-
minarunt, & pleraque loca montana huiufmodi pefte infecerunt.
Nec Chriféanifémi Regis Francorum obfequium & pietas de-
fuir, Nam fimul ac Pontificis litteræ ad eum perlatæ funt, Piefr-
dibus Delphinatus mandauit,ne quä in re Alberto Archidiacono ad
negotium ex {entencia conficiendum deeffent. Fatumque eft pro-
prercà, ve illi Grarianopolim. (In ea enim Ciuitace ius * toti Delphi- * Parlemens
natui redditur.) eunti Wzro de Palude Marchio Salmarum * , vir illu- yes
ftris, & oannes Raboti* Iurifconfulrus , ciufdem Chriftianiffimi mm,
Regis Confiliarius, mulrifque egregiè leyationibus funêtus ; quo- .
rum vterque magnà auctoritate pollebac fefe adiunxerint. Vt fi féiler duRoy,
fortè hæretici fpem in armis aliquam ponerent , fcirenc fibi çum / era parlé
Rège rem efle faturam. . ie SOS — A
Ærchidiaconus vt à Pontifice imperatum fuerat, circummifit re- Ambagi-
ligiofos viros, diuinæ leois peritos : Qui hæreticas quanto in er- sin} ls
rore , & animarum .periCulo verfarentur docerent , adque verumi No
Dei cultum, & fidem Catholicam certiffimis rationibus & auéto-
ricatibus reuocarent.. At illi virofiffimi afpidis more auribus veri-
cati obftrufis , quos fufcipere & venerari debebant., iurgiis, & ma-
Icdi@is funt infeétati. Et aduocatis infaniæ fuæ ( Barbas ipfi vocant,)
magiftris, de fuo fibi errote plaudebant. Quâ re cognitä , érchi-
diaconus cüm iam terminus gratiæ, fiuc preftitutz dices clapfa effet, .
{ omnia enim iuris ordine agebantur,) duos & vigintiex eis Brian 77,
Ronÿ, & Sexaniæ capi curauit : Qui inter principes hæreticorum rare ni
numerabantur, & expellendi à pattia illa Archidiaconwm fbipartes * “.
Si.
L 1
280 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
fumpferant. Nam cüm Zoansem Uayleri Sacræ Theologiz Magi-
ftrum, & hereticæ prauitatis Inquifitorem pluribus vulneribus
confeciflent, Joannémque Deuentis, & Tacobum Roberteti, luris vtriuf-
que Interpretes, & Regios Delphinales C onfiliarios : mulrôfque alios
_egregios viros, & fideles Catholicos, Regiéfque Offciales, cos ad
vnitatem fidei reuocaté fatagentes opprefliflent , remoco © 4rchi-
diacono , neminem futurum fperabant, qui illis auderet effe mole-
ftus. Hi cüm per cormentà omnes héreticorum ftrophas, & om-
nia quæ fuprà enumerauimus dogmata detexiflent , duobus tan-
tm pertinacioribus fupplicio affeétis, reliquis conferuatis, & vni-
* Vallouife tati ra reftitutis , dimifsifque rurfus in Wallem-clufonis *
* Pragela iminignt. omnes Incolæ Prati gelati*, & circumuicinorum
ocorum, per maiores natu ab 4rchidiacono veniam petire. Ab-
iuratâque publicè herefi, magnâ gratulationc fidelium, fupplica-
tionibüfque Deo habitis, Brianzonÿ. (Nam infignis locus ef re-
ligionis illius caput , ) folemni ritu ad vnitatem fidelium publicè
recepti funt. | |
Ac hi qui Hentollas , Ucellos , Feneffrellas, & alia oppida ,ac pa-
* Vallouife gos Wallis-clufônis * inbabitant , ne quid fimile faciendum ipfis efler,
iuga montium petière , fuäfque res illuc contulère , rati inexpu-
nabilia effe : Nam ardua preruptäque erant , & inacceffa facie-
38 nix gelu durata atque exaggerata. His locis freti , Zoannem
Campi, & Toannem Defiderÿ Oratores ad Archidiaconum Vronem &
vannem Raboti miferunt. Quorum huiufmodi Oratio fuit : Weri
fideles Vallis-clufonis vos oraros volant, Reucrendi & Magnifici Do-
inini, re éminticorum noffrorum ‘vocibus permoucamini , nêne veritate non
_. cognité nôs damnctis, qui Repi fideles obedienté[que fumus, er veri Chri-
ftiani dici poffumus : Prefto erunt Lezis noffre Magifiri, vite merito ,
eo" doétrin4 infignes, qui fine in Generalibus, fine Synodalibus Concilis,
luce clarins nou éo* veteris Teflamenti aultoritatibs probabunt | nos re-
- ée de Chriftiana fide fentire , nec inféclatione , fed laude dignos efe.
Les Deputez Quia tranfgreffores Euangelice Legis, longéque ab © Apoftolorum traditio-
à rai ne recedentes fequi nolumus , ©) corum prauis infliturionibus obedire : Sed
proféffion Pé#pertate ac innocentié deleétamur , quibus orthodoxe fides dj fundata
deFoy,& fuit, 7 creuit. Dinitias autem , @y luxum , ac dominandi fitim , quibus
pa 0 noffri perfecutores inhiant , afbernamur. Nam vobis flatutum elfe
Religion. dicitis lepem er feétam noffram extinguere , videte ne “Deo inikriÿ firis,
née cins iram in ‘vos prouocetis , co* [ub fpecie boni , ingens piacalum 4d-
mittatis ‘ut Paulus quondam feciffe diciter :'IN os in Deo fheramus, ma-
| gifque el quam bominibus placere ffademus : TN ec timemus eos qui corpus
occidunt , animam autem noh poffunt occidere : Er ramen fcirore quod. fr
* Ncophy- Dews voluerit | nibil contra nos vires valebunt svefire. Ad hæc Archi
tus qu4fno- diacongs , fruftrà cos tergiuerfationé vti, & occulere fraudes, quæ à
men A, trecentis Neophytis* effent deteétæ : Nec feréndum eflé ve ruftici
plan, & litterarum ignari homines fanam Catholicämque Ecclefiam ,
_ à qua
ROY DE FRANCE. .__. “18r
à qua fidem acceperunt in fide corripiant : Et quæ doétiffimi ac
fan@iflimi viri, vafa Spiritus fanéti , participes arcanorum Dei,
litteris tradidère , quæ tot Conciliis ab vniuerfi orbis Paftoribus
funt fancita, refpucre , & vanä fuperftitionc corrumpere audeant ;
os, vraiunt in cælum poncre, & Summis Pontificibus detrahere
non formident : Si fanæ mentis effent, f quid Chriftiani pudoris
haberent, non in vitam Sacerdotum inquirerent , fed difcuterent Replique à
fuam propriam : Nec attricà fronte quas non intelligunt fcripru- = sus 196
ras interpretarentur , fed Sacerdotibus, peritioribüfque , res |
doctrinam cæteri mirantur ,crederent. Diabolicà cos fraude fedu-
ci, uoris & impatientiæ ftimulis agitari. In vaniloquia cffe con-
ucrfos, qui Deum non vt Deum glorificent, fed vanis affertioni-
bus ad gehennam ædificent, & alios in incericum trahant. Quod
autem {e produéturos Bérbss dicerent, qui corum dagma defende.
rent, fatis fupérque difputata, & electa efle quæ ad puritatem Ca-
cholicæ fidei pertinent : Reuocare ea in dubium nec fas effe, nec
er fanétorum Parrum, Chriftianifimorümque Cæfarum decrera
Le : Proinde ad cor fi vellent redirenc, & Jnnocensÿ Ocfani Sum
mi Pontificis , qui eorum animas ad verum lumen reuocare, & ex
tenebris eruere cuperet, benignitate & charitate perfrui vellent:
Si id feciffent, animæ corporifque falurem confequuturos :Sin mi-
nus, ca pafluros quæ iuxta canonicas fanétiones Hæreticis func fub-
eunda. Hoc refponfo territi Hæretici, cum Æ#rchidiaconum corn
pere fruftrà rencaflent, oéto dierum inducias perière, & cum om
ni mulcitudine , fi ramen errare docerentur , abiuraturos hærefiin
promisère. Âtque etiam ipfis petentibus Prior Afensollarum 43:
marus de Rupe , & Califlus Fernandi , cum prædicatoribus miff,
qui mulcitudinis corda mollirent ac fleéterent: Quos Hæretici ma-
le acceptos ,etiam in itinere ex infidiis adorti, vulneribus affecè-
te: Se vera fentire , illos feductores de vociferantes. Tum demüm
_Archidisconus omnia pris iuris ordine expertus, armorum reme-
dio vrendum putauit : Et licèt Hæretici ca loca, quæ, vt fupra de-
monftrauimus, in{uperabilia videri poterant , falediffent molari-
bus per præceps miflis, omnique telorum genere vrerenrur ; Dei
tamen virtute, & fidei ue cft, vtinterfeétis quam plu-
tibus Hæreticis, cum Fideles eumulum qui in dorfo Afontis-fraxini
erat, expugnaflent , quindecimque hærefiarchas fumpto fupplicio
affeciffent, poftridie ad aliud recepraculum , quod r#pi R oderie im-
minebat, acceflerint. Quod cm fummis viribus adorti fuiflene,
Hærctici naturâ loci tuti, per prona montium ingentia faxa de-
uoluences, Chriftianos repulerunt, ac nonnullis cæfis, multis ve-
ro vulneratis , ex rupe dciccerunt. Pugnatum tamen eft fummo
manc vique ad vefperam, magnâ contentioneanimoruin. Sequen-
ti dic,cum machinas ad renouandam op gnationem ‘Ugo re
rari iufhffer, Hæretici rerriti, ac fuis be difhfi, Vroni {e de-
Nn
* Freffinieres
D” | rgentie-
re.
* La V'aux-
pute, v.pag,
195.
282 HISTOIRE DE. CHARLES VIIL
derunt : Et humi procumbentes, veniam & pacem orare cœperunt:
Nullam moram futuram dicentes, quin abiuratä hærefi, ad vnitatem
fantæ Romanæ Ecclefiæ,ad quam Dei nutureuocarentur,redirent.
Atque ita impetratà ab L4rchidiacono pace , omnis mulcitudo vrt
ab ipfo imperatum etat, Aentolls confluxit: Vbi diuinis rebus fo-
lemni ritu peractis ,vetus fermentum exuti, & iuxta Apoftolum,
noua confperfio faéti ,vnitati Catholicorum funt reftituti. |
Tum Archidiaconus ad alios Hæreticos vallium Fraxinerie*, Argen-
teriæ*, & Putæ*, duorum dierum itinere à Walle-clufons diftantes , ad
fanitatem reuocandos , Ebredunum conceflit , vbi cum falutiferis
monitionibus plures ad fanitatem reuocaffet, cæteros pertinaces
armis domandos, & putrida membra ferro abfcindendaeffe, quan-
do aliter curari non poflent , exiftimauit : Excicatis igitur iterum
Chrifti Fidelibus, qui ad extirpationemillius labis nefandæ ex ple-
rifque ciuitatibus Delphinatus & oppidis conuenerant, illius falu-
bri hortatu , Ugo cum exercitu Uallem - fraxinerie , quæ peran.
ouftis clauditur faucibus , ingreflus eft : Hærerici qui fparfis tugu-
riis & pagis habitabant, cum fe collibus inuiis feptos elle credidif-
fent, vc confpexerunt Fidelium agmen , in quatuor receptacula,
cüm arte, tum naturâ ipsà munitifhima fe receperunt. Sed Deo fa-
uente, Vgonifque in primis virtute egregià factum eft, vr cum Fi-
deles recepraculum, quod oppido cui Ecclefis nomen eft ,immine-
bat, per Nr montis expugnaflent, cæteri Hæretici perculfi,
&. non fine Dei voluntate id faétum exiftimantes , de montibus
defcendentes -A4rchidiaconi mifericordiæ fe fubmiferint : Cuius iuf-
fu, ad veniam petendam, mifericordiämque confequendam Ebre-
dunum petière. nn |
Inde LArchidiaconus nullam moram interponendam ratus , ad
Vallem-putam acceflic: Confugerant Hæretici in quendam rumulum,
qui à perpetuis niuibus ala frigida SEE AT alimen-
ta quæ eis per biennium fufficerent, congeflerant. Qui cüm nul-
lis exhortationibus ad viam lucis reuerti vellent, quin imo ©4r-
chidiaconi nuntiis rupis alticudinem metiri iuffis, fe inexpugnabiles
effe, & pro feéta fua mori decreuiffe refpondiffent ; _Archidiaconus
in cos Chrifti Fideles concitat: Quos in iugum montis peruadere
conantes, fupereminentes Hæretici ingentis magnitudinis faxa per
prona montium deuoluentes, quæ incuffa fæpius fubiacentibus
pctris maiore vi incedebant, fauciatis quèm pluribus Chrifticolis,
& obrutis,pedem referre coëgerunt. Poftero die, qui Dominicus
crat, Fideles ad s#mulum accefsère, vbi pars iuuenum, qui leuitare
corporum, & ardore animorum ftrenui erant, à tergo in cacumen
montis per inuia & prærupta quæque eualit : Qui cum nec Hære-
ticos lædere, proptereà quôd concauus mons tegebat sumulum , |
nec defcendere ob illius foliditatem poflent , facto hominum ro-
bore, validiflimis & longiflimis funibus, vlrra crecentos cubitos,
ROY DE FRANCE. | 18;
fuper paruula quadam rupe , quæ t#mulo Valdenfium imminebat,
viciffim fe magno difcrimine demisère. Quod Valden/es , qui ab
aliis Chrifticolis, aliquibus femper leuibus prækiis inferitis tenta-
bantur, & ad eos repellendos intenti erant, non animaduerterunt ;
Tunc Fideles fummä vi in recepraculum hæreticorum ruentes, pri-
mo impetu #wmulum cepère : Et vltra nonaginta hæreticos præci-
pites LA rupe datos interfecère : Cæteris venia conceffa ef.
Capto & nn , Deco fauente, inauditä arte, & præter om-
nium fpem fortiflimo & munirifhimo reccptaculo, hærctici Wallis-
argenteriæ, QUI Ctiaim in fortiflimos præruptéfque montes confu-
gerant, videntes, opitulante Altiflimi dexterà, nihil effe Cacholi-
cis inexpugnabile , reliétis t#mulis humillime veniam petentes ad
Archidiaconum accefsère : Cuius voluntate Ebredunum , quæ ciui-
tas Metropolis eft prouinciz illius , petière : Vbi faétis ad Deum
deuotis fupplicationibus , folemnibufque proceflionibus , abiectis
tenebrarum operibus , ingenti populi gratulatione , ad gremium
fantæ marris Ecclefié funt recepti. |
Eodem tempore, mortuo* Edoïardo Anglorum Rege, reliétis *Edoïüard
duobus filiis impuberibus , Richardus Edoïardi frater , qui Regni . 7.
adminiftrationem habebar, occifis crudeliter nepotibus, Regnum nt
vfurpauit: Hanc tantam impietatem iniquo ferens animo Carolus , 1453.
| fm etiam nonnullorum Angliæ Procerum precibus fatigatus, rl
exercicum in Angliam mittit : Occisôque Richardo * , Regeminilla rw fur Le
Henricum*, Montis-diuitis Comitem conftituit. asie _.
Agebantur hæc in Anglis feliciter, cüm inteftinis cœpit Gallia + Auquel fic
feditionibus vexari.* _ 4ureliani enim Dux, Alibreti & Dunefij Co- «44 Henry
mites , ac Princeps Awraice , cum multis aliis Galliæ Proceribus, Et vg
aduerfus Petrém Bellijoci Dominum, & L4nnam coniugem, Regis mont.
fororem coniurant, Regémque in fuam poteftarem redigere con- ré | page:
tendunt , & exercitum parant : Sed Rex conuocatis Regni militi-
bus, coniuratos Principatibus fuis fpoliat : Coniurati in Britanniam
fe recipiunt ; eam ob rem, Briconibus bellum eft indi&tum : Miflus
eft etiamin Maximiliani Præfectos exercitus , qui Francorum limi- 2##/4eS.
| / k g Aubin l'an
tes vexabant: Et cos fudit, fugauirque Geldrie Ducem , multéfque ;,88.»p. 63.
alios Alemannie Proceres intercepit : Vrbémque Teroannam , quam 54.52.6211.
Maurinenfem appellant, occupauit : Verfüfque in Britones Carolus, Des dares
commiflo apud Sanéfum - Albinum ingenti prælio, eos fuperauit , & 7“ me.
Aurelianenfem Ducem cum pluribus Regni Primoribus cepit. Erant Sp
ver Britonibus Anpgli, & Alemanni coniunéti : Quare maior om- pr 4e remps
nium opinione fuit victoria : Secundâque victoriæ vfus fortunä, pe
multa Britannie oppida expugnat : Receprâque Comitis Alibreti, Vaudois, f
& ciuium deditione N annerenfi vrbe , totam Britanniam fux ditio- P#"cliere-
RE À e ment defcrite
ni adiungit : Et maximä in hoftes clementià & Hberalitace vfus , per Catra-
Aurelianenfém Ducem liberac*, & multis muneribus fibi aftrin- ne.
git. | A | L'an 1491.
Y. pag:93:
Na ij
284 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
RER ENEE RENE EEURENEMEEEEE »
a en da au due
__ EXTRAIT D'VNE
AVTRE HISTOIRE
| (AVSSI ABBREGÉE)
DES ROYS DE FRANCE,
INTITVLÉE
FRANCORVM RECVMGENEALOGIA,
Par SYMPHORIAN CHAMPIER, Medecin
d'ANTOINE Ducde LORRAINE.
VB11T ineius locum Carolus Delphinus , is quem fufceperat
1483. ex Carlotta Sabandienfi : Cüm duas anteà puellas peperiffet.
+ Pag.107. Quarum alteram, pater co tempore “Perro de Bellojoæw* , nunc Du-
222. 2147. © Borbonienfi , collocarat : Alteram Ludouico Aurelianenfium Duc,
precedentes. qui pofteà defuncto fine prole Carolo fucceflit.
| Tam Carolus agebat annum certium decimum cüm Regnum
*pad 207. int”. LAnnæque fororis eius , & Petri de Bellojoco cui nupta erat
= Anna, confilio gerebantur omnia. Quod indigné ferens Ludoui-
“Pag.109. CHS Aurelianenfis, exclufo* fe Regnum per alios adminiftrari, fociis
quibufdam Principibus qui cum eo fentiebant, vtilitatis vt aiebac
publicæ gratiâ , bellum mouit , auxilio Britannorum fretus. Initium
motus in campo Aurelianenfi faétus : Cum Carolw fe recepiffer
*ÿ.p.164. Aurelios , & ipfi Bulgenciacum * venerent , egreffus obuiam cumexer-
precedente. Citu Carolus, Ludouicum referre pedem compulit: Is in fidem Dw-
© *Pagaço. C Alençonÿ * confugit : Intercà dum cius 5 er vtebatur, agere
de pace per Oratores & internuncios non definebat. Honeftis ita-
que conditionibus impetrato reditu venit* ad Carolum.
Verüm fibi timens , vt pofteà caufarus cft , apud eum diu non
fuit.. In Blefiam * primo elapfus : Inde vnius diei itinere proximos
Britannie fines petiic*. Interim ciuilium bellorum motus, Joanne
Borbonij Duce, Engolifmensique Comite excitati, Carolum coegerunt
adhuc adolefcentem cum copiis ad Bituricenfes * accederc : Sed ab
armis, honeftis conditionibus vtrinque difceffum.
Cüm Ludouicus in humanis ageret , impuberi Carolo Margare-
tam* defponderat Maximiliani Romanorum Regis ex A{aria Bur-
ganda filiam. Veniebant ex Britannia Carolo nuncij minus læti , in
* Pagaes. armis efle Britannos*, omnémque belli impetum in Galliam effu-
* Pag.165.
* Pag.166.
* Pag. 2167.
* Pag:166.
* Pag.70,
ROY DE FRANCE 285$
furos : Itaque occupandum fibi ratus , Nannetenfem* adortus vr- * Pag. 269.
bem , cum toto comitatu redegit in poteftatem : Ea res Aaximi- |
lianum mouit in Carolum. Quôd is indignum putaret in confpectu
pen {uo Britanniam , quam fperabat, à Carolo vexari: Quippe A42-
ximilianus amifsà Mariä , (aroli focru, nouas nuptias cum filia Bri- |
tannorum Ducis affectabat *. Iraque cœpit excurfionibus , & iufto * P4:276.
exercitu Picardie fines vroere : Verüm Carolus etfi per Legatos
bellum gerebat, - 4lemannis *tamen profigatis , eius conatus facile * Pag. 172.
repreflit : Expeditionémque in Britannos profecutus, - 4nnam Fran-
dif Britannorum Ducis filiam , quæ mortuo patre rerum potie-
batur , & Maximiliani connubio per Oratores & cerros homines
erat pa“ta , coegit imperata facere : Britannis ingenti prælio viétis
ad Diuum Albinum* : In quo Ludouicus : Aurelianenfis * captus, ad » 74
Carolum deductus eft. Carolus Annam * demifsà Margarerä, matri- *-p.53:54.
monio fibi iunxit. : | ° 1280
Pacatä iam Britannié, Andegauenfium ius in Regnum Neapoli , Ps .
tansm, quod fibi generis ferie competeret , bello profequi flatuit. &252. ;
Cum maximis itaque copiis, Augufti menfe *profcétus , proxi- 1491.
mo Februario Neapoli * potitus eft, & Regno. | 1493.
In Gallias exercitum reducenti iter intercludere Veneti Longo- 1494,
bardique tentauerunt ad amnem Tarrum iunétis oppoliti copiis : * pag. 102.
Avis acri commiflo * prælio , per hoftium ftrages armis iter a- *P4g276.
eruit. . | _ 1495.
Interea Neapolis * à Caroli fide defciuerat, & redeuntibus L4r- po
ragonits portas aperuit. à cs
Carolus in Galliam reuerfus, agitabat animo Regnum recupera- * Le Riy
re : Sed cius confilia mors interrupit. Aprilis enim nocte feptimä, né * 4
quam celeberrimus Chriftianis dies Palmarum fequitur, apople- pre ve
xià periit * abfque liberis : Illatüfque eft ad ædem Dini Dionpfij vpn.
propè Lutetiam Parifiorum. | G'a$.
*
-
RRERMENINEIINEENENSEENTE
EXTRAIT D'VNE AVTRE HISTOIRE.
dont le vitre eft, Trophaum Gallorum ,
Par le mefme CHAMPIER,.
Ou eff le T raité de Paix du Roy Charles VIII. anec
le Pape Alexandre VI.
B1 itaque fato conceferat Ludouicus Rex Vndecimus,Fran- ; 483
corum Regno omni ex parte pacato, conceflit eidem diui- Complexion
na Sapientia Carolym huius nominis Ocfanum , in Regem : Qui etfi débile duRoy
membris ceneris * & imbecillibus erat, infurgentes ramen aduer- 7 P ne “a
| Nan ii
ms
286 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
1493. fus regnum fuum quofcunque hoftes in Regni circumferentiis po-
1494. fitos animosé debellauit , & fzpenumero pe magno Regni
detrimento perdomuit, vt Regno pax vniuerfalis reddira fir.
Pag-190. Cümque à bellis quiefcere potuifler *, cura illi incefit de Si-
cilie Regno, quod ad fe patrimonij iure pertinere contendebar,
Nec potuic à fententia dimoueri : Nec Parifiorum Oratores eius
rei causà ad eum miflos audiuit. Conctraétis proptereà cerrà ma-
rique copiis, Lugduni primüm aliquot dies moratus eft : Tandem
* P.r91.193. fuperatis Alpibas * , fequitur exercitum , cuius bonam partem præ-
2.246 mifcrat benè inftruétam : Ec per Zraliam iver faciens, Romam ve-
*P.ior.n2. nit * : Cuius aduentum Romanus Pontifex timens, cüm ingref-
#3-@130. fum impedire minimé valerer,in caftellum Sanéfi Angeli, vt mu-
nitifimum locum , fe recepit. Rex vrbemingreflus , militem à tu-
multu temperare iuber. Quofdam qui Regis Ediéto non paruc-
*Pag.n4. runt, vitimo fupplicio *, tribus per vrbem ere@is furcis, afficir.
Dum paucos dies in vrbe Rex agit, nec vllus auditur militaris
tumultus, fecurior fui Alexander ,arce egreflus, Regem ad collo-
quium admitcit. Er inter eos contraéta cft amicitia. Edideränt-
que nonnullos articulos , quorum fummarij func ifti.
Traité entre le Pape & le Roy.
ae In primis Papa remanebit bonus pater Regis, & Rex bonus
Paix entre le filius Papæ. , . |
Pape Ale- Item Papa contentus eft, quod Cardinalis Valentinenfs vadar
P | » q
xandre VI. 0. \
G le Roy 1 focietate Regis ; & permaneat quatuor menfes, & vltrà, ad
Charks beneplacitum Regis.
te rire . Item, Papa Turcum confignabit in manus Repis; & feruabi-
125.229. CUT per Regem in Terracina.
precedentes: [tem , Rex in reditu fuo reftituet Turcum Pontifici.
sd 4 Jtem,Rex pollicetur Pontifici, quod fi Turcus ei intuleritali-
Comines4 quod nocumentum ,ipfum Pontificem iuuare, & defendere.
HPANTE, Item, promitrit Rex Pontifici, quod faciet dare confenfum Rho-
dianorum infra fex menfes. |
Item , Rex pro reftitutionis fecuritate dabit Sammo Pontifici
obfides. |
Item, Pontifex femper recipiet cributum quadraginta millium
ducatorum confuetum per magnum Turcum mitti.
Item, Papa dabit Regi portum & roccam Cixitatis Verule.
Item, confentit Rex , quod ad Vrbem aduehantur victualia, tam
per Ofliam quim (initatem V etulam, dummodo non veniant ex
parte inimicorum.
Item , dabit Papa Regi Francie Commiffarios, vt cidem de via-
tico prouideant per terras Ecclefiæ. | |
Item , omnia fortalitia , & caftra, & ciuitates Ecclefiz Regi Fran-
ROY DE FRANCE. 287
cie aperientut , fi contigetit ipfummet adire, donec in tuto
fucrit. |
Item, redeunte Rege reftituentur Papæ omnialoca, infra qua-
tuordecim dies poft eiufdem Regis difceffum.
Item, redeundo reftituet Offiam in manibus Cardinalis Sancfi
Petri ad Uincula. a
Item, Ciwitas Vetula, & alia fortalicia remanebunt in poteftate
Regis pro fecuricate {ua
Item , Papa ignofcit omnibus qui feruierunt Regi , ve putà
Aqsapendentibus , Hontiflaconenfibus*, Uiterbienfibus , & aliis. * Pag.15t.
Item Papa reftituit ex nunc omnes Cardinales fuis libertatibus. |
Eä lege, & conditione, quôd ipfi deinceps fint fideles.
Item, Papa ignofcit & remictit (olonenfibus , & de Sabellis.
Et Rex itidem ignofcit Wrfinis , & Tacobo de Comitibus : Eà con-
ditione , quod reftituat pecunias ab eodem Rege per eum re-
ceptas.
Item, Rex conftituet Gubernatorem ad fui hbitum in Ciuitate
Cefanatenfi .
Item,Rex conftiruer Locumtenentem Legati in AMarchia LAn-
conitana ad fui beneplacitum.
Item, fimiliter in Legationc Patrimonÿ.
Item, Rex conftituer in Campanis vnum Cardinalem fibi ami-
cum.
Item , Rex capit Dominum Wrbis Prefeclum in fui proteétio-
nem,. Er permanebic idem Prefeëlus in priftino ftatu , & digni-
tatc.
Item, Dominus Cardinalis Sancti Perri ad Vincula redintegratur
in fua Legatione « 4uinionenfi.
Item , Cardinalis Garcenfis * recipiet emolumenta fui capelli, * FawGur-
cam in abfentia quàm in præfentia, permanebitque in priftina di- “nf, v-
| Comines,
PAg: 534-
gnitate. |
Item , Papa reftituet Cardinalem de Sabellis in fua Legatione
Spoleti. | |
Item, Papa reftituet Colonenfes, & Sabellos , cum aliis amicis fuis,
priftinis ftatibus, L |
Item, Papa abfoluit Cardinales ab obligatione per eos fattä in
Conclaui, videlicet de non recedendo abfque eius licentia , & con-
fenfu: Ec fimiliter à iuramento ab eis præftito. *P.pasa8.
Item, Rex reftituet Summo Pontifici vrbem Romam , cum cla- Fe
uibus, & aliis munitionibus. Libertez de
Item , Rex non requiret à Summo Pontifice Caftrum Sanéfi FE rage oh
Angeli ’ | tion Lis :
Item, Rex præftabit Summo Pontifici ohedientiam perfonalem*. infolio, &
; À C P-534. 535. de
Item ,ipfe Rex non offendet in aliquo Summum Pontificem, 45455
nec cidem aliquam iniuriam inferet : "Et fi quis eidem moleftus ifmenrione.
2838 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
fueric, vel in aliquo læferir ,tenebicur Rex ipfum defenderce.
Item, pollicerur Summus Pontifex Regi fecuritatem ; & à Po-
pulo Romano perfonam Regiam, vel quemquamex fuis in 2liquo
nec offendi , nec læfum iri. |
His inter Summum Pontificem , & Francorum Regem paétis ,
Rex ipfe cœptum icer Fe ra Et quafdam fibi refiftentes Ci-
*Pag-276. uicates vi expugnans, N capolim* verfustendit: Eius aduentum 4{-
phonfus , qui tum Neapolim tenebat, pertimefcens, Ferdnando fitio
Regnum reliquit. Ipfe in Siciliam fugiens, paulo pot vit deceflir.
Ferdinandus fugiente patre, in Cafhwm-Oni, veniente Neapolim Ca-
rolo fe recepit: Quam ingrediens Carolas, applaudentes fibi hono-
ratiffimos quofque habuit, & Plebem. Ferdinandas vera honeftif-
fimam humaniflimi Regis recufans conditionem fibi oblaram , au-
fugere coaëtus eft. Ad Caroli fecundas res fucceflit Apuka, dein-
de Calabria ,mox etiam Lucania., |
Tam prolperis fucceflibus inuidit Summus Pontifex , confocia-
cis fibi Weners, & Maximiliano Romanorum Rege. Quibufcum
acceflit Rex Hifhanus , & Ludouicus Mediolanenfis. Hi omnes ad Ca-
rolum Legatos mitrunt , petentes NN eapolim liberam dimittat, aut
in Turcos, ficut promififfet , copias ducat. Ad hæc fubindignatus
Fermerépafe REX, protinus refpondens: Vos, inquit,omnes aduerfus me arctiffime
Srefilwion coninrafhs , fed veftras conciliationes vnus irritabo : Ita vs vos, Veneti,
me us Mercathram , non rerum imperia difcatis , me aulore , moderari. Hoc ver-
les puifances Do, dimiffis Oratoribus , N capolitanis grauiora tributa remifit, qui-
: 2. _ bus ab Alphonfs premebantur. | | L
Iuy,p104. Pacatà Neapoli, & per loca Præfectis cum valido præfidio im-
149$, polis, fummam rerum Gilberto Monpenferio* committic. Ipfe in
*P.104.107. Galliæm cum parte copiarum reuerti parat : Redeunti portas Vr-
7e bis* Alexander claudit. Quam licèc foflis atque aggeribus vallaffer,
Oruetum tamen cum Cardinalibus fe. confert. Veniens Romam Caro-
lus , fauente Populo in ea ftationem fecit. Et quas ab 4lexandro
vrbes habuerat , liberè dimictit, præter Ofham, & Zexymum Tur-
cum, qui apud N eapolim vità decefferat. Inde profeus Ser.s5 * in
fuam cutelam accepit.
Dum Fornouum , non longè à Parma Ciuitatç appropinquar,
nuntium accipit, Wenetos & reliquos coniuratos vias infidère, quà
erat cranfiturus. Erant in hoftium caftris millia quadraginta ar-
matorum. Carolo feptem ad fummum millia electifhmorum pu-
_ gnatorum militabantc, diuturno ictinere feffa, & non minus indi-
gentia viatico. Nam reliqui exercitus bonam partem MNespoli, &
alibi per præfidia reliquerat. Miferat quoque Genwam , ducibus
Pbilippo de Sabaudia , & Hugone _ Ambafiano , alteram non exiguam
manum. Quôd fpem illi Fulianus (ardinali fecerat vrbem reci-
piendi. Sublatus proptereà hoftis, exploratum quafi habebat ven-
turum in fuam PES Carolum , aut reuerà vulnere aliquo Ino-
riturum.
Dé Pag.151.
‘ROY DE FRANCE. | 289
riturum. Pollicebantur etiam aduerfæ partis copiarum Duces Pe-
netis Legatis viétoriam : Atque omnium maxime GonZiacus Dux:
Sæpe teftatus fore, ve vnâ pugnâ, quæ inftare videbatur, Gall fuæ
vanitatis admoniti facile intelligerent Italicam virtutem non efée, Tafres des
vt ipf falso predicarent , omnino extinéfem. Quinquaginta alij dicunt Francois ms.
centum millia ducatorum propofuerant illi, qui Regem vel viuum 6: à prix
vel occifum in caftra abduxiflet. Et qui Franc caputexhibuiffer, ‘tnt lié
præmium fex ducatorum erat conftiturum : Tali fpe militemhoftis
Venctus animabat. Sed nihilo fegnius difpofitis aciebus Carolus ma-
gnanimus , hoftium in fua Po FRE confidentium intrepidè
præftolatur aduentum : Augebat etiam non parüm militibus ani- Gmndegés
mum Regis ptæfentia : Cuius hoc tempore auétoritas plus quâm 4/4 prefén-
reliquus valuit exercitus. | | RO
Videntes hoftes huiufcemodi Gallorum & ordinem & inftru&io-
nem, atque perfeuerantiam , honeftiüs ducentium fortiter dimi--
cando in armis mori, quâm turpiter cedendo hoftibus terga ver-
cere ,admiräbantur quam plurimum ,atque timuerunt. Conftitu-
tis Gallorum copiis in vna Tarri fluminis parte , Iralorum vero in
altera, Gonxiacus Dux, vt ferox , atque ne” cupidus , hortatur
fuos. Nec mora. Deinceps canentibus Ignis , vno tempore pluri-
bus eft locis in Galles procurfum : Hoftéfque qui in eos fercban-
tur, cum fremitu & clamore amnem ingrefh, : viteriorem ripam
pertendunt. Hic tetra colluctatio orta eft , pugnäque dira com-
_ Mmiffa. Tandem Franci quafñi leones animofi certantes Venetum per
decliuia agunt, atque ad flumen retrocedere , atque ad fuos fe con-
ferre compellunt. Certatum eft & à Sfortians, 2 deuicti , etiam
præcipiti curfu Francis verga dedère. Vbi erco hoftes in Francorum
armatam aciem nihil præualuerunt, pudore du&i, quod nihil me-
moratu dignumesiffent,ad inermem calonum,&lixarum, aliorum-
que qui viatica vectitabant, necnon mulionum farcinas ducentium Defaite des
multitudinem bellicum furorem conuerterunt , atque in eos ma- ee
ximam exercuerunt crudelitatem , quibus milites opem ferre mi- nb: ns
nimè potuerunt : Cecidère in hoc prælio vtrinque complures ftre- v.pag.ros.
ce pit Le Pac
nui milites : Sed ex aduerfa parte, nullà habitâ proportioñe multo ,: PE vs
plures. Inter quos ifti memorantur maioris tions , Rodul- +
| Ota queces
phus de Gonxaga , Ioannes Maria de Gonzaga , Comes Robertus de noms propres
Bagno, Comes Galeotus de Ipoliti, Dominus 4/ftanius de Martinen- Me ape
go, Guido de Gonzaga , Raynutius F arnefius , Comes Bernardinus de nu L a
Montone,V'incentius Corfo, Dominus Galeotus de Coregia, Beneditfys en la page
de (oregia, Bergamus de Verona , Hercules de Montecuculo , Bonifacins "56: Preced!
dé Gonzaga, & permulti alij. Adattheus nothus Borbonius, inter ani- ns
mofos animofiflimus, inter forces fortiffimus,, inter belhicofos bel. #7528°#
licofiflimus , quafi alter Hector in hoftium armatiflimos cuneos B4fard de
impetuofiffimè magnâ vi viam fibi aperiens ferebatur : Pluréfque ER
ex cis cüm haftä, cum ferro profternens, nemini pepercit: At vbi a 2
Oo
290 HISTOIRE DE CHARLES VIIL.
{e ftrenuè habuic, & mulea præclara ca in pugna facinora patra-
uic, inuidit ei inconftans & volubilis forcuna tantum honorem :
Nam equus eius cuïinfidebat, furore bellico ftimulatus , & inca-
le{cens , fræno rupto, feflorem fuum hinc inde tandem in hoftium
agmen tuli : Vbi vnus à quamplurimis circumdatus demuüm ca-
ptiuus detentus fuic. | on
Hac tam nobili Francorum exercitusinfignitus viétoriä, hofti-
bus in fugam conuerlis,iter incœprum profequitur : Quem fecu-
ti funt feuis equitatus hoftium milices complures : Eorum Duci-
bus fübfequentibus, fed eminus : Ne icerüm Gallorum experiren-
* pag.sgo. ur forticudinem. Tandem <4ffam * cum exerciru Carolus peruc-
149$. nit: Vbi moram per dies aliquot faciens, Ludouicum Aurelianen-
*P.102.103. ffum Ducem Nouarie à Mediolanenfibus ar@iflime obfeffum * acce-
6177477: pit. Eius liberandi gratià Carolus cum hofte pacem iniit. Quo fa-
V'œudu Roy Éto, em in Franciam faluus veniffet, Diui Dionyfj cæœnobium ad-
ee uit; Vota quæ fuperis vouiffet foluturus. L |
* Pagio7, Redeunte in Franciam Carolo, ftatim IN eapolis à fide defecit *.
“ibid Et mortuo Gilberto SHompenftrio * ,reliqui Præfecti ægrè fua præ-
fidià tuentes ad Carolum fe recepère : Fcftinat Carolus terrà mari-
. propofico obftitit. Deceflit Ambafie* , feprimum & vigelimum
boifel7. agens annum , anno falutis millefimo quadringenrefimo nonage-
ms tas) atque latè patens affabilitas, omnibus ad eum exhibensaditum.
ibid, pag. | | | |
77 ETÉECÉESENESINCNERLETELET
DANS LE LIVRE INTITVLE,
Effigies Regum Francorum omnium , à Pharamundo ad
| _ Henricum vique Tertium, ad viuum expreflæ,erc.
SONORE MUC Noribergz*1576. page 58. |
bergz : | |
CAROLVS VIII R FRANCORVM LVI.
regnauit annis quatuordecim.
f YArRoOLvs eius nominis Oétauus, vnicus Ludouici præmor-
cui Regis filius, fuccedit in Regno Franciæ , anno 1483. natus
annos quatuordecim. Vnde in Statuum Conuentu Turonenfi fta-
cutum fuit, ne quis fubftitueretur illi Regni Adminiftrator , fed
vt negotia maioris ponderis, à Confiliariis, fub nomine Regis ex-
| rap Ludouicus Dux Aureliz adminiftrationem Regni am-
iens, ægrè tulit fe ab ca excludi , nihil, quo ad eam peruenire
ROY DE FRANCE 291
poflet, intentatum or Hinc feceflit in Britanniam , fo
deinde prælio, apud Sanéfum Albinum , capitur ipfe, & belli fuus
focius Princes Auranie. Mox tamen liberatur interuentu vxoris
[uæ Joanne (qux foror Regis erat)Rex repudiatà Margaritä Flan-
dricâ , câque ad fratrem fuum Archiducem miffà (cum quo an-
tè paulo pacem fecerar ,reftituco illi Comitatu Arrefie) duxit 4n-
nam, hæredem vnicam Regni Britannici, (licèe Imperatori Maxi.
miliano defponfata fuiflet } eôque matrimonio Britannia Francie
Regno vnita fuit. Reftituit etiam, rcligione tatus, Reg: Hifpano
Comitarum Raffinum. Ideoô ,cüum domi omnia pacata videret , ad-
iecit animum ad recuperationem Regni Neapolitani , quod ad eum
fpectare dicebatur , ex fucceflione Renari Regis Sicilie , & Ducis
_Andegauenfis, quæ res illi fucceflit ex animi fencentia, vix enim
ftriéto gladio,Regnum occupat, Réxque coronatur; Æ4/phonfus enim
Rex, ciufque filius Ferdinandus , ne expectato quidem Gallorum
aduentu , Regno difcefferant. Rex conftituto Regni Neapolitani
Gubernatore Gilberto Mompenferio , reuertitur in Franciam. Verüm
cûm perueniflet ad Foronousm, tantâ hoftium multitudine claufus
fuit, vt etiam vitæ periculum non mediocre adierit. Tribus enim
Romanorum, Venetorum , & Mediolanenfium exercitibus , iter
ipfi præclufum erat ; Rex vero hortatus fuos, generofo peétore,
medias hoftium Phalanges, magnâ hoftium fatä cæde , armatus
perrumpit, euadirque in Galliam , eadémque viétorià liberat Du-
cem Aurclianenfem Mosarie obfeflum , fatä quoque pace cum
Ludouico Mediolanenfium Duce: Auditä hinc defectione Neapo-
litani regni , cümque ps annis quatuordecim, fpeétans in
i
vrbe.Ambofia Nobiles P æ lufu fefe exercentes , improuisà rai
moritur ,anno falutis humanæ 1497. | : R\
EE
DANS LE LIVRE QVI PORTE POVR TITRE,
Omnium Regum Francorum , à Pharamundo mfque ad
Carolum Nonum , Wite breuiter complexe , atque certis
Epigrammatis illuffrate. Authore Henrico Pantaleone,
Bañleæ 1574. page 60.
CAROLVS VIII REX FRANCORVM,
quinquagefimus fextus anno148;. prafuit ANNIS 14.
V.NC Carolus iuuenis regnat natus Ludouici, :
. Quem primo iuuit gnauiter ipfa foror.
Hic Annam rapuit ftatim fponfamque Britannam,
Cüm fponfus Cæfar Maxmilianus * erat. |
Oo ij
* Maximi-
anus
292 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
* Ferdinan- _ ‘Tum quoque F erdnandus* Regno pellit Saracenos,
dus Éeoggns. 78 fibi forticer afferuit.
Icaliam (arolus regnûimque Neapolitanum
| Armis inuañit, gloria magna fuis.
* Neapolim. . Parthenopen * cepit , ponit legéfque ferendas,
Ad Tarrum Proceres vicit & ipfe bonos.
* immo , lues * . Gallicus* heu morbus tum primüm ferpere cœpit,
_. NÉE Occupat atque artus vadique dira lues.
po itana. ’ |
: # , , « «
| = BEBE LS A AT D Gp CES CCAY AJ ©
, s PMole le)
DANS LE LIVRE QVI A POVR TITRE,
Epitome Geftorum Lv 111. Regum Francis ; 4 Pharamondo
ad: vfque Francifcum Valefium.
Epitome des Geftes de cinquante-buit Roys de France,
depuis Pharamond s#fques au Roy François I.
Imprimé à Lion en Latin & en François, l'an
| 146. page 146.
DE CAROLO HVIVS NOMINIS OCTAVO
__ Galiarum Monarcha ,ac Imperatore Romano,
eue Francorum KRege LV I.
AA eee”
UÆ ORTVO Ludonico, coronatus eft Francorum Rex Carolus
Maine filius eius vnicus , corpore pufillo , fed ingenio |
magno , ac maxime prouido. Prima eius cura fuit ad componen-
dum Regnum , & fuperbos domandum. Quod vt confequerecur,
maximum & crudele bellum geflit aduerfus Zudouicum Aurclia-
| rum Ducem, & Francifcum Ducem Britannie, quos deuicit prope
*C'fenBnc Sanctum Albinum apud Piétauium *, Poft obitum di&i Franci/cr ,
Fa87e: Carolus in vxorem accepit Ansam à Britannia cius filiam, & Aar-
garetam à Flandria Maximiliani Imperatoris filiam dimific : cum
qua reddidit Comitatum Artefienfem. Pofteà er Ducatus
Guyennæ, Normaniæz, Burgundiæ , & Picardiæ. Richardum ex-
pulic Regno 4nglie, quod vfurparat aduerfus Henricum , cui illud
reddidit Carolus. Prætereà maximo confcientiæ fcrupulo motus,
. ds Hifpaniarum regi reddidit Ducatum * Parpiniacum & Ruffelionem.
_ Cüm fic de fuis terris conftituiffet, traiecit in Italas cerras, vbi à
Primoribus Imperator coronatus eft. Inde ad Siciliam iter fecit,
quam debellauit , ac fe Regem coronari fecit. Eidem vià N eapo-
lim cepit. Quod ægrè ferentes Mediolanenfes, Veneti, ac Roma-
_ ni,exiftimantes eum cum fuo exercitu delere, per infidias maxi-
‘!ROY DE FRANCE 29;
mum cexercitum prope Furnouum parauerunt : nihilominüs tamen
n cum fuis militibus (quanquam in fingulos plus decem ho-
cs, venirent ) redierunt viétoriæ compotes in Franciam. Vbiin
maxima quiete ac pace diem fuum obiit Carolus. In quo finem
accepit directa linea Jalefiorum, quamuis multos liberos ex Aura
à Britannia fuftuliffet , qui præmortui erant. Mortuüfque eft an-
no regni fui x. à creato Mundo 5457. Salutis 1497.
+ De Charles Huiétième de ce nom , cinquante- fixiéme
Roy.de France , Monarque des Gaules,
| e7 Empereur de Rome.
Ovis decedé, fur couranné Roy de France, Charle Huiric-
me fon fils vnique , homme de perire ftature ; mais en
d'efprir, & de merueïlleule prouidence. Ses premiers labeurs furent
à pacifier le Royaume , & reduire les rebelles. Pour ce faire eûr
grofle ta contre Louys Duc d'Orleans , & François Duc de Bre-
tagnc;
cfquels furent vaineus prés Sainéf Aubin en Poitou", Aprés « cf,
Le deceds dudit François, Charle époufa . 4nne de Bretagne fa AL. Breragne.
le, & renuoya Marguerite de Flandre fille de Maximilien Empereur,
auec laqnelleilrendir 1aComre d'Artois, Aprés ce, parifia les Du-
chez de Guienne , Normandie , Bourgongne, & Picardie. Auf
chaffa Richard du Royaume d’Anzleterre, qu'ilauoit vfurpé fur Her.
ry, parquoy le luy rendic Charles. Dauantage , meû à crand
fcrupnie de confcience, rendit au Roy d'Effagne les Duc
aux Irales, où par Îles Seigneurs fnt couronné Empereur. De à
tint le chemin de Silk , laquelle conquefta & s'en fit couronner
Roy. Tout d'vn voyage prit Maple; dequoy non contens les Mi-
lanois, Veniciens, & Romains, Je penfans dérruire auec Les gens
prés Fomoie , luy preparerent grofe embufcade : Touresfois luy
&c les fiens, combien qu'ils euffent plus de dix ennemis contre vn,
retournerent victorieux en France ; où en grande paix finit fes
iours. Et combien qu'il eût plufieurs enfans d'Anne de Bretagne,
toutesfois parce qu'ils moururent les premiers , en luy faillit la
droite ligne de ceux de Valois, l'an guatorziéme de fon Regne ; de
la creation du Monde 5457. de noftre falut 1497. |
pe
OZ * de * C’e
Parpignas & Rouffillon. Aprés auoir ainfi difpofé de {es pays, pañfa Lu
vh
294 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
RRREERENEREERERNEEREREREENELE EX
DANS LELIVRE QUI ACE TITRE
Les anciennes 7 modernes Gencalogies des Roys de France,
auec leurs Epitaphes x Effigies ; imprimées par Yacques
Bouchet 1529. pages 115. & fuuantes. - |
DV ROT CHARLES VIIL DECE NOM
cinquante-fixiéme Roy de France.
HARLES VIII. dé ce nom, fils vnique du Roy Lowys X1.
CE Roy aprés fon pere le cinquante-fixiéme, & luy fucce-
da en l'âge de treize ans ou enuiron, toutesfois ne fut couronné
iufques en l'an mil quatre cent quatre-vingts & quatre, qu'il eût
quatorze ans : Il fit venir les Trois Eftats à Towrs. Et aprés qu'il
eût regné quatorze ans ou enuiron (à compter du iour du deceds
de fon pere) alla de vie à trépas au Chafteau d’Amboife de mort fu-
bite , le feptième iour d'Auril l'an mil quatre cent quatre-vingt dix-
* Commen- fept; Auant Pafques, àcommencer* l’année à ladite fefte de Pafques
cement de
l'année a la
ainf; qu'on fait à Pars; Et l'an mil quatre cent quatre-vingt dix-
felle de Paf huit, à commencer l'année à l’Annonciation Noftre-Dame, ainfi
21$.
* Ibid.
ques, v.pag. qu'onfait en Aquitaine *, & fut triomphamment enterré enl’Ab-
baye Sainéf Denys en France. Dés le viuant dudit Roy Lowys fon
lu il promit prendre à femme Marguerite de Flandres fille de
Empereur Maximilian , laquelle pour cette caufe fut amenée en
France. Et aprés que ‘ledit Roy Charles eut eû la victoire contre
François Duc de Bretagne, & qu'iceluy François fur decedé, il épou-
fa fa fille aifnée Madame Anne, & rendit ladite Harguerire au-
dit Maximilian auec la Comte d'Artois, dont il fe content: ; il eût
plufieurs enfans de ladite < 4nne , mais tous moururent ; parquoy
faillit en luy la ligne direéte de ceux de Valois. Son Epitaphe. |
Epitaphe du Roy Charles Huiétiéme de ce nom.
À cœur vaillant il n’eft rien impofble,
Tout eft facil”. s’il le trouue pofhble,
Et le conduit par confeil prouident ;
Qui fçait préuoir vn futur accident,
Ie l'ay connu par mes nobles victoires,
Qui font affez communes & notoires :
Car nonobftant que n'eufle membres forts
Pour foùcenir les belliqueux efforts,
Et fufle Roy dés mes ans le treiziéme,
Qui fuis nommé Charles du nom Huitiëme ;
“ROY DÉ FRANCE
_ Petit de corps , de vouloir nompareil,
Toûjours garny de loüable confeil,
Pacifiay les Princes de mon Royaume
Qui contre moy vouloient prendre le heaume,
Va excepté, c'eft le Duc d'Orleans
Louys nommé, qui en {es jeunes ans
Auec Fran alors Duc de Bretaigne, |
Et autres #ens (dont faut que ie me plaigne)
Encontre moy prirent lances, efcus,
Qui furent tous à Sainéf Aubin vaincus ;
Et là fuc pris par gens de pied ruftiques
Ledit Louys d'Orleans prés des piques.
Et quand le Duc Franços fût crépañlé
Dedans fon lit, fût vn accord pale;
En enfuiuant lequel pris fa hlke = 4nne
Et fa Duché, puis fans que ie furanne
le l’époufay , non pas à l'éronrds ;
Et Harguerite à l'Empereur rendy,
A ‘ jauois nuresfois fait promefle
De l’époufer en ma tendre jeuneffe,
Dont Gr a moyennant ce qu'_4rros
le leur laiffay , qu'audit temps ïe tenois.
Henry Septième cftant hors de fa terre,
Fis couronner par force en Ængleterre,
Et le rendy Roy paifible & recteur
Contre Richard du Regne vfurpateur.
le mis en paix Guyenne & Normandie,
Aufhi Bourgongne, & toute Picardie ;
Au Roy d'Efpayne auant le bout de l'an
Rendre ie fis Rowffillon , Perpignan ,
_ Parce ” lors on me donnoit entendre,
Que felon Dieu ie les luy deuois rendre.
Et puis auoir de mon cas ordonné,
Eten la France vn bon ordre donné,
Par bon confeil duquel toûjours m'allie,
Outrepañlay!les Monts & l'Jtalie,
Où les Seigneurs des Villes & Citez
Furenc (ne {cay comment) tous excitez
Me receuoir , non. pour Roy mais Monsrque,
En me donnant des Empereurs la marque.
À Rome fus , & là comme humble fl
Obciffance au fan Perc'ie fis:
D'ilec ie pris chemin à moy facile,
Pour recouurer mon He de Sicile,
e &
296 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
Que ie conquis, dont fus couronné Roy,
Et tins long-temps à N «ls mon arroy.
Et au retour par vne étrange guife
Ceux de Milan, de Rome, de Venife,
. Et autres gens mes fecrers ennemis,
Lefquels s'eftoient tous en embufche mis
Pour m'affoller, & les François détruire,
* Pag. 276. Donnent fur nous à Fornoïe * fans bruire;
285.289. Et nonobftant qu'ils fuffenc dix contre vn,
* Ce fèt ur Furent vaincus par nous vn iour de luin*;
sers Al : Et fi paffay non obftant leur outrance
v. pag.1S8. L'épée au poing en ma terre de France;
Et de Nouare (où l’affaut ie liuray )
Ledit Lowys d'Orleans deliuray.
l'aimay l'Eglife & reueray luftice,
Et fis garder en mes Citez police ;
le fus courtois, benin , & liberal,
Sans pourchaffer par vengeance aucun mal:
le fis honneur aux fuppofts de Nobleffe,
Et ne voulus que le commun on bleffc ;
l'euffe fait mieux fi la mort ne m’eût pris;
Mais ie fus d'elle à « 4mboife furpris,
Et tous mes fens d'vn caterre elle faque
Du mois d’Auril iour feptiéme * auant Pafque
Mil quatre cent quatre-vingt dix-fepr.
A Saint Denys eft le corps, vn verfet
Dites pour l'ame auec vne collecte
A ce que Dieu là fus és Cieux la mette,
En moy prend fin la generation
Des de Ualois & propagation
De la direétion & Ligne principale, .
Dont Orleans tient la collaterale.
LE LIVRE INTITVLE,
CHRONIQVE ABBREGEE OV RECVEIL
des Faits, Geffes, &@ Uies illuftres des Roys de France
snfques 4 Charles 1 X. #mprimée à Paris 1569.
* Pag. 185.
HarLEs Huiciéme fils de Louys XI. luy fucceda l'an mil
quatre cent quatre-vingt trois ; fût couronné âgé de qua-
torze ans. Les Eftats tenus à Towrs, ordonnerent qu'il n'ÿ auroit
| aucun
ROY DE FRANCE. 197
aucun Regent. Le Roy fait la guerre aux Bretons , & gagna la
lournéc à Saint Aubin. À la requefte de fon Confeffeur il ren-
dit au Roy d'Efhagne les Comtez de R ouffillon & Perpignan que
fon pere auoit acquifes. Il renuoya Marguerite de Flandres à fon
frere l'Archiduc ; & époufa Anne heritiere de Bretagne. Eftanc
en paix , entreprit le recouurement du Royaume de Naples ,
qu’il conquit fans coup ferir : Le Roy LA4lphonfe & fon fils Ferdi-
nand s'eftans retirez. Puis laiffa Gilberr de Monpenler Viceroy ; &
s’en voulant reuenir en France, il fût affailly en chemin par les
Romains, Venitiens, & Milanois à Fournoüe, où il füt en | oo
de fa perfonne; eftans fes ennemis dix contre vn. Ce nonobftant
il les chargea fi viuement, qu’il en remporta la victoire. Deliura
le Duc d'Orleans aflicgé dans NN ouare. Fit paix auec le Duc de 44i-
lin. Retourna en France, où vn an aprés il mourut à _4mboife,
en regardant ioüer des Princes à la paume. Il regna quatorze ans,
& giit à Saint Denys.
EE EE 3e
DANS LE RECVEIL DES ANTIQVITEZ
de l'Abbaye de Saint Denys (04 font les Sepultures
€ T ombeaux des Roys de France) il eftdit,que
HARLES Huictième fucceda au Roy Louys XI. fon pere
l’an mille quatre cent quatre-vingt trois,eftant âgé de treize à
quatorze ans. ne fût toutesfoisfacré que l'année d’aprésie Diman-
che trentiéme May, àcaufe de la diuifion qui furuinc entre les Ducs
d'Orleans & de Bourbon, touchant le gouuernement du Royau-
me : car ils difoient, qu’encore qu'il eût l’âge de Majorité limitée
par le Roy Charles V. Il n'eftoit pas pourtant capable de gouuer-
ner , tant pour fon infirmité & foibleffe , que pour n’auoir efté
inftruit , ne fçachant pour lors encore lire : (parce que fon pere
n’auoit pas voulu qu’il étudiaft à caufe de fa petite & foible com-
plexion. } Ils difoienc donc qu’il luy falloit vn-Gouuerneur ; &
1483.
1484.
chacun d'eux le vouloit eftre ; & ils ne le furent ny lvn ny lau-
tre. —
Les Eftats furent tenus à Tours auant fon Sacre, ou il fût dit,
qu'il n’y auroit point de Regent en France , le Roy eftant déja
âgé de treize à quatorze ans ; mais qu'ÆAnne de France femme de
Pierre de Bourbon Sieur de Beanjeu fœur du Roy ,auroit le gouuer-
nement de fa perfonne ; & que le Confeil d'Eftac feroit compofé
de douze perfonnes fignalées, par l’aduis defquels (fous l'aucho-
rité du Roy) les affaires du Royaume feroient conduites
Louys Duc d'Orleans premier Prince de France , mal - content
de cela, leua les armes , & fe fit Chef d'vne Ligue ; dans laquelle
Pp
298 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
entrerent plufieurs Princes, dont s’enfuiuirent de grands trou-
bles, lefquels ayant efté appaifez par la Paix de Baugency , recom-
mencerent peu de temps aprés ; & à cette fois ledit Duc d’Orleans
s'enfuit en Bretagne , afhité pour lors de tous les mécontens de
France. Le Roy voulant détruire cette Ligue , & châtier fes Su-
jecs defobeïffans , entra en Bretagne auec vne puiflante Armée, prit
lufieurs Places, & entre autres Sainéf Aubin du Cormier ; prés de
ARTA füt donnée la Bataille l'an 1488. en laquelle furent tuez
fix mille Bretons, & le Due d’Orleans Chef de cette Ligue pris
prifonnier , & mené en la Tour de Bourges , d’où le Roy le deli-
ura trois ans aprés, & le careffa comme fon propre frere ; aufli luy
demeura-r'il toûjours depuis cres-fidele. |
Peu aprés François dernier Duc de Bretagne mourut , laiffant
deux filles, dont la puifnée , nommée Y/fabeas , le fuiuit inconti-
nent ; de forte qu'il ne refta que l’aînée nommée L4nne , laquelle
Maximilian I. Roy des Romains (fils de l'Empereur Frideric I 11.)
veuf de Marie fille de Charles dernier Duc de Bourgongne , auoit
époufée par procureur. Le Roy Charles confiderant de quelle im-
portance luy eftoit le mariage de cette Princefle, fe refolut de l'é-
poufer , & renuoya à AMaximilian , ( qui depuis fut Empereur)
… Marguerite {a fille qu'il auoit époufée, (vray eft que le mariage
Nombre
comme 511-
croyable
d'artillerie.
n’auoit pas efté confommé à caufe de fon bas âge ) & luy ofta
Anne qu'il auoit époufée : Cela pourtant ne fe fit pas fans bon-
nes pe , & de bonnes difpenfes du Pape; moyennant lefquel-
les il époufa Anne l'an 1491 . |
L'an mille quatre cent nonante-quatre, eftant folliciré de diuers
endroits; & entr'autres par Ludouic, & pat les Princes des Royau-
mes de Naples & de Sicile , qui gemifloient fous la tyrannie de
Ferdinand & d'Alphonfe d’'Arragon, d'aller à la conquefte de ces
Royaumes qüiluy appartenoient , à caufe que fon pere auoit cfté
infticué heritier d'iceux par René d'Anjou qui en eftoit Roy, il re-
folut d'y aller ; & ayant à céc effer dreflé vne puiflante Armée, en
laquelle il y auoit deux cent quarante pieces de canon , & deux:
mil quarante pieces de campagne ; il partit de Grenoble le se 04
neufñème d’Aouft , trauerfa toute l’Jtalie , & {e rendit à Naples,
où en trois mois terraffant fes ennemis de tous côtez , tant fur
mer que Fe terre : Il entra comme triomphant dans toutes les
groffes Villes , chacun faifant ioug à fa puiffance. Il fit fon En-
crée à Rome en armes le dernier iour de Decembre, vid le Pape, qui
eftoit lors _ 4lexandre VI. exerca tous actes de Souueraineté a la-
dite Ville, faifant drefler des potences, & punir de mort quelques
feditieux, & donnant des graces à ceux qu'il en iugea dignes. Il
fût par ledit Pape nommé Roy de Ierufalem , des deux Siciles , de
Naples, & Empereur de Conftantinople. Il partit de Rome pour tirer
vers Naples le vingt-huitiéme Ianuier mil quatre cent nonante.
ROY DE FRANCE. . 299
uatre, toutes les Villes & Places tant fortes qu’elles fuffent, fai-
fine ioug à fes armes, de gré ou de force. L _
Il ft fon Entrée criomphante dans Naples le vingt-deuxiémede
Fevrier en pompe Imperiale, laquelle füt fi are que fes
Valets de pied eftoient vétus de drap d'or ; aprés cela, il füt folem-
nellement couronné dans la grande Eglife. Tandis qu’il füt là fes
ennemis firent courir vn bruit , qu'il auoit intention de fe rendre
maiftre de toute l/ralie, ce qui füt caufe que le Pape ,le Roy d'E-
fpagne, les Venitiens, & autres Potencats ke cette Prouince, firent
cous enfemble vne puiffante Ligue, & drefferent vne armée de plus
de quarante mille pese pour l’attendre fur le chemin, & tailler
en pieces tous les François.
Ce genereux Monarque, quoy que bien aduerty de leurs def-
feins, ne laiffa pas de partir de N aples le vingriéme de May mil qua-
tre cent nonante cinq; & auec vne petite Armée, qui n’arriuoit
pas à peine qu’à la quatriéme partie de la leur, paffa route l'Jtabe,
& eftant à Fornoie , {ur les confins du Duché de ‘Plaifance ,où ils
l’attendoient; non feulement il les combatit , mais les abbatit &
mit en route ,auec perte de trois mil cinq cent hommes, qui fu-
rent tuez fur la place ;entre lefquels furent dix-huit Seigneurs de
remarque , fans qu’il y demeurât qu’enuiron trente François, &
foixante ou quatre-vingt valets qui furent tuez à la fuite du ba-
age. .
. il arriua à Lion le feptiéème Nouembre, & y paffa l’hyuer auec la
Reynefa femme. Durancce fejour il receût les nouuelles de la mort
de Gilbert de Bourbon Duc de SHonpenlier, qu’il auoit laiffé Gou-
uerneur du Royaume de Naples auec le Sieur d’Aubigny Efcoflois,
& de la perte du Royaume de Naples reconquis par Ferdinand
d’Arragon, dont il monftra nes’éronner pas beaucoup, projettant
de repaller au plütoft en Italie auec plus grandes forces, & meil-
leur ordre que la premiere fois : mais Dieu le releua de cette pei-
ne peu d'années aprés ;car eftant à Amboife l'an mil quatre cent
nonante fept, le feptième iour d’Auril , en vne gallerie du Cha-
fteau, regardant des Ioüeurs de paume, & tenant quelques difcours
{piricucls auec la Reyne, & autres afliftans, il tomba à la renuerfe
if d’vne apoplexie : On le coucha fur vne paillaffe qui fe ren-
contra là fortuitement, fur laquelle il demeura iufqu'à onze heu-
res du foir, Durant ce temps-là la parole luy reuint iufquesà trois
fois; & à toutes les trois fois il prononça ces paroles: fon Dieu,
eg la glorieufe V ierge : Mon/cigneur Sainct Claude, © Monfeigneur
Saint Blaife me foient en ayde ; & à la derniere fois il rendit fon
efprit à Dieu. Les dernieres paroles qu’il prononça deuant fon
apoplexie furent, Qw'il efperoir de n'offenfer iamais Dieu mortellement,
ny rveniellement , moyennant [a [aincle grace. I] mourut âgé de vingt-
fept à vingt-huicans, vn Samedy veille de Pafques-fleuries ,s’eftanc
Ppi
1497.
* Opus Pa-
ganini Mu-
tincnfis.
* Neapols
* C’effoiten
1497. felon
La maniere
de commen-
ceren Fran-
ce l'année 4
Palques.
* al. T'ouffa-
nelle
300 HISTOIRE DE CHARLES VIIL
confeffé deux fois cette femaine-là. Telle fut la fin de ce deuot
& religieux Prince. |
Son corps fût apporté pete à à Paris en Er pompe, puis
à Saint Denys, où il fût enfepulture au bas des degrez du grand
Aurel , du cofté du Septentrion. Son fepulchre *elt le plus beau
ui foit dans le Chœur, fur lequel on void fon cfhgie reprefen-
tée à genoux, aprés le naturel, vne couronne & vn liure fur vn
Oratoire ; & quatre Anges à genoux aux ut coins du tombeau,
le tout de cuiure doré, fauf l'effigie dont la robe eft d'azur , femee
de fleurs-de-lys d’or. _
Ce grand Roy fût gencreux , magnanime, affable , & orné de
toutes les vertus "pe. 2e auffi fut-il grandement regretté de tous
fes Sujets , & fpecialement de fes domeftiques, deux defquels tom-
berent roides morts en Le voyant mettre en terre : La Reyne fur
cout en füc tellement affligée, qu'elle en penfa mourir de regret,
demeurant prés de deux iours & deux nuits fans repoler, ny
prendre aucun aliment. Le Roy eût de cette Princefle trois enfans
mâles & vne fille, qui moururent tous en enfance: On void fon
Epitaphe aux pieds de fon tombeau, en vn tableau de cuivre do-
ré, attaché à l'vn des quatre pilliers de la croifée de l'Eglife, con-
tenant ces vers : :
Hic Oëtaue iaces Francorum Carole Regum,
Cui victa ef À ol Britonis ora manu. |
. Parchenope * illuffrem tribuit captina triumphum , .
Claräque Fornouio pugna gs folo.
Capit cr Henricus regno depulfus auito,
Bellare aufpiciis fceptra Britanna tuis.
O plures longinqua dies fi fata dediffent
Te pullus toto maior in orbe forer.
Uixit annos 28. ohiit anno 4 Natali Domini 1498.* Aprilis 7.
le veux rapporter icy vn rare exemple de Îa chafteté de ce
Roy, & de la deuotion qu'il auoit à la Vierge Marie, recité par
Feron ,& autres Hiftoriens. |
Au retour de {fon Royaume de Naples, il prit par affaut la vil.
le de Tuftanelle * en Toféane , qui luy refufoit les portes ; on luy
amena vneieune Damoifelle d'excellente beauté, laquelle le voyant
preft à lâcher la bride à fa fenfualité , fe jetta à fes pieds, & le con-
jura par la pureté de la fainéte Vierge , de laquelle il ÿ auoic là
vne Image, de ne la point toucher: Ce que non feulement il luyÿ
oétroya, mais outre plus luy donna cinq cent écus, & mit en li-
berté fon fiancé , & tous fes parens qui eftoient prifonniers de
erre : 11 fût fort deuot au bien-heureux Sainéf François de Paule,
à limitation de fon pere le Roy Lowys XI. quiluy porta tant d’af-
fetion durant fa vie mefme, & eût telle confiance en fes prieres,
qu’eftant fur la fin de fes iours detenu d'vne longue & fâcheufe
ROY DE FRANCE 301
maladie ; & voyant que les remedes qu'on employoit pour le re-
couurement de fa fanté eftoient sa , 1 creût que les prieres
de ce Sain® auroient plus de pouuoir que toutes les induftries des
hommes ; c'eft pourquoy il pria le Pape Sixte I. de le luy en-
uoyer; ce qu'il fit l'an mil quatre cent quatre-vingt deux : mais
eftanc venu, & ayant fait fa priere à Dieu pour le Roy , il recon-
nuc qu’il ne luy.vouloit pas rendre fa fanté, ains l’appeller à {oy,
dont il l'aduertit , & l’exhorta à fe conformer au vouloir Diuin :
Il ne laiffa pourtant pas d’eftre bien-venu en France, & y demeu-
rer toute fa vie. |
Nofître Roy Charla l'affeétionna fort, comme ï'ay dit, & luy
fic bâtir vn Conuent prés le Pleflis lez Tours; & non content de
cela ,eftant à Rome en fon voyage de Naples , il fonda le celebre
Monaftere de la Trinité du Mont , de l'Ordre du mefme Pere, auec
cettecondition (que le Paperatifia) qu’il n’y auroit iamaisen ce Mo-
naftere aucun Superieurny Religieux qui ne füt François de nation. IL
fonda aufli vn Monaftere du mefme Ordre à L 4mboife ; & au faux-
bourg de Ueze à Lion,le Conuent de l’'Obferuance de S. Francois.
Ce bon Roy affettionnoit grandement l'Abbaye & les Reli-
gieux de Sainéf Denys, il confirma leurs Priuileges, & leur en don-
na vn nouueau tres-important & profitable , qui fonc les trois
muids de fel, pour la prouifion de l'Abbé & des Religieux , fans
cftre fujets à gabelle ny controlle. |
Le Roy Charles VIII. mourant fans aucune lignée, la race du
fils aifné de Charles V. (qui fût Charles VI.) ceffa en luy. De forte
que pour auoir vn fucceffeur legitime de la Couronrie, il fallut re-
rendre l'autre branche de Lowys Duc d'Orleans fils puifné du-
dit Charles. Ce Louys, affafliné par la trahifon de Ÿean Duc de
Bourgongne, laiffa de luy , & de Ualentine fa femme deux fils qui
eùrent lignée, Charles & Iean ; Charles fut pere du Roy Louys XII.
appellé le Pere du peuple, fucceffcur du Roy Charles VIII.
Extrait d’vn Liureintitulé, Stephans PafChafij Iurifconfulti,
ac in Senatu Parifienfi Patron: , Iconswm lber.
‘CAROLVS OCTAVVS.
Vt vidi, vici, dicebat Zuhus ille,
Gloria Romani ?#lius. Imperij |
Parthenopem* vincis nondum tibi (arole vifam ;
Cæfaris illa fuit laurea, & ifta tua.
_ Idem.
Aufonius Gallos, fed vifos vicerat olim;
Gallus non vifos fubjicit Aufonios.
Pp ii
*N capolim
= De — om im
302 HISTOIRE DE CHARLES VIII.
oo CT
Excrait d’vn autre Liure qui a pour titre, T'heodori Pa/chafij
in Francorum KRegum Icones, Note.
CAROLVS OCTAVVS.
Vulgare eft & critum omni populo illud lulij Cæfaris , Ueni,
* N'eapolis vid , via. At reddita eft Parthenope * Carolo Otauo, pro nominis cc-
lebritate, antequèm Campanie fines acrigiffet ; iure igitur potuit
dicere /6 vixifle antequän venif]et , © vidiffet : Quod etiam Guichar.
dinus.in Hiftoria fua annotauit.
BEL LÉELSESLERES ELLES EREREESE
EXTRAIT DV LIVRE INTITVLE,
La Franciade, où l'Hiffoire generale des Roys de France,
depuis Pharamond s#/ques a Louys le lufte ,m15 en vers
François par le S' Geuffrin 1623. page 113.
CHARLES HVICTIESME.
E Roy qui vient aprés facré à quatorze ans
\ 4Sc verra trauerfé par vn Duc d'Orleans,
Qui voulant difputer le droit de fa Regence,
Sera vrayment puny de fa grande infolence,
Perdant vne Bataille auprés de Sainét Aubin,
Dont luy-mefme fera le glorieux butin,
Et dedans Lufignan , efclauage bien rude,
Deux ans fera gardé en cette feruitude; |
Tant que Charles voyant fon Regne en feureté,
De captif le mettra en Ee liberté :
Et puis ayant mis fin à la guerre ciuile,
De Bretagne il prendra l’heritiere & Ja fille,
Dont l'Anglois indigné & porté de fureur,
Voudra pour cét Hymen itriter l'Empereur:
Mais pour le démouuoir de fa caufe entreprendre
Charles luy renuoyra Marguerite de Flandre,
Preferant la Bretagne aux fuperbes païs
De la Frize & Brabant pour iamais enuahis;
Puis allant recueillir le Royaume de Naples,
Paffera la Terence, & les hauts monts des Alpes.
Et receû de bon œil d’vn Prince Medicis,
Dans Florence & dans Pife il fe verra aflis
Au Throfne des Tofcans, puis rendant mal-habile
“Naples Rouffillon à l'Efpagne, ira dans la Sicile*
ROY DE FRANCE. 303
Se faire declarer Prince de ce fejour:
Mais dans Æmboife , à peine il fera de retour,
Que regardant joüer, courbe fur fa feneftre .
Vne foudaine mort luy rauira fon Sceptre, |
Les Roys de qui lesiours vont du fort dépendans,
Ainfi que les petits fujets aux accidens.
LINVTESITENEETELELESETET
EXTRAIT DV LIVRE SECOND
des Antiquitez, © fingularitez, plus remarquables de
Paris ; 7 environs : Recucillies par Giles Corrozser,
Pierre & Nicolas Bonfons , & lacques du Breuil 1588.
page 46. & 1608. pag. 70. à 395.
DE CHARLES HVITIEME DV NOM
| Roy de France.
Ovys Onziéme mort, le Royal Diadéme
Porta comme heritier du nom Charles Huictiéme,
Lequel petit de corps, mais d’efprit Prince grand, |
Mit le Royaume en paix, par guerre furmontant
Louys Duc d'Orleans, & le Duc de Bretagne,
Qui auoient contre luy mis foldats en campagne.
Anne aprés époufa, renuoyant Marguerite
A <Maximilian Archiduc, fans pourfuire :
Par vn mefme moyen rend la Comté d'Artois,
Annexant la Bretagne à fon Sceptre Gaulois:
Le Roy reftitua Henry Roy d'Angleterre
Au Royaume occupé par Richard , qui grand erre
. Se retira voyant les guerriers qui venoient,
Et le party d’Henry à bon droit maintenoïient.
Au Royaume d’Efhagne il rendit Roujfillon,
Et Parpignan Comtez: puis mit hors de prifon
Lonys Duc d'Orleans. Pour Filles Repenties
Furent dedans Pari lors, des Maifons bafties.
Es fauxbourgs de Lion pour les Freres Mineurs
Il fonda vn Conuent : puis auec grands Seigneurs,
Princes, Comtes ,Barons, & bande qui fretile,
S'en alla conquerir NN aples & la Sie.
Où fut couronné Roy, fans point fe defher,
Pour Viceroy laifla Gilbert de Monpenfier.
Les Neapolitains aprés fe reuolcerent,
Et le Viceroy mort, Soldats fe retirerent :
Ces vers [ont
attribuez 4
Pierre de
Ronfard,
dit le Prince
des Poëtes
Françors.
304 HISTOIRE DE CHARLES VIIL.
Au retour les Lombards, Romains, & Milanois,
Voulurent à Fowrnoïüe accabler les François:
Mais le Roy fut vainqueur ; auec Îa deliurance
De Monfieur d'Orleans , il retourna en France.
| Aprés auoir regné quatorze ans , à _Amboife
Mourut fubitement, dont noftre gent Françoife
Fut longuement en deüil , & honorablement
A Sainét Denys en France eût fon enterrement.
Le fufdit Roy Charles ayant regné enuiron rt og ans, &
plus , trépafla de ce monde fans laiffer aucuns enfans, à Amboife
le fepriéme Auril , lan mil quatre cent quatre-vingt dix- fepr.
L’Aucheur des Efigies a écrit ainfi:
Annæ /e iungir, Galle Armoricamque corone :
Italie tremor, orbis amor, Rex corpore paruus,
At fuperat Corpus fama : eff bec maxima fama.
Entre plufieurs qui firent des vers fur le trépas de ce Roy, fut
Faufte Andrelin , Poëte remarqué de fon temps, qui luy fit cette
Epitaphe.
Ecce trucis numen non exorabile Parce
Florida truncanit firgentis flamina Caïli:
Stamina Neftoream tranfcendere digna fenectam ,
Cumeam, Phrygiämque fimul : [ed flamina virtus
Ante [hum veniens iuuenili in corpore tempus,
This inuidiam [uperis commouit atrocem :
Et tanto orbarunt felices numine terras :
Fefique plaudentis decorarunt atria cali.
En ce gentil & heureux Roy faillit la race direte des Roys de
France, bris de pere en fils de Philippe de Valois, & tomba la
Couronne en ligne collaterale; dautant que Charles mourant fans
hoir ,le Royaume écheût au Prince plus proche du Sang, & for-
ty d'vne autre fouche, quoy que de mefme famille , à fçauoir en
Lonys XII. du nom Duc d'Orleans, & de Valois.
TRAITEZ
TRAITEZ
DE PAIX,
NEGOTIATIONS:
TESTAMENS, LETTRES HISTORIQUES,
| &t autres AËtes:
SERVANT DE PREVVES
A L'HISTOIRE
DU ROŸY CHARLES VIII
Pris fur les Originaux, ou fur des CNCanufrits authentiques.
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NEGOTIATIONS,
CONTRACTS DE MARIAGES, TESTAMENS,
LETTRES HISTORIQUES, ET AVTRES ACTES,
SERVANT DE PREVVES A L'HISTOIRE
du Roy CHARLES VIII.
Pris fur les Originaux , ou fur des Manufcrits authentiques,
INSTRVCTION
BAILLEE PAR LE ROY LOVYS XI
| peu auant fa mort, à fon Fils & Succeffeur
le Roy CHARLES VIIL
ce eAmboife le 21. Septembre. 148 i.
RÉGISTREE EN LA COVR DE PARLEMENT
de Bourgogne, & en la Chambre des Comptes de Paris.
Prifé fur l'Original en parchemin, communiqué par M" d'Herouual.
”
Fr |
OA,
.
X 9
TRES 5 Ovys par la grace de Dieu Roy de France:
Æ : LV AIA tous ceux qui ces prefentes lettres verront,
ini] Salut. Sçavoir faifons, que nous confiderans la
+" Inäiffance de toutes chofes, & la fin & termi-
| nation d’icelles ; 8 mefmement d’humaine na-
"TÉl eure, qui en brefs iours termine fon temps,
Ve
TRE
ZE —
PART
QT E : |
/ > à
ra rs:
. : ns ET
Wè
J| grandes graces qu'il luy a pleü nous faire
RE — n 7] Chef, Gouuerneur, & Prince de la plus no-
CAR 4 07m * ÆCA] table Religion & Nation de deflus la terre,
"1 qui eft le Royaume de France, dont plufeurs
des Princes & Roys nos predecefleurs ont efté fi cres- Grands, Vertueux,
& Vaillans, qu'ils ont acquis ce nom de Roys Tres -Chrefliens, tant en met-
Qa 1
— :
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À Le : … , 5
» FT
CA
La
1482
V. pag. 258.
486. ei fn5—
nantes des
Obferuations
4] & que Dieu noftre Createur nous à fait de fi furies Memoi-
res de Comi=
nes, de l'Imr
primerie Roya-
le, que say
miles au iour
en 1649.
1482.
_ #P.6.dro.de
Comines /#f-
mentionnées,
Y Pas. 148. du
mefme As.
theur.
398$ OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
tant & réduifant à la bonne Foy Catholique plufieurs grands Pays & diuerfes
Nations habitées parles Infideles, en extirpant les Herefies & vices denoftre-
dit Royaume, & en entretenant le fainét Siege Apoftolique, & la fainéte
Eglife de Dieu en leurs droiéts, libertez, & anchifes, qu’en faifant plu-
fieurs autres beaux faits dignes de perpetuelle memoire; & tellement qu’il
y en a certain nombre tenus pour Sainéfs & viuans écernellement en la tres-
glorieufe compagnie de Dieu en fon Paradis; lequel noftre Royaume, & au-
tres nos Pays & Scigneuries, nous auons graces à Dieu, & par linterceffion
de la tres-glorieufe & benoïfte Vierge Marie fa mere, fi bien entretenu, de-
fendu, & gouuerné que nous l'auons accreù de toutes parts à grand cure, fol-
licicude & diligence, à l’ayde aufli de nos bons, vrays & loyaux Officiers, Ser.
uiteurs, & Sujets, jaçoit ce que tantoft aprés noftre aduenement à la Cou-
ronne les Princes & Seigneurs de noftre Sang & Lignage, & autres grands
Seigneuis de noftredit Royaume; qui que ce foit, la plufpart d'iceux ont
confbiré *, fair, conduit & mené contre nous, & la chofe publique de no-
ftredir. Royaume, plufieurs grandes pratiques, trahifons, & confpirations:
tellement, que par le moyen d'icelles, fi grandes guerres & diuifions s’en
{ont fourfes & conduites, que merueilleufe effufion de fang humain, deftru-
étion de pays, & defolation de grand nombre de peuple en font aduenus, qui
ont duré depuis noftre aduenement iufques à prefent; qui encore ne font
du tout éteintes, & qui aprés la fin de nos iours pourroient recommencer, &
longuement durer, fi aucune bonne prouifion n'y eftoit donnée. Parquoy,
Nous ayans à ce regard & confideration, & mefimement l’âge où nous fom-
mes, & certaine maladie à nous furuenué, pour laquelle auons efté en tres-gran-
de deuotion voir & vifiter le glorieux Corps fainét & amy de Dieu Monfieur
Sainét * Claude, dont fommes grandement amendez & rerournez, à l’ayde
de noftre Createur, de fa benoifte Mere, & dudit Sainét, en bonne profperi-
té & fanté ; ayons deliberé, conclu & difpofé de, aprés le retour de noftredic
voyage, voir noftre tres-cher & cres-amé fils Charles Dauphin de Viennoss , &
luy remonftrer plufieurs belles & notables chofes, à l’édifiement de fa vie, en
bonnes mœurs, gouuernement, entretenement, &c conduite de la Couron-
ne de France, s’il plaift à Dieu qu'elle luy aduienne aprés nous. Pour lefquel.
les chofes accomplir, & que nous auons efté de retour d’iceluy noftre voya-
ge en noftre ville d'Amboife, nous fommes allez au Chaftel udit lieu, où
cftoit noftredit fils le Dauphir, qui coüjours y auons fait tenir & nourrir ; &
en la prefence de certain nombre de Seigneurs & Dames de noîftre Sang &
Lignage, & autres grands Perfonnages gens de noftre Confeil, auons faie
venir iceluy noftredit fils pardeuers nous, & luy auons fait & remonftré les
chofes, paroles & remonftrances deflufdites , & autres qui s’enfuivenr.
.…. PREMIEREMENT, aprés recitation par nous faite à noftredite fils des
chofes deflufdites, ou de la plufpart d'icelles, Nous luy auons remonftré le
” grand defir que nous auons, qu’il peût aprés nous paruenir à l'ayde de Dieu,
. à la Couronne de France fon vray heritage, & qu’il le peut fi bien gouuerner
&c entretenir que ce fuft à fon honneur & loüange, au profit & vrilité des
_ Sujets du Royaume, & de la chofe publique d’iceluy.
tem, Et que quand il plaira à Dieu faire fon commandement de Nous, &
que noftredir fils feroit, comme dit eft, paruenu à ladite Couronne de France,
nous luy auons ordonné, commandé, & enjoint ainfi que pere peut faire à
fon fils, qu'il fe gouuerne, entretienne, & maintienne au bon regime & en-
tretenement dudit Royaume par le confeil, aduis & gouuernement de nos
parens & Seigneurs de noftre Sang & Lignage, & des autres grands Sei-
neurs, Barons, Cheualiers, Capitaines, & autres gens fages, notables, de
ni confeil & conduite; & principalement de ceux qu'il fçaura & connoiftra
auoir efté bons & loyaux à feu noftre tres-cher Seigneur & Pere, que Dieu ab-
a
DV ROY CHARLES VIII. 309
folue ,à Nous, & à la Couronne de France, & qui nous auront efté bons & Q
loyaux feruiteurs, Officiers, & Sujets. _ 1402.
Item , Nous luy auons aufi par exprés commande , ordonné , & enioint,
que quand il plaira à Dieu qu’il paruienne à ladite Couronne de France, qu’il
entretienne és Charges & Offices qu'il trouuera eftre , lefdits Seigneurs de
noftre Sang & Lignage, les autres, Sieurs Barons , Gouuerneurs , Cheualiers,
Efcuyers , Capitaines, & Chefs de guerre, & tous autres ayans charge, gar-
de ,& conduite de Gens, Villes, Places, & Forterefles; & les Officiersayans
Offices tant de Iudicature que autres, de quelque maniere & condition que
lefdits Officiers & Charges foient , fans aucunement les muer*, changer, * 1! n'anoit pas
décharger, ny defappointer , ny aucun d’eux ; finon toutesfois qu’il fuft , ER
{oit trouué qu'ils , ou aucuns d’eux fuffent & foient autres que bons & senemens à Le
loyaux,. qu’il en appere bien & deuément , & que iufte & deué declaration 5°#07#e:4
en foit faite par Iuftice ,ainfi qu’en tel cas appartient. | plufieurs foie
. Îtem, Etafin quenoftredir fils puifle & veüille mieux auoir à cœur ,accom- "##. Voyez
plir & entretenir noftredite Ordonnance, injanétion, & commandement, nous ho
luy auons remonftré les grands maux & dommages irreparables qui nous ad- # Comines.
uinrent* peu de temps aprés naftre aduenement à la Couronne , pour n’a- * pages 19. 22.
uoir entretenu lefdits Seigneurs 8 Officiers de noftre Royaume en leurs Eftats ; 27: 29.24
Charges & Offices , qui bien long-temps ont duré , à la tres-grande foule, ”*"7”
dommage, & deftruétion de plufeurs de nos Pays, & Sujets, & qui encore
dure, fans y auoir fin de paix ; jaçoit que ce ,comme dit eft ,nous n’auons rien
perdu de la Couronne : Mais icelle augmentée & accreuë de grandes Terres
& Seigneuries ,efperant de bref, au plaifr & vouloir de noftre Createur, y faire
mettre paix, tranquillité ,& vnion; & que quand noftredit fils feroit le fem-
blable, & n’entretiendroit & continuéroit lefdits Sei “re & Officiers, il luy
en pourroit femblablement ainf,ou pis arriuer; & que fur tant qu'ilaime le bien,
honneur , & augmentation de luy , & dudit Royaume, qu'il y eüt bien re-
gard, fans faire ne venir au contraire, pour quelque cas qu’il aduienne.
Item , Er lefquelles remonftrances ainfi par nous faites à noftredit fils le
Dasphin pour le bien de la Couronne de France ; & afin que lefdites ordon-
nances ,commandemens & inionétions à luy faits, fortiffent effet, & en fuft
perpetuelle memoire: nous auons demande à noftredit fils ce qu’il luy en fem-
bloit, & s’il n’eltoit pas bien content , deliberé , & en bon propos , vouloir
& intention de faire , entrerenir & accomplir les chofes deflus a ) & au-
cres par nous à luy dites ; & mefmement touchant lefdites Charges & Of-
ces ; à quoy il nous a humblement fait réponfe , & dit de bouche | que
wes-volontiets il obeïroit, feroit & accompliroit de bon cœur, & de toutfon
pouuoir , les commandemens ,enfeignemens , ordonnances & inionétions que
nous luy faifions, dont tres-hum blement il nous remercioit.
. Item, Nous luy auons en outre commande qu’il fe retiraft deuers aucuns de
fes gens & Officiers quiillec eftoient , & parlaft à eux fur les chofes deflus dites,
. par nous àluy remonftrées, & qu'il aduifaft bien s’il vouloit pas bien entretenir
tout ce que nous luy auonsenioint & ordonné ; ce qu'il a fait, & puis aprés nous
a dic celles paroles , ou femblables : Mowfeur , 4 l'ayde de Dieu , G: quand [on
bon plaifir fera que les chofes foient € aduiennent , j'ebeyray à vos commandemens
C° plaifirs , 67 feray , entretiendray , C* accompliray ce que mi'aucx enjoint, comman- Eva “ee _.
dé, C enchargé , ©" ainff qu'il a effé arreffé : Eu comme nous luy auons dit, que au
puifque pour l'amour de nous il le vauloit, qu'il leuaft la main , & nous pro- fon Pere dec.
mift d’ainfi le faire & tenir;ce qu'il a fait. —— ri
Item, Et aprés plufeurs autres chofes par nous à luy remonftrées , depen- joint de faire,
dantes des chofes deflus dites | 8 aufli de plufeurs S'° nos aduerfairés , de Li sé de-
noftre Royaume, qui toüjours auoient efté contraires à Nous & à ladite Cou- do
ronne , dont en partie les maux & inconueniens deuant dits eftoient adue-
Qa ii
310 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
nus, à cequ’il y prit bien garde; Nous luy auons recommandé aucuns de nos
bons & loyaux feruiteurs & Officiers qui illec eftoient prefens , & les aucuns ab-
fens ; luy remonftrans que bien & loyaument ils nous auoient ferui tant alen-
contre À nofdits aduerfaires, & alentour de noftre perfonne qu'autrement , en
plufieurs & diuerfes manieres , donc & defquelles chofes , & de chacune d'i-
celles , leurs circonftances & dependances ,nous auons ordonné & comman-
dé à noftre amé & feal Notaire & Secretaire, tant durant nofre Regne que
celuy de noftredit fils, Maiftre Pierre Parent illec prefent, en fairetoutes Lettres
& Expeditions, Prouifions , Patentes , & chofes declaratoires de noftredic
vouloir, commandement , & ordonnance que befoin fera, tant durant noftre
Regne que celuy de nôtredir fils, & au commencement de fonditRegne par ma-
niere de confirmation aufdits Officiers, en confirmant iceux en leurfdites Char-
ges & Offices; & auons ainfi commande à noftredit fils le faire faire par ledit P4-
rentcomme noftreSecretaire & le fien.Sr DONNONS EN MANDEMENT par ces mef-
mes prefentes, à nos amez & feaux Confeillers les Gens de nos Cours de Parle-
mens, Efchiquier de Normandie, Gens de nos Comptes, Generaux,Confeilfers
de nos Finances, de la Iuftice de nos Aydes, Maiftres des Requeftes de noftre
Hoftel , Preuoft de Paris, à tous Baillifs, Senefchaux, Preuofts, & autres nos
Jufticiers, Officiers , ou Sujets ou àleurs Lieutenans, fi comme à chacun d’eux
appartiendra , qui à prefent font ou feront cy-aprés de noftre temps, & de no--
ftredit fils , que de nos prefens Ordonnances , Commandemens | Declara-
tions, & de toutes & chacunes les chofes fufdites en cefdites Prefentes con-
tenuës ; & chacune d’icelles , leurs circonftances & dependances ils faf-
fent, entretiennent , & accompliflent, & faflent entretenir de point en point
inuiolablement , fans enfraindre , ne aller ne venir iamais au contraire ; ores,
ne pour le temps à venir , pour quelque caufe ou occafion que ce foit; & y
contraignent ou faflent contraindre reaument & de fai les empefchans &
jrs , & tous autres qu'il appartiendra , & qui pour ce feront à con-
traindre par la prife de leurs Lettres au contraire , caffation & annullation
d'icelles , arrefts & detention en noître main de leurs biens , emprifonne-
mens de leurs perfonnes, & tout ainfi qu’il eft accoütumé de faire pour nos
propres befognes & affaires | nonobftant oppoñitions , appellations , Cla-
,. meur de Haro, doleances ,& quelconques Ordonnances faites ou à faire par
nous ou noftredit fils, reftrinétions , mandemens , defenfes, & Lettres à ce
contraires ; pour lefquelles ne voulons eftre aucunement differé ny le con-
renu ,cffet , & execution de cefdites Prefentes retardé en- aucune maniere:
Et pource que de ces prefentes plufieurs pourront auoir à befongner en di-
uers lieux, nous voulons qu'aux Vidimus d’icelles , faits fous Seel Royal , ou fi-
gnez par ledit Parent, ou autre de nos Notaires & Secretaires ordinaires, plei-
_ nefoy foit adioùtée comme à ce prefent Original. En témoin de ce nous auons
fait mettre & appofer noftre Seel à cefdites Prefentes. D'oNNE' au chaftel
d'Amboife le vingt-vniéme iour de Septembre l’an de grace mil quatre cent
quatre-vingt & deux , & de noftre Regne le vingt-deuxiéme ; Signé par le Roy,
Monfeigneur le Dauphin , Monfieur le Comte de Beaujeu , le Comte du
*Robertde Marle * Marefchal de France , l’Archeuefque de Narbonne , les Sieurs du
PE Are Bouchage, de Precigny, du Pleflis-Bourré, de Solliers *, Iean de Doyar,
Guyfe. v.ps. Gouuerneur d’Auuergne, Oliuier Guerin Maiftre-d'Hoftel, & plufieurs au-
4+-#Maf tresprefens, Parent. Letfs, publicats , Cr regiffrata in Curia Parlamenti Ducatus
ce,que ray PBurgundie Dinioni die duodecimé menfis Nosembris anno Domini millefimo qus-
ce its dringentefimeo oëfuagefimo [écundo. Sic fignatum , Dspuws. È
Royalsenxess , Vne autre Expedition de ces Lettres porte fur le reply , Lecfa , publicata,
*Palamedes GC regiffrata in Cameras Compotorum Domini noffri Regis , Parifius 7. die Nouembris
For-bin. Anpo Domini 1482. Signé, I. de Badowilier. | |
1482.
ne = _———_—s -
DV ROY CHARLES VIIL 31i
1482,
2907 que le Memoire /uisant foit conffamment du Regne de Louys X I. reant-
moins commeil y a des chofes dedans qui touchent la Perfonne de Charles VIII.
(qui fait le fujet de cette Hiffoire) lors qu'il effoit encor Dauphin , C* qui regar-
dent fon Regne depurs qu'il fut paruens à la Couronne ; on a effimé les denoir
icy donner, auec quelques Lettres [ur le mefme fujet ; dans la croyance que le Le-
Cteur [çaura bon gré des particularisez d'Hiffoire qw'il y apprendra. Celle qui re-
garde la Perfonne de ce Roy eff le pronoffic , G: le ingement auantageux que le
. Pape Sixte LV. y fait de La vertu, Gr de la vaillance de ce Printe , lequel le iuffi-
Jia bien depuis par l'expedition d'Avalie, qu'il entreprit en perfonne ; effant deuens * Ve pags voi.
Roy : Maïs encore plus en la Bataille de Fornoüe*, 04 au [ten de tout le Mon- a
de , G* au rapport de tous les Hifforiens du temps , il parut grand Capitaine, G* precedentes.
combatit en tres-vaillant Soldat. Aufi ce Pape témoigne dans ce Memoire défirer
fort, qu'il fut Gonfalonnier, c'eff 4 dire Proteîteur de l’'Eglife. Pour l'autre,
qui touche fon Regne , c'eff que le mefme Pape , non feulement affuroit dans ce
Memoire ,que l'entreprife du Royaume de Naples , que Charles V I] 1. conquit + y. pag. 195.
depuis ; cfloit iufte * C° raifonnable, comme appartenant legitimement à la France, 212. 219. 249.
mais mefme offroit deflors d'y aider de tont fon pounoir le Roy Louys XI. 44 cas °°"
qu'il y voulut penfer. |
Memoire de ce qu'ont befongné * à Rome les Sieurs de Rochechotüart ne
© Maiftre Iean Raboc, /elon la charge que le Roy ed
enr en à donnée. É _.
* C'efloit Guil-
REMIEREMENT, touchant la Tranflation del’Eve/que * de Verdun ,le- Lieu Ma
quel le Roy defiroit eftre transferé en vn autre Siege Epifcopal en Lom- Sn
bardie , ou autre lieu d'Italie, noftre fain& Pere le Pape, & tous Meflieurs les 3°, Pret
; . | : pales maï{ons
Cardinaux l'ont accordé; & a efté transferé en l'Euefché de Vingtemille, en de Lorraine)
la Riuiere de Gernes ; & parce que ledit Euefché eft de petit reuenu, luy ont Ur
eftc referuez cinq cent Ducats de penfion tant qu’il viura, fur Verdun. nier dE,
Item , Celuy qui eftoit ss de Vingtemille a efté transferé à l’Arche- ne
uefché de Melphe au Royaume de Sicile , & l'Archeuefque dudit Melphe ha- 6, pre
tif de Florence de la Maifon de Nicollins (qui onttoûjours efté feruiteurs du #r-de Louys
Roy) a efté transferé à Verdun. 2 Chdeiens
: | dans la B2 féille
Et veut le Pape que ledit Euefque de Ferdun foit tenu de prefter ferment prés de quaror-
folemnel, tel qu'il plaira au Roy, pour la feureté de fa perfonne , & de fon + Cafois _.
Royaume, entre les mains de Monfieur l'Archeuefque de Tours *; ou autre per- à Bourdcille,
fonne d’Eglife telle que ledit Archeuefque élira, fous peines comminées par 9% auoir effé
Religiesx de
noftredit fain& Pere le Pape. l'Orare de $.
Item, Sera renu ledit Euefque de Ferdun d'aller incontinent à Rome en la Françiis, de.
compagnie dudic Archeucfque de Towrs , ou d’vne autre perfonne d’Eglife Frereue
telle que ledit Archeuefque élira , pour confirmer les fermens & promefles & ors Arche”
qu’il aura faites au Roy és mains de noftredit fainà Pere le Pape; prefens & re .
aîiftans Meflieurs les Cardinaux. fin Cardinal,
Item, Et pout fupporter la penfion que l'Archeuefque de Melphe , qui eft #jours fors
] HN affeéfionne à la
tranflaté à Verdun , eft tenu de payer audit Euefque de Verdun tranflaté à Vingte- aÿes bete
_ mille, a efté accordé felon le bon plaifir du Roy ,que ledic de Melphe auratout & qui auoir
l'argent que le Roy prend audit Ferdun par chacun an, pour la garde de ladi- fé &
auec chalcur,la
te Ville, tant que ledit Euefque transferé à F'ingtemille viura. diérance da
‘ Ù e ? À Ÿ . . 4
Item, Et pour auoir la main-leuée dudit Euefche de Verdun, & les Lettres CardinalBaluë
& del'Euefque
de la penfion que le Roy prend fur ladite Ville, & autres prouifions que pour Verdun ;
ce, luy font neceflaires , ledit Archeuefque enuoyera vers le Roy vn Meflager neanrmoins c5-
| | RE
pour les obtenir de fon bon plaifr, & les luy oétroyer. A XL
312 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
* Jefoirneues … tem , Et pource que le Roy a eù fcrupule de confcience d’auoir detenu
du Pape Sixte Icdit Eucfque de Ferden , & en a voulu auoir abfolution de noftredit fain&
IV. G #4 Pere , il la luy a oétroyée , en commettant à Meflieurs les Archeuefques de
loss Hiero{me d
de Ruerc ou Vienne & de Tours, l'Euefque d’4/by , & le Doyen de Noyon, & à chacun
Pre da d'eux l'ab/folution fi le Roy la demande. |
Ruercow Ria- dJtem, À octroyé noftredit fain®& Pere au Roy, qu’il puifle , & luy foit loi-
rio Cardinal fible de manger de la chair en tout temps quand par les Medecinsil luy fera
ne ordonné, & confeillé d’ainfi le faire pour le falut de fa perfonne.
Cardinal deS. Surlefquelles chofes noftredic fainét Perele Pape ena enuoyé les Brefs Apo-
Pierre ad vin- : . , À
pu ftoliques feellez /4b annulo Pifcators au Roy, & aux autres en iceux nom-
ne dudit Pape MECZ. |
Sixte;Ce Com Er pource que l’vn defdits Brefs s’adreffantau Roy , contient Creance fur lef-
Hierofmee- ,. :, ‘ : : Le s: :
fois on dits de Rochechoüard & Rabot, ils ont mifeleurdite Creance par écrit, s’il plaift
confideration au Roy de la voir ; & femblable Creance leur a donné, pour dire au Roy, le
auprés du Pape ER |
alerter Comte * Herofme, qui aufli luy ecrit vne lettre contenant Creance fur eux.
pourcequire-
gardoit les #r-
mes, La Creance que noffre Sainét Pere le Pape a chargé lefdits
. Indulgences " à
données à ceux de Rochechoïüart & Rabot de dire au Roy.
qui pricrent
Dieu pour le
D ny REMIEREMENT, Noftre Sainét Pere enuoye fa Benedi@ion au Roy,
aplufieurs Bul- & à Monfieur le Dauphin , lequel prie , & fait prier Dieu continuelle-
les à mefme [u- / / 7 OR x :
je dues le ENT pour leur fanté , & a oûtroyé & donné à cous ceux qui vifiteront l’Egli-
Chartes du Îe de Noftre-Dame del Populo, & prieront Dieu pour eux, pleine * remiflion
Roy,enfaueur &y :
d hd & mdulgence de leurs pechez.
Frêne. Item , Parce que noitredit Saint Pere a tres-grande eftimation de mon-
*Cefusensi- dit Seigneur le Dasphin , & croit certainemenc qu'il fera v» #res-Vertueux
ron l'an 1444. D FA >
que Eugene F'es-Vaillant, & tres-Excellent Prince, & le Pilier de l'Eglife ; & partant il defi-
IV.fr Gonfa- re fort, s’il eft agreable au Roy, qu'il füt Gonfalonnier de l'Eglife , ainfi que le
os a. Roy ,eftant Dauphin, le fut du temps du Pape Ewgene * ; car file Roy y prend
Jors Dauphin, plaifir , ie Pape le fera tres-volontiers , fur quoy le prie qu’il luy en veüille
PH 9 sal écrire fon vouloir.
conduifit vne Item, Le Pape eùt enuoyé la Ro/e qu'il a benift la my-Carefme à mondit
Armée ET y SCIgNEUr le Dauphin; mais parce que l’Efpée qui fe benift à Noël, eft vn don
defrlessuifes, PIUS conuenable pour luy ; le Pape luy enuoyera ladite Efpée , afin que la
sui . miere efpée qu’il ceindra, il l’aye du Vicaire de Dieu, lequel luy veüille don-
mi ni “.” ° AT .
sise pig. nef la grace de viure longuement en paix ,& en tranquillité,comme Prince
deCharles vil. Vitorieux.
smpreflion du s | 1
D me. tem, Diront bien au long au Roy les plaintes, & doleances que le Pape
* Cefà dire, fait du Roy Ferrand, afin qu'il en écriue audit Roy Ferrand en fa faueur.
ne fe 3 Auffi luy diront, que s’il veut entendre au recouurement du Royaume
dois du Roy € Sicile * , lequel appartient au Roy *, que maintenant il a faculté de ce faire
ne Royaume IMICUX QUE iamais , pour les diuifions qui y font, & fans gueres de couts; & dic
ie AE le Pape ces paroles : Nunc eff tempus acceptabile ; C tempus falusis ÿ & s'offre
medupaye, le Pape d'y ayder le Roy de tout fon pouuoir. Pareilles offres fait ledit Com-
ie Hierofme, qui témoigne fort defirer ladite entreprife: Toutesfois dit le Pa-
Duc de Milan, PE , qu'il feroit befoin tant pour ce , que aufli pour le bien & honneur du
ren el Duc de Milan , que Madame Bonne*X mere dudit Duc, laquelle à la charge,
Ludouic & à la foule de fon honneur , contre toute veritc , ignominieufement a efté
* Les Litres deboutée du gouuernement de fondit fils ,retourne audit gouuernement; ce
. que le Roy pourra faire bien ayfement ,en écriuant * aux Seigneurs, & autres
ferquecertere- de la Duché de Milan, vels qu'il auifera eftre à faire ; & aufli aux Venitiens.
cérmardation Er eft bien befoin & neceffaire qu’ainfi le fafle , pour la feureté de la per-
fonne dudit Duc de Milan; car le Pape a efté auerty que le fieur Ludowic on-
:4 cle
DV ROY CHARLES VIIL. 313
ele dudit Duc auoit entrepris * de le faire mourir, pour foy faire Duc & Sei-
: œ . ss À À
gneur; mais le Pape, inconcinent qu'il le fceüt en écriuit, & aucrtit ceux qui 482
ont le gouuernement de fa perfonne. * Entreprife de
Ludouic fur la
vie de fon ne
… Cy font les plainres @r doleances que noffre Sainéf Pere le Pape fair %e4 Duc de
| du Roy Ferrand , pour les dire au Roy noftre Sire. |
REMIEREMENT, De ce que ledic Roy Ferrand luy a refufé & con-
credit de luy payer le tribut qui luy eft deù pour le Royaume d£ sicile,
lequel Royaume | paris &occupe.
_ Jtem, De ce qu’en la guerre de Florence , ledir Roy Ferrand s'appointa auec Grandes plais-
les Florentins , par le moyen de fix mille Ducats qu'ils luy font de penfion res duPape con-
par chacun an; & fit ledit appointement fans le vouloir & confentement du dis pri
Pape, lequel il trompa & abandonna, qui auoit frayé pour icelle guerre en- pla.
uiron cent mille Ducats. |
Item, Et fe plaint auffi noftredir Sain@& Pere, de ce qu'aprés ledit appoin-
tement iceluy Roy Ferrand fit publier qu'il y auoit Paix generale en toute
l'Italie; & toutesfois il machina & fit entreprife auec aucunes puiflances du-
dit pays, de conquerir & mettre en fa fujetion la Cité de Siene, & toutes fes
Terres & Seigneuries, & aprés cela , celles de l’Eglife.
Item, Et femblablement , de ce que ledit Roy Ferrand continuant en fef-
dites machinations , a fait ligues & confederations auec les Florentins , le
Duc de Milan, le Duc de Ferrare & autres, par le'moyen defquelles ligues
il a mis la guerre dans ledit pays d'Italie , qui fera la deftruction du peuple;
& auffi occafion que le Turc, qui a trois cent Voiles prefts à mettre fur
mer, pourra venir plus ayfément defcendre audit pays, & aprés perfecuter la
Foy Chreftienne.
Item, Er aufli a induit ledit Roy Ferrand plufieurs Seigneurs, Barons, Vaf-
faux , & Sujets de PEglife à tenir fon party, & abandonner le Pape, comme
le Duc d'Frir, ceux . la maifon des Calommes , &c autres qu'il à fait rebel-
les & defobeïffans au Pape leur Seigneur. 4
Et encore s’eft fair bailler ledit Roy Ferramd des Places fortes , proche de
Rome, d’aucuns defdits rebelles , où il a mis tant de Turcs que Chreftiens,
garnifons qui ont couru iufques aux portes de Rome , en faifant guerre au
Pape. | |
Fc en maintes autres manieres il foule fans caufe ny raifon noftredit Sain®
Pere, & les Terres de l’Eglife.
Parquoy le Pape craignant cecy a eù intelligence auec les Venitiens, qui
Juy ont promis & ont conuenu auec luy, de le feruir de tour leur pouuoir par
mer & par terre , alencontre de ceux qui le voudroient greuer & luy faire
dommage. | |
Et pource noftredit Sain& Pere le Pape prie le Roy tres-affeétueufement,
qu’en enfuiuant la finguliere deuotion qu’il a à Dieu , à la benoifte & glo-
ricufe Vierge Marie, & au fain Siege Apoftolique, il veüille & luy plaife :
écrire audit Roy Ferrawd, en luy mandant qu'il aye à fe defifter de celles ma-
chinations, entreprifes, & voyes de fair, & ingenerations * qu’il fait alencontre » 4 ingers.
du Pape, & des Terres de l’Eglife,en luy faifant fçauoir, que quand le Pa- rionsewms-
pe & l’Eglife fervienc par luy foulez & opprimez, qu’en enfuiuant les geltes | |
des Tres-Chreftiens Roys de France fes progeniteurs, il conuiendra qu'il foit
en fon ayde & fecouts.
Au furplus le Pape requiert au Roy , que s'il auenoit le cas que le Turc
ou le Roy Ferrand fiflent aucun dommage à la Chreftienté , ou aux Terres
de l’Eglife, qu'il luy plaife luy ayder & le fecouxir, comme il si certaine-
r
1482.
34 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
ment qu’il fera , pour l'honneur & la reuererce de Dieu , & de la Foy Ca-
tholique. RS : — |
ne de. 1
Signé, de Rochechañart. . Rabot.…
Al auroit effé à fouhaiter que la date [e fuff trounée as Memoire cy-deffus , mas d'ef
* Commines
en l'Hiftoire de
Louys XI. im
Sao Au Los-
are fol, 86.
* Elles font ms-
Jes aprés cette
Obfernation ,
pag. 310.
vne obmiffion trop ordinaire en France, de ce temps-là, auquel on ne voit aucune lettre
miffiue auec la date d'année; neantmoins ce defaut peut effre affez aysément fp-
pleé par les circonffances des chofès qui font contenués dans ce Memoire, GC con-
clurad'abord qu'il eff auec certitude du temps de Louys XI. Pour cela il ne faut
que remarquer ce qui y eff dit du Pape Eugene, qui fr Gonfalonier de l'Eglife
ledit Roy effant Dauphin , dons le temps ne peut conffamment consentir qu'a celuy
de ce Roy Lors gw'il effoir Dauphin , & non à celuy de Charles VIIL /on fils,
Eugenc (ainf que porte l'obferuation qui precede ce Memoire) cfant mort long-
temps auant que ledit Charles fuif nay : Et quoy que celte cérconffance pat [uff-
re, toutesfois lon peut encor adjoñter, qu'il y eff parlé d'abfolution pour le Roy,
au fijet d’auoir tenu prifonnier l'Eucfque de Verdun ; or sl eff conffant par tous
les Hifloriens du temps , que c'effoit Louys XI. qui en l'année 1469. * Fasoit
fait arreffer auec le Cardinal Baluë , G: l'auoit tens prifonnier d'Effat treize à
quatorze ans dans la Baffille ; G* ainfi que ce n'effoit pes à Charles VIIL. 4e»
demander l'abfolution au Pape, füpposé qW'elle fuff neceffaire ,maw # Louys XI.
dont les [érupules conffammenteffoient grands em petites chofes ,€ petits ,ou nuls,
en grandes.
Et fi l'on vouloit encore plus particulierement diftuter L année du Memoire , on le
pourroit facilement faire , par le semps que le Cardinal Baluë @ l'Eucfque de
Verdun furent mé prifonniers, Gr par celuy de leur deliurance : Pour cela sl faut
€flablir ,que tous les Hifloriens du temps conuiennent, qu'ils furent arreffez., com-
me il a effé dit, en l'année 1469. C* l'on peut efque auf affurer que ce fut au
commencement d'Auril par la date des Levtres d'Appanage de la Guyenne, gu/
furent expediées à Charles frere. de Louys XI. G regifirées en ce mefme mors
au Parlement @ Chambre des Comptes : Or comme ils furent arreffez pour amoir
vouly diffuader Charles (par leurs lettres qui furent prifes auec le porteur) de
changer l'Appanage de Champagne @ de Brie , qui luy auoit cffé accordé, en ce-
duy de Guyenne, G que cette année commengoit le deuxième Auril, qui efloit le
jour de Pafques , l’on peut conclure qu'ayans cffé arreflez conffamment en cefte
année-là, d: lefdites Lettres d’Appanage ayans cffé expediées € regiffrées en ce
mefme mois , ils ont par confequent cffé arreffez an mefme mois d'Auril : Or en
contant treize à quatorze ans de leur prifon jufques à leur deliurance , cela tombe-
roit vers La fin de 1481. 04 -aw commencement de 1482. C* cela s'accorderoit fort
auec les Lettres * du retour à Milan de Madame Bonne de Sauoye Dwcheffe
doisairiere de Milan , qui font des mois. de Septembre G:Olfobre 1482. bien datées;
car en Italie l'on n'en vfoit pas ainfi qu'en France où ,consme il 4 effé remarqué
les dates des années ne fe trouvent dans aucunes lettres miffnes : Or par ledis
Memoire 5! y # Article, par lequel le Pape inuitoit le Roy à écrire pour le retour
à Milan de ladite Dame Bonne de Sauoye, Gr par Le temps qw'il awoit fallu as
Roy depuis ce Memoire ve , pour y cnmoyer Philebert de Groflaye Sieer
d'Elyns fon Ambaffadeur, le temps fe rencontreroit fort bien.
* Pag,148. de Ge que l'on pourroit obiecter , féroit ce que dit Comines * , que le Cardinal Baluë
l'Hiffoire de
Louys XI.s/n-
prefion du
Louure.
fortit de prifon aprés que le Roy fut bien rétably de la grande maladie qu'il et
en Mars 1480. fur cela l'on Le feroit refonuenir premicrement de ce que luy-mefme
a dit du temps, de treie à quatorze ans de leur prifon, qui n'écherroit an platoff
qu'en l'année 1481. ou au commencement de 1482. Et.cn fecond lieu, que le mors
de Mars , auquel fut malade le Roy , effoit le dernier de l'année 14$0. l'année
1481. commençant le 22. 4uril ; € qé ainfi aprés vne grande maladie (qu'on
RE —
DV ROY CHARLES VIII. 31$
pouuoit bien 4ffurer eftre vne apoplexiepar [es circomflances , fur tout à vne per- |
fonne âgée comme effoitlors Louys XL.) 5! faloit bien de temps pour le rétablir; 1482.
partant prenant fondement [ur les propres paroles de Comines , qui met que ce
Roy les fit fortir aprés qu'il [e trouua bien à [on ayfe ; tout [e peut bien accorder :
à l'année 1481. * > peut-cffre encore au commencement de 1482.ce qui ffaufs “+18
confirmé par les lettres de Palamedes-Forbin Gouverneur de Prouence, qui auoit
cffé preposé par le Roy auec le Sieur de Rochechoïüart , @ /e mefme qui aprés
auoir cffé Ambaffadeur à Rome awec Iean Rabot , pour arreffer auec Le Pape les
conditions de la fortie dudis Enefque de Verdun , G: autres affaires , auoit auf;
cf commis pour regler les Sachez, & affurances que deuoiest donner Les freres
parens dudit Euc[que , par leurs lettres fuisantes qui fans du mais d'Octobre.
L'on peut donc conclure , que ledit Eucfque me fortit de prifon au plitoff que le fafdit
moi d'Oéfobre, Gpeut-cffre encore quelque tcmps aprés ; car par la lettre du 18. Olto-
bre dudit Sieur de Forbin, André d'Haraucourt ffere de cés Eucfque efhoit at
tendu, mai por encore venw, pour donner [on Seellé en caution de [a fdelité.
Peur dire ensore vn rot du temps as vray que le NMiemoire 4 deñ eître donné à
ce Roy, © peur finir en méfie temps cette critique, qui deuiendrait enfin ennyeu-
Je Si cle eïtait plus longue, il faut remarquer que lors qu'il y e5 parlé de la Role
qui [e benist à la my-Carefme par de Pape, il eff dit que le Pape ne la voulut en-
soyer à M° le Dauphin , #e la croyant eïfre ve don afftz conuenable pour “Pag:3ra.
luy; mais dit qu'il luy envoyers l'Efféc qu'il benire à Noël : Ainf par tour ce que
deffus l'on peut conclure , que lefdits Sicars de Rachechoüart & Rabot ant don-
né au Roy le fafdit Memoire depuis la my-Carefme G auant Noël, apparemment
en l'année 1481. * *r482.
Les Lettres fuiuantes feruent de Preuues à quelques articles 4mezte s,
du Memoire precedent. O&obre.
Pierre André de Haraucourt 44 Roy Louys XI. mande qu'il eff
preff de venir a Paris , afin d'y donner [on obligé fous fon Secl , pour
fesorifer la fortie de prifôn de l'Euefque de Verdun fon frere, pour-
uen que ledit Euefché luy demeure, e7° qu'un autre ne luy foit donné
en la place. | |
IRE, fi tres-humblement que ie puis me recommande à voftre bonne
grace , & vous plaife fçauoir , Sire, qu’en toute reuerence l'ay receu vos
lettres de fauf-canduit ; enfemble celles qu’il vous a ple m'écrire contenant
en effet, que fi ie veux que Monfieur l’Eve/qwe de Verdun mon frere foir deli-
uré, que certe fois pour toutes , me veüille tranfporter à Paris, auquel lieu :
enuayez Meflieurs le Gowverveur de Proucuce & grawd V'eneur de France pour le
deliurer; Sire, en toute humilité mercie voftredice grace de vofdits biens &
aucrtiflemens : Nature me contraint par proximiré à defirer fa deliurance, &
à certe fin ay dés-ja enuoyé par delà mon 4 fous mon Seel , auec ample
puiffance par mon neueu , pour en befongner fur les articles à moy enuoyez ;
par Meflieurs les Cotes de Saint Paul & Viçamte de Rochechoÿart * Commif- “Pa 12
faires en cette partie; Ce neantmoins çn obtemperant à vofdites lettres mon-
dit frere demeurant en fon entier Euefque dudit Verdun, ie feray moy à toute
heure preft à me tranfporter en diligence audit lieu de Paris, pour illec de-
rechef perfannellement faire , & pafler ledig obligé ; ie fçay que voltre cres-
noble Éfererion peut aflez çonfiderer que fi mondit frere fe trouuoie ainf
defnué dudit Euefché de Ferdwa pour paffer en l'Euefché de F'iggremille *, pays. * Ibid
eftranger,& entre gens à moy inconnus, s’il venoit par sé enalteration
t i)
1482.
* La parde ou
le gouuerne-
ment
AMetz les.
Oâobre,
316 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
de fa perfonne, à quoy comme naturel il peut cftre fujet en faifant aucune-
ment contre ledit oblige, on m'en pourroit fufciter charge, deshonneur, &
reproche ,mefmement luy abfent , fans que moy & autres fes parens euflions
la maniance * de fa perfonne , ou du moins l’adminiftration de fondit Euef-
ché de F'erdun , ilnous feroit comme impoñfible y fatisfaire ou pouruoir conue-
nablement ; furquoy plaife à voftre grace m'écrire voftre bon vouloir & plai-
fir ,que le benoift Fils de Dieu vous conferue en fante & longue vie: Efcrie
à Metz le huidtiéme iour d'Oétobre. Voftre tres-humble de Haraucourt. Et au
deflus eft écrit, LA #res-Excellent ,le Tres-Chreftien Roy de France.
Les dates de l'année que cette lettre, G les autres fiuantes, ont eSfé écrites fur
mefine fajet , doisent eïtre toutes apparemment de l'année 1481. faisant le raifinne-
ment m6 à la fin du Memoire que deffus.
ES à obferuer que toutes ces lettres [ont fidelement tranfirites [ar les originales
mefmes.
Le fufdit de Haraucourt «4 Gouuerneur de Prouence, 4 qui il man-
de , qu’il ne peut fe refoudre de venir à Paris, afin de donner au Roy
Louys XI. fa promeffe @r [on fécilé pour obtenir l'élargiffement de
fon frere l'Euefque de Verdun ,qu'af prealable il ne foit affuré d'eftre
conferué dans [on Euefché de Verdun auant qu’effre ennoyé 4 Rome,
er qu'on ne luy donnera aucun autre Eucefché en la place.
ONSrEVR /e Gounerneur, ie me recommande à vous tant queie puis,
l'ay prefentement receü lettres du Roy, auec fauf-conduit, pour moy
traniporter à Paris pour la deliurance de Monfieur de Verdun mon frere ; fem-
blablement ay receù les voftres, contenant qu'eftes Commis venir audit lieu
de Paré pour le mettre en mes mains , & l’enuoyer à Rome , & qu'inconti-
nent moy, & fes autres parens nous y voulions tranfporter , pour befongner
des promefles & feellez ,comme defirans fa deliurance, que naturellement ie
dois defirer, & auoir à cœur, ay dés-ja enuoyé par delà ma promeffe & mon
feellé , fur les articles qui me furent enuoyez par Meñieurs les Comtes de
S'aintf Paul & Vicomte de Rochechowart par mon neueu, auec ample puiflance
de par moy, pour en befongner ; ce neantmoins , comme récris audit Sei-
gneur , moy confiant de fa bonne grace , & defirant obtemperer à fon bon
plaifir, demeurant mondit frere en En entier , & paifñible audit Euefché de
Verdun , ie feray à toute heure preft moy tranfporter en diligence audit lieu
de Parg , pour illec derechef perfonnellement iurer & pafler ledit oblige,
receuoir mondit frere, & l’enuoyer à Rome, comme il a efté pourparlé: Mos-
féeur le Gouuerneur ie vous tiens & repute fi difcret ,que raifonnablement pou-
uez confiderer , que fi mondit frere fe trouuoit ainfi defnué dudit Euefché
de Verdun pour l'Euefché de Vingtemille, pays étranger, & entre gens à moy
inconnus, & que par alteration de fa perfonne, ou autrement, il vint aucu-
nement contre ledit obligé ,il m'en pourroit fufciter grand’ charge, deshon-
neur , & reproche; mefmement que luy abfent, & fans ce que moy, & d’au-
tres fes parens euflions le maniement de fa perfonne,ou du moins l’admini-
ftration de fondit Euefché de F'erdun, nous feroit comme impofhble y fatis-
faire, ny danner prouifion conuenable; & auec ce, qu’en ce faifant il plaife
à icelay Seigneur m’enuoyer fes Lettres de fauf-conduit , parce que celles
qui m'ont efté prefentement apportées, pourroient eftre vitieufes , parce que
ie fuis intitulé dedans ,Chesalier, ce que ie ne fuis point , Mon/eur le Gouser-
#esr,tres-humblement ie vous recommande la matiere,& qu'il vous plaifeauoir
regard & confideration à tout ce que diceft deflus, & y faifant tout le mieux
que poflible vous fera, comme en ay en vous fiance ,en moy faifant répon-
DV ROY CHARLES VIIL 317
fe par ce porteur de voftre bon vouloir , & plaifir fur le tout enfemble; fi ie
puis aucune chofe pour vous, ie le feray de bon cœur, & aydant noftre Sei- 1402.
gneur , qui vous doint ce que vous Cie. fe Efcrit à Merz le huiiéme iour
d'Oétobre : Le cout entierement Voftre , de Harawcourt. Ex au dos eft écrit,
CA Monfieur le Gouuerneur de Prouence, à Aix.
Louys de Lenoncourt Vicomte de Meaux , 44 Roy Louys XI. fér 169. oaobre.
le commandement qu'il auoit receh d'aller 4 Paris, trouuer le Gonuer-.
neur de Prouence, pour cfire 4 la delinrance de l'Enefque de Verdun
Ç; RE, tant, & fi tres-humblement que ie puis, à voftre bonne grace me
recommande; Sire, vous plaife fçauoir que ray receü vne lettre qu’il vous
a pleù m’écrire , par laquelle me mandez que à toute diligence ie m’en aille
à Paris deuers Monfeur le Gowserneur de Prouence , pour eftre à la deliuran-
ce de Monfieur de erdun ; Sire , ie m'en fuis venu haftiuement par deçà,
ource que ceux de la Duché de Luxembowrz me détruifoient tout le mien,
à laquelle chofe ie pouruoiray le mieux que ie pourray , & auñli , Sire , par
faute d'argent ; car par deçà ie n’ay rien qu'il ne me faille dépendre con-
tre vos ennemis, & d’autre cofté l'argent m’eft deùû ; au regard de mapenfon,
Mefieurs vos Generaux me Pont aflignée en Languedoc , dont ne puis rien
auoir ; & de la Vicomté de Meaux Monfieur le Baftard m'en a ofte la moi-
tié ; pour lefquelles chofes , ie n’ay pas vn blanc ; Toutesfois, Sire , ie feray
diligence d’en recouurer en quelque façon , & à mon pouuoir feray ce qu'il
vous plaift me commander , & feray toute ma vie priere au benoift Fils de
Dieu , qui, Sire , vous doint tres-longue & bonne vie : Efcrit au Staslry le
neufiéme iour d'Oétobre ; Voifre tres-bumble Gr tres-obeïffant fujet G* féruiteur
Louys de Lenoncourt. Et au dos eft écrit, 44 Roy on Sounerain Seigneur.
Le fnfnommé Pierre André de Haraucourt 4# Roy Louys XI. mande ,., :
que fon neueu Gobert d'Afpremont n'ayant pe venir deuers luy , o&obre.
ennoya vr Ualet qui fut mené à Luxembourg , qw'il efbere de r'auoir
eg les lettres du Roy; quoy w'il en foit , qu'il viendra # Paris, pour
recouurer l'Euefque de Verdun /6n frere ,celuy qui auoit efté ar-
reffé prifonnier auec le Cardinal Baluë.
IRE, en fi tres-grande humilité que faire puis, me recommande à voftre
cres-benigne Grace, & vous plaife fçauoit , Sire , que mon neueu Gobert
d’'Afpremont venant de deuers voftredite Grace, fes cheuaux eftans foullez , n’a
peù venir perfonnellement deuers moy , mais a enuoyé vn fien feruiteur ,le-
quel en venant hier, fut pris & mené vers Luxembourg, dont le cas venu à ma
connoiffance , pource que jefperois qu’il m’apportoit le fauf-conduit ; ce
qu’il l’'auoit chargé de faire ,ay enuoyé à toute & extréme diligence vers ledit
Luxembourg pour effayer d’auoir ledit homme, auec fes lettres qu'il m'appor-
toit ; & fi ie ne puis auoir ledit homme , que du moins ie puifle recouurer
lefdites lettres ; coutesfois en cas que dedans Mardy prochain n'en aura
quelque nouuelle , fi me mettray-ie en chemin pour aller à Pers, ainfi qu'à
voftre dite Grace a pleû me l’écrire, ayant confiance en icelle voftre dite Gra-
ce , & en icelle voltre dite lettre , afin de recouurer Monfeur l’Ese/que de
Verdun mon frere; Sire, le benoift Fils de Dieu vous conferue en bonne vie
& longue : Efcrit à Merz le treiziéme iour d'O&tobre; Voifre tres-bumble de
Haraucourt. Et au dos eft écrit, LA #res-Excellent, le Tres-Chreïtien Roy de
France. |
Rr ii
1482.
A Metz le 13.
Octobre.
* confiance
A Parisle 15.
Odobre.
318 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
Le mefme d'Haraucourt 44 Gouuerneur de Prouence mande , que
nonobffant que le fauf- conduit de la part du Roy Louys XI. pour
pounoir venir vers luy , ait effé perdu , il ne lairra pas de partir pour
l’enuie qu'il a de la deliurance de fen frere l'Euefque de Verdun.
ONSIEVR 4 Gounerseur, tant que puis me recommande à vous, mon
neueu Gobert d'Affremont venant de deuers le Roy , m’apportant mon
jauf-conduit , fes cheuaux eftans foullez pour la diligence qu'il auoit faite au
venir , m'enuoyoit ledit fauf-conduit par vn fien feruiteur , lequel hier bien
tard fut pris auec fes lettres en venant icy, & mené vers Luxembourg; & le
cas venu à ma connoiflance, & afin de recouurer ledit homme ,ou du moins
lefdites lettres , ay à route & extréme diligence ,enuoyc vers ledit Luxembowry,
afin que j'en puifle auoir quelque adreffe ; coutesfois,en cas que en dedans Mar-
dy prochain ie n'aye aucune nouuelle ,ie me mettray en chemin pour aller à
Pars,ainf qu'il a pleù à la bonne Grace du Roy m'écrire, fans aucunement plus
attendre le recouurement dudit fauf-conduit ; & ayant & fait confidence*efdi-
ces lettres dudit Seigneur , afin queie puifle auoir & recouurer mon frere. Mos-
ficur le Gouverneur , vous pouuez confiderer que de ma part ie defire bien l’a-
uoir, quand, fans attendre ledit fauf-conduit, & feulement fur lettre, me de-
libere de partir; ie vous prie qu'il ne vous plaife me renuoyer, veu ladiligen-
ce que j'en fais: Monfieur le Gouuerneur , ie prie à noftre Seigneur qu'il foit
garde de Vous : Efcrit à Metz le treiziéme iour d'Oë&tobre , Le tout entiere-
ment voitre, de Haraucourt. Et au dos eft écrit, LA Monjienr le Gouserneur de
Prouence. |
Martin le Roy, mande au Roy Louys XI. que le Capitaine de la
Bafhlle n'auoit vouls fe contenter de deux mil cinq cent francs pour la
dépenfe de l'Euefque de Verdun , mais qu'il en vouloit cinq mille;
que fuinant fon ordre, il donnera cinq cent liures audit Eucfque .
IRE, ie me recomande à voftre bonne grace, tant & fi cres-humblement
comme ie puis ; Sire , l'ay receu vos lettres faifant mention de contenter
le Capitaine de la Baffille de la dépenfe de Monfieur de Verdun; Sire | comme
pourrez eftre auerty par Monfieur de Solliers, me fuis tiré deuers luy,& mon
General aufli , & auons parlé audit Capitaine , lequel demande pour ladite
dépenfe cinq mille francs , & mieux, on luy a offert deux mille cinq cent
francs pour toutes chofes; ce qu’il n’a voulu faire , & demande plus de cinq
mille francs ; voftre plaifir foit , fur ce mander voftre vouloir , & touchant
les cinq cent francs qu'auez mande eftre deliurez audit de Ferdws , il n’y
aura point de faute : Sire, ie prie dieu, & Noftre-Dame qu’il vous dointbon-
ne fante , & longue vie : Efcrit à Paré le quinziéme iour d'Oë&tobre , Foffre
tres - humble Gr: obciffant füjet GC feruiteur Martin le Roy. Et au dos eft écrit,
As Roy mon Sounerain Seigneur.
#
DV ROY CHARLES VIII 319
Palamedes Forbin Seigneur de Solliers , 44 Roy Louys XI. auquel 1482.
il mande les affurances er fecllez que le Capitaine de la Baftil. À Parle
le dr luy prendront de l’Euefque de Verdun , & de is res, de
la Maifon d'Haraucourt , auent que le mettre en liberté, fuiuant
fon ordre. |
[RE, lay receû vos lettres par /4 Poe, laquelle m'a auffi apporté répon-
Die d'André d'Haraucourt, à ce que me commandaftes de luy écrire d'4m-
boif , laquelle , Sire ,. ie vous enuoye icy inclufe , pour la faire voir à qui il
vous plaira. _ | |
Sire, depuis ce qu’il écrit , fon neueu a efté depuis à Towrs aprés que vous
m'euftes dépefché; & parla de ce qu’il ne viendroit point , eftant appellé au
fauf-conduit Chewalier; & à cette caufe luy en fis faire autre /aaf-conduir, vout
nouueau, & l’'emporta fondit neueu. auec lectres mifliues de vous, qu'il ne luy
feroit fair aucune force ,ou contrainte, & ne fuis pas encores hors d’efperan-
ce que ledit L4#dré ne vienne , veû l’aurance qu’en donnoit à Towrs fondit
neueu ; au moins rerournera-il , ie dis ledit neueu , auec vn autre frere de
Monfieur de Verdun nommé Pierre; & puis qu’ils font abreuuez de la Tran/la-
tion dudit Verdun à Vigtemille , nous parlerons clairement des feellez & pro-
mefles qu'il faut qu'ils vous donnent à la deliurance de leurdit frere, & nous
cfforcerons le Capitaine de la Baïtille & moy à leur faire bailler leurfdits feel-
lez plus à voftre auantage que nous pourrons , & felon voitre intention , &
auant conclure tout , vous en auertirons ; fi donc ils n’eftoient bien contens
de les faire tels, & que fuflions bien feurs qu’en feriez content, comme vous
me diftes ,Sire, au departir; que fi ne pouuez auoir iceux feuretez & feellez
qui feroit befoin, defdits freres., que fiffions le mieux que pourrions; pource,
Sire, mandez, fi c’eft voftre plaifir qu’à prefenc le faflions, priant Dieu & fa
Mere qu'il vous donne, $ire, tres-bonne vie & longue, & tres-bonne fanté:
Ecrit à Paré le dix-feptiéme O&tobre, à heure de Vefpres; Sire, incontinent
que j’auray la réponfe de l’anneaw Madame Sainéfe Marthe, fans varder vne hçu-
re ,ie vous l’enuoieray, Feffre tres-humble, Gr obeiffant fujet G: feruiteur Palame-
des Forbin. Ec au dos eft écrit, L4# Roy mon Souucrain Seigneur.
Philippes l'Huillier Gouuerneurde la Baftille , «4 Roy Louys XI. Dre Bafite
à Paru le 17.
mande ; que le Gouuerneur de Prouence , le General @r luy ont o&rin.
reglé la dépenfe , habillemens ; és Gardes de l'Euefque de Verdun, 4
deux francs par iour, fe plaint de n'auoir receñ aucuns appointemens
pour la garde du Conneftable, es autres, l'Euefque de Verdun of- » zip à que.
fre de faire ce que voudra le Roy. | ques prime
| fille du temps
- j de Louys XT.
IRE, auiourd’huy auons eftéaffemblez Monfieur le Gouverneur de Prouen- *c'effoit Louis
AD ce, Monfieur le-General, & les Receueurs, pour la dépenfe, habillemens, 4 Euxem-
: | , bourg ( omte
&c Gardes de Monficur de Verdun , ie leur demande deux francs pour iour, ils ne de Sr le
l'ont voulu faire fans vous en auertir ; aufli il y a aflez de temps ; car André "<fablederra.
- | ’ ce, mart 1475.
d'Haraucowrt ; ne fera icy qu'il ne foit le 27. iour de ce moisau piütoft. _ + Com US
Sire, 11 ne me peut fembler que vous entendiez mon pauure cas tel qu’il pas 458 460.
eft , car ie n’ay ceans nulles mortes payes, ny de prifonniers * que vous m'ayez Rs
jamais baillé , ie n'ay eu nul appointement , ne de Monfieur Îc Conneffabli* , de Nemours
= . CE mnt 1477
ny de Monfieur de Roche-bourz, ne de plufieurs autres, qui s’en font alllez , 7477
& que ay encore ceans, & de Monfeur de Nemours *, de qui j'ay fait tou- pag. 478. 479.
=
320 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
1482, ‘la dépenfe, voftre plaifir fuft que le Comce de Cafres qui en deuoit dou-
. . * ze cent francs, & Fendange fix, n'en payaflent rien, & fi n’amenday * oncques
xPoafon dé chofes qu'ils euflent. | un
* C'effoit Le Sire ; ie fuis bien ioyeux d’auoir couleur * de vous en auertir pour m’en
DE purs recompenfer felon vottre bon plaifir ; & fi y a que Monfieur le General *
des Finances. me retranche l'année pañlée , & cette-cy de quatre cens francs , ce que ia-
mais l’on n’auoit fait ; car ce n’eftoic pas voftre plaifir , & ainfi l'auiez de-
claré. | |
Au furplus, Sire, mondit Sieur le Gouuerneur & moy auons parlé aüdir
de Verdun qui fera voftre bon plaifir , & felon la charge qu'auez baillée au-
dit Gouuerneur, combien que de prime face il l’a trouué bien farouche.
Ie prie à Dieu, Sire, qui vous doint bonne vie & longue : Efcrit en /4 Ba-
fille le dix-feptiéme iour d’'Oûobre, Fofñfre tres-bumble [eruiteur € fujer , P.
l’'Huillier : Et au dos eft écrit, L4# Roy mom Sounerain Seigneur.
APalei. Dalamedes Forbin S' de Solliers Gowserneur de Prouence, mande au
Roy Louys X I. g#’ André d'Haraucourt viendra bien-toff 4 Paris,
qu'il promet [on feellé ; & que dés qu'il aura il le portera au Roy.
ÎRE, LArdré d'Haraucourt viendra icy ,ainf qu’il m’écrit par fes lettres que
je vous enuoye; & puis qu’il vient, ie ne puis croire qu’il ne fafle la pro-
mefle & baille Lu fcellé tel que le demanderez. Incontinent qu’il fera venu
ie feray diligence d’auoir fondit feellé, & de tout vous écriray diligemment,
priant Dieu, Sire, auec Noître- Dame, qu’il vous doint tres-bonne vie & lon-
gue , & tres-bonne fante : Efcrit à Parw le dix-huiétiéme d’O&tobre, Foire
tres-bumble € tres-obeiffant fujet G* feruiteur Palamedes Forbin. Et au dos ef
écrit, LA Roy mon Sounerain Seigneur.
AMisnt Lettre de Ludouic, ou. Louys Sforc, furnommé le Maure , oncle de :
ui Tean Galeas Duc de Milan : Du S' de Palleuoifin Gouuerneur du-
A 5 di "dit Dac, & de Philippes d'Euffache Gouuerneur de la Rocque ou
Donjon du Chafteau de Milan , au Roy Louys XI. luy pro-
mettant la liberté du retour en la ville de Afilan de Bonne de
Sanoye (fa belle-fœur , à caufe de Charlotte de Sauoye fa fem-
me ) laquelle eftoit mere & Tucrice d’iceluy Duc, fuiuant les
affurances données au S' d’Eflins Ambaffadeur dudit Roy.
« Lesprecdm. NOtez que le Roy eft icy traité de faiefté ; qualité qui n’eftoit
mn alors encores gueres * en vfage enuers es Roys.
ERENISSIME Rex & Chriftianiilime Domine , Domine nofter colendif-
fime : Proxims bis diebus ad nos profeitus Magifter Deminus d'Eflyns Maieftatis
“y. pags, Veftræ Orator, fégnificauit nobis quantopere Maicttas Veftra deffderet reditum * IUu-
res © ffrifime Dominse Bonx Duciffe G fororis [us in banc Cinitatem, C quantum ctiam
178. @ ass. Méediolanenf Principatui officiatur 5 Nos autem qui illum difceffum moleffè femper
tulimus ; imo pro viribus vt non diféederet vna cums iluffriffimo eius Nato Dace no-
Îfro , ac Magisfratibus cunctis operam omnem impendimus , etff putaremur reditum
es Domine Duciffe in libera cius volunrate extitiffe. Semper tamen pro noSfra in
aieftatem ipfam #de G: obfermantia , 6° vt ill morem geramus prout battenss fe-
cimus Oratori veffro fidem dedimus intra dies quindecim proximèe futuros ad ip{am
Dominam Duciffam accedendi , illamque vna cum ipfo Oratore veffro in banc Ciuita-
PCI
mom te
| DV ROY CHARLES VIIL 321
iem reducendé ; ubi à nobu Cr rcliquis émnibus eohonore , G: +4 reuerenti habcbitur,
que merite Reg cognats @ [éreri cowueniet, pront latins in reditu Domini d'Eflyns
plenè intelligere poterit , hoc ép{um literis bis noffris fatturos nos affirmamus Maie-
ftati hf Veftræ , Dev dante cui nos enixè commemdamus. Ex arce Portæ louis
Mcdiolani ultimo Seprembris 1482.
1482.
Colendiffimz Veftræ Maieltacis férairer, Ludouicus. .
Item , Colendifimx Veftræ Maieltatis desorifiimus [éruitor ,
y _:; ..: Jtem,Colendiflimæ Veftræ Maicftacis demarifineu [ernirer,
sn ct: .. Philippus de Euftachio, ébidem Caflelanue obfiripfit.
| ALvis1vs. & ladrefle de cette Lettre *# porte,
NT | * prifs fier l'e+
Serenifimo ©. Chriffienifime Regi Francorum Demiue noffro Obfernandiffimo.
niginal.
Lettre de Bonne de Sauoye Duchefle de Milan, mere de Jean Ga- A Abias le 4
leas Duc de Milan, fœur de Charlotte de Sauoye femme du Roy DRE
” Louys XT. audit Roy, le remerciant d'auoir moyenné fon re-
tour à Hilan auprés de fes enfans. .:
Notez qu'elle traite le Roy de Maiefié.
ERENISSIME atque Chriftianiffime Princeps , poff bumilem G: flislem
commendationens , &cc. gratias immortales refero Maieltari Veitræ que dignara
eff ad me ancillam Gr feruam fism mittere Dominum * d'Eflyns Oraterem dignifi-" Philebert de
Groflée Ssessr
murs, qui me, prout [pero infra paucos dies ducet * apud filios meos , C7 ad hoc'exor: tin.
tata C° confiliats [um 4b omnibus amici mes, C'ctiam Religioffs Obféruantibus , ibi--"V-pag.5ts
| Le | « 1 1e : . … precedente.
que permanfurs , ucl alibi , donec vel vbi videbitur Maieltari Veftræ , qguis in
alle volo tran[gredi mandats fus, © quando ero apud filios mcos ipfé Domiuns
d'Eflyns omnia per ordinem dr: diflinifè notificabit per nuntios [nos Maicflaci Ve-
Îræ, pedibus çuius proffrata me tora commendo. Ex caffro Abiatæ quarto Olfobr.
1492. | | | |
. Ea veftra indigna ferua 80m Ducheffa de Milan manu proprii.
Et au dos.eft écrit , Chriffianifimo Principi., @ Excellentiffimo Domino, Domino
mco honorandi(fmo, Domino Ludouico Dei gratis Francorum Regi. |
Philebert de Groflée Siewr d'Eflyns, 44 Roy Louys XI. auquel il rend + De.
compte de [a negotiation de Milan, pour le retour en icelle Ville , de
: Bonne de Sauoye Ducheffe doüairiere de Milan, @ autres occuren.
ces confiderables.
S: RE, le plus humblement que faire puis,me recommande toûjours à VO-
Jftre bonne Grace, en enfuiuant ce qu'il vous a pleù moy commander par
vos lettres, fuis venu par decà , & 2y pale pardeucrs Madame de Milan icy. à
LAbyat, où elle fe tient : laquelle m'eft venué au deuant * bien deux milles, 8 *receprion fai.
m'a fait coucher au Chafteau , où elle m'a fort bien recueilly & faic de grands #2 F-4mbe/
honneurs pour l'honneur de Vous ; ie luy ay expofé la charge qu'il vous 2”
pleû me donner touchant fon affaire ; dont elle fr fort ioyeufe, en vous re- chefe deMilan,
merciant bien fort. nu : nn | Lt
” Sire, au partir d’icy elle me fit mener par eau iufques à Milan , où le Sei-
gneur Ladowie ;enfemble tous les Ambafladeurs des Ligues de l'Eftat de Mi-
lan, comme Florence, Montferras , Ferrare, & Mantsüe ; mc. vinrent - en
6 --T ŒRe- CR VER Lés . Æ. = .
1482.
WP. pag. 312.
322 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
& m'emmenerent loger au Chafteau de Milan en grande magnificen-
ce , là où toûjours m'ont fait des honneurs largement , pour l'honneur de
Vous. | nu : L
Sire, i'y arriuay le Ieudy, & le Samedy enfuiuant dis la charge qu'il vous
auoit pleu me donner , à Monfieur le Duc , lequel ie trouuay au lit malade
d’vn peu de fiéure, mais il eft guery; & y eftoient prefens le Seigneur Ladowir,
Meflieurs Palasifin , le Caffellan, & autres.
_ Sire, touchant le faiét de Madame n’ay pe auoir nulle conclufion iuf-
ques à Samedy pañlé, que le Seigneur Luwdosic,Meîilieurs Palauifin, &c le Ca-
ffellan pour l'honneur de Vous me promirent de la venir querir icy pour la
mener à Milan dedans quinze iours , qui fera le Samedy douziéme jour de ce
mois d'Otobre, ainfi que verrez par les lettres qu’ils vous éctiuent ; & felon
que ie puis entendre, ne l'appointeront pas du tout, ainf que l’auez ordon-
ne, mais ie croy qu'elle fe contentera de ce qu'ils voudront; car il n’eft rien
qu'elle ne fit, pour eftre auec fes enfans : toutesfois quand elle fera autrement
que n’auez ordonné , ie fie m'y trouueray point.
Sire, touchant le fait de mener le Marquis frere du Duc de Milan deuers
Vous, felon que ie puisentendre, ils ne leferontpoint, & m'ont fait réponfe,
que veû la grande amitié qui eftentrele Duc & luy , ne les oferoient départir.
Sire , au regard deeux départir de l'alliance qu'ils ont auec le Roy Dom
Ferrand ,ie croy qu'ils n’en feront rien; car ils s’excufent, que ladite alliance
ar voftre commandement fut dernierement refaite, & reformée entre eux
à Naples en la prefence de vos Ambañladeurs , & que bonnement ne s'en
peuuent départir à leur honneur ; toutesfois iei n’en ay encores point eü la
rcponfe entiere, mais Madame eftant à Milan feray que ie l’auray. |
Sire , touchant le mariage de Monfieur le Duc de Sasoye & de Madame
Blanche , ie leur ay dit que n’en auez point encor parlé à ceux du pays de
Monfcigneur de Sawoge, mais ayant parle à eux, vous leur ferez fçauoir la ré-
ponfe dont il vous en remercient. |
Sire, pareillement leur ay dit comme eftes déplaifant de la guerre qu'ils
ont, & que volontiers vous employeriez à la pacification d'icelle, dont fem-
blablement vous remercient; & iufques à ln n’en ay peü auoir autre Cho-
fe, qui m’agardé de vous enuoyer plûtoft le prefent porteur.
Sire , ie croy bien qu'’auez Lei comment le Duc d’Frbin eft mort, & le
Magnifique Robert de Romeny , & le Seigneur Robert de Sainct-Seuerin à eftc
fort malade, mais il eft guery : 11 y a vn Ambaffadeur du Roy Dom Ferrand
à Milan, qui y demeure continuellement; il y en auoitvn autre à Gemses, le-
quel les Genois ont mis dehors , ou donné appetit de s’en aller. Et depuis
peu de iours en çà eft venu à Milan vn Ambaffadeur du Duc d'Auftriche,
& n'ay encores peu fçauoir qu’il va faifant ; toutesfois n’eft-il pas du Duc
Maximilian,ie mettray peine à fçauoir pourquoy il eft venu, & puis inconti-
nent vous en aucrtiray.
Sire , de la guerre, ie ne vous en fçaurois que mander; car depuis que le
Magnifique Robert de Romeny rompitles gens du Duc de Calabres , où il eftoit
en perfonne , n’en ay oùy dire autre chofe, fors que les gens du Duc de Mi:
lan tiennent le fiege deuant vne Place nommée Sainéf Second en Parmefanne,.
& dit-on qu’ils l’auronc par appointement : Les Genfdarmes qui font en Fer-
rarois ont beaucoup perdu de leurs cheuaux , & plufieurs d’eux font malades,
ainfi que dy oùy dire.
Sire, Madame fera à Milan * dedans fept ou huit iours ; ce qui m’empefche
de partir pour m'en aller deuers Vous , afin de vous auertir : tout bien au
lon , au plaifir de Dieu , & de Noftre- Dame, Sire, auquel ie prie qu’il
vous doint tres-bonne vie & longue , & accomplifiement de vos bons de-
firs : Efcrit à C4byas ce Vendredy quatriéme iour d’Oétobre , Foifre tres-
DV ROY CHARLES VIII. 323
humble G- tres-obeiffant [ujet G* feruiteur , Philebert de Grofléc. Et au dos eft
ecrit, L4# Roy mon Sowncrain Seigneur. 1 4 82.
Memoire touchant les Traitez d'Arras 1482. de Francfort 1489. ex de
Senlis 1493. inferez au long dans ce Volume, é qui feruent beaucoup
d'éclairciflement 4 cette Hifbire. an fujet principalement du Mariage
de Charles Dauphin avec Marguerite d’Auftriche ; de Maximi-
lian Roy des Romains awec Anne Ducheffe de Bretagne ; es: de
ladite Anne auec le Roy Charles VIIL ex depuis auec le Roy
Louys XII. /on fou eg autres circonffances.
A r le Traité d'Arras fait en 1482. qui fuit-ce Memoire , il fut traité du
” Mariage de Charles Dauphin, depuis Roy, auec Marguerite d'Anffriche, fille
du Duc Maximilian d'Auffriche , & fur conuenu par ce moyen , entre autres
chofes , que le Comté de Bourgongne demeureroit au Roy.
Ce furent ceux de Ga#d qui moyennerent en bonne partie ce Traité auan-
tageux au Roy Lowys X 1. |
Par le Trairé de Francfort en 1489. (mis cy-deuant pages 83. & 85.*) quel- Traité
ques articles de ce Traité d'Arras font confirmez , ou expliquez; & plufieurs fus, of rom
points adiourez concernans le Duche de Bretagne. en cette page 85
Ec par le Traité de Senlis en 1493. qui eft mis cy-aprés, ladite Margwerite qui
plufieurs années auoit efté cenué comme Reyne de France , fut renduë à fon
pere, le Roy des Romains, & aucc cela ce que le Roy tenoit dans le Comté
d'Artois. L
D'ailleurs, le Mariage de Maximilian Roy des Romains auoit efté proier-
té, & mefme accordé auec L Anne heritiere de Bretagne ; & à ce fujec il auoit
donné Commiflion & Procuration * au Comte de Nafaw ,auec d'autres De- * certe Procu-
putez, pour l’époufer en‘fon nom, comme fit ce Comte , mais le confente- ration «f cy-
ment du Roy n'y eftant interuenu, ainfi qu'il eftoit requis *, ladite Princef- AE gs
fe eftant fa vafalle & fuierte, outre que le Duc Françog fon pere auoit auffi precedentes,
promis de ne la marier fans le confentement* du Roy; ce Mariage proietté, *. pag. sa.
mais non confommé , demeura nul. ——- |
Cependant L4/4in Sire d’Albret fe voyant auffi fruftré du mariage de la
Princefle, qu’il auoit inftamment pourfuiuy , auquel le pete d’Asmeinclinoit,
il fe rangea du party du Roy, luy rendit Nawtes, & ceda les droiéts qu’il pre-
tendoit au Duché de er au nom de fa femme de la Maifon de Peh:
thiénre; pour recompenfe defquels, le Roy luy tranfporta quelques Terres en
Guyenme ; &c Anne S'eftant retirée à Renres , fon Confeil entra en diuifon fur
fon mariage; mais aprés diuerfes contentions , enfin la Paix * entre le Roy *V:p48. 55.
& Elle fut traitée par deliberation des Efuts du Pays au mois de Nouembre “**7*
1491. & par ce moyen l'alliance de cette Princefle beaucoup plus fortable ,
fut accordée auec le Roy, qui renuoya Marguerite d'Auftriche au fufdit Roy
des Romains fon pere, aprés qu’elle eüt fait fejour de neuf à dix années en
France, mais à caufe de fa ieuneffe le mariage n’auoit efté confommé. ,
Doncques ce mariage d’Awse Duchefle de Bretagne auec Charles Fit. fut
preferé & l’autre improuué , comme eftant célui-cy fondé fur le bien public,
&c fur le deffein de reünir cette belle piece de {4 Bretagne à la Couronne de
France ; car la prudence faifoit confiderer que J’Eftar François feroit toû-
jours menacé de grandes diuifions , fi la Bretagne tomboit en main eftran-
cre. | SR |
: Tous les François & Bretons qui voyoient les fondemens iettez d’vn long
repos entre eux, par le moyen de cette Alliance ,en furent grandement fatis-
fi)
314 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
ra82 faits : Pour la confommation duquel mariage la Duchefle fut conduite à
7° Langeas en Touraine, où le Contrat * fut pañlé en prefence des Ducs d’or
*CeComrs& leans &c de Bourbon , & d’autres Princes, & Grands de France , & de Breta-
+ ci gne. Ils furent époufez par Losys d'Amboife Eucfque d’Alby, le feiziéme De.
nes du Loswre cembre du mefme an mil quatre cent nonante-vn;& peu de temps aprés el-
?- 58.52 Je fut facrée & couronnée dans l'Eglife del’Abbaye de Saiséf Denys *; & par ce
*V.ps8.96 moyen le Royioignit à fon Eftat la Bresagne, Pays d'importance & de gran-
de étendué , contenantneuf Euefchez.
Depuis , par le Traité de paix fus-mentionné , conclu à Senlis le vinçt-
troifieme May mil quatre cent nonante-trois, entre le Roy Charles VIII. d'v-
ne part, & Maximilian & Philippes d'Auftriche pere & fils, d'autre; il fut ar-
refté que ladite Marguerite fœur de Philippes feroit renuoyée & liurée en Pi-
cardie aux Peru pi de ces deux Princes : Que ledit Philippes ayant l'4-
ge de vingt ans feroit hommage au Roy pour les Pays par luy tenus de fa Sou-
ueraineté ; & que le Roy ioüyroic des Comtez de Mafconnois, Auxerrois,
& Bar-fur-Seine , & autres poin&s. |
Depuis LAnne de Bretagne eftant demeurée veufue de Charles VIII. Yan
1497. aprés la diflolution du mariage du Roy Lowys XII. auec Jeanne de
France fille du Roy Lowys XI. elle époufa ledit Roy Losws X 11. le huidié-
me Januier mil quatre cent nonante-huit ; les Conuentions du mariage
furent les mefmes que celles qui auoient efté accordées lors de fon premier
mariage aucc Charles VIII. laquelle par ainfi fut deux fois de fuite Reyne de
France ; ce qui fut vn moyen de conferuer l'uios de la Duché de Bretagne
auec la France. LAnne mourut à Blog le neufiéme Ianuier mil cinq cent trei-
ze , âgec de trente-fept ans , laiffant deux filles du Roy Losys XII. fçauoir
Claude mariée au Roy Franços I. & Renéce'au Duc de Ferrare.
De ce que deffus refulte , qu'on ne pouuoit pas [e diffenfer de donner icy ce Traité
d'Arras (bien que du Regne precedent) 4 caufe qw'il eff entierement relatif aux
deux autres Traitez fus - mentionnez , & fans lequet on ne les pourroit bien
comprendre. | |
Traité de Paix entre le Roy Louys XI. d'une part, er Maximilian
out sue Duc d'Anffriche @ [es enfans d'autre part : à Arras*,
s era :
tions fur Les autrement Franchife , le 23. Decembre 1482.
Mermoires de
Comines ,qwe | : ; :
d'a fait impri- Ovys par la grace de Dieu Roy de France; Sçauoir faifans à tous pre-
a nd tie fens & à venir: Que comme pour mettre fin aux querelles , queitions,
debats, & à la guerre meuë à certe occafon d'entre nous & noftre tres-cher &
tres-amé Coufin le Duc Maximilian d'Auffriche,nos vres-chers & tres-amez Cou-
fin & Coufine le Duc Philippes & Damoifelle Marguerite d'Auffriche fes enfans,
leurs Pays, Seigneuries , & Sujets , plufieurs communications , parlemens,
& affemblécs ayent par diuerfes fois efte tenués de nos Gens , Ambaffa-
deurs & Commis d’iceux nos Coufins , & de leurfdits Pays ; par lefquels ,
. pour paruenir à bien de fainéte & frutueufe Paix , ont efté faites plufeurs
ouuertures , & finalement en la ville de Frawchife aliàs Arres , en la Con-
uention & Affemblée illec tenué , ont par nofdits Ambaffadeurs & les leurs,
cite deliberez , accordez , & conclus plufeurs Poin@s & Articles , fur lef-
quels ait efté faite, concluë, iurée, & publiée Paix finale, vnion & intelli-
gence à toüjours entre nous, noftre tres-cher & tres-amé fils Charles Dauphin
de Viennois, noftre Royaume , Pays, Seigneuries, & Sujets, d’vne part; nof-
dits Coufin & Coufine, leurs Pays, Seigneuries & Sujets, d’autre : Et mef-
mement, pour plus grande feureté d’icelle, ait efté confenty, conclu, & ac-
DV ROY CHARLES VIII. 32$
cordé le mariage de noftredit fils le Dauphin & de noftredirce Coufine d’44-
Jrriche ,{elon , & en la forme & maniere que contenu eft és Lettres fur ce fai-
tes & expedices par nofdits Ambaffadeurs , & ceux de nofdits Coufins , &
leurfdits Pays, defquelles Lettres la teneur eft telle. |
Philippes de Crevecæur Seigneur Defquoerdes , & de Lannoy Confeiller &
Chambellan du Roy noftre Sire, fon Lieutenant & Capitaine general au pays
de Picardie , Cheualier de fon Ordre , Olivier de Quateman, aufi Cheualier,
Confeiller & Chambellan du Roy noître Sire, . Lieutenant en la ville
. de Franchife aliàs Arras, Iean de la Vacquerie Confeiller du Roy noftredic Sei-
gneur, & premier Prefident en fa Cour de Parlement à Paris , Zean Guerin
Maiftre-d'Hoftel , cous Ambaffadeurs Commis du Roy noftre Souuerain Sei-
gneur ; Zean de Lannoy Abbé deS. Berthin, Chancelier de l'Ordre dela Toifon
d'or, Philippes Abbé de S. Pierre lez Gand, Gofwis Abbé d’Afllighein, Gwi/-
laume Abbé d'Aumont, de l'Ordre de Saint Benoift , Zean Seigneur de Lan-
noy, de Rume, & de Sebourg , Jean de Berghes Sieur de Waïlhain , Bauduyn
de Lannoy Seigneur de Molembais, Cheualiers dudit Ordre, Confeïlers &
Chambellans,1eas de la Bouuerie Sieur de Bierbeque & de Wierre, Chancelier
de Brabant, Pawl de Baeuÿf Sieur de Boirmizéele Prefident de Flandre , Jacques
de Goy Sieur d’Auby, Cheualier, Confeiller & Chambellan , & haut Bailly de
Gand , Zean Dawfay Confeiller & Maiftre des Requeftes ordinaire de l’'Ho-
ftel , Gerard N'uman & Ican de Beere Secretaires en Ordonnances de noîftre tres-
redoute Seigneur Monfeigneur le Duc Maximilian d'Austriche,Iean Pumot Che-
ualier Bourgmaiftre, Zeas Rolland Efcheuin de la ville de Louuain, Nicolæs de
Hetuelde , Roland Mol Cheualiers , Gort Roland Confeiller Penfionnaire de la
ville de Bruxelles , Zeas Collegheux Bourgmaiftre ; Jean de Hymerzeelle Cheua-
lier , Efcheuin de la ville d'Anuers , Georges de la Moere premier Efcheuin de
la ville d’Anuers , Guillaume Ryns premier Confeiller , Zacques d'Effeemberper
Confeiller des Efcheuins des Parchons dé la ville de Gand, Zean de Virte Sieur
de Rudderuoirde Bourgmaiftre de la ville de Bruges, Zean de Nwenhoie Che-
. ualier Chambellan , Giles Guiftlin Confeiller , & Zean Creüe Penfonnaire de
la ville d’Ypre, Zacques de Landes Efcheuin , Jean Franços Confeiller de la vil-
le de l'Ifle , Simon de Bercus premier Efcheuin , Zean de la Facquerie Confeiller
de la ville de Doüay, Chriffofle Gautier premier Efcheuin dela ville de Mons,
Jean Fournean Clerc du Bailliage de Haynaut, Serwaë Wandarr Confeiller de
ladite ville de Mons , Thierry le Poyure Efcheuin , Gobert Herin Confeiller de
la ville de Valenciennes , Robert de Manneuille Cheualier Bailly , Nicolas Da
scrout Mayeur, Dasid Dandenfort Efcheuin, Philippes de Sainif Leger Confeil-
ler, & Robert des Prez Procureur de la ville de Saint Omer , tous Ambañla-
deurs , Commis & Deputez de mondit Seigneurle Duc, tant enfon nom, que
au nom de Monfieur le Duc Philippes , & Madamoïifelle Marguerite d'Auffriche,
fes enfans, nos Princes & Seigneurs naturels, & des Eftats de leur Pays, tant
. pour eux, que aufli pour & au nom d’iceux Duc Philippes & Damoifelle; A
tous ceux qui ces prefentes Lertres verront, Salut: Sçauoir faifons, Queen
vertu des Pouuoirs à nous donnez , & cy-aprés inferez : Nous auons fait,
conclu, accepté, promis & iuré, faifons ,concluons, acceptons, promettons
& iurons Paix finale , Vnion , Intelligence & Alliance perpetuelle entte le
Roy , Monfeigneur le Dawphin, le Royaume, leurs Pays, Seigneuries, & Su-
jets, d’vne part; mondit Seigneur le Duc , Monfeigneur le Duc Philippes &
Damoifelle Marguerite fes enfans, leurs Pays, Seigneuries , & Sujets, d’autres
_enfemble le Traité du mariage, qui au plaifir de Dieu fe fera , folemnifera
& parfera de mondit Seigneur le Dauphin & d’icelle Damoifelle Marguerite,
ainfi , par la forme & maniere qu'il eft contenu & declaré és Articles fur ce
par nous auifez ,confentis, & accordez, defquels la teneur s'enfuit. |
1. Au nom, & à la loüange de Dieu noftre Createur , de la glorieufe
| | il)
_
1482.
326 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
Vierge Marie, & de route la Cour celefte, Paix finale, Vnion, Alliance, &
1482. intelh gence à roûjowrs eft faire, promife, & iurée entre le Roy, Monfeigneur
le Dauphin, le Royaume , leur Pays, Seigneuries , & Sujets , d’vne part ; &
L Monfieur le Duc Maximilien d'Auftriche, Monfieur le Duc Philippes , & Ma-
| damoifelle Marguerite d'Aufriche, {es enfans, leurs Pays , Seigneuries, & Su-
jets, d'autre; par laquelle toutes rancunes, haines, & mal-veüillances des vns
enuers les autres font mifes ius & oftées, & toutes iniures de fait & de pa-
roles remifes & pardonnées. |
2. Item, Pour plus grande feureté de ladite Paix, Traité, & Alliance de
mariage eft fait, promis, confenty , & accordé entre mondit Seigneur le Day-
phin feul fils du Roy , & hericier apparent de la Couronne , & madite Da-
moifelle Marguerite d’Auffriche feule fille de mondit Seigneur le Duc & de
feuëé Madame Marie de Bourgongne fille vnique de feu Monfieur le Duc Charles,
que Dieu abfoille; & fe parfera & folemnifera ledit mariage, ladite Damoi-
felle venué en âge requis de droit.
3. tem , Et incontinent ladite Paix publiée , & les Scellez, Promefes, :
Obligations , Lettres & feuretez baillées aux Ambafladeurs dudit Duc, &
des Eftats defdits Pays, en la ville de l'Jf/e ou de Doay, madite Damoifelle
fera en toute diligence fans metre la chofe en delay , amenée en cette ville
de Franchife aliès LArre , & mile & delaiflée ës mains de Monfieur de Beanjes,
ou autre Prince du Sang commis de par le Roy ; & la fera le Roy garder,
nourrir , & entretenir comme fa fille primogenite , époufe de mondit Sei-
gneur le Dasphin. |
4. Item, Qu'en faifant ladite deliurance, mondit Seigneur de Beasjes ,ou
autre Prince commis de par le Roy ayant Pouuoir efpecial à ce, en la pre-
fence des Princes & Seigneurs qui auront conduit & amené icelle Damoi-
felle, promettra par ferment folemnel fur le fuft de la vraye Croix & fainds
Euangiles de Dicu, pour le Roy, tant en fon nom, que comme pere, & foy
faifant fort de mondit Seigneur le Dauphin , que madire Damoifelle venuë
en âge requis de droit, mondit Seigneur le Dawphin la prendra à femme &
époufe legicime ; & procedera au furplus au parfair & confommation du ma-
riage de luy & d'elle, felon l'ordonnance de fainéte Eglife.
S. Item , Pareil ferment & promefle fera mondit Seigneur de Beaujeu, ou
autre Prince commis ayant Pouuoir fuffifant à ce, de mondit Sieur le Des-
phin, auétorife & difpenfe par le Roy de fon ieune âge, pour & au nom d'i-
celuy Seigneur.
| 6. Item, En faueur dudit mariage , iceux Seigneur Duc d’Auftriche, &
les Eftats de fefdits Pays , ont confenty & mo tant en leurs noms, que
pour & au nom dudit Duc Philippes & pour fon mineur âge , comparans en
RÉ lee fon lieu, que les Comtez d'Artois, de Bourgongne, & les Terres & Seigneu-
Arsicles par le Tics de Mafconnois, Auxerrois, Salins, & Bar-fur-Seine, & de Noyers foienc
Traité de Sen- le partage , dot & portement de mariage de madite Damoifelle auec mondir
js hé * Sieur le Dasphin , pour en ioüyr par eux, leurs hoirs mâles & femelles qui
| iffiront dudit mariage, heritablement & à coûjours : Et en faute d’iceux , re-
tourneront audit Duc Philippes , ou à fes hoirs. Et pource que le Roy tient
en fa main , & occupe prefentement lefdits Comtez de Bourgongne , Maf-
connois, Auxerrois, Salins, Bar-fur-Seine, Noyers , & la plufpart de ladite
Comté d'Artois; il confent pour autant que la chofe luy peut roucher ,qu'i-
celles Comtez & Seigneuries foient le dot , heritage, & patrimoine de ladite
Damoifelle, pour en ioüyr par mondit Seigneur te Dasphis comme fon futur
mary , par Elle , & leurs hoirs iflus de ce mariage ; & en faute d’iceux ,re-
tourneront comme deffus. | |
Sauf, que s'il auenoit, que lefdites Comtez, Terres & Seigneuries vinffent
& écheüflent en autre main que de mondit Seigneur le Dasphin, ou des hoirs
DV ROY CHARLES VIII. ja
iflus d'iceluy mariage; en ce cas le Roy, mondit Seigneur le Dawphin , & leurs
fuccefleurs Roys de France pourront pofleder & retenir lefdires Comtez d’4r-
tous 8 de Besrgongne , & autres Terres & Seigneuries deflus dites, jufques à
ce qu'il foit appointé du droi& prétendu par le Roy és Villes & Chaftelle-
aies de l’Ife, Doiay, & Orchies , cfquelles trois Villes & Chaftellenies, fi le,
dit cas de retour n'auient , le Roy & fes fucceffeurs ne prétendront aucun
droiét ; mais en iouyront les Comtes & Comrefles de Flandres comme ils
ont fait Le cy-deuant : Et fi ledit cas de retour auient , le Roy , & aufli le
Comte de Flandres qui lors feront, feront diligence chaçun de fa part d'ap-
pointer dudit different. Et dedans trois ans ps la venuë dudit cas ,ou
plütoft , fi faire fe peut , que madite Damoifelle venuë en ladite ville de
Franchife aliès CArre , fera du confentement du Roy, par mondit Seigneur de
Beasjes , en la prefence des perfonnes des Efars d'Artois, & des autres Terres
& Seigneuries de fon dot , qui illec feront trouuez ; lefquels , fans en faire
autre Afflemblée , reprefenteront les sroé Effats d'Artois, venué ,receué , & decla-
ree Comtefle d'Artois, de Bourgongne ,& Dame des autres Seigneuries; & Ai fre.
feront mondit Seigneur le Dawphis comme futur mary d’Elle, & Elle tenus er Fee
par le Roy pour diligens , touchant les deuoirs qu’ils feront tenus de faire
pour lefdices Terres qui /owt de Royaume. | | |
7. Item , De là en auant ledit Pays & Comté d'Artois , fauf la Ville,
Chaîftel, & Bailliage de Saiséf Omer, dont cy-aprés fera touché, fera regi &
gouuernc en fes droiéts , vfages , & priuileges accoûtumez , tant au regard
des Corps des bonnes Villes comme du plat Pays, fous la main & nom de
mondit Sieur le Dawphis futur mary, & bail de madite Damoifelle, & le Do-
maine & reuenu d'iceluy Pays & Comte reduit au plus grand profit que
l'on pourra; & les Officiers de luftice & de Recepte defdits Pays & Com-
: Le les Loix des Villes creées & renouuellces de par luy , au nom que
cflus. |
_ 8. Item, Sera pareillement fait de la Comté de Bourgongne , & autres .
. Terres & Seigneuries qui font du dot de ladite Damoifelle.
9. Item, Sur la requefte que lefdits Ducs & Eftats font, que le plaifir du
Roy foit mettre la ville de Franchife aliàs U4rræ en fon ancienne police &
gouuernement fous la main de mondit Seigneur le Dawphin, en + commet-
tanc Officiers de par luy , comme dit eft. Le Roy s’atrend à Monfeur le
Dauphin futur mary de ladite Damoifelle, d'entretenir & traicer ladite Ville
en fes gouuernemens & priuileges anciens & accoütumez , comme les au-
tres Villes d'Artois. | |
‘10. Item, Au regard de la Ville, Chafteau, & Bailliage de Saiséf Omer,
qui eft de ladite Comté d’Artois, elle eft comprife, & tout ledit Bailliage,
auec ledit Comté d’Artois au dot & porrement de mariage que madite Da-
moifelle fait auec mondit Sieur le Dawphin fous les limitations qui s’enfui-
uent : Ladite Ville, Chafteau, & Bailliage feront mis & deliurez en la pof-
feffion de Monfieur le Dawphin & d’Elle , incontinent ledit mariage parfait
& confommé, & non deuant, pour en iouyr par eux, leurs hoirs, & Éccef.
dr rat de ladite Comté d'Artois, & autres Pays & Seigneuries deflus
ites. * | L |
11. Item , Dés à prefent lefdits Ducs & Eftats , tant en leuts noms que
pour & au.nom dudit Duc Philigpes , remettant la garde de ladite Ville,
Chafteau , & Bailliage , & les delaifle du tout à la garde & entretenement
qu’en feronc & feronttenus faire les Gens d’Eglife, Nobles, Bourgeois, Manans
8&c Habitans de ladice Ville, pour la garder & deliurer à mondic Sieur le Das-
bin , ledit mariage confomme ; tous lefquels Manans & Habitans , & trois
Eftats de ladite Ville , feront dés à prefent tenus faire ferment folemnel és
mains du Roy, ou de fes Commis, de faire bonne & feure garde de ladite
1492.
Le j
528 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
9 Ville durant ladite minoriré de madite Damoifelle , & non permettre ou fouf-
1492 frir à leur pouuoir que ledit Duc d’Auftriche&ledir Duc Phihppes fon fils,
ne autres de par eux, y ayent aucun port, autorité , ne aucunes gens, mais
demeurera icelle Ville au gouuernement defdits des Eftats, pour [a bailler,
rendre & deliurer en pleine obeïflance à mondit Sieur le Dawphin mary de
madire Damoifelle, incontinent elle venuëé en âgeledirmariage confommé,
ceffans tous contredits, excufes, ou delays. |
12. Item, Pareil ferment feront tenus faire lefdits Habitans & trois Eftars
à mondit Sieur le Duc d’Auftriche , de non deliurer ladire Ville au Roy,
ne à mondit Sieur le Dawphis, ne autres depar éux, durant ladite minorité,
&c iufques ledit mariage foit confommé. D |
. 13. tem, Que en particulier les Prelats, Gens d’Eglife, Nobles,Maieur,
Efcheuins, Manans, & Habitans de ladite Vilke, qui font Chefs d’hoftet, &
autres qui viendront demeurerenicelle Ville durant ladite minorité , de quel-
. que eftat ou condition qu’ils foienr , feront ferment fur la Croix ou fain@s
Euangiles , d’entrerenir ledit Traité fur peine d'eitre tenus & -reputez par-
iures & déloyaux aufdits Princes & à la Ville; & aufh comme infraéteurs &
violateurs de Paix, eitre punis à la volonté & ordonnance de luftice, & fe-
ra ledit ferment enregiftré en vn Liure & Revgiftre à ce feruant.
_ 14. Ztem, Afin que ladite Ville ait mieux dequoy pour foy garder ; & en-
tretenir ,le Domaine d’icelle Ville, banlieué,& Baïliage, tel queau Com-
te d'Artois doit appartenir, demeurera durant Ja minorité de ladire Damois
felle , au profit de ladite Ville pour l’entrerenement d’icelle : Et fi feronc
Jefdites Ville, Bailliage, durant ledit temps, quittes dé leur portion de l’47-
de ordinaire d'Artois ; & s’il leur conuient faire plus grande mife pour ladite
Pot Roy & aufli mondit Seigneur d’Auftriche leur fecoureront & ay-
eront. . Le. |
15. Item , Et au regard de l'Infhitution des officiers que lé Comte d'Artois
a accoütumé d’inftituer, comme Bailly, Sous-Bailly , Chaftelain, Burgraue,
Aumaufter, Procureur, Receueur, Sergens, & autres ,mondit Seigneur le Duc
comme pere de madite Damoifelle en aura durant ledir temps le eminatien,
& Monfieur le Dasphin , comme futur mary d’icelle , l’Zxfitwtion ; & feront
iceux Officiers tenus en obtenir Lettres de Monfieur le Daüphin ; & faire
le ferment és mains des Eftats de ladite Ville; ainçois qu'ils puiflent exercer
lefdirs Offices; & leur feront lefdites Lettres expediées fans frais; 8 fi ma-
dite Damoifelle alloit de vie à trépas parauant ledit mariage confomme; la-
dite Ville, Chafteau, & Bailliage, feront par lefdits Manans & Habitans re-
mis en l’obeïffince defdits Ducs d’Auftriche & Duc‘ Philippes fon fils ,oufes
fuccefleurs. | ..
. 16. Item, Que pendant & durant la minorité de ladite Damoifelle , /4 Loy
de ladite Ville fe fera & renouuellera par ceux d’icelle Ville en la maniere
accoütumée ; & fi auront lefdits Majeur & Efcheuins pouuoir de creer les
Officiers en deflous eux , &.comme ils ont fait par cy-deuant ; & fe fera la
Iufticé en ladite Ville & banlieuë par les Majeur & Efcheuins , qui ferone
entretenus en leurs anciens droits & prerogatiues; & au Bailliage, la Iufti-
ce s’y fera & exercera comme il s’eft fait de cout temps & fous le reflort où
il appartiendra; & entant que touche la garde, les trois Eftats de ladite Ville
pourront faire telles Ordonnances & Scaruts qu'ils aduiferont eftre requis pour
Jeur feureté; foit pourtenir, ou foudoyer Mortes - payes pour la garde de la- |
dite Vie & Chafteau, où ils entendent en leurs confciences qu’il leur foit
befoin ; pourront commettre & élire vn Chef entre eux pour la garde d’icel- |
le,cel qu'ils auiferont, de l’vn d’eux , en tenant toùjours à eux La charge &
gouuernement de ladite Ville, pour la deliurer, comme dit eft. Le
17. Item , Quant aux Forts & Chafteaux prochains de ladite Ville, par lef-
| quels
—— _
| DV ROY CHARLES VIII. 329
quels ils pourront eftre tenus en aucune fujetion , ils auront les Seellez &
Promefles des Seigneurs d’iceux Forts & Forterefles de non leur nuire; mais
les aflifter à la garde & deliurance de ladite Ville, comme dit ef.
18. Item, Et fi aucune guerre fortoit entre le Roy & ledit Duc d’Auftri-
che ,ou autres voifins de ladite Ville, ils ne s’en mefleront ny ne receuront
aucune garnifon d’vn cofté ne d’autre. |
19. Jtem, Que les Bourgeois, Manans & Habitans de ladite Ville, ban-
lieué ,& Bailliage, de quelque eftat ou condition qu’ils foient , pourront al-
ler, hanter & frequenter marchandement, ou autrement, par tout le Royau-
me de France, par les Pays de mondit Sieur d’Auftriche, Monfieur le Duc
Philippes fon fils, & en autres Royaumes & Pays voifins : Et pareillement les
Suiets defdits Royaumes des Pays de mondit Seigneur le Duc , & autres
Pays voifins, pourront feurement hanter & conuerfer en ladite Ville & ban-
lieuë, marchandement, & autrement; fans aucune reprife , ne en ce faire où
donner aucun empefchement, pour marques, contremarques , ordonnances ,
ou defenfes au contraire. |
_20. Item, Silefdits deS.Omer ne font contens de Lettres, Seellez & feuretez
qui fe bailléront pour la generalité de ce Traité; le Roy pour fa part, & auf-
fi mondit Sieur le Duc d’Auftriche pour la fienne , leur bailleront Lettres
en particulier, & feront bailler par les Eftats de leur pays, & telles Villes &
Communautez qu'ils requerront; par lefquelles, chacun en fon regard, pro:
metrra entretenir, & faire entretenir tous les poinéts confentis & accordez
touchant la garde de ladite Ville. |
21. tem , Qu'en faifant par lefdits Manans & Habitans la déliurance &
pleniere obeïflance de ladite ville de Sainéf Omer à mondit Seigneur le
Dauphin & à madite Damoifelle , le mariage confommé ,comme dit ef,
iceux Seigneurs & Damoïifelle feront ferment d'entretenir & garder ladite
Ville , Chafteau, banlicuë , & Bailliage |, comme membre de ladite Comte
d'Artois, & aufli icelle Comté d’Artois en leurs droiéts , franchifes & liber-
cez , vfages & priuileges accoûtumez , comme les predecefleurs Comtes &
Coincefes d'Artois ont fait, fans les deregler, ne mettre le Gouuernement &
la Police de ladite Ville , ne des autres Villes d'Artois, en autre train que pat
cy-deuant a efté. | | . Le
22. Item , Confirme dés maintenant le Roy les Prouifions obtenués par
ladite Ville, tant de feué Madame la Ducheffe d’Auftriche, comme auñli de
mondit Sieut le Duc d’Auftriche,& mary d’Elle, pour la quittance & mo-
deration des debres & rentes deuës par ladite Ville , & auffi pour le delay
du payement d'icelles rentes, & debtes; lefquelles Prouifions demeureront
en leur force, & leur feront valables. A
23. Item, Les Ambaffadeurs dudit Duc d’Auftriche ontremonftre, que ladite
defunte Ducheffe d’Auftriche, le Duc Charles fon pere, & autres predecefleurs
poffeffeurs defdites Comtez & Seigneuries, ont emprunté plufièurs deniers, 8
vendu rentes; & icelles aflignéesseftre payées fur le Domaine ,Rentes & re-
uenu dudit Comté , Terres, & Seigneuries; requerant, que pour lacquit &
décharge des ames defdits defunts, le Roy & mondit Seigneur le Dauphin pof-
feffeur defdites Terres & Scigneuries , faflent payer lefdices charges & det-
tes à ceux à qui elles font deuës, en obtemperant à ladite requefte ; le Roy
& mondit Seigneur le Dauphin poffefleur defdites Terres, feront dorefnauant
payer &c acquitter les cours des rentes deuës par es Corps des Villes, & au-
tres qui en font nn pour lefdits defunts ; lefquels en feront rembour-
{ez, & leur fera déduit ce qu'ils deuront par le Receueur des Domaines
defdits Comtez. LE
24. Item, Quant aux deniers preftez en la Comité de Bourgongne, ceux
qui ont fait lefdits prefts , bailleront leurs lettres, enfeignemens, : affigna:
€
1482:
1482.
330 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
tions qu’ils ont és mains de ceux qui feront commis à faire l'eftat du Do-
maine dudit Comté, pour en faire rapport à mondit Seigneur le Dauphin, &
les appointer comme par raifon. | | | |
25. Item, Au regard des anciens Officiers, qui par ladite Duchefle, le Duc
Charles, & le Duc Philippes fon ayeul, ont efté aflignez d'aucune fomme an-
nuelle par forme de prouifion pour leur viure, à la prendre fur le Domaine
defdits Comtez & Seigneuries ; ils y feront entretenus , & en feront payez
felon leurfdites affignations. |
26. Item , Sur ce aufli que lefdits Ambaffadeurs ont requis que le plaifir
du Roy foit fäire entretenir par mondit Seigneur le Dauphin , les feruiteurs
de feuëé madite Dame , & de mondit Sieur d’Auftriche , en Offices à eux
donnez efdits Comtez & Seigneuries , en faifant le ferment és mains de mon-
dit Seigneur le Dauphin, a efté répondu, que cy-aprés on pourra informer le
Roy de l’idoneité FAT Officiers ; & en fera fait pour le mieux.
27. Item, Que moyennant le dot & partage fait à madite Damoifelle
des Comtez & Seigneuries deflus declarces ,le Roy au nom de Monfeigneur le
Dauphin; & pareillement mondit Seigneur le Dauphin autorife & difpenfe de
fon âge, comme futur mary de madite Damoifelle , promettant luy faire ra-
tifier , Elle venué en âge ; renonçant à tout vel droit, part, & ation, qu'i-
celle Damoifelle, & ledit Sieur à caufe d’Elle, pourroient auoir, clamer, &
demander en Duchez, Comtez, Terres, & Seigneuries, biens, meubles , &
immeubles quelconques, demeurez du trépas de Madame la Duchefle mere
d’icelle Damoifelle, fi nouuelle fuccefion n’échet.
28. Item , Que l'intention de mondit Sr le Duc, & defdits des Eftats, eft que
le dot & partage confenty à madite Damoifelle, & en faueur & contemplation
du mariage de mondit Seigneur le Dauphin & d’Elle ,ayt fon effet; mais s’il
auenoit par quelque cas de mort , ou autrement, que ledit mariage ne paruint,
lefdis dot & partage feront tenus pour non faits; & feront lefdites Comtez &
Seigneuries deliurées , renduës & reftituées à mondit Sieur le Duc , au cas que
fefdits enfans foient encores en bas âge ; & lefdits enfans eftans âgez ,à mondit
Sieur le, Duc Philippes, comme heririer principal de madite Dame fa mere;
fauf à -icelle Damoifelle fa fœur fon droiét & partage annuel tel que auoir lé
deura par les Droiéts & Coûtumes defdits Pays & Seigneuries ; entendu auff
qu'en ce cas le Roy feroit entier au droit qu'il pretend efdites Villes , & Cha-
ftellenies de l’Ife, Doay, & Orchies , felon la referuation deflus-dite.
29. Item , Que le mariage parfait & confommé , s’il auient que mondit
Seigneur le Dauphin, à qui Dieu par fa grace donne bonne vie & longue ,al-
laft de vie à crépas , delaiffant , ou non, enfans de madite Damoifelle, icelle
joüyra defdits Comtez d’Artois, de Bourgongne, & autres deflus nommez,
comme de fon dot & heritages ; & auec ce aura pour fon doëaire cinquante
mil liures tournois par an, qui luy feront affignces; premierment , commen-
çant au Bow-de-Vincennes, Creil, Montargé, & autres les plus belles Places &
Demeures que l’on fçaura auifer , en Champagne, Berry ,& Touraine. .
30. Item, Au contraire, s’il auenoit qu’elle voife de vie à trépas parauanc
mondit Seigneur le Dauphin , les enfansiflus d’eux , fuccederont efdites Com-
tez & Seigneuries qui font du dot & partage d’Elle : Et s’il n’y a nuls enfans,
lefdits Comtez & Seigneuries retourneront à fes plus prochains hoirs , fauf la
limitation deflus-dite de l’Ifle, Doüay, & Orchies.
31. Item, Que foùs ombre de cette alliance de mariage, le Roy ,ne mon-
dit Seigneur le Dauphin , durant la minorité dudit Duc Philippes , ne préten-
dra auoir le gouuernement defdits pays de Brabant , Flandres , & autres ap-
partenans audit Duc, mais les laifferont en tel eftat qu'ils feront. |
32. Si le ieune Duc Philippes alloit de vie à trépas en minorité d'âge ,que
Dieu ne veüille , parquoy ire Damoifelle fuccedaft aux Duchez , Come
DVROY CHARLES VIIL 331
tez; & Seigneuries defondic frere; en ce cas le Roy & mondit Seigneur le Dau-
phin accordent que le gouuernement défdits Pays demeure en l'eftat qu'il
fera trouué, tant qu'elle fera venuë en âge ,en faifant par lefdits Pays à mon-
dir Seigneur le Dawphin au nom d’Elle, les deuoirs que ceux du pays doiuent
à leurdit Seigneur. ..
33. Item, Aufli s’il auenoit, madite Damoifelle eftant en âge & le maria-
ge confomme ,que mondie Sieur le Duc Philippes mourüût fans delaiffer hoirs
de fa chair, ou par quelque aurre cas, les Pays & Seigneuries d’iceluy mon-
dit Sieur le Duc Philippes, vinflent à madire Damoifelle fa fœur, & les hoirs
iflus d’Elle, & qu'ils one hericiers de la Couronne de France , le Roy &
mondit Seigneur le Dauphin promettront & bailleront leurs Lertres pour
eux & leurs fucceffeurs, & feront bailler par les Eftats de France à chacun
defdits Pays; & audit cas traiter lefdits Pays felon leur nature, & de les en-
tretenir en leurs anciens droits ,exemptions, vfages,coùtumes & priuileges,
& les Villes en leurs priuileges, franchife, police, & gouuernement accoû-
tumez : Et quant aux Pays qui font hors du Royaume que les Sujets d'i-
ceux ne feront traitez par appellation , ne autrement , en la Cour de Parle-
ment à Paris, grand Confeil du Roy, ne ailleurs hors defdits Pays.
34. Item, Iceux Seigneurs, leurs Pays, Seigneuries, & Sujets, | la con-”
i
feruation de la paix, amour & vnion perpetuelle, procedant dc ladite alliance
& mariage, ayderonc & aflifteront l’vn l'autre, comme amis, enuers & con-
tre tous ceux qui voudront entreprendre fur l’Eftac, & perfonnes defdits Prin-
ces , ou de l’vn d’iceux; ou auffi fur ledit Royaume, leurs Pays, Seigneuries,
& Sujets.
1482
35. Item , Reconnoiflent lefdits Duc , & eftanc au Roy la Seuueraineté Sownerainer
en la Comté de Flandres, felon ce qui a efté au temps paffé ,& promettent
queledit Duc Philippes venu en âge, y fera les foy , hommages , & deuoirs,
comme il appartient , & que l’on a accoütumé de faire ; & de ce bailleronc
Lettres mondit Sr le Duc d'Autriche, & les trois Membres de Flandres. .
36. Item, Que le Roy, de fa certaine fcience , puiffance , & authori-
té, a confirmé & confirme tous priuileges anciens , & nouueaux, accordez
& confirmez par icelle feuëé Dame auant fon mariage, & par ledit Seigneur
le Duc & Elle conftanc leur mariage , tant aux trois Membres de Flandres
en general qu’en particulier aux Villes & Communautez defdits Pays de
Flandres , Villes , & Chaftellenies de l'Zfe, Doiay , & Saintf Omer ; enfem-
ble cous les Droits , Loix , Vfages , & Coùtumes defdites Villes & Com-
munautez de Flandres, Villes & Chaftellenies de Sainéf Omer, l'Ifle , Doiay,
& Orchies. |
37. Item, Auflia lé Roy confirmé aux Manans & Habitans de la ville
d’Anuers les priuileges qu'ils ont dés predecefleurs Roys de France, pour la
franchife de la Foire d'icelle Ville. |
38. Item , Entant qu'il touche le droi& d’iffué du Royanme , impofition
foraine, & autres droits que l'on paurroit demander pour les viures , dan-
rées & marchandifes, qui feront amenées & conduites au Pays & Comté de
Flandres, Villes & Chaftcllenies de l’Ifle , Doüay, & Orchies , en fera faic
comme du temps de feu le Duc Philippes dernier, & auparauant.
39. Item, Que les appellations des Sieges de la gouuernance de l'Ifle,
Doüay, & Orchies fe releueront en la Chambre de Flandres ,comme Reflort
immediat de ladite Chambre, iront en ladire Cour de Parlement à Paris ;
& ce, tanc que lefdites Villes & Chaftellenies feront pofledées par les Com-
ecs & Comtefles de Flandres, & fous la referuation deflus dite.
40. Item, Que les appellations de Loix de Flandres , de la riuiere du Lys,
qui par moyen, ou fans moyen, fe releueront en la Cour de Parlement , {e-
ront muées & conuerties en reformation, & ce executer 1r.fuge , reparable
c ij
ds Roy en
Flandres.
332 OBSERVATIONS SVRLHISTOIRE
par diffinitiue, à caution, felon les Ordonnances, qui pour le bien & cours de
la marchandife audit Pays de Flandres, en ont efté faites au temps paffé.
41. Item, Qu'en ce Traité de Paix eft comprife la perfonne de Madame
Marguerite Duchefle de Bourgongne, veufue de feu Monfieur le Duc Charles,
& luy fera rendué la pleine ioüyflance des Terres de Chawfins, & de {a Per-
— gA riere au rachapt de vingt mil écus d'or, au pays de Bourgongne; & fur ce luy
La Perriere, v. otroycra le Roy fes Lettres patentes felon le contenu qu'elle en a defdits
p"£ 85. pré. Ducs & Duchefle ; & s’il auenoit , que Dieu ne veüille, que Monfieur le
ieune Duc allaft de vie à trépas , & qu’à ce moyen les Pays efquels madite
Dame 2 fon doüaire, & autres Terres à Elle données fa vie durant, vinffene
en la main du Roy ou de Monfeigneur le Dauphin , en ce cas promettront par
leurs Lettres laifler iouyr madite Dame de fon doüaire , & autres Terres fa
vie durant paifiblement à Elle, fans faire , ou fouffrir faire aucun empéche-
ment; & fi elle 2 meftier de l’ayde, ou non, du Roy & de mondit Seigneur
le Dauphin , iceux la conforteront en fes affaires , & ayderont comme leur
parente & Coufine ; & aufhi entretiendront à madite Dame , audit cas, les
traitez & paétions qu’elle a euës auec madite Dame d’Auftriche, pour la re-
“titution du dot & des deniers de fon mariage.
42. Item, Par cette Paix eft faite abolition generale , rapel de tous bans,
defauts, & contumaces aux Sujets d’vn party & d'autre, de quelconques cas,
delits,crimes , ou offenfes que l’on leur pourroit impofer; à fçauoir quele Roy,
de fa pleine puiffance & authorité Royale , fera & fait abolicion gencrale à
tous les Seruiteurs & Sujets tant des Pays de Bourgongne , que par decà, &
autres, qui ont tenu le party de feu Monfieur le Duc cube Mains la Du-
chefle Marie {a fille, de Monfieur le Duc & de Meflieurs fes enfans, de tous
quelconques cas commis & perpetrez depuis le commencement des guerres
audit Duc Charles , foit en ayant tenu leur party, les ayant feruy , & auoir efté
en Ambaffade pour eux en LA#gleterre, vers le Duc de Bretagne ,ou ailleurs,
ou eux auoir armé & feruy en guerre contre le Roy, confeillé , aydé, & fa-
uorifé de fait, de parole, ou par écrit, la partie & querelle d’iceux Ducs &
Ducheffe ,auoirefté contre leurs fermens , ou red Où en quelque autre
maniere que ce {oit, ou puifle eftre, auoir ofenfe , delinqué enuers le Roy,
& leur remet, quitte, & pardonne le Roy toute offenfe, & peine corporelle
& ciuile; enfemble toutes peines & amendes adiugées au temps paffé ; impo-
fanc fur ce filence perpetuel à fon Procureur, fans ce qu’il foit befoin à nuls
defdits Sujets & Seruiteurs en obtenir aucune abolition & pardon en parti-
culier : Et neantmoins ceux qui en voudront auoir Lettres , les auront fans
frais; & pareille abolition offre faire & fair mondie Sieur le Duc pour ceux
quionttenu le party du Roy : Auf pour les Manans & Habitans de la Ville,
banlicuëé, & Bailliage de $. Omer, & particulierement eft accordé par le Roy
LAbolition generale en relle façon, que pour chofe faite, dite ,ou refcrite pour
le temps paffé, l'on ne les pourra iamais redarguer en luftice, ne autrement.
43. Item, Qu'auff les Sujets & Seruiteurs d'vn party & d'autre, tant Pre-
lats, Chapitres, Conuents, Nobles, Corps de Villes, Communautez, & les
particuliers, de quelque eftat ou condition qu'ils foient , recourneront à leurs
Dignitez, ess Fiefs, Terres, Seigneuries , & autres heritages, deniers
d’heritages, rentes heritieres ,ou viageres deuës par les Princes ; comme cel-
le deuë à Monfieur de Hamez fur le Domaine d'Amiens , que par Corps de
Villes ou particuliers , à en iouyr & + depuis le iour de la Paix,
en tel eftac qu'ils les trouueront; qui € à entendre , que ceux qui retourne-
ront à leurfdits biens par cette Paix, feront renus en telle poffeilion & iouïf-
fance de leurs Dignitez, Benefices, & autres biens, qu'ils eftoient parauant
l'empéchement furuenu, à caufe de la guerre ,fans'ce que l’on leur peut ob-
jicer interru ption de poffefion , ou prefcription pour le temps que la guerre
1482.
_
DV ROÔY CHARLES VIII. 333
a duré depuis qu’elle commença du temps dudit feu Duc Charles ; & cenon-
obftant quelconques dons ou difpofitions à temps, ou à toûjours faits au con-
traire par le Roy en fon party , ou par mefdics Sieurs les Ducs ou leurs fuc-
ceffeurs nonobftant quelcoriques Declarations de confifcations, de Sentences
ou Arrefts obtenus par contumaces, qui d’vn party & d’autre pour le bien de
cette Paix , feront mis au neant & declarez nuls; nonobftant auf quelcon-
ques venditions d'iceux heritages, ou rachapts defdires rentés faits durant
la guerre par ceux ,ou à ceux qui ont eù don defdits heritages & rentes.
44. Item, Si aucuns heritages ou rentes ont efté venduëéspar Decret pour
debres, hypotheques dont les debtes fuflenc en party contraire , lefdits de-
biteurs , ou leurs heritiers, pourront retourner incontinent aprés ladire Paix
A e . e . L
à leur en de ainfi vendus , en fatisfaifant en dedans l’an , du deub, pour
lefquels ils feroient vendus tant feulement ; & s’ils n’auoientfatisfait en de-
dans ledit temps , le Decret demeurera en fa force , & retournera de plein :
droit ledit-acheteur en fa pofleffion : Mais fi le proprietaire vouloit debatre
ou foûtenir contre la debte, il y fera receü en PT. hares des deniers ,com-
me s’il eüc efté prefent; fi toutesfois par ladite adiudication de Decrets au-
cunes rentes auoient eftc foupites, icelles feront du iour de cette Paix remi-
fes en leur cours comme parauant ladite adiudication.
45. Item, Aufli fi les debtes, pour lepayement defquelles l’on auoit pro-
cede à vendre les herirages de celuy , ou ceux qui eftoienten party contraire,
cftoient pures dr ,non hypoteques, defquelles eût efté fait don par
recompenfe ou party , où leur debireur eftoit demeurant , iceluy debiteur
retournera à fon heritage ainfi vendu, fans reftituer les deniers principaux,
ne autres chofes à l’acheteur defdits heritages ou à fon ayant caufc.
46. Item , En toutes autres matieres Ecclefiaftiques & profanes où font
données quelques defauts ou contumaces contre eux, eltans au party con-
traire , ils fe pourront iugér en dedans l’an contre qui qu'ils foient obrenus.
47. Item , Les Sujets d’vn côté ou d’autre retourneront à leurs biens &
immeubles, à fçauoir, tant ceux dont ils ioüyfloient auant les diuifions com-
mencées du temps du feu Duc Charles, que ceux qui depuis leur font fuc-
cedez & écheûs; fuppofé ores que le trépas de celuy duquel viendroient lef-
dits biens ,fücauenu, & que lefdits biens foient fituez au party contraire,
auquel s’eît cenu fon plus prochain heritier; fans que l’on peüt objicer à l’he-
ricier, que fon predeceffeur foit mort ennemy du Prince fous lequel il auoit
fes biens , ou en feruice de guerre contre luy, ou audit héritier qu’il foit in-
habile à fucceder , parce qu’il auroit tenu party contraire du :lieu où lefdits
biens font écheüs. | |
43. Item , Et quant aux fruits & leuées des heritages & rentes, tout ce
qui efi donne & leué depuis le commencement des diuifions du Duc Char-
les iufques au iour de la Paix par mandement des Princes , leurs Lieute-
nans ou Commis, demeurera leué & donné; & n’en pourra iamais eftre fait
pourfuites contre les Commiflaires qui s’en font entremis , ne ceux qui
les ont receüs , ou qui en ont profité , ne aufli contre ceux qui les ont
payez & contentez : Et quant aux arrerages des rentes & cenfes dont les
termes font écheüs , ou pour pied coupé , que encor ne font leuez afin d’o-
fter toutes matieres de procés, ils demeureront à ceux qui en ont le don des
Princes. |
49. Item, Pareillement, toutes debtes perfonnelles données par les Prin-
ces,ou leurs Lieutenans, fuppofé, que rien ne foit leué, demeurent au pro-
fic de celuy ou ceux qui en auront le don ; & quant à toutes autres chofes
mobiliaires, quelque don que en ayt.efté fait , fi elles n’ont efté leuées, ou
qu’il n’en foit procés; ce qui fe trouuera en eftre vi la Paix publice , ap-
partiendra à celuy ou ceux aufquels lefdics biens eftoient auparauant la guer-
Tt y)
1482.
;
:
I 48 2.
# Marle
334 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
re , & les pourront prendre & leuer par tout où ils es trouueront , fans ce
que on leur puifle donner aucun contredit ou empéchement pour quelcon-
que caufe que ce foit. | Sn
so. Item , Semblablement eft accordé pour lefdits de Sainéf Omer, que
pour quelconque recompenfe receué , remiflion , quittance obtenuë par le
Corps de la Ville , & aufli par les particuliers Bourgeois , Manans & Habi-
tans d’icelle Ville ,banlieué, & Bailliage, de quelque eftatou condition qu'ils
{oient , ils en demeureront déchargez , & n'en pourra contre eux eftre faic
pourfuite. _ | |
sr. Jtem, Que fous la generalité de ce Traité mondic Sr le Duc d’Au-
triche & fefdits enfans font & demeurent quittes & déchargez de toutes
debtes qu’ils peuuent deuoir à ceux qui ont tenu ee àeux contraire , & nefe-
ront lefdits creanciers pour quelque caufe quefefdits procedent, eftre iamais
receûs à en faire pourfuites contre mondit 5" le Duc, mefdits Sieurs fes en-
fans , ou leurs biens , fauf couvesfois des rentes & penfions à venir , qui fe
payeront de ce iour en autre. |
s2. Item, Que pour retourner à ce fien , l'on ne fera tenu de faire aucun
ferment au Prince ou Seigneur fous qui lefdits biens fonc, fauf les Fieftez &
Vaflaux , qui feront tenus de faire ferment de fidelité pour leurs Fiefs ; le-
quel ferment fe pourra encor faire par Procureur ,ayant pouuoir fpecial.
53. Jtem, Sut ce que les Ambafladeurs de mondit S° le Duc & des Eftats
de fes Pays ont requis ,que Madame veufue de Meflire Pierre de Luxembourg,
& Damoifelles Marie & Françoife {es filles retournent à leurs biens, cant ceux
dont ont iouy en leur viuant Meïlire Lowys de Luxembourg Comte de Sainif
Paul, Madame Jeanne de Bar fa femme , Meflire Jean de Luxembourz Comte
de Merle * leur fils aifné , & ledit Meflire Pierre de Luxembourg ; & ce non-
obftant quelconques Arrefts, Sentences, Declarations de confifcation , & for-
clüfion de Fréues faites par cy-deuant ; & pareillement Monfieur de Croy
Comte de Porcies, pour lequel ils ont requis qu'il retourne en fes biens, Ter-
rés, & Seigneuries, dont feu Monfieur de Crey fon pere 8& Madame Margue-
rite de Lorraine fa mere ont efté iouyflans ; & nommément à la Comté de
Porcien , les Greniers à Sel du Chafteau de Cambar/oy , Montcornet , & autres
appendances dudit Comté , à la Seigneurie de Bar-fur-Aube , & autres Ter-
res en Picardie, ladite Veufue, & enfans dudit feu Meffire Pierre de Luxem-
bourg , & ledit Sieur de Croy iouïiront du benefice de la Paix, fauf qu’ils ne
retourneront prefentement à leurs biens, & pourront pourfuiure leur cas de-
uers le Roy quand bon leur femblera.
sa. Item, Quant à ce que lefdits Ambaffadeurs ont requis , que le Roy
fafle rendre & reftituer à Monfieur le Comte de Romont fa Comté de Ro-
mont , fon pays de Faux , & autres Terres & Seigneuries qui luy appartiennent
au pays de Sasoye à caufe de fon partage; lefdices Terres ne font point en la
pofleffion du Roy, ne d’autres de fa fujettion ; & quand ledit Seigneur
de Romont voudra faire diligence à les recouurer ; le Roy en ce le fauorifera.
ss. tem, Touchant les Princes & Princefles d'Orange ,le Comte de 10igny,
Liepart de Chalon Sieur de Lorme , Meflire Gwilaume de la Baume Seigneur du
Laim , Meflire Claude de Thoulongeon Sieur de la Baffye , pour lefquels lefdits
Ambafñfadeurs ont femblablement requis ,qu'ils foient compris en cette Paix,
a efté répondu, qu'ils y font compris, & retourneront à leurs biens où qu’ils
foient , tant au Royaume qu’au Dauphiné & Comté de Bourgongne , fous
la generalité comme les autres. | —
56. Item , Parcillement les Religieux , Abbé , & Conuent d’A4chis, font
compris en la generalité du Retour au fien , tant pour les biens de l'Abbé,
comme du Conuent, & en auront les deffus nommez , & autres, Lettres par-
ticulieres, fi auoirles veulent. |
DV ROY CHARLES VIII 335
s7. Item , Semblablement les Religieux de l’Eglife & Abbaye de Saisér
Was d'Arre , qui fe font tenus en l’obeiflance de mondit S' le Duc d’Auftri-
che, pour lefquels lefdits Ambaffadeurs ont fait requefte, pourront retourner
à leur-dite L4bbaye, G° viure des biens d’icelle.
58. Ztem, Sur ce que lefdits Ambafladeurs requierent , que les Habirans
de la ville de Franchife alias C4rræ, qui fonc efpars & retraits en diuerslieux,
tant en l’obeïffance du Roy, qu’en l’obeïflance de mondit S' le Duc, puiffent
franchement retourner à leurs maifons & habitations, faire leurs Marchandifes,
Meftiers, & Stiles, comme ils faifoient deuant la guerre, fans ce que decho-
fe faite ou auenué en temps paflé depuis le commencement defdites diui:
fions l’on leur puiffe rien impofer ; l’on entend par ce Traité, que ceux
de ladite Ville qui font retraits €s Pays dudit Duc d’Auftriche, retourne
ront à leurs biens fous la generalité de vous les autres , & pourront aller,
conuerfer , & demeurer en ladite Ville, & y faire leurs Marchandifes & Me-
ftiers, & és autres lieux du Royaume; & quant aux autres Habitans, qui font
demeurez en l’obeiffance du Roy, l’on y a dés-ja pourueü.
s9. Item , Les hericiers de ceux qui ont efté executez & mis à mort pour
caufe de la guerre , & pour auoir tenu le party, & adheré à autres qu’à celuy
où ils eftoicnt demeurans , retourneront à leurs biens qu’ils trouueront en n2-
ture, & fuccederont; & aufli les veufues defdits executez , à leurs droids &
doüaires, fi n’eftoit que telles executions ayent efté faites par procés & Iu-
ges ordinaires. _.
Go. Item , Pour auoir la iouyflance du fien , l’on ne fera tenu venir ou
faire refidence en l’vn ou l’autre defdites parties ; mais iouyront ceux qui fonc
du party du Roy, des biens qu'ils ont és Pays de mondic Sfle Duc, & Mef-
fieurs fes enfans; & pareillement ceux qui font demeurans en pays & obeïf-
fance de mondit S' le Duc, tant lefdits fufnommez qu’autres , de quelque
eftac ou condition qu’ils foienc , des partys de Bourgongne , & des Pays de
par decà, iouyront des biens à eux appartenans, ou qui leur auiendront , au
party ou obeïfflance du Roy & de mondit Seigneur le Dauphin , fans qu’ils
foient contraints venir demeurer & refider fur lefdits biens. |
61. Item, Sur ce que lefdits Ambafladeurs ont remonftré, que pour re-
foudre le Pays & Comté d'Artois , il plaife au Roy confentir & accorder
que la ville de Franchife alias Arras, Aire, Lens, Bapaume, Bethune, les Villa-
ges defditslieux , & la Chaftellenie de Liliers, & leurs enclauemens , foient
tenus quittes & paifbles de l’Ayde ordinaire d’Arthoi ces premiers douze ans,
& que nul autre Ayde,ne Taille extraordinaire ne foit leuée ce temps pen-
dant ; & pareillement de tous les arrerages dudit Ayde ordinaire du temps
paité , afin que les Habitans defdites Villes & Bailliages , qui la plufpart font
inhabitées ; & au plaifir de Dieu la Paix faite, fe repeupleront, n’en puiffent
eftre pourfuiuis , mais en foient quittes & déchargez : le Roy a quitté tous
lefdites Aydes pour le temps paffe aux Villages inhabitez , & ceux qui ont
delaifé à payer à caufe dela guerre; & auffi afin qu’ils fe puiflent mieux re-
foudre & labourer , il les tiendra quitres de leurs portions d’Aydes l’efpace
de fix ans , à compter du iour d’icelle Paix : Pource que defunte Madame
d'Auftriche ,aprés qu’elle fut venuë à la Seigneurie, elle iouyfloit de la Comte
d’Artois ,au moins de la ville de Franchifealiàs LArræ, a confenty & oëtroyé
à ceux de la ville de Doay pour les Bourgeois, Manans & Habitans , bonnes
Maifons & Hofpitaux de ladite Ville, qu'ils fuflenc & demeurent quittes,
exempts & affranchis de payer Tailles audit pays d’Artois pour les heritages
qu'ils ontillec , donc ils ont Lettres par forme de Chartes en lacs de cire
verte , le Roy à la requefte defdits Ambaffadeurs , tant pour luy que pour
mondit Seigneur le Dauphin , conformera & otroyera de nouuel lefdits Pri-
uileges, |
14821.
a ee
— me
1482.
336 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
62. Item, Que ceux qui rerourneront à leurs biens par la Paixne feront,
ne aufli leurs heritages , pourfuiuibles de rentes foncieres & furcens pour
le temps de la guerre , mais feront tenus les décharger ceux qui en auront
iouy par recompenfe; & fi ce fonc heritages qui pour caufe des guerres ayent
efté ruinez & fans labour, ils demeureront déchargez defdites rentes & fur-
cens pour le temps qu’ils n’ont efté labourez iufques au iour de Noël, in-
ftanc & inclus; mais dudit jour en auant , foit que l’on les laboure ou non, les
rentes & furcens fe payeront.
63. Item, Pour ce aufli que plufieurs foütiendront, qu’ils feront tenus en-
treren la iouyffance des biens , fiefs, & heritages à eux auenus durant la guer-
re, faire & payer les reliefs , & autres deuoirs, aux Seigneurs de qui lefdits
fiefs & heritages feront tenus : confenty & accordé eft, que ceux qui doiuenc
faire lefdits deuoirs auront terme & induce de trois mois du iour & date de
la Paix, pour faire lefdits deuoirs ; en faifant lefquels ,ils 1ouyront de ce qui
fera écheù le iour & dare de certe dite Paix , fans auoir égard à ce que lef-
dits reliefs & deuoiis ne foient encores faits.
_ 64. Item, Que les Nobles &.Fieffez defdits Pays de mondic S' le Duc
d'Autriche, & de mondit S'le Duc Philippes fon fils, qui auront Seigneuries,
&c Fiefs au Royaume, ne feront contraints à feruir que fous mefdirs Sieurs ou
leurs Lieutenans ,ou Commis; en cas qu'ils, ou l’vn d'eux, foient au feruice
du Roy; & fi mefdits Sieurs ,ou l’vn d'eux n’eftoient en perfonne audit fer-
uice, lefdits Fieffez ne feront contraints deferuir en perfonne, mais pourront
fairé feruir par autruy , felon la valeur de leurs Ficfs. |
65. Item, Les Sentences & appointemens rendus au grand Confeil de feu
Meilieurs les Ducs Philippes, Charles, & Duchefle, & Monfieur le Duc pre-
fenc,& aufi en la Cour qui s’eft tenuë à Malines, d’entre les Sujets d’iceux
Ducs & Ducheffe, ou pour heritages , contra®s , clameurs , arrefts ou fuccef-
fions de biens lors à eux fujets, fortiront leur effet, pourueù que lefdits cens
ne touchent direétement le droit du Roy , ou qu’il n'en y eüt queftion en
la Cour de Parlement à Paris , ou autre Cour Souueraine , où le Procureur
du Roy fuft adjoint auec la partie.
66. Item ,Que les caufes & procés par cy-deuant introduits efdits grand
Confeil, & Cour de Malines , qui encores ne font décifes , du pays d’Ar-
tois, des reflorts & enclauemens d’iceluy, & des terres fur la riuiere de Som-
me ; qui lors cenoient le party de feu le Duc Charles , tant celle de la pre-
miere Inftance , qu’en cas k appel ; & femblablement les appellations de bou-
che ou par écric , & mifes de la Chambre de Flandres , releuées en ladite
Cour de Malines audit grand Confeil , feront renuoyces en l’eftat qu'elles
font en la Cour de Parlement à Paris ; & y pourront ceux qui voudront
pourfuiure leur droit , faire affigner iour à leurs parties aduerfes ; & feront
lefdirs procés receüs, à fçauoir ceux qui font conclusen Droit, pour les iu-
ger & décider à fin deuë ,& les autres pour les parfaire & inftruire, & y pro-
ceder par les parties felon les retraits & derniers appointemens. |
67. Item, Pareillementles Amortifflemens , Compofitions, nouueaux Ac-
quefts, & Annobliffemens faits parlefdits Ducs & Ducheffe demeureront en va-
leur , & fortiront leurs effets, en prenant par les Sujets du pays d'Artois nou-
uelles Lettres d’annobliffement , lefquelles leur feront baillées fans frais , &
: fans forme de finance; ou s’ils n’en obtiennent aucunes Lettres, fe pourront
ayder de ce prefent Traité.
68. Item , Aufli les LAbolitions , Remifes , & Pardons faits & baitlez par
Monfieur le Duc Charles, Madamoifctle fà fille , & par mondit Sieur le
Duc d’Auftriche & Elle, depuis fon mariage ,aux Villes & Communautez,
& aufli aux particuliers de leur pays de Flandres, l'Ile, Doüay, Arroë, & de
Bowrgengne , feront entretenus , en prenant par les Sujets d'Artois Lettres,
comme
DVROY CHARLES VIII : .
comme en l'article précedent ; & ne fera nul receü à faire le procés pour
reparation de mort, ou d’autres iniures contre les Corps & particuliers def-
dites Villes. & Communautez, pour les cas contenus efdires abolitions.
69. Item, Que pour Le remps à venir eft confenty par ces TFraitez de Paix
que les Bourgeois, Mayans & Habitans és Villes & Pays defrontieres defdits
Ducs d’Auftriche & fes enfans , & autres eftans fujets à la Couronne, adiour-
nez à comparoir en perfonne en ladite Caur de Parlement ,ou pardeuant au-
tres Juges Royaux, pour quelconque cas qu’on voudra dire auoir efté par eux
commis , feront receüs à comparoir par Procureurs , nonobftant \efdirs ad-
journemens perfonnels , durane le cemps & efpace de la minorité de madite
Damoifelle : Et pareillement eft acçardé pour les Habicans de Jadite Ville,
banlieuëé ,& Bailliage de Ssénéf Omer. | | RE
70. Item, Que pour les dignitez aufquelles les Sujets , & tenans le party
1482.
de mondit Sieur le Duc , ont efté pourueüs par éleétions , graçes expeétati-
ues , ou autres Prouifions de Cour de Rome , Benefices donnez par ledit
Duc Charles, par feuëé madice Dame auant fon mariage; & depuis par mondic
Sieur le Duc & Elle, confiant leur mariage & leur patronnage ; & aufli par les
Collateurs tenans leur patty ,ou qui ont efté acceptez par lefdites graces expe-
datiues ,ouautres Prouifions de Cour de Rome, les poflefleurs & ceux quiaine
fiont efté pourueüs, ne pourront eftre inquietez ou erauailleg pour icelles di-
gnitez,ou Benefices fous couleur de /4 Pragmatique, ou quelques autres cas,
Ordonnances, ou defenfes, Loix, Statuts faits au Royaume en petitoireny en
poflefloire;. & fi aucun Competiteur feapparoifloit ,les pourfuites s'en feront
pardeuant luges communs, en pays dudit Duc d'Auftriche; & ne pourront lef-
. ‘dits Sujets eftre craitez au dehors fous ombre def priuileges des Eftudians és
Vhiuerfitez de Paris, Orleans, ou ailleurs. | L
71. Item, En icelle Paix font compris les Villes , Bailliage de Towrney ,
Towrnefis , Sainéf Amant,& Mortagne , & les Sujets & Habitans d'icelles, & en
iouyront entierement comme les autres Pays, Villes, & Sujets du Roy.
72. Item , Et fi le Roy , ou autre ayant caufe de’ luy , tient aucune Plai
ce, Forts, ou non Forts en la Duché Eh Luxembourg , 8 Comté de Chiez*,
clles feront renduës & reftituées audit Duc d’Auftriche & Phélippes {on fils,
ou aux Sujets aufquels elles appartiennent , nonobftant quelconques dons
faits par le Roy, lefquels il reuoque. .
73. Item, Les Maifons de Flandres à Paris & Conflans feront renduésau-
dit Duc d’Auftriche & à fon fils, & la Maifon d'Artois audit lieu de Paris
demeurera à madite Damoifelle : Et fur ce que lefdirs Ambañladeurs ont re-
monftré , que feuëé Madame la Duchefle, pour confideration des loyaux fer-
uices que luy auoient fait Monfieur le Prince d'Orange , & proximité de li-
gnage de madite Dame & de Madamoifelle la Princefle ,luy donna les Sei-
gneuries de Chaffeasbelin,Orgelet, & autres contenuës és Lettres de don, fituées
au Comté de Bourgongne, lefquelles font anciennement partie de la Maifon
de Chälons , dont mondit Sieur le Prince eft Chef; requerant iceux Ambaf-
fadeurs qu’il pleuit au Roy, au nom de mondit Seigneur le Dauphin , con-
fentir & accorder que ledit don demeure valable ; confideré que quand il a
efté fait, madite Dame eftoit Dame & en poffeflion de ladite Comté; le Roy
: {çaic que c'eft , & l'en pourront lefdits Princes & Princefles faire in-
former.
74. Item , La remonftrance que lefdits Ambafladeurs d’Auftriche ,& des
Eftats dudit Pays ont fait, que pour l’entrecours de marchandifes , commu-
nication des Suiets d’vn party & d'autre, & foulagement des frontieres ; auffi
afin qu’il ne leur faille tenir garnifon fur Îes frontieres le plaifir du Roy foit
qu’aprés que madite Damoifelle fera amenée & deliurée entre fes mains-pour
mondit Seigneur le Dauphin , faire parcir les Genfdarmes des jus le
u
* Cheny ou
SG
14982.
* Treucs
# Artice 1.
338 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
Roy fera partir les garnifons de toutés lefdires Places , comme Less, l'Efclufe,
& autres femblables : Et quant à ceux qui feront ordonnez pour la garde des
grandes Villes fur les frontieres, à fçauoir CArræ, Bethune , CAire, Theroüan-
ne, Hefdin, Sainét- Paul, Gayfe, C Saintt- Quentin , il lès diminuëra , & met-
tra regle en telle façon:, que mondit Sieur le Duc, & ceux des Eftars , &
Pays qui fonc cette Requefte, auront caufe d’eftie contens.
75. Item, Sur ce que lefdits Ambafladeurs ont requis , que pour certains
regards & confiderations qu’ils ontremonftré au gens du Roy , que fon plaifir
foit comprendre en cedir Traité de Paix le Roy d'Angleterre, & le Duc de
Bretagne; a efté répondu, que les Anglois font en. Trêue auec le Roy , &
que ce Traité ne leur touche de rien; & quant au Duc de Bretagne le Roy
n’y a point de guerre, & a paix finale & ferment entre le Roy & luy ,que le
Roy de fa part veut entretenir.
76. Item , Sur ce que lefdits Ambaffadeurs ont requis , que le plaifir du
Roy foit declarer par cette Paix , qu’il ne fera, ne fouffrira bailler par quel:
rt direéte ou indirecte, aucun ayde , fecours , ou afliftance de gens ou
argent à Meflire Guillaume d’Aremberc & Liégres adherans à luy., faifant
guerre au Pays & Duché de Brabant, ne à ceux de Cleses & de la Cité de
Trefihe* , faifant guerre contre ceux de Gweldres & de Hollande; & mefme:
ment , que fon bon plaifr foit, mettre hors de fon feruice, & abandonner
ledic Meflire Gwillaume; a efté répondu ; qu’en enfuiuanclarticle* cy-deflus,
faifant mention des amitiez & alliances , le Roy , la Paix faite , afiftera &
aydera à mondit Sieur, à ceux de Brabant , & autres des Pays dudie Duc
contre tous ceux qui leur voudront nuire. | |
77. Item, Que-pour feureté des Pays & Suiets d’vne part & d'autre , qui
fonc fur la cofte de la Mer en bonne uit , en façon que les Suiets d’vne
part & d'autre y pourront feurementlabourer; & eux y tenir pour pefcher ,ou
quelque autre negotiation faire, & aufli pourront feurement& fauuemental-
ler, venir , hanter, frequenter à cout leurs nauires, denrées , & marchandifes, par
€
. ladite Mer& par Eaué douce du Royaume, és Pays & Seigneuries de.mondit
Sieurle Duc & de Meflieurs fes enfans, audit Royaume de France, & autres
Pays & Royaumes, feiourner, demeurer és Portes, Ports & Havres en aucun
defdits Pays, & eux en partir à tout leurfdits nauires, viures, &marchandifes à
leur plaifir & volonté, fans ce que aux Suiets du Roy foit fairaucune offenfe, dé-
ssl ,ou empéchemens par les Officiers & Suiets dudit Duc d’Auftriche,
ny aux Suiets d’iceluy Duc parles Officiers & Sujets dudit Royaume ; ainçois
feront léfdits Officiers & Suiets toute amitié ,ayde, & affiftance l’vn à l’autre.
78. Item, Encores eft confenty, fi aucunes prifes ou détrouffes fe faifoient
en la Mer en aucuns Ports ou Havres d’iceluy , depuis la publication de la
Paix; en ce cas , le cout fera entierement rendu & reftitué à celuy ,ou ceux,
fur lefquels ladite prife fera faite , nonobftant que les Facteurs ou Preneurs
ne fuflent auertis de ladite publication ; & fera chacun de fa part inconti-
nent ladite publication faite , auertir ceux de fon party , afin de faire ceffer par
ladite Mer ,comme par la Terre, tous exploits de guerre.
/
79. Item, S'il âuenoit aprés ladite Paix publice, que aucuns malfaiéteurs
- feretinflenten vn party ou l’autre pour eux garentir ,ayant commis quelques
delicts , ceux du party où ils auront delinqué en feront l'information ; & ce
fait, en auertiront les prochains Iuges du lieu où l’on apprendra qu’ils feront
refugiez , lefquels feront tenus prendre & apprehender lefdits delinquans fi
faire fe peut, ou auertir les autres Iuges fous lefquels ils entendroient eftre
lefdits malfaiéteurs, pour par eux les prendre & punir felon l'exigence des cas,
ou les rendre aux luges du party fous qui les delits auroient efté commis. .
80. Item’, Pareillement les infrateurs & violateurs de cette Paix, fi au-
cuns s’en trouuent, de quelque party ,eftat ou condition qu'ils foienc, feront
‘
_. DV'ROY CHARLES VIIT.. 339
punis fans deporc ou diflimulation des peines ordonnées de droit, à l'exem-
ple de rous autres en lieux où ils feront trouuez & apprehendez, fans en fai-
re auCuR renuoy ; & fi aucuns pour eux cuider fauuer s'abfentent ou refugient
d'vn party à l’autre , l’on fera cenu-au party où ils feront refugiez les pren-
dre &-apprehender , .& fur les affirmations qui feront renuoÿces du party
dont ils feront abfencez en faire ka Juftice. ES
81. Item, Et neantmoins , fi à celle Paix eftoir cy-aprés contreuenant, que
Dieu ne veuille, en‘ auduns de fés Points ,‘vn ou plufeurs, par qui que ce
foit, pourtant ne fera-r'elle tenuë ne reputée eftreenfraiate, mais fera incon-
tinent les entre-faites ,reparée; &: {ous couleur d'aucune enfraince , ou de la
juftice & reparation non fake , l'on ne pourra proϾder par voye de fait ou
| Couruange, marque du côntremdrque, ny retourner à la guerre, que premie-
rement les Ambaffadeurs du Roy & de mondit Sieur le Duc, Monfeut le
Duc Philippes fon fils,&c des Eftats de leurs Pays n'ayent epfemble parlement,
attendu les debats & difcords qui feront , pour les appaifer atmiablement, fi
faire fe peut. | sn
82. Item, Que fi par ce prefenc Traité le Roy, mendit Seigneur le Dau-
phin d'vne part, & mondict Sieur le Duc , & Monfour le Duc Phihippes fon
fils d'autre, demeurent entiers en autres chofes noncomprifes en iceluy , pour
les pouuoir demander & pourfuiure par luftice, & non autrement. .…
83. Item , Madite Damoifelle amenée en la ville de l’Ifle ou Doiuy,
prealablement & auant qu'elle foit amenée en la ville d'Arras aliàs Franchife,
& deliurée és mains du Roy, feront faites & baillées aufdits Ducs & Eftars
pour l’entrecenement & accompliffement de ce que dir eft, les. Scellez,
Promeffes, & feuretez qui s’enfuiuent; Que s’il auenoit, que Dicu ne veuil-
le, que madice Damoifrle venuë en âge , mondit Seigneur le Dauphin ne
voulfif proceder au parfait ou confommation dudit mariage , ou que ledit
mariage rompift par le Roy, meondit Seigneur le Dauphin, ou autre de leur
part, durant la minorité de ladite Damoifelle ,ou aprés, en ce cas madite Da-
moifclle fera aux dépens du Roy ou de mondit Seigneur le Dauphin, ren-
duë ,remife *, & reftiuée à mondit Sieurle Duc fon pere, ou à Monfieur le x ces srrins
Duc Philipes fon frere franchement & liurément déchargée de tous liens de #épwis de la for.
1482.
te, çe mariage
mariage, & de toutes autres obligations, en l’vne des bonnes Villes des Pays pnses jo
de Brabant, Flandres, Hainaut, en lieu feur eftans lors de l’obeïflance d’iceux «ft, comme il
Ducs ; & audit cas, le Roy pour luy, mondit Seigneur le Dauphin, & leurs Fu 7
fuccefleurs en la Couronne , fe foûmettront & psomettront dés maintenant , *
pour lors, de eux départir de la détention & occupation des Pays & Comté
d'Artois , & de Bourgongne, Charolois , Mafconnois , Auxerrois, Scigneu-
ries de Salins, Bar-fur-Seine, & de Noyers ; & d’iceux audit cas, Duo
& laifferonc iouyr Monfeur le Duc ,au nom de mondit Sieur le Duc Philippes
fon fils, eftant en bas âge, & iceluy mondit Sieur le Duc Philigpes venu en
âge comme fon vray & ancien hericage , fauf.& referué feulement au Roy
& à fes fuccefleurs le Réflort, Souueraineté, & Droits qui en dépendent.
84. Jtem , Et parcillement , au cas fufdit de la rupture d’iceluy mariage,
le Roy, pour luy & fefdits fuccefleurs Roys de France, renoncera, & renon-
ceau rachapr des Villes 8& Chaftellenies de l’Ife, Doay , & Orchies, & con-
fentira qu’elles demeurent à perpétuité aux Comtes & Comtelles de Flan-
dres; fans que audit cas foit plus auant enquis ne connu du droit prétendu
par le Roy efdites Comtez & Scigneuries deflus-dires , ne parcillement ef-
dites crois Villes & Chaftellenies par rachapt, ne autrement. - . .
85. Item , Que le Roy pour luy, mondic Seigneur le Dauphin, & fefdits
fuccefleurs Roys de France , par fes Lettres patentes en lacs de foye de cire
verte, confentira ; ratiffers, approuuera, & confirmera tous.les poinéts & arti-
cles cy-deflus declarez ,& en parole de Roy les proméettra entretenir, garder
Vu :ij
1482.
* Les Roys de
France ne peu-
sent effre con-
traints par
Cenfures.
* le bois
* Fninerfité de
Pari,
340 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
& obferuer ; & pour l’obferuation d’iceux foùmettra fa Perfonne , celle de
mondit Seigneur le Dauphin, & fon Royaume, à toutes coérétions & cenfu-
res Ecclefiaitiques , nonobftant le priuilege qu'il a de non | ue eftre , &
pareillement fon Royaume abftraints & contraints * par cenfures.
86. Item, Mondit Sieur le Duc , pour luy & Monfieur le Duc Philippes
fon fils , & aufh les Eftats des Pays, eu & feront de leur part pareille con-
firmation & ratification de ce prefenc Traité fur cenfures, & en toutes autres
telles forme & maniere que le Roy, Monfeigneur le Dauphin, leurs gens,
& Commis le requerront. 1e
87. Item , Que encores le Roy & mondit Seigneur le Dauphin , authorifé
& difpenfé de fon ieune âge ,en la prefence des Ambafladeurs & Commis de
mondit Sieur le Duc ; & iceluy Monfeur le Duc en la prefence des Am-
bafladeurs & Commis de par le Roy , iureront folemnellement fur le pre-
cieux Corps de noftre Seigneur , fur le fuft * de la vraye Croix , Canon de
la Meffe , ou fain&s Euangiles , entrerenir ce prefenc Traité de Paix & de
Mariage en fes poinéts & articles, & non iamais aller , ne fouffrir eftre allé
au contraire, par quelque voye & moyen que ce {oit.
83. Item , Que pour plus grande feureté , ce prefent Traité de Paix fera
entheriné , regiitré, & verifié en la prefence & du confentement du Pro-
cureur du Roy en la Cour de Parlement de Paris, Chambre des Comptes,
& du Trefor. |
89. Item, Ec fe fera le Roy bailler & dépefcher Lettres par les trois Eftars
de fon Royaume , lefquels promettront, & par ordonnance & commandement
du Roy, s'obligeront d’entrecenir cedit Traité , & tous les points & articles
y contenus; & s’il auenoit, que Dieu ne doint , que le Roy ou mondit Sei-
gneur le Dauphin, ou leurs fucceffeurs + de France, y contreuinflent;en
ce cas, ils ne les ayderont , affifteront, & fauoriferont, ainçois au contraire,
porteront route ayde,faueutr & affiftance à mondit S'le Duc , à fon fils, & à {es
Pays pour l’entretenement dudit Traité; & outre ce, fera le Roy bailler à mon-
dit Sfle Duc, & aux Eftats de fes Pays les Lertres & Seellezen particulier des
Meffieurs les Ducs d’Orleans,d’Angoulefme,de Bourbon, Cardinal de Lion,du
Comte de Neuers, de Monfieur de Beaujeu & de Vendofme, comme Princes
du Sang fubrogez au lieu des Pairs, dns ar & Duc de Reims , des Euef-
ques & Duics de Laon & de Langres,& des Euefques & Comtes de Noyon, Chä-
lons, Beauuais Pairs de France, de l’Vniuerfite * de Paris, & des Villes, Ci-
cez, & Communautez de Paris, Roüen , & Orleans, Tournay, Lion, Troyes,
Bourdeaux, la Rochelle Angers, Poictiers, Touloufe, Reims, Amiens, Ab-
beuille, Montreüil, Sain& Quentin, Peronne, Franchife aliàs Arre, Hefdin,
Theroüenne, Aire, Bethune, Boulongne, Salins, Dole , Poligny, Arbois,
Prelats & Nobles defdits Comtez d'Artois & de Bourgongne; tous lefquels
promettront par leurs Lettres & Seellez entretenir ledit Traité en tous fes
points & articles y eftans, & fpecialement en ce qu'il touche , que parmon-
dit Seigneur le Dauphin fera procedé au parfait du mariage de luy, & de
madie Damoifelle ,icelle venué en âge, & que iamais ne fe confentironten
autre mariage; & au cas que ledit mariage ne paruint, de rendre madite Da-
moifelle franche, libre, & déchargée de tous liens de mariage, & autres obli-:
gations , en la puiffance dudit Duc d’Auftriche fon pere , felon l’article
deflus touché , de ce faifant mention ; & pareillement les articlés qui tou-
chent lareftitution des Comtez & Seigneuries baïllées en dot à ladite Da-
moifelle, au cas que ledit mariage ne paruint , & que icelles écheuflent à
retour fur mondit Sieur le Duc Philippes , ou fes hoirs; & encor que mon-
dit Seigneur le Dauphin & madite Damoifelle ne pretendront , ne querel-
leront jamais autre droit , fi de nouuelle fucceflion n’échet en Pays & Sei-
gneuries venans de madite Dame la Duchefle Marie ; aufli entant que tou-
DV ROY CHARLES VIII. 341
che ce poin® & article, que fi par faute d’hoire iflu de mondit Sieur le Due
Philippes , les Pays de Brabant, de Flandres, Hainaut, Holande , Zelande,
&c autres qui luy appartiennent fuctedaflenc fur madite Damoifelle , ou fes
hoirs iflus d'elle heritiers de 13 Coùronne , que le Roy les traitera en leur an-
cienne nature , fans de rien les déregler, comme il eft contenu cy-deflus; &
encor que de la part du Roy , de mondit Seigneur le Dauphin ,ouautre de pär
eux, ne fera faire aucune entreprife ou pratiqueau contraire du Traité & feu-
retez accordées aux trois Eftats de la ville de $. Omer, durant le cemps de la
minorité de madite Damoifelle, & qu’en ce ils les ayderonc & aflifteront par
effet, & generalement de ayder &affifter à l’entrerenement de tous les autres
points & articles cy-deflus fpecifiez & contenus audit Traité ; & que s’il
aucnoit que de la parc du Roy, & demondit Seigneur le Dauphin y eütaucu-
ne enfrainte ou contrauention, de ,en ce cas, eftre aydans & confortans mondit
Sieur le Duc, Monfeur le Duc Philippes fon fils, & leurs Pays; & à cetrefin, le
Roy dés maintenant leur accorde & ordonne audit cas ainfi le faire, & les a
déchargez & décharge de leur ferment. | .
90. Item, Seront baillces de la part dudit Duc d’Auftriche, & des Eftats
defdits Pays pareilles feuretez, des Prelats, Nobles, Villes, & Communau-
tez , des Pays & Duchez de Brabant, Limbourg , Luxembourg , Gueldres ,
Comtez de Flandres, de Haynaut , Holande , Zelande , Namur , que le
Roy voudra auoir.
91. Item, Quelefdits Habitans de S. Omer bailleront leurs Lettres & Seel-
Jezau Roy, & à mondit Seigneur le Dauphin futur mary demadite Damoifel-
le, par lefquels ils promettront & s’obligeront par leur foy & ferment fur leur
honneur, de bien & loyaument garder lefdices Villes & Chafteaux durant la-
dite minorité de madite Damoifelle,& de non fouffrir & permettre que du
party ou quartier de mondit Sieur le Duc ,ou de Monfieur le Duc Philippes
fon fils, foit fait, procuré, ou pratique diretement ou indireétement aucu-
ne chofe au préiudice du Traité; & que madite Damoifelle venuë en:äge,
& le mariage de mondit Seigneur le Dauphin & d’Elle confomme, ils bail-
leront par effet, ceflans tous contredits & excufes, ou delais au contraire, lef-
dites Villes & Chaftel en la pleine & entiere obciflance de mondit Seigneur
le Dauphin, comme mary d'Elle.
92. Item, Etpareillement lefdits de Sainif-Omer bailleront leurs Lettres &
Seellez à mefdits Sieurs les Ducs, & aux Eftats de leurs Pays, par lefquels
ils promettront & s’obligeront par leur foy& fermenc, & fur leur honneur, que
durant ladite minorité, & iufques à ce quele mariage de mondit Seigneur le
Dauphin foit confommé, ils ne déliureronrlefdites Villes &Chafteau au Roy,
ne à mondit Seigneur le Dauphin, neà perfonne de par eux ; mais les tiendront
en bonne & feure garde; & outre ce , que s’il auenoit que ledit mariage ne par-
uint , pat la mort de mondit Sieur le Duc ( que Dieu par fa bonté veuïlle
garder ) ou par quelque autre cas procedant du fai& du Roy , ou d’iceluy
Monfeigneurle Dauphin, ou autre de leur part ; ou aufli par la mort de ladite
Damoilzlle durant fa minorite,de,& en chacun d’iceux cas,rendre lefdires Villes
8&c Chaftel, pour & au nom de mondit Sieur le Duc Philippes fon fils, ou àmon-
dit Sieurie Duc Philippes s’il eftoit en âge. Lequel Traité de Paix & mariage
en tous & finguliers les poinéts & articles cy-deflus contenus , nous auons
promis & promettons loyaument & de bonne foy , fous noftre honneur ; Nous
lefdits Ambañladeurs du Roy, au nom d’iceluy,& nous les Ambafladeurs de
mondit Sieur le Duc, de nofdits Sieurs fes enfans, & des Eftats de leurfdits
Pays , ou nom d’iceux , fournir , & entretenir , & accomplir de poinét en
poinét , & les faire ratifier , confirmer , greer , & approuuer par iceux Princes
&c lefdits des Eftats; & de ce, en faire bailler , & deliurer leurs Lettres pa-
tentes en forme deué & fufhfance d’vne part & d'autre.
| Vu uüj
1482.
1482.
* al, Défcordes
342 OBSERVATIONS. SVR LHISTOIRE
“SENSVIVENT LES POVVOIRS.
de Pouuoir ds Roy. LL.
_ Ovys par la grace de Dieu Roy de France; A tous ceux qui ces pre-
fentes Lertres verront , Salut : Comme pour trouuer moyen de Paix f-
nale en noftre Royaume, Pays, & Sujets; & noîftre tres-cher & amé Coufin
le Duc Maximilian d’Auftriche, & aufli noftre tres-cher & tres-amé Coufin
le Duc Philippes {on fils ,les Pays de Brabant, Flandres, Haynaut. Holande,
Zelande, & autres leurs Seigneuries, & Sujets ,paroles ayent efté ouuerres &
pourparlées entre aucuns nos Ambaffadeurs &les Ambañladeurs de noftredit
Coufin , du mariage de noftre tres-cher & tres-amé fils Charles Dauphin de
Viennois, & de la fille aînée d’iceluy noftre Coufinle Duc d’Auftriché & la
Ducheffe fa feué femme ; pour traiter & conclure lequel mariage, afin deparuc-
nir à ladite Paix , foic befoin commettre & ordonner de noître part aucuns
grands Perfonnages à nous fours & feables , qui ayent puiflance de Nous, de
befongner plus à plain en cette -matiere auec noftredit Coufin , {es gens, &
Ambafñladeurs , & les gens des Eftats des Pays de Brabanc, Flandres , Hay-
naut, & autres; Sçauoir faifons, que pour la grande & finguliere , & entie-
re confiance que nous auons des perfonnes de nos amez & feaux Confeillers
& Chambellans Philippes de Creuccœur Seigneur des Qwerdes * noître Lieute-
nant general en nos Pays de Picardie & d'Artois , Cheualier de noftre Or-
dre , Oliuier de Guetman noftre Lieutenant en noître ville de Franchife , Ieass
de la Vacquerie premier Prefident en noftre Cour de Parlement à Paris y &
Jean Guerin noftre Maiftre-d'Hoftel , & de leurs fens , loyautez, & bonne di-
ligence à iceux , pour les caufes & autres à ce nous mouuans , auons donné
& oëtroyé, donnons & oëtroyons par ces Prefentes plein pouuoir, authorité
$ puiflance de traiter , conclure & accorder auec noftredic Coufin le Duc
d'Aüftriche , ou fefdits gens 8& Commis , & lefdits gens des Eftats defdits
Pays-de Brabant, Flandres, Haynauc, & autres, tant en leursnoms que com-
me au nom dudit Duc Philippes & de ladice fille aînée-ledic mariage de no-
ftredic fils le Dauphin de Viennois , & d’icelle fille de noftredic Coufin le
Duc d’Auftriche , de promettre, bailler & accorder les chofes qu'ils verront
eftre à faire pour traiter & conclure ledit mariage , faire , prendre, & iurer
Paix finale entre Nous, noftredit Royaume, Pays, & Sujets; ledit Duc d’Au-
triche, ledic Duc'Philippes fon fils, & lefdits Pays & Etats de Brabanc, Flan-
dres , Haÿnaut, & autres leurs Terres, Scigneuries, & Sujets; & icelle Paix
faire crier & publier par tout où il appartiendra ; & generalement de faire
befongner , traiter , promettre, conclure & accorder toutes chofes touchant le-
dit mariage & Paix deffus dice,tout ainf que fetions & faire pourrions fi prefëns
en noftre Perfonne y eftions, fans auoir de Nousautre charge, pofé qu'il yeûc
aucune.chofe qui requît pour ce, mandement plus efpecial romettans de bon-
P ) »
ne foy, & en parole de Roy par ces Prefentes fignées de noftre main , te-
air & entretenir tout ce que par eux fera fait & befongné, conclu .. accor-
dé, promis & iuré, couchant les chofes deflus dites, & les faire entretenir &
accomplir par noftre tres-cher & cres-amé fils Charles Dauphin de Viennois,
&c de tout cé que par eux fera fair & befongné , en bailler nos Lettres de
confirmation, ratification , & approbation, telles & fi amples, & en la forme
& maniere qu'il appartiendra , fans iamais aller , ne venir , ne faire aller ne
‘venir allencontre en quelque maniere que ce {oit : En témoin de ce nous
auons fait mettre noftre Seel à cefdites Prefentes. Donné au Pleffis - du-
. 9 . ?
Parcq lez noftre ville de Towrs le quatriéme iour de Decembre l’an de grace
mil quatre cent quatre-vingt deux , & de noftre Regne le vingt-deuxiéme.
Dv ROY CHARLES VIIL 343
Ainf figné, Lovys : Ec fur le reply, Parle Roy, les Seigneurs du Rowchage,
de Rochechoÿart, de Courfay, de la Roche, Maiftre lacques de Triétier Prefident
des Comptes, & autres prefens, Parent. | |
Suit le Pouuoir de Maximilian C4rchiduc d'Auftriche , Ge. qu'on obmet pour
. bricucté. | | |
Ratification * du fafdit Traité par le Roy.
Ovs ayans,comme Roy Tres-Chreflien, pitié & compañion du pauure
peuple , voulons à noftre pouuoir éuiter les maux innumerables que
ce la guerre fourdent & enfuiuent , auons en l'honneur & reuerence de
Dieu noftre Createur, Prince & autheur de paix, & de fa tres-glorieufe Me-
re agrec,, lotié , confirmé, &-approuué, & par ces prefentes fignées de noftre
inain ;agreoris ,loüons, confrmoms & approuuons, & en bonne foy & parole de
Roy promertons entretenir, & faire entretenir ledit Traité de Paix & de ma-
riage en tous & chacuns les poinéts & articles cy-deflus accordez ; & ce tant en
noître nom, que. pour & au nom de noftredic cres-cher fils le Dauphin, du-
quel, pout fon ieune âge ,nous nous fommes faits & faifons forts ,& auili de
au nom de nos fucceffeurs Roys de France, fans iamais aller par Nous, noftredit
1482.
XV, Articlès
So. 85 É 84.
fils , ou nofdits fuccefleurs Roys de France, au contraire dudit Traité , ou au-
cuns des poinéts & articles cy-deflus accordez ; & pour ce confirmer , & in-
uiolablement tenir ,auons fubmis & fubmettons Nous, noîtredit fils, nos fuc-
ceffions , & noftre Royaume, à routes coërétions, peines, & cenfures * Eccle-
fiaftiques, nonobftant le pruilege qu'auons, que Nous , nofdits fuccefleurs.
&c noftre Royaume , ne pouuons & deuons etre fubmis ne adftraints par Cen-
fures; & s’il auenoit que , ja Dieu ne veüille, que par Nous, noftredir fils,
nos fuccefleurs , ou autres de par nous füt contreuenant en aucuns des poinds
&c articles cy-deffus accordez, nous confentons, voulons ,ordonnons, & enioi-
gnons aux Princes eftans de noftre Sang, Pairs de France , &-Trois Eftars de
noftre Royaume , que route ayde, faueur & affiftance foit par eux ,audit cas,
baillé , donné & porté par effet à nofdits Coufins, & aux Eftats.de leurfdits
Pays, & contre Nous, noftredit fils, & nos fuccefleurs, à ce que ledit Trai-
té en tous & chacuns fes poinéts foit accomply & entretenu; & que lescon-
trauentions & entre-faux , fi aucuns en font, foient reduites, reparées, & re-
miles; & pour ce pouuoir mieux faire fans aucune note ou reprife ,auons au
dit cas, lefdits dé noîftre Sang, Pairs & Gens des Eftats de France, qui par
noftre Ordonnance ont baillé &baillent leurs Seellez ,abfouls & relaxez , ab-
foluons & relaxons de leurs fermens. Sr DONNONS EN MANDEMENT
à nos amez & feaux Confeillers les Gens de noîftre Parlement à Paris, Gens
de nos Comptes , & Treforiers de France, à tous nos Baillifs , Senefchaux,
Preuofts, luges, ou Officiers, ou à leurs Lieutenans, & à chacun d'eux fur ce
requis ; & fi comme à luy appartiendra, que les Prefences ils verifent ,entlie-
rinent, & enregiftrent ,ou faflent & fouffrent verifier, encheriner, & enregi-
ftrer en leurs Cours, lurifdiéions, Sieges, & Auditoiresen la maniere accoû-
tuméc, & tout le contenu enicelles gardent, & faflenc garder & obferuer de
poinét en poinét, fans aller ,ne fouffrir eftre alle au contraire en quelque ma-
niere que ce foic : Car ainfi nous plaift-il , voulons & ordonnons eitre faic,
& pource que de ces Prefentes l’on pourra auoir affaire en plufeurs & di-
vers lieux , nous voulons qu’au vidimus d’icelles , ou extrait d’aucuns des
points & articles y contenus , fait fous Seel Royal, ou autre Scel autentique,
foy y foit adioütée en lugement & dehors, comme à ce prefent origtial; &
afin que ce foit chofe ferme & ftable à toujours , auons fait mettre noftre
Seel à cefdites Prefentes , fauf en autre chofe noftre droit , & l’autruy en
toutes, Donné au P4fé dm Parc lex Tours au mois de Ianuier l'an de grace
Par. 340:
344 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
100. mille quatre cent quatre-vingt deux, & de noftre Regné le Mag -Eyent res
ASE sic frnatum fab plité,Lovyxs, : [pra plicam , Par le Roy en fon Confeil,
v.p.s. œss. Charpentier. Vifa, & fuper eadem plica foriprum, Leëfa, publicata , Gr regiftra-
de certe Hiffos- 44, de a € confentiente Procuratore generali Regis. CAium in Parlamento à.
ee * die Februärÿ anno 1482. Sic fgnatum , Chaftellier. -
Traité. Collatio faifa eff cum originali, reddito Magiffro Voanni Dauffai ; alteri Ambaxis-
torum , Sic fignatum, Chaftellier.. _.—
Extrailum à Registris Ordinationwm regiffratarum in Curis Parlamenti, Sic figna-
- sam, du Tillet. L | je | .:
l
urine. Lettre du Roy Louys XI. contrefignée, Charpentier, 4 Pierre de Bour-
Hi bon Seigneur de Beaujeu fon gendre ; auquel il mande de figner Le
_* Ratification du Traité d'Arras en la forme qw'il luy ensoyoit , €7°
de luy renuoyer incontinent aprés.
ON FILS, l'ay prefentement receü Lettres demes Ambañladeurs qui
ont traité la Paix & le mariage de Monfieur le Dawphin & de la fille
* y, Articles 4. du Duc d’Auftriche, & 4 effé dit * d’vne part & d'autre , que les Seigneurs
5. 80.3; & de mon Sangles Pairs de France, & Gens des Trow Effars de ce Royaume
Me Tr on feyont ladite Paix & Traité de mariage felon la forme queie vous enuoye,
. & leur ay promis & accorde de ainfi le vous faire faire, & à tous les autres
+ qu'ils ont nommez audit Traité ; & pource que la chofe eft fort haftiue , ie
vous prie qu’incontinent ces lettres veuës, vous dépefchiez ladite ratification
fclon ladite forme fans y rien changer ne muër, & ainfi que vous dira Jean de la
Grange porteur de certes , que ie vous enuoye expreflément pour cette caufe, &
par luy la m'enuoyrez en toute diligence fur tout le plaifir que me defirez
faire, & qu'il n’y ait point de faute , & adieu #0» fs : Efcric au Pleffis-du-
Parcq lé vingt-vniéme iour de Decembre. Mo» fils ie vous prie ne differez
point'à pafler ladire Ratification ; car ie ne veux que la dépefcher ainf écrite
comme deflus. Signé, Lovys, & plus bas, Charpentier. Et à l’adrefle eft
écrit, CA'won fils Monficur de Beaujeu.
Pris [hr l'original en papier. ;
“y. Aides 3. Suisent les _ Ales de conféntement ex Ratification“ du füfdir Traité
ie par les Trois Eftats des Pays-Bas ; € premierement
PAR par le Clergé
16. Mars 1482. CTE par lequel Gwiladine Abbé de Bowdelo en Flandres confent au
, \ Traité de Paix du vingt-troifiéme Decembre mil quatre cent qua-
cre-vingt deux , entre le Roy & fes Sujets & Eftats ; & le Duc Maximilian
d'Auffriche, Philippes & Marguerite {es enfans , leurs Sujets & Eftats, & au Trai-
té de mariage de Charles Dauphin auec ladite Marguerite ; & que la ville de
Sainéf-Omer foit gardée pour ladite Princefle; & en cas de contrauention de
la où dudit Duc, fon fils , ou gens de fa part, declarent qu'ils font relaxez par
ordre dudic Duc & des Eftats , du ferment qu’ils luy doiuent, & iufques à
l'entier accompliffement, qu’ils doiuent affifter le Roy, & ainfi le promettent.
Notez qu’en parlant du Roy, ils le qualifient moÿfre Sosuerain Seigneur, &le
Dauphin, Monfeigneur le Dauphir.
Notez auf, que par ce Traité le Roy auoit defirele confentement de tous
les Eftats dudit Duc ,& de fon fils,en confequence dequoy le prefent A&e
auoit efté fait. |
Novs
DV ROY CHARLES VIIL 24$
) TOvs Grilladise par la permifhon diuine Abbé de Bosdelo en Flandres,
_N À tous ceux qui ces prefentes Lettres verront , Salue : Comme par la
Paix magveres faite, conclute, & accepréc par les Gens & Ambafñladeurs du
Roy mon Sounerain Seigneur , & les Ambañladeurs de mon tres -redouté Sei-.
gneur, Morieur ke Duc 2fewimilian d'Aufriche , Monficur le Duc Philippes
8: Madamoïfelle Marsuerire d'Auftriche , mes Princes & Seigneurs naturels, &
les Gens des Eftats de leurs Pays & Seigneuries; entre le Roy ,fon Royaume, .
Pays , Seigneuries., & Suiets, d’vñe part ; mondir Sieur le Duc ,mefdirsSieurs
fes enfans;teurs Pays, Seigneuries, &Sujers , d'autre ; & aufli par le Fraité de
mariage fait , confenty, & accordé pour plus grande feureté de ladite Paix,
8 qui au plaifir de Dieu fe fcra & folemuifera en fainête Eglife , de tres-
haut & urés-puiflane Prince mon tres-redousé Seigneur Monfeigneur le Daw-
phin {eut fils du Roy, & heritier appzranc de la Couronne de France, & de
madite Damoifelle d'Auffriche, ayent efté &foient confentis, paflez & accor-
dez plaficurspoinéts &atticles meurement , & à grande deliberation de Con-
feitauifez , tant pour le feur entrecenement de ladite Paix, que dudit Traité de
mariage , au long declarez & fpecifiez és Lettres defdires Paix & mariage, &
il foit que mondittres-redouré Seigneur Monfeigneur le Duc d'Aufriche ait
promis de fa part faire gréer & confentir lefdits Traité de Paix & mariage par les
Seellez & Lettres des Princes & Seigneurs de fon Sang, par tels Prelats, Nobles,
Villes, Communautez de fes Pays, & des Pays de mondit Seigneur le Duc
Philippes teis que le Roy le requerra; & le femblable ayent promis les Gens
des Trow Esfats & trois Membres de leurfdirs Pays ; comme ces chofes font
plus à plain contenués cs Lertres d’iceluy Traité, en date du vingt-troifiéme
iour de Decembre dernier pafñlé , de ce faifant mention; & en enfuiuant ce,
Je Roy ait entr'autres requis auoir nos Lertres & Seellé ; & mondit tres-re-
douté Seigneur Monfeigneur le Duc nous ait ordonné & énioint ainf .le
faire; Sçauoir faifons, que nous deuëmént acertenez de tout le contenu au-
dit Traité ,& des chofes par iceluy auifées , confenties, & accordées auons
tous chacuns & finguliers les poinéts & articles y contenus, tant ceux con-
1482.
cernans le bien & feureté de ladire Paix , & des prouifions auifées à cette
fin; & ceux qui touchent & regardent ledit mariage, dot ,& portement d’i-
celuy , confenty G* accordé à madite Damoifelle & ieune Princefle ; que auf
les poinds & articles contenus & auifez pour la garde & feur eftat de la vil-
le 2 Saint-Omer, durant & conftant la minorité de madite Damoifelle ; le
tout ,comtme fi iceux poinéts & arcicles fuflenc en ces Prefentes repris & re-
petez de mot à autre, iuré & promis, iurons & promettons en bonne foy gar-
der, fournir, & entretenir de poinét en poin® ; fans en aucuns d’iceux faire,
aller, ne venir, ne fouffrir eftre fair ,allé ou venu au contraire; & que dé la
part de mondit tres-redouté Seigneur Monfeigneur le Duc, Monfeigneur le
Duc Philippes ,ne defdics Gens des Eftats, ne autres de par eux,ne fera faic
pratique ,ny innoué quelque chofe au contraire : Et s’il auenoit, que, ja Dieu
ne vélille, que par mondit cres-redoutc Seigneur Monfeigneur le Duc, &
Monfeigneur le Duc Philippes fon fils ,mon Prince & Seigneur naturel, ou
aucuns particuliers defdits des Eftats y füc contreuenu , nous par charge &
ordonnance exprefle d’iceluy mon tres-redouté Seigneur , & d’iceux des
Eftats , qui ainfi le nous ont ordonné faire; & à cette fin,nous ont audit cas
relaxé & abfouls par ledit Traité de Paix du ferment que en ce leur pouuons
deuoir ,auons iuré & promis, iurons & promettons en ce ayder & aflifter le
Roy, mondit Seigrieur le Dauphin ,le Royaume, leurs Pays & Seigneuries,
le tout iufques au plein fourniflemenct & accompliflement dudit Traité; & à
ce auons foûmis & obligé, foûmettons & obligeons, nous, nos Terres, Sei-
gneuries , & biens quelconques : Et pource que de ces prefentes l'on pourra
auoir affaire en diuers lieux , nous voulons qu'au vidimws du” fait fous
X
346 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
8) Seel authentique, Foy foit adioûtée comme à l'original. En témoin dece fous
1492. ouons fair metrre noftre Seel à ces Prefentes. Donnéà noftre Abbaye de B0s-
delo Yan mil quatre cent .quatre-vingt deux, le vingt-fixiéme iour de Mas,
deuant Pafques. . ... |
Pris fur l'original en parchemin , feelé du Sean d'icelle LAbbaye en cire verte.
28.Marsram. A€te femblable ,par lequel Frere Pierre Abbé de Noître- Dame de Lez , de
” Ordre de Cifteaux,au Diocefé de Tournay ,confent au Traité du 23. De-
cembre 1482. & Mariage du Dauphin auec Marguerite d'Austriche , & que la
ville de Sainét-Omer luy fera Pr ,@c+. Pris far l'original mefine en par-
chemit. | si
Le:8 Mars A&e pareil, par lequel Philippes Abbé de. Sainéf Pierre lez Gand , confent
+ au Traité du 23. Decembre 1482. & au mariage du Dawphin auec Marguerite
| d'Aaffriche, & que la ville de Sainéf Omer luy fera conferuée , Ge, CAuff für
_ Loriginal en parchemin, [eellé, h
. da , Autre de mefme fubftance, par Guillaume Abbé de Sainéfe Rictrude de Mar-
nes ler. Auri . : . & à | z
183. aprés chiennes, Ordre de Saint Benoift, Diocefe d’Arres, Gr. le 1. Auril 1483. après
EE ; Pafques ,@c. idem. |
ne Autre, par Frere Girard Deilre Abbé de Florette, Ordre de Premonftré, en
A Namur le2. Ja Comte de Namur, &c. idem. |
PT Autre, par Louys Franch Abbé de Noftre-Dame de Filers en Brabant, de
Auril148. l'Ordre de Cifteaux, Diocefe de Liege, &c. idem. |
A Malines. … Autre, par Leuys Wirnier Abbé de Noftre-Dame de Tongherloo, de lOr-
Aura. dre de Premonftre, Diocefe de Cambray, &c. idem. |
AS. Vuinnoc Autre, par Jean Abbé de Sainéf Winnoc à Berghes , de l'Ordre de Saint Be-
ni noift, Diocefe de Therogenne, &cc. idem.” |
Le 4 Auril Autre, par Jean Abbé de Noftre-Dame à Middelbourg en Zelande, del'Or-
1483. dre de Premonstré, &c. idem. | |
Le 4, Awril Autre, par Jean Abbé de Sanéf Michiel d'Anuers, de l'Ordre de Premonffré,
HSE Diocefc de Cambray, &c. idem. | |
*al,S.Nicolas Autre, par Wowitre Abbé de Sainit Nicolay* de Furnes , &c. idem.
pate # Autre, par Thierry Abbé du Parc lez, Lousain , de l'Ordre de Premonitré ,
Leio. Auril_ Dioccfe de Liege, &c. idem. .
RP Autre , par Raphaël Abbé de Saint Bauon lex Gand , de l'Ordre de Sainét
Benoift, Diocefe de Towrnay , &c. idem.
Suiuent les Actes de C onfentement CA Ratification
par la Nobleffc.
Lea. Mars ° TE par lequel Lowys de Bruges Seigneur de La Grunthunze*, Comte
14 Gruthufe de Vhinceftre , Prinche* de Sréemhunfe , & Capitaine general de la
*Prine Ville de Bruges ,confent au Traité du 23. Decembre 1482. & au mariage du
Dauphin auec Marguerite d'Austriche, & que la ville de Sainét-Omer luy fera
conferuée; & en cas de contrauention de la part dudie Duc fon fils, ou gens
de fa part, declarent qu'ils font relaxez par ordre dudit Duc & des Ejfats, du
ferment qu’ils luy doiuent, & iufques à l’entier accompliffement, qu'ils doi-
uentaflifter le Roy, & ainfi le promettent.
Notez qu’en parlant du Roy ils le qualifient noffre Souverain , & le Dau-
phin, Monftigueur le Dauphin.
_ Notez de plus , que par ce mefme Traité le Roy auoit defiré le Confente-
ment de tous les Eftars dudit Duc, & de fon fils; en confequence dequoy le
prefenc Atte auoit efte fait. |
N Ovs Louys de Bruges Seigneur de la Grunthunfe , Comte de Vhince-
à ftre , Prinche de Stéenhunfe, .& Capitaine general de la ville de Brw-
ges , & des appendances , À tous ceux qui ces prefentes Lettres verront,
DV ROY CHARLES VIIL 347
Salut : Comme par la Paix nagucres faite, conclute , & acceptée par les
Gens & Ambafladeurs du Roy mon Souuerain Seigneur , & les Ambafñladeurs
de mon cres-redouté Seigneur Monfeigneur le Duc Maximilian d’Auftriche,
Monfeigneur le Duc Philippes, & Madamoifelle Marguerite d’Auftriche mes
Princes & Seigneurs naturels , & les Gens des Eftacs de leurs Pays & Sei-
gneuries , entre le Roy, fon Royaume, Pays, Seigneuries, & Sujets, d’vne
part; mondir Seigneur le Duc, mefdits Seigneurs fes enfans, leurs Pays, Sei-
gneuries ,& Sujets, d'autre; Ec aufli par le Traité de mariage fait, confenty,
& accorde, pour plus grande feureté de ladite Paix ,& qu’au plaifir de Dieu
fe fora & folemniféra en fain@e Eglife, de tres-haut & cres-puiffant Prince
mon tres-redouté Seigneur Monfeigneur le Dauphin feul fils du Roy, & he-
ritier apparant de la Couronne de France, & de madite Damouifelle d'Au-
ftriche , ayenc efté & foient confentis , paflez & accordez plufieurs poinâs
&c articles meurement & à grande deliberation de Confeil auifez , tant pour
le fcur entrecenement de ladite Paix, que dudit Traité de mariage , au
long declarez & fpecifiez és Lettres defdites Paix & mariage; & il foit que-
mondit tres-honoré Seigneur Monfeigneur le Duc d’Auftriche ait promis de
fa part faire gréer Ge confentir ledit Traité de Paix & mariage par les Secllez
& Lettres des Princes G Seigneurs de fon Sang par tels Prelats, Nobles, Vil-
les 8 Communautez de fes Pays, & des Pays de mondit Seigneur le Duc Phi-
dippes , rels que le Roy le a ae & lefemblable avent promis les Gens des
trois Etats & trois Membres deleurfdits Pays, commc ces chofes font plus am-
plement contenuës és Lettres d'iceluy Traité, en date du vingt & troi-
fiéme iour de Decembre dernier pañlé, de ce faifant mention ; & en enfui-
uant ce , le Roy aycentreautres requis auoir nos Lertres & Seellez, & mondict
tres-redouté Seigneur Monfeigneur le Duc nous ayt ordonné & eniointainfi
le faire; Sçauoir faifons , que nous deuëément.acertenez de tout le contenu au-
dit Traité, & des chofes pariceluy auifées , confenties & accordées auons tous
chacuns & finguliers les poinéts , & Ariclesy contenus , tant ceux concernans le
bien & feureté de ladite Paix & des Prouifions auifces à cette fin, & ceux qui
touchent & regardent ledit mariage, dot, & portement d'iceluy , confentÿ & ac-
cordé à madite Damoifelle & ieune Princefle , que auffñ les poinéts & articles
conceüs & auifez pour la garde & feur eftat dela ville de Sainéf-Omer durant
& conftant la minorité de madite Damoifelle ; le tout, comme fi iceux points
& articles fuflent en ces Prefentes repris & repetez de mot à autre , iuré &
promis, iurons & promettons en bonne foy garder, fournir, & entrecenir de
point en poin& fans en aucuns d’iceux faire ,aller ,ne venir, ne fouffrir eftre
faic, allé ou venu au contraire; & que de la part de mondic tres-redouté Sei-
eur Monfeigneur le Duc, & Monfei pee le Duc Philippes ,ne defdits Gens
: pa Eftats, ne autres de par eux , ne fera fait, pratiqué , ny innoué quelque
chofe au contraire ; & s’il auenoit que, ja Dieu ne veuille, que par mondit
tres-redouté Scigneur Monfeigneur le Duc, & M'le Duc Philippes 3e fils mon
Prince & Seigneur naturel , ou aucuns particuliers defdics des Effass y füt con-
treuenu; Nous par charge & ordonnance exprefle d'iceluy , mondit tres-re-
douté Seigneur , & d’iceux des Efats , qui ainfi nous ont ordonné faire; & à
cette fin ,nous ont audit cas relaxé & abfouls parledit Traité de Paix du fer-
ment que en ce leur pouuons deuoir , auons iuré & promis , iurons & pro-
mettons en ce ayder & affifter le Roy , mondit Seigneur le Dauphin , leur
Royaume, leurs Pays & Seigneuries, le tout iufques au plein fourniffement
& accompliflement dudic Traité ; & à ce, auons foumis & obligé, foumet-
tons & obligeons Nous, nos Terres, Seigneuries, & biens quelconques : Et
pource que de ces prefentes l’on pourra auoir affaire en diuers lieux , nous
voulons qu’au vidimws d'icelles , fair fous Scel authentique , foy foit adioû-
LI e. ’ d e
tée comme à l'original. En témoin de ce nous auons fait mettre noftre Scel
. XX ij
1482.
348 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
| à ces prefentes le vingt-quatriéme iour de Mars-lan mil quatre cent quatre-
1482, vingt deux. nn | s |
Pris fur l'original en parchemin [eellé de cire rouge. _.
23 Mars148. Ate femblable, par lequel Lowys Gaultier de le Gracht Cheualier , Seigneur
de Morfelle, de W enelenghien, Beclenghien, & de Volandre, Confeiller
& Chambellan de Maximilian d’Auftriche confentau Traité du 23. Decembre
1482. au mariage du Dauphin auec Marguerite d’Auftriche, & que la ville
de Sainét-Omer luy fera conferuée, dc. a
Dernier Mars Ale pareil, pat Jean de la Gruthufe Seigneur Deffierres , Confeiller & Cham-
nn bellan dudit Duc d’Auftriche, & Grand-Veneur de Flandres, & Capitaine
ques. de fon Chaftel de le. |
2. Auril 1483.
à Namur.
Autre de mefme fubftance, par Zean de Lomchamp Cheualier, Seigneur de
Feruemont. | ù +
3 Awilr48x, Autre, par Jean Seigneur de Hamez, de Santgatte, de Bettencourt, Dan-
dinfer, de Bonduës, & de Linfelles. |
3 Awril148 Autre, par Henry de Horne Seigneur de Prowes, de Dufle ,de Waelhem,
de Gheele, &c. idem.
3. Anrili487, Autre, par CL Adrian Vilain Cheualier , Seigneur de Raffenghien, de Sain&-
Jean-la-Pierre,&c. Confeiller, Collateur de Affenode, & de Affenodambacht,
&c.Confeiller &Chambellan du Duc Philippes d'Auftriche, Capitaine desVil-
les & Chaftellenies de Gard , & premier Commiffaire de Flandres pour re-
nouueller les Loix, sdem. |
* Engilbert de er :
Naf Autre , par Engleberr * Comte de Naffaw & de Vyanne , Seigneur de Bre-
A Gandke18. da . idem.
Aurilr1483. / *k ‘ |
248 Autre, par Wolfar Comte de Grandpré & de Boucain*, Seigneur de la
Bouchsin Véere, de Phalaix, de Fleffinguhe‘ s & de Braweishauen , idem.
A Gr le26. Autre, par Pierre de Henin Seigneur de Bowffur, de Bleangies de Gamerai-
de ges& de Chauenfy, Confeiller & Chambellan du Duc d’Auftriche , &
1483. grand Bailly des bois de fon Pays, & Comté de Haynaut , idem.
Is 4. May Autre, par Charles de Croy Comte de Chimay, Vicomte de Limoges, & Sei-
gheur de la Boüe , Confeiller & Chambellan du Duc d’Auftriche, idem.
Autre, par Jean Seigneur de Ligne de Bailloel ,de Monftroel , & de Rely,
Confeiller & Chambellan du Duc d’Auftriche, idem. & figné , Jean de Ligne.
NS uent les _ Actes de Confentement cr Ratification
des Villes e7 Communautez.
Le24. Mars CTE par lequel les Bourgmaiftre , Efcheuins , 8& Confeil de la ville
Re de Dunkerte en Flandres confentent au Traité du vingt-troifiéme De-
CIKC.
cembre mil quatre cent quatre-vint deux, au mariage du Dauphin auec Mar-
guerite d'Auftriche , & que la ville de Sainé7-Omer luy fera conferuét ; & en
cas de contrauention de la part dudit Duc fon fils , ou gens de fa part, de-
clarent qu'ils font relaxez par ordre dudit Duc , & des Eftacs , du ferment
qu’ils luy doiuent , & iufques à l’entier accompliflement , qu'ils doiuent
afifter le Roy, & ainfi le promettent. | |
Notez enparlant du Roy, qu'ils le qualifient soÿfre Sounerain Seigneur, &c le
Dauphin, Monftigneur le Dauphin. |
Notez de plus, que par ce Traité le Roy auoit defiré le Conféntement de tous
les Eltacs dudit Duc , & de fon fils,en confequence dequoy le prefent A@e
auoit efté fair. |
O vs Bourgmaiftre, Efcheuins , & Confeil de la ville de Dunkerte fur
lameren Flandres, A tous ceux qui ces prefentes Lettres verront, Salut;
Comme par la Paix nagueres faite, conclute, & acceptée par les Gens & Am-
2::DV ROY CHARLES VIIL 349
baffadeurs dû Roy soffre Souverain Seigneur , & les Ambafñfadeurs de noître
tres-redouté Seigneur Monfeigneur le Duc Maximilian d'Auftriche , Mon-
fieur le Duc :Philippes & Madamoifelle Marguerite d’Auftrichenos Princes &
Seigneurs- naturels, 8 les: gens des Efars de leurs Pays & Seigneürics; entre
le Roy ,fon Royaume, Pays, Seigneuries & Sujets , d’'vne part; noftredit Sei- .
gneur le Dug; nofdics Seigneurs {es enfans, leurs Pays, Seigneuries, & Su-
jets , d'autre; & auffi parle Traité de mariage fait, confenty, & accordé pour
plus grande feurece de ladice Paix, & qu’au plaifir de Dieu fé fera & folem- .
nifera en faincte Eglife , de tres-haut & ttes-puiffant Prince, noftre tres-re-
doute Saignewr Manfeigneur le Dauphin feul fils du Roy, & heritier appa-
rant de la Couronne de France , & de noftredite Damoifelle d'Auflriche.
ayent cflé, & foient.cônfentis, paflez, & accordez plufieurs points & arti-
cles meurement , & à grande deliberation de Confeil auifez , tant pour le
feur entretenement de ladite Paix, que dudit Traité de mariage aulong de-
clarez & fpecifez és Lettres defdites Paix & ‘mariage; & il foic que noftre-
dit tres-redouté Seigneur Monfeigneur le Duc d’Auitriche ayt promis de
{a part faire gréer @ confentir ledit Traité de Paix & mariage par les Seellez
& Lettres des Princes & Seigneurs de fon Sang ,par tels Prelats, Nobles , Vil-
des CG CommanauteZ de fes Pays , & des Pays de noftredit Seigneur le Duc
Philippes , vels que le Roy le requerra; & le femmblable ayent promis les gens
des‘trois Eftats & trois Membres de leurfdits Pays , comme ces chofes font
plus à plein.contenuës.és Lettres d’iceluy, Traité, en date du vingt-troifiéme :
jour de Decembre dernier paffe , de ce faifanç mention; & en enfuiuant ce, le
Royaytentre autres requis auoir nos Lertres & Seellez ; & noftredit tres-redouté
Seigneur , Monfeigneur le Duc nous ayc ordonné & enioint ainf le faire;
Sçauoir faifons, que nous deuément acertenez de tout le contenu audit Trai-
te, & des chofes par iceluy auifées, confenties, & accordées, auons tous cha-
cuns & finguliers les poinèts & articles y contenus , tant ceux concernans
Je bien & la feureté de ladite Paix , & des Prouifions auifées à cette fin, &
I 482
ceux qui touchent & regardent ledit mariage, dot , & portement d'iceluy,
confenty G accordé à noftredite Damoifelle & ieune. Princefle; que auf les
points & arcicles conceüs & auifez pour la garde & feur eftac de la ville de
Sainéf-Omer durant & conftant la minorité de noftredire Damoifelle, Le.tout
comme fi iceux poinéts & articles fuflent en ces prefences repris & reperez
de mot à autre, iuré & promis, iurons & promettons en bonne foy garder,
fournir, & entretenir de poiné& en poin&, fans en aucuns d'’iceux faire , aller
ne venir, ne fouffrir eftre fait, allé ou venu au contraire; & que de la part de
noftredit tres-redouté a: pr Monfeigneur le Duc, Monfeigneur le Duc
Philippes ,ne defdits gens des Effafs, ne autre de par eux, ne fera fait, prati-
qué, ny innoué quelque chofe au contraire; & s’il auenoit que, ia Dieu ne
veuille, que par noftredit tres-redouté Seigneur Monfeigneur le Duc, M' le
Duc Philippes {on fils noftre Prince & Seigneur naturel, ou aucuns particuliers
defdits des Ejfats y für contreuenu, Nous par charge & ordonnance expref-
fe d’iceluy noftre tres-redouté Seigneur , & d’iceux des Effats qui ainfi le
nous ont ordonné faire; & à on 5 nous.ont audit cas, relaxez & abfous
par ledit Traité de Paix du ferment que en ce leur pouuons deuoir ; auons
iuré & promis, iurons & promettons en ce ayder & aflifter le Roy, mondic
Seigneur le Dauphin, leur Royaume, leurs Pays & Seigneuries, le tout iuf-
ques aù plein fourniflement & accompliflement dudit Traité ;& à ce, auons
oumis & obligé, foumettons & obligeons Nous, nos Terres, Seigneuries &
biens quelconques : Et pource que de ces prefentes l’on pourra auoir affai-
re en diuers lieux , nous voulons qu’au vidimus d’icelles.. fait fous Seel au-
thentique, foy foit adioütée comme à l'original. En témoin de verité auons
Bourgmaiftre, Efcheuins, & Confeil deflufdits, ces prefentes Leatres feellées
Xx 11)
350) OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
. du Scel aux Caufes de ladite ville de Dunkerke le vingt-quatriéme jour de
1491+ Marsl'an de grace mil quatre cent quatre-vingt deux. Signé fur le reply, |
*al de Tifch. de Vif.
Pris fur l'original en parchemin, feellé du Sean de ladite Ville en cire verte.
24-Mars1482 A@e femblable, par les Efcheuins de la ville de l'Zfe en Flandres. |
Ale pareil, par les Aduoé, Efcheuins , & Confeil de la ville de ailieul
en no. | x =
1. Aurili4s, A@e demefmefubftance, À a les Maieur, Efcheuins, lurez, Confeil , Bour-
geois, Manans & Habitans de la ville de Bowvigne.
3 Aurilrasx, Augre Ate , par les Maieur , Efcheuins , & Confeil de la ville de Grage-
linçue. | 2: : |
3. Auril 1483. Par les Bourgmaiftres, Efcheuins , & Communauté de la ville d’oofesde,
femblable hote | :
6 Awiluss. Par l’'Aduoé, Efcheuins, & Confeil de la ville d'Tpre, pareil A&e.
28 Awril is, … Pat les Bourgmailtres, Efcheuins ,& Confeil de la ville de Berghes-Sainér-
>Bergues. Wénnoc, mefme chofe. | ;
7 Ma. Pat les Preuoft, lurez, Efcheuins, Confeil , & Communauté de la ville de
Valenciennes , pareille chofe. |
Cette Lettre, tranftrite fur l'original mefme, communiqué par M' d'Herouual, ef
trop confiderable pour ne la pas inftrer dans cette Hiffoire , fur tout ayant le rapport
«Elhefimife quellea à l'Instruction * Caux Remontrances faites par le Roy Louys XL. 2
en lapag. 307. Charles Dauphin /os fs ; G* contenant dés-lors de tres-grandes cfferances de La
0
hé Vertu naiflante de ce ieune Prince.
Cette Lerrre, Essrevrs vous plaife fçauoir que és prefences de . . . Senefch. . .
SRE ; M'le Chancelier, . . . Dauphin d’Auuergne,le Bailly de Roïüen, les
en partie dés le Capiaines des . . . Preuoft de l'Hoftel ,. ... Marefchaux , & plufeurs
commecemene, autres grands Perfonnages tant de Confeil que de guerre: Et és prefences de
HXx enarosts : Q
iey marquer Meñlicurs de Beaujeu , Marefchal de Marle* , le Prefident des Comptes, le
par des poin&s. Sieur de Grawille, Capitaine de Meulan , & plufeurs autres de l'Hoftel; le Roy
"288.39 noftredit Seigneur , remonftra en declarant en grands & hauts rermes,
comme il eft bien aifé de ce faire ; Comme pour le profit & vrilité de fon
Royaume, & à la décharge de fa confcience, & comme vray pere, eft renu
& doit inftruire & enfeigner fon fils, afin de tenir fon Royaume en paix &
tranquillité , & les Seigneurs en vnion & concorde. Il auoit remonftré à
Monfeigneur le Dasphin {on fils, plufeurs points & articles qu’il deuoit faire &
tenir, en luy priant & commandant de les entretenir, ER 4 & accomplir;
*cefèdir, ce que mondit Seigneur le Dauphin liberalement & de meur*, & comme
TS nu obeïflant fils ,accorda , promic, & iura de ce faire. Ec afin que lefdices Re-
monffrances {oient publiques , manifeftes, & connuës, le Roy noftredit Sei-
gneur compofa & nomma icelles Remonffrances, poinéts ,& articles ; lefquel-
les furent redigées par écrit , & leuës és prefences des deffufdits : Et ce
faic , commanda & ordonna à Meñlieurs de Beanÿjes ; Chancelier , & autres
deflus nommez , aller incontinent , & ledit iour , à L4wboife deuers mondir
Seigneur le Dawphin , & porter lefdits articles , & les expofer à mondit Sei-
gneur le Dawphin , & luy requerir de les accorder , promettre , & tenir : Et
incontinent partirent mefdits Sieurs en grand nombre, es arriuerent celuy
jour enuiron trois heures aprés midy , en grand ordre chacun de fon deyré
deucrs mondit Seigneur le Dauphin ; & illec par mondit Seigneur le Chancelier
és prefences dé Madame de Beswjes , Monfeur l’Admiral , les deffusnommez,
& de tous les Officiers & Seruiteurs de mondit Seigneur le Dawphir , furent
les Remonftrances 8c articles leuës de mot à mot; & mondit Seigneur le Daw-
phis qui mettoir toute peine de iceux écouter & entendre , & qui monftra
bien auoir fouuenance; & retenu les enfeignemens & Remonftrances que le
DV ROY CHARLES VIII. 351
Roy luy auoitautresfois faites; incontinent les larmes luy cheûrent des yeux. Et Q
aprés, de fon propre mouuement , & non pas commeenfant, mais d’vne grand’ 7400
audace, ferme & haut courage répondit, & dit ces paroles : L’aymeroë mieux mou-
rir que avoir defobey à Monftigneur mon Pere , @ que plétoff me donnaït Dics la
mort que asoir pensé 4 y defobeir. Et voyant la grand’ obedience, humilité ferme,
& haut courage , & bonne affeétion de mondit Seigneur le Dawphin, il n'y
eût celuy de l'aflemblée à qui les larmes ne tombaffenc des yeux ; & ces cho-
fes ainfi faites ,mondit Seigneur le Dawphin de fon propre mouuement accor-
da lefdits articles ,s#ra & promit de les garder & entretenir ; & l'original dont
il requit auoir le dewble, figna de [a main, & Yenuoya au Roy; lequel ,lamer-
cy Dieu & Noftre-Dame, fait bonne chere, ioyeux & halerte * de fa perfonne; »slsigre
Dieu par fa grace le y veuïlle maintenir. Et deuifa mondit Seigneur le Des-
phin particulie-:emenc à vn chacun ; & aprés mefdits Sieurs prinrent congé,
& fe departirent.
Mefieurs , ie vous afleure que c’eft Le plus beau Prince le plus [age , audacieux, Grands sun.
G conffant, € merucilleufement atrempé ; 8 de ce , & des autres grandes ver- #84 sus
tus qui font en luy ,deuons en ce Royaume generalement & particulierement e .
harles Dau- .
rendre les grandes graces & loüanges à Dieu noftre Createur , & à {a tres- phin, depuis
glorieufe Mere. | Mate ps
Suiuant les autres Articles que fçaurez cy-aprés, & qui feront publiez, mon- France.
dit Seigneur le Dasphin confirme * tous les Offices de ce Royaume; ie le vous
écris par le commandement du Roy, auili que ie fçay qu’en ferez bien ioyeux ;
en vous priant, Mefieurs, que me commandi=z vos bons plaifirs, pour les ac-
complir de tout mon pouuoir, à l’ayde de Dieu, qui vous donne tout ce que plus
defirez. Efcrit à Tours le x1. iour de Oftobre 1482. Le tout , Voftre ferui-
teur Euffache de Sanfac. Et tout au bas de certe lettre eft écrit, CApportée le 2x.
Octobre 1482. L'adrefle d’icelle , porte , C4 mes tres-honorez Seigneurs Mef”:
des Comptes.
*p.p Juiuante.
Extrait d’vn Regiftre de la Chmbre des Comptes, cotté S. M. Le 30. Auf
| communiqué par M. d'Herouual, folio :. MA
Obitus Regis Ludouiti XI. huius nominis.
Ominvs REX Francis Ludouicus huius nominés Vndecimus , diem [uum
claufit extremum in domo [ua vocata gallice les Morilz *, éuxta Turonis, die * Montils
S'abatti trigefima menfis Auguffi circa horam nonan: poff meridiem , anno Domins 1453.
C: 23. anno Regni [ui,@ die Sabbati fexta Septembrs proxime [equenti: corpus cin [dem
Regis fuit inhumatum cum [ilemnitate qu& decuis in Ecceffa de Clariaco prope Au- Lou, xt in.
relianis,po/f celebrationem V'igiliarum , Orationum , Miffarum , G* aliarum obfequia- buméà Clery.
rum ibidem [olemniter celebratarum , cuius anime parcat Deus, G requiefiatin pace. Cv
Amen. Et eidem fucceffit in Regzno Carolus fflius eius vnicus Oéfauus huius nominis. [on filsluy fuc-
Les Curieux voudront bisn fçauoir que le Pape Sixte P. conceda audit s4s sReyas-
Roy Louys XI. & à fes fuccefleurs Roys de France, d’eftre Chanoines de No- ji
ffre-Dame de Clery , de fieger dans le Chœur d’icelle Eglife , & au Chapitre
au deflus du Doyen, & de porter le Surplis , la Chappe , & l'Omus ; & ac-
corda que lefdits Roys Chinoines feroient dorcfnauant appellez Protho-Ca-
#onici, en cofideration de ce que ce Prince auoit éleü fa fepulture dans la-
dite Eglile. =
Les lettres de ce Pape fur ce fuiet , contenans plufieurs beaux Eloges de 4 Rome le o.
nos Roys, font datées, À Rome le 9. Mars mil quatre cent foixante & on- Mars147r.
ze, la teneur defquelles tranfcrices fur l'original en parchemin, eft telle.
1483.
. Nora.
Nets.
* Aulmuce
e 1471°
352 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
Ixrvs Ertscorvs, Seruus feruorum Dei, 44 pérpetuam rei memoriam,
Sacerdos inaternuns Dominws noSter lefus Chriftus dem in carne vifibiliter effes
in mundo Regem fe nominari vüluit, [firifwalis femporalibus ihdigere , temporalis
Piritualibus adinuari poffe demonftrans, Gin veteri Lege buius viciffitudinis fimilit-
dine precedente , non folum Sacerdotes , [éd efiam Reges vmgchantar : quod infigne
pieconiunttions argumentum Reges Francorum imprimss tanquam Chriftianiflimi
_ & inuidiffimi Chriftianx Réligionis Propugnatores, per longs tempora innio-
labiliter obferuantes , facra in eorum primerdi ilinisnrur vnilionc ,vnde ctiam di-
serfi predeceffores noStri Roman Pomtifices bac inter céïcra conffderatione dutfi , ut ve.
rifinriliter colligs poteft, prafatos Reges in diuerfis Ecckefis Regw iploram Canonicos
effe debere fatnerunt , vt, qui temporali fulgerent culmine dignitatis , [piritualibus
#n teffimonium ip{orm finceritatié C° fides ergé Romain Ecclefiai ,zanderenr [e
titulis infignitos. Hinc eff quod nos charifimi in Chriflo fil noïfri Ludouici
Francorum Regis illuffrs , deuoris in hac parte fupplicationibus inclinati, asthoritate
CApoñolica tenore préfentiwm ffatuimus , decernimus, G ordiramns , quod tam ipfe
Ludouicus ex nunc, qguâm Reges Francorum gai erunt pro tempore, ffatim pos
Sceptri Regalis adeptionem , Canonici Ecclefiæ Beatæ Marix de Cleriaco 44
Romanam Eccleffamn nulo medio pertinentis , nulius Diæcefis, in qua prefatus Lu-
douicus Rex fuam , vs affenit, elegit fepulcuram , «b/qwe alia Creatione ,fès Col-
latione, vel Prouiffone per nos, vél fucceffores noffros Romanos Pontifices ,aut gnof-
#15 alios defuper facitnda , cum plenitudine luris Canonici fint, 6: effe cenfeaniur,
& Protho-Canonici #ominéntur; ëta quod quotieftumque Ludouicus & alij Re-
ges & fucceflores præfati ad lim perfonaliter accefferint , Superpellicium cum
Cappa& Almutia ,aliffque Canonicalibus indumentis & infigniis deferre,
ac primum ftallum in Choto, & locumi in Capitulo, etiam fupra Decarum
iplus Ecclefix , de confenft tamen Decani C° Capitali cinfdem , habere poffint €
debesnt , nonobffantibas ConStitutionibus LApoïtolicis , ac de certo Canonicorum
numero dite Ecclefie, necnon eiufdem iuramento confirmatione Apoñtolica , Vel qua-
cumque firmitate aliä roboratis , flatutis € confuctudinibus , caterif[.ue contrariis
quibu[tamqnc. Naulli erge ominino bominum liceat banc paginam noffre Ordinationis,
Statuti, Constitutionis infrin ere , vel ci auf temerario contraire. Si quis autem
hoc attemptare prafwmpferit ,indignationem Omnipotentis Dei ,ac Beatorum Petri C
Pauli_Apoffolorum cius [e noucritincurfurum.Datum Romzæ apud Sanëtum Petrum
anno Incarnationis Dominice millefimo quadringénteimo [eptuazefimo primo, fepti-
mo Idus Martÿ , Pontificatus noffri anno primo. Et au bas elt écrit , Gratis , de
mandato Domini noffri Pape. A. Traphini. P. de Monte. G. de Putco. N. de
Caftropio de Bulions. Et fur lé ne: , Gratis , de mandato Domini noffri Pa-
pe. M. Millinus, folio cxxx. (ou) fol. verfo xxx. Et fur le dos eft écrit,
al. Hifinibus Canonisätus Beatz Marie de Cleriaco. Ya. de Kifonibus *.
À Amboix « Ordonnance du Roy Charles VIII. ce que Meffeurs des Comptes
ax. Septembre
J483j.
"
trauaillent é3° continuent # exercer leurs O fices iufques a ce que
autrement en foit ordonné. |
E PAR LEROY, Nos amez Gr fétux; Noûs auons oliÿ ce que vos De-
putez nous ont dit & remonftré touchant lé fai& & éxércice de noftre
Crmbre des Comptes ; & pource qué au müyen du trépas de feu noftre
tres-cher Seigneur & Pere , que Dieu abfolue , qui puis nagueres 2 efté,
comme vous auez pù fçauoir , nous n’auons encore pû auifer à tous. les af-
faires de noiître Royaume; Nous voulons & vous mandotis, que vous conti-
nuez à befongner & expedier les matieres & chofes qui furuiendront en no-
ftredite Chambre , tout ainfi que vous atex fait du _ de noftredit Sei-
gneur & Pere; & iufques à ce que par Nous y foic plus à plain pourueü &
ordonné
ee
pv ROY CHARLES VIIL 353
ordonné ; & tellement que tout foit fi bien gouuerné ê&c entretenu, qu'aucun 148
inconuenient n'en auienne. Donné à Amboife le onziéme iour de Septem- Li à
bre. Ainf figne , CHarLes. Petri. Et en la fuperfcription defdites Lec-
tres eft écrit, 4 #05 amez Cr feaux les Gens de nos Comptes à Paris. & au def-
{ous de la fignature d'icelles Lettres eft écrit , L4pporté le vingt-deuxiëme Se-
péembre mil quatre cent quatre-uinst trois.
Leitres du Roy Charles VIII. portans reuocation du Domaine aliené. 4 Amboif le
22. Septembre
14383.
; Enmargede
les Trefariers de Framce , Salut & dileétion. Comme nagueres aprés le tré- 12 feüille eft
pas de feu noftre tres-cher Seigneur & Pere *,à qui Dieu pardaÿnt, en crai- écrit ,Prafins
tant des befongnes & affaires de noftre Royaume ,auec les Seigneurs de no- PE,
ftre Sang, & plufieurs grands & notables Seigneurs tant d'Eglife que Laïcs, fxtra folio fe-
ayons entre autres chofes efté bien amplement aucrtis & informez des grandes 4ère, Louys
alienations quiont par cy-deuant efté indeuëment faites de noîftre Domaine, XI.
cant à aucunes particulieresEglifes de noftre Royaume, & hors d’iceluy, que
à plufieurs gens Laïcs, qui les tiennent par les dons qu’ils en onc obtenus de
noftredit feu Seigneur & Pere pat leurs grandes importunitez, & autrement ;
tellement que de prefent par tels moyens , qui font hors des termes de rai-
fon , noftredit Domaine nous eft deuenu comme de nulle valeur ; & à cette cau-
fe , confiderans aufi les grandes charges & oppreflions que noftre Peuple a
par cy-deuant longuement porté ,& porteencores de prefent; lequel defirons Bons morifs
de tout noftre cœur foulager ,comme raifon eft : Eû fur ce l'auis & delibe- Fu de.
ration defdits Seigneurs de noftre Sang, & autres Seigneurs déflufdits, eftans”
à prefent à l’entour de nous, vous mandons , & pource qu'il eft queftion de
noftredit Domaine, dont à vous appartient la connoifflance , commandons &
expreflement enioignons, en commettant, fimeftier eft, par ces Prefentes à cha- lb
cun de vous , que tantoft & fans delay , vous ou yos Commis & Deputez ti pe
quant à ce, vous vous tranfportiez par tous les Bailliages, Villes , Lieux & Iu- parsinr à la
rifdiétions de noftredit Domaine ,chacun en fa Charge, &illec vous informiez ne
$& enqueriez , ou faites informer & enquerir le plus diligemment que poffi- |
ble vous fera, quel Demaine y auoit & prenoit feu de bonnememoirc leRoy
Charles noffre Ayesl,cui * Dieu pardoint, à caufe de fon ancien Domaine; Scpareil- + à qui
lement quel Domaine nous y eft acquis , auenu & écheü au viuant. de noitredit
feu Seigneur & Pere; & parauant en quelque maniere que ce foit, & quelles
alienations en ontefté faires, à qui, & comment, en appellant, pour ce faire, auec
vous nos Baillifs, Procureurs, Receueurs ordinaires, & autres nos Officiers Moyexs ordon-
tels, & en rel nombre que verrez eftre à faire ,ou leurs Lieutenans & Com- 7 2
mis en leur abfence; lefquels nous voulons & entendons y vacquer & enten- 4larccherche
dre diligemment. Et pource que durant cette Commiflion prefente, lefdits a
Gens d’Eglife ,& aurres qui detiennent ainfi noftredit Domaine le pourroiéent äliené du remps
toüjours prendre & appliquer à leur profit, Nous vous mandons & commet- FES
cons derechef par cefdices prefentes, que vous preniez, /aififiez & arreffiez,
ou faites prendre, faifir & arrefter , & mettre en noftre main toutes les par-
ties de noftredit Domaine que trouuerez auoir efté ainfi alienées & feparées,
foit à Epglifes, ou autres quelconques, par la maniere deflufdite; & les deniers
& autres chofes qui en viendront, & y feront faites dorefnauant, prendre &
leuer par nofdits Treforiers & Receuceurs ordinaires, chacun en leurfditesRe-
ceptes , iufques à ce que pe Nous autrement en foit ordonné , en contrai-
nant ou faifant contraindre à ce faire & foutfrir ; c’eft à fçauoir, lefdits Gens
d'Elife par la prife de leurs temporelsen noftredite main, quelque parc qu'ils
{oient fituez en noftre Royaume & obeïflance ; & les Laïcs par prife de
leurs corps & biens , & autrement comme il eft accotumé de faire pour
Yy :
C: ARLES par [a grace de Dieu Roy de France, C4 #05 amez d feaux
354 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
148 3 nos propres debtes, befongnes, & affaires ,nonobftant quelconques dons &C
* autres enfcignemens qu'ils , & chacun d'eux en ayent obtenus de noftredic
feu Seigneur & Pere ,oppofitions, & appellations quelconques, pour lefquel-
les ne voulons.eftre differé : Et afin que de toutes les chofes qui concernent
noftredit Domaine foyons mieux & plus feurement acertenez, faites , ou fai-
ces faire fur bons & loyaux Regiftres & enfeignemens; pour iceux eftre par
vous apportez ou enuoyez pardeuers Nous , afin d'y prendre finale conclu-
fion : Et outre, pource que les limitations de vofdites Charges font longues,
& de grande érenduë , parquoy ne vous feroit bonnement pofible d’aller par
cous les endroits d’icelles , Nous voulons que y puifliez commettre chacun
en fon endroit telles gens fuffifans & idoines que verrezeftre à faire; lefquels
y puiflent belongner pour & au lieu de vous, & yeftre obeïs comme fi vous
y eltiez en vos perfonnes ; & voulons qu’au vidimws de ces Prefentes, faires
fous le Seel Royal , foy foir adioütée comme à ce prefent original; de ce fai-
re vous donnons plein pouuoir , authorité , commifion & mandement ef-
pegçial : Mandons & commandons à tous nofdits Senefchaux, Baillifs, Pro-
cureurs , Treforiers, Receueurs, & autres nos Officiers & Sujets, que à vous,
vofdits Commis & Deputez en ce faifant , obeïflent & entendent diligem-
ment, & vous preftent & donnent confeil, confort ,ayde, faueur , & Prifons,
fi métier eft, & fi par vous ou vofdits Commisrequisen font. Donné à 4"-
boife le vingt-deuxiéme iour de Seprembre lan de grace mil quatre cent qua-
tre-vingc & trois , & de noftre Regne le premier. Ainf figné, CHARLES.
__. Parle Roy en fon Confeil, auquel eftoient Meflieurs les Ducs d’Oreans, &
ons _de Bourbon , Comtes de Clermont, Dauphin d’Auuergne & de Dunoé * , Vous *,
nos. les Sieurs de Chaffillon, de Torcy, & autres prefens, C4. Charbonnier.
Res Les Lettres que deffus, font extraites du feüillet 9. d'un Regiftre des Memoriaux
| de la Chambre des Comptes communiqué par M° d'Heronual , ainff que l'o-
riginal de la Lettre du Roy Charles V TITI. 4 la Chambre des Comptes, pour le
reconurement dudit Domaine Royal aliené.
EPARLE Roy, Nos amez € feaux; Nous auons receü vos lettres,
A Blois le 28. par lefquelles nous écriuez , que aprés auoir ve par vous nos Lettres
Oéobre1485. Parentes pour remettre en nos mains le Domaine aliené du temps de feu no-
ftre tres-cher Scigneur & Pere, on vous à prefenté depuis plufieurs Lertres
Patentes ds dons, tant dudit Domaine, Greniers , que autres chofes touchant
noftredic Domaine , pour en iouyr par les Donataires par leurs mains, qui
cft direétement venir contre noftre Ordonnance, & l’ordre de nos Finances;
& vous fçauons bon gré de nous en auoir auerty : Et pource que nous defi-
rons que noftredite Ordonnance touchant le recouurement de noftredit Do-
maine foit entierement obferuée ; Nous vous mandons, & exprefflément en-
joignons , que au préiudice defdices Lettres Patentes par Nous oétroyées ,
pour remettre noftre Domaine en nos mains , vous ne verifiez ne confentiez
cftre verifiées aucunes Lettres de don ; mais les faites entretenir de poinét
en point felon leur forme & teneur ; & qu'il n’y ayt point de faute. Don-
né à Blois le vingt-huictiéme iour d'Oftobre. | |
| CHARLES. Petit.
| CApporté le quatrième Nonembre mil quatre cent quatre-vingt trou.
DV ROY CHARLES VIII. 355
Lettres de Confirmation des Prinileges des Habitans de la ville de 1483.
A Amboi[e en
Compiegne, pour leurs droicts ex vfages Sepremb. 1483.
dans la Forest de Cuife.
HARLES par la grace de Dieu Roy de France; Sçauoir faifons à tous reilerspy de
prefens & à venir, Nous auoir veu les Lettres Patentes de feu noftre 74:4# Regifire
: ; {we -mentionné
tres-cher Seigneur & Pere, que Dieu abfolue, en forme de charte, efquel-4 1 chambre
les font incorporées certaines autres Lettres de feu , de bonne memoire , le 4e Compres,
Roy Charles Septième noftre ayeul ,auec certaines Lettres extraites de la Cham- nn
bre des Comptes ,o@troyées 4 #05 chers @ bien-amez les Bourgeoë, Manans G: * cette prefen-
Habitans de noëtre ville de Compicgne, dont la ceneur cft telle : Lovys par la É . …-
grace de Dicu Roy de France, Sçauoir faifons , érc. Item, Louys * @c. Ex- giftrée , auec
tratlum à Regiftré Camere Compotorum Regis , cum quibus ad inffantiam Procura- l'expédition de
toris Habitantium ville Compendij , colatio fit die decimä-quarta Ianuarÿ, anno . AP
Domini millefimoquadringentefimo [eptuageimo, Perme, Ain ligne 1. Badouuilliers. feuilles 3x.
Item, Aignan Viole Licentié en Loix, Aduocat en Parlement, & Lieutenant un af
general és pays de France, Champagne, & Brie ; pour noble & puiffanc Sei- Louys, ef/em-
gneur M de Montauban Admiral , Maïître Enquefteur, Grand-Maiftre , & es
General Reformateur des Eauës & Forefts du Royaume de France, 4 row Lure M feuit-
ceux qui ces preféntes Lettres verront, Salut; Sçauoir. faifons, que ja pieça nous #15.
fifmes crier & publier en la Chaftellenie de Compiegne, que tous ceux quife
difoient auoir droi®s, vfages , panaiges, bois, palturages, & autres droits en
la foreft de Cuife, qu’ils apportaflent pardeuers mondit Seigneur le Maiftre,
ou nous pour luy,coutes les Lettres , Titres, Priuileges, & autres enfeigne-
mens ; au moyen defquels, ils difoient lefdits droits , ou aucuns d'iceux, à
eux competer & appartenir , fur peine de les mettre en la main du Roy no-
ftre Scigneur ; & de la partie des Bourgeois , Manans & Habitans de la ville
de Compiegne fe fuflent traits pardeuers nous, & nous euffent requis aux Iours
derniers par nous tenus audit lieu de Compiegne , que leur voufiffions donner
fouffrance de iouyr & vfer des Priuileges & droits qu’ils difoient auoir en
ladite foreft de Cuifé, iufques à certain temps ; pendant lequel temps, ils fe-
roient diligence d’auoir confirmation du Roy noftre Seigneur de leurf-
dits Priuileges ; ce que leur fut lors par nous oétroyé iufques aux pro-
chains iours aprés enfuiuans ; depuis lefquelles chofes , lefdits Bourgeois,
Manans & Habitans fe feroient traits pardeuers le Roy , & ayent obtenu
Lertres de confirmation de leurfdits Priuileges , feellées en lacs de foye & cire
verte , auec l’expedition d’iceux de nofdits Gens des Comptes , iufques à
certain temps, comme par leurfdites Lettres & l’expedicion attachée aufdites
Lertres de confirmation, peut apparoir. Et depuis , pour auoir ample deli-
urance de leurfdits droiéts, vfages, & panaiges qu’ils onten ladite foreft de
Cuife, & autres droits ; fe foient derechef traits pardeuers le Roy noftredit
Seigneur lefdits Bourgeois, Martans & Habitans dudit Compiegne , & ayent
obtenu mandement ; par lequel eft mandé à nofdits Seigneurs des Comptes
faire iouyr lefdits Bourgeois , Manans & Habitans entierement de leurfdits
droi&s, vfages, & panaiges, & autres droits, le tout felon la forme & teneur
de leurfdits Priuileges & confirmation d’iceluy ; lequel mandement ils ont
prefenté à nofdits Seigneurs des Comptes, afin d’enauoir expedition plenie-
re felon fa forme & teneur ; en obtemperant auquel mandement, nofdits
Seigneurs des Comptes ayent écrit au dos dudit mandement pour l’expedi-
tion ce qui s'enfuit : Leéfa, publicata, regiffrats, G expedits in Camera Compo-
torum Domini noftri Regis Parifius, die vigcfima fecunda Septembris , anno Domini
mille/imo quadringentefimo [exagefimo tertio. Ainfi figné , 1. de sa" NS com-
| Y 1)
1483.
Wal, Agnan
al, Adum
356 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
me toutes ces chofes peuuent plus amplement apparoir ; aufquelles Lettres
de confirmation, expedition, & mandement defdits Priuileges, ces Prefen-
tes fonc attachées fous le Seel de l'Office defdites Eauës & Forefts. Pour-
quoy ,nous, veuês lefdires Lettres & expedition d’icelles ,aufdits Bourgeois,
Manans & Habitans dudit Compicgne auons deliuré & deliurons leurfdits
droits, vfages, panaiges, & autres droiéts qu’ils ont en ladite foreft de Cui-
fe, contenus & declarez efdites Lertres d'expedition ; pour par eux & leurs
fucceffeurs iouyr & vfer, ainfi qu’ils ont accoütumé de iouyr & vfer, pour-
ueû qu’ils foient tenus d’en vfer fans excés & abus , felon les Ordonnan-
ces Royaux faites fur le fai des Fauës & Forefts. Si donnons en mande-
ment, par ces mefmes Prefences , au Garde de ladite foreft de Cifé , ou
fon Lieurenant, & à tous autres Iufticiers , Officiers , & Sujets du Roy no-
ftredit Seigneur, que lefdits Bourgeois , Manans & Habitans de ladite ville
de Compiegne faffent , foutfrent, & laiflent iouyr & vfer de leurfdits droids,
vfages , panaiges , & autres droits contenus & declarez efdites Lettres cy-
attachées , comme dit eft par la maniere deflufdite , pleinement & paifible-
ment, fans leur donner, ne mettre, ne fouffrir eftre fait , mis ou donné au-
cun deérourbier ou empéchement au contraire : Et l’Arreft , fi aucun yen
auoic mis ,au moyen denoftre Commiflion ou commandement efdits droiés,
vfages, panaiges, & autres droits, nous par cefdires Prefentes le mettons à
pleine deliurance. Donné audit lieu de Compiegne fous ledit Seel ,le douzié-
me iour de Septembre l'an mil quatre cent foixante quatre. Ainfi figné, Bou-
teiller. Item , Colart le Here Lieuvenant de la Garde de la foreft de Cwife ,àtous
les Sergens & Ofhciers du Roy noftre Seigneur en ladite foreft, & à chacun
de vous, Salut. Srawoir faifons, que nous auons receü & veü les lettres de ho-
norable homme & fage Maiftre Adam * Viole Licentié és Loix, Aduocaten
Parlement , Lieutenant general és Pays de France , Champagne , & Brie,
pour noble & puiflant Seigneur Monfieur de Montauban Admiral , Maiftre
Enquefteur ; & General Reformareur des Eauës & Forefts du Royaume de
France, attachées fous le Seel aux Caufes dudit Office , à certaines Lettres
de confirmation & cexpeditions des Priuileges que ont en ladite foreft les
Manans & Habicans de la ville de Compiegne ; & entre autres chofes , des
droids , vfages, franchifes & libertez qu’ils ont en icelle foreft , & panaiges
de pourceaux , & autrement; par lefquelles Lettres de mondic Sr le Maiftre
nous a efté & eft mandé , que nous fouffrions & laiflions lefdits Habitans
iouyr & vfer de leurfdits droiéts, vfages, 8 panaiges par la forme & manie-
re plus à plain contenuë & declarée efdites Lettres, aufquelles ces Prefentes
font auffi attachées ; en obtemperant au contenu defquelles Lettres , vous
mandons , & à chacun de vous endroit foy, que lefdits Manans & Habitans
de Compiegne faites , fouffrez & laiflez iouyr & vfer plainement & paifible-
ment defdits droiéts, vfages, & panaiges qu’ils ont en ladite foreft, felon la
forme & teneur declarée en leurs Chartes , de ce faifant mention , fans leur
donner aucun détourbier ou empéchement au contraire, pourueû qu'ils en
vfent fans excés ou abus. Donné fous noftre Seel le treiziéme iour de Se-
ptembre l'an mil quatre cent foixante quatre. Ainfi figné I. Ducque. Item,
Aignan * Viole Licentié és Loix, Aduocat en Parlement, & Lieutenant ge-
neral és pays de France , Champagne, & Brie , pour noble & puiffant Sei-
gneur Monfieur de Chasfillon & de Fremoerin, Grand-Maiftre & General Re-
formateur des Eauës & Forefts du Royaume de France. LA rowsceux qui ces pre-
fentes Lettres verront, Salut ; Sçauoir faifons. Que par l'ordonnance & man-
dement de mondit S' le Maifire nous auons fait crier , publier , & fait fça-
uoir à tous ceux qui fe difoient auoir droiéts, vfages, bois, paftures , & au-
tres droicts en la foreft de Cuife, & ailleurs en la Chaftellenie de Compiegne,
touchant le fai& defdites Eauës & Forefts , qu’ils apportaflent pardeuers mon-
DV ROY CHARLES VIII. 357
die S' le Maiftre , ou nous pour luy , audit lieu de Compiegne , ce iourd’huy
toutes les Lettres, Titres, Priuileges , & autres enfeignemens ,au moyen def-
quels ils difoient lefdits droiéts ,ou aucuns d’iceux, à eux duire , competer,
& appartenir , fur peine de les mettre en la main du Roy noftre Seigneur ;
& de la partie des Bourgeois , Manans & Habicans de la ville de Compiegne
fe foient craits pardeuers nous , & nous ayent fait apparoir de plufieurs Ler-
tres de confirmation du Roy noître Seigneur qui à prefent eft , & Lettres
1483.
d'expedition de nos Seigneurs des Comptes, & deliurance du Maitre jadis
defdices Eauës & Forefts ; par lefquelles Lettres de confirmation ledit Sei-
gneur veut & mande que lefdits Bourgeois , Manans & Habitans de ladite
_ ville de Compiegne iouyflent de leurs droiéts, vfages, & panaiges qu’ils onten
ladice foreft de Cui/e ; Pourquoy , nous , veù lefditces Lettres de confirmation
& expedition & deliurance, aufquelles ces prefentes font attachées fous le
Seel de l'Office defdites Eauës & Forefts, auons deliuré & deliurons aufdits
Manans & Habitans de la ville de Compiegne leurfdits droi&s, vfages, panai-
ges, & franchifes qu’ils ont en ladite forcft de Csife , contenus & declarez
efdites Léttres; pour par eux & leurs fucceffeurs iouyr & vfer ainfi qu’ils ont
accoütume le Eire , fans excés & abus ; & que par eux les Ordonnances
Royaux faires fur le faiét defdites Eauës & Forefts y foiententicrement tenués
& gardées. Si donnons en mandement, par cefdites Prefentes ,au Gruyer de
la foreft de Cuife , & autres Officiers illec , que lefdits Bourgeois , Manans
& Habitans de ladite ville de Compiegne, de leurfdits droits, vfages, panai-
es & franchifes faflent, fouffrent, & laiflent iouyr & vfer par la maniere def-
Pfdite plainement & paifiblement, fans leur donner , ne mettre, ne fouffrir
eftre fait, mis ou donné aucun détourbier ou empéchement au contraire; &
fi aucun arreft ou empéchement leur eftoit , ou auoit efté fur ce mis au
moyen de noftre Commiflion; nous par ces mefmes prefentes les mettons à
plaine deliurance. Donné audit lieu de Compiegne fous ledit Seel ,le Vendre--
dy vingt-deuxiéme iour du mois de May l'an mil quatre cent foixante &
fept. Ainf figné Bouttilier. Item, A tous ceux qui ces prefentes Lettres ver-
ront, Antoine des Effars Seigneur de Thieux , de Lye en Berry, & de Glatigny
ou Vau-de-Galye , Confeiller & Chambellan du Roy noftre Seigneur, Maïiftre
& General Reformateur des Eaués & Forefts dudit Seigneur en France,
Champagne, & Brie, des Bailliages de Vermandois, Senlis, Mante , Melun*,
Chartres, Montargis, Sainét-Pierre-le-Monftier, Lionnois, Mafconnois, &
des Reflorts d’Auuergnc, & Bailly de Meaux, Salut ; Comme par noître or-
donnance & commandement la foreft de Cwife , & les droiéts des Vfagers,
& aucres ,eux difans auoir droits & franchifes en icelle, euffenc efté empé-
chez iufques à ce qu'ils euflent fait apparoir des drois & vfages deflufdits,
& de leurs Priuileges , de ce faifant mention ; pour lequel empéchement
s'eft auiourd’huy trait deuers nous le Procureur des Habitans de la ville de
Compiegne, qui nous a fuffifamment fait apparoir de leurs Chartes & Priui-
leges , faifans mention des droits, vfages, & franchifes qu’ils ont en ladite
foreft de Cuife , & des deliurances & expeditions fur ce à eux faites par nos
predecelleurs ; veués lefquelles Lectres & Priuileges , nous auons ofté &
oftons l’'empéchement mis pour la caufe deflufdite és droits & vfages def-
dits Habitans. Si donnons en mandement, par ces prefentes,au Gruyer ou
Garde de ladite foreft , ou fon Lieutenant , que d’iceux droi@s & vfages
foutfrent, & laiflent paifiblement iouyr lefdits Habitans; c’eft à fçauoir, d'a-
uoir & prendre en ladite forelt par les mains des Officiers en icelle , du bois
vif pour reparer les Ponts de ladire Ville , & leurs manoirs & maifons , qui
à l’occañon du fieye mis deuant ladite Ville par les ennemis lors du Roy
noftredit Seigneur ,en l'an mil quatre cent & trente, & autrement ont éfté
détruires & abattuës. Ztem', du bois mort, gifant & fec , en l’oftant pour ar-
| | Y y 1
* Meulan
1483.
358 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
doir. Item, de y mettre en panaige deux pourceaux par chacun defdits H2-
bitans. Ztem, Le pafturage de leurs beftiaux ainfi, & par la forme & manie-
re qu'ils ont accoütume d'en iouyr & vier, & que le contiennent leurfdites
Chartes & Priuileges , fans leur donner dérourbier ou empechement au con-
traire en tout; & les Ordonnances Royaux faites fur le fai& defdites Forefts,
entierement gardées ; En témoin de ce, nous auons feellé ces Prefentes de
noitre Scel à ce ordonné. Donné audit dr le quatriéme iour de Iuil-
let l'an mil quatre cent foixante & dix-neuf; Ainf figné, Dwcques. Lefquelles
Lettres deffus tranfcrites , pour confideraiion de la bonne , vraye , & entiere
obeiffance que lefdirs Bourgeois, Manans & Habitans de noftredite ville de
Compiegne ont coüjours euë & demonftrée par effet enuers nos predeceffeurs
Roys; & afin qu’ils ayent mieux caufe & vouloir de ainf le faire & continuer
enuers nous & nos fuccefleurs, & pour autres caufes & confiderations à ce
nous mouuans, Awons loiées,ratifiécs, approuuées, & confirmées ; & par ces Pre-
fentes de noître grace efpeciale, pleine puiflance, & authorité Royale; & par
l'auis & deliberation de plufieurs Princes & — de noftre Sang & Li-
gnage, & Gens de noftre Confeil loüons , ratiñons , approuuons $& confir-
imons; & voulons que lefdics Bourgeois , Manans & Habitans prefens , & à
venir , iouyflent dorefnauant, #0/fre vie durant feulement , des chofes contenuës
& declarées efdites Lettres; en enfuiuant toutes voyes, la verification d’icel-
les par nofdits Gens de nos Comptes & Treforiers, en tant & fi auant qu'ils
en ont par cy-deuant iouy & vfé. Si donnons en mandement par ces mef-
mes prefentes 4 nos amez, C feaux Gens de nos Comptes G* Treforiers à Pars,
Generaux Confeillers par nous ordonnez fur le fait & gouue:nzment de
nos Finances ,de la Juftice de nos Aydes à Paris , au Bailly de Sexls , Mai-
ftre des Eauës & Forefts en nos pays de Champagne & Brie , & à tous nos
autres Jufticiers & Officiers , ou à leurs Lieutenans prefens & à venir , & à
chacun d’eux fi comme à luy appartiendra , que de nos prefentes Graces &
Confirmation faffent , fouffrent & laiffent lefdits Bourgeois, Manans & Ha-
bitans, & chacun d’eux & leurs hoirs & fuccéfleurs iouyr & vfer pleinement
& paifiblement , soifredite vie durant , par la maniere deflus declarée , fans
leur faire, mettre ou donner, ne fouffrir eftre fait , mis ou donné aucun dé-
tourbier ou empéchement au contraire; mais fi fait, mis ou donné leur auoit
cfté ou eftoit, le faflent, chacun d’eux endroit foy incontinent & fans delay,
reparer & remettre au premier eftat & deu: Car ainf nous plaift-il, & vou-
Jons eftre fait ; nonobftant quelconques Ordonnances ,mandemens ou defen-
fes à ce contraires. Et pource que lefdits Habitans, & chacun d'eux endroit
foy , pourront auoir affaire deces Prefentes en plufeurs & diuers lieux, nous
voulons & nous plaift, que au vidimws d'icelles, fait fous le Seel Royal, foy
foit adioùrée comme à ce prefent original : Et afin que ce foit chofe ferme
& ftable à toûjours , nous auons fait mettre noftre Seel à cefdites Prefentes,
fauf en autres chofes noftre droi& , & l'autruy en toutes. Donné à A4mboife
au mois de Septembre l’an de grace mil quatre cent quatre vingt & trois.
Ainfi figné, Par le Roy, les Comtes de Clermont, & de Dunos, le Gouuer-
neur de Touraine, le Sire de Baudricourt, le Bailly de Meawx, & autres pre-
{ens. Mefme, &c. vifa, contentor , Defmares.
Fol.77.dumef- Suit le Mandement du Roy pour expedierlefdits Priuileges , nonobffant qu'ils ne [oient
me Regiftre.
Jignez d'un Secretaire des Finances.
Puis fuit l'expedition de la Chambre des Comptes fur lefdits Priuileges.
ee +
DV ROY CHARLES VIII 359
Confirmation du Bailly de Saint-Pierre le Monftier. : Je,
Regiftre du
VERINVSLE GRoinc, Miles s0%frmatus Bailliuus Sani Petri Mo- Pr.
nafterij, per Litteras Domini noïtri Regis datas UAmbafis die fecundä Oéfobris 4 Amboife te
1483. fgnatafque Par Ie Roy en fon Confeil, Monfeigneur le Duc de Bowrbon, 2 24obr. 1483-
les Comtes de Clermont & de Dunos , le Sire de Torcy, l’Euefque, d'Alby, & comtes deCier-
autres prefents , Robertet Preffitit iuramentum [olitum in manibus Domini Can- mont & de
cellarij die duodecimé menfis Ocfobris anne Domini 1483. necnon receptus eff ad us
Ojficium Bailliui, @ folitum preffitit iuramentum. CAtlum in Parlamento vigefimä Le Chancclier
féptim& Maÿ 1484 Chaftellier. Item praffitit iuramentum in Camera Compotorum ri .
Domini noïtri Regis Parifius die decimä tertiä Iulÿ 1484.
Lettres Patentes du Roy Charles VÜIL. contenant Prouifion 4 Iean Duc Ales
de Bourbon & d'Auuergne, de la Charge de Conneftable, ex
Lieutenant General par tout le Royaume.
© ARLES par la grace de Dieu Roy de France, A sons ceux qui ces pre- nee .
fentes Lettres verront , Salut ; Comme aprés le trépas de feu nofire tres- &62. de l'Hi-
cher Seigneur & Pere, que Dieu abfolue,& que par aucuns grands Seigneurs de PUS vs
noftre Sang & Lignage, & autres notables Perfonnages de noftre grand Con- sures offisiers
feil, eftans prefentement entour de nous , ayons efté auerty de plufeurs gran- #*!# Couron-
des affaires de noftre Royaume; entre autres chofes nous ayt efté par eux re- fai ie
montré , que pour le bien de nous, feureté & entretenement de noîftre Royau- # Leuure.
me,& de toute la chofe publique d’iceluy , & conduite de nos Gens de guer- 2. | ol
re, attendu noftre jeune âge ,eltoic tres-neceflaire ,conuenable, & expedient ren
pouruoir à l’Eftar & Office à Conneffable de France ; duquel Eftat & Office nous
ayons trouué notre Royaume dépourueü ; & à cette caufe ayt efté auifé parles
deflufdits ,que audit Office & Eftat foit par nous pourueü de Perfonnage de
grande auétorité, prudence, & longue experience tant és faiéts de la guerre, que
ésautres plus grands & principaux matieres & affaires de noftredit Royaume,
à nous Se a feur & feable; Sçauoir faifons, que aprés que cette matie-
re a efté debatuë entre lefdits Seigneurs de noftre Sang & Lignage, Prelats,
Barons, & autres notables Perfonnages en noftredit grand Confeil , & que par
l'opinion detouseux conuenans enfemble en grand nombre , reduifans à me-
moire la confanguinité , affinité , & proximité de Lignage , quitoûjours a efté
entre nos predecefleurs Roys de France, & les Ducs de Bourbonnois & d’Au-
uergne , qui fonc d:fcendus de noftre Maifon , de nos predecefleurs Roys
de France , en la lignée de Monfeigneur Sain@& Louys noftre predecefleur,
& dont nous attienc & eft prochain noftre tres-cher & tres-amé oncle & cou-
fin Zeas Duc de Bourbonnois & d’'Auuergne, Comte de Foreft & del’Ifle, Sei-
gneur de Chaftelchinon, de Roche, & de Nonnay, Pair, & Chambrier deFran-
ce ,noftre Lieutenant general & Gouuerneur en noftre pays de Languedoc,
les fens, prudence, vaillance , longue & bonne experience, qui font, & onteité
en fa perfonne dés fon ieune âge tant en fai des guerres, que autres gran-
des affaires de noftre Royaume; & aufñli les hauts, loüables & recommanda-
bles feruices que noftredit oncle & coufin a faits par cy-deuant; en enfuiuant
comme vray imitateur des memorables fais & grandes vertus de fes prede-
cefleurs & anceftres, dont les aucuns font morts, & autres efté pris des An-
g lois anciens ennemis de noftredit Royaume, pour la tution & defenfe d’iceluy ;
& mefmement que noftredit oncle & coufin a faits depuis fa ieunefle à feus nos
tres-chers ayeul & Pere , és Conqueftes des Duchez de Normandie & Guyen-
ne, efquelles il s’eft grandement & vaillamment porté ,tant en la Bataille de
1483.
360 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
Fromigny gagnée fur nofdits ennemis , où ileftoit Lieutenant general & Chef,
ayant la principale charge & conduite de l Armée & Gens de guerre de no-
ftredit feu Seigneur & ayeul , que en plufieurs autres Batailles & rencontres
_ defdies ennemis, Sieges, & autres Aëes de guerre , où il s’eft tres-vertueu-
fement & continuellement employé de tout fon pouuoir, fans y épargner corps
ne biens; tellement qu'il a bien merité d’en eftre de Nous & de toute la chofe
publique de noftredit Royaume , reconnu d'honneur & de preéminence; par-
quoy entre les autres Princes & Seigneurs de noftre Sang & Lignage eftoit di-
ne & fuffifant d’auoir & obrenir de nous ledit Office & Eftat de Conneffable de
Patti mines confideration des chofes deflufdites,en reconnoiffant les {er-
uices dont deffus eft faite mention, faits par noftredit oncle & coufin , & qu’il
nous fait de prefent en la conduire & direétion des plus grands & plushaurs
fais & affaires de noftre Royaume, & de coute la chofe publique d’iceluy;
en quoy, depuis noftre nouuel aduenË£ment à la Couronne, il s’eft tres-affe-
tueufement employé en grande cure, diligence, & follicitude, & efperons
que toüjours fafle le cemps à venir, confiant par ce fingulierement & entie-
rement de fes grandes & loüables vertus: Iceluy pour ces caufes, & autres à ce
nous mouuans , & par l’auis & deliberation des déffufdies auons fait, conftitué,
eftably & ordonné, & pat ces Prefentes faifons ,confticuons , eftabliffons & or-
donnons Connesfable de France ; & ledit Office de Conneïfable uy auons donné
& o&royé, donnons & oétroyons de grace fpeciale par cefdites Prefentes; pour
iceluy Office de Connestable de France auoir, venir, & dorcfnauant exercer par
noftredit oncle & coufin ; enfemble, & auec ledit gouuernement de press
& autres Eftats, gages ,penfions , & bienfaits qu'il a de prefenc, & pourra auoir
cy-aprés de Nous, aux honneurs, prérogatiues, preéminences, faculrez, droi&s,
gages, profits, & autres quelconques émolumens accoutumez , & audit Office
appartenans ; & auec tels pouuoirs, jurifdiétons & auétoritez que les Connesta-
bles de France qui par cy-deuant ont efté fes predecefleurs audit Office ont
pour raifon d’iceluy eù, & accoütumé d’auoir; & voulons & entendons auili
& ainfi nous plaift eftre fait ,à ce qu’en toutes chofes raifonnables il Juy foit
mieux obey par tous nos Sujets, & qu’il puifle mieux & plus conuenablement
pouruoir à toutes les chofes où befoin fera, pour le bien , feureté , & tran-
quillité de nous, & noftre Royaume , qu’il ayt faculté & puiflance de vfer par
cout noftredit Royaume de l'auttorité & pouuoir de Liestenant General de par
nous, pour pouruoir én noftre abfence, à toutes les chofes où il verra befoin
éftre pour le bien de nous, de la chofe publique, foulagement. repos & tran-
quillité de nofdits Sujets ; & auquel Eftat de Liewtenant de par Nous , par tout
noSfre Royaume , V'auons ordonné & conftitué , ordonnons & conftituons par
cefdices Prefentes, fans préiudice toutesfois du pouuoir & autorité de Lieu-
tenant pat nous baïllé & oétroyé en aucunes contrées particulieres de no-
ftre Royaume , à aucuns des Seigneurs de noftre Sang & Lignage , & autres
quelconques; & entendons qu'efdits lieux où il y a Lieutenance particulie-
re, à l’occäafion de ces Prefentes ,aucune chofe ne foit dérogée; ainçois que
quand le cas y écherra , noftredit oncle & coufin , & les autres Seigneurs
de noftre Sang & Lignage , & autres quelconques à qui auons baillé lefdi-
tes Lieutenances particulieres, puiffent vfer les vns auec les autres en bonne
amour & vnion chacun en fes fins & metes en tout ce qu’ils verront eftre à
faire pour au bien.de Nous & de nofdits Royaume & Sujets. Si donnons en
mandement par ces mefmes Prefentes à nosamez & feaux Confeillers les Gens
de nos Parlemens à Paris, Thoulouze, Bourdeaux & Dijon;aux Gens auffi
de nos Comptes à Paris, Treforiers de France, & Generaux Confeillers par
nous ordonnez fur le fait & gouuernement de toutes nos Finances, chacun
ainfi que à luy appartiendra; Que defdits Office & Eftar de Conneïfable de Fran-
ce, &c Lieutenance Gencrale par noffre Royaume ,ainf que deflus eft declaré, : faf-
| ent,
St Ed Cr erinr Fe a
DV ROY CHARLES VIII. 361
fent,fouffrent & laiflent chacun en fon endroitnoftredit onclé & coufin duquel
auons pris & receü.le /érmest dr hommage pour ce à nous deubs ,&entelscas ac- 1 433.
coûtumez ; & lequelauons mis &inftitué en poflefion & faifine de par nous
_defdirs Offices & Eftars ; enfemble des honneurs, prérogatiues, preéminences,
facultez , droits, profits, & émolumens deflufdits jouyr & vfer pleinement
& paifiblement, & à luy obeïr & entendre de tous ceux, &ainfi qu’il appar-
tiendra és chofes couchans & regardans lefdits Eftats & Offices. Man dons
en oucre aufdics Freforiers & Genceraux Confeillers fur le fait & gouuer-
nement de toutes nos Finances, que les gages audit Office appartenans , ils
faflent des deniers de nos Finances cant ordinaires qu’extraordinaires payer
& deliurer à noftredit oncle & coufn ,ou àfes Commis & Deputez par ice-
luy ,ou ceux de nos Receueurs qu'ils auiferont ,aux termes & en la maniere
accoütumée ; Et par rapportant ces Prefentes ou vidimss d’icelles, fait fous Seel
Royal pour vne Lis. &c quictance fur ce fuffifante de noftredit oncle & coufin
tant feulement : Nous voulons lefdits gages eftrealloüez& comptez & rabatus
de la Recepte d'iceluy ou ceux de nos Receueurs qui payez les auront , par
Jefdits Gens de nofdits Comptes ; aufquels nous mandons ainfi le faire La
difficulté. Mandons aufli & commandons à rous nos Capitaines & Condu-
éteurs de nos Gens de guerre, tant de noftre Ordonnance que autres mis ou
à mettre fus de par Nous, Capitaines des Places, Villes, Chafteaux, & Forte-
reffes de noftre Royaume, & à tous nos autres lufticiers, Officiers, & Sujets,
&c à chacun d’eux ,que à noftredit oncle & coufin ,fes Commis & Deputez,
en faifant & exerçant les Offices & Eftats deflufdits par nous à luy baillez , ils
obeïflent 8& entendent diligemment , luy faflent ouuerture defdices Places
quand le cas le requerra; & donnent confeil, confort, ayde, faueur, & pri-
fons, fi métier eft , & requis en font. Et pource que on pourra auoir affaire
de ces Prefentes en plufeurs &diuers lieux , nous voulons que au vidimus d'i-
celles , fait fous Seel Royal, foy foitadioùtée comme au prefent original. En
témoin de ce nous auons fait mettre noftre Seel à cefdites prefentes. Donné
_ à Blole 23. iour d'Oëtobre l’an de grace mil quatre cent quatre-vingt & trois,&
de noître Regne le premier : Et fur lereply defdires Lettres ef écrit ce quis’en-
fuit, Parle Royen du Confeil, Méfleigneurs les Ducs d’Orleans & d'Alençon,
les Comtes d’Angoulefme, de Clermonr, Comte Dauphin d’Auuergne, d'Al-
bret, de Bagié Seigneur de Brefle, de Vendofme, de Monfort, de Dunois,
de Rouffillon Admiral , & de Comminge , Pow *, les Archeuefques de *Efpar an
Rheims, & Euefque de Langres Pairs de France, les Eucfques d’Alby , de ‘°%%#* €
Conftances , & de Perigueux , le Grand-Maiftre , les Seigneurs de Chaftil-
lon , de Torcy; de la Trimoile, de Richebourg , de Curton, Defquerdes, &
de Gyé Marefchaux de France, de Chaftillom , de Touteuille, de Moyon,
de Maulny ,de Montrefor, de Genly,de Boify, de Monteil, & autres pre-
fens. Ainfi figne, @c. Perir. & font fecllées à double queué de cire jaune.
Pris fier les Lettres originales en parchemin , communiquées par M: d'Herouual,
fur le dos defquelles est écrit , Lertre de l'Office de Conneffable de France pour
Monfeigneur le Duc.
Lettres du Roy Charles VIII. portans , que aucune expedition ne fois F#:5-v%rh.
foire par Mefieurs de la Chambre des Comptes fur les dons quife Siers
pourroient faire du Domaine éo° des Greniers 4 Sel. |
+ ARLES par la grace de Dieu Roy de France ,LA nos amez Cr feaux les
Gens de nos Comptes à Paris , Salut Gr diletfion : Pource que entraitant des
befongnes & affaires de noftre Royaume auec les Seigneurs de noftre Sang &
. Zz
362 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
ARS ef . .
1483. autres Seigneurs & Gens de noftre grand Confeil, ayons entre autres chofes
cftéaucrtis, & amplement informez des grands & expreflifs dons que aucuns
particuliers ont par cy-deuantc obtenus de feu noître tres-cher Seigneur & Pere.
tant de noftre Domaine que du Reuenu des Greniers à Sel par nous établis en no-
firedic Royaume, qui eftoienc & font les meilleurs, & plus clairs deniers d’i-
celuy; defquels dons ils ont par long-cemps ioüy & vfé, & pourroient enco-
re faire par leurs grandes importunitez , ou autrement : Now voulans y donner
prouifion vous mandons & commandons bien expreffément, que d’ores-en-
auant vous n’expediez ,ne donniez vos confentemens aux Lettres qui auroienc
efté par noftredit feu Seigneur & Pere, ou celles qui feroient parnous ordon-
| nées & commandées touchant les dons que aurions ou pourrions auoir faits
| | de noftredit Domaine & Greniers à quelconques perfonnes ,ne pour quelcon-
ques caufes que ce foient; mais fi aucune chofe y auoit par vous efté faire ou
expedice au contraire , faites qu'elle ne fortiffe aucun effet : Car ainfi nous
plaift-il eftre fait, nonobftant quelconques Lettres qui en auroient efté im-
petrées tant de noftredit feu Seigneur & Pere, que de Nous. Donné à 3/4
le vingt-neufiéme iour d'Oëtobre l'an de grace mil quatre cent quatre-vingt
& trois, & de noîftre Regne le premier. Ainfi figné , Par le Roy, les Com-
ces de Clermont, & de Dunow , l'Euefque d’Ælby, le Sire de Torcy , & autres
prefens , 4. Charbonnier. Leëts & publicata in Camera Compotorum Domini
noffri Regis, Parifius quartä die Nouembré anno quo fupra , Badouiller. Collatio
fit cum original, per me, le Blanc.
«
ABagele Lettres du Don fait par le Roy Charles VIIL. à François d'Orleans
13. Nouernvre : ; ; ? 6
1483 Premier du nom Comte de Dunois, de trois mil neuf cent foixante
Dacats par an, que doinent les Habitans de Briançonnois, a# pays
de Dauphiné.
* 1108 dis On- ( | 7 ARLES par la grace de Dieu Roy de France, Dauphin de Viennois,
cle 4 coufe qu. Comte de Valentinois, & de Diois; 4 tous ceux qui ces prefentes Lettres
il auoit épousé |
Agnes de Sa- Verront ; Salut : Sçauoir faifons , que pour confideration de la proximité de
uoye fur de Ligrage dont noftre tres-cher & tres-amé Oncle * & Coufin François d'Orleans
re deceRoy, Comte de Dunors & de Longuenille, noftre Lieutenant general & Gouverneur de
v. pag. 142. NOfdits pays du Dasphiné, Comtez de Valentinois & de Diois, nous attient
précédente, à jceluy ; pour ces caufes , & afin qu’il ayt toüjours mieux dequoy grande-
ment entrétenir fon cftat , & fupporter les grands frais & dépenfes que faire
& foütenir luy conuiendra à l'exercice dudit Office , & autrement ; & aufii
pour luy ayder à fupporter ce qu'il luy a conuenu & conuient faire & payer à
noftre cher & feal coufin Cefar de Chaffillen , pour le recompenfer du droi€t
qu’il precendoic audit Eftat d'Office de Gowuerneur du Dauphiné, dont il auoit
aucresfois eù don de feu noftre tres-cher Seigneur & Pere , que Dieu abfol-
ue, & pour autres caufes & confiderations à ce nous mouuans, 440#s, outre
les autres bienfaits qu'il a , & pourra auoir de Nous, donné & donnons par
ces Prefentes la fomme de trois inil neuf cent foixante Ducats, que nous
doiuent & font tenus payer par chacun an, le iour & fefte de la Purification
Noftre-Dame, dite Chandeleur , fecond iour de Feurier , à noftre Treforerie
du Dauphiné les Manans & Habitans de noître pays de Briançonnoës , audit
pays du Dauphiné ; & icelle fomme de trois mil neuf cent foixante Du-
cats auoir, prendre & receuoir par noftredit Oncle & Coufin , par fes mains
& fimples quittances, ou de fes Commis & Deputez, dorefnauant par cha-
cun an , le premier terme & entier payement commençant à ladite fe-
fte Noftre-Dame de Chandeleur prochain venant mil quatre cent quatre-
vingt trois , ledit iour inclus, fans qu'il luy foic befoin en auoir autre ac-
pv ROY CHARLES VIIL 363
quit que cefdites Prefentes, que nous auons pour ce fignées de noftre main. | 9
Si donnons en mandement } nos amez & feaux les Gouuerneur , ou fon Lieu- * 4° 3°
nant, Gens de noftre Cour de Parlement , & de nos Comptes à Grenoble,
Gencral Treforier, & Receueur general de nos Maifons audit pays de Dau-
phiné; 8 à chacun d’eux comme à luy appartiendra, qu’en faifant & laiflant
. noftredir Oncle & Coufin iouyr de noftredit prefent Don ; ils luy fouffrenc
& laiflent auoir, prendre, & receuoir par fes mains & fimples quitrances, ou
de fefdits Commis , ladite fomme de trois mil neuf cent foixante Ducats do-
refnauant par chacun an, au terme, & ainf que deflus eft dit; & par rappor-
tant cefdites Prefentes; ou du moins, widimes d’icelles fait fous Seel Royal,
ou Dauphinal pour vne fois, & quittance ou reconnoiflance fur ce fuffifan-
te, de noftredic Oncle ant feulement , nous voulons noftredit Treforier pre-
fenc & à venir en eftre tenu quitte & déchargé par nos amez & feaux les
Gens de nos Comptes à Paris ,aufquels nous mandons ainfi le faire fans dif-
ficulté : Car ainfi nous plaift-il eftre fait , nonobftant quelconques Ordon-
nances, reftriions, mandemens , ou defenfes à ce contraires. En témoin de
ce nous auons fait mettre noftre Seel à cefdites Prefentes. Donne à Beuzes-
ep le treiziéme iour de Nouembre l'an de grace mil quatre cent rte à
trois , & de noftre Regne le À ma Signé , CHarLes. Ec fur le reply,
Par le Roy , Dauphin , Mefleigneurs les Ducs d'Orleans & de Bourbon , les
Comtes de Clermont, & de Marle, l'Eucique d'A4/by, le Seigneur de Torry, &
autres prefens. Ain figné Zrises auec paraphe. Et plus bas eft écrit : Cos-
tionnpé à l'original en parchemin ; Ce fait, reuds par les Notaires Garde-netes du
Roy noftre Sire au Chaïtelet de Pari foubs-figmez , ce iourd'huy vingt- cinquiéme
May mil fx cent [oixantc-bait. Signé Pauyot, 8 Rousier.
Teflament de Charlotte de Sauoye P femme, 67 veufue du Roy Amboif le
Louys XI. dans lequrl elle prie le Roy Charles VIII. {on fils , com- +0
me Roy , @ luy commande comme Mete ; de maintenir tous [es Off- äe Bordcille,
ciers [fçamoir d'El) en leurs eflats , ibertez, Prinileges eg franchi Tease
nomme Exccureurs de fon Teftamenc l'Arcewefque de Tours * ;ué une.
fôn fils de Beaujeu*, /ôn frere de Dunois*, & Iean Tiercelin ; tran- en
férit [ur vne Expédition originale en forme. | Duc de Bour-
bon ,v. pag. 6.
V nom de Dieu, du Pere, Fils,& Sain® Efprit , & de la tres-glorieu- nn.
L Afe Vierge Mere de Dieu , & de toute la benoifte Cour Celeftielle de NC ape
Paradis , Nous Charlotre par la grace de Dieu Reyne de France | mere du 4 4 Ages
Roy Charles à prefenc viuant, confiderant noîftre pauure fragilité , & qu'il de
n'ef plus rien certain que lamort, & plus incertain que l'heure d'icelle, à pre- a
fent detenue par infimité de maladie ; combien que foyons par la grace de preced. @ pes.
Dieu faine d’entendement & bonne memoire , voulant viure & mourir en de
la foy Cacholique , & defirant de tout noître cœur difpofer de nos biens & Vir. quciay
facultez ,à ce que ne mourions imsefkate Ÿ , auons fait , dit & declaré de no- Je dit
ftre certain & vray propos ,noftre Ttfamemt , & noftre detniere volonté en la » cefsie,
maniere qui s'enfuit. | | rs Te-
En premier lieu , nous recommandons à Dien noftre Pere Omnipotent, |
{on benoift Fils au Sain@ Efprit, & à la Vierge Marie ,mon Aine ,à ce qu’il
. Îeur plaïfe ordonner eftre mile encre les mains du benoift Archange Saint
Michel , pour la prefenter deuantlatres-Sainéte Trinité quand elle partira de
mon Corps. |
Hem, Nous élifons noftre fepulture à la difcrerion de nofîre wesicher &c
tres-amé fils Le Roy, & de nos Execureurs cy-deflous nommez.
fem, Nous voutons & vrdonrons nos debres eflre loyaument & iufte-
Z 1)
364 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
ment payées; & mefmement ce que deuons à C4/exandre Blandis, tant pour
1483. le fait de noftre Argenterie, comme pour lesgages de nos Officiers & liurées
de nos femmes à argent, du temps de feu Meflire Pierre CArtaslr dont ledic
Alexandre renoit le compte ; & generalement toutes nos autres debtes, &
icelles auoir , pour prendre fur le plus beau & meilleur de tous & chacuns
nos biens meubles. |
Item ; Donnons à noître fille d’Orleans la fomme de deux cent marcs d’ar-
gent de noftre vaiflelle , pour luy ayder à foy emmenager.
Item, Noulons & ordonnons que la fomme de fix mil écus d’or foit don-
née & diftribuée par les mains de nos Executeurs à nos Officiers ant hom-
mes que femmes. |
Item, En outre ce, donnons à la Dame de Bufüieres la fomme detrois mil
écus d’or pour luy ayder à marier fes filles ,en recompenfe des feruices qu’el-
les nous ont fait. |
Item , Donnons à LAnfoine d'Antezime noîftre Efcuyer d'Efcurie la fomme
de dix mil écus d'or, pour les feruices qu’il nous a longtemps faits, & mef-
mement durant noftre maladie.
Item, Donnons à Marie noftre femme de chambre la fomme de deux mil
écus d’or, pour luy ayder à marier fes filles.
Item, Donnons aux filles de Jamet Hublin noftre Huiflier , pour luy ayder
à les marier, la fomme de cinq cent écus.
Item , Donnons au Conuent de Sain& François d’Amboife pour ayder à
le paracheuer ,& à ce que les Freres d’iceluy foient plus enclins à prier Dieu
pour le falut de noftre Ame, la fomme de mil écus.
Item, Donnons à la veufue de feu Jeas le Perrier en faueur de ce qu’elle a
nourry l’vn de nos enfans, & fait plufieurs autres feruices, pour luy ayder à
marier fes filles, la fomme de cinq cent écus.
Item , Donnons aux deux filles de Maïiftre Jean de Leféau pour ayder à les
marier , la fomme de mil écus, à departir par moitié. |
Item, Nous prions & requerons /e Rey noftredit fils comme Roy, & luy com-
mandons comme Mere, qu’il veuille entretenir tous & chacuns mes Officiers
en leurs eftats & offices , & ainfi qu'ils font de prefent , lefquels leur auons
donnez'& nommez, & qu’il leur a confirmez; & aufli qu’il les entretienneen
leurs libertez, priuileges & franchifes, celles qu'ont accoütumé iouyr les Ofi-
ciers des Roys & Reynes. :
Item, Nous prions le Roy noftredit fils, qu’il ayt pour fingulierement re-
None, Commande le Conuent des Freres Mineurs de PObféruance; mefmement ceux
d'Amboife & de Tours, que de nouuel noftre tres-cher feu Seigneur que Dieu
abfolue ,a fait reformer & mettre en Obferuance.
Item, Pour faire & accomplir toutes les chofes deflufdites , nous élifons :
nos Executeurs de ce prefent noftre Tefament & derniere volonté ,l’Arche-
François 1, ucfque de Tours , noftre fils de Beazjes , noftre frere de Dunos, & noftre fer-
Comse de Du- uiteur Jean Tiercelin, & Scigneur de Broffes, aufquels nous obligeons tous &
ir chacuns nos biens meubles iufques au parfait payement & accompliflement
ce Teftament, de l’execution de ce prefenc noftre Tefament. Et fi nofdirs biens meubles
en n'eftoienc fuffifans pour accomplir noftredit Teffament ,nous prions noftre fils
tri. qu'il le veuïlle faire entretenir & accomplir.
Item , Ordonnons que nofdics Executeurs notifient au Roy noftredit fils
certe prefente noftre Ordonnance & derniere volonté, afin qu’il n’ayt caufe
d'ignorance de l'accomplir & faire accomplir.
AAmboifel Fait ce prefent Teffamenr au Chaftel d'Amboife le premier iour de Decem-
premier De-_ bre l'an mil quatre cent quatre - vingt & trois, es prefences de Jean Tiercelin
cmbret48 EfGuyer Seigneur de Broffes, Pierre le Breton, &c Iean d'Aux Maiftres d'Hoftel,
LAntoine d'Antefime Efcuyer d'Efcurie, & Maiftres Adam Fumée , Robert du
DV ROY CHARLES VIII. 165
Lion, Benard Chaufide, Iean Millet Do@teurs en Medecine, Philippes Raymond .
Dotteur en Loix , Pierre Burdelot Treforier , & autres Confeillers de ladite 02
Dame. Signé, le Maye.
Sur le dos eft écrit, Teffament de la Reyne Charlotte, Reyne de France.
Pris fur l'original.
Memoire des noms des Officiers , Dames 7 Damoifelles de Pre
La feuë Reyne Charlotte de Sauoye, femme de dé
Louys XI. & de leurs gages.
Y-APRES s'emfuinent les noms des Officiers ordinaires , G* des Dames dr: Eli de la
Damoifelles de la feuë Reyne Charlotte (4 qui Dieu pardoint) € auffi les ga- pp ras
ges qu'ils prenoient de ladite feuëé Dame. Jotte de Sa-
Et premierement , Maisfres-d'Hoffels, Oliuier. Guerin Preuoft , & Pierre
le Breton , à chacun fix cent liures. Iean d'Aux cinq cent liures. Pierre gin4l.
Cloiec, deux cent quarante liures. Panneterie, Girault Daucezanne , Euftache
Meuloite, à chacun deux cent quarante liures. Iean Doudineau Sommelier ,
Herué Lefcoublé auili Sommelier, Coppin Bretin, & Hauot Mignon auf
Sommeliers , à chacun cent vingt liures.
Efchançonnerie. Caftellan de Sazilly Efchançon , & Pierre du Perchechacun
deux cent quarante liures. Îean de Villemace, Iean Chambellan, & Iean du
Bougier Sommeliers, chacun cent quarante-quatre liures. Iean le Pré, dit Gre-
lin, & Mathelin du Bois Bariliers, chacun foixante liures, Iean du Mefine,
& Aquille Girault 4ydes en Efchançonnerie , chacun trente-{ix liures.
Cuifine. Denys Brufle Hañfeur de Cuifine, cent quarante-quatré liures. Mi-
chau Moifnard Potager, Iean de Seulin aufli Potager, Pierre le Royen, & Pin-
char Cahien Efcuiers deCuifine., chacun cent vingt liures. Pauler Fumée £/f.
cuyer de Cuifine cent quâtre-vingt liures. André Louys Sawlcier, quatre-vinge
quatre liures. Louys du Bois Sawlcier | Antoine Regnault Galopin , & Pierre
Orlin Souffleur, foixante liurés. Iean Fontené Porteur, quarante-lix liures. Pier:
re Fournier Hwiffier de Cuifine crente-fix liures. Iean Gauner Sawlcier, Guile-
gucran Souffleur, Robin Torletet & Iean Lys Poragers ,foixante liures,
Fruiclerie. Eftienne Roufleau & Ican lAifné Fruicfiers , chacun quatre-
vingt liures. Martin le Guenays Ayde de Fruiterie, quarante-huit liures.
Efturie. Antoine d’'Antezenne E/cayer d'eféurie fix cent liures. Guillaume
d'Antezenne E/féuyer trois centliures. Nicolas Calonnat E/csyer deux cent qua-
rante liures, Pierre Bertrand & Guillon Pafquier Palets de pied, Xean Penin,
dit. Flatheriniette, Jean Ginquenc, & Iean Brimereau 4ydes en efturie , Tho-
mas Charles & Ilean de Linqual Farlers de pied , ean Mauflion, dit Petit-Pier-
r&, Jean le Paige & Odin Quineret Charctiers , chacun quatre.vingt quatre
liures. Jacques Bourgeois & Berchelin du Voyer Charetiers , chacun foixante ,
liures. André Quinent Charetier,lean Viau , Iean Garnicr, Pierre Champion
& Cardin le Franc Charetiers, & Pierre Bigot Valets de pied, chacun quatre-
vingt quatre liures. Jacquet Fournier Cheuauwcheur d'eféurie {oixante liures.
Fourricre. \ean Tiercelin S' de Brofle, Confeiller de ladite Dame, & Ca-
pitaine de Chinon & Martin du Bois Maiftre de Chambre aux deniers, cha-
cun fix cent liures. Maiftre Philippes Remon Confeiller de ladite Dame,
Maiftre Iean Millet Medecin, Maiftre Louys Iuré Secretaire ordinaire de
ladite Dame, à chacun trois cent liures. Maiftre Iean de Leflau aufli Secre-
taire deux cent liures. Pierre Bourreau Clerc des Offices , A. Liffart , dit
Coulomner ,aufli Clerc d'Office, à chacun cent vingt liures. Jean de Mau-
feul autre Clerc, & Meffire Gabriel Preftre & Chappelain de ladite Dame,
à chacun foixante liures. Guillaume de Sauzay Clerc de ” Dame, cent
z iij
uoye.
Pris fur l'erigi-
1483:
366 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
liures, Meffñré Ièan de la Foufle Chappelain quatre-vingt quatre liures. Pierre
Je Maye Someliér deladire Chappellé nonante liures. Maifire Iean Sauua-
ge auffi Sommelier , Guillaume Coquelourt Varlet de chambre , Eftien-
ne Boutet Tapiflier , & Varlet de chambre, Antoine Boutet aufli Var-
let de chambre , à chacun cent vingt liures. Guillaume Verrier Clerc de
Chappelle , & Martin Lailly Libraire , à chacun foixante liures. Jean
d'Amboife Concierge du Chafteau d’Amboife , Iean Pauillon Varlet de
chambre , Guillot Regñault Huiflier de chambre , & Guillaume Cuuier,
à chacun auffi foixante liures, fean Lencêthieu Tailleur de robbes no-
nante liures. Iean de Patis auñfi Varlét da Chambre, Pierre Iouflelin Huif.
fier de chambre, à chacun fix vingt liures. Iean Hubelin auffi Huiflier no-
nante-fix liures. Iean Gueltoitiÿ ÂApoticaire cent vingt liures. Louys Alais
Marefchal des Logis deux cent liures. Eftienne Pafquier, Foutrier cenc qua-
tre-vingt liures. Pierre Grandin autre Foutrier cent vingt liures, Antoine le
Gréc loüeur de luth cinquante liutes. Jean Beiron, Iean Charbonneau Var-
lets de Fourrieres, & Martin Engenart Huiflier de Sale feprance-deux liures,
Robert du Puy Patifliet , & Herué Blanchet Clerc d'Offices cent quatre-
vinst liures. Piétte Réilhac Cordonniet , & Iean'de Briode Sellier trente-
fix liutes. Laïnbert du Sey Otfévre , & lfabeau Michelle Lauandiere cenc
quatre vingt liures, Fouquet Hauart Pottier du Chafteau d'Amboife qua
rante-huit liures. Marie de Verdun Nourrice de Madame & Beanjen , 8c
Guichon du Bois femme de chambre de madite Dame cinquante liures,
Catherine de Brücélles femme de chambre de madire Dame , la Nourrice
de Madame Jxanne de Fränie ,leanne Garniere Nourrice de feu Mf Fremçog ,
auffi cinquante liures. Añhe Vetriere Nourtice de Madame Losy/é de France
cent liures. Michau de Seueuille Valet de chambre de Madame d'Orleans qua-
rancé liurés. Maiftre Louys le Maye Cossroleur d Secretaire des Finances de
ladite Dame quatre cent liures. Henriette Ganderre Cawrrvlewr de la Trefürerie
cent quatre-vingt liures. Mefite Pierre Burdeloc Trr/orier fix cent liures.
Autres Officiers ancitrs de ladite Dame , demeurans ch leurs maifons. Meflire
François Deure Cheualiet Seigneur dudit iieu Deure , & Guillaume des Au-
bins Maiffres-d'H heffel de ladite Dame , Chacun cent vingt liures. Yuon de Ca-
raminan E/Cwyér Pannetier, Blaïe de Sauary Efchançon, Thibaut de Marücil
Efcuyer Maittre-d'Hoftel, à chacun deux cent quarante liures. Maiftre Adam
Quœux de ladite Dame nonante liures. Mathurin Cailleteau Efcuyer de la-
dite Dame cent quatre-vingt livrés. Iean Renault Varlec de Fourriere, Lean
de Brion aüffi Varlet de Foutriere foixante liures.
Cy-aprés s'enfuiuent les noms des Dames Damoifellls de ladite feuË Dame,
que Dick pardoim. Premiereent, Françoife de la Foreft Dame de Bufficres,
de l’Hoftel de ladite Darne deux cent liures. Louve des Biars Damoifelle,
feinme äe Ieannot de Tardes, Louyfe de Boulac Damoifelle, Dame de Bois-
Freflon , Catherine Girault Damoifelle , femme de Iean Puigher Efcuyer
Tranchanc de ladite feuë Dame, Marguerite de W'ilon Dimoifelte de l'Ho-
ftel de ladite Dame, Louyfe de Vere, Matie de Vaux, leanne de Chafferon,
Marie Daufer Damoifeltes , & Marie veufue de fea Hemart de la Latre,
à chacune cent vinyt dliures. Louyfe Canée , fille de ladite Marie. vingr-
huiét liures. Claude d’Orliére Damoïifelle ,& Ieanne femme d’Eftienne Paf-
quier feptante - fix liures. leañne de Meneton femme de Mathurin du Font
cinquante liures. Marie de Cordan Damoifelle de ladite feuëé Dame cent
lures.
D VROY CHARLES VIII. 367
Suit l'Inuentaire des biens de la feuë Reyne Charlotte de Sauoye, fe-
conde femme du Roy Louys XI. fait par le commandement de Ican
Tiercelin fon Maiffre-d'Hofkel , x l'un des Executeurs de fon Te-
ffament ; lefquels biens furent depofex 4 Tours en la maifon de Sire
Iean Briçonnet Bourgeois, demeurant à Tours.
NvENTAIRE fait par nous Pierre Chäduin & Guillaume Bourdaize Notai-
| fes lurez des Contraëts Royaux de Towrs , des biens de la feuë Reyne
Charlotte , que Dieu abfolue , à la requefte & par le commandement de #e-
ble homme Iean Tiercelin Seigneur de Broffes , Maiftre-d’'Hoftel de ladite feuë
Dame , & l’vn des Executeurs de fon Teftament & derniere volonté ; lef-
quels biens ont efté apportez en l'hoftel de Sire Jean Briçonner pour les in-
uentorier , & faire eftimation & appreciation; lequel Inucntaire , apprecia-
tion & eftimacion onc efté faits par les Perfonnes cy-aprés nommées par le
commandement dudit Seigneur de Broffes, & en fa prefence, & dudit Bri-
gonnet , & de Iean Pauillon Varlet de Chambre & Garderobe de ladite feug
Dame, & de nous Notaires deflufdies , ce qui en a peü eftre eftimé &appre-
cié par les iours, & en la maniere qui s'enfuit.
Et premieremenc, le huiétiéme iour de Januier l’an mil quatré cent qua-
tre-vingt trois |
Tous lefquels biens deflus declarez , ledit Sire Zean Briçonner a confeflé
auoir eûs & receüs en la prefence de nous Notaires deflufdirs, & en promet
ténir compte où il appartiendra. Signé, P. Chawuin. G. Bourdaize.
Le dix-ncufiéme iour de Decembre lan mil quatre cent quatre-vingt
trois , Nous Geoffroy Euelque de Perigueux, Hardoüin Seigneur de Maillé, &
Monfieur de Fou Confeiliers & Chambellans du Roy noftre Sire, Commif-
faires de par ledit Seigneur, à faire l’Inuentaire des biens qui appartenoient
à la feuë Reyne Charlotte, que Dieu abfolue , auons: en la prefence des No-
caires cy-deflus écrits, baillé des biens contenus audit Inuentaire , qui eftoient
en noftre garde, à tres-Reucrend Pere en Dieu Monfcigneur l’Archeuefque
de Tours , comparant en la perfonne de Maiftre Pierre Bourreau fon Promo-
teur, à cres-haurs & tres-puiflans Seigneurs , Meflicurs les Comte de C/erment
& de la Marche, & Comte de Duno, és perfonnes de Maiftre Jean d'Aumont
Secretaire de mondit Seigneur le Comte de C/ermonr, & de Louys Lobbez fer-
uiteur de mondit Seigneur de Dunes , 8 à Iean Tiercelin feruiteur de ladité
feué Dame, comparant en fa perfonne , tous Executeurs du Te/ament de la-
dite feué Reyne, les parties qui s’enfuiuent: L |
_ Premierement , En vn fac de toille vieille , qui a efté ciré d’vne boëtte,
douze cent écus.
Plus ,en vne bourfe de cuir noir, compris feize mailles au char, la fomme
de trois cent nonanté-neuf écus. |
Item , En vne autre bourfe noire deux cent écus. |
Plus, en vne bourfe de fatin rouge foixante-fix écus & demy.
Plus, en vne autre bourfe de cuir blanc, en demy écus, cent douze écus
& demy. |
Plus ,en vne autre bourfe de cuir blanc , trois cent foixante-huiét écus &
demy. |
Plus, en vne autre bourfe de camelot, deux cent écus & demiy.
Plus ,en vne autre bourfe rouge & iaane nonante-hui& écus.
Plus,en vne autre bourfe de cuir blanc, cinq cent deux écus d’or au Soleil,
Nota que les E/us d'or he valoient en ce temps-là que crente- quatre fols.
picce. |
e
1483:
Le 8. lanuiker
1483.
363 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
Des Saluts à trente-cinq fols piece , la fomme de quatre mil quatre cent
14 8 L nonante-fix liures dix {ols.
4 Nofire-Da-
me de Clery le
4. Décembre
1483.
Plus, en vne bourfe noire quatre-vingt vn Ducats & Saluts.
Plus, a efté baillée vne cedule de Maiftre Pierre Burdelot Treforier , mon-
tant la fomme de fix cent écus d’or. |
Plus , deur a efté baillé quatre-vingt quatre pieces d'or eftrangeres , tant
grandes que petites, pefans enfemble deux marcs, deux onces , quatre gros.
Item, Vn collier à patenoftres & bourdons, pefant vn marc deux onces.
Item, Vn collier à camail émaillé de rouge & noir , pefant vnze onces cinq
gros. | ._
Plus , vn collier pefantc deux marcs deux gros , compris pierres, perles,
ëêc or.
Item, Vne ceinture à patenoftres, pefant deux marcs.
Ttem , Vn CAgnus Dei garny de tables de diamans , qui pend à vne petite
chaîne d’or.
tem, Vn anneau d'or où il y a vn ruby dedans, prifé cent écus.
Item, Vne Fleur-de-lys faice de diamans, enchaflée en or, pefanten tout
fept gros.
Item , Quatre chaînes d’or ; l'vne faite à cordeliere , l’autre à petites bou-
cles pleines , l’autre à petites coquilles de Sain& Michel , & l’autre faite à
patenoftres , où il y a vingt-quatre patenoftres de jais.
Tsem , Soixante-cinq anneaux, dont il y en a trente-huit, où il y a diamans,
rubis, jacintes , & autres pierreries.
Plus, vn diamant à faces, eftimé quatre-vingt écus.
Item, Vn diamant à vne lozenge à faces ,eftimé trente écus.
Item, Vne turquoife valant vingc écus.
Item, Vn ruby cabochon , valant quinze écus.
Item , Plufeurs eftreus d’or ,où il y a des tablettes d'or garnies d'images.
Item , Vn petit coffret d'argent , où il y a trois petites croix à Crucifix
dedans, @c. | . |
Pour abreger , on a paffe dans cét Inuentaire quantité d’autres pierreries
de routes manieres & façons, & des ouurages d’or & d'argent.
Puis il y 4, Lefquels Executeurs comparans comme deffas en la prefence
defdits Notaires , ont baillé lefdites parties à Sire Jean Briconner Bourgeois
demeurant à Tours en garde; lequel Brisonnet, par l'ordonnance defdits Exe-
cuteurs , a baillé à Maiftre Pierre Burdelo Treforier & Receucur general des
Finances de ladite feuëé Dame, la fomme de cinq mille cinq cent feize liures
quinze fols tournois en argent content, felon les parties contenués au pre-
mier fouiller , & dont ledit Bwrdelor luy en a fait À cedule. Signé, Rouet,
I. Guillon. CAix.
Don aux Trelorier és Chanoines de la Saincte Chappelle
du Palais 4 Paris, du Renenu des Regales.
{ “HaRzes par la grace de Dieu Roy de France , CA #0 ceux qui ces
prefentes Lettres verront , Salut : L'humble fupplication de nos chers &
bien amez les Treforier & Chanoines de la Sainife Chappelle en noftre Palais à
Paris auons receuë, contenant que pieça, feu noftre tres-cher Seigneur &
Pere, que Dieu abfolue, confiderant, & bien auerty de la grande diminution
que eftoit & eft à l’occafon des guerres , qui par cy-deuant ont eû cours en
noftre Royaume, de plufieurs rentes , reuenus , terres , heritages , & poflef-
fions eftans en la fondation & dotation de noftredite Saiséfe Chappele x velle-
ment qu'elles ne fuffifoient pas à fournir aux charges & neceflitez d’icelle
| S'ainite
DV ROY CHARLES VIII. 369
Saincte Chappelle, & des perfonnes ordonnées en icelle; donnaaux dits Thre-
forier & Chanoines / vie durant tous & chacuns les fruits, profits, reuenus
& emolumens quelconques qui viendroient, fortiroient & efcherroient des
Regales & droits d’icelles qui appartiendroient & pourroient appartenir &
efchoir à noftredit feu Seigneur & Pere en quelque maniere que ce fuft de
& en toutes & chacunes les Eglifes tant Metropolitaincs & Cathedrales de
noftredit Royaume, & en & par tout iceluy noftre Royaume pour les con-
uertir & employer {+ moitié à la continuation & entretenement dudit diuin
Seruice en ladite Suincée Chappelle, & l'autre moitié en ornemens & vefte-
mens d’Eglife, & en linge pour ledit diuin Seruice, & à fouftenir & entre-
tenir les verrieres & autres reparations d’icelle, lequel don eft expiré &
failly par le deceds & trepas de noftredit feu Seigneur & Pere, parquoy
lefdits Supplians n’ont plus dequoy fournir aufdites neceflitez d’icelle Sairéfe
Chappelle ne au viure, entrecenement & eftac des perfonnes faifans & con-
tinuans jour & nuit ledit Seruice en icelle , lequel par ce moyen feroit en
aduanture d’eftre difcontinué & mal’entretenu, parquoy nos Predeceffeurs
Fondateurs d’icelle pourroient eftre fraudez de leur intention fi par Nous
n'eftoit fubuenu à icelle Saiséfe Chappelle, ainfi que lefdits Supplians Nous
ont fait remonftrer humblement, requerant que enfuiuant l'intention de
noftredit Seigneur & Pere, & de nos Predeceffeurs & Progeniteurs il Nous
plaife leur continuer #offre vie durant, & fur cc leur impartir noftre grace.
Scauoir faifons, que Nous, ces chofes confiderées, defirans de tout noîftre
cœur icelle S'ainéze Chappelle, qui eft noftre principal & folemnel oratoire Royal
en noftre Royaume, en laquelle repofe & refplendit le tres-precieux & tres-
digne threfor & les tres-dignes Enfeignes de la benoiftc Paflion de noftre
Sauueur & Redempteur Jefus-Chrift, auxquelles Nous auons cres-fer-
uente & cres- finguliere deuotion , eftre bien & grandement entretenuë &
augmentée de plus en plus, & le Seruice diuin qui y a accouftumé eftre fait
tant de ioër que de nuit eftre continué & entretenu de bicn en mieux à
l'honneur & louange de Dieu noftre Createur, & à la gloire & manificence
de nos Predeceffeurs Roys de France, de Nous, & de noftredit Royaume;
Aufdits Threforier & Chanoines de ladite Sainéfe Chappellé, pour ces cau-
fes, & par l’aduis & deliberation de plufeurs Princes de noftre Sang &
Lignage fpigneurs, & Gens de noftre Confeil, & pour autres grandes con-
fiderations à ce Nous mouvans, & mefmement que Nous fommes tenus de
fouftenir & entretenirledit diuin Seruice, & autres neceflitez & charges
d’icelle Sainéfe Chappelle, auons donné & oétroyé, donnons & oétroyons de
grace fpeciale par ces Prefentes tous & chacuns les fruits, profits, reuenus
& emolumens quelconques , venus & efcheus depuis noftre aduenement à
Ja Couronne, venans & yflans, & qui viendront & efcherront des Regales &
droits d'icelles qui Nous appartiendront & pourront competer, appartenir &
efchoir en quelque maniere que ce foit, de & en routes & chacunes les
Eglifes tant Metropolitaines & Cathedrales de noftredit Royaume, & en
& par tout iceluy noftre Royaume & Seigneurie où lefdites Regales ont lieu,
& à caufe d’icelles & des droits d'icelles noffre vie durant, à les auoir &
prendre dorefnauant chacun an soffredite vie duranr à quelque valeur & efti-
mation qu'elles fe pourront monter par les mains du Receseur Gencral d'icelles,
tout ainfi qu'ils ont fait de visant de noftredit feu Seigneur & Pere, pour
les conuertir & employer /4 moitié à la continuation & entretenement dudit
diuin Seruice en ladite Sainte Chappelle, & l’autre moitié en ornemens &
veftemens d’Eglife, & en linge pour ledit diuin Seruice, & à fouftenir &
entretenir les verrieres de Jadite Sainéfe Chappelle, & autres reparations d’i-
celle, lefquelles reparations , neceflicez, & autres charges deflufdites Nous
conuicndroit autrement fournir de nos autres propres deniers; & moycn-
Aaa
1483.
14383.
370 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
nant & parmy ce nous entendons demeurer quittes & defchargez de tout
ce qui nous pourroit eftre demande, tanr à caufe dudit Seruice diuin, com-
me auffi defdices reparations, & autres charges & neceflicez deflufdites »9-
ffredite vie durant pour autant que monteroit au profit de ladite Sairéte Chap-
pelle, & defdits Threforier & Chanoines, & autres perfonnes d'icelle S'uinéze
Chappelle, faifans & continuans, & qui feront & continueront ledit diuin
Seruice en icelle lefdits fruits, profits, reuenus & emolumens defdites Re.
gales. Si donnons en mandement par ces mefmes Prefentes à nos amez &
feaux Gens de nos Comptes & Threforiers à Paris, que lefdits Threforier &
Chanoines de ladite Sainte Chappelle ils faflenc, fouffrent & laiflent iouyr
& vfer pleinement & paifñblement de noftredit don & o&roy, fans leur y
faire mettre ne foufhir eftre fait, mis, ou donné aucun deftourbier ou em-
pefchement; mais fi fait ou mis y eftoic par importunité de requerans, ou
autrement en quelque maniere, ils faenc incontinent & fans delay
ofter & lever au profic de ladite Sainte Chappelle, & defdits Threforier
& Chanoines, en faifant & confentant audit Receueur General defdires
Regales ou fes Commis, qui pour lors ou le remps à venir feront commis
à ladite Recepte, auoir, cueillir & leuer entierement tous lefdits fruits, pro-
fits, reuenus & emolumens d’icelles Regales noftredite vie durant, & les
bailler & deliurer. C’eft à fçauoir, comme dir eft , la moitié auxdits Thre-
forier & Chanoines pour conuertir & employer à la continuation & entre-
tenement dudit Seruice diuin de ladite Sainéte Chappelle, & l’autre moitié
conuertir & employer 1 ledit Receueur General, par l’aduis toutes voyes
& ordonnance de nofdits Gens des Comptes & Threforiers, ou de l’un
d’eux à ce deputé de par eux, & defdits Threforier & Chanoines de ladire
Sainte Chappelle, ou leurs Commis & Depurez, en ornemens & veftemens
d’Eglife, & enlinge pour le diuin Seruice, & à fouftenir & entretenir lefdi-
tes verrieres de ladite Sainéte Chappelle & efdires autres reparations deladi.
te Sainéte Chappelle. Et en rapportant ces Prefentes fignées de noftremain,
ou vidimus d’icelles fait foubs le Seel Royal pour vne fois, & quittance def.
dits Threforier & Chanoines touchant leurdite portion pour lentretene-
ment dudit diuin Seruice, & aufli quittance des ouuriers qui auront fait
lefdits ouvrages ou reparations, & des aucres qui auront fourny auxdites ne-
ceflicez & charges, ou d’aucunes d’icelles, & certification quant aufdits
ouurages, reparations, neceflirez & charges de ladite Sainte Chappelle, de
nofdits Gens des Camptes & Threforiers ou de leurfdits Depurez, & def-
dits Threforier & Chanoines, ou leurfdirs Commis & Deputez, en tant que
à chacun d’eux appartiendra: voulons ledit Receueur General & fes Com-
mis , & chacun d'eux demeurer & eftre tenus quittes & dechargez des
fommes de deniers, que pour les caufes deflufdites, ou d’aucunes d’icelles,
ils auront comme dit eft payé & baillé &icelles fommos de deniers & de
chacuns d’icelles eftre allouées es Comptes. dudit Receueur General defdi.
tes Regales, & rabatu de fa Recepte par les Gens de nofdits Comptes,
auxquels nous mandons que ainfi le faflent fans aucune difficulré. Et s’il
auenoit le temps à venir, que Nos, non records de noftredir dan & aëtrov,
aucuns dons & oëtrois touchant lefdits fruits, profits, reuenus & émolu-
mens defdites Regales, ou d'aucunes d’icelles, ailleurs ou à autre, ou au-
tres perfonnes eftoient par Nous faits par importunité de requerans ou au-
trement, que auxdits Threforier & Chanoines de ladite Sainte Chappellc:
Nous voulons, ordonnons & declarons dez maintenant pour lors tout ce
que par Nous ferait fair ou ordonné au contraire de noftredit prefent don
& oétroy, eftre nul & de nul cffer & valeur. En temoin de ce Nousauons
fait mettre noftre Seel à cefdires Prefentes. Donné à N'ffre-Dame de Clery
le quatrième iour de Decembre, l'an de grace mil quatre ceus quatre vincts © trcw,
DV ROY CHARLES VIII. 371
& de noftre Regne le premier. Ainf figné Charles, par le Roy en fon Con-
feil, Monfeigneur le Duc de Bosrbos, le Comte de Clermont & de la Marche,
les Evefques d'A/by & de Conflans *les Sires des Guerdes * & de Baudricowrt,
du Lau, & autres prefens. Primaudaye.
Enregiftrement en la Chambre des Comptes.
Ovs Les Gens des Comptes du Roy noîftre Sire à Paris, veués les Lettres
N Patentes du Roy noftredit Sire fignées de fa main, auxquelles ces Pre-
fentes font attachées fous l’vn de nos Dies par lefquelles & pour les cau-
fes dedans contenuës, il donne aux Treforier & Chanoines de la Sainére
Chappelle du Palais Royal à Paris cout le profit & emolument qui durant Ja
vie efcherra à caufe des Regales à luy appartenans és Eglifes Merropolitai-
nes & Cathedrales de fon Royaume, à l’auoir & prendre par les mains du
Receueur General defdites Regales , ainfi qu’ils ont fait du. viuant de feu le
Roy fon Pere que Dieu abfoille, pour eftre conuerti & employé, c’eft à {ça-
uoir la moitié à la continuation & entretenement du Seruice diuin en ladi-
te Sainte Chappelle, & l’autre moitié en ornemens & veftemens d’Eglife,
&c en linge pour ledit diuin Seruice, & à fouftenir & entretenir les verrieres
de ladire Sainte Chappelle & autres reparations d’icelle, & moyennant le-
quel don il entend demeurer quitte & defchargé de cout ce qui luy pour-
roit eftre demandé tant à caufe dudit Seruice diuin, que defdites repara-
tions & autres charges & neceflitez de ladite Sainéte Chappelle fa vic du-
rant pour autant que montera ledit emolument, comme plus à plein le con-
tiennent lefdites Lettres, & confideré que dez le viuant de feu Charles VII.
cui Dieu pardoint, lefdits Threforier & Chanoines de ladire Sainte Chap-
pelle ont eu de luy femblable don defdites Regales par diuerfes fois &an-
nées, & aufli que iceluy don eft à l’acquit & decharge du Roy noftredit
Sire, confentons l’enterinement defdites Lettres, pourueu que fi la fonda-
tion dudit Seruice diuin eft cy-apres reduite à fa valeur, la moitié dudic
don qui eft ordonné pour la continuation d’iceluy, rertournera d’illec en auant
au Roy noftredit Sire, & fera prife à fon profit. Donné'à Paris le quatorziéme
iour de Feurier. Badouiller. Extrait d'un Regiftre de la Chambre des Comptes.
Circonflances particulieres de La vie es des emplois du Chancelier
Guillaume de Rochefort. |
VizzaAvMeE de Rochefort, Seigneur de Pluuaut, Cheualier, Chance-
lier de France, duquel il eft parlé en plufeurs endroits de cetre Hif-
toire, eftoit Chambellan du Duc LS Bourgogne. En 1464.1l fuiuit le Comte
de Charollois à la guerre, dite dy bien public. En 146$. il fe trouua à la bataille
de cAontlhery donnée foubs le Roy Louis XI. En 1477. il aflifta au Siege
de Nancy auec le Duc de Bourgogne, lors qu’il y fut tué. Apres fa mort il
s’attacha au party de la Princeffe Maric fa fille vnique, & fut l’vn de ceux
quiluy confeillerent l’alliance du Dauphin de France (depuis Charles VI EI.)
Ayant efté pour cét effet enuoyé vers Louïs XI. Le Roy qui reconnut fon
merite & fa capacité le retint à fon feruice en qualité de Maiftre des Re-
queftes de fon Hoftel, & en fuite fur la fin de fon Regne il le créa Chan-
celier de France. Ses Prouifions font données au Pleflis du Parc lés Tours
le 12. May 1483. 11 fucceda en cét Office à Pierre Doriole qui en auoit efte
pourueu en 1472. Ses Lettres ne furent néantmoins regiftrées au Parlement
que le 12. Aouft 1483. encore qu'il y euft pris feance dés le 8. du mefme
mois : il eft vray que pour la forme il fut lors deliberé que fes Lettres fe-
roient leués au premier iour. Aprés la mort de Louis XI. il fut retenu &
Aaa i
.
8 3:
# al. Couffon.
ces.
# 2]. Querdes
ou Dares.
1483.
8. Aouf
1483.
Æ Anmboile
de 22. Sept.
348 3j.
377 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
confirmé dans l'Office de Chancelier par fon. fils Charles VITE qui luy
donne le vitre de #offre Chancelier G* de noffre Royaume, GC noffre Confiillex
fheciel par fes Lettres du 22. Seprembre 1483. qui font fondées fur les def-
fenfes qu’auoit faites le Roy Louis XI. de le deftiuer, fur le defir qu'a.
uoit la Reyne Mere de Charles VIII. que cét Office luy demeuraf, & fur
ce qu'il eftoit recommandable par fa probité & fainte vie, Aprés la bataille
de Saint Aubin du Cormier qui fut gagnée par les François fur les Bretons
en r488. il confeilla au Roy auant d'encreprendre ke Siege de Rennes &
la Conquefte de Bretagne, de faire examiner le droit qu'il pouvoir auoir
fur cette Prouinee, Ce confcil fur trouue iufte, & fu fuiuy ; la Paix en fu
faire, & le Mariage du Roy conclu auec l’heritiere de Bretagne: ce qui fait
dire à d’Argentré qu’il fe trouua encorc en France vn homme de bien qui
procura par fon confeil la Paix des deux Eftats. Guillaume de Rochefore
eft nommé au Contrat de Mariage du Roy auec la Duchefle de Bretagne
en 1491 Il fut Chancelier iufques à fa mort arriuée en 1492. le 12. Aouft,
ainfi qu'il paroïft par fon Epitaphe qui eft aux Celeftins de Paris, Il eftoie
bomme de guerre auf bien que de confcil, & il s’eftoit crauué en plufeurs
occafions dans lefquelles il auoit beaucoup paru. Il eft nommé Cheualiez
dans plufieurs Aëtes importans, & Philippes de Commines en parle com-
me d’vn tres-vaillant homme. Il auoit efpoufe Anne fille de Louis Premier
de la Trimouïille, & de Marguerite d’Amboife, heririere de la Vicomré de
Thouars. L'on a cru que fa reception au Parlemenc, & les Lettres de con-
firmation qui luy furent accordées par le Roy Charles VIII. en 1483. me-
tioient d’eftre données au public : c’eft pourquoy l’on les à inferées parmy
les pieces qui feruent de preuue à cette Hiftoire.
Le Chancelier Guillaume de Rochefort vient pour L premiere fois 4 la Cour
de Parlement.
E ious eft pour la premiere fois venu à la Cour Monfeur Meflire
Guillaume EN Rochefort, Cheuallier, Chancetier de France, lequel a
expofe à la Cour que il auoit pleu au Roy noître Sire luy donner l'Office
de Chancelier de France, & a apporté Lettres à ladite Cour contenant
creance touchant le Procés du Comté du Perche & autres, lefquels
font au Criminel pour ee qu’il eft queftion de crime que on dit eftre ca-
pical ; & s’eft aflis ainfi que ont accouftumé faire les Chanceliers de Fran-
ce, & aprés peu de cemps s’en eft departy, & ce fait la Cour a deliberé
que les Lettres de don dudir Office de Chancelier feront leuës en Juge-
ment prima dâc.
Lettres du Roy Charles VIII. par lefquelles il retient & con-
firme Guillaume de Rochefort en l'Office de fon Chancelier, & du
Royaume de France, dont il auoit efté pourueu par le Roy
Eouys XIE,
@: AROLVS Dei Gratia. Fraucarum. Rex. Ad regnorum Gr regnantiums cedis
fPlendorem , quod. in figribus officin > dignitatihus praficiantur viri, gencre,
moribus, docfrira. con/picué, quodque ii maguifics titulis € bonoribus extollantur,
ni Regum lateribus affiffunt, ut eorum exemplo ceteri inuitentur ad. vinistem
Fute glorke. Cum. itaque cariflimss Dominus G* genitor noffer, cuius avima in pate
quicfiat , dudum in fuum Gr sr Cancellarinen elegeris, dilecfum C fidelem
noffrum Guillelmum de Rochefort milisem , ewmque nobis magnapere commen-
dirit, dum vitam agebat, quin imo morti proximus in ‘vlims voluntate [ua «x-
DV RoY CHARLES VIIl. 373
prefè C fpecialiter edixerit me pato vÜo prafatum Guillelmum defltueremus à
Cancellariatus Officie, in quo fideliter, probè, diligenter, purè, fanilè , Gr iuffè
verfatus eff, adeo etiam vt carif]irwa domina © genitrix noffra hoc ipfum velit
cupiat vehcmenter. Notum igitur facimus, quod nos attendentes [unemam ipffus
Guillelmi de Rochefort integritatem, fidens, conffantism, vigilantiaxs , cxperien-
tiam, prudentiam, doifrinam C° iufhitiom , eum , ex confilio Privcipum fanguins
noffri, G* aliorum procerum , atque Confiliariorum noffrorum, elegimuws, fecimus ,
ordinauimus, © retinuimus noffrum ac Regni noffri Franciæ Caucellarium, &
Confiliarium fpecialem: dates, G* tenore prafentiuns concedentes prefato Guil-
lelmo plenam poteffatem, authoritatem , C7 mandatum fpeciale agendi, ordinandi
Gr exercendi omnia que ad Officiwm Cancellarii Francis buiufnodi [pecfant quo-
modolibet , G* ei incumbunt : volentes quod ipfe Guillelmus buin/modi officio Can-
cellarÿ plenè, pacificè G* integrè vtatur GC gandeat, ad vadia, falaris, & fi-
pendia ordinaris @ extraordinaria, G* ad alia jura, honores, vrilitates, profif-
ua, precminentias , © emolumenta confheta, qua alÿ Cancellarg Francis perci-
pere G habere confheucrunt modo G* forma quibufiumque. Quocirca dileifs dé
fidelibus Confiliariis noffris gentibus Parlamentum noffrum Pariiis tenentibus, om-
pibufque aliis Jufficiariss, Officiariis, € Jubditis noffres quibuftumque , cuiufcum-
que authoritatis, [fatus, dignitatis, aut conditions exiffant, per eafdem prefentes
mandamus, quatemus praditto Guillelmo de Rochefort, Confiliario noffro, tanquam
Cancellario Francie, à quo folitum recepimus iuramentum, pareant G* diligenter
intendant ; mandantes infuper gentibus Camera Computorum, © Thefaurariis noffris
Parifiis, vt vadia, falaria € fipendia fupradicta, ad ditum Officium pertinen-
tia, prefato Guillclmo, aut eius certo mandato, tradi © perfolui faciant, modo €
terminis confuetis, que fic foluts in foluentium computis prefentes , aut earum
vidimus /wb figille Regia confecfum, fimul cum quittantia reportando, allocari,
CG de corum recepta dednci, fine vla contradictione volumus, € iubcmus , ordina-
tionibus [en mandatis non obflantibus quibufcumque. In cuius rei teflimonium f-
gillum noffrum prefentibus Litters duximus apponendum. Datum Amba/fij, die 22.
menfis Septembris, anno Domivi 1483. Regni vero noffri primo. Sic fignatum,
per Regem, Domine Duce Anrelianenfÿ, Comitibus Claromon'enf, € Breffie, Ept-
féopo Albienf, Domino Caffilons, Gubewnatere Turonis, Cr aliis prefentibu.
I. Mefme. Leéta, publicata, G* regiffrata Pariffss, in Parlamente die 17. Nonembris
anno 1483. Sic fignatum, Chartelier.
*Ox ne doit pas obmettre en cét endroit que dans quelquesRepiftres
L & A&es importans, la qualité de Garde des Sceaux de France eft don-
née à Adam Fumée, Cheualier, Seigneur des Roches, & premier Mede-
cin des Rois Charles VII. Louis XI. & Charles V III. Philippes de Com-
mines en parle en plufeurs endroits ; & il fe trouve fur la porte des Efco-
les de Medecine de la Ville de Montpellier vne infcription, dans laquelle
il cft qualifié Chancelier, & qui eft telle. Apam FVMEE Patria Turo-
nenfis tan gravitatss quam mobilitati çloris inclitums C* clarum Medicine Docto-
rem Vniucrfitas Montifhefullana aluit, qui cuns primo Conjiliarim Magificrque
Requeflarum ordinarius ac Medicus primus Caroli VII. Ludouici XF. atque Ca-
roli VIII. Francoruwm Regum fuit, tanta probitate effulfit, quod Franci.e Cancel-
lariws merito tandem effects fit, dumque dierum maturus effet Lugduni animam
cxhalasit M.D. Dans les Regiftres du Parlement de l'année 1493. des 8.
9. & 1r. Juillet, ileft dic que le Roy eftanc allé au Parlement faire lire
quelques Ordonnances, Meflire Adam Fumée premier Maiftre des Requef.
tes fit entendre à la Cour en prefence du Roy fes volontez : en fuirte la
Chancelerie ayant efté vaccante , & eftant demeurée fans eftre remplie
depuis le 12. Aouft 1492. que deceda Guilanme de Rochefort, iufques au
30. AOUÉ 1493. que Robert Bricennet, duquel il fera cy 7. parlé, en fur
A aa À)
1483.
Adam Fumée,
Garde des
Sceaux de
France.
mn)
1483.
4 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
pourucü, Adam Fuméc fut nommé ou pluftoft reftably en la dignité de
Garde des Sceaux de France, qu’il auoit defia exercce auant Guillaume de
Rochefort. Il en faifoit les fonétions en 1493. ainfi que le iuftifient deux
extraits des Regiftres du Parlement, l'un de la fin du mois de Iuillet où
font ces mots, La Cowr 4 ordonné €* ordonne qu'elle eférira à Meflire Adam
Fumée Garde des Sceaux ; l'autre du 14. Aouft de la mefme année en €es
termes, Ce sour a cffé deliberé que la Cour cfcriroit à Melfire Adam Fumée,
Chevalier , Seigneur des Roches, Garde du Sécl. Il eft nommé Garde du petit
Séel au compte de Nicole Herbelot Changeur du Trefor de l'an 1494.
Meñlire Adam Fumece Confiliarius Regis G Magifier Requeflarum fui hofhitit *
per ipfum regem commiffus ad cuflodiam fui figilli in abfentia magni ordinati
Loco defuniti Guillelmi de Rupeforti, mwper Cancellarii Francis , ad vadia
que funt ab antiguo 2000. librarum per annum G: totidem pro penfione annus,
nibil hic, co quod ab aliquo tempore citra foluuntur de denaris dicti figilli,
fed tamen de fui minutés iuribus omnium Sandlorwm, Robbe C° lignorum fi
fibi computus & folutio inferius.
Lettres de confirmation du Roy Charks VIII. des Priuileges
accordez par le Roy ZLouwys XI. aux Marchands
de la Hanfe Teutonique trafiquans en France.
CES Lettres portent 7! y aura vne paix perpetuelle entre les
Rois de France & ceux de la Hanfe T'eutonique; Que les anciens
riuileges de la Hanfe feront renouuellez & confirmez; Que les
os & marchandifes qui leur ont efté prifes leur feront renduës
promptement ; Qu'ils ne feront pas plus chargez de péages, droits
d'entrée & de fortie, mefme pour le sr que les François;
Qu'ils ne feront fujets au droit d'Aubeine, & pourront difpofer de
leurs biens comme les François; Qu’advenant gucfre entre les Rois
de France & les Villes Hanfeatiques, les Sujets de ces Villes au-
ront vnan, pour emporter leurs marchandifes , & exiger leurs
dettes; Qu'il leur fera pourueu de lieux pour leurs fepultures en
terre fainte; Qu'ils pourront trafiquer en pays ennemy de la Fran-
ce fans empefchement, à condition que les François auront le
mefme pritilege & qu'ils pourront aufl trafiquer librement en
pays ennemy des Villes Hanfeariques; Que ceux qui renonceront
à la Hanfe ne jouïront des priuileges accordez par le Roy; Que
les Articles cy-deflus feront interpretez favorablement ; Qu'il fera
nommé des Conféruateurs de la paix & Juges des differends de la
Hanfe; Que leurs caufes & procez feront jugez fommairement
fans procedure ny appel, & qu'ils s’obligeront à l'entretenement
& obferuation de la paix accerdée par le prefent Traité.
CE Traité de Paix eft vn ouurage’du Regne du Roy Louis XI.
Mais comme il ne fut conclu que : M l'extremité de fa vie & de
fon regne, & qu’il n'eut fon effet que par la confirmation que
Charles VIII. en fit auflitoft aprés fon advenement à la Couron-
DV ROY CHARLES VII. 375
ne, l’on a cru, & auec raifon, qu'il deuoit faire partie de l'Hiftoi-
re de ce Roy. C'eft pourquoy eftant inferé tout au long dans les
Lettres de confirmation , l’on n’en a rien retranché , & l’on a
mefme adjoufté la piece fuivante, qui eft la ratification quien a
efté faice par les Proconfuls de Lubec & des autres Villes Han-
feaciques.
LE: Villes Hanfeatiques font des villes d'Allemagne qui s’allierent en
- 126 0. * pour fe defendre contre les piraterics des Danois & des Nor-
mans, & firent un Traité de Commerce qui s’eft entrerenu jwfqu’à pre-
fent. Elles font diftinguées en quatre Prouinces, Lubec Capitale de tou-
tes , Cologne, Brunfwic, & Dantzic; & elles comprennent foixante-
quatre autres Villes.
AroLvs Dei gratia Francorum Rex. Ouoniam gr'auiffimé virorum
Iluffrium Sententiss nulam rem pro Regni noffri tuitione magis neceffariam
| quam Pacem C concordians cum finitims fouere » Compertum habemus ea profeéto
qua à maioribus noftris pro acquirenda exterw cum Natiosibus Pace, @ amicitia
aititata fuêre, arélo ratification vinculo roborare cenfuimus. Quippe cim Pare d
concordia res minimas in dies Jemper augeri, difcordia vero dilabi, ezdem eti:m,
(qua fola quietem peperit) bomines feliciser vinere manifcffum fit. Notum iv1-
tur facimus vniuerfis præfentibus, & futuris, 4:04 cèm nuper cariffimus quou-
dam genitor noffer, (anima cuius cum Chriffo fémper quicfiat) Paccn € concor-
diam perpetuss temporibus duraturam, pro fe » Juifque Jaccjforibus Frañcorum Re
gibus, ac Regno, Dominifs, > fubditss noffré , modern, atque Poflerss, cum Pro-
confulibus, Confulibus, Mercatoribus, G* incolw totius Han: Theutonice iniuerst
JSws patentibus Litteris, tenoris fubfequentss.
Ludouicus Dei gratia Francorum Rex. Prifcos illos famma fapientia Cr inte-
Sritate Préncipes, potiffimwrs Sereniffimos progenitores noffros Francorum Reg:s
Chriffianiffimos, cifé ên multis maximifque rcbus, que pro Reipublice Regnorum
Juorum © dominiorum vtilitate aique incremento oportusa fore confpicichant , fol:
licitos Jemper fuife cognouimus, cirea tamen ea que ad componendas bellorum ini-
micitias inter fibi finitimas cxtcras Nationes quouts quefite colore exortas, praci-
Pua cura, exacfaque diligentia femper incubuifle conffat, quo tandem duo cinfdem
Reipublice fundamenta, Pax fcilicet G concordia fubfiquerentur. &a vidclicet que
nihil fimultatis haberet, nec [editions admixtum, [ed fimplex effet, G immaculata,
quäque foucrentur omnia vite neceffaria, Chriffani, ut arbitramur, precepti me-
mares, Nam Salwator nofler, qui de [upremo cælorum [clio ad ima deftendere non
abnsit, quo ilius original dcliéfi Gr perpetue culpa reumn inexpiabili favinore li-
beraret, Ja difipuls, ficratiffima Euançelice leétion teffanre Hifforia, ot in
quamcunque domum introirent, buic Pacem dicerent, precipier dum curauit, per-
aifoque tam preclari myflerg curfs afccnfurus ad Patrem, nullum eifdem maioré
gratit donum quèm Pacem cenfuit relinquendam.
1. Notum igitur facimus vniuerfis præfentibus & futuris. Qudd cèm fa-
perioribus anni vannulls inter Nos, Reguumque , dominis © fubditos noffros, ex.
vua, Magaificas vires , amicofque noffros precariffimos, Proconfules , Confules,
Mercatores, @ incolas Ciuitatum de Hanfà Teutonica , partibus, ex altera, bello-
tum inducie, féu treuge palle, G inite fuerint, ut tandem Pax firma GC perpe-
{ua fqueretur, ipfique Praconfules, Confules, nec non Aldermanni, @ Seniores
forums Iurati, is communi Mercatorum Oppido Brugenfi in Flandria refidentes, 44
nos ea de canfa bi dicbus Oratores, viros quidem fpeéfatiffimes, G fibi, ut ad nos
Scripférust, fideliffimos, videlicet Magiftres Antorium Delouf, in Iwre Ciuili Li-
Géatistum, @ Gucrardum Bruyns, in Iure Canonico Baccalaurenm , tranfinitten-!
1 48 3.
* Quelques.
Vns siennent
que c'ift on
1206. (r d'au.
tresen 920.
A Amboife
au mois de
Sept. 1483.
Aouft 1484,
— QC 0 a
D ons VU FR ee ne ee EU, RS PS D em CAE 0 COS Cou DE
1483.
376 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
dos curanerint. Quibus audits, in omnibus bis quead communem Reipublice vt;.
litatem conducere uidebantur, habitaque defuper deliberatione plorimorum Regni
noffri Magnatum nobis fanguins vinculo, © ajfnitate coniuniforum, aliorumque
Procerum magni noffri Confilij famma virtute praditorum, cum cifdem Proconfis-
libus, Confulibus, Aldermanns, Mercatoribus, Gr incols pradittarum Ciuiratum,
CG Communitatum ipfius Hanfe Teutonics , pro Nobs, cariffimoque filio noffro
Delphino Viennenfi, aliifque fuccefforibus noftris Francorum Regibus, Regno, Do-
miniis , fubditifque nofiris prefentibus, 6 futurs, vt tandem res Publica hinc inde,
que omnibus longe carior ejfe debet , quam priuata , non modo fuflentetur, vcrèm
ctiam felicibus Jemper incrementis augeatur, pacem, amicitiam , beneuolentiam, ce
concordiam firmam , ffabilem , perpetuifque temporibus duraturam, certa [cientis fe-
cimus, inibimus, C concluimus, fasimufque, inimus, C* concludimus per prejin-
tes, ac de Regis poteffars plenitudine fpecialique gratis omnia C fingula Priyile-
gia cifdem Proconfulibus, Confulibus, Aldermanné, Mercatoribus, @ incolx per
05, predecefforefque noffros, fub guocumque verborum tenore conceffla, ac ff de
. verbo ad verbum prefentibus forent inftrta, laudamues, ratificamus, C confirmamns,
ac de nouo in quantum opus eff, concedimus.
IL. Volentes etiam, CG concedentes, ut ipfi omnium GC: fingulorum bonorum,
pauigiorum , aliarumque rerum cifdem bactenus per fabditos noffros occafione dif:
Jentionum prateritarum, vel aliès, quouis modo, vi, G* ultra corgm velle, Gr no-
uilfimis durantibus treugi ablatarum roflitutionem corèm nobi, € quibufcunque
Zudicibus noffris liberè G+ licitè point, tam coniunétim quim dinifim profiqui.
Quibus Indicibus, aut eorum loca tenentibus prefentibus, G: futurs diffrictiès
Pracipimus, vt cifdem Proconfulibus, Confulibus, Aldermannis, Mercatoribus, de
eéncols de rebus, bons, G: mercantiis ab cifdem iniuffè G: indebitè predicra treuga
duranse ablatis réflitutionem plenam G* integram faccre, G* partibus auditis celeris
Tuflitie complementum miniftrare curent.
TT. Concedentes infuper pro Nobis, € Succefforibus noffré Francorum Regi-
bus, eifdem Proconfulibus, Confulibus, Aldermanns, Mercatorilus, @ incoli præ-
dits, G cuicunque corum , qui in Regno@ Dominiis noffrés pradictis moram [fs
incolatum facient, vt ipfi pro fe, Juifque omnibus mercantiis, aliifque, nauigiis,
Nauclers, bonilque fus quibulcunque, Gin quocunque ipfius Regni G* Dominio-
rum noffrorum loco cffe contigerit, ab omni impofitione, gabela, alioque tributo,
C onere, Franci, quitti, @ penitus immunces perpetuo exiflant, quemadmodum
fabditi noffri bactenus fucrunt, funt, G erunt, in fururum. Quodque 3/5 ad cau-
Jam mercantiarum fiarum que ponderari oportbit, mais quèm fubdiri noffré
Solucre foliti funt emolumentum, nequaquäm foluere deinceps tencantur.
IV. Vleriës, quod dicti Proconfules, Confules, Aldermanni, Mercatores, dr
incole, corumque Naucleri, qui, ut dicfum eff, in Regno, © Dominiis noffris pre-
dicfis moram trahent, de [uw bon mobilibus aut immobilibus ibidem acquifités,
acquirendis, ac donatione inter vinos, tefflamentariave, aut aliàs qwomodocunque
et/dem libserit, difponere po ff, corsmque haredes predicfa bons apprehendere ,
cifdemque vti, gaudere, atque potiri perinde atque fi naturales Jabditi, ac ex #aftro
Regno oriundi ceffent. |
V. Deinceps, fi cafs aliguo, {quod tamen Deus auertat,) Pax buinfm odi quo-
#5 diffentionx ©* controuerfie pratextu infringeretur, ita vt aliguod genus bel
#nter Nos, fuccefforefque noffros Francorum Reges, Regnum , Dominia, G: Jubdi-
105 noffros, @ pradictos Proconfules, Confules, Aldermannos, Mercatores, €: in-
colas oriretur; volumus, G* concedimus, ut ipft nihilominus, G eorum finçuli in-
fra annum, polf eiufdem belli [eu diffentionum initium, omnes &: Jingulas mercan-
tias , nauigia, Naucleros, aliaque bona [ua quacunque in Regno @ Dominiis nof=
tris exiffentia afjortare, G: ad Ciuitates Gr: loca fus deuehi facere, pecunias, aliaf-
que res per [ubditos noftros fibi debitas exigere, G* id faciendo totiens guotiens eis
oportunum fucrit, coder anno durante ire, redire, morari, @: deinde ad propria
reuerté
D —— = —
DV ROY CHARLES VIII. 377
reucrti tuto, liberè, Gr quictè poffint, @ valeant. Abfque co quod vlum in corpo
ribus, nasigis, Nauclerë , mercantiis, bons , rebufque fais predicfis aliquod dam-
sm, impedimentumve, ant alis quasis inquictatio aus moleflia vlatenus inferri
debeat. ; | Re FU US AT |
. VL Zafuper dileétos Gr fideles noftres Arthicpifiopos, & Epifcopos, Regni nof
tri Curatos, G alios vires Ecclefaffices ,. curam G°.regimen animarum habentes,
Ut dum aliquens ditfe Hane in Regno, Gr dominiis moffré mortem.obire contige-
rit, talium morientium cadauera in terra benedicfa, "ur noffri fubditi veri Gr in-
.dubitati Catholici decedentes [epeliri folent, fepeliantur, exhortari curabimus.
= VIT. Zafuper, fi nobrs contingat in futwrum cum quouis Rege, aut Principe, aliif°
«ve exteris Nationibs bellam gerere, aut aliquas hoffiles inimicitias aut diffentio-
-#es habere, ipff tamen Proconfules, Mercatores, CG incole, cum eorum nasibus,
, 1483.
Nauclers, bons , C* mercantiis quibufiunque penes corumdem Regum, Principum,
< Nationum Ciuitates, Portes, loca, G diffriéfus, quibas eifdem fore oportunum
videbitar, pro fau mercantiis , alifque ncgotiis exercendis ire, morari, & deinde
redire totiens quotiens ci[dem placuerit liberè, cé quierè, quo ad nos, G fubditos
moffros attinet, poterunt, abfque co quod huiulie Pacs , amicitie, G beneuolentie
perpetua infratfores cenferi, nominarive aut reputari debeans quouis modo. Quod
£tians in co cas omnibus fubditis noffris fimili modo dicebit. |
VIIL. Pretcres, fi.cafus contingeret aliguem few aliquas cx principalioribue
-vel aliis preditfa Hanfe Cinitatibus,. G° oppidis « Corpore, Communitate, Gr Liga
cisfdem Hanfe deficere, feu Aldermannis predicfis rebelles effe, pofteaquam ea de
te à Proconfulibus, G Mercatoribus.Cinitatis Lubecenfis, (qua tpfiws Lige obtinet
Principatum, ) nec non ab Aldermannx preditfs informui fucrimus, Mercatores,
-Naucleros, aljofque earumdem Cisitatum, GC oppiderum fic deficientes, hac pra-
fenti Pace, G concordis, aliifque Priuilegiis, € libertatibus per Nos, €* Prede-
Géffores noffros Francorum Reges Chriffiani[fimos eidem Lige € Communitati con-
<effis pullatenus gaudere permittemus, quo vfque tamem ab eadem Ciuitate Lube-
senfi certiores effecfi fucrimus cofdem fic defcientes, eidem Lige GC Communitati
reconciliatos fuiffe, eidemque de omnibus damns , intereffé, C* grasaminibus «b
eifdens occafionc ipfus defetions paflis, G fuflentis; plenè Gi integre fatis-
-fecerint. | : 7. Re |
. IX. Et fi aliqua obfiuritas ant amhiguitas fuper Articulis preditle, aliifque
Jfuperius contents in futurum oriretur , iplas clarioribus, G* luculentioribus verbis
ÿ à Sententiis in favorem G* vtilitatem preditfe Communitatis G* Hanfe Teute-
#ice fuorumque Mercatorum Cr incolarurs nos interpretaturos C* declaraturos [ew-
-per pollicemur. | RS L nu
X. Er demum rt ejufmodi perpetua Pax, concordia, amicitia , C* beneuolentia
facilins G.felicins obfeructur, cisfdem Conféruatores perpetuos decernimns, faci-
US, CONffituimus, GC ordinamus, videlicet Admiraldum Francie, nt Admirat-
-dum , Baillijuum Rothomagenfem , Sencfcthalles Aquitanie, Lugduni, ce Ponties,
-Gubernatores Rupelle, Arthefii, € Bononie pro tempore exiflentes, vel eorum
doca tenentes, quibus, @ corum tuilibet, pro vt ad eum pertinucrit, plenarian œ
-omnimodam poteflatem, ac fpeciale @ generale mandatum damus Gr concedimus de
“omribus © mgulss Bribus contronerfiis inter fubditos noftros, predittofque Pro-
Confüles, Mercatores,C* incolas prataife Hanfe Theutonics in futurum moucndis,
S: oriendis cognoftendi, difternendi, judicandk , @ terminandi, abfque eo quod ipfi,
nec corum aliquis coram aliis Iudicibus G Officiariis conuentri, nec in caufam trabi
#8 prima inflantia quouis modo poffint , fine debcant. Quibus quidem Comferuate-.
ribus, [ex eorum Loca tenentibus mandamus, C* conmittimus, Partibus ipfis audi-
&is fummariè, G* de plano , G ablque ffrepits G° figurs ludicii celeris Inflitist
complementuns miniffrare curent. . | |
- XI. Promittentes bona fide, verboque Regio, ( quod [olemne jufivrandur
apud .Reges femper cÜfe confucuit ,) predilfam bencuolensiom, nr per-
1483.
3778 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
pérmamque Paccm, € omnia @ Jinçula faperias enarratà,? por nôs Conieffs, #°
tiolabiliter obferare, d obférmari fatere. Esdemque onrnsà per-curi[fimrum Him
noffrum Delphinun Viennènfèm ratà grataque habert;" fuifque patentibus Lrteris
<onfirmare. Ita tancen quod predicti Proconfules, Copfules, Aldermanni, Mercz.
tores, © incole, de cadem Past, amicitià © beneuvlentia pariter; Yÿuähtimt ces,
À tora fuam Communitatem Concernit y Jos pdèntes Litieras in débits valida-
que forma, Siçillo magne Cinitatis Lubecehffs roboratäs, infrè drum Aannum pro-
sim go nobis tradere, © realiter exhibere temebnñtar. rs
XII. Quocirea dilefis © fidedlibns noffris Ctatius Confiliariis Parlamenti
noffri Parijius , vniuerfifque © fingulis nofiis loca renentibui, Marefihaliis,
Admiraldo, Viceadmiraldo, € Gubernatoribus, Sevefthaliis, Bailinis; Prepojitis,
Capitaneifque, G* Ductoribus Milishm, Gr Armigtrerdn; ai Civitatun, Oppiab-
rw, Portunih, Pohtimn, aliorwmanc locernr , ca diffriéfuum Cfodibss; alsif-
que Iuflitiariis @: Officiariis noffris prefentibus, € fütwris ; © orum vuilibes ha
rum [eric pracipimus, G mandaus, quaïenas bas hoffras prejéntes Litreras in
omnibus Curiis, Auditorits , alisjque [uis locis ad hoc nricffariis pablicare ; feu
publicari facere, prediifamaque amicitian, confœderationem ; C: perpetanm Paceri,
© concordiam; ac omnia Gr finguls fuperins deilarite, dr per nos concefli inuio-
dabiliter obferuent, G° obferuari faciant, nibil pehiths 3n tontrerinm Agcndo, nec
attensando. Qudd fi foriè aliqua afa aut attentats forent, ça reparare, [ès repa-
vari C° ad prifinum € debisum flatum redaci té mass » éndilate compet.
dendo ad hoc, appellatione fémots, viriliter @ drbivè compellendes, infrattores
quoque , fi qui fint, pæna debita G publics ie Et ut vmnia CO: Kinçuls
prainférta perpetuz firmitatis robur obtincant , bis noffrus Litserss, ÿuxram Vide,
Jen tranfumpto uno, vel pluribus, [5 opus fuerit [ib Sivillo Regio confeétis indu-
diam fidem veluti buic Originali volumus adhibers, magni Sicilli noffri munimine
fecimus roborari. Datum in Montiliüs propè Turônes,.in Menfe Auguiti,
anno Domini 1483. Regni verd noftri 23. Pi/a. Sigxatwm Per Regem Co-
mitibus de Claromonte, & de Marchia, Domino d'Elquerdes , magno $o-
Nnefchallo Normanniæ, Gubernatore Antifiodorenf, Senefchallo Ruthe-
nenfh, Magiftris Iacobo Louet, Chartarum Thefaurario, Guillelmo de Ce-
rifayo, & aliis præfentibus. De Villechartre. Nos qui Reipublice felix éncre-
mentum. 1054 animi noffri mentce [emper opus, prainfertas parèntes Livéras,
omnis O fineula in cifdem contents, ratas, © gratus, rataque , C grata haben-
des, stque cac, G° ea plurimorum noffri Sanguinis Principe, atque Comitum, atio-
vumque Magnatum majoris noffri Confilii deliberatione lsudavimus, approbanimus,
ratificauimus, © phayr héa. i laudamufque, approbamus , ratificems, Cr ton-
firmamus , ac in quantum opus ff, de nono conceffims , C° conccdinms per prèftr-
ses. Quarum ténore nniuerfis © fingulis loce tementibus, Mercfhalis, Admireldo,
Vicesadmiraldo, Gubernatoribus, Baïlliuis, Senefthallis, Prepefitis | Capitamcif-
que, © Ducforibus Armigerorsm, nec non Vrhium , Cinitathm, Oppidor“m, Pon-
Sum, Portsum , albiorumque locorum, diffrifoum Cuffodibus, varcrifque Infitis-
riis, Officiariis C° fubdbitis noffris prefentibus, @ futuris, pracigimus ; CG manda-
ons, quatenus prefentens nofframs Ratifitationcm , Approbstowem , Confirmatsa-
sens, C° Concellioncm in snikerfis Iurifdictionum fuarum Audstoriis , aliifque
docis, quibus opportunum fuerit, inftribant, publicess, Cr inuiolabiliter obfirucnt,
Jeu inféribi, publiceri, G* ebfermari faciant, nihil penîtus ÿn contrarium agende,
«ut istentando, agine aut intentari faciendo, vel permittende, Scd ff que forfitar
airs auf intentata forent , illa reparare, [eu réparari © sd priffiinum €: dehitum
ffatun cxtemplo reduci facere curent. Et ut pramiffa ommia perpesne firmitatis
robur obtineans , noffrum prafentibus Litteris fecimus appons Sigilum. Datum
Ambañæ, Menfe Septembris, anno Do. 1483. 8& Regni nofkri primo. Sic
Signatum, Per Règem, Comitibus de Claromonte, de Marchia, & de Dom-
nomaruino, magno Magiftro Hofpici) Francix , Domine de Torcy, Ma-
DV RoY CHARLES VIII. 379
giftro Guillelmo de Cerifay, & aliis præfencibus. De Villechattre, 75/2
Ec fupra plicam eft fcriptum. Leéfa, publicata, © regiftrata Parifius in Parla:
mento 23. die Decembris, anno Domini 1484. Sic fignatum. De Gerifay, Et in
dorfo. Leéfa, publicata in Scacario Ducatus Normannis tento Rothomagi, in ter:
mino Sancti Michaelis, anno Domini 1 48 4. die 27. Menfis Ocfobris, in prefen-
dia Procuratoris Regis nom sontradicentis , @ regiffrata in Regiffro Curie dicfi
Scacarii, Sic fignatum, 4. Charbonnier. |
Confirmation des mefmes Alliances par les Proconfuls & la
Communauté Imperiale de la Cité de Lubec, & des Villes
de la Hanfe-Theutonique. ,
N Os Proconfules, @ Confules totins Confulatus C7 Communitatis Imperia:
lis Civitatis Lubicenfis* ceterarumque Civitatum, Burgorum , Communium,
Oppidorum , Villarum G° locorum totins nf Theutonicæ 4d infra fcripta fa-
ciendum fPccialiter authori{ati atque Plexipotentes Oratores x Nunt pro earuwm:
dem Ciuitatwn , Burçorum, Communium, Oppidorum, Yillarum € Locorum dicfz
Hanfe, G ex cis vbicumque exiffentium Mercatorum C* perfonarum quiete procu-
curanda, communique vtilitate in ipfa énclita Ciuitate Lubicenfi perfonaliter 4
gregati, notum facimus vninerfis @ fingulis, quorum confbectibus prefentes Litre-
ras contigerit exhiberi, poffquam 1 prie annis inter quondam Chriffianiffi:
mu potenti[fimumque Principem GC Dominum Dominum Ludouicum, diuina fa
sente clementis tunc Francorum Kegem Dominum metucndi[fimum », Regnum-
que, dominia € fubditos f[uos ex vna , G* nos fupra dicfos totius Hanfe homines
pradecefforefque noffros parte ex altera, bellorum inducie, [eu Treuge patte € inita
fucrint, ut tandem pax firma G* perpetua fequeretur , ipfeque Rex Chriffianiffi-
sus nobiftum ac. cateris Proconfulibus, Confulibus , Aldermannis , Mercateribus
Cr incolis pradifarum Ciuitatum G* Communitatum ipfius Hane Theutonice, pro
Je cariffimoque cius filio tunc Delphino Viennenff, aliifque [ucefferibus Franco-
rum Regibus, Regno, Dominiis, [ubditifque fuis prefentibus G futuris pacem,
amicitiam , bencuolentiam G* concordiam firmam, [labilem , perpetuifque tempori-
bus duraturam certa [us [tientia fecerit, inierit © concluferit , prout ex innata
virtutis [us clementia pro re noffra publics bec G* alia gratiosè nobis condonats
Suis patentibus Regiis Litteris defuper datis lucidius continentur , ilafque-ac omnis
C" fingula in cifdem contenta, extreme die funcfo Rege [upradicfo, idem cariffi-
mus cius filius, quo nec [uz prolis quidem quidquam gratins acceptiufque vnquam
praeffari nobis porerat, quam bunc vti piiffimam cius fobolem, quam quod Deus
omnipotens tanta regis ffirpis fui fuccejforem largitus eff, ctiam fuis patentibus
Regis Listeris Princeps quidem C* Dominus metuendiffimus Dominus Carolus diuina
prouidentia Rex Francorwm Chriffianiffimus ratas C7 gratas, rataque Cgrata habens
eus C ca plurimorum [ui confilii deliberatione laudauerit, approbaucrit, ratifica-
serit C confirmamerit, ac in quantum opus fuerat de nouo concefferit, € idcirco
nos @ facceffores noffros pari pacis fœdere, amicitie, beneuolentie C concordis
ën perpetuum obligari volentes , cum codem fereniffimo Principe C Domino Domi-
no Garolo Ghriffianiffimo Francorum Rege moderno, pro fe fuifque fuccefforibus
Francorsm Regçibus, Regno, Dominiis, [abditifque fuis prefentibus C futuris, vni-
aerfis atque fingulis omnino confimilem pacem , amicitiam , beneuolentiam C7 con-
cordiam firmam, ffabilem , perpetuifque temporibus duraturam pro nobis Alder-
mannis, Mercatoribus G incolis, noffrorumque ac illorum omniwm [ucce[foribes
pradictarum Ciuitatum , Burçorum , Communium, Oppidorum , Villarum Gr Loce-
runs ip/îus Han[ze prefate ex certa noffra fientia fecimus, iniuimus G* concluf-
mus, facimufque, inimus C concludimus per prafentes; ac deinde omnibus GC fin-
gui ciufdem metuendiffimi Domini Regw moderni, Regni C* re a ein
1)
148 3e
à. Anril
1484:
* Lubec ef
Capitale dei
Villes Anfos-
tiques.
1 48 4
33o OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
omnibus G fingulis Mercatoribus , nauium Magiftrs, Nauclers, G* quibufliber
adiss cuinfcumque flisus, aut precminentis, aut conditions extiterint , per nos,
predeceforefque noffros omnia G* fingula [ub quacumque verborum forma conceffa
prinilezia quecumque fucrint, ac fi de verbe ad verbum prafcntibus forent inférta,
daudemus, ratificamus C confirmamus, ac de nouo, in quantum opus cf, concedi-
eus ; volentes ctiam C* concedentes vt ipfi emnium G fingulorum bonorum , raui-
giorum, aliarumque rerum eifdem haëfenus per fubditos noffros, aut quofcumque alios
dicfe Hanfe bomines occafione diffentionum preteritarum , ucl alias quouis modo,
vi C vltra eorum velle, G nouiflims durantibus Treugis, allatorum reflitntionem
coram antefats Proconfulibus & Confülibus totius Confulatus C Communitati
Imperial Ciuitatis Lubicenfis, aut quibufcumque ali ceteraram Ciuitat um, Bwr-
Lorum, Communium , Oppidorum, Villaram, CG Locorum [upra ditfe Hanfe Iudici-
bus libere © licitè poffirt, tam coninnéfim quam diuifim profequi. Quibus Iudi-
cibus, aut corum loca tenentibu, prefentibtes C7 futurs diffricfius pracipimus, vt
jifdem prefati Domini Regu, Regni @ Deminiorwm cins, Mercatoribns, vauium
Magifhré, Nauclerss, C ais de rebix bonx Cr mecanicss ab cifdem iniuflè Cr
éndebitè, preditfa treuga durante, ablatss reffitutionem plenam Cintegram faccre,
C partibus audits celerrs Iuffitie complementuns miniffrare curent. Concedentes in-
Super pro nebis € fuscefforibus nofiris fupradicte Hanfe antefaris cifdem dilfi Do-
mini Regis, Regni C Dominiorum cius, Mercatorious, nauiums Magifiré, Nasr
cles, G alin predilfis, © quicumque corum qui in [wpra tatfs Hanfe Ciuitati-
bus, Communibus, Oppidis, Villis CG Locw morans Jen incolatum facere velint, vt
àpfi pro fe faifque omnibus mercantins, aliifqwe nauigiss, Nauclers , bonifque fus
quibufcemque, € in quocumque ipfius Henfe loco cffe contigerit, ab omni impofs-
tion Gabelle, alicriufque tributi G oncre Liberè, quieti © penitss imnsunes perpe-
#no exiflant, quemadmodum communes #affri Mercatores haëfenus fucrunt, funt
SG erunt in futurum : CG quod ipfi ad caufsm mercantierum fuarum que pende-
rari oportcbit, mains quan noffrates foluere foluti funt emolumentum , nequaquans
foluere sencantur, slicrinfque ipfins Domini Regis, Regni G° Dominiorum ciss, Mer-
catores, naninos Magiffri, Naucleri, G alii fupradicfi, qui, ut dictum eff, in fupre
dite Henfe Cixitatibus, Communibus, Oppidis, Vills @ Locis moram trabant,
de fus bons mobilibus © immobilibus ibidem acquifitis © acquirendis, ac dons-
fionc inter “vinos, teflamentariaue, aut alias quomodocumque cif[dem libucrit, difho-
ere poffint, corumque harcdes praditfa bons apprebendere, cifque vti, gaudere,
aique potiré perinde atque ff ipfi noffrates ac ex Dorminiis noffris oriandi cffent.
Deinceps ff cafu aliquo, quod temcn Deus aucrtat, pax huinfmodi quouis diffen-
éionis C controuerfie pretextu infregeretur, ita vt aliguod genss bedli inter predi-
um fereni[fimem Dominum Regem fuofque [ucceffores Francorum Reges, Regnum,
Dominia C Jubdisos corun CG nos fupradiétos fuccefforefque noffros, Ciuitatum,
Bargorum , Communium, Oppidorum , Villarum GC Locorum ipfius Hanfe bomines
oriretur, volnmus C conccdimus vt ipff nibilominus, € corum finguli infra 4n-
sum poff cinfdem bei [eu diffentionum initium omnes C* fingulas mercantiss, n«-
igia, Naucleros, aliaque boua [ia quecumaque in Dominiis G* difhritfibus noffris
. #xiflentia afbortant, G ad Ciuitates @ loca fus deuchi faciant pecunias, aliafque
res per noffrates fi ‘debitas exigere, CG id faciendo toties quoties cis oportunuræ
fucrit codem anno redire, morari, © dcinde sd prapria reserti tute, liberé Gr quicrè
pollint ° valeant, abfque eo quod ullum in corporibus, nauigiés, Naucleru , mer-
sentis, bons rebujque fuu preditfis aliquod damnums , impcdimentumue , aus
Alia quans inquictatio aut moleffis vlatenus inferri debeat.Inféper reucrendiffimos
reucrendos Patres noffros Dominos Archicpifcopos , Epifcopos, Cr alios quoftuws-
que viros Ecclefsafficos curam C° regimen animarum babentes, vt cum aliquems
Francigenarum in Dominiis G* in diffricribus noffris mortem obire cantigerit, quod
‘ alim moricntinm cadauera in terra bencdiifa, vti noffrates veri Gr indubiteti
Catholici décedentes [epcliri folent, fépelientur exbertari curabimus. Infaper fi no-
DV ROY CHARLES VIII 381
bis contingat in futwrum cum quouss Rege féreniffimo » auf alio Principe, Exterif.
ue Natioribus belum çerere, ant diffentiones babere, 1pfe tamen Rex Jupradicfss 14 8 4
Juique fuccéffores Francorum Reges, Regnique G Deminierum [uorum fébditi cuxs
corum nauibus, Nanclers, bons Gmercantiss quibuftumque peues corumdem Regum,
Principum GC Natienruwm Ciuitars, portes, loce C° diffritfue quibus cifdem for
oportanun videbitur pro Jus mercantis aliifque REGOIIS exerCeR ASS , êre , romorari;
© deinde poterunt redire toties quoties eifdem placucrit, liberè quicté quad nos
bominejque € frbdites noffros attinet, abque eo quod buisfce pacs, amicitis ©
beneuolentie perpetue infratfores cenferi, vominarine, aut reputari debeant, quouis
node; quod ctiam in co cafu omnibus noffratibus fimili modo licebit. Et JF aliqua
obfcuritas aut ambiguitas fuper articalis pradilfis, aliifque füperiks contents in
futurum oriretur, ipfas claricribus Gr laculentioribus vbs C fensentie in pradi-
ét Domini Reçu fucccfforumque cius Francorum Regum, Regni, Dominiorum Gr
fabditerum » Corumdem fanorens © vtilitatem nos snterpretaturos © declaratnros
Jemper policcmur. Et demum vt buiuf{modi perpetua pax, concordia, amicitia &
beneuolentia felicias © faciliss obférucrur, oferente [e caf de gquibufiumque liri-
bus G cantrauerfis per quoftumque cixfdem Domini Regis, Juccejjorumque cius
Francorum Reçum, Regui C Doviiviorus prediéforwm fibditos contra quoflibet
noffrss in Dominiis C* diffrétfibus Mercatores G° incoles pretatfe Han(e Theutonice
än futurum mouendis CG oricndis : velurmsss , confhituimes, decernimus © ordina-
ms “ut adfor in loco res primo cawfam fxam profequendo experiri debcbir, quam fi
$n huisfmodi prima inffantia conféqui son poterir, quod tuxc coram Proconftlibus
C Confulibus totiss Covfulatus Jfupraditfe Ciuitatis Labicenfis , prafentibus C: fu-
durs partibus hinc inde audits, per cofdem funmariè C: de plano abjque ffrepits &
figura indicis celerss infhtie complementum miniffretur ; promittentes bons fide ver-
boque sveritats predicfam bencuolestiem , concordiam, amicitiam , perpetuamque
pacem, € amnie & fingula Juperius euarrats, G: per nos fatta, insiolabiliter per-
petuo nos vclle obféruare G: abférwari facere, emni dolo & fraude femoris. Æuocirca
éotises Jupradicte Hanfz, G* cinfden confæderationis hominibus, vniuerfifque € fin-
gulis noffris Capitaneis © Gubernatorihus , eorumdem lacs tenentibus, Iufliciariss ,
Offciaries , Vafalis ligis, fubicctifque diletis © fidelibus, ac aliis cuisftumque
flatus ant conditions exiflentibus, prefentibus G* futurs, G ipfirum cuilibes bs-
ru ferie fipplicamus , precipimus CG mandamus gatenus bas noffras Litteras pre-
fentes in omnibus Curis, auditoriis, aliifque locis fuis ad hoc seceffariis publicare,
fés publicari facere, predittamque amicitiam , covfæderationem GC: pacem perpe-
fuam aïque concordiam , ac omnia @° fingula fuperius declarats, faéfa G enarrata
inuiolabiliter obféruent G obferuari faciant, nibil penitws in contrarium açendo nec
attentando : CG quod fi foriè aligua atfe aut attentata forent, ea reparare, és repa-
rari, Gad priffinwm & debitum flatum reduci facere ffudeans indilatè ; compellese
dos ad hoc, appellatione femota, viriliter G debitè compekendo infratteres que.
que, fi qui Ê%. pœns debita @ publica plefendo. Er ut omnia G* finguls prain-
Jêrta perpetue firmisatis robur abtineant, bas noffras Listeras , quarum vidiffé, feu
sranffumpto uno, vel pluribns, ff opus fucrit, [ub antefate Imperialis Ciitatis Lu-
bicenfis fecreto figillo confectis, indubiam fidem vclusi buic originali volumes ad
biberi, eiufdem Ciuitatis Lubicenfis magni figilli munimine fesimus roborari. Dat.
ann0. Domini millfimo quadringenscfimo olfnagefimo gwarto , die vero quarts
menfis Aprilis. |
Lettres du Roy Charles VIII. touchant l'hommage à luy fait |
de la Terre & Baronnie de Joinuille en Champagne
2 par René II. Duc de Lorraine. |
CE ARLES par la grace de Dieu Roy de France , à nos amez & feaulx 4 Amboife te
VoGens de nos Comptes & Treforiers à Paris, aux Baillifs de Troyes , 27: Des. 1484.
| Bbb ii]
\
382
/
OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
Sens, Chaumont & Vitry, nos Procureurs & Receveurs efdits Bailliages-
& à tous nos autres Jufticiers & Officiers, ou à leurs Lieutenans, fadut G
dileëfion, Sçavoir vous faifons que noître tres-cher & tres-amé coufn René
Duc de Lorraine Nous a ce jourd’huy fait en nos mains les foy & hom.
‘mage que tenu Nous eftoit faire à caufe de la Terre & Baronnie de Join-
aille fur Marne, de la Senefchaulcée hereditable de Champagne, à luy appar-
tenant à caufe de fadice Baronnie de Joinuille, des Terres & Seigneuries
d'Eftlairon, Curuille, Troisfontaines, la ville de Humbecourt & de Corbey, &
leurs appartenances & appendances, tenus & mouuans de Nous à caufe
de noftre Comté de Champagne; enfemble de toutes les autres Terres,
Ficfs & Scigneuries Er tient & peut tenir de Nous à caufe de noftre
Couronne : aufquels foy & hommage nous l’auons receu, fauf noftre droit,
_&c l’autruy. Si vous mandons & enioignons, & à chacun de vous, fi comme
# Clery, Dé.
sembre 1483.
à luy appartiendra, que LS caufe defdits foy 8 hommage non faits vous
nc bies ni donniez ni
noftredit Coufin, ainçois & fadite Terre & Baronnie de Joinuille fur Mar-
ne, Senefchaulcée héreditable de Champagne, Terres & Seigneuries d’Ef-
clairon, Curuille, Troisfontaines, la ville de. Humbecourt & de Corbey,
& autres deflus déclarées , leurfdites appartenances & appendances fonc ou
eftoient pour ce prins & mis en noftre main, mettez-les-luy ou faites met-
cre incontinent & fans delay à pleine deliurance, pourueu qu’il baille fon
defnombrement & adueu par efcrit , dedans temps d’vn an, à noftredite
Chambre des Comptes , & fera & payera les autres droits & deuoirs pour
ce deuz & accouftumez, fi faits & payez ne les à, Donné à Amboife le 27.
jour de Décembre, l'an de grace 1483. & de noftre Regne le premier.
Au defloubz, Par le Roy, Monfeur le Cardinal de Bourbon, les Comtes
de Clermont & d'Albert, l'Euefque d’Alby, les fieurs de Baudricourt, de
Vatan, & autres prefens. 4inf figné, 1. Mefmes. 7 |
Colation a efte ire aux Lettres originales cy-deflus tranfcriptes par nous
foufcripts Auditeurs en la Chambre des Comptes à Bar, tefmoings nos
fcings manuels cy mis , le 23. de Feburier, l'an 1497. Signé, Dupuis & Pc:
Cnidee. auec paraphes. | ie | |
Confirmation des Priuileges accordez à la Ville de la Rochelle
par le Roy Charles VIII.
AROLVS Dei Grafia Francorum Rex, 4d perpctuam re memoriam. Rega
lem decet magnificentiam eus pracipuë follicitudine, priuilegirs © muneribus
donare perfonas, G* quas fama referente, © comprobatis meritis in vigils gratuits,
Jeruitiorumque exhibitione continua nouerit liberaliores. Sicut igitur accepimus tx
parte dileiforwm ac fidelium noffrorum Maiorw, Scabinorum, Confulum, Parium
Ville noftre de Rapella, bone memoris Ioannes Rex quondam ac predeceffor noffer
éuxta noffram Pitfauie Cinitatem à noffri G Coronz noffre inimicss noffrx vetuffif-
fémis Anglicis capitur, tumque Rupelle Villam cum pluribus Pictavie ac Xantonie
Comisatuum Caffris @ Villis pro [ui redemptione predictis Anglicis celfit cum iuris
plenitudine, iurifditfionis G* refforti Juperioritate remifit, tranfhortauit, G tranf-
tulit, habitatores earumdem proprio ex debito fibi fuifque fuccefforibus fideliratis
Gr obediientie facramento vna fimul relaxauit. Quod attendentes predicti Maior,
Scabini, Confules G+ Pares noffre iam dicfe Rupella, [e in diéforum inimicoruw
noffrorum f[ubicëtionem , pro fuorum priuilegiorum conferuatione diu plufque quam
tricnnium fubmittere diffulerunt ; quo ad hoc pluribus viis per eundem noftrum
pradecefforem inducerentur, licet in fuorwm prinilegiorum non modicum G* graue
. preiudicium. Quapropter ipff Maior, Scabini G* Pares, caterique habitantes nof-
tre Ville de Rspella, fab ditione, poteffate , iurifditfione, imperio G* cohercitione
d
ouffriez eftre fait ou donné aucun empefchement à
a age
PP TR =
DR
DV RoY CHARLES. VILLES 3%
dictorurs inimicersn per decenrinn Gr onpliss extitcrunt iäncipati, qui cam 9
-extere nationi, fine culpa, voluntate aus canfénfu, Ançlorums potestatui can(bicerent 1:49 ÿ:
proflisutos , cϾperant de core libertate ah boffili ess graui fcruitute prepeu/iue co-
gitare : gai tandem depuifix de Ville naffra predicfe vificribus is Anglicé, @
hoffibus liberi atque immsnes gratuite fauore , Iobenni sam dico Regi G: ditioni
Corona Francia iteruam: f6 fubmiforunt Ob qued predicius Tobenues mulra cifdem
merite priuilegis conceffs,:concefaque famduduns per predeselfores. fus. appro-
Dauit Fxéoner rs s songes s dicre dbiiffes, Caralus ciss fflisee Rex ec prades
<dfor noffer virtatum penfans merisa, quibus facto digni prediéfi de Rapells com-
anendabantur, prinilegia per genitoren [aum, quomodo sm diéfum 1ohannem, &
adios Francormm Reges ac Dominos de Rupee conceffs confirmant ; approbauir,
wéque iscvune, fi. opus foret, cum pluribus aliis fimul dedit Ge conceffit, vt in fut
= 0m
.conceffionis charts vberims declarater ; cademgue prinilegia pariter Rex Carolis
fextus cifdem de Rupcle cenfiremauit : Gulterius stiendens quod fupra diééi Majar,
Svabini, Goufules G° Pares à continus féruitié cerça cum G fuos regni Francis
predeceffores vires © perrimonia nullaiewss relaxaruvt, Ob quod cé conceffun per
-priuilcginm extiterat guod. in pofferum ads impofitio, fubuentio, colleéfs , fsbf-
-dium , ant aliud deucriuns fager css, aut eerum bons, fine eorum conftnfù minivse
émponentur. Esfdem Majerem , Scabines, Confules G° Pres accerfuit, vt cwiuf-
dam deucrii impotionc, quod is pridits Vida impenere ‘volucrat, videlicet de-
cem pro sonclo, © quinque folideram turoncnfinn pro pipps vins in preditfs
pile, guhtrnamento C Xastonsnff paris oncrates confentirent, que nonobffan:
sibus corum jans dits prinilegiis [ao fauorc feceruns. Hoc attendens antedict
Carolus, © quod fie voluntati, licet privilegiati, minime reffagarentur, ei[dem
Maiori, Scabinx, Con/iibus;@ Paribus pre reparationitus, caterifque necr[fisasibs
diéfa Vila noftra, que continuo maris. proccllarum G* yenti rabic ivsaditur, muro-
pums atque turrinn ruinem Grandem minante, dedit œ concefff quartam partens
denariorum ex praditto deuerio traifo proncvientiunn, tam in Jepedifs Vila, gue
dernamento, quèm Xawtonenfi patrie, volens wvt cam guartam partem baberent,
tenerent G° pofiderent qguemdiu praditfa traifs ibidens turfuns haberct, plurima
prinilegie es vlira largiendo, quibus qauifi Gr Uf font gacificè dun. preditfas
Carolus vitam duxit in bumanis : poff cujus deceffum cariffiswns noffer auus cadem
priuilegia. confirmauit, donauit Gr approbauit 5 que. pariter defuntius 46 ceri[fimss
Dominus Gr geuitor mefler gratificans comprobauit , dedit aigue confirmsit, in/n-
per alia plura de momo dargiens, veluitque is de quibus minime in fériptss docere
(Rets dum samen is rfi fent per modum prixilegii amsodo is perpetuum uts-
rensur: vlreriufqse ipff Maior , Scabini, Parcs Gr Conules prediam quartem
partem ous conceffäm dicte traite per manum Jam, aut fuorums receptorum , ul
corum quistanciam in poferum acciperent @* pacificè tenerent. Pretcreaque ipf de
Rapella pre preditfe noffre Ville reparationibus © ali urgeutibus nrastiss vique
-wd fammam. duarum mille librarum turenenfium auno quolibet fuper mercantis
éstrantibns praditfamn noffram Villars , sut ex ea exeuvtibus imponers poffent, ve-
. duit atque permifit, ac perpcins conceffis cifdem infwper Juas nobilitases, @ alia
confirmando flatuts, lenças obférnanties, confuctadines, vfus, franchilies, Liber
states, prinilegia, dons, cunceffiones, © catera quecumaque ca per predrcefferes pis Co
fuos Reges Francie, ant alivs ufquam conctf[e approbaudo, quibus pariter vf [ant france Duc ds
u/Gacdum pradiGfus Deminus ac geniter noffer Ÿ at paci inier cum C7 quondemn set .
Carolum pdt four Aquitanie Ducens init, guerraranque Œ difordiarum Goronns ous
morarum @ moneri ferstarum leusretur occafio, C* fédarentur infultus, pradi- rime fi de
em Villam de Rupells, citra tamen confenfum predicforuss Maïors , Scabinorues nn
CG Parium , fermato fibi dumtaxat [uperioritatis refforée , dedit edems Carole, ceffif, meurus ps
vemifit, quitianit, G° omnino tranfportauit poteflate plenaris, anthoritate regis, © os di
ex certa Jéientia. Que pariter prisilegia per ditfum Deminue ac genitorens nof- jus: 4
trum cifdom de Rupclla pat” tdens Carolus nofler pasruus canceffis © approba- 1473.
148.3:
334 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
ait, Cquattnus indigerent, is dedit © contalir, quibus: pariter "vf. fent quicrd
#C pacificè quouque idem Carolus diem funtfus ct extrevsum, tuise dectffn predi-
a noffra. Villa de Rupclla Domisnio noflro G'noffire dstfa Cvrons iterum fuit uni-
44 : atiendenfque idem Dominus ac geniter nofier imrwcnÿz\ fidelitat insiolabilens
contisentiam © debite obedientie erzs exm G predecefiores. noffros priflationens
éndeffè, G pluribus aliss femalatibus. fr reddiderunt praflantes, cifdem Maiori,
Scabins, Confulibus ac Paribus.naffre: Ville de Rapellas prisilegis emais per pre-
dictum Carolum atque dies Reges Francis, ant alios:Dominos de -Rupcla conceffe
ana cum prisilegis , franchifin, libertatibus, ffatates, vfantiis G: lonçus ob[eruxs-
tin, dons atque conceffionibus approbauit, caque medio iuramento.pro fe Gr fns-
gefforibus fui pollicitus eff fermare,sam in preditfis priuilegins quim in Communi-
date, Iuri[ditfione, Colleçio, iuribus, pertinentiss, deucrix, prouentibus, conce{ffioni-
dus, don, Greater quibafumaque, G* infüper medio, vr-fupra féribitur, inramente,
atque is vero regio promifit dicfan Villam cum vefforto nufquam à cetero pro
queuss camfs cambii, matrimonii [eu appanagii fhoruns. liberorum , fratrum aut
Janguineorum ; ‘vcl alierum, ctiam pro [ue © fuoram perfonaram captione Cr re-
demptione, extra manum fuam G* Corome Francis, aliemare vel ponere; G fi pra-
dicfam Villam contingeret ab inimici obfedi, ipfe cam pro poffe ctiam perfonaliter,
fé opus foret, faccurrere, ac sidem auxilium GC iuuamen impertiri,. ot in carte
praditfs Domini.ac genitorss fo figillo fils cerifew munita vberius, prout fertur,
declaratur. Nos igitur pradecefforam noffrorum veffigiw inherentes, confiderantes
énfsper quod erga predilifus Deminum ac genitorem noffrum, aliofque Reges ©
pradeccffores noftros, predifi Maior, Scabini, Confüles @ Pares noffre predicle
Wille plurimum manjerunt commendati, quodque erçs nos fe peramplins offrant
sons, vt cxperientis nos docuis, pre viribas, annuere tas de caufis © «lis pluribrs
Æanimuns noffrum ad hoc iuffè monentibus, de certa noffra fientis, plenaris potefla-
ve d° authoritate regis , de noffrorumque confançuineorum confilio, pradicfa prini-
degia, C-omnis quecumque alia , de quibus conjiterit in [criptis, aut ctiam mini-
me.conffabit, dum tamen vf fint per modum priuilegii cifaem Majori, Scabints,
Confilibus GParibus, caterifque moftre Ville babitatoribus , una cuns omnibus [xs
pracminentiss , Commurtitate ,-Collegio, Iurifdiéfione, mobilitate, frenchifis , liber-
‘#atibus, pracminentis, prerogatins, ffatutss ; confuetudinibss , ordinationibus,
vfantiss @ longi obferuantin, dons , conceffianibes » officiés , deueriss proucntibuf
que confirmamus, ratificamus C° approbamus , eaque perpetui roboré firmitatcm
-obtincre volumus GC decermimus : ac cadem omis Gr fingula priilegia per predi-
um Dominsm geuitorem noffrum, aut alios Reges C- predecefflores noffros, vtl
alios Dominos de Rapells conceffa, ipfamque Communitatem , Collegium, Iurifdi-
ionem, nobilitatem, una cum franchifiu, libertatibus, preeminentiss, preregs-
tiuis, flatusis, confhctudinibus, ordinationibus , vfantis GC long obferuantiss,
donis, conceffionibus, quibuftumque deucriis , tam dilfe quarts partw traite vi-
serum in predicfa noffra Villa, gubernamento, quim patris Xantonenfi oncrato-
rom, de noffré certa [tientia, authorisate regia G plenaria poteffate de nouo con-
ferimus, concedimus G: donamus per prefentes: volentes etiam .quod ipff Major,
… Scabini, Confules &' Pares per manum [uam, aut faorum Thefaurariorum «el
Receptorum quittanciam Jimplicem tencant, recipiant, pofideant ac babeant .predi-
Fam quartam partem.traifa pacificè G quictè. Promittentes infuper in verbo regio
pro nobis C* fucccfforibus neffris quod nunquam preditfam Vilam extra manum
… .#0ffram G*Corons Francie, ac réffortoruns noffri Parlamenti Parifius, inxta corurm-
dem prinilegis ponemss, trademus, ant guacumque caufa alicnabimus, fine matrime-
nii _ ac n0ffrorumliberorum appanagii, noffrorum fratrum aut confanguincorum,
dotifue gratis, aut ex quauis alia en in cifdem fui priuilegiis concef]a : que
prinilegia C dons barragii, baptifagii, balifagii, deleffagii in predithus, ceteraque
contenta prinilegis firma. G inuiolabilis effe per omnia perpetno decernimus, a
Ji de verbo.ad verbuns de itfdem prinilegiss aut dons, © de guolibet corum ant
sn
:DV ROY CHARLES.VIIE : 38s
in ess. coñtenforuis fieret fhecialis Cr expreffe mentie,. cl infererentur eadem de
verbe ad verbum in iis féripti, nonobffantibus quibufcumque interruprionibus,
in cifdem pradiéfis Maiori, Scabinss , Comfulibns, ac Paribus per predeseffores nof°
tros, aut [uos Officiarios .fathis , C* quibafiwmqne inribas. in corpore iutu., vel
extra, que hic baberi pro repctitis volumu conffitutionibus , reffritfionibmn , man-
dat, flatutis, ordinationibus, aut aliis gnibuftumque in contrarium facientibus.
Er ff praditem Villam, quod abfis, ab hoffiam incarfibus inuadi contigerit, ipfams
pole tenus; etiam perfonaliter, JE expedierit tueri, déffendere, ivuare, ac cidens
148 3e
a4xiliune impertiré promittimus, iuxta corsmdem priuilegiorum contents. Quo-
circa dilechs ac fidelibus Confiliariis noffris , Gentibus prefens noffrum tenentibus,
G* qui fufurum tenchunt Parlamentum parifius , necnon Compateram. G Tbe[au-
rariis gencralibufque Confiliariis Juper facto € regimine financiarum noftrarum,
secnon Gabernatori de Rupella, caterifque fuffitiariis ©. Officiariis noftré, fe
eorum loca tenentibus prefentibus © futurs, aut corum cuilibet , prout ad cum
fhecfaucrit, committimus, © mandamus quatenus pradictos Maiorem , Scabinos,
Confules, Pares , babitatorefque dicfe Ville de Rupella, C7 corum fucceffores nof[-
ènrs prefentibus ratificatione CO approbatione, confirmationc ampliationeque, Con-
ceffione G* gratia vti C gaudere pacificè faciant © permittant abfque impedimento
quocumque, quatenus rite C reciè vfi funt: © quia valde difhcile G quafi im-
poffibile cffet ubique de corum sriginali docere ei[dem conceflimus, quod tranfcripso
exemplo, vel vidimus originalium prediclarum Litterarum , aliorum [uorumque
priuilègiorum, confeifo fab figilo Regio, € etiam omnibus © fingulis clasfusli
contestis in iifdem extracfis, CG redacfis in feriptis [ub dicta figillo Regio, ei[-
dem tranfiripte exemplo, Vidimus , claufulis, G cuilibet ipforuns refpettinè ot
originali pradicfo in Iudicio, vel extra, adbibeatur plena fides. Quod vf firmum
© fabile perpetso perfeseret, prafentibus noffrum ficillum duximus apponendum,
noffre in aliis, G° in omnibus alieno iure femper [aluo. Datum Clerisci in menfe
Decembris anno Domini millefimo quadringntelimo ofuagefimo-tertio, © Regni
moffri primo. Sic fignatum /épra plicam, Per Regem in [uo Confilio, in quo Vos *,
Dominus Defquerdes, € plures alii erant, A. Brunon. Lefa, publicats Œ re-
giftrata Parifins in Parlamento.vicefima [éptima die Iulii anno 14 84. Sic figna-
um , Chartellier. Lecfa fimiliter, publicata C regifrata in Camera Computo-
rum Domini nojfri Regis Parifius 12. die Augufli, anno quo fupra. Badouillier.
Enregifirement an Bureau des Treforiers de France.
Es Treforiers de France: eyés par Nous les Lettres Patentes du Roy
noftre Sire en forme de Chartes jufquelles ces Prefentes font atta-
chées foubs ln de nos fignets,impetrées & à nous prefentées de la partie
des Maire, Efcheuins, Pers & Confeillers de la Ville de la Rochelle, fai-
fant mention comme ledit Seigneur leur a confirmé & confirme les Priui-
legesà eux donnez & oétroyez par les predeccfleurs dudit Seigneur. Nous,
aprez que lefdites Lettres ont efté leuës, publiées & expediées & enre-
giftrées en la Cour de Parlement & en la Chambre des Comptes, con-
fentons l’enterinement & accompliffement defdites Lettres, & que lefdics
de la Rochelle joùiffent du contenu en icelles pour les caufes & tous ainf
que le Roy noftredit Seigneur le veut & mande. Donné foubz nofdits f-
gnets le 9. jour de Septembre 148 4. Signé, Courtin.
* Enregifirement au Bureau des Generaux des Finances.
Es Generaux Confeillers du Roy nofte Sire fur le fait & gouverne-
ment de fes Finances. Vewës les Lettres patentes du Roy noftredic
Seigneur , auquel ces Prefentes font attachées foubs l’vn de nos figners,
CCc
* C'eff le
Chancelser.
9. Septemb.
1454
10. Septemb.
336 OBSERVATIONS'SVR L'HISTOIRE
: 483 imperrées., & à nous preféntées de la partie des Maire, Efcheuins, Pers
"V2" & Confcillers de la Ville de la Rochelle, faifans mention comme ledit Sei-
gneur leur a confirmé & confirme :les priuiteges-à.eux donnez & oétroyez
par fes prédecefleurs Rois de France. Nous, aprés qu’il nous eft apparu
lefdites Lettres avair efte leuës, publiées, expediées & enregiftrées en la
Cour de Parlement... & aufli en la Chambre des Comptes, confentons, en
æant que:à nous €ft,.l'enterinement & ‘accompliflement defdites Lettres,
&. que lefdirs de la Rochelle iouiffent du contenu en icelles, pourueu tou.
tesfois .que dorefnauant ils payeront les Aydes 04 Equinalent, ainfi qu’ils ont
faic par cy-deuant, & mefmement. és années dernierement pañlées. Donné
fous l'un de nos fignets le 10. iour de Septembre 1484. Sigré, Morelet. :
re onfentemens du Gouverneur de la Rochelle à l'enterinement des Prinileges
oo, © de la Ville de la Rochelle. oi
x 7. luilles Hyriirpes de Creuecœur, Cheualier de l'Ordre du Rey noftre Sire,
OL DA Z Scigneur Defquérdes * & de Launoy, Confciller & Chambellan du
des, depuis Roy noftredit Seigneur, fon Lieutenant & Capitaine general en fes pays
Ronthal de de Picardie & d'Artois, Gouuerneur & Capitaine de la Ville de la Ro-
rance. 6 tn ë . |
_ thelle, Chaftellenie & reflort d’icelle, S4/ur. Receu auons les Lettres pa-
tentes du Roy noftredit Seigneur en forme de Charte, fcellées en cire
verte & lacs de foye, données à Clery au mois de Décembre lan mil qua-
tré cens quatre-vingt-trois ,à nous prefentées & baillées de la partie des
‘Maire, Efchevins, Confeillers & Pers, & autres manans & habitans en
ladite Ville : par vertu & auchorité defquelles, & du pouuoir à nous par
icelles donné & commis , & en enfuiuant le contenu en icelles, par lef-
quelles le Roy noftredit Seigneur leur a ratifié, confirme & approuué tous
& chacuns leurs Priuileges, Statuts & longues Obferuances, en tant que
à nous cft & touche, en aüons confenti & confentons par ces Prefentes
lenterinement, & d’abondant par tant que meftier eft, leur auons ente-
riné & enterinons, & en icelles enterinant auons ordonné & ordonnons
qu'ils iouïiront de tous & chacuns leurs Priuileges, Statuts & longues Ob-
{cruances, fans en iceux leur eftre fait aucun deftourbier ou empefche-
ment, & touc ainfi & par la forme & maniere que le Roy noftredit Sei-
gneur le veut, & mande eftre faic par lefdites Lettres. Donne à la Ro-
chelle fous le Scéel dudit Gouuernement le dix-feptiéme iour de Iuillet
1485. M. Barnage. Par Monfeigneur le Lieutenant, Beronneau.
Lettre de Iean Cardinal d'Angers , autrement dit le Cardinal
Balluë, depuis Legat en France, au Roy Charles VIII. par
laquelle il affeure le Roy qu’il aura foin de s’acquiter de Îa
charge des affaires dont il luy a donné le foin, & qu'il luy
| enuoyera un portrait de la Ville de Rome. |
À Rome IRE, ie me recommande à voftre bonne grace tant & fi tres-humble-
4. Mars S ment comme ie puis. Et vous plaife fçauoir, Sire, que l'ay receu vos
ss Lettres par Monfieur de Faucon , lequel m’a bien amplement déclare la
| charge qu’il vous a plu luy donner pour me communiquer. Il a eu bonne
& benigne audience de noftre Saint Pere, qui l'a volontiers veu & ouy.
Sire, de ma part és chofes dont mondit fieur de Faucon m’a parlé, & en
toutes autres, ie mettray peine de vous feruir loyaument & diligemment
_de mon petit pouuoir, Luy & moy vous'aduiferons fouuent de la difpo-
fiion de toutes chofes pardecà. Plaife vous, Sire, toufiours me mandet
DV ROY CHARLES VIIL 38
& commarnidet vos bons plaifirs pouf lés accomplit dé rout mon poudoit,
aydant Dieu, qui vous donne , Sire, acéompliffethént de tous vos délirs, &
bonne vie & longue. £féris à Rome ce 4. jout de Mars. |
7: Sire, vous m'auez efcrit pat Monfieut de Faucon que ie vous faffé pein:
dre Rome; ie le vous enuerraÿ Île pe brief que fe pourta. 1e fe fais faite dé
manicre que vous la puifliez entendre comme fi vous eftiez fur lé lieu. Voftré
tres-bumble & tres-obéiffant feruiteut & Suier, Jean Cardinal d'Angers. Et
: :
au dos eft cfcrit, L46 Roy mon fonuerain Seigneur.
Lettres du Roy Charles VIII. par lefquelles il ordonne que
. Jean & Louis d’Armagnac iouïront des Terres & Seigneuries
de Guife en. Thierafche, Nouion, Chaftelraut, Mayenne &
autres , venants de la fucceflion de Charles d'Anjou Roÿ dé
Sicile, prétenduës par lefdits d'Armagnac à caufe de leur mere
Louife d'Anjou, fœur & heritiere dudit Roy de Sicile; & ce
par prouifion, & en attendant la defcifion du procez qui
cftoit entre le Roy Charles VIII. & lefdits d'Armagnac au
fuiet de cette fucceffion. |
| C7 RLES par la grace de Dieu Roy de France: À tous ceulx qui ces
Vu préfentes Lettres verront, Sels Comme tantoft aprez le trefpas dé
feu noftre tres-cher Seigneur & Pere, que Dieu abfolue, & noftre ioyeux
aduenement à la Couronne, Nous eftant en noftre Chaftel d’Amboife éuf-
fions mandé venir pardeuers Nous plufieuts grands Princes & Scigneurs
de noftre Sang & Lignage, pour affifter entour de Nous & de noftre Per-
fonne, & entre autres nos ttes-chèrs & tres-amez Coufns Ichan & Loys
d’Armaignac; lefquels peu de temps aprez leur venué Nous euffenc hum-
blement fait (applier & réquetir en la préfeñce de plufieurs Séigneurs de
noftre Sang, Prelats d’'Eglife, & autres gens de nioftre Grand Confeil, que
noftre bon plaifir fuft leur faire deliurer les Terres & Seigneuties qui leut
cftoienc efcheuës & aduenuës par le trefpas de feu noftre tres-cher & tres-
" ‘amé Coufin Charles d'Anjou, en fon viuant Roy de Sicile & Comte du
‘Maine, leur Oncle maternel, & dont il eftoit mort faifi & veftu , non re-
nuës en Pairie & Appanage de France, ni venuëés de noftre Domaine, ap-
partenans audit Jehan & Loys d’Armaignac, Cathetine & Charlote fœurs,
comme enfans de noftre tres-chere & tres-améé Coufine Dame Loyfe
d'Anjou, fœur de noftredic Coufin & fa feule heritiere : c’eft à fçauoir, les
Comté, Chaftel & Seigneurie de Gaife en Thietache, ou Bailliage de Ver-
mandois , Preuofté de Ribemont ; la Terre, Chaftel & Seigneurie 4
Nouyon audit Bailliage; la Terre & Seigneurie de Chaffeleraud , au Comté
de Poidtou; les Tetres & Scigneuries de Le Ferté-Bernard, Maine-la-rhhés cr
Sablé, au pays & Comté du Maine; les Terres & Séigneuries 4 Nogent-le-
Rotros, Sion, Mommiral, Anton, la Bafache, Rinery, la Ferriere, Montlandon,
Montigny, Alluye, Pierre-coupe, aflis au pays & Cérhté du Perche & pays
Chartrain; les Terres & Séigneutiés de Élairen & de Conterbache, aflis préz
la Rochelle er la Senefchaufice de Saimronge; les Térres &'$rigneuries
de Longinmel & Chaily, en la Prévofté de Paris, -& une maifon aflife és
Fauxboôurgs de Sainc Marceau prez Paris, & autres plus à plein par eux
declaréés, atrec leurs appartenances. Sur quoy auôns voulu ov'ir noftre Pro:
cureut , qui Nous a fait dite & remonfirer ictlies Terres & Seigtieuries
pat nofdits Coufiris démandées Noûs'competer & appatrenir À éaufé de là
Coutonne, mefmretmerit lés aueutires & ls autres M ir +" suis
| Cci
1 48 3.
Au Pleffis lez
Tours s, Mars
z p à 8 3.
388 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
2483.
LS
faic par noftredic Coufin Charles d'Anjou Roy de Sicile ; par lequei teits-
ment il auoit inftitué fon heritier vniuerfel noftredic feu Seigneur & Pere.
Apres lefquelles chofes ainfi par noftredit Procureur prapolces cuft eftc dt&
repliqué pour la partie de nofdits Coufins, que lefdices Terres & Seigneu-
ries n’eftoient de noftre Domaine, ni aufli tenués en Pairie ni appanage
dela Couronne , declarans expreflément qu’ils n'entendoient aucune chofe
demander ou requerir en ce que noftredit Coufin Charles d'Anjou auoi
tenu en Pairie & Appanage , ni femblablement à ce qui feroit trouué eftre
de noftredir Domaine : & au regard dudit ceftament, difoient que felon
les Couftumes généralement gardées és lieux & pays où lefdices Terres &
Seigneuries font affifes, infticurion de heritier ‘n'a point de lieu, & s'en
rapportoient à ce que notoirement en eftoit fceu’ & tenu par tout .efdits
lieux & pays. Lefquelles parties ainfi ouyes par Nous& les Princes de nof-
tre Sang, & autres gens de noftre Grand Confeil, euft efte appointé qu'el-
les bailleroient leurs faics & raifons par vn brief intendit d’vn coufté &
d'autre, poar fur iceux faire inquifition par thaniere d’enquefte , qui feroit
rapportée en dedans deux mois lors fuiuans, & pradüiroient tout ce que
bon leur fembleroit , pour le tout veu, en-eftre ordonne & fait droit ainf
qu’il appartiendra pat raifon. Et en oultre, fut-appointé que nofdits Cou-
fins , tant pour lËur demeure que pour leur viure & conduite de ce procez
auroient deflors les Chaftel, Ville & Manoir de Chañtelleraud, & la fom-
me de fix mille liures tournois , à la prendre & perceuoir fur le reuenu &
plus clairs deniers des fufdites Terres par eux demandées, Enfuiuant le-
uel appointement, & par vertu d’autres nos Lettres fur ce données, nof-
dits Coulins ont à toute diligence fait befoigner en ladite inquifition &
enquefte, noftredit Procureur deuement appellé; laquelle enquefte 2 efté
rapportéc deuers noftredit Grand Confeil : & aufli ont produit nofdits
Coufins leurs Lettres & Tiltres au témps fur ce préfix, Mais noftreditPro-
cureur a toufours dilayé , tendant afin que ladite caufe & matiere fuft ren-
uoyce en noftredice Cour de Parlement à Paris. A quoy de la partic de nof-
dits Coufins fut dit que ladite. matiere fe pouuoit vuider par leur enquefte
& produétion; car les chofes propofées par noftredit Procureur n’eftoient
que fuites ou nyances, &.pour ce requeroient que les deflufdites Terres
& Seigneuries leur fuflenc entierement deliurées, du moins par maniere
de prouifion dés maintenant pendant lefdits procès, atendu qu’ils n’auoient
de quoy viure, & que de la prouifon de fix mille liures dont deflus eft faite
mention, il n’auoient pu recouurer aucune chofe, & fi auoient frayé
beaucoup pour obtenir l'exécution d'icelle, & par ce ne leur eftoit venu de
ladite prouifion que tout dommaige, & leur voulfift miculx que iamais ne
Jeur euft.efté donné, ainf qu'ils difoient; & il foit ainfi que aucuns Princes
de noftre Sang complaignans l'affaire de nofdits Coufns, Nous ayent fait
pour iceux nos Coufns cres-inftantes requeftes, & femblablement les Gens
des trois Eftats de noftre Royaume, lefquels en la publique Affem-
blée d’iceulx Eftats Nous ayent par deux fois humblement fupplié que
voulfiffions auoir pitié du fait de nofdits Coufns : SÇCAVOIR FAISONS
qu eu à cs dices Requeftes, veu & vifité ledit procez par les Gens
de noftredit Grand Confeil, 8 oy leur rapport, & aufli l’aduis & opinion
de pluficurs Princes & Seigneurs de noftre Sang, & autres de noftre Con-
feil eftanc alentour de Nous, confideré tout ce que fait à veoir.& confde-
fer en cette partie, & mefmement pour aucuns piteux & charitables re-
gards, auec la proximité de lignage. à quoy nofdits Coufins Nous atrien-
nent & Nous 2 iceux nos Coufns, de pleine puiffance & autorité Royale
Jeur auons baillé & deliuré, baillons & deliurons lefdites Terres & Sei-
gncuries venuës de la fucceflion dudit feu Roy Charles d'Anjou, leur oncle
DV ROY CHARLES VIII 389
maternel.à caufe de noftredite Coufne leur mere; c’eft à fauoir, la Comté
de Guife en Thierache au Bailliage de Vermandois, Prevofté de Ribemont;
la Terre, Chafteau & Seigneurie de Nouyon audit Bailliage; la Terre &c
Seigneurie de Chaftelleraud , au Comte de Poiétou; les Terres & Seigneu-
1483:
rie de Mayene-la-luhes, Sablé & la Ferté-Bernard, aflifes au Comté du
Maine; les Scigneuries de Nogent-le-Rotrou, Bion, Montmirail, Anton,
Barache, Riuery, la Ferriere, Montlandon, Montigny, Alluye , Pierre-
Coupe, aflifes au pays & Comté du Perche & pays Chartrain; les Ter-
res & Seigneuries de Clairon & Coulerbache, aflifes prez la Rochelle en
la Senefchauflée de Saintonge; les Terres & Scigneuries de Chailly &
Longiumel, en la Preuofté de Paris, & vne Maifon aflife és Fauxbourgs
de Sainc Marceau prez Paris, auec leurs appartenances , pour en iouïir
pleinement & paifiblement par maniete de prouifion fous noftre main iuf-
ques à ce que par noftre Cour de Parlement à Paris, parties ouyes, autre.
ment en foit ordonné : réferué que Nous pourrons pouruoir & commettre
à la garde des Places fortes & principales d’icellefdites Terres & Seigneu-
ries, fi bon Nous femble; & auons renvoyé & renvoyons à icelle Cour de
Parlement ladite caufe & procez , enfemble les parties en l’eftat qu'ils
fonc, pour proceder fur le principal de ladite matiere au premier iour du
mois ke luing prochain venant : moyennant laquelle prouifion prefente
nofdits Coufins ne pourront demander aucune chofe à caufe de l’autre
rouifion fors iufques àla datte de ces prefentes de fix mille liures, nonob-
ant quelconques dons faits à quelques perfonnes que ce foit par feu nof-
tre tres-cher Seigneur & Pere, & par Nous confirmez & donnez de nou-
uel, oppofitions ou appellations quelconques faices ou à faire, & fans
préiudice d’icelles. Si DonNnons en mandement à noftre ame & feal
Confeiller en noftre Grand Confeil Maiftre Charles de Bayencourt, aux
Baills de Vermandois & de Chartres, Prevoft de Paris, Senefchal de Poi-
tou, & luge du Maine, ou à leurs Lieutenans, à vng chacun d’eulx à qui
il appartiendra, & à tous nos autres Jufticiers & Officiers, que noftre pre-
fente Ordonnance & Prouifion ils fouffrent & laiflent ioïr. &: vfer pleine-
ment & paifiblement nos Coufins, fans fur ce leur donner, ou fouf-
frir eftre donné aucun deftourbier ou empefchement, en contraignant à ce
faire tous ceulx qu'il appartiendra par toutes voyes & manieres deués &
raifonnables , nonobftant comme deflus. En tefmoing de ce Nous auons
fait mettre noftre Scel à ces Prefentes. DONNE 44 Pleflis du Parc lez Tours
le cinquiéme iour de Mars, l'an de grace mil quatre cens quatre-vingts
&c trois, & de noftre Regne le premier. Sic fignatum füpra plicam, Par le
Roy en Jon Conftil, auquel eftoit Monfeigneur le Duc de Bourbon Con-
neftable de France, les Comtes de Clermont, d’Albret, & de Dunoys,
Vous *, les Euefques :d’Alby, de Perigueux & de Conftances, les Sei-
gneurs de Gyé & Defquerdes, Marefchaux de France, de Torcy & de
Comminges , de Richebourg, de Baudricourt, Argenton, de Genlyÿ , de
la Roche, de Vaten &' de l’Ifle, Maiftres Bernard Lauret premier Pre.
fident de Tholoufe, Iehan Chambon, Pierre de Safñerges, Guillaume
de Cambray, Philippes Baudot, & autres prefens. Petit.
Traité de confirmation & renouuellement des Alliances
: de Franc & d'Efcoffe. L
"ACOBVS Dei gratia Rex Scotorwm, vninerfis © finguls ad quorum noti-
tias prefentes Littere peruenerunt, Salutem in Domino noffro Iefu-Chriffo qui
ef omnium vera falus, pax lets C* gloris Jempiterna. Sacris credimus cloguiis vt
fraternitatu fœedue G vinculum charitati, tamquam lg go perfecrie-
| CCc 1) |
# C'ef le
Chancelier,
AEdimbourg,
less. Mars
146%
399 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
fabilem columnam, que nanquam excidit, iuxta nobis commiffum onus
ipf Jollicitè perfequemur, Ce qui Jub auttore pars imperant Reges , & domi-
nañtur Principes ad vnitatem [firites Bnceram dileffionrm, per quam Regum amor,
x popalorum filioram bereditas, O° fhes aterni Regni confermantur aïcuratif]-
mè jufitemu. Sanè cum Juperni Regis prosidente clepientie, mulns euvluti an-
serum curriculis, inter inclitiffimarum recordationum vita funitos Francorum ex
vna G Scotorwm guondam Reges partibas ab altera certè confæderationes, lige,
smicitie, paëtiomes, fraternitates, vonsentiones G* inteligentie ex antique ritè
srdinnie, concepte, contrafe, inite, compaif. fuerunt, firmate, renesate, abfo-
due de inuiolabiliter confersate pro [e, fuifque beredibus, [en faccelforibus in Juis
Regnis lrgirimè fhccflures , Regnis, Dominiis , ditionibus, fubdité, amicis Cr
denenoks fuis fibi adherentibus CG adhafuris, ac omnibus quorum intererat, aut
éntercfle poterat, ficut per Regum ipforum Litteras patentes C autienticas lucu-
calentins poterit apparere, quarum originalis in vtrisfque parti Archiuxs non
immerito accurata [ollicitudine conferuantur. Nos eapropter maïorsm noffrorum vef-
sigiis inbarentes, © anime noffro renoluentes quam [alubre, quam [iane, quam
Selutiferumque [emper extiterit is vnitatis amore vinculum charitatis, pacis €
amicitie inuiolabiliter obferuare qua Jia virtutis efficacia, Ecclefie membra, folidè
ad inuicem coniclfa cum Chriflo Saluatore coniungir, coque modo ot fémel perficrè
coniun(Yos aliquando fegregari aut dinortiari non finat, nec in mutni auxilii, ro-
boris G wirium comributione deficere , alisfque innumeras vtilitates G incffabilia
rememorantes bencfcia, qua retro lapfis temporibus prefatss Regnis, Regnicolis,
ditionibus G fubditis ex antiquis ligis € confederationibus huiw/modi prosenc-
vunt, ferantes in Domwine omniurm Saluatore, quod preditfarum confæderationnm
vértus Gr: efficacia commiffis wirinfque Regni Regibus, populis perpetue chariratis
iafunder amorem. Vnde GC Regum ip/orum felicitas, © Regnorsm [norum robur
© fortitado validius femper accrefies cum excellentiffimo inuittiffimoque Principe
Gerolo moderno, Dei gratis Chriffaniffime Francorum Rege, fratre d- confæderato
soffro charifimo sppunéfuamus, concordemus G: concledimus in modum C for-
sam fhbféquentes. Ne 0
I. Quia ex prifto G longe tempore vltra omnixm hominum memoriam amici-
tie, ligz G confæderationces falfe facrunt inter fanctiffine memoris Francorum
Reges, haredes , fucceffores, Regna, Terres, Prouincias G fabditos [sos, G Nos,
baredes, fucceffores, Regna, Terres, Preuincias C* fabdites noffros, ideo in pre-
fenti tunc tratfatur, concluditur C* concerdatur inter eundem Chriffsani[fimum
Principem, G Nos per lincam vnionis, confæderationis Gr amicitie, in bons fide
_ eadens coxfæderationes G: amicitie, 0 Jernentur NE in perpetuwm; C
ab ipfo tempore in antes perpetuis futuru temporibus, C* nos amorem diéfo Reg
Francis, [is haredibus C fuccefforibus fersabimus , GC cifdem auxilium , confi-
Gwm G: folames, vt fidelis amicus confæderatus dabimus C preffabimae.
IL Et primo. Qsia Rex Anglit © [as predeceffores fepensmere nixi, cr conati
* faut tota {na potentis Francis C* Scotie Regnis damna G difpendis violenter is-
ferre, capropter Chrifiianiffimnus Francoru»s Rex, fni heredes + facceffores,
Nos, noffri beredes GC fucceffores Scotorum Reges adinuicem obligati exiffimus ;
$x cum obliçati erimus Anclicorum damnis, grauationibus G° iniuriis obsiam ire,
GC" cifdem pro viribus obfiffere, bac via, modo CG forma, G omni tempore quo
Chriffianiffimus Francorum Rex, [ui heredes G fucceffores fupradicti cgebunt au-
xilio, few confilio, tempore guerrarum ant paris contre Angie Rrgem Nos, here-
des Gr faccefores noffri antediti, moffri fubditi G* Communitates Chriffianiffimo
Francorum Regi confilium GC auxilium dabimus in quantum poterimus noffra-
. Sum genéium côpiis € pecuniarum fmbfidiis, © ir. perfônis propriis y fe fit opus,
. C° ctiam aducrjis omnes aduerfaries infra G* extra Francie Rega, qui Vimere
+ S mori pafani, vclati fdelis vonfæderatus fo confaderato fasere debeat © te-
HEUINT,
re comptent TES ©
|
DV ROY CHARLES VIII" 39 —
: AIT Et idem Rex Francie, [ui beredes G* fuccefforer, C-eorum Commhhitatés
fmili nodo.omni tempore quo Nos;‘noffri beredes & \fcceffores Jubditi G Com,
munitates egebunt auxilio G confilio guerrarum aut pacis tempore, contra Anglie
Regem fuosberedes 6 fücceffores dabunt nobis anxilium d confilium ; in quan-
sur potcrunt j Jharum gentium copiis © pecuniarum fubfidiés ‘Gin perfonis “pro:
préis , ff apus' fit : C7 ctiam aduerfus omnes aljos adnerfarios extrà &'infra yofire
Regna, qui vivere CG mori poffuns ; veluté fideles confæderati. faceré confæderasd
dehesnt.C tencaniur, RE
“EV:Secundo, 55 guerre mote fuerñnt, feu:moucantur inter tumdem Chriffisni[à
fimum::Erincipem Frañcorum Regem , | PTE haredrs &.flcceffore sy ŒR egens An
gli à fuos.heredes C fucceffores , Nos, noffri baredes r'fucceforesvesebimur ,
tenebuntur., obligabimur , C* obligabuntur: querram: facere pro totznoffra potentis
faper Réegem. Ançglis, fuos heredes & fucceffores , quam.cito de môtiore ditfarum
gserraram nos certiores per fcripturam fufficientem fecerir, feu fecerint, ant “per cer-
tam relationem, few per vocem communem fuerimus certificati, treugis nibilominus
vaptis @° pendéntibus inter Chriffianiffimum Francorum Regem G'Anglie Régem
fnitis, vel per quemcumque alium modum, per factum dittorum Anglicorum raptis
C.annullatis. CE — HUE _S nn
- V. Et pariformiter fi guerre contra Nos, noffros beredes C° fucceffores per An-
glie Regem:, fuos beredes Gr fucceffores mote fuerint , few moueantur , sunc Chrif-
tianiffimus Francorum Rex, fui heredes & fucceffores tenchuntur © obligabuntur.
guerram facere pro tota [ua potentia Juper Regem Anglie, fuos baredes G facce[-
fêres, quam cito de motione dicfarum gucrrarum dilfus Chriffianiffimus Franco-
rum Rex, fui heredes G fucceffores per fafficientem [exipturam fuerint certificati ,
ant per certam relationem, vel vocem communcm , tTeucts ribilominus captis, ©
nunc pendentibus inter nos, noffros heredes Gr fucceffores, € Regem Angie, fées:
beredes @ fucceffores, ut dictum eff, finitis, vel aliquem modum per Ançglicorum
factum ruptis, aut quomodolibet annullatis. es DL -
- VI. Tertio, Nos, heredes noffri G facceffores: Scotiè Reges, non pcrmittemus,
patiemur, nec fuffinchimus via aliqua aliquem ex noffris fubditis praeffare vel do-
nare auxilium , confilium aut fauorem Regi Anglie, fuis beredibus € fucceffori-
bus, confæderatis, feu auxiliatoribus cinfdem, ncc ire aut effe in auxilio per ffipen-
dia, aut fine ffipendiis aliquo modo aut Via quacumque cum dicto Rege Anghiz,
ant cum aliqua perfona quacumque, qua fit inimica, aduerfaria, aut rebells dicfo
Chriflianiffimo Francorum Regi, fuss baredibus aut fuccefforibus, Regno ho, fuifue
Communitatihus in grauamen, preiudicium aut damnum ditti Francorum Recw,
fhorum heredum , [ucceforum , fubditorum € Communitatum fuarum.
VIT. Er pariformiter Chriffianiffimus Francorum Rex, fui heredes fucceffo-
res non permittent, patientur, ncc'aliquo modo aut vis füffinchunt aliquem ex
Jus fabdité dare aut praflare aliquod auxilium, confilium, vel fanorem Regi
Anglie, fus heredibus © fuccefforibus, confæderatis, aut auxiliatoribus, vel ire,
aut cffe in auxilio cum flipendio, aut fine ffipendio, aliquo modo aut via cum ditfo
Rege Anglie, vel cum aliqua quacumque perfona, qualifcumque fuerit, inimica,
aduerfaris, aut rebellis Nobis , noffris heredibus € fuccefforibus, noffro Regno,
_moffris Communitatibus in granamen, preiudicinm aut damnum nobis GC noffris
<: ess -
1483
beredibus er [uccefforibus, vel noffris fubditis € Communitatibus : C° fi poft inbi-
bitioncm, vel generalem prohibitionem defuper faifam aliquis ex dilfw Francie G*
Scotis Regnis compertus fuerit, qui aut in preterito fecit, aut in prefenti vel in.
füturo fecerit , hic capictur, @ punictur avt traditor €* rebells contre fuum Prin-
cipem © Regnum , fine gratia, faucre , ant remiflione defuper cidem indul-
enda. LT |
VIIL Quarto. Qwod aduerfarii @ manifefli rebelles Chriflianif]imi Franco-
rum Regw, fuorum hberedum. & faccefforum nullo modo recipientur per Nos, here-
des G* fucceffares .noffros Scotis Reges, nec manutenebuntur publicè nec prinarè
Ÿ s
KW
148 3.
393 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
infra Regnum noffrum aus Dominium Scotis, quam cito, C* ab ea.temporé quo
per nn Francorum Regem Nos fucrimus, ant ipfi fuerint fuper bec
requifiti. + ji cu
TX Et pariformiter Chriffiani[fimses Francorum Rex, fui beredes. & fucceffo-
res nullo modo recipient adserfarios G manifefles rebelles noftros, nec massteme:
bunt publicé vel prisatè, quam cito, G: 4b co tempore quo dictus Chriflianiffimns
Princeps, fui.beredes G fucceffores per Nos, noffros baredes © fucceffores fuerit,
vel fuerint requifitus, aut requifiti : quin imo Nos Francis Cr Scotiæ Reges, meffré
baredes € fucceflores, obfersabimus G* obfernabunt honorem , ntilitatem ‘ins,
prévilegium C* immunitates Regum aliorum , fuorum beredum C° fuccefforum, Cr
inducemus C.inclinabimus ad totam noftram potentiam uoffros amicos, confæde-
ratos in amorem Cr auxilium mutuwm corumdem Regum , hercdum G [ucceffo-
ram fuorum Regnorum GC Communitatum , C* fcandalum , vituperationen
dampum alicrins Regis aut Principis alter alteri, pro [wa aucforitate @ poteffate
tolles C delcbit. | |
X. Quinto. Nos, noffrique fucceffores , non poterimus nec valebimus, prteruns
vel valehuns treugas inire cum Rege Ançglie, [us bercdibus C fuccefforibus abfque
conjenfs Chriffianiffimi Francoram Regw, fuorum beredum G* fuccefforam, ant
Jaltem quod dilfws Chriffianiffimus Fraucorum Rex, fusm Reçnum € Communi-
tates fins in treugu comprehenfi, niff ita fit quod ipfe Frarcorum Rex, fui bare-
des, fucceffores C* Communitases noluerunt in treuçis comprehendi. *
X I. Et fimili modo ipfé Chriffianiffimus Francorum Rex, füi beredes fuc-
ceffores treugas inire non poterunt, aut valchunt cum Roge Anglie, fus beredi-
bus S fuccefforibus abfque confenfs noftro , noffrorum heredum € fuccefforum , ant
Jeliem quod Nos, noffri heredes ant fuccelfores | Regnum GC Communitates im
éremgss fuerimus comprebenfi ; vel niff ita esencrit, gwod Nos, noffri heredes C7 [uc-
cefféres, Regnum C* Communitates, soluerimus GC noluerint in cifdem treugis com-
prehendi ; in quo cafu alter Principum confæderatorum debet fignificare Principe
Cr" confæderato comprehenfo , infra nouem menfes poffquam dicfe treuge Jint inite,
ad notitiam GC cognitionem Principis cas ineuntis deucnerint, quod confæœderarus
Jaus fit in cifdem treugis camprehenfus. Verum fi Princeps confœderatus in treuçu
comprehenfhs', [ua vtilitati pro tempore confulens, manifeffaucrit Cr declaraueris
fe nolle in treugis comprehendi, tunc Princeps treugas iniens, in treugis rema-
sens, fuo confæderato in guerris cxiflenti iuxta vim € formam confæderationsm
antc faifarum [ubucniet, vt bonus CG fidelis confæderatus facere debeat [no confe-
derato, G tencasur, fic G* co modo quo omni tempore confæderationes veteres is
Juo robore C° firmitate permancant. | |
XII. Sexto. Nos, noffri heredes CG fucceffores Scotorum Reges, non valebimus
ec valebunt pacem facere cum Rege Anglie, fuis beredibus © fucceforibus abf
que expreffo confenfu Chriffiaviffimi Francorum Regis, fsorum hæredum © fuccef-
Jorum ; aut faltem abfque co quod ipfe Chriffianiffimus Francorum Rex, fus hare-
des G fucceffores , fenm Reznum C° Communitates fJint integraliter compre-
ben fi.
* III. Er fimiliter Chriffianiffimus Francorum Rex, Jhi beredes G fucceffores
non valebunt Pacem facere cum Rege Anglis, fuës heredibus G fuccefforibus abfque
soffro confenfs, noffrorum hercdum G* fuccefforum ; vel faltem abfque co, quod
Nos, noftri heredes Gr fucceffores, nofirum Regnum CG Communisaies integraliter
fucrimus G: fucrint comprebenfi.
XIV. Septimo. $5 cafw emenerit, quod Deus awertat , Nos, noffros bercdes
Ce facceffores in fata deccdere abfque bberw de noffri corporibus legitimè procrea-
#15, ff contentio, dinifio, aut diftordia füuper iure facceffiorw noffri Regni Scotie
inter contendentes mouecatur, in hoc cafs Chriflianiffimus Francorum Rex, [us
beredes € fucceffores non fabuenient contendentibus, nec per fe patientur vt g8a-
ditercumque partibus fubueniatar ; verum buisfmodi lits G- debate decifo fret per
Regni
= —__…—
DV ROoOY CHARLES VIlIli. 393 ="
Regni noffri Prelatos, Magnates @ Proceres, fecundum tenorem Legum, Iurium . 14 8 3:
G Statutorum ciufdem G* hereditarÿ Iurw, C Chriffianiffimus Francorum Rex;
féi heredes Gr fhcceffores eum pro Rege amico fwo €: confæderato habchant € re-
putabunt, qui inre hereditario per Regnum aut partem cins maiorem approbabitur.
Et fi aliqui cius aduerfarii per poteffatem Reçw Anglie; [aorum heredum GC fuc-
cefforum guerras contra eum moucrint, qui modo premiffo pro Rege approbabitur, .
Chriffianiffimus Francis Rex, fui hercdes G* fucceffores manutenchunt € defen-.
dent eumdem fic approbatum contra fuum aducrfarium , G* fibi adherentes C* 44-
xiliatores in vim G* formam confœderationum anteditfarun. | |
XV. Et pariformiter fi contigerit, quod Deus auertat, Chriffiani [firm Fran-
corum Regem , [uos beredes & fucceffores in fata decedere abjque libers de corpori-
bus fins legitimè procreatis, ff contentio, diuiffo aut diftordia fuper iure fucceffio-
nis Regni Francis inter contendentes moucatur, in hoc cafx Nos, hercdes noffri
facceffores contendentes non fubueniemu:, nec fubuenient, nec per Nos patiemur ut
qualitercumque partibus fubueniatur : verum buinfmodi lins G debate decifio fies
per Regni Francie Prelatos, Magnates G Proceres, [ecundim tenorem Legum , Iw-
rium G* Statutorum ciufdem © hereditarg iuris. Et Nos, noffri heredes G fucceffores
cum pro Regé amico noffro G confederato habcbimus © reputabimus , qui iyre he-
reditario per Regnum aut partem cius maiorem approbabitur. Et ff aliqui cius ad-
nerfarii per potcfiatem Reg Anglie, fuorum beredum € faccefforum guerras con-
tra cum moscrint, qui modo premiffo pro Rege approbabitur, Nos, noffri hercdes
Gr" fucceffores manutenchimus © deffendemus eumdem fic approbatum contra fium
aduerfarinm, CO fibi adherentes Cr auxiliatores in vim G* formam confæderatio-
num antedicfarum. | | |
- XVI Otavo. Quod dicfe confæderationes approbabuntar , ratificabuntur G:
confirmabuntur per Sanctiffimum Dominum noffrum Papam , G* quod Chriflianilf-
mus Francorum Rex, fui heredes G facceffores, nec Nos, noffri heredes & fuccef-
{ores Stotie Reges clèm nec apertè faciemus, aut facere procurabimus , aut procu-
yabunt per Nos Francie G* Scotis Reges noffros beredes € fhcceffores, Regns, aut
füabditos, Nos à iuramento faéfo aut fiendo abfolui fuper obféruatione € perfrita
cuflodia confæderationum antedilfarum. | |
XVII. Nono. Si Sanfiffimns Dominus noffer Pontifex Maximus proprio ve-
dit motu , aut perfone alicuiws induction Chrifianiffimwm Francorum Regem , fuos
baredes G fucceffores , aut Nos Scotie Regem, noftros heredes cr fucceffores, Regna
aut fubditos à iuramento [apraditfo abfüluere, vel buiufmodi iufiurandum annul-
bare, nec Chriffianiffimus Rex Francorum, Jui heredes CG fucceffores , nec Nos,
#offri heredes @ fucceffores , uti poterimus, aut:poterunt, debchimus, aut debchuns
vla via buinfmodi abfolutionss bencfcio ; quin imo Nos, Reges, beredes noffri G
fucceffores fruabimus G* férmabunt, C° inuiolabiliter cuffodiemus G: cuffodiens per-
petuis futurs tensporibus verè G: fanétè buiufmodi confæderationes in omnibus ar-
ticulis G membre abfque dolo Gr: malo ingenio, fine aliqua ve in contrarium agen-
da, fic G co modo ac fi ditfa abfolutio inramenti, G huiufmodi annullatio à Ssm-
mo Pontifice nunquam fuiffet emanata. |
XVIII. Decimo, & nouifhimo. Nos lacobus Scororum Rex , pro Nobis, bare:
dibus € fuccefforibus noffris Regno GC Dominiis, Terris C fubditw, confæderatio-
nes, traifatus, compofitiones , patrionces , ligas, fraternitates, amicities initas inter
Nos G Chriffianiffimum Principem Carolum Francorum Regem modernum frde-
ya, ac omnia O° fingula in prediciss confæderationsm , ligarum C* amicitiarum lit-
ter contenta, concordata C° declarata, € cas in fPeciali qua poff tempora deceffus
olim fanéfe memorie Caroli Regis Francie@ Nauarre, @ Roberti Scotorum Re-
gis fui nominis Primi, @ Carol Francis Regw fui nomini Septimi treuge inuio-
labiliter fuerunt, Gr fine contrarictate aliqua inter Principes obférvat.e in omnibus
fs punitu, articulss CG membris, landamus , acceptamus , ratificamus, validamus,
roborams Gr approbamus , iterumque Cr de nono traitamns, pas fisiruss » 60h-
/
39924 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
148 3. #rabimus G frmamus: promittimns infuper bons fide, € ceffante dolo G malo in.
éo pollicemur G inramas fuper Sanita Dei Evançgelis per Nos corporaliter taëfa,
*AL Awbigny. préfentibus nobili G potenti Domino Beraldo Steusard , Domino de * Albigny, G-
Magiffro Petro Millate vtrinfque lurss Doéfore, Ambaxiatoribus, Legatis, Commif-
Jfariss, Oratoribus, Nuntiss Confülibus Excelentiffimi » Inuicfiflimi @ Chriffia-
néffimi Principé Carol Francorum Regis modern frasré CG confæderati noffri
amantiffimi, fab obligatione Gr bippotecha omnium bonorum noffrorum, beredum Ge
fnccefforum prefentium C futurorum , Nos omnia C fingula premiffa modis G vis
quibus Jupra firmata, inita compalfa traifataque funt tencre , G de panito ad
nitum implere € inuiolabiliter obférsare. In quorum omnium premifforum fidem
Cr teffimonium prefentibus Litters noffris magnum figillum noffrum apponi feci-
mus apud Edinburghum wicefimo fecundo die menfis Martii, anno Domini mille-
fimo quadringentefimo ocfuagefimo sertio, C7 Regni noffri vicefimo quarto. Sic
fignatum , lAMES.
Lettres du Roy Charles VIII. par lefquelles il furçoit les appel<
lations des Ilugemens rendus par les Iuftices des Villes
& Pays de Flandres.
À Nofre-D- 1 ARLES par la grace de Dieu Roy de France : 4 som ceulx qui ces
me de Clery, prefèntes Lettres verront, Salut. Noftre tres-cher & tres-aimé frere &
&sDectmbre coufin le Duc Philippe d’Auftrice, Comte de Flandres, Per de France , Nous
si a, pat l’aduis de ceulx de fon fang , & gens de fon Grand Confeil eftans &
ordonnezlez luy,& à la requefte des trois membres de fondit pays de Flan
dres, fait dire & remonftrer que ledit pays de Flandres eft pays fort hanté
&c frequenté de Marchands cffrangers plus que nul pays qui foit deçà la mer
Occeane, & cft fort pesplé G habité tant dedans les bonnes villes que par
le plat pays. Et foit ainfi que les crois principales de la Langue Flamengue
qui font Gand, Bruges 8 Tpres, que l’on dit les trow membres de Flandrespar
lcs Preuileges, Couftumes & pe Ex dudit pays, ont de toute ancienneté
cfté regies & gouucrnées tant au fait de la Police d’icelle que de la Juftice
qui fe fait & adminiftre entre les inhabitans & les Marchands qui y han-
tent & conuerfent par les gens de loy defdites Villes qui ont cognoiffance
de tous cas ciuils & criminels de leurs Bourgeois & inbabitans, & d’autres
dont ils ont accouftumé cognoiftre, & que de toute ancienneté ils ayent
*AL FÆfs, pretendu & maintenu que pour le bien & cours dela Marchandife, l’effre *
& entrerenement defdices Villes & de leur Police, ils n’eftoient appellables
ne refformables en cas ciuils, ne en cas criminels, & que pour le differend
qui en ce a cfté au temps pañle, feu noftre oncle le Duc Philippe de Bour-
gongne Comte de Flandres obtint en l’an 1445. de feu noftre cres-chier
Seigneur & ayeul le Roy Charles, que Dieu abfoilue, Lettres Patentes par
Icfquelles toutes les caufes & procez qui pourroient venir pardeuant luy &
en fa Cour de Parlement à caufe des jugemens faits par lefdites Loix ,en
cas d'appel, & fouueraineté, furent lors mifes en eftar & furfeance l'efpace
de neuf ans prouchains enfuivans, fans plus auant y eftre procedé aucune
ment durant ledit temps, & fans ce que par ladite furfeance aucun preju-
dice fuft porté, fait ou donne à noftredit ayeul, ne aufli à noftredit oncle
au droit de reflort & de fouueraineté qu’ils pretendoient au contraire, ne
aufdites Loix en leurs pofleflions, droits, vfages, franchifes, libertez, &
* C'ef à dire couftumes deflufdites, toutes voyes lefdits des Loix * de Bruges & d’Ypres
ne © font bien contens de recognoiftre à noître frere & coufin le reffort en cas
Vibes. civils de toutes Sentences & appointemens rendus par lefdites Loix felon
la nature & preuilege des Reformations dont l'en ufe notoirement oudie
bv RoY CHARLES VIII 39$
pays de Flandres, & confirmé par la paix. Mais en tant que couche les cas
criminels, banniflemens & relegations dont lefdits de Bruges cognoiflent
en la forme que l’on dit Les Framches Ferisex *, & d’eftre mandez d’eftre à la
V'ierfchare *, & aufli en cas criminels dont lefdics d’Ypres ont cogneü & co-
ghoiffent, ils dient & maintiennent qui ne fut jamais veû parauant ledit an
45. qu'il en cuft efté appellé ne refformé, & que le bien & l’vtilité publi-
que dudie pays de Flandres eft grandement que ainf foit faic & obferué:
car pour ce que l’on trouue fouuentgens facinereux qui de tres-legier font
cnclins à murmurer contre les Officiers du Comte ,ou contre ceux qui font
en la Loy, & à inuencer & mettre auant chofes nouuelles qui feroient tres-
prejudiciables au Comte & au pays, il eft bien neceflaire, & ainf a efté
fait de tout temps, de proceder contre tels par banniffemens & relegations
à certains ans, cfquels ainfi bannis ou releguez, s’ils eftoient receus à en
appeller, mettroient à grande inuolution de procés lefdires Loix, & feroie
facile occafion de troubler tout ledit pays, dont à moindre caufe fontfou-
uent forties gucrres & diuifions en iceluy pays. Et pour ce que lefdits de
Bruges & d’Ypres ont fait certains banniflemens & relegations contre plu-
fieurs , les aucuns ont obtenu Lettres en cas de refformation de Loy des
gens de noltredit frere & coufin de fa chambre par luy ordonnée en Flan-
dtes,& d’aucuns appointemens interlocutoires rendus & commiflions bail-
liées par lefdits du Confeil, lefdits des Loix de Bruges & d’Ypres fe font
conftituez appellans, depuis lefquelles appellations, dont les aucunes font
releuées ou anticipées en noftre Cour de Parlement, autres non les deputez
des trois membres dudit pays de Flandres fe font trouvez devers noftredit
frere & coufin, ceulx de fon fang & de fon Grand Confeil, par lcfquels,
afin d’eviter tous inconueniens, troubles & diuifions inceftines, mefmement
au prejudice de la paix dernierement faite entre Nous, noftre Royaume,
noftredic frere & coufin, & fes pays, a efté auifé pour le mieux de mettre
toutes lefdites matieres, tant celles desja venués audit Confeil de Flandres,
comme autres qui en cas femblable pourroient.venir en eftat & furceance
jufques à dix ans que lors noftre frere & coufin aura fon plein aage, Mais
noftredit frère & coufn, lefdits de fon Confcil confiderant que pour ce
pourroit toucher #o/fre reffort € founeraineté » #'ont en ce vouls conclure, ne
prendre fin arreffée, fans fur ce auoir de nous noffre ocfroy, plaifir cr sec to
ment, en Nous fuppliant tres-humblement vouloir confentir & accorder la-
dite furceance : ScavorrR FAISONS que Nous defirans complaire à nof-
tredic frere & coufin, & aufdits crois membres de Flandres , afin aufli que
lefdites Villes de Bruges & d'Ypres foient entrerenués en bonne obéiffance
cnuers noftredit frere & coufin, & entre elles auec ladite ville de Gand
en bonne amitié & union, auons de noftre certaine fcicnce, pleine puif.
fance & authorité Royale, confenti & accorde, confentons & accordons
que toutes les appellations & refformations faites ou à faire en cas crimi-
nels de ban & de relegations de ladite Loy de Bruges, qui fe iugent és
jours que l’on dit Franches-Veritez, & d’eftre mandez d’eftre à droit à la.
dite Vierfchare, & pareillement celles À faire efdits cas de crime de ban
&c de relegations de ladite Loy d’Ypres, qui font desja commencées en la-
dite Chambre de Flandres, & les aucunes releuées ou anticipées, & autres
non en noftredite Cour de Parlement ,que autres cy-aprés pourroient four.
dre & venir en cas pareil, foient & demeurent en eftar & furceance, juf-
ques à dix ans prochains venans, continuels & enfuiuans l’un l’autre , à
compter du iour & date de ces Prefentes; lequel temps durant Nous auons
voulu & ordonné, voulons & ordonnons que efdites caufes desja meuës,
ou autres à mouuoir, lefdits des Loix de Bruges & d’Ypre prefens & ad-
uenir en corps ou en particuliers * ne faifoient ou puiflent ss arr
F
1483.
* Franche Ve.
rité eff ce
qu'on appelle
Affifes.
* Vierfchare
ef une luftict
criminelle.
*AÏ. se fois,
396 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
148 3. refpondre ne proceder en noftre Cour de Parlement, & ce fans preisdice |
des droits de noffre Rdffort Souscraineté, & aufli des Poffeffions , Preuileges,
Ffages C Couflumes difdits des Loix, lefquels en autres cas feront tenus reffortir
pardesant noftredit coufîn en fa Chambre de Flandres, G: en Souveraineté en nof-
‘tredite Cour de Parlement. Si donnons en mandement à nos amez & feaux
Confeillers les Gens tenans & qui tiendront noftre Cour de Parlement à
Paris, & à tous nos autres Jufticiers & Officiers, ou à leurs Lieutenahs ou
Commis, & à chacun d’eux, fi comme à luy appartiendra, que de nos pre-
fens, grace, voulonté, & ordonnance & furceance ils faifent, fouffrent &
laiffenc noftredit frere & fefdics fuiets iouïir & vfer pleinement & paifible-
ment ledit temps durant, fous les conditions & en la maniere deflus decla-
* Le Chance- rée: Car ainfi Nous plaift-il eftre fait, nonobftanc quelconques Ordonnan-
ire ces. reftrinétions, mandemens ou deffenfes à ce contraires. En tefmoin de
« A1 Defquer. CC Nous auons fait mettre noftre fcel à cefdites Prefentes. Donné à Clery
ner le cinquicefne iour de Decembre, l'an de grace mil quatre cens quatre-vingts G: trou,
es, Philippes
or Confeil, auquel Vous *, Monfcigneur le Duc de Bourbon Conneftable de
& Lime France, les Comtes de Clermont, de Dunois, de Merli, & de Commin-
sardie & Ar- GUE, les Euefques d'Albi & de Couftances , les Sieurs * des Guerdes,
sois. d'Argenton, du Lude, Brandicourt de Vatan, & autres eftoient 4. Brinon.
ayement des gages des Cent Lances des
Eftat & Roolle du
'Hoftel du Roy pour la + apr de fon corps,
… Gentilshommes de
cftant foubs la charge & conduite de Mefhire Claude de Mont-
feucon, Cheualier, Seigneur d’Anglas, pour un an entier, com-
mençant le premier iour d'Oétobre 1 48 3. & finiffant le dernier
_ iour de Septembre enfuiuant, l’an revolu 148 4. ledit Roolle
fait à Amboife le s. Auril 1483.
1481. EssrrEe Claude de Montfaucon, Cheualier, Seigneur d’Anglas , Ca-
pitaine .‘. ... . Bertaud de Mets, Meflire Gabriel de Montfaucon,
Meflire Bertrand de Saint Chamand, Chatard de Rochedragon dit Mar-
fillar , Iean Baftard de Saint Gilles, François Fowcaulr, lacques Dachier, Pier-
te de Vantadour, Helion Dars, Loys de Montejan, François Berard mis en
fa place du premier Juillet 1 48 4. Guyot de Dinteuille, Gilles Carbonnel,
Anthoine de la Tour, Meflire Bertand de la Jaille, Louis Guenant, Ber-
trand de Pontbriant mis en fa place du premier Auril 1 4 8 4. Robert de Luxe,
Jean de Sufanne, Maurice Very, Guillaume de Severac, Iean Doilhac,
Pierre de Gorjat, lean de Sorbieres, René de Sorbieres, Anthoine de la
Foreft, Meflire Philippes Troufleau, Pierre de Chandio, Alain de Mont-
faucon , Pierre de Launay, Jeannot des Barres, Olivier des Habatans, Iean-
nequin Carrion, Anthoine de la Roche, Sauxin de Hurtebie, Carbon 4
Montpefat, Iean de Touges dit Rouyn, Iean de Brebancois dit Charmon-
eaux, Jean de Bournonuille, Martin Abaron, François de Pinmarch, Ga-
briel de Grolce, Gabriel de /a Chaffre , Iean dù Pertuis, Anthoine de la Croix,
Jacques de la Croix , Iean Louan, Sauuage des Bouës, Guillaume de Cor-
nallin, Pierre de Langlade, lean de Poix, Antoine de Moyencourt, Ber-
pard de Nawailles, Pierre de Nasailles, Nicolas de Brifay, Iean Nozille, Clau-
de de Poifieu dit Capdorat, Rene Crefpin, Richart Ahamer dit Lallement
Oliuier Baraton, Iean Duigny, François de Mainbier ; Pierre de la Boifhere,
Louis de Bron, Artus de Bron, Louïs Baftard de Valence, Ican du Barry,,
® Robert de Monigommery, lacques Yfozé, Charles du Pleflis, Iean duPleflis,
& de noftre Regne le premier. Ainli figné fur le reply, Par le Roy en fon
DV ROY CHARLES VIII. 397
Pierre de Monteynart, Patrix Aloze mis en fa place du premier luillet 1484. , , 9
Jean de Roffais, lean de Valence, Iean de Mareüil, Iean de Lefpare, Olivier se À
de Mauny, Yuon Amon, Antoine #Graily, Iean Baptifte Difquénne, Pier-
re de Nouice, Guillaume de Pontuille mis en fa place du premier Auril 148 4.
Iean de Leftang , Iean le Voyer dit Pefchere, Gilles Gamarde, Guyor de
Saint Genis en fa place du premier Auril 1 4 8 4. Hue de Torquefne, Pierre
deMauille, Meflire Robinet le Beuf mis en {a place du premier Auril 1 4 8 4
Jean Chenu, Iean Daloigny, Metlire Louis Rouffet Cheualier mis en fa pla-
ce premier Auril 1 48 4. Louïs d’Auerton dit Vireton, Pierre de Launay dit
Lefcorcheur , Guillaume Bertrand de Marteau mis en fa place premier Auril
148 4. Iean Darblade ,Iean Bourat de Brezé, Pierre Daupin, Honoré Ade-
nur, Lope Loreda mis en fa place du premier Auril 1 484. Colin Barbe, Col-
loin de Vie, Yuon le Coq, Ortfoigne Daflus mis en {a place du premier
Auril 1 48 4. Floques de Launay, Gallois Geoffroy mis en fa place du 22. Auril
148 4. Mahieu Baftard d’Iuort, Bertrand de Las, Jeannot de 4 Farre mis en
{a place du premier Auril 1484. Guillaume Grofparmy. |
Au Roolle du payement des gages des Cent Lances de la mefme Compa-
gnie pour un an, commençant le premier Oétobre 1484. & finiflant le der-
nier Septembre enfuivant 1 48 5. fuiuantl’Ordonnance du Roy, & de luy f-
gnée à Montargis le 12. lanuier 1484. il n’y a point d’autre changement,
finon que Guillaume Duffel, Guillaume Pocquieres dit Bellarbre, & Porus
de Lannoy font adjouftez au Roolle; & Antoine Deaux mis en la place
d’Oliuier Baraton du premier May 148 5. Collin de Silly mis en la place de
Guyot d'Inteville du premier Auril 1485. & Georges de Caftellane dit
Ragufe mis en la place de Richard d’Ahamer dit Lallement du premier
Tuillec 1485. |
1484.
Au Roolle du payement des gages de la Compagnie pour un an entier,
commençant le premier Oëtobre 148$. & finiflant le dernier Septembre en-
fuiuant 1 486. figné, Par le Roy, Iean de la Primaudaye Secretaire des Fi-
nances, à Melun le 19. iour de Decembre 1 485. aux gages de 390. liures par
an pour chacun defdits Gentilshommes, & 1200. liures pour l'eftar & entre-
tennement du Capitaine; il n’y a rien de changé, finon que Raoul de Saint
Romain Seigneur de Vallorge eft mis en la À su de Louïs de Rouffet du
premier Juillet 1486. Geoffroy de Villars dit le Defert, en la place de
Jacques Yfore, pour l’année ; Iean de Brebançois hors en 148 6. Jacques’
Dachier, au lieu de Guillaume Duffel pour l’année entiere, Olivier Hemon,
au licu de Gallois Geoffroy, du premier lanvier 148 5. Lance en poing eft
le dernier employé dans l’Eftat pour toute l’année. |
12485,
Appellatorins aëfus “Procuratoris Regii à prouifione facts, [eu nées
a Sixto IV. “Papa de Epifcopatu Tornacenfi, fine confen u Reg.
N nomine Domini, Amen. Tenore prefentis publici inffrumenti, cundfis pateat ; nevrmire
À csidenter G fit notum, quod anno cinfdem Domini 1483. éndicfione fécunda, 1453.
menfis vero Nouembris die 19. Pontificatus Sancfiffimi in Chriffo Patré G* Domi-
ni noffri Domini Sixti dinina Providentia Pape IV. anno 13. coram R° in Chriffo
Patre ac D. D. Francico * miferatione divina Awrelianenfi Epiftopo, in Ecclefia"C po
Collegiata Sancti Lephardi de Magduno Juper Ligerim Aurclianenfis Diæcefis,meque Lib ur
Notario publico G* teffibus infra fcriptui , perfonaliter conflitutus venerabilis ac
circumfhectus vir Magiffer Petrus de Sacierges, Chriffianiffimi Principis ac Domins
#oftri Demins Karoli Dei gratis Framcorum Regis Procurater nb" er in fui
ii)
1433.
393 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
manibus quoddam papiri folium ftriptum animo G* intentione prouocandi €: ap-
pellandi, ac prouvcando d* appelando à Sanififfimo D.N.P. Sixto moderno, C à
prouifione feu promotione per ipfum Sanctiffimum D. N. de Epifcopat Tornacenfi
cuidam afferto Ichanni Mouiffac, de partibus Hannonie orinndo ; ac de omnibus
cenfurss , procelions, fulminationibus faitis C inde fiendy, inxta ilius folis teno-
rem, ficut dixit, proteffatus eff, pronocauit CO appcllauit , apoffolos pctist, G fe
Jabmifit; cuius quidem folii tenor fequitur, € eff talis. FYERVNT prouocationes
G* appellationes, G* à Legiflatoribus noffrés adinuente, ut gravati C* oppreff}, gra-
sari veriffimiliter releuarentur, & andacia, imo veriss temeritas fic opprimendi
reprimereiur. Cum itaque ciuitas Tornacenfis fuerit , prout adhuc eff, [nb obedien-
dia Chriffianiffimi D. N. Francorum Regis, C* fuorum primogenitorum , ac ab omni
auo fucrit de Regno, abundetque populi multitudine, Gr in confinibus Regni fita fit,
prebeatque Regis Matcffatt opportunitate loci commoda multa C magna, interfitque
plurimum Serenitati [ue in ca ciuitate que [ua eff, Epiftopum prefidere [ue Su-
blimitati fdum € acceptum, C* ob hoc omnes huis glortofiffirri Regni Prefules
facramentum fidelitatis Regi preflare confucnerunt ; nec ad huiufmodi Ecclefias
praficiuntur, nifi de Regno, aut per Regem fatfa priss diligenti inquifitione de
corum fidelitate probati C* accepti fuerint. Hi tamen non cbffantibus , dicbus fupe-
rioribus vacauit ditfa Ecclefis Tornacenfis per vbitum quondam D. Ferrici dum vi-
veret ultimi G pacifici Prefuls ; inconfulté in graue preindicinm Regni ac ipfius
Chriflianiffimi Domini noftri Regw, G directè veniendo contra decrets Concilio-
rum Conffantienfis C* Bafileenfis , ac Pragmatice Santiions, Dom. N. Sixtus
Papa IV. de vire ignoto , C ipfi Domino Regi ac Regno prorfus infideli, C* non
accepto, prouidere dicfe Ecclefse Tornacenfi, ut fertur, non erubuit, videlicet de
quodam Iohanne Mouiffac de partibus Hannonie orinndo extra Regnum , C* qui
Jfiperioribus anni [uw exigentibus meritis per Arrefflum C* Editfum Curie Parla-
guenti de Regno exulatus * banitus fuit. Quapropter ego Petrus de Sacierges Pro-
curator, © Procuratorio nomine ipfius Chriffianiffimi D. N. Regis pro [e C* fus ad-
berentibus ac adherere volentibus, fentiens ipfum Dominum Regem ob hoc fuiffe Gr
ejfe _—— lefum , tuns primo quod ipfe Sanitiffimus D.N. prouifionem de di:
cfa Ecclefia Tornacenfi inconfulto Gr irrequifito dicfo Rege feciffe fe iatauit, quod
Jecundum Iurw difbofitionem , ac Regni conffitationem © concordata facere non po-
terat; um quia de perfona ipfi Domino Regi incognita é prorfus infideli » CO n0N
grata nec accepta, quod de neceflitate Iurw requiritur, maximè in ciuitatibus li-
mitrophis prout eff bac ciuitæs G- Ecclefia Tornacenfis, in qua ex antigua € ap-
probatiffima confuetudine Regaliam, tam in (biritualibus quam in temporalibus ba:
bet ipfe Dominus Rex, adeo quod frucfus G emolumenta didfi Epifcopatus facit [uos,
C° collationem habet Beneficiorum , donec ille qui eff ad diéfam Ecclefiam promotus,
suramentum fidelitatis ipfi Domino Regi fecerit, item etiam quod ille qui eff Epiftopus
illius ciuitatis habet arces € fortalitia ex quibus [candala C* grauïis incommods
oriri poffent ipfi D. Regi, * fuo Regno, fi dicfus Mouiffac ditfe Eccleffe Torna-
cenfi praficeretur, C* ali quamplurimis de caufis fuo loco G* tempore diclaran-
dis, à prouifione feu promotione per ipfum S. D..N. ficut prefertur nulliter de di-
éFo Mouiffac faits, fic inquantum opus eff, coram vobs R°inh Chriffo Patre ac
D. Francifto miferatione divina Aurelianenff Epifcopo, tanquam authentica per/ona
prouoco € appello, ac de omnibus cenfuris, procefibus € tel: facts €
inde fiendis contra quofiumque Jubditos tam Ecclefiafficos quam feculares cuiuf-
cumque gradus aut dignitatis exiflant, fine contra quaftumque ciuitates C com-
munitates ant oppida ipff Domino Regi fubdita, ad illum vel illos, ad quem vel
ad quos bec mea prefens appellatio poteffé debes de iure aut confhetudine deuolui :
petens inffanter, inffantins € inflantifimè à vobis apoffolos mihi dari, proteffans
de ciufmodi mea appellatione profequenda, intimanda © notificanda, corrigends,
augmentanda € minuenda, ac in melius reformanda , fhbmittens me, dicfum Do-
minum Regem cr eius in bac parte adharentes, @ adharefiere volentes, € adhs-
DV ROY CHARLES VIII. 399
faros tam Ecclefiaficos quam feculares , tuitioni, protecfiont G- defenfioni Santfe 14 8 3.
Sedis Apoffolice , ac illius feu illorum, ad quem [en ad quos dicfa appellatio &
cas[à À uDlus poterit: € infuper bé à vobss D. Epi{cope Aurelianenf prediéto Apof-
tolos, @ à te Notario inffrumentums [en inffruments num vel plurs mihi fieri G*
dari peto © requiro, affantes inuocando in tefles. Qui quidem D. Epifcopus vie
G leifa dicfa appellatione despoflolis feu petiti refjoudende eidem Procuratori Re-
gio apoflolos dedit , in quantum de iure potuit Rewerentiales concefits de G fu-
per quibus premiffis omnibus G* fingulis, prefatus Procurator & me Notario pu-
blico inffrumentum , [ès inffrumenta vnum vel plure mihi fieri petiit requifiuis,
quod ei concefÿ. Acta fucrunt hec in diéfs Ecclefia Sancfs Lephardi de Magdune
faper Ligerim , fub anno, inditfionc, menft, die, G* Pontificatu pradicfis, prefen-
tibus ibidem venerabilibus C difcretis viris Dominis © Magiffris Chriftophoro
de Brilhac, Archidiacono Balgenfi in Eccleffa Aurelisnen/i, c Srephano Gaftelin,
Ecclefiarum Carnothenfis @ Aurclianenfis Caronico, teftibus ad premif[a vocatis,
Pecialiter G rogatis. Et quis ego Dionifius Paris, Presbiter Carmotenfis Diæcefis,
publicus Authoritate Apoffolics Notarins, premiffis omnibus G: Jinçulis dum, ut
fupra féribuntur, adfis, dicfis Gr faétis, wnè cum ditfis teffibus prefens fui voca-
tus, Crea fieri vidi Œandisi; € ideo buic publico inffrumento mans propris [cri-
pto fignum meurs publicuns , quo in talibus utor, appofui in idem Cr tcffimoniwm
pramifforums, requifitus G rogatus. Sic fignatum, PARIS.
Lettre de Lois Duc d’Orleans au Duc de Bourbon, qu'il appelle
fon bon pere, luy mande qu'il fçait bien pourquoy il a prefenté
les Requeftes au Roy pour la tenuë des Eflars, qu'il croit, _
defire aufhi que les chofes aillent à bien; le prie de luy faire
fcavoir fur ce fes intentions.
nfieurmon bor pere, ieme recommande à vous tant comme ie puis. 4 pannes, le
E Vous fçauez les caufes pourquoy j'ay fait les Requeftes à Monfei- r3.Mers 1483.
gneur le Roy touchant /es Efars du Royaume, & comment l'intention de
Chacun de nous eftoic pour venir au bien du Roy & du Royaume, laquelle
ie n’ay muée, & croy aufhi que tel vouloir y auéz, & que defireriez bien
queles chofes vinffent à bien. Pour ce, Monfieur mon bon pere, vous prie que
me veilliez faire fçauoir de voftre intention, & me tenir pour voftre bon
parent & amy: car tel coufours me trouuerez, ainfi que vous dira ce por
teur, priant Dieu, Monfieur mon bon pere, qui vous doint bonne vie & lon
gue. Efcrit à Fanmes ce 12. iour de Mars. offre bon fils Loys. Et fur l’a
drefle : 4 CHonf, mes bon pere CMonf. le Duc de Bourbon.
L'ordre tenu & gardé en l’Affemblée des Trois Eftats reprefen-
. tans tout le Royaume de France, conuoquez en la ville de
Tours par le Roy Charles VIII. pour né les abus qui
fe commettoient dans l'Eftat, & donner prouifion au Gouuer-
. nement du Roÿ &' du Royaume.
’AN.1484. au mois do Juillet, les trois Eftats du Royaume furent fuite 149
appellez à Tours pour donner prouifion au Gouuernement du Roy &
du Royaume, où chafcun defdits Eftats fit fes plaintes. Et aprés y auoir
pourueu & aufli à la Regence, fur ordonné qu'il n’y auroit aucun Regent
en France ; mais que Madame Are de France fœur aifnée & Efpoufe du
Scigneur de Beasjes, qui eftoit fage, prudente, & vertucufe, auroit le Gou
_
400 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
1484. uernement de fon corps tant qu’il feroit jeune , en enfuiuant la volonté du
Roy Louys fon Pere.
Philippes de Commines celebre Hiftorien parle de ces trois Eftats tenus
à Tours, qu'il met en l’an 1483. où fuiuant fon ordinaire il fait des refle-
xions politiques fort confderables, & dignes d’eftre leués.
La petie Chronique Latine de du Tillet Evefque de Meaux met cet-
te -Affemblée en 1484. |
Noms des Seigneurs qui affifierent à l'Affemblée des trois Eflars tenus
à ‘Tours, l'an 148 4. |
OnNseicnever le Cardinal de Bourbon Archeuefque & Comte
V1 de Lyon, le Cardinal Archeucfque de Tours, Mefleigneurs les Prin-
ces du Sang, en ce compris Monfcigneur le Conneftable, MM. les Pairs
de France Ecclefiaftiques & Prelats, les Chefs des quatre Ordres prin-
cipaux, Meflieurs les quatre Officiers principaux, & les Cheualiers del'Or-
dre joignant d’eux, | |
Les Nobles qui ont cfté au banc à l'oppofñite des Prelats, C’eft à fçauoir
MM. le Comce de Candale & de Breuandes , le Comte de Ponthieure,
de la Trimouille, Comte de Benon, de Pons, de Sancerre, de Roufy,
de Brayne, de Leftrac, de Mauleurier , de Caftillon, Comte de la Vaur,
François Mr de Luxembourg Vicomte de Martigue, le Vicomte de Pouli-.
gnac, M: de Clermont de Lodeue Vicomte de Neboufan, le Vidame de
Chartres, le Comte de Joigny, le Vicomte de Turenne, le Vicomte de
Combour Seigneur de Trignac, le Seigneur de Montmorency premier Ba-
ron de France, M: des Granges fils du Comte de Ventadour, M: d’Ef-
touteuille , M: de Crouy, M' d’Yury Prevoft de Paris, les Gens du Grand
Confeil du Roy, les Gens des Finances, le premier banc des Nobles, le
- {econd banc des Nobles. | |
S’enfuit l’ordre qui fut gardé touchant ceux qui fe vindrent prefenter,
pour les appeller chacun en fon degré, Premierement la Ville, Prevofté &
Vicomté Paris, MM. les Efleus & Deleguez des trois Eftats des Pays,
Terres & Seigneuries-de la Duché de Bourgongne, premiere Pairie de Fran-
ce, compris en ce ceux d’Autun & les Comtez de Charolois, & de Bar-
fur-Seine, membres dépendans de ladite Duché, MM. les Efleus & Dele-
guez des trois Eftats du Pays & Duché de Normandie, MM. les Efleus &
Deleguez des trois Eftats A Pays, Terres & Seigneuries de la Duché de
Guyenne, Meflieurs les Efleus de la Comté de Champagne, en €é compris
les Bailliages de Chaumont & Vitry, MM. les Efleus de la Senefchauflée
de Touloufe, Beaucaire, & Carcaffonne. Les Gens des crois Eftats de Flan-
dres, Bailliage de Towrnay & T gg le Bailliage de Fermandois, le Bail-
liage de Sens & fes Enclaues , le Bailliage de Macon & fes Enclaues , la
Senefchauflée de Ponthies, la Senefchauflce d'Anjou & le Pays de Lodunois,
la Sencfchauflée dy Maine, le Bailliage de Touraine, le Bailliage de Berry, le
Bailliage de saint Pierre le Monffier, le Bailliage de Montferrant, le Pays de
Bourbonnoës & de Foref}s, le Bas-Pays d'Auvergne , 1e Haut - Pays d'Auver-
gne , la Senefchaufléc de Rogergne, la Senefchauff£e de Lyon, ceux de la
Comté de Rouffillon, ceux de la Comté de Sardaigne, le Bailliage de Char-
res, la Ville & Gouvernement de 4 Rochelle, le Bailliage de Mante, la Ville
d'Orleans, & es trois Eftats du Pays, le Bailliage d'4ençon & du Perche,
le Bailliage Ÿ Amiens, les trois Eftats du Pays #'4rro#, les trois Eftats du
Pays de Ponthieu, le Bailliage de Senlis, le Bailliage de Saint Quentin, le
Bailliage de Hefdin, le Baïlliage de Meaux, le Bailliage de Montargis, le Bail.
liage de Melun, les trois Eftats du Pays de Nivermow 8& de Rhetelow, le
u
———- 7
DV ROY CHARLES VIII. 401
du Damphiné, en ce compris Valentinois, Péenmois, & les Montagnes, les 1 4 8 4.
Trois Éftats de Prouence, le Bailliage de Dole, & les autres des Trois Eftats
de la Comté de Bourgongne , les Trois Eftats de Boulenois, les Trois Eftats
d'Auxerre, les Trois Eftats de Parpignen *, la ville de Puifardein, Terre & * 41. perpé
Seigneurie de Sardaigne. : | guen. |
Noms Co furnoms de cœux qui ont efté vrdonnez ex éleus par les Villes,
Prounces @y Bailliages dudit Royaume, pour venir aux Efars
LS | a Tours. |
L£ Premofié de Paris, L'Abbé de Saint Denys en France, Euefque de
Lombez, Maiftre Iean Henry, Chantre de Paris, Maiftre Iean de
Rely ,'Chanoine de Paris, Monfeigneur de Montmorency, Premier Baron
de France, Loys Sanguin, Nicolas Porier, Gauchier Hebert.
. Les Efleus des Trois Effats de Bourgongne, en ce compris ceux d'Authun, Cha-
rollois @ Bar-fur-Seyne, Meflire Anthoine Euefque de Chaalons, Iean Petit,
Jean Saunier, Dampt Sebaftien Rabutin , Iean de Tenay Efcuyer, Maiftre
Eftienne Tut, l'Abbé de Cifteaux, Mefire Philippe Pot, Cheualier, Sei-
gneur de la Roche. | |
Pour la Duché de Normandie, le Bailliage de Rouën. Meflire Iean Maffelin,
Meflire Georges de Cleré, Cheualier, Iacques de Cramaire, Pierre Daguenet.
à : Bailliage de Caen. Maiftre Pierre Dargouges, Philippes de Vañly, Ican
‘ac ocns, |
Le Bailiage de Caulx. Maiïftre Iean de Blanc-Bafton, Meflire Nicole de
l Croix, Cheualier, Ican Nepueu.
. Le Bailliage de Coffentin. Maiftre Ican Pauely, Meflire Raoul de Briuilly,
Cheualier, Maiftre Iean Poiflon. | |
Le Bailliage d'Eureux. Maiftre Roger de Tournebeuf, Charles d'Efpoy,
Efcuyer, Geoffroy Portes, Iean des Planches...
Le Bailliage de Gifors. L’'Abbé de Noftre-Dame de Morte.- Mer, Monfci-
gneur de Ferieres, Robert du Vieu. EE
La Duché de Guyenne. L’Archeuefque de Bordeaux, Meflire Gafton de Foix,
Comte de la Vaur, Maiftre Henry de Ferraigues. |
. Le Comté de Champagne, €* Bailliage de Troyes. Maiftre Nicole de la Place,
Meflire Philippes de Poytiers, Cheualier, Iean Hanequin laifné, Maiftre
Guillaume Huyart, EL _ |
- Le-Bailliage de Vitry, L'Abbé des Trois Fontaines, Galiache de Brandebec,
Maiftre Remy Martin. : | |
Le Bailliage de Chaumont. L' Abbé de Monftier en Dern, Meflire Iean de
Chafteau-Vilain, Cheualier, Maiftre Pierre de Gyc.
LeComté de Thouloufe. L'Evefque de la Vaur, Meflire Oudet Balchier , Che-
ualier, Oudinet le Mercier. |
; La Seneféhauffée de Beaucaire. L'Euefque de Nifmes, Monfeigneur le Vi-
comte de Poulignac, Meflire Guillaume de Cauiffon, Cheualier.
. La Scpefchau[ée de Carcaffonne. L Abbe de Saint Froide, Meflire Iean de
Leuis, Cheualier, Mefire Pierre de Saint André, Cheualier , l’Euefque de
_ Carcaflonne, |
Li
«
Le Bailliage de Tournay G* Tournefis. Meflire Simon de Preufy, Prochono-
faire du Pape, Meflire Euftache de Sauary, Chéualier ; Iean Maure.
Le Bailiage de Vermandois. Maiftre Guillaume Boulle, Maiftre Jacques de
Thuicy, Iean de Harfillemont , Anthoine de Meftaing ; Maiftre Iean de
Reims, Maiftre Iean Gruyer, : De ue _
€
148 4-
402, OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
Le Bailliage de Sens. Maïftre Guillaume Ichannart, Heëtor de Salefart, Lu-
bin Rouffeau,
Le Bailliage de Mafcon. Mefire Jean de Malhafelon , Claude Seigneur de
Surtes, Maiftre Y mbert Surcallier.
La Senefe chauffée de Poitou. Les Eucfques de Poitiers & de Luçon, Maiftre
Hugues de Baufac, le Fe de Saint Loup, & de Pigny, Maiftre Mau-
rice Claucurier, Jean Laider
La Senefi Ghanffée d’Anios. L'Abbé de Saint Florent , le Seigneur de la Tour,
le Seigneur de la Caille, Maiftre Ican Binel, Iean ‘Barault, .. |
La Senefchauffée du Maine. L'Eucfque du Mans , l'Abbé de Saint Calés, |
Mäiftre Jean Bordier, François de Lefparuier, Jean Berf, Maiftre Raoul
Guierlauaine, Henry Cornileau , Jean Chambart,
Le Bailliage de Touraine L'Abbé de Marmouftier , Monfeigneur de Maille,
Iean Briçonet.
_ Le Bailliage de Berry. Monfcigneur l’Archeuefque de si a MaiftreRe-
naud le Roy, Robert de Bar, Maiftre Pierre de Bruel.
Le pays de BourbonnoisC de Ferefl Maiftre Pierre de la Porte, Meifire Jean
de Vienne, Cheualier, Maiftre Iean Cardier,
Le pays d'Artois. L Euefque d'Arras, Monftigreur de Creuccœur, Maif-
tre Cibere d'Aulier.
La Senefchauffée d'Aunergne. Maiftre Anthoine de Langlar, —. de le
Queille, Barthelemy de Neffon
Le Bailiage des Montagnes d' pe Frere Pierre de Vicilfae Abbé de
Vezclay, Meflire Pierre Iuon, Cheualier, Maiftre Jacques de Mas.
La Sencfhanfée de Rouergue. L’ Euefque de Rhodés ,Damp d’Aulbrac, Mef.
fire Guy d’Arbigou, Cheualier, Iean Boifliere , Anthoine Marcoux, Maiftre
Guillaume Polumezade, Bernard Canfonne.
Le Comté de — on G: de Sardaigne. L'Euefque de Rieux , l'Abbé de ba
Grace, Maiftre Élize de Bechefort , Meflire Berchelemy lobert , Chei
ualier,
Le Bailliage de Chartres. Maiftre Charles Dilyer, Michel de Crouy, Ma-
chery de Billon,
Le Bailliage de Mante. Maifre Guy le Gentilhomme, Pierre d’Aumale’
Robert de Nefmes. .
Le Bailliage d'Orleans, @ les Trois Effats du pays. Meflire Sanfon Corme:
reau, Maiftre Robert de Fauille , Maiftre Richard Nepueu, Iean Compains,
Le Bailiage d'Alençon, & le Comté du Perche. Maiftre Eftienne Coupillon,
Oliuier le Beauuefñen, Guy Vibert, Iean de Sahurs, Iean de Rion.
. Le Bailliage d'Amiens. Maiftre. Iean de Cambran, Doyen d'Amiens, Mef-
fire Artus]de Longucual, Cheualier, Baillif d'Amiens , Maitre Iean de
Saint Delits.
La Senefchauffée de Ponthieu. Maiftre André le Barequier, Adrien de Hen
nyeres, Scigneur de Bonicourt, Maiftre Pierre Gaudc.
Le Bailliage de Senlis. Maiftre Guillaume le Fuzier.
Perone, Roye,G Mondidier. L’Abbé de Saint Martin au Boys, Mefire Lean
Seigneur de Sailly, Maiftre Ican de Bellencourt. |
Le Bailliage de Meaux. Maiïftre Iean de Berhencourt, Morelet de l'Ernée,
Maiftre Philippes Bataille, Iean Durant.
Le Bailliage de Montargis. Meflire Ican Gumain, Loys de Saint Ville, Maif-
tre Jean Preuoft.
Le Bailliage de Melun. Maiftre Gilles Bomier, Georges de la Rochelle, Maif-
tre Denis de Campnay.
- Le pays de Ninernois @ Rethelois, L'Abbe de Seruon, Meffire Jean de la
Riuire, anni Maiftre Hugues Fouchier. . |
ER TU ED RS
A
DV RoY CHARLES VIIL 40;
Le pays de Frouence. L'Eucfque de Grafle, Meflire Gauchiér, Cheualier, 1 4 8 4:
François, Seigneur du Chafteau de Toutes, Maïftre Iean André de Gre-
ualde,
La Senefthauffée de Boulenois. Monfeigneur l'Abbé de Long-Villier, Mef-
fire Pierre de Moncy, Cheualier, Iean le Grant.
Le Bailliage d'Auxerre. Meflire Iean de Chaftellun , Gheualier, Meflire
Ican du Pleflis, Jean Regnier. |
Perpignan. Laurens Pollet pout l’Eglife,
La Ville de Puifférda, G: la Terre de Sardaigne. Anthoïne Mercadez, Vicaire
& Capitaine de ladite Ville. |
La Ville G Gowuernement de la Rochelle. Frere Pierre dé Norillac, Maiftre
Marfault Bernaige, René Ragot, Maiftre Iean le Flamant, Monfeigneur de
la Trimouille, Monfeigneur Duré.
La Senefchauffé de Loudun. L'Euefque de Poitiers, Ioachin Senglier, Maif-
tre Jacques Cholet, Pierre Chonet.
| Le pays de Foreft. Frere Pierre de la Bacie, Iean de Lenis, Maiftre Jacques
e Biry. |
, Le . Comté de Lauräguetz. Meflire Iean Vefins, Cheualier.
La dé d'Angoulmois. L'Eucfque d’'Angoulefine, Maiftre Pierre
Lombat, | | |
La Senefchanffée de Lymofin. Maiftre Guillaume Barton, Meflire Iean de
Pompadout , Cheualier , Iean Audier, Pierre Charreyon. DE
Le Bas Lymofin. L'Euefque de Tulle, l’Abbé d’Vferche, les Seigneurs des
Granges & de Trignac, Maïftre Iean Goufté, Eftienne Mellier.
La Senefthauffée de Xaintonge. Maiftre Iean Michereau, Meflire Charles
de Coitiuy, Seigneur dé Taillebourg, Maiftre Amaurry lulien, Maitre Iean
Mefchineau. |
La Senefthauffée d' Agenois. Mefire Chriftophle, Vicaire d'Agen, Charles de
Monpefat, lean de Gaillets. LL
La Senefchanffte de Perrigord. L’'Euefque de Perrigord, Bertrand de Carfai-
gné, Monfeigneur de Grigneux, Maiftre Iean Tricatt.
La Senefthanffée de Bazadois, Mefire Anthoine de Faounet, Maiftre Tho=
mas Farré. | |
La Ville @ Cité de Condom. Simon de Imperibus, Jean le Sage, Pierre de
Porteria, |
Le Pays &+ Scigneurle de Querty, L'Euefque de Cahors, le Seigneur de
Chaftelnau de Bretenous, l Vicomte de Bruniquec, François Mercy.
Le Pays du: Danlphiné. L’ABbE de Saint Anchoine de Viennois, Meflire
Laurens de Solez, Doéteut en Décret, Maiftre Claude Gaillart, Meflire
Claude de Clermont, Seigneur de Monlefon, Haymart de Groflce de Blef-
fier, Hubert de Saint Matcel, Seigneur de Maner, Philebert d’Arfes, Sei-
gneur de la Baftie, Meflire Claude de Berthelemicn, Iourdan Soncuëur,
Vial de PEglife, Meflire Anthoine de Monthenu , Eftienne de Pifeux, Mef-
fire Jean Motet,
* La Comté de la Marche: Le Curé de Beaumont, le Scigneur de la Borne,
Maitre Ieañ Taquenot, Iean Raguet , Anchoine de Marfilhac.
. Le Pays de Beawjoloys. L' Abbé de Joux- Dieu ; Pierre de Saint Romain,
Mcflire Hennemont Payen. |
- La Senefchanfiée dé Lyoh. Méflire Claude Gafcon, Doyen de Saint Iean
dudit Lyon, Guichart d’Albon, Efcuyer Seigneur de Saint André, fubro-
gé au lieu de Mefire Henry d’Albon, Meflire Ieañ Parmier, Doéteur és
Droits, Bertrand de Sallcftanque, Préuoft de Lyon, Antoine du Pont.
. Le Pays @ Comté de Fezenzac, Le Seigneut de Monthault, Maiftre Ma-
thurin Moliuelly, ‘: | |
EEe ij
404 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
14842 Les trois Eflats de Flandres.
| Le Bailliage de Hedin. |
Le Bailliage de Saint Pierre le Monffier.
. Le Bailliage de Montfort.
Le Bailliage de Dion.
. Le Bailliage de Chaalons.
Lè Bailliage d'Auxoix.
Le Bailliage de la Montagne.
. Le Bailliage de Dole. |
Le Bailliage d'Amont. | |
. Le Baïlliage d'Aual. | | .
Le Bailliage de Viennos.
Le Bailliage de Valentinou.
Le Bailliage des Montaignes.
La Senefchaufée d'Armignac.
. Le Bailliage de Saint + per .
Cy eft le Cahier qui fut prefenté au Roy & à fon Confeil par les trois
Eftats du Royaume de France, touchant le bien, vtilité & profit du Roy,
& de la chofe publique; contenant les griefs, opprefions & moleftations
que fouffre le pauure peuple de France, comme il appert par les Chapitres
& Articles cy-aprez declarez par ordre, Et puis aprez fe trouuera ce qui a
efté refpondu par le Roy & fon Confeil fur \cbAits Articles ay foulage-
ment du peuple.
Chapitre touchant l'eflat de l'Eglife.
E premier Article eft au fujet du Sacre du Roy, que les Gens des
crois Eftats fupplient eftre fait auec le plus de À me que faire fe
our ra, |
; 2. Outre femble aufdits Eftats, que la conferuation & entretenement
des fainéts Decrets de Conftance & de Bafle, conformes aux Decrets
des fainéts Conciles anciens, & l'acceptation & modification d’iceux qui fuc
en la Congregation de l’Eglife Gallicane à Bourges, prefidant en icelle /e
Roy Charles VII. que Dieu abfolue, Et le bien, vtilite, & conferuation
des libertez & franchifes de l’Eglife dudit Royaume & Dauphiné , &
par confequent que tous les trois Eftats reputenc les nobles fondateurs &
augmentateurs des Eglifes, & les Archeuefques & Euefques, Collateurs,
Abbez & Prefentateurs des’ Benefices, & les Chapitres qui ont droiét d’ef-
lire, & le menu peuple qui porte tout le faix & charge di aydes de pecu-
ne extraite de ce Royaume , ont Crus intereft que rien ne foit faiét au
prejudice defdits fainês Decrets, foit par referuations ou prouifions Apof-
toliques, graces expectatiues, au preiudice des eflettions & collations or-
dinaires, ou par expeétation de vacans, annates, menus feruices, & finan-
ces de ce Royaume, ou par Citations en Cour de Rome, Cenfures Eccle-
fiaftiques, qui pourroient eftre caufe de la diftraétion & vagation des fubjets
du Roy au preiudice des Collateurs luges Eccleliaftiques , & du chapitre
De caufis, contenu éfdits Decrets: mais depuis le trefpas du Roy Charles
VII. que Dieu abfolue, grands inconueniens & entreprifes ont efté faites
par plufieurs de ce Royaume, fur toutes les chafes fufdiétes, au preiudice
des libertez & franchifes de l'Eglife de ce Royaume & Dauphiné. Et ia-
çoit que le Roy, à caufe de fa Couronne, tant de droit commun , com-
me pour la deliberation & la requefte de toute l'Eglife de France & de
Dauphiné, foit comme eftoienc fes predeceffeurs Roys, proteéteur & def-
fenfeur des fain&s Decrets, libertez & franchifes de l'Eglife de fondit
Royaume & Dauphiné , neantmoins à efté faiét par noftre fain& Pere en
DV ROY CHARLES VIII. 40$
cedit Royaume au contraire, dont fe font enfuiuis grands inconueniens,
parquoy il eft bien neceffaire comme il femble aux Gens defdits crois Ef-
cats , auoir recours en cette neccflité au Roy noftre fouuerain Seigneur,
comme protecteur & deffenfeur des droiéts & libertez de l’Eglife £ fon.
dir Royaume & Dauphiné. Et pource luy fupplient en toute humilité, que
fon plaifir foit de non les abandonner, & qu’il veuille comme il a cle
donner ayde, port & faueur, tout ainfi, & par la forme & maniere qu’onc
fair fes predecefleurs Roys, c'eft à fçauoir le Roy Choux, Saint Loys, Phi-
dippe le Bel, le Roy Ican, Charles V. Charles V I. & dernierement Charles
VII. que Dieu abfolue , qui tous ont à leur pouuoir deffendu les droiéts
& libertez de ladite Eglife, tant au faiét des efle&ions, collations, poftu-
lations, prouifions, confirmations & caufes, que à garder l’euacuation des
pecunes par Mandement & Prouifion de leur Chancelerie,& Remonftran-
ce aux fainéts Conciles qui ont confirmé & approuué lefdirs Droits & li-
bertez. Autrement fi le Roy ne prent-la deffenfe pour eux, attendu la qua-
lité de leurs perfonnes, la puiflance & auétorité . Saint Siege Apoftolique,
ne pourroit reffter aux entreprifes & empefchemens que aucuns fubjects
de ce Royaume & autres ambitieux de Benefices feroienc aux eflifans, col-
lateurs, & aux pourueus par efleétion ou collation ordinaire par cenfures
1 48 4.
Apoftoliques. Et par ce de brief tout ce Royaume (qui eft ia bien pauure) z, mat qui
neroient comme ont ia commencé en ruyne. Et ce peu d’honnefteté Ec.
clefaftique, & difcipline reguliere qui eft demeurée en aucuns lieux peri-
toit, tant au moyen des Commandes oëtroyées par noftre fainé&t Pere le
Pape à gens feculiers & autres, 6s dignitez & benefices reguliers, defquelles
Commandes procedent autres grands, innumerables & irreparables maux
& inconueniens qui feroient longs à reciter, comme par les moleftes &
contraintes faiétes à plufeurs Prelats, & autres Beneficiez en ce Royaume. Et
pour les penfons dont font chargez plufieurs defdits benefices. Aufli pour
le deffaut & negligence que les Conciles prouinciaux n’ont efté celebrez
és prouinces & lieux religieux dudit Royaume. Et pareillement plufieurs
perfonnes moleftez par citations, referuations & autrement. En proteftanc
toutefois par les Gens defdits trois Eftats, qu'ils n’entendent eux defpar-
cir de la filiale obedience de noffre faintf Pere: efquels comme enfans de l’E-
glife le veulent cognoiftre comme Vicaire vniuerfel d’iccluy Sauveur &
Redempteur Jefus-Chrift, qui eft le Chef de l'Eglife, & pource qu'il ne
repugne pas à obedience filiale, que fi lefils fe fent greué du pere, qu’en
bonne crainte & reuerencene puifle faire fa plainte à autre pour en aduertir
lePere, Les Gens defdits trois Eftats qui fe fentent grandement auoir efté
greucz par leur Seigneur Pere fpirituel, communiquant leur plainte & do-
leance 44 Roy noffre fouserain Pere temporel, protecteur C° diffenfeur contre
tous ceux qui voudroient les empcfcher en leurs droiéts & libertez contre
& au preiudice des faints Decrets, & des fainéts Conciles. Et pour ce re-
_feroit denué & defpouïllé de ce peu de pecune qui refte des euacua- pourroit ad
tions precedentes. Aufli feroïent, comme auons ia veu, gens non lettrez ni
Ecclefiaftiques pourueus aux Benefices , & les Monafteres & Eglifes tour- 4e
senir faute
de garder les
Ghions.
Supplication
quicrent & fupplient lefdits Gens defdits crois Eftats, au Roy noftre fou- faiäe #4 Rey
uerain Seigneur & fils de l’Evlife, qu’il luy plaife par fes Ambafñfadeurs me éd
commis exhiber l’obedience filiale à noftredit fain& Pere, luy faire remonf-
trer la pauureté de ce Royaume, & les grands empefchemens qui ont efté
donnez depuis le crefpas du feu Roy Charles VIT. aux droiéts & libertez
defdices Eglifes de France & Dauphiné, par aucuns impetrans des refer-
yations ou prouifions au preiudice dudit droiët d’eflire, en faflent ceffcr du
tout toutes penfons & commandes de Benefices feculiers & reguliers, &
aufli remonftrer la grande finance qui eft partie de ce Royaume, & qu'il
EEe ii]
——. 406 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1 48 4. ne luy foitpoint à defplaifit fi ledit Royaume & Dauphiné deformais vfenc
des fain&ts Decrets, & de leurs droiéts & libertez, & qu'il luy plaife auoir
. » ,
pitié & compaflion de l’extrefme pauureté & neceflité de fes humbles en-
fans, qui toufiours ont fecouru de leurs perfonnes & de leurs biens le
fainét Siege Apoftolique, quand a efté befoin entendre à la reintegration
L'offre faie
par les trois
Eflats to# -
chant laPrag-
Matiqhe San-
on.
d’iceluy. En luy offrant que s’il fe fent aucunement greué, & fon auétorité
bleffée, en la Pragmatique defdirs Decrets, acceptation & modification
d’iceux, lefdits crois Eftats défdits Royaume & Dauphiné font prefts de
eux en fubmettre & s’en fubmettent au diét & ordonnance du prochain
fainé Concile aduenir deuément aflemblé au lieu qui a efté deputé par le
dernier Concile. Proteftans que au cas que noftre fainét Pere voudroit au-
cune chofe faire au preiudice de l’Eftar, droicts & libertez dudit Royau.
me & Dauphiné, d’auoir leurs recours audit prochain Concile aduenir,
Auquel fainé Concile & derermination d’iceluy, fe fubmetrent cous lefdics
crois Eftats en cefte matiere, Et aufli fi noftredit fain& Pere vouloit en-
treprendre , ou dire aucune chofe au preiudice de la reformation qui fut
faite de toute l'Eglife vniuerfelle, en chef & membres aux fainéts Con-
ciles de Conftance & de Bafle, ou qu’il voudroit acune chofe entrepren:
dre fur les droiéts & preéminences du Roy & de fa Couronne, d’en auoit
_& pourfuiure reparation en temps & lieu,
Touchant les
francs-fiefs,
Co nouneaux
acquefts.
Nobleffe eff le
nerf & force :
du Rrraume.
3. Et combien que le Roy de France & le Royaurne foient diéts Tres-
Chreftiens pour l’excellence, foy, & reucrence qu’ils ont eu à Dieu & à
fainéte Eglife, laquelle ( felon leur vray nom) ils oft entretenu en fes pre
rogatiues , priuileges, droits, immunitez, libertez & franchifes : & tan-
dis que ainfi ont faiét, eux & leur pays ont eu paix, & abondance de rous
biens, & renommez pat deflus tous autres : neantmoins depuis certain
temps, mefmement depuis le trefpas du feu Roy Charles VII. l'Eglife a
eftc grieuement troublée, empefchée, dirninuée, & blefléc en fes droitts,
franchifes & libertez: car par cy-deuant le temporel de ladite Eglife plu-
fieurs fois fans caufe & raifon, & par faux rapports, a efté empefché &
mis en la main du Roy. Et foubs ombre de ladiéte main-mife ont efte pri-
fes les dixmes, oblations, & autres droits fpirituels de ladite Eglife. Auffi
a eftc entrepris & exploité contre les droits & immunitez d’icelle Egli:
fe, & fi ont efté les gens d’Eglife vexez, par les abus qui ont efté faits par
les Commiflaires des francs-fiefs & nouveaux acquefts, lefquels les ont
contraints à payer finances de leurs anciennes fondations, & autres gricfs
qui leur ont efté faits en plufieurs 8& maintes manieres.
4. Pourquoy femble aufdits des trois Eftats en enfuiuant fes tres-no-
bles progeniteurs, & reteénant le nom Tres - Chreftien, doit remedier aux
chofes deflufdiétes, & pat Edié& general ordonner que deformais tous les
droiéts, libertez, franchifes, pretogatiues & imihunicez de l’Eglife,inrebses
C* perfons , foyent loyaument & entierement gardées & entretenues , ainfi
que ladite Eglife a efté du temps du Roy Charles VII. & de fes prede-
cefleurs, Et que le temporel d’iceux Gens d’Eglife ne foit dorefnauant
faifi ni empefché, fors que pour caufe iufte & raifonnable. Et que s'il
aduenoit au cas deflufdit aucune faifine en èftre faiéte, que les dixmes,
oblations, & autres chofes fpirituelles n’y foient aucunement comprifes.
Ec fupplient lefdits trois Eftats hutnblement au Roy, noftre fouuerain Sei-
gneur , ainf le faire. ei note |
| Chapitre touchant l'eflat de la N obleffe.:
1. Ovrce que l’Eftar de la Nobleffe eft neceffaire À la tuitiôn, gar:
de & deffenfe de la chofe publique, car c'eft le nerf & force du
Royaume, eft befoin auoir regard que eux & leurs biens & heritages foient
Dv ROY CHARLES VIII 407
cftretenus , gardez & obferuez en leurs franchifes , libertez, preéminen- 1 4 8 4.
ces , droiés, priuileges, iurifdiétions & prerogatiucs, mefmement comme
ils eftoient du temps du Roy Charles V II. & au precedent, & iouxte les
Ordonnances faites par les Roys touchant les priuileges de la Nobleffe,
Et pource que lefdits Nobles par cy-deuant one efté fort oppreflez en
plubeurs manieres, tant pour la multitude des bans & arrierebans qui one
cÂté fais, dont plufeurs ant vendu leurs patrimoines & heritages, &
font cheuxen grandes pauuretez, comme autrement femble aufdits Eftats,
que dorefnauant ils ne doiuent eftre fi fouuent mandez efdits bans & arrie…
bans, s’il n’eft befain & neceflité de ce faire pour la deffenfe & tuition
de ce Royaume, & par meure deliberation du Confeil ; & quand iceux
Nobles feront mandez, qu’ils foyent flipendiez & payez de leurs gages
chacun raifonnablement {lon fon cftat, afin qu'ils n’ayent befoin de ui
ure fur le peuple.
a. Item, s’il aduenoit que le Roy noftredit Seigneur pour le bien & vti. .
lité de fan Royaume, fafle aller lefdits Nobles en aucuns mandemens de
ban & arricreban, femble aufdics Eftats que les Seigneurs qui foubs eux ont
gens nobles, & autres tenans ficfs fubiets à aller éfdits bans & arricrebans,
ayent & meinent auec eux iceux, qui foubs eux tiennent fiefs pour les ac-
compagner & eftre auec eux éfdics bans & arrierebans, fans que les Bail-
lifs & Senefchaux Royaux puiffent contraindre leurfdits tenans fiefs à fer- | °
uir le Roy aillieurs que en leur compagnie,
3. Et pource que à caufe & pour les guerres, plufieurs ont vendu rentes 1, moins
lors rachetables à dix pour cent & autrement, efperant dequoy auoir les qui assiens
racheter dans le terme du rachapt, ce qu'ils n’ont pu faire, pouree que te ( é
toufours font allez en declinant, & appauuris à caufe defdites guerres, & b,poreques
de la pauureté de leurs hommes, femble aufdits Eftats que le Roy doit "#sr#68s
permettre àun chacun defdits Nobles pour leur entretenir & feruir efdites sin semps.
puerres, que ceux qui ont vendu rentes fur eux racheptables depuis le tref.
pas du Roy Charles VII. foyent receus dedans deux ans prachainement
venans à rachepter icelles rentes & hypotheques, feulement en payant le
{ort principal auec les arrerages & loyaux couftemens defdites rentes hy-
pothequées, feulement tout ainfi qu’il euft pu faire dedans le temps dudit
rachapt, & le fupplient ain le faire.
4. Et combien qu’il foi licite aux Nobles de chaffer à routesbeftes fauua- pes dri@ di
gesen leurs bois, & en la grurie du Ray, & combien qu'’ainfi en ont vie du corse |
temps du Roy Charles V IL. & auparauant, ncantmaips aprés fon trefpas onc “” °°"
efté empefchez en leurs droits, & fai@ contre eux & für eux merucilleufes
executions par Commiflaires & gens de petit eftac, dant fe font enfuiuis
plufieurs maux, & entre les autres grands degafts de blez par les heftes
fauuages, aufquelles on n'ofoit toucher, & eftayent les béftes plus fran-
ches que les hommes : & pour ce femble que lefdits Nobles :doiuent eftre
entretenus en Jeurs anciennes prerogatiues & priujileges. Et fupplient au
Roy lefdirs Eftats ainf le faire & permettre. nn. | |
s. Item, & pource que les Grands-Veneurs du Roy en pluñeurs Pro.
uinces de ce Royaume veulent chafler & prendge leurs deduits aux Bois
&c Forefts des Nobles & haues lufticiers, cout ainfi comme fi le Roy y
eftoit: femble aufdics Eftars qu'ils ne le peuuent ou doiuent faire, ni auf
contraindre les hommes defdits Seigneurs en chofe qui touche cette ma+
tiere, pour leur ayder, fi ainfi n’eftoit que le Ray y fuft en perfonne, de
qui la puiflance s’eftend par cout ledit Royaume, ou qu’il fuft prez du lieu
où lefdices chafles fe feroienc, & que la venaifon qui feroir prinfe luy puft
eftre enuoyce ou portée, | | |
6: Item, & pour euicer aux dangers qui peuuent & pourroient aduenir Qwe ds fer-
408 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1 4 8 4. au Roy & au Royaume, Dauphiné, & pays adjacens, à caufe que les chaf-
tes Places des teaux, forterefles & places fortes aflifes fur la mer és pays de frontiere &
ne autres pays font entre les mains d’aucuns eftrangers, car il eft aduenu par
aire ls les guerres des Anglois que aucunes places eftans és mains d’aucuns cf
frontieres des trangets, ont par iceux efté baillées aux ennemis: femble aufdirs Eftars,
. a 4 ” que efdiees places du Royaume & Dauphiné pour plus grande feureté
hors de leurs Ent eftre mifes hors des mains defdics eftrangers , & baillées à garder
ésine aux Seigneurs & nobles hommes des pays où lefdites places font afifes,
Semble auffi aufdits Eftats, que les Seigneurs & Nobles hommes du Royau-
me & Dauphiné chacun és pays & contrées dont ils font, doiuent eftre
preferez aux grands eftats & offices du Royaume & Dauphiné , comme
Capitaincries de gens d’armes, Senefchauflées, Bailliages & autres offices,
chacun felon fon cftar & qualité. Et requierent lefdits Eftats, qu'il plaife
au Roy ainfi le faire, car lefdits Seigneurs & Nobles hommes feront plus
curieux de faire garder ordre & police aux gens d’armes, & plus attentifs
à garder lefdits chafteaux, & en pourront mieux refpondre, & fi ne fe.
ront pas au peuple les moleftes, pour les prouifions des places & autres
chofes, comme ont fait & fonc lefdits eftrangers. Et fi auront plus à cœur
l'exercice des offices ; & de la Iuftice, que les eftrangers, pour profit &
guain auoir, |
,
= .
C bapitre faifant mention du Commun.
E premier article traite de la pauureté du Royaume , dont les cau-
fes font enoncées dans les articles fuiuans,
2. La premiere fut du temps des Papes Alexandre & Martin, qui telle-
ment euacuerent cedit Royaume en quatre ans, que durant iceluy temps
tirerent ainfi qu’il fut lors cftimé la fomme de plus de deux millions d’or.
Et pour cuider eftancher la merucilleufe euacuation des pecunes, furent
faits certains concordats auec le Pape Martin, mais l’on ne fceut fi bien
lier la playe, par concordats, que la fubilité Romaine n’ouurift la playe &
* Al Premen. CICAtrices par #osobffances Gr antéferts *, tellement qu'infinie fomme d’or
sions. & d'argent alla en Cour de Rome, dont furent conduites les guerres d’I-
talie entre les heritiers du Pape Martin. |
DePutilitéde -‘ 3, ° La feconde maniere qui affoiblit ce Royaume fi piteufement qu'il
PA cuida perir, fut la guerre & diuifion qui fourdit dés l'an 1407. & dura
Go, iufques en l’an 4 5 o. laquelle guerre futcaufe dela deftruétion, depopulation,
& quafi de toute la ruyne & defolation de ce pauure Royaume. Et le
Royaume eftoit bien affligé d’vne part, & fa cheuance & perfonnes diui.
fées par les guerres d’autre part, fut encore lors durant fon affliétion l'ar-
gent euacué par courtifans , par colleéteurs de decimes & penfions Apof-
coliques, & les fubieéts vexez & trauaillez en Cour de Rome, rellemenc
que fi le Roy Charles VI. n’y euft donné prouifion par fes Ordonnances
qu’il fit l'an 1406. & l’an 1418. par l’auis de gens des trois Eftats, n’y
fuft rien demeure. | | |
4. Chacun fçait en quelle pauureté eftoit ce Royaume l’an 1450. que
le Roy Charles reduit tous les pays en fon obeïffance, Et à la verité fi la
ab ae qui fut receuë & accordee à Bourges l'an 1438. n’y euft re-
medié, & que le Roy n'euft mis Iuftice fus, & difcipliné fa Cheualerie,
ce Royaume euft efte à totale perdition, fans iamais fe pouuoir refoudre.
‘ $. Mais moyennant l’ayde de Dieu, & la bonne prudence & conduiéte
dudit Seigneur, on tint fi bien la main. à ce que les pecunes ne partiffent
hors du Royaume, & le mit en telle paix, que la playe fut clofe, & ne
-7,%%+7 vuidoit pas la finance à f grande abondance, parquoy fut aucunement le
corps
\
DV ROY CHARLES VIII. 409
corps de ce Royaume reduit à aucune conualefcence, combien qu’il duraft 1 4 8 4:
fi peu que à peine eut-il temps ne loifir de renforcer. aucune portion de.
fes membres, câr au bout de dix ans que ledit Seigneur trefpaffa l'an 1461.
fe reprit le corps de ce Royaume à perdre fa fubftance fans efperance de
ramaïis la recouurer. RS
6. Pareillement s’eft vuidé grande finance de ce Royaume, & eft efcou- 4n Royaume
lée en Cour de Rome par cette grande playe que fit le Cardinal d’Alby, 4 Frence y 4
quand il porta la lettre du Roy defunét :que Dieu abfolue, obtenuë par ft à
mauuaifc fubiection , par laquelle le Roy foufmettoit tout le fair de l'E- plus de rois
glifé, & les biens d’icelle à la volonté de noftre Saint Pere pour vfer en ne
ce Royaume her vellet. Sans auoir efgard aux libertez de l’Eglife Galli: Consenswels.
canc, dont eft efcoulé infiny or & argent à Rome, car en cedit Royaume
y a cent & vn Euefche, & n’en y 2 pas trois qui depuis le trefpas du Roy
Chafles VII. n'ai vacque, & plufieurs deux ou trois fois. Et n’y a celle
Pyne-portant l’autre qui n’ait vuide plus de fix mille ducats, c’eft fix cens
mille ducats. Et quant aux Abbayes & Prieurez conuentuels, qui font
plus de trois mille, n’y a gueres celle qui n'ait vacqué à cinq cens ducats
lune'‘portant l’autre; lefdices fommes font merueilleufes & innumerables.
_ 7. Outre à caufe des indulgences, decimes, difpenfes , & autres voya-
es en Cour de Rome eft party grande quantité d’or & d'argent.
8. Semblablement depuis ledit temps font venus trois ou quatre Le- De ne rece.
gats qui ont donné.de merucilleufes euacuations à ce pauure Royaume, & se Legat e9
voit on mener les mulets chargez d'or & d'argent. Et pource femble auf.
diëts trois Eftats que le Roy ne doit receuoir le Cardinal d'Angers, ne
permettre luy ou autre Legat en ce Royaume ; ‘cer ( Dieu mercy) cedicé
Royaume eff fi en bon cflat, vnion , G: difhofition, qu'il n'a befoin de Leçat pour
de prefent : & pour aucunes autres caufes iuftes & raifonnables que l'on pour.
roit alleguer en cefte partie. | 2.
9. Item, à caufe des draps de foye & des foires de Lyon, & cranfport
du billon n’a ceffé puis vingt ans de couler of & argent de ce Royaume.
10. Et auecques ce, cft l'argent efcoulé en Angléterre, & és guerres
de Barcelonne & foulde d’eftrangers genfd’armes ; & tellement eft ce
Royaume denué d'or & d’argent, qu’il n’y en 2 comme point, excepté ce-
luy qui eft és chaifnes d'or, & és bourfes de ceux qui prenoient les gran-
des pnfons, confifcations & profits, pour donner congé & licence de ti-
rer l'or & l'argent de ce Royaume, & par autres exquis moyens, & en ap-
pert afez: car en cedit Royaume ne voit-on auoir que monnoyes eftranges,
- & le marc d’or & d'argent eft tellement haulfé, que c’eft pitic; &1à où l’on
fouloit bailler argent pour auoir la monnoye d’vn efcu, maintenant fe fait
le contraire. | |
11. Et par ce moyen les gens d’Eglife & les nobles ont perdu par cha-
cun le quint & plus , de tous leurs revenus, & n’ont pu à grand peine eftre
payez du demeurant, à caufe de la pauureté du peuple.
12. Îtem, & quant au menu peuple, ne fçauroit imaginer les perfecu.
tions, pauuretez & miferes qu'il a fouffert & fouffre en maintes manieres.
13. Au fuiet des paflages & feiours des gens de Guerre qui vivent fur
le peuple, |
14. Le pauure peuple fouffre & paye tout.
14. Les paflages des gens de Guerre ruynent les Laboureurs,
16. Le peuple ne fe confole que par la patience & l'efperance d’eftre
foulagé.
17. Touchant les Tailles & fubfides dont le peuple eft furchargé.
18. Des Tailles de Normandie & autres pays qui ont fait fuyr le peu-
le en pays Eftrangers. | |
P Pay 8 FF£
I 4 8 4.
4io OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
19. Touchant l'abus dans la leuce des Tailles, & les frais que l'on fait
fupporter au peuple. FR n |
20. Les gens des trois Eftats demandent la reunion du Domaine, &
la reuocation des dons & alienations qui en ont çfte faices à plufieurs pet:
fonnes, mefme aux Eglifes, & que l’on entretienne feulement les fonda.
tions ancicnnes. Cu
21. Le Domaine ne doit eftre aliené. | .: |
22. Les deniers du Roy feront leuez par les Treforiers & Receucurs or-
dinaires & non en vertu de commiflons. :
23 Ceux qui ont des penfons du Roy feront priez de n'en. plus pren-
dre à l'aduenir, & de viure de leurs biens & reuenus. Lu à
_ 24. Les Offices fuperflus feront retranchez, & les gages exceflifs des
Officiers moderez. nn ;
25. Reduire la Gendarmerie en l’eftat qu’elle eftoit fous Charles VII,
26. Charles VII. auec fa Gendarmerie & fa Noblefle feulement, fans
ban, & arriereban, ny troupes extraordinaires , chaffa les Anglois de fon
Royaume, & fit de belles conqueftes.. :
27. Item, femble aufdics trois Eftats que touchant lefdi&s Genfd’ar-
mes d'ordonnance, eft befoin dé pouruoir à deux chofes. La premiere eft,
que lefdiéts Genfd’armes foient baillez à gens & Capitaines, defquels on
puiffe auoir raifon & iuftice, fi faute y a efdi@&s Genfd’armes, L’autre,eft
que lefdies Genfd’armes gardent les Ordonnances, & s’ils fonc griefs-au
peuple, foyent punis par les Juges ordinaires, Et en tant que poññble fora
que l’on y mette gens nobles & difpofez aux armes, en preferanr éfdiétes
Ordonnances les nobles qui font des pays des frontieres & extremirez du
Royaume. | : L
28. Pour mettre ordre à la police de la Gendarmerie, le Roy doit com:
mettre deux Gentilshommes dans chacune des provinces où ils feront.
19. Les gens de Guerre ne prendront rien fans payer.
30. Touchant les defpen£es du Roy & de lEftat. |
31. Sile Domaine ne fuffit pas, il fera mis fur les pays des impoñrions
moderées autres que les Tailles, dont le nom eft odieux au peuple, |
32. Les Tailles & autres impofitions feront abolies.
33. S'il arriue fuiet de guerre, les gens des crois Eftats offrent de fub-
uenir à la neceflité du Roy & du Royaume de tout leur pouuoir , & au
contentement du Roy, des Seigneurs de fon fang & gens de fon Confeil.
34. Item, le commun peuple a efté mis en neceïlite de vendre fur au-
cuns de leurs heritages tant en general qu’en particulier, & conftituer ren-
tes racheptables à certain temps ia pale, fur eux, leurs biens & villages,
pour fubuenir au payement des tailles, & obuier à la miferable diftraction
de leurfdits heritages & detention de prifon. Pourquoy femble aufdits
crois Eftats qu’il doit eftre permis & donné faculté à ceux qui ont vendu
lefdiétes rentes & hyporecques eftant en nature de chofe dedans trois ans,
en rembourfantle fort principal, arrerages & loyaux couftemens, ainfi qu'ils
euffent pu faire dedans ledit temps dudit rachapt. Et fupplient lefdics
Eftats ainfi le faire.
35. Item, & combien que lefdiéts gens du commun Eftat ne foient te-
nus aller ou enuoyer aux arrierebans, ne pour ce ils puiflent eftre impo-
{ez à aucune fomme de deniers: ce neantmoins on les a contraints de ce
faire par prife de corps & de biens, en quoy ils ont efté grandement inte-
reflez & endommagez, & aucuns totalement deftruics, nonobftant qu'ils
ayent payé les tailles, finances , & indemnitez des fiefs par eux acquis.
Pourquoy lefdits Eftats requicrent & fupplient au Roy, que dorcfnauant
les deffufdits , auffi les veufues & orphelins ne foient à ce contraints, finon
DV ROY CHARLES VIITH. All
que les Ordonnances du Roy Charles VII. le contiennent, & que par la
nature de leurs fiefs ils y foient tenus, felon les couftumes du pays.
36. Îtem, fupplient lefdits Eftats au Roy, qu’il luy plaife confirmer
les libertez, priuileges , franchifes, prouifions & iurifdiétions des gens d’E-
glife, nobles, citez, pays & villes de ce Royaume, Dauphiné & pays ad-
iacens , & en iceux les entretenir & garder, & leur accorder que la con-
firmation qui en fera maintenant, vaille & ferue aufdits gens nobles, pays,
citez & villes, fans qu'il foit befoin au temps aduenir d’auoir, ne obtenir
autres lettres, impcetrations, ou confirmations. |
Chapitre de la Iuffice.
1 A Iuftice eft la premiere & la principale de toutes les vertus.
| 2. La Juftice par laquelle la France s’eft renduëé recommanda-
ble auprez des Eftrangers, n’a pas toüiours cfté bien gardée.
3. _ Pour la rendre, feront commis gens de bien, experimentez, & payez
par le Roy. |
_ 4 Le Roy Charles VII. ordonna qu'il feroit pourueñ aux Offices par
voye d’efleétion, | |
. . Ce qui depuis fon trefpas n’a feruy que pour en abufer.
6 Les Vicomtez, Vigucries, & autres Offices, ont efté donnez à gens
de Guerre, eftrangers, inconnus , & non lettrez,
7. Et pour ce femble aufdits Eftats, que en accompliffant & mettanc
à cffe& le bon vouloir du Roy, lequel il a faiét declarer par Monfcigneur
le Chancelier d’idminiftrer iuftice à fes fubieëts, fon plaifir foit de pour-
ucoir par efleétion {comme dit eft)à rousles Offices Royaux de fon Royau-
me, Dauphiné, & pays adiacens, foit de Procureurs, d’Aduocats, Lieute-
pans gencraux, des Baillifs, Senefchaux, Chaftelains, Efleüs, Vicomtes,
Officiers, & Viguiers, des Chambres.des Comptes , Generaux, Confeillers
* fur le fait de la iuftice des Aydes, de la iuftice du Trefor, Confcillers &
Examinateurs au Chaftelet, & és Cours fouueraines de Parlement, & au-
tres Officiers de iudicature, car iuftice ne peut eftre adminiftrée finon par
gens iuftes. | | L
8. Semblablement pour ce qu'il n’eft rien qui tant excite vn Officier ou
feruiteur à bien loyaument & diligemment fcruir, que d’eftre affeuré de
fon eftat & de fa vie, en bien & loyaument feruant fon maiftre , & exer-
çant fon Office, femble aufdits Eftacs eftre bien raifonnable chofe, que en
cnfuiuant les Ordonnances Royaux fur ce faites, vn Officier Royal en
bien exerçant fon Office foic afeuré de l’eftat de fa vie & d’eftre continué
en iceluy, & s’il ne fait faute, il ne doit eftre priué ne debouté, & n’en doit
eftre defapoin@é fans caufe raifonnable, luy fur ce ouy en Iuftice, car au-
trement il ne feroit vertueux ne fi hardy de garder & bien deffendre les
droiéts du Roy, comme il eft tenu de Fo & fi feroit plus aigu & in-
uentif à trouuer exactions: & pratiques, pource qu’il feroit tous les iours
__ en doute de se fon Office.
. 9. Item, femble aufdiéts Eftats que ceux qui auoient don du Roy Louys
de leurs Offices à bon &. iufte ciltre, & qui ont efté defapointez fans cau-
fe , doiuent eftre reintegrez en leur poffeffion, ou à tout le moins qu'ils
foyent receus à les pourfuiure en luftice, & leurs parties receuës à leur def-
fendre au contraire, … ï NS | |
_10. Jtem, touchant les Offices extraordinaires qui par cy-deuant ont efté
créez, femble aufdits Eftats qu’ils fonc à la grande charge du peuple. Car
multiplication d’Offices, eft augmentation de gages; & s'ils ne font à ga-
ges, ils ont pratiques extraordinaires, à la foule & detriment de iuftice; &
pource foient de tous points abolis.. ne
| FF£ i)
1 48 4.
De pourueir
aux Offices
par voye d'ef-
leition [eule-
mens.
Qu'un Off.
cer ne foit
priné de fon
Office Jens
caufe rai[on-
nable,
1 4 8 4.
Que nul ne
peut tenir
qu'un office
Royal.
De ne faire
exaiion ex-
scfine de l'é-
molument du
Ssens du Roy.
gaz OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
r. Item, plufeurs inconueniens font aduenus au Roy, & à la chofe
publique, à l’occafon de ce que plufieurs ont tenu & occupé deux ourrois,
ou quatre Offices Royaux, tant de iudicature que autrement, & en ont prins
les gaiges & profits fans defleruir ne exercer lefdits Offices, & ont com-
mis pour l'exercice d’iceux gens non fçachans , & defquels ils prennenc
profit, & par ce moyen le deuoir de Iuftice n'a efte accomply, & ont ce-
nu, tiennent & occupent le lieu de plufeurs gens de bien qui euffent
ferui en perfonne: pour obuier aufdirs inconueniens & defordres , fem-
ble aux gens defdits Eftats, que le Roy doit ordonner, que nul à prefenc
& dorefnauant ne tienne plus d’vn Office Royal, & que par l'impetration
du dernier, le premier foit di& vaccant. |
12. rem, & pource qu’auec les chofes deflufdites, eft neceflaite au Roy
noftre Sire , auoir auec luy fon grand Confeil de la IJuftice, auquel font
fouuent traitées des grandes matieres, tant des droidtures du Roy, com-
me des procez des grands perfonnages, & autres de tous eftats: femble aux
Eftacs qu'il feroit neceflaire de mettre auec Monfcigneur le Chancelier cer-
tain nombre de notables perfonnages de diuers eftats & contrées de ce
Royaume , bien renommez & experts en adminiftration de Iuftice , fça-
chans les vfages & couftumes des pays , pource que continuellement plu-
fieurs Baillifs , Confeillers & Officiers Royaux, & autres fans ordre & fans
nombre entrent audit Confeil, & fouuent aux pourchats des parties, afin
de conclure és procez & matieres efquelles ils n’ont pas efté prefens à les
demener , dont fouuentefois les conclufons & fecrets defdits Confeils
pourroient eftre reuelez , lefquels Confcillers feront les fermens à. ce ap-
partenans , & feront raifonnablement ftipendiez, & nuls autres n’y feront
receus. | |
13. Item, femble aufdits Eftats que l’on doit mettre ordre & proui-
fion à la grande exaétion qui eft au fceau, car fi plufieurs font impetrans,
fuppofé qu'ils foyent confors en leurfait, fouuentefois leur faut payer plu-
fieurs fceaux, qui n’eft de raifon; & quand c’eft communité, l’on leur fait
payer fomme excefliuc. Et cft aduenu que puis n'agueres pour le fceau de
la confirmation d’vn priuilege de ville a efte exigé la fomme de quatrecens
efcus d'or, à caufe que les Secretaires qui prennent profit audit -Sceau,
en fonc iuges & raxeurs, & n’y a moderation ni ordonnances gardées, Et
pour ce pluficeurs pauures habicans delaiflent à pourfuiure leurs droits, &
ayment mieux laifler perdre le leur, que payer fi grande fomme d'argent
dudi&t fceau. |
14. Item, au regard des Secreraires, femble aufdiéts Eftars, que l’on
doit pourucoir aux exactions qu’ils font fur ceux qui impetrent lettres du
Roy, ou de luy don, office , ou quelque expedition |, mefme quand les
communitez des pays & villes renouuellent leurs priuileges , ou impetrent
aucune chofe touchant leur communité, ou autrement, à l’occafion de ce
qu’ils fe conftituent iuges de leurs falaires , & en prennent fi grande fom-
me qu’il ne feroit poflible d'y fournir, Et fouuent aduient que le pauure
quitte le don que le Roy luy a fait, ou la pourfüite de fon droi&, pour éui-
cer le prix excefif du Secretaire. Et puis nagueres ont prins & exigé d’au-
cunes villes fept-vingts efcus d’or pour le Secretaire. Et pour ce femble
aufdits Eftats, que les anciennes Ordonnances faites par les Roys Charles V.
& Charles VIT. & autres leurs predecefleurs Roys touchant le fair de
la Chancelerie, & ce que l’on doit prendre pour'fceau & droit des Secre-
taires, doiuent eftre veués & regardces; & que ceux qui ont faiét telles
exactions foyent punis , & contraints à refticuer comme il appartiendra.
Et fi lefdites Ordonnances ne font aflez exprimées, que l'on doit donner
prouifion, & taxer le falaire d'iceux Secrevaires, c’cft à fçauoir, combien
DV ROY CHARLES.VIILI : 41
ils prendront d'yne lettre d'office & d’autres expeditions de letttes, qu’ils
feront & figneront, taht pour les particuliers, que la communauté: des vil-
les & pays, foit lettres en fimple ou double queuëé, chartres, ou autrement.
1.43 de
Et quant aux lettres de la Chancelerie, fi les Secretaires ne les ont faites,
mais feulemenc fignées, ils n’en doiuent rien prendre pour l’expedirion d’i-.
celles ce ru
‘15. Et pour ée que par cy-deuant l’on 2 donne Offices de Secretaires. pume de
à aucuns non:experts en l'Office, ont efté fignées arm lettres, en mau-:pesrsoir sun
uais ftile & forme, contenans plufieurs caufes d’iniuftice. Et y a aucuns
Offices de See
cretaires ds
Secretaires qui ne font pas experts, pourquoy leur conuient auoir clercs, Ro.
qui font plus forts à conténter que ne font leurs maiftres,.& qui eft dou-
ble .couft aux parties. Semble aufdits Eftats que le Roy doit ftatuer &
ordonner que dorcfnauant quand il vacquera vn Office de Secretaire,
Monfeigneur le Chancelier, enfemble auec luy les Maiftres des Requeftes .
fuiuant la Cour, & les gens du Confeil, nomment au Roy deux ou trois
idoines aufdirs Offices, defquels le Roy par l’auis & deliberation des gens
de fon Confeil eflira le plus propre pour luy bailler ledit Office vacquant;
& fi c’eft de Secretaire des ane ts appellez les gens des finances,
16. Item, combien que appel foit vray remede pour releuer les opprimez
& greuez par les Juges fubiets, & à ce principalement eft ordonné la
puiflance Royale & fouueraine , pour recourir à icelle fouueraine auétorité
&c refuge, & remede quand l’on fe fent opprimé, & que raifonnablemenc
à aucuns ne doiuent eftre defniées lettres d’adiournement en.cas d'appel,
tant en la Chancelerie, que en Parlement, toutefois ledit refus à. efté fair
au temps pallé , pourquoy font demourez infnis griefs & oppreflions faits
au pauure peuple de ce Royaume, fans reparation, & mainte bonne maifon
deftruite, & pauurés innocens faits mourir, & pource qu’il a pleu au Roy fai- |
re offrir iuftice, laquelle ne peut eftre trouuce, f l’huys pour paruenir en
icelle n’eft ouuert, qui eft oë&troy de lettres d'adiournement en cas d’appel,
17. Semble aux gens defdits Eftats que ainf fé doit faire, & enioin.'
dre à tous ceux qui auront le fceau de la Chancelerie, que à nul ne foic
clos l’huys de iuftice, ny defniées lefdiétes lettres d’adiournement en cas
d'appel interjeté de Iuges, ou Commiflaire, ou autre perfonne; & fi aucun
appert eflre defnié en La Chancelerie à Paris, ou aïlleurs où il y.a Cour fou.
ucraine, que les Cours de Parlement les baillent, fans attendre le terme
de venir deuers le Roy en La Chancelerie, & que ceux qui n’ont pu rele
uer leurfdites appellations au fuiet de la vacation dudit relief, foient receus
à pourfuiure leurdit appel tout ainfi qu'ils euflenc pu faire dedans letemps
introduit pour-relcuer leurfdites: appellations, : : . ... … :.
13. Empefcher l’euocation des caufes & procez au Confcil du Roy.
- 19. Que les Officiers du Parlement feront. gens notables’; bien quali-
ficz, d’aage fuffifant, de bonne litterature, uns aq & confcience, & ef
leus par les Cours. |
20. 21. De n'appellet ny releuer appel, owiffo msdio. . :
22, Et pour ce que plufieurs criminels appellent fouuent des. Sentences
données contre eux par:les Juges. Royaux, par quoy il conuient les enuoyer
éfdites Cours de Parlement, dont les Receuceurs. du Roy different de faire
les mifes neceflaires par deffaut de defcharge, femble aufdits Eftars que le
Roy doit ordonner & commander de: faire lefdices mifes par lefdits Rece-
ueurs raifonnablement telles qu’elles feront ordonnces par lefdits Iuges , &
par ce les contraindre par la prife: de leurs biens: :" .. .
23. 24. Touchant les Confeillers des Requeftes du Palais, du Chaftelec
de Paris, & autres qui fonr eux-mefmes les cnqueftes fans les. adrefler aux
Officiers des pays où elles fe font. | |
FFF ii
14:8 4.
De tenir les
grands Iours
par les pays
@ contrées ds
Royaume.
- n°4
« NS
— 1".
414 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
.25. De moderer les excefliues defpenfes des enqueftes. :
26. Et pour obuier aux pilleries que feroient lefdits Comimiffaires à
mettre ordre & iuftice par chacun pays, eft bon & conuenable ordonner
les grands Iours eftre tenus, ainfi qu'anciennement auoit aécouftumé, par
ceux des Parlemens & Cours fouueraines chacun an, & vne année en vne.
contrée du pays, & l’autre année en vne autre. Et qu’il foit charge à ceux.
qui tiendront lefdits Jours à vacquer certains iours de la femaine à ladite
-Fcformation , &c taxer les falaires des Greffiers, reformer les abus, & cour
.mectre par ordre , nonobftant oppoftions ou appellations quelconques.
27. Et parcillement foit tenu l'Efchiquier de Normandie chacun an,
comme ileftoit anciennement du temps du Roy Charles V IL ainf qu’il plut
audit Seigneur l’accorder , en faifant la redu&ion de la cité de Rouën; &
pour ledit Efchiquier tenir, foient commis Prefidens & Confeillers cognoif.
fans les couftumes & vfages du pays, pour loyaument decider les caufes &
matieres qui y font & feront pendantes. | ENS ce
28, Item, femble aufdits Éftats, que bon eft d’ordonner que nuls Off-
ciers ayent leurs Committimus aux Requeftes, s’ils ne font vrais ordinaires
& commenfaux, & qu'ils ne puiflent faire adiourner | vertu defdits Com-
#ittimus aucunes perfonnes pour maticres recles,ou Esp de realite,
ne auñfi pour matieres perfonnelles non excedantes.la fomme de vingt liures
tournois & audeflus , & que cfdits Committimus ne foient point mifes les
caufes d’adionétion & de renuoy felon les Ordonnances. | |
29. De l'abus des priuileges de Scolarité par ceux qui ne font point.
Efcoliers. " PS
. 30. Des tranfports faits aux Efcoliers. oo Lx
31. Item, femble aux gens defdics Eftats que le Roy doit ordonner que
nul de fes Baillifs, Senefchaux ou Lieutenans generaux, & aufli fes Procu-
reurs ne prennent aucuns gages ou penfons des fubiets du Roy; ou leurs
Senefchauflces ou Baillrages , & que nuls d’eux ne foient luges , Chafte-
lains, ou Baillifs des Iufticesifuiettes & reflortiffantes à leurs Sieges.
_32. Des gages des Lieuténans generaux des Bailliages & Senefchauf.
es ” l ne EN
5 33 Offices Royaux de Iudicature feront donnez à gens experts, par l'a-
uis des Baillifs, SenefchHaux; leurs Liewtenans & autres Officiers. |
. 34. Les Maiftres des Eaux & Forefts n’entreprendront rien fur Ja Iufti-
ce temporelle des Eglifes, nobles, & autres iufticiers.
35. Preuofts des Marefchaux ne connoiftront que du fait de la Guerre.
36. Leurs Licutenans n'exerceront aucun Office Royal. | |
37. De reduire le nombre des Sergens: #ors qu’ils font qualifiez gens
oifeux & excommuniez. ._.
38 Les Reccueurs des Tailles ne commettront pour recouurer.les de-
niers du Roy que des Sergens Royaux, & non leurs valets,ou gens dé:
neant. | 7
39. Les obligations & foumiilions fous le petit fcel de Montpellier fe-
ront oftées, | |
40. Les biens des deffunts ne feront faifis ,fous pretexte d’aubeine ,où
autrement, fans information prealable, ;
= 41. Des caufes qui feront plaidées par Procureurs. …- .
"42. De ne prendre par execution les beftes de labeur & outils de la=
bourage... | | | . ;
43. 44. De ne tranfporter les perfoñnes & biens: arreftez & faifis hors.
de leur reflort. . ne . |
+ 45. 46. Contre Îles cxaétions des Baulangers, Cabarctiers,. Barbiers , &
autres, . 7. au +
DV ROY CHARLES VIITL 45
47. Officiers des Finances reduits au nombre & gages qu’ils auoient 1 4 8 4:
fous Charles VII. : LS SAR nu
48. 49. Les Couftumes feront redigées par efcrir.
so. Les Ordonnances feront gardées & obfornées.
sr. Que les criminels feront iugez par les Iuges ordinaires, & non pas
par Commiflaires, te re :
sa. Que les Commiflaires & Juges extraordinaires qui fe trouueront
auoir mal verfe, feront punis. M RE |
. ÿ3 De n’achepter aucun Office de Iudicaeure: * 7 : ..
‘54. Les commiflions cy-deuant accordées pour le fait de la ville d’Ar.
tas feront renoquées., + | DU re |
ss. Ainñ que les bourfes * communes de k mefme ville, * 1l faut que
s6. Item, requicrent les gens defdits Eftats, eftre rembourfez de plu. %,/* HE
fieurs formes de deniers, lefquelles ont efté par exaion leuées, 8 par ri- ré, on lieux
goureufes contraintes: payées à auçuns Coimmiffaires particuliers, pour le reel
fait du fel, & autres:illicites exaétions, &:que lefdirs Commiffaires par. fer Le
ticuliers foienc centrainrs à refticuër lefdites fommes; & pour l’iniufte exa- £‘”:
étion d’iceux foient punis à l'arbitration-de JIuftice , à l'exémple des autres,
afin querelles exaétions dorefnauant n'ayent lieu, L
. 57. tem, & contre tout droit, raifon & le priuilege des'gens d’Egli-
fe & nobles en plufeurs lieux. de cé Royaume, aucuns gens d’Eglife, no.
bles hommes & autrés, ont efté contraints à eux s'obliger de refpondre
our ceux qui porterèient fel; qué Fon homrhe communément Saulniers,
Lande obligation eft contre toute difbofition de droiét.
_ 58 ÆEtpour ce femble aux Eftars que ladite obligation doir eftre caf.
fée, abolie, & renduë aux obligez,& eux tenir quitres, defchargez, & defo-
bligez de ladite obligation. Re | ci
. $9. Irem, auffi femble aufdits Eftars que le Roy doit abaolir'toutes con
fifcations, donations, venditions , tranfports & ceflions d’icelles , adue- », ne donner
nuës du-temps du feu Roy-Loys, & depuis du temps du Roy Charles; 8 #mcunes con.
auffi tous bannifflemens faits contre & au prejudice des fubiets du Roy, fémriemdr.
lefquels & autres deflufdits n'ont efté connus ne adiugez & declarez par
Juges ordinaires, ou des Parlemens, parties ouyes, & bien communiquez.en
jugement contradiétoire; & chacun foit remis en fon droi& & eftat com-
me il eftoit auparauant : aufli que reparation en fait faite aux parties inte-
reflées. Semble aufdits Eftats qu'en enfuiuant le traité de Paix, ledit Sei-
gneur doit faire & bailler entiere & paifible iouyflance de chacun de fes
biens, heritages, droicures & poflefhions, ainf qu’il eft contenu audit crai,
té, & faire entreçenir les abolitions contenuës en iceluy traité, en debou-
tant tous detenteurs çontre ladite paix.
60. Item, que dorefnauant ne foient permifes telles canffcations, ne
données ou oétroyées fans caufe, parties non ouyes en Iuftice.
61. Item, pource que plufeurs Seigneurs, & autres font venus deuers
lefdits Eftacs, & en pleine affemblée ont fait plufeurs requeftes & remonf-
trances, requerans eftre reftituez en leurs droits, feigneuries & poflef-
fions, defquels ils difent auoir efté iniuftement deboutez, & ne peuuent
jouvyr.
pa Semble aufdits Eftats qu’ils doiuent eftre ouys en iuftice , laquelle
_ doit eftre adminiftrée, & fupplient lefdits Eftars qu'il plaife au Roy ain
le faire. | |
63. Et pource que Dieu noftre createur, duquel le fainé& Nom doit eftre De punir les
reucré & honoré en toute humilité & deuotion, par fermens & iuremens 6/4?hems-
execrables eft eres-fouuent blafpheme & vilipendé, pourquoy feroient 2
donner gricfues punitions, comme autrefois pour femblables cas font ad-
1484.
adiacents. | ,
Sans mar.
chandife le
chofe publi -
que ne fepent
entretenir.
416 OBSERVATIONS SVR L'HISTOÏRE
uenues: femble aufdics Eftats , que en enfuiuant les Ordoñnances faites
par les Rois Sainét Loys, & autres fes predeceffeurs Roys de France, tels
fermens, iuremens, & blafphefmes execrables doiuent eftre expreffémenc
deffendus, & les blafphemateurs diretement punis & corrigez ; iouxte les
Ordonnances, & felon les peines inftituces en icelles. RE,
64. Item, femble aufdirs Eftats, que pour le bien & reformation du
sp oo ne & pays adiacents, & que bon ordre foit tenu; & -pour
paruenir aux affaires du Roy noftredit Seigneur, fi aucuns en furuiénnent,
ledit Seigneur doit declarer & appointet que lefdits Eftats defdits Roÿau-
me, Dauphiné &:pays:adiacents, feront affemblez. au temps'& tèrme de
deux ans prochainement venans, & aufli continuez de deux'anis’ en deux
ans, efquels Eftats feront reformez'lefdits Royaume , Dauphiné *& pays
j eos RS D
65. Et pourra-t-on pourucoir à rout ce qui fera nétéffaire pour lé bien &
vtilité dudit Seigneur, & de fes. pays & feigneufrièsi Et: fupplient lefdits
Eftats audit Seigneur , qu’il luy plaife ainfi Pordonnér-& declarer.i : ‘i :
66. Et auec celuy fupplient, que fen plaifir foit dériier audiencé à cha:
cun pays & prouince, & particulierement, afin qu’il féit'aduerty des plain<
tes, doleances, clameurs, pauuretez & miferes que fon pauure peuple por-
te, & qui font à vn chacun defdits pays & prouinces:: qu'il plaife’à:fa tres.
noble Maiefté & clemence, fur tout donner ordre &-prouifion, PAL
Chapitre rouchant le faiét de La Mar an ap . ne
I Ovcnanr le fait de marchandife, qui eft caufé & moyen de faire
venir riches & abondance de tous biens en tous Royaumes, pays &
fcigneuries, & fans laquelle la chofe publique ne fe peut bonnement en:
trecenir : femble aux gens defdits Eflats que le cours de la marchandife
doit eftre entretenu franchement & liberalement par tout ce Royaume, &
-qu'il {oit. loifible à tous marchands de pouuoir marchander tant hors le
* Marque,
c'eff reprefsi-
de.
De changer
les foires de
Lyon.
Royaume és pays non contraifes au Roy, que dedans par mer & par terre:
Et qu'il plaife au Roy faire mettre fus toutes: fes nauires pour aller en mer,
tant pour la feureté du Royaume, que aufli des marchands. | |
2. Tous acquits, trauers & peages feront revoquez.
3. Semble aufli aufdits Eftats, que nulle marque * ne contre-marque né
doit eftre baillée fans grands avis & connoifflance de'caufe, & que les fo-
lemnitez de droit en tels cas requifes foient gardées, & que celles qui au-
trement ont efté par cy-deuant données, foient annullées.
4. Semblablement, pource que multitude de foires font preiudiciables
à ce Royaume, & au moyen des foires de Lyon (qui eft quatre fois l'an)
fe tire grands deniers de ce Royaume, tant pour draps dé foye qui fe dif-
tribuent, que pour le cours volontaire des monnoyes qui fe fait par les
marchands fur les monnoyes eftrangeres , & apportées par les Eftrangers
contre les ordonnances.
s. Semble aux gens defdits Eftats, que lefdites Ordonnances doiuent
cftre entretenués & gardées en tous les pays fubjers & obeyffans au Roy.
6. Et que mieux feroit que lefdices foires ne fe tinffenc que deux Bis
l'an , c’eft à fçauoir Pafques & Touflaints, & en autre ville que Lyon,
pource qu’elle eft trop prés de l’extremité de cedit Royaume, à caufe de
laquelle extremité plufeurs fraudes y font commifes, & grands inconue-
niens s’en peuvent enfuivre.
7. Pareillement foit pourueu touchant les grands deniers tirez & re-
ceus par aucuns puis quatorze ans En Ça, tant en la ville de Paris, que en
plufieurs licux de ce Royaume, au moyen des grandes & excefliues tailles
qui
DV ROY CHARLES VIII. 417
qui ont efté mifes fur les gens d’Eglife , communautez , & marchands 1 4 8 4.
populaires.
8. Et auffi des bleds qui ont efté prins pour l’armée du feu Roy, & que
ceux qui en feront trouuez chargez, foient contraints à rendre compte, &
payer le reliqua à ceux à qui il appartiendra.
9. Et au regard de l’impofition foraine * & refue qui fe leue tant à+ 4], pesare
Paris que ailleurs dedans le Royaume : femble aux gens defdits Eftars, ».
que veu le crauail & vexarion qui fe fait aux marchands de cedit Royau-
me par les commis à cucillir ladite impofition, en contraignant iceux mar-
chands qui meinent dedans ledit Royaume, & autres plufieurs abus & ve-
xations que lefdits commis font aufdits marchands, doiuent cefler, & que
ladite impofition foraine, refue & caution que l’on baille pour icelle, doi-
uent cftre leuées, prinfes & receués par les fermiers ou commis és fins
&c extremitez de ce Royaume, & non ailleurs.
10, Semblablement touchant les hauts paflages, lefquels fe baillent à
ferme, & par les fermiers femblablement font aufli faits grands trauaux
aufdits marchands: femble aufdits Eftats que lefdites ne foraines,
haut & bas paflages, ne fe doiuent point bailler à ferme; au moins s’ils fe
baillent, ce Éir à gens de bien: & des abus & procez, que les Iuges Royaux
ordinaires des lieux en ayent la connoiffance , pour en difcuter fommaire-
ment, & de plein, fans ns de procez.
1. Semble aufli aux Eftats, que l’on doit mettre & donner ordre fur
le fait des monnoyes, en telle maniere que les monnoyes du Roy ne
foient plus tirées hors du Royaume, comme ils ont efté, & aufi que les
monnoyes eftranges foient mifes & prinfes chacune pour fon prix & va-
leur, & non plus, fans toutefois faire nouueau pié de monnoye.
12, Jtem,en ce Royaume y a plufieurs ponts, paffages, & chauflées, pour
l'entretenement defquelles fe cucïllent & font payez , couftumes, acquits,
trauers & peages; & neantmoins lefdiêts ponts, pafläges & chauflées fonc
en ruine, du tout/rompus & abbatus, & à cette occalion font aduenus &
aduicnnent chacun iour plufeurs inconuenients, & s’y font perdus & noyez
plufeurs perfonnes & beftes, & fonc les villes prochaines d’iceux ponts,
paffages & chauflées comme inhabitées. Et pource femble aufdits Eftats,
que lefdits ponts, paflages & chauflées doiuent eftre mis fus, & entrete-
nus en cftat bon & fufhfant, tellement que fans danger l'on y puifle paf-
fer, & que les reparations & entretenement foienc faits aux defpens de
ceux qui y font tenus & fubiets, & aufli que quand aucuns marchands
auront payc le peage & acquit en aucune rerre & fcigneutie, que les Sei-
gncurs à qui font lefdits peages & acquits faflenc cenir lefdits marchands
en feurete és terres, pour raifon defquelles ils leuent & cucillent lefdits
peages. Et femble aufdirs Eftats, que fe contenu cy-deffus doit eftre mis
à execution.
13. Jtem, femble aufdits Eftats, que les Officiers tanc de Iuftice que @se es of.
de Recepte, & autres aufquels par les Ordonnances Royaux a efté incer- 7 ras
dit & deffendu fai & exercice de marchandife pour eux, ne autre pour nr Labs te
eux. Et requierent au Roy qu'il luy plaife ainfi l’ordonner , & faire garder
lefdites Ordonnances qui fur ce ont autrefois efté faites par les Roys Char-
les V. & Charles VII, & leurs predecefleurs, fur les peines contenués
en icelles.
GG£g
\
———— 418 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1484.
Le Chapitre du Confeil contient huit Articles qui concernent
principalement les rangs & l'entrée qu'ÿ doiuent auoir les
Princes du fang, & les perfonnes qui y feront appellées.
La derniere conclufion es oétroy fait par les Eflats au Roy.
I. E Roy eft fupplié de faire incefflamment depefcher & accorder les
articles contenus au prefent Cahier. |
2, Les Eftats oétroyent pour deux ans pareille fomme que celle qui fut
leuée du temps du Roy Charles V II. fans qu’elle puiffe cftre appellée
Taille.
3. Outre cela , les Eftats accordent au Roy trois cens mille liures, à
caufe de fon ioyeux aduenement, & pour les frais de fon Sacre, auquel ils
le fupplient de trauailler inceffamment.
4. Les Eftats commettront quelqu'vn pour afflifter à l’impoftion des
fommes qu'ils accordent.
s-_ L'impofition fera faite auant que les Eftats foient feparez.
6. Les Eftacs feront aflemblez dans deux ans.
7. Aucune impoñtion ne fera mife fur le peuple fans leur confente…
ment,
8. Proteftation des Eftats d’eftre toufiours prefts de trauailler pour le
bien du Roy & du Royaume.
Ce font les Refponfes faites par le Roy, fur le C bapitres eg Articles
deuant contenus en vn Cahier, qui luy a efté prefenté
par les gens des trois Eflars.
E T premierement fur le Chapitre de lEglife, n’a efte donné aucune
refponfe, à caufe de l’oppolition faite fur aucuns des Articles conte-
nus audit Chapitre, par Meflcigneurs les Cardinaux & Prelats. Et eft la-
nr refponfe demeurce indecife, iufques à ce que ladite oppofñtion foit
vuidée,
Le Chapitre de la Nobleffe.
OvcHaAnT le premier article dudit Chapitre où il traite de plufieurs
vexations qu'ont eusles Nobles, qui fe commence audit Cahier: Pource
que l'effat de la Nobleffe eff neceffaire, éc: Refponfe. Le Roy confidere l’eftat
des Nobles, & leur accorde & concede volonciers l'effct du prefent ar-
ticle.
Touchant le fecond article, qui fe commence, Zrem, s'il aduenoit que le
Rey, Gvc. Refponfe. Ilen fera fait au bon plaifir du Roy, & y pouruoira
quand le cas y efcherra. |
Touchant l'autre article qui fe commence, Es pource que à caufe que, Cr.
md Le Royde fa grace oëtroye que les Nobles qui ont pour le ferui-
ce dudit Seigneur vendu rentes fur eux depuis l’an 1464. racheptables à dix
pour cent, les pourront rachepter dedans 4 ans prochainement venans,
en payant les arrerages & loyaux couftemens, comme ils euflent pu faire
dedans le temps dudit rachapt.
Touchant l’autre article,où les Nobles fe plaignent qu’ils n’ont ofe chaf-
fer, qui fe commence, Et combien qui foit licite aux Nobles de chaffér, x.
Le contenu en ce prefent article eft par le Roy accordé, & permis aux No-
bles ainfi qu’ils ont requis.
Touchant l’autre article qui fe commence, rem, > pource que les grands
DV ROŸY CHARLES VIII. 419 ——
Veneuri, dc. Refponfe. La requefte contenué en ce prefent article a efté 1
oétroyée par le Roy aux Nobles hauts Iufticiers, & leurs hommes, |
Touchant l'autre article, qui fe commence , Item, G: pour euiter aux dan-
gers, Ge. Refponfe. Quand le cas efcherra le Roy y aura bon regard aux
faucurs des Seigneurs , & des Nobles, & fuicts de fon Royaume,
RE Ed. Chapitre du Commun.
S Vr les remonftrances & requeftes contenués és articles precedens, de-
puisle neufefme iufques à l’article commençant, £s ce faifant offrent
les gens defdits trois Effats, en ce comprus, rc. Refponfc. Le Roy a ia pour-
ucu tant par la reünion de fon domaine que autrement au mieux qu'il a
efté poflible, 8en ce qui refteroit ledit Seigneur a bon vouloir d’y faire
roufours ainfi que le temps & le lieu le requerront. |
À l’article enfuiuant commençant, Item, le commun peuple, crc. Kefpon-
fe. Le Roy a trouué en fon Confeil qu’il n’eftoit point expedient ne con-
uenable d'accorder le côntenu en cét article par la maniere qu'il eft cou-
ché ; mais bien accorde-t-il de fa grace, que. ceux qui pour les tailles 8z
fai& du.Roy fon pere, que Dieu abfolue , auront vendu rentes fur eux, de-
puis l’an 64. racheptables à dix pour cent, les puiflent rachepter dedans
deux ans prochains venans, en payant les arrerages & loyaux couftemens,
comme ils cuflent peu faire dedans le temps dudit rachapt.
À l’article commençant, Jtem, * combien que lefdits gens du commun, Gr.
Refponie. Le Roy concede & accorde ce prefent article & requefte, &
eut que les Ordonnances du feu Roy Charles VII. foient.en ce obfer-
UCESs, . : | SNL |
A l’article commençant, Item; .fupplient lefdits Effats an Roy, rc. Refpon-
{e.'Le contenu en ce prefent article eft accorde par le Roy, pour en eftre
fait comme il eft accouftumé d’ancienneté..& ainf qu'ils en auront deuë-
ment ioüy & vie. | ne | .i
Le Chapisre de Iufice.
T5 ‘ ‘ f
| A L’arTicLe premier, fecond & tiers commençant, Æ4 souchant la
Iuffice, qui ff Dame, Cc. & finiflant, Dauphiné, pays adiacens. Ref:
ponfe. Le Roy a bonne volonté & intention de faire, & faire adminiftrer
bonne Iuftice par tout fon Royaume, comme il efttenu.. :
.: Touchant les 4. articles fuiuans, donc le premier commence, Ez pource
que Le Roy en perfonne, rc. le fecond, Neantmains. depuis Le treffas, Grc. le
ticrs, Item, l'on.a veu, Grc. le quart, Er pour ra aufdits Effats , Cc.
Refponfe aufdits articles. Le.vouloir & plaifir:du Roy eft,.qué le contenu
éfdits articles foit obferué.& gardé felon les Ordannances du Roy Char-
les VIT, contenant que les eflcétions fe feront de motables & bons perfon:
nages, fans faueur ne fubornation à l'honneur de-luy, & entrerenement
de fa Iluftice. RE .
A l'autre article commençant, ere gone nr Ed k'eff rien, dc.
Refponfe. Pource que ce prefent article eft raïfonnable , que nul Officier
ne foit deftitué de fon Office. & eftar, finon par mort, refignarion , ou for-
faiure, declaration prealablement faite par Iuge competent ,. l'Officier
ouy deuément appellé, le Roy l’a accorde, & veut qu’il foic entretenu &
obferué dorcfnauant. : SE | |
. À l’augre article comménçant, Ztem,.fémble aufdits Effats, rc: Kefponfe,
Le Roy en fera à fon bon plaifir: neantmoins pour pourueoir aux faits
defdits Offices, a ordonné euoquer pardeuant luy:en fon Grand Gonfeil
| GGg ji
4 8 4:
nn
1.4 8.4.
go OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
courtes les caufes qui en font meuës, afin que fommairement Iuftice foit ad:
miniftrée aux parties. "2 2 2 ‘. Ur
- À: Pautre article commençant, Ztem, touchant les'Offices extraordinaires, Gx.
Refponfe. Il a plu au Roy accorder ce prefenc arcicle; toutefois quand
ledit Seigneur voira où il. y aura pitié, il y.pouruoira à fon bon plaifr.
A l’article commençant , Item, 7 inconueniens , Crc. Kefponfe,
Sur ce qu’aucuns tiennent plufeurs Offices Royadx,le Roy y aura aduis,&
n’en difpofera point fans grande caufe.
A l'article commençant, Jrem, pource que “auec, dre. Refponfe. : Sclon
Pauertiflement de ce prefent article ié Ray.pouruoira:fi bien, ‘que le Con-
feil auec Monfeigneur le Chancelier fera garni de bons perfonnages, &
gens de bien. : nn RE
A l'arcicle commençant, Zrem Tree anfdits Effets, Gs. Kefponfc. Par
l'Ordonnance du Roy. de Monfcigneut le Chancelter , les Maiftres des
Requeftes pourüoiront conuenablement au fair de ce. prefenr article com-
me il apparticndra, & defia eft la chofe entrain... : …
- À l’autre article commençant, Item , G* au:regard.des Secretaires, G:c. Ref:
ponfe. Il fera pourueu comme au prachain precedent article: : 3
- A l’autre article commençant, Es powrce:que par cy-deuuns, Gr. Refpon-
fe, Par mondic Seigneur:le Chancelier & Mefleigneurs les Maiftres des
Requeftes il y fera pourueu , comme defflus cit ditaux prochains precedens
articles. | NS en à A
À l'autre article commènçant , Ztew, G: combien que appel foitvray, dc.
Refponfe. la efté ordonné que dorcfnauant nulles lettres ’adiourne:
ment, en cas d'appel, ne féroient refufées en la Chancelcrie, finon que ce fuft
par bonne & grande déliberation du Confeil , que appel fuft notoirement
non receuable felon difpofition de. droit. D
6
+
A l’autre article commençant, Item, G on 4 veu par cy-denamt Gr: Ref:
ponfe. : Par Ordonnance :ia faite par le Roy à Clery , en cette ville dé
Tours , a efté pourueu à l’effet de ce prefent article, lefquelles Ordonnan.
ces font és mains de Maiftre Eftienne Petit, Notaire & Secretaire dudic
Seigneur, & dont les parties en paurtont auoir L copie pour eux en aider
quand & ainfi que mefticr fera.
. À l'autre ärticle commençant, Æt combien que les Cours de Parlement, &.
Refponfe. Le:Roy a concedé ce prefent article, & veut qu'il foit doref-
nauant obferuc, en enfuiuanc tes Ordonnances du Roy Charles VII.
A l'article commençant ; Semble. audits Effats qu'il doit effre, dc. Rel-
ponfe. Les Ordonnances fur ee. faices feront dorefnauant obferuées ; ainf
la voulu & ordonné le Roy. 2e RSS NA in
. À l'article commençant, Er auec ce.qu'il foit enioipt, @c. Refponfe. Com-
me au prochain article. fera fait par inionétion :8& commandement, &c.
A l'article commençant, £s pource que. plufieurs criminels, Gc. Refponfe,
Le: Roy fera pouruoir au contenu dé l’article pour le bien de iuftice. |
- À l'article commetçant, Er aff fémble Grc. 8 à l'autre, Et.au cas, Gt.
Refponfe. Touchant ces deux articles , il y a Ordonnances fur ce faites,
lefquelles le Roy veur & ordonne eftre obfcruces &-gardées. à
A l’autre arucle commençant, Item, G* pource que de prefent, Gc. Rel
ponfe. Il eft appointé fur ce prefenr article, comme aux precedens. : : !
: A l'autre article commençant , Et pour obuièr aux pilleries, @c. Refpon-
fe,. Le Roy veut & ordonne, que dorefnauant ainfi fe faffe par la meil:
leure forme & maniere que faire fe pourra. FM; ER
A l’artitle commençant , Er pareillement [oir l'Efchiquier, Gc: Refponfe.
Ce prefent'article de l'Efchiquier a efté accordé par le Roy eftre executé',
ainfi que par ceux de Normandie eft requis. 5. ‘©, . ..
_
e
-s…de
se
DV ROY CHARLES VIIE :: 41
:.. À l'ausre article commençant, Item; femble aufdits Effats que bon ef,
Refponfe. Le Roy eft content du contenu en l’article des Commitimus, 8e
l'â ainfi oroyé & accordé, fauf à appointer fur la requefte de Meffei.
gncurs les. Prélats. du Royaume, Re
A l’article commençant , Er pource que les grandes vexations , Gr. Ref:
panfe.. Oxdonne a eflé & accorde, que dorefnauant le contenu en ce pre-
{ent article foic fait & entretenu, fans fouffrir aucuns tels grands abus x
ledit article fait mention. .
“A l'autre article commençant , Er outre que nul Efcolier par trañfport , G.
Refponfe.: Comme :au precedent article a efté conclu & ordonné, que
femblables.abus foient reiewez, &.non foufferts. —.— |
A l'autre article commençant , Jtem, femble. aux gens defdits Effats Gr.
Refponfe. Le Roy veut &-entend fur cette:mariere, que les Ordonnan-
ces faires du temps du: Roy Charles V IL. foient gardées , lefquelles fonc
bien raifonnables, & en fera parle aux Threforiers de France. pour les en
fuiuir & faire garder de leur part. ie |
:. À larricle ae ve > Semblablement .aduiennent plufieurs inconue-
siens, Gi. Refponfe. Le Roy veut & entend, que és Offices de iudicatu+
re foit pourueu dorefnauant de gens notables, comme il eff contenu en
l'article précedent. | :
- À larticle commençant, Aaffi fémble aujdits Effats, Ge. Refponfe.
En enfuiuant les ru pe faites feront données les prouifions,
& faits les commandemens neccflaires , comme. eft requis par ledic
AITICIÉ. 0 2 55 4202 ua à PR à 6 EH Late, OR n
A l’autre article commençant , Er pareillement fermble aufits Effats, que les
Presoffs, Gc. Refponfe, Il a.cfté.deliberé & conclu que les Preuofts des
Marefchaux n’exerceront aucune iuftice que celle qu'ils doiuent faire , ne
par confequent leurs :Lieutenans, .c’eft à fçauair couchant le fait de la
uêrre. 5 PA OR ARESRSE ET ne s “alert ABS |
ds A l’article commençant , Et quant és Sepeens,'qui font les moindres off-
ciers, Gc. Refponfe. Pource qu'il y a Ordonnances faites touchant cette
matiere, le Roy les fera conferuer & garder comme il appartient.
A l’article commençant , Er posrce que plufurs':Receucurs des tailles, dc.
Refponfe. Seront dorcfnauant entrecenuës 8gardées les Ordonnances
faites fur le fait des Receueurs & Sergens dés tailles & aydes ; ainfñ le veut
le Roy & ordonne. RE
A l’autre article conuuençant:,: rw, que les obligations dr Jubmiffians [ous
le pete fil de Mentipelicr, Ge. :Refponfe. Les obligärions faiccs fous. le
feel feront moderées:fèlon le contenu-en J’actisle,& fera mande aux Caurs
des Parlemens corriger les abus ;.&Cormiflaires ordongér pour y. be.
fon ner. re er 1 DR De Done | sé ts ‘3 fit LA
| EE articie commençant, vies, Les: Officiers du Roy .0s leurs iom-
mé, ii Refponfe. En enfuiuanties Ordonnances Royaux faites paè'cy-
deuant foi. dorefnauane obferué le-contenu en ceprefentarticke. 1.
A l’autre article commençant, Item, femble audits Hffats que les caufes
ciniles , Ge: Refponie. Accordé par Le Roy, & veut. que: dorefnauant Ainfi
D Si st
fe faflé..: : :. RE ee
*
U . ,
\ à,
A l’article commençant, tem, & aaf]i Jemblé sfdits Effuts effre prpfta:
ble, de. -Refponfe.. Le Roy eft content que'les arncles ml sit 4 &c
dorefhapane” obfermezs ‘ : tit, à naiss psg IX 0e Rs.
-‘ iA‘Farticle comfiençant } "Er combies :qa'il'foit probibé pan lez Ordonnancei
Royaux, dc. Refponfe. Ordonné a cfté fur le prefenc article, que dorefs
nauant fi au lieu où fe feront lefdites executions n’a bonne ville ou lieu de
marche, les biens prins feronc enuoyez à la plus prochainc ville ou mar-
| GGg
à
CC. 148 4
1:48 4:
422 OBSERVATIONS. SVR L'HISTOIRE
ché du lieü où feroit faite ladite execution, pour. obuier aux inconubrriens
remonftrez audit article. » oo :: .
A l'article commençant , Jem, @* pource que a l'occafion ; @c. Refponfe;:
Le Roy fera furfcoir les executions iufques à ce qu’il foit plus amplemen
informé. | | CS dd
A l'article commençant , Item, femble aufdits Eflats que tous Officiers, @c.
Refponfe. Ainl a mn pr le Roy eftre. fait dorefnauant comme l’article
ofte, OR
à A l’article commençant, Z#em, qu'en —— G* accompliffant, Ge. Kef-
ponfe. En enfuiuant l'Ordonnance autrefois ainf faire par le Roy Char:
les VII. le Roy veut que la chofe foit mife à execution, le plus conuena:
blement que faire fe pourra. | | .
À l'article commençant , ‘Item, G pource que les Ordonnances des défunti
Roys,@c. Refponfe. Les Ordonnances des Roys. deffunts feront recueil.
les, & en fera fait comme eft requis au prefent article. |
Es deux articles enfuiuans, le premier commençant, Zrem , Ge 44 temps, rc
le fecond, Er auec ce, @c. Refponfe, Le Roy a concedé que le contenu
efdits prochains articles, pour le bien de luftice, foit obferué, à l’extirpa-
tion & correction des crimes & delits. : |
À l’autre article commençant, Item, femble audits Effats pour les abus, rc:
Il eft pourueu à l'intention de cedit article, par Ordonnances fur ce ia fai-
tes, lefquelles le Roy veut eftre obferuées & gardées. :
Aux deux articles, le premier , Item, depuis, rc. le fecond , Et outre, cre.
Refponfe. Le contenu en ces deux prochains articles a efté accordé &
concedé par le Roy & veur que ainfi fe fafle. is ee
A l’autre article commençant , Ztem, requierent,@r. Refponfe. Le Roy
ordonnera Commiflaires pour eux informer des abus commis en la matieré
dudit article, & en faire correétion comme il appartient. |
A l’autre article commençant , Item , contre droit G* raifon, rc. Kefponfe.
T1 a efté ordonne par le Roy, que le contenu en ce prefent article fera fait
&c.accomply. ©”: : L. | . :
À l'autre article commençant , Ztem, auffi fémble aufdits Eflats, que le Roy
doit, Gc. Refponfe. Quant aux confifcations, donations, tranfports & cef-
fions qui n’ont efté deuément faites, connués & adiugées par luges compe-
tens, le Roy a accordé l'article. : - ne
A l'autre article commençant , Item , que dorefnauant, Cr. Refponfe.
Qu'il fe doit faire ainf que le prefent article porte, parties appellées & auïes
fommairement & de plein, fans grand procez; & ainf l'accorde le Roy.
-. À l'autre article commençant , Ztem; pource que plufieurs Seigueurs Gr au«
tres, Ge. Le Roy fera toufours oùir.en iuftice ceux qui la luy demande
ront, & la leur fera adminiftrer comme il appartiendra. Le LA
‘À l'autre article commençant, Er pource que Dies noftré Createur, ét. Ref-
ponfe. Le Roy comme Tres: Chreftien, pour l'honneur & reuerence de.
Dieu noftre Createur, a commandé & ordonné qu’on fafle obferuer & gar
der les Ordonnances fur ce faites. . ,. L
: : À l'autre article commençant, tem, femble aufdits Effats que pour le bien;
Gc. Refponfe. Le Roy eft content que les Eftats fe tiennent dedans deux
ans prochains venans, & les mandera. ht
"- À l’autre artide commençant , Er auec ce luy fapplient.que [on plaifir foit ;
Gc. Refponfe. Il 2 efte ainfi ordonné & fait à tous çeux des pays particu-
liers .venus pôur les Eftats, qui ont voulu faire remonftrances de leurs do-
5:
‘
LU CRE
DV ROY CHARLES VIIE 43.
3j
Le Chapitre touchant le fait de Le marchandife.
V premier article de ce prefent chapitre, commençant, Touchans Le
A fait de la marchandife, Gt. Refponfe, Le contenu en ce prefenc arti-
cle a efté accordé par le Roy, & veut que dorefnavant ainf fe fafle pour
le bien de fon Royaume & de fes fuiets,
= À l'autre article commençant, 4 Pource que depuis le trefbas du Roy Char.
les féptiefme, dc. Refponfe. Le Roy eft content que le contenu en ce pre-
fenc article foic fait, & que certaines Ordonnances faites touchant les mar-
148 4.
ques *, foient gardées pour le bien de la marchandife, commeau fubfequent + Marque,
article eft couché, c'eff reprefail.
A l’autre article RE » Semble aufdits Effats, érc. La refponfe de
ce prefent article eft auec Îa refponfe du precedent. Et ne fera donnée
marque que par le grand Confeil du Roy, ou par les Cours de fes Par-
lemens.
À l’autre article commençant, Semblablement pource que multitade de foi-
res, Gc. Refponfe. Le Roy veur que les Ordonnances defquelles il eft
touché en ces prefens articles foient entretenuëés, & aduifera lieu conue-
nable autre que Lyon pour tenir les foires dont audit article eft faic
mention. | |
A l’autre article commençant, Pareillement [oit pourues touchant les grands
deniers, @c. Refponfe. Accordé & concedé a efté par le Roy le contenu
en l’arricle, |
À l'autre article commençant, 44 regard de limpolition foraine, dc. Le
Roy veut que tous abus foient oftez, & que le contenu en l’article foit
gardé & tenu, fauf à ceux de Paris leurs Priuileges, s’aucuns en ont.
À l'autre article commençant, Semblablement touchant les baults pal£ges, Cv.
Refponfe. L'article prefent eft accordé par le Roy, & veut que les fer-
mes ne foient baillées que à gens de bien, & les abus corrigez, & les pro-
cés faits par les Iuges Royaux des lieux où feront faits lefdirs’abus.
À l’autre article commençant, Semble auffi aux Effats que l'on doit met-
tre, Gc. Refponfe. Par les gens du Confeil, des Finances, & Generaux
Maiftres des Monnoyes, à ja efté befongné en cefte matiere, comme bref
fera public, tout au bien & proufit du Roy & de la chofe publique de fon
Royaume, a | |
À l'article commençant. Jtem, en ce Royaume 4 plufieurs ponts, Ge. Ref-:
ponfe. Tout a efté ordonné par le Roy, que le contenu de ce prefent ar-
ticle foit entretenu & mis à execution.
A larticle commençant, Item, femble audits Effats que les Officiers, Crc.
Refponfe. Il y a Ordonnances long-temps à fur ce faires, lefqueiles le Roy
veut eftre obferuces & gardées, &c.
Le Chapitre du Confeil,
"HF OvcHanr tous les articles contenus en ce prefent chapitre du
T Confeil (qui font huit articles) & des perfonnages qui en labfence du
Roy prefident, c'eft à fçauoir Monfeigneur d’Orleans premier, Monfei-
gneur de Bourbon Conneftable de France aprés, & aprés Monfeigneur de
Beaujeu fon frere, &c.
Le Roy en la pleine afflemblée defdits Eftats en la grande falle de lAr-
cheuefque de Tours, en fit la refponfe de bouche, & par Monfeigneur
le Chancelier de France, en leur oétroyant & accordant lefdits articles
& requeftes, | | |
414 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
148 4.
#°# Circonftances notables qui concernent les Eftats de Tours, tenus
en 1483. ou 1484.
Tonchant les penfions de quelques Princes ex Seigneurs.
Es Ducs d'Orleans & d'Alençon, les Comtes d’Angoulcfme & de
* C'efoit Dunois , & autres donnerent charge à l’Eucfque de Laon * de dire
Charles de aux Eftats que pour le foulagement du peuple ils eftoient prefts de quit-
Luxembourg, e : : :
Fils de Louis Ut les penfons qu’ils receuoiegt du Roy, & que pour leurs interefts parti-
ee , culiers ils ne deuoient point eftre contraints dans leurs opinions qu'ils de-
## F#%*_ uoient donner librement & qu'ils deuoient nommer des gens de bien
pour le Confeil du Roy; il fut traité fommairement de ce point.
Sur quelques pretentions du Duc de Lorraine.
E Duc René de Lorraine enuoya aux Eftats fes Deputez remontrer
Li. feruices par luy rendus à la France, & particulierement en la viétoi.
re qu'il auoit remportée proche de Nancy fur Charles dernier Duc de
Bourgogne; qu’il auoit pris à ce combat plufieurs. Grands prifonniers, en-
tre autres Charles frere naturel de ce Duc qui promettoit pour fa rançon la
Comté de Bourgogne; qu’à la priere du Roy il lavoic deliuré gratuite-
ment: que nonobftant cela par l’artifice de fes ennemis il eftoic tombé dans
les mauuaifes graces du Roy, iufques-là qu’on luy auoit ofté le Duché de
Bar qui eft fon heritage & fon patrimoine; qu’à prefent qu’il en a demandé
la reftitution, on luy a fait une refponfe qui ne se femble pas raifonnable;
fçauoir que le Roy cftoit mineur, que par les Loix il ne pouuoit tranfiger,
& qu'il falloit attendre qu'il euft l’âge legitime, & qu'il euft pris le Gouuer-
nement de fon Royaume: qu'il demande donc à prefent que l’on luy baille
par prouifion une penfon. ( |
Il leur fut refpondu qu’à prefent ils traitoient aux Eftats du general
du Royaume; que quand l’on en viendroic au particulier, ils auroient efgard
à la demande du Duc de Lorraine.
Les mefmes circonftances font plus amplement déduites dans
l'Hiftoire des Eftats efcrite par Iean Maflelin Official de Roüen
l'un des députez, en ces termes.
V ENERVNT etiam & Duce Lotharingie Nuncii, qui docerent Statusm Le-
gatos quibus offciis, quibufque rebus memoratus Princeps Reçem Regnum-
que profécutus fit. Is enim infefiffimum Ludouici Regis hoflem Ducem Burçus-
dis Carolum dbellavit , cum fuarum guidem rerum vitaque periculo, hoc fils
quidem eo iwcundius atque gloriofius contigiffe ratus, quod tam latam vicforiam
zon fibi modo prodeffe, verum ctiam Regno gloris GC honori fore credebat, Cr
quam fémper magis Reg potentie quam fus viribus aftripfit. In eo quoque pre-
lio quo dilfus Carolus occubuit, plures Burgundis Magnates captisati fuere, magrà
profeifo rationibus redimendi , inter quos naturalw dicfi Caroli frater, quem
magnum baflardum dicunt, comprehenfus, [ua pro redemptione Burgundie Comi-
tatum tradere promittebat. Verum Regi volenti atque petenti gratis ab ipfo Duce
cum aliy dimif]us eff, fémper enim Dominus fupplicans co erga Regem anima fuir,
ut cupierit quam maximè © res ci facere gratas, C* cius parere imperiw , uipote
Le Duc de Quod ei fanguine pr os effet , + ob aliquas terras etiam fubicétus. Nes
ES SN fruffra quidem , [6 fuiffet Duci poteffas , Rex ab eo maiora aut fortiora poffulaffet.
1er du Roy. É ; Re : : :
Et quamsw ob tanta officia Je crederet optimè de Rege meritum, € .fibi gratifica-
rl
— _——__—…——— , =
£ ———
DV ROY CHARLES VIII 425
ri debere, inimicorum tamen fuorum maledicentia atque fatfione, Reers non [olum
gratia aucrfa eff, verëm ctiam ira concitata. Qua profecfo non faté fuit nihil
profuifle benè merenti, [f non in perfons rerumque [usrum rocumentum odium f-
que procederet ; Barri ff quidem Ducatus ei ereptus eff, C* Prouincia occapata,
fes quidem vers CG indubitate hereditates, quarum reffitutio Jepius © bumi-
liter petita, femper dencgata fuit , exigui tamen vigors quafito titulo. Et quan-
quam ab hoffibus Regis crebro follicitaretur, ut [e illis fœdere iungeret, G arm
tentaret res vendicare Juas, non tamen VRqHAMN induci aut moseri potuit, quo m4 -
gus caritatem officiumque [uur erça Regem illibatum féruaret. Poff obitum 4s-
tem Regis Ludouici, buc coram Rege atque Confilio perorauit, rogauitque aut [145
fibi poffeffiones reflitui , aut fi quid iuri Rex in es pratenderet, quaffionem
breuiter Iurifperitorum terminari sudicio, proborum quidem © ad banc rem fPe-
cialiter eleéforum. Verum fibi non rectè nec legaliter refhonfam aut prouifum ar-
bitratur : cum omni pace dicfum fit. Aiunt enim Regem in minoribus agere , nec
per legem pole tranfigere, vel pacifti, G imo expeitare conueniat, quo vfque per
atatem legitimam Regni regimen affumpferit : interim vcro Domino fupplicanti
Japer Prouincie redditibus annus dabitur penfio. Vos teflatur omnes quod bac fibi
faifa refhonfio nec aqua eff, nec admittenda , G* fe per eam iuris [ui iaéturam
magnam fuffinere: cui profecto refellende multa fuffraçgantur multaque fupplican-
tem inuant , fed que nunc amplè dicere neceffariwm non cff que alias integrè co-
pioftque deducentur. AJF quoniam vos [tit ob id a Rege Vocatos , Ut veflris ordi-
nationibus atque confilis res Regni meliores C emendatiores fiant, in magnam
fPem hic clariffimus Princeps adducitur ui quam petit iuffiffime rei confequendi
cfeitum. Orat igitur omnes atque precaïur, quatenus sveffra ope liceat huius
ŒQuaflionés Iudicium non differri, quod omni tempore, inquit lfalmiffa , fieri
debes. Et ob eam rem non folèm Regi Regnoque. magis officiofus erit, verum hoc
veffrum confultum G: nobile corpus, vofque fingulos [emper amabit, laudabit, bo-
noribufque profequetur. |
His ficut & als refponfum eft. Nenc nos generalia tracfare , aff vbi de
particularibus agetur, Domini Ducis caufam in primis commendatam habituros,tum'
ob claritadinem fanguinis , quo [atus eff, tum ob cius dignitatem, ffrenuitatem, €
merita. Et enfuite. Cancellario G Dominx Confilii profetis ex Aula [oli re-
manfimus , vbi primèm declarata eff C* nuntiata Congregatio poff meridiem f#-
tura. * Dchinc quoniam Dominus Dux Lotharingie iam ter Nuntios ad Status mi-
férat. Primüm, #t faum de Provincia ius per nos Regi commendaretur. Secun-
dd, cm erat in manibus Recÿ Confilÿ negotium , fuimus à [ho Oratore perfuafi
de fua claritudine fançuinss, deque [ua virtute, C meritis, quatenus inter Con-
Jules cum Regÿ Sanguins viri in ipfo poffet adeffe Confilio. Tertid, paulo antes
quam Supplicationum 4 nobis commendationes Regi five Principibus fierent, in-
quiens non effe tunc iuri fuo commendatione opus, quod breuem trafum GC finem
alia via conféqui fperabat, offerebat nihilominus omnem flatibus preffare fauorem,
quod intellexerat cos fibi deditiffimos fuiffe. Ido ut illi baberentur gratie, G* di-
ceremus nos ci femper obfequi paratos, ac noffra commendaremus confilia, Reique
puvlice flatum , nofler Prafidens G quidam alii ad cum miff funt. Hi vero in
huius Congreçationis exitu narrauerunt fe memorato Duci res predicfas deduxiffe,
C fibi tunc ab co fuiffe refponfum, Nullam à Statibus fibi debcri gratiam , ur pote
qui nibil ei inféruiffet, verim cam Statibus, quorum im operam GC: beneficium
fenferat fe referre oporteret. Et ideo prater gratias à Juis Nuntiss habitas nunc
etiam per Je; ipfe G* copiofius agit. Qui ad oblatum per nos obfequium fperabam,
snquit, st ante mcum a Curia difceffum mca de Prouincia Qu«ffio aut finem ca-
peret, aut faltem certum aliquem ffatum. Verum non ita eucnit , quoniam nunc
agor magnis C* urgentibus caulis in Lotharirgiam proficifci , lite adhuc intaifa.
Praterea V0s or, ficut © alias oraui, infliffimas buius caufe mes partes commen-
dites Regis Maieffati facite. De Reipublice vero ffatu quem optatis mibi commen-
nl
1 4 8 4.
Le Duc de
Lorraine de.
mande d'effre
du Confeil du
Rey.
416 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1 4 8 A. dari, volo fciant omnes natione pariter CG animo me fémper Francigenam faille
co Ducde profefum. Nec falso quidem, quoniam inde natinitatis locus Andegauis eff. Nec eff
0 \ L) \ L] . :
Lorraine né à opus memorare labores, qu0s alias Regis bené placito, non fine Gallie € Gallice
ADgers,
quidem Reipublice fructu, fuflinui. Regem quoque modernum santa reuerentis co-
Lo ,tanta caritate, imo veriss %elotypia diligo, amplexor, nt credam maritum
non magis uxorem amare fuam. Et ff quis cé aducrfêtur , vel Regnum infcffet,
feram quidem auxilinm cum mille virorum exeriitu ; C fi opus haber, mMaiores
etiam ducfabo copias. Pofiquam dixit, Gratis rurfus inquiwnt 4 nobis aife funt,
G fes lité commendande promiffio faifa. Nofler tum Prafidens bis expolitw,
quafivit fi noffer Orator , qui proxima Oratione loquetur, Regi Principibufque pre-
fatam caufam collandaret. Sed vifum eff atque conclufum , quod CH) HUNC Çra-
sem materiam G° totius penè conuentionis preciphum C magis intentum finem
tracfemus , non cxpedit ill; quicquam immifcere ; verwm id poffea per opportunits-
tem facere licebit, hoc etiam roborante ipfius Principis difieffu. Res igitur #[-
que ad diem Reg profefionis dilata eff.
Sur le pounoir des Eflats.
Il L y eut de grandes difputes fur le pouuoir des Eftats pendant la mi-
norité du Roy. Les uns fouftenans que toute lauthorité refidoit en eux,
& qu'ils ne deuoient point ufer de prieres & de fupplications, mais de
commandemens & ordonnances , au moins jufques à ce que le Confeil qui
deuoit eftre nommé par les Eftats fuft eftabli. D’autres difoient que de
droit la difpofition de PEftac & 1e Gouuernement du Royaume apparte-
noient aux Princes du Sang comme tuteurs legitimes, & qu’à la rigueur
le confentement des Eftats n’y eftoit requis que pour la levée des impo-
fitions. |
Ils refolurent que le Roy eftant proche de puberté & de tres-bon efprit,
tout fe deuoit faire fous fon nom & commandement; que dans les Lettres
de juftice & de grace qui feroient accordées il parleroic luy-mefme; &
qu'ils n’entendoient pas neantmoins qu’il puft donner ny conclure chofe
importante fans la plus grande & meilleure partie du Confeil.
Le Chancelier leur expliquant là-deflus les volontez du Roy, leur die,
Rex juxta ‘ueffrus deliberationes probat, @ confirmat G: nunc erigit & cohffituis
fusm certum C7 indubitatum Confilium, volens nihilominus probos viros ficut pe-
tiiflés ex corpore flatuum reliquis Confiliis aggregari. Cui quidem Confilio vult
intelligit datam fore poteflatem ffatuendi G* pracipiendi quecumque ad Reipublice
stilitatem viderint expedire, [eruata tamen [emper ci iubendi C [no nomine cunca
faciendi dignirate. Demum in reliquis materiis ex veffro cœts folertes C* experti
viri famentur qui cum prafato Confilio prouideant atque commodum G* falubrem
finem imponant.
Touchant la mort du Comte d’ Armagnac @ de [a femme.
E Roy eftanc afflemblé auec les Eftats, Charles d'Armagnac fe jeta
L à fes pieds, & demanda permiflion de parler: ce qui luy fut accordé.
Vn Aduocat parla pour luy, & reprefenta au Roy le mauuais traitement qui
auoit eftc fait à la maifon d'Armagnac; que le Frere du Suppliant, qui eftoit
Comte d’Armagnac auoit efté faufflement .accufe deuant le Roy ; que le
Comte de Dampmaïtin auoit efté auec une armée dans l’Armagnac, &
auoit contraint le Comte d’Armagnac de fe renfermer dans Lairoure, &
luy ayant demandé permiflion d’enuoyer vers le Roy pour fe juftifier, il la
luy auoit defniée; que pour cela il s’eftoit rangé du parti d’Efpagne; que
£out fon pays auoit efté rauagé par le Comte de Dampmartin , lequel auoit
= RS 8 et ee M
DV ROY CHARLES. VIIL 417 —
emporté tout ce qu'il auoit trouué tant és Eglifes qu'ailleurs; que s’eftanc 1 4 8 4.
retiré en Efpagne, il ne put obtenir du Roy aucun pardon, ny rentrer dans
fon Comté qu’en prenant Lettres d’abolition & de grace par.efcrit, com-
me conuaincu de perfidie ; qu'il auoit demandé d’eftre iugé par la Cour dt
Parlement, à quoy l'on n’auoit voulu auoir aucun efgard: ce que voyant il :
auoit cfté par le monde miferable & fans aucun fecours. Enfin pouflé par
le defefpoir, refolu de rentrer dans fon bien, & voyant que les fiens luy
endoient les bras, il feroit entré par furprife dans Laitoure, d’où il chaffa
La garnifon.du Roy fans luy faire aucun mal. Peu aprés une grande armée
le vint aflicger dans Laitoure, ruina tout fon pays; & encore qu’il fuft bien
fort dans la ville, & que rien ne luy manquaft, il fut confeillé de traitter
auec le Lieutenant du Roy, & il fuc conuenu qu'il fe retireroit, luy, fa fem-
me, fa famille & fes biens hors du Royaume, fans jamais y retourner. Les
gens de Guerre entrerent auili-toft dans la Ville, & am A qu'il mettoit.
fes affaires en ordre, pour fe retirer le lendemain de la capitulation, Roberr
de Balzac neueu du Comte de Dampmartin, Guillaume de Montfaucon, Pierre
le Gorgias Archer, & autres, vinrent au logis du Comte d’Armagnac, & le
trouuerent dans une chambre auec fa femme. Lors de Montfaucon dit à
PArcher qu'il euft à faire ce qu’il deuoit & aufli-toft il tua le Comte d’Ar-
magnac de plufieurs coups en prefence de fa femme. Aprés cela il fit de
grandes violences aux femmes qui eftoient dans la maifon, puis ils mene-
rent la Dame d’Armagnac * la veuue en un Chafteau à trois lieuës de Lai- * Elle efois
toure, Elle eftoit prefte d’accoucher. Le Seigneur de Caffelnan , Oliuier le nets
Roux Secretaire du Roy, & autres, entrerent en la Chambre où eftoit cette
Dame. Ils auoient mené un Apotiquaire auec eux. Ils firent prendre à cette
Dame & par force un breuuage, & deux iours aprés elle & fon part mou-
rurent. Le ficur d'Armagnac Suppliant, frere du deffunt, qui.eftoit en l’une
de fes maifons, fut pris & mené lié à Paris, & mis en prifon, où ilaefté
quatorze ans maltraité de toutes manicres. Il a efté changé en diuerfes
EE & enfin mis à la Baftille entre les mains de Philippes Lhuillier,
omme tres-cruel, Capitaine d’icelle. Là il fut mis en une baffe foffe pleine
d'eau,& ne fut nourry que de pain & d’eau. L'on luy arracha les dents, &
fut fouuent fouetré jufques au fang : enfin il fut déliuré plus prés de la
mort que de la vie fans aucun bien, & luy fut feulement ordonné quel-
que peu d’argent pour fon viure. Et pour chaftier ceux qui ont commis
ant de cruautez, le Comte d’Armagnac a prié le Roy de lc renuoyer au
Parlement, & qu'il luy plaife luy faire refticuer fon bien. |
Le Chancelier en ayant demandé aduis au Roy & aux Princes, prononça
qu'il feroit fait juftice au Comte d’Armagnac, & aux enfans de Nemours,
ui s’eftoient adreflez aux Eftats; & pour plus grande connoiffance de l’af-
faire, elle fut renuoyée au Confeil du Roy.
Comme le Roy fortoit, le Comte de Dampmartin dit tout haut que ce
qui auoit efté fait au Comte d’Armagnac auoit efté bien fait, ayant eftc
traiftre au Roy. Le fieur de Comminges & autres amis d’Armagnac dirent
que le Comte de Dampmartin en auoit menti par fa gorge, & les efpées
rent tirées, & y cuft eu du mal fans la prefence du Roy qui l’empefcha.
- Sur l'execution du Traité d'Arras; 60° touchant le Comte de Romont,
©r le fieur de Crouy.
Es peuples de Flandres & de Brabant fuiets de Philippe & de Maxi-
L milian leurs Ducs demanderent aux Eftats que le Traité de paix der-
nier fait fuft execurc ; qu’ils auoient charge d’en faire demande, primo au
Roy, puis aux Eftats, & aufli de faire inftance que le Comte ss Marle &
HHkh :i]
t
418 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
autres terres fuflent reftituées au Comte de Romont *oncle du Roy; ces
/ e
us fa femme: & aufli que le Comte de Porcian,
uës au fieur de Crouy.
1484.
* Jacques de terres luy cftoienc venués
Sameye:9%14- Croy & Ranty fuflent ren
e.
soit efpou[e
Marie fille de | | Ne |
Pierre de Lu- 37 L fembleroit neceffaire d’inferer en cet endroit la relation du Sacre &
xembourg Couronnement du Roy Charles VIII. puis qu'il fait vne des principales.
Comte de : . : !
Saint Paul. aétions de fon ve M ru comme cette piece €ft PRE qu’elle fe
V. <y-2prés. crouue imprimée dans le premier volume du Ceremonial, l'on fe contente-
ra de dire à ce fuiet qu'il fut couronné à Reims le Dimanche 30. May 1484:
par l’Archeuefque Pierre de Laual, le Roy eftant lors âge de prés de qua-
corze ans. Cinq Princes du Sang , auec le Comte de Brefle Philippes de
Sauoye y reprefenterent les fix anciens Pairs feculiers ; le Marefchal de
Gié de la Maifon de Rohan y porta l'efpée au lieu du Conncftable; & cette
ceremonie fe fit auec toute la magnificence poflible, & en prefence d’vne
tres-grande quantité de perfonnes de toutes qualitez. Ce que le Leéteur
pourra voir, s’il veut recourir à la leéture de la Relation inferée dans le
Ceremonial, laquelle eft extraite d’un manufcrit tres-fidelle, & qui a pour
titre: Cy-aprés s'enfuit la venué du Roy Charles VIII. de ce Now à Reims, pour
receuoir fon faint Sacre G* Couronnement, C les chofes qui y furent faites; enfim-
ble le md du faint Sacre G Couronnement des Roys de France. |
Il eft bon d’obferuer pour la conciliation des dattes qui femblent auoir
quelque contradiétion , que par le premier article du cahier prefenté au
Roy lors des Eftats de Tours, le Roy eft fupplié de fe faire facrer & cou
ronner auec le plus de diligence qu'il fe pourra , & que ces Eftats fonc
Mezeray dit communément mis en 1484. au mois de luiller, ce qui femble oppofé à ce
que c'en qui vient d'eftre dit touchant le Sacre & Couronnement du Roy Char-
mie # lan- les VIII. qui fut fait le 30. May de la mefme année, trois mois aupara.
485 4. » , . , .
ne les Eflars uant les Eftats de Tours. L'on ne peut accorder cette difference qu’en di-
AA “m- fanc que les Hiftoriens contemporains ne conuiennent pas entre eux du
mais ins temps que ces Eftats ont efté tenus. La plufpart des manufcrits que l’on
pas pris garde en a, difent que c’eft en 1484. Du Tillec les a fuiuis; mais Philippes de
a Commines les met en 1483. fans en remarquer plus particulierement le
lers qu'à Pa. MOis ny le jour. Ce que l’on peut dire eft que le jour du Sacre & Couron-
ques, nement du Roy eft certain non feulement par la Relation manufcrite im-
primce dans le Ceremonial, mais encore par la piece fuiuante, laquelle en
fait mention, & qui eft dattée à Reims au mois de May: 484, Ainf l'erreur,
s'il yena,n’eft pas autemps du Sacre du Roy, mais à celuy des Eftats te-
nus à Tours dont l’on ne conuient pas precifement ; fi ce n’eft que pour
Concilier ces dattes on ne veuïlle croire que le cahier ou remonftrance des
Eftats eftanc dreflé auant que le Sacre du Roy ait efté fait, il a efté pre-
fenté fans reformer l’article par lequel les Eftats fupplient le Roy de le
faire auec le plus de diligence qu’il fe pourra.
Vnion faite par le Roy Charles VIII. de la Baronnie de Mondoubleau
an Comté de Vendofme ; exemption de l'hommage € obcïflanæ des
Duché d'Anion 9 Comté du Maine; C9' prinilege à l'heritier prin-
cipal de la Maïfon de Vtndofme, de n'eftre fuiet au droit de bail pen-
dant [a minorité.
# Reims le |
pr 7 HarLeEs par la grace de Dieu Roy de France. Sçauoir faifons à tous
| y) prefens & à venir, Nous auoir receu le iour de noftre Sacre & Cou-
ronnement l’humble fupplication de noître tres-cher & amé coufin Fran-
çois de Bourbon, Comte de Vendofme, Seigneur & Baron de Mondou-
DV ROY CHARLES VIII. 419
bleau , contenant que ledit Comté eft tenu de: Nous à foy & hommaige, à
caufe de noftre Duché d’Aniou, & ladite Baronnie de Mondoubleau,
à caufe de noftre Comté du Maine, par la couftume defquels .Du-
ché d’Aniou, & Comté du Maine, quand aucun homme ou femme
noble vont de vie à trefpas , & laiflent leurs enfans mineurs , & en bas
âge , lefdits enfans font tenus en bail, & prennent à leur profit celuy ou
ceux aufquels par ladite couftume appartient iceluy bai, tous les fruits
& reuenus des heritages defdits mineurs, pendant & durant leur mi-
norité, & aufli tous les meubles demeurez dés le decez des predecef-
feurs defdits mineurs. Parquoy quand lefdits mineurs viennent en âge, &
hors de bail, ils ne fe trouvent aucuns meubles, & ne tourne la perte &
- le dommaige defdits mineurs fur ce à aucun profit & vrilité de {a chofe
publique, mais au profit particulier de perfonnes priuces, qui n’ont eu
DT labeur & peine de acquerir lefdics biens. Et eft aduenu fouvente-
ois que les grandes & riches Maifons defdits Duché & Comté :en
ent efté fort diminuées, & lefdits mineurs combez en grande neceñlite, &
mefmement la Maifon de noftredit coufin fuppliant, qui puis nagueres a
efté en bail, apres le crefpas de feu noftre coufin le Comte de Vendofme fon
pere. Et pareillement ont efté fondit pere, & autres fes predecefleurs en
bail, & au moyen de ce priuez & fpoliez de tous meubles, & des fruits &
reuenus de leurs Terres & Scigneuries, dont tres-grand: domimaige eft
aduenu à ladite Maifon , laquelle en à fouffert & fouffre de prefent de
grandes neceflirez, & eft en voyc d’encore plus faire , ainfi que noftre-
dic coufin nous a dit & remonftre , en nous humblement requerant pour
l'honneur & folemnifation de noftredit Sacre & Couronnement , que at-
tendu que ladite .couftume eft de foy totalement: defrogeante & contraire
à cout droit & équité, & de tres-mauuaife & perilleufe confequence, ainfi
qu'il eft afez évident, & notoire, il Nous plaife icelle fupprimer & abolir
à toufours pour le bien & entrertenement de ladite Maifon de Vendof.
me, & obvier pour l’aduenir aufdits maux & ‘inconuenicns, Et pour rele-
ver noftredit coufin & fes fuccefleurs des-peines & crauail qu'ils pour.
roient avoir cy-aprés de faire deux hommaiges en diuers lieux, pour rai-
fon defdits Comtez de Vendofme, & Baronnie de Mondoubleau, lef-
quelles font ioignans & enclauées l’vne dedans l’autre, il Nous plaife dif-
traire & feparer lefdits Comté de Vendofme, & Baronnie de Mondou-
bleau, & leurs appartenances, & les exempter defdits hommaiges, & obéif:
fance de nofdits Duché d’Aniou & Comté du Maine, pour eftre vnis
enfemble, & les tenir de Nous & nos fuccefleurs Roys de France à touf:
ours, & fans moyen aucun, à vne feule foy & hommaige, à caufe de nof:
tre Couronne, & fur ce luy impartir noftre liberalite, & grace. Pour-
uoy nous inclinans fauorablement à la fupplication & requefte de noftre.
dit coufin , laquelle nous auons fait voir & vifiter bien au long par les
gens de noftre Confeil; pour confideration de la proximité du lignaige en
quoy il nous attient , & aufli des grands , loüables , profitables & re-
commandables fervices que fefdits predecefleurs Comtes de Vendof-
me ont par long-temps faits à nofdits predecefleurs Rois, & .à la Mai-
fon de France, en diuerfes manieres , & que noftredir coufin nous
a ja faits depuis noîftre aduenement à la Couronne, à l’entour de noftre
perfonne, & auili en faueur de noftre Sacre & Couronnemenit, auquel
il nous a aflifté & ferui, pour vn des Pairs de noftredit Royaume, &
continué chacun jour en noftredit feruice, en grand foin, cure & dili-
gence, à la conduite & ‘direétion des plus grandes affaires de noftredie
Royaume, & cfperons que plus fera cy-apres ; voulans enuers luy recon-
noiftre lefdics feruices, qui font dignes de grande recommandation, &
Hh ii
1 48 4e
Lo
430. OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
1 4 8 4. fauorifer, efleuer, augmenter, & accroiftre en honneurs, dignitez & pre-
rogatives ladite Maifon de Vendofme, pour le bien & entretenement d'i-
celle, & la relever & les Seigneurs d’icelle de toutes charges, dommaiges
& inconueniens à noftre pouvoir , ainfi que bien connoiflons que raifon-
nablement faire le devons : pour ces caufes & confiderations & autres
iuftes & raifonnables à ce nous mouuans, avons par l'advis & delibera_
tion des Princes & Seigneurs de noftre fang & lignaige, & gens de nof—
tre Confeil pour ce aflemblez en grand nombre, lefdits Comté de Ven-
dofme & Baronnie de Mondoubleau, qui par cy-devant eftoient tenuës
de Nous à deux hommaiges, comme dit eft, de grace fpeciale, pleine puif=
fance & autorité Royale , iointes , vnies & incorporées, joignons, vnif-
fons & incorporons infeparablement, & à vn feul hommage, pour eftre
dorefnauant enfemblement dites, cenfées, & reputées vn feul corps de
Comté, nommé & appellé le Comté de Vendofmois, & cenu de Nous &
de noftre Couronne à vne feule foy & hommaige, que noftredit coufin, &
fes fuccefleurs Comtes de Vendofmois Nous feront tenus faire à chacune
muance de Seigneur & vaflal, quand le cas y efcherra, fans ce que par.
partages, sg , ne autrement ils puiflent eftre feparez d’enfemble, ne
qu’ils puiflent eftre aucunement tenus à foy & hommaige de nofdits Duché
d'Aniou, & Comté du Maine, defquels & de chacun d’iceux Nous les
avons, en faveur de noftredit coufin, difioints, eximez, & feparez, difioi-
nons, eximons & fcparons à toufourfmais perpetuellement; & lefdits
By & hommaige à nous deus defdits Comte de Vendofme & Baronnie
de Mondoubleau d'ancienneté, comme dit eft, à caufe defdits Duché
d'Aniou & Comté du Maine , avons fupprimez & abolis , fupprimons &
aboliflons par cefdites prefentes. Et s’il aduenoit que au temps à venir
lefdits Duché d’Anjou & Comté du Maine, ou l’un d’iceux fuflent mis
hors de nos mains, & de la Couronne de France, &baillé en autres mains,
foit pin des enfans de France, appanages, engagemens, ou autre-
ment, à quelque perfonne que ce foit , les Ducs & Comtes d’iceux, ne
l’vn d'eux, ne pourront aucune chofe reclamer, quereller ne demander éf-
dits Comté de Vendofme, ne Baronnie de Mondoubleau, ainfi ioints &
vnis que dit eft, ne en l’vn'd’iceux, ne leurs appartenances , par droit de
hommaige, ne par defaut de foy & hommaige, ne autres droits & devoirs
Seigneuriaux à eux non faits & non payez, les prendre ,arrefter, ou empef-
cher, ores, ne pour le temps aduenir, pour quelque caufe, couleur & oc-
cafion que ce foit. Et de noftre plus ample grace avons donné & oëtroyé,
donnons & oétroyons par ces Prefentes priuilege fpecial à noftredit cou-
fin fuppliant, & à fefdics fucceffleurs Comtes de Vendofmois, que doref-
nauant toutesfois qu’il efcherra que l’heritier principal de ladite Maifon de
Vendofmois parviendra & demeurera en minorité & en bas âge, iceluy
mineur aura & prendra tous les meubles de fes predecefleurs, & tous les
fruits & reuenus de fes heritages , cout ainfi qu'il feroit, s’il n’eftoit mi-
neur, fans ce que aucuns au moyen & fous ombre dudit bail & couftume.
d'Anjou, ou autrement, en puifle aucune chofe prendre ou appliquer à leur.
profit. Ainçois fera iceluy heritier & autres nu mineurs de ladite Mai-
fon gouuerné fous tutele, & curarele , aufquels, ou à leurs heritiers, les
tuteurs & curateurs feront tenus rendre compte & reliqua de leurs biens,
eux venus en âge legitime , nonobftanc ladice couftume defdits païs
d'Aniou, du Maine, & de Vendofmois, laquelle nous auons par l’aduis
qu deffus de nofdites grace & autorité, & pour confideration des chofes
euant dites, en tant que touche noftredit coufin & fes fucceffeurs, abo-
lie, fupprimée & annullée, aboliflons , fupprimons & annullons, & met-
tons à ncant par ces mefmes prefences. Si donnons en mandement à nos
- d
DV ROY CHARLES VIII. 431 ——
amez & feaux Confeillers les gens ténans & qui tiendront noîftre Parle. 4 8 4
ment, gens de nos Comptes, & Treforiers à Paris, Scnefchaux & luges
d’Aniou & du Maine, & à tous nos autres lufticiers, ou à leurs Lieute-
nans prefens & à venir, & à chacun d'eux, fi comme à luy appartiendra,
que de nos prefens, grace, vnion, don, ceflion , fuppreffion, abolition, exem-
ption, & adnullation , & de touc le contenu en ces Prefentes, ils faffent,
fouffrent, & laiffent noftredit coufin fupplianc, & fes fuccefleurs Comtes
de Vendofmois ; Seigneurs de Mondoubleau, iouït & vfer pleinement &
paiñblement, fans foufftir aucun empefchement leur eftre fait, mis ou don-
né au contraire. Et en rapportant ces dites Prefentes fignées de noftre main,
ou vidimus d’icelles fait fous feel Royal pour une fois, & reconnoiffance de
noftredit coufin , ou de fes fuccefleurs tant feulement, Nous voulons les
Receueurs ordinaires d’Aniou & du Maine en eftre perpetuellement tenus
quittes & defchargez par nofdits gens des Comptes, aufquels nous man-
dons derechef ainfi le faire, fans aucune difficulté , nonobftanr comme
deffus les Ordonnances & reuocations par Nous faites & à faire touchant
la difionétion de noftre Domaine, & autres quelconques reftriétions, man-
demens, ou défenfes à ce contraires. Et afin que ce foit chofe ferme &
ftable à coufiours, Nous auons fair mettre & appofer noftre fcel à cefdires
Prefentes, fauf en autres chofes noftre droit, & l’autruy en toutes, Don-
né à KRheims au mois de May, l’an de Grace mil quatre cents quatre-
vingts-quatre , & de noftre Regne , le premier. Sic fignatum fub pli-
ca, CHARLES. Et /upra plicam, Par le Roy en fon Confeil, où Meflieurs
les Ducs d’Orleans, & d'Alençon , les Comtés de Clermont & de Du-
nois, vous *, les Euefques d’Alby, de Perigueux & de Lombez, les fieurs *re Chancs-
de Richebourg , de Baudricourt, & d’Argenton, Maiftres Simon Dauy, l#r. |
Guillaume Dauuer, Pierre de Sacierges, & Charles de Potos, Maiftres
des Requeftes, & autres prefens. Primaudaye. Vifa. Contentor. du Ban.
Lecfa , publicata, G* regiffrata Parifius in Parlamento, penultima die Decembr,
s0n0 Domini millefimo quadringentefimo oéfuagefimo quinto. Chartelier.
Lettres de fhrannation [ur les Lettres cy-deffus.
Lo par la grace de Dieu Roy de France: A nos amez & feaux 4 onteams 1.
Confeillers tenans.& qui tiendront noftre Cour de Parlement, gens Seprembre
de nos Compres, & Treforiers, Senefchaux & luges d’Aniou,& du Mai- *°*
ne, & à tous nos autres Jufticiers, où à leurs Lieutenans, faluc & dileétion.
Pource que nos autres Lettres patentes en forme de Chartre, aufquelles
ces Prefentes font atrachées fous le contrefcel de noftre Chancelerie, par
Nous oétroyces à noftre tres-cher & tres-amé coufin le Comte de Vendof-
me fonc furannées, vous pourriez faire difficulté de proceder à la publica-
tion, verification & te Se d’icelles, Parquoy elles luy feroient illufoi-
tes, & de nul cffet. Nous memoratifs de l’oétroy par Nous fait à noftredie
coufin de nofdites Lettres, & des caufes iuftes & raifonnables qui nous
meurent à les luy oétroyér, voulant par ce, qu'elles fortiflenc leur plein & .
entier effet, vous mandons, commandons, & expreflement enioignons, &
à chacun de vous endroit foy, & comme à luy appartiendra, que vous pro-
cediez à la publication, enterincement & verification de nofdites Let-
tres cy-attachées; & du contenu en icelles faites, fouffrez, & laiflcz noftre-
dit coufin iouyr & vfer pleinement & paiñblement tout ainfi que eufliez
fait & peu faire, & que feriez & faire pourriez fi elles vous euflent efté
prefentées dedans lan & jour de la datte d’icelles : Car cel noftre plaifir,
nonobftant que nofdites Lettres foient furannées , que ne luy voulons
nuire, ne preiudicier en aucune maniere, mais en tant que meftier cft, ou
NN
—— 43, OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
1 4 8 4. feroit, l'en auons releué & releuons par ces Prefentes, & quelconques au-
tres ordonnances, reftriétions, mandemens, ou deffenfes à ce contraires.
Doxxe' à Orleans, le quinziefme iour de Septembre, l’an de grace mil
quatre cens quatre-vingts & cinq, & de noftre Regne le croificfme. Sic
fignatum, Pax le Roy, Mcflieurs les Ducs d'Alençon & de Lorraine, le
Bailly de Meaux, & autres prelens. Primawdaye.
Extrait d'vn Liure intitulé, De Republica Heluetiorum, par Simlerus,
dans lequel il traite des alliances des Roys de France
auec les Suifes.
ORRO flius Ludowici Carolus VIII. anno 148 4. paternum fœdus cum
| Heluetiis renouauit G* corum milite vfus eff bello quo Franciftum citerioris
Britannis Ducem vicit, potiffimum vero bello Neapolitano fortem € fiaclem ope-
ram militis Heluetÿ multis in loc expertus off.
a AS 4.
Extrait d'un manufcript intitulé, La premiere Alliance des Suifes
auec la France, en laquellele Roy Charles VIII. les recoit
en fon amitié perpetuelle.
PRES le deceds du Roy Louys XI. les Suifles traiterent alliance de
paix, amitic, bonne vnion & intelligence auec le Roy Charles VIII.
tant pour eux que ee leurs hommes & fuiets, pour ne donner pañage,
ayde, fecours, ny faueur à leurs ennemis, reciproquement aller & venir,
& commercer librement és pays l’vn de l’autre, fans, parler du mutuel fe-
cours, ny que le Roy leur doiue payer aucune penfion gratuite : les Lettres
de ce données à Lucerne le quatriefme Aouft mil quatre cens quatre-
vingts-quatre , confirmées par Sa Maicfté à Vienne le vingt-quatriefme
Novembre enfuiuant. |
Neantmoins onze ans aprés, Kçauoir l’an 1495. autre alliance fut trai-
tée entre eux aux mefmes conditions portées par celles du Roy Louys XI.
horfmis que le fecours qu'ils promettent par cette-cy eft à leur bon plaifir
& volonte , & eft dit que le Roy ne pourra tirer leurs hommes à fa folde
fans leurs confentemens. |
Ce qui fi PZTIÉ an Parlement de Paris pour l'Entrée du Roy Charles VTIT.
| en 1484. au retour de [on Sacre.
Extrait des Regiftres du Parlement.
Da Lundy 28. luin 1484.
ss.luis1484, QYVR ce qu'il a efté mis en deliberation, à fçavoir en quel ordre iroiene
a n S les Procureur & Aduocars du Roy nofître Sire au-deuant d’iceluy Sei-
socats du Rey, SNeUt, quand il fera fa nouuelle Entrée en cette ville de Paris, pour ce
w’ils difoient qu'ils deuoient aller incontinent aprés Meffieurs de la Gran-
de Chambre , & auant Meflieurs de la Chambre des Enqueftes, ou chacun
d’eux auec l’vn des plus anciens Confeillers en ladite Chambre des En-
queftes ; lefdits Confeillers des Enqueftes difans le contraire. La Cour a
ordonné que lefdits Procureur & Aduocats du Roy iront en leur ordre;
c’eft à fçauoir aprés tous les Confeillers & Officiers de ladite Cour: & au
furplus, fur l’ordre qui fera tenu à aller au-deuant dudit Seigneur à fa nou-
N uelle Entréc, pour maintenant, & pour le temps aduenir, quand la Cour
ira comme Cour, a ordonné ce qui s'enfuit.
| C'eft
ST
DV ROY CHARLES VIII. 433
C'eft à fçauoir , que tous les Huifhiers d’icelle Cour partiront du Pa- 1 4 8 4e
lais en ordre deux à deux: & aprés qu’ils feronc en la rué, A. de la Croix,
G. Barbin, YŸ. Branhon , & H. Beauclerc demeureront deuant deux à
deux; Pompon , Paris, Macher , Bonnet demeureront pour garder le
rang des Confeillers, afin qu’ils ne paflent l’vn à l’autre, & files garde-
ront de prefle, & pour ce faire cheuaucheront loin l’vn de l’autre à cofté,
comme au long du ruifleau; & derriere demeurcront E. Bonnet, I. Soul-
lerte, N. Rouffelin, I. Guerreau, pour les garder de la prefle, & fe tien-
dront prés des Procureurs & Aduocats du Roy, pour faire venir aprés
eux les Procureurs tous en bel ordre. Aprés les Huifliers qui iront de-
uant, feront les quatre Notaires deux à deux, honneftement veftus , gar-
nis d’efcritoires & de chapperons fourrez. Aprés feront les Greffers des
Prefentations & Criminel enfemble , habillez & garnis comme deflus,
Aprés eux le Greffier Ciuil aucc fon Epitoge fourré. Aprés lequel fera le
premier Huiflier auec fon bonnet fourré & fa Verge en la main. Et aprés
feront Meflieurs les Prefidens deux à deux, veftus ; c’eft à fçauoir Mon-
fieur le Premier Prefident, de {on Manteau à lambeaux fur les efpaules
& amigaux, & vn chapeau rond de veloux noir bordé d'or ; & Meffieurs
les autres Prefidens, de leurs Manteaux, ayant un chacun d’eux des chap-
perons fourrez , & des chappeaux ronds de veloux. Et confequemment
feront aprés, les Confeillers deux à deux, vn Clerc & vn Lay, veftus hon-
neftement, & chacun en chapperon fourré, felon leur ordre & antiquité.
Et fubfequemment feront les Aduocats & Procureur du Roy, qui auront
deuant eux deux Huifiers , fi bon leur femble; & aprés eux feront les Ad-
uocats de la Cour deux à deux, felon leur antiquité, & aprés, les Procu-
reurs auffi deux à deux. Et eft ordonné que nul n'aura de feruiteur à che-
:ual, bien en pourra-t-on auoir deux à pied. Et défend la Cour à tous
que nul ne pafle fon ordre, & qu’on foit toufiours deux à deux jufques à
la Chappelle Saint Denis ; que l’on pañlera pardeuant le Roy, fans foy ap-
procher quand Monfieur le Prefident parlera, car tous pafleront proche
du Roy, & s’en retourneront jufques en l’Eglife Noftre- Dame de Paris:
& quand on fera de retour deuant le Paruis Noftre - Dame, chacun s'en
retournera par les ruelles , fans reuenir par où on fera pañlé, Et fera
deformais cét ordre gardé à routes Entrées des Roys & Reynes, &
autres Princes & Princefles quand le cas y efcherra; excepié qu'aux au-
tres Entrées que celles des Roys , on ne portera point Manteaux ne
Chapperons fourrez, ainfi qu'il eft vfité, s’il n’eft aduifé qu’à l’'Entrée des
Reynes faire fe doiuec,
Du Lundy cinq Zuille 148 4.
A ViovrD'Hvy s'eft affemblée la Cour au Palais entre vne & deux s. ruites
heures aprés midy, pour aller au deuant du Roy noftre Sire Char- ‘++
les VIII. lequel cedi iour faifoit fa noble Entrée en cette ville de Pa- ?* à
ris, Et eftoient Meflieurs, chacun felon fon eftat veftus; c’eft à fçauoir, ,# imprimée
Meflieurs les Prefidens chacun de Robes d’efcarlate, & de leurs Man- ésrss premier
| volume du
teaux, auec leurs Chapperons fourrez en formes, & les Chappeaux de ve- Cemeniel,
Joux noir deflus; & auoir Monfieur le Premier Prefident des lambeaux fur porte que certe
fon Manteau à trois bandes d’or garnies de coetices, & à fon Chappeau 7
| : ; d \ s'eft faite le
de veloux vne bordure d’or par haut ; & cous Meflieurs eftoient aufli vef- 8. Iuiles.
tus d’efcarlate, Sémblablement y eftoienc les Greffers, & deux des qua-
tre Secretaires du Roy, Notaires de la Cour , les autres deux Notaires
eftans abfens , pour ce qu'ils eftoient occupez autour de la perfonne du d
Roy noftre Sire. Iceux Confeillers, Greffiers & Secretaires, Notaires de
Jii
434 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
1 48 4. la Cour prefens , ayans aufli tous Chapperons fourrez; & le Greffier Ciuil
cftant veftu d’un Epitoge d’efcarlate, Et eft partic ladite Cour du Palais
pour aller au deuant dudit Seigneur , & a-t-on efte par le grand Pont des
Changes, & par la ruë Sainc Denis iufques à la Chappelle Saint Denis où
eftoit ledit Seigneur, en l’ordre qui s'enfuit, felon la Deliberation qui auoit
efté concluë le vingt- huitiefme Juin dernier. |
C’eft à fçauoir tous les Huifliers ayans chacun fa Verge en la main,
partirent les premiers du Palais ; & quand furent en la ruë, demeurerent
quatre defdits Huifliers qui eftoient commis à ce, ayans leur Verge pour
aller au deuant deux à deux. Aprés furent lefdirs deux Secretaires du Roy
Notaires en ladite Cour les premiers , eux deux enfemble veftus honnefte.
ment , ayans leurfdits Chapperons fourrez, & belles Efcritoires dorées à
leurs ceintures. Les Greffñers des Prefentations & Criminel enfemble
aprés lefdits Notaires, & le Greffer Ciuil feul veftu de fon Epitoge, com-
me diteft. Le Premier Huiflier aprés, ayant fon Bonnet fourré & fa Ver-
ge en la main. Meffieurs les Prefidens deux à deux confequemment, &
fubfequemment tous Meflieurs deux à deux, vn Clerc & vn Lay enfem-
ble en l’habit que defflus. Aprés eux cftoient deux Huifliers, & aprés eux
les Procureurs & Aduocats du Roy aufli veftus d’efcarlate , ayans leurs
Chapperons fourrez , car ainfi auoit-il efté ordonne. Et aprés eftoient les
Procureurs deux à deux; & cheuauchoient quatre autres Huifiers tout au
long, pour faire garder à chacun fon ordre & rang. Et en tenant ledit
ordre , fut ladite Cour iufques à ladite Chappelle Saint Denis, deuant
l'Hoftel où eftoit ledit Seigneur, lequel defcendit de fa Chambre iufques
à la porte pour voir ladite Cour. Lors defcendirent de cheual Mefficurs
les Prefidens, aucuns des plus anciens Confeillers, & ledit Greffier Ciuil:
& par mondit fieur le Premier Prefident fut dit audit Seigneur, que fa
Cour de Parlement luy eftoit venu faire la reuerence, & obeiffance tres-
ioyeufe de fon ioyeux aduenement, & que fes tres-humbles & tres-obeif=
fans fuiets les Gens de fon Parlement eftoient prefts d’expoler corps &
biens à fon feruice , ainfi que tenus y eftoient, en le fuppliant tres -hume
blement qu’il euft fa Cour en fa bonne recommandation & grace, |
Le Chancelier Et par Monfieur le Chancelier fut refpondu, de par ledit Seigneur, qu'i-
de art . à celuy Seigneur eftoit tres -ioyeux de larvenué de fadite Cour, & la voyoit
ls Cour de volontiers, difant que fi ladite Cour auoit bien fait le temps pañlé, qu’elle
Parlement. fift encore mieux à l’aduenir , & que ledit Seigneur l'auroit en fa bonne
grace & recommandation. À tant prit congé ladite Cour, & fe départit
en l’ordre deffufdic, & retourna par où elle cftoit venué iufques audit Pa-
lais , & ne fut iufques à Noftre - Dame pour la prefle des Gens & des che-
uaux qui eftoient par les ruës , car ceux de Meflieurs qui eftoient inuitez
au fouper du Roy n'euflent fceu retourner audit Palais, & par la Ville y
auoit de moult belles Hiftoires, jeux, & efbatemens. |
Et pource qu’on trouua en chemin le Preuoft de Paris, & ceux du Chaf-
tele, qui alloient faire la reuerence au Roy aprés ladite Cour , en entre-
prenant fur l’auchorité de ladite Cour, & dela Chambre des Comptes,
pource que ledit Preuoft deuoit aller auant eux, & immediatement aprés
la Ville faire la reuerence , plufieurs de Meflieurs l’en blafmerent, & fu
dit que prima die feroit aduifé de la reparation qu’il en feroit: de toutes
lefquelles chofes m'a efté commandé faire regiftre, (car on ne trouuoit en
nel ordre ladite Cour auoit accouffumé aller) pour garder ledit ordre quand
es y efcherra; lequel ordre a efté trouué moult beau, louable & imita-
ble. Aprés vint ledit Seigneur accompagné de plufieurs Ducs & Comtes
& Princes de fon Sang, Barons, Chevaliers, Efeuyers, fes Gentilshom-
mes & Archersbien parez de grands & riches joyaux, & alla en l'Eglife
pv ROY CHARLES VIIL 435$
de Paris faire fon Oraifon, modo confueto ; & d’illec retourna fouper au-
dit Palais. |
Du Mardy fixiême Zuillet 1484. an Refeétoir des Augaftins où effoiens
Meffeurs de la Cour nommez au Rergifire.
VR la requefte faite à la Cour par le Procureur General du Roy, di.
fant, que combien que de tout temps & ancienneté, quand les Roys
font leurs nouuelles Entrées en cette ville de Paris, ait toufiours efté gar-
dé vn ordre entre les Corps & Iurifdiétions de cette Ville, pour leur al-
ler au deuant, & faire la reucrence & obeïflance; & 2-t-on accouftumé al-
ler en l’ordre & maniere qui s'enfuit.
C'eft à fçauoir , le Preuoft des Marchands & Efcheuins auec les autres
de l’Hoftel de Ville les premiers. |
Lequel ordre a efté gardé à toutes Entrécs des Roys , Reynes, Dau-
phins & Dauphines, & autres Princes & Princeffes quand le cas s’y eft
offert, fans qu'aucune chofe ait efté faire au contraire. Ce nonobftant hier
à l'Entree nouuelle du Roy noîftre Sire , le Preuoft de Paris, fes Lieute-
pans, & autres du Chaftelet, qui ne peuuent pretendre ignorance dudit
1 4 8 4.
En telles von.
coutres, le pre
mier YADÇ €
Le moins heno-
roble.
ordre , peruertirent iceluy en non gardant l'honneur qui appartient au.
Roy noftredit Seigneur ; & pour ce a requis ledit Procureur du Roy à la-
dite Cour qu’elle y pourueuft. Sur quoy, la matiere mife en déliberation,
la Cour a ordonné & ordonne, que par Iean Delinrea premier Huiflier, le
Preuoft de Paris, fes Lieutenans Ciuil & Criminel, & aufli les Procureur
& Aduocats du Roy audit Chafñtelet, feront adiournez à comparoir en
perfonne en ladite Cour au premier iour plaidoyable, pour refpondre au
Procureur General du Roy comme il appartiendra, |
Du ILendy buitiefme Juillet 1484.
hr ce que par Ordonnance de la Cour Mardy dernier faite, & pour.
ce que le Preuoft de Paris & autres du Chaftelet auoient efté apres la
Cour pour faire la reuerence au Roy noftre Sire'à fa nouuelle Entrée en
cette ville de Paris, en peruertiflant l’ordre qui de tout temps a accouftu-
mé eftre gardé aux Entrées des Roys, Reynes, Dauphins, & autres Prin-
ces & Princefles, & en attribuant par ledit Preuoft, & lefdits du Chafîte-
let à eux l'honneur qui appartient au Roy & à ladite Cour , ledit Preuoft
de Paris, fes Lieutenans Ciuil & Criminel, les Procureur & Aduocats du-
dit Seigneur audit Chaftelec auroient efté adiournez à comparoir en per-
fonnce en ladite Cour au premier iour plaidoyable , pour refpondre au Pro.
cureur General du Roy, & proceder outre comme il appartiendroit. Au-
iourd’huy font comparus perfonnellement ledit Preuoft de Paris, fes Lieu-
cenans Ciuil & Criminel, & lefdits Procureur & Aduocats dudit Seigneur
audit Chafteler; & de leur part, par la bouche dudit Preuoft, a efté dic à
la Cour es toute humilité, qu'ils ne deuoient pas aller au deuant dudit Sei-
gncur aprés ladite Cour, mais deuoit aller la Ville la premiere, ledit Pre-
uoft apres, les Gens des Comptes fubfequemment , & la Cour la derniere;
& que de la part defdits du Chaftelet, ils ne voudroient rien faire contre
l'honneur, ne lauthorité de la Cour ; & auffi que de leur part y auoit gran-
de excufation, car le Marefchal de Gic auoit fait fçauoir audit Preuoft que
l'heure eftoit differée de partir, & par ce ne s’eftoit tant hafte; & ainfi que
ledit Preuoft auoit enuoyé devers ceux de I: Ville deux ou trois des Ser-
ens du Chaftelet, & n'en auoit fceu auoir refponfe certaine; & fembla-
ose quand iceluy Preuoft auoit cuidé partir, /es cheuaux s'effoient défer-
| lii i]
436 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
1 48 4.rez.. Et pour ce fupplioic la Cour qu’elle tint les deffufdits pour excufez,
offrant faire telle réparation qu'il plairoit à la Cour ; & difoit iccluy Preuoft,
que luy & les deflufdirs pour rien ne voudroient entreprendre ne faire
chofe contre l’authorité d’icelle, Et coft aprés font venus en ladice Cour,
Maiftre Antoine de Pompadour, Pierre FOrfebure, Maiftre Guy Auril-
lot Maiftre Clerc , Ican Egret Procureur du Roy, Iean de Baldonuillier
l'un des Scribes de la Chambre defdits Comptes , difans que le Preuoft
de Paris & autres du Chaftelet auoient grandement entrepris fur la
Chambre des Comptes d'aller aprés eux deuers ledx Seigneur à fa nou-
uclle Entrée, & en peruertiffant l’ordre; & qu'il eftoit venu à la connoif-
fance de la Chambre des Comptes, que lefdits Preuoft & autres deflufdirs
auoient efté adiournez à comparoir en perfonne-en la Cour pour ladite
caufe, & que ceux des Comptes auoient enuoyc.lefdirs de Pompadour,
\lOrfebure, Aurillot, Egret,& de Baldonuillier, pour en requerir à la Cour
la refponfe de par eux. Parquoy fupplioient & requeroient à la Cour de la
part de la Chambre des Comptes , -qu'icelle Cour fift faire refponfe con-
digne fur ce que dit eft, à icelle Chambre des Comptes. - |
. Lefdits Preuoft de Paris, Lieutenans, Procureur & Aduocacs au Chafte-
let , perfeuerans en leur excufe, office & requefte comme deilus. Sur quoy
par le Procureur General du Roy la matiere mife en déliberation, & con-
fideré ce que fait à confiderer. | n
La Cour, pour cette fois, 4 pardonné l'ofenfe deffufdite aufdits Preuoft,
Lieutenans, Procureur & Aduocats du Roy, & autres du Chafteler; & a
défendu & défend au Preuoft de Paris, fes Lieutenans , Procureur & Ad-
uocats du Roy, & autres du Chaftelet, que dorefnauant aux Entrées nou-
uelles des Roys, Reynes, Dauphins & Dauphines , & autres Princes &
Princefles, quand le cas .y efcherra, ils ne foient fi ofez ni hardis d'aller
aprés ladite Cour, ni la Chambre des Comptes, mais voifent aprez la Vil-
le, ainfi que de tout temps a efté accouftumé, fur peine d'amende arbitrai-
re, & autre telle que la Cour aduifera, & le cas le requerra, s’il y efchet.
Entrée duRoy Jean Moliret qui mourut l'an 15 0 7. effant Chanoine dans Valanciennes , en [on
Charles VIII.
& Paris.
Hiffoire des chofes plus memorables aduenuës és Pays-Bas, depus l'an 1474.
sufques en 1505. du temps de l'Empereur Maximilian 1.@ de fon fils l'Archiduc
Philippes , en trois volumes non encore imprimez. Le Dimanche 30. May
1484. le Roy Charles VIII. fut facré à Reims par l’Archeuefque Pierre
de Laual, & le $. luillet enfuiuant fit fon entrée à Paris, à laquelle il eftoic
accompagné des fieurs de Beauieu , de Brefle, & autres, & armé de har-
nois d'argent bel & clair, & audeflus vne hucque garnie de pierres pre-
cieufes, fur la tefte vn chapeau blanc, & deuant luy vn cheualicr portant
fon heaume , fur lequel eftoit vne couronne de fin or & de picrtes pre-
cieufes, & au milieu d’icelle couronne, vne fieur-de-lys d’or, & eftoit
monté fur une hacquenée blanche couuerte de drap d’or. A fes deux cof-
tez auoit deux valets de pied veftus de hoquetons batus d’or, tenans par
la refne ladite hacquenée ; & pardeuant luy cheuauchoient douze .
d'honneur veftus de hucques batuës d’or; & lors fe partit accompagné des
Princes deflufnommez , & tirerent vers Paris, fa Garde deuant tres-ri-
chement habillée, aprés laquelle venoienc Clairons, Trompettes, Roys d’Ar.
mes , & Heraux, chacun portant les Armes de fon Prince: & deuant
luy marchoit un Courfier que l’on menoit par la refne couuert d’vn drap
de veloux femé de fleurs - , fur lequel eftoit le grand Sceau du Roy.
Puis venoic le Chancclier de France habillé comme vn Homme de Iufti-
cc, &c.
Item, le Roy eftant deuant Noftre-Dame, trouua Meflieurs les Prelats,
l'Eucfque de Paris , celuy de Neuers & celuy de Meaux, l'Archeuefque
L à
CN Ut à PCM
_. DV ROY CHARLES VIIL: 47—
de Narbonne, les Doyen & Chanoires de :leans reucftus de richés Chap- 1 4 8 4.
pes, & en leur prefénce fic le ferment fur lés faints Euangiles, & iura es- «., promefes
sretenir fainte Eglifé en fes libertez © franchifés , qu'il défendroit noffre fainte {ons les mef-
Foy Catholique contre tous Infideles, Gr qu'il chafféroit toutes Herefies hors de [on “1% font
| Re Ë É | les Rois à leur
Royaume. Item, il iura entretenir les Nobles, Laboureurs & Marchands sp
en leurs bonnes: couftumes, & faire Tuftice au petit & au grand, garder
fon peuple d’eftre foulé .des ennemis. Et cela fait, furent ouuertes les
portes de l’Eglife, le Roy ‘entra leans, & on chanta Te Deus laudamus.
Item, le Roy alla deuantle grand Autel de Noftré-Dame paré de riches
joyaux, où ledit Archeuefque fit une notable propoñtion. D'illec fe partit.
le Roy, & alla fouper au Palais, où il cinc Cour Royale, & y fur ioyeufe- ..
ment entretenu d'inftrumenis, efbatemens. & ieux , & eftoit le drefloir
chargé de väiflelles à grand nombre. Le Roy eftoit aflis au milieu de la.
£able , & à deux chaires prés de luy eftoient du cofté dextre les Ducs d’Or-
lcans & d'Alençon, auec le fieur de Beauieu , & le Dauphin d’Auüuergne; .
& du ‘fenetre coftc eftoïetit le Cardinal de Lyon *, Monfieur le Duc de * c'efois
Bourbon, & Monfeur de Breffe, * | us ce
HAS ne é GUE LARSE — : ” bon, Archeuef.
.. Extrait des grandes C broniques de France imprimées 4 Paris LH È Len
| É La IfI4 ! . | De |
js L ie LE D Fr PE
T AN mil quatre cens quatre-vingts & quatre, le Tres-Chreftien Roy P%° 4 3er
L Charles, eftant en l'aage de quatorze ans, fut par les tres-nobles Sei- , philippe ;
gneurs de fon fang le Duc d’'Orleans, le Comte d'Angoulefme, le Comte de seigneur de
Foix,le Comté de Vehdofme, le Seigneur de Beauicu, le Seigneur de Du- .. pi
nois, le Duc de Lorraine; & plufieurs autres Princes, Capitaines, Cheualiers & . A
notables Seigneurs, conduit .& mené en la ville & cité de Rheims, pour illec m4trrmal du
gftre facré de l’onétion:de la fainête Ampoulle. Là où il fut parcillement “?
accompagné des douze Pairs de France, ou par leurs Commis, lefquels tous
d'vn commun accord comparurent en iceluy lieu pour l'affifter ,.& le fer-
uir,vn chacun endroit foy, felon fon Office, & comme en tel cas eft accouf-
tumc. Et aprés que l'Office de ce fainét Sacre fut parfait en la perfonne
dudit Roy Charles en la cité de Rheims, là où il fut moult honorablement
reccu, & en grand triomphe auec tous les autres Princes & notables Sei-
gneurs, aucuns jours aprés euolus il fe partit de Rheims, & fe difpofa
d'aller voir plufieurs bonnes villes illec à l'entour , efquelles il fut moult
louablement receu, & en grand honneur, C’eft à fçauoir , que les ruës d’i.
celles eftoient tenduës & parées de tapifleries ; le Clerge & autres eftars,
auec le commun populaire, chacun endroit foy , s’efforçoient, & eftoient
employez de tous leurs courages à luÿy demonftrer bon figne d'amour &
obeyffance, comme à leur fouuerain Seigneur, faifans efbats & feux de
ioyc à fa venué & reception.
Confequemment aprés ledit Sacre en la vie de Rheims , iceluy Roy
Charles fe conduit & amene en la ville de Sainét Denis en France, pour
illec prendre la Couronne, & faire les deuoirs accouftumez, ainfi que droit
cft; & de ce lieu de Saint Denis, fut femblablemenc par lefdits Seigneurs,
conduit & amené en fa bonne ville & cite de Paris, pour illec faire fon
Entrée en la maniere qui s'enfuit.
Le fixiefme jour de Juillet lan que deflus 148 4. pour aller audeuant du 19 ef dis e-
Roy à fon Entrée & reception, iffirent de ladite ville de Paris tous les ne
Eftats d’icelle, & par bel ordre, vn chacun habitué felon fon eftat, pour fais 4 5. &
venir trouuer le Roy venant de la ville de Sainét Denis, afin de luy faire {# Relation
honneur & reuerence, comme à luy appartenoit. Et en l'Affemblee de no,
cette iflué eftoic l’Euefque de Paris auec aucuns de fon Clergé, la Cour 4e Cersmenisl
Ii ii
——— 438 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
1 4 8 4. de Parlement, le Preuoft de Paris, la Chambre des Comptes, les autres
1 Chambres, & tous Officiers, le Prevoft des Marchands & Efcheuins tous
asnet le 8. du 2 | |
mefine mois; 8 chacuns d’iceux moult honorablement veftus & habillez felon leur qua-
se gwiefun lité, Et ranc marcherent auant lefdirs Preuoft des Marchands & Efcheuins,
7 ne qu’au lieu dit la Chappelle pardelà Sain& Ladre , vindrent trouuer le Roy,
SX erdinai. accompagné des tres-nobles Princes & Seigneurs de fon fang , Monfci-
se deni cé gneur le Duc d’Orleans , auec les deflufnommez, & encore pluficurs au-
il femble que tres notables Seigneurs. Et aprés que lefdits Preuoft & Efcheuins furent
lon dise ainfi venus audeuant du Roy, ils luy firent l'honneur & reuerence comme
LT ADP appartenoit ; & là luy fut dit & propofé pour ladite ville, en luy prefen-
giffres du Per- tant les clefs de la porte de Sainét Denis par où il fit fon Entrée, & con-
ess D fequemment luy firent tous la reuerence , en luy propofant aufli leurs affai.
Relations que LES, en eux offrant à fon feruice & commandement chacun felon fa facul.
fi ss suoir té, Et ce fait, ils fe retirerent tous à part, pour marcher & entrer en ladire
cciteCere- .
movie, ville felon le train de leurs degrez. | |
Et en cette maniere entra le Roy Charles V I I I. de ce nom dans la
ville de Paris moult richement veftu & accouftré de drap d’or, auec autres
riches parures, armé d’vn riche blanc harnois, excepté fon armet d’hon-
neur, lequel eftoit triomphamment porté deuant’ luy fur'un Courfer de
prix accouftré de mefme; & au lieu d'iceluy armet, auoit un chapeau fur
fon chef, & vne moult riche couronne d’or fin & precieufes pierres, com-
me foy monftrant eftre Roy. Et deflus luy aufi eftoit porté vn tres-riche
ciel de drap d’or; & pareillement eftoient tous les Princes Seigneurs de
fon fang , & autres Seigneurs & Capitaines moult richement & honora-
blement accouftrez, & bien armez de toutes pieces deflus leurs cheuaux,
defquels plufeurs eftoient bardez, & moult notablement parez de diuerfes
forces & façons, pour luy faire honneur en fon Entrée, Et aufli y eftoient
les Gentilshommes & Pages d'honneur tres-richement appointez à cheual,
& autres en fi grand nombre qu’il eft impofible de dire, lefquels il faifoit
tous beau voir, Pluñeurs mifteres, hiftoires & efbatemens eftoient demonf-
trez par la ville à l'honneur du prenommé Roy, qui feroient.longs à reci-
ter: chacun crioit Noel & Vive le Roy. Toutes les ruës pa où il devoit
pafler cedit jour, eftoient tenduës & parées de riches tapifferiéeS de plufeurs
& diuerfes manieres. A tous les paflans faifant ladite Entrée & autres fe-
journans, eftoit plantureufement donné à boire de toutes manieres de vins,
& fi y auoit diuers Commis pour en général donner à manger & boire à
tous paflans & repaflans. Bref, chacun fe parforça de faire en tous cas fon
deuoir par amour & de cœur cordial pour l’honneur du tres-noble Roy,
lequel ainf fut receu honorablement auec tous ceux du Clergé de ladite
. ville, lefquels pour la plufpart luy eftoient venus audeuant en proceflion,
reueftus de cres-riches chappes, & en moult grand nombre, portans plu-
fieurs Saints Reliquaires & diuers ioyaux, & fut droitement conduit & mené
en la grande Eglife de Noftre-Dame de Paris. Affez prés du coin de la ruë
Neuue Noftre-Dame, eftoit attendant le Reéteur de l’Vniuerfté, honnefte-
ment accompagné de plufeurs Doéteurs & autres fcientifiques perfonnages,
lequel illec . reuerence au Roy, en luy propofant fa harangue, & puis
il le conduific iufques à ladite Eglife où il fit fon oraifon. Et de ce lieu il
fut conduit en fon Palais Royal en ladice ville, là où fut fait un tres-ma-
gnifique & plantureux fouper en la grande Salle dudit Palais , auquel il
eftoit en tres-excellent triomphe, accompagné de plufeurs Princes de fon
fang & autres notables Seigneurs, & il coucha cette nuit en fon Palais.
Et aprés cette Entrée, le Roy tint le Siege Royal au Parlement, & fe-
iourna plufieurs autres jours en icelle ville de Paris, où il demonftra cha-
cun iour auoir bon zele & affection à la chofe publique, & à la cres-noble
Dv ROY CHARLES VIII. 439
Couronne de France de laquelle il eftoit defcendu: caril fut fi bien inftruit r 48 A.
& maintenu en fa jeunefle, qu'il a efté toufours bon Catholique, & bien
aimé de tout fon Peuple. |
Eftanc donc le Roy Charles ainfi accompagne des Princes de fon fang,
&c garni de gens fages en fa ville de Paris, furent plufieurs chofes confide-
rées, & mifes en confeil pour le bien & foulagement du Royaume & de
tout le Peuple; & entre plufieurs autres chofes fut diligemment regardé
ue le feu Roy Louys fon pere decedé peu de temps auparauant , auoit
ait & concedé aucuns grands dons fuperflus en plufeurs lieux, & diuerfes
manieres *. Lefquelles fuperflués donations, toutes raifons confiderées, en * p. Le cahier
y mettant droit & raifon, furent reuoquées & remifes à la ‘bourfe & au Pré/enté «n
droit du Prince, pour toufiours foulager fon Peuple. Dee
Et ainfi toutes chofes bien ordonnées & reduites au droit, furent faits
jouftes & tournoyemens fomptueux pour le ioyeux aducnement du Roy en
{a ville de Paris. |
Or aprés pluñeurs chofes politiques ainfi bien decidées, & mifes en or-
dre par droit & juftice , le Roy Charles VIII. fe partit de fa bonne ville
de Tours.
de Paris, pour aller vifiter plufieurs autres lieux de fon Royaume, comme
Roüen, Troyes, Orleans, & autres bonnes villes & citez, éfquelles il fit
fon Entrée, toufiours accompagné de la plus grande partie des tres- nobles
Princes de fon fang , & autres notables Seigneurs & vaillans Capitaines.
Efquelles bonnes villes il fut, auec fa compagnie, honorablement receu, &
luy furent faites plufeurs bonnes cheres & loyaux feruices de la part de
chacune d’icelles villes, & des habitans à qui mieux mieux, eux employans
en tous efbats, triomphes & magnificences pour l'honneur de luy & des
fiens; car il eftoit tant doux & plein de bonté, qu’il eftoit craint, aimé, &
honore de tout fon Peuple.
Extrait de l'Hifhoire du Roy Louis XII. par Iean de [aint Gelais,
Seigneur de Monlieu, mife en lumiere par M. T. Godefroy.
L ’A N 1434. Monfcigneur le Duc d'Orleans * fut mandé s’en venir
, au Sacre du Roy Charles V III. & mit la meilleure diligence qu’il
put de s’y trouver , combien qu’il fallut qu’on l’attendift deux ou trois
jours. |
_ Le Roy fur ‘couronné en la forte & maniere qu’on 2 accouftumé de
* Depuis Roy
Louis XII.
couronner les Roys de France, qui eft un aëte qui ne fe fait pas fans grand
triomphe ; & y cftoient tous les Seigneurs de ce Royaume, excepté Mon-
feigneur d’Angoulefme , qui n'y put eftre pour aucune occafon raifonnable
qui l'en garda; & depuis le Roy alla à Paris faire fon Entrce, qui fut belle
& triomphante, ainf qu’elles font volontiers en tels cas. Et faut entendre
que de toutes les Iouftes & Tournois & belles entreprifes qui fe firent en
France depuis la mort du Roy Louys X I. tant à Tours, à Paris, que autre part,
mondit Seigneur d'Orleans en fut l'entrepreneur, & luy en eftoit toufiours
donné l’honneur & la gloire; & eftoit en la grace du Roy tout ce qu’il
eftoit poffible, & c’eftoit raifon, car à fon occafion il auoit de plus beaux
pafle-temps que par le moyen de nul autre. Le Roy s’en alla de là à Mon-
targis, où fe firent de beaux & grands banquets à merueille ; & mondic
Seigneur demeura à Paris. Puis, pour quelque occafion raifonnable, falluc
qu'il en paruft, & s'en alla à Alençon. on
e ELA
1 48 4.
ÆA Paris 5.
Aouft 1484.
# C'effoit Iu-
lion de ls
Ronere,neunen
du Pape Six-
te IV. depuis
Cardinal, &
Pape Jess le
Nom de Is-
des II.
# Jean de la
Groflaye de
Villiers, qui #
efté Cardinal,
G Abbé de
Saint Denis.
440 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
Memoire de ce qui fe pal] en France au fuiet du Cardinal de la Balluë
Legat à latere.
Extrait d’vn Regiftre du Confeil d’Eftat du Roy Charles VIII.
Du 5. iour d'Aouft 1484. a Paris, aux Tournelles, au marin.
Voir Confeil a efté remonftré par M. de Conftances *, comment
Am le Cardinal Baluë Legar à latere en France de noftre Saint Pcre
eftoit prés de cette ville de Paris de cinq ou fix lieués, venant aucc luy M.
le Cardinal de Foix, tous deux enfemble de retour de leur voyage qu'ils
auoient fait en Bretagne devers le Duc, & que ledit Legat eftoit deliberé
d'entrer dans Paris auiourd’huy, à tout petit nombre de gens, qui ne le
voudroit receuoir comme Legar, ou de differer fon Entrée iufqu’à demain,
fi on le vouloit receuoir comme Legat, comme il appartient à Legat de
noftre Saint Pere. Ec outre a efté par luy dit, que ledit Legat auoit enuoyé
au Roy & à Meflcigneurs les Princes & Seigneurs de fon fang, fes Bulles
de fa legation, & routes les facultez des charges & pouuoirs qu'il a de nof-
tre Saint Pere , lefquels mondit fieur de Conftances auoit pardeuers
luy en fes mains , & defquelles en ont efté leuës aucunes audit Confeil, en
aduertiffant lc Roy que felon le fcellé, modification & obligation que picça
dés le commencement de fa venuë de Rome, il baïilla au Roy ou à l’Euef-
que de Lombez * & autres Deputez de par le Roy, de n'ufer de cenfu-
res, & facultez quelfconques fors felon le bon plaifir du Roy, il eft encore
delibere d’ainfi le faire fans aucunement y contreuenir ; & que afin que le
Roy & lefdits fieurs en foient mieux acertenez, qu'il leur enuoye lefdites
Bulles de fa legation & de toutes fes autres facultez, deliberé de n’en vfer
s'il ne plaift au Roy,en maniere que ce foit, comme celuy qui ne veut eua.
cuer de ce Royaume la pecune, mais y faire le profit & honneur du Roy,
& bien de fon Royaume. Et fur ce a efté mis en deliberation, fi ledit Le-
gat entreroit dans Paris pour eftre receu comme Legat , ‘ou fimplement
comme Cardinal & Ambaffadeur du Duc. En quoy a efte prife conclufon,
que confiderc l'honneur que noftre Saint Pere a fait au Roy & au Royaume,
d'enuoyer pardeçà un Legat 4 /atere, comme cft ledit Cardinal, pour foy
employer en toutes les chofes profitables & vriles au Roy & au Royaume,
&c que ledit Legat a eftc receu par le Roy comme Legat fous aucunes mo-
difications à l’entrée de fon Royaume à Lyon, & depuis en la prefence du
Roy au bois de Vincennes, cum infignis, fous le feellé & promefle de n’v-
fer de faculté quelconque que felon le plaifir du Roy. Confideré auffi
qu'il offre, declare , & promet derechef de n’vfer autrement de ladite lé-
gation, que ainfi qu’il a promis & qu’il a enuoyé fes Bulles de fa legation
&c des autres facultez liberalement au Roy. Confideré aufli qu'il vienc de
deuers le Duc, de par lequel il dit auoir charge de parler au Roy, & afin que le
Duc ne penfe qu'il foit mal recueïlli, que ce fuit pour deplaifir du voyage
qu'il auoit fait deuers luy, parquoy femble eftre expedient pour garder que
le Duc ne tombe en cette imagination qu’on nedoit receuoir à moindre {o-
lemnité qu’on a fait au commencement qu’il entra en France, Confideré
aufli qu’il a fait fçauoir au Roy qu'il eft preffé de noftre Saint Pere de s’en
retourner deuers luy, & qu'auant fon retour il eft bien honnefte qu'il
prenne congé du Roy, & que le Roy le luy oétroye, & luy tienne bons ter-
mes à l'heure de fon partement, afin que parcitlement noître Saint Pere foit
enclin de receuoir honncftement à Rome les Ambaffadeurs que le Roy doit
enuoyer deuers luy en bref pour luy faire l’obeyffance filiale,
| Pour
D mé de
|
|
|
|
|
DV ROY CHARLES VIIL 4ur —…
Pour ces caufts 8 autres confiderations a efté concla qu'en cette ma- 1 48 4
niere l'entrée dudit Legat ne peut eftre preiudiciable, & qu'il entrera de.
dans-Paris somme Leger... ., fans auoir puiffance d’vfer de {à Legation, &
qu'à luy conme Legat feront faits les honneurs & reuerences celles èu'il
appartient à vn Legat 4 /atere, ainfi que fut fait à Monf. le Legat Saint
Pierre ad Vinculs, qui entra dedans Paris du vivant du Roy Louys, que Dieu
abfoïlle , dmpsa Facultate vtendi...... ali facultatibss,
Toutefois a efté aduife que pour ce que Meffieurs de la Cour de Parle-
ment & de da Ville de Paris pourroient faire quelque murmuration, où
faire quelques proteftations & tefiftances , penfans s'ils n'éftoient aduertis
des chofes deflufdices, que ledit Cardinal voulfiffé vfer de fadite Lepa-
tion, & aufli qu’on Îes voulfift contemner , afin de contenter lefdits fieurs
de Parlement & de la Vilk, qu'aprés difner M. le Chancelier fera venir
certain nombre de Prefidens & Confeiïllers de ladite Cour audit Confeil du
Roy, pour les aduertir de toutes les taifons deflufdices, & declaration faite
par ledit Cardinal Legat, de n'vfer de fefdites facuitez, finon ainfi qu’il
plaira au Roy, en enfuiuant fon premier fcellé & promefle, Et au furplus
couchant la forme de la recéption, a efté conclu que l’on en communique-
ra aprés difner audit Confeil auec lefdits Gens de Parlement & ceux du
Confeil du Roy, pour aduifer la forme & maniere de le receuoir honnefte-
ment, fans préiudicier en tien à l’autorité & préeminencé du Roy, & qu’en
outre feront oùis M. de Dunois, M. le Gounernenr de Limofin, & autres qui
furent députez du viuant du feu Roy Louys ,à faire receuoir en ladite Vil-
le de Paris le Cardinal de Saint Pierre 44 Pinculs , comme Legat, afin d’eftre
par cux aduerty de leut aduis fur la forme de la reception qui fut tenué à
fon Entrée, pour faire pareillement audit Cardinal Ballué Legat reception
honnefte pour l'honneur de noftre faint Pere & du faint Siege Apoftolique,
Du 17. iour d'Aouft 1484. & Paris.
VR la maticre mife en termes par M. le Chancelier, de ce que requiert
Dr Cardinal Baluë Legat, eftre expedié honneftement pour honneur du
int Siege ; tant fur le Fe de fa Legation dont il n’entend vfer que felon
le plaifir du Roy, que aufli touchant fon retour à Rome deuers noftre faint
Pere, a efté conclu que pour l'honneur de noftre faint Pere, attendu que
par le Roy il a efté receu à Lyon auec les infignes de Legat, & sa a cn
{a prefence venu aucc lefdits infignes, comme la Croix, vfant de donner
bencdiion & autres chofes, & qu’il eft ainfi entré dedans Partis, que le
Roy, pour contenter noftre faint Pere, & afin qu’il foit plus enclin de re-
æeuoir plus honneftement fes Ambafladeurs qu'il enuoye deners luy à
Rome, que le Roy fera par M. /e Chancelier, M. de Periguenx *, M. de Loms- * Guoffrey à
De, le Tiers Prefident de Touloufe, appellez auec eux aucuns de la Cour Pompadour
de Parlement de Paris, vifiter fes facultez, & icelles lay cftre rapportées, CRE
pour aduifer fi ce fera fon plaifir, qu’il vfe de celles qui ne luyÿ peunent Francs, qui
Lo | : “dE .1« fuinit lo Duc
porter preiudice ne à fon Royaume; &c au furplus touchant fon retour , que d'Orleuns , &
‘puis qu'on na fair difficulté de le laïfler venir com énfigribus Legati ; QUE duquel il fera
femblablement on ne doit differer de l’en haiffer retourner en celuy pareil p+réo-aprér.
honneur qu'il a efté receu, confideré qu'il eft venu par refcriptien du Roy.
Da 17. jour d'Aouft 1484. à Paris, au logis de M, de Bourbon.
Esrs' conclu, aprés qu'il a efté recité que Meflieurs de Parlement
auoient fait crier à fon de trompe, fans commandement du Roy, que
M. le Cardinal Bafuë Legat ne fuit receu ne reputé Legat, & rs de
k :
14 84
442 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
ne porter la Croix deuant luy, que afih l'honneur de noître faint Pere
foit gardé en cette partie, que ledit Cardinal baïllera les facultez qu'il a à
vifiter-à M. le Chancelier, M, de Lombez, M. de Perigueux, & le Tiérs Pref-
dent de Thouloufe, appellez auec eux aucuns Prefidens de la Cour de Par-
lement, afin de aduifer comment pour l'honneur du Pape ; ledit Cardinal
pourra vfer d’aucunes pour le temps qui fera aduifé, mefmement de celles
qui ne porteront preiudice au Roy ) NE aux droits de fa Couronne; &
afin que’ fon honneur foit reparé, qu’il portera comme il a accouftumé la
Croix, & vfera de donner la benedi&ion, & de toutes autres chofes con-
cernans les honneurs qu'on doit faire à vn Legat, & en doiuent parler
M. de Beauieu & M. de Dunvis au Roy, Et au furplus, que le plultoft qu’il
fera poflible on le dépefchera honneftement pour s’en retouiner à Rome
deuers noftre faint Pere, & luy feront baillez deux notables perfonnages
pour l'accompagner iufques hors le Royaume , & durant iceluy retour il
pourra vfer defdites facultez, qui ne coucheront le Roy, ne fon autorité,
tout ainfi qu'il luy aura efté permis à Paris. |
Du 18. iour d'Aouft 1484
A PRE’s que la matiere du pattement du Cardinal Ba/uë & du fait
d'vfer de fes facultez a efté bien debatué, & que la plufpart des af.
fiftans audit Confeil ont efte d’opinion que ladite matiere doir eftre com-
muniquée à la Cour de Parlement : a efté conclu que M. Ze Chancelier,
M. de Lombex, & M. de Torcy, iront deuers ladite Cour leut communiquer
cout ce qui a efté dit & mis en termes , & ce fait en viendront faire leur
rapport au Roy & audit Confeil. Se |
Du Lundy 23. jour d'Aouft r 4 8 4. à Paris , aux Tournelles.
Ç Ve la Requefte faire par M. le Cardinal Baluë, requerant, attendu le
S crefpas du Pape, congé de s’en aller vifiter pour aucun temps fes Bene
fices pour receuoir argent pour faire le retour de fon voyage, où s’il ne
plaift au Roy qu'il aille fur fes Benefñces qu'il veuille, en luy donnant congé
de s’en aller, luy donner quelque fomme d’argent pour fon retour, attendu
qu’il a dépenfé beaucoup à venir par-deçà à la requefte du Roy, fans auoir
vfé ne eù aucun profit de fa Legation: a efté conclu qu'il prendra auiour.
d’huy congé du Roy pour s’en retourner à Rome, & qu'aprés ledit con:
ge il s’en partira de Paris pour fe mettre à chemin dedans deux ou crois
jours, auquel chemin il pourra porter en s’en retournant la Croix. Et outre
ce a cfté ordonné que le Roy luy fera deliurer par les Gens des Finances,
pour luy aider à fon voyage, la fomme de sÿ/ efius d'or comptant, attendn
qu'il n’a point vfé de fa Legation, & qu'il eft venu par-decà à grands frais,
& à la requefte du Roy. | | .
Le 24. du mois d’Aouft le Cardinal Ballué a pris congé du Roy pour
s’en retourner à Rome, & a eù charge & commandement du Roy de faire
fon expedition fur le contenu en fes Requeftes, Maiftre Antoine Cheble-
my Notaire & Secretaire du Roy.
Dv ROY CHARLES VIIE 443
Contraét de Mariage de Gilbert de Chabanes, Seigneur de Cur-
con & de Rochefort, Gouuerneur de Limoufin, & de Cathe-
rine de Bourbon, fille de Iean Comte de Vendofme.
Ladite Cathérine à en mariage la fomme de onze mille liures tournois, er
renonce à toutes fuccelfions efcheuës gr à efchoir au profit de François
Comte de Vendofme @r fon autre frere; € il eff flipulé que fi les en-
fans de ce mariage viennent à la fuccefion du Comte de Vendofme, ce-
© duy des heritiers ou heritieres de Gilbert de Chabanes à qui telle fucce[-
fion aduiendra prendra le nom €° les armes de Vindofme. Nota, que
. Gilbert de Chabanes auoit un fils d'un premier mariage qu'il auoit con-
tracé auec une fille du Comte de Boulogne.
A Tovs ceux qui ces prefentes Lettres verront, lacques d’Eftoute-
1 48 4.
A Paris 20.
uille, Cheualier, Seigneur de Beiue, Bauri, d’Yury,& de Saint Adrier 4ouf 148 4
en la Marche, Confeiller, Chambellan du Roy noftre Sire ,& Garde de la
Preuofte de Paris, Salut. Scawoir faifons que pardeuant Axrhoine Satun &-
Pierre Pichon, Clercs Notaires du Roy noftredit Seigneur, de par luy efta-
blis en fon Chaftelet de Paris, furent prefens, & comparurent perfonnelle-
ment Haut & Puiflant Prince Monfeigneur François de Bourbon, Comte de
Vendofme, pour luy en fon nom d’vne part, & Noble & Puiffant Seigneur
Meffre Gilbert de Chabanes, Cheualier , Seigneur de Curton, de Rochefort, de
Madic & d’Auriere, Senefchal & Gouuerneur du Haut & Bas Pays du
Limoufn, pour luy & en fon nom d’autre part; lefquelles parties, de leurs
bons grez, propres mouuemens & liberales volontez, fans faire fraude,
circonuention & deceuance aucune, fi comme elles dirent reconnurent &
confeflerent en la prefence & pardeuant lefdits Notaires, comme parde-
uant Nous en droit iugement, auoir fait, firent & font enfemble de bonne
foy l’une d’elle auec l’autre les traitez , accords ,'promeffes, conuentions,
& autres chofes contenués & efcrites en un cahyer de ne contenant fix
feuillets de papier, dont les cinq font efcrits d’vn cofté & d'autre, & le
fixiefme d’vn cofté feulement, à cette fin baillé aux Notaires, & duquel la
teneur cft telle.
Pour paruenir au Mariage, qui au plaifir de Dieu fe fera & parfera en
face de fainte Eglife, entre Mcflire Gilbert de Chabanes, Cheualier, Seigneur
de Curton, de Rochefort, de Madic & d’Auriere, Senefchal & Gouuer-
neur du Haut & Bas Pays de Limoufin,d’vne part; & Damoifelle Catherine de
Bourbon , fille de feu haut & puiffant Prince Mos/cigneur Le Comte de Vendofme,
& unique fœur de Monfeigneur François de Bourbon Comte de Vendof-
me , qui à prefenc eft d'autre part. Iceluy Monfeur le Comte de Ven-
dofme & ledit Meflire Gilberc de Chabanes , ont fait & accordé entre eux
les promefles, traitez, accords, paétions & conuentions cy-apres decla-
rées. C’eft à fçauoir, que mondit fieur le Comte a promis & promet de
donner & bailler en mariage à ladite Catherine de Bourbon fa fœur audit
Meflire Gilbert de Chabanes, qui icelle a promis & promet prendre à femme
& efpoufe, fi Dieu & fainte Eglife y accordent. En faueur duquel Mariage
ê&c pour le bien & augmentation d'’iceluy Monfeur le Comte de Vendofme
fera tenu & promet bailler à Madame Damoifelle Catherine de Bourbon fa
fœur la fomme d’vnze mille liures tournois, payables, c’eft à fçauoir la fom-
me de trois mille liures tournois dedans vn an aprés la confommation du-
dit Mariage, & le réfidu de ladite fomme chacun an mille liures tour-
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444 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
1 4 8 4. nois iufques à fin de payement. De laquelle fomme d'vnze mille liures
tournois la fomme de huit mille cinq cens liures tournois , fortira nature
de propre héritage de ladite Damoifelle; & le furplus, c’eft à fçauoir deux
mille cinq cens liures tournois, fortira nature de meuble. Et moyennant
icelle fomme renoncera ladite Damoifelle à tout partage & droit fuccefhf
qu’elle pourroit auoir, ne & demander és fucceflions de feu M. le
Comte de Vendofme fon pere, au profit dudit M. le Comte de Ven-
dofme fon frere & de fes hoirs , en fera tranfport dés à prefent à mondic
fieur le Comte en tane que befoin fera, & parcillement renenceta és fuc-
ceflions de mondit fieur ie Comte fon frere, & de fes autres freres & fœurs,
& à toutes autres fucceffions collarerales qui luy pourroient efchoir au
temps aduenir, fans qu’elle y puiffe rien pretendre ne auoir, tant que
mondit fieur le Comte ou Louys Monfeur fon frere viuront, ou auront he-
ritiers iffus de leur chair. Mais s’il aduient que mondit fieur de Ven-
dofme & fondit frere aillent de vie à crefpas fans pofterité, en ce cas ma-
dite Damoifelle, ou les defcendans d’elle leur fuccederont en tous leurs
biens prefens & à venir, felon les couftumes des pays. Toutefois s’il ad-
uenoit que ladite Damoifelle allaft de vie à crefpas fans hoirs procréez
de fon corps dudit Mariage, furuiuant ledit Meffire Gilbert de Chabanes
fon futur cfpoux , en ce cas ledit de Chabanes fera feulement reftituer
aux heritiers de ladite Damoifelle , où à leurs ayans caufe, de ladite fom-
me d’vnze mille liures tournois, la fomme de huit mille cinq cens liures,
qui eft reputé heritage, & le refidu de ladite fomme montrant à deux mille
cinq cens liures qui cft reputé meuble, demeurera & appartiendra à luy &
aux fiens, fans que les heritiers d’icelle Damoifelle y puiflent rien preren-
dre, quereller , ou demander, Laquelle refticurion de huit mille cinq cens
hures, aux cas qui auroient efte baillez & payez, fera faire, c’eft à {çauoir
trois mille liures tournois dedans vn an aprés le crefpas de ladite Damoi-
{elle ou dudit Mefhre Gilbert, & de là en auant d’an en an la fomme de
mille liures par chacun an, & en la derniere année cinq cens liures iufques
à plein payement & reftitution de ladite fomme. Et en defaut depayemenc
defdites crois mille liures pour ladite premiere année aprés lefdits crefpas,
& des autres fommes par chacunes defdices années enfuiuantes, ledit de
Chabanes a dés à prefene conftitué & conftituë fur luy pour chacun mille
lures qui refteroic ou defaudroit dudit payement cent liures de prinfe &
de preftation annuelle par chacun an, que ledit de Chabanes ou fes heri-
tiers feront tenus de payer à ladite Damoiïifelle, fes heritiers ou ayans caufe,
&c autant prorata de ce qui reftera à payer par chacune defdites années juf-
ques à ce que ladite fomme de huit mille cinq cens liures foit entierement
sit & reftituée: par laquelle prinfe ou preftation annuelle ne fera rien ra-
acu ou defalqué du principal, Ecpour ce faire a obligé & hiporecqué ledit
de Chabanes fpecialement 4 rerre &c fcigneurie de C eg laquelle fe
prendra ladite prinfe ou preflation annuelle, & generalement fur tous Îles
autres biens meubles & immeubles, cerres & fcigneuries où qu'ils foient,
à prendre ou à vendre par Iuftice. Et en payant par ledit de Chabanes, fes
hoirs ou bien-tenans, ladite fomme de huit mille cinq cens liures , enfem-
ble ou par partie à ladite Damoifelle, fes heritiers ou ayans caufe, pour les
termes & années, & ainfi qu’il eft declaré deffus. ou aprés, quand ils auront
faculté, ladite prinfe ou preftation annuelle ceffera, c’eft à fçauoir pour mille
liures cent liures & prorata, en payant les arrerages qui en feronc deus en
defaut de payement fans rien defalquer du principal. Et au cas que ladite
Damoifelle furuiue iceluy fieur de Chabanes, ledit de Chabanes luy a
donné & donne par forme de douaire deux mille liures de prinfe, & mille
liures de rente en afiette d’Auuergne, aux choix & efleétion de ladite Da-
DV ROY CHARLES VIII 44$
moifelle, Pour fi demeure, elle aura les places & feigneuries de Rochefore 1 4 8 4.
& d’Auriere, auec le circuit & pourpris defdites places, fur le reuenu def.
quelles fera aflife ladite rente felon la couftume du pays, & fur le reuenu
des autres terres dudit de Chabanes, de prouchain en prouchain , au cas
que le reuenu ne fuffroit pour parfournir & payer lefdires deux mille li-
ures de prinfe & mille liures de rente, pour iouyr par elle des chofes def-
fufdices, tant & fi longuement qu’elle demeurera en veufuage fans eftre
remariee, En laquelle prinfe ou afliette ne fera faite aucune appreciation
defdites places, circuits & pourpris. Et au cas que ladite Damoifelle fe re-
marieroit en fecondes nopces, elle aura & prendra feulement pour tout
droit de douaire à elle donné & conftitué par ledit de Chabanes douze
cens liures de prinfe & fix cens liures de rente à fon choix; & à la place
d’Auriere, fur le reuenu de laquelle fe prendront lefdites douze cens li-
ures de prinfe & fix cens liures de rente par afliette comme deflus, & de
prouchain en prouchain,au cas que le reuenu d’Auriere n’y fourniroit, non
compris en ladite afliette ladite place, pourpris & circuit d'icelle; &auec ce
aura & prendra ladite Damoifelle, aprés le deceds & trefpas dudit de Cha-
bancs, fes biens meubles prefens & aduenir,où qu’ils foient, & dont il fera
feigneur & poffeffeur au temps de fondit si Et a promis &iuré ledit de
Chabanes par ferment folemnel de n’en frauder ou fruftrer ladite Damoifelle,
de ladite moitié de fefdits biens meubles prefens &aduenir; 8 ce en outre
hdite fomme de huit mille cinq cens liures, donc deflus eft fait mention.
Et femblablement aura ladite Damoifelle ou fes ayans caufe par heritage,
en outre ladite fomme de huit mille cinq cens liures, la moitié des con-
quets qui fe feront pendant & durant ledic Mariage. Mais s’il aduenoit
que ladite Damoifelle aille de vie à trefpas fans hoirs auparauant ledit de
Chabanes, tous fes meubles appartiendront audit de Chabanes, fans que
les heritiers de ladite Damoifelle, ne ceux de fon cofté & ligne y puiflenc
pretendre ne reclamer aucun droit, fors la fufdite fomme, laquelle ledit de
Chabanes eft tenu de reftituer comme deffus, enfemble la moitié des con-
quefts. Lefquelles chofes deflufdites auront lieu incontinent aprés le Ma-
riage confommé , fuppofé Sa aucune chofe n'ait encore efté payce par
mondit fieur de vais e ladite fomme d’vnze mille liures, parquoy
aucune chofe ne pourra eftre oftée ou defalquée à ladite Damoifelle def-
dits meubles, douaire ou conquefts aprés ledit Mariage confommé. Eten
outre a efté accorde par ce prefent Traité, & en faueur ou contemplation
dudit Mariage, que lefdits conioints durant 8 conftant leurdit Mariage,
pourront difpofer & donner Fvn à l'autre de leurs bicns meubles & con-
quefts, & femblablement de leurs propres herirages, & des chofes qui for-
tiront nature de propre heritage, tout ou partie, à leur plaifir ou volonté,
le cout ainfi que bon leur femblera, nonobftant quelconque couftume, dif.
penfe de droit ou vfage eftant au contraire, à quoy lefdites parties au-
roient & ont dés mamtenant & pour lors renoncé & renoncent, en vou-
lant par exprés, nonobftant iceux, cette prefente paétion faire comme dic
eft, en faueur & contemplation de ce prefent Mariage, fortir fon plein &
entier effet, tout ainfi que fi la donation euft efté faite parauant ladite con-
fommation dudit Mariage. Et pour ce que ledit de Chabanes de fon pre-
mier Mariage a vn fits,& que de fon fecond Mariage duquel à prefent eft
queftion, pourta auoir d’autres enfans mafles, il a efté convenu & accordé
entre lefdites parties que ledit de Chabanes ne pourra avantager en herita-
ges fondit premier fils iffa de fondit premier Mariage outre & plus auant
quechacun des autres mafles qui viendront dudit fecond Mariage, finon au
cas, c'eft à fçauoir où l'enfant ou enfans mafles dudit fecond Mariage fe-
roient i2/fén/ex , difformes, ou mutilex, parquoy conuint de ne .. de Re-
ii)
D"
1 4 8 4
446 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
ligion , ou autrement les pourvoir de leur vie, à La difcretion toutefois
dudit de Chabanes: auquel cas ledit de Chabanes gi avantager le:
quel de fes enfans qu'il luy plaira par l’aduis toutefois & confentement
de mondit fieur de Vendofme ou de fes heritiers en la ligne de ladite
Damoifelle. Et au cas que d’iceluy fecond Mariage ne naïftroient que fil-
les, ledit fils ja né viuant ou aucune iffué de luy, ledit de Chabanes pour-
ra marier fefdites filles, & donner à fon plaifir & volonté raifonnablement
& honneftement, felon leur qualite, & eù égard au lieu dont ils feroient
defcendus. Eten cas que lefdites filles fuflent encore à marier aprés le
deceds & trepas dudit de Chabanes, & que par fon teftament ou autre-
ment il n’euft aucunement difpofc & ordonné de leurdit Mariage , fon fils
& les defcendans de luy les marieront , & doteront par l’aduis, delibera-
tion & confeil de mondit fieur le Comte de Vendofme ou de fes fuccef-
feur, appellez les parents dudit de Chabanes. Et au cas que ledit de Cha-
banes allaft de vie à crefpas, fans hoirs mafles, un ou plufieurs : en ce cas,
les filles qui viendront dudit Mariage luy fuccederont en tous fes biens,
& feront fes hcritieres, & n’en pourra inftituer d’autres, ne autres excef-
vement difpofer de fefdits biens au préjudice defdites filles; & fi le fils ja
né dudit de Chabanes de fon premier Mariage, va de vie à trefpas, foit en
pupillarité ou majeur d’ans, fans hoirs defcendans de luy en loyal Maria-
ge, les enfans dudit fecond Mariage, fi aucuns y a, luy fuccederonc en tous
fes biens. Et s’il aduenoit, ce que Dieu ne veuille, que ledit de Chabanes
allaft de vie à trefpas fans enfans defdits premier ou fecond Mariage, le-
dit de Chabanes à promis & promet d’avantager en fes biens ladite Da-
moifelle fa future efpoufe, outre les promefles deflufdites; le tout neant-
moins à fon bon plaifir & volonté, & tout ainfi que bon luy femblera,
nonobftant quelconque difpofition de droit & couftume à ce contraire. Et
pource que les enfans defdits futurs efpoux pourront venir par faute de
plus prochains à la fucceffion de ladite fcigneurie 8& Comté de Vendofme,
à caufe de ladite Damoifelle leur mere, il a efté conuenu & accordé par
ce prefent Traité, que celuy ou celle defdits enfans ou leurs ayans rs à
qui telle fucceflion & efchoitte fera aduenué ou efcheué, fera cenu de pren
dre le nom & les armes de ladite Comte de Vendofme. Er fi ladite fuccef-
fion vient à fille, elle & fon mary feront renus de prendre lefdits noms &
armes. Et au cas que de ce faire feroient refufans , au plus prochain d’2-
prés qui voudra prendre & accepter lefdits nom & armes; &auec ce, outre
les chofes deflufdites, a promis & promet ledic de Chabanes, que quelque
fomme qu'il aye quitrée à M. le Comte de Boulogne pere de fa premiere
femme, à caufe du mariage de feué Madame fadite premiere efpoufe, &
fille dudit fieur de Boulogne : que fi fon fils ia né du premier Mariage
ou autre en faifoit a À à ladite Damoifelle, ou aux enfans qui pour-
roient venir & naiftre dudit fecond Mariage ou à leurs ayans caufe, iceluy
Monfieur le Gouuerneur veut & entend, que ladite Damoifelle & fes en-
fans n’en foient en rien tenus, & veut expreflément qu'icelle fomme foit
totalement prife fur la part & portion des heritages de la fucceflion qui
pourroit appartenir à fondit fils ia ne, fans que les enfans dudit fecond
Mariage , ni pareillement ladite Damoifelle , puiflent eftre contraints d’en
payer aucune chofe. Ec s’il eftoit trouvé par droit ou autrement, que ladite
Damoifelle ou fes enfans y puiflent eftre contraints, mondit fieur le Gouuer-
peur donne dés à prefent à icelle Damoifelle & à fefdits enfans par preciput
&c auantage autant de fon nr à comme fe monte ladite fomme , outre
la parc & portion qui aufdits enfans pourroit competer & appartenir de la
fucceflion de leurdit pere. Et promettent lefdices parties, chacune endroit
foy, faire ratifier ee prefent Contrat à ladite Damoifelle deuanc & aprés
x
nm +
a
bDv ROY CHARLES VIII
447 CRT RS EE
le Mariage confommé, toutes les chofes deffufdites. Et en ces prefentes 1 4 $ 41
Lettres contenuës & efcrices lefdites parties deflus nommées & chacune
d’icelles endroit foy, pour tant que celuy touche & peut & pourra toucher,
promirent par leur foy & ferment de leur corps, pour ce pat elles baillez
& iurez corporellement és mains defdits Notaires, auoir bien agreable à
toufours, & icelles entretenir, enteriner & accomplir direétement de point
en point felon leur forme & teneur, fans iamais aucunement contreuenir,
fut & foy par voye d'erreur, d’ignorance & citconuention ou deceuance.
Neantmoins comment que ce foit ou puifle eftre,ainçois promettent rendre
& payer à plein & fans aucun plaid, queftion ou procez, tous coufts, frais;
mifes, iournées, falaires, defpens, dommages &interefts, qui faits, eus, fouf-
ferts, fouftenus , & encourus feroient, par defaut des chofes deflufdites où
d’aucunes d’icelles, non faites, tenuës, entretenués & accomplies deuë-
ment , ainfi & par la maniere que dit eft , fous l'obligation de tous leurs
biens & de ceux de leurs hoirs, meubles & immeubles, prefens & aduenir,
qu'ils & chacun d’eux endroit foy foufmirent & foufmettent, ‘ts ce du
cout à luftice vendre & exploiter par Nous, nos Succefieurs , Preuofts de
Paris, & par toutes autres luftices & Iurifdiétions où ils pourroient eftre
fceus ou trouvez. Et renonceront en ce faifant: expreflément lefdites par-
ties par leurfdits fermens & foy, à toutes exceptions, & deceptions, fa -
des, barats, cautelles, cauillations , à tout droit efcrit & non efcrit, canon
& ciuil, vs, files, couftumes des villes, places & lieux, & à toutes autres
chofes generalement quelconques que l’on pourtoit faire, dire, propofer ou
alleguer contre ces prefentes Lettres, l'effet, teneur & execution d'icelles,
& au droit difant, generale renonciation non-valoir. En cefmoin de ce
Nous, à la relation defdits Notaires, auons mis le fcel de ladite Preuofté
de Paris à ces Prefentes, qui furent faites & pañlées doubles, l'an de gra-
ce mil quatre cens quatre-vingts-quatre, le Vendredy vingtiefme Aouft.
Ainf figné, A. Satun & Pichon.
Confirmation des Prinileges des Capitaines , Chappelains , Concierges, &°
autres Officiers du Chaftean gy° Bois de Vincennes.
és par la grace de Dieu Roy de France: Sçauoir faifons à
tous prefens & à venir hous auoir receu humble fupplication des Con-
cierges, Chapelains, Capitaines, Gatenniers, Sergens, Portiers, & autres
Officiers de noftre Chaïtel, Parc & Garennes du Bois de Vincennes, &
des Religieux, Prieur, & Conuent des Bons-Hommes dudit Parc, conte-
nant , Que dés long-temps a aucuns de nos Predeceffeurs Roys dé Fran-
ce, pour l'amour & affeétion qu’ils auoient audit Chaftel & Parc, firent &
ordonnerent pour les Officiers qui demouroient audit lieu pour la garde
d’iceluy, pluñeurs beaux Priuileges defquels la teneur s'enfuit. Charles
par la grace de Dieu Roy de France : Sçauoir faifons à tous prefens & à
venir, Nous auoir veu les Lettres de feu noftre ttes-cher Seigneur & Pere
ue Dieu abfoille, contenant la forme qui s'enfuit. Charles par la grace
e Dieu Roy de France : Sçauoir faifons à cous prefens & à venir, Que
nous confiderant que noftre Chaîftel & Garenne du Bois de Vincennes
prés de Paris, ont efté édifiez & ordonnez ‘par nos Predeceffeurs Roys de
France, & que en iceluy lieu nofdits Predecefleurs leurs Compagnes &
Enfans, nous & iceux de noftre Sang d’ancien temps auons eué fpe-
ciale affeétion , y conuerfer & repairer fouuentesfois, & plufieurs d’iceux
y ont efté nez & nous aufli y fumes nez, & y prifmes & receufmes le:
dit Baptefme. Confiderans aufli que ledit lieu à efté & eft un des nota:
bles & principal.lieu de la demoure & refidence de nofdits Predeceffeurs,
148 4 6ù
Aonf.
443 OBSERVATIONS SYR LHISTOIRE
148 4. &le a principal lieu qu'ils ayent eh & que nous ayons pour réfidence
prés de noftre bonne Ville de Paris; & il Toit ainfi que audit lien ayent
cfté & foient ordannez plufeurs Officiers, comme Concierge, Chapelains,
Garenniers, Sergens , Portiers, & autres Officiers ; & les Religieux, Prieur
& Conuent des Bons-Hommes, lefquels il fau de iour 8 de nuit vacquer &
entendre à l’execution de leurs Offices, Ordonnances & Gouuernement
de noftredit Chatel, & pour ce Nous, à la fupplication defdits Concier.
ge, Chapelains, Garenniers, Portiers, Sergens, & autres Oficiers & Reli-
gieux, qui par Ordonnance Royale ont efté au temps pañlé, & feront au
temps à venir mis, cftablis & inftituez en noftredit Hoftel, tant feulemenr
en leur faueur , & à ce que plus diligemment & loyaument eux entendent à
leurs offices, & à ce que commis leur eft & fera au temps à venir de nof-
tre grace fpeciale, certaine fcience & authoriré Royale, & en noftre ioyeux
aduenement, ayons d’abondant prins & mis, prenons & mettons en nof-
tre fauuc & fpeciale garde & proteétion, & leur auons oétroyé & oétroyons
par ces Prefentes, que eux & chacun d'eux, & leurs fuccefleurs Officiers
dudit lieu de ladite Ordonnance, tant feulement foient & feront francs,
quittes & exempts de toutes tailles, feruitutes & exactions, & autres rede-
uances quelconques, & aufli des impofitions, cinquiefme du fel, treiziefme
du vin, ou autres aydes & fubuentions quelconques ordonnées ou à ordon-
ner, tant pour la deliurançe de noftre tres-cher Seigneur & Pere , donc
Dieu ait l'ame , comme de fes hoftaiges de faire genfdarmes ou autres che-
yauchées quelconques de durées, 8 marchandifes que eux vendront ou
ont vendu de tout le temps pafilc iufques auiourd’huy en noftredit Hoftel,
& appartenances, fans & que eux & leurs fuccefleurs deflufdits puiflenc
cftre ou foient contraints par quelque maniere aux chofes deflufdites, ne
à aucunes d’icelles, par les commis &' deputez ou à deputer, cueïllir &
receuoir, ne par quelconques autres nos gens ou Officiers, ou de nos fuc-
ceffeurs, nonobftant autres graces, priuileges ou libertez oftrayez par nos
predeceffeurs ou Nous aufdeflus nommez. Si donnons en mandement par
ces Prefentes à nos amez & feaux Conftillers les gens de nos Comptes à
Paris, les Gençraux, Treforiers ordonnez ou à ordonner fur le fait def-
dites impofitions , fubfides & autres chofes deflufdites, & à tous autres
il appartiendra , que de noftre prefente grace & o@roy, faflent & laif-
ent iouyr & ver paifiblement les deffufnommez & leurfdits fucceffeurs
cfdits Offices, & contre la teneur d'’icelle, ne les moleftent ou contrai.
gnent au temps à venir en aucune maniere. Et pour ce que ce foic ferme
chofe & ftable à toufiours, Nous auons fait mettre à ces Lettres noftre
fcel, fauf en autres chofes noftre droit & l’autruy en toutes, Donné en
noftre Hoftel prés Saint Pol lez Paris, l’an de grace mil crois cens quatre,
au mois de Luin; lefquelles Lettres deflus tranfcrites & tout le contenu en
icelles Nous auons agreables , & icelles louons , greons , ratifions & ap-
prouuons, & par la teneur de ces Prefentes de grace fpeciale, pleine puif-
fance & auhorité Royale confirmons, en oétroyant de nouuel audit Con-
cierge, Chapelains, Capitaine, Garenniers , Sergens , Portiers & autres
Officiers de noftredit Bois de Vincennes, & aufdits Prieur & Conuent des
Bons-Hommes , que eux & chacun d’eux & leurs fuccefleurs, qui pour le
temps à venir feront demourans en noftredit Bois & Chaftel, foienc francs,
quittes & exempts de routes tailles, impofitions , quatriefme, & d’autres
aydes & fubuentions. quelconques qui ont eù, ont & auront cours pour le
fait de nos guerres, & autrement en quelque maniere que ce foit, fans
qu'ils foient ou puiffenc eftre tenus ou aftraints d'en payer aucune chofe,
ne y contribuer aucunement; & de ce par ces mefmes Lettres iceux &
chacun d’eux declarogs: eftre ou auoir eftc au temps pañlé francs, quittes, &
exempts,
DV ROY CHARLES VIII 449
exempts, & encore en tant que meftier eft; les en affranchiflons, quittons 14 8 4.
& exemptons entierement. Si donnons en mandement à nos amez & feaux
- Gens de nos Comptes & Treforiers à Paris, aux Generaux fur le fair def.
dits Aydes , aux Efleus à Paris fur ledit Ayde, & à tous nos autres Iufti-
cicrs, Officiers, & Suiets prefens & à venir, & à chacun d’eux, fi comme à
luy appartiendra, que de noftre prefente grace, quittance , donation, de-
claration & exemption faflent, fouffrent & laiflent nofdits Officiers, ferui-
tours, & autres demourans, & que pour le temps paflé prefent & à venir,
ont demouré, demourent & demoureront en noftredit Chaftel & Bois de
Vincennes, iouyr. & vfer pleinement & paifiblement, fans les contraindre,
ne fouffrir eftre contraints, moleftez ou empefchez , ou mis en noftre
. main, leur mettent ou faflent mettre tantoft & fans delay à pleine deliuran-
ce. & hors de tous plaids & procez meus & à mouuoir, & pendans en
._ quelque Cour, ou en quelque maniere que ce foit, & autres empefche-
mens, s’aucuns en auoit à la caufe deflufdite, defquels plais & procez les
oftons & mettons hors par ces mefmes Prefentes, & auecque ce à tous nos
Jufticiers & Officiers fur ledit fait, interdifons toute la connoiffance, fans
que plus ne s’en entremettent en aucune maniere , en impofane fur ce
filence perpetuel aux Fermiers, Commis, à noftre Procureur ; & à tous au-
tres.orcs & pour le temps à venir. Et afin que ce foit ferme chofe & fta-
ble à toufiours, Nous auons fait mettre noître féel à ces Prefentes, fauf
en autres chofes noftre droit & l’autruy en toutes. Donné à Paris au mois
de Juin , l'an de grace mil quatre cens quatre , & de noftre regne le
vingt - quatre. Lefquelles Lettres deflus tranfcriptes & de cout le contenu
en icclles ayant agréable, Nous les loons, ratifions & approuuons, & par la
teneur de ces Prefentes de grace fpeciale, pleine puiffance & authorité
Royale, confirmons , loons.& ordonnons que lefdits Concierge , Chape-
Jains, Capitaine, Garenniers, Sergens , Portiers, & autres Offciers de
noftredit Bois de Vincennes, & les Prieur & Conuent des Bons - Hom-
mes dudit Bois, 8 chacun d'eux & leurs Succefleurs , qui pour le temps à
venir feront demourans en‘noftredit Chaftel, ioyflent: & hot pleinement
&pailiblement és temps à venir defdits Priuileges , franchifes, libertez,
& autres chofes en icelles contenuës, comme ils en..ont jouy & ufc le
temps pañle juftement & deuément. Et afin que ce foit ferme chofe & fta-
ble à toujours: Nous auons fait mettre noftre Séel à ces Prefences, fauf en
autres chofes noîftre droit, & l’autruy en toutes. Donné à Paris au mois
d'Oétobre, l'an de grace mil quatre cens quatre-vingts-un, & de noftre re-
gne le vingt-neuuiéme. Lefquels Supplians depuis noftre aduenement à la
Couronne & Nous eftans audit Chaftel & Parc Nous ont humblement fait
fupplier & requerir que lefdits Priuileges ainfi par nofdits prédeceffeurs à
cux donnez, aumofnez & confirmez leur voulfffions de nouuel donner
& confirmer, & les chofes en iceux Priuileges auons pour agréables, Pour-
quoy nous les chofes deflufdites confiderées , inclinant fauorablement à la
fupplication & requefte defdirs Supplians, voulans iceux eftre entretenus
$& gardez en leurfdites franchifes, libertez & Priuileges, à iceux Supplians
auons les Priuileges deflus declarez , confirmez & confirmons, & louez,
ratifiez & approuuez, louons, ratifions & approuuons:de noftre grace fpe-
peciale, pleine puiffance & auchorité Royale, & tout le content en iceux
auons: pour agreable, pour par lefdits Concierge , Chapelains, Capitaine,
Garenniers, Sergens , Portiers, & autres Officiers de noftredit Bois de
Vincennes, & les Prieur & Conuent des Bons-Hommes d’iceluy Bois, 8
chacun d'eux & leurs fucceffeurs qui pour le temps à venir feront demourans
en noftredit Chaftel, Parc & Bois jouyr,& vfer pleinement & paifiblement,
comme ils en ont joui le temps palfé, iuftement & deuément. Ê ss en
——— 450 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1 4 8 4. mandement par ces mefmes Prefentes à nos amez & feaux Gens de nos Com-
ptes & Treforiers à Paris,aux Généraux & Efleus furle fait des Aydesaudic
Paris, & à tous nos autres Jufticiers, Officiers & Subiers prefens & à venir,
& à chacun d’eux, fi comme à luy appartiendra, que de nos prefens, grace,
don, confirmation & ratification, & de tout le contenu éfdits Priuileges
faffenc, fouffrent & laiflenc lefdits Supplians & leurs fuccefleurs, & chacun
d’eux iouyr & vfer pleinement & paifiblement, fans leur faire mettre ou
donner ni fouffrir eftre fait mis ou donné ores ne pour le temps à venir
aucun ennuy, détourbier ou empefchement au contraire, ains s’aucune cho. :
fe auoit efté ou eftoit faite au contraire, ils le reparent, ou faflent répa-
rer, ramener & remettre tantoft & fans delay à pleine deliurance & au
remier eftac & deu. Etafin que ce foit chofe ferme & ftable à toufours,
Nous auons fait mettre noftre Seel à cefdites Prefentes, fauf en autres cho
fes noftre droit & l’autruy en toutes. Donné en noftre Hoftel des Tour-
nelles à Paris au mois d’Aouft, l'an de grace mil quatre cens quatre-vingts:
uatre, & de noître regne le premier. Ainfi figné, Par le Roy en fon Con-
| il Les ficurs de Maille &‘de Boifly,le Bailly de Meaux, & autres prefens,
Brimon. Vifacontentor Guibereau. Lecfs ad Burellum in Camera Computorwm Do-
mini noffri Regis Parifius, @ per Dominos ibi cxpedits in quantum fupplicantes
rite Cr juffè uff funt, die decima escnfis Nouembris, anno Domini millefimo qua-
dringentefimo oifuagefima quarto.
Lettre de Louys Duc d'Orleans, depuis Louys XII. & Tean Defouuille,
fieur de Torcy, auquel il mande que René Duc de Lorraine le fait
poufer par le Roy, ge ce n'eft qu'une querelle du Duc anec luy, CJ° non
du Roy; il le prie de ne s’y point laiffer farprendre, € de l'affiffer com
me fon parent en [es iufles querelle.
à Boifgeney M ON Coufin, ie me recommande à vous. Le crois que entendez aflez
+ au des pieça les paroles que Monfieur de Lorraine a coufiours dites de
moy , dont les effets, s’enfuiuent à fon pouuoir : tellement que à fon pour:
chas il a amené 4 Roy dedans Orleans, & tellement l'a preffé contre fa
volonté, qu'il a fait défendre à ceux de ma Ville d'Orleans de non me
mettre dedans, auquel lièeu me voulois trouuer deuers luy: il s'eft vanté
d'amener le Roy en cette Ville & à Blois, & de m'en jetter dehors. Et
afin qu’il n’cuft cette peine de mener le Roy en tant de lieux, ie fuis party
de Blois, & fuis venu en cette Ville de Baugency, deliberé de feruir & obli-
ger le Roy: mais de mon pouuair ie me garderay que Monfieur de Lor-
raine ne me iettera plus de mes places.
Mon Coulin, ledit fieur de Lorraine & ceux qui font auec luy vous pour«
roient faire efcrire par le Roy, & vous donner à entendre plufeurs chofes
&c autres que veritables comme auez pu connoiftre qu'il à fait par cy-
deuant : je vous prie que n'y vouliez adioufter foy,& entendre qu'il n’eft
queftion que de partie à partie de Monfeur de Lorraine & de moy. Ie vous
prie & requiers comme mon coufin 8 amy que me veuilliez porter & fa-
uorifer à l'encontre dudit fieur de Lorraine & en coutes mes bonnes que-
relles, ainfi que autrefois m’auez promis : car au regard de moy, ie ne fis ia-
mais ny ne voudrois faire chofe qui fuft contre le Roy. Mon coufin, ie prie
à noftre Seigneur qu'il vous doint ce que vous defirez. Ecrir à Baugency le
trentiéme jour d’Aouft. Voître bon coufin Los: Er fur l'adreffe, 4 mon cow-
fin Monfieur de Torcy. : D RE | |
| .". Pré.for l'original.
14
D %
mm «
DV ROY CHARLES VIII ASI
Autre lettre de Louys Duc d'Orleans, depuis Louys X°II. Roy de France,
2
1 48 4.
au Sencfchal de Carcaflonc , qw'il prie de l'affifier contre René II.
Duc de Lorraine, e5 l'affeére qu'il ne fera aucun traité qw'il n’y foi
compris. oo
ONSIE VR le Senefthal,ie me secommande à vous. Ie vous prié
M que veuiïlliez venir deuers mon coufin de Bosrbon ,ou deuers moy,
pour nous ayder contre les entreprifes du Duc de Lorraine, qui tellement
nous menace, Car vous venu nous feruirons bien le Roy, & de voftre fait
tenez vous {eur que ic l'auray à cœur comme le mien mefme, & ne feray
traité que vous n'ayez eftac & charge, meilleur que celuy que vous auez,
_ Er s’il aduenoit, ce que iene voudrois, que Monfieur de Comminges allaft
de vie à crefpas, ie vous promets que ie tiendray la main, que vous aurez
tous fes Eftats, à quoy j'ay intention de paruenir, & fuis deliberé d'y em:
ployer le corps & les biens ; & pour toutes vos affaires j'y feray toüiours com-
me pour l'un de mes plus grands amis. Monfieur le Sencfchal, ie prie à
noftre Seigneur qu’il foit voftre garde. E/crit à Beaugency le cinquième iour
de Septembre, le Duc d'Orleans, de Milan & de Valois. Bien voftte, Zoys.
Et plus bas, Hernouës. Et au dos cftoit efcrit: 4 Mon/iceur le Senefchal de Car:
re” |
Pris fur l'Original.
Promelfe de René Duc de Lorraine au fieur € Dame de Beanieu de pren-
dre le parti du ieune Roy Charles, ex de l'en féruir enuers &° contre
tous, excepté la perfonne du Roy @ du fier d'Albret, fe déportant de
tout autre traité qu'il pourroit auoir fait auec autres Princes, on qu'il
posrroit faire. | —
Eng’ Duc de Lorraine & de Bar, &c. Comme 1e dés mon icune âge en
enfuiuant mes prédeceffeurs, j'aye eu bon vouloir & affc&ion au bien,
profit, & honneur de la Couronne de France, & par effet l'ay demonftré
dés le viuanc de feu Monfcigneur le Roy Louys que Dieu abfolue, depuis
Le crefpas duquel me fuis trouué en perfonne pardeuers mon redouté Sei.
gneur mon Seigneur le Roy Charles, pour continuer tehfours en mon bon
vouloir, & luy prefenter mon feruice, 8 moy eftant deuers luy & par ef-
et apperceu la grande affcétion & amour que mon tres-cher Srigneur &
coufin Monfcigneur de Beauieu Comte de Clermont & de la Marche, &
ma tres-honorée & redoutée Dame Madame Anne de France fa. fem-
inc, Dame & Comcefle defdits lieux , ont & portent à la perfonne de
mondit Seigneur & au bien de fon Royaume, pour ces caufes & princi-
palement tendant toufours au bien de mondit Seigneur & de fondit Royau-
me, ayant regard à fon bas âge, & pour mieux im'employer de route ma
puiffance au bien & deffenfe de fa perfonne , ay pris & prens bonne, loya-
le & perfeucrante amitic, intelligence, confederation & ferme alliance à
mondit tres-cher Seigneur & coufin , & madite tres - hoporce & redouée
Dame & eulx auffi à moy pour enfemble feruir 8 obcir mondic. Seigneur
ke Roy, & m'employer auec eulx detoute mapuiflance au bien & deffenfe de
luy & de fon Royaume, & conferuation de l'autorité de fi Couronne, pro-
mettant de les ayder enuers & contre couf ceux qui peuuent vise & mou-
Tir, excépté lu pétfonne de mondit Seigneur 1e Roy, fi aucuns y auoit qui
voulfffent greucr, porter préiudice ou sons id mul vn-"x4r ue ou
LLIli
A Boifgency
s. Septembre
148 4;
A Bar le 29e
Septembre
1484.
452 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1 4 8 4. de moy, ou entreprendre fur nos terres, pays & Seigneuries, & de pour.
# Malherbe
Septembre
1484.
chaffer le bien, honneur, eftat & profir l’vn de l'autre de tout mon pouuoir
par tous moyens bons & raifonnables. En moy deportant de toutes autres
conféderations & alliances que pourrois auoir euës par cy-deuant, ou que
pourrois faire pour laduenir à quelques Princes, ou autre perfonne que ce
foit, qui fort ou pourroit eftre préiudiciable à mondit Seigneur le Roy ,ou à
la teneur de ces Prefentes. Et entends comprendre en cefte prefente con-
federation, amitié & alliance mon tres-chèr & amé coufin le Seigneur d’Al-
bret, & promets luy en baïller mes Lettres au cas qu’il me voudra bailler
Lettres pareilles. Promets aufi & iure par la foy & ferment de mon corps,
fur mon honneur, & en paroles de Prince, de tenir inuiolablement, garder
&c accomplir tout l'effet & contenu de ces Prefentes , fans iamais varier ne
contreuenit en aucune maniere : lefquelles Lettres pour atteftation de veri-
té, l'ay figné de ma main, & fait féeller de mon Sécel, armoyé de mes ar-
mes. Donne en ma ville de Bar le penultiéme iour de Septembre, l'an mil ‘
quatre cens quatre-vingts-quatre. Signé, René. Et Séellé.
Eretfion d'une Foire franche en la Ville de Dunauerque.
@ H ARLES par la grace de Dieu Roy de France. Sçauoir faifons à tous
prefens & à venir, Nous auoir reccu l’humble fupplication de noftre
tres-chier & tres-amé oncle & coufin Jacques de Sauoye, Comte de Ro-
mont & de Saint Pol, Seigneur de la Ville & Seigneurie de Dunquerque
au pays de Flandres, contenant que fadite Ville de Dunquerque où il a touc
droit de Juftice & Seigneurie, eft belle, grande, & notable, clofe, auironnée &
deuëment fortifiée 2 murs, tours, foflez & autres manicres de fortifica-
tions, bien populée, & garnie de gros & riches marchands, bourgeois & ha-
bitans, aflife & fituée en pays bon & fertile, au paflaige, chemin, & apport
de plufieurs groîfes Villes, & fur grand Port & À so de mer, auquel abor-
dent & defcendent grand nombre & multitude de denrées, .matchandifes
& richefles, qui par Tefdits marchands & autres, tant de noftredit Royau-
_ me que d’ailleurs frequentans ladite Ville, font pañléès, tirées, & menées,
tant par mer que par terre, en diuers pays & contrées, & à pluficurs foi-
res & marcher, & à cette caufe, & aufli afin que lefdites denrées, marchan-
difes & richeffes foient en plus grand nombre defcenduës & menées par
ledit pays, pour la plus ample prouifion & fourniture d’icelles, le fait &
entrecouts de mathaelifeé mieux, & en accroiflance & multiplication en-
tretenu & contenu, chofe eonuenable, vrile & profitable feroit à noftredit
oncle & aufdits habitans, & toute la chofe publique defdices villes & pays
que en icelle Ville de Dunquerque y euft par chacun an une foire franche
ainfi que noftredit oncle & coufin nous a dit & temonftré en nous hum-
blement requerant’, -qu'atendu ce que dit eft, il nous plaife luy oétroyer &c
créer en fadite Ville ladite foire à icelle eftre cenué par quinzeiours, à com-
mencet au jour & fefte de Monfieur Saint Remy, & que la franchife, droits
& priuileges de ladite foire, en tant que touche la venué & retour des mar-
chandifes d’yne part, autres quinze jours auant le commencement, & au-
tant aprés la fin d’icelle foire, & fur ce en impartir nos graces & liberali-
tez. Pour quoy Nous ce que diceft confideré, defirans le bien_& tranquili-
té de ladite chofe publique, & accroiftre & augmenter à noftre pouuoir de
profit, auantages, prérogatiues & prééminences les terres, Seigneuries 8
Villes de noftredit oncle, en faueur de la confanguinité & proximité de li—
La € en quoy il nous attient, & confideration des grands & recomman-
ables feruices qu'il Nous a faits, faic & continué chacun iour, & que ef:
perons qu'il Nous fera cy-aprés. Pour ces caufes, confderations & autres
rs Le
DV ROY CHARLES VIIl. 45} —
| grandes à ce nous mouuans, inclinans liberalement à fa fupplication & re- 1 48 4.
quefte ,auons fait, créé, eftably, & par la teneur de ces Prefentes, de nof. |
we grace fpeciale, pleine puiflance & autorité Royale, faifons, créons &
eftabliffons vne foire générale, franche en ladite Ville de Dunquerque, à
icelle y eftre cenuë par chacun an manifeftement & publiquement, & qui :
durera par quinze iours entiers continuels & confecutifs , à commencer
audit iour & fefte de Monfeur Saint Remy: voulans & oëtroyans de nof-
cre plus ample grace & autorice que les franchifes, liberrez & priuileges
, de ladite foire durent par ledit temps & efpace de quinze iours aupara-
uant le commencement, & quinze autres iours aprés la fin de ladite foi-
re: en tant que touche la venué & retour des marchands & autres perfon-
nes qui y viendront & s’en retourneront , & leurs denrées, bagues & mar-
chandifes, & que à icelle foire toutes manieres de denrées & marchandi- .
fes licites, honneftes, & non défenduës, & celles que l’on a accouftumé
de mener, vendre & diftribuëér és autres foires des bonnes Villes dudit
pays de Flandres , & par quelconques marchands ou autres perfonnes
foient menées, conduites ou apportées, & en icelles généralement ven-
duës, achetées & diftribuées fans contredit ou empefchement aucun : aufli
ue les folemnitez, ftatuts & ordonnances anciennes accouftumées de gar-
er & entretenir éfdices autres foires defdites bonnes Villes foient à icelle .°
foire, tenant & pendant le temps de ladite franchife de quinzaine parauant,
&c aprés ladite foire inuiolablement obferuées & entretenués felon la forme
_& maniere que d'ancienneté on a accouftume de faire.éfdites autres foi-
res, & auec ce que lefdits marchands ou autres perfonnes quelconques
Fr appartiendra, menans , conduifans , retournans , ou emportans, ou
| aifans mener , reconduire, retourner , ou emporter de ladite foire leurf-
dites denrées & marchandifes, ioïffent & vfent dorefnauant de tels priui-
eges, franchifes & libercez qu’on vfoit d'ancienneté éfdites foires defdites
autres bonne Villes, durant & pendant le temps de ladite foire de Dun-
querque, & par lefdits quinze iours parauant & autant aprés le commen-
cement & fin de l’afliette & tenement d’icelles ; & oultre que noftredir on-
cle & coufin ait & prenne fur lefdites denrées & marchandifes tels droits
& profit que font les autres Seigneurs ayans foires & marchez audit pays,
pourveu qu'il n’y ait à quatre lieués à la ronde autres foires aufdics iours.
Si donnons en mandement par ces mefmes Prefentes aux Baillifs d’ Amiens,
de Tournay & Tournefis, & à tous nos autres lufticiers & Officiers ,ou à
Icurs Lieutenans prefens & à venir, & à chacun d’eux, fi comme à luy ap-
partiendra, que de nos prefentes grace, création, eftabliffement, volonté,
oë&roy, & de tout le contenu en cefdites Prefentes ils faffent, fouffrent &z
laiffent noftredit oncle & coufin & fes fuccefleurs Seigneurs de ladite Vil-
le de Dunquerque, iouyr & ufer pleinement & paifñblement, perpetuelle-
ment & à toufours, fans leur faire mettre, ou donner, ni fouffrir leur eftre
fait mis ou donné ores ni pour le temps à venir aucun deftourbier ou em-
*_ pefchement contraire , lequel fi fait, mis ou donné leur eftoit, faffent
ofter & mettre incontinent & fans delay au premier eftat & deu, & faf-
ent crier & publier audit lieu de Dunquerque , & par tous les autres
Jieux où befoin fera, à fon de trompe, ou autrement , deuément ladite
foire , & eftablir en icelle lefdits priuileges , libertez & franchifes en
la forme & maniere que deflus eft dit: car ainfi Nous plaift-il eftre fait,
nonobftant quelconques ordonnances, reftrictions, mandemens , ou def-
fenfes à ce contraires. Bt afin que ce foit chofe ferme & ftable à couf-
iours, Nous auons fait mettre noftre féel à cefdites Prefences, fauf en
autres chofes noître droit, & l’autruy en toutes. Donnc au Boys Malles-
_ Herbes au mois de Septembre , l'an de grace mil quatre . quacre-
| ii)
454 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1 48 4. vingts & quatre, & de noftre Regne le fecond. Et fur le reply eft ef
crit , Vifa. |
Pres far l'original.
Commiffion an Cardinal de Foix çy à l'Eucfque d'Alby d'aller en Foix,
pour accommoder le differend [ur la prétention de Iean de Foix , Vicomte
de Narbonne, à la Comté de Foix, Bigore ér'c. contre Catherine Reyne
de Nauarre [a niece. |
Du premier jour d'Oéfobre 1484. à Montargs.
V. cy-aprés en Es rs’ derechef conclu le partement de Monfieur /e Cardinal de Foix,
l'année 1455. parcillement de Monfeur d’4/by pour aller en Guyenne, pour lap-
paifement du differend de Madame la Princefle & de Monfieur de Nar-
bonne, & fe doiuent rendre lefdits Cardinal & Euefque d’Alby à Tholo-
fe dans le vingt-troifiéme iour de ce prefent mois, pour traiter l’appointe-
ment d’entre lefdites parties felon leur pouuoir , & articles: defquels pou-
uoir, articles & feüreté du Roy la teneur s'enfuit.
: Le Roy dés-à-prefent prend en fa main le differend eftant entre fa tan.
| »° Madame la Princefle de Vianne , & fa fille fa coufine d’vne part, & fon
Wooufin Meflire Jean de Foix Vicomte de Narbonne d’autre.
Et feront tenués lefdices parties acquiefcer à l'appointement & Ordon-
nance qui s’en donnera par lefdits Eftats, & par iceux Ambafladeurs fera
referé au Roy ce qui aura efté fait en cette maciere: & à celuy à qui par
lefdits Eftats aura efté dit, ap
le Roy à icelles parties tiendra la main de tout fon pouuoir, pour faire
obéir, tenir & accomplir lefdits appointement &iugement à iceluy qui au-
ra tort en cette partie, & baillera à ladite partie ayant léuident droic la
main forte de Gens-d’armes, d'artillerie, & autres chofes neceflaires, en
maniere que lefdites fentences & appointement fortiront leur plein & en-
cier effet , tant de ce qui eft dans le Royaume que dehors: & ainf l'a vou-
lu, ordonné & promis faire le Roy ; & en bailler fes lettres de feureté, &
parcillement Mefieurs d'Orleans & de Bourbon.
Item,le Roy pendant ladite année baillera foubs fa main l’une defdites
cinq places audit de Foix pour la demeure de Madame fa femme; & four-
nira & baillera madite Dame la Princefle trois mille liures pour l’entrete-
nement de ladite Dame femme dudit de Foix durant ladite année que fe
vuidera le differend, & fans préiudice du droit des parties, defquelles trois
mille liures le Roy en baillera mille,
Item, lcfdites parties viendront aufdits Eftats en leur fimple.eftat, &
fans aucuns habillemens de guerre ni autres baftons nuifibles,
Item , le Roy contraindra réellement & de fair lefdites parties à te-
nit ce prefent appointement , & principalement celle qui n'aura voulu ”
obéir,
Item, de ce qui eft dans le Royaume le Roy veut & ordonne que la con-
noiffance du differend fe vuide pardeuant luy, pour amiablement les appoin-
ter fi faire fe peut; & au cas qu'il ne fe puifle faire , fera où fera faire auf-
dites parties raifon & iuftice dedans vn an prochain venant, par la Cour
de Parlement de Paris. | | |
Item, 8 en tant que touche les cinq Places de 4 Comté de Foix, dont
eft procede l’Arreft donné au Grand Confeil du Roy, en enfuiuant iceluy
Artef, lefdices Places préalablement feront mifes en la main du Roy, &
deliurées és mains de tels perfonnages qui feront aduifez par Monfeur le .
ointé, ordonné & iugé, auoir l’euident droit; :
me en — tes Um moe
Cardinal de Foix & Eutfque d’Alby, pour les garder, par ledit Seigneur, 1 4 8 4.
iufques à Senténcé définitiue. | |
Et au regard de Bearn, feront aflembles les Eftats, & en la préfence
des gens notables que le Roÿ de fa part y commettra, féront les enfäns de
la maifon, pour oùit ledit differend, lequel & le dtoit de chacuñe defdiées
parties, fera iugé par lefdits Eftats; & féront lefdits Eftacs en liberté celle
qu'il appartient à Iuges, & en maniere qu'ils n’ayétit caufe de dourer de
nulle des patties, & tenus en vne Ville bien féure audit pis de Bearn. Et
pendant que lefdits Eftats fe tiendront pour decider de là matiere, il n’y
aura point de Gens-d'armes , nÿ dé garnifon audit païs de Bearn; mais de-
meurera le pays en la forme qu'il a accouftumc eftre en témps de paix; &
feront les parties tenuës en bonné feureté par lefdits Eftats, & bailleront
aufli lefdites parties bonne feuteté l’une À l’autte ainfi qu'il féra aduifé.
HaRLES pat la grace de Dieu Roy de France : A tous céux qui ces 4 Menrargé
6: refentes lettres verront, Salut. Comme par plufieurs fois foit venu Hi
à ie connoiffance , que aù moÿén du differend eftant entté noftre tres-
chere & tressamée tanté la Princefle de Viane & fa fille noftre coufine,
d'vne part, & noftre trés-cher & ame coufin Jeari de Foix, Cheualier, Vi-
comte de Narbonne, d'autre, plufeurs grands maux, latcins, pilleries, &
autres infinis inconueniens foient aduenus en noftre Royaume, pays, Sei-
neuries & fubiets ; & pour y obuier ayons pat cy-deuän! faic prendre, fai-
FA & mettre en noftre main les places dont ledit differend-eft encomimen-
cé entre lefdites patties, & depuis interdit & defendu à icélles parties tou-
tes voyes de fait, & otdonné qu'ils retiraflent leurs gens, & les enuoyaf-
fenc en leurs maifons, afin de faire cefler la pillérie que par les genfdits te-
nans les champs, de leur authorité ptiuée, & fans noftre fceu & Ordon-
nance, & qui auouent le fait, & continuent chacun iour de plus en plus,
au moyen de quoy noftre pauure peuple eft fi fort oppreffe & foulé que
plus ne peut: néantmoins nofdits tante, coufine fa fille, & coufn de Foix
& leufdits gens n’ont point ceflé, ni differé de faire la guerre les vns con-
tre les autres; mais là font & continuérnit chacun tout plus afpté que tamais,
&c fonc lefdirs maux, laréiris & voyes de fait, pilletiés, aflemblées de gens
fans authoricé de Nous, &c autres excés en voye dé pullulér & iultiplier
en noftredit Royaume, dont la totale deftruétion de nofttedit pauure peu-
_ple fe pourroit du tout enifüiure, fi par Nous n'eftoit fut cé promprement
pourueu. Povravoy auôns par l'aduis & deliberation de plufeurs Sei-
neurs de noftre fang & lignage, & Gens de noftre eftroit Confeil , con-
clu, aduifé, & delibere enuoyer deuers lefdites parties aucuns grands no-
sables petfonnages , de grande autorité, fages, ptudens &r difctecs, ayane
puifancé de nous dostaiver & faire condefcendre lefdites parties à quel-
que bon appointement, & plufieurs autres chofes requifes .& feruant en
cette matiere, Sçauoir faifons, qué Nous defirans voir icélles pilleries &
voyes de fair cefler, & lefdites parties viure en bonne paix, amour &
vnion ; enfernble pont [4 cres-grande, parfiice & entieré confiance que
Nous auons des perfonnés de héftre rtes-chier &c cres-athé ébufii le Gar
dinal de Foix, & de noftre arné a feal coufin l'Euofque d’Aïby , & dé léuë
fens, difcretion, expérience , coriduire ; l6yané, préudHômmié & bénne
diligénce, à-icoux pour ces Caufés & aucfes à éé Nous motuans, & par
Paduis & délibération que deflus , auons donié & donfibns pat cés Prefeh-
tés ,pleif pouuoir& auchôrité dé eux ttanfpoftet pardeueïs' les perforinés
de nofdits tartes, la Princelle fa fille noftté toufihe & lédit. Meflite Iean
de Foix noftre coulin, pour par éux, & appéllez auéc eux, s'il voyeht qua
bon foie , écl ombre de Gens, tant de noftre Coùr :de-Parlémont dé Tho-
456 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1.48 4. lofe, que autres qu’ils aduiferont, traiter, appointer , tranfiger & accorder
2484.
l'appointement final de cout ce dont eft queftion entre lefdites parties ou
tel autre appointement qu'ils pourront & qu'ils aduiferont pour le mieux,
d’abolir, quitter, remettre & pardonner tous cas, crimes & malefices quel+
conques, qui à caufe dudit differend , & depuis iceluy encommencé, fe
font ou pourront eftre enfuiuis ; de rendre & faire rendre & reftituer les
places, maifons, cheuances, & biens-meubles , à ceux à qui l'on les auroit
oftez, pris & rauis tant d’yn party que d'autre depuis ladite guerre com.
mencée, & à caufe d’icelle. Et au cas qu'ils ne pourront faire condefcen.…
dre lefdites parties à faire lefdics appointemens tant final que autre, les fe.
ront condefcendre à entretenir l’appointement par efcrit contenu en cer-
tains articles fignez de noftre main, que Nous auons baillez à nofdits cou-
fins les Cardinal de Foix & Evefque d’Alby. Toucefois quand ils feront
pardelà, s'ils trouuoient que lefdires parties fiflent quelques difficulcez fur
aucuns poinéts contenus éfdits articles, ou fur tous iceux articles enfem-
ble, Nous entendons qu'ils en faffent & appointent tout ainfi qu'ils verront
en leur confcience eftre à faire pour le mieux; & à iceux nos coufins, Nous
auons donné & donnons derechef plein pouuoir & authorité par cefdices
Prefentes, en cas de refus, de faire entierement obéir lefdites parties à ce
qu’ils auront aduifé & appointé; enfemble de faire vuider & ms 2 les
gens de Guerre, & les enuoyer en leurs maifons auec telle conduite que
bon fera, foit par main armée, affemblée de nos gens de Guerre, de nos
Ordonnances, Arriere-ban, gens de Plat-Païs, de Charroy, artillerie, vi-
ures, & toutes autres chofes en cels cas requifes, & qui par eux feront ad-
uifées, tellement que la force & autorité Nous en demeure, & généralement
faire en cette matiere entierement ce qu’ils verront eftre à faire pour la pa-
cification & appaifement d’icelle , en maniere que en l’une des façons cy-
deffus concenuës ledit differend foit appaife , la pillerie oftce, & lefdits
Gens-d’armes enuoyez, & tout ainfi que ferions , & faire noie. fi pré-
fens en propre perfonne y eftions, promettans en bonne foy & parole de
Roy auoir agréable, ferme & ftable cout ce que nofdits coufins & dé-
putez aura efte fait en cette partie, fans jamais aller ou venir, ne faire aller
ou venir aucunement au contraire, & de confirmer, ratificr & approuuer
toutes fois que meftier fera ou requis feront. En temoin de ce Nous auons
figné ces Prefentes de noftre main, & icelles fair feeller de noftre féel.
Donné à Montargis le deuxiéme iour d'O&obre, l'an de Grace mil. qua-
tre cens quatre - vingts- quatre , & de noftre Regne le deuxième. Ainf
figné, Charles. Et I. Mefme. |
Articles de François Duc de Bretagne apportez 44 Roy Charles VIII.
> par Monfieur de Vienne, par 4 uels sl offre au Roy de renouueller les
| traitez faits auec luy, s'il le iuge neceffaire-pour fon [éruice.
2. re/ponfe que le Dac she 6 fait au Roy. Dit que pour ce quelque
mauuais rapport qui luy aic efté fait du Roy, il n’a point veü d'effet au
contraire des appointemens faits & iurez entre eux. Il defiretoufours auoir.
la bonne grace du Roy, & eftre fon tres-humble féruiteur. . .
_ Etfile Roy à eu imagination, ou doutoit que de la part du Duc y eufi,
eù aucune faulte ;le Duc pour plus grande confirmation defdits appointe-
mens, & monftrer fon ban vouloir enuers le Roy, eft content que denou-
ucau lefdits appointemens foient d’vn cofté & d’aultre renouuellez & iurez
tout ainf qu'ils onc efté faits premierement, A
.. Et quand il plaira au Roy enuoyer deuers le Duc aucun qui foit feable,
au
: DV ROY CHARLES VIII 257- ,
au Roy, ou que le Duc luy enuoye quelqu'un de fes gens pour l'informer . 1 4 8 4.
plus à plein de l'incention du Roy;,le Duc le fera volontiers. .&c laura trés.
agréablé.. 2"; ES Vu er —
. Et fi.ce fait il plaift au Roy faire aucune demonftratiôn de fiance & de
bienpeillance au Duc, & fon plaifir foit l’employer en quelque chofe, le
Roy le trouuera toufours difpofé de luy faire. tout plaifr, & feruice.
| cuirs co: A Pré fur POrigimal 1
Traité entre le Roy Charles VIII. és les Seigneurs ex Eflats de
_. 2 Bretagne pour le ‘confirmation de leurs Prinilegess
( HARLES per la grace de Diéu.Roy de France. Comme à noîftré Sa: 4 monergis
y cre, en. enfuiuant les Jouables, couftumes. & anciennes obferuations de D AR
nos predecefleurs Roys de France, Nous auons-promis .& iuré folemnel: Fr
vingts-hormmes d’afmes dudit pays, defquels Seche" v I charge
# n M m
458 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
44 8 4. aufdits Seigneurs, Jm, Pour le gouuernement principal dudit pays &
a |
Duché, Nous ordonnerons & eftablirons vn notable perfonnage par l’ad-
uis & confentement des Eftats dudit pays. rem, Que à la garde des prin.
cipales places & forterefles dudit pays Nous mettrons & deputeronsles Sei.
gneurs & Nobles d'iceluy tout ainfi que | lefdits fieurs & Eftats dudit
pays fera aduifé, lefquels Nous feront ferment de bien & loyaument les
Nous garder. Item, Au cas que la Duchefle furuiue aprés le trefpas du
Duc, Nous luy entretiendrons, deliurerons, & ferons iouir paifiblement de
tel douaire & eftac qu’il fera aduifé par les Seigneurs & Eftats dudit Du-
ché de Bretaigne: aufi promectons d'entretenir l’eftat des Duchefles fem-
mes des Ducs precedens ainfi qu'il a efté accouftumé, & qu'il fera aduifé
par lefdits Seigneurs. & Eftats dudit pays, Jrem , Que aux filles du Duc
Nous conftituerons & donnerons bon & grand mariage, comme il appar-
tienc à filles de telle maifon, ou plus grand qu’il n’eft de couftume, & ainfi
que par lefdits Seigneurs fera aduife. Jr, Si le cas prefuppofé auenoir,
Nous promettrons & iurerons à noftre entrée à Rennes d’entretenir & gars
der les points & chofes deflufdites & autres que les Ducs ont atcouftumé
de iurer; & au cas que bonnement ne pourrions Nous tranfporter audit
lieu, Nous à ce faire enuoyerons & ordonnerons aucun Prince de noftre
Sang, ou autre grand perfonnage pour faire ledit ferment, & accomplir
les chofes en tel cas requifes, lequel aprés Nous ratifierons & confirme-
rons és mains d’iceux qui par lefdits fieurs & Eftats feront enuoyez de-
uers Nous tout ainfi & par la forme & maniere que par eux fera aduifé.
Et au cas que Nous ou nos fucceffeurs aurions plus d’un fils, Nous auons
voulu & déclaré, voulons & déclarons que l’vn d’eulx fuccede à ladite
Duché de Bretaigne ainfi que par lefdits Seigneurs & Eftats fera aduifé,
Item, S'il y à aucunes autres chofes que les deffufdices qui foient necef-
faires & vtiles pour le bien defdits pays & Duché, Nous auons promis &
promettons les accorder & pañler ainfi qu’il fera aduifé par les deflufdits
prefens & autres Seigneurs dudit pays & Duché abfens & Eftats d’iceux
Er befoing & meftier en fera. Toutes lefquelles chofes & chafcune
icelles, Nous par la foy & ferment de noftre corps & en paroles de Roy
auons promis & promettons entretenir , garder & accomplir, fans pour
quelconque caufe venir au contraire du contenu en ces Prefentes, lefquel-
les Nous auons fignées de noftre main, & fait féeller de noîftre féel fe-
cret. Donné à Montargis le vingt-deuxiéme iour d'O&tobre, l'an de Gra-
ce mil quatre cens quatre-vingts-quatre , & de noftre Regne le deuxiéme.
Signé, CHarLes. Et féelle, & en queuë, Lebert. |
Prés fur l'original en parchemin.
Promeffe de diners Seigneurs de Bretaigne faite au Roy Charles VIII.
de le reconnoifire pour Souuerain aprés le deceds du Duc François , à
condition d'etre maintenus en tous leurs droits, libertez éx° franchifa.
À Nantes 28. JE An Sire de Rieux, Iean du Perrier Sire de Sourdiac, Piere de Ville.
Oâobre 1484.
Blanche Sire de Bront, & Iean le Bouteillier Sire de Maupertuis. Com-
me Nous foyons deuément informez que noftre fouuerain Seigneur le
Roy doit fucceder à la Duché de Bretaigne en deffaut d’hoirs so ve aprés
le trefpas du Duc qui eft de prefenc, & ce par bon & iufte titre & évi-
dent droit , & que ladice Duché, Seigneurs, Nobles, & autres habitans
d’icelle pourroient eftre,le cas auenu, en grands & merueilleux affaires &
necefhrez, fi de bonne heure & par bons auis & moyens n’eftoit à ce pour-
_ ucu, Et Nous ces chofes confiderées, defirans de tout noftre pouuoir le bien,
DV ROY CHARLES VIIL 459
authorité & prééminence de ladite Duçhé, aufli les droits, libertez & fran-
chifes des Seigneurs, Nobles, villes & habitans d'icelle, & generalement de
tout le pays. & Duché de Bretagne, eftre gardées, entresenués & inuiola-
blement obferuées; & aufli bien faichans & auertis que foubs la main, gou.
uernement, proteétion & feigneurie naturelle de noftredit fouuerain Sei-
neur le Roy auquel Seigneur ladite Duché doir appartenir comme il a efté
ke. feront iceux Duché, Seigneurs, Nobles & habitans mieux entretenus
& guidez : pour certe caufe, Nous fommes tirez vers ledit Seigneur, & luy
auons remonftré l’eftat & affaires dudit Duché, comme il eft plus à plein
contenu es articles fur ce par Nous baillez audit Seigneur, luy fuppliant
tres-humblement qte pour les caufes deflufdites &: autres fon quil fuft
Nous accorder le contenu d’iceux: ce que de fa grace, par grande & meu-
re deliberation ledit Seigneur Nous a liberalement concedé , comme il
peut apparoir par les Lettres qu’il a commande Nous eftre fur ce depef.
chées. Ercomme il foit tres-raifonnable & pour le bien des ........ expe-
dient & neceflaire que Nous declarions audit Seigneur le defir & affection
que Nous auons de le feruir & obéir en toutes chofes à Nous poffibles,
mefmement à paruenir à ladite Duché & poffeflion d’icelle au cas deffuf.
dic: Nous Iean, Scigneur de Rieux, Marefchal de Bretagne, Iean du Per-
rier Sire de Sourdiac, Pierre de Ville-Blanche Sire de Bronx, Iean le Bou.
teillier Sire de Maupertuys ...... auons iuré & promis, iurons & promet-
tons par la foy & ferment de noftre corps la leauté, obciffance & feruice
que nous deuons au Roy noftre Souuerain Seigneur, que Le cas fuppofe ad.
uenu Nous mettrons nos corps & nos biens, & emploirons tous nos alliez,
amis & fuiets & toute noftre puiflance au feruice dudit noftre Souuerain
Seigneur, & mefmement à l’enfaifiner & faire iouir comme vray Duc &
Seigneur de la Duché & pays de Bretagne aprés le crefpas du Duc qui
eft de prefenc en deffaut de hoir mafle defcendant de luy , & aufli que
noftredit Souuerain Seigneur Nous tiendrons & reputerons pour noftre
naturel Seigneur & Duc de Bretagne , & comme à tel obeirons de tout
noftre pouuoir comme bons & loyaux fuiecs font tenus deuément fai.
re vers leur naturel & Souuerain Seigneur, fans iamais dire ny faire le con,
traire. Et s’il aduenoit que aucun Prince, Seigneur, ou autre voulfift d’icelle
Duché prendre le titre ou nom , ou par quelque moyen ou couleur s’ef-
forçait ke s’en cnfaifiner, Nous en ce cas auons iuré & promis, iurons &
promettons fur noftre honneur, & obligeons nos corps & tous nos biens
comme deflus, que Nous luy refifterons de tout noftre pouuoir, & par tous
moyens à Nous poffibles, fans iamais entendre ny confentir à luy, ou luy
donner aueu, ny obeïr pour quelque raifon ou caufe que ce foit. Promet.
tons aufli & iurons comme deflus que par quelque appointement que Nous
faifions auec le Duc, Nous ne enfraindrons aucunes chofes des deflufdites,
& pour quelque raifon ne Nous departirons de la promefle que Nous auons
faite & iurée au Roy. Toutes lefquelles chofes & chafcune d’icelles Nous
auons iuré &c promis, iurons & promettons comme deflus entretenir, gar-
der-pour Nous & pour ..... fans iamais venir au contraire, En tefmoin de
ce Nous auons figné ces prefentes Lettres de nos mains, & faic fécller du
féau de nos armes, Donné à Nantes le vingt-huitiéme iour d'O&obre
mil quatre cens quatre-vingts-quatre.
Pris fr une ancicune copie eférite du temps mefin.
AL)
MMn F
1 48 4.
460 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
ne À SE à Lettres d'amitié, confederation e9° alliance entre Pierre fieur de Beanien c9*
fe femme Anne de France, & ceux des Trois Membres de Flandres.
A Montargis IzrRrE de Bourbon, Comte de Clermont & de la Marche, Scigneur
$ Le de Beauieu, & Nous Anne de France , Comtefle de Clermont & de
jé Ja Marche, Dame de Beauieu, Comme nos tres-chers & tres-fpeciaux amis
ceux des Trois Membres de la Comté de Flandres puis nagueres ayent fait
declarer la finguliere affcétion qu’ils ont de feruir & obeïr noftre tres-re-
doute & Souuerain Seigneur le Roy, & noftre tres-redoutée & Souucraine
Dame la Royne, comme feurs bons & leaux fubiets, pour le bien de noftre-
dit Seigneur & Dame, du Royaume, & de noftre tres-honoré Seigneur &
tres-amé neueu le Duc Philippes Comte de Flandres, & de ce ils veuïllent
bailler leurs Lettres d'obligation & fcellé, ce que ledit Seigneur a eù tres-
agreable, Comme du tout auons efté à plein informez, & toft aprés les def-
fufnommez Nous ayent fait fçauoir qu'ils defirent auoir & entrer en bon-
ne amitié, intelligence & alliance auec Nous, & qu’il foit ainfi qu'entre les
autres Seigneurs & Puiflances du Royaume lefdits Trois Membres de Flan-
dres puiffent autant eux employer au feruice de noftredit Seigneur le Roy,
au bien aufli & entrctiennement de fa Couronne, que autres grands Per-
fonnages dudit Royaume, Pour ces caufes , & afin que Nous auec eux,
& eux auec Nous puiflions mieux nous employer au feruice du Roy, bien
& vtilié de la chofe publique du Royaume, dont fommes defirans &
deliberez fur toutes autres chofes de ce monde, aufli faire plaifir, &
Nous employer pour noftredit tres-honore Seigneur & tres-amé neueu le
Duc Philippes, Comte de Flandres, en toutes chofes poflibles & raifon-
nables , Nous auons pris & prenons auéc eux wraye G bonne amitié, in-
telligence G* confederation ferme G ffable alliance, 8 eux auec nous, pour en-
femble feruir & obéir noftredit Seigneur le Roy & le Royaume, & Nous
employer au bien & honneur de noftredit tres-honoré & tres-amé neucu.
Jurons aufli par la foy & ferment de nos corps, & promettons en parole
de Prince & de Princefle que de tout noftre pouuoir Nous entretiendrons
noftredit neueu le Duc Philippes Comte de Flandres, aufli nos tres-chers
& tres-fpeciaux amis lefdits des membres & le pays de Flandres en la
bonne grace, vnion & recommandation du Roy, & les aiderons, fauorife-
rons & aflifterons enuers & contre tous ceux qui s’efforceront faire ou por-
ter dommage à noftredit tres-honoré neueu luy eftant en bonne obeïffan-
ce, amitié & intelligence auec le Roy; ou à fon pays & Comté de Flan-
dres, & aufdits des Membres, ou qui par quelque voye ou moyen que ce
foit voudroient entreprendre fur la Garde & Gouuernement de luy & du-
dit pays contre la volonté & intention d’iceux defdits Membres. Promet-
tons aufli & iurons comme deflus que toutes fois que requis en ferons,
nous declarerons amis & alliez des deflufdits des Membres & pays de
Flandres tous Princes , pays & communautez dont par lefdits de Flan-
dres feront requis, & d’aider l’vn de nous à l'autre enuers & contre tous
eux qui peuuent viure & mourir, excepté toutcfois la perfonne dudit
Seigneur, fi aucun en y auoit qui voulfiffent greuer & porter preiudice ou
dommage à nos perfonnes, biens , honneurs & eftar, & neantmoins de
pourchaffer l’accroiflement du bien, honneur & vtilité les vns des autres
comme bons amis & alliez doiuent & font tenus de faire par tous moyens
poflibles & conuenables. Et s’il vient à noftre notice aucune chofe qui foit
ou puft cftre au preiudice defdits dès Trois Membres nos amis & alliez,
icelle Nous leur notifierons à coute diligence. Réferuons aufli exprefié-
ment que fi en cette amitic, confederation & alliance aucuns des Princes
Dv ROY CHARLES VIIL 46
hbs älliez & confederez veulent entrer & eftre comprins, que du bon: gré
& confentement defdits des Trois Membres nos alliez, ils y foient recèus
I 4 $'4
dedans le terme d’vn an, À commencér du date d’auiourd’huy, en eux oblis
geant & baïllant leur féellé éomme Nous, & léfquels en cé cas Nous y re-
ceuons. Lefquelles chofes & chacune d’icelles Nous iurons & promettons
par la foy & ferment de noftre corps, en parole de Prince & de Princeffe,
_ tenir, obferuer, & inuiolablement accomplir & garder tout l'effet & con-
. tenu de ces Prefentes, fans sa quelque occafion ou caufe y contreuenir,
lefquelles pour plus grande fermeté Nous auons fignées de nos mains, &
fait féeller du Sceau de nos armes. Donné à Montargis ce vingt-cinquiéme
jour d'O&tobre l'an mil quatre cens quatre-vingts-quatre. Signé de la main
propre, Pierre, Anne de France. Lefdites Lettres féellées de deux petits
Scaux de cire rouge pendans à bandes de parchemin remplis des efcuffbns
des armoiries de France & de Bourbon. | | .
Türé des memoires de la Chambre des Comptes de l'Ifle.
Lettre de Charles VIII. Roy de France 4 Maximilien Duc. d'Anfri.
che , par laquelle il luy declare que far l'auis qu'il a ch qu'il tafthoit de
s'emparer du pays e° des villes appartenans à Philippe Comte de Flan-
dres pour auoir la Gardenoble de ce Prince, il s’eff uni d'amitié y con-
féderation auec luy, contre tous ceux qui voudroient entrepréndre [ur [a
perfonne , ex [es L® , © en mefme temps le fomme de remettre les cho.
fes. en l'eflat qu'elles effoient anant la furprife faite de la ville de Terre
monde.
CC HaARLESs par la grace de Dieu Roy de France, &c. A noître tres-
A Montaryis
cher & tres-amé pere & coufin Maximilien * Duc d’Auftriche, falue 27: Décembre
& dileétion. Noîftre tres-cher & tres-amé frere & coufin le Duc Phi-
lippe Comte de Flandres, par l’aduis & déliberation de ceux de fon Sang
& de fon Confeil Nous a Éi remonftrer, comme en faifant & concluant
le Mariage de Nous & de noftre tres- chere & tres-amée compagne la
Royne voftre fille, ait aufli efté traité fait, conclu & accordé paix perpe:
tuclle, amour & union entre feu noftre tres- cher Seigneur & Pere, que
Dieu abfoille, Nous, nos Royaumes, Pays, Seigneuries, & fuiers d’vne
part, vous noftredit frere & coufin, voftre fils, & les Eftats des Pays &
Seigneuries à luy appartenans d'autre part, par lequel traité ait efté ex-
prefflément dit que vous, nous & noftredit frere & coufin le Duc Philip-
pe Comte.de Flandres , ferions tenus de nous aider, fecourir & aflifter
l’un à l’autre enuers & contre tous ceux qui quelque chofe voudroient en-
treprendre fur l'Eftat & perfonnes de nous & de noftredit frere & cou-
fin le Duc Philippe Comte de Flandres, aufli fur noftre Royaume, ou fut
les Pays, Terres & Seigneuries & Sujets de l’un ou de l’autre de Nous.
Et depuis, à l’occafon de certain differend qui eft furuenu entre vous &
ceux dudit pays de Flandres touchant la Mainbournie * de la perfonne
& biens de noftredit frere & coufin le Duc Philippe & de fondic Pays &
Comté de Flandres qui font de noffre Royaume, fuicts de Nows C* de la Couron-
ne de France, comme de leur Souuerain Seigneur, iceluÿ voftre frere &
coufin, lefdits de fon Sang & du Confeil & Membres de fondit pays de
Flandres , par l’aduis defquels, fous le nom de noftredit frere & coufin le
Duc Philippe, fe font & defpefchent, & ont accouftumé fe faire & def-
pefcher toutes les affaires dudit pays de Flandres, vous ont offert & fait
offrir la voye de iuftice, c’eft à fçavoir que fur tout ce que voudriez pre-
cendre, demander & quereller auditpays & Comté de dre , foit droit
m ii)
148 4.
* N« Duc, @
non Archiduc.
* AI. Gardéa
noble.
1484.
Souueraineté
du Royaume
de France [ur
le Comté de
Flandres.
Suvprile de
NES à
par Maximi-
den en 1484.
462 OBSERVATIONS SYR LHISTOIRE
de Mainbournie de la perfonne & biens de noftredit frere & coufin ie
Duc Philippe, ou autre droit quelconque que voudriez pretendre, ils of.
froient en refpondre, & efter à droit pardeuant Nous C7 les Pers de France,
vu en noftre Côur de Parlement, aufquels la cognoiflance & reflore en
appartient & dois appartenir, atrendu que lefdits Pays & Comté de Flan-
dres font du Royaume de France, yne des principales & anciennes pair.
ries d’iceluy f#iets en Souueraineté 4 Nous G° 4 noffre Ceuranne. Confideré auffi
que feuëé notre mere & coufine Marie mere de noftredit frere & coufin
le Duc Philippe, & de laquelle il eft principal heritier, eft allée de vie à
trefpas en la ville de Bruges, qui eft de la Souueraineté & reflort de nof.
ré ns Cour de Parlement & de noftre Royaume. Lefquelles offres vous
ont fouuent efté faites & réirerées de bouche & par efcrit en aflemblées
publiques en la ville de Bruxelles par nos Ambañladeurs envoyez deuers
vous & noftredit frere & coufin le Duc Philippe, & depuis à laflemblée
de Terremonde où eftoient aucuns Cheualiers de la Toifon d’or, & au-
cuns vos Commis & Ambaffadeurs : laquelle voye de juftice vous n’auez
voulu accepter , mais auez commencé & attente voye de fair, en fouftra-
hant & vous efforçant de fauftraire la ville de Terremonde & autres de
l’obeïflance de noftredit frere & coufin plufieurs Villes & places fortes:
de fondit Pays & Comté de Flandres. Nous ait auffi efté remonftré com-
ment ceux du pays de Flandres ont efté la caufe principale defdits traitez
de Paix & de Mariage, & font ceux qui de leur part les veulent & defi-
tent entretenir, & auec ce il eft bruit aflez commun que aucuns de vos
Gens fement & font courir voix & parole que fi vous auiez une fois fub-
iugué ledit pays de Flandres, que voftre intention eft de recouurer par
force & puiflance d'armes, à l’aide des ca nos anciens ennemis, les
Pays & Seigneuries qui par ledit traité de Paix appartiennent à nous & à
noftredite compagne la Royne. Pour lefquelles confiderations, & pour
obuier aux inconueniens qui en pourroient auenir, & poutueoir à la feu-
reté cant dudit pays de Flandres que des autres parties de noftre Royau-
me, nous auons derechef puis nagueres pris & receu en union, amitié &
conféderation auec vous noftredit frere & coufin le Duc Philippe pou
luy, ceux de fon Sang & de fon Confeil, enfemble lefdics trois Membres,
ê& generalement tout fon Pays & Comté de Flandres nos Suiets, & auons
promis leur aider, aflifter & donner faueur & fecours de gens, & autre-
ment contre tous ceux qui par voye de fait voudront entreprendre fut
l'eftar & garde de la perfonne de noftredit frere & coufin le Duc Philip.
pe, & fur le Gouvernement de fondit pays de Flandres ; lefquelles pour
tant qu’il nous peut toucher comme Seigneur Souuerain, Nous auons par
nos autres Lertres eù agreables, approuué & auétorifé en tant que befoin
en feroit. Nous ont encore auec ce remonftré que la querelle par vous
pretenduë d’auoir la garde & Mainbournie de la perfonne & biens de nof-
tredit frere & coufin touche direétement noftredite Compagne , qui eft
feule fœur & heritiere apparente de noftredit frere & coufin en tous les
Pays , Seigneuries & autres biens éfquels voulez pretendre & quereller
droit. Et combien que comme Seigneur Souuerain dudit Pays & Comté de
Flandres euflions tant à vous que aufdits de Flandres par nos Lettres à vous
prefentées par Lyonnois noftre Officier d’Armes, defendu la voye de fair,
neantmoins depuis aucuns briefs iours en çà aucuns de vos gens, par voftre
charge, font venus en ladite Ville de Terremonde eftant de l'ancien he-
ritage & Domaine de noftredit frere & coufin, & par emblée ont trouué
moyen de gagner la porte & entrée de ladite Ville; & incontinent vous
en perfonne, à grande compagnie de gens de pied & de cheual, y eftes en-
tré à puiflance d’Armes, & y auez fait & fouffert faire cous exploits de
DV ROY CHARLES VIlli. 46;
guerre & hoftilité, tuer 8& meurtrir plufeurs dès pauures habitans, buti-
ner & piller leurs biens & maifons, combien qu’ils ne doutaflent eftre en
DES
1 48 4
guerre ni inimitié contre vous, & que iamais n’euflenc efté par vous fom- .
mez & requis. Et difent en outre lefdits de Flandres eftre bien informez
que tendez à leur nuire & porter dommage le plus que pourrez par voye
. fait & exploit de guerre, fans vouloir reparer ce que par vous &:vos
gens y a efté fait, en Nous requerant humblement, veu qu’ils font de
noftre Royaume & nos fuiets, que Nous, enfuivant jes traitez deflufdits,
leur veuïllions donner faueur , fecours & ayde. Pourquoy Nous ayans re:
ard aux chofes deflufdites, lefquelles confiderées, & mefmemenc l’éffre
& la iuftice où ils fe font mis, ne pouuons, fauf noftre honneut, aban:
donner noftedit frere & coufin,ni ceux dudit pays de Flandres, par l’ad-
uis & deliberation des Princes & Seigneurs de noftre Sang & gens de
noftre grand Confeil, vous aduertiflons des chofes deflufdites , & vous fi-
gnifions & declarons par ces Prefentes que Nous auons pris & receû, pre:
nons & receuons noftredit frere & coufin pour luy, lefdits de fon Sang &
Confeil eftans lez luy, & les gens des Trois Membres, & le General de fon
pays & Comté de Flandres, en noftre vnion, amitié & confedefation en-
uers & contre tous ceux qui entreprendront par voye de fait fur l'Eftat &
garde de la perfonne de noftredit frere & coufin, & le gouuermement de
fondit pays de Flandres. Si vous prions @* requerons, G neantmoins [ommons
par ces Prefentes, que vous defiftiez defdites voyes de fait, & ne attentiez,
ne faites ou fouffriez attentér chofes quelconques qui font contre ni au pre-
iudice de noftredit frere & coufin & de fondit re ni contre l’'Eftar &
garde de fa perfonne, ni dudit gouuernement de Flandres qui s’eft fait
ou fera pour le temps à venir fous fon nom, & par l’aduis defdits de fon
Sang & Confeil & des deflufdits des Membres de Flandres, & que ce que
par vous ou les voftres aura efté fait, attenté, ou innoué, tant en la furpri-
fe de ladite Ville de Terremonde que en toutes autres voyes & exploits
de Guerre, & tout ce que par vous ou les voftres ou fous voftre adueu
s’en feroit enfuiuy, le repariez & remettiez en toutes chofes au premier
cftat. Et fi par voye de iuftice vous pretendez aucun droit de Mainbour-
hie ou autres fur la perfonne & biens de noftredit frere & coufin, Nous
vous offrons de vous adminiftrer ou faire adminiftrer fi bonne & briefue
juftice, que par raïfon vous deurez eftre content: & fi autrement le fai-
tes, & continuez en ladite voye de fait, ou differez de faire reparer ce
qui a efté attenté à la furprife dudit Terremonde & autrement, Nous vous
fignifions & declarons dés maintenant & pour lors que en Nous acqui-
tant ainfi que tenus y fommes par les moyens deffufdits, Nous donne-
rons ayde, fecours & faueur de tout noîftre pouuoir à noftredit frere & cou-
fin & ceux de fon Sang & Confeil, & defdits Membres & pays de Flandres
contre vous & tous ceux qui en cette maticre vous aideront & aflifteront.
Sur quoy Nous vous requerons nous faire refponfe par Guyenne ce pre-
fent porteur , lequel enuoyons expreflément pardeuers vous pour cefte
caufe. Donné en nofître Chaftel de Montargis le vingt-feptiéme iour de
Décembre. Signé, CHARLES. Et plus bas, Gemont, auec paraphe.
Tiré des memoires de la Chambre des Comptes de l'1fle.
Reuocation du Domaine alienë.
HarLes par la grace de Dieu Roy de France: À nos amez & feaux
C Confeillers les Gens de nos Cours de Parlement & de nos comptes,
Threforiers de France, & à tous nos Baillifs, Senefchaux, & autres nos iuf-
ticiers & Officiers, ou à leurs Licutenans ou Commis, falut & dile&tion.
A Montersh
27. Decembre
148 4.
1484.
Pareilles Let-
tres eh 1483,
V. p. 353.
464 (OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
Comme tantoft aprés noftre nouucl âduenement à la Couronne, en trai-
tant des faits & affaires de noftre Royaume auec les Princes & Seigneurs
de noftre fang & lignage & autres grands & notables perfonnages de nof-
tre Confeil, Nous aduertis des grandes alienations qui du viuant de feu
_noftre tres-cher Seigneur & Pere que Dieu abfoille auoient eftc faires ‘de
noftre domaine, dont par ce moyen plufieurs grandes charges & oppreflions
cftoient aduenuës à noftre pauure peuple, euflions par l'aduis & delibera-
tion des deflufdits voulu & ordonné reprendre & remettre en nos mains
toutes les parties & chofes qui auoicnt efté ainfi alienées de noftredit Do:
maine du viuant de noftredit feu Seigneur & Pere, & depuis le trefpas de
feu de bonne memoire le Roy Charles VII. noftre aycul, dont Dieu ait l'a
me, nonobftant quelconques dons qui auparauant en auoient efté faics à per:
fonnes quelconques, où pour quelques caufes ou occafons que ce fuffent
ou puflent eftre, & fur ce euflions décerne nos Lettres Patentes lefquelles
ayent cfté bien & deuëément executées & notifices en maniere que nul n’en
peut pretendre iufte caufe d’ignorance : mais neantmoins puis nagueres- Nous
auons entendu que plufeurs de ceux qui auoient eù don de noftredit ‘feu
Seigneur & Pere defditeschofesaliences, par Icursgrandes importunitez og
autrement, ont trouué moyen de obtenir de Nous certaines Lettres, les
aucunes confirmatiues de leurfdits dons, & les autres pour :auoit la iouyf-
fance d’iceux à certain temps, & aufli aucunes autres ont obtenu nouueaux
dons d’autres piecés de noftredit Domaine. Et pource que vous gens de
hofdires Cours de Parlement, de nos Comptes & Threforiers,cn vous con-
duifant vertueufement, & acquittant vos fermens & loyautez enuers Nous
comme vous deuez pour le bien de Nous & de noftredit Domaine, en
ardant &.entretenant noftredite Ordonnance, n’auez voulu verifier lefdites
Le & dons, alienations ou confirmations d’iceux, les aucuns des defluf:
dites qui n’entendent que à leur profit particulier ont, comme l’on dit, dere-
chef obtenu autres Lettres reiceratiues des premieres, lefquelles ils ont feu.
lement dirigées & fait adrefler à aucuns de nos Confeillers de nofdites
Cours de Parlement, de. vous Baillifs & Senefchaux, vos Lieutenants , où
autres Commiflaires particuliers à pofte, & fous ombre & couleur d’icel-
les qui font contre les Ordonnances faites fur le fait de noftre Domaine .&
de nos Finances, s'efforcent encore tenir & occuper pluleurs des Terres,
Seigneuries & membres de noftredit Domaine, & qui plus eft fe ingerenc
pouruoir & nommer à plufieurs de nos Offices éfdites Terres & Scigneuries
tant de iudicature, recepte,que autres, en entreprenant grandement con-
cre nos droits & authorite, & auec ce de iour en jour font couper, vendre
&c adenerer nos Bois & Forefts, prennent & rauiflent le plus apparent re-
uenu defdites Terres & Seigneuries , tellement que par ce moyen elles
feroient en voye d’eftre par long-temps comme de nulle valeur, laquelle
chofe eft direétement venir contre noftredite Ordonnance, & icelle ren-
dre illufoire & de nulle efficace & valeur à noftre grand intereft & dom-
a SL & plus feroit fi prouifion n’y eftoit par Nous fur ce faite & donnée
ainfi que dit & remonftré Nous a efté. Povraovoy Novs, ces chofes
D noftredite Ordonnance auoir lieu, & fortir effet pour le
bien de Nous & de nos Royaume, pays & fubiets, & fur ce derechef eù ad-
uis & confeil auec lefdits Princes & Seigneurs de noîftre fang & autres gens
notables en grand nombre toutes & chacunes les Lettres deffufdices par
lefquelles pourrions auoir confirmé, continué, ou donné de nouvel aucu-
nes des Terres & Seigneuries, membre & portion de noftredit Domaine
alienées depnis le trépas dudic Charles VII. noftre ayeul à quelques per-
fonnes que ce foit, & pour quelconques caufes, occafons, tiltres & moyens
qu'elles ayent efté oétroyées, font à perpetuité, à vie, à temps, ou autre-
ment,
bDv RoY CHARLES VIII. 46$
ment, enfemble l'effet & contenu d’icelles, & tout ce qui s’en cft enfuy,
jons reuoquées , caflées & adnullées , reuoquons, caflons & adnullons,
& mettons du tout au neant de noftre pleine puiffance & authorité Royale
par ces Prefentes; & aufli auons café & reuoqué , caflons & reuoquons
toutes commiffions qui auroient efté ou {eroient par Nous adrefces à quel-
ques perfonnes particulieres autres que nofdires Cours de Parlement, Cham-
bres des Comptes, & auons adnullées & adnullons toutes execurions qui
auroient cfté ou feroient cy-aprés faites par vertu d'icelles , fans ce
que au moyen, ne fous couleur defdites Lettres pofé ores * que les aucu-
nes par inaduertance ou autrement ayent efté verifiées, ou expediées , au-
cuns fe puiffent attribuer droit ne titre éfdites chofes, ne les fouftraire de
noftre main , ains icelles, autant que befoin eft, y auons derechef & d’a-
bondant repris & remis, reprenons & remettons de noftredite pleine puif-
fance & authorité Royale, & aufli voulons & ordonnons que tous lefdits
dons &'nominations qui ont efté faits de nofdirs Offices par les defluf:
dits, enfemble les dons par Nous faits à caufes d’icelle nominations, foient
& demeurent nuls & de nulle valeur. Si vous mandons & enioignons à
chacun de vous, en commettant où il appartiendra , que tout le conte-
nu en cefdices Prefentes vous gardiez &c envreteniez de point en point felon
leur forme & teneur , fans enfraindre, ne venir au contraire en aucune
maniere, & en ce faifant faites par nos Threforiers & Receueurs ordinai-
res qu'il appartiendra prendre & receuoir Îles deniers & reuenu defdites
Terres & chofes deffufdites tout felon & ainfi que fait a efté d’anciennete,
8 mefmement auparauant le trefpas dudit feu Charles VII. & à ce faire
& fouffrir contraignez & faices contraindre réâument & de fait tous ceux
qui pour ce feront à contraindre par toutes voyes & manieres accouftu-
mées de faire pour nos propres befognes & affaires,en y procedant en ma
tions ou appellations, clameurs de Haro, & doleances quelconques faites
ou à faire, pour lefquelles ne voulons eftre aucunement differé. Et au
es = ;
1 4 8 4»
* al. encore:
niere que l’authorité Nous en demeure nonobftant ce que deflus, et |
furplus faites lire & publier cefdites Prefentes chacun ‘de vous en vos
Cours & Iurifdiétions, &c ailleurs où il appartiendra, en.maniere que nul
n'en puifle pretendre caufe d'ignorance, voulans que au Vidimus de cef-
dites Prefentes foy foit adiouftée comme au prefent Original. Donné à
Montargis le vingt-feptiéme iourmde Decembre, l'an de Grace mil quatré
cens quatre-vingts & quatre, & de noftre Regne le fecond. Ainf figné,
Par Le Roy en fon Conjtil, Monfeigneur le Duc de Lorraine, les Comtes
de Clermont , de Brefle, de Vendofme; les Sires de Grauille, de lIfle,&
d’'Argenton, Meffieurs Eftienne de Vefc Bailly de Meaux, Pierre d'Orio-
le premier Prefident, & Jacques de Contier Viprefident “des Comptes,
Jean Bourre, Jean Denoir, & Charles d'Orgemont, Cheualiers, Threfo-
ricrs de France, Maiftres Pierre l'Orfeure, Iean Martin, Oliuicr le Roux,
Maiftres defdirs Comptes, & pluñeurs autres. Pierre Robineau, Leéfa, pm-
blicata G* regiffrata Parifius 1" Parlamento decima die Ianwarit 4n70 Domini
millefimo quadringentefimo otuagefimo quarto. CHARTELIER- Similiter let,
publicata G* regiffrata in Camera Computorum Domini nofiri regis Parifius die de«
cima quarta menfis Januarii anno fapradicto Le Blanc.
En
NNa
— 466 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1484.
sé Remonftrances du Duc d'Orleans , depuis Louys XII. du nom, Roy de
France, faites an Parlement par la bouche de fon Chancelier , con-
tre les defordres de l'Eflat @r le Gounernement de Madame de
Beauies. |
Extrait des Regiftres du Parlement.
Du Lundy 17. Iansier 1484.
lement afflemblées, les Maiftres des Requeftes de l’hoftel , les Gens
des Requeftes du Palais, & les Aduocats & Procureur General du Roy
vindrent en la Cour, Monfeur /e Duc d'Orleans , Monfieur le Comte æ
Dunow, & le Sieur de Richebourg, lequel Monfieur Duc d'Orleans dit qu’il
eftoit venu en la Cour pour luy remonftrer aucunes chofes, lefquelles il
auoit chargé à Maiftre Des le Mercier fon Chancelier d’expofer à ladite
Cour. Ce fait iccluy le Mercier dit, comme mondit fieur le Duc d’Or-
leans eft la feconde perfonne du Royaume, le plus prochain parent du
Gouuernemers Roy , & fon tres-humble feruiteur ; auffi que le Roy l’a inftitué Lieutenant,
gen Due Capitaine & Gouuerneur de Paris, de l’Ifle de France, & de Champagne
voit dans 8 Brie, & qu'en ladice charge & autres chofes qui or toucher le
Ryssme. Bien du Roy & de fon Royaume, il a efté & s’eft coufiours deliberé de fe
conduire par le bon confeil de la Cour, & d'y feruir loyaument de cour
{on pouuoir. |
… Et pour ce qu’il void aucun defordre és matieres qui font de prefenr,
dit que toft aprés le decés du feu Roy, mondir fieur d’Orleans , Mon-
fieur de Bourbon, les Ambafladeurs du Duc de Bretagne , & autres Prin
Eflats Geme. CES & Seigneurs fupplicrent au Roy qu’il fift affembler les trois Eftats de
+ #45 4 fondit Royaume, pour par leurs aduis, confeil, & deliberation , donner
ordre & prouifion aux chofes touchant & regardant le bien, feureté, & en-
trecenement du Roy, & de fes Suicts en vous eftats, laquelle Affemblée
fut fort empefchée par aucuns qui vouloient, comme encore veulent auoir
le Gouuernement du Royaume, & de la perfonne du Roy. Les Eftats de
tout le Royaume affemblez à Tours, fugent follicicez par ceux qui vou-
loient auoir le Gouuernement & toute l’authorité, cendans à leurs fins par-
ticulieres: mais pour ce qu’on vit leur bon vouloir, & qu'ils vouloient al-
ler droit en befongne, ils furent depuis menacez, dont mondit fieur d'Or.
lcans, quand il le fceut, fut tres-déplaifanc, & fit dire aux Gens defdits Ef-
tats qu'ils ne craigniflent rien, & deliberaflent faintement pour le bien du
: Royaume, tant fur le fait de la Juftice, pour les libertez de l'Eglife, &
d'empefcher que l'argenc ne fuft porté à Rome comme on auoit Fait aupa-
rauant , que pour le foulagement du peuple, & qu'ils n’cuflent regard qu’à
bien faire pour chofe qu'on leur ER , ou perfuadaft , & par le moyen
de mondit Seigneur lefdit Eftats firene de grandes, belles & profitables
Betsrefte. CONClufons,ainfi que chacun fçait. Ils cindrent le Roy pour aagé, & fut dit
sions des Ef. QU'au Royaume il n’y auroit autre Gouuerneur que le Roy, & qu’il com-
Fam sb manderoit par la deliberation de fon Confeil toutes chofes neceflaires tant
ail de Iuftice & Finance, qu’autres chofes. Mais il n’en a efté rien tenu, ains a
cfté le tout rompu, & n’a efté le Roy obey, mais a efté le tout fait par
Madame de Bcauieu & fes adherans, laquelle s’eft vantée qu’elle tiendra
le Roy en Bail, & en aura la garde & le gouuernement iufques à ce qu'il
ait vingt ans accomplis, & fe fonde fur aucunes Couftumes qu’elle die
cftre celles qu’vne fille de douze ans & audeflus peut tenir fon frere en
48 4.
17. lanuier CC E iour Meffieurs les quatre Prefidens, & toutes les Chambres de Par.
|
DV ROY CHARLES VIII. 467
Bail iufques à ce qu'il ait vingt ans accomplis, lefquelles Couftumes elle dit 1 4 8 4e
eftre en aucuns des pays de ce Royaume; & pour mieux vfer de fon authori-
té a mis en fes mains tout le fait des Finances. Etcombien que les fommes
des Tailles oétroyces par les Eftats tenus à Tours , ayent efté fpecifiées &
declarées,& que l’on ne puft ni deuft affeoir fur les peuples, autres ni plus
grandes fommes que celles qui auoient efté otroyées & accordées, & que les
gens defdits Eftats euflent dez l’année pañlée donne au Roy, outre la fomme
-accordée, trois cens mille liurestournois, pourluy fubuenir à la defpenfe qu'il
luy conuenoit faire pour fon Sacre & Couronnement,& autres fes affaires : sacre du Roy,
neantmoins la defpenfe de l’année paflée monte trois à quatre cens mille p. s-#efw.
liures tournois plus que tour le reuenu de ladite année. Ainf pour y four-
nir & aux penfons & bienfaits qu'a oétroyez madite Dame de Beauieu,
qu'elle veut entretenir, pour ce a conuenu & conuiendra affeoir fur le peu-
ple ,outre l'oétroy defdits Eftars, dix ou douze cens mille francs, & feront
par ce moyen les Tailles prefque aufli grandes qu’elles eftoient au temps
paflé. De plus madite Dame de Beauieu a pris le ferment des Gardes, ce
qu’elle ne doit faire, & ne doiuenc les Gardes auoir ferment qu’au Roy Les Gardes du
feul, & fonc cellement animez & conduits, que nul Prince ni Seigneur che
n’ofe approcher la perfonne du Roy, & tient le Roy en fubiection , & n’eft 1 fout
point en fa liberté, A cette caufe mondit Seigneur d’Orleans s’eft retiré
en cette ville de Paris où eft la Cour de Parlement & la luftice fou-
ueraine du Roy, & à efcrit au Roy qu’il s’en vienne en cette ville où
il fera en liberté , & où il pourra auoir bon & notable Confeil felon
lequel il pourra conduire toutes fes affaires ; & fi aucun le veut empef-
cher de venir en cette ville, & d’eftre en fa liberte, il eft deliberé d’em-
ployer fa perfonne, tous fes parens, amis, & alliez, & tous fes fuiets pour
mettre la perfonne du Roy en liberte, & l’ofter de fubietion ; 8& pour ce
mondit Seigneur d'Orleans requiert & prie la Cour qu’elle veuille auoir
égard en cette matiere au bien du Roy & de fon Royaume, & faire telle-
ment que le Roy vienne en cette ville de Paris, & qu’il fafle & ordonne
des faiéts du Royaume par le Confeil de la Cour , & des autres notables
Scruiteurs des Roys fes Pere & ayeul. Et afin que la Cour connoifle que
mondit Seigneur d’Orleans ne veut & ne defire auoir le Gouuernement du.
Roy, ny du Royaume, fi madite Dame de Beauieu fe veut reculer d’en-
tour la perfonne du Roy de dix lieuës, il eft content de s’en retirer de qua-
rante, & ne delire finon que les chofes foient conduites par bon confeil ,
& ne veut point eftre à l’entour du Roy, ou s’il plaift au Roy qu'il voife
auprés de luy, il ira à tout un Page feulement, ou s’en ira en fon pays au
bon plaifir du Roy; & feroit bien vrile que fi meftier eft que le Roy fift af-
fembler derechef les Eftats de fon Royaume pour par leur Confeil donner
fur tout bon ordre & prouifion. Et ne fe doit la Cour émerueiller fi mondit
Scigneur d’Orleans fait dire ces chofes, car l’on a ofté au Roy fes Cham-
bellans qui luy auoient efté baillez par le feu Roy fon pere, & par la Rey-
ne * fa mere que Dieu abfolue, & l’on a voulu les outrager, & attenter à + Chariots
leurs perfonnes iufques en la Chambre du Roy , & qui ne cft on à ma- ée Sans.
chine en la perfonne de mondit Seigneur le Duc d’Orleans, ainfi qu'il fe-
ra bien prouué & monftré quand temps & lieu fera ; & qui plus eft le feu
Seigneur du Lait dic & declara qu’il auoit eù commandement & charge de
tuer mondit Seigneur d'Orleans , & dit que mondit Seigneur d’Orleans en
a efcrit au Roy, & en enfuiuant l'offre qu’il a fait à l'Hoftel de ville de
Paris, fera volontiers bailler à la Cour par efcrit les remonftrances qu'ila :
fait faire prefentement, & fignera de fa main ; & requis ledit le Mercier à
mondit Seigneur d'Orleans qu’il aduouaft ce qu’il luy auoit fait dire, ce que
fit mondit Seigneur d'Orleans. |
Se
® nÆ:
Nan i]
1 48 4.
Refponfe du
Parlement.
Paroles de
François Com-
te de Dunok.
363 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
Par Monfeur le premier Prefident à efté dit que le bien du Royaume
confifte en la paix du Roy & de fon peuple, qui ne peut eftre fans l'vnion des
membres dontles grands Princes font les principaux, à quoy Monfieur d'Or
Jeans doit bien auoir égard. Par quoy, & non pas pour refponfe, mais par
exhortation, à dit à mondit Seigneur d’Orleans, qu’il doit bien .penfér en
ce qu'il a fait dire & propofer, & aduifer que la maifon de France foit par
luy maincenuë & entretenuë fans diuifion, &-ne doit adioufter .foy aux
rapports qui luy pourroient eftre faits, Et quant à la Cour , elle cft infti-
tuée par le Roy pour adminiftrer luftice, & n'ont point ceux de la Cour
l'adminiffration de guerre, de finances , ni du fait G gounernement du Roy, ni
des grands Princes; 8 font Meflieurs de la Cour de Parlement, gens Clercs
&c lettrez pour vacquer & entendre au fai& de la Juftice; & quand il plaie
roit au Roy leur commander plus auant, la Cour luy obeiroit; car elle à
feulement l'œil & regard au Roy qui en cft le chef, & fous lequel elle eft;
CG par ainfi venir faire [es remonffrances à la Cour, C faire autres exploirs
Jens le bon plaifir € exprés confentement du Roy, ne fe doit pas faire. Et en
en enfuiuant l'offre faite de bailler par efcrit, s’il plaift à mondit Seigneur
d'Orleans, il le fera, & ce fait la Cour bien afflemblée y deliberera, & au
furplus y fera felon la deliberation qu’elle en aura faite.
Ledit Maiftre Denys le Mercier a dit, que Monfeigneur d’Orleans eft
venu à la Cour comme à la iuftice fouueraine, qui doit auoir l'œil & re-
gard fur les grandes affaires du Royaume ; & que la Cour doit tant faire
que le Roy s'en vienne en cette ville de Paris, & qu'il foit en [on liberal
arbitre, hors de toute fubietion, de tous les Princes, & de Madame de
Beauicu, & n'entend point qu’on ofte rien à Madame de Beauieu, mais
qu’elle ait des biens beaucoup; & entend Monfcigneur d'Orleans que la
Coùr aduertifle le Roy de ces chofes, & pareillement madite Dame de
Beauieu; & peut-eftre quand elle fera bien aduertie par la Cour, quelle
fe retirera, & ne veut mondit Seigneur d’Orleans pañler plus auant fans
auoir le confeil de la Cour, & prie la Cour qu'elle veuïlle trauailler pour
le bien du Royaume, & obuier à tous inconueniens , 8 qu’il foit feeu du
Roy s’il eft content d’eftre ainfi qu'il eft.
Mondit Seigneur le Comte de Dunois a dit, que la Cour a bien connu
&c connoift la maifon d’Orleans & les Pere & Ayeul de mondit Seigneur le
Duc d’'Orleans, & les Parens de fa maifon, & les grands feruices qu’ils
ont faits au Roy & à la Couronne de France, & y ont employe corps &
biens; & iamais n'eft aduenu au Royaume guerre, diuifion, ni autres in-
conueniens par la maifon d’Orleans, & a mondit Seigneur le Duc d’Or-
leans & tous ceux de fa Maifon auffi bon vouloir de feruir le Roy & fon
Royaume , que Prince qui foit viuant ; & quand il plaira au Roy que
mondit Seigneur d’Orleans voife deuers luy, il y ira auec un Page feule-
ment, & ne demande auoir aucun Gouuernement ny authorite, & eft con-
rent de s’en aller en fa maifon, & n’approcher de la perfonne du Roy, iuf-
ques à ce qu’il ait vingt ans accomplis qu’il pourra commander & ordon-
ner des affaires du Royaume, & eft & fera toufiours preft de bien & loyau-
ment feruir le Roy. Et dit que les chambellans qui avoient efté baillez au
Roy, luy ont efté oftez, & s’ils ne fe fuffent abfentez, ceux des Gardes les
cuflent outragez, & en furent menaflez; & encore fur dic que fi mondit
Seigneur d’Orleans les vouloit fouftenir, qu’on attenteroit à fa perfonne,
qui ne fonc pas chofes à tolerer ny fouffrir, & à quoy l’on doit bien met-
tre ordre & prouifion; & peut bien connoiftre la Cour que mondit Seigneur
d'Orleans a bien caufe de faire ces remonftrances, & ne demande autre
_ €hofe finon que le Roy foit en fa liberté, & que les affaires du Royaume
foient traitées & gouucrnées par bon & notable Confeil; & ne pourroit-on
Pia Re mm me —
me —_—
DV ROY CHARLES VIII. 469
micux faire pour tout appaifer, qu'afflembler les Eftats du Royaume, & les 1 4 8 4.
bons feruiteurs des feus Rois Pere & Ayeul du Roy, que Dieu abfolue, & |
pouruoir à cout par leurs aduis & deliberations,
Du dix-neuniéme Tanuier 148 4. toutes les Chambres affemiblées.
Er iour a eflé leu en pleine Cour lé rapport fait par le Greffier de
Jeans, de ce que propofa Lundy dernier Maiftre Denys le Mercier
Confeiller du Duc d’Orleans , en la prefence dudit Duc, & a efté deliberé
qu’auant que faire aucune refponfe , la Cour éferita au Roy noftre Sire,
Pauertira , & luy enuoyera ledit rapport figné dudit Greffier, & que pour
éette caufe iront vers ledir Seigneur Meflire Iean de la Vacquerie, Cheua-
. Hier, Premier Prefident, Guillaume de Cambray, Iean Simon , Raoul Pi-
chon, & Ican Petlieu Confeillers, & Robert Thibouft Aduocact du Roy
cn ladite Cour.
Lettres de Roy Charles VIII. par lefquelles il veut que Lacques de
Sanoye, fieur de Romont, Marie de Luxembourg [a femme, €
Frangçoife de Luxembourg [œur de Marie, [oient compris an Traité
d'Arras. |
Eee LES par la grace de Dieu Roy de France: A rous ceux qui ces 4 mrelum as.
_j préfentes Lettres verront, Salut. Srawoir faifons que comme puis na- 1ansier1454.
guctes,en traitant par Nous de plufieurs grandes matieres & sites de 7: 9.
noftre Royaume où cftoient pluñeurs des Seigneurs de noftre Sang & Li-
gage & gens de noftre Confeil, noftre tres-cher & tres-ämé oncle &
coufin Jacques de Sauoye, Comte de Romont & de Saint Paul, & noftre
tres-cheré & tres-amce tante * & coufine Marie de Luxembourg fa com- * Elle eftois
paigne, tant pour eux que pour & au nom de Francçoïfe de Luxembourg fl de Marie
noftre coufine, lefdites Marie & Françoife filles & heritieres de feu noftre PA
coufin Pierre de Luxembourg & de Marguerice de Sauoye noftre tante, lorre mere du
en leurs viuans Comtes de Saint Paul, de Ligny & de Brienne, Nous ayent Rey
fait dire & remonftrer que à caufe de droite & legitime fucceffion leur
competent & appartiennent les Comtez dudit Saint Paul, Brienne, & plufeurs
autres Comtez, Terres & Seigneuries queleurs | hr dont ils ont le
droit & aétion ont par cy-deuant tenués 8 pofledces, & que iaçoit que en fai-
fant le traité de la paix dernierement faite entre feu noftre tres-cher Sei-
gncur & Pere que Dieu abfoille pour nos Royaume, pays, Seigneuries &
fubiets d’vne part, & noftre tres-cher & tres-amé pere & coufin le Duc
d’Auftriche, noftre tres-cher & tres-amé frere le Duc Philippes fon fils,
les gens & eftats de leurs pays & cerres euflent par les Ambaffadeurs
& deputez defdics Ducs & Eftafs de leurfdits pays requis & prié noftre-
dit feu Seigneur & pere,que ladite Marguerice dé Sauoye noftre tanre &
tefdites Marie & Françoife de Luxembourg fés filles fuffent comprinfes
audit traité, & que en ce faifant elles rerournaflent à teurs biens; & que
ncantmoins par les députez de noftredie feu Seigneur & Pere, au moyen
des ports & faucurs que auoient enuers luy & lefdits deputez les dggten-
teurs des biens des deffufdits, & à ce que iceux deprenteurs eufenc
encore la iouïffance defdits biens, fat differé, & refpondu que nofdites
tante & coufne veufue & fille dudit feu Pierre de Luxembourg noftre cou-
fin ioiroient du benefice de la paix, referué que pour lors ne retourne-
roient à leurs biens, mais en pourroient faire pourfuite deuers noftredit
feu Seigneur & Pere & Nous quand bon leur fembleroit: pour laquelle
| Se NNai
470 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
1 4 8 4. poufuite faire, & pour obtenir deliurance defdits biens, nofdits pere &
frere d’Auftriche & les gens de leurs pays & Seigneuries Nous ont depuis
tres-inftamment fupplié & requis par grands & notables Ambaffadeurs
qu'ils ont enuoyé par deuers Nous pour cette matiere, Nous fuppliant &
requerant que en ayant regard à la proximité, fanguinité & lignage’ donc
iceluy noftredir oncle de Romont & ceux de la maifon de Luxembourg,
à laquelle eftoit allié par Mariage auec ladite Marie de Luxembourg noftre
tance, & aufli aux dons & tranfports tant de confifcation que autrement,
ui par feu noftredit Seigneur & Pere auoient cfté faits defdics biens, &
Le noftre coufin le Duc Charles de Bourgongne, tant à la conclufion de la
treue de neuf ans faite auec luy que à la prinfe dudit feu Loys de Luxem-
bourg, que aufli aprés L'Arreft , declaration de conffcation & Sentence
prononcée contre ledit feu Loys de Luxembourg, defquels dons & tranf-
_ ports ainfi faits par noftredit feu Seigneur & Pere defdits biens à feu nof-
tre coufin de der LE 208 pour luy & les fiens dont il ioït iufques à fon
trefpas, qui les laiffa à feu noftre coufine Marie de Bourgongne fa feule fille
& heritiere, dont nofdits oncle & tante de Romont ont le droit & ation,
au moyen d’autres dons & tranfports, que d’iceux biens, elle confideranc
les alienations & tranfports faits à feu noftredit coufin le Duc fon Pere
tous & chafcuns iceux biens en quelque maniere qu’ils luy puflent com-
peter & appartenir, ou que aucun droit où ciltre luy fuft acquis en iceux
tant & au moyen defdies dons , que à caufe defdits Ja que feu noftre-
dit coufin le Duc Charles de Bourgongne fon pere y prerendoit, donna,
ceda, quitta, & tranfporta à feu noftredit coufin Pierre de Luxembourg
&c à ladite Margucrice de Sauoye fa femme pere & mere de noftredite tan-
te de Romont, heritiers dudit feu Loys, pour en ioïr entre leurs hoirs,
fuccefleurs & ayans caufe comme ils firent de ce apparoir par les Lettres
d'icelle noftredite coufine , au moyen defquels dons , tranfports & autres
droits acquis & appartenans à nofdits oncle & tante de Romont & à la-
dite Françoife pour ce qui luy peut toucher,leur competent & appartiennent
lefdites Comtez de Saint Paul, de Brienne, & toutes & chacunes les autres
Comtez, Villes, Terres, Places, Maifons & Seigneuries quelconques qui
furenc & appartindrent aux deflufdirs feus Loys de Luxembourg, Iean-
ne de Bar fa femme, & Jean & Pierre de Luxembourg leurs enfans, lef-
quelles Terres noftredit oncle de Romont Nous a humblement fait fup-
plier & requerir luy faire rendre, reftituer & deliurer & à noftredite tante
fa femme, & d’icelle leur ofter tout trouble & empefchement & main mi-
fe qui foubs couleur defdits dons & confifcations ou autrement y pour-
roient par nofdits feu Seigneur Pere, ou par Nous y auoir efté mis ou
appofez, en les declarans eftre compris audit traité de paix en corps & en
biens, pour en ioïr tout ainfi que ont fait & font les fubiets d’un parti &
d'autre qui y ont efté comprins, & fans auoir regard à ladite referuation,
& comme fi elle n'y euft efté mife, & fur ce en ayant agreables lefdits
dons & tranfports faits de tous & chacuns lefdits biens, tant par feu nof-
tredit Seigneur & Pere , que par ladite Marie de Bourgongne nof-
tre mere & coufine, leur impartir noîftre grace & liberalité. Powrgwoy Now,
ces chofés confiderées , inclinans fauorablement à leurs prieres & requeftes,
defirant nofdits oncle & tante de Romont & ladite Françoife traicer en
toute grace & douceur, tant pour la proximité & confanguinité de ligna-
ge dont ils Nous attiennent, que en faueur & contemplation de nofdits
frere & coufin & des gens de fes pays, que aufli en confideration des
rands & recommandables feruices que noftredit oncle de Romont Nous a
fa fais en pluñeurs nos principaux affaires & de noftre Royaume, fait &
continue chacun iour, & que efperons qu'il fafle au temps aduenir. Pour
| DV ROY CHARLES VIII. A7I
ces caufes & autres juftes & raifonnables à ce Nous mouuant, auons par 48 4.
l'aduis & deliberation defdits.Princes & Scigneurs de noftre Sang & gens
de noftre Confeil eftans entour Nous, voulu, confenti, declaré & accor-
dé, & par ces Prefentes, de noftre grace fpeciale, pleine puiffance & au-
thorité Royale voulons, confentons, declarons, & accordons que nofdites
tante & coufine Marie & Françoife de Luxembourg & née oncle de
Romont comme mary & efpoux de ladite Marie noîftre tante ioïflent du
bencfice de la paix en tous les points & articles contenus en icelle, tout
ainfi & par la forme & maniere que en ont ioï & ioïflent les autres fub.
icts d’un parti & d'autre, & qu'il a efté requis de la part de nofdites feuë
tance Marguerite de Sauoye & coufines de Luxembourg fes filles, en fai-
fant ledit craité de La paix , nonobftant ladite referuation, qui pour lors
en fut faire, & laquelle ne leur voulons nuire ny preiudicier en quelque
_ maniere que ce foit, & comme fi elle n’y euft oncques efté mife ne appo-
fée, Et de plus ample grace, noftre main mife, & tout autre empefchement,
qui par cy-deuant pourroit auoir efté mis & appofé éfdirs Comtez de Saint
Pol, Brienne, & en quelconques autres Comtez, Terres, Villes, Places,
Maifons & Seigneuries, leurs apparcenances & dependances quelconques,
quelque part qu'elles foient firuces & aflifes en noftre Royaume & obéif-
fance, qui par cy-deuant ont efté & appartenu tant aux deflufdits feus
Loys de Luxembourg que à Jean & Pierre fes enfans , & defquels nofdits
oncle & rante de Romont & ladire Françoife ont le droit, foit à caufe
defdits dons tant de confifcation faits par noftredit feu Seigneur & Pere
& noftredit feu coufin de Bourgongne, ou autre quelconque, & à quel-
que perfonne que ce foit, ou autrement, auons leuez & oftez, & par ces
Prefentes leuons & oftons pour & au profit de nofdits oncle & tante de
| Romont & de ladite Françoife de Luxembourg leur fœur, pour dorefna-
_uant en ioïr eux, leurs hoirs, fuccefleurs & ayans caufe à coufiours comme
de leur propre chofe & vray heritage, nonobftant lefdites conffcations,
dons & declarations qui s’en pourroient eftre énfuiuis, alienations & verifi
| cations qui d’icelles Villes, Comtez, Places, Maifons Terres & Scigneuries
pourroient auoir efté faices par noftredit feu Seigneur & Pere, Nous, ou
autres quelconques & à quelconque autre perfonne que ce foit, & lefquel-
les en ce de nofdits oncle & tante de Romont & pour les caufes def.
fufdites Nous auons de prefent caflées, reuocquées & annullées, & par
cefdites Prefentes caflons , reuocquons & annullons, & icelles Comtez,
“Villes, Places, Maifons , Terres & Seigneuries reftituons & deliurons à
leur profit & utilité & de leurfdits fuccefleurs & ayans caufe. Si donnons
en mandement par ces mefmes Prefentes au premier des Maiftres des
_-Requeftes de noftre Hoftel, Confeiller en noftre Cour de Parlement, aux
Preuoft de Paris, Bailly d'Amiens, Vermandois, Chaumont, Troyes, Sens
ê& Vicry, & à tous nos autres lufticiers & Officiers,ou à leurs Lieutenans,
& à chacun d’eux qui fur ce fera requis, que du contenu en cefdites Pre-
fentes, & defdites Comtez, Terres, Villes & Scigneuries cy-deflus decla-
| rées & de chacunes d’icelles, leurs appartenances & dependances ils faflent,
fouffrent & laiflent ioir & vfer nofdits oncle & tante de Romont, leurf-
| dits hoirs & ayans caufe, fans leur faire ny fouffrir eftre fait, mis ou donné
| aucun deftourbier ou empefchement au contraire, & à ce faire & fouffrir
contraignez reaulment & de fait tous ceux qui detiennent & occupent lef-
dites Comtez, Terres, Villes, Places & Seigneuries à s’en departir, & en
laiffer ioïr nofdits oncle & tante de Romont, & ce par prinfe, venduë &
exploitation de leurs biens 8 main forte fi meftier eft, & autrement, ainf
qu'ils verront eftre à faire , nonobftant comme deffus & quelconques op-
poftions & appellations faites & à faire, releuées & à releuer, & fans pre-
1484.
Æ Paris 5.
Fevrier 1484.
472 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
iudice d’icelles, & Lettres impetrées ou à impctrer à ce contraires. En tef-
moin de ce Nous auons fait mettre noftre féel à cefdites Prefentes. Don-
né à Melun le vingt-huitiéme iour de Ianuier, l'an de Grace mil quatre
cens quatre-vingts & quatre, & de noftre Regne le fecond. sic Signatum,
Par le Roy, Monfeur le Duc de Lorraine, les Comtes de Clermont, de
Vendofme, & de la Roche en Ardenne, les Euefques de Perigueux & de
Lombes , les fieurs de Grauille, de l’Ifle, le Bailly de Meaux, & autres
prefens. Damont.
Prés fur »n ancien Vidimus efcrit du temps mefme.
Lettres de Charles VIII. Roy de France, par lefquelles il reçoit , comme
Sounerain Seigneur, les Flamans en fon amitié, ex promet les
ayder €9 affffer enuers @) contre tous.
Harzes par la grace de Dieu Roy de France: A tous ceux qui ces
prefentes Lettres verront, Salut. Comme depuis noftre aduenemenc
À la Couronne aucuns defirans le bien, paix & tranquillité de Nous & de
noftre Royaume, aufli la paix, repos & entretenement en feureté de nos
tres-chers & bien-amez les manans & habitans du pays & Comté de Flan-
dres & des trois Membres d’iceluy, Nous ayant dit & expofc la finguliere .
amour & affection & loyale ,obeïflance que lefdits du pays & Comté de
Flandres ont & defirent auoir enuers Nous & la Couronne de France
comme à leur Souueraif Scigneur, & l’efperance qu'ils ont en Nous de
les porter, ayder, fouftenir & deffendre en toutes leurs affaires comme Sou-
uerain Seigneur doit fes bons & loyaulx fuiecs, & pour mieux nous afleu-
rer de l'amour , loyaulté & obeïffance qu'ils defirent nous garder , auffi
pour donner à cognoiftre à ceux dudit pays de Flandres le bon vouloir,
fingulier amour & dilection que auons à eux ait pas les deflufdits efté fai-
te ouuerture de fur ce bailler Lettres & féellez d’vne part & d'autre, en
communiquant defquelles matieres ceux dudit pays de Flandres & des Mem-
bres d’iceluy ont dit, declaré & offert que s’il Nous plaift fur ce leur bail-
ler nos Lettres, & icelles leur baillant ils Nous bailleroient leurs Lettres
patentes & féellez autentiquez & en forme deuë, par lefquelles ils promet
cent & iurent de eftre bons, feurs, vrais & loyaux fuiets à Nous & à la
Couronne de France comme à leur Souuerain Seigneur, & de entretenir
auec les fuiets, manans & habitans de nos Royaumes, pays & Seigneuries
bonne, feure, ferme & perpetuelle amitié, hantife & communication mar-
chandamment & autrement, & de ne donner ou porter à nos ennemis,
quelconques ils foient aucune faueur , adherence, ni quelque fecours ou
affiftance de gens, ny autre ayde en quelque maniere que ce loit, ny iceux
recepter, ou les fouffrir, prendre ny auoir leur refuge ou defcente eftans
en habillemens ou Nauires de Guerre, en aucuns lieux, Villes, Places, Ha-
ures ou Ports dudit pays de Flandres contre Nous, nos Royaume, pays &
Seigneuries ou fuiets. Et encore plus promettent & iurent par leurfdires
Lettres de donner à nous & à noftre tres-chere & tres-amée compaigne
la Royne, ayde, fecours, faueur,adherence & feruice de gens & autrement
de tout leur pouuoir contre tous ceux qui contre noftre perfonne de nof-
dite compaigne la Royne ou l’Eftar de noftre Royaume, pays & Seigneu-
ries voudroient quelque chofe entreprendre, fans que pource toutesfois
ceux dudit pays de Flandres faflent ou foient tenus faire aucune rupture
de l’entrecours de la marchandife des pays voifins. SCAvOrR FAISONS
que Nous ayans confideration à ce que ledit pays de Flandres eft vn des
plus
DV ROY CHARLES VIII 4;
plus pulffans pays de noftre Royaume, ancienne & naturelle Pairrie dé 1 48 4.
France, reduifans à memoire le bon amour & affe@ion qu'ils Nous ont par
cffer monftrée dés le viuanc de noftre tres-cher Seigneur & Pere que Dieu
abfoille en traicant le mariage de: Nous & de noftre compagne la Rey-.
ne, & la paix qui dernierement a efté faite,ayans auec ce regard à la loyale
& bonne affcétion qu’ils ont à noftre tres-cher & ctres-amé frere & coufn
le Duc Philippe Comte de Flandres leur naturel Seigneur, defirans entre
tous autres auoir ledit pays de Flandres & tous les Eftats, manans & ha-
bitans d’iceluy en cordiale amour & fpeciale recommandation, & en toutes
chofes leur donner port, faucur, fouftenement & ayde, auons eù & auons
lefdices ouuertures tres-agreables, & auons accepté & acceptons l'offre def:
dites Lettres & féellez que lefdits de Flandres nous ont offre en la maniere
deffufdite. Et au furplus voulans de noftre part leur bailler fur ce nos Lettres
ainfi qu'il a efte dit & accorde, Nous, par grande & meure deliberation de
plufeurs Seigneurs de noftre Sang & Gens de noftre Grand Confeil, pour les
confderations deflufdites & autres à ce Nous mouuans, auons accordé,
oétroyé, promis & iuré,accordons, oétroyons ,promettons & iurons par ces
Prefentes, par la foy & ferment de noftre corps & en parole de Roy, de don-
ner à ceux dudit pays de Flandres & des Membres diceluy ayde, confort,
fecours & afliftance de gens & autrement, contre tous ceux qui quelque
chofe voudroient entreprendre fur la perfonne de noftredit frere & cou-
fin le Duc Philippe Comte de Flandres, frere germain de noftredite com-
pagne la Reyne, ou fur la garde de fa perfonne & gouvernement dudit
pays de Flandres, ou qui en autres manieres s’efforceroient faire & porter
dommage au general dudit pays, aufdits des trois Membres, où aucuns
d'eux, ou voudroient ep D fur leurs priuileges, franchifes ou vfa-
ges a eux confirmez par ledit Traité de Paix, & que depuis iceux, ou les
aucuns d'eux ont obtenu de feu nvoftre tres-cher Seigneur & Pere, que
Dieu abfoille, lefquels , en tant que befoin eft, auons derechef confirme &
confirmons. En tefmoin defquelles chofes Nous auons figné ces Prefentes
de noftre main, & à icelles fait mettre & appofer noftre grand féel. Donné
à Paris le cinquiefme iour de Feurier, l'an de grace mil quatre cens quatre.
vingts-quatre, & de noftre regne le deuxiefme, Signé, CH ARLES. Er fur
le reply efloit eftrit, Par lé Roy, Monfieur le Duc de Lorraine, le Comte de
Clermont & de la Marche, fieur de Beauieu,le Comte de Vendofme, l'E:
ucfque de Perigueux, le Comte de la Roche grand Baftard de Bourgongne,
les ficurs de la Trimouïlle, des Guerdes, de Grauille, Du Bouchaige, de
Piennes, & de Lille, Meflire Jean Bourre, Cheualier, Threforier de Fran-
ce, le Bailly de Meaux, & autres prefcns. Es plus bus, Signe, Parent, auec
paraphe, |
Tiré des mumoires de ls Chambre des Comptes de l'Ifle.
Déclaration du Roy ” portant exemption de Ban, Arrierchan; € de
bailler déclaration de Fiefs ;en faueur des Officiers du Parlement
de Paris, leurs veunes Co enfans, pendant leurs minoritez.
| H ARLES par la grace de Dieu Roy de France. eu faifons à tous 4 Paris, F4.
prefens & à venir, que Nous eftans en noftre Cour de Parlement, *#7:#°#
traiétans des plus grands & vrgens affaires de noftre Royaume, confide-
rans les grands, loüables, vertuels, affiduels & recommandables feruices
que nos amez & feaux Chancelier, Prefidens, Maiftres des Requeftes or-
dinaires de noftre Hoftel, Confeillers, Greffiers, Ciuil, Criminel & des
Prefentations , les quatre Notaires, nos Aduocats, Procureur General &
OOo
LL d
1 4 8 4.
— 4374 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
Huiffiers de noftre Cour de Parlement, faifant & reprefentanc enfemble le
Corps d’icclle noftre Cour, ont de tout temps faits à nos tres-Chreftiens
progeniteurs Roys de France, à Nous, & à coute la chofe publique de nof-
tre Royaume, en plufieurs loingtains voyages, ambañlades & legations, en
journées , aflemblées & conuentions, où plus continuellemént leurs pre-
deceffeurs & eulx ont efté enuoyez comme deleguez par nofdits Progeni
teurs & Nous, que autres quelfconques Officiers de noftre Royaume fonc
chacun iour en l'exercice de leurfdits Offices & autrement en maintes ma
° / » . ,
nieres, & que leurs predecefleurs éfdits Offices ont fai le temps pañle à
nos Predeccefleurs, & efperons que enioint eux & leurs fuccefleurs en iceux
Offices faflenc à nous & à nos fuccefleurs Roys de France ou temps à ve-
nir. Voulans enuers eux vfer de grace & libcralité, & les conferuer, gar.
der & entretenir en tous leurs anciens droits, priuileges, franchifes, liber-
tez, prerogatiues & préeminences, dont ils & leurs predecefleurs éfdits
Offices ont accouftumé de ioïr de tout temps & d'ancienneté, eximer,
garder & relcuer de toutes follicitudes, trauaux & defpenfes, à ce que
plas liberalement & curieufement ils puiflént cotidiennement vacquer &
entendre à l'exercice de la luftice diftributiuc, fouueraine & capitalé de
noftredit Royaume, & aux autres grandes charges, commiflions, legations
& affaires qui de par Nous leur feront commandez & ordonnez, & pour
autres grandes, iuftes, & raifonnables caufes & confiderations qui à ce nous
ont pu & deu, peuuenc & doiucent raifonnablement mouuoir : auons
de noftre certaine fcience, propre mouuement, grace fpeciale, pleine puif-
. /
fance & authorité Royale, voulu, déclaré & ordonné, voulons, déclarons,
& ordonnons & Nous plaift, que nofdits Chancelier, Prefidens , Maiftres
des Requeftes ordinaires de noftre Hoftel, Confeillers, Grefhers, Ciuil,
Criminel & des Prefentations, les quatre Notaires, nos ‘Aduocats, Pro-
cureur & Huifliers de noftredite Cour de Parlement prefens & futurs
foient pour le temps à venir, francs, quittes & exempts, d'aller ou en-
uoyer nous feruir en nos ban & arriercban, & pareillement leurs femmes
duranc leurs viduitez, & leurs enfans durant leurs minoritez feulement,
fans ce que à l’occafion, ne par vertu des commiflions ja expedices, & par
Nous commandées, ne de celles qui cy-aprés feront expediées par noître
ordonnance, & commandé de Nous & de nofdits fuccefleurs Roys de
France, nofdits Officiers de noftredite Cour de Parlement deflufnom-
imez, nc leurs fuccefleurs éfdits Offices, ne pareillement leurs femmes &
enfans , durant leurfdites viduitez & minoritez feulement, puiflent eftre
contraints d'aller en leurs perfonnes, ne d'enuoyer autres perfonnes, pour
& au licu d'eux , ne d’aucun d’eux nous feruir en nos guerres, ne en
nofdits ban & arriereban, ne pour ce finer, ne payer aucunc fommée de de-
niers , ne pareillement bailler par déclaration leurs Fiefs, Terres, Sei-
gncuries, rentes & reuenus, ne que leurfdits Ficfs, Terres, Seigneuries, heri-
tages & reuenus puiflent pour ce cftre prins, faifis, ou mis en noftre main,
ne les fruits en eftre traitez, regis & gouucrnez par Commiflaires, ne au-
trement empcfchez, prins, leuez, ou AE Vo à noftre profit, & fans ce
que nofdits Officiers d’icelle noftre Cour de Parlement deflus exprimez
& nommez, & leurfdits fuccefleurs éfdirs Offices, & pareillement leurf-
dites femmes & enfans, durant leurfdites viduitez & minoritez feulement,
en puiflent eftre contraints, executez, tauxez en aucunes amendes, ne au-
tement moleftez, trauaillez, ou empefchez en leurs perfonnes, en leurs
biens-meubles, ne és fruits & reuenus de leurfdits Ficfs, Terres, Seigneu-
ries & hcrirages en quelque forme ou maniere que ce foit: ainçois de nof-
edite certaine fcience, ne mouuement, pleine puiflance, & de nof-
tre plus ample & plus abondante grace, liberalité & aucorité Royale,
= ee Rem “en
e
DV ROY CHARLES VIIL 47; ———
auons tous nofdits Chancelier, Prefidens, Maiftres des Requeftes ordi- 1 4 8 4.
naires de noftre Hoftel, Confeillers, Grefñiers, Ciuil, Criminel & des Pre-
fentations , les quatre Notaires, nos Aduocats, Protureur General &
Huificrs de noftredite Cour de Parlement, faifans & reprefentans le Corps
d’icelle noftre Cour, & leurs fuccefleurs éfdits Offices, exemptez, quittez &
affranchis , & par ces mcfmes Prefentes, par fingulier & fpecial, perpetuel
& irreuocable priuilege, exemptons, quittons & affranchiflons de tous nos
bans, arrierebans, ofts, armes, cheuauchées, & de nous venir ou enuoyer
feruir au fait de nofdites guerres, en quelque maniere que ce foit; ne pa-
reillement leurfdites femmes, durant leurs viduitez , & leurfdits enfans,
durant leurfdites minoritez feulement. Et afin que aulcuns n’en puiflenc
ou dient ou temps aduenir pretendre caufe d’ignorance , & que ledit
priuilege & la grace & liberalité que leur faifons puiflent eftre notoires,
voulons en outre & Nous plaift que cefdites Prefentes foient leués, pu-
blices & enregiftrées en noftre Cour de Parlement , & és lurifdiétions
& auditoires de tous Baillis & Senéchaux de noftre Royaume , où
il appartiendra, & meftier {era. Si donnons en mandement à noftre
tres-cher & tres -amé oncle & coufin, le Duc de Bourbonnois & d’Au-
uergne , Conneftable de France ,; à vous nos Lieutenans , Marefchaux,
Admiral, Maiïftre des Arbaleftriers, & grand Senechal de Normandie,
aux Preuoft de Paris, Baillis de Vermandois, de Rouën, Amyens, Tou-
raine, Berry, Caux, Caen , Conftantin, Eureux , Gifors, Sens , Troyes,
Chaulmont, Vitry, Senlis, Meaux, Mantes , Melun, Chartres, Mafcon,
Diion, Auxois, Chalons, Auxerre, la Montaigne, Saint Pierre le Mouf-
tier, Monferand , Tournay & Tournefis, Aunis, Viuarais , Velley, Gue-
uaudan, & les Montaignes d’Auuergne, Senéchaux de Guyenne, Poitou,
Aniou, le Mayne, Xainétonge, Lyon , Toulouze, Beaucaire, Carcaflon-
ne, Artois, Ponthieu, Limoufin, Deflannes, Roüergue, Quercy, & Peri-
gorr, à tous Chefs de guerre, Capitaines & Commiflaires par Nous com-
mis & à commettre pour le fait de nofdits Eftats, armes, cheuauchées,
ban & arriereban, & à tous nos autres Jufticiers , Officiers prefens & adve-
nir, où à leurs Lieutenans ou Commis, & à chacun d’eux endroit foy, &
comme à luy appartiendra, que tous nofdits Officiers du corps de noftre
Cour de Parlement deflus fpecifiez, nommez, & defignez, & leurs fuc-
cefleurs éfdits Offices, leurs femmes, durant leurfditez viduitez,& enfans,
durant leurfdites minoritez feulement, ils & chacun d’eux endroit foy, faf-
fent , fouffrenc & laiflenc ioïr & vfer dorefnauant & à perpetuité de nofdites
graces & exemption & affranchiflement, & de cour l'effer & contenu en cefdi-
tes Prefentes, fans leur faire mettre ou donner'ne fouffrir eftre fait, mis ou
donné ores ou pour le temps aduenir aucun ennuy, Arreft, deftourbier, ou
empefchement en leurs perfonnes en aucuns de leurs biens, Fiefs, Rentes
& heritages, ne autrement en quelque forme ou maniere que ce foit:ain-
çois s’aucuns de leurfdits Fiefs, Terres, Seigneuries, rentes ou heritages
ou de lcurfdits biens auoient cfté ou eftoient pour ce pris, faifis, arreftez,
ou empefchez les leur mettre, ou faflent mettre incontinent & fans delay
à pure, pleine & entiere deliurance, nonobftant nos Ordonnances, cris
publics, & proclamations, qui le temps paflé ont efté & font pour le pre-
fonc, & qui pour le temps à venir feront faites fur l'effet de nofdits ban &
arricreban, ofts , armées & cheuauchées, & que pour nos Lettres, mande-
mens où commiflions qui font ou feront enuoyez à cette caufe de par Nous
& nofdits fuccefleurs Roys , foic expreflément mandé Bénmte. toutes
manieres de gens exempts & non exempts, priuilegez & non priuilegez,
quelque exemption ou priuilege qu’ils ayent de Nous ou nofdits Proge-
nitcurs, Cfquelles commiflions & mandemens quant donnez, publiez, exe-
OOo:i)
476 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1 4 8 4. éutez feront, ne voulons & n’entendons nofdits Officiers de nofdites Cours
de Parlement deflus nommez eftre aucunement comptins ni entendus, ne
par vertu d'icelles éonctraints à nofdits ban & arriercban,.ofts, cheuauchées
8&c armées en quelque forme & maniere que ce foit, & quelconques autres
Ordonnances, mandemens & reftrinctions ou deffenfes faites ou à faire, fous
quelque couleur ou forme de paroles que ce foit ou puiffent eftre, contrai-
res au contenu & effet de cefdites Prefentes, lefquelles ne voulons valoir
he fortir aucun effet contre ne au preiudice du contenu en cefdites Pre-
fentes; & quant à ce impofons filence perpetuel à tous nos Procureurs En
fens & à venir. Et pource que de ces Prefentés on pourra auoir à befon-
gner en plufieuts & diuers lieux, Nous voulons & ordonnons en outre que
au vidimns d'iccllés fait fous fel Royal , ou à la copie d'icelles collarionnée
en noftredite Cour de Parlement, pleine foy foit adiouftée comme à ce
prefent Original. Et afin que ce foit chofe ferme & ftable à toufiours, Nous
auons fait mettre noftre féel à cefdires Prefentes, fauf en autres chofes nof-
tre droit, & l’autruy en toutes. Donné à Paris en noftredit Parlement au
mois de Feurier, l’an de Grace mil quatre cens quatre-vingts & quatre, &
de noftre Regne le fecond. sic fignatum , Par 1e Roy en fa Cour de Parle-
_ ment, Meflieurs les Duc de Lorraine, Comtes de Clermont & de ta Mar. :
che, de Brefle, de Vendofme, Vous, les Archeuefque de Bordeaux, Euef-
ques de Paris, Perigueux & Lombes,les Sires de Gyé Marefchal de Fran-
ce, de la Tremouille , des Guerdes, de Grauille, de Beyne, Preuoft de Pa.
rit, de Monteil, Dargenton, du Bochage, Meflire Pierre Dorille premier
Prefident des Comptes, & Iean Bourré Threforier , Cheualiers, & autres
prefens, Deccrifay. Vifa, regiffrata Parifins in Curia Parlamenti prima die Mar-
#55, anno millefimo guatercentefimo ocfnagefimo quarto, Chartelier. Et plus bas,
Collarione facfa cum originale. Ainû figne, Charcelier. |
Traité des Droits des Rois de France au Royaume de Siale, Comtez | de
_Prownce er de Forcalquier @ Terres adiacentes.
ts P£: r temonftrer, & pour donner à entendre au Roy, à Meflcigneurs
Voy «y-aprés les Princes de fon Sang, & à Mcffcipneurs de fon Grand Confeil, les
raté de Droits tous clairs & apparens que ledit Seigneur a en fon Royaume de Si-
r # Roy ‘. , | .
Charles vrii. Cile & èn fes Comcez de Prouence, de Fortalquier & verres adiacentes :
sé cp voicy ce qui a efté trouué & porté des Archiues d’Aix, enfemble laduis
sile & Arr. ‘CS gens du Confeil dudit Seigneur eftans en Prouence, & pour la def
go, fair en charge de ceux qui ont apporté lefdits Droits, eft premieremenc à prefup-
ne pofer pour principal fondement defdits Droits, & valider l’intentian de ceux
qui difent que premier. Le Royaume de Sicile , les Comtez de Prouence
&c de Forcalquier vindrent en la maifon d’Aniou par mains de filles; ce
qui n’eft vray, car par les enfans de France mafles Comtes d’Aniou, lefdires
or Scigneuries font paruenués à iceux , & Charles Martel enfant de France
France. & Comte d’Aniou conquit Prouence , Forcalquier, Arles, Auigron , &
autfes appatftenances, & vainquit & tua Marentin, Duc pourlors de Pro-
uençe, & chaffa les Sarazins que icdit Maréntin auoit mis aufdics pays de
Prouence & Auignon, pour les faire encrer. dans le Royaume de France,
comme appert clairement par les Chroniques de France, & autres plufieurs
authentiques efcritures, 8 fuc icdit Charles Martel Seigneur paiñble def-
dites Comtez. ne —. |
Charles d' An. Charlès Comte d’Aniou & du Maine, fils du Roy Philippes, & frere
Ant ” de Saint Louïs, qui depuis fur Roy de Hongrie, Hé par le Pape Vr-
Louys, 1 X.du.bain IV. à l’aide & faueur de l’Eglifé, vanquit & défic Manfret, herctie
dé que , rcbcîle au fiege Apoftolique, interdit, & excommunié, qui_.par. force
Dv RAY CHARLES VIII. 477
& tyrannie detenoit le Royaume de Sicile, & l'vfurpoit fur le Siege Apof- 1 4 8 4e
tolique, & auquel il auoit mis grand nombre de Sarazins, que ledit Char
les chaffa hors du Royaume , duquel fuc inuefti par ledit Pape Vrbain
1V. & fur Roy de Sicile & de Hongrie, ainfi que de ce en plufeurs lieux,
endroits , chroniques & efcritures aurentiques appert : parquoy eft claire-
ment prouué , que les Comtez de Prouence & de F PR, a & terres ad-
. jacentes , & aufli le Royaume de Naples , font fouuerainement venus en la
maifon d’Aniou par les fils de France Comtes d’Aniou, qui les ont con-
quifes, & non point par moyen de femmes. Mais pour parler des deux
Genealogies plus prochaines depuis le .remps de Charles Martel, afin de
connoiftre de fucceflion en fucceflion , & de Genealogie en Genéalogie , que
lefdits np oner-g Comtez & Scigneuries fonc venus & appartiennent .au Tefamenr
Roy, le fait eft cel, en verité. Ildefonfe Roy d’Arragon, Comte de Pro: 7
uence & de Forcalquier, fic fon teftament, & laiffa à Berenguier fon fils Coms de Pre
les Comtez de Prouence & de Forcalquier. Ledit Comte Berenguier fuc- ##6+.
ceda éfdites Comtez audit Ildefonfe fon pere; & eut ledit Comte Beren-
guier quatre filles, Marguerice, qui fur Reyne de France, femme de Saint
Louys, Eleonor, qui fut Reyne d’Angletetre, Sence, qui fut Comceffe de
Blois , & Beatrix, qui fur efpoufée à Charles d’Aniou, frere de Saint Louys, Téfemens de
dont deflus eft fait mention. Ledit Comte Berenguier venant fur fes der. ÉmrETr
niers iours fic fon teftament, par lequel il faifoit fes trois premicres filles sens.
nommées , heritieres particulieres en argent, & à Beatrix Comtefle d’An-
. ou laiffa les Comtez de Prouence & de Forcalquier, en luy fubftituant :
le premier né de fes enfans mafles, & au deffaut du premier , le fecond
mafle, & ainfi de mafle en mafle, gardant l’ordre de primogenicure, tous
autres fils & filles de ladite Beatrix exclus. Et fi ladite Beatrix mouroit fans
enfans maîles, & une de fes fœurs auoit enfant mafle, il fubftituoit ce
male , exclufe la fille de ladite Beatrix; & fi aprés la mort dudit Comte Be-
renguier, il n’auoit point d’enfans mafles, il le faifoit fon heritier, en caf-
fanc Ja fubftitution de ladite Beatrix. MES
Ladite Beatrix, Comtefle d’Aniou, fucceda éfdires Comtez au Comte Rd
Berenguier fon pere, & venant au déclin de fes iours ; fit fon Teftameng, sf d'dnion
par lequel à chafcun de fes enfans, dont elle en auoit plufcurs, laiffa par é: de Preuen-
droit d’inftitution certaine chofe de laquelle vouloir qu’ils fuflent contens,
fans pouuoir plus rien demander ; & Charles d’Aniou fon fils aifne fut fon
heritier vniuerfel en fes Comtez de Prouence &"de: Forcalquier, en luy
fubftituant, s’il mouroit fans hoirs, fes freres mañles, l'ordre de primoge-
nicure toufours gardé; & fi cous mouroient les enfansi mafles qu’elle au-
roit aprés fa mort, fi point en auoit, cn “gra l'ordre de primogeniture,
en defaut de tous mafles, fubfticua fa fille Blanche. Ledit Charles fils de
Charles & deladite Beattix, aprés la mort de {es peré & mete fucceda
à ladite Beatrix éfdices Comtez de Prouence & de Forcalquier, & à fon
pere audi Royaume, & fut ledit Charles nommé én là Genealogie de Pro-
uence & du Royaume Charles fecond, & fur intitulé Roy de Sicile , car
Beatrix fa mére ne fes predeccfleurs n’auoient iamais rien eu audit Royau- Teflament de
me. Ce Charles venant fur fes derniers iours fit fon Teftament , par lequel Gares I
il fit {on-hcritier vniuerfel en rous fes Royaumes .& Comte de Prouence & dd
. de Forcalquicr Robert fon fils, & aprés luy fes enfans miafles ; l'ordre de
primogeniture obferué; ordonnant qu'en cas que le Royaume , en faute de
mafle , vinft en mains de filles, que iamais pour ice ne vint, mais que
les mafles exclufiffence les filles, non feulement.en ligne droite, mais en li-
gne tranfuerfalc, & que le fils du frere vince à la fatceflion, forcluant la fil.
le , toufiours l’ordre de primogeniture garde, en prohibant coute détraétion
de quarte Trebellianique. on pin |
i
OOo ii
1 4 8 4.
Donation ,
adoption, d
snfeodation en
faneur de
Louys Due
d'Aniou.
473 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
A Charles 1I. fucceda le Duc Robert fon fils, lequel Robert eüt Char:
les Duc de Calabre, nommé Charles 111. & de Charles Duc de Calabre
vint Jeanne, qui eüt plufeurs enfans; & luy viuant, Charles fon fils mou-
rut, furuiuant ladite Jeanne. Le Roy Robert venant à la mort fit fon Tefta-
ment, auquel fit fon hefitiere ladite Ieanne, fille de fon fils, en tous fes
Royaumes & Comtez de Prouence & de Forcalquier, & ordonna que le
Royaume de Naples & la Comté de Prouence fuflént toufiours vnis en-.
fcmble. Zrem, que le pays de Prouence jamais ne fe puft diuifer , encore
qu’ils fuffent beaucoup d’enfans en la fucceffion d’iceluy, & fubftitua à la-
dite Icanne vne autre fœur qu’elle auoit, en prohibant detraétion de toute
quarte Trebellianique.
Aprés la mort dudit Robert, fucceda ladite Jeanne, & fut intitulée Rey-
ne, pource qu’il n’y auoit autre en ligne defcendante & collaterale qu’el-
le & fa fœur qui luy cftoit fubftituée, & en cette Icanne finit la premiere
Gencalogice de la lignée de Saint Louys. Or aduint que eftant ladite Iean-
ne en faifine dudit Royaume & defdites Comtez, Terres & Seigneuries,
dautant que filles par les Ordonnances deffufdites n’y pouuoient fucceder,
où eftoit mafle, & parce que elle qui eftoir femme & deux nieces qu’elle
auoit n'eftoient pour deffendre lefdites Seigneuries , lefquelles Charles
de Duras fon parent & fuiet enuahifloit comme rebelle au pays, adherant
à l’Antipape, & entretenant le Schifme pour & afin qu’elles ne vinffent en
diuifion , efclandre de guerre, & autres grands inconuenicns, afin aufi de
les retourneren main d'homme, & qui fuit delaligne Royale dontelle eftoit
parue, qui cft de la maifon de France, comme par la déduétion ja dite ap-
pert, elle arrogea & adopta Louys Duc d’Aniou & de Touraine Comte du
Maine, & fils du Roy Ican de France, lequel elle fit fon fils & heritier apres le
deffaut d’elle en fefdics Royaumes & Scigneuries, & en deffaut dudit Louys,
nommé premier en cette Gencalogie, Louys d’Aniou fecond, fon fils, &
{es fils, l'ordre de primogeniture gardé, de laquelle arrogation auec lefdi-
tes conditions, le Pape Clement en fit l’inueftiture pout lefdits Royau-
mes, Comtez & Sèigneuries, audit Louys | manie ainfi qu'appert: &c par
ainfi ladite Royne Ieanne, en fuiuant FOrdonnance & volonte de fes pre-
deccficurs, remit & retourna ladite fucceflion en main mafle, en en for-
cluant fes propres nieces, filles de fes enfans. Le Roy Louys premier fuc-
ceda éfdits Royaumes & Comtez par vertu de ladite adoption, & eüt un
filsnommé Louys II: encette Genealogie, qui par vertu de ladite adoption
fucceda au Roy Louys premier fon pere. | |
Le Roy Louys II. eût quatre enfans, Louys qui fut nommé Louys IIT.
René, Marie Reyne de France, & Charles d’Aniou. Ce Roy Louys II.
venant en fes derniers iours fit fon Teftament , auquel il fit fon heritier
vniuerfel Louys III. & s’il mouroit fans hoirs, fubftitua René & les fiens,
& aux autres laiffa infticution particuliere, Ce Teftament du Roy Louys II,
a efté coufiours en l’Archiue d'Aix, iufques à ce que le Roy de Sicile der-
nier trefpaile le fit prendre pour bailler à l Archeuefque d’Aix dernier tref-
paflé pour le confulter, & ledit Archeuefque l’a toufours | gs iufques à
fa mort, & peu auant fa mort commanda qu’on le cherchait, pour le ren-
dre, ainfi que de ce appert par les informations deuëément receüës par l'Or-
donnance du Cônfeil du Roy, par Meflire Jean de Toubieres, Mcflire
Ican Macheron , Maiftre Iean Renati , Confeillers & Procureur dudit
Seigneur, cfcrites par Richelin Secretaire dudit Seigneur. Or eft ainfi que
mort ledit Archeuefqué d’Aix, lAdminiftrateur & autres du Chapitre de
ladite Eglife ont pris les clefs dudit Archeuefque , & des meubles & ef-
critures, ce qu'ils ont.voulu, & dudit Teftament n’en a efté crouué aucu-
ne nouuelle, Mais peu aprés Monfcigneur de Lorraine l’a prefente &c pros
Ld
DV ROY CHARLES VIIL 459 ——
duit au Roy, qui parauant n’en auoit iamais eù que vne apparence, qui eft 1 4 8 4
clairement à entendre qu'il a eù ledit Teftament par la main de ceux de
lEglife d’Aix. Et eft à noter que viuant le Roy Louys I I. Ieannelle qui fut
fille de Charles de Duras, fe mit dans le Royaume de Naples comme plus
_ prochaine de la Reyne Ieanne fon amiee *, combien que toute la lignée *a1. 4 rawrs
dudit de Duras en eftoit forclufe par les raifons deflufdites, & depuis ayant P#erneir.
remors de confcience, & en fuiuant la volonté de ladite Ieanne bn amite,
& de fes predeccfleurs, pour retourner & remettre ledit Royaume en la
main de l’Hoftel d’Aniou & de la Couronné de France dont elle eftoit if-
fuë, adopta ledit Roy Louys III. fon fils & fuccefleur, lequel Roy Louys 44ption dé
111. fut inuefti dudit Royaume par le Pape Martin, & devint Roy & pai- re di
fible Comte de Prouence & de as aprés la mort du Roy Louys Leuys 111.
fon pere & de ladite Ieannelle, iufques à fa mort. Il deceda fans hoirs & Ds #' Aniow.
fans Teftament, furuiuant René, Marie, & Charles *, René luy fucceda + c'epoient fes
éfdits Royaumes, Comtez, & Seigneuries, gardant l’ordre de primogeniture, fers: 6 fæsr.
& comme aifné, à qui par difpofition de fes predecefleurs , & la teneur ;
de l'adoption & infcodation, de droit la fucceflion eftoit deuolué.
Ledit Roy René fuccefleur éfdits Royaumes , Comtez & Seigneuries, &
defdites Comtez paifble iufques à fa mort, approchant fes derniers iours
en fuiuant le M 2e & ordonnance de ceux dont il auoit caufe, mort le
Duc Iean de Calabre fon fils, & mort le Duc Nicolas fon neueu *, n’ayant * C'eois fon
enfans, & Madame Yolan Duchelffe de Lorraine & la Reyne d'Angleterre ?'"#-fl:
qui eftoient fes filles n’eftant admiflibles à ladite fucceflion, comme dit eft,
reftant de fa lignée feule Monfieur Charles d’Aniou, fils de Monfieur
Charles d’Aniou, Comte du Maine fon frere, Chef aprés ledit Roy René .
& {on fuccefleur du nom & des armes d’Aniou, fiten fon viuant ledit
Monfeur Charles fon fils arrogatif * & legitime , le declarant fon heritier , ,, Adopsif,
vaiuerfel , & l’intitula Duc de Calabre, & comme à tel auanc fa mort lors
comme pour aprés luy fit prendre & recevoir les hommages & fermens de
fidelité par les gehs d'Eglife, Nobles & Communes de Prouence, auec les
folemnitez en cels cas requifes & accouftumées.
Ledit Roy René, pour plus clairement remonftrer fon vouloir, & mieux
enfuiure le vouloir & la difpofition de fes predecefleurs, fit fon Teftamene © sfamens
en la prefence de plufeurs gens de bien en bonne forme & deuëé, auquel 4 rapporté
il fic fes filles heritieres particulieres,en defendant que autre chofe ne puf- Lehgri S
{ent demander , Monfieur de Lorraine fils de fa fille aifnée fon heririer soire #e Phi.
particulier en la Duche de Bar; & en vous fes Royaumes, Comrcez, Terres, lite: ne
& Seigneuries, droits & aétions, & autres biens quelconques fit fon he: ps ie le
ritier général & uniuerfel ledit Monfieur Chärles d’Aniou Duc de Cala-fewr D. Gode.
bre, fon neueu & fils; & en ladite volonte non feulement perfeuera iuf fre page #69.
qu'à la mort, mais peu auant qu’il trefpaflaft, iaçoit qu’il euft fait fon Tef-
tament en bonne fanté de corps & d’entendement, declara de fa bouche
en prefence de plufieurs gens de bien ledit Monfieur Charles Duc de Ca.
labre fon heritier vniuerfel, comme dit eft. |
Mort ledit Roy René, ledit Charles luy fucceda éfdirs Royaumes, Com:
tez & Scigneuries: defdites Comtez ptit la faifine & rcelle poffeflion, & en
receut les foy & hommages de fidelité des gens dudic pays, tant en particulier .
comme en general, & fut pofleffeur defdites Comtez iufques à fa mort; & ve:
nant ledit Roy Charles à mourir, fit fon teftament, par lequel fic fon heritier
vniuerfel le Roy Louys XI. du Nom, Pere du Roy Charles VIII. & aprés L'Exrrais de
ledit Roy Charles VIII. lors Dauphin & la Couranne de France , coni « téffamens
noiffant que ladite fuccefion appartenoit à ladite Couronne, _ . :: ne
Mort ledic Roy Charles de Sicile, le Roy Louys XI. que Dieu abfola me Onvrage
ue, comme hcritier uniuerfel au premier lieu, fucceda & prit la faifine 8 ? 47°
4380 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1 4 8 4. réelle pôfleifion defdites Comtez de Prouence, de Forcalquier, & Terres
adiacentes, & receut des gens defdits pays les foy & hommages de fideli-
té, tant en general comme en particulier, par le moyen de Monfieur de
Souliers, pour lors fon Lieutenant General & Commiflaire à ce député,
& defdités Seigneuries & Comtez a efté paifñble pofleffeur jufques à fa
mort. |
Mort ledit Roy Louys de bonne memoire, a fuccedce Éfdites Scigneu-
ries le Roy qui eft à prefent, comme Roy de France , & comme heritier
inftitué au fecond lieu pat le Roy de Sicile , & éfdites Comtez, a eu & tient
la faifine & paifible poffeflion , & a receù les hommages & fermens de fi-
delité des gens dudit pays tant en general comme en particulier, qui pour
ce faire font venus deuers luy en France, & il les y a benignement receus,
en leur confirmant leurs priuileges & libertez, & autrement en difpofant
comme de fon propre heritage, & comme tel l'a tenu, tient & poflede
paifiblement & fans contradiétion. |
Par lefquelles raifons &.caufes confiftant en fait, vrayes, & clairement
prouuées, eft apparent & notoire que toute ladite fucceflion de la Mai
fon d’Aniou, & du Roy Charles de Sicile dernier trefpañle de ladite Mai-
fon, eft & appartient par jufte titre au Roy & à la Couronne de France,
& non à autre,
Et pource que viuant Madame de Lorraine, & encore depuis fa mort,
fes gens ont voulu dire, que puifque les Comtez de Prouence & de For-
calquier font venués fouuerainement à la Maifon d’Aniou par femme, c’eft
à fçauoir par Beatrix fille du Comte Berenger ,au moyen du mariage qu'’el-
le eur auec Charles d'Aniou fils du Roy Louys VIII & frere du Roy
Saint Louys. Jrem, que depuis finie la lignée du Roy Saint Louys , cetre
fucceflion eft venuëé & retournée, enfemble le Royaume de Naples à la
Maifon d’Aniou, par l'adoption faite par la Reyne Ieanne, à Louys premier
Fils du Roy Iean de France, & que par confequent elle doit & peut venir
à la fufdite Madame de Lorraine fille du Roy René, veu que ledit Roy
René n’auoit enfant plus prochain, & qu'elle cft fon aifnce, puifque Bea-
trix & Ieanne qui fonc femmes y ont fuccedé; & pour plus fortifier leur
raifon à ce qu'ils puiflent conclure à leur intention , que encore qu'il y
cuft cü mafles, fille y a herité, difans que du temps de la Reyne Ieanne,
Charles de Duras, & Lencelot eftoient en eftre, qui eftoient mafles, &
de la fouche en ligne tranfuerfale , & coutefois la Reyne Jeanne fucceda:
difans de plus que le Roy Louys II. fic teftament , auquel il fit heritier fon
fils Louys III. & luy mourant fans hoirs fubfticua Renc & les fiens, &
que au nombre des fiens eft Madame de Lorraine, qui doit fucceder com-
me plus prochaine, & difent que ledit René fucceda par vertu dudit Tef-
tament : encore difent que fi le Roy René a faic fon heritier le Roy Char-
les , au preiudice de la fubftitution du Roy Louys fon pere, & de la fufdite
Dame de Lorraine, il ne l’a pù faire.
Au premier & fecond defdits points eft ja affez refpondu, parce que dit
eft de Charles Martel qui conquit Prouence, & de Charles d’Aniou qui
conquit le Royaume de Naples fur Manfred, auquel Royaume Beatrix n'a-
. Woit iamais rien eù non plus que fes Predeceffeurs, & Ieanne encore n’eftoit
pas née, tem, quand Beatrix fucceda és Comtez de Prouence, ce fut par
teftament & par faure de fils, & par telle condition que fi le Comte Bc-
_ renger auoit fils, ou l’une de fes autres filles fils, elle eftoit priuée de ladite
inftitution, ce que ont enfuiuy tous les autres iufques à la Reyne Ieanne,
& depuis elle eft venué de mn à en mafle, en fuiuant la difpofition & volonté
des Teftareurs, & de droit commun qui deffend que fille ne puifle fucce-
der is feudum, 8 femblablement fucceda la Reyne Icanne au Roy Robert
{on
DV ROY CHARLES VIIL. 481
fon grand-pere par Teftament, par deffaut de mafles. Au tiers point tou- 148 4
chant Charles de Duras, & Lencelot,en alleguant leur droit, ils dechaffent
la Reyne Ieanne, & par confequent leur droit, car ils ne peuuent prendre
caufe que d'elle; & fe peut refpondre en outre qu'ils eftoient herctiques,
rebelles au Pape, tenus & réputez ciuilement morts, & incapables aufdites
fucceflions, comme appert par inuefticure dudit Pape Clement: & par ainf
ladite Jeanne fucceda pat Lo de mafles & par Téftament de fon grand
pere, combien que ledit Duras luy eñ fift guerre. Et s'ils vouloient induire
que ladite Reyne Ieanne ne put difpofer defdits Royaumes, Terres, Com:
tez & Scigneuries, comme elle a fait, ils argueroient contre eux-mefmes,
car ils n’y peuuent attendre aucun droit , finon par ce moyen; &: s’ils con-
fcflenc qu'elle le pouuoit faire, ils n’y ont doncques rien par l'Ordpnnan:
ce du Roy Charles II. dont deflus eft faire mention, qui en ce fuiuoie
les volontez du Comte Berenger fon grand-pere & de Madame Beatrix
fa mere,& par les conditions inferées & adoptionsdes Roys LouysI.& If.
où Jeanne deice fes propres nieces: parquoy eft aflez cuident que fes
predeccffeurs ny elle n’euffent voulu que les filles ou nieces de fes fuccef.
feurs euffent fuccedé plus que les leurs propres; & en ce a fait fon deuoir, |
en fuiuant la volonté de fes predécefleurs ladite Ieanne , en fe confor- :
mant à droit commun. Au quart point du Teftament du Roy Louys IL. il
ne porte point de preiudice au et Pi ne releue en rien Monfieur de Lor.
raine: car fi le Roy René, au preiudice de ladite fübftitucion faite par le Roy
Loûis 11. en preiudice de Madame de Lorraine, qui eft au nombre des
fiens, n’a pü ny deù faire heritier Monfieur Charles. d’Aniou fon neueu
& fils adoptif, contredifant par la mefme raifon.le Roy Louys IL. contre
l'Ordonnance du Comte Berengier , de Beatrix, Charles II. le Roy Ro-
bert, & Ieanne fes predeceffeurs, & de droit commun, au preiudice de
{es enfans mafles d’Aniou fes fucceffeurs , ex vtroque latere, n'a pü faire
ladite fubfticution , & par confequent elle ne vaut rien, car il ne pouuoit
plus transferer de droit en autruyÿ qü’il n'auoit. fem , Le Roy Louys II,
fuc troublé audic Royaume par ladite Ieannelle , laquelle eftoit fille de
Charles de Duras, comme deflus eft déduit. Depuis elle adopta le Roy
Louys III. du nom, lequel fucceda éfdits Royaumes & Seigneuries, non
point par vertu du Teftament du Roy Louys fon père, mais par les fubfti-
tutions de fes predeceffeurs, & par l’arrogation de ladite Ieannelle; & par
ainfi gardant l'ordre de primogeniture, fuccedant ledit Roy René audie
Roy Louys fon frere, il n’a pù ny deù difpofer comme il a fair; car auffi
quand il en euft difpofe, la fucceflion venoit de droit audit Roy Charles
de Sicile. Mais préfuppofé ce que dic eft, que la fubftiturion faite par le
Roy Louys II. euft lieu, ce qui n’eit pas, il fe peut dire que par la raifon
que auroit Madame de Lorraine à fucceder à fon pere René, feroit auffi
admife la Reyne Marie à fon frere Louys IIL. mort fans Teftament:
femblablement Charles d'Aniou fon frere, pour deux paîties, ainfi à
René n’en feroit déuolu que la tierce partie en laquelle la Reyne d’Angle-
terre y auroit la moitié comme des fiens ; & parce que le Roy fuccede
aufdits Marie ; Charles, & Reyne d'Angleterre, ladite Dame de Lorrai-
ne n’auroit en ladite fucceflion que la fixiéme part, & le Roy les cinq.
Or eft ainfi que par difpofition de droit commun, & par les Teftamens
&c adoptions defdics Roys & Reyne Robert & Jeanne, les Scigneuries def-
fufdites font indiuifibles, & les hoirs inftituez ne doiuent auoir nom de
hoir en vain: s'enfuit par confequent que ladite Dame de Lorraine n'y
a rien; & préfuppofé qu'elle y euft ladite fixiéme partie comme Duchefle
de Lorraine, elle eft attenuë *# au Roy pour grandes fommes de denicts, «4 engagée.
vanc pour argent baillé par le feu Roy Charles VII. pour la conquefte
P p
482 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
1 48 4, du Royaume de Naples au Duc Iean , à luy par le Roy Louys pour la
conquefte de Catalongne, à luy pour le Mariage de Madame Anne aucc
le Duc Nicolas, tant en Languedoc, Thouars, Pefenas , que ailleurs, à
Monfieur de Lorraine qui eft à prefent pour le recouurement de fa Du.
ché, que Monfieur de Bourgongne luy auoit leuée, qui montent auffi plus
que ne povuoit valair ladiee fixième partie. Et fe elle vouloit dire que les
fommes fufdires font hors de ladite fucceflion, & que fur ce faut inten.
ter aétian., n’y empefchent en rien Le droit de ladite fucceffion; on peut
refpondre , que fi Madame & Monfieur de Lorraine auoient aucun droie
é(dits pays, par les forces 8 violences qu'ils ont faites en iccluy viuanc
le Ray Charles, 8 y faifans entrer apport d'armes aucc leur cry & ban.
nieres, fans fommer, ne requerir par iuftice ledit Roy Charles, fi aucu:
nes chofes luy vouloient demander, par la couftume dont lefdites Com.
tez fe gauucrnent, ils ont perdu leur droit fi point y auoient: & auec ce
l'on leur refpond, que le Roy eft faifi defdires Comtez, pays, & terres
adiacentes, & en cft en paifible poffeflion. Mais outre ce que dcflus eft
® LeContra de dit, le Roy peut quereller & demander à Madame & Monleur de Lotrai-
ET ne ce qui s'enfuit, Il eft vray que aprés la mort du Roy René, Monfieur
die rrouver À Euefque de Toulon dit au Roy Chärles de Sicile, que aprés que ledie
en ls Cham. Roy René de Sicile eut .vne fois fair fon Teftament à Saint Remy en
.. 2. ni Prauence, il y eût aucun qui luy demanda s’il auait oublie fa fille La Rey-
Bar ne d'Angleterre, & il refpondit que ouy, car il n’anoit dequoy La pauruoir:
& l’autre luy dit, Sire, au moixs ne pousez-uaus que de luy laiffer [à vie du
raut L: Daché de Bar. Et lors il dic qu'il fe dautoit que aprés fa mort la.
dite Duché retournefoit à la Couronne, car feu Monfeur le Cardinal de
Bar le luy auait dannée auec cette condition, en faifant le Mariage d'en.
tre luy & la Reyne Ifabetle fille du Duc Charles de Lorraine, def.
quelles paroles le Ray Charles de Sicile, par fes Ambafladeurs , en.
yoya aucrtir le Roy .Lauys, auquel ils dirent prefents Monfieur le Ma.
fcfchal de Gié, & autres gens de bien, depuis aprés que le Roy qui
cft auiourd’huy à mandé qu'on luy portaft de Praucnce cour ce qui fe
roit pour fes droits , on a enuoyé audir Euefque de Toulon pour en
auair la iuftification, & il en a refpondu par efcrit autant de mot à mot,
comme deflus dit eft. La verité s’en doit crouuer par le Contraét de Ma-
riage lequel doit eftre en la Chambre des Comptes à Bar: & fi le Concraét
de Mariage porte ladite donation, le Duché de Bar eft au Roy; & s’il ne le
porte, à cout le moins le Roy a ation fur ledit Duché pour la reftiturion du
Mariage de la Duchefle de Bar, qui fut fœur du Roy Charles V. de Fran-
ce, pource qu'elle mourut fans hoirs, & fans Teftament, comme an dx;
& dit-on que ledit Mariage et de bien grande fomme. J'em, Au moyen
du Mariage fait entre le Roy René & la Reyne Ifabeau fa femme, fille du
Duc Charles de Lorraine, pour ladite Duché defendre, le Roy René eût
guerre auec le Comte de Vaudemont, Antoine frere dudit Duc Charles
de Lorraine, en laquelle fur truc Meffire de Barbanfan & ledit Roy Rene
prifonnier, au moyen de laquelle prifon il perdit le Royaume de Naples,
la Ville du Val-de.Caffel fituce en Klandre , la penfon que ie Duc de
Bourgongne luy faifoit, & paya grande rançon, defquelles chofes Mada-
me & Monfeur de Lorraine feroient tenus au Roy comme heritiers de
la maifon d’Aniou. Plus eft à noter que le Roy Charles de Sicile depuis
trefpañlé, prit à femme Madame Icanne de Lorraine, fille & fœur de Ma-
dame & de Monficur de Lorraine, auquel , comme appert par Contraét
paffe fous les Sceaux de la Ville de Troyes en Champagne, ils promirent
pour le Mariage de ladite Dame trente mille efcus, donc ils en payerent
dix mille. Plus promirent trois mille liures de rente en Chaftellenies , Iu-
EE ue = ES
DV ROY CHARLES VIIL ‘ 48; —
rifdi@tion , haute, moyenne, & baîfe de prochain en prochain au Royaume 1 4 8 4
de France, le cout reuenant franc à ladite fomme, frais, aumofhes, &c ga-
gcs d'Officiers payez, & iufques au payement défdites chofes , & aflignaft
de ladite rente payer certaine penfion; moyennant laquelle conftiturion ellé
renonça à biens patctnaux & matérnaux auéc la condition qui aprés s’en-
fuiura, tefquelles trois mille liures fe deuoient bailler incontinent aprés la
mort de Madame do Harcourt ; & en cas de refus ou delay, aprés deûës
fommations, ledic feu Roy Charles, où fes heriticrs, fuccefleurs & ayans-
caufe de luy, pouuoient demandet partage en bièns patérnaux & matet-
naux, nonobftant ladite renonciation. Et pource que les penfiohs h’ont ns
poinc efté payées, ny l’aflignation de trois mille liures baillée, & que la faire sg”
fommation a efté deuément faicé à mondit fieur de Lorraine par ledit Ro Ray Charles
Charles, veü que ladice Reyne Icanne de Sicile eft trefpañlée, fait par élle re as
premierement Teftamenr, où elle fait hericier le Roy Chatlés fon mary à de Lorraine.
elle furuiuanr, & ledit Roy de Sicile a faie fon heririer vniuerfel lé Roy, il
peut demander partage en Lorraine, Vaudemont, Harcourt, & auttes biéns
parernaux & materriaux de ladite Reine de Sicile pour autanc qu'il luy en
pourtoit. coucher tant de droit que de couftume.
Et pource que ceux qui ont apporté ces droits font’partis de Prouen-:
ce, & qu’ils ont efté auertis que le Roy d’Efpagne enuoyôit deuers le Roy
pour luy demander le Rouffillon, ils ont haftiuement fait extraite des Ar-
chiues d’Aix aucuns petits menus articles qui font à.h fin de ce Liure, &
l'un d’eux a fait vn petit difcours en cermes Latins, enfemble les Atbres
des Gencalogies dont cy-deflus eft fait mention; lefquelles chofes ils pre
fencent en coute humilité, fupplians qu’il plaife au Roy & à Meffeigneurs
leur donner le recepiflé de ce qu'’its leur tte. pout leur defcharge.
LApporté de Proucnce en La Chambre des Comptes à Paris au mox de luillet 14544
Respon/e aux prétentions de René II. Duc de Lorraine {sr les Duchez
d'Amon, Connez de Prouence €9 du Maine, €9' auttes Seigneuries.
or inueftit Charles de France, Roy de Sicile fon frere, des Com- r. . de «fl
Aniou & du Maine, fans autre charge ny condition que Fhommage en
& reflort. : | | Fier des Ef-
A ce Charles fucceda fon fils de mefme noms, Roy de Sicile, Comte #45: de Tours,
d'Aniou & da Maine. Celny-cy ceda & tranfporta lés Comitez d’Aniou
& du Maine à Charles de France, Comte de Valois, f6ñ coufin & fon
gendre, pour auoir efpoufé Marguérire de Sicile fa fille, afin de iotfir par
Juy defdits Comtez , comme s'ils lny eftoient efcheüs par fucceffion., foit
qu'il euft enfans de ce mariage, où non, Mais luy venarie 2 déceder fans
enfans , lefdits Comtez retourneroient au Roy, à la charge que lédit Char:
les renonceroit au droit qu’il auoir au Royaume d’Atragon, & de Valen-
ce ; & au Comté de Barcelone, En faueur d’'Alfonfé, fils de Pierre Roy
d'Arragon, Marie heritiere du Royaume de Hongtie ; & rnere de cette
Comtefle Marguerite, renonça au droit qu’elle pouuoit preténidre aufdits
Conxez d Aniou & de Maine, par un acte dé fan 129$. Ce Charles paifible
defdits Comrez mourut en l’année 1325. Son Fils Philigpes de Valois Iuy
facceda, qui en iouir comme parriculier iufqués en Fannée 1327. qu'il fut
Roy; & pa fon aduenemenc à la Couronne, lefdits Corhrez furenc réunis
au Domaine Royal iufqu'au 17. Féurier 133 r. que Hedit Roy Phikippes de
Valois le donna en appanage à lean de France fôn fils, pour en iouïr en
Pairie, à la charge de reuerfion à la Couronne, au cas de déceds dudit
Tcan fans mafle; ; que pour les files qu'il pourtoic aüoir ; og sai
P ÿ
L E Roy Saint Louys, fuiuanc le Teftamene du Roy Louys VIII. fon 1#°#
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1495.
484 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
pourveüés en atgent. Le pa Jean venu à la Couronne l’an 1350. lefdits
Comcez furent encore vne fois réunis au Domaine jufques au mois d'O-
étobre 1360. que ledit Roy Iean le donna, par donation pure & fimple, à
perpetuité, à Louys de France fon fecond fils, & à fes enfans mafles, nez
& à naiftre, ou engendrez de fes enfans mafles, nez en loyal mariage,
fauf & réferué au Roy les droits de Regale, la foy, l'hommage, & le ref-
fort, les monnoyes, & autres droits de Souueraineté. Au mefme temps
ledit Roy continuant fes faueurs enuers fon fils, érigea ledit Comté d’An-
iou en Duché, & fut le premier qui prit le titre de Duc d’Aniou; & de-
puis ce Prince ayant efté adopté par Jeanne I. Reyne de Sicile, il fut Roy
de Sicile, & Comte de Prouence. |
Ce Roy de Sicile Louys I. Duc d’Aniou, Comte du Maine & de Pro-
uence, eüt pour fuccefleur fon fils Louys II. & celuy- cy fon fils Louys
LIL. qui mourut fans enfans en l’année 1 434. Tellement que cette grande
fucceffion vint à fon frere René, qui auoit efpoufé Ifabeau Duchefle de
Lorraine , de laquelle lors de fon déceds qui fur en l'an 1480. n’ayant
qu’une fille nommée Yoland, ledit Duché d’Aniou, & le Comté du Mai-
ne, fuiuant Pinueftiture de lan 1360. & par la Loy des appanages, retour-
. luy accorda le Duché de Bar : mais pour le regard de la Prouence, quil
na par droit de réverfion à la Couronne, du Regne du Roy Louys XI.
Mais, comme il n’y a chofe fi certaine & claire, qui ne reçoiue de lop-
pofition , René Duc de Lorraine ( qui eftoit fils de ladite Yoland & de
Ferry de Lorraine, Comte de Vaudemont, & defquels font iflus les Ducs
de Lorraine qui l'ont fuiui iufques à prefent) fic demande au Roy Char-
les VIII. dudit Duché d’Aniou, fans parler des autres grandes Seigneu-
ries, pour raifon defquelles il auoit fait de grandes pourfuites. Philippes
de Comines dit que le Duc de Lorraine René demanda raifon au Roy
Charles VIII. des Duchez de Bar & Comté de Prouence ; que le Roy
en feroit iugé, & cependant que ledit Duc auroit cent lances aux def-
pens du Roy, & vne penfion. de trente-fix mille liures quatre ans durant.
Les luges, qui furent les Seigneurs de Comminges , du Lau, & ledit de
Comines , declarerent par leur jugement que le Duché d’Aniou & le
Comté de Prouence appartenoient au Roy, lequel en confequence de ce
fuc -defchargé de cette penfion. Ce iugement fi folennel eftoit fondé fur
l'ancienne Couftume & obferuance de France, qui eft qu’il n’y à jamais
“un heritier pour receuoir fucceflion du Royaume, qui eft le premier
ls, & plus prochain heritier du Roy dernier decedé: que pour le regard
des autres enfans mafles puifnez, ils ne peuuent demander aucun partage
au Royaume , mais feulement telle part & portion qu’il plaift à lheritier
luy bailler, plus ou moins, ainfi que bon luy femble; que les enfans maf-
les defcendus des Roys de France fe doiuent chacun tenir contens de la
portion qui leur eft baillée, & que la portion de celuy qui décede n’ac-
-croift point à l’autre fon coheritier, mais retourne de ne droit à la Cou-
ronne, foit qu’il y ait plus prochain hoir mafle du defcendant que n’eft le
Roy, comme il fut iugé par Arreft tres -folennel pour le Comté de Poi-
tou l'an 1283.
Ce qui fe pafla pour le Duché d’Aniou aprés la mort de René Roy de
Sicile & Duc d’Aniou, eft notable. Il auoic laiflé fon neueu Charles
Comte du Maine, qui ne penfa iamais à luy fucceder au Duché d’Aniou,
qui fut réuny à la Couronne, ayant ledit Charles eû le Comté du Maine
pour fon partage. Ledir Comté fut auffi réuny à la Couronne par le de-
ceds dudit Charles décedé fans enfans, à l’exclufion de Louyfe d’Aniou
fa fœur, marice en la Maifon d’Armagnac. Yoland fille du Roy René
ne fc prefenta point pour remonftrer ce qui eftoit de fes pretenfons, par-
DVROY CHARLES VIIEI 48,
ce qu’elle n’y en auoit aucunes; & fi l’on s’en poutoit imaginer quelques-
“vues, elles eftoient du tout contraires au droit François. : |
Quand ces luges euflent efté deftituez de cette Couftume eftablie de-
puis tant de fiecles, & qu’ils n’euflent eû que la donation, ou pluftoft l'in-
ueftiture de l'an 136@ ils ne pouuoient iuger aütfement, car elle eft en
faueur des miafles feulemenc nez & à naïftre, & des mafles iffus des maf.
les, fans porter vn feul mot des filles, ny des mafles defcendans des fl
les: par confequent ladite Yoland & fes defcendans n’y pouuoient rien
pretendre. | à |
:: Le Comté de Prouence fut enfin adiugé à Louys XII. contre les pre-
tentions dudit Rene Duc de Lorraine, ainfi que l’on peut voir dans l’hif.
toire de ce Roy, efcrite par Claude de Seyfel Ârcheuecfque de Turin, &
mife en lumiere en 161$. par T. Godefroy. L’on trouuera aufli au mefme
endroit le Teftament de Charles d’Aniou Comte du Maine, du 10. De-
cembre 1481.
Eflat des Gentilshommes de l'Hofkel du Roy nofire Sire , eflans [ous
pe le charge de Michel Marquet en 1485. f
EÉ T premicrement ceux de la nation de Frante, René de Clermont, lean de
Brizay, Oliuier des Abatans, Georges Geoffroy , Iean de Thouars, lean
Nouzille, Charlot Rime, Archambaut de Villars, François de Mayeu-
bier, Iean de Ioigny, Gigonde Sully, Bertrand de Bats, Marc de la Brof.
ficre, Iean d’'Arblade, Icannet de Caftelnau, Iean de la Barde, Chrifto-
phle de Breffay, Edouart de Brutails. | a |
Picars. Yeannet Defprez, Meflire Adam de la Hargerie, Raoulquin de
Fontaines, le Baftard d’Ardentum, Ramaige de Boullers , Antoine de He-
rigniers, Y{ambert Dupuis, Nicolas de Vaucelles, Dauid le Queux, Petit.
Jean de Villiers, Pierre de Villiers, Iacotin Maciot, le Baftard de Beauffort,
VWalléran de Oftain, lacques de Saint Omer, Antoine de Calonne, Peroquin
Dabois, Rafec de Vignacourt, Claude Cordon, lacques de Carnin , Iean
de Bonual, Iean du Coureil, Guillemin d’Albingan, Louys de Fontaines,
Louys Coruille, Noteual le Roy, Baftard de Montioye, Monc Roze,
Lyonnet Malleuault, Jacques de Fillieures, Anthoine Dechefnay, Guiot
de Habinc, Amotin le Sauxier , Perrinet Clabault , Perrot de Ciuray,
Claude de Metra.
Gaftons. Iean de Rüuiere. |
Bretons. Brieu Goyon, [can Duhel, Bertrand Goyon, Louys Goul.
lart. | . |
Bourguignons. Iean de Baffay, Louys Dechamure, Vrbain Mallet.
Sasoyens. Amc de Burciam, Michel de Burciam.
Suiffes. Georges Mayor, le Capitaine Galles.
Lombarts. Colle de Vic.
E/coffos. Montgommery.
nn na ro » Loys Defprez.
Kefponfé des Seigneurs aux articles du Duc de Breta gne, tant [ur ce qui
| a cffé entrepris an Chafleau de Nantes, que pour les places
defquelles on s'eft faifs » 9° autres différends.
Over ce que au premier article que les Seigneurs auoient enuoyé
P cftoient contenuës les caufes qui les auoient meus de faire Pentrée
au Chafteau de Nantes, ce que le Duc & Meffeigneurs de {on Confeil
n’ont pas eù agréable pour cette caufe. Pareillement DU ui ac
P u}
1485.
1485.
douf 1485.
148$.
486 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
veulent pas mettre qu'ils entrerent audit Chafteau à port d'armes , ainfi
qu'il eft contenu audit premier article ; & s’il plaift au Duc qu’il foit die
qu’ils entrerent audit Chafteau à port d'armes, fupplient au Duc que pa-
reillement foir mis les caufes pourquoy ils y entrerent ainf, s’il ne veuc
que tout foit ceù, & qu'il n’en foit point park. +
Et pource que à cedict premier Article ont répondu qu’ils declareront
leurs ferviteurs & autres fujets qui veulent avoir grace , & lauront. ch2-
.cun particulierement, ils en prendront pardon ceulx qui voudront, & par
ainfi qu'il fera baillé un pardon général, afin qu'il n’y ait perfonne qui
ne foit eh feürcté; car par default de la généralité s'en pourroit enfuiure
-plufieurs maux & inconueniens par hayne ou enuie que les hommes au-
ront les vns fur les autres. | | | | |
Touchant l'Article qui parle de feruir Mefdames fes filles & leurs ma-
+is, il leur femble qu'ils ne pourroient faire plus grande obligation que
de bien feruir mefdites Dames; car en bien fervant les femmes ; on fert
bien lesmaris.
Pour le frxiéme Article, auquel eft répondu qu’il n’eft pas raifonnable,
pource que tefmoings les Officiers de luftice du Duc, ont plufieurs proces
& diffcrends auec lefdirs Seigneurs & fubjets touchant les faits de leurs
Terres & Seigneuries , leur femble qu'il eft bien raifonnable : car à l’occa-
fion de ce qui a efte fait, les Officiers du Duc les pourront molefter, & leur
donner de grandes vexations, coufts & dommages foubz ombre de juftice;
& pour ce a efté mis audit Article que les Officiers n’entreprendronc fur
les perfonnes, ni iniuftement ne feront aucune chofe en leur préjudice,
& n’entendent rien demander touchant les droits & prééminences du
Duc , que les Officiers ne les puiffent querir & demander, ainfi qu'ils
ont accouftumé. |
Au regard de l'Article qui parle touchant la garde des Places, les Sei-
gneurs ont refpondu que les Capitaines commis de par eux, feront fer-
ment au Duc que bien & loyaument ils garderont les Places qu'ils au-
ront en garde; & ne feront defdites Places, ni nuls de ceulx qui feront
fous leurs charges, chofe qui foirt au dommage ni au préiudice du Duc
ni de fa Duché : mais en bien feruant & gardane ta Place 2 leur Maitre,
feruiront le Duc & fon pays bien & loyaument; & en feronc ledit fer-
ment fur telles Reliques qu’il plaira au Duc leur bailler, & fupplient lef-
dits Seigneurs au Duc qu'il luy plaife s’en contenter.
Touchant la place d’Ancenis, Monfieur de Rieux promettra & iurera
de bien la 5 par luy & fes hommes, & d'en fervir le Duc & fon
ays. |
; Et pource que ceux à quiles bois & maïfons ont efté abbaruës, de
mandent etre récompenfez , fupplient au Duc tant humblement qûe
peut faire, que fon plaifir foir de les faire defdommager defdirs abba-
vois , à ce qu'ils ne demeurent ainfi grandement endommagez de la per-
te qu'ils ont en ce; & aufñli touchant les meubles & levées. de leurs
terres que le Duc 2 fait faire, ils entendent les recouvrer cn faifanc ledit
appointement. | |
" . Et quant eft de leur allée de par de-là, ils feront contens que és fois
que les Ennemis defcendront au pays pour courir fus au Duc, & endom-
mager fon pays, qu'ils s’obligeront d’aller feruir en perfonne. Mais rou-
chant les Eftats, & autres mandemens du Due, luy fupplient en eftre
cxcufez par Procureurs, & demeurer en leurs franches hibersez.
Pra de l'Original.
DV ROY CHARLES VIII 487
I _ | 1148 fe
Traité de Mariage de René II. Duc de Lorraine, c3° dd Madame he.
UF. Pbilippes de Gueldres.
Toys ceux qui ces prefentes Lectres verront, Anthoine Roillard, li. se. Auf
À so és loix,. Garde de Ja. Preuofté d'Orleans, Salur. Sçauoir fai- 7+55.
fons que entre tres-hauc & puiffant Prince Monfcigneur Remé Duc de Lor:
raine , & de Barrois, Comte de Vaudemont & de Harcourt d’vne part, &
haute &° puiflante Damonfelle, Madcmoifelle :Phifippes de Gueldres dauire
part , ont criourd'huy pardeuant Pierre Nobler_ &. Barthelemy Senin No-
caires jugez du Chaftelet d'Orleans, appellez & requis pour faire & pafler
lectres & inftrument de ve qui s'enfuit efté fait, pailé, & accordé les Traité
de Mariage, Douaire, Dot, Promelles, Conuenances ,& chofes qui s’eni
fuiuent, C'eft à fair que mondit Seigneur de Lorraine, de bon vouloir
© plaifir du Roy, pat les parens & amis defdits Scigneurs & Damoifelle,
comme ils difent, prefens hault & puiflant Prince Monftigneur Pierre de
Bourbén , Comte de Clermons & de la Mirche, Scigneur de Beauieu, & tres:
haulre & puiflante Dame, Madame Anse de France, Comtefle de Clermont
& de la Marche, Dame de Beauieu, a promis & promet prendre à femme
& Efpoufe madite Damoifelle de Guecldres, & madite Damoifelle pareil-
Jement 4 promis & promet prendre mondit Seignèur de Lotraine à mary &
Efpoux, f Dieu & Sainte Eglife l'accordent; & par ledit Traité de Maria-
ge mondit Seigneur de Lorraine promet prendre & rcceuoit madite Da-
moifcelle auec tous fes droits & actions, fucceffions & demandes qui font
& appartiennent de prefent, & qui pour le cemps aduenir feront & pour-
ronc appartenir à madite Damoifelle tant paternels , maternels, que frater-
nels, & de ligne collaterale, pour & à caufe de Conftitution de Dor. Et
en outre mondit Seigneur le Duc de Lorraine donne & conftitué à ma-
dite Damoifelle,en cette confideration, & pour fon Douaite,la fomme de
quatre mille liures Toufnois de rente à l’afliette de Normandie, & au Com-
re de Harcourt auec le Titre de ladite Comté, 16 Chafteau dudit Har-
court pour fa demeure, auec toute telle Seigneurie de iuftice & exercice
d’icelle comme elle eft audit Harcourt. Et fi pat procés ou aucun debat
ou querelle ledit Douaire ne fe pouuoit fcüurement affcoir fur ladite Com-
té, fera ledit Douaire afligné en bon lieu & competent au plus prochain
lieu dudic Harcoott en ladite Duché de Normandie, ou ailleurs, en bons
& competens lieux. Seront mondeflufdit Scigneut de Lorraine & madite
Damoifelle de Gueldres communs en meubles & acquefts; & au cas qu’elle
furuefquift à mondir Scigneur, lefdirs meubles & acquefts demeureront &
apparticndront à madit Damoifcile felon la couftame & vfage du pays de
Lorraine. Et ont iuré & promis lefdits Seigneur & Damoifelle par les foy
& ferment de leurs corps, pour ce corporellement & manuellement mis &
baillé és mains defdits Notaires, non iamais venir contre les Traite de Ma-
triage, Promefle, Dot, Conuentions & chofes deflus contenues, ni contre
aucune d’icelles,ainçois les auoir agreables & tenir à toufiours fermes & fta-
bles fans aucune infraétion, fous obligation d’eulx & de rousleurs biens meu-
bles & immeubles prefens & aduenir où qu'ils foient, & pour ce foumis à
la iurifdiétion & contrainte de ladite Preuofté d’Orleans, & À toutes au-
tres, renonçans lefdits Seigneur & Damoifelle par leurdire foy & fermenc
à toutes chofes & priuileges quelconques, qui tant de fait comme de droic
aider , feruir & valoir leur pourroient aduenir contre ces Prefentes, & le
contenu enicelles, aufquelles en tefmoin de ce Nous garde deflus nom-
mé, à la relation defdits Notaires Iurez, auons fait mettre & appoler le fécl
aux Contraéts de ladice Preuofté d'Orleans, tefmoin à ce prefent Reue-
483 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
1,48 $\ rend Pere en Dieu Meflire Geoffroy de Pompadour *., Eucfque de Perigueux,
* y. sy-aprés. Mcflieurs fean de Mas, Seigneur de l'Ile, Bailly de Conftantin,Ieañn Ville,
25. Auf.
: 1485.
de Gerbeuiller Bailly de Lorraine, tous: Gheualiers, François de Razay,
Efcuyer, Seigneur dudit lieu, Ce fut fait & pañlé à Orleans le vingt-huirie-
me jour du mois d’Aouft, l'an de Grace noître Seigneur mil quatre cens
quatre-vingrs-cinq. Ainf figne, P. Robert, & B. Senin. Sécllées d’vn fée]
de cire verte fur double queué. À ne .
A Tovs ceux qui ces prefentes Lettres verront , Anchoine Roillard,
licengie és Loix, Garde de la Preuofté d’Orleans, Salut. Sçauoir fai-
{ons que tres-haulr & tres-puiffanc Prince Mefire René Duc de Lorraine
de Barros , Comte de Vaudemont & de. Harcourt, a ce iourd'huy. parde-
uant Pierre Noblet & Barthelemy Senin Notaires Iurez du Chafteler d’Or-
leans, appellez & requis pour faire & pafñler Lettres & inftrument de ce
qui s'enfuit, connu & confefle de fa bonne volonté que oultre & pardeflus
Je Douaire de quatre mille liures tournois de rente donnée & conftituée
par mondit Seigneur de Lorraine à haulce & puiflante Damoifelle, Made-
moifelle philippes de Gueldres ,ainfi que plus à plein eft contenu & déclaré
es Lettres de Traité de Mariage defdits Seigneur & Damoifelle, ce iour-
d'huy fair & paflé par lefdits Notaires, prefens tres-hault & puiffant Prin-
ce Monfeigneur Pierre de Bourbon, Comte de Clermone & dela Marche,
Seigneur de Beauieu, & tres-haulce & tres-puiflante Dame, Madame Anne
de France, Comtefle de Clermont & de la Marche, Dame de Beauieu,
mondit Seigneur de Lorraine auoit & a donné, cedé & tranfporté, & par
ces Prefentes donne, cede & tranfporte à madite Damoifelle de Gueldres
à ce prefente & acceptante, la Baronnie, Chaftellenie, .& Seigneurie de
Vannes au Diocefe & Bailliage d'Amiens, auec tous fes droits, iurifdi-
étions , cens, rentes, hommages, reuenus, poffeflions , & routes fes appar-
tenances & dépendances quelconques , où qu'ils foient, fans en rien ex-
cepter ne-retenir, pour d’icelle Baronnie , Chaftellenie & Seigneurie de
Vannes, droits, appartenances & dependances quelconques iouïr , vfer,
& poflcder par madite Damoifelle dé Gueldres, aprés le trefpas de mondit
Seigneur de Lorraine, comme Douairiere, le plein cours de fa vie durant
feulement, fauf touresfois & referué que fi mondit Seigneur de Lorraine
alloit de vie à trefpas, delaiflez de madite Damoifelle aucuns hoirs def-
cendans de leurs propres corps & de leurdit Mariage & elle procedoit à
fecondes nopces, en ce cas, & non autrement , ladite Seigneurie Ba-
ronnie & Chaftellenie reuiendra & appartiendra à leurfdits hoirs, un ou
plus. Et aufli outre les chofes contenuëés audit Traité de Mariage en lar-
ticle cy-deffus efcrit, a promis & promet mondit Seigneur de Lorraine à
madite Damoifelle, que fi les places & Scigneuries à Sable , Maine, là
Iuhez & la Ferté Bernard luy font adiugécs par la Cour de Parlement, &
pour raifon defquelles eft à prefent Procés pendant & indécis en ladite
Cour de Parlement entre mondit Seigneur de Lorraine d’'vne part &
Meflieurs de Nemours d'autre part , madite. Damoifelle les aura auec
leurs droits,reuenus & appartenances, & en ce cas les luy a donné & tranf-
porté mondit Seigneur de Lorraine, pour en ioïr & .vfer par madite Damoi-
{elle le plein cours de fa vie durant feulemenc, comme dit eft deflus , aux
conditions deuant déclarées; & a iuré & promis mondit Seigneur de Lor-
raine pat les foy & ferment de fon corps, pource corporellement & ma-
nuellement mis & baillé és mains defdits Notaires, non iamais venir contre
les don, tranfport, promeffles & chofes deflus contenuës, ni contre aucu-
nes d’icelles, ainçois les auoir agreables & tenir à toufiours fermes & fta-
bles, fans aucune infraëtion, fous l'obligation de luy & de taus.fes biens-
meubles
ee ue
DV ROY CHARLES VIII 489
meubles & immeubles prefens & aduenir, où qu'ils foient, pout ce foumis 1; 48 $:
à la iurifdiétion & contrainte de ladite Preuofté d’Orleans & à toutes au-
tres, renonçant ledit Seigneur de Lorraine par fefdits foy & ferment à
toutes Arr &. priuileges quelconques, qui tant de fait comme de droit
ayder, feruir & valoir luy pourroient aduenir contre ces Prefentes , & lé
contenu en icelles : aufquelles en tefmoin de ce Nous Garde deflufnom:
mé, à la relation defdits Notaires Iurez , auons fait mettre & appofer le
{éel aux Contrats de ladite Preuofté d’Orleans, eefmoins à ce prefens Re-
uerend Pere en Dieu Meflire Geoffroy de Pompadour Euefque de Peri-
gucux, Meflicurs Iean du Mas, Seigneur de Ffle, Bailly de Contantin,
Jean Vifle de Gerbeuiller, Bailly de Lorraine, Thomas de Paffenhafen,
Sencfchal de Lorraine & Bailly de Vaudemont, tous Cheualiers, & Fran:
çois de Razay Efcuyer, fieur dudit lieu. Ce fut faic & pafñle à Orleans le
vingt-huitiefme jour du mois d’Aouft, l'an de noftre Seigneur mil quatre
. cens quatre-vingts-cinq. Ainfi figné, P. Nobler. B. Senin. Scellées d’vn fecl
de cire verte fur double queué, |
EN par la grace de Dieu Roy de Ierufalem, d’Arragon, & de Si: 4 Moufen
R cile, Duc de Lorraine & de Bar, Marquis du Pont, Comte de Pro- .. o
uence, de Vaudemont, de Harcourt, &c. À tous ceux qui ces Prefentes É
Lettres verront, Salur, Comme en traitant le Mariage de Nous & de nof-
tre tres-chere & cres-amée fœur & compagne Dame Philippes de Gueldres
noftre efpoufe, ayant auec fes parens & amis & és prefences de nos tres-
cher fieur & Dame es Ducs € Ducheffe de Bourbon G d'Auvergne, & au:
tres, par iceluy Traité de Mariage promet & donne à icelle Dame Philippes
de Gueldres noftre efpoufe pour fon Douaire, au caÿ que irions de vie à
trefpas deuant icelle, & que Douaire y efcherroit la fomme de quatre mil.
le liures tournois, à les prendre par chacun an fur. noftre Terre & Sei-
pneurie de Harcourt, comme peut apparoir par les Lettres fur ce faices &
paflces, & depuis pour certaines caufes à ce Nous mouuans luy euffions
femblablement, pour accroiffement de fondit Douajre ,. donne & affigné
noftre Terre & Chaftellenie de Vannes, ainfi que partillement peut appa-
roir par autres nos Lettres dedans, & auec lefquelles ces Prefentes font infi-
xécs'; & foit ainfi que depuis certain temps, aprés lefdites promefles & affi-
ions faites , mefmement en l’an mil quatre cens quatre-vingts-fix quo
cliberafmes aller pour recouurer noftre Royaume de Sicile , lequel lors
occupoit & de prefent occupe /e Baffard Ferrand d’Arragon , pour lequel re-
couurement fifmes grands amas de biens & d'argent, à caufe de quoy Nous
fur de neceflité engager plufeurs nos Terres & Seigneuries, & par efpe-
cial charger nos Terres & Seigneuries de Harcourt & de Vannes de plu-
. fieurs & grandes fommes de deniers, laquelle icelle Dame noîftre efpaufe,
connoiffant le grand defir qu'auions dudit recouvrement, liberalement &
de bon cœur Nous accorda,iaçoit que auparauant luy euflions dorfné & hy-
potequé pour fon Douaire, comme dit eft. Srawoir faifams que Nous qui
defirons icelle noftredite efpoufe & compagne ne demourer impourueué de.
Dowaire, fi le plaifir de noftre Seigneur Dieu eftoit. de nous appeller de-
uant elle & que Douaire y efcheuft; ayant égard à. ce que liberalemenc
elle fuft contente foy gefñifter defdites Terres & Seigneuries, & que de-
puis elle s’eft toufiours bien..& honneftement conduite & gouuérnée en«
uers Nous, 8 comme bonne femme doit auec fon mary &. sg , &
quéd’icelle auonseù plufeurs beaux enfans, voulans ainfi vfer de libera-
lité, & faire comme bon Prince & Seigneur doit faire: à fa loyale compai
gne & cfpoufe: pour ce & autres iuftes &'raifonnables-caufes à ce Nous
mouuans, voulans aufli enfuiure Jcdit Traité de Mariage, & foprnir à nos
14595.
490 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
promeffes à elle faices, de noftre certaine fcience, propos & aduis & meu-
res & longues deliberations fur ce eüës, auons auiourd'huy, date de ces
Prefences, donné, oétroyé, afligné, hyporequé & obligé, & par ces mefmes
Prefentes donnons, oétroyons , aflignons, hypotequons , & obligcons pour
Nous, nos hoirs, fuccefleurs & ayans-caufe, à ladite Dame Philippes de
Guecldres noftre efpoufe & compagne pour fon Douaire,au cas que Douai.
re y efcherra, & au lieu & change des aflignations à elle faites par cy-de-
uant, tant en traitant le Mariage d'elle & de Nous, comme autrement, nos
Terres & Scigneuries cy-aprés ms & défignées ; à fçauoir premier
noftre Marquifac, Cité & Ville du Pont-à-Mouflon, & le Chafteau dudit
Mouffon , auec toutes leurs appartenances & dépendances ‘en routes Iu-
rifdiétions & Seigneuries, haulte, moyenne, & bafle, cens ; rentes, reue.
pus & droiture d'or, d'argent, de bled, d'auoine, de vin, de chapons, ge.
lines , cire, poiure , porcs & efpices, gruries de bois & d’eau, & de toutes
autres rentes quelles qu’elles foient,.& que on les puifle nommer, fpecifier,
ou défigner, fans aucune chofe en réferuer,obmettre, ou retenir. Ztem., Et
femblablement luy auons donné & afligne, donnons, & aflignons comme
deflus pour fondit Douaire noftre Comté de Vaudemont, les Villes &
8 sl. Vexelay.
Chafteau d'icelle, noftre Ville de Vezclife*, & generalement toutes autres
Villes & Villages dudit Comté, toutes leurs appartenances & dépendances,
pour en iouïr & vfer, fa vice durant, en la forme & maniere que de prefent
les poflcdons en toutes iuftices haultes, moyennes & bafles, cens, rentes,
droitures d’or, d'argent, de bled, de vin, d’auoine , chapons, gelines, ef-
pices, cires, & droitures de bois & d’eau, & generalement de toutes au
tres rentes & reuenus appartenans audic Comte, fans aucune chofe en ex
cepter, Encore & d'abondant, pour les caufes que deflus, auons donné &
donnons d'icelle Dame Philippes de Gueldres noftredice compagne & ef.
poufe pour fon domicile & accroiffement de fondit Douaire, & afin queicelle
puifle micux entretenit fon eftat, nos Villes, Places, Chaftel, Terres &
Seigneuries de Gondreuille & de Condé fur Mozelle , pour les auoit
& tenir fa vie durant, auec tout le reuenu d'icelles, foit en Chaftellenie,
Preuofté, Bourgeoilie, Iuftice haute, moyenne & bafle,rentes & reuenus
d'or, d'argent, de grains, de vin, de cire, de bois, d'eaux, de chapons,
de gelines, & de toutes autres rentes quelconques , comme on les puifle
dire , nommer , fpecifier ou defigner , fans aucune chofe réferuer, hors
mettre, ou retenir, pour de toutes & chafcunes les chofes deffufdites, leurs
circonftances & dépendances en ioïr, vfer. & exploiter felon le droit &
couftume de Douaire, exercer , faire exercer , prendre , receuoir par qui
bon luy femblera, fa vie durant, à fon bon plaifir, fans que nofdits hoirs,
rade ds , Où ayans-caufe y puiflent ou doiuent aucune chofe contrarier
pour l’auenir, Et pour ce que par icéluy Traité de Mariage fut lors accor.
dé que les biens-meubles & acquefts feroient communs entre Nous &icels
le noftredice compaigne & cfpoufe, Nous auons voulu, declarc & dela
rons | mefmes Prefentes, que nous auons entendu & entendons que
s'il aducnoit que noftre Scigneur Dieu fift fon commandement de Nous
auant que d’elle, & qu’elle demeuraft Douairiere, qu’elle tienne & poffede
cous les meubles, &acquefts par la forme & maniere que les Dames Douai.
ricres'ont accouftumé de prendre de cout entieremant, és Duchez de Lor-
raine & de Bar felon la condition des lieux où les biens font & feront aflis
au jour que Douaire y efcherra, réferué toutesfoisles anciennes gageries &
obligations à nous obtenués par nospredeccffeurs Ducs &:Gomtes deldires
Duché & Comté. Si 'auons promis, iuré & :accordé ,:8cpar ces Prefen.
tes promettons, iurons & accordons en parole de Prince pour Nous & tous
aos hoirs, d’auoir & faire auoir ,cenis & accamplir cout le contenu cy-deflus
d
pv k O Y CHARLES VIIE 491 ==
bon, wlable, ferme & eftable, fans. faire mettre, où donger, ni fouffrit
eftre faic, mis ou donné aucun deftourbier où empefchement au contraire
en maniere que ce foit, fous l’expreffe hypoteque & obligation de tous nos
biens meubles & herirges prefens & aduenir, lcfquels pour ce Nous auons
foumis & foumettons aux Iurifdiétions , forces & contrainres de toutes
Cours fpirirueles & temporelles, pour par aucune d’icelles eftre contraints
& compellez à l’obferuation & entrerenement de toutes les chofes deflufdi-
tes & de chafcunes d'icelles. En £efmoin de ce Nous auons ces Prefentes
fignées de noftre main , & à icelkes fair appendre noftre fé Donné en
noftre Ville de Mouffon le quinziéme ionr du mais de Seprembre, Fan
mil quatre cens quarre-vingrs-sreize. Ainf figné, RENE. Es fur le reply
cf eféxit, Par le Roy de Sicile, &c. Duc de Lorraine & de Bar, &c. Pour
Secretaire. 10. Eudd. Regiffrata , Chafteauneuf. Séellées d’vn féel de cire
rouge fur double queuë. | |
Bulles de difpenfe À René II. Duc de Lorraine, pour la diffolu-
” tion de fon mariage auec leanne d'Harcourt, & pour la con
firmation de fon fécond mariage auec Philippes de Gueldres.
rTNNOCENTIVS Epiftopus, feruss féruorum Dei, ad futuram vei memo-
riam. Si que indicia rite recte terminantur , fixnea debent € illibata per:
fiffere ; @ ne in refiduo cantemptionss férupulum rclabantur Apoffolico conuenit
refidio communire. Sane pro parte dileéti filii nobilé viri Renati Herrici Du-
cis Lotharingiæ mobs muper exhibita petitio contincbat , qued olim ipfe, qui cum
dileëta in Chriflo filia nobili maliere Xoanna de Harcuria, ixcola loci de Einuilla,
Tullenfis Diæcefss , matrimoniums per ve ba de prefenti contraxerit, @ per qua-
suor annos CG ‘vltra rei coniugali operam danda cum illa cobabitaucrat, prapter
quoddam impedimentums corporés prefate Joanne quod medicorum artificio rolli
nequibat, matrimonium huisfmodi carnali copula ordinarie non potuerai confum=
mare, @ per alios quatuor anues à cobabitations çum illa abffinuerat , cupiebat-
ne pater effici liberorum, 6 cum aliqua alia muliere matrimonialiter copulari; cum
À nounallis fimplicibus affererctur ipfom prefate loavva vinculo matrimoniali a[-
srictum fore, Ô* cum alias maliere matrimonium contrahere nop polle, © fi con-
sraberet, pralem legitimam non effe : ad obffruendum ora loquentium venerabili fra-
sri noffro Epifopo Tullenfi, velcius 5n fpiritualibus Vicario Generali, vt f vo-
Cats dite lobanna G: alé vocandi, confarer, preditta vera eff, C* per affertio-
nem duorum medicorum 4c quinque mAfrOUATHU ip arie exRertarN M CUIR iuramsen-
to diéfam Iobanvam erdinarie carnaliter coguofei, nec artiféio medicarum ad viri-
des amplexus aptam reddi polfe, Gr de alixs expolitis declararent ipfum Busem premif-
forum occafione , prafatæ Joanna nullo vinculo matrimanii adffricium effe, €
fibi premifis son obffantibus cum alis vxore matrimonium canérabere, C* in co
poffquam contraitum foret libere de licite, alio fibi non obfayte, canonice remanc-
re polfe declararent, per litteras Pænitentiariæ noffre mandari obtinuit. Quarury
œwigore dileétus filius Aulricus Briclli Archidiaconus de Vozxago iv Ecslefis Tullenff
sunc Vicarius Venerabilis fratris noffri Epifcopi T ulenfis in Spiritualibus Genc-
ali, ad earam executianem , illarum forma feruata, procedns ; prefatam loban-
nam non cffe neque fuiffe idoneam ad amplexus viriles, vi pofet cum ea matri-
monium ordinarie confummari, GC matrimonium inter ipfos Renatym GC Iaan-
nam alias contraëtum , fuiffe G effe nullum G: inaligum ipfamque Renatum il-
dius pratextu diits Ioanna nullo matrimonii vinculo affrictum fuifle € fe, €
eidem Renato licere cum alia muliere matrimonium çantrabere, Cr in eo, poflquams
contraëfum foret, libere Gr licite, alie fibi non ebffante, cavonice remanere de iure
poffe, prolemque fufcipiendam ex illo legitimam fore per [am CLÉ declara-
q 1)
—_ = RE
148 ÿ:
21. lanwiv
148 8.
1485.
r6. Septembre
1485.
492 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
sit, prout in ile plenius continetur ; Cuius tenorem bic pro expreffo babems.
Quare pro parte ditfi Ducs afferenté fententiam pradié am nuls pronocatione
Jejpenfem in rem iudicatam tranfiuifft, & fe pofimodum cum alis mulicre ms-
trimoniuns contraxiffe, ac carnali ve confensmalfe , obus fuit bumiliter [applis
catum , vt fententie praditfs C inde fecutw pro Jubjifientia firmiers robur noffre
confirmation adiicere, aliafque in premilfis opportune prouidere de benignirate
Apoffolics dignaremur, Nos igitur , qui votis ciufdem Dncis rationalibus C ho:
neffs libenter annsimws, GC: fententiam predifam , babitumque coram dits Vi.
cario viçore dicfarum litterarum por diligenter infpici © examinari feci-
mus, buiufmodi [upplicationibus inclinati, lifteras Pænitentiarie praditas, il-
larum vigore habitum proceffim latamque féntentiam buis[mods aucforitate Apoffo-
lica , ficut pronide Canonice iuffeque lata eff, preféentium tenore approbamus
confirmamus, ac prefentis fcripti patrocinio roboramus , fipplemufque omnes €
finçulos defcitus tam iuris quam facti, fi qui, forfan ex inordinato proccffu «nt
alias quomodo libet interuenerint in ci[dem , contraitumque pofimodum per cums-
dem Dacem Matrimonium predicfum cadem anoritate bencdicimus, illadque ca-
monice contratfum , fufceptamque , fi que fit, ac fifpiciendam ex eodem matri-
nio prolem legitimam decernentes, non obffantibus Conffitutionibus G Ordinationi-
bus Apoffolicis, caterifque contraris quibuftumque. Nalli erço omnino hominum
liceat banc paginam noffre approbation , confirmationé , roborations , fsppletie-
ni, bencdicfions , @° conffitutionss infringere, vel ei aufs temerario contraire.
SÈ quis autem hoc attentare prefumpferit , indignationem omnipotenti . Dei, 4c
Beatorwm Petri Pauli Apoftolorum cius [e noucrit incurfurum. Datum Roma
apud Sanfum Petrum, anno Incarnationis Dominice millefimo quadringentefime
ocfuagefimo otfauo, pridie Kal. Februarii, Pontificatus noffri anno quinte. |
Arreff contre le Duc d'Orleans, qui ordonne qu'il [era proædé contre
luy © autres qui [e font mis en armes, par adiowrnemens perfonnels,
fous peine de confifcations de corps de biens.
Ds 16. Septembre 1485.
Y Vr les Lettres efcrices par le Roy à la Cour, par lefquelles il a faie
S fçauoir que pour obuier aux affemblées de gens en armes qui font à
Baugency & és enuirons, iceluy Scigneur auoic par deliberacion de fon
Confeil enuoyé audit lieu de Baugency où eft le Duc d’Orleans, les ficurs
de Dunois & de Narbonne aucc Îuy & autres, pour icelle faire fçauoir &
fignifier par Normandie Herault qu'ils fe départiflent, & depuis par Mont-
joye Roy d'armes. Mais lefdirs Normandie & Montioye n’auoienc pü exe-
cuter leurs charges & mandemens, & qui pis eftoit auoigne les deffufdics,
comme on difoit, fait prendre François de Poncbriant Capitaine de Loches,
Louys Marrapfin, & Rigaulc d'Oreille, que ledit Seigneur auoic enuoyé à
Tours, & a mandeé ledit Seigneur à la Cour que fur ce elle auifaft ce qu’il
feroit befoin de faire, pour garder l’authoriré & fouueraineté dudit Sei-
gneut, & que fur ce ladite Cour auertift ledit Seigneur. La matiere mife
en deliberation ,a efté conclu que l’on efcriroit Lettres audit Seigneur, par
lefquelles la Cour le remercioit; que fi fon bon plaifir eft, il pluft décerner
Lettres patentes adreffantes aux Baillifs & Iuges Royaux de fon Royaume,
pour faire proceder contre les delinquans, par prinfe de corps,adiournemens
perfônnels en la Cour de ceans, & autrement, fous peine de confifcaion
de corps & de biens ; & auñfi, que fi fon plaifir eft que aucuns des Prefidens
& Confeillers de la Cour voifent deuers luy, ils feront prefts d’y aller ,
pour le feruir , lefquelles Lettres ont efté expediées par le Grefher Cri-
minel, |
= te —.
PRE OR. ES mm Ne ll EE CT |
= Ru =
DV ROY CHARLES VIIL 49
Ds 19. Septembre 1485:
C Ve les Letiies par le Roy eferites à la Cour le feiziéme de ce mois, 14 seprembre
S par lefquelles ledit Seigneur à mande & fait fçauoir à icelle Cour, que :#55.
combien qu'il fe fuft mis en deuoir de faire mettre bas les armes aux gens
ui s’eftoient affemblez à Tours & Baugency, & que pour mettre Dieu de
e ° ? 9 e e .
bn cofté il euft differé d’y pouruoir, ce neantmoins eftoient venus en ar-
mes le Duc d'Orleans, les Seigneurs de Dunois & de Narbonne, accom-
gnez de plus de huit cens hommes de guerre au Port de Saint Mefmin,
my-voyc d'Orleans , où eftoit ledit Seigneur, & de Clery, & auoient efte
tuez trois ou quatre pionniers qui auoient efte prins en defarroy; defquel-
les chofes ledit Seigneur aduertifloit la Cour, afin que s’il procedoit con-
tre les deflufdits comme ils auoient merite, la Cour ne aultres ne s’en
” donnaffent merucilles, & afin aufli que ladice Cour de fa part, entanc qu’el-
le pourroit faire par le train de luftice, y fift ce qu'elle verroic & connoif-
troit que faire fe deuroit. | |
La matiere mife en déliberation, a efté deliberé que on efcrira Lettres
reïteratiues audit Seigneur, pour le remercier de ce qu'il luy plaift faire
fçauoir de fes nouuelles à ladite Cour, & que les Prefidens & Confeillers
dudit Scigneur en icelle qui demeurent és vacations, aflifteronc, & com-
muniqueront auec les Preuoft des Marchands & Efcheuins de la Ville de
Paris & autres du Confeil dudit Seigneur en la Chambre du Confeil prés
la Chambre des Comptes, pour aduifer fur les affaires d'iceluy Seigneur à
la feüreté de la Ville, & y pouruoir, & aduertir ledit Seigneur de ce qui fera
à faire. Faiten Parlement le dix-neuuiéme iour de Septembre l’an mil quatre
cent quatre-vingts-cinq.
Extrait du Procez verbal fait fur l'hommage du Marquifat de
Saluces, entre les Officiers du Roy & du Duc de Sauoye.
OvERINT vriuwerf,quod anne Domini millefimo quatercenteimo otfua-
gefimo quinto, die prima menjis Decembris, apud locum Moirency, in quo tunc
ob peffem in ciuitate Gratiopolitans wrecntem infignw Curis Parlamenti Delphina-
tus refidebat, videlicet in Conuents fratrum Minorum ciufdem loci Moirency,in ca:
mers clecfa proféripto confilio cinfdem curie tenendo qua erant nobiles..….….. |
Diéta die vero craffine, vltima fepeditfi menfis Septembris, audientes prenomi-
wati domini Officiani Sabaudie....
Primo. Dixerunt notorium effe, diéfum Dominum Ducem Sabaudie, tam pr Je,
quam fuos predeceffores, ex antiquitate C° vfque ad tempus prafens, fore € effe ins
pafeÎione Feudi G Homagii Dominiique direlfi, dilfi Marchionatus, ex qua pof-
feffione se ared O" arçuitur Titulus ctiam nullo alio edutfo Titulo.
Secundo. Dixerunt quod iwrs difhofitione, dignitates, Ducatus, Marchionatus
@ Comitatus dependent ab Imperatore : itaque [olius Imperatoris eff, tales digni-
fates concedere G conferre. Et quia, vt dixerunt, Imperator conceffit ditfo Mar-
chioni Salucisrum dignitatem Marchionatus, ipfa dignitas 4b codem Imperatore
dependet, ita ut de iure communi idens Imperator fit fundatus, ut dici debeat ip-
Jam cffe direifum ©: Jupremum Dominum ipfius Marchionatus C° inris Vafalagii
cinfdem ; ipféque Marchionatus ex hoc eff de eius diretfo Dominio Cr feudo. Et cum
ipfé Imperator concefferit, vt dicebant, G remiferit ira que babebas G habere po-
terat in diéfo Marchicnatu Saluciarum , Domino tunc Duci feu Comiti Sabaudis
Gr ou db » êpfe Marchionatus eff G mouctur de feudo G: direéfo Dominio
cinfdem Domini Ducis Sabandie, qui babes cius fundatam intentionem de inre cons-
mani, ficut Imperator. _
QQa i)
+ + =.
148 5:
Septembre
148$:
494 OBSERVATIONS SVR EMHISTOIRE
Tertio. Dixerunt quod ipfe Dominus Dux Sabaudie, non modo ex conceffione
Imperiali, fed ex antiquiffims tituli G: recognitionibus facfs, necnon féntentiis
arbitralibus latis inter quondam Duces feu Comites Sabandie > quondam Marchio-
ges Saluciaram , ctiam per fexaginta annes , ante. recognitiones € bomagia, vt
prateuditur, faitas per Marchiones Saluciarum defuncfis quondam bons memeris
Dominis Delphinis predecefforibus Domins noffri Regis Delpbini moderni, G de-
mums vfque ad tempora nouifima continuatas, habuit G* habet cius intentioncm
fundatam.. In quarum recognitionsm. antiquarm praiudiciuxs: non licuit eiden
Domino. Marchioni fe fwbmistere diéfo Domino noffro Delphino, Gr. ipfüm in eisx
Dominuw. recognoftere , nec homagium C° fidelitatem. fibs praflare.
Quarto. Dixerunt quod ex quo. quod diffus Dominus Marchio Saluciarum re-
<ognouit, @ fhi predeceffores recognoucrunt ex antiquo C* per tempora trecentorum
anDorumn nouiffime CG huc vfque decurforum, fe effe Faffalos diéfs Domini Ducis &
Juorum predecefforum , G: de didfo Marchionatu feceruns G* préfbiterunt homagia
GC recognitiones , i pfe Dominus Dux Sabundie Gr fui pradeceffores prafcripferuns
spfan. feudum G* ius direiti daminii diéfi Marchionatus Salucigrun.
Quinto. Dixcrunt fententiam allegatam parte Delphini, per infignem Curiam
Parlamienti Regii Parifiws prolatam., vitio. nullitatss fubiacere ; tum. quia fuit lara
per Regem , Delphinum C cius Curiam, GC fic in caufa propria, ob quod non va-
duit, nec valet, fécundum. iuris communis diffofitioncm ; tum quéa nan potuit pro-
rogari Iurifdicfio ditfi Domini nofhri Regw, per Ducem Sabandie, in preindiciur
Imperatorë cius Iurifdictionis, iure 114 diffonente ; tum quia conflat infframen-
1 publicis puohibitum, fuiffe dicfo Domino Duri [eu tunc Comité quondam qui di.
citur prorogafe ditfam. Iurifdicfionem in didfum. Dominum noffrum. Regem C* cius
Curiam per Imperatorem , quod non baberet facere praditfam prorogationem , nec
Je Jabmittere indicio Regio ; tam G° quia difta prorogatio non potuit, nec valuis
Jieri in praiudicium [ucceforum dicfi Domini Ducis Sabaudie, ficuk nec alienatio:
ideo diéfa prorogatio [ententia preren(a fubfecuta G* lata non preiudicant [uc-
céfforibus dicti Comitis feu Ducis Sabande, nec aduarfus, ditfus Dominus nofler
Rex Delphinus poteff illis [e iusare ; tum € poffremo quia effluxi funt anni ocfus-
ginta à ditfa fententia citra, quo tempore durante , diéfi Marchiones Salucicrum ,
- pradicta fententia nonobflame, recognoucrunt predsi}um Domisum Ducgm Sabas-
dis modernum, C* cine pradkccffores , decem vel duodecim vicibus, in veros Domÿ-
nos [4os, cifdemque prefliterunt homagiuns C* fidelitatis facramentum : ob quod
dereçatum JE ipf fententis, G* aduerfus eam prafiriptum , prout deroçari © pre-
févibi patuit.
_ Quas rariones in quinque Capitulis fupra proxime [criptis contentas. .….
Diéta vero die Sabbati craflina, prima menfis predicti Oéfobris,mane, circa ho-
ram Ocfauam.... |
Et primo dixit @ propofuit prafatus Dominus Prafidens Delphinatus , verba
fus dirige#do dicfs Domins Officiariis Ducalibus. Magnifice Domine Prxf-
dens, vofque cæceri clarifimi Domini, die hefferna plura fucrunt fundaments
veffra ex parte deduits, ad iuflificationcm intentions C* iwris pretenfi iluffriffims
Domini Ducé Sabaudis, C ad encruationem iurium [treniflimi Principis Kegis
Declphini Domini noffri, qu« potius videntur Œ cenferi debent palliata C* colora-
ta, quam in veritate iyris [ubfiffentia, cum reucra ik nallo derogare babeant in-
teutioni Delphinali, nec adiuuare intentionem prefati Domini Ducis Sabaudis, af
ex Jequevtibus € dicendis per me apparebir.
In primis, gwia prefatus Dominus noffer Rex Delphinss habet cius intentionem
fundatsm ex notorietate faifi. Nam votgrium ff qued Marchiosatus Saluciarum
ff C mouctur de hamagio € feudo Delphinali, ut iyflificatur CG probatur pluri-
bus inffrumentis C° documentis authenticis antiqué fuper preflatione € rccogni-
tionibus feudi CG homagii dicti Marchianatus facfis, èx quibus arguitur O* pxa-
batur notorietas , Vt dicicur per Imo. &alios Do&. in C. ex infignatiqne &e
DV ROY CHARLES VIIL 49$ —-——
Appcll. in C. per tuas de Tefli. per Angel.in L. Si pars ff. deInoff,Teftam, 1 4 8 fe
& in L. fin. ff. de Petit. hered. & per Glo. in L, ubi paétum C. de Tranfat, |
Etiam Notorictas juffificatur per féntentiam in fauorem Domini noffri Regis Del-
phini latam, de qua infra latius mentio habetur, qua facit ius C notorium ; nt cff
cafus in L. Emptorem in Princ. ff, de ation. Empri,
Secundo. Quia Dominus noffer Rex Delphinus fuit @ cf fuique predeccffares
wersnt in antiqua poffeffione diéforem homagii d feudi à tempore anni mile fimi
ducentefimi decimi citra Gr qua hatenus wjque ad tempora prefemtis fuit © cf
continmata, ut de iure continuare G: durare prefumitur, prout decidit Bald, in
L. Si de proprietate, C. Si non a compet, lud. fent. efle dic.. 1f4 vr paffeffie
nous pratenfa ex aduerfo violenta dicatur, debuerirque ce debeat ipfe Dominss
poffer Rex in quantum reperiretur [ua pofelfionc corporali C reali prinatus, is
ipfa reponi cr reflitui. Faciunt pro hac parte etiam Imo. Hofti. Panorm. in
GC. Licet caufam, de Prob.
© Tertio. Quis fententia fuit lata per Dominum noffrum Regem ciufque magnifi-
cum Parlamentum Parifienfé, in vim prorogationis facf.e in Regem ipfum © iuffi-
tiam fai Regni, per guondam Comitem Sabandis pradecefforem Domini moderni Du
cs Sabaudie agentem ex Vna, Ge Dominum tunc Marchionem Saluciarum ac Pro-
curatorem Generalem Delphini reos G fe défféndentes ex alia, partibus : per quam
quidem fententiam dicfi Marchio @ Procurator Delphinals , qui impetchatur ab co
dem tunc Comite pro ditfo feudo, abfoluti fuerunt ab impetitione ciwfdem Comitis,
cum reportationc damnorum, intereffe G ex enfarum , fuitque diifus Marchio Sa-
duciarum declaratus homo GC vaffallus pis Domini noffri Regis Delphini, que.
fententia fecit ins, NT D.L. Emptorem , jte vé ditfus Marchio dicatur G* dici de-
beat homo Gr: vaflalus ciufdem Domini noffri Regis Delphini, pofito etism, non
tamen conceffo , quod proprins 0m cffet, prout tamen erat talis ,. L. Ingenuum #,
de ftatu hom. Adwerfus quam fententiam non licuit dilfo Domino Duci, neque
fuis fucceffribus venire, cum tranfiserit in rem indicatam , nulla appellatione [en
“fapplicatione vel recurf G reclamatione falbenfa, L. fin. C. Ve lit. pend. L. r.
C. de re Ludic. 1» vins cuius Arreffi ac in execationem ipfius, dittus Dominus
Marchio fecit homagiuwm Gr" praffitit fidelitatis facramentuns prefsto Domino noffro
Regi Delphino, ipfmque Dominum G° faperiorem yum recogmouit G* fic non po-
#eff dici quod ditfus Marchionatus non fit C° moucatur de fendo € homagio Del-
inali. :
Quarto. Nos pofens obffare parti Delphinali per partem Ducalem [uperins de-
duéta © declarata : nam bi deducitur diéfum Dominum Dacem Sabaudis
ex antiguitate efe in pofeffionc feudi Gr homagii ditri Marchionatus, hoc non re-
peritur fore verum ; nec recognitiones G fententias arbitrales parte preditfa Ducali
allegatas facere intentionem cinfdem Domini Ducs, ut ex illis ipfa intentio pol]is
dici logitime fundara , cum per preditam fententiam infignw Curie Parlamenti
Parifius fuerint declarate minus valide Gr incficaces, G: vmnis que nunc parte
Ducali deducuntur ; déduita facrant in caufa © proceffu agitato G* formato Pari-
fus, faper quo fuit Lars ditfa fententia, C* fic non cer illa ulscrius deducere ne-
que allegare. Iura ad hoc Junt vulgaria, nec vwerifimile eff quod diffus Dominus
Sabandie Dux tempore late fententie G* inchoations proceffus preditfi, fuifes ir
pofefione feudi G: homugii Saluciarum , cum ipfe Dominus Dux Jen Comes turc
Sabaudie querelaucrit G: fucrit actor in dicfo procefw Parlamenti Parifius, © dy
fi Marchio G: Procuraÿor Delphinalis fuerint rei, ss |
uinto. Nos ef verwm quod dignitas Marchionatus dependeat à folo Impera-
tore , nec quod foliws Imperatoris fit concedere tales dignitates.: quoniam ad Re
Francia qui nullum fuperiorem recognofcit , NT cft Text. in C. Per venerabilem
qui fil. funt legit: efiams fpelfat conferre tales dignitates, Bal. in c, 1. de Nat.
feud.. jmo etiam ad omnes alios Reges qui non recognoféunt féperiorem [feëat
tales dignisates concedcre, quis habens omnis inra iviperis:, NE KCRCE Panor. in
r
496. OBSÉRVATIONS SVR L'HISTOIRE
1 4 8 5. diéto C. Per vencrabilem , & voluit Ia. de Alue. in C. 1. de feud. Mar,
| Duca. & Comi. & in C. 1. Quis dicatur Dux, Marchio. Twm eriam quia
talis dignitas ff prafers ptibilis y maxime tanto fempore cuis non [fat memoria in
contrarim : quia omne quod eff conceffibile per priuslegium poteff prefcribi, L. Qui-
cunque, C. defini. limit.l. x r. C. Super quibufdam, (. præterea de verb. figni,
c. 1. de præfcrip. in 6., pro quo facit quod dicit. Bal. in Tit. Si de inueftitura
lis oriatur,$. Cumautem, wbi dicit quod ff vaffallus ignoret à quo habuit feuduns
vel nomen feudi, fuffcit eidem quod probet antiquitatem. \dem dicit Dom.
Antho. Debuf. in C. cum dileétus, de off. Ordi. Zrem non fequitur, ad [olurs
Imperatorem fheétat concedere tales dignitates in Imperio [uo, ergo ipfa dignitas
mouctur de feudo Imperatoris, quis concellio talis y non arguit rem feu-
dalem. Nam in Imperio multa funt allodialis, vx decidic Hen. Boyc..in C. Si
diligenti, de præfcrip. Wbi dicit quod omnia regna procefferunt per vférpationem,
Gr fic tantum prefcriptum , quantum poffefum , excepto tamen Regno Francis, cum
per cleétionem proce]is, G* inde per fuccefionem : G* qualibet res prefumitur libers
& féruitute, homagio & feudelitate [eu feudo, nifi probetur impo/itam féruiturem,
L. Altius, ff. Si Êr. vendic & L. Loci Corpus, $. Competit, & L. Sicut $. Si
quæratur hoc titulo, & ff, de noui oper. nunci. L. Si prius,& Bal, in Terminis
in Tic. Si de feudo controu. fuerit. in C. 10. in princ. Nec res prefumitur feu-
dalis, nifi probetur talis, diéto C. 1. & 2. Si de feud. contro. fuerit, vhi Bal,
Item G* fic conceffio pretenfa fatfa per Imperatorem Duci [eu Comiti Sabaudia
de feudo diéfi Marchionstus, in nullo prodeff eidem Duci , cum ipfe Imperator non
potuerit plus iuris transferre quam ipfe baberet. | |
Sexto. In quantum [ententis praditfa per dicfum infigne Parlamentum Pa:
réfius lata, arguitur de nullitate rationibus parte ducali fuperius allegatis, illud non
poteff prodeffe intention ditfi Domini ducs nec parti Delphinali obeffc; cum de ta-.
di Gr tanta [ententis lata per tam magnificum Gr infigne Parlamentum , ac indi-
cium Regis Regni fui, pro qua indubie ge iron eff, non liceat ambabus
artibus difputare, prout nec facere intendunt ipfi Domini Officiarii Delphinales,
{ed falua huiufmodi preffatione, ne videantur diéfis rationibus ex aduerso parte
ducali deduitss affentire & fe deuittos fore, duxerunt breuiter [ubfequentis dedu-
cere. Primo, quia Dominus noffer Rex qui nullum fuperiorem recognofiit mec reco-
gnoftere debet, per iura füperius allegata, potuit Cr porcft eff: index in caufa pro-
pria: ram Papa GC Imperator ac quicunque alii fuperiorem non recognofcentes,
poffuns indicare de rebus C7 canfis proprirs fibi fpectantibus , Vt rex. in L Proxi-
mc, dig. de his quæ in teftam. delentur, vb; Joannes de Imo. dicit idem effe fi-
cut de Impcratore C quocumque alio non recognofcente fuperiorem, prout eff Rex
Francia; tum C° quis ipfe Dominus noffer Rex non fuit [olus index , [ed ctism
cius curia C7 iuflitia fuprema [us Regni, in quam partes confenférunt, qua con-
Jucuit de cauis fifcalibus Cr patrimonialibus cix[dem.Rega cognoftere decidere :
um ctiam quia dicfa partes contendentes potucrunt Cr debuerunt [e fibmittere
iurifdictions C° iuflitie dicfi Domini noffri Regx G* fui Regni, cinfque inri[di-
ctionem C fui Regni prorogare , attento quod ambo erant vaffalli G homines ligii
ciufdem Domini noffri etiam pro ali feudis, videlicet ditfus Dominus Dux tunc Co-
anes,pro Baronnia Faulfigoiaci € Vallis-bone ac Gomitatu de Mauleurier, Gr diffus
Deminus Marchio nedum , preditfo Marchionctu Saluciarum , [ed ctiam pro Baro-
gia Anthons Ce aliis pluribus terris quas tencbat in Regno Francis C Delphinats,
G° quam prorogationem potuerunt facere dicfe partes non obffante preten[a prohibi-
tione Imperatoris ex aduerfo. allcgata, de qua tamen non confltit ; ciam pofito
guod de ip[a probibitione conffarct , ubi dicfus Marchionatus non off nec mouctur
de feudo Imperatoriss tum quia diéfus Dominus Dux qui eff fucceffor ditfi Domini
Comitis qui pradittam prorogationem fecit , eff € cenferi debet una C° caders per-
Jona ficut € ditus fuus predeceffor qui ditfam prorogationem fecit, ut deciditur
in Au, de iureiuran, or poteff arçguere dicfam prorogationen . C* faitfum fuum
… feu
em
DV ROY CHARLES VIII AO mi
feu fui pradicti pradeceforis nullam [eu sullum,per decifa in 1, Cum Dominus, &,
Filius, ff. de Pecul. Leg. ÿbi deciditur quod faciens vnum acfumlicet actus ilenoz
valeat, © fit nullus quoad alios, valet quoad feipfum , vt non poffit etiam de nuli-
tale arguere. Tum eiiam quia ditfus Dominus Dux madernus qui eff Jfaccefor &
bares diéfi Domini prorogantis, licet mediatus , non potuit, nec debuit facfum diéfi
prorogantis fui predeccfforé impugnare [eu G° contrauenire, tum @ Jic potuit
valuit dicfa prorogatio dicfo Domino Daci moderno @ aliis Juis predecefforibus €
Juccefforibus pradiéfi prorogantis preiudicare; sum @ maxime quis dicfus Dominus
Comes potius vfus eff turifditfionc ordinaria diéti Domini noffri Regis ordinarii
ditti fcudi , quoniam dilfus Dominus hic Comes Sabaudi., qui fuit G* erat querelans
Cr afor contra Piocratorem Delphinalem ex eo quod Dominus Delphinus tevebat
G poffidebat feudum ditfi Marchionatus in preiudicum pretenfim ipfius Comitis
debuit Cr debebat ditfum Procuratorem Delphinalem G* etiam Dominum Märchio=
nem S'aluciarum conueniri facere, G fuas querelas proponere coram Iudice ordinario
dicforum Procuratoris @ Marchsonis , videlicet coram dicfo Domino #offro Rege Del-
phino, qui erat € eff Index ordinarius dicfi Procuratoris Fifcalis, ac etiam predicti
Marchionis. Ad quæ faciunt decifa in c. Cæterum , de Iudic. in c. Ex tranf-
mifla, & in c. Verum,de for. compet. Et ifta ctiam decidit Io. Rey, in &. fin.
de prohib, feu. alie. per Freh. in fuis combinationibus,
Septimo. AWegatio prefériptionis ex aduerfo allegata non potuit dicfam partem
Ducalem in aliguo iunare. Tum quis ille qui primo dicitur procuraffé Gr feciffe fibi
Jfieri affuvptas recognitiones ditfi feudi ex aduerfo allegatas poff dicfam fenten-
tiam , fuit G* crat ille idem qui fupra ditfam prorogationem fecerat , Gr: contra quem
ditfa fententia fuerat lata G procurata exequi, @ qui violenter diéfam execu-
tionem impediuit per captionem € incarcerationem executorum , Jic fuit in ma-
la fide ob quod non potuit its praféribere,. Auë. malz fidei poffeflor, C. de
Præfcrip. x. vel xx, ann, C. Si diligenti, & C. Fin. de præfc. Neque ctiam
diclus Dominus Dux modernus GC alii ciu[dem Domini Comitis prorogantis [uc-
ceffores vninerfales , tum GC quis interuencrunt poff diéfam féntentiam plures &
dinerfe fummationes © requifitiones fact tam diéfo Domino Sabaudie, quam
Marchioni predifo Saluciarum, de quibus legitime per plura C° dinerfa authen-
tica inffrumenta G* documents conffat que ditfam pretenfam prefériptionem legi-
time interruperunt : fum Cut fuperins ditfum eff, prefatus Dominus Marchio
Poff dittam féntentiam G exccutionm ipfius recognouit fe efe hominem G: vaffat-
dum ditfi Domini noffri Regis Delphini, cum praffitit homagium G- fidelitatis fa-
éramentum : ob quod non potuit inde ipfe Marchio, nec cius fucceffores potueruns
recognofcere dictum Dominum Ducem in [hum Dominum. neque Jibi facere homa-
gium © fidelitatem in préiudicium Regis Delphini Domini noffri, diéfarsmque
fertentie © recognitionis. Tum quia per aliam féntentiam , exccutorialem dira
Curie Parlamenti Parifius ; ordinatum fuit non debere currere tempus aduerfus
executionem dite fententis, attentis contradictionibus , rebellionibus & violentiss
faits executoribus ciufdem Jententie, G alié vis faiti; © fic vbi tempus non
currit, nec prefcriptio habet locum.
Ipfa autem die hora prima... pralocuti Domini officiarii Sabaudie primo 4d
verba prorumpentes dixerunt, quod poffquam ipfa die ante prandium difcejferant us
Sperins à [ape locutis Dominé Officiaris Delpbinalibus partisipato confilio inter fe
ipfos readuifÿ deliberaucrunt € concluférunt quod ipfi non exhiberent nec offende-
rent ditlis Dominis Officiariis Delphinalibus iura fua , videlicet, remifionens Im-
peratorss , prohibitionens fatfam dicfo Domino quondam Comiti Sabaudie de non
prorogando iurifditfionem in prefatum Dominum noffrum Regem Delphinum, neo
208 quandam fententiam per Imperatorem, vt afferchant, latam, per quam dicfus
Imperator confifcaserat fibi dicfum Marchionatum , G* inde illum remiferat C*
#nfeudauerat dicfo Domino Duci feu [uis pradecefforibus , ctiam quoddsm aliad
Enfitumentum. continens limites G* diuijiones Regni C Imperii , rs affere=
rc
148 fe
1485:
49% OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
bant conffare quod Rex Dominus noffer non poterat aliquid acquirere nec babere
extra diétos limites, que inra C* documents dicebant habere penes fe: nifi tamex
cum conditione videlicet quod ante omnia dicfi Domini Officiarii Delphinales eos
affecurarent Gr certos facerent, quod vifs Cr vifitaté per cos ipfis quatuor docu-
mentis , ipf Domini Officiarii Delphinales frarent C frabunt ils C quod vlierins
non proccdatur ad executionem ditfe fententie, mec aliqua executiones œ expleta
ant ab inde in antea ex parte regis G Delphinali contra ditfur Demitum Mar
chionens Saluciarum , neque quercla aliqua feres ex ipfe parte rcgia C° Delphinali
Super ipfo homagio Marchionatus Saluciarum , dicentes ulseriss quod penes [ etians
babebant alia decumenta que parati erant abjque alia affecuratione, nifi de illa ei
. reflituendo exbibere , vt pote homagis € recognitiones y VI afferebant, fatfas d
faits per Dominos Marchiones Saluciarum Dominis Ducibus S'abandie » 4H ante
diéfam [ententiam in Parlamente Parifienfi latam , quam ctiam poff illam, nec
non quedam alia documenta per cos ibë verbo tenus defignats; qua oblatione facts
dicti Domini Officiarii Sabaudie flatim offcnfionem fecerunt de certis papyris ir
quibus dicebant contineri C copiata efe authentice dilfas recognitiones, bomagis
Cr alis documents, que vt fuperins realiter fe obrulerunt exhibere; exceptis aliis
quatuor documentis qua obtulerant vt fuperins exhibere, cum conditione affecura-
tionis fiperins pradeclarate, afferentes originalia diéforum documentoram in pre-
dicfis papyré copiatorum C° contentorum cffe, Cr exifiere apud Chamberiacum Ge:
in Camera Computorum Sabandie; qgn.e Originalia obtulerunt monfirare deflisando
Jeu deffinandis ex parte Delphinali apud locum Chamberiaci.
Ad quæ reffonderunt fépefati Domini Officiarii Parlamenti Délphinatus , pri.
mo quoad affecurationemn per ipfof Dominos Officiarios Sabaudie poflulatam de
Sando dicfis quatuor inffrumentss, remiffionis, prorogationis, fententie Imperatoris
C* limitationis Regni cum Imperio, G° de non proccdendo ad execntionem fénten-
tie Parlamenti Parifins Gr alias executiones C* expleta parte Regis G Delphinali
ad casfam dicfi homagii, G* dixerunt quod ipfé ad boc nullum mandatum, nul-
lamque poteffatem habebant, [éd [olum iura G*° documents ambarum partinm vi-
dere G vifitare, ac tandem veritatem facfi fideliter referre , G* qued propteres
ip{am affecurationem non darent neque faccrent.
Refpeëtu vero recognitionum G* bomagiorum aliorumque documentorum que
® #pf Domini Officiarii Sabaudie fe obtulerunt exhibere abfque ditfs affecura-
tionc , C quas ac qua dicebant contineri G copiatas qfe in diéfs papyré per cos
monffratis, ipfis tamen femper in [uis manibus exiffentibus, dixerunt prefiti Do-
mins Parlamenti Delphinatus quod ex defignatione verbali per cofdem Dominos
Offciarios Sabaudie faire ipf intellexeruns aperte fore ila que alias products fue-
Tunt 3n Parlamento Parifius ante dicfam [ententiam ibi laram, exceptis recogni-
Sionibus G* homagiis pretenfis fubfécatis , © quod ipff Demini Parlamenti Del.
phinatus de ipfis documentis in dicfo Parlamente Parifias produitis tantumdem
penes fe babebant, ut etiam apparcbat quadam defignatione [én parcella ibidem per
alierum ex diéfis Dominis Offciariis Delphinatus leëta, G: quod de ipfis que ante
dicfam fententiam Parlamenti Parifius erant G corum viribus jen cognituns per
Jententiam ipfam C* LArreffum extiterat, quod ob ideo non erat opus vifione Gr
_Véfitatione illorum.
_ Quo vero 44 pratenfas recognitiones G homagia diéfam [ententiam € Ar-
reffum Jubfecutas, fi de ill confict, dixerunt pariter [e non curare vifione illa-
74m, Cum proceferunt , vt dicebant , per vim , violentias CG metum, conffanti-
bus informationibus , proceffibas G- alixs expletis poft ditfem fententiam G° Ar-
reffum Parlamenti Parifius Jumptés GC faëti, per guos proceflus d: explera, mec
#on mulfiplices interruptiones Japer hoc contra Dominos Duces Sabaudie faites,
<lare apparet nullam prefériptionem locum habuiffe nec habere, prout ex aduerfs
Parte Ducali afferitur locum habuiffe, minufque tempus pracurriffe quominus dicts
Sententis G Carreffum exequi, feu eins execusio continsari pofis,inxts ctiem for-
DV ROY CHARLES VIII 499
mars CG tenorem fuarum executorialinm dicfa fententie, ac mandita @ iuffa per
prefatum Dewinum noffrum Kegew Delphinum modernum, quos proceffus uerba-
des explcta, € interruptiones ipfi Domini Parlamenti Delphinatus fe obtuleruat
cum alim docnmentis exhibere @ communicare diéfis Domins Officiariss Sabaudie,
f6 ilos videre veluiffent, ui es clare G aperte confferet de ipfis vi, violentiis,
vis faëéfi C interraptionibus, paratos , mec mines [6 offerentes ipfi Domini Officiari
Delphisatus videre € vifisare alis quacunque documents, fi qua ipff Demini Of-
ficiarii aellent cxhibere qua alias nen fucrunt exhibisa, G de quibus per dictam
féntentiam © Arreflum Parifius non fucrit cognitum, nec ven ip/am fententians
CG Arrcflum , emniaque alia iura C documents [ua ci[dem Domins Offciaris Sa-
bandis exhibere @ communicare legends G vifitanda per cos, + tandem ipfis
vifs C@ uifitatis qualibet diéfarum partium poffet de veritate ciufmodi negotis
Dominum G Principem feu clare C* ad plenum informare ac veridicam rela-
tionem facere. |
Et quia 5pf Demini Officiarii Sabandie poff bec renuerunt alias document
niff cum conditionc fupra fcripta exbibere , quam ea de quibus iam per dicfam
fententiam GC: Arreffum Parlamenti Parifius cognitum extiterat , per quam fue-
runt pronwntiata inualids G affumptas Des seigr @ homagia poff dicfam fen-
tentiam [ubfecutas que viribus non fubfiffcbant, prout parte Delphinali pratendi-
tar, obffantibus vi, violentiis Gr viis fatfi G* interruptionibas preallegatis: €
pariter renuerunt expreff[a videre G vilitare iura @ documents parte Delphinali
eis exhiberi realitér eblara, nuls fuerunt iura G* documents partium vifa G viji-
tata, Verwmtamen ipfi Domini Parlamenti Delphinales narraserunt ibidem cif=
dem Dominis Officiars Sabaudie ore tenus pridiilas violentias C7 vias facti, par-
te ducali Sabaudie per fepcdiéfam fententiam Parlamenti Parifins faifas Cilata
Deminw Marchionibus Saluciarum, nec non Qffiariis cinfdem Parlamenti Parifien-
Jas executoribua ipfius fententie, per ques violentias, @° per vim ac metum , pro-
ceflums extitit ad homagia affumpts poff diéfam fententians Parifins Domino Duci
Sabaudia per Deminas Marchiones Saluciarum , fi de ipfis homagiss conflict C* ci-
tra iloruwm apprebationem aligualem, exbortantes ob ideo ex parte Regis C* Dcl-
phinali ipfum Dominum Ducem Sabaudie, € pariter eofdem Domines Prefiden=
tem C* alios Officiaries ibi prafentes C* cateros abfentes Officiaries ipfius Domini
Duc, in perfonas tamen ditforum Dominorum Prefidents Chamberiaci G alio-
gars Officiaricrum Ducalisms ibi prefentiuns, ne ad aliquas violenties C° vies fais
ac moleflias G executiones, ditfum Dominum Marchionem Saluciarum in corpore,
rebus C* bons [us procedere prefumant, minufque ipfum impedire attentent, quo-
minus bomagium G° fidelitats iwramentum de fuo Marchionatu Saluciarum € ad
caufam illius iuriumque © pertinentiarum ciu[dem Sereniffimo Principi Regi Del-
phino Demino moffre, vü Delphino fuciat @ praffet ixxta formam GC: mentem
prediéfa fénientis © Arreffi Parlamenti Parifims, C litteras per ipfim Domivum
noffrum moderaum nuper fuper hoc mandatas, prout ctiam pof dilfam [ententians
GO is cxecutionem illius alias fatfum € praflitum extitit, conffantibes inffru-
ments fes litters © documentrs legitimus, penes ipfos Dominos Parlamenti Del-
phinatss exiflentibus, que pariter fe obtulerunt realiser exhibere eifdem Dominis
Ofhciariis Sabaudia ibi prafentibus. |
_ Ad quæ verba prefati Domini Prefidens C* ah Oficiarii refpondentes dixe-
rant ,adhsremdo femper am cut fupra per eos dicfs Cr alegans , quod ipfi nulls in-
ra Ge documents prafusi Domini naffri Regs Delphini volcbant, nec curabant vi.
dere, fed gifs per eos cum diéfis Dominss Officiariis Delphixabibas [ua Principi
tantummode enarrare, dicestes nec minus quam nullo paito diéfus Domirus Dax
Sabandie Cr fui Officiarii permittent, quod ditfus Demirus Marchio aliquod bo.
magçium de ipfo juo Marchionatu faciat ipfi Domino roffre: fubiungens prediéfus
Dominus Philippus Cheurerii Preffdens Chamberiaci , quod ex parte diéfi Do-
mini Ducis Sabaudie fucrunt amota GC euulla arma Sd ob » qua a ducbns
tri]
1485.
soo OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
I 4 8 5. menfibus citra fucrant per fuperius nominatum Dominum Iohannem de Ventes 44
* hoc commif[um , appofita G affixs ex parte Regis G* Delphinali in dilfo Marchio-
natu Saluciarim. :
Quæ audiens /épernominatus Dominus Claudius Laterii Adwocatus Fifca-
lis Delphinalis , proteftatus fuit illico folemniter nomine Delphinali de iniuria, dam-
nis € intereffe prafati Domini noftré ac dicéi Domini Marchions Saluciarum fui
vaffalli, faitis C7 illatis, fibi maxime diéfo Domino noffro in amouendo GC: cuel-
lendo ipfs arms Delphinalia que de iuffu C* mandato expreffo eisfdem Domini nof-
tri appofita Gr affixs extiterant in ditfo Marchionstu Saluciarum fanéte C inffe ac
matura deliberatione precedente, petens de confelfione ipfius Domini Prafidentis
Chamberiaci © dicfis per cum fuper amotione C* cuuljionc dictorum armorum,
ac de buiufmodi proteflationc ua ipfius Domini Aduocati Delphinalis inde faëta, afa,
feu inffrumentum publicum , G° litteram teffimonialem fibi fieri per nos dicfos
Notarios @ Secretarios Delphinales fubfignatos, prefentes pro teflibus inuocando,
Gr fie nulle alia conclufionc recefferunt à loco illo diéfi Domini Officiarii Delphina-
les À Sabaudie.
Ex libro Generationis Marchionum Salluciarum.
DD ON1IFACIVS fins, Marchio de Vaftho, G. Primus Marchio Sallucia-
AD rom gloriofus.
Hic Bonifacius duss habuit vxores , [ed fécunds magni fuit pretii, Adlayda ft.
licer, filia Comitis Pedomontiwm fratris Guigonis Delphini Viennenfis. Hec Adlayda
4nnQ 1210. fecit Homagiwm Ligium de Marchionats , dstfo Guigoni Patruo [uo,
C fuit primuns Homagiuwm failum Delphinis à Dominis Sallucisrum. Hic Co-
mes duas tantum filias babuit, quarum vnam habuit [ecundo-genitus Comitis
Mauriane, qui G Sabaudie, diuifsque terra Pedemontium fuit, vnam partem ac-
cepit cius fecundo-genitus, dicfufque eff Princeps Pinerolii; altera pars tradita cf
Bonifacio qui tamen nomen Marchioné mutare noluit, in Comitem coatfus eff ut
ipfa Adlayda Comitiffa vocarctur. Et fic fignatur in prefens. Genuere ipji felices con-
suges quinque filios.
Pris fur une ancienne copie efcrite du temps mefme.
Ordre de Jean Duc de Bourbon Connefable de France au Comte d' An:
goulefme, éx* à toute la Nobleffe du Ban ex Arriercban |
d’Angoumois d'aller FTOUHET le Roy.
… Fu. Ean Duc de Bourbonnois & d’Auuergne, Comre de Clermont & de
1485. Forefts, Seigneur du Chaftel-Chinon & de Villars, Pair & Chambe-
rier Conneftable de France , & Lieutenant Général de Monfeigneur le
Roy: À noftre cres-cher & tres-amé coufin le Comte d’Angoulefine , ou à
fon Licutenant, Salut & dileétion. Comme prefentement auons efté man«
dez par ledit Seigneur aller en aucunes fes affaires en compagnie de grande
quantite de Genfd'armes, tant de fes Ordonnances que d’ailleurs , pour ce
eft-il que Nous vous mandons de par ledit Seigneur & nous que incontinent
& à la plus grande diligence que pourrez, vous, auec voftre compagnie &
autres gens de guerre que vous pourrez amafler, vous tiricz pardeuers nous
quelque part que foyez pour aller au feruice dudit Seigneur. Donné en nof-
tre Ville de Bourbon le dixhuitiefme iour de Septembre, l'an mil quatre
cens quatre-vingts cinq. Ainfi Signé, Par Monfeigneur le Duc, Lieutenant
& conneftable, Domes. Et féelle en cire rouge.
vie
Dv ROY CHARLES VIII. fol
Publication de l'ordre cy-deffus. 143 5:
N FAIT A sçaAvoIR de par le Roy noftre Sire & Monfeigneut de
O Bourbon Lieutenant General dudit Seigneur, & Conneftable de Fran-
ce, à tous Nobles & autres fuiets dy Ban G° Arricreban du pays & Comte
d’Angoumois & autres gens de guerre, que incontinent ils fe mettent en
armes felon leurs facultez & puiffances, & foyent tous prefts à partir le
vingt-fix de ce mois, pour aller en la compagnie de Monfeigneur le Com-
te Annie , & aller feruir le Roy noftredit Seigneur fous le Connef
table, & ce fur peine d’eftre tenus & reputez rebelles & defobeiffans au
Roy noftredit Seigneur, & confifcation à corps & biens.
Lettre de Iacques d'Aubulfon à Pierre de Beanien Comte de Clermont
€ de le Marche , par laquelle il l'affenre qu'il prend bien garde aux
affaires du Roy e7° aux fiennes [ur le fuiet de la Ligue qui fe formois
par Monfieur d'Albres gr le Comte d'Angoulefme, contre le feruice.
| ON TRES-REDOVTE SEIGNEVR, Si tres-humblement que faire Ds la Bofme
M puis à voftre bonne grace me recommande, Monfeigneur plaife vous * So
fçauoir que j’ay receû les mandemens & lettres du Roÿ, enfemble les vof- ”
tres qu'il vous a plu m’enuoyer, & que ie me donnäfle garde des affaires du
Roy & des voftres de par-deçà. Monfeigneur, vous pouuez tenir feur que ic
vous y feruiray de corps & de biens, fans y rien efpargner. Et depuis eft
venu vn des Officiers du Roy nommé Grefjin de par-deçà, qui a apporté
vne autre commiflion pour fe donner garde que les gens de Meffieurs d’Al-
bret & d’Angoulefme * ne pañlaflent en Bourbônnbis, & hier fus aduerti » poses
que Monfieur de Fimarcon pañloit à tout trois ou quatre cens hommes cant #orissss,
de pied que de cheual, & fufmes au-deuant de luy par-delà Felefin là où il #9 2% 77
: Æ | | : fois L.
pañloit, & parlafmes audit fieur de Fimarcon: il nous dit qu’il auoit efcrit au j
Roy, & nous monftra le double des Lettres, & lequel fe eft venu à la Bof-
me auec moy, deliberé de feruir le Roy & vous, luy & fes gens, & vous |
fupplie qu’il vous plaife vous feruir de.luy, car pour autre chofe n’eft-il
venu; & a fait prendre ledit fieur de Fimarcon la Croix Blanche à
tous fes gens incontinent, & au furplus, Monfeigneur, nous a aduerty que
Monfieur de Me& amene de Gafcogne iufques au nombre de fix à fept
cefis hommes, & fommes deliberez Greflin & moy de voir fi nous les pour-
rons faire bons Chreftiens comme les autres. Monfeigneur, vous me com-
manderez vos bons plaifirs , pour iceux accomplir à mon pouuoir, priant
noftre Seigneur qu’il vous doint bonne vie & longue, Efcrit à la Bofne ce
vingticfme iour d'Oëtobre. Le tout voftre tres-humble & cres-obéïffanc
feruiceur & fuiet, Jacques d’Aubuffon. Et fur l'adrefle: C4 mon tres-redouté
Scigweur, Monfeigneur le Comte de Clermont G* de la Marche. |
| Tranfirit fur l'Original.
Placard » portant que la Trêne a effé accordée entre le Roy 7° le Roy d és:
gleterre, à commencer le 17. Décembre 1485...
Premier Dé.
cembrer 485.
L_° N vous fait à fçauoir de par le Roy noftre Sire, & de par Monfei-
gneur le Gouuerneur de Guienne que Treue & abftinence de guerre
ont eftc prifes & accordcés & concluës entre le Roy noftredit Souuerain
Seigneur, & cres-hault & tres-puiffant Prince le Roy Henry d'Angleterre &
leurs fuicts par le terme de trois ans, à commencer le dix-fepriéme iour du
mois de Decembre, l'an de noftre Seigneur mil quatre cens quatrevingts.
cint, & finiffant le dix-feptiéme iour du mois de Januier ;foleil couchant,
RR rt üj
1485
6. lanuier
1485.
A Melun
#8. Decembre
1483.
oz OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
que l’on dira mil quatre çens quatre-vingts-huit, durant lequel temps def-
dits crois ans routes guerres & hoftilicez cefleront tant par terre que par
mer & par eaux douces entre lefdirs Rois, leurs Royaumes, pays & fuiers;
& pourront lefdics fuiets, de quelque eftat & condition qu’ils foient , aller
& venir par terre, nauiger par mer & par eaux douces , marchander de
l’vn parti à l’autre, & retourner tant par terre, par mer, que par eaux dou-
ces, aucc leurs biens & marchandifes, fans doute d'aucun arreft ou empef-
chement , foit par marque ou contremarque, repreflaille, ou autres reftrin-
&ions quelconques, fans qu’il leur foit befoin d’auoir ni obtenir pour ce
faire aucun faufconduit general ou fpecial.
Plus vous fait-on à fçauoir de par mondit Seigneur le Gouuerneur, que
s’il y a aucyns VAT 2 Anglois ou autres à qui ayent efté faites aucunes
extortions ou exaétions indeüés , viennent pardeuers mondjt Seigneur le
Gouuerneur, & parties ouyes fommairement & de plein,il leur fera fait rai-
fon & iuftice. |
Et afin que lefdits Marchands dorefnauant ne foient vexez ni molcftez
fous ombre des droits & deuoirs qu’ils font tenus payer tant au Roy nof-
tredit Seigneur que à autres, mondit Seigneur le Gouverneur a ordonne
que lefdits droits & deuoirs ferone mis par efcrit en vn beau tableau au
Chafteau Royal de Lombrieu, & autres parts, & feront commis & dépu-
cez de par mondit Seigneur le Gouuerneur aucuns notables hommes qui
auront la charge & commifljon touchant cewe matiere, & expedieront &
Pa expcdier lefdirs Marchands de main à main fommairement &
e plein.
Auis du Bailly dé Caën au Roy fur [es Letrres patentes du 8. De-
cembre 1485. touchant l'augmentation de [es gens de guerre
pour la feñreté du Royaume.
V Roy NosTR& SOVVERAIN SEIGNEVR. Alain Gouyon Ef-
euyer, Seigneur de Thieuuille & du Mefnil-Garnier, voftre Confciller
& Chambellan, Bailly de Caën, & Commiflaire en cette partie, eres-hum-
ble reugrence & obéiflance. Noftre Souucrain Seigneur, plaife vous fça-
uoir que pour accomplir le contenu en vos Lettres patentes, defquelles la
teneur çnfuic:
CHanzes par la grace de Dieu Roy de France: Au Bailly de Caëh.
Comme pour entretenir noftre Royaume en bonne paix & tranquilité, en
extirper , ofter, chaffer routes pilleries & pillards, cocrcer les rebel-
‘les, deffendre de routes oppreffions le pauure peuple & nos bons fuiers,
& en iceluy noftre Royaume maintenir, & faire regner bonne iuftice ainfi
que de tout noftre cœur defirons & auons delibere faire, ayons connu pat
experience de fait que le nombre de gens de nos Ordonnances que auons
à prefentc eft moindre de beaucoup que celuy que auoit feu noftre tres-
cher Seigneur & pere que Dieu abfoille, & ne foit affez fuffifanc, & par ce
Nous ait femble & aux Princes & Seigneurs de noftre lignage qu'il feroit
bon, neceflaire & expedient auec les gens de guerre de nofdires Ordon-
nances qui font tous à cheual, auoir , mettre fus , & entretenir quelque
nombre de gens de guerre à pied cel que feroit aduife, attendu que gens
de chçualne ep aifément faire grand exploit fans gens à pied, laquelle
chofé toutesfois n’auons voulu faire fans premier eftre Confeilé comme ai-
fement il fe pourroit faire & conduire. Sçauoir vous faifons que Nous, de-
firans en ce que dit eft pouruoir & donner ordre par bon confeil, confians
à plein de vos fens, fuffñfance, loyauté, prud’hammie & bonne diligence,
vous mandons & enioignans que appellez nes Efleus fur le faic des Aydes
DV ROY CHARLES VIII. 303
en voltre lurifdiétion & autres nos Officiers, &:auec eux quatre ou vin
perfonnages, Cheualiers ou Efcuyets des plus gens de biens & prud’hom-
mes que fçaurez en voftre lurifdiétion ou és lieux prochains connoiflans &
experts en telles chofes, & iceux auec vous afliftans , vous conuoquiez &
appelliez des habitans d’icelle voftre furifdiétionen nombre fuffifant, & auec
_ eux vousenqueriez & informiez comment, & en quelle maniere, & à la moin.
dre foule & charge du peuple que fe pourra, la chofe fufdire fe pourroit
faire & conduire, & l'information que faire en aurez auce les deffufdirs :
enfemble voftre auis & le leur, Nous enuoyer feablement clos & féelté,
pour aprés y faire ainfi que trouuerons pour le mieux: de ce faire vous don-
dons pouuoir, authorité, commiflion & mandement fpecial. Donné à Melun
Je huitiefme iour de Décembre, l'an de grace mil quatre cens quatre-vingts:
cinq. Ainf figné, Par le Roy, le Comte .: Clermont, Seigneur de Beauieu, le
Seigneur de Grauille, & autres prefents, Parewr. Nous auons fait venir parde-
uers nous en cette voftre Ville de Gaën les Officiers de voftredic Bailliage.
C'eft à fçauoir Louïs de Fougieres, Efcuyer, Vicomte dudit lieu, Richard des
Hayes voftre Aduocat en ladice Vicomté,lean Artur Lieutenant Général de
voftre Vicomte de Bayeux, Iean Comet voftre Aduocat en icelle Vicomté,
Robert le Cheualier Lieutenant General de voftre Vicomté de Vire, Tho-
mas Taittiere voftre Aduocar en ladite Vicomte, Pierre du Pont Lieuce-
nant particulier de voltre Vicomte de Falaife, Richard Bellot & Roger
Chreftien Lieutenans de vos Efleus audit Caën, Louys le Brun Efcuyer
voftre Efleuaudit Bayeux, [ean Deuines fon Lieutenant, Iean Grefelle Lieu.
tenant en voftre Eleétion de Falaife, Iean Chaftel Lieutenant en l’Efle&ion du
dit lieu de Vire, Iean Samet & Guillaume Deftigny Bourgeois dudit lieu
de Vire, Guillaume Vauchin Bourgeois de ladice Ville de Bayeux, Iean
Danois , Robeït Bigot, Bourgeois de ladite Ville de Falaife, Meflire Artus
de Vireuille, Cheualier, Baron de Creuilly, Louys de Tourncbu, Efcuyer,
Baron de Cynloniez, Guillaume de Vañy, Efcuyer, Vicomte de Fontenay,
Ican Grofparmy , Efcuyer, Seigneur de Benfuille , Robert Pelleuey, Ef-
cuyer , Seigneur d’Ecuilly, Euftache Richart, Michel le Saonnier, Maiftre
Robert le Briant, Maiftre Iean de Cauuigny, Guerin Rouxel, Maiftre
Pierre Noel, Guiïlliume de Bourgneuille, & plufeurs autres des habitans
dudit Caën, aufquels par nous conuoquez & appellez auons fait exhibi-
tion de vofdites Lettres, & icelles par eux veuës, & la matiere bien prife &
entendué, en leur confideration ont tous par bonne deliberation fait tres-
humble regratiation à voftre Royale Maicfté de la tres-noble curiofité &
fouvienance que-:auez perfeueramment à la cônferuation, paix & vnion de
vos tres-humbles fuiets,dit & rapporté en leurs auis & confciences pour le
bien de vos Royaume, pays & fuiers La garde, tuition & deffenfe d’iceux.
pour le temps auenir, & qu’il eft tres -expedient & neceflaire, multiplier &
accroiftre le-nombre de vos gens de guerre, metcre fus & entretenir nom-
bre de gens de pied pour fubuenir aux gens de guere de vos Ordonnan-
ces, & pour l’entretenement de vofdits fuiets en bonne iuftice paix & tran-
quillité ainfi que en vofdites Lectres deflus inferées 2e mention, &
que pour. l'accompliflement & execution des chofes deflufdites, deuez fai-
re prendre un homme de pied en-chafcun nombre de ÿ$. feux fur les
habitans de vos Efleétions au choix, regard & efle&tion defdits habitans,
ou de la plufpart d’iceux, de la moyenne efchelle des contribuables qui à.
ce foit propre & fufhfant, lefquelles gens de pied feront pour la premiere
fois fournis d’habillemens de gucrre, à la charge defdits habitans, & def-
lors en auant feront tenus iceux gens de pied d’eux entretenir & fournir
leurfdits ‘habillemens à leur defpens fans plus en ce regard en porter quel-
que charge par lefdits habitans, lefquels feronc cenus fournit à chafcun
: + o = ï >
q 148 $e
504 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
148 5. defdits gens de pied ainf choifis & efleus , la fomme de foixanté fols tour.
nois par chacun mois qu'ils feront feruice en vos guerres ,& feront pour le
temps auenir francs, quittes & exempts des deniers de vos tailles , ordon-
nez pour la guerre tant feulement à la charge defdits habitans, lefquels pre
fenteront les gens de pied à celuy ou à ceux qui fous voftre authorire en
auront la charge & conduite, & lefquels gens ainfi choifis & efleus, fe-
ront intitulez & infcripts gens de pied ou autrement, laquelle deliberation
de tous les deflus nommez 2 efté ainfi faite & conclue, en remettant le cour
à voftre tres-noble plaifir & ordonnance, & icelle pour tefmoin de ce par
Nous figné le fixiefme iour de Ianuier , l'an de Grace mil quatre cens
quatre-vingts-cinq, Signé | Alain Gouyon. Et à l'adrefle eft cfcrit, C4# Roy
sofire Souserain Seigneur.
Il ya de (emblables auis du Bailly de Troyes du 26. Ianuier , du Bailly
de Vermandois du $s. Féurier, du Bailly de Coftentin du 17. Mars mil
quatre cens quatre-vingts-cinq.
Pris fur les Originaux.
Lettre de Guillaume de Supplainuille, lequel mande à Madame de
Bcauieu La refolution prife en Bretagne d'y receuoir le Comte
de Dunois, &° s'il eff befoin de luy enuoyer du [ecours.
a ADAME, ie me recommande à voftre bonne grace, tant & fi tres:
148$. | humblement que faire puis. Vous plaife fçauoir Madame que moy
arriué en cette Ville, jay dit à Monfieur Ze Comminges la charge qu'il auoic
s Menfeur de lu à Monfeigneur *, 8 à vous me donner, & mefmement de vous faire
| Éauoir à quoy en font les matieres pardeçà, & aufli quels fermens & à
quelles fins les Scigneurs auoient fait enfemble, aufli de Monfieur 4 Ds-
æois, & ay follicité mondit fieur de Comminges le plus que ay pù de vous
auertir de tout. | oi |
Madame, mondit fieur de Comminges vous efcrit, & enuoye memoire
“@-sr&. par Monfieur de Marfan *, pour vous dire & declarer bien au long ce qui
cit & a efté faic iufques icy fi c’eftoic voftre bon plaifir.
. Due de Madame, à ce que jay pu fentir & connoiftre pardecà, /e Duc *, & la
#% plufpart des Seigneurs fonc deliberez de recueïllir Monfieur de Dunois
s'il vient par deçà, & auec ce de luy enuoyer fecours fi befoin en a. Ma-
dame, ie vous en ay voulu auertir, & le feray de ce que ie fçauray, afin que
au tout y aduifiez à voftre bon plaifir,. Madame, ie prie à Dieu que par fa
fainte grace il vous doinc tres-bonne vie & longue. E£/érit à Nantes le hui-
ticfme iour de Ianuier. Voftre tres-humble & tres-obeïflant Seruiteur Gwi/-
laume de Supplainnille. Et à l'addrefle, C4 Madame. |
Pré fur l'Original.
Avis donné à Monfieur & Madame de Beauieu, de la part du
fieur de Comminges, qu'il a appris par le Bailly de Montargis
. les deffeins qu'ont les fieurs de Laual, de Rohan & d’Auau-
gour de fecourir le Duc, & de chaffer le Cardinal de Foix, le
Prince d'Orange, le Chancelier, & autres.
Memoire à Marfan de ce qw'il dira à Monftigneur de Beauien @ à
. Madame de par Monfrur de Comminges, [ur ce que le Bailly
de Montargis luy 4 dit de par eux. |
er P REMIEREMENT leur dira que auant la venué de Meffieurs de La:
V. cy-defue. ual, de Rohan & d'Auaugour, en chemin ils ont faic ferment en-
7 femble
bv ROY CHARLES VIII.
fermble d’eux entre-aider les vns les autres contre tous coux qui mal leur 1.48 <:
voudroient faire, refervé lé Duc *,_ nn A dd
— Item, Et auec ce l’entteprife qu’ils auoient de chaffer Meflicurs les Car. * De Bretagne
dinal de Foix , Prince d'Orange, Chancelier , & autres. |
Item, En apres leur venué, lefdits fieurs de Laual & d’Auaugour ont fait
ferment au Duc, à la Duchefle, & à Mefdames fes filles, de les fecourir,
sos PCR
défendre, & les fouftenir à leur fucceffion de la Duché.
Item, Er auant ma venué tous les autres Seigneurs l’auoient pareille.
ment fait. . A PE ;
Item, Dira comme Monfeur d’Auaugour à fort prié Monfieur de Co : . :
minges qu'il fit auec. le Duc qu'il fe condefcende, qu’il prenne l’ordre du
Roy que l’on luy veut bailler; ce qu’il a fait, combien que le Duc ne l'a-
uoit Le fort agreable, & aprés a demande des Lettres du Duc de recom-
mandation. Mais pourceque Monfieur de Cominges n’en eftoit aduerty de
mondit fieür de Beauieu & Dame, ne s’y eft voulu employer, & luy a efté
faic refponfé Fin n'en aura point, | :
Item , Meflieurs de Rohan & d’Auaugour ont prie Monfieur de Comin-
ges, qu'il voulfift parler au Duc pour le Mariage dudit fieur d'Auaugour &
de la fœur dudit fieur de Rohan; ce que le Duc n’a voulu confentir.
Item, Au furplus dira comme depuis peu de iours, l’on à dit au Duc
que le Roy faifoit approcher gens d'armes par-deçà, & que c’eftoit pour
courir fus à Monfcigneur de Dunois, & pareillement à mande l’Arriereban
de Poitou. S'il eft ainf,le Duc eft deliberé de aider & fecourir ledit Mon-
feigneur de Dunois, & le recucïllir, & me femble que feroit mieux fait de
ne le contraindre venir icy. | |
Item, Touchant la diflimulation du Mariage, i'y ay fait & feray toufours
le mieux que ie pourray. | .
| Pris fur l'original.
Lettre de Louys Duc d'Orleans, depuis Louys XIE. à Pierre de Ro
ban Marefchal de Gic, par laquelle il mande que fuinant l'inflante
priere que luy à faire le Duc de Bretagne, il va deuers luy , qu'il en
a efcrit an Roy, l'affeñre e S'il fait plaïfir au Comte de Dunois,
qu'il le repatera comme à luy fait.
MS COVSIN,le merecommande à vous tant cornme ie puis. Auiour- A Bis
d’huy aprés difner, le Duc * m'a enuoyé vn meflage, par lequel il %7 29%
m'a mandé, & fait fçauoir que fur tous les plaifirs que ie luy veu'lle iamais . nd
faire , iem’en voife incontinent deuers luy, ce que jay deliberé de faire. prerogne.
Mais auant mon partement en ay bien voulu auertir le Roy auquel j'en ef-
cris bien au long, & luy enuoye les Lettres que le Duc m'a efcrites. Tou-
tesfois ie vous prie que ne laifliez point à befoigner, s’il vous eft potlible,
touchant ce que ie vous ay dit, car j'ay efperance de retourner icy bien
brief; & fi vous faites aucune chofe pour mon coufin de Dunais ,ie m'en
reputeray tenu à vous. Mon coufin, noftre Seigneur foit voftre garde. Eférit à
Blois le 11: iour de Ianuier. Voftre coufin Loys. Et plus bas, Hondoyer. Et
fur l'adrefle, C4 m0 coufin, Monfieur le Marefchal de Gié. | |
| Pru fur l'original.
eZ AA.
SS£
| 506 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
149 $+ Lerre de Jean de Chalon, Prince d'Orange, 44 Roy Charles VIII,
Al luy mande l'arriuée du Duc d'Orleans vers le Duc de Breta-
nc, qu'il a efté an-deuant de ley, C7 n'a pas reconnu que ce Voya ge
FT à autre fin que de wvifite. L n 1
ANetn (TIR E, Le plus tres-humblement que faire puis, ie me recommande en
14 18887 1) voftre bonne grace, & vous plaife fçauoir, Sire , que hier au foir bien
. tard arriua en cette Ville Mon/igneur d'Orleans , & m'enuoya Je Duc *%*
#
- ir : au-deuant de luy entre cy & Cliffon auec les Gentilshommes de fa mai-
__ fon. l’ay longuement deuifé auec mondit Seigneur, & à ce | j'ay pü ti-
rer de luy, il n’eft point pour dire ny faire chofe qui vous deuft deplaire,
mais feulement pour voir le Duc; & quand ie reconnoiftray qu’il on fai-
re ou dire chofe qui foit au preiudice de vous ou de voftre Royaume,
foyez feur, Sire, que ie vous en auertiray, enfemble de toutes chofes qui fur-
uiendront, à l'ayde du benoift Fils de Dieu, qui, Sire, vous doint tres-bonne
vic & longue, auec l’accompliffement de vos tres-haults & tres-nobles de.
firs. Efcris à Nantes le 14. iour de Januier. Voftre tres-humble & tres.
obéiffant feruiteur, z. de Chalon. Etfur l'adrefle, 44 Roy mon Souwerain Seigneur.
| Pris fur l'Original.
Lettre de François Comte de Dunois, 4 Louys Baftard de Bour-
bon, Comte de Rowffillon € de Ligny, Admiral de France. II le
prie de venir trouuer le Duc d’Orlcans, pour donner fon confeil dans
les affaires du Roy.
A Paris M: N BON COVSIN, le me recommande à vous tant que ie
. é Z puis. Vous pouuez connoiftre par les Lettres que Mon/feigneur * vous
“rep Ctit, la bonne volonté qu'il a de feruir le Roy, & de le mettre en eftat
d'Orlesss. les gens de bien puiflent auoir loy de’ parler pour fon bien, & le bien
eruir. Fay grand regret que n’auez efté en lieu où iaye pü parler à vous,
* Le Duede CAT le Duc *Y auoit grande fiance en vous, que en cette matiere vous y con.
Breragus. duiriez & aideriez Monfeigneur à y faire toutes bonnes chofes pour le
Roy. Auffi Monfeigneur s’y attendoit bien; & quand il fceut que eftiez
vn peu malade, il fut fort déplaifant. Toutesfois À vous Vous pouuez trou-
uer bien, eflayez-vous de venir, afin que par voftre faute on ne laiffe à fai-
re beaucoup de bonnes chofes, lefquelles par faute d’vn bon homme au-
cunes fois fe delaiflent; & à ce que ie crois vous efuerturez, car i'ay toù-
jours veu que n’auez eù l’œil que auffi au Roy nuëment fans regarder ail-
lieurs. Ce porteur vous dira le furplus , vous priant que me veuilliez man-
der de vos nouuelles en bref. Mon bon coufin, ie prie noftre Seigneur qu’il
vous doint ce que defirez. Efcrit à Paris ce 25. iour de Ianuier. Le tout
voftre coufin Francois. Et au dos, _4 mon bon coufin Monficur l'Admiral,
Pris fur l'Original.
Lettre de Iean de Chaalon Prince d'Orange , «4 Duc de Bourbon
Zean II. Connefable de France. Il luy mande que ceux qui l'ont ac-
cufe de la venuë du Duc d'Orleans en Bretagne, @r de l'Affemblée
qui s'y tient, en ont menty, @ qw'il ne fera iamais rien contre le [erus-
ce du Roy ny du Royaume.
ee
A Nantes O x tres-redoute Seigneur, Le plus tres-humblement que faire puis,
19. Fesriey - : | +
le me recommande à voftre bonne grace, Monfeigneur, il vous a plu
485.
—#
ES
DV ROŸY CHARLES VIIL ÿo7
fl’efctire que auez efté auerty de la Cour que j’auois dit comme mal ad-
uife & fans raifon nulle que leftois caufe de l'allée de Monfeigneur d'Or-
Jeans, & de l’Affemblée qui fe fait par-deçà, & que ie voulois bien que lé
Roy le fceuft & chafcun-aufli, & que eftiez trop efbahy de cecy, veu les
belles paroles que ie manday dernierement au Roy & à vous, du vouloir
que j’auois dé le feruir, & maintenant eftre fi-toft changé fans le vous efcri-
re, & faire fçauoir : cela vous fait refuer:
Monfeigneur, quant à la venué de Monfeigneur d’Orleans , ceux qui
vous. ont fait feauoir ce que me mandez, referuc ce que ie dois, ont fauf-
fement & defloyalement menty,& le peut-on voir par ce que Monfeigneur.
d'Orleans mefme en a cfcrit & mandé au Roy. En ce qui touche les belles
& honneftes paroles que ie manday au Roy & à vous par Saint Marcel, ie
les aduoué, & n’4ÿ point changé de vouloir, cat tout feruice honnefte luy
voudrois faire, non pas de la nu qu'en fus requis par ledit Saint Mar-
cel, lequel ie crois, Monfeigneur, vous auoir ainfi dit, car ceux qui vous
feront ouurir pratique fi deshonnefte n’auoient l'honneur & ia confcience
du Roy, de vous, ni de moy;& vous fupplie cres-humblement penfer que
tel fuis enuers le Roy que ay dir, & le penfe feruir en ce que luy, vous &
la gencralité des gens de bien du Royaume de France me commanderont,
non pas à l’appetit des particuliers qui voudroient me faire requerir de cho:
fe deshonnefte ny mauuaife.
Monfeigneur de ce que me mandez de Monfeigneur de Cominges, ic
le tiens fi fage & fi honnefte, qu'il fe gardera bien de dire ny faire chofe
enuets le Roy ny le Royaume qui ne foit bonne & honnefte. Mon tres-
redoute Seigneur, plaife-vous toufiours me mander vos bons plaifirs, pour les
” accomplir à l’aide du benoift fils de Dieu, qui vous doint bonne vie & lon-
gue. Efcrit à Nantes le 19. iour de Feurier, Voftre cres-humble &
obéiffant feruiteur, De Chaalon. Et fur l'adrefle ,C_4 mon tres-redouté Seigneur,
Monfeigneur le Duc de Bourbon G* d'Aunergne , Conneïtable de France.
| Prés fur l'Original.
Le Comte de Dunois mande 2 ...,.... que Madame de Beanien mene
le Koy en Guyenne, pour offer au fieur e Cominges fon gounernements
Caux Seigneurs d'Angoulefme co d'Albret les places qu'ils tiennent,
ce qui le fait le prier de [e ioindre aux Ducs d'Orleans @ de Lorrai-
ne pour fe mettre en campagne, é9* de palfer la riniere d'Oife pour venir
à Paris, co de faire palfer les Lorrains par la Champagne Gr Brie,
pour empefcher l'effet de ce voyage. |
Oxs1E ver le Gouuerneur, Chafcun éfperoit que Madame fe deuft
M icy arrefter fur moy: coutesfois elle a paflé- outre, &: mené le Roy
en Guyenne, pour defaire Monfeigneur de Cominges de fon Gouuerne-
ment de Guyenne, & luy ofter les places qu’il tient, & aufli pour defaire
Monfeigneur d’Angoulefme & d’Albrer, fi elle pouuoit, Vousentendez bien
qu'elle a affemblé plus de forces qu’elle a pu pour la grande affeétion qu’el-
le a de nous defaire, & auec ce mené le Roy en perfonne, qui eft fa
principale force. Elle fait femer, & aller par le Royaume, difant qu’elle à
treuc auec vous, & que Lorraine eft pour elle, au moyen de ce que nos
amis dedans le Royaume ne fe ofent declarer, ni les Genfd’armes n'ofent
hifler leurs Ordonnances pour venir à vous, dautant que nous laiflez baci-
ler. Parquoy, Monfieur, eft befoin pour autant que defirez venir à chef
de l'entreptinfe, & que aymez tous vos parens, amis & alliez & feruiceurs
de par-decà, que vous vous tiriez aux champs; & eft re . par-deçà
S{i
QG.
Énvnese TORRES
1485
Fénuris? 1453;
—— 58 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1 4 8 5. que deuez tirer à Guife, à Soiflons, & paffer la riuiere d'Oife au deffus de
Compiegne, & que fafliez marcher Lorraine par la Champaigne, & au pays
de Brie fe joindre auec vous pour tirer deuant la Ville de Paris, auquel
lieu fe tirera Monfcur d'Orleans.Et fi Madame fe retire de Guyenne alors
que vous ferez marchez tous entre nous de ce quartier de Guyenne, irons
aprés à toute grofle puiffance, car la prefence du Roy oftée dehors, tous les
pays nous füiuront ; & fi ainf eft qu’elle demeure toufours és pays de Guyen-
ne, elle eft enclofe, & nous encore mieux au deflus de noftre entreprife,
car vous pourrez franchement marcher iufques à nous, Monfeur d’Orleans
auec nous, & le Duc de Lorraine.
Pris fur l'Original.
Le Comte de Dunois au Duc d'Orleans, luy mande qu'il s’eff engagé anec
fe amis pour fon feruice; que l'on eff eflonné de ne point receuoir de
fe nouuelles ; © que la Guerre eft en Guyenne.
Flurierr48s. ONsEIGNEVR, Îecroy que auant que fuffe détruit ni perdu, que vou-
Mi vous exploiter pour moy. pour caufe que ie me fuis mis plus
auant fous voftre parole pour vous faire feruice, & qui plus eft plus grands
pcrfonnages que moy beaucoup à mon pourchas, &en les affeüranc de vous,
{e font mis à l’effet,ce qu’ils n’euflenc fait fans cela: car fous voftre ombre
& puiflance les chofes fe peuuent conduire, & non autrement. Pour ce vous
fupplie que veillez garder à voftre pouuoir qu'ils n’en cheoïient point en
inconuenient eux ny moy, Car Ÿous pouuez entendre que auec le dommage
que jy aurois de perdre le mien, fi cherroye en deshonneur , ce qui en-
cores plus me deplairoit, Ie fçay que ne voudriez faire autremenr que vn_
Prince d'honneur & de vertu tel que vous eftes doit faire en cel Cas ; mais
ce ic vous efcris pour vous donner à entendre qu'il eft temps, & que
les matieres requierent que neceflairement ces chofes icy fe faflent.
Monfeigneur vous pouuez entendre que ie parle à vous franchement & li-
brement, ainfi que ie vois que la chofe le requiert; & s’il ÿ a aucune cho-
fe qui ne vous plife, vous me pardonnerez, car l’affedion que i'ay que vos
befoignes & les noftres fe portent bien, me fait ainf parler, & vous affeu-
re que ie vous en mande toute la verité fans y mettre ny plus ny moins: car
il me femble que ce font termes qu’on doit tenir à cels perfonnages que vous
qui cftes pour ne les prendre, finon à bon fens, vous fuppliant que voftre
bon plaifir foit de me mander bien au long voftre vouloir & deliberation.
Le grand homme qui eft au Sergent des Boys, qui efk de parde-là vous
donnera tout cecy à entendre, | |
L'on eft couc efbahy de par-decà, que ne faites autrement fçauoir des nou-
uelles, & pource faites-nous en fçauoir à toute diligence, car la guerre cft
de parde-çà & en Guyenne. |
Tiré de l'Original.
Lettre de Iean de Chaalon, Prince d'Orange, é> de Oder d'Aidie, Com-
te de Cominges, à Jean 11. Duc de Bourbon, Conneffable de
France, auquel ils tefmoignent qu'ils defireroient qu'il vonluft prendre en
main les affaires du Duc de Bretagne pour les. accommoder.
' |
. Lire ie ONse1GNEVR, Nous nous recommandons tres-humblement à vof.
* Mr Mide tre bonne grace, & vous plaife fçauoir que nous efcriuons à Mon-
Beauies. * \ : p
fieur voftre frere * & à Madame, que voudrions bien que vous & eux prif-
Bretagne. liCZ en main les matieres pour le bien du Roy & du Duc *; & ü voftre plai-
?
Re CR me si _— ne mr —
| DV ROY CHARLES VIIL: so9 ——
fir eft d'y entendre, faites-nous fçauoir voftre volonté, & nous y trouuerez z 495$.
tels que nous deuons eftre, Monfeigneur, nous prions Dieu qu’il vous doint |
bonne vie & longue. Efcric à Nantes le vingt-quatricfme iour de Iuin.
Vos tres-humbles & obeiffans Iean de Chaalon, Odet d’Aidie. Et fur l’a-
dreffe, A noftre eres-honoré Seigneur, Monfeigneur le Duc de Bourbon &
d'Auvergne, Conneftable de France, | |
. Pris fur l'Original.
Lettre de Odet d'Aide , Comte de Cominges , 44 ffre d’AIb rer:
Comte de Dreux, qu'il exhorte de [e tenir dans le party é feruice
du Roy; luy mande la tennë des Eflats de Bretagne.
ONSEIGNEVR, Je me recommande humblement à voftre bonne 4 Nsnre
grace, & vous plaife fçauoir que j'ay receù les Lettres qu'il vous à : ‘: Seprembre
plu m’efcrire par Monfeur de Liflac, & par luy fceu de vos nouuelles , le- **
quel demeure icy pour befoigner en vos affaires. Au furplus, Monfeigneur,
ie n’ay point eu de refponfe des Lettres que reéfcriuis en Cour à voftre par-
tement d’icy: mais depuis peu de iours Madame * m'a fait fçauoir que r'en- » dame de
uoyafle deuers vous, pour vous faire fçauoir toutes nouuelles, & femble Beswis».
qu'on vous veut contenter, Monfieur de Liffac m'a dit que vous deuez al-
ler deuers Monfeigneur le Conneftable, pour mettre fin au differend d’entre
la Reyne de Nauarre & Monfieur de Narbonne. Monfeigneur, ie vous prie
qu’en ce qui touche le fair du Roy, vous vous conduifiez & gouuerniez fi
bien que perfonne ne vous en puifle reprendre, & me femble que le de-
uez bien remonftrer à mondit Scigneur le Conneftable,
l'ay efcric à madite Dame, que j'ay enuoyé deuers vous, ainf qu’elle m'a
fair fçauoir , & l'ay affeürée que vous ne ferez chofe dont le Roy & elle
fe doiuent malcontenter. Aufli luy ay efcrit couchant le tort que l’on a
fair à Monfeigneur de Nemours, & que vous ne vous en pourriez con-
tenter, fi l’on ne le réparoit. | |
le vous enuoye des nouuelles qui font venuës d'Anglecerre, qui font
vrayes; ie ne fçais fi vous les fçauiez. Les Eftats de Bretagne fe tiennent;
& aprés qu'ils feront acheucz, ie m’en iray faire un tour en voftre quartier +.
_ de Gafcogne. S'il vous plaift, vous me fercz fçauoir de vos nouuelles & de
celles de mondic Seigneur le Conneftable, auquel ie w’efcris point, priant
Dicu, Monfeigneur, qu'il vous doint tour ce que voftre noble cœur ps
Eftrit à Nantes le feiziefme iour de Seprembre. Voftre humble feruiteur,
Odet d'Aidie. Et au dos : 4 Man/ftigneur d'Albret, Comte de Dreux © de Perigor
Pré fur Foriginal.
cé
®
N
!
Traité d’Alliance entre les Roys de France & de Portugal. NE
OHANNES, Dei gratia Rex Portugalie © Algarbiorum , citra Cr ultra Hs Re
mare in Africa, vniuerfis G Jingulis bas noffras patestes literes inSbecturis; Lu
falutem in Domino qui effomninm vera [alus. ProSberorum facccfuum falicis in
crementa, Regum © Principum geffa nulla in re verius laudari probarique folent,
#ihil fane maius aut praclarins videri foler quam fi Jnorum maïoram cvefligis 5n-
harentes , ea, que hereditario quodam jure faccefferunt, colant, imitentur € probent,
prefértim ff faorum fubditorum quictem , profcétums C7 conmodum ovini ex partt
refpiciant, tucantur, Cr foueant. Hinc eff quod prefhiciecntes nos, ac anime valutan-
tes fingularem dileéfionem G* amorem gv4 iam dudum extitrunt inter poreniiffi-
os inclitiffime recerdationis Reges pradeceffores noffros, dum in humanis agcrent,
Sereniffimwm Principe Ludosicum Chriflisniffimum Francorum ” cajus D6-
| | L SST ii) |
—— go OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
148$. min geflarum rerum gloria G° accumulata lande mirifice recreamur , necnon Domi-
num Alphonfam Portugalenfium inclitiffimum Regem genitorem noïfrum :que res
inuicem non modo noffris Regnicolis attulit non mcdiocre commodum tranquille at-
que amice vincndi, féd praclarum G* fingularce exemplum. Quorum gloriofiffimorum
Regum inflitutis refragari, aut quidquam detrahere indignum cffe ducimus , fi off-
cia qua abunde Patres inter fe exhibucrunt prafliserantque, nos qui filii fumus op-
timo ire imitars, profequi debeamus; quibus fit vt noffro nomine Regnorum Subdito-
rumque noffrorum, gentium © incolarum confolidemur realiter , G* cum effétu in
codem amore CG beneuolentie fecuritate cum potentifimo Domino Carolo moderno
Gallorum Chriflianiffime Rege vonfançuineo nostro chariffimo, G* cum omnibus [ub-
ditis G vaffallis fus in quibus Patres noffri dum vinerent éxtiterunt, dantes C con-
cedentes cifdem fubditis G* fais rebus, nauigii, nauibus nauté; naucleris cr
mercibus plenam Cr integram fécuritatem veniendi, flandi G redeundi per terram
aut per mare, ficut illis milius G* expediens videatur, comcandi G* remcandi, naui<
gandi CG ffandi in noffris Regmw, cisitatibus , locis, villis © oppidw , portubus ac
litoribus, vendendi, mercandi G diffrahendi libere @ fecure omnes C* fingulas mer-
ces quas ducere , emere, comparare 4c diffrabere confieucrunt tempore inclitiffimo-
sum Regum noffrorum Patrum, féruatis fémper antiquis noîtris confederationibus
aliis conftitutionibas, ordinamentis , inribus obligationibus Regnorum noïtro-
. rum, quibus in aliqguo non intendimus derogare,aut preindicium facere, ficut cas
Jemper firmas G* flabiles tencre G° obféruare decreuimus. Et fi quando, quod abfit,
alteri noffrorum Regum videatur expediens ab hoc concordia C° commercio [ubfiffe:
re, pars defiffere volens , debeat Cr tencatur alteri parti ante quatuor menfes notans
facere talem defiftentiam , fèu difcordiam, ut [his rebus confulant, ne fui fabditi, ref-
que fus fab fide pablica € iuflo clipeo periclitentur , in cuius rei teflimonium veri-
fatis permittimus bas noffras literas manu propria fubfcripta © noffri figilli pen-
dentis robore communitas. Dafas in oppido noffro Montis maiotis féprima die men-
Jis Ianuarii, anno falutis millefimo quadringentefimo oifuagefimo-quinto. Sic fi-
guatum. El Rey. |
_ Tire des Regiftres de la Chambre des Comptes.
Confirmation de la Foire de Saint Germain des Prex.
À Paris Fi. (> HaARLES par la grace de Dieu Roy de France : Savoir faifons à
mrier 1485. tous prefens & à venir,nous auoir receué l’humble fupplication de nos
bien -amez les Religieux, Abbé & Conuent de l'Eglife & Monaftere de
Saint Germain des Prez lez Paris , contenant que au mois de Mars l'an
mil quatre cens quatre-vingts- deux ; feu noftre tres-cher mis &c
Pere, que Dieu abfoille, leur oétroya fes Lettres Patentes èn forme de
Charte, defquelles la teneur s'enfuit
_ du du Ovrs par la grace de Dieu Roÿ de France : Sçauoir faifons à tous
arc, dexz A ° .
D den prefens & à venir, que nous confiderans comme feu de tres- noble &
de Marsïysz. Donne memoire le Roy Childebert, en fon viuant Roy de France, noftre
_ progeniteur, pour la grande & finguliere deuotion qu'il auoit à Dieu
noftre Createur, & pour aucunes grandes.caufes qui à ce Le meurent, fon-
da en fon viuant l'Eglife & Abbaye Monfeigncur Saint Germain des
Prez lez noftre bonne ville de Paris , laquelle il doùa de plufieurs belles
Seigneuries, rentes & reuenus, & en icelle ordonna faire dire & celebrer
certain bel & notable Seruice diuin, pour lequel dire, celebrer & conti-
nuer il ordonna certain nombre de Religieux, & depuis alla de vie à tref-
pas, & s’eft fair inhumer & enfepulturer en ladite Eglife. Aprés le trefpas
duquel, le Roy Saint Charlemagne, pour la grande & finguliere deuoriorr -
qu’il auoit à icelle Eglife, tant pour les grands miracles qui auoient efté
+
DV ROY CHARLES VIII. sil
faits fur fa perfonne par le moyen dudit glorieux Saint Germain qui re-
pofe en icelle Eglife, que aufi pour la continuation dudit Seruice diuin,
pour lequel faire il accrut & ordonna en ladite Eglife plufeurs Reli-
gieux outre ceux qui y eftoient de la premiere Fondation, donna à icel-
le Eglife plufieurs belles Terres, Seigneuries , Cens , rentes, reuenus,
joyaux, & autres biens, pour eftre participant és prieres d’iceux Reli-
gieux & dudit diuin Seruice d’icelle Eglife, depuis lequel temps lefdits .
Religieux ont toufiours fait, continué & entretenu ledit Seruice diuin,
Mais au moyen des guerres & diuifions qui ont efté par plufieurs & diuer-
fes fois en noftre Royaume, mefmement du temps des Infidelles, lefquels
par plufieurs & diuerfes fois, & aufli les Anglois anciens ennemis de
noftre Royaume , ont efté deuant noftredire ville de Paris à puiffance
d'armée , ladite Abbaye a efté bruflée & deftruite, enfemble tous leurs Til-
tres, Chartes, enfeignemens, & autres chofes quelconques qu’ils auoienc
des rentes , reuenus, & droits d’icelle Eglife, ledit reuenu d’icelle Ab.
baye a efté & eft fort diminué, & tellement que lefdics Religieux, Abbé
& Conuent d’icelle Abbaye en font grandement diminuez & appauuris,
lefquels à ces caufes nous ont humblement fait fupplier & requerir, que
pour aucunement les recompenfer de leurdite perte, & accroiftre leurdie
reuenu , il Nous plaife leur oétroyer certaines Foires franches comme ont
nos chers & bien-amez les Religieux, Abbé, & Conuent de Saint Denis
en France, & fur ce leur impartir noftre grace. Pour ce eft- il que Nous
‘voulans & defirans entretenir ladite Eglife en fes droits & libertez, & les
augmenter à noftre pouuoir, à ce que de plus en plus foyons participans
és bienfaits, prieres, oraifons, & Seruice diuin qui fe font, dient & ce-
Iebrent iour & nuit en ladite Eglife, & que lefdits Religieux, Abbé &
Conuent d’icelle Abbaye foient plus enclins à prier Dieu noftre Crea-
teur pour la profperité & fanté de noftre Perfonne, & de noître tres-cher
&c tres-amé Fils le Dauphin de Viennois audit lieu & Abbaye de Sainc
Germain des Prez: pour ces caufes & confiderations & autres à ce nous
mouuans ; leur auons donné & oétroyé, donnons & oétroyons femblable
Foire franche, comme ont ceux de ladite Abbaye de Saint Denis en Fran-
ce, & icelle y auons créé, inftitué , ordonné & eftabli, & par ces Pre-
fentes de noftre propre mouuement, grace fpeciale, pleine puiffance &
autorité Royale, creons, inftituons, eftabliffons & ordonnons pour icelle
Foire franche auoir & faire tenir par chacun an durant huit iours en-
tiers, commençant le premier iour d'O&obre, & finiffant le huitiefme iour
dudit mois aprés enfuiuant lefdits iours inclus, voulons & nous plaift
que dorefnauant perpetuellement & à toufiours ladite Foire franche foit
par chacun an tenuë en ladite terre & lieu de Saint Germain des Prez,
où lefdits Supplians verront eftre à faire pour le mieux durant lefdits huic
jours , & que iceux Religieux Abbé & Conuenc dudit Saint Germain en
iouïflent, enfemble des droits, prouffits & émolumens qui y appartien-
nent, tout ainfi que font & ont accouftumé faire lefdits Religieux, Ab-
bé & Conuent de Saint Denis en France d’icelle leur Foire, & que tous
Marchands & autres gens quelconques qui en icelle Foire afflueront &
frequenteront, foient francs, quittes & exempts de toutes aydes, peages
& tributs quelconques, & y puiflent vendre , adenerer, reuendre & ef-
changer toutes denrées & marchandifes licites , & ioïr & vler de tous tels
& femblables droits , franchifes & libertez dont ils iouïflent , & ont ac
couftumé iouïr & vfer en allant, venant, feiournant, frequentant, & mar
chandant en ladite Foire eftablie en la ville & Abbaye Monfcigneur Saint
Denis en France, comme dit eft. Si donnons en mandement par ces
mefmes Prefentes à nos amez & feaux les Gens de nos Comptes & Tre-
14935.
ga OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1 49 $. foriers à Paris, & les Generaux Confeillers par Nous ordonnez fur le fait
& gouuernement, tant de nos Finances que de la luftice de nos Aydes,
au Preuoft de Paris & Efleus fur le fait defdites Aydes en l’'Eleétion dudit
Paris, & à tous nos autres lufticiers, Officiers & Subiets, & à chacun
d'eux fi comme à luy appartiendra, que de ladite Foire, durant lefdits huie
jours , ils faflent, fouftrent & laiflent lefdits Religieux, Abbé & Conuent
de Saint Germain des Prez iouir & vfer perpetuellement & paifible-
ment, fans leur faire ou mettre ne fouffrir eftre fait ou mis ores ne pour
le temps à venir aucun deftourbier où empefchement au conttaire ; lequel
fi fait mis ou donné leur eftoit , mettent ou faflent mettre incontinent &
fans delay à pleine deliurance, &,au premier eftar & deu. Er afin que la-
dite Foire foit notifiée & fait à fçauoir à la connoiflance de tous Mar-
chands & autres quelconques, Nous voulons que icelle Foire franche ils
faflent crier & publier en leurs Cours, lurifdiétions & Auditoires, & par
tous autres lieux où l’on a accouftumé faire cris & publications, en fai-
fant iouïr & vfer les Marchands frequentans ladite Foire de tels & fem-
blables priuileges, franchifes & libertez qu’ils ont accouftumé jouir & |
vfer és Foires dudit lieu de Saint Denis en France ; & voulons & Nous
plaift que pour tenir ladite Foire, les Religieux , Abbé & Conuent de
ladite Abbaye puiflent faire mettre fus & drefler confiftoire, édifier hal-
les, eftaux & loges à leur clos de ladite Abbaye, ou autre lieu où fera te-
nué ladite Foire, & où bon femblera aufdits Religieux, Abbé & Con-
uent dudit Saint Germain, comme dit eft : Car tel eft noftre plaifir;
nonobftant que les Priuileges dont ont accouftumé iouïr & vfer lefdits
Marchands éfdites Foires de Saint Denis ne foient cy expreflément fpe-
cifiez ne declarez, & quelconque autre Ordonnance, mandemens, ref-
trinétions ou deffenfes à ce contraires. Et afin que ce foit chofe ferme &
fable à toufiours, Nous auons fait mettre noftre féel à cefdites Prefentes,
fauf coutesfois en autres chofes noftre droit, & l’autruy en toutes. Et pour
ce que de ces Prefentes lefdits Religieux, Abbe & Conuent pourront
auoir à befogner en plufieurs & diuers lieux, Nous voulons que au Vidi-
mus d'icelles fait fous féel Royal, pleine foy foit adiouftée comme à ce
prefent original. Donné au Pleflis du Parc lez Tours au mois de Mars,
l'an de grace mil quatre cens quatre-vingts - deux , & de noftre Regne le
vingt - deuxiefme. Signe fur le reply, Par le Roy, Robert. Etefcrit ce que
s'enfuit. Leéfa ,publicata, G regiflraia in Camera Computorum Domini noffrs Re-
gts , G° ibidem expedita impofitionibus G fabfidis vinorum G° animalium pedem
forcatum babentium prafato Domino Regi referuatis. Aifum die vicefimd - tertia
Aungufli,anno Domini millefimo quadringentefimo olfogefime-tertio. Et figné, De
Badouillier, Vifa contentor, Texier. Et au dos defdites Lettres eft efcric
ce qui s'enfuit: Leuëés € publiées en l'Auditoire des Efleus à Paris fur le fit
des Aydes ordonnez pour la Guerre, le Sarredy trentiefme © penultiefme tour
d'Aouff, l'an mil quatre cens quatre-vingt-trons. Signé, Audry. Lefquelles
Lettres deflus cranfcrites furent bien & deuëment verifiées & expediécs
par les. Gens de nos Comptes & Treforiers de France, aprés enquefte fur
ce faite, & les folemnitez en tels cas requifes gardées & obferuées, & lef-
dites Foires criées & publiées, dont lefdirs Religieux de Saint Denis, pour
ce qu’ils difoient que les iours éfquels ladite Foire defdits Supplians fe
deuoit tenir par lefdites Lettres , eftoit durant le cours de ladite Foire
Saint Denis, par quoy leur eftoic préiudiciable, fe porterent pour appel-
lans, & fur ce fe meut procez en noftre Cour de Parlement entre lefdits
de Saint Denis d’vne part & lefdits Supplians d’autre, où tant fut proce-
dé, que par Arreft d’icelle Cour ladite Foire a efté tenuë par deux années;
c'eft à fçauoir la premiere année au mois d’Oétobre lan mil quatre cens
quatie-
|
DVROY CHARLES VIIE $ÿ
quatre-vingts & trois, & l’année enfuiuant le lendemain de la fete Saine 1 48 fa
Martin d’hyuer, lan mil quatre cens quatre-vingts & quatre. Er depuis
par autre Arreft de ladite Cour, lefdites parties ay long ouyes, &aprés en-
quefte faite fur l'interet que lefdirs de Saint Denis pouuoient auoir à
l'oétroy de ladite Foire defdits Supplians , fur dic que iceux Supplians
tiendroient leurdite Faire déflors en auant le lendemain de la Fefte de la
Purification Noftre- Dame & les iours enfuiuans, ainf que plus à plein
on dit eftre contenu audit Arreft, au moyen duquel ont lefdits Supplians
depuis fair tenir leurdite Foire ledit iour de lendemain du iour Noftree
Dame en ce prefent mois de Feurier. Mais ils doutent que à caufe de ce
que lefdites Lettres d'Oftray ne furent expediées par les Generaux des
Finances, comme mandé leur eftoit, & que les iours declarez en icelles
Lettres ont cfté muez & tranflatez par noftredite Cour à autres iours,
ainfi que deflus eft dit, que au temps à venir on leur voulfift donner em-
fchement en la iouiflance d’icelles Foires, & que par ce moyen ledit
Don 8 O&troy à eux fait par noftredit feu Seigneur & Pere leur fuft illu«
foire & de nul effer , qui feroic à leur pu grief, préiudice & domma-
ge, ainfi qu’ils Nous ont humblement fait dire & remonftrer, requerans
noftre grace & prouifion conuenable leur eftre imparties. Pour quoy Nous,
les chofes deflufdites confiderées, & mefmemene les caufés qui meurent
| noftredit feu Seigneur & Pere à faire lefdits don & oétroy de ladite Foire
aufdirs Supplians, voulans & enfuiuans fon bon vouloir &intention, & in-
| clinant liberalement à leur fupplication & requefte, afin qu’ils faient plus
| enclins à prier Dieu pour les ames de noftredit feu Seigneur & Pere, de
feuëé noftre tres-chere Dame & Mere, de nos autres Predecefleurs Roys
| de France, & aufli pour noîftre profperité & falut, union & cranquilité de
noftredit Royaume, & pour autres caufes & confiderations à ce nous mou-
uans, lefdites Lettres de don & oétroy deflus tranfcrites, & routes & cha-
cunes les chofes en icelles contenués, eù fur ce l’aduis & déliberation de
plufieurs des Seigneurs & Princes de noftre Sang & lignage , Gens de.
goftre Grand Confeil, & autres notables petfonnes, auons eù & auons
agréables & icelles louées, ratifiées & approuuées, louons, ratifions & ap-
prouuons de nofître grace fpeciale, pleine puiflance & autorité Royale
par ces Prefentes , & voulons & Nous plaift que iceux Supplians iouifs
fent des otroys, priuileges, libertez & fränchifes contenuëés en icelles,
pleinement & paifiblement, felon la teneur dudit Atreft de noftredite Cour
de Parlement, tout ainfi & par la forme & maniere que f les iours de-
clarez en iceluy pour faire feoir & tenir ladite Foire dorefnauant, euflent
efté où eftoienc defignez , & nommément declarez en icelles Lettres
d’oûroy de noftredit feu Seigneur & Pere , & aufquels iours, en tant que
meftier eft ou feroit, Nous auons ordonné & ordonnons ladite Foire eftre
tenué aux droits, prérogatiues, libertez & fratichifes dont en icelles Let-
tres de don & oétroy fut par noftredir feu Seigneur & Pere deflus tranf-
crites, comme dit eft , faite mention. Si donnons en mandement par ces-
mefmes Prefentes À nos amez & feaux les Gens de nofdits Comptes &
Treforiers à Paris, Generaux Confeillers ordonnez cant fut le fait & gou-
uernement dé nos Finances que de la luftice de nos Aydes, aux Preuofts
de Paris & Efleus fur le fait : nofdites Aydes, & à tous nos autres fufti-.
ciers, Officiers, ou à leurs Lieutenans, & à chacun d’eux, fi comme à luy
appartiendra, que nos prefens, grace & confirmation ils faffenc crier, pu
blier & notifier és lieux & ainfi qu’il appartiendra, & que en tel cas eft
accouftumé de faire, & d’iceux faflenc, fouffrent & laiflent lefdits Sup
plians & leurs fuccefleurs Religieux, Abbé & Conuent dudit Saint Ger-
main, jouir & vier pleinement & paifñblement à coufiours, ._ en ce leuf
ct
148 5.
s4 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
faire mettre ou donner, ni fouffrir eftre fait, mis ou donné aucun deftour.
bier ou empcfchement au contraire, fous ombre de cé que l'fdites Lettres
d'o&roy de noftredit feu Seigneur & Pere ne furent verifiées en fon vi.
uant par les Generaux defdites Finances, & que lefdits iours ordonnez à
tenir: ladite Foire par noftredit feu Seigneur & Pere ayent efte muez 8
tranflatez par noftredice Cour à autres iours, ainfi que deflus eft dit , ni
autrement, en quelque maniere que ce foit; & fi aucuns ttoubles ou empef:
chemens leur auoient efté ou eftoient donnez, les oftent & mettent, ou faf:
fent ofter & mettre incontinent & fans delay à pleine deliurance, & au pre
mier eftat & deû : Car ainfi Nous plaift-il eftre fait, nonobftant comme
deflus, & quelconques Ordonnances , reftriétions ou défenfes à ce con-
traires. Et pource que lefdits Supplians pourront auoir à befogner de cef.
dites Prefentes en pluñeurs & diuers lieux, Nous voulons que au Vidimus
d'icelles fait fous féel. Royal, foy foit adiouftée comme à ce prefent Origi-
nal. Et afin que ce foit chofe ferme & ftable à toufours, Nous auons fait
mettre noftre {cel à cefdites Prefentes, fauf en autres chofe noftre droit,
&c l’autruy en toutes. Donné à Paris au mois de Feurier, l’an de grace mil
quatre cens quatre-vingts & cinq, & de noftre Regne le troifiefme. Ainf
| figné , Par le Roy, le Comte de Clermont & de la Marche fieur de Beau.
A Roms a 5.
Féurier 1485.
y. L'hifloire
de Cypre d'Ef-
tienne de La.
£ign4n, dans
laquelle il o
parlé de cette
Donation,
ieu , Vous , le Sire de Grauille , & autres prefens, Parent. Vifa conter.
tor. I. Muftrecolle, . - |
_ Lecta, publicata, regiffrata, G: expedita in Camera Computorum Domini noffri
Regw impofitionibus C fubfidiis vinorum G* animalinm pedem furcatum baben-
.finm prafato Domino noffro Regi, prout antea reféruatis. Datum die nons Septem-
bris anno Domini millefimo quadringentefimo oéfuagefimo-fexto. Badouillier.
Donation du Royaume de Cypre par Charlotte Royne de Cypre
à Charles Duc de Sauoye fon neueu.
L ÂVRENTIVS Campegius Dei gratia @ Apoflolice Sedis Epifcopus Cefénaten-
fs S.D.N. D. Vrbani diuina prouidentia Papæ VIII. dééfæque fantte
Sedé apud Sereniffimum D. D. Carolum Emanuelem Sabaudiæz Ducem,
Pedemontiums Principem Nuncius: Vniuerfis facimus manifeflum , quod nos vidi-
mas, tenuimus, legimus, C* palpauimus , ac per Secretarium Curie noffre Apoflolice
Nanciature infra [triptum videri, teneri, legi, G: palpari fecimus , Originale inf°
trumenti donations Regni Cypri per Sereniffimam D. Carlottam Dei gratia Hie-
- rufalem, Cypri & Atmeniæ Reginam fase D. D. Carolo Sabaudiæ Duci
eins nepoti, pro fe fuifque heredibus fhccefforibus quibuftunque, rogatum ut in co
degitur [ub die 25. menfis Februarii anno 4 Naïiuitate Domini 1 48 5. Creceptum,
ac fübfiriptum per D. D. Ioannem Bomartinm de Ranzo Cinem Verflenfêm, dr
loannnem Cahonardi de Pelicano Impcriali aucioritate. Notarios ; non vitiatum ;
nec canccllatum , nec in aligua illius parte [ufpetum, [cd omni prorfus vitio Gr fuf°
Picione carens, nobis pro parte memorati Sereniffimi Caroli Emanuclis ad effeitum
ind in prafens publicum GC: authenticum tranfumptum redigendi prefentatum , cu-
sus quidem donationis inffrumenti tenor de verbo ad verbum féquitur, G* eff tal,
videlicet. 0 ner ne
In nomine fanéfe @ indinidue Trinitatis , Patris , G Filii, G* Spirits
Sani, amen. Huius publici G anthentici inffrumenti tenore cuncfys fiat mani-
fefum > quod anno 4 Natiuitate Domini Jumpto 1485. Inditfione tertis, Pon-
f5ficatus vero D. N. Innocentii , diuina Prosidentis Papa VI 11. anno primo, C die
25. menfis Fchruarii in preféntis R. R. in Chriffo Patrum @ D.D. luliani Epi-
{copi Oftienfis ,Tis. Santis Petri ad Vincule, & Dominici de la Roucre , Tir:
Sancti Clementis Presbyteri, S. R.E. Cardinalium , nec non R. R. D. D. Caroli de
Seiffello Preceptoris Sanéti Antonii de Camberiaco, Diecefis Gratianopolitanenfis,
OR et dmtle mm :
DV RoŸ CHARLES VIIL sis
Hugonis de Saxo Canonici Lanfanienfis, Andres de Prouani ex Domini Lanei 148 $.
Apoflolicorum Protonctariorum, Vencrabilé Domini Ioannis Chafforicii Confefforis,
© JPeitabilis Jasabi Anglici Goufliaris Sercniffime Reginæ Cy pri, «amborum de
Nico/fa de Cypro omninm propter infra aéfs peragenda pro teffibus vocaterum Pe-.
siéliter ° ragatorum consiituti, Videlicet Sereniffinsa D. Cerlotta dei gratis .Hies
rufalem , Cypr G* Armenie Regina ex uns parte, GR. in Chriffo Pater D. 104n-
mes de Verax , Epiféopus Bellicenfis, Frater Merulus ex Comitibus Plorajqui , miles
Aicrofolymitanns , Admiratus Rhodi, G Magnificus Dominus Philippus Cherrerii
1. V. D. Sabawdis Prefidens, Procmratores G° Procuratoris nomine Un friffinsi Prin.
cipis @ D. D. Caroli Sabaudiæ, ce. Ducis ex alter : pla fiquidem Carlesss
Regina Sereni{fima de iuribus fais ad plenum certificats, confiderans @- attendens,
bnmanitates ,curialitates, benemerits G fubuentiones babitss & reccptas à pradiéfo
fffrifimo D. D: Carolo Sabaudie, G*c. Duce, cius nepote cariffimo ,ex quibus non.
fmmerito orta eff obligatio antidotalis, G que merita fo mediante ivramente taéis
Sacrefanitis Dei féripturis afféris fore vera, G: à talium probationc buius inffrs-
menii tenore vuls cundem Principem 1luffriffimum relesatum effe G exempiuns , (je
vans infuper maiora in futurum confiqui, in memorians ctiam reuoluens proximi-
fatem fançuinis qua inwicem conisncfi font; cupiens preteres prefatum D. D. Du-
cem Iluffriffimurs fuum neposems cariffimam tanquam bene meritum tisulo ce digni:
fate Regal infignire ° decorare , confiderans precipue quod ditfum Regnum Cypri
v$, armis ; @ potentia Vemctorums occupatur, C7 ipfi Regina Serenifime penitus ef?
én fracfuo/um , pro quo recuperando tot fujfinuit labores expenas,quod fere viri-
bus C° potentis prorfus remanfit exhauffa; propter qu4 non vi, non delo, mets ,
Jraude, aut aligua machinatione féduia, aut in aliquo circonnents, [éd ex cins Jiten-
#54 certa, fpontanca voluntate animoque deliberato maxime ob diffs bene meriss ;
pro fe © fuis heredibus C fuccefloribus quibufcunque , dat, donat, cedit, tranfc
fert G* concedit pure, mere, libere G fimpliciter, donatione pra, mera, fimplici
C* irreuocabili qua dicitur inter vinos nullo vnquam tempore, occafione, vel can.
fa reuocands Bne fe vlierius rehabendi prelibato Principi Iluffrifimo D. D. Carol
S'abaudie Duci,in quo tanquam flio cariffime ffbi vnicam aique sotalem faam re-
pofuit PPem pro fe fuiljue heredbus G fuccefforibus quibafcunque lices abfénti, di
dtis famen Reucrendis © Magnificis D. D. Procuratoribus @ nobis in afrafcriptis
Notariis, @ Secretaris prafentibus, flipulantibus, G recipientibas vice @ no.
mine Principis Iluffrifimé ciufque bercdum & uccefforum quorumcunque quorum
éntereff, éntererit, aus intereffe porcris quomodolibet in futurum Regni Cypri cnrs
omnibus @ fingulis auchionibus, © direbfis viilibus, realibus G- perfonalibue
sam fimplicibus quam mixtis, ques ipfa Serenifiims Regina in ipfo Regno quo-
cunque îure diretfo, vel vtili, babuit, babere poruit, babetque, @ babere poteff,
Una cum mixto imperio CO omnimods isrifdicfione, Regalibuque, vrbibus, vil.
dis, oppidss, caffris, terris, territoriis, hominibus, homagiis , aquis , aquarum de-
cur FA » péfcationibus , veuationibus, G* omnibus aliis dicto Regno quomodolibet
pertinentibus , € pertinere valentibus nibil iuris, aéfionis, rationis , portions , di-
retfure aut dominii in pramiffis retinendo, féd à [€ prorfus Cr in totum abdicando,
Ce in prefatum D. D. Ducem Iluffrifimum cinfque beredes Jacceffores confe=
rendo, & fe per traditioncm vnius annali quem dedit in «306 pralibati D. Phi-
pps Cherreris, Prafidentis Sabaudie, alterius ex Procuratoribus pradictis deuefien-
do; ivwrans eadem Sereniffima Regina taélis corporaliter Jacrofanétis [cripturis run
quem fe feciffe nec fatturam aliam donationem , cefionem, vel remiffionem de praæ-
dis Regno Gr pertinentiis fupra donatis, [aluis tamen Cr referuatis in principio,;medio
© fine preféntis contraëtus infra fcriptis : [ilicer, quod dicta Sereni[fina Regina ad
cius vitan naturalem poffis C valeat hoc nomine, dignitate Regina Cypri verbo ©
Jriptis appellari. Quam quidem nominationem, G appelationem, ffbi expreffereférast
vt fupra , non obffante prafenti contraëiu , citra tamen préindicium ilius € deroga-
Bones ita taliter gnod nonobffante bac reféruationc polis Nr 1 riffs
ci)
1485:
516 OBSERVATIONS.SVR LHISTOIRE |
Princeps Ge Dux prelibatus ; prout fibi videbitur, vodem titulo ; nomine C° digai-
state, verbe Gr fériptis ,uti, frui, G* gaudere, ponens ipfa Sereniffima Regina It-
luftriffimum D. Ducem prefatum in locum faum, ir®quod ab inde in wvlira virte-
te dite donations poffis valeat wvti G* experiré, omgpibus acfionibus, direcis , vrs:
libus,, realibus , perfonalibus ; meris fiuc mixtis xduerfus quafunque per[ones tam
Bcclefiafficas quam fêculares, ac Potentatus quofiunque G* premifforum occafiont in
judicio, @ extra, agere G experiri, @: de dicfo:Regno pro fus voluntati libite
facere G* difponcre, etiam de ipfius Regni fruétibus € intraris, preterisw, prafenti-
bus, Cr futuris, de expenfis ctiam , damnws CG intereffe, Pacis ci donare, Ô compo
sexe, Gconcordare, illa omnia petere, procurare, ad premifla conflituere omniaque alia
G fingula facere Gr exercere que preditto Iuffriffimo D. Duci neceffaria facrint &
opporiuna,prout G* qaemadmodum ipfs Sereniffima. Regina ante prefentem donatio:
mem facere poterat G* valebat, conffituens [e tencre: 6 poffidere nomine prefati 1E
bufriffimi D. Ducis , donec G quonfque decodem Regno corporalem apprehenderis
cilioncm, G* buis/modi donationem ; ceffionem ;: G*-remiffionm promifit Sacro-
fanétis féripsuris corporaliter taëfis nunquam reuocare;vel contra candèm venire de
jure vel de faifo ex quacunque rationce vucl cau[a; nunquamque émpetrare abfolutio-
mem à itramento ad finem contraveniendi Donationi © remiffiont Jupra faite, vel
aliquibus in ea contentis, G* quatenus impetrancrit fe diéfa impctrationc non iuwa-
re, vel illa vti; renuntians infuper dicfa Regina Sereniffima, mediante iuramenio;
tacfis corporaliter féripturis, per cam praflito exceptsons doli mali, vis,metus, C° iu-
ri dicenti contraéum reftindi debere f? dolus dederit can fans contratfui, aut inciderit
in contratfum , iuri dicenti donationem excedentem quingentos aurcos nom valere,
wifi fucrit infinuate , iuridicenti contraëtus facilitate mulierum celebratos refindi
pole» iuré dicenti Donationem faétam ex caufa ingratitudinis vel immenfitatis .re=
socari,.inri dicenti gencralem renuntiationem non valere, nifi precefferit Shecialis,
G* gencraliter omnibus aliis exceptionibus, iuribus Canonicis C7 ciuilibus, quibus
aduerfis premiffà, vel corsm aliquo'quoquo modo contraenire pol]it , de omnibus
renuntiafsonibes C7 reliquis füpra fériptis prius informata, aduifata G* certificats,
per nos Secretarios @ Notarios infra fériptos vulçari fermone, interueniente inter-
prete.D. Iacobo Engliia de Nicofia de Cypro ciufdem Regina Screniffime Confiliario
G° familiari , qui Linçua Greca in preféntia teffium fupra Cr infra notatorum ei-
dem Sereniffime Regine G: partibus omnia füpra féripta figillatim Gr articulate ex-
lanauit, interpretatus cff, @ retulit.. Et guatenus requireretur alicuius Juperioris
_ confenfus, propter defectum cuius prefêns donatio Jiue contraëfus inualidarctur , an-
- sullaretur, aut alias fieret aliqua feudi aperturs, vel commif]io, valt c expreffe Je=
Jéruat prefats Regina Sereniffima dim confénfam € bencplacitum , C* ita illo
_reféruato preféntem donationem celebrat , dr non aliter, nec alio modo, [ed ditfam
donationem ilo non interueniente vult effé refalutam, € pro infecfa habitam. Si
vero alicuiss faperioris non requiratur confénfus, vult,expreffe isbet, Cr ita aifum
ef G conucutum inter partes,quod prafens claufula G reféruatio de prafenti dona-
_tione tollatur, G amoscatur, G: quam ex nunc G: café ipfa Regina Sereniffime
toit G amouct, G* ad maiorem roboris firmitatem requirit quoféunque indices tam
Ecclefiaflicos quam féculares ,quatenus prefenti donations auctoritatem decretum
énterponcre dignentur. _ACts fucrunt bec in vrbe Roma; in Eccleffa maiori fantii
Petri, in capella prope facriffiam,prafentibus prefatis Rencrendiffimis Patribus it
Chriffo D D. luliano Epiftopo Offienfi Tir. Sancti Petri ad Vincula, 6 Dominico de
Roncre, Tit. Sancti Clementis, S. R.E. Cardinalibus,nec non Reuerendiffimis D. D.
Carolo de Seiffello Praceptore Santfi Antonii de Cambcriaco, Hugone de Saxo Cano-
nico Lawfanienfi, Andrea de Prouanis ex Dominis Laynci Apoffolicis Protonotarits,
Vencrabili D. Ioanne Chaforicii Confeffore, & fPeétabili Iacobo Anglici, Confiliario
prelibate Sereniffime Regine , ambobus de Nicofia de Cypro teffibus, ad premilfa ad-
flantibus, vocatis fpecialiter G* rogatis. Et ego loannes Bommartins de Ranzo, ciuis
Verfelenfis publics Imperiali auiforitase, G prelibati iluïtriffimi D. D. Dacis Sa-
LS
D
DV ROY CHARLES VIII. FT7
baudie Secretarius, premiffis omnibus © finçulis, dum fic Ut premmittitur agerentu?, 1 À 8 $»
vna cum diths R.R. Dominis teffibus, G* Notario ac Secretario infra fcripto inter-
fui, Japra Jériptum inffrumentum ; aliens licet mans [criptwm , aucforirate qua
fangçor in bac parte, cum .ditfo Notario C Secretario ro gatus, tam parte prelibate
Sereniffime Regine quam ditforum D. D. Procuratorum, Procuratoris nomine qua
Jupra recepi, C7 ii me fub/Gripfi curs foliti figni mei Tabellionatus in fidem @ tef.
SIMON premi orurm appefirionc A R270. Et ego. pariter loannes Cohonardi de
Polliaco ,Gebennenfis Diwcefis , Imperiali autoritate Notarius, prelibatique Illuffrifc
fimi D. D. Ducis Sabaudie Secretarius , una cum-prelibaté Reuerendiffimis dr
D. D. teffibus G Notario * Secretario fubfcripff, premiffis omnibus G fingulis in-
serfui, hocque inffrumentum alicna manu Jériptums rogatws recepi, illudque [ubftripf
mans mea propris, © figno meo folito fignaui in robur Cr teffimonium veritatis
premifforum, Cohenarde. | |
Et quia fadta per nos € coram nobis de prefénti prainferti Donationis initrue
menti quod fieri fecimns tranfumpto debits collatione C aufiultatione cum eodem
originali inffrumento , altero legente ; C altero aufiultante, vtrumque filicet exem-
plum & exemplar predifa ad inuicem concordare snuenimus, ninil addito, dempto,
vel mutato quod faéti fubStantiam in aliquo mutet fèu intellefum variet. Ideo buic
prefenti tranfumpto tantam fidem in iudicio G extra fore C* cffe adhibendam decla-
rauimus G* declaramus quanta cidemmet originali inffrumento adhiberetur. 1n quon
œum fidem bas noffras mans propria firmatas fieri C* fubfiribi, figiloque noïtro de-
bite communiri inffimus G fecimus. CAtfum C° datum Taurini die decima ocfaua
menfis Septembris anno millefimo quadringentefimo otfuagefimo quinto. L. Epifco-
pus Crfénatenfis, Nuntius Apoflolicus, Poncet. .
Ovs Claude de Maurini, Marquis de Bourg;franc, Confeiller de Sa Ma-
iefté Tres-Chreftienne en fes Confeils d'Eftat & Priué, fon Cham-
bellan & Ambafñfadeur ordinaire auprés de fon Alteffe Sereniflime de Sa-
uoye : Atteftons d’auoir veu & leu & manié l'Original de la: Donation fuf-
idimie par Monfieur le Nonce de Sa Sainteté, qui eft entierement confor-
me. En foy de quoy nous fommes fignez & mis le Sceau .ordinaire de
nos armes. C4 Turin le vingtiefme Septembre mil fix cens vingc- fixe
Signé, Claude de Mawrini. Er fcelle. | |
. Entrée du Roy Charles VIII. en la Ville de Troyes.
L: Roy CHARLES VIII. eftant parti de Paris au mois de May de rr. My
l'année 1486. en intention d'aller vificer le Comté de Champa- : #56
gnc, fe refolut de faire fon entrée folemnelle, notamment en la Ville de
Troyes qui en eftla Capitale. Auparauant le Preuoft des Logis accompa-
né des Fouriers fut marquer les plus commodes logemens des habirans de
A Ville, pour y receuoir ceux de la fuite du Roy. Le onziefme iour dudit
mois de May Sa Maiefté arriua par vn fort beau temps au Village de Saine
Lyc, efloigné‘enuiron de deux lieuës de ladite Ville, où plufieurs des Ci-
toyens furent dans la curiolité de le voir, cependant que les autres faifoient
danfes, feftins & feux de ioyes pour la rciouïffance de la nouuelle de cette
venué, Entre autres, l'Euefque . Troyes nommé Jacques Raguier, accom-
pagné de fon Clergé & de plufeurs autres notables Ecclefiaftiques, tous
bien parez & veftus, & montez fur Mules, paflerent par la is du Bef.
froy, qui eft le grand abord de Paris, pour aller au-deuant de Sa Maiefté.
Suiuoient aprés les Lieutenant General, Procureur, Auocat, & Reccueur
au Bailliage, tous en belle ordonnance, qui furent iufqu’au lieu de Pouïil-
ly , qui eft à vne bonne demy-lieuë de la Ville, pour faire offre de leur
obéiffance au Roy. Enfuite les Confcillers, Praticiens, Notaires & ‘Auo-
T Tci
148
18 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
6, cats, tous veftus felon teurs Eftats, auec le Preuoft reueftu d’écarlate, &
les Sergens Royaux reucftus d'vne belle liuree, comme aufli les Efcheuins
montez fur de beaux Courfiers, & ayans robes de drap d’efcarlate, fuiuis
de plufieurs Nobles Efcuyers, Marchands, Bourgeois, tous magnifique-
ment veftus & bien montez, furent femblablement au-deuant de Sa Maief-
té, qui au marin partit dudit lieu de Saint Lyé, eftant au milieu des Prin-
ces & Seigneurs de fa fuite, d’où il rencontra en chemin les deflufdits, qui
luy firent d’abord , ainfi qu'il appartenoit , tres- humble reuerence; ou-
tre que le fufdir Euefque l’affeura d’obéiffance & de fidelité pour tous les
autres, par vne harangue qu’il luy fit, à la fin de laquelle il luy prefenta, au
nom de tous, les Clefs de la Ville. Aprés ces chofes faites, le Roy prit fon
droit chemin vers la Ville, enuironné des Princes, Ducs, Comtes, Che-
ualiers & autres Seigneurs qui eftoient au cour de luy en grande abondan-
ce & magnificence, auec les Archers de fa garde en armes, & paruinc iuf-
ques au Prieuré Saint Anchoine , qui eft cout proche les murs & remparts
de cette Ville dudit lieu de Saint Anthoine. A l’abord de Sa Maiefté tous
les Religieux fortirent, donc l’vn des plus anciens harangua Sa Maiefté,
Jaquelle il inuita enfuite auec les principaux de fa compagnie de difner en
cette maifon, où defia auparauant vn Maiftre d’'Hoftel du Roy auoit efté
donner auis du deffein de cette venuë,.
Aprés le difner tous les gens d’Eglife & de la Ville allans en Procef-
fions , portans leurs Croix & Reliques , & reueftus de leurs plus beaux
Surplis. & Chappes en grand honneur furent derechef au-deuant du Roy
pour l’accueiïllir en leur Ville. Ils eftoient précedez dudit Euefque, qui aprés
ce retourna en l'Eglife Cathedrale, ayant la Mitre en tefte & la Crofle à
Ja main, pour y attendre & receuoir le Roy lors qu'il y aborderoit. Les
grandes ruës eftoient au fuiet de cette entrée toutes parces de tapifferies
& draps de foye, & eftoient couuertes de beaux Mays & ionchées de ver-
dures, Sur ces draps eftoient affichées plufieurs Hiftoires en l'honneur &
Jouange du Roy. Au mefme temps que deflus, fçauoir aprés le difner, les
Cheualiers & Barons du Pays, les Nobles, Marchands , Bourgeois , Ef-
uyers, les Lieutenant, Preuoft, Efcheuins, Sergens, & autres Officiers
dcffus nommez, auec les Confeillers, furent derechef par ladite Porte du
Beffroy au-deuant de Sa Maiefté. A: donc le Roy entra dans la Ville, où
proche de la porte il vit là reprefentation du petit Dauid terraffant auec vne
fronde le Geant Goliat, auquel il crancha la cefte, pour monftrer qu’encore
.. que le Roy fuft ieune pour lors, Dieu luy feroit toutesfois la grace de venir
à bout de tous fes ennemis, ainfi qu’autrefois il l’auoic fait audit Roy Dauid.
Le Roy prit grand plaifr à ce miftere, auprés duquel eftoit dreffé vn beau
verger rempli de gazons & herbe verte parfemée de fleurs. Plufeurs grands
Mays cftoient dreflez autour , fur lefquels eftoient des cages remplies de
toutes fortes d’oyfeaux chantans agreablement. Tout proche eftoit vne ban-
de de belles & ieunes filles faifans bouquets qu’ils prefentoient au Roy &
à ceux de fa fuite, & chantoienc melodieufement belles chanfons à l’hon-
neur du Roy, outre vn ieu d’Orgue qui fonnoit parmy leur concert, Vne
entre autres tenoit vn tableau remply de huit vers, comprenant la ioye que
Les filles de Sion firent paroiftre à la venué de Dauid, ce que ce Prophete
en vn de fes Pféaumes temoigne en cette forte, Filie Sion in rege exultent.
De plus cette aflemblée de filles demonftroit encore que Troyes eft ornée
& enrichie de plufeurs corps de Saintes Vierges , comme de Sainte Helei-
ne qu'on peut voir encore route entiere, de Sainte Maftie, de Sainte Hoyl.
de, Sainte Maure, Sainte Sauine, Sainte Sire, & plufeurs aurres qui fonc
reputées comme les Patrones & Protectrices de la Ville. Eft à noter qu’en
cette iournée de l’encrée du Roy, le cemps fut coufiours eres-beau & fe
EE mi
DV ROY CHARLES VIIEL sr9
rein fans aucun nuage. Au deflus de la méfme porte eftoic efleué vne ef-
chafauc, fur lequel eftoit reprefenté le Myftere de la Sainte Trinité. Il y
auoit auprés des Orgues qui fonnoient, & vn ieune enfant reueftu en for-
me d’Ange qui defcendit par fubrile inuention de cét efchafaut deuers le
Roy, auquel il prefenta vne Croix d’Argent, ainfi qu’on rapporte qu'vn
Ange fic iadis à Conftantin, en luy annonçant qu’il vaincroit dorefnauant
en ce Signe.. De plus céc enfant bailla au Roy vn efcu, fur lequel eftoic
efcrir le nom de Iefus en lettres d’or, & vne Couronne d’efpine au deflus,
luy difant que cét efcu reprefentoit l’ancienne Oriflamme, pour l’empef-
cher d’eftre iamais. vaincu. Cette reprefentation de la Trinité demonftroit
que Troyes eft vne Cité vnie. dont l’etymologie du nom prouient de trois
anciens Chafteaux , defquels , par tradition de temps, & felon l'opinion
commune , elle a jadis efté compofée, eftant, fuiuant la figure fufdite, ap=
1 4 8 6.
pellce, par comparaifon, Totius Trinitatis nobile Triclinium. Sa demeure au
refte eft plaifante &. agreable. Quant à la Croix Blanche, elle fignifioit
‘qu'ayant autresfois efte par la Prouidence diuine enuoyée miraculeufement
du Ciel au Roy Charles VIT. proche la Ville de Bayonne, pour feruir de
terreur & d’épouuante à fes ennemis, elle pouuoit femblablement feruir de
bon augure à Sa Maiefté prefente, pour en tirer ayde & confort contre fes
aduerfaires. Ces figures d'Anges parcillement fignifioient que toufiours Dieu
en a enuoyé au befoin, pour la proteétion & conferuation fpeciale de la
France, ainfi qu’on en a reffency les effecs en diuers rencontres. Pour l’efcu,
il demonftroit que Iefus-Chrift le Roy des Roys n’auoit voulu entrer en
la Cité Celefte que par fa Paflion, & la fouffrance de plufieurs douleurs :
à quoy le Roy fe deuoit refoudre, & y penfer fouuent, auec efperance de
paruenir enfin à un fouuerain & éternel repos, aprés les cribulations de cet-
te vice. De plus paroifloit vn eftendard de raffetas chargé de trois fleurs de
Lys d’or fur champ d'azur. | LE |
Or pour reuenir à l’ordre de l’Entrée,les Gens d’Eglife allerent tous les
premiers en Proceflion dans la Ville. Aprés eux les Bourgeois & Mar-
chands en leurs habits, dont eft cy-deflus fait mention; puis le Preuoft,
ayant aux enuirons de foy tous les Sergens auec leurs belles liurées. Sui-
uoient Monfieur de Troyes, monté fur vne Mule bien fellée, le Lieure-
nant, les Officiers, Confeillers, Praticiens, Notaires. Les Gardes du Roy
marchoient aprés en bonne mine, tous veftus de brigandines , beaux ho-
quetons, & mailles argentées, ayant la troufle & l’arc à l’un de leurs cof-
tez, à l’autre des efpées ou braquemars , & deflus leurs teftes des falades
ou capelines. Enfuite paffa l’eftendart du Capitaine de la Garde Efcofloife
long d'vne roife, & peint de trois couleurs, fçauoir rouge, blanc , & vert.
Sur iceluy eftoit dépeint vn Saint Michel ancien Proteéteur de la France,
& vn Soleil d’or auprés. Puis venoient les trompettes & clairons fonnans
de temps en temps. Le Roy peu aprés fuiuoit, monté fur vn beau Che-
ual de poil moreau, tout le peuple redoublant cependant à merueilles les
cris de Wine le Roy pat tout où il pafloit. Les quatre Efcheuins de la Vie
reueftus de robes d’écarlate & fatin, portoient fur le Chef de Sa Maiefté
vn Ciel ou Dais de fin drap d’or luifant, efleué fur quatre piliers, dont
les pans eftoient entremeflez d'or & d'azur. Ainfi que cette noble compa-
gnie vint a pañer deuant l’hoftellerie dite des Trois Vifages, il y auoit deux
cens ieunes garçons tous âgez d’enuiron fix ans au plus, & tous veftus de
mefme couleur; fçauoir de rouge auec vn chapeau blanc, affis en bel or-
dre & apparence fur diuers cftages d’efchafauts qui fe mirent à crier Noel,
Noel, lors du paflage. En la grande place où fe bled fe vend vulgairement,
dite le grand Marché au bled , eftoir vne Fontaine faite bien po
par fitions de crois Pucelles, qui rendaient par leurs mammelles du vin de
so OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1 4 S 6. trois couleurs en abondance à tous venans qui en vouloient prendre. Au
deflus de leur cefte eftoir vn efchafaut remply de Meneftriers & trompet-
tes qui iouoient inceffamment..........….. Au lieu, dit l’Eftape au vin, ef-
toit conftruit vn efchafaut tout plein d’enfans veftus de violer, qui crioient
inceffamment, Vive Le Roy. Sa Maiefté, auec fa compagnie, pourfuiuant toù-
jours fon chemin, entra dans la grande ruë, où eftant paruenu iufques à la
Sereine, trouua vn autre efchafaut dreflé fort proprement, où eftoic la re-
prefencation d’vne fleur de Lys faite au on ; de laquelle fortoit un fort
sn Roy veftu de drap d’or paroïffant auoir enuiron l’aage de dix ans. Là
auprés eftoic vne fille couuerre de Damas blanc auec vn vifage ioyeux &
de pareil aage que le Roy, à qui elle faifoit voir & comme prefentoit fon
cœur durant le fon melodieux des Orgues, defquelles iouoit auprés vne au-
tre belle fille, tandis qu'vné autre pucelle de l’aage feulement d’enuiron
huit ans, les foufloit, & de cette forte adminiftroit les vents à fa compa-
gne. La premiere fille fignifioit que cette grande & peuplée Ville de Troyes
offroit au Roy comme à fon Souuerain Seigneur, en toute humilité, fon no-
ble cœur. Ce Roy cenoit vn efcriteau, dans lequel il fembloiït exprimer auec
affcétion, & dire à cette fille, Prebe mibi mobile cor tuum, laquelle de la mef
me façon & de noble volonté luy refpondoit, # soro corde mes exquifiui te.
La feconde fille qui iouoit des Orgues, & chantoit deflus vn agreable 7e
Deum , exprimoit la ioye & la liefle que reffencoit le peuple de voir fon Roy.
Quant à la troifiefme fille qui fournifloit le vent, elle denotoit la memoire
que la Ville deuoit éternellement auoir des bienfaits fouuent receus de Sa
Maiefte , auec l'attente d’autres encore plus grands, qu'il luy auoic plu
par fa bonté leur promettre à fa venuë. Cette belle Compagnie auançanc
toufiours chemin paruint deuant l’Hoftel du Cygne, où eftoit encore vn
cfchafaut rempli de ieunes enfans bien veftus, faifant continuellement re-
tenir l'air de leurs cris d’allegrefle de ÿive le Roy. La Proceflion vint iuf-
jai au puits de Saine Pierre, proche l’Eglife où elle fit fation, & Mon-
eur l’Euefque ayant la Mitre & la Croffe attendoit, ainfi qu’il doie, prés
ladite Eglife Saint Pierre, qui eft la Cathedrale, la venuë de Sa Maiefté,
pour l’y receuoir. Audeffus de la porte d’icelle Eglife eftoit drefle vn Ciel
ou Pauillon fort riche en forme de rente de guerre, femé de fleurs-de-lys.
En iceluy y auoic affemblée de fept Geans, & vn Roy au milieu: ce qui f-
gnifoit le Pauillon Royal de la Paix, pour monftrer que le Roy, fans les
doux fruits dicelle,ne feroit pas proprement regnant, ains auroit quelque
contredit. Autrefois le Prophete Ifaye predit fur la venuëé en ce monde de
lefus-Chrift, qu'il feroit Parer futuri feculi, Princeps Pacw. Et de fait, fa
naiflance arriua au temps d’vne Paix vniuerfelle dans ce monde, laquelle
Natiuité fut annoncée par les Anges mefmes, en chantant, Er in terra pax
bominibus. La tente Royale de Paix eft comme la maifon du Soleil, qui ef-
tend fes gracieufes influences, & fe fair reflentir par tout en general; de
laquelle paix la foy, prudence, force ,efperance ,iuftice, charité , temperan-
ce, perfeuerance, qui font de cres-belles & louables vertus, & fur cout la
charité, font comme les Gardes & Protecteurs reprefentez par les Geans
fufdits. Ce myftere fut d’abord contemplé du Roy & de tous les Scigneurs
de fa fuite qui en approuuerent l'inuention.
Le Roy eftant proche de l'Eglife mit pied à rerre de bonne grace, &
auffitoft fuft humblement & affeétueufement receu par l’Euefque , auec le-
quel il entra dans l’Eglife. Ses Gardes cependant refterent à la porte, en
attendant qu'il fortift. Il fit deuotement fon Oraifon prés le Grand Aurcel,
laquelle finie, il retourna monter à cheual, pour aller loger dans fon Hoftel.
Pendant que Sa Maiefte eftoit à l’Eglife, les Orgues entonnerent melodieu-
{ement, auec les Chantres, le Te Deum landamas, & les Cloches carillon-
nerent
ns ve
DV ROY CHARLES VIII sr
nerent toufiours. Le. Roy donc arriua au Palais iadis magnifiquement
conftruit proche l'Eglife Collegiale de Saint Eftienne par les anciens Com-
tes de Champagne, & eft for ample, fpacieux & de grande nobleffe, le.
quel ioint à quatre belles Eglifes, fçauoir Saint Eftienne, Noftre-Dame,
les Jacobins & l’Hoftel-Dieu-le-Comte, & par derriere eft laué de la ri.
uicre de Seine qui y court fans cefle prés le verger, où font les buttes fur
lcfquelles les Arquebufers vont parfois s'exercer à tirer.
. Tous ceux de la fuite du Roy nu enfuite difperfez & logez çà & à,
dans les meilleures maifons de la Ville qui leur auoient efté ordonnées,
cfquelles ils trouuerent les nappes mifes & chargées de vins & viandes,
qui leur furent gratuitement offertes en quantité & auec grande ré-
jouiffance.
Exemption de Taille en faucur des Habitans de la Ville de Troyes.
@ HARLES par la grace de Dieu Roy de France: A tous ceux qui ces
Cneee nmieUn 5AN
1486
A Toytà
prefentes Lettres verront , Salut. Srawoir faifons Nous auoir receu 1: M4
lhumble fupplication de nos chers & bien-amez les Manans & Habitans
de noftre bonne Ville & Cite de Troyes, contenant qu’en l'an 1419. aprés
les fieges de Montargis & Orleans mis & tenus par les anciens ennemis de
noftre Royaume les Anglois, & que par la grace diuine , bon confeil &
conduite feu de bonne. memoire noftre tres-cher Seigneur & ayeul le
Roy Charles que Dieu abfoille, fe mic fur les champs en armes, pour ve.
nir à fon Sacre & Couronnement , reduire, recouurer, & mettre en fon
obéïffance les Villes, Citez & pays detenus & occupez par cefdits anciens
ennemis & aduerfaires, 8 que en venant depuis la Riuiere de Loyre iuf-
ques à la Riuiere de Seine en noftredite Ville de Troyes il ne trouua Vil-
le ni Cité qui à luy fe voulfift reduire: incontinent qu'il fut arriué deuane
noftredite Ville de Troyes, & que les Habitans d’icelle, dont plufieurs y
a encores en vie, eurent de luy connoiffance,.le receurent comme leur
vray, naturel & Souuerain Seigneur, & comme tel, & les premiers, fans quel:
conque contrainte , refiftance ou difficulté , luy firent pleine, entiere &
vraye obéïiffance, en mettant en fa main & puiflance noftredice Ville, com-
mc fes bons, vrays & loyaux fuiets , contre la volonté de plufieurs Capi-
taines & Chefs de Guerre fes aduerfaires eftans en ladite Ville; au moyen
de laquelle reduétion & obéïffance plufieurs autres. bonnes Villes & Citez,
tant de nos pays & Comté de Champagne qu’autres ,gconnoiffanc que nof-
tredite Ville de Troyes, qui eft la Ville Capitale d'iceux nos pays, auoiç
fait obéiffance , à l'exemple d’icelle furent facilement reduites en fon obéif-
fance. Et fut caufe noftredite Ville de Troyes, que noftredit feu ayeul
fans grands empefchemens nirefiftance paruint à fondit Sacre & Couronne.
ment, laquelle obéïffance les fupplians ont depuis gardée & entrerenué,
fans flechir ni vaciller pour quelque aduerfité de guerre, ni autre chofe qui
{oit furuenué, & en ce faifant, & pour plus feurement garder & défendre
noftredite Ville en noftredice obéiffance, contre plufieurs ennemis & ad
uerfaires de noftredit Royaume & de noftre Couronne, lefquels par. plu-
fieurs fois fe font efforcez par armes & ‘autres moyens la mettre en leurs
mains & hors de noftredite ob£iffance, en venant, pallant, repaflant, 8e
demeurant par fong-temps auprés 8 deuant d’icelle.Vitle, lefdics fupplians
fe font continuellement occupez à la reparation & fortification de ladice Ville,
tant en murailles & couuertures , eflargifflement & pärfondiffement des fof-
fez, comme en artillerie.où ils ont employé cres-grande fomme de deniers
de grande & bonne affeétion & fans aucune contrainte ,.& auec ce. pour
toulfiours contiquer & açquiter leurs Joyaucez enuers nous, ont durant les
VVu
1486,
_
_ 48 6.
522 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
guerres & diuifions qui par cy-deuant ont eù cours en noftredit Royaume,
fecouru & aidé à toutes les Villes, Chafteaux & Forterefles à l'enuiron, de
viures , gens, pouldres, artillerie, & parcillement fe font employez de corps
& de biens à la reduétion & recouurement en obciflance de noîftre Cou-
ronne de plufieurs Places, Chafteaux, Villes & Pays prochains de noftre-
dite Ville, detenus & occupez ‘par les ennemis aduerfaires d’icelle , &
pour ces chofes parfaire & accomplir ont grandement frayé & defpen-
du, dont ils font demeurez endettez & ges enuers plufeurs perfonnes
en grandes rentes & fommes de deniers, aufquelles ils n’ont pù ny pour-
roient bonnement fatisfaire , ny eux acquiter, & leur eft impoflible de ce
faire fans auoir fur ce de nous aide, grace & prouifion,,en nous humble.
ment requerans , que attendu ce que dit eft, & afin que ladice Ville, la-
quelle aux caufes deflufdites, & aux charges qu'elle a euës à fupporter,
s'eft fort depopulée de bons Marchands & autres gens de bien fe puiffe
refaire & repopuler, & aufh que lefdits fupplians fe puiffent acquiter des
rentes & obligations en quoy ils peuuent eftre tenus, & continuer les repa-
* æations & fortifications de ladite Ville, il nous De les quitter, exempter
& affranchir de tailles & impofts qui feront dorefnauant mis fus de par nous,
& fur ce leur impartir noftre grace. Powr go, Nous les chofes deflufdites
confiderées,mefmement que nous auons efté deuëment informez des bons,
grands, louables & agreables feruices faits par lefdits fupplians & leurs
predeceffeurs par la maniere deflufdite, & autrement connoiflans leurs
bonnes affe&tions & loyautez,enfemble les grandes charges, frais, mifes &
defpenfes par eux fupportées par cy-deuant, & defirant à noftre pouuoir
les foulager, & les pouruoir de noftre grace, à ce que de bien en mieux ils
puiflent continuer au bien, fortification & entretenement en bon eftac de
noftredie Ville en noftre ob£iflance. Peur ces cafés, & en reconnoiffance
de ce que à cette noftre premiere entrée & venué en noftredite Ville lef_
dics fupplians nous ont tres-grandement & ioyeufement de leur bon amour
& affcétion receus, & nous faifant vraye, cotale & enciere obéiflance de
noftredite Ville & de leurs corps & biens, tant & fi auant que bons, vrais
& loyaux fuiets peuuent & font tenus de faire, & autres bonnes & gran-
des caufes & cenfiderations à ce nous mouuans : Nous, par l’aduis & deli-
beration de plufieurs des Princes & Seigneurs de noftre fang & lignage 8z
gens de noftre Confeil, auons lefdits fupplians, corps & communauté de
noftredite Ville dudie Troyes quittez, affranchis & exemptez, quittons,
affranchiflons & exemptons par ces Prefences de toutes tailles & impofts
qui dorefnauant feront mis fus de par Nous, tant pour le fait & entretene-
ment de nos gens de guerre que autrement, en quelque maniere que ce
{oit, fans qu'ils y foient ny puiflent eftre dorefnauantc affis ni impofez, ni
contraints à en payer aucunc chofe en aucune maniere, & tout ainfi que
font les autres Villes & Citez franches de noftre Royaume. Sr DONNONS
EN MANDEMENT par ces Prefentes à nos amez & fcaux les Generaux,
Confeillers par Nous ordonnez fur le fait & gouuernement de toutes nos
Finances, & de la Juftice de nos Aydes aux Efleus fur le fait des Aydes
ordonnées pour la guerre en la Ville & Efleétion de Troyes, & à tous nos
autres Zlufticiers & Officiers, ou à leurs Lieutenans où Commis, & à cha-
cun d'eux fi comme à luy appartiendra , que de nos prefentes grace, quit-
tance, affranchiflement & exemption il faflence, fouffrenc & laiffent lefdits
fupplians ioir & vfer pleinement & pailiblement, fans leur faire, mettre,
ou donner, ny fouffrir eftre fait, mis où donné ores ni pour le temps adue-
nir aucun trouble où empefchermenrt en corps ni en biens en aucune manie.
re; ainçois fi aucuns d'eux ou leurs biens eftoient pour ce pris, faifis, arref:
tez ou empefchez, les leur mettent ou Fiflent méttre cantoft & fans delay
,
DV ROY CHARLES VIIE jy;
à pleine deliurance, nonobftant que par nos Lettres, mandemens & com-
miflions pour mettre fus nofdites tailles 8 impofñts, foit expreflément man-
dé, d'y afleoir, & impofer routes manieres de gens exempts & non exempts,
priuilesiez & non priuilegiez, en quoy ne voulons lefdits fupplians eftre
Compris, ny entendus ,& quelques Ordonnances , mandemens ou défenfes
à ce contraires. En tefmoin de ce nous auons fait mettre noftre féel à cef-
dites Prefentes, au vidimus defquelles fair fous feel Royal, voulons foy
eftre adiouftée comme à ce prefent Original. Donné en ladite Ville de
Tioyes le dix : huitiefme iour de May, l’an de grace mil quatre cens quatre-
vingts-fix, & de noftre Regne le troifiefme., Er far le “= » Par le Roy, Mon-
fieur le Duc d’Orleans, les Comres de Clermont, de Brefle & de Vendof-
me, vous ,les Eucfques de Verdun , de Perigueux & de Montauban, le
Comte de la Roche grand Baftard de Bourgongne, le Seigneur de Gyé
Marefchal de France, les ficurs de Curton & de Grauille, de Pyennes, de
l'Ile , de Grimault, de Saint André, de Champeroux, du Pleffis Bourré Tre-
forier de France, Maiftre Iean de Saint Jean, Eftienne Pafcal, Charles des
Pofteaux & autres prefens. Ainf figné, Robimeau. Et féellé, ne
Relief d'adreffe à. le "Chambre des Comptes.
HarLes par la grace de Dieu Roy de France: A nos amez &
C feaix les Gens de nos Comptes à Paris, Salut & dileétion. Receuë
auons l’humble fupplication de nos chers & bien-amez les Bourgeois, Ma-
nans & Habitans de noîftre Ville & Cité de Troyes, Chef & Ville capi.
tale de noftre pays de Champagne, contenant que dés le 18. iour de May
l'an 1486. Nous eftanc en noftredite ville de Troyes, pour confiderarion
des bons, grands, louables & agreables feruices que lefdits Supplians &
“leurs Predecefleurs ont par cy- deuant faits à feus nos Drolceftones Roys
de France que Dieu pardoint, & des grandes charges, frais, mifes & def-
penfes par eux fupportées, tant pour le fair des Guerres & diuifions qui
ont eu cours en noftredit Royaume que és reparations, fortifications &
emparement de noftredite Ville, & en reconnoiffance aufli de l’humble,
gracieux & cordial recueïl qu'ils Nous firent en noftre premiere entrée en
icelle Ville, & autres caufes & confideratiens à ce Nous mouuans , Nous,
par l’aduis & déliberation de plufeurs des Princes & Seigneurs de noftre
Sang & lignage, & Gens de noftre Confeil, leur oëtroyafmes affranchifle.
ment & cxemption à toufours de toutes tailles & impofts qui deflors en
auant feroient mis fus de par Nous en noftredit Royaume, tant pour le fait
&c entretenement de nos Gens de Guerre, que autrement en quelque ma-
niere.que ce foit ; ainfi que plus amplement eft contenu en nos Lettres
Patentes fur ce oétroyées ,aufquelles ces Prefentes font attachées fous nofe
tre contreféel, au moyen defquelles & de‘lexpedition d’icelles fur ce faite
par nos amez & feaux les Generaux de nos Finances , lefdits Habitans
miioqh
L 43 6.
A Chinons36
Fénrier 1488
Supplians ont toufours depuis ledit temps iouy dudit affranchifflement, &
en iouïflent encores de prefent paifiblement: mais pour ce que icelles Let.
tres d’affranchiflement ne font fignées de noftre main , ne à vous adreffees
& expediées de vous comme faire fe doit, à caufe que ledit affranchifle.
ment eft fans prefixion de temps, ils doutent cy-apres eftre- troublez 8
empcfchez en la jouiflance de l'effet d’icelles, & à cette caufe Nous ont :
- fait humblement fupplier & requerir leur oétroyer fur ce nos Lettres &
prouifion conuenables. Pour quoy Nous confiderans les chofes qui nous
.meürent à faire ledit oétroy qui font iuftes & raifonnables, voulans lefdies
. Supplians entierement jouir de leurfdits affranchiffemens , & en ce &c au-
tres leurs affaires eftre fauorablement traitez comme gt êc. loyaux
Vu i
1 48 6.
16. Murs
1488.
\
524 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
Suiers, vous mandons & exprefflément enioignons que nofdites Lettres
d'affranchiflement & exemption cy-attachces, vous expediez & entheri-
niez, & du contenu en icelles faites, fouffriez & laiffiez lefdits Supplians
jouir & vfer pleinement & paifiblement, tout ainfi & par la forme & ma-
niere que fi elles eftoient fignées de noftredite main , & à vous adreflées
& expedices par vous ainfi que dit eft, & lefquelles en tant que meftier
eft ou feroir Nous auons quant à ce validées & auchorifées, validons &
auchorifons par cefdices Prefences que Nous auons pour ce fignées de nof
tre main. Car ainfi Nous plaift-il eftre fait , nonobftant que nofdites Lec-
tres d’affranchifflement & exemption ne foient fignées de noftredite main,
À vous adreflées ne expediées par vous comme dit eft , & aufli qu’elles
foient furannées, dont Nous auons lefdits Supplians releuez & releuons de
race fpeciale par cefdites Prefentes, & quelques ordonnances, reftri-
&ions , mandemens ou défenfes à ce contraires. Donné à Chinon le
vingt - fixiefme iour de Féurier, l’an de grace mil quatre cens quatre-vingts
& huit, & de noftre Regne le fixiefme. Signé, CHARLES. Par le Roy, Mef-
fieurs les Ducs d'Alençon & de Bourbon , le Comte de Montpenfier,
vous, les Sieurs d’Auaugour, de Curton, de Baudricourt, du Bouchaige,
de Grimault, Eftienne Pafcal, Philippe Vaudont, & autres prefens. Ainf
figné , Robineau.
Ovs les Gens des. Comptes du Roy noftre Sire à Paris: Veuës les
N deux Lettres Patentes du Roy noftredit Seigneur , attachées en-
femble fous fon contrefcel aufquelles ces Prefentes font attachées fous
l'un de nos fignets, obtenuës & à Nous prefentées de la part des Manans,
Habitans de la Ville & Cité de Troyes, par les premieres defquelles qui
fonc données audit lieu de Troyes le 18. iour de May 1486. & pour les
caufes dedans contenués il affranchit, quitte & exempte lefdits Manans &
Habitans, Corps & Communauté de ladite ville de Troyes de toutes tail-
les & impofts qui dorefnauant feront mis fus de par luy, tant pour le fait
& cntretenement de fes Gens de Guerre que autrement, en quelque ma-
niere que ce foit, fans qu’ils y foient ny puiflent eftre affis ny impofez,
ny contraints à en payer aucune chofe , & tout ainfi que font les autres
Villes & Cicez franches de ce Royaume; & par les fecondes, qui font don-
nées à Chinon le vingt-fixiefme iour de Féurier dernier, paffces & fignées de
fa main, il nous mande expedier lefdites premieres, nonobftant qu’elles ne
” foient fignces de fadite main, ny à Nous adreffantes, & aufli qu’elles foient
A Troyes en
Inin 1486.
furannces dont il les releue, comme plus amplement le contiennent lef-
dites Lettres : confentons l’enterinement dudit affranchifflement de tailles,
ur en iouïr par lefdits Manans & Habitans, Corps 8: Communauté de
dite Ville & Cité de Troyes , tant & ainf qu’il plaira au Roy noftredic
Scigneur. Donné à Paris le feiziefme iour de Mars, l'an mil quatre cens
quatre - vingts huit. Ainf figne , de Badoüiller.
Effabliffement en ls Ville de Troyes des Foires de Champagne cr de Brie,
qui efivient ordinairement tenuës en ls Ville de Lyon. |
C HARLES par la grace de Dieu Roy de France : Sçauoir faifons à
tous prefens & à venir comme chofe notoire, foit que ‘os Foires de
Champagne C° de Brie furent anciennement fondées, créées, inftituées &
eftablies par nos Prédeceffeurs, pour le bien, honneur, authorité, & pro-
fit commun de Nous, noftre Royaume, & plufieurs Pays & Nations ef-
tranges, & pour iceux remplir & garnir de toutes denrées & marchandi-
{es neceflaires, & à la fondation, creation & eftabliflement defdites Fol-
F À ds ni
LUTTER D NN EE, et Ne Tue
D NS ne RS CN
DV ROY CHARLES VIIL. s2$
res, & aux ordonnances, vfances, ftils, priuileges, contraintes &.couf: !
tumes d’icelles, fe accorderent, & confentirene plufieurs Princes, Barons
& Seigneurs, Chreftiens & Mécreans, en eux foumettans à Ia! Turifdiétion
d'icelles Foires, & y donnerent confentement & obeïflance, pour lefquel«
les chofes furent données & eftablis priuileges , franchifes &.libertez aux
Marchands frequentans:icelles Foires, & aufli aux Gardes y Chanceliers,
Officiers, Notaires & Sergens lurez eh icelles , afin que abondamment
Jefdits Marchands & marchandifes y. puflent venir de toutes parts & de
vous pays, & iceux Marchands eftre fecourus & aydez en leurs marchan-
difes & affaires , & défendus & gardez de violences & oppréflions paï
lefdits Officiers, defquelles Foires, qui fonc fix en nombre, en furent or:
données & eftablies deux en noftre Ville & Cité de Troyes, qui eft Chcf
& Ville Capitale d’iceluy Pays & Comté de Champagne , deux fois en
l'an, c’eft à fçauoir l’une d’icelles Foires, nommée la Boite chaude Saint
Jean de Troyes, qui eft liurée & toufiours commencée le Mardy d'aprés
la quinzaine de la Saint Iean -Baptifte; & fi ladite Fefte Saint Iean eft
au Mardy il y a trois femaines, & dure ladite Foire iufques à la Saint Mi-
chel en Septembre; & l’autre Foire eft nommée la froide Foire Saint Re
my de Troyes , qui eft liurée & commencée le lendemain de la Touf:
fainc, & dure iufques au lendemain de 1a Saint Anthoine: par le moyen
defquelles Foires qui fouloient le temps paflé eftre de grande valeur, re
uenus & profit à Nous & à toute la chofe publique de noftre Royaume;
noftredire ville de Troyes eftoit bien populée & habitée de plufieurs
grands, notables Marchands, & d’autres gens en grand nombre : mais
lefdites Foires ont efté mifes en non-chaloir & non frequentées dés long:
temps, tant pour les guerres & diuifions qui ont efté en noftredit Royau:
me, que pour ce que dés enuiron trente ans y a feu noftre tres- cher Seia
gneur & ayeul que Dieu abfolue, ottroya & eftablit en la ville de Lyon
trois Foires l'an ; & depuis feu nofître tres- cher Seigneur. & Pere que
Dieu pardoint y en adioufta vne, lefquelles quatre Foires ont encore efté
audit lieu de Lyon iufques peu de temps aprés le trefpas de noftredie
Seigneur & Pere, que par l’aduis & déliberation de plufeurs Seigneur$
de noftre Sang & Gens de noîftre Confeil, & pour le bien, profic & vris
lité de Nous & de noftredie Royaume nous les auons annullées & aboc
lies , & declaré qu’elles feroient tranflatées & eftablies en autres Villes
qui feroient aduifées plus proficables à Nous & à la chofe publique de
noftre Royaume, defquelles quatre Foires les deux ont efté depuis mifes
&c eftablies en noftre ville de Bourges. Et ayans efté aduertis & informez
que en cette noftredite ville de Troyes , les deux autres y feroient bien
affifes , & conuenables autant qu'en Ville de noftredit Royaume: pour
quoy Nous, ces chofes confiderées, & la bonne loyauté & vraye obeïflan-
ce que nos chers & bien-amez les Gens d’Eglife, Nobles, Bourgeois,
Manans & Habitans de noftredite ville de Troyes, & leurs Predeceffeurs
ont toufiours exhibez & gardez enuers nofdits Predecefleurs; & nous afin :
auf de fubuenir à la pauureté en quoy eft conftitué le peuple du plat-
pays de noftre Comté de Champagne, à caufe des grandes foules, per=
tes & dommages qu'il a fupporté durant lefdites guerres & diuifions, &
continuer nofdites anciennes Foires de Champagne & de Brie. Pour ces
caufes & autres plufieurs bien raifonnables à ce Nous mouuans, & par
l'aduis & déliberarion des Princes & Seigneurs de noftre Sang & Gens
de noftre Confeil eftant à l’entour de Nous, auons de noftre authorité
Royale, pleine puiffance & grace fpeciale, pour le bien, profit & vrilité
de Nous & de noftredit Royaume & des Pays voifins d’iceluy, conftitué,
erdonné & eftabli, conftituons , ordonnons & sans par ces Prefene
Vu ii]
486
.
Ë
5126 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
1 4 8 6. res en itelle noftre Ville & Cité de Troyes deux Foires par an perpetuel-
les & publiques, dont la premiere fera liurée le lendemain de l Apparition
de Noître- Seigneur , & aduancera audit iour prochainement venant, &
durera quinze iours ouuriers prochains enfuiuant; & la feconde, le fecond
jour du mois d’Aouft aufli prochainement venant, & durera autres quinze
‘ours ouuriers, & ainfi d’an en an confecutiuement, qui eft le temps où
cnuiron defdites deux Foires de Champagne & de Brie anciennement
eftablies en noftredite ville de Troyes. Et afin que tous Marchands tant
de noftre Royaume que d’autres Pays foient plus enclins de venir aufdi.
tes Foires, les continuer ; frequenter; & y amener, vendre & exploiter
leurs denrées & marchandifes, & y en achepter ou efchanger d’autres,
Nous icelles Foires auons declaré & declarons par cefdites Prefentes, fran-
ches & quittes pour ous Marchands, de quelfconques Pays & Nations
qu'ils foient, & pour toutes denrées & marchandifes qui viendront & fe.
çont amenées & conduites, & qui y entreront & y feront venduës & ef-
changées, ou autrement exploitées durant icelles Foires, de toutes char-
ges & droits quelfconques , tant de noftre Domaine, que des Aydes, im-
ofts , tailles , fubfides , impofitions , couftumes , maltotes , boifeaux,
rares hauts paflages, is de Royaume, vingtiefme Forain, & au
tres charges & cruës ordinaires & extraordinaires quelconques impofées
ou à impofer en quelque maniere que ce foit; & aufquelles Foires pour
ront aller & venir tous Marchands quelfconques tant de noftredit Royau.
me que d’autres Pays & Nations, & y amener, vendre, deftailler & exe
ploiter toutes denrées & marchandifes quelconques, franchement & quit-
tement, fans que durant lefdites Foires & chacunes d’icelles, & aufli du.
rant quinze iours aprés chacunes d’icelles Foires, lefdits Marchands, leur
or & argent monnoyé & à monnoyer, marchandifes, & autres leurs biens
foient ny puiflenc eftre pris, faifis, arreftez, ou aucunement empefchez
our marque, Contre-marque, ny autre occafion que ce foit. Et fi iefdits
archands ou aucun d’eux auoient delaiffé aucuns leurs biens & mar+
chandifes dedans noftredite Ville, ils les pourront faire vuider, & en dif.
pofer à leur plaifir, nonobftant que par aucunes guerres & diuifions qui
pourroient furuenir en noftredit Royaume, iceux Marchands fuflent des
pays à Nous contraires & defobeïflans, & fans aufi que aufdits Habitans
de Troyes ny autres quelfconques frequentans lefdites Foires en puiflené .
aucune chofe eftre imputée ny demandée, voulans & oétroyans en outre
que fi aucuns defdirs Marchands vont de vie à trefpas en allant, venant
& féiournant aufdites Foires, ou eux en retournant d’icelles, leurs enfans,
à heritiers leur fuccedent en tous leurs biens & marchandifes qui feront
en noftredit Royaume , tout ainfi que fi iceux Marchands & eux en.
æftoient natifs, fans que éfdits biens & marchandifes leur foit donné au«
cun deftourbier ouempefchement. Auons aufli ordonné & ordonnons que
Jefdites Foires, les Ofhciers d’icelles, & tous Marchands allans, venans,
demeurans, & féiournans en icelles foient priuilegiez de tous autres pri-
uileges & contraintes dont ont efté & font priuilegiez lefdites Foires. de
Champagne & de Brye, & lefdirs Marchands & Officiers fuiets & iufti-
Ciables touchant tous faits & aétions de Foire, & aufli routes autres per
fonnes qui durant le cours defdites Foires & de chacune d'icelles pour
toient faire ou commettre aucuns crimes & delits, du Garde & Chance-
Lier defdites Foires de Champagne & de Brye, & non d’autres en premiere
inftance, & ainfi que d’ancienneté ont efté felon les Ordonnances defdi-
tes anciennes Foires, & lefdits Officiers, Marchands , & toutes autres
sis allans & venans, retournans, demeurans & féiournans éfdites
Foires auec leurs valets, feruiceurs, & familiers, denrées, or, argent, mar
x «
qe mcm
em
DV ROY CHARLES VIII. 527
chandifes, & biens quelfconques qui feront amenez, vendus ou autre-
ment exploitez éfdites Foires, auons-pris & mis, prenons & mettons par
cefdites Prefentes en noftre fauuegarde, protection & feureté fpeciale &
conduite. Si donnons en mandement par cefdites Prefentes à nos amez &
feaux Gens de nos Comptes & Treloriers Generaux fur le fait de nos Fi-'
nances & de la Iluftice de nos Aydes à Paris, aux Preuofts de Paris, Bail.
lifs de Vermandois, d'Amiens , de Troyes, Sens, Berry, Montargis ,'
Chaumont, Vitry, Meaux , Mafcon , Chartres , Touraine, Saint Pierre
le Monftier, & des Montagnes d’Auuergne, Senefchaux de Lyon, Tho-
lofe, Carcaflonne, Beauquaire, Xaintonge , Poitou , Aniou, & du Mai-
ne, Garde & Chancelier defdites Foires de Champagne & de Brye, & à
gous nos autres Jufticiers & Officiers, ou à leurs Lieutenans ou Commis
prefens & à venir, & à chacun d’eux fi comme à luy appartiendra, que
nos prefentes conftiturions & ordonnances, eftabliflement, oétroys, con-
cefions, affranchiflement, priuilege, grace, & autres chofes deflufdites, ils
faflenc lire , crier & publier par tous les lieux notables de leurs lurifdi-
étions & ailleurs où il appartiendra, & dont requis feront, & d’iceux faf-
fenc, fouffrent & laiflent iouïr & vfer pleinement & paifiblement lefdits
Habitans de Troyes, & rous Marchands & autres allans, demeurans, fé-
journans, & retournans éfdites Foires, enfemble leur or, argent, denrées,
marchandifes,& autres biens quelfconques, fans leur faire, ne fouffrir eftre
fait aucun arreft, deftourbier ou empefchement au contraire; mais fi-faic
leur eftoic , les reparent & oftent, ou faffent reparer & ofter fans delay,
en contraignant ou faifant contraindre à ce faire, & fouffrir tous ceux qui
pour ce feront à contraindre reaulment & de faitcomme pour nos propres
affaires, nonobftant oppofitions , appellations , doleances & clameurs de
harro quelfconques faites ou à faire, pour lefquelles ne voulons y eftre au-
eunement differe, & en faifanc auili, ou faifant faire inhibitions & défenfes
de par Nous à tous Capitaines de Gens d'armes & de trait & autres, de
quelque eftat ou condition Le foient , & aufquels auffi defendons par
cefdites Prefences qu’ils ne faflent ni fouffrent eftre mis ou donné aucun
deftourbier ou empefchement en corps ni en biens en quelque maniere que
ce foit aufdiès Marchands, leurs faéteurs ou feruiteurs, & autres allans, ve-
nans, fiournans éfdiees foires & retournans d’icelles; maïs leur donnent
& faffent donner, pour eux, leurs marchandifes & biens quelconques, feu-
reté, conduite & viures à leurs defpens raifonnables, aide, ouuerture &
paflage par toutes leurs iurifdiétions & deftroits, & autrement les gardens
& conferuent , chacun endroit foy , & Île contenu en cefdites Prefentes
faffent fortir fon plein & entier effet felon fa forme & teneur, en puniflant
Jes tranfgrefleurs venans à l'enconere des chofes deflufdites, ou d’aucunes
d'icelles, comme infraéteurs de noftre fauuegarde, tellement que ce foie
cm
1498 6.
éxemple à tous, nonobftant comme deflus & quelconques ordonnances,
reftrinétions & défenfes à ce contraires, car ainfi nous plaift- il eftre fair.
Et afin que ce foi chofe ferme & ftable à toufiours , Nous auons figné cef-
dites Prefentes de noftre main , & à icelles fait merere noftre f6el, fauf en
autre chofe noftre droit, & l’autruy en toutes, voulans que au Fidimus d’i-
celles fait fous féel Royal pleine foy foit adiouftée comme à l’Original,
Donné Troyes au mois de luin, l'an de grace mil quatre cens quatre-
vingts-fix, 8& de noftre Régne le croificfme. Ainf figné, Charles: Et fur le
reply éftoit efcrit, Par le Roy, Monfieur le Duc d’Orleans, le Comte de
Clermont , Vous , les Sires de la Trimoïlle , dé Grauille, de Fifle & de
Grimaut, & autres prefens. Sign Robinean. Et au deflous dudic fécl eftoic
ccric, Fifa contentor. Signe F. Ferier É nus
C7 "
eee ces ee
1 48 6.
A Paris
26. Isis
Pi +5 Fe
8 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
Es Gens des Comptes & Treforiers du Roy noftre Sire à Paris. A tous
ceux qui ces prefentes Lettres verront, Salut. Comme de la partie des
_ Gens d’Eglife, Nobles, Bourgeois, Manans & Habitans de la Ville de
Troyes nous ayent pierà efté prefentées Lettres Pacentes du Roy noftredic
Seigneur en forme de Chartre, & fignées de fa main, données audit lieu de
Troyes au mois de Juin mil quatre cens quatre-vingts-fix, aufquelles ces
Eee at {ont attachces fous l’un de nos fignets , par lefquelles & pour les
caufes dedans contenués il ordonne & eftablit en ladite Ville & Cité de
Troyes deux foires par an perpetuelles & publiques, dont la premiere fera
so le lendemain de l’apparition noftre Seigneur , & durera quinze jours
ouuriers prochains enfuiuant; & la feconde, le fecond iour du mois d’Aouft,
& demeurera autres quinze tours ouuriers, qui cft le temps ou enuiron des
deux foires eftablies audit Troyes du nombre des fix foires anciennes de
Champagne & de Brie, lefquelles deux nouuelles foires il declare franches
& quittes de toutes chofes, & y fait plufeurs graces & o&roys, comme
plus à plein le contiennent lefdites Lettres, veuës lefquelles, nous en ayons
enuoyé la copie collationnée à l'original au Baïllif ou fon Lieutenanc, Pro-
cureur & Receueur ordinaire du Roy noftre Seigneur audit Troyes, & par
nos Lettres du 27. iour de Januier dernier aff , Cfcrites au deffous d'i-
celle copie, mande appeller les Efleus & Receueurs defdites Aydes en l’Ef-
leétion de Troyes, & communiquer enfemble fur chacuns des points de-
dans contenus, & fur l’incercft du Roy noftredit Seigneur, tant en fon
Domaine que en fes Aydes & autrement, & aufli fur le profit ou domma-
ge de la chofe publique, & generalement fur tout ce qui fait à confiderer
en tette partie , & le tout Nous renuoyer auec les aduis fur ce d’eux &
defdits Efleus & Receueurs fur le fair defdites Aydes, en leurs confcien-
ces & loyautez, Samir faifons que, veu le procez verbal fur ce fait par eux
& à Nous envoyé auec leurfdits aduis, & fur tout eué bonne & meure dé-
liberation, Nous confentons l’eftabliflement defdites deux Foires nouuel-
les audit lieu de Troyes, & l’ufage defdites graces, oétroys 8 exemptions
d’icelles , ainfi qu'il s'enfuit. Premierement , qu'elles foient franches du
droit des deux anciennes Foires qui font affermées enfemble par commu-
nes années enuiron fepc vingt liures tournois , en ce compris vingt-cinq li.
ures dix fols ou enuiron que le Roy noftredit Seigneur prend chacun an
fur certaines maifons & eftaux qui doiuent ladite fomme , que les Fermiers
ont accouftumé leuer durant lefdites anciennes Foires ,pourueü que lefdics
impetrans, pour l'intereft du Roy, & la diminution qui en peut aduenir à
fon Domaine , feront tenus payer à fa recepte ordinaire dudit Troyes la
{omme de dix liures tournois à la fin de chacune defdites Foires, tant
qu’elles auront cours, rem, qu’elles foient franches des impofitions & du
vingtiecfme du vin vendu en gros accouftumé eftre leué durant douze
jours ou enuiron qui font hors & outre le cours de la Foire Saint Remy,
l'vne defdites deux anciennes Foires, durant lefquelles deux anciennes
Foires lefdits impetrans en font francs d’anciennete, & laquelle exemption
defdits douze jours ou enuiron, durera tant que lefdites nouuelles Foires
auront cours, & non autrement; & au regard des droits des haults pañlages
& de l'impoftion foraine , ils fe leueront & receuront ainfi qu’il eft ac-
couftumé: mais s’il aduient que les Marchands qui auront amené ancien-.
nes denrées & marchandifes éfdites deux nouuelles Foires, ne les y puif..
fent vendre, & les veulent, ou partie d'icelles ramener és lieux ou ils les.
auront chargées, en ce cas faire le pourtont fans payer aucune chofe def.
dits droits, pourueû que ce foit fans fraude ny abus, fur peine de confif.
cation defdites denrées & marchandifes, Jtem, confentons que tous Mar-
chands
DV ROY CHARLES VIIE 529
chands ,tant de ce Royaume que d’autres Pays & Nations, puiffent aller & 1: 48 6.
venir aufdites Foires, & y amener, vendre & deftaller toutes denrées &
marchandifes quellefconques , franchement & quittement ,ainfi que cy-de-
uant eft declare, fans que durant lefdites Foires & chacunes d'icelles, &
auffi durant quinze iours deuant 8 autres quinze jours aprés, icelles, eux
leur or , argent , monnoyé & à monnoyer, marchandifes, & autres leurs
biens, foient, ny puiflent eftre prins,ny aucunement empefchez pour mar-
ue, contrematque, ny autre occafñon que ce foir, à la referue routefois
5 ph obligations faites en Foires, dont ils feront contraints par le Chance
lier & Garde defdites Foires anciennes : mais au regard des autres obliga-
tions faites hors Foires, ils ne feront point contraints, finon qu'ils aycné
exprefflément promis payer aufdites Foires, & s’en fera la contrainte en ce
cas par l’'Ordonnance dudir Chancelier & Garde. rem, confentons que
lefdits Marchands puiflent vuider leurs marchandifes qu’ils auront laifées
en ladite-ville de Troyes, & en difpofer à leur plaifir, nonobftanc que par
aucune guerre qui pourroit furuenir en ce Royaume, lefdits Marchands
fuffent des pays contraires & defobciffans au Roy noftredit Seigneur, fans
que aufdits Manans & Habitans de Troyes, ny autres frequenrans lefdites
Foires, en puifle aucune chofe eftre imputée ny demandée. 1m, confen-
torts que fi aucuns defdirs Marchands, foic en allant, venant, & féiournant,
vont de vie à trefpas , leurs enfans & heritiers leur fuccedent en tous
Jeurs biens & marchandifes qui feront en ce Royaume,tout ainfi que fi lef:
dits Marchands & leurfdits enfans en eftoient natifs, fans que éfdits biens
& marchandifes leur foit donné aucun deftourbier ou. empefchement,
1tem, touchant la Iurifdiétion defdites Foires, ledit Chancdier & Garde
Pexercera, ainf qu’il a fait par cy-deuanc durant lefdices anciennes Foires :
& pour décider des differends qui pourroient aduenir entre lefdits Mar-
chands, il appellera les Officiers du Roy audit lieu de Troyes, & deux
notables Marchands experts & connoiflans és marchandifes dont il fera
queftion, & mefme és matieres qui {crong de grande importance, rem,
& s’il aduient que dudit Garde ou Chancelier foit interietté appel, il fe
décidera en cette ville de Paris par deux de Nous, & deux Confeillers de
la Cour de Parlement. ztem, lefdits Officiers , Marchands, & toutes autres
pcrionnes, allans, venans & retournans, demeurans & féiournans éfdites
Foires auec leurs valets, feruiteurs & familiers, denrées, or, argent, mar-
chandifes & biens quelfconques qui feront amenées ,vendués & exploitées
éfdites Foires, feront & demeureront en la fauuegarde , protetion, feu-
reté & conduite du Roy noftredit Seigneur. 1#w, quant au Greffe def-
dites deux nouuelles Foires, il fera baïllé À ferme de deux ans en deux
ans par lefdics Receueurs ordinaires de Troyes, appellez auec ce les Ofi-
ciers du Roy noftredit Seigneur illec., comme les autres fermes de fa re-
_ cepte au plus offrant, à homme fuffifant & idoine, deuément plége & caw
tionné,& qui fera ferment de bien & loÿaument l'exercer. rem, les Noraii
fes defdites Foires qui à prefent font, exerceront:& receuront durant leurs
temps les Gontraëts éfdires Foires, &à l’iflué de chacune d'icelles baïlle-
ront audit Receueur ordinaire la declaration de tout ce qu'ils auront fait
durant icelles, pour en faire le compte auec le Garde & Chanceliér def
dites Foires qui reçoit Fémolument du feel, lequel Garde & Chancelier
fera tenu de bailler à la fin de chacune année Les fingulieres parties par
roole, de tout ce qu’il aura receu de l’émolument dudit féel audit Rece-
ueur ofdinaire, tant defdites deux Foires de Troyes que de celles de Pro-
uins, Lagny fur Marne, & Bar- fur - Aube, ainfi que d'ancienneté a efté
ait, tem, & quant aux Sergens-defdites Foites , ils feront au nombre ac:
couftumé , inftituez par ledit Garde & Chancelier , és mains duquel! ils
XX x
148 6.
Æ Troyes 25.
May 1486.
go OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
promettronc & iureront exercer bien & loyaument leurs Offices, & paye-
ront le droit de renouation ainfi qu’ils doiuent, & que faic a efté le cemps
paflé, Si donnons en mandement audit Baillif ou fon Lieutenant, Procu-
reur & Receueur ordinaire 'Efleu & Receueur fur le fait defdites Aydes à
Troyes, & à tous autres lufticiers & Officiers du Roy noftredit Seigneur,
ou à leurs Lieutenans prefens & à venir, & chacuns d’eux endroit foy,
ue du contenu éfdites Lertres de Chartres , ils faflent , fouffrent & kaf-
nc lefdics Gens d’Eglife, Nobles, Bourgeois , Manans & Habitans de
Troyes, & tous autres qu’il appartiendra, jouir & vfer pleinement & pai-
fiblement felon la forme & ceneur de nofître prefent confencement. Donné
à Paris le feiziefme iout de Iuin l'an mil quatre cens quatre-vingts & fept.
Ainf figné , 4. Debadoüillier.
Tiré des Regiffres de la Chambre des Comptes.
Lettres du Roy Charles VIII. par lefquelles main-leuée ef} donnée
à Claude de Doyac, en confequence du ferment de fidelité par luy
prefté an Roy à caufe de l'Euefché de Saint Flour.
HaRLes par la grace de Dieu Roy de France: C4 nos amex G feiux
C Confeillers les Gens tenans noftre Cour de Parlement, Gens de nos
Comptes & Confeillers à Paris , aux Baillifs des Montagnes d'Auuergne
& de Montferrand, Procureurs & Receueurs éfdits Bailliages, ou à leurs
Lieutenans , Salut @ dileétion. Noïtre amé G feal Confeiller Claude de Doyac,
nous a fait dire & remonftrer que dés pieçà s’eft meu procez en noftredite
Cour entre ledit expofant efleu Euefque de l’Euefché de Saint Flour, par
les Chanoines & Chapitre de l’Eglifc dudit lieu d’vne part , & noftre amé
&c féal Me Charles de Ioyeufe, foy-difant aufli Euefque dudit Euefché de
Saint.Flour d'autre part, pour raifon dudit Euefché , auquel procez tant a.
efté procedé entre lefdices parties , que par Arreft & appointement de:
oftredire Cour , ledit Euefché 2 efté adiugé audit expofant pour en iouïr
& ver ,enfemble de tous & chacuns les fruits, profits , reuenus & émolu-
mens à iceluy appartenans, tant du temporel que du fpirituel, pendant le-
dit procez, par maniere de prouifion, & fans preiudice du droit defdites
parties au principal , en Nous faifant toutesfois le ferment de fidelicé à
Nous deù pour raifon de la temporalité dudit Euefché, pour lequel faire
luy a efté enioint de par noftredite Cour en faire la diligence enuers
Nous; en obtemperant auquel Arreft & appointement ledit expofant eft'
yenu deuers Nous, & nous a humblement fupplié & requis que le voulfif-
fions receuoir audit ferment de fidelité en fuiuant ledit Arreft, & fur ce
luy impartir noftre grace. Srawoir vows faifons que noftredir Confciller
Claude de Doyac expofant, Nous a auiourd’huy fait en perfonne le fer-
ment de fidelité qu’il nous eft tenu de faire à caufe de la cemporalité du-
dit Euefché de Saint Flour , auquel nous l’auons receu, fauf noftre droic &
l'autruy, & fans préiudice du droit defdices parties. Si vous mandons &
enioignons, & à chacun de vous, fi comme à luy appartiendra, que par de-
faut dudit ferment de fidelité à Nous non fait, vous ne faites, ou donniez,
& fouffriez eftre fait; mis ou donné à noftredic Confeiller expofant ; au-
cun trouble ou empefchement au contraire , ainçois fi le temporel dudic
Euefché eftoit pour ce prins, faiff, € arreffé, où empefché, le luy mettez
ou faites mettre fans delay à pleine deliurance, & au premier eftar & deü,
pourueu que ledit expofant nous fera & payera les autres droits & deuoirs,
fi aucuns Nous en font pour ce deüs, & fi faits & payez ne les a. Donné
à Troyes le vingt-huitiefme iour de May, l’an de grace mil quatre cens
DV ROY CHARLES VIII ss
quatre-vingts - fix, & de noftre 1 2 le croifiefme, Sic fenatum, Par le
Roy, l'Euefque de Montauban, le fieur de Grauille, M. Iean Darly * Con:
feffeur, Maiftre Eftienne Pafcal Maiftre des Requeftes de l'Hoftel, & au:
tres prefens, Damont. Et in der/o eff fériptum : Regiffrata in Guria Parlamenti
ex ordinationc ipfius 2. Iunii. Sic gr Chartellier.
L'on peur voir dans les Regiftres du Parlement plufieurs Arrefts, par
lefquels il a efté fait main - leuée du temporel des Euefques , à caufe du
ferment de fidelité par eux prefté : il s’en trouue deux inferez parmy les
preuues des Libertez de l’Eglife Gallicane chapitre 16. léfquels font donnez
fous le regne de Charles V III. Par le premier, qui eft du 26. Féurier 1493.
la Cour fait main - leuée du temporel de l’Euéfché de Chartres à Meñire
René d’Illiers, lequel à la verité n’auoit pas prefté le ferment de fidelité,
mais qui s’eftoit mis en eftac, & auoit fait plufeurs diligences pour cela:
c’eft pourquoy la main - leuée luy eft donnée , à la charge de faire le fer-
ment de fidelité quand il plaira au Roy l’y receuoir; & par le fecond, du
13. Auril 1496. il eft dit que les Euefques doiuent faire le ferment de f-
delité en perfonne:ce qui marque que ce n'eft pas une fi grande nouueau-
té que quelques-uns ont entrepris de le dire dans ces derniers temps.
Infiruétion à Monfcigneur le Comte de Vendofme, que le Roy enuoyé
deners Monfeigneur le Duc de Bourbon, @r en Je compagnie Gau-
tier Defcars Senefthal de Perigord, de ce qu'ils auront 4 dire & mondit
Seigneur de Bourbon. |
DD RemMiEREMENT, aprés la prefentation des Lettres & Salutations
requifes & accouftumées, dira à Monfeigneur de Bourbon que le Roy
a receu. fes bonnes Lettres, par lefquelles il luy déclare fon bon vouloir
qu'il a à luy faire feruice au bien de luy & de fon Royaume, en luy don-
nant confeil & aduertiflement de la maniere qu’on peut tenir à mettre fus
les deniers pour l’entretenement de huit ou dix millé hommes. pour la dé-
fenfc de fon Royaume, & autres bons confcils & aduertiflemens qu'il luÿ
donne par fefdites Lettres dont le Roy le remercie.
Er pour la grande & finguliere amour, dilcétion & confiance que le Roy
a à luy, & le cient de fes plus grands, finguliers & fpeciaux parens & amis,
il luy a toufiours voulu.& veut communiquer de fes plus grandes affaires
& hauts faits de fon Royaume, pour par luy & fon bon confeil fe con«
duire & gouuerner. . L |
Et comme nagucres eft aduenu que aprés les traitez de paix & alliances
faites & paflées entre le feu Roy que Dieu abfoille, le Roy qui à prefenr
cft, & le Roy des Romains, & le Duc Philippes fon fils Comte de Flan-
dres, ont promis & iuré par foy & ferment, & fur l’honneur defdits Sei-
gneurs de les entretenir pour eux, leurs Suiets & Eftacs de leurs pays, ainft
que bien fçait mondit Seigneur de Bourbon, . |
Et iaçoit que le Roy dernicremenñt eftanc à Melun, ledit Roy des Ro:
1 48 6.
*AL. de Rely:
A Troyei
le ro. Iuih
1486
mains, quand:il voulut aller en Allemagne, enuoya fon Efchançon Philip:,
pe de Halle par - deuets luy , par qui luy efcriuit , en le priant & reque-
rant qu'il vaulfft pour luy & fes Suiers entretenir & faire garder & ob
feruer lefdits traitez de’paix & alliance,en luy offrant & promettant que de
fa part il les entretiendroit & feroit entretenir poûr luy, fes Suiers & les
Eftacs de fefdits pays fans les enfraindre, dont lé Roy n'eut oncques vo-
lonté de faire le contraire, & cres- volontiers le luy accorda, defirant la
par autant ou plus que luy, & entretenir l'amour: & l'alliance prinfe auec
edit Roy des Romains, -8c a coulours ledit Roy-diffgré tant qui luy a efté
| | X Xxi}
-
.148 6.
32 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
poflible de faire cheuaucher fes gens-d’armes, & de mettre gens fus pour le
fingulier defir qu’il auoit de non greuer fon peuple, & pour le bien & fou-
lagement d’iccluy, & aufli qu’il ne vouloit pour rien que de fa parc fuft pre-
mierement aucune guerre commencée,
Mais ce nonobftant, depuis nagueres ledit Roy des Romains a bien monf-
tré & donné à chacun à connoiftre que ce qu’il en faifoit n’eftoit que diffi-
mulation pour couurir & celer fon encreprife & mauuaife volonté qu’il auoit
confpiré contre le Roy & fondit Royaume, & que cependant qu’il alloit
en fon voyage en Allemagne, le Roy ne penfa à luy donner ni faire chofe
contraire à fon intention. |
Et depuis que ledit Roy des Romains eft retourné de fondit voyage, il
a fait tenir au Roy paroles de iournée amiable, & que gens d’vne part &
d'autre fe trouuaffenc enfemble pour traiter & appointer des queftions &
differends qui pouuoient eftre entre eux : à quoy le Roy entendoit tres
volontiers, & le defiroit pour toufours fuyr la guerre qu’il a commencée,
& fe mettre entierement en tout deuoair & voye de querir paix.
Mais cependant que le Roy entendoit de bonne foy au bien de paix, le-
dit Roy des Romains , fans aucunement en aduertir le Roy, & au defceu
d’iceluy venant contre fefdits foy , hommage & promefle, & aufli contre
les anciennes alliances , firmées par cenfures & contraintes Ecclefaftiques
eftans entre les Roys de France & des Romains, a par emblée & fur-
prife, prins ou fait prendre fur le Roy les Villes & Chaftel de Mortaigne
& Cite de Therouënné qui font du propre ancien heritage & domaine de
la Couronne de France; & continuant cn fa mauuaife volonté , le Roy a
efte aduerti que ledit Roy des Romains fait d’autres entreprifes au Roy &
à fon Royaume tres-dommageables & preiudiciables, & pour les mettre à
execution aflemble armée ,& met fus gens, & quiert alliances de Princes &
Seigneurs, s'efforce d’auoir fecretes intelligences à Nobles & à Villes de
ce Royaume pour entrer en iceluy, enuahir villes, chafteaux & pays, fur
Ilefquels il a proietté fon entreprife. | | |
Mondit Seigneur de Bowbon f{çait que pour l’entretenement de la paix,
& alliance, accompliflement & fermeté d’iceluy, luy & plufieurs Princes &
Seigneurs, Eftats des pays & bonnes Villes de ce Royaume, ont baillé leurs
promefles & féellez, & font eux & les leurs obligez à la conferuation &
entretenement defdits traicez , lefquels le Roy de fa part a toufiours vou:
lu , veut & defire encore entretenir, & par luy ny de fa part n’eft venu &
ac viendra rapture. ce ou
Et pour obuier aux entreprifes dudit Roy des Romains fes adherans &
ennemis du Roy, à fait eftablir & affcoir en fes frontieres gens cant de
cheual que de pied , & ainf eft au nombre que mondic Seigneur de Bour:
bon pourra voir par le papier que le Roy luy ennoye, & par ce pourra mon:
dit Seigneur de Bourbon reconnoiftre que la necrffxé quele Roy 2 de met.
tre fus gens de pied en plus grand nombre qu’il ne fait, & pour cetre heu:
re entre lefdits dix mille hommes dont monñdit Seigneur de Bourbon a
par fefdites Lettres donné confeil au Roy, ledit Seigneur n’en a:mis par
tout fon Royaume que deux mille dauanrage, qui fonc en fomme tou
douze mille hommes de pied. Bien eft vray que le Roy, pour fubuenir aux
affaires de fon Royaume, prend fix mille Suifles qu'il fera payer à fes coufts
& defpens , & aufquels il fera cenir bon ordre & police de payer, en
maniere que le peuple n'aura par eux aucune foule ni charge. .. |
Mondit Seigneur de Bourbon entendra clairement que ces matieres &
affaires font des plus grandes qui pêuuent furuenir au Royaume, & pour ta
finguliere amour & confiance que le Roy a à mondie Seigneur de Bour-
bon, & pour les fens & experience qu'il fçaic eftce en mondic Seigneur de
DV ROoY CHARLES VIEIL fi ——
Bourbon , le Roy defire qu'il foit auee y pour fe conduire & gouuerner. | 486:
| par luy & par fon auis & confeil. n:
Et luy prie & requiert le Roy pour tres-grand & fingulier plaifir & fer-
uice à luy cres-agreable, & à fondir Royaume tres-profitable & neceflaire,
"it s’en veuille venir par-deuers luy pour ke feruir, accompagner & con-
Ghiller cn fes affaires : en quoy faifant il luy fera & au Royaume feruice,.
que le Roy aura a roufiours en memoire & fouuenance, | L
Et cependant que mondit Seigneur de Bourbon ne peut fitoft & prefte.
menx venir, le Roy luy prie que en route diligence il faffe marcher fa com::
pagnie, & l’enuoye pour accompagner le Roy: car il conuient au Roy ap-
procher la lifiere & pays de fronticre, & pouruoir & fecourir aux villes &
pays frontoyens de Picardie, Champagne, Bourgangne, & autres, ainf que:
mondit Seigneur pourra voir par ledit papier qu’on luy enuoye, s’il eft necefi.
faire faire cheuaucher les me <r. des Ordonnances, & les eftablir pour
pouruoir promptement aux a aires qui d'heure en autre peuuent furuenir.
Prie aufli le Roy mondit Seigneur de Bourbon qu'il faffe diligenter en.
fes pays, à mettre fus les deniers ordonnez eftre leuez felon les commif:
frons enuoyées par le Roy, & au furplus qu'il veuille monftrer brieuement
& par effer le bon vouloir & affeétion qu'il a au feruice, bien & honneur
du Roy & de fa Couronne, dont le Roy a en mondit Seigneur de Bour-
bon fa orale & parfaite fiance. | |
Et en enfuiuant le bon confeil que mondit Seigneur de Bourbon don-
ne au Roy par fefdires Lettres de bien craiter les grands, bons & notables:
perfonnages de fon Rayaume, ledit Scigneur l’a toufiours fait iufques icy,
& encore pour l’aduenir eft en vouloir & propos le faire; & quant aux:
Seigneurs, ils le font autant ou plus que furent oncques leurs predeceffeurs,
& en bien feruant le Roy, il les traitera de bien en mieux par le bon con-'
feil de mondit Seigneur de Bourbon, en maniere qu'ils s'en deuront con-
tenter. Fait à Troyes le dixiefme iour de luin milquatre cens quatre-vingtss
fix. Signé, CHarLes. Et foufligné, Damont, a
Pris fur l'Original.
Teflament de René 11. Duc de Lorraine.
| N vom De Disv, AMEN. Sachent tous que tres-haut, tres:excel-:ar. 14/68
| L lent, & cres-puiffant Prince noftre tresedouté & Souuerain Selgneur'*#* 6
| Monfeigheur René Dwc de Lorraine, de Bar C* de Calabre, Mavqué du Pour,
Comte de Prosence ; de Vaudemont @: de Harcour, Ge. Confderant que com-
| me pour l'entreprife de la conquefte du Royaume de Sicile fon vray heri-
| tage maternel, à laquelle il s’eft difpofé & prerend s’acheminer .& tranf-
porter À nine ae hors de fes pays de Lorraine &c de Barrois, il ait à
| s'expofer en plufeurs dangereux perils, tant par mer, comine par terre,
en l’exécution d'icelle. Afin donc qu'il ne foit preuenu de more, fçachane
qu’il n’eft chofe fi certaine comme d’vne fois moërir, ny moins certaine
que l'heure qu'il conuient crefpafler de ce monde, puis qu’il eft en fon
bon fens, memoire & entendement, il a fait fon Teftament, Ordonnance
& derniere volonté en la maniere qui s'enfuit, " . ." ." |
Premier; Mondit Seigneur dés maintenant, & pour lors qu’il plaira à
Dieu Fappeller de ce monde, luy-recommande fon ame ; implorant deuo-
tement l’interceflion de la glorieufe Vierge Marie, de Monfieur Saine Mi:
chel Archange, de tous Saints & Saintes de Paradis, afin que par leuts me:
rites Dieu noître Seigneur l'appelle eh fon Saint Royaume de Paradis...
tem; S' deccde eh quelque lieu deçà les Monts, il veut que fon corps
foit ramenc en fa Ville de Nancy , pour cftre inhumé en l’Eglife de Mon-
| XX x ii
148 6.
{
# C'ef à dire
gerdenoble—
54 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
fieur Saint Georges auec Mefleigneurs fes prédecefleurs Ducs de Lorrai-
ne; & s’il trefpaffe de là, qu’il foit inhumé en l’'Eglife principale du lieu où
le cas aduiendra. | 0
Item , Il veut & ordonne que toutes fes dettes foyent payées, & fes torts
faits amandez,où que fes .exécureurs cy-deflous nommez connoiftront qu'il
y foit tenu. |
Item, Il veut & ordonne que tous fes feruiteurs, de quelque eftat qu'ils
foient, tant Nobles comme autres, foient bien payez & contentez de cout
le cemps qu'ils l’auront feruy, ainfi que raifon eft, & que tous fes Ofh-
ciers demeurent chafcun en fon Office, fes vies durant, s'ils ne forfont.
Item , Si cas aduenoit que noftre tres-redoutée & Souucraine Dame Ma-
dame Philippe de Gueldres, Duchefle, &cc. fa femme & efpoufe le furuiuoir,
il veut qu’elle ait & tienne par maniere de Douaire, toute fa vie durant, le
Comté de Vaudemont auec toutes fes appartenances, tant en titres com-
me en profits, enfemble la Ville, Place, Terre & Seigneurie d’Amuille,
à la charge de quatre mille liures de rente; & fi lefdits Comté & Seigneu-
‘rie d’Amuille ne les valoient, il veut & entend que ce qui en reftera fe paye
des plus clairs deniers de fon Duché de Lorraine, lequel il a pour ce hipote-
que & obligé à madire Dame. Auec ce il veut que madite Dame ait & ücn-
ne toute fa vie durant le Marquifat du Pont auec toutes fes appartenances
en toutes iurifdiétions , profits & émolumens, pour & en récompenfe de la
Seigneurie de Vannes, laquelle en faifant le traité de mariage d’eux, il luy
auoit sa A fa vie durant, le cout felon le contenu des Lettres de l’affi-
gnation dudit Douaire fur ce faites dernierement par mondit Seigneur,
lcfquelles il veut fortir leur plein effet.
Item, ]] entend, veut & declare que l'enfant, foic fils, ou fille, dont
noftredice Souueraine Dame fe deliurera brief au plaifir de Dieu , foit &
demeure audit cas fon heritier vniuerfel en-toutes fes Terres & Seigneu-
ties , tant deçà les monts que par de-là, & que noftredite Souueraine Da-
me , tant qu'elle fe tiendra en eftat de veuuage, ait le Bail, gouuernementc
& mainbournie * d’iceluy auec deux des hauts hommes defdires Duchez
de Lorraine & de Barrois, qui feront pource efleus & commis par les
Eftats d’iceux, CS — |
Item, Audit cas mondit Seigneur ordonne & veut que ledit enfant ou
_ autre fon heritier qui fuccedera éfdites Duchez, foit cenu de bien-& hau-
_‘fement pouruoir en eftat de mariage, nos tres-redoutées Damoifelles Mar-
guerite & Yoland fes fœurs, & qu'il leur baille & afligne mariage, ou, s’il
eft requis, partage tel qu'il appartient felon le droit & couftume def-
dits pays. RUE |
Item , Pour ce que feué la Reyne de Sicile fa Mere que Dieu abfoille, &
mondit Seigneur ont pieçä, viuant ladite Dame & Reyne, propofe & deliberé
faire vne Chapelle en l'Eglife de Monfieur Sainc George dudit Nancy, à la
charge d'yne haute Mefle & d’vne baffle chacun iour, qui fe diroient alcer-
natiuement, l’vne baffe & l’autre haute, de l’Annonciation Noftre-Dame &.
de la Magdeleine, mondit Seigneur qui defire ladite Chapelle eftre faire,
conftruité & douée, veut, que s’il eftoit preuenu de mort auant la fonda-
tion d’icelle, que ladite Chapelle foit en ladite Eglife de Saint George,
faite, douée & pourueuë de rentes fuffifantes ainfi qu'il appartient pour cel.
Jes Chapellcnies fonder, & parcillement que l'Hofpital de Ioinuille {oit
pourueu de ce qu’il en defaur, ainfi que feu Monfeigneur 4 Comte Ferry
pere de mondit Seigneur l’a voulu & ordonné de fon viuant. |
Item , Mondit Scigneur veur, eflit & nomme pour executeurs de fou pre-
fent teftament noffredite Souueraine Dame , enfemble le K. P. en Dieu M.
Ph. Guillaume de Haraucours Eucfque de Verdun, Meflire Philippes de Lisan-
LE.
DV ROY CHARLES VIII 35
ges Bailly d’Alemagne, Mefle ofœuals Comte de Tirftein fon Marefchal,
& Mcflire Thomas de Paffenhouen Cheualier, Senefchal de Lorraine, & au
/
1486.
rechainge * ou defaut de l’un d’eux qui ne voudroit ou pourroit prendre le + A1. refw.
faix & charge de certe execution autres en leurs lieux feront nommez &
dépurez par les Gens de fon Confeil.
:_ En tefmoin de ce mondit Seigneur le Duc 2 figné les articles prefens.
de fa main 4 21. iour de luillet 1486. \efquels il a mis par maniere de
notte és mains de fon Secretaire & Tabellion Iuré 1Zohannes Lud , voulant
que les Lettres en foient faites en forme au Didié des Saiges fous le ftile
du Tabellionnage de fa Cour de Nancey, par la ftipulation qu'il en a faire
cn fa main. Signé, René. |
Ce prefent Teftament a efté leu & publié pardeuant & en la prefence de
mondit Seigneur le Duc, de fon ordonnance & commandement, prefens
Reuerend Pere en Dieu, nobles & honnorables Seigneurs Méikre Mc
Jean de Lamballe, Prothonotaire du Saint Siege Apofñtolique, & Comman-
dateur du Prioré Noftre- Dame de Nancey, Meflire Philippes Comte de Li.
sanges, & de Dagfparg, Bailly d’Alemagne, Meflire Ofwuals Comte de Tirf-
sein , Marefchal de Lorraine, Meflire Thomas de Paffenbouen, Cheualier, Se-
nefchal de Lorraine, Philbert de Laigue , Seigneur d'Oraifon, Senefchal de
Barrois, Meflire Harduin de la laille, Mefire 1ean Vuiffle de Gerbeuillier, Che-
ualier, Bailly de Nancey, & Maiïftre Jacques Meruaut, Procureur Général de
Lorraine, tefmoins à ce appellez, lan & iour deflufdits. Ainf figné, 10. Lud.
auec paraphe.
* Lettre du Roy aw fuiet de la Nomination du Duc de Lorraine à P Office
de Grand Chambellan. |
DE PAR LE ROT.
Os amez & feaux, Nous auons pieçà retenu noftre tres-cher & tres-
| amé coufin le Duc de Lorraine en l'Office de Grand Chambellan,
aux gages & préeminences qui y appartiennent, & pour ce que noftre vou-
loir eft qu'il en iouïffe entierement, vous mandons & ordonnons expreflé-
ment que à noftredit coufin, ou à fes gens & commis vous bailliez par
declaration tout ce que pa le paflé les Grands Chambellans de France ont
accouftumé auoir, tant de gages, prééminences, que autrement, à caufe du-
dit Office, & n’y faites. aucuns refus ou delay. Donné à Senlis le feptiefme
jour d’'Aouft. Signé , CHARLES. Et plus bas, Damonr. Et au dos: C4 n0s
amez, Gr féaux les Gens de noffre Chambre des Comptes à Paré. Apporté le 8.
Aouft 1486. | _
: Pris fur l'Original. :
Lettre de l'Archeuefque de Vienne à Monfieur de Langeac, au fuiet des
affaires de Naples »s © de la paix entre le Pape ©
| de Roy Dom Ferrand.
Ox tres-cher Seigneur & bon amy, À vous de tres-bon cœur me
recommande. le ne doute point que vous n'ayez bien entendu la
paix auoir efté faire entre noftre Saint Pere le Pape & voftre parent & affin *
Le Roy de Naples. Mais pource ” par auenture n'eftes pas aduerty des
moyens par lefquels ils fonc condefcendus à faire & traiter ladite paix,ie les
vous ay voulu efcrire & fommairement raconter, Depuis que vous efcriuis
vne Lertre à laquelle vous cres-fagement me fiftes refponfe, aduint que
7. Aoùff 1486,
8. Septembre
1486.
* Al. adié,
nm. Un Not 0e SOUSSE DUR SP — mm
1486.
536 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
Monficur le Prince de Tarente voftre frere luy eftant en Calabre, à l'encontre
du Prince de Bifignan en champ de bataille deuers l'Ifle de Sicile, vin-
drenc quatre cens hommes d'armes armez de legeres armeures au fecours
dudit Monfieur le Prince, & les autres pafloient continuellement le Far.
Etce voyant,ledit Prince de Tarente, d'vn tres-canftanc & vaillant courage,
afaillit le Prince de Bifignan, qui tres-vilainement luy tourna le dos, &
s'enfuit: à caufe de cette viétoire,a eu beaucoup de Chafteaux & Places du
Prince de Bifignan, ledit Prince de Tarente. Cependant le Prince de Ca:
poué voftre neueu afliegeoit la place de Saint Seuerin, qui eft à quatre lieuës
de Salerne, dont fe renomment les Princes de Salerne, Bifignan & vous au.
tres de cette maifon, laquelle place promit par appointement fair & oftages
baillez, de eux donner au Roy Ferrand, fi dans huic iours elle n’auoit fe-
cours : dont quand il vint au huitiefme, le Prince de Salerne accompagné
des gens d’armes de l’Eglife, defquels eftoit Capitaine le frere de Mon-
fieur le Cardinal Sanéfi Petri ad Vincula, & aufh des gens des Geneuois,
defquels eftoit Capitaine Meflire Auguftin de Campo Frezofo, auec encore
vne autre grande multitude de gens à pied, & vindrent en bataille contre
ledit Prince de Capouëé: tellement que quand vins que l’on batailloit ame
rement en ambigué & douteufe fortune, enfin fallut que ledit Prince de
Salerne tournaft le dos vilainement, & s'enfuit, & la place de Saint Seue-
rin lors fe donna au Roy Ferrand, & là fut bleflé amerement Meflire Aus
guftin de Campo Fregofo, dont aprés en eft mort. Deflors fe retira le Prin-
ce de Salerne dans Salerne, là où il faifoit doute de feurement demeurer
par la rumeur qui eftoit en la Cité, veu que tout le peuple difoit qu’il ef-
voit las de la guerre, & qu'ils demandoient la paix. Ce temps durant Mon
fieur le Duc de Calabre voître frere reduific & affembla toutes les troupes
de la Ligue d'Italie, fe ioignit auec les Vrfins, alla prés des portes de Ro-
me, fit vn Pont fur le Tibre, & mit le camp du cofté duquel on entre à
Rome venant de Naples, où il ne peüt arrefter pour la grande quantite
de mouches, & fut force qu’il leua le ficge; & fi deflors ne luy euft cite
force de le leuer, la paix euft eftc plütoft faice qu’elle n’aefté; & cependant
ke Duc de Calabre ne fit nul dommage aux Romains, à celle fin qu’ils
n’euflent caufc de eux plaindre de luy. Et aduint que dans l'entreremps le
Seigneur Robert de Saint Seuerin, Capitaine du Pape , alla parler’ auec le
Duc de Calabre, fans le féeu du Pape, de quoy le Pape fut fort troublé, & y
enuoya vn Gentilhomme nommé Monlieur de Faucon de Prouence , qui
eftoit allé à Rome pour Monfieur de Lorraine, pardeuers ledit fieur Ro-
berto, pour luy dire que fa Saintete eftoit moule troublée, & s’émerueilloic
de ce qu'il eftoit allé parler fans fon fceu & confentement à fon ennemy,
auquel Monfieur de Faucon, le fieur Roberto refpondit qu’il atoit enten-
du que fa Sainteté craitoit la paix, & luy doutant qu’il ne le laiffaft ÿ auoit
voulu preuenir, combien qu’il fe garderoit bien de faire chofe qui fuft con-
tre l’exiftimation de fa Sainteté: & huit iours aprés ledit fieur Roberto
s’en alla deuers le Pape, feignant, comme l'on dit, d’auoir mal à vne iambe,
& demeura au Palais du Pape bien huit iours; & difent aucuns que ce fut
luy, qui perfuadoit au Pape faire la paix, & autres difent que non fit. Fi-
nalemenc il fe partit de Rome; & retourna aux champs, & cependant le
Duc de Calabre opprefloit moult la chofe Ecclefiaftique, & aufli les rebel-
les du Royaume de Naples eftoient fort opprefiez, car les fecours qu'ils at-
tendoient d’ailleurs demeuroient trop à venir: par quoy le onzicfme iour
d’Aouft, à quatre heures aprés foleil couché, la paix & accord fut conclu &
paflé entre le Roy de Naples & le Pape, combien querelle heure ne me plaift
pas fort; & incontinent que le Roy de Naples entendit la conclufion de la
paix auoir efté faice , fit prendre prifonnier fon Secretaire, qui , comme
bien
— = 7 Dre #
DV ROY CHARLES VIIL. ÿ37 —
bien fçauez ; auoit.-efté au Roy bien-vint ans, Meflire Æwelo:Archamosd, 1 438 £:
qui auoit:efté Ambaffadeur pour le Roy Ferrand à Rome bien l’efpace de |
quinze;ans où ilauôir-gagné vn granditrefor, per fas vel nefes) & Meflire
François Coppula des Grntilshommes du Siege de la Porte-Neuue de Nas
ples, &-Meflire Po Cathalan qui'anoit.efté Corfaire & Patron d’vne Ga-
lerc,& maintenant effoi-Prefident 3x: Sommaris, que l’on dit les Comptes,
lefquels pris Les a mis’ en: force prifon, & reduit les biens d’iceux à fes mains,
defquels, comme l’on djit,en aura.en argent comptant plus de quatre cens
mille ducars: Les caufes!pourquey:ils les a mis prifonniers, font-plufeurs.
La premiere eft qu'il:craignoit le Duc de Calabre, car il leur fembloic qu'il 7
les menaçoir. Si aduiferenc les Seigneurs du Royaume, que s'ils ne fe gar+
doient, le: Roy les feroit. prendre &-bouter en-prifon l’vn aprés l’autre; &
qu'il déuoif commenter:au Comte de Montorio ainf; qu’il a efté fait, L'au
tre cafe eft;comme l'on.dit , que ceux icy continüellement éfcriuoient au
Pape qu'il ne fift point paix auec le'Roy Ferrand, car le Roy de Naples-ef-
toit fi defnue d'argent qu'il n’en poyuoit plus, & ne pouuoit plus foufte-
nir Ja guerre; & beaucoup d’autres chofes que pour maintenant ie ne ra:
gonte:point. Entre vant le fieur Roberto Capitaine du Pape enuoya vn fien
Secretaire deuers Mon/ieur de Lorraine qu'il rencontra à Montargis auec Let-
res de- créance , & aprés beaucoup de vaines promefles dit ledit Secretai-
te à mondit Seigneut de -Lorrainé dé par fondit Maiftre, que. hardiment
| pouuoit aller ledit Düc de Lorraine à Rome, & combien que la paix fuft
faire, que fondic Maiftte fieur Roberto luy promettoit le mettre dans le
Royaume de, Naples, lequel il auroit en peu de temps. Or donc quand,
comme deflus ay dit, ledit fieur Roberto alla à Rome, & qu’il y demeura huit
jours, s’il traita la paix ou la guerre, j'en laifle le jugement aux Sages. Mon-
fieur le Cardinal d’Angers * a efcrit depuis que la paix a efté acceptée du +07 care
Pape par faute de bons Capitaines, & que fi Monfieur de Lorraine y al- disal le Bal.
Joit, encore feroit-il quelque chofe;& à Monfieur le Cardinal Sanéi pee
fri ad Vincula, qui eftoit ces iours deuant paflez venu-à Gennes pour folli-
citer Monfieur le Dw de Lorraine & les Geneuois contre le Roy Ferrand,
on Juy a retenu la charge pour fon honneur d'aller Legat au Royaume, ap-
pointer les Seigneurs di Royaume auec le Roy: fille voudra accepter ou
non, ie ne fçais. Il me femble que voftre Seigneurie s’il vous plaift deuroir
efcrire au Roy de Naples, au Duc de Calabre, & au Prince, ou à l’vn
d'eux, en les coniouiffant de la paix & viétoire par eux euëé & enfuiuie, &
vous prie que leur efcriyiez comment ie fuis leur bon & loyal feruiteur, &
autres chofes que vous femblerez d’efcrire, Me recommandant toufiours à
vous, à Madame voftre femme, @ henedico familie-veffre; & fi leur voulez
efcrire,me pourrez enuoyer les voftres, car ie les enuoyeray feurement, ai-
dant noftre Seigneur qui vous ait en fa garde. Efcrit à Paris le huit Se-
ptembre mil quatre cens quatre-vingts-fix. Derechef vous.prie que s’il ne
vous plaift d’efcrire aux autres, que au moins efcriuiez à Monfeur le Prin-
ce, car j'ay meffager pour enuoyer les Lettres, fi me les enuoyez. Torus vef
3er Angelus Cato, Archiepiftopus © Comes Vienne.
. — | Pris fur l'Original.
mm
7: .Réinion du Comté de Prouence 4 la Couronne. |
Hanzes par la grace de Dieu Roy de France, Comte de. Prouen-
CC ce, de Forcalquier & Terres adiacentes. Scawoir faifons à tous prefens 4 Compiegne
& à venir,que comme nos tres-chers & bien amez les gens du General Con- «« mi d'0-
feil des trois Eftacs de nofdits pays & Comté de Prouence, de Forcalquier *”* *#%4-
& Terres adiacentes , en continuant de plus en plus le grand, fingulier &
_ entier defir & affedion qu’ils -ont soufours eu, & mefmement depuis que
Ty
"
—— ÿ38 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
14 8 6.
nofdics pays & Comtez fonc aduenuës & efcheués és mains de feu noftre
tres-cher Seigneur & Pere que Dieu abfoille & és noftres par le -trefpas de
feu noftre Coufin le Roy de Sicile, Charles dernier trefpañie, en fon viuant
Comte & Seigneur defdices Comtez & Terres adiacentes , & monftrent
Cuidemment par effet le bon vouloir qu’ils ont à ce qu’ils foient & demcu-
rent à toufiours infeparablement fous noftre Couronne, ayent : puis nague-
res faic dire & requerir à nos deleguez, commis & deputez , & qui pour
nous & de par nous onc ailifté aux Eftats dudit pays tenus en noftre Ville
d'Aix au mois de Mars déynier paflé; que pour le bien & feureté dudit
Pays, & afin que dorefnauènt toutes entreprifes, inuafñons & autres dom-
maiges & incurfions qu’aucuns pourroient precogiter & s’efforcer de faire
ar voye d’hoftilité & autrement contre les manans & habitans defdits
Pays &z Terres adiacentes, & pour autres iuftes & raifonnables caufes, nof.
tre plaifür fuft de cenir fous noftre main & la Couronne de France nofdits
Pays, Comtez & Terres adiacentes, & lefdirs manans & habitans en iceux,
fans iamais les aliener , transferer , permuer, ni defmembrer en autres
mains par nous ou nos fuccefleurs Roys de France, en quelque manieré
que ce foit , mais à ce les adioindre, vnir, & incommutablement annexer
à nous & ladite Couronne de France, en gardant & obferuant leurs priuile.
es, libertez, conuentions, chapitres de paix, couftumes, loix, & autres
E rchifes & vfages de viure; laquelle chofe leur a efté accordée par nof-
dits Commiffaires. Pour kquelle caufe iceux defdits Eftars derechef affem-
blez au mois d’Aouft dernier pañlé en noftredite Ville d’Aix, afin d’auoir &
obcenir fur ce & autres affaires dudit Pays plus amples & valables proui-
fions, iouxte la volonté & intention de nous & defdits manans & habitans
d'iceux pays, ayent commis & ordonnez nos amez & feaux Bapriffe de Pon-
senes , Efcuycr, ficur de Cotinyac, & Maiïftre Raowlin Barthomies , licentie en
<hafcun droit, leurs Procureurs & Ambaffadeurs pour venir deuers nous
& nous faire plus au long lefdites requeftes & remonftrances fur ce ne-
_ceflaires : ce que iceux Ambaffadeurs ayant depuis fait, & en la prefence
des Seigneurs de nofîftre Sang & Gens de noftre Confeil nous ayant dere-
chef dit & remonftré les chofes deffufdites, en nous fuppliant & reque-
tant tres-inftamment pour & au nom de tous lefdits manans & habi-
tans defdits pays, cafil doté plaife faire ladite adionétion & vnion def-
dits Pays , Comrez & Terres adiacentes par la maniere deflufdite; & tous
leurs priuileges, chapitres de paix, conuentions, libertez, franchifes , droits,
vfages & couftumes concernans gens d’Eglife , Nobles , Villes, Chaf-
teaux, Communes, & autres quelconques confirmer, iurer, & approuuer,
tant en commun comme en particulier , & fur ce leur impartir noftre gra-
ce & liberalite. Pour quoy nous, ouyes lefdites remonftrances & humble re-
quefte ainf à nous faite par lefdits Ambafladeurs & Députez defdics Gens
" des crois Eftats reprefentans generalement tout le peuple, tant Gens d’E.
glife, Nobles , que autres quelfconques de nofdits pays, Comtez & Terres
adiacentes, confiderant encore la grande amour & loyauté qu’ils ont par cy-
deuant eué, obferuée,entrerenué & gardée, & entendent fermement & in-
uiolablement obferuer, entretenir, garder , & continuer dorefnauant en-
uers nous & la Couronne de France, fans varier: voulans par ce leur don-
ner à connoiftre par effet que en cette prefente & autres iuftes & raifon-
nables Requeftes, nous fommes & ferons roufiours prefts de leur fubuenir,
& les preferuer & garder de tous inconueniens & dommages ainfi querous
Roys & Princes Souuerains doiuent & font tenus de faire enuers leurs
bons & naturels fuiets. Pour ces caufes 8: autres à ce nous mouuans, & par
l'aduis & deliberation defdits fieurs de noftre fang & lignage & Gens de
noftre Canfcil refidens entour nous, Nous awews pour nous & nos fuccef.
DV ROY CHARLES VIIL ÿ39
Be gras dei nn.
feurs Roys de Francé voulu & voulons auoir & tenir nofdits Pays & Com- 14 8 6
tez de Prouence, de Forcalquier & Terres adiacentes, fous nous & nofdirs
fuccefleurs à ladite Couronne de France perpetuellement & infeparable-
ment comme vray Comte & Souuerain Seigneur d’iceux, fans que iamais
ils en puiflent eftre alicnez , permuez, ni transferez à quelconque perfonne,
ni pour quelque caufe ou oceafion que ce foit où puifle eftre, en cout, ni
en partie, & quant à ce feulement les auons adioints & vnis, adioignons &
vniflons à nous & ladite Couronne, fans que à icellé Courénne ni au Roÿyäu-
me ils foient pour ce aucunement fubalternes pour quelque caufe ou occa-
fion que ce foit ou puiffe eftre ores ni pour le temps auenir en aucune ma-
nicre, ni aufli pour ce aucunement nuire, pteiudicier ny déroger à leurfdits
priuileges, libertez, franchifes, conuentions, chapitres de paix, loix, couf-
tumes, droits , ftatuts, polices 8: manieres de viure éfdits pays, qui leur ont
efte otroyez & confirmez en general & particulier, foit à Gens d’Eglife,
Nobles, Villes, Citez, Communes, & autres perfonnes quelcohques, tant
par les feus Roys,Reynes, Comtes & Comitefles d’iceux pays ,ceux qui par
cy-deuant ont efte leurs Lieutenans, Gouuerneurs & grands Senefchaux,
que par nous; mais iceux leur auons de nouuel & d’abondant, par l'aduis &
deliberation que deflus, confirmez, loùez & approuuez, confirmons ,louons
& approuuons de noftre certaine fcicnce, grace fpeciale, pleine puiffance &
authorité Royale par cefdites Prfentes fignées de noftre main, par lefquel-
les promettons en bonne foy & parole de Roy, & iurons les leur garder,
_obferuer & entretenir, enfemble ladite vnion & adionétion infeparablement,
perpetucllement, & à toufiours, & voulons que iceux habitans deffufdics en
iouïflent pleinement, fans aucun contredit ou empefchement, nonobftanc
quelconques autres Lettres, Chartres, ou mandemens qui pourroient auoir
eftc faices & oétroyées à ce contraires, lefquelles, fi aucunes en eftoient cy2
aprés trouuces, qui aucunement puiflent préiudicier à cefdites Prefentes,
Nous auons quant à ce de noftre certaine fcience & plus ample autorité
reuoquées & caflécs, reuoquons & caflons , & icelles dés maintenant
pour lors declaré & declarons nulles, & de nul effet & valeur, pofé ores
qu'elles ne foient cy-exprefiees. & fpecifiées, nonobftant aufi quelconques
autres Ordonnances, Statuts , reftriétions, mandemens ou défenfes à ce
contraires. Si donnons en mandement à nos amez & feaux le grand Senef-
chal de Prouence, Gens de noftre Confeil Royal, Maiftres Rarionaux &
Archiuaires de noftre Chambre & Archif d'Aix, nos Auocat & Procureur
audit pays, & à tous nos autres Jufticiers & Officiers, ou à leurs Lieute-
nans ou Commis, prefens & à venir, & à chafcun d’eux, fi comme à luy
appartiendra, que cefdites Prefentes ils faflent lire, publier & enregiftrer
en noftredit Archif d'Aix & autres Cours & Auditoires de leurs Iurifdi-
ions , afin de perpetuelle memoire, & ladite vnion, enfemble leurs liber-
cez & priuileges, & tout le contenu en cefdires Prefentes obferuent & gar-
dent, faflent obferuer & garder de point en point fans les enfraindre. Ec
auffi afin que de ce on ne puifle pretendre caufe d’ignorance, Nous vou-
lons que cefdites Prefentes foient leués, publiées, & enregiftrées en noître
Cour de Parlement & Chambre de nos Comptes à Paris; & pour ce que
de ces Prefentes on pourra auoir à befoigner en plufieurs lieux, Nous vou-
lons que au Pidimus d’icelles fait fous féel Royal, foy foit adiouftée comme à
ce prefent Original , auquel, afin que ce foit chofe ferme & ftable à couf-
iours, Nous auons fait mettre noftre {cel, fauf en autres chofes noître droit,
& l’autruy en toutes, Donné d Compiegne au mois d'O&obre, l’an de Grace
mil quatre cens quatre-vingts-fix, & de noftre Regne le quatriefme. Signé,
CHARLES. Par le Roy Comte de Prouence, Meflieurs les Ducs d'Orléans
& de Bourbon, les Comtes de Clermont, de sine jar & de Vendof-
Yyi
540 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1 4 86. me, vous *, l'Archeucfque de Bordeaux, l'Euefque de Perrigueux, les Si:
*cfl TS de la Trimouïlle, de Grauille, de l'Ifle, & de Grimault, Maiftre Pier-
Chancelisr, re de Sacierges, Charles des Potaux Maïftres des Requeftes, Guillaume
Briçonnet, General des Finances, & autres prefens. Signé, Robincas.
Lettre du Roy Charles VIII. an fieur de Boffut, qu'il doué de œ qu'il
n'a pas vouls bailler [a place ai Duc d'Aufiriche, l'exhorte de demeurer *
dans la fidelité qu'il dois à la Couronne de France.
DE PAR LE ROT.
A Vinceunes OsrRe aAME' ET FEAL, Nous auons fceu que auez efté tres-fort
Sa N requis par le fieur de M 2 | de bailler voftre place & Chaft:l de
| Boffur en l’obéiflance du Duc d’Aultriche, laquelle chofe fi ainfi euft efte
nous cuft pu porter grand dommage, attendu qu'elle eft aflife en pays de
frontiere, & que quelque priere ou requefte qui vous en ait efté faite, ne
vous eftes à ce voulu confentir, donc vous fçauons bon gré, & vous prions
que en gardant le ferment que auez à nous, & en fuiuant la bonne loyaute
que vous & les voftres auez touliours demonftrée auoir euë à nos prede-
cefleurs & à nous, vous veuillez toufours tenir noftre parti, & fi bien gar-
der voftredite place, que inconuenient ne nous en aduienne, & nous y fer-
uir ainfi que auons en vous noftre parfaite fiance; & au regard des biens
& hericages que auez par-deçà, & autres vos affaires, nous les aurons en
bonne recommandation, & ne vous fera touché en vofdites terres, & ne
vous bougez encore de voftre maifon pour la feüreté de vofdites places,
car là nous pouuez faire autant de feruice que pourriez faire icy. Au fur-
plus aduertiffez-nous fouuent de ce qui A 0 par-delà, & vous nous
ferez plaifir & feruice tres-agréable. Donne 4x bois de Vincennes le qua-
triefme jour de Iuillet, Signé CHARLES. Et plus bas, Damont. Et au dos
eft efcrit: LA noffre ame 7 feal Conféiller € Chambellan le fieur de Boffur.
| Pris fur l'Original. |
AGES 5. &@ 6. Parles Lettres que deffus l'on peut affez connoiftre
l'arrogance du Duc d’Auftriche.
LA4nnotation. Elle fe peut encore mieux connoiftre par Îles refponfes
que Maximilien Roy des Romains & ceux de fon Confeil firent à cel-
les qui leur furent rendués dé la part du Roy & de la Ville de Paris au
mois de Seprembre mil quatre cens quatre-vingts-fix. L'on a iugé à propos
de les inferer icy tout au long. | |
Lettre du Roy des. Romains au Roy Charles VIIT. au fuit des
differends qui efloient entre eux à canfe de la furprife de Mortagne,
| Theroñënne, € autres Places.
ee M Ax1MiLian par la grace de Dieu Roy des Romains, toufiours
augufte , tres-haut & tres- puiffant Prince : À noftre tres - cher &
tres-amé Frere Charles, par la mefme grace Roy de France , falut &
tout amour. Tres-haut & tres-puiffant Prince, tres-cher & tres-amé
frere, nous auons ne receu par Monioye voftre Herault certaines
Lettres de par vous, faites & forgées, comme croyons, par ceux qui à tort
& fans caufe nous ont en haine & malueïllance , comme vous auons
aflez donné à connoiftre par nos Lettres que vous auons efcrites parauant,
Dv Roy CHARLES VIII GA ——ûm
aufquelles nous auez refpondu, & la plufpart d’icelles interpreté tout en
autre fubftance qu’elles ne contenoient, Ainfi n’auons point trouué eftre
conuenable & honorable à nous de vous y refpondre , en tant mefmement
que vous eftes laiflé confeiller de nous vilipender par vofdites Lettres;
mais auons baille eus à aux Gens de noftre Confeil d’y faire refponfe,
& aprés ce iourd’huy fommes déliberez de non plus vous efcrire, ou fai-
‘re nommer comme il appartient à voftre Royale dignité, au cas que per-
feueriez en telles derifions & infolences enuers Nous. Mais pour ce que
en la fin de vofdites Lettres, concluez que n’eftes pas en fi bas âge, ny
n’auez fi petite experience, que ne connoifliez qui vous fait bien ou mai,
& que ne foyez bien deliberé de le rémunerer, nous vous auons bien de
nous-mefmes voulu à ce refpondre , & vous declarons que à voftre per
fonne n’auons iamais voulu que tout bien, & toufiours auons defiré de vi«
ure auec vous, comme noîftre bon frere & allié. Mais vous connoiflez afs
fez qu’en ce monde n’auons rien que noître honneur, noftre corps , nos
enfans & biens mondains ; & fi fur touc ce que dit eft auoris efté offen-
{ez, foulez & trauaillez par ceux de voftre Royaume, par les moyens
ue vous auons aflez autrefois declarez, & fait parte en refpondant à
vofdites Lettres, quelle offenfe nous pouuoit-on faire plus grande ? Et fi
par cy-deuant nous fommes trouuez en plufeurs dangers de guerre de
noftre perfonne pour obuier aux torts & griefs que nous faifoient ceux
de voftredit Royaume , & maintenant pour pouruoir à l'indemnité de
Nous & de nos Pays & Suiets, nous foyons armez contre eux , qui nous
en pourra par droit & raïfon blafmer ou reprendre ? Certes nous ne de-
firons fors que en enfuiuant la fin & conclufion de vofdites Lettres , vous
puifliez bien entendre qui vous fait bien ou mal, & que vous le rémune-
rerez à ceux qui en font la caufe, comme connoiftrez cy-apres qu'ils
l'auront merite & deferuy. Et iufqu’alors ne fommes déliberez de prendre
contre voftredite perfonne quelque haine ou malueïllance veu voftre
jeune âge, et mauuais confeils que puifliez croite ou vfer contre
nous. Defquelles chofes vous auons bien voulu encore auertir pour
noftre defcharge ; & pour noftre derniere requefte vous requerons de les
tenir en voftre memoire & fouuenance: car nous efperons, fi Dieu‘plaift,
que fi vne fois, foit toft ou tard, aprés la guerre auons paix, nous pour-
rons ces chofes & autres interpreter par enfemble, & lors aurez meilleur
jugement & experience pour difcerner & connoiftre la faute & innocen-
ce d’vne part & d'autre: & à tant, tres-hauc & tres-puiffanc Prince, tres-
cher & tres-amé Frere, le Saint Efprit vous ait en fa faince garde.
Tiré de l'Original.
Refponfe faire per les Princes, Seigneurs, € autres du Confeil du Roy
des Romains noffre Souuerain Seigneur eflans entour luy , cs par [on
Ordonnance €9° commandement , aux Letrres 4 luy prefentées par Mon-
ioye, de par tres- haut @r tres-puiffant Prince le Roy de France [on
Maifire. : :
REeMIER. Pour ce que par lefdiges Lettres ne luy eft donné le ti.
tre cel qu’il appartient à vn Roy des Romains, qui eft le Chef des
Roys Chreftiens *, il a efté meu de non les receuoit, & trouue en fondic
Confeil de femblablement vfer enuers ledit Roy de France, fans luy bail-
ler titre, s’il auenoit qu’il luy efcriuift cy - aprés, car luy & fondit Confeil
148 6.
S'eptembre
1486.
# Na Chef des
Roys Chref-
t16ns, quali-
té imaginaire.
ont aflez efté aduercis par l'Ewc/que de Perdus, qui au cemps de l’eflcétion Guilsums de
YYyù
— 5412 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1 4 8 6. faite de la perfonne de noftredit Seigneur en Roy des Romains & Em-
Harauceur, Pereur futur eftoit Ambaffadeur dudit Roy de France deuers l'Empereur
duquel if & les Princes Eleéteurs de l'Empire en la ville de Francfort , en laquelle
RE DEà ladite Eleétion fut faite tant folemnellement & d’un commun accord
prs. É fi. "par vous lefdits Princes Eleéteurs & de fon Sacre & Couronnement en
vantes, fa ville d'Aix, éfquels lieux ledit Euefque de Verdun a toufiours efté pre-
fent en tous les aétes & folemnitez qui y ont efté faites, par quoy n’en
peuuent pretendre ignorance.
Quant à ce qu'il dit lefdites Lettres eftre iniurieufes & deshonneftes,
noftredit Seigneur n’entend pas auoir efcrit aucune iniure audit Seigneur.
S'il l’a au vray auerty & informé des torts, griefs & iniures que luy ont
faits les Seigneur & Dame de Zrauieu & le fieur des Querdes, lcfquels
tort & grief il a offert par lefdites Lettres, & offre encore verifier & prou:
ucr pardeuant tous les Princes & Eftats de fon Royaume. un:
. «4# regard d’auoir.efcric & proferé finiftres paroles à la charge du feu
Roy Louys, lefdites Lettres efcrites contenoient les mots qui s’enfuiuent.
A fçauoir, que lefdits Seigneur Dame de Beauicw auoient prins argent de ceux
de Gand. G: autres rebelles fuiets de noffredit Seigneur , & s’eftoient alliez auec
_eux contre luy, difant qu’ils le deuoient ainfi faire en enfuiuant lallian-
ce faite par ledit feu Roy auec lefdics rebelles Suiets , en chargeant par
ce l'honneur & l’ame dudit feu Roy; lefquels mots & paroles ledit Sei-
gneur & fon Confeil peuuent interpreter comme il leur plaift. Mais il
eft vray que Icfdits rebelles Suiets ne furent aidez ny afliftez dudit feu
Roy tant qu’il vefquit, & toft aprés fon deceds lefdits Seigneur & Da-
me s’allierent auec eux contre noftredit Seigneur, comme il leur fera ap-
#p. ey-depus paroir par leurs féellez * qu'il recouura en reduifant ladite ville de Gand
p 460. en fon obeiïflance. ee | z
Quant aux iniurieufes & vilaines paroles que ledit Seigneur dit eftre
contenuës éfdites lettres, éfquelles il répondra en temps & lieu: puifqu’il
les dit eftre vilaines, le Confeil du Roy noftredit Seigneur entendroit vo-
lontiers comme l’on pourroit defcrire vn mefchant fait en nobles paroles
& efcritures. | | -
_ Et quant à ce que ledit Seigneur n’cft pas délibere d’efloigner de prés
fa perfonne lefdits Seigneur & Dame de Beauicu , ni auffi le Seigneur
des Querdes, qui tant luy fait de feruices , mais leur bailler plus grand
credit & authorité qu'ils n’eurent iamais , le Roy n’a aucun regret aux
biens que ledit Seigneur leur fait; mais que ce ne foit à fon préiudice, &
auffi que l’on luy repare le tort & grief qui luy a efté fait au long declaré
éfdites lettres, car il n'entend pas de le laiffer couler fous diffimulation,
mais d’en pourfuiure la raifon, puifque ledit Seigneur enuoya par-deçà Mon.
fieur le baftard de Bourgogne , Monfieur l’Euefque de Rieux, & autres,
pr luy faire la raifon de fefdits rebelles Suiets, qui detenoient Monfieur
‘Archiduc d’Auftriche fon fils comme prifonnier , pour laquelle dénega-
tion de Iuftice noftredit Seigneur pourroit. dire & maintenir ledit Sei-
auoir perdu fa Souueraineté , fi aucune en auoit, au pays de Flan-
res. ;
.… Ec aprés ladite guerre, de luy réparer le tort que lefdits Sieur & Dame
de Beauieu & Seigneur des Querdes luy auoient faits en eux, allant au
nom dudit Seigneur, & donnant afhiftance des Gens-d’armes de fon Royau-
me aufdits de Flandres, à l'encontre de luy, qui fut la caufe de ladite re-
bellion & detention de fondit fils, dont tant de maux font auenus audit
pays de Flandres, & autrespays du Roy noftredit Seigneur. .
Et de ce que ledit Seigneur s’efmerueille que l’on luy fait la guerre, fi
| pv RoY CHARLES VIII. $4 =.
Île Roy s'eft fait fort, pour obuiet aux entreprinfes de fes enhemis, il a bien 1 4 8 6:
eù matiere de ce faire; car fefdits ennemis non contens defdits torts &
griefs à luy faits durant ladite guerre de Flandres, fur ce que en allant és :
Allemagnes, il enuoya Philippes Daules fon Efchanfon deuers ledit Seia
gneur & ceux de fon Confeil, luy fignifier qu’il auoit commandé & ot-
. donné à fes Lieutenans & Capitaines qu’ils ne fiffent rien au contraire de
la paix durant fon abfence, afin de fçauoir fur ce l'incention dudit Sei-
gneur , & fi de fa part il la vouloir entretenir, fans toutesfois le prier de
nulle chofe , ledit Seigneur s’accorda aufli à l'entretenement d'icelle,
mais ce nonobftant noftredir Seigneur eftant éfdites Allemagnes , ledit
Seigneur luy efcriuit Lettres qu’il garde deuers luy, par lefquelles il luy
fignifioir qu'il eftoic allié & grand amy defdits de Liege enuers & con-
tre tous , fans auoir égard à ce qu'ils eftoient fes ennemis ouuerts, & {ei
faiets comme Roy des Romains, en contreuenant par ce à l’ancien trais
té & intelligence d’entre les Empereurs Roys des Romains & les Roys
de France, par lequel ils ne doiuent rien entreprendre les vns fur les
autres. | … rs
Et quant à la prinfe des Villes de Mortaigne & de Teroüënne, dont |
mention eft faite éfdites Lettres , les Lieutenans, Capitaines, & autres
qui ont eù la Garde & Gouuernement des Pays de noftredit Seigneur du
rant fon voyage d'Allemagne, aduertis de la declaration que ledic Seis
gneur auoit faite par fefdites Lettres, d'aider & aflifter lefdits de Liege;
comme fes alliez, enuers & contre tous, & aufli d’autres pratiques qui
fe confpiroient & machinoient contre noftredit Seigneur & fon honneur,
| & auancement par fefdits ennemis, dont il fera apparoir en temps & lieu,
fe doutant qu’en reduifant lefdits de Liege à fon obeïffance , ilne fift la
|
guerre pour eux contre luy & fes pays, ou que eux teduits il ne lés vou-
luft remettre à leur premiere erreur, trouuerent façon * de prendre fur Le- * mom.
dir Seigneur lefdites villes de Mortaigne & de Teroûénne pour la feure- |
tæ de es pays de Flandres & Hainaut , aufquels lefditer Villes fais
foient frontiere , lefquelles noftredit Seigneur aduoûa depuis pour les
camfes & raifons deflus rouchées, & a permis de faire Ne sara exploits
de Guerre fur les Suiets dudit Seigneur & de fon Royaume , & fera
encore tant & iufques à ce qu'il fera reparé comme dit eft.
© Si donc le Roy noftre Souuerain Seigneur a de tout ce que dit eft auer-
ty ledic Seigneur par fefdites Lettres bien au long, afin d’y donner proui-
_ fon en luy offrant d’enuoyer fes Ambafadeurs deuers luy s’il vouloit af-
fembler les Princes, Prelats & bonnes Villes de fon Royaume qui ont
juré & promis par leurs Lettres &c {£ellez d'entretenir & faire entretenir
ledic traité de paix, il ne s'eft pas feulement mis en deuoir, mais plus que
deuoir, & fi ledit Seigneur euft efté fi bien confeillé de ceux de fon Con-
feil qu’il efcrit à noftredic Seigneur par fefdites Lectres, il n’euft pas fouf-
fert fi facilement violer ny enfraindre ladite paix , qui eftoit tant com-
mode à luy & fondit Royaume; laquelle paix noftredit Seigneur ne fur
jamais confeillé de rompre ou enfraindre, ny aufli fondit Confeil n’a point
entendu qu'il ait eû volonté de ce faire : mais puifque par les caufes &
moyens deflus couchez la guerre luy a efté encommencée , il a efté coni-
craint de s’en défendre, & faire de fon mieux. | _..
Plufieurs autres chofes pourroit-on licitement refpondre au contenu
defdites Lettres, ne fut que ceux qui les liroient ou efcouteroient pour-
roient iuger qu’elles procedaffent de gens tels que ceux qui ont confeil=
lé & induit ledit Seigneur d’efcrire, & enuoyer à pero
it me er les
Lectres deffus couchées , à fçauoir paflionnez. d'ouïr leurs corts fufpeéts &
544 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
148 6. partiaux en la mariere, veü la deshonnefte forme & maniere d’efcrite À
V. p.140
vn tel Roy. qu'’eft le Roy des Romains. HS sis ——
Mais quand ledit Seigneur voudra-en fa perfonne, ou par. les’ commis
& députez de luy & de, fon Royaume non fufpeits entendre Ja verité &
le fonds: de.certe matieré , le. Roy noftredit Seigneur l'en fera informer
& auertir au vray par fes tommis & députez , qui auront charge de met-
tre auant'plufeurs autres chofes iuftes, ue & raifonnables au bieri
dudit Seigneur & de fon:Royaume & aufli de noftredit Seigneur, de fon
Fils, leurs Pays & Seigñeuries, tellement & par telle maniere 'que à luy
ne ciendra que bonne:paix ; amour & union ne foit & demeure à cou.
iours entre lefdits Roys.& leurs päys & fuiets.. .: RE LME
.. Et fur-ce dernier point & article, Thoifon d’or porteur de cetre en-
tendra l'intention dudit Seigneur &. de fon Confeil, & y demandera ref-
onfe de pat le Confeil de noftredit Seigneur , lequel infiftera enuers luy
A ce qu'il entende en tout.ce qui pourra toucher l'amour, vnion, & ré-
conciliation, defdits deux Roys, moyennant que ledit Seigneur y entende
auffi de fa part, & commette perfonnages des Eftats de fon Royaume non
fufpeëts ; comme dit eff : car autrement noftredir Seigneur-ne feroit pas
con{eillé de befongner auec. gens qui ont efté caufes defdites alliances es
tes contre luy, dont fe font meus les differends deflus declarez, & mef.
memerit ont induit & donné confeil-audit Seigneur d’efcrire lefdites ler-
tres deshonneftes & diffamatoires. , DS LE Ses LEA
d
_DAGE 5. à la fin. Le Seigneur de Grauille, qui eftoit un des princi+
Æ paux au tour de la perfonne du Roy. | à 5
… À s’'appelloit Louïs Mallet, Seigneur de Grauille , & il eftoit lors en.ef:
fet l’un de ceux qui auoientc le plus de credit & d’auchorité prés du Roy,
.* & qui agifloit plus puiflamment en l’adminiftration de l'Eftat. Il eftoic
fils de fean, Mallet, Seigneur de Grauille, de Marcouflis , & de Montaigu,
Grand -Maiftre des Arbaleftriers de France, & de Marie de-Aontaubax 12
premiere femme, laquelle eftoic fille de Guillaume de Montauban, & de Bonne
Viféomte, celle-cy niece de Tadée Viftomte, Duchefle de Bauiere, qui eut
pour fille la Reyne 1/abeau de Banicre, mere du Roy Charles VI11I. dont par
confequent Louis de Grauille eftoit proche parent. | :
Il poffeda l’affetion & la faueur de ce Roy auec tant d’auchorité, que
lOffice d’Admiral eftant venu à vacquer par la mort de Louïs de Bour-
bon, il y fut preferé à beaucoup d’autres Seigneurs qui le pretendoicnct
fuiuant le tefmoignage de noftre Auteur. Iean de faint Gclais parlant de
la prife du Duc d’Orleans, dit que le plus fort du Confeil qui. eftoit en
ce temps-là auec le Roy, eftoit FAdmiral de Grauille. . ‘© é
. Il poffedoir outre les Terres de Grauille, de Marcouflis, & Montaigu,
celles de Cheureufe, de Malesherbes, de Milly en Gaftinois, de Chaftres, &
plufieurs autres, qui aprés fa mort pañlerent en des Maifons eftrangeres.
Il poffeda les Gouuernemens de Picardie & de Normandie, & il fut ex-
tremement enrichy des graces & liberalitez de fon maiftre. Auant fa mort
ce Seigneur qui-abondoit en richefles, fit une aétion qui merite une me-
moire eternelle: il auoit prefté quatre-vingts mille liures au Roy Louys
XII. & pris en engagement des Terres du Domaine, par fon ceftament,
H declara qu’il ne vouloit point que fes heritiers repetaffent cette fomme,
& neanmoins il ordonna que les terres qu’il cenoit en EN: va fe.
roient renduëés au Roy, le fuppliant tres-humblement de defcharger de
… pareille fomme les Bailliages de fon Royaume les plus chargez de tailles
& d’impofts, afin que ce legs reuinr au foulagement du peuple, en con-
fideration
DV ROY CHARLES VIIE ÿ4; =
fideration des bienfaits qu'il auoit receüs du Roy fôn Maiftre. Ilmou- 1 4 8 6.
rut à Marcoufis âgé de foixante & dix-huit ans le 30. Oëtobre 1516. Il
fuc inhumé aux Cordeliers de Mallesherbes qu’il auoit fondez.
P AGE 7. Pour refifter au Duc d’Auftriche, le Roy auoit en Picardie
le Seigneur Defcordes Marefchal de France,
. Ce qui fe iuftifie par l’ordre fuiuant, dans lequel il n’eft point qualifie
Marefchal de France , parce qu’il n’auoit pas encore cette qualité.
Ordre du Roy touchant les Gens de Guerre effans en Hi
| e9' Picardie. à à
D E PAR :1E Rov%. Nos ame% © faux , Nous auons receu vos ACrril16.
Lettres, par lefquelles auons veu la diligence que vous faites en cha 141497:
cune Ville d'Artois & Picardie pour le fait de la montre -& du payemeùc
des gens de pied, dont & aufli des nouuelles que nous efcriuez, vous re-
mercions,& vous en fçauons tres-bon gré, en vous priant que veilliez
parfaire voftre commiflion ainfi que l’auez encommencée , & aduifez bien
les prouifions qui feront neceflaires pour la feureté de chacune Ville &
Place, par l’auis & confeil de noftre ame & feal Confeiller & Cham-
bellan le fieur Defquerdes , & aufli par ce que verrez qui fera requis, don-
nez - y bonne prouifion pour ladite feureré. Nous vous enuoyons cy-de.
dans le double d’un auis qui éftoit en une lettre que le fieur Defquerdes
nous a efcrite , datée du iour precedent des voftres, par lequel pourrez
voir l’auettiflement qu’il nous fait des affaires de par- delà. Il nous ef-
crit que luy faflions enuoyer vingt mille liures, qui eft le payement d’vn
mois de quatre mille hommes de pied, & qu’il aflemblera incontinent en
trois ou quatre jours lefdits quatre mille hommes , lefquels il fera feruir
fix femaines pour ledit payement d’un mois Nous vous enuoyons dix
mille francs, afin que, fi voyez que le Duc d’Auftriche entraft au pays,
les fafliez départir & employer aux gens de pied que. ledit Seigneur
Defquerdes pourra faire aflembler, & felon: que l'affaire furuiendra. Aufi
s’il n’y entroit,ne feroit point befoin de les dépendre; & pour ce feruez-
nous-y ainfi que à vos partemens vous difmes bien au long touchant la
defpence des autres deniers dont auez eu charge, laquelle vous auez tres-
_ bien conduite, & en fommes bien contens, & faites faire ladite defpenfe
par vos certifications & acquits, le tout ainfi que en auons en vous en-
tiere fiance. Et couchant les prouifions dont vous, Guinot, nous efcriuez, &
qui-vous font neceflaires pour le don que vous auons fait en Armagnac,
E nous les auons commandéesà Robineau. Donné à Creil le feiziefme iout
\ de Juillet enuiron neuf heures au foir. Signé, CHARLES. Et au dos
. eft efcrit: 4 nos amez G feaux Guinot de Lozieres, noftre Conférler & Maiffre
, d'Hofiel, Maiffre Pierre Parent noffre Notaire G Secretaire. Et à coftc: Lettres:
“ du Roy receuës à Hefdin le Mardy 18. iour de luillet 1486. par Antoi-
ne Richard Cheuaucheur d’Efcurie.
| AGE 7. à la fin. Ceux de Saint Omer fauorifoient plus le Duc d’Auf.
à Z triche que le Roy. | |
| Ce qui eft iuftifié par le traité qui fuit, & que les Habitans de cette
| Ville firent auec le Roy des Romains peu de temps aprés,
: | cz
1486.
* 26. ]lanuier
4486,
$46 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
Traité entre le Roy des Romains @' les Habitans de Saint Omer.
V Ev les entreprifes faites par les Gens du Roy de France fur les
Suiets de certe Ville, Banlieuëé & Bailliage en enfraignant leur neu-
tralité, dont reparation n’a efté iufques à ores faite, quelque pourfuite ou
diligence que à plufieurs fois l’on en ait fait deuers le Roy & fes Com-
mis, auiowrd'huy 26. de lanuier 1486. fur. la Requefte faite par /e Roy des
Romains noftre Sire, tendante afin que ceux de cette Ville fe declarent de
fa part, & luy faflent ferment comme Suiets naturels de Haut & Puiffant
Prince & noîftre tres-redôuté Seigneur Monfeigneur le Duc Philippe fon
Fils. Les Gens des Trois Eftats de ladite Ville fur ce ont refpondu qu’ils
font contens de au cas que en dedans trois femaines prochainement ve-
nans ils ne. puiflent obtenir du Roy de France Declaration entiere , fans
quelque limitation de leur franchife, de pouuoir aller par tout marchan-
dement & autrement à Therouenne & par tout ailleurs, & refticution &
reparation pleniere & prompte en dedans ledit temps de trois femaines,
de tous les dommages, intereits & torts faits qui ont efté faits par les Gens
du Roy de France au preiudice d’icelle | enfemble que toutes les places
dudit Bailliage & autres mentionnées au traité de Saint Omer ne foienc
vuidées & mifes en leur entier ainfi comme elles eftoiefit auparauant la
prinfe de ladite ville de Therouenne , de defmaintenant faire fermenc
de le receuoir lors, & luy faire ou à fon Commis la declaration telle
comme il l’a demandé; & durant ledit temps le Roy tant pour le raui-
taillement & fecours de fa ville de Therouenne, que pour autres fes af-
faires, aura entrée & iflué à tous fes Gens, en tel nombre qu'il les a de
prefent en ladite ville de Saint Omer, & y pourra faire cueillir, prendre,
acheter & leuer tous viures & autres chofes neceflaires pour ladite ville
de Therouenne. Powrwes que le Roy des Romains, comme il a offert, leur
-promette que iamais il ne les fouffrira feparer de la Maifon de Bourgon-
gne. Secondement, de non faire traité qu'ils n’y foient comprins, & qu'ils
n'ayent enticre iouiflance de leurs biens. Qu'ils n'auront Capitaine finon
tel qu'il leur fera agréable, & tel nombre de gens dont ils fe contenté-
ront entretenus & payez deuëment de trois mois en trois mois. Tierce=
ment, que le Corps de la Ville & les Habitans d’icelle foient entretenus
en leurs priuileges, franchifes & libertez, enfemble du Tonlieu, fpeciale-
ment de Grauelinghes, & fes Officiers en leurs Eftars & Offices. Qwarte-
ment , que tous ceux de cette Ville qui voudront demeurer & aban-
donner leurs biens qui font fcituez en party contraire , il les recompen-
fera auant tous autres des terres & herirages ou autres biens eftans en {on
obeïflance, appartenans à ceux qui tiennent ou tiendront party contraire.
Quintement, que tous ceux qui s’en voudront aller, enfemble leurs fem-
mes, enfans, biens & cheuances quelfconques, le pourront franchement
en dedans un mois d’huy, & que tous ceux qui voudront venir demeu-
rer en la Ville ioïront des priuileges & franchifes de ladite Ville, & que
toutes chofes faites ou dites durant ladite neutralité l’on n’en pourta rien
demander, & que l’on expediera Lettres d’abèlition generale & particu-
liere à ceux qui en voudront auoir , & defquelles chofes fournir & ac-
complir le Roy fera tenu de bailler fes Lettres. Semblablement bailleront
Lettres Monfeigneur Philippes de Cleues, Monfieur le Prince de Chi-
may, Monfieur le Comte de Naflau, les quatre Membres de Flandres,
les trois Eftats de Brabant, Haynnault, Hollande &' Zelande , lefquelles
lettres & féellez feront de la part du Roy, defdits Princes de fon Sang,
pv ROŸY CHARLES VIII.
& defdits Membres de Flandres baillées auant qu'ils faffent lefdites de- 1 4 8 6,
clarations , & les autres féellez par dedans fix femaines d’huy. |
Tiré de la Chambre des Comptes de l'I Île.
| PES E p. vers la fin. Pour ce que les Seigneurs de Culant & d’Argen-
ton cftoient des principaux, Monfeigneur de Bourbon leur donna
congé, & les efloigna de luy auec tous ceux qui eftoient de leur incelli.
gence. Er page 14. auffi à la fin. Le Roy fut auerti que les Euefques de
Perrigueux & de Montauban , & les Seigneurs d’Argenton & de Bucy
auoient intelligence auec Monfeigneur d'Orleans.
Non-feulementc il les fit arrefter , mais il leur fit encore faire leur pro-
cés ainf qu'il fe verra par la fuite, j
AGE 25. Au mois de Mars 1 486. le Seigneur de Romont qui auoit
efpoufé la Comteffe de Saint Paul, alla de vie à trefpas. |
11 s’appelloit Jacques de Sauoye ; Comte de Romont, & la Comreffe de
Saint Paul Marie de Luxembourg. Il l'auoit efpoufée malgré elle & fes pa-
rens. Aprés fon deceds elle fut mariée à François de Bourbon, Comte de
Vendofme, bifayeul du Roy Henry IV. Leur Contrat de Mariage fera
rapporté Cy-aprés.
Leirre de Marguerite d'Anfiriche à Anne de France, Dame de Beanien,
qu'elle qualifie [a tante, la prie de luy laiffer vne fienne coufine
pour fon diuerriffement.
ADAME w»4 bonne tante *, il faut bien que ie meplaigne à vouscom- 4 ass
me en celle à qui l'ay mon efperance, de ma coufine que l’on m'a r7. Mrs
voulu ofter, qui eft tout le pañle-cemps que ay, & quand ie l’auray perdué .
ic ne fçay plus que ie feray. Parquoy ie vous prie que veuïlliez tenir la oo
main pour moy qu'elle ne me foit oftée car plus grand déplaifir ne me sure
fçauroit-on faire, Lachauls eft venu qui a apporté Lettres adreffantes à mä- ,f d'un file
dite coufine, par lefquelles le Roy luy efcriuoit qu'elle s’en allaft : coutefois Jewmi.
ie ne l’ay pas voulu fouffrir, iufques à ce que vous en eufle aduertie, en ef-
perant que m'y feriez en aide, comme ray en cela & en autre chofe ma
parfaite fiance, vous priant, Madame ma bonne tante, que quelque part que
ie foye ne parte point de voftre bonne grace, car toufiours en auray.ie be.
foin , à laquelle bien fort me veux recommander. Monfieut de Molitarr m'a
dit que voulez que ie fois mieux traitée que ie ne fus oncques, qui eft vne
chofe qui m'a fort refiouie, puifque auez encore fouuenance de moy,
vous difant adieu, Madame ma bonne tante, que ie prie qu’il vous doint le
plus aimé de vos defirs. Efcric à Melun le dix-feptiefme iour de Mars. of
tre bonne humble Gr leable nicce, Marguerite. Et au dos cft efcrit: C4 Madame
ma bonne tante.
Pris fur l'original.
AGE 28. vers la fin. Entre les autres Villes du pays d'Attois, Saint-
Omer eftoit neutre, & deuoit ainfi demeurer. Er peu aprés. Ils ne de-
uoient porter faueur à l’un ny à l’autre party; ce qu'ils n'obferuoient pas.
Au contraire, ils auoient faic vn traité auec Maximilian Roy des Romains,
le vingt-fix Ianuier mil fix cens quatre-vingts-fix, par lequiel ils s’obli-
geoient à le feruir, mcfme contre le Roy Charles VIII. & de porter des
viures à Therouenne, Le traité eft imprime cy-deflus, & il eft aifé de con-
noiftre que cettte Ville ayant pris party au préiudice de la neutralité qui
luy auoic efté accordée, la prife en fut tres-iufte,
Z Z7 ij
mn eut, 1 #- 2
148 7.
A Ancenis
Isillet 148 7.
V. cy-deff{ns
2. 469
Xffats de
Tours,
548 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
Declaration du Roy Charles VIII. en faueur de Marie &r Françoife
de Luxembourg, par laquelle il accorde co confent qu'elles retournent à
tous les biens de Louys de Luxembourg, Comte de Saint Paul, Con-
neflable de France ; Leanne de Bar [4 femme, € Lean cr Pierre
leurs enfans,
| C HaARLES par la grace de Dieu Roy de France; Sçauoir faifons à tous
prefens & à venir,que comme entraitant la paix faire & concluë en nof-
tre Ville d’Arras entre feu noftre tres-cher Seigneur & pere que Dieu ab-
folue, & nous d’vne part, & nos tres-chers & tres-amez beau-pere, frere
& coufins,le Duc Maximilian d’Auftriche, le Duc Philippes fon fils, & les
Eftars des Pays de noftre ftere d’autre part: Sur ce que les Ambaflideurs
de nofdirs beau-pere, frere, & de leur dits Pays requirent que feu Mar-
guerite de Sauoye noftre tante, lors veuue de Pierre de Luxembourg, Com-
te de Brienne, & nos coufines Marie de Luxembourg fa fille aifnée, la.
quelle depuis a efté allice par Mariage à feu noftre oncle Jacques de Sa-
uoye, Comte de Romont, & Françoife fa fœur, fuffent comprinfes audit
Traité de paix, pour retourner à tous les biens dont auoient ioùy en leur
viuant feus Louys de Luxembourg, Comte de Saint Paul, Ieanne de Bar
fa femme, Iean de Luxembourg, Comte de Marle leur fils aifné & ledic
Pierre de Luxembourg leur fecond fils; & ce, nonobftant quelfconques
Arrefts, Sentences, Declarations de confifcations , ou forclufions de treues
precedences, fut par exprès dit & refpondu, que nofdites rantes & coufi-
nes iouyroient du benefice de la paix, fauf que pour lors ne retourneroient
à leurs biens, & pourroient pourfuiure leur cas deucrs noftredir feu Sei-
neur & pere & nous quand bon leur fembleroit. Sous laquelle efperan-
ce lefdics Ambaffadeurs confians que au temps à venir noftredit feu Sei-
gneur & pere & nous quand bon leur fembleroit, bicn informez des me-
rites de la chofe, ladite requefte leur feroit accordée, fe confentirent audit
traite de paix, qu'il eft vray-femblable à croire que autrement n’euflent
fair. Et depuis ceux qui furent ordonnez par lefdirs Ducs d’Auftriche &
Eftats defdits pays, pour venir deuers noftredic feu Seigneur & pere au
Pleflis lez Tours, & deuers nous en noîftre Ville d’Amboife, pour confir-
mation de ladite paix; & auffi ceux qui depuis furent commis pour amener
noftre tres-chere & tres-amée compagne la Reyne en noftre Ville de Hef-
dein , eurent charge de pourfuiure l’expedition de ladite Requefte & au-
tres points referuez par ledit traité de paix; ce qu'ils ffrent, mais encore
pour lors fut ladite matiere renuë en fufpens; & tantoft aprés, & auant la
fin de l'an, noftredit feu Seigneur & pere alla de vie à trefpas. Depuis le-
quel, & que fommes venus à la Couronne, noftredit oncle L Romont, ma.
ry de ladite Marie de Luxembourg, fille aifnée, & à laquelle la chofe tou
che principalement, a fait plufieurs Requeftes & diligences deuers nous.
Comme aufi ont fait en fa faueur les Ambafladeurs de noftredic frere &
coufin le Due Philippes , & des membres de fon pays de Flandre, qui fu-
rent enuoyez deuers nous en noftre Ville de Tours. Tellement que aprés
les chofes bien entenduës & confiderées, Nous,par laduis & deliberation
des Princes & Seigneurs de noître fang, & Gens de noftre grand Confeil
eftans entour nous, eué confideration à la proximite de lignage que nous
attenoit noftredit feu oncle de Romont, & noftredite tante fa compagne,
&c aufli aux grands & recommandables feruices que nous a faits & faifoic
noftredit oncle en plufieurs nos principaux affaires & de noftre Royau-
me, voulufmes, confentimes, & accordafmes, que feuë noftredite tante Mar-
DV ROY CHARLES VIII...
-gucrite de Sauoye , nofdites coufnes Marie, & Françoife fes filles, feu
noftredit oncle de Romont, comme mary & efpoux de ladite Marie, iouyf.
fent du benefice de 12 paix en tous les points & articles contenus en icel-
le, tout ainf & en la forme & maniere que en ont ioùy & iouyffent les
autres fuiets d’vn party & d'autre, & qu'il auoit eftt requis de Îa part de
noftredite feué tante & coufine fes filles ,en faifant ledit traite de paix,
nonobftant ladite referuation qui pour lors en fut faite, laquelle ne leur
voulions nuire ni preiudicier en quelque maniere que ce fuft, & comme fi
elles ny euft oncques efté mife ni appofce. Et de plus ample grace leuaf-
mes & oftafmes noftre main & tous autres empefchemens qui parauant
pouuoient auoir efté mis & appofez aufdits Comtez de Saint Paul, Brien-
ne, & en quelfconques autres Comtez, terres, places, maifons & Seigneu-
ries, leurs appartenances & appendences quelfconques , quelque part qu’el-
les foient fituées & aflifes en noftre Royaume & obéiffance, qui par cy-
‘deuant auoient appartenu tant aux deflufdirs feu Louys de Luxembourg,
que à Jean & Pierre fes enfans, Defquels feu noftredit oncle de Romont,
& noftre tante fa compagne, & Françoife de Luxembourg auoient le droit,
fuft comme enfant & heritiers dudit feu Comte Pierre, ou au moyen de
certain don de conffcation fait par noftredir feu Seigneur & pere à feu
noftre coufin le Duc Charles de Bourgongne. Lequel don depuis fon tref-
pas, feuë noftre belle-mere la Ducheffe d’Auftriche, fille & heritiere du-
dit Duc Charles, auoit delaiffé & tranfporté audit feu Pierre de Lu-
xembourg, pour de toutes lefdites Comtez, Terres & Seigneuries iouyr
par noftredic oncle & tante de Romont, & Françoife fa fœur , leurs
hoirs , fuccefleurs & ayans caufe, à toufours, comme de leur propre
chofe & vray heritage, nonobftant lefdits confifcations , dons & decla-
rations qui s’en pourroient eftre enfuiuis , alienations & verifications,
qui d’icelles Villes, Comtez, Places, Maifons, Terres & Seigneuries pour-
roient auoir efté faires par noftredit feu Seigneur & pere, nous ou autres
quelfconques, & à quelque autre perfonne que ce fuft. Et lefquelles en fa-
ueur de nofdits oncle & tante de Romont, & pour les caufes deflufdites,
caffafmes & reuoquafmes, & lefdices Comtez, Villes , Places, Maifons,
Terres & Scigneuries reftituafmes & delaifflafmes au profit & vrilité de
nofdits oncle & tante, leurs fuccefleurs & ayans caufc, ainfi que toutes
ces chofes font plus au long contenués en nos Lettres Parentes fur ce expe-
diées , données à Melun le vingt-huitiefme iour de Ianuier mil quatre cens
quatre-vingts-quatre, par vertu defquelles, & en dedans l’an de la date d'i-
celles, nofdits oncle & tante ont recouure la iouyffance de la plufparc def.
dites Comtez, Terres & Scigneuries. Mais pource que de ceux qui dete.
noient & occupoient lefdites Comtez, Terres & Scigneuries, par dons qu’ils
ou ceux dont ils ont caufe, s’en difent & pretendent auoir eu de noître-
dit feu Seigneur & pere, ou de nous, ont appellé, ou fe font portez pour
appellans de nofdices Lettres, ou des executeurs d'icelles, & que icelles
ne contiennent expreflement claufe de nonobftance de l’Arreft rendu par
ladite Cour de Parlement, parties ouyes, à l’encontre dudit feu Louys de
Luxembourg au mois de Décembre mil quatre cens foixante & quinze,
& que nofdites Lettres ne fonc affez amplement declaratiues de noftre ins
tention, plaifir & volonté , combien que deflors noftre intention eftoit de
remettre nofdits oncle & tante en la iouyffance de leurs biens, nonobftant
ledit Arreft, iceux nofdits oncle & tante fe font trouuez en grandes inuo-
lutions de proces en noftredite Cour de Parlement; mefmement fous om-
bre de ce que lefdites parties, ou ceux dont ils ont caufe, fe difent auoir
iouy ou efte poficfleurs defdices Terres durant les dernieres gueres, & de-
puis ledit crairé de paix iufques au temps de l’oétroy de nofdites Lettres
ZZzii
148 7.
Elles font ey-
deffusp. 469.
3 Q
148
559 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
6. du vingt-huitiefme iour de lanuier, & que ils fe difent eftre fpoliez par
noftredit oncle & tante. Par quoy requierent & demandent lefdices parties
aduerfes eftre reintegrées & remifes en la poffeflion & iouyffance defdites
Comtez & Terres, durant lefdits procés , ainfi qu'ils eftoient au temps de
l'oétroy de nofdites Lettres, laquelle chofe, fi elle fe faifoit, la grace que
auons faite à nofdits feu oncle & tante ne leur feroit d'aucun fruit ou effce,
& ne iouyroient pleinement dudit traité de paix, par lequel eft dit que aux
fuiets d’vn party & d’autre qui retourneront à leurs biens, l'on ne pourra
obiicer aucune poffeffion pour le temps que la guerre a duré, depuis qu’el-
le commença du temps dudit feu Duc Charles, qui fut en l'an mil quatre
cens foixante & dix. Par quoy à nofdits oncle & tante qui retournent à
leurfdits biens en vertu dudit craité de paix, & en faueur d’iceluy leurfdites
parties aduerfes ne peuuent obiicer la pofieflion ou detention qu'ils ont eu
defdits biens, depuis lefdites guerres commencées audit an foixante & dix.
Pendant lefquels procés, qui encore font indecis, noftredit oncle de Romont
cft aile de vie à crefpas, delaiffant noftredite tante fa compagne en bien ieu-
ne sage, laquelle, aprés ledit trefpas, gardant la loyauté qu’elle nous doit, s’eft
vertueufement & foigneufement aquirée à la garde de fes places de Han,
Bouhain, Beaureuoir, Oyfy, Saint Paul, Tingry, Hucqueliers, Villepernes,
Feruens, Ligny fur Cauche, & autres qu’elle a en noftre obéïflance, fur les
frontieres des Pays de Flandres & de Hainaut, en façon que graces à
Dieu n’en eft venu aucun danger ou inconuenient, Et auec ce, pour te-
nir noftre party, & demeurer en noftredite ob£iffance, elle a abandonné
les biens qu'elle a éfdics Pays de Flandre, Hainaulc & Brabant , en valeur
de vingt à trente mille francs de reuenu par an: Pour lefquelles confidera-
tions, & aufli que defirons la tenir entour nous en noftre party & obeif-
fance, tant pour le bien d'elle, amour & affeétion que auons à fa perfon-
ne, que aufhi pour le bien & feureté de nous & de noftre Royaume, en
tant qu'elle a lefdites fortes places fur les froncieres de noftre Royaume,
tres-vtiles & fecourables; & auffi que audit pays de Flandre elle a de fon
ancien patrimoine & heritage les Villes, Places , Chafteaux , Haures &
Ports de mer de Dunkerque, Bourbourg & Grauelingues, à deux lieués prés
de Calais; & éfdits pays de Hainault & de Brabant, plufeurs autres fortes
places qu’elle à bien intention de recouurer, & nous en faire feruice, Nous
l’auons fait requerir qu’elle veuille prendre party en mariage, qui nous foit
feur & loyal. Et luy auons efcrit, fait dire & promis, que au ‘cas que en
ce elle nous vouluft complaire, nous la ferions iouyr entierement dudic
craité de paix, felon la requefte qui lors en fut faite; & luy donnerions tel-
le prouifion qu’elle demeureroit feure & paifñible au retour à fefdits biens,
& ferions cefler tous procés meûs ou à mouuoir, pour empefcher ledit re-
tour & recouurance defdits biens. À quoy np tante, de fa bonne &
franche volonté s’eft inclinée, & à noftre requefte & faueur, & fous ladi-
te promefle, a confenty de prendre à mary & efpoux noftre tres-cher &
tres-amé coufin Françoë de Bourbon, Comte de Vendofme, nous requerant &
fuppliant tres-humblement que auf noftre plaifir foit, en fuiuant ce que
nous luy auons efcrit, fait dire & promis, la tenir paifible en la iouyffance
€ pofleffion de tous fefdits biens, Terres & Seigneuries, abolir & mettre
tout au neant les procés meüs & pendans, & qui fe pourroient mouuoir à
l'encontre de noftredit feu oncle & d'elle, & aufli à l'encontre des Ofi-
cicrs, feruiteurs & fuiets defdites Terres qui les ont aydé, adheré, affifté
& fauorifé au retour & recouurance defdits biens. Pour ce eft-il, que nous
ces chofes confiderées ,ayans regard à la Requefte faite à noftredit feu Sei-
gneur & pere & à nous par les Ambafladeurs de nofdits beau-pere, frere
& Eftats de leurs pays, voulans aufli traiter bien & fauorablement noftre..
DV ROY CHARLES VIIL sn
dite tante ,cant en faueur de la proximité de lignage dont noftredit coufin
& elle nous attiennent, & le grand feruice qu'elle nous a fait en la garde
de fefdites places, & efperons qu’elle fera de bien en mieux, que auffi pout
1e plaifir & honneur qu’elle nous fait & porte de foy volontairement ac-
corder & confentir au mariage de noftredit coufin & d'elle; & mefme-
ment pour le grand bien & feureté qui de ce peut aduenir à nous & à la
chofe publique de noftre Royaume, & le danger qui au contraire euft pu
enfuiure, fi elle fe fuft alliée au party à nous contraire, auquel elle a la pluf:
part de fefdits biens; confiderans aufñli les grands, louables & recommanda-
bles feruices que noftredit coufin de Vendofme 2 faits dés fon ieune aage
à feu noftredit Seigneur & pere, & à nous fait & continué chafcun iour,
& que efperons que encore plus il fera au temps aduenir, & autres iuftés
caufes & confiderations à ce nous mouuans: Nous, en vfant du droit, pou-
uoir & faculté qui par ledit traité de paix eftoient referuez à feu noftredit
Seigneur & pere & à nous fon fucceffeur à la Couronne, de pouuoir ap-
pointer fur la Requefte faite par les Ambaffadeurs de nofdits béau-pere &
frere, & gens des Eftats de leurs pays, & pour donner à connoiftre à nof-
dits beau-pere, frere & Eftars defdits pays, que de noftre part auons touf.
jours efte & fommes enclins à toutes chofes qui tendent au bien, entrete-
nement & feureté dudit trairé de paix; en faueur aufli & contemplation
dudit mariage , auons de noftre propre mouuement, certaine fcience, gra-
ce fpeciale, pleine puiffance & autorité Royale par forme d’Edit perpetuel
de paix, & par l’aduis & deliberation des Princes & Seigneurs : noftre
fang & Gens de noftre grand Confeil eftans lez nous, voulu, confenty, ac-
ps & declaré, voulons, confentons, accordons & declarons noftredite
tante, tant pour elle que pour ladite Françoife fa fœur noftre coufine ,eftre
pleinement & entierement comprifes, & lefquelles nous comprenons audit
traité de paix , & leur auons accordé & confenty, accordons & confentons
qu’elles retournent à tous & quelfconques les biens, Terres & Seigneuries
qui furent aufdits feus Louys de Euxembourg, Ieanne de Bar fa femme,
Ican & Pierre leurs enfans , nonobftant quant à ce ledit Arreft donné au
mois de Decembre à l'encontre dudit feu Louys de Luxembourg, & quelf-
conques autres Arrefts, Sentences , Declarations, confifcations au contrai-
re, ou forclufions de treues precedentes, ainfi & par la maniere que par
lefdirs Ambaffadeurs auoic efté requis. Ec icelle leur Requefte enterinant,
& de noftre mefme grace, pleine puiffance & autorité, voulons que ce foir
de telle force, valeur & effet, comme fi lors que fut fair ledit traité de
paix, l'article & Requefte defdits Ambaffadeurs leur euft efté confenty &
accordé purement, fans referuation aucune, & que le cout euft eftc deflors
confirmé par noftredit feu Seigneur & pere, & par nous fon fucceffeur , &
deflors verific & enregiftré en noftredite Cour, & en nos Chambres des
Comptes & du Trefor, comme fut ledit traité de paix, & voulons que ce
membre & article foit tenu aufli valable que les autres points & articles du-
dit traité de paix lors accordez, & outre que toutes les dihgences faites
par noftredic feu oncle & tante en dedans an, enfuiuant nos Lettres du-
dit vingt-huitiefme lanuier deflus mentionnées, pour les biens defia par
eux recouurez, & qui fe feront pour les biens qui encore font à recou-
urer, foient de tel effet, force & valeur , que fi faites euflent efté dedans
l'an dudit traité de paix, & en vertu d’iceluy, nonobftanc lefdits dons, alie-
nations & verifications d’iceux, & quelque poffeilion ou iouïflance qu’en
pourroient auoir euës ou pretendre ceux aufquels lefdits dons ont efté
faits depuis ledit an foixante & dix, au moyen des conffcations deffufdi-
tes, & la reintegration par eux requife, lefquels dons & confifcations auons
declaré & declarons non deuoir fortir aucun effec, fauf coutesfois que les
1487.
— 55 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
1 48 7. fruits & leuces qui par cy-deuant ont efté pris & receus à vitre defdits
| dons & confifcations , ne feront aucunement rendus ni reftituez à nofdites
tante & coufine, mais demeureront à ceux à qui les dons en auoient cfté
faics. Et au furplus, en interpretant plus clairement nofdites Lettres du
vingt-huitiefme Ianuier , auons pareillement declare & declarons eltre
noftre intention auoir compris par icelles feu noftredit oncle & noftredite
tante audit traité, auffi amplement que deflus eft dit. Et afin que icelle
noftre intention fortifle fon plein & entier cffer au profit de noftredite
tante, & qu'elle ne foit fruftrée de noftredite grace, ny de ce tenuë en
procés , Nous, en vfant du pouuoir & faculté que deflus, auons de noître
grace fpeciale, pleine puiffance & autorité Royale, pour le bien de ladite
paix, & aufli pour nous acquiter de la promefle que luy auons faite, en
faueur & contemplation dudit mariage, & pour le grand bien & feureté
qui à cette caufe peut aduenir à nous & à noftredit Royaume, aboly &
mis, aboliflohs & mettons du cout au neant,tous & chafcuns lefdits procés,
leurs circonftances & dependances éfquels noftre tante, fes feruiceurs,
Officiers & fuiets defdites Terres font en caufe, foit contre partie, ou con-
tre noftre Procureur , en quelque eftat qu'ils foient, & comme fil'eftat d’i-
ceux eftoit plus au long mis & declaré en ces Prefentes. Et fur ce auons
impofc & impofons filence perpetuel à noftredit Procureur & aufdites par-
ties , leurs hoirs & ayans caufe , & à tous autres, le tour en enfuiuant ledit
traité de paix, & la Requefte qui lors en fut faite, Si donnons en mande-
“ment par ces mefmes Prefentes à nos amez & feaux Confeillets les Gens
tenans noîftre Cour de Parlement à Paris, Gens de nos Comptes, & Tre-
foriers de France, & à tous nos autres Iufticiers & Officiers, ou à leurs
Licutenans, prefens & à venir, & à chafcun d'eux fi comme à luy appar-
tiendra, que de tout le contenuen ces Prefentes ils faflent, fouffrent & laif-
fent iouyr & vfer noftredite tante Françoife fa fœur, & noftredit coufin
de Vendofme, futur mary d’icelle, noftre tante, leurs hoirs & ayans caufe,
pleinement, paifiblement , & entierement, fans aucun contredit ou diffi-
culté. Et afin que ce foir chofe ferme & ftable à roufours, Nous auons fi-
gné ces Prefentes de noftre main, & à icelles fait mettre noftre feel, Donné
à Ancenis au mois de Juillet, l’an de grace mil quatre cens quatre-vingts-
fept,& de noftre Regne le quatriefme. Sic Jignatum fub plica, CHARLES. Ef
; Le Chance. fyper plicam, Par le Roy,les Comtes de Clermont & de ge Se vous *,
nn les Seigneurs de Grauille Admiral de France, de Curton, de Piennes, de
| Lifle, de Grimault, & autres prefens, Damont. Vifa. Et ejf fériptum Lette,
pablicats, € regifirats, abfque praiudicio iurium Ludouici de Luxemburço. Et ad
ons oo partium sntereffe habentium , fécundum quod €* quibus per
Curiam ordinabitur fiende. Acfum in Parlamento decima Jeptima die Decembris ,
to 2 millefimo quadringentefimo olfuagefimo fêptimo. Sic fignatum ,
artelier, + 4
Procuration donnée par François Comte de Vendofme à Louïs de Bourbon
_ Euefque d'Anranches, pour efpoufer en fon nom Marie de Luxembourg,
| file du deffuns Conne fiable de Saint Paul, :
A Clifon le F Rançois DE BovrBon, Comte de Vendofinois, Seigneur d'Ef.
3. Aouft | |
1487. pernon & de Regnialart : À tous ceux qui ces prefentes Lectres ver-
ront , Sal. Comme paroles ayent efté traitées par Monfeigneur le Roy
du mariage de noftre tres-chere & tres-amcée coufine Marie de Luxem-
bourg , Comteffe de Romont, & de Nous, laquelle chofe nous a efté & eft
tres-agreable, tant pour les vertus & bonnes mœurs de noftredite couli-
: nec »
|
Dv ROY CHARLES VIII 553
ne, que pour l'alliance que defirons auoir & prendre à fa Maifon : Sçauoir
faifons que pour la finguliere & entiere confiance. que nous auons de la
perfonne de noftre tres-cher & amc frere Meffire'Loys de Bourbon Euef:
que d'Auranches, iceluy pour ces caufes auons fait, Aomme, conftitué, or-
donné & eftably, & par la teneur de ces Prefentes' faifons, nommons,
conftituons, ordonnons & eftabliflons noftre Procureur General, & cer-
tain Meffager fpecial, feul & pour le tout en fon abfence nos chers & bien-
amez Iean de la Bechere, & François de Fauieres nos Maiftres d'Hoftels,
&c Maiftre Leon Tudert noftre Confeiller, aufquels & chacun d’eux Nous
auons, en l’abfence de noftredit frere comme dit-eft , donné & oëroyé,
donnons & oëétroyons par cefdites Prefentes, pleine puiflance & auétorité,
de traiter, conuenir, appointer & accorder auec noftredite coufine de Ro-
mont, touchant le traite dudit mariage d'elle & de nous, & de fur ce paf-
fer en main de Notaires Lettres bonnes & valables fous telles formes de
paroles, fceaux & Contrats que befoin fera pour la feureté de noftre-
dite coufine & de nous , promettant en bonne foy &r fous l'obligation &
hypotheque de tous & chacuns nos biens, meubles & immeubles prefens
& à venir,auoir agreable, ferme & ftable à toufiours tout ce que par nof.
dits. Procureurs & chacun d’eux fera fait, befogné, conuenu & accordé en
la forme que dit eft, auecque noftredite coufine ou fes gens, & comme
ayans d'elle pouuoir fuffifant quant à ce, & le ratifierons, confirmerons &
approuuerons toutes les fois que meftier en fera, & requis en ferons, &
voulons qu’il foit de tel effet, vertu & valeur comme fi fait, pañlé & accor.
dé auoit efté par nous-mefmes, iaçoit qu’il y euft chofe qui requiert man-
dement plus fpecial. En tefmoin de ce Nous auons figne ces Prefentes
de noftre main, & fait féeller de noftre féel. Donné à Cliflon le troifiefme
jour d’Aouft l’an mil quatre cens quatre-vingts-fept. Signé, FRANçors.
Et fur le reply eft efcrit, Par Monftigneur le Comte Loys, Monftigneur de Beur-
bon, G* autres prefens. Signe, De Vendofme.
Fe Pris fur l'Original.
(ontract de Mariage d François de Bourbon Comte de Veñdofme,
auec Marie de Luxembourg Comteffe de Saint Paul @ de Romont.
Tovs ceux qui ces prefentes Lettres verront ou oiront. Iean de
Vendeüil Licentié en Loix, Garde de par le Roy noftre Sire du Séel
Royal de la Baillie de Vermandois, eftably de par iceluy Seigneur à Saint
uentin , Salur. Sçauoir faifons que pardeuant Nicolas Deflus - le - Mouf-
cier, & Pierre Lafcherois Tabellions Royaux en la Preuofté dudit Saint
Quentin, demourans à Ham, lurez & Commis en ce cas , font comparus en
leurs perfonnes Reuerend Pere en Dieu Monfeigneur Louÿs de Bourbon
Eucfque d'Auranches , au nom & comme Procureur de Haut & Puiffant
Prince Monfeigneur François de Bourbon Comte de Vendofmois, Seigneur d’Ef-
pernon, accompagné de Nobles hommes Meflire François de Fauieres, Che-
ualier, Seigneur dudit lieu, [ean de la Befchere, Seigneur de la Fertiere,
& Maiftre Leon Tudert Aduocat en Parlement, Ambafladeurs d’iceluy
Scigneur ,fondez par Lettres de Procuration, & commiflion cy-apres infe-
rées d’vne part; & Haute & Puiffante Princefle Madame Marie de Luxem-
bourg, Comteffe de Romont, de Saint Paul, de Liney, de Conuerfän, de Veyenne,
de Marle, @ de Soiffons, Vicomreffe de Meaux, Dame d'Anguien, d'Oify, de Ham,
de Bohaing, de Beauuoir, de Dunkerque, de Bourbourg, de Graucligne, de Rodes,
de Luceu, de Tingry, Hucqueliere, de Venduel , d'Aily fer voye, de Faily, des
Thonlieux en Bourges, G Chaff:llenie de l'1ffe, accompagnée de Reuerend Pe-
re en Dieu Monfieur Charles de Luxembourg, Euefque & Duc de Laon,
| À À aa
1487
A Ham f#,
Septembre
1487.
1l faut roi.
er ces Titres
dans l'Hifloi.
re de Luxem.
bourg de Vi.
£gnser 50 4
148 7:
554 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
Pair de France fon oncle, de Madame Jacqueline de Luxembourg , Com-
ceffe de Portian, Dame de Croy & d’Arfcot fa tante, & des gens de fon
Confeil eftans léz elle d’autre part, lefquelsen la prefence de Meflire Louys
de Halluin, Cheualier , Seigneur de Piennes, de Hunguenaur, & Cham-
bellan du Roy noftre Sire à ce Commis, & enuoye de par luy, ont reconnu
les traité & conuentions de Mariage, qui au plaifir de Dieu fe parfera d’en-
tre mondic Seigneur le Comte de Vendofme,& madite Dame de Romont,
our eftre fait, confenci, & accordé entre icelles parties fous les deuifes,
ais & maniere & conditions qui cy-aprés s’enfuiucut. Er premierement
lefdices parties fe font renués & viennent contentes des perfonnes, Eftars,
biens, cheuance, & vaillant l’vn de l’autre, Jrem, Que mondit Seigneur a
fait & conftitué , & par ces Prefentes mondit Seigneur d’Auranches au
nom & comme fon Procureur, fait & conftitué Doüaire à madite Dame
de Romont, au cas qu’elle furuiue ledit Seigneur , de la fomme de quatre
mille liures, vingt fols tournois pour la liure , de rente en afliere de terre fe-
lon les vz & couftumes du Pays, par chacun an, la vie d’elle durant , auec
maifon & place pour la demeure & Eftat de madite Dame, pour lequel
Douaire, au cas que cy-aprés il ait lieu, mondit Seigneur de Vendofme l'a
afligné & affigne fur les Chafteau, Ville, Chaftellenie, Terre & Seigneu-
rie de Montoire au Comté de Vendofmois, & fur les fruits, profits & re-
uenus defdites Ville & Chaftellenie, auec les appartenances d’icelles, lef-
ses à fruits & reuenus feront baillez à madite Dame par prifée de gens à ce
connoiïflans pour l’afliete defdites quatre mille liures tournois de rente,
par an, au cas qu'ils foient trouuez tant valoir, & de ce qu’ils feront
trouuez moins valoir defdires quatre mille liures tournois de rente, ma-
dite Dame fera aflignée par afliete de cerre, & prifée de gens à ce con-
noiffans fur les autres biens, Terres & Seigneuries de se | Seigneur de
Vendofme telles qu’elle voudra choifir hors la Comté de Vendofmois. Si
toutesfois les fruits & reuenus dudit Montoire eftoient trouuez valoir moins
de deux mille liures tournois de rente par an, l’on parfournira à madice
Dame iufques au parfait defdites deux mille liures fur les autres Terres au-
dit Comté de Vendofmois, au choix des heritiers de mondit Seigneur , &
les deux autres deux mille liures fe prendront en ce cas fur les autres Ter-
res dudit Seigneur, hors ladite Comté de Vendofmois, à iouyr de ladite
Place, Chaftel, Ville & Chaftellenie & Seigneurie de Montoire, fruits,
profits & reuenus d’icelle, pour autant qu'ils feront prifez & baillez en
aflicte felon ladite couftume, & pareillement des autres Terres & Secigneu-
ries qui feront baïllez pour parfournir lefdites quatre mille liures de ren-
te par madite Dame comme Dame Douairiere, & par fes mains en tous
honneurs, droits, profits , infticutions d'Officiers , À de Patronage, &
difpofition de Benefices fi aucuns y auoit, la vie de madite Dame durant,
& non plus. Jem, Que pour confideration que le Roy noftredit Seigneur,
en faueur & contemplation de ce prefent Mariage a fait, confenty & ac-
cordé à madite Dame, Lettres & prouifions bien amples pour la feureté &
recouurement des Terres & Seigneuries, qui furent aux Predecefleurs de
madite Dame, annulation & extinétion des procés que pour cette caufe
elle auoit en cette Cour de Parlement à Paris, lefquelles Lertres font en-
core en la main du Roy, & que mondit Seigneur de Vendofme à promis
éc fera tenu de les bailler & deliurer és mains & poffeflion d’elle auant au-
cuns fiançages ou cfpoufages, & aufli en faueur de mondit Seigneur, & du
Douaire qu’il luy a conftitué. Madite Dame a pareillement confenti & ac-
cordé, confent & accorde à mondit Scigneur de Vendofme, au cas qu'il la
furuiue, pareil Douaire de ladite fomme de quatre mille liures, vingt fols
tournois pour la liure chacun, la vie dudit Seigneur durant, aucc place &
DV ROY CHARLES VIII.
maifon telle qu'il voudra choifir, fauf & réferué les Chafteaux &c Villes de 1 4 8 7
Saint Paul & de Ham, pour lefquelles quatre mille liures de rente, ledic |
Seigneur prendra par prifée & afliere de terre felon les couftumes du Pays,
& par dire de pens à ce connoiffans, le reuenu de ladite place qu'il choifira,
&c des pieces prochaines iufques à deux mille liures de rente; & pour les
deux autres mille liures les prendra fur les autres biens, Terres & Sei-
neuries de madite Dame tels qu’il voudra choifir, fauf & referué le reue-
nu defdites Comtez de Saint Paul & de Ham, & iouyra mondit Seigneur
de Vendofme par fes mains des Terres & Seigneuries, fur lefquelles fe
prendront & affcéront lefdices quatre mille liures de rente, en tous droits
&c profits, inftitution d’Officiers , droit de Patronage,& difpofitions de Be-
nefices, la vie de luy durant tant feulement. J1e# , Encore pour confidera-
tion des peines, trauail, frais, mifes & defpens que mondit Seigneur dg
Vendofme aura pour le recouurer des biens, Terres & Seigneuries de ma-
dite Dame, qui font detenus par autruy, & pour la pacification & extin:
ion defdits procés, madite Dame a confenty & accordé, au cas qu’il la
furuiue, qu’il ait & prenne outre & pardeflus lefdites quatre mille liures de
rente à fa vie, la fomme de feize mille liures pour vne fois, fur ous & quelf-
conques les biens, Terres & Seigneuries de madite Dame. Et fi pour la re-
couurance defdites Terres & Scigneuries, lefquelles prefentement font és
mains d’autruy, mondit Seigneur de Vendofme faifoit plus grandes mifes &
defpenfes excedans ladite Eu de feize mille liures tournois, madite Da-
me y aura tel regard qu’il appartiendra, & pourra récompenfer mondit Sei-
gneur de Vendofme, Z#em, Et pource que madite Dame eft prefentement
chargée & pourfuiuie de plufieurs dettes, tant de feu Monfieur le Comte
de Saint Paul Conneftable de France fon grandpere, Monfieur le Com-
te Pierre fon pere aufquels Dieu abfolue, que d’autres contraëtées para-
uant ce prefcnt mariage, a efte confenty & accordé que les biens & che-
uances de mondit Seigneur de Vendofme ne feront chargez des dettes,
rentes & arreragcs pretendus & demandez par Madame Catherine dé
Luxembourg, Duchefle de Bretagne, Madame Helcine de Luxembourg,
Comrefle de Geneue, Monfeigneur Louys de Luxembourg, le Seigneur de
Mailly, foy-difant auoir le droit de Made de Rabodanges, ni aufli des
rentes, dettes, charges & hypoteques aflignées fur les biens, ‘Terres &
Scigneuries de madite Dame de Romont, ni de quelconques autres dettes
réclles , perfonelles, ou hypotequaires deuës & contraétées par madite Da-
me ou fes predeceffeurs auant ce prefent Mariage, fi auant que toutes lef-
dites dettes enfemble excedenñt la fomme de douze mille liures tournois.
Et parcillement les biens, Terres & ne nds de madite Dame ne fe-
ront chargées des dettes deuës par mondit Seigneur de Vendofme, quel-
les qu’elles foient auant ce prefent Mariage, excedans enfemble ladite fom-
me de douze mille liures tournois, pour les dettes deuëés & contraëtces
auant ledit mariage confomme, & aufñli pour les dettes qui feront contra-
êtées par lefdites parties depuis ce prefent mariage confommeé femblable.
ment. Quant aux acquefis &e meubles qu'ils auront & conquefteront conftant
ce prefent Mariage, Le cout fera commun entre eux, & fera party par moi-
tié entre le furuiuant d’eux-deux & les heritiers du premier mourant. /tem ;
& fi pour le payement & acquit des dettes deflus déclarées, d’aucunes d'i-
celles, ou d’autres contraétées par madite Dame de Romont ou fes prede-
cefleurs auant ce prefent Mariage , dont par l’article precedent les biens
de mondit Seigneur de Vendofme ne dojuent eftre chargez, ledit fieur
vendoit par exécution de Juftice, ou autrement, de fa volonté, pour éuiter
pire marché, aucunes de fes Terres, ou les engageoit, il &c aprés luy fes vrays
heritiers en aura & en auront leur recours fur les Terres & Scigneuries de
. A A2 i}
sé OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
1 4 9 n madite Dame, dautant qu’il apparoïftra mondit fieur de Vendofme auoir
vendu ou engagé lefdites Terres 2. le payement defdites dettes; & en-
core en ce cas,mondit Seigneur de Vendofme,au cas qu'il furuiue, madite
Dame pourra retenir aucunes des Terres d'elle, referue Saint Paul &
Ham, tant & iufques à ce qu'il foit remply du prix des Terres, qu’il au-
roit efté contraint vendre ou engager pour le payement ou aquit defdites
dettes, en faifant deuëment apparoir, & par les Lettres, de la contrainte &
du prix defdites vendition & engagement, & en deduifant par mondic
Seigneur les fruits, reuenus & leuées defdites Terres, qu'il retiendroit fur
& tant moins de ce qu'il auroit payé defdites dettes. Jrem, Et pource que
madite Dame de Romont a defa vne fille de fon premier Mariage, a efté
auifé que fi du Mariage de mondit Seigneur de Vendofme & de madite
Dame ne demeuroient que filles vne ou plufeurs, où s’il y auoit aucuns fils,
lefquels allaffent de vie à trefpas, fans hoirs de leurs corps, tellement que
Mademoifelle de Romont, fille de madite Dame demeuraft heritiere princi-
pale d’icelle Dame fa mere, & des biens de la maifon; en ce cas les filles
dudit fecond mariage pour leur prouifion & auancement de leur mariage,
auront & pretendront fur tous & quelfconques les biens, Terres & Sci-
.gneuries de madite Dame de Romont leur mere, outre & pardeflus cel
droie naturel & couftumier qui leur competeront & appartiendront à l’en-
contre de madite Damoifelle Françoife leur fœur aifnée; A fçauoir fi du-
dic fecond mariage ne demeuroit qu’vne fille, elle aura & prendra fur
cous lefdies biens serre fon droit naturel & couftumier la fomme de.
crois mille francs, feize fols tournois pour le franc, de rente, ou la fomme
de foixante mille francs dite monnoye pour vne fois; & s’il y a deux filles
ou plufieurs elles prendront fur tous lefdits biens, la fomme de fix mille
francs pour an, ou la fomme de fix-vingts mille francs dite monnoyÿe pour
vne fois à partir & diftribuer lefdites rentes par an, ou fomme pour vne
fois, à l'Ordonnance & difcretion de mefdits Seigneur & Dame leur pere
& mere, ou du furuiuant d'eux. Et pareillement s’il aduient que dudit ma-
riage forte vn fils ou plufeurs qui foient viuans au iour du trefpas de ma-
dite Dame de Romont leur mere & que Mademoifelle de Romont ne foi
heritiere principale des biens de la maifon; en ce cas , icelle Damoifelle
pour la prouifion, bien & aduancement de fon mariage , aura & prendra
fur tous les biens, Terres & Seigneuries de madite Dame fa mere, outre
& pardeffus fon droit naturel & couftumier,la fomme de trois mille francs
cels que dits font de reuenu par chacun an, ou la fomme de foixante mille
francs monnoye deflufdite pour vne fois, dont dés maintenant à la venuë
dudit cas , madite Dame de Romont pour l'amour & affcétion qu’elle à à
ladite Damoifelle Françoife fa fille, luy a faic don & auancement , lequel
auancement de madite Damoifelle Françoife ceflera au cas qu'elle foit he-
ritiere principale; & font à entendre les prouifions faites pour les filles dudic
premier & fecond mariage, au cas que du viuant de mefdits Seigneur & Dame
leur pere & mere elles ne fufflent autrement pourueués & defa alliées par
mariage, auquel cas lefdices prouifions pour elles aduifées ceffcront. Et fi
madite Dame auoit fait, ou faifoit auant la confommation de ce prefent
mariage aucuns auantages à Mademoifelle Françoife de Romont Ê fille,
pardcflus lefdits trois mille francs de rente, & il aduint que madite Da-
moifelle de Romont foit & demeure heritiere principale de madite Dame
fa mere & des biens venans de fon cofté, ledit auancement à elle fait ou à
faire , ou recompenfe bonne. & fuffifante, en pareil Titre, Seigneurie &
valeur, fera & appartiendra à la fille aifnée dece prefent mariage. Item, Eft
traité & conditionné que mondit fieur de Vendofine ne pourra vendre,
Charger ne aliener les Terres & Scigneuries venans du cofté de madite Da-
mo must M
DVROY CHARLES VIIL s5; ——
me, Hi ce n’eft pour fournir aux dettes, charges & affaires procedans d’el- r 48 7
le , pour redemprion de fa perfonne, au cas qu’il fuft prifonnier, ou autre
grande & vrgente neceflité, Touresfois par cér Article lon n’entend pas
ue Madame de l’authorité de mondit Seigneur fon futur mary ne puifle
difpofer de fefdites Terres & Scigneuries, pour en faire partage ou proui-
fion à fes enfans, tant du premier que du fecond mariage, à Mademoifelle
. de Saint Paul fa fœur, à Melieurs fes oncles & trantes, ou aufli en faire
don à aucuns fes feruiteurs & bien mericans, les efchanger, ou autrement
en difpofer à fon plaifir & volonté, dont madite Dame, par l'autorité que
deflus a retenu & retient en elle la faculté & puiffance. 11m, a efté aduifé,
s'il y a plufeurs fils nez de ce prefent mariage, que le fecond d’aprés le
crefpas de madite Dame, prendra titre de la Comté de Saint Paul, & aura
pour fon partage, & au lieu de fes droits naturels, ledic Comté, & ce au
cas que lefdits Seigneur & Dame n’en ayent conftant leur mariage autre-
ment ordonne & difpofé. Tous lefquels points & articles deflus efcrits, &
le contenu en iceux mondit Seigneur l'Euefque d’Auranches au nom &
‘comme Procureur de mondit Seigneur de Vendofme, & madite Dame de
Romont en fa perfonne, ont gréé, confenty & accordé, gréent , confen-
tent, accordent & promettent les entretenir l'vn enuers l’autre, leurs en-
fans nez & à naiftre, leurs hoirs & fuccefleurs, & ce fous l'obligation de
tous & quelfconques les biens, Terres & Seigneuries de mondit Seigneur
de Vendofme & de madite Dame, de leurs hoirs prefens & à venir, que
quant à ce mondit fieur d’Auranches au nom que deflus, & madite Dame
; en ont foumis, obligé & hypotequé, foumettent, obligent & hypotequent,
accordent pour feureté d’eux, de leurfdits enfans, & de leurs hoirs, la
main du Roy noftre Sire par forme de nantiflement eftre mife & ailife fur
toutes leurs Terres, Seigneuries, heritages & biens quelfconques pour l'ac-
compliflement des chofes deflufdites, & de chacunes d’icelles, & les dé:
fenfes eftre faites aux fieurs Baillifs ou Lieutenans, defquels leurfdites Ter:
res & Seigneuries font tenuës & mouuantes, de n’en faire ou receuoit aue
| cune deffaifine, ou desheritement que ce foit à la charge des points & articles
| cy-deflus confentis & accordez, renonçans lefdites parties par leur foy &
|
|
ferment à toutes chofes quelconques qui aider & valoir pourront à eux
pour aller faire ou venir contre la teneur & effec de ces Prefentes, & au
droit, difant generale renonciation non valoir. Fait, paffé, confenty G accordé
par lefdites parties au Chafteau de Ham, en la prefénce defdits nommez
cy-deflus, & des gens du Confeil de madite Dame , auquel eftoienc
Meflieurs Anthoine. d’Ailky fieur de Varennes , Charles de la Vicuuil-
le Seigneur de Freftoy Senefchal de Saint Paul, Gerard Dathieu, fieur
de Moyencourt, Capitaine de Ham, Cheualier , Maiftre Iean Dauffay,
Laurent fieur de Chalus, Iean d’Eftauaire, Gouuerneur de Marle , Iean
de Honnecour Maiftre d’Hoftel, Bailly de Dunkerque, Maiftre Raoul le
Normant, tous Confeillers de madite Dame, le huitiefme iour de Se
pcembre , l'an mil quatre cens quatre-vingts-fept. En tefmoin de ce,
Nous Garde deffufnomme, à ka relation defdits Commis Jurez, auons mis
à ces prefences Lertres le féel Royal de Baillie, Ce fur fais l'an & jour que
deflus. Signé, Lachero , & de Suflemontier. Sur le reply, Signé, de Goufew
cour, Et fecllces de cire verte. | |
Pr de l'original,
cire
AAaa ii
148 7.
A Rouen 18.
Nouembre
1487.
V4
* C'eft le
traitée d'Ar-
vu. V.p. 324.
* Frere,à cau-
fe du mariage
du Roy #uec
[a jœur Mar.
guersre, qui
n'eut posnt
d'effet.
553 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
Lettres du Roy Charles VIII. par lefquelles il veut que Marie de Lu-
xembourg ,veune de Jacques de Sanoye Comte de Romont , @ Françoife
de Luxembourg [a fœur, foient comprifes au Traité de Paix fait entre
Louis XI. fon Pere € le Duc Maximilian d'Autriche er Phi-
lippes fon F ils Comte de Flandres | dj que les biens de Louïs de Lu-
xemborg Comte de Saint Pol éx Conneflable de France leur foient
rendus Qr reffituex.
Harzes par la grace de Dieu Roy de France. A nos amez &
feaux Confeillers les Gens tenans noftre Cour de Parlement à Paris,
Salut Gr: dileétion. Comme par nos autres Patentes en forme de Chartre
données à Ancenys au mois de luillet dernier pañlé , & pour les caufes à
plein contenuës & declarées en icelles , mefmement pour confideration de
ce que noftre tres-chere & tres -amce tante Marie de Luxembourg, — le
“oh Le de feu noftre oncle Zacques de Sasoye , jadis fon mary, en fon vi-
uant Comte de Romont, s’eftoit foigneufement acquitée pour Nous en
noftre Royaume, à la garde des places de Ham, Bobain, Beawreuoir, Oifÿ,
Saint Paul, & autres qu’elle tient en noftre obcïflance , dont autrement
fuffent aduenus grands dommages & inconueniens à noftredit Royau-
me, veu les guerres & diuifions qui en iceluy ont efté fufcitées par au-
cuns nos rebelles & defobeiffans Suiets. Nous, pour le bien & feureté prin-
cipalement de noftredit Royaume, auons de noftre propre mouuement,
certaine fcience, grace fpeciale, pleine puiffance & authorité Royale, vou-
lu, confenty, accordé & declare noftredite tante, tant pour elle que pour
noftre tres- chere & amée coufine de Luxembourg fa fœur , eftre pleinement
& enticrement comprife au traité de paix * fait entre feu noftre tres-cher
Seigneur & Pere que Dieu abfolue & nous d’vne part, & le Duc Maxi-
milian d’Auftriché & noftre tres-cher & tres-amé frere * & coufin le
Comte de Flandres fon fils, & les Eftats des pays de noftredit frere &
coufin d’autre part, & leur auons accordé & confenty qu’elles retournent
à cous & quelfconques les biens, Terres & Seigneuries qui furent à feus
nos coufins & coulines Louïs de Luxembourg , Ieanne : Bar fa femme,
Iean & Perrenet leurs enfans, ainfi que par nofdites lettres lefdites chofes
& autres apparoiflent plus amplement, lefquelles nos Lettres auons voulu
eftre par vous enterinées. Mais à l’occafon de ce que aucuns fe vantent
donner empefchement & contradiétion fous couleur de certains dons, qu'ils
precendent à eux auoir efté faits par noftredit feu Seigneur & Pere, il eft
aduenu que ceux qui verront volontiers le trouble & le dommage de nof-
tredit Royaume , s'efforcent de faire fuborner noftredite tante, & de luy
donner à entendre que nofdites Lettres ne feroient point enterinées, ob-
ftant ladite contrauention, & par cela cuidant induire à changer la bonne
volonté & affection qu’elle a de renir noftre party, & garder lefdices pla-
ces pour nous, & auec ce l'exhortent de foy allier par mariage ou autre-
ment ailleurs que en noftredit Royaume, ainfi que bien fommes aduertis:
ce qui pourroit eftre caufe de grands maux, dommages & inconueniens,
attendu & confideré la fituation d'icelles places, & la guerre que auons
prefentcement, fi prouifion n’y eftoit donnée, Pour quoy nous bien recors
de l’oétroy de nofdites autres Lettres, & des caufes qui à ce nous ont
meu, & mefmement & principalement pour le grand & euident profit &
feuretc de nous & de la chofe publique de noftredir Royaume, & afin
de Cuiter aufdits dommages & inconueniens, pour ces caufes & autres
DV ROY CHARLES VIII 559
grandes, & iuftes confiderations à ce nous mouuans , & fur ce aduis &
deliberation efés auec les Princes & Seigneurs de noîftre Sang & lignage
cftans lez nous & Gens de noftre Confeil: vous mandons , & pour ce que
nofdites autres Lertres font à vous adreflantes, commettons & expreflé-
ment enioignons que vous procediez à l’enterinement de nofdites Lettres,
& au furplus appellé noftre Procureur, & ceux qui feront à appeller ar_
bitrez en vos loyautez & confciences la recompenfe telle que us droit
& raifon deura eftre faite aux parties pretendans auoir droit éfdites places
au moyen defdits dons ainfi qu’il appartiendra, fans toutesfois pour ce re-
tarder ne differer l’enterinement de nofdites autres Lettres, laquelle re-
compenfe nous leur ferons faire fournir , bailler & deliurer bien & deué-
ment ainfi que par vous fera aduifé, en faifant nofdites tante & coufine
jouir & vfer entierement, pleinement & paifiblement du contenu éfdites
Lettres felon leur forme & teneur, fans fouffrir ou permettre aucun def-
tourbier ne empefchement leur eftre fait mis ou donné au contraire, en
quelque maniere que ce foit : Car ainfi Nous plaift-il eftre fait. Dos-
né à Roüen lc dix -huitiefme iour de Nouembre l'an de grace mil quatre
cens quatre-vingts - fepr , & de noftre regne le cinquiefme. C4inf
figné, Parent. Par le Roy le Comte de Clermont & de la Marche, Sei-
gneur de Beauieu, vous *, Admiral , les fieurs du Bouchaige, de Lifle, de
Grimaulc, & de la Roche, Bailly de Mafcon, & autres prefens.
Pris fur un ancien Vidimus eftrit du temps mefme.
_eÆArreft du Parlement de Paris en faueur de Marie ex Françoife de
Luxembourg ; qui ordonne que les biens qui anoient appartenu a Louïs
de Luxembourg leur pere, leur feront rendus ex refiituexz en
confequence des Lettres ä eux accordées par le Roy Charles VIII.
Cét Arreft eft contre Gwy Pot Bailly de Vermandois, & Charles
d'Amboife Seigneur de Chaumont, qui auoient obtenu la con-
fifcation de ces biens. Il y auoit encore d’autres Donatai-
res, qui eftoient Georges de la Trimouille, Seigneur de Craon,
Pierre de Rohan Seigneur de Gié , Marefchal de France, 4n-
thoine Baflard de Bourgongne, Louïs de Grasille, Seigneur de Mon-
taiou, Jean Bloffet Sicur de Saint Pierre, & Jacques de Luxem-
bourg, Seigneur de Richebourg, frere du deffunt Conneftable.
Mais il n'y eut aucuns de ceux-là Le s’oppoferent à l’en-
terinement des Lettres accordées par le Roy. Ainfi l’Arreft
qui fuic n’eft rendu que concre les deux premiers.
AROLVYS, Dei gratis Francorum Rex. Vniserfis prefèntes litteras inf:
peiturës , Salutem. Notum facimus quod cum in prolocutione tracfatws pa-
cis in villa noffra Attrebati inter bone .memorie defunifum cariffimum Dominum
G* progenitorem noffrum G* nos ex una parte, C cariffimos dileüfiffimofque con-
Jangçuincos Ducem Maximilianum Auffric focerum, Ducemque Philippum eius f-
lium fratrem noffros, G gentes flatuum, patriarum ditfi fratris noffri ex altera
facte © conclufe faper eo quod dicerent Ambaxiatores dilforum foceri € fratru
noffrorum fsarumque patriarum, quod defunéfa amita noffra Margareta de Sa-
baudia tunc relicfa fun: auunculi noffri Petri de Luxemburgo , Comitis de
Brienna, nec non dileéfa confanguines noffrs Mari& de Luxemburço cius filia pri
148 7.
* C'eff le
Chancelier.
10, Feuriers
z # 8 8,
géo OBSÉRVATIONS SVR L'HISTOIRE
1 4 8 7. mogenitä, que pofiea cum defunéto aunncwlo pofiro Iacobo de Sabandia Comite de
Romont nupta fucrat, 46 Francefra cs Joror, in © fuper dit tratfatu pacis
pro ad omnia bona de quibns defunéfi Ludouicus de Luxemburgo, dum viueret,
Comes Sanéti Pauli, ac Conneftabularius Francie, C° Joanna de Bar dudum eius
uxor, Ioannes de Luxemburgo corum filius primogenitus , Comes de Merls, cd
diffus Petrus de Luxemburgo fécundo genitus vita corum comite, nf fuerant €
ganifi, reuertendo , fên ila apprehendende poneretsr © comprehenderetur arreffss ,
féntentiis, confifcationibus, declarationibus , feu treugarum féclufionibus preccden-
jibus, nonobffantibus quibuftumque, requilicrant € fupplicancrant diéte amita dr
confanguince noffre , ut ditre pacis bencficio uterentur gauderent, ita amer quod
ile tunc dicfe confanguines noffrz ad fua bons minime reuerterentur, verum guod
earum materiam few cafum erga dilfum defunéfum Dominum ° progenitorem nof°
trum G nes dum foret opportunum profequi poflent C* valent, diifum fuiffét ex-
prefe refponfum. Sub qua [pe œ fiducia dicti Ambaxiatores , fherantes in fu
surum dictum defunéfum progenitorem noffrum ,nofque cum primo de meritis re-
rum informaremur, diéte fupplicationi fine requeffle annuere ad ditéum pacs tra
étatum fe condefcendiffent, G deinde deffinati Jeu per ditfos confançguineum G- [6-
cerum noffrum Ducem Auffricie C* flatus dicfarum patriarum ad erga dicum def:
fonttum Dominum progenitorem noffrum nofque pro ditfa pacs confirmationc ve.
niendum fèu tranfportandum deputati , necnon alii pofia ad carifimam confôrtem
noffram Reginam in villa de Hefdino adducendam commiffi , onus pro expeditione
dicfe Requcffe aliorumque punitorum fes articulorum 7 dicfum pacts traifatum
reféruatorum proféquenda G terminanda babuiffent C* faficpifent, & faper bis
diligentiam adhibaiffent pole tenus. Verum buiufcemodi materia in fufbenfo G fu-
perfédentia tenfa , G ante reuolutionem anni ditfus défunitus G cariffimus Do-
minus progenitor nofier dieu fuum in Domino claufiffet extremum , poff cuius obi-
tum, C° quod regni gubernacula Jaféepimus , ditfus auunculus noffler Comes de
Romont, diéfe Maris de Luxemburgo amite noffre maritus, cui principaliter bu-
iu/modi negotium tangebat, ctiamque in eius fauorem Ambaxiatores difi fratris dr
confanguinei noffri Ducis Philippi , ac membrorum patrie Flandrenfis, apud nos
Turonis tranfmiffi foper premiffis complendis € concladendis preces nobis pôrre-
xiffent multiplices, G* taliter quod nos ex deliberatione principum noffre profapie
ac gentium noffri magni confilii, babitaque confiderationc ad gencris proximitatem
* Marie de qua dichi auunculus G amita noffra * nos attingebant, ad magnaque € norabilis
. n féruitia que diétus auunculus nofler pluribus in agendis noffri € regni impende-
du Roy Char- rat , quod ditfa defunits amita noffra Margareta de Sabaudia, ditfeque confangai-
ls VIIL, pee noffre Maria C Francefia [ua filie, ditfus defunifus auunculus noffer Comes
D % de Romont, tanquam dicte Maris fponfus féw maritus fape ditfo pacs bencfcio in
Sauoye fon omnibus punctis, articulis [eu capitulis in codem contentis prout, ac modo € for-
mary ; 7. ma qua alii fabditi atriufque parti ufi C gauifi fuerant, C quemadmodum ex
bien dise ami. parte dicfarum defuntfe amite noffre confanguinearumque noffrarum cius filiarums
NE diéfum tralfatum pacis faciendo nobis fucrat Japplicatum uterentur G gauderent,
dits reféruatione pro tunc facfa (quod in nullo cis minime ob@fe, noccre, prain-
dicare quoquo modo, ac fi nunquam in dicfo trailatw adicéfa [en pofita Ages)
nonobffante, voluiffemus G* declarauiffemus , manum noffram © omnis impedimen-
ta in Comitatibus Sancti Pauli, Brienne, C ali quibuftumque comitatibus, ter-
rés, plateis, Domibus G Dominiis , faifque pertinentis C° appenditiis , in quacum-
que parte regni noffri G obedientie noffre fituatis, que tam dits defunéfi Ludo-
sico de Luxemburgo quam Ioanni Pctro cius liberis, quibus dicti defunéfus
ausnculus G: amita noffra tunx cius uxor, nec non Francefia de Luxemburço, fi-
se liberi G haercdes defuncti Comitis Petri, feu medio certi doni confifcationis per
dictum defuwnélum Dominum progenitorem noffrum defunifo pro focero CG confan-
guineo nojfro Carolo Burgundis Duci. Quod donum ex poff cius deceffum defun-
éfa ctiam cariffima focrus noflra Duciffa Auffricie, filia @ heres dif Caroli, di-
, TL)
> —
DV RôOŸY CHARLES VIII. jé
RE
éfo defunéfo Petro de Luxemburgo cefftrat € tranfbortaucrat, fpetancrant G per: x 4 8 7:
_sinmerant, appofitam C appofita tollentes € amoncnies pro de omnibas locis, co:
mitatibus , terris C* dominsis per dicfos auunculum G° amitam noffros ac France:
fiam diife amite noffre fororem eorumque beredes fucceffores [ex caufam bhabentes
in perpetuum tanquam re [ua propria C° vero heritagio utendo GC gaudendo, non-
obffantibus dictis conffationibus , donis O* declarationibus jis que potuiffent effe;
alienationibus © verificationibus forfitan per ditium dominum defuntfum proge-
witorem noffrum C° nos qaibufiumque perfonis fachis,quas in fauorem ditforum
assnculi G amie noffrorum ob caufas predictes caffaffémus CG renocaffèmus ; predi-
édos comitatus , villes, platess , domos, terres © dominis 4d vtilitatem dicforum
suunculi G amite noffrorsm fuorumque füacce{forum € caufäm habentium reffi-
tuentes C amonentes, prout de iis omnibus in litteris noffris patentibus apud Me-
lodunum 23. die Ianuarii anno 1484. datis C expeditis, lucidins conffare pote-
yat, virtate quarum noffraram litterarum GC infra annum à data ipfarum dicfi
ausnculus C7 amita noffri gaudentiam maivris partis dilforum comitatuum , ter:
rarum G dominiorwm recupcraffent @* babuiffent. Verum eo quod nonnulli qui di:
os comitatus , terras ° dominisa ex donis fibi à ditfo defuniio progeniterg noftre
fes à nebis faitis tenebant poffidebant ab executoribus dicfarum litrerarum nof=
trarum ad ditfam curiam certes appellationes , ut ferchbant , emiferant, co etiam quod
dicfe. littere caufes nonobffantie Arreffi in dilfa curis noffra partibus auditis contra
dicfun defunéfum Ludouicum de Luxemburgo menfe Decembri anno 1475. dati
fes prolats ex preffe son continchant ; noffrarumaquc intentionis, voluntatis bene:
placiti fatis ampliter non crant declaratorie ( quamuis codem inffanti intellexiffe-
mus , dictos auunculum © amitan in gaudentiam ditforum bonorum reponcre C
reponi facere ,arreffo pradicte nonobffante) tam dicli awunculus C amita noffri in
magna multitudine À she cn in noffra Parlamenti curia praditfa fuiffent inuo-
luts, potiffimum fab umbra buius quod dicfe partes, aut alii à quibus canfam [6
babere dscebant dilfas terras durantibus vltimis guerris G° ex poif dilfum traita-
um utrinfque ad tempus conceffionis dilfarum liticrarum dilfe 28. diei menfis
Janwarii non poffédiffe, ac per dsétos auunculum G* amitam noffros fe fpoliatos ex.
fitiffe dicebant , G* in poffeffionem Cr gaudentiam dilforum comitatuum © terrarum
ditfis proceffibus durantibus, prout C' quemadmodum tempore conceffionis diéfarum
litterärum erant , reponi C* rcintegrari petebant € requirebant ,que fi hoc non ba-
beret , preditta conceffio per nos dittis auunculo G amite noffris faifa nulliue effet
effeétus, nec diéfo pacis tratfatu integre potirentur, licet ex illo fhecialiter caucatur,
quod fubditis vtriufque partis ad fa bona reuertentibus, aliqua extranea pafeffo
pro tempore gucrrarum habits minime obici poffet , @ ob boc dits auunculo Gr
amita noffris ad diéfa [ua bona vigore ditfi tratfatus pacis reucrtentibus, 6 in fa-
norem ipfius tractatus corum partes aducrfe pofféffionem fu detentionem quas de di-
is bonis ex poff diclss guerras 4nno preditto 1 #7 0. inchoatss habuerunt, mini-
me obiicere potuerant sut debuerant. Quibus proceffibus in difa noffra curia in-
decifim pot serie dictus aunnculus nofler preditfs amita noffra cius conforte in
suucnili state relicfa obiiffet, poñt cuius obitum feu decefflum diffs amita noftra fi-
delitatem qua nobis affringebatur virtuofé GC curiofe conféruans , circa cuffodiam
farum platerarum de Ham, Bohain, Beaureuoir, Oify , Sanëti Pauli, Tin-
gri, Huclieres, Bellæ, Pernes, Freneuch, Ligny-fur-Aÿne, @ aliarum ter-
rarum in obedientis noffra füper fwndis limitrophis patriarum Flandris Han:
nonis exiffentium, adco quod nullum damnum C inconueniens obucnerat debite
Je preparalfet ; faque bona in ditiis patriis Flandrie, Hannonie @ Brabañtis de
valore vigenti feu triginta millium Francorum per annum cxiflentis, pro G: in nof-
tra obedientis fe tenendo, G* in eadem remanendo prout fe bacfenus tenuifftt, G
ob hoc nos huiufmodi confiderationibus aliis rationibus moti predilfam amiram
noffram ob amorem quem erga cam gerimus , ac ctiam pro noffra G regni noffri
fécuritate retinere volentes, d cum dicla amita noffra adharentes, an ipfa cum alique
= °
1487:
56 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
pobis fideli ad nupties conuslare vellet proloqui fecifémus , cidemque firipfifemss,
ac dici @ promitii fecifflemus quod in café quo nobis in hoc complaceres ; candem
diéto trallatu pacis fécundum prenarratam requeïlam gandere faceremes., fibi-
que taliter ad regrefum faorum dicforum bonorum , nt fécura GC pacifics remanc-
res progideremas , «6 omucs proceffus pro impedimente dicéi regreffus motos C* mo-
sendos omnino ceffare faceremns , ad qua dits auyncula noîtra fva mera GC: libers
voluntate inclinaifit, ac in noïtri fauorem fabque dicfa promiffionc cariffimum ai-
um confançuineum noffrum Franciféum de Borbonio Cemitem Vindocinenfem in
faum maritum Gr ponfum accipere confénfiffet, nobis humiliter Jüpplicando quate-
aus premila inféquenies cam in gaudentiam Gr poffeijionem omninm dicforum bo-
uorum , terrarurm C> dominiorum pacificam tencremus , proceÎfufque contra cam &
dicfum defunctum auunculum noffrum ; C etiam officiarios , feruitores C fubaitos
diéfarum terrarum cum eis adbaientes motos G moucndos adnullaremus C abo-
leremus. Quamobrem nos ad ditfam + rayer an G requeïfam ditfo defunite
domine progenitori noftro nobifque per ditfos Ambaxiatores faéfam inclinantes G:
annuentes, fauore proximitatis qua dicfi amita G Comes de Vindocino confangui-
Bei n0Shri cum nobis inngehantur , necnon grata C7 laudabilia feruitia per ces nobis
impen(s ad memoriam reducentes, aliifque iuStis cauffs C rationibus ad hoc ani-
mum noffrum mouentibs, nos facultate G poteflate per ditfum pacss tracfatum
fäper diéfa requefta dilfo Demino pregeniteri noffra ac nobis aitributis ac referua-
tis nti debite volenses,ex noffra proprio mots, certaque ftientia, gratia fpecials,
plens potetate, C* authoritate regia per formam Edicéi perpetui, pacis , ac ex de-
liberatione principum C° deminorum noïfre prafapis gentiumque magni confilis di-
élam amitam Pt y#ams pro ca ,quam pro dicfa Francefia cius Jurore confangai-
nea noffra in diéfo traétatn pacis plene GC integraliter comprehendi voluiffemus,
conceffiffémus G accordaffimus, G quod nonobitantibus preditfo arreïfo.ditle Curia
no$tre diéfo menfe Decembris contra dicfum defunétum Ludouicum de Luxemburgo
dato, aliifque arreffis, fenteutiis , confifcationum declarationibus 15 contrarism ,
Jeu treugarum feclufionibs ad omnis C7 quecumque bons, terres CG dominis qua
_ ditfis defunétis Ludoujco de Luxemburgo, laanne de Bar cius uxori, Ioanns œ
Petro corum liberis competierant G* pertinuerant , prout Cr quemadmodurs per
dicfos Ambaxiatores requifitum cxtiterat , © corum requeflam integrando , reuerte-
rentur in tanto G tali valore ac fi articulus G° requeffa ditforum Ambaxiatorum
pure C* abjque referuationc dicfum traëfatum pacis faciendo accordati feu concluf
per dicfum defunéfum Dominum progenitorem noïtrum G* nos confirmati, verifi=
cati , O* prout ipfêmet traclatus paci in noffra Parlamenti Curia, Cr in camerw
Compatorum @ Thefasri noffrorum regiffrati extitiffent, ac quod omnes diligentie
per dictos defunéfum anunculum C amitam #offros infra annum ditfarum littera-
rum noffrarum à 28. die lanuarii prediéti, quo dicfe littere conceffx fucrant, pro
bonis iam per cos refumptis few recuperatis fatfe, alisque pro illis bonis qu« adhuc
reffabant reçuperanda fiende effent, salis effeétus G° valoris , ac ff infra dicfum an-
num dicfi traitatus pacis G* vigere ipfius complete extitiffent, nonobffantibus [f-
militer predictis donis , alienationibus , ipforum verificationibus , depoffiffionibus
C gaudentiis illis quibus ditfa bons ex poff annum preditfum 1 4 7 0. medio ante
dicfarum confifationum ,capta C recepta dilfe amite noffre minime redderentur,
Je reflitucrentur, quin imo illis quibus diéfa Dona faila fucraut remanerent, or-
dinafemus @ decreuiffémus , G: infüper dictas litteras diéfe 28. dici menfis I4-
#uarit lacidins interpretantes, buius nos intentions cffe per dicfas litteras noffras de-
funclum auunculum G amitam noffros in dicfo traëtat pacis ita ampliter prout
diciums eff comprehen[os extitiffe declaraffimus, ut ditfs noffra intentio ad urilita-
tem ditfe amite noffra-cfeétum fortiretur, nos faculrate € poteflate pradils .uten-
fes, @ noffre mberiori gratia, plena pateffate G* authoritate regia pro bono dicta
pacis pro etiam nos, de promilione per nos in fauorem GC contemplationem dif
matrimonii faits, acquitando Cr exonerando, adque fecuritatem nofiri reçni inten-
.
L
DV ROY CHARLES:VIILS y56
dende emnes & fingulos proceffus predicfos sum corum circunautis G dependensiis
per gmos amits nofira ciufqus fautores, Ofbciarii Cr jubaiti dilfarurs ierrarum in
cau/ae tréhsbantur , tam contra partes finçulares guam procuraiorens noflrum in
troduitos in quocumque. flaën cffent , C prout corum flatus adexprimeretur, abo+
_ dentes G* amuse adaulleutes perpetuum dilfo procuratori noffro filentiumn, Cr als.
quibufumque impo/uifféonws:, C7 .bec totum praditfum pacis tratlatum ac requef-
Jam tunc faitam inféquentes © foper iis nos biteras noffras cditii mans noffra fi-
guatas apud Ancnoisw menfe 1ult anmo 1 487. conceffiffemus , mandantes diletis
CG fidebibus Confilierixs noffrss gentibus Parlamentum paffrum tenentibus , Came=
rajque Computorum nofirérurs G ThékGuri noffri caterifque iufiicierié € Officis-
ris regni noffri, vel eorum loca tenentibus, prefentibus G futuris, quod promif*
fs © fingalis didos anitaw © Frepscfiam cius fororem ditfumque confançui-
neum nofirum Comitem Vindocinenfim coruns heredes G: caufam habentes plens-
rie, pacifice G integre abfque diffculiate quacumqne uti * gaudere fincrent € pa-
terentur, quas quidem listeras necnon alias litieras noffras Rothomagi 15. die No- -
sembris anus prediéto.r #3 7. conceffas, per ques mandabamws diife curie noffra
ed interivationem diéfarum tterarum noffrarum procedere ; necnon vecato diéfo
procuratore. offre .G° alis cuocandis talen recompenfationem que fecundum iue
G rationem , partibus ius medio ditforum bonorum in premifis pretendentibus
fr Eare debebat, abjque retardationc iuterinationis diéfsrum litterarum arbitra-
fi, Ge. Tandem vifs per diétam cüriam noftram fpradiéfis edidii @ aliis
recompenfe fieseris per nos 18. dic Nowembris anno 1487. Rothomagi concéf]is;
Arrefto aiéte curis noffre Juper interinatione dilfarum ltierarum 27, die Decem-
bris anno predicfo dato, predicto diéfæ paris trattatn , aliis litteris reflitationis
faper ditto traëfatu pacs fundatis, dicfo defuntfo auvnculo noffro Comiti de Ro-
most pradiétaque amitz GC confanguince noflre Marie de Luxemburgo tuvc cine
sxori tam pro ipfa quam pro dilfa Francefia cius forore 28. die Lanvarii anne
l48 7:
1484. cocelfis, demandis, defenfionibus , replicis @ duplicis per dittas partes
féripto tenus iraditiss proceffibus ditfarum partiwm penes dilfam iuriem noffram
exiflentibus , G° aliis per cas penes dicfam noffram curians traditi © productis:
ac confideratis confiderandi , C* que curiam noffram in has parte moucre porerant
G+ debebant , præfata curia moftra per fuum Arrcftum gwod im/équendo dicfas
litteras reShtutionis ediéfi in Curia noffra letfas, publicates G° regiffratas, 46
défi traéfetss pacis virinte dicfi confanguinei noffri Comitis de Vindocino
Marie de Luxemburge punc tius , © peraniea dicfi Cemitis de Romont vxoris
tam pro fé quam pre ditfa Francefie cius forore nunc dileéfi noffri Philippi de ka-
saffin militis Demivi de Wivandale coniuge ad caufém carumdem vxorum dein-
ceps > de poff pablicationibs ditfaium litterarum cdicti omnibus C° fingulis co
mitatibus, terris , dominiis Gr aliis bon qua didfo defunitfo Ludouico de Lu-
xemburge dum viucret Comiti Sancti Panli G Conncflabulerio Francis, diéta
Joanna de Bar cius prime vxori, Ioanni CG Petro corum liberis fuerant G perts-
nuerant stentur @ gaudebunt, tanquam fuo vero G* proprio bereditagio , ablque
praimdicéo proceffus ratione G° ad caufam dicfi Comitatus de Linaio C aliarum
Serrarum inter dicfum confanguineum Ludouicum de Luxemburgo inniorem dicti
defuncti Conneflabularii G defuncie Marie de Sabawdia cius vliime vxors filiws
aitorem d dicfos Comiten Vindocinenfèm GC cius vxorem defenfores pendentis
ordinauit & ordinat. Et refhpectuw recompen/arwm per diéfos defenfores requi/ita-
rum C petisarum, infequendo verificationem diéfarum litterarum cdiéfi donorum-
que fibi de nonnulis terris ditfi defuncfi Conneffabularii fattorum frutfuumgse
gescnatarum ipfarum diéta noftra curia atque nos ditfum Guidonem Pot quin-
decim vero liberos dicti defunéfi Caroli de Ambala, de quinque milium libra-
rum turonenfium fumms pro reïlitutionc fraéfuune, profcéfuum , Cr reucnurarurm
diélarum terrarum cr dominiorum quas dicfi Guido Pot > Carolus de Ambafia,
senchant. per via faëti sc nonobffantibus appelationibus ad mr ro n0f-
| i)
Gui Por
Charles
d'Amboife dos
marais"
— 564 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
148 7. tram intericétis, de quibus procefus im ditta curia noffra tam in materia appelle
quan fPolasionts antediéfarum litteraram cedicfi publicationem pendebat , capto-
rum © perceptorm ; recompenfare faciemus , G* hoc infra annum unum proximo
faturum; CG quod in café defeifus ilico ditfo rempore clapfo diéfi Guido Pot
bberi G beredes diéfi defunéti Caroli de Ambafia executioncm pro dittis fummis
| d qualem fuper terris defuncti Conneflabularii quas dicfi Pot G de Ambafis
refectine. poifidbant, babchunt, Jalue dicforum defunéforum Conneffabularii ,
necnon diéfi de Romont heredibus [no recarf[à vni contra alierum, G'c. In cuius
rei teffimonium noffrum prefentibus fecimus apponé figillm. Datum Parifius in
Parlamento nofiro, decima die Februsrii, «no 1488. G regni noffri fexto. .
Permifhon au Sei gneur @r Dame de Beauien de fe faire telles donations
| LAN qu'ils vokdroient. |
: |
Auf 1487. Harzys par la grace de Dieu Roy de France : A tous prefens &
(CC à venir. Comme noftre cres - cher & tres-amé frere & coufin Pierre
de Bourbon, Comte de Clermont & de la Marche, Seigneur de Beauieu,
& noftre tres-chere & tres -amée fœur Anne de France fon efpoufe, Com-
tefle & Dame defdits lieux, nous ont expofé que pour la grande & fin-
gulicre dileétion & amour qu’ils ont enfemble, voulant icelle entretenir &
continuer de plus en plus; & aufli confiderant que de leur mariage iuf.
ques icy ne font procréez aucuns enfans, & pour autres iuftes caufes à ce
les mouuans, is ont intention, & defirent augmenter le bien l’un de l’au-
tre, & faire donation ou donations d’un à l’autre, foit à vie, perpetuite, ou
autrement, tant des biens, meubles, heritages, Terres & Seigneuries qu'ils
ont de prefent, que de ceux qu’ils pourront auoir cy-aprés, foit par eon-
quefts ou à faire conftant leur mariage ou autrement, Mais pour ce
qu'on pourroit dire que lefdites donations nous toucheroient aucune-
ment, mefmement du cofté de noftredite fœur , à laquelle, fi elle n’auoit
enfans, deurions fucceder, & aufli que icelles donations feroient immenfes
ou contre droit & la couftume des lieux éfquels les chofcs font aflifes, &
que par ce fans noftre vouloir ou confentement lefdites donations ne de-
uroient valoir ni fortir effet: ils nous ont humblement fupplié & requis leur
oétroyer & confentir qu’ils puiflent faire & pafñler lefdites donations celles
que bon leur femblera à quelque valeur & eftimation que lefdits biens puif-
fent monter , & fur ce leur impartir noftre grace, Srasoir faifons, que nous
reduifans à memoire les tres-grands & louables feruices que nofdits frere
ê&c fœur nous ont depuis noftre auenement à la Couronne faits en grand
foin ; cure & follicitude, fonc & continuent chafcun iour , tant autour nof-
tre Perfonne couchant la feureté d’icelle & de noftre Eftat, que à la défen-
fe de noftre Royaume & conduite des plus grandes affaires de nous & de
noftre Couronne. Pour ces caufes & autres iuftes confiderations à ce nous
mouuans, eù fur ce auis & deliberarion des Princes de noftre fang & ligna-
ge & gens de nofîftre Confeil, inclinans liberalement à la fupplication &
requefte de nofdics frere & fœur, à iceux auons o&royé, confenti & accor-
dé, & par la teneur de ces Prefentes, de noftre grace fpeciale, pleine puif-
fance & authorite Royale, oétroyons, confentons & accordons, voulons &
nous plaift ,que de tous & chafcuns leursbiens , meubles, heritages, Terres
*& Seigneuries, ant de ceux qui par eux ont efté & feront acquis, conftant
leur mariage, que d’autres qui leur competent & appartiennent, ou deuront
leur competer & appartenir en quelque maniere que ce foit, ils puiflent &
leur loife faire l'vn à l’autre telle donation ou donations mutuelles ou perpe-
tuclles qu’ils voudront ou bon leur femblera, foit de la proprieté d’iceux
biens perpetuellement & à coufours, foit de l’vfufruit à vie ou autrement,
DY ROY CHARLES VIII. 565$
à quelque valeur que puiffent monter ou eftre prifez lefdits biens; & vou- r A87e
ons & nous plaift que les donations foient valables, tiennent & fortiflent
leur plein & entier effet, iaçoit que on vouluft dire que éfdites donations
aurions quelque intereft, mefmement du cofté d’icelle noftre fœur, en tant
comme dit eft, que luy pourrions cy-aprés fucceder, ou aufli qu’elles fuf-
fent immenfes ou contre difpofition de droit & de couftume , à quoy ne
voulons auoir aucun efgard , mais par ces Prefentes y auons derogé & dé-
rogeons expreflément; & dés maintenañt pour lors & deflors pour mainte<
nir icelles donations en quelque maniere que par nofdics frere &-fœur,
elles foyent entre eux ou puiflent eftre pañlces & faites, auons euës & auons
agreables, & les auons authorifées , & de noftre grace fpeciale, pleine puif-
fance & authorité Royale authorifons par ces Prefentes, -nonobftant tous
droits & couftumes que l’on pourroit alleguer au contraire, & que lefdites
donations fuflent immenfes & non infinuées , & toutes autres raifons que
nous pourrions auoir & prétendre maintenant, & pour le temps à venir en
iceux biens, fuft par voye d’aétion, de refcifion, ou deception, ou autrement, à
toutes lefquelles aétions, refcifions & exceptions nous auons renoncé & re-
nonçons, promettant de bonne foy &en parole de Roy ne venir iamais à l'en:
contre de ces Prefentes par nous ny parautres direétement ou indireétement
enaucune maniere. Si donnons en mandement à nos amez & feaux les gens de
nos Comptes.& Treforiers, & à tous nos autres Tufticiers & Officiers, ou à
leurs Lieutenans prefens & à venir, que du contenu en ces Prefentes ils
faflent, fouffrent & laiflenc nofdits frere, & fœur, iouyr & vfer pleinement
& paifñiblement, fans leur faire, mettre ou donner ny fouffrir eftre fait, mis
ou donné ores ni pour le temps à venir aucun deftourbier ou empefche-
ment au contraire, lequel fi fait, mis ou donné leur auoit efté ou eftoit,
le reparent, & mettent ou faflent reparer & mettre fans delay à pleine deli-
urance: car ainf nous plaift-il eftre fait, nonobftant comme deffus, 8e quelf.
conques Ordonnances, Edits, ftatuts, reftriétions, ufages, rigueur de droit,
& Lettres à ce contraires. Et afin que ce foit chofe ferme & ftable à couf.
jours, Nous auons figné de noftre main ces Prefentes, & à icelles fait met-
tre noftre féel, fauf en autre chofe noftre droit, & l'autruy en toutes.
Donne à Ancenis au mois-d’Aouft, l’an de Grace mil' quatre cens quatre-
vingts-fept, & de noftre Regne le quatriefme. Ainf figné, CHARLES.
Par le Roy, les fieurs de Lifle, de Grimaulr, & autres prefens, Robineau. Vifa €
expedita in Camera Computorum Domini noffri regis, Gr ibidem libro chartarum buins
temporis regiffrata. Scriptum in prefats Camera quarts lanuarii anno 1 487. Bureau.
is Tiré de l'original. 2 |
Réunion au Domaine de” Le Terre e7 Se: gneurie de F ontenay le Comte
| en Poitou. | |
An DE GRACE mil quatre cens quatre- vingts-fept, le Vendredyÿ xs. Février
quinziefme iour de Féurier,à moy Iean de la Croix, sa A ordinaire 1457.
en la Senefchauffée de Poitou,en la Ville de Poitiers, me furent baillées
par Maiftre Eftienne Bonney Receueur ordinaire pour le Roy noftre Sire
en ladite Senefchaufite, certaines Lettres Patentes dudit Seigneur auec
fes Lettres Mifliues de Meffeigneurs des Comptes du Roy noftredit Sire à
Paris, enfemble les Lettres execuroires ddnnées par Monfeigneur le Senef:
chal de Poitou, dont les teneurs s’enfuiuent. |
HarLes par la Grace de Dieu Roy de France: À nos amez & feaux #6: assie
gens de nos Comptes, & au Senefchal de Poitou,ou à fon Lieutenant, ES
Salus & dikétion. Comme feu noftre tres-cher Seigneur & ds que Dieu
| | BBbb ni
” ‘
D Ho So —
566 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1487. abfolue , eût en fon viuant donné & delaiffé à noftre tres-cher & feal cou-
fin Confeiller .& Chambellan, le fewr de Gie, Marefchal de F rance, en ef-
change de la Vicomte de Fronflac qu'il difoit à luy appartenir, la Terre &
Seigveurie de Fontenay le Comte, auec fes appartenances ëc appendances,
fruics, profits, reuenus & emolumens d’iceux, pour les tenir, & Ca iouyr par
iceluy naître coufin en recompenfe d'icelle Vicomte de Fron/ac, iufques à ce
que ladite Vicomte & Scigneuric fuft mife encre fes mains, ainfi que plus à
plein eft contenu és Lettres de don,bail & tranfport fur ce oétroyées, laquel-
Je Seigneurie de Fontenay noftredit coufin a toufiours depuis tenué & pof-
fedéc; & foit ainfi que puis nagueres Nous luy auons mis & fait mettre
en fes mains ladite Vicomté de Fronfac, & la tienr & poflede & en prend
Je reuenu, Par quoy icelle noftre Seigneurie de Fontenay le Comte doit
retourner & cftre réunie à noftre Domaine, ainfi que d'ancienneté à couf-
jours efté. Pourlaquelle caufe, Nous qui de tout noftre cœur defirons reduire
moftre Domaine en fon:ancien eftat & valeur, vous mandons, & exprefle-
ment <nioignons par ces Prefentes & à chafcun de vous, que ladite Terre
& Seigneurie de Fontenay le Comte, fefdices appartenances & dependan-
ces quelfconques, ainfi qu’elles fe comportent, & qu’elles luy furent bail.
les, données & tranfportées par noftredit feu Seigneur & pere, vous re-
mettiez & reuniffiez en nos mains & Domaine, en faifant dorefnauanc
prendre , receuoir & tenir le compte des fruits, reuenus & efmolumens
d’iceux par noftre Receveur ordinaire.de Poitou,ainfi que des autres chofes
eftans d’iceluy noftre ancien Domaine, & que fait eftoit auparauant ledit
don & tranfport fait par noftredit feu Seigneur & pere, & à ce faire &
fouffrir contraigniez & faires contraindre tous ceux qu’il appartiendra par
toutes voyes & manieres deués & accouwftumées de faire pour nos propres
befognes & affaires, nonobftant oppolitions ou appellations quelcanques :
Car tel eft noftre plaifir. Donxé à Paris le vingt-fixiefme iour de lanuier,
l'an de Grace mil quatre cens quatre-vingts-fept, & de noftre Regne le
* Le Chamss- Cinquicfme, Ainfi figné, Par Le Rey, le Comte de Clermont, vous *, Mef-
lier. fire Ican de la Vacquerie, premier Prefident, les ficurs de la Trimoille, de
Piennes & de Grimaud, Meflire Jean le Vifte aufll Cheualier, Maiftre
Martin Belleface, & autres prefens, Robineau. Et fécllées de cire jaune à
Émple queué.
au D) E par Les Gens des Comptes du Roy noffre Sire 4 Paris: Au Senefihal de
Poitou , Aduocat, Procureur, G* Receueur ordinaire du Roy noffredis Sire,
ou leurs Licutenans, Commis G Subflitut en ladite Senefihasf[ée. Nous auons
ce jiourd’huy receu les Lettres Patentes d'iceluy Seigneur, que vous en-
uoyons par ce prefent porteur, & vous mandons & à chafcun de vous que
la Terre & Seigneurie de Fontenay L' Comte, & fes appartenances dont men-
tion y eft faite, vous preniez & mettiez incontinent & fans delay en la main
dudit Scigneur, & vous Receueur faices en recepte des profits & reuenus,
tout ainfi que ledit Seigneur le veut & mande par fefdices Lectres, & nous
refcriuez de la reception de ces Prefentes. Noftre Seigneur foit garde de
“vous, Eféris à Paris le fixicfme iour de Féurier. Ainf figné, Le Blanc. Et
fur la fubfcription eft efcric ce qui s'enfuit: 4sx Senefthal, Adsvcat, Procu-
reur CO Reccueur du Roy noïfre Sire em Poitos, on à leurs Lieutenans, Commis C
Subffitut. Et féellées de quatre petits fignets de cire rouge.
N“
VIOVRD'HVT en la Cour de ceans, où eftoient aflemblez les Offi-
ciers du Roy en cette Sencfchauflée, ont efté prefentées par Jacques
de Chaffac Sergent à Cheual du Roy noftre Sire en fon Chaftelet à Paris,
certaines Lettres Pacentes données à Paris le vingt-fixiefme iour de lanuier,
ed
2
|
|
| ;
|
DV ROY CHARLES VIII 567
lan prefent mil quatre cens quatre-vingts-fept, auec certaines Lettres miffiues
de Noffeigneurs des Comptes, en date du 6. iour du prefentmois de Féurier,
par lefquelles & pour les caufes dedans contenués la Terre & Seigneurie
de Fontenay 1e Comte a efte remife & réunie és mains 8&s au Domaine, Veuës
_defquelles Lettres tant Patences que mifliues , en obremperant à icelles, la-
dite terre a efté par lefdits Officiers prife & mife en ladite main dudit fieur,
148 7.
& ont efte lefdites Lettres baillées à Maiftre Eftienne de Bonney Receueut
ordinaire, pour, fi meftier eft, les faire publier où il appartiendra, & faire re:
cepte des fruits, reuenus & émolumens de ladite Terre, ainfi que mandé
eft par icelles Lettres, en donnant en mandement au premier Sergent pa |
fur ce requis de icelles Lettres publier, & faire à fçauoir à cry public & à fon
de trompe & autrement, ainfi & és lieux qu’il appartiendra Donné & fait
en la Cour ordinaire de la Senefchauflée de Poitou, tenuëé à Poitiers
le Vendredy quinziefme iour de Feurier , l'an mil quatre cens quatre-
vingts-fept. Ain figné, Richard, Commis. Et féellé en fimple queué en ci-
re rouge. | |
Nu defquelles Lectres deffus efcrices, ie Sergent fufdit me tranf-
portay le fciziefme iour dudit mois de Feurier , en la compagnie du-
dit Receueur de ladite Ville de Poitiers en la Ville de Fontenay le Com-
te, pour illec faire publier lefdices Lettres, auquel lieu de Fontenay le lun-
dy enfüuiuant dix-huiticfme iour dudit mois de Féurier fis crier & publier
par cry public & à haute voix par Macé Garnier lefdites Lettres ,ainfi que
contenu eft cfdites Lettres extraordinaires de mondit fieur le Senefchal,
ou cftoient prefens à voir faire lefdices chofes, Maiftre Guillaume Grion
Affeffeur de mondit fieur le Senefchal de Poitou audit Fontenay, Pierre
Cailler Chaftelain , Lieutenant du Chaftel dudit lieu, lacques Sufannet
Commis de l’Aduocat audit lieu, Robin Bufchaie, Iean Charriere, Fran+
çois Bufchaie, Lucas Gaultier, & plufeurs autres, en la compagnie duquel
Receueur ic feiournay, tant en allant audit lieu de Fontenay le Comte,
fciournant illec pour faire ledit cry, que retournant audit lieu de Poitiers,
par l’efpace de cinq iours entiers , pour lefquels ledic Receueur m'a payé
# fomme de foixante - quinze fols tournoïs, dont ie me tiens pour con:
tent & bien payé. En + nee de verité j’ay ligné ces Prefences de ma main,
& fécllées de mon fécl, le vingt & vniefme iour dudit mois de Féurier,
Jan & iour fufdits. Ainf figné, J. de la Croix. Et féellées en cire rouge
à double queuc. _
Contract de Mariage de Charles de Vallois, Comte d'Angonlefme , peré
dy Roy Françoÿ I. Co de Louyfe de Sauoye.
| Tovs ceux qui ces prefentes Lettres verront. Jacques Deftouteuil-
À le, Cheualier, Seigneur de Beyne, Baron d’lury & de Saint André
en la Marche, Corfeiller, Chambellan du Roy noftre Sire, & Garde de
Ja Preuofté de Paris, Salur. Sçauoir faifons que pardeuant Anthoine Satin
& Pierre Pichon Clercs, Notaires du Roy noftredit Seigneur par luy efta-
blis en fon Chaftelet de Paris, furent prefens en leurs perfonnes haults &
puiffans Seigneurs & Princes Monficur Charles Comte d’Angoulefme, pour
luy & en fon nom d’vne part, & Monfieur Philippes de Sauoye Comte de
Baugié, & Seigneur de Brefle , en fon nom, & à caufe de Damoifelle
Louyfe de Sauoye fille de luy & de haute & puiffante Dame Marguerite
de Bourbon iadis fa femme d'autre part, lefquellés parties de leurs bons
rés, bonnes volontez, propres, mouuemens, & certaines fciences, fans for-
- ce, fraude, erreur, contrainte ou deceuances aucunes, fi comme elles di-
foient reconnurent & confeflerent en la prefence defdits Notaires, com-
A Paris
16. Fénrie?
& 4 8 7
——— 56% OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1 4 8 7. me pardeuant nous, en droit , igement, comme du gré, vouloir, & con-
7 Re | |
fentement du Roy noftredit Seigneur, auquel lefdires parties attiennent
par proximité de lignage, & par l'aduis, confeil , & deliberation de plu.
fieurs Princes & Seigneurs leurs parens & amis, elles auoient & ont fait en-
femble les traité, accords, Douaires , promefles , conuenances, & autres
chofes cy-aprés déclarées pour raifon du Mariage de mondit Seigneur le
Comte d’Angoulefme & de ladite Damoifelle Louyfe de Sauoye fa future
efpoufe; c’eft à fçauoir ledit Monficur de Brefle auoir promis & promet don-
ner & bailler à Ds & efpoufe icelle Damoifelle Louyfe de Sauoye fa
fille, franche & quitte audit Monfieur d'Angoulefme, qui icelle a À Fons
& promet prendre par nom de Mariage le pluftoft que bonnement faire ce
pourra, & dedans le temps qu'il plaira au Roy noftredit Seigneur , fi Dieu
& Sainte Eglife s’y accordent, En faueur & contemplation duquel Maria-
ge, iceluy Monfieur de Brefle fera tenu, promet & gage payer , & bailler
audit Monfeur le Comte d’Angoulefme, ou au porteur de ces.Lettres pour
luy , la fomme de #rente-cinq mille liures tournois en cette maniere: c’eft à
fçauoir quinze mille liures tournois dedans le iour des efpoufailles defdits
mariez futurs, dix mille liures tournois au iour Saint Iean Baptifte pro.
chainement venant en un an qu'on dira mil quatre cens quatre-vingts-
neuf, & le refidu montant autres dix mille liures tournois au iout de Saint
Ican Baptifte enfuiuant, qu’on dira mille quatre cens quatre-vingts-dix , &
defdites deux fommes montans à vingt mille liures tournois , ledit Mon-
fieur de Brefle baillera bon pleige & caution, & ce pour tout tél droit de
fucceflion quelconque , qui à icelle Damoifelle Louyfe eft defia venu &
cfcheu par le trefpas & fucceflion de fadice feué mere, & aufli pour tel
droit de hoirie & fucceflion qui luy pourra competer & appartenir par le
trefpas dudit Monfieur Philippés de Sauoye fon pere, & aufquelles fuc-
ceflions & hoiries de fefdits pere & mere, ainfi que deflus eft dit, & aufli
à coute autre fucceflion collaterale qui luy pourroit efcheoir & aduenir du
cofté paternel , tant feulement iceluy Monfieur le Comte d’Angoulefme
pour luy, & ladite Damoifelle Louyfe de Sauoye fa femme future a renon.
cé & renonce par ces Prefentes;au profit dudit Monfieur de Brefle & de fes
hoirs mafles, tant qu’il y aura hoir mafle defcendant de mafle, & en fit &
fait ceflion & tranfport à iceluy Seigneur de Brefle , de laquelle fomme de
trente-cinq mille liures tournois , les deux parts feront conuerties & em
ployées en heritages, qui fera le propre de ladite Damoifelle Louyfe de
Sauoye & de fes hoirs de fon cofte & lignée, & le tiers fortira nature de
meuble, Et au câs que lcdit Monficur d’Angoulefme, ou ladite Damoifelle
Louyfe de Sauoye alloient de vie à trefpas fans hoirs dudit Mariage, aupara-
uant que les deux parts de ladite fomme euflent efté employées en herira-
_ ges,en ce cas ledit Monfieur d’Angoulefme ou fes heritiers, feront tenus de
rendre & refticuer lefdices deux parts de ladite fomme de trente-cinq mille
liures tournois dedans l'an aprés enfuiuant à ladite Damoifelle de Sauoye
fi elle eft viuante , ou à fefdits hoirs tenans fon cofté & ligne; & à faute de
payement, mondit fieur d’Angoulefme dés maintenant comme deflors pour
manutention conftitué,afliet & afligne mille liures tournois de rente fur tou-
ces fes Terres & Seigneuries, & fur chafcun lieu, piece, partie ou portion
d'iceux , pour le tout qu’il en chargea & charge, oblige & hypoteque du
tout aux cas deffufdits enuers ladite Damoifelle de Sauoye, & fefdits hoirs
tenans fon cofté & ligne pour ladite rente de mille liures tournois, à faute
de payement & reftitution defdites deux parts de ladite fomme de trente-
cinq mille liures tournois, rendre, payer, fournir & faire valoir bonne, fol-
uable & bien payable par chafcun anlors erifuiuant, fans aucun defchet ou
diminution, & iufques à plein payement entier, & faic à vne fois Me
| efdices
0.
—
DV ROY CHARLES VIII. sé
defdites deux parts de ladite fomme de trente-cinq mille liures, & fans en
pouuoir diminuer ou rabatre aucune chofe pout raifon de la perception de
ladite rente, Et outre ce que dit eft, & en accroiflement & augmentation
dudit mariage, difoienc lefdites parties que le Roy noftredit Seigneur, pas
fes Lettres Patentes, confiderant qu'à fadite requefte & pourchas ledié
graicé de Mariage a cfté craicté & accordé, la grande proximité de lignage
dont lefdites parties luy attiennent, les feruices qu'ils luy ont faits & fonc
chacun iour, & aufli afin qu’au moyen de ladite alliance icelles parties foient
plus enclines à fon feruice, de procurer fon bien & de fon Royaume, &
pour donner courage à fes bons vrays parens & feruiteurs de bien & loyau-
ment le feruir, & autres caufes à ce mouuans, a donné & donne aufdits
mariez futurs, en faueur dudit Mariage, la fomme de vingt mille liures
tournois pour vne fois, & en feureté d’icelle fomme il:a donné & tranf.
porté à iceux mariez futurs la Terre & Seigneurie de Melle fituée & aflife
au Pays de Poitou, fes appartenances & appendances, pour eux & leurs
hoirs, à la faculté de rachapt, pour ladite fomme de vingt-mille liures tour-
nois à vn feul payement, & aufli que le Roy noftredit Seigneur auoit & à
donné & cranfporté aufdits mariez futurs la faculté de pouuoir auoir &
retraite pour & au nom de luy la Chaftellenie & Seigneurie de Chifey, ap-
partenances & appendances quelfconques d’icelles, que tient & occupe de
prefent Monfieur le Duc de Nemours & fes coheritiers, pour onze mille
deux cens trente Royaux d’or ,comme l’on dit, ainfi que tout ce lefdites
parties difoient à plein eftre contenu és Lettres de don données & oétroyées,
& qui fe donneront & oëtroyeront par le Roy noftredit Seigneur; & que
s’il aduenoit que lefdites Terres fe rachetaflent par le Roy noftredit Sei-
gneur, la moitié dudit rachat appartiendroit à ladite Damoifelle & aux fiens.
Et au furplus ledit Monfieur d’Angoulefme a donné & donne par ces Prefen-
tes à ladite Damoifelle Louyfe de Sauoye fa femme future, la fomme de trois
mille liures tournois en afliece de terre aux vs & couftumes des Pays où les
Terres cy-aptês declarées fonc ficuées & afifes, les Chafteaux & Places pour fa
demeurance pour rien comptées en l’aflicte defdites crois mille liures, à ice-
luy Douaire auoir & prendre fi-toft & incontinent que Douaire aura lieu,
{ur les Terres, Places & Seigneuries de Romorantin & Chafteauneuf fur
Charente qu'il en charge, oblige, aflied & hipoteque du cout enuers ladite
Damoifelle Louyfe de Sauoyce. Et au cas qu’elles ne pourroient fournir le-
dit Douaire, & que afiere n'en puft eftre entierement faite, mondit fieur
d’Angoulefme veut & confent que ladite Damoifelle les prenne de prochain
en. prochain fur fes autres Terres & Seigneuries , tellement que ledic
Douaire luy foit entierement acquis & afligné, Et s’il aduenoit que ledit
Monfeur d’Angoulefme allaft de vie à trefpas , auparauant Madame fa
mere qui tient de prefent lefdices Seigneuries, & qu’à certe caufe ladite Da.
moifelle Louyfe de Sauoye ne puft iouyr defdites Terres de Romorantin,
Chafteauneuf ,& autres Terres pour fondit Douaire ; en ce cas iceluy Sei-
gneur dés maintenant pour lors & deflors pour maintenant confent que ladite
Damoifelle Louyfe de Sauoye ait & prenne pour fondit Douaire la Terre &
Seigneurie de Coignac., & autres Terres circonuoïfines, iufques à ladice
fomme de trois mille liures tournois par chacun an en afliete comme deflus,
& fi elles ne fuffifoient, que ce qui s’en faudra luy foit baillé fur le reuenu.
de fes autres Terres de prochain en prochain : & aprés le trefpas de Mada-
me d’Angoulefme , lidite Damoifelle Louyfe de Sauoye prendra fondit
Douaire fur lefdices Ferres de Romorantin & de Chafteauneuf, iufques à
la valeur d’iceluy, felon les formes deflufdices, & delaiffera ledit lieu de
Coignac. Et aufli a promis & promet ledit Monfieur d’Angoulefme faire ra-
tifier, confirmer & approuuer ce prefent traité par madice Dame fa mere,
CCcc
OURS =
148 7.
#—— j70
OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
148 7. & confentir que les enfans qui ifferont dudit Mariage, fi elle füruit ledic
Monfieur d’Angoulefme, viennent à la fucceflion, en reprefentant leur pe-
re; & fi a efté accordé entre lefdites parties, en faïfant ce prefent traité,
que lefdits futurs efpoux feront tous ioints ,& communs en biens, meubles,
& conquefts immeubles qui fe feront durant & conftant leur Mariage fe:
| lon la couftume des lieux. Er a promis en outre ledit Monfeur d’Angoulef:
29. Fénrier
1#8 7.
me faire ratifier & approuuer le contenu en cefdites Prefentes par madire
Damoifelle Louyfe de Sauoye fa femme future, & de luy faire faire lefdi
tes renonciations, ceflions & tranfports, incontinent aprés que ledit Ma-
riage fera confommé & accomply, & en bailler à mondic fieur de Brefle
Lettres de ratification’ d’icelle Damoifelle, Toutès lefquelles chofes defluf-
dites & en cefdites Lettres contenuëés & efcrites ledit Monfieur le Comté
d'Angoulefme & Monfieur de Breffe promirent en paroles de Princes, &
par les foy & fermens de leurs corps pour ce par eux baillez, & iurez cor-
porellement és mains defdits Notaires, à auoir, chacun endroit foy, à
bien agreable, les tenir fermes & ftables à toufours, icelles entretenir &
accomplir de point en point felon leur forme & teneur, fans jamais aucu-
nement venir à l'encontre, fut, & foit par voye d'erreur, d'ignorance de
fait, circonuention ou deceuance, ou autrement comme que ce foit, ou peur
cftre, ainçois rendre , payer & reftituer à pur & à plein, & fans aucun
plaid ou procés, tous coufts , frais , mifes, ris , dommages & interefts
ui faits & encourus feroient par defaut des chofes fufdices par eux non
aites , tenuës & accomplies spa ainfi 8: par la maniere que dit eft,
fous l'ebligation de tous leurs biens & de ceux de leurs hoirs, meubles &
immeubles , prefens & à venir, qu’ils en foufmirent & foufmettront, cha-
cun endroit foy, pource du tout à la iurifdiétion & contrainte de ladite
Preuofté de Paris, & de toutes autres luftices & Iurifdiétions où trouuez
feront pour l'accompliffement du contenu en cefdites Prefentes; & renon-
cerent en ce faifant expreffément par leurfdits fermens & foy à toutes ex-
€ccptions de deception, fraude, barats, cauteles , cauillations, raifons, dé.
fenfes, oppofitions, à tout droit efcrit & non efcric, canon & civil, vs, ftils
& couftumes, eftabliflemens de Villes & lieux, & à coutes aurres chofes
gencralement quelconques que l’on pourroit faire, dire, propofer ou alle-
guer contre ces prefentes Lettres, l'effet & ceneur d’icelles, & au droit, di-
fant Le renonciation non valoir. En refmoignage de ce Nous, à la rela-
tion defdits Notaires, auons mis le féel de ladite Preuofté de Paris à cef-
dites Lettres, Pafñlées & accordées furent doubles, Fan de grace mil
quatre cens quatre-vingts-fept , le Samedy fcizicfme iour de Février,
Signé, Satin, & Pichon.
Arreff du Parlement , portant enregifrement des Lettres accordées par le
Roy au Comte d'Angoulefme touchant fon mariage, auec Damoifelle
Lonyfe de Sauoye, fille du Comte de Breffe.
V Ev par la Cour les Lettres oétroyées par le Roy au Comte d’Angou.
V lcfme touchant le Mariage de luy & de Damoifelle Louyfe de S2-
uoye, fille du Comte de Brefle, lefquelles furent hier leués. Oy fur ce le
Procureur du Roy : La Cour a ordonne & ordonne que lefdites Lettres fe-
ront enregiftrées , & que fur icelles fera mis: Leéfa, publicata, dr regiffrars,
ad onus confignationt in promptu, vocatis vocandis vbi per curiam ordinabitur
fendis, proceffufque de quibus in albo cauctur. Fait en Parlement le dix-neuvié-
me jour de Février , l'an mil quatre cens quatre-vingts-fept, Signé, Ds
Titles. Collation eft faite. | |
Pris fur l'Expedition originale de sét Arrefi.
h mi cE-e À
DV ROY CHARLES VIIL GT — "me
P AGE 43. au commencement: En ce mois de Féurier le Roy eftoit à Pa. sd
ris ; & combien qu'il fuc contraint de pourfuiure Monfieur d’Orleans,
le Duc de Bretagne & leurs complices par voye d’hoftilité, coutesfois il y
vouloir bien proceder par voye de iuftice.
Les pieces qui fuiuent iuftifieronc ces pourfuites, c’eft pourquoy l’on a
cru les deuoir inferer parmy les preuues de cette Hiftoire,
Arreft de la Cour de Parlement ; par lequel il eff ordonné que Meffre
George d'Amboife, Euefque de Montauban, prifonnier en La groffe Tour
de Corbeil, fera changé de lien à caufe de [on indifbofition, x à néant-
moins gardé par ceux que le Roy Ja commis. |
Ve la Requefte baillée à la Cour le dix-neuuiefme iour de Iuillet par 24 Iuilet
S Meflire Georges d'Amboife Eucfque de Montauban, prifonnier detenu en la "*°”
groffc Tour de Corbeil, par laquelle il requeroit eftre amené en cette Vil-
le de Paris, ou en lieu ou il | sg auoir Medecins pour eftre panfé de cer-
taine maladie qu'il dit luy eftre furuenué. Veu par la Cour ladite Requefte,
le Rapport de Maiftre René Hangrand & Michel de Creil Docteurs
en Medecine, qui par Ordonnance de ladite Cour fe font tranfportez
audit lieu de Corbeil & en la prefence de deux Confeillers d’icelle Cour à
ce commis, ont veu & vifité ledit Euefque de Montauban, & la chambre
en laquelle il eft detenu, par lequel rapport iceux Doëteurs en Medecine
ont declaré les maladies furuenués audit Euefque , & affirmé que au
moyen d'icelles il eft en danger de mort, s’il n’eft mis hors de ladite
Tour, & en plus grand air,& panfé de medecines conuenables. Veu auffi
le Procés verbal defdits Commiffaires qui ont veu & vifté ladite Tour &
Je Chaftel dudit lieu de Corbeil, & tout confideré: La Cour a ordonné &
ordonne que ledit Eucfque de Montauban durant fa maladie, & iufques à ce
ue par le Roy ou fadice Cour autrement en foit ordonné, fera mis hors
L ladite grofle Tour, en l’vne des Chambres dudit Chaftel, deuément
clofe, fermée, & treilliffce de treillis de fer,en laquelle il fera gardé pat le
Capitaine ou fon Lieutenant, ainfi que par le Roy a efté commandé, & il-
lec panfé & fecouru de Medecins conuenables pour fa fanté; & à ce faire
feront contraints lefdits Capitaine & Lieutenant, & rous autres qu’il appar-
tiendra, par toutes voyes deués & raifonnables, nonobftant oppolitions ou
appellations, Et pour mettre à-exécution ce prefent appointement & Or-
donnance, la Cour a commis & commet Maiftre Robert de Queteuille Con-
{ciller du Roy en icelle Cour. |
Infiruélion donnée par le Pape Innocent VIII. 4-fes Nonces l Enefque
de Treguier 7 Antonio Flores ennoyez vers le Roy Charles VIII.
touchant le procés de Geoffroy de Pompadour Euefque du Puy,er au-
parasant de Perigueux , € George d'Amboife Euefque de Montauban,
TTENDENS in primi fa Sanclites,de Regie Maicffatu falute anxis, * Greffrey de
cul G gloriofo Dee odiofifimum cfle,in minifires Dominims- #7? ER
pertc ofiffimuns, 4 d . f ff: és Cs5n iffres ue mn ne{que de Pere
nus iniicere, cum propteres somplures Principes diuino mucrone percuffos fuiffe, tam rigueux. 1l
veteres quam noui hifloriaræm f6riptores aperie teftentur; ac ideo veritus Sanctiffimes : a si .
Dominus noffer, ne propter Reucr. Patrum Anicienfis * ç@& Montifalbani * Epif- du Puy.
COpOTUMS CAPÉUTAM ; fi laicalu indiciés manu coerceantur, dinina iuffitis aliquid ad- pati
merfi contra cundem Regem ffatsat ( gwod Deus aucrtat ) tamen cifi Rex ipfé nun-
CCcci
1487.
572 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
tium ad faam Sanéfitatem de caufa capture huiufmodi plence inflruéfum féripfilit fe
miffarum, cui adbuc rei graui forfan concurrente negotiorum multitudine euentus
defuit , idcirco pro debito Pafforalis Offci ac faluti Regie confulere volens (ca Epif
coporum caufam prout tenetur non negligere, [upra dichys nuntis pracipit, vt 4 pre»
diéto Chriffianiffimo Rege requirant perfonas ditforum Epifcoporum vna cum eorums
bons, vt ipfi Épiftopi compareant coram Sanétiffimo Domino noffroin Romana Cu-
ria, vbi poÎ]is per fuam Sanctitatems Gr Jacrum Collegium D.D. Cardinaliwm decorum
innocentia vel culpa cognofii, vt dicfis nuntiss iidem Epifcopi committantur, ad
Ciuitatem Auinionenfêm fub fida cuffodia traducendi, ibique detincantar etiam fub
idonei Cautionibus , ac fûper abicütis criminibus proceffus iuxta inris diSbofitionem
per cofdem nuntios los, vel vna cum Archiepiféopo Bituricenfs firmari poffit, vf
que ad féntentiam exclufine. Quos proceffus remittant ad S. D. N. vt [ua Beatitu-
do in Confifforio cum Reserendiffimis Dominis Cardinalibus caufam terminer, vel
decidat. Verum fi de tranfmifione dicforum Epifcoporwm ad loca preditfa nihil
" poffit feri, inffandum eff quod faltem ad cinitatem vel locum aliquem dicfis nun-
# à]. Brete
#Æ Tours
+4. Oobre
4 487.
tiis gratum deducantur.,
Lettre de Iean Boete *, Beneficier à Tours, au Roy Charles VIII.
_tonchant le procés des Euefques de Perigueux & de Montauban.
Se plaint qu'il n’a encore rien receu pour [es voyages; dit que les Arche-
uefques de Tours ne peuvent connoiffre des caufes Ecciefiaftiques hors
de leur’ Diacefe. | |
Ox Souuerain Seigneur, à voftre bonne grace ant & fi tres-hum-
blement que faire puis me recommande. Si vous plaife fçauoir, mon
_ Souuerain Seigneur, que auiourd’huy ay receu les Lettres qu'il vous a plu
m’enuoyer pa vnde vos cheuaucheurs d’efcuries, données à Laual du pre-
mier jour de ce mois, par lefquelles m’efcriuez que faille à Paris pour le
fait de Mefleigneurs les Eucfques de Perigueux @ de Montauban. Mon Sou-
ucrain Seigneur, quant au regard de cette, ie crois que vous auez veu les
Brefs que noftre Saint Pere a enuoyez à Monfeigneur l’Archeuefque de
Tours, par lefquels eft mande à mondit Seigneur l’Archeuecfque m’appeller,
uand il voudra proceder à l’exécution dudit Bref; & parce ne puis rie
ie de moy, que premierement ne fois appellé par mondit Scigneur PAr-
cheuefque : mon Souuerain Seigneur ,mondit Seigneur l'Archeuefque a en-
uoyé querir lefdits Brefs, & ie les luy ay renuoyez.
- * Mon Souuerain Seigneur, pour cette maticre:il vous plut m'appeller 4
Chinon, & aufli m’enuoyer 3 Loches auec Mefleigneurs de Parlement, &
n'ay ricn eu pour la defpenfc que j'ay faite, où j'ay vaqué par l’efpace de
plus de crois femaines, combien qu’on m’euft affez promis fe men bailler.
Cum labor in damno eff, crejcit mortal egeffss. Îe vis au mieux que ie puis de
deux petits Bencefices que ray à Tours; & quand ie fuis abfent, ie n’y prends
rien. Mon Souuerain Seigneur, ie prie le benoift Fils de Dieu qu'il vous
doint profperité & fanté , Paradis à la fin. Efcrit 4 Tours le quatriefme
sonr d'Ocfobre. | : |
Mon Souuerain Seigneur, il fe trouue par les Saints Canons vieux &
nouueaux, que Monfcigneur de Tours, ni autres, par vertu defdits Brefs,ne
peuuent ny ne doiuent, fans le danger de leurs ames, connoiftre de ladite
maticre hors du Diocefe de Tourraine, & de ce pourrez fçauoir par voftre
Confeil. Voftre tres -humble & tres-obéiffant Juict © feruiteur, 1. Boetc*. Et
fur la fuperfcription eft cfcrit: 44 Roy mon Sounerais Seigneur.
ZE
DVROY CHARLES VIIL : 573
cArref contre les Emfques de Perigueux ex. de Aostnbor is
#
: V faites, les expofñitions d’icelles , & autres pieces apportées & mifes:
deuers la Cour par Meflire Iean de la Vacquerie, Cheualier, Premier Pre-
fident en ladite Cour, & autres Confeillers d’icelle:; Commiflaires:en cet-.
te partie, à l'encontre de Meflire Geoffroy de Pompadèur Euefque-_de Peri-
gueux, Confeiller & Aumofnier du Roy;& Prefident en fa Chambre des
Comptes à Paris, Melflire Georges d’'Amboife, aufi Confeiller du Roy &Euef-
que de Montauban, Meflire Philippes de Commines, Cheualier, fieur d’Ar-
genton, Georges Gaffon , Guillaume Boisboiffel, & autres ; fur plufieurs mauuai-
fes & damnées entreprifes confpirations & machinations illicites qu’on
dit par eux auoir efté faites contre le Roy & fon authorité : Véeués auflf
plufieurs autres lettres contiefaites:, aüec les expofirions d’icelles, infor-
mations & confeflions depuis apportées. en icelle Court par Ordonnance
du Roy, & tout confideré :. Ladite Cour a ordonné que commiffion fera
baillée adreffante à Maiftre Martin de Bellefaye & Iean le Vifk Confeillers
du Roy en icelle Cour, & à chacun d’eux, pour interroger, examiner, &
fi meftier eft, recoller tous ceux qu'ils verront eftre à faire , & qu’ils con-
. noiftront fçauoir aucune chofe defdites confpirations, machinations & en-
treprifes, auec compulfoire pour recouürer & prendre tous féellez, Let-
tres, & autres chofes feruans à la matiere, & poix prendre & âmener de-
uets ladite Cour tous coupables & prifonniers, ainfi qu’ils verront eftre
à faire par raifon. Lu. 2,
Deux Lettres, par lefquelles le Roy Charks VIII. mande à Monfieur
de Beauien, Comte de Clermont y de la Marche , de [e trouuer au
Parlement, pour affifier au procez des Ducs. d'Orleans és de Bretagne.
[@ HARLES par la grace de Dieu. Roy de France : A: noftre tres+
: cher & tres-amé frere. & coufin le Comte de Clermont & de la
Marche, Seigneur de Beauieu, Pair de France , Sales @ dileëtion. Com-
me par nos Lettres Patentes données à Ancenis le 23. iour du mois de
luillec dernier pañlé , Nous ayons adiourné, & par nos. autres Lettres don-
nées audit lieu le 12. ibur de ce prefent mois d’'Aouft, prorogé ledit ad-
journement , & fait afligner iour à’noftre frere & coufin /e Duc 4'Orleans,
Pair de France, à comparoir perfonnellement pardeuant Nous, nos Com-
mis & Députez pour. Nous en noftre Cour de:Parlement à Paris, fuf-
famment garnie de Paifs, au premier iour plaidoyable de noftre prochain
Parlement à venir, qui commencera le lendemain de la fefte Saint Mar-
tin d’hiuer prochain venant, nonobftant que les parties ne foient pas des
jours dont l’on plaidera lors, & fur ce peine d’eftre atteints & conuain-
| . DR e / ,
cus des cas & crimes de leze- Maiefte & autres, port d'armes , force pu-
blique, voyes de fair, rebellions & defobcïffances enuers Nous à Iiy im-
pofces, pour efter à droit fur lefdits cas & crimes, refpondre fur ce à nof-
tre Procureur General, à telles fins, demandes, requeftes & conclufions
que contre luy il voudra prendre & eflire, proceder & faire en outre ainf
que de raifon, auec les incimations, fignifications & auétorifations en tels
cas accouftumées. Pour quoy foit befoin que foyez & compariez audit iour
en noftredite Cour de Parlement, pour y aflifter, & nous confeiller ainfi
que tenu vous y eftes, & que à vous appartient à caufe de voftre dignité
CCcciÿ
RE NS
1 4 8 7.
Ev par la Cour les charges, informations & procez, letties -contre-:, 4er.
A Chaflesn.
Briant, le ze.
Aoufi 1457
74 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1 4 8 7+i de Pairie: Nous vous adiournons audit premier iour plaidoyable de nof:
A Paris le
83. lanuier
2487.
tredit Parlement à venir, & neanmoins vous mandons, commandons, &
expreflément enioignons que vous foyez perfonnellement audit iour en
noftredice Cour, pour en icelle aflifter, & nous confeiller, à ce qu’elle foit
garnie de vous & des autres Pairs , & vous fignifions que en voftre de-
faut & contumace l’on procedera contre vous ainfi que de raifon, & qu'il
eft accouftumé faire en tels cas, fi gardez que en ce n'ait faute. Donné à
Chafteau - Briant le vingtiefme iour d’Aouft, l'an de grace mil quatre cens
quatre-vingts -fept ; & de noîftre regne le quatriefme. Signé, Par le Roy
en fon Confcil, Parens. |
HARLES par la grace de Dieu Roy de France : À noître tres.
cher. & tres-amé frere & coufin le Comte de Clermont & de la
Marche, Pair de France , Salut d dileifion. Comme pour raïfon des cri-
mes de leze- Maiefté, apertes rebellions, defobeïflances, guerre ouuerte,
& autres grands crimes , excez & delits, dont nos frere & coufins Loys
Duc d'Orleans, & François Duc de Bretaigne, Pairs de France, ont efté trou-
uez chargez tant par informations deuëment faites que par notorieté &
euidence de fait & autrement: Nous, par grand aduis & meure-délibera-
tion , ayons pieçà commandé nos Lettres Parentes d’adiournement en
Pairie, par vertu defquelles auons adiournez leldits Loys Duc d'Orleans,
& François Duc de Bretaigne, Pairs de France, à comparoir en perfonne
pardeuant Nous ou hos Commis & Députez en noîftre Cour de Parlement
garnie de Pairs, fur peine d’eftre atteints & conuaincus defdits cas, cri-
mes & delits, à certain iour auquel ou autres continus & dépendans d’i-
celuy, lefdits Loys Duc d’Orleans & Ffançois Duc de Bretaigne Pairs de
France , ont efté deuëément appellez à la requefte de noîftre Procureur
General pardeuant Nous en noftredite Cour de Parlement fuffifamment
garnie de Pairs, vous entre autres prefens , auquel, noftre Procureur ce re-
querant, auons donné defaut allencontre d'eux & de chacun d'eux, & de-
puis ait iceluy noftre Procureur mis & baillé deuers Nous & noftredite
Cour garnie comme deflus, fa demande en’ profit de defaut, laquelle
auons differé de luy adiuger, & ordonné que lefdits Loys Duc d’Orleans
& François Duc de Bretaigne , Pairs de France, & chafcun d’eux feront
adiournez à comparoir en perfonne deuant Nous ou nofdits Commis &
Deputez, en noftredite Cour de Parlement fuffifamment garnie de Pairs,
pour voir adiuger à noftredit Procureur General les demandes & conclu-
fions ciuiles qu’il a baillées par efcrit pardeuers Nous & noftredire Cour,
ou telles autres que de raifon, 44 14. iour d'Auril prochainement venant,
auquel eft neceflité que foyez perfonnellement en noftredite Cour, pour
nous confciller, & y aflifter ainfi que tenu y eftes à caufe de voftre dignité
de Pairie. Posrce eff il que Nous vous adiournons à comparoir deuant
Nous ou nofdits Commis & Deputez en noftredite Cour de Parlement
audit 14. iour d’Auril prochain venant, pour aflifter en icelle, & nous
confeiller en ladite matiere, circonftances & dépendances d’icelle, ainfi
que faire le deuez, & qu'il eft accouftumé de faire en tels & femblables
cas. Donné à Paris en noftredite Cour de Parlement fuffifamment garnie
de Pairs, le vingt-deuxiefme iour de lanuier, lan de grace mil quatre
cens quatre-vingts & fept, & de noftre regne le cinquiefme. Signé, Par
le Ro en fa Cour de Parlement fufffamment garnie de Pairs, P. De Cerifæ.
vzèe
|
FU
Dy Ro CHARLES VIIL ÿ75-—
©Arreff contre François Comte de Dunois, par lequel il eff declaré criminel
de lexze- Maicfté, ex comme tel auoir confifqué [es coms er biens, fans
_ Preindice du droit de [ubffitution pretendu par [es enfans en la Comté de
Longueuille @ Seigneurie de Parthenay. |
ral du Roy, demandeur à l'encontre de François Comte de Dunois,
défendeur & defaillant, adiourné à comparoir en perfonne en ladite Cour
par Ordonnance d’icelle, fur peine de banniflement de'ce Royaume, de :
confifcation de corps &”de biens, eftre atteinc & conuaincu des cas, crie
mes, rebellions & defobeïiffances à luy impofez, pour refpondre audit de-
mandeur à elles fins &-conclufions que contre luy il voudroit prendre 8&
_ €flire, pouf raifon de ce que, par information contre luy faite, & autre-
ment deuément, il eft trouué chargé d’auoir fait, confpiré & machiné plu-
fieurs fedirions, faétions, rebellions & defobeïflances contre le Roy nof-
tredit Sire à port & -puiflance d'armes , & fait aflemblées de Gens de
guerre, fait & conduit plufieurs mauuaifes & damnces entreprifes contre
l'autorité du Roy & le bien du Royaume , & encore de prefent petfeue-
re en aperte rebellion & defobeïflance, la demande & profit contre luy
fait & baillé en efcrit par ledit demandeur, les informasons fur ce faites
par Ordonnance de ladite @Gour , les Requeftes baillées à icelle Cour
tant par Dame Agnes de Sauoye femme dudit Comte de Dunois, com-
me par Agnes, Charles, & Louïs ieunes enfans , afin de conferuer à la-
dite Dame Agnes fon droit de doüaire, & que prouifion luy foic faite.
pour la vie , entretenement & nourriture d'elle & de fes enfans, & de
conferuer aufdits Agnes , Charles & Louis, le droit de retour par eux
pretendu en la Comté de Longueuille, & en la Seigneurie de Parthenays
les proteftations faites par Dame Ieanne de Harcourt, fille & heritiere
du feu Comte de Tancaruille, Chatles Comte ‘de Tonnerre, Mefire
Charles de Beaumont, Cheualier, Seigneur de Breflure, & le Comte de
Roufv, pour raifon de certains droits par eux pretendus fur les biens du-
dit defaillant , les appoinremens de la caufe, & tour confideré : Dir a effé
que Îa Cour a declaré & declare lefdits defauts eftre bien & deuémenc
obtenus, & que au moyen d’iceux & autrement icelle Cour a adiugé &
adiuge RTS, voile General du Roy demandeur, tel profit; c’eft à fça-
uoir que ledit François Comte de Dunois défendeur eft priué, forclos &
debouté de toutes iuftificarions & défenfes, tenu & reputé atteint &
conuaincu des cas, crimes , faétions , apertes rebellions & defobeïflances
à luy impofées ; & mefmement le declare ladite Cour criminel de leze-
Maicfté, & comme tel auoir forfait & confifqué corps & biens enuers le
Roy , fans preiudice routesfois des droits pretendus par ladite Dame
‘Agnes de Sauoye pour fon doiaire, & par lefdirs Agnes, Charles & Louïs
fes enfans, pour caufe de retour & aurrement fur lefdits biens, touchant
lefquels droits ledir Procureur General du Roy ouy, fera fait -& ordonné
droit ainfi que de raifon. Et cependant la prouifion faite par ladite Cour
à ladite Dame Agnes le douziefme Ianuier dernier pafñlé, tiendra & for-
tira fon effer iufques à ce que par ladite Cour autrement en foit ordonné,
fans preiudice aufi des droits precendus fur ladite Terre & Seigneurie de
Parthenay par ladite Dame Ieanne de Harcourt, fille & heritiere du feu
Comte de Tancaruille, par Charles Comte de Tonnerre, Sieur de Saint
Aignan, par Meflire lacques de Beaumont Cheualier, Sieur de Breflure, à
; À J Ev par la Cour les quatre defauts obtenus par le Procureur Genex 27. Ms gs,
————— 576 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
148 8.
23. May 1488,
2 4. Mars
1 48.8.
caufe de deux cens liures de rente & de plufeurs arrerages, & par le
Comte de Roufly, pour raifon de douze mille efcus d'or , &..des pro.
cez pendans en ladite Cour, pour raifon des droits & chofes deflufdi-
tes ; & au Procureur General du Roÿ fes défenfes au contraire: Pro-
moncé le vingt-ttoificfme May mil quâtre cens quatre-vingts & huit.
Signé , De Liure. 7 ne
Æreft contre le Comte de Comminges , le Gounerneur d'Auxerre, @
7 es Domefiques des Duc. d'Orleans, Cr Comte de Dunois.
e | SE en de fnrer à | )
V Ev par la. Cour les quatre defauts obcenus..en. icelle par le Procu-
.V reur General du Ray. demandeur à. l'encontre. d'Olinier. Coërmain
Gouuerneur d'Auxerre & Gapitaine d'Arras, Oder Daidie fisur de Com
minges &.de Lefcun Sencfchal &, Admiral de Guyenne , Capitaine de
Biaye, Chafteau- Trompetge, la Reolle, Saint Seuer,. Acqs & Bayonne,
pour le Roy, Guillaume,de Supplainuille, Bailly-de Montargis fon ferui+
teur, Jean Boutet Controotleur, Nicolas Peam Seigneur de. la Perriere;
François de Villebetron,, Philippes. de Cantiers, Îean de Lain, Robert de
Fremezielles, Guillaume Cheurier, Melleart Hermite:, & Gobert feruiteurs
du Duc d’Orleans & du Comte de Dunois, Iean Pierre Porcher, Meflire
Maurice Deu. Senefchal, des fieurs de Dammartin & de Cefures, qu’on dit
eftre au Duc de Lorraine, Anthoine d’Argnies Seigneur en partie de Dom-
pierre, défendeurs , & defaillans, adiournez à comparoir en perfonne en la-
dite Cour par l’Ordonnance d'icelle & autremeñr,; fur peine :‘d'eftre at-
teints & conuaincus des ças, crimes ,;rebellions &'defob£iflances à eux
impofées, pour refpondre audit Procureur General du'Roy à telles fins &
conclufions que contre ‘eux il voudra prendre & .eflire, pour refpondre de
ce que par informations: contre eux faites, ils font trouuez chargez d’a-
yoir fait, confpité. & maghiné plufieurs feditiqns;. factions ;' rebellions &e
defobéïflances à port d'armes contre de Roy noftredit Seigneur, fon: auchorité
& le bien du Royaume; nonobftant les défenfes & commandemens du Roy,
pris les armes , affemblé gens de guerre enuoyez par les ennemis du Roy &
du Royaume pour refifter au Roy, fair efcrire, & enuoyé plufeurs féellez
& Lettres. étranges à plufieurs Princes, tant fuiers du Roy que autres
fes ennemis, la ol A & profit de defaut contre eux faire & baillée par
efcrit par ledir Demandeur, les informations & -examens fur ce fajrs, &
tout confideré, dir aeflé, que la Cour a declare & declare lefdits defauts eftre
bien & deuément obtenus, & que au moyen d’igeux & aufrement icelle
Cour a adiugé & adiuge audit Procureur General du Roy cel profit; c’eft à
fçauoir que les defendeurs & defaillans font priuez , forclos &: deboutez
de toutes.iuftifications & défenfes, encourus és peines à eux indites, re-
nus & reputez atteints & conuaincys des cas, crimes, rebellions & de-
fobéïiffances à eux impofez, mefmement les a declarez & declare ladite
Cour Criminels de crime de leze-Maieftc, &,comme tels auoir forfait
& confifqué corps & biens enuers le Roy. Promocé le. vingt-trois May
mil quatre cens quatre-vingts-huit.: Signé , De-Liure. |
Arret du Parlement contre Meffire Philippes de Commines.
VJEGES par la Cour les charges, informarions & procés fait à l'encon-
tre de Méeffire Philippes de Conmises, Chgualier , prifonnier au Palais
à Paris ; pour raifon de ce qu’il cftoit chargé d’auoir eü intelligence , adhe-
fon & pratique par paroles , meflages, Lettres de chifre, & autremenc,
aucc
DV ROY CHARLES VIII. $77 —
auec plufieurs rebelles &.defobéiffans fuiers du Roy, & d’autres crimes & 1 4 8 8,
malefices. Les confeffions dudit de Commines faites tant pardeuant aucuns |
Commiffaires ordonnez par le Roy que depuis en la Cour de ceans, lefdi.
tes Leres de chifre, confrontations & autres chofes eftanc audit procés,
& tout confideré: dis a effé, que ladite Cour,pour reparation & punition
defdits cas, a condamné & condamne ledit . Commines à eftre relegué
iufques à dix ans prochains venans en vne des maifons, Terres & Sei-'
gneuries de luy ou de fa femme, telle qu’il plaira ay Roy luy ordonner, dont
il ne partira durant ledit remps ; promettra &iurera ledit de Commines, que
par lettres, meflages, ni autrement, il ne communiquer, n1 pratiquera auec
aucuns qu'il fçache vouloir entreprendre aucune chofe contre l'autorité
du Roy & le bien de ce Royaume, & fi aucune chofe il en {çait, en aduer-
tira ou fera aduertir le Roy, fur peine d’eftre tenu & reputé comme eux
de crime de leze-Maiefté, & comme tel puny; & neantmoins de ce faire
baillera bonne & fuffifante caution, iufques à la fomme de dix mille -efcus
d'or; & fi a declaré & declare icelle Cour la quarte partie de tous les biens
dudit de Commines eftre acquife & confifquée au Roy, & ce fans preiudice.
du droit pretendu par Iean Seigneur d’Orual en la Comté de Dreux. Pre-
noncé le vingt-quatriefme iour de Mars, l’an mil quatre cens quatrc-vingts=
huit. Collation eft faice. Signé, De Wigmacourt. |
P< E 47. 44 commencement. En ce mefme mois de Mars, le Comte de
Vendofme efpoufa la Comrefle de Sainr Paul, veuue de Jacques de
Sauoye, Comte de Romont. DRE | | | : à
Le Contrat de Mariage eft rapporté cy-deflus page 553. ainf que les
Lertres de don & remife des biens confifquez fur le defunt Conneftable de
Luxembourg, qui ne furent accordées qu’en confideration de l'alliance
que la Comtefle de Romont prit auec le Comte de Vendofme. L'on peuc
icy obferuer qu'il y a de l'erreur au temps que ce mariage eft marqué. Guil-
laume de Ialigny le met au mois de Mars: cependant le Concraét eft du
huit Septembre precedent; & l'on iuftifie par des memoires aufquels on
doit aioufter foy, que ce mariage fut celebré & confommé peu de temps
aprés. ’ | CN
Acte d'appel interietté par le Procureur General ; d'un Monitoire que le
| Pape Innocent W'III. auoit decerné contre les Flamans |
| fiers du Roy. |
N nomint Domini, Amen. Noucrint univerfi prefens publicuns infirumentum 1. May
infpeturi G° audituri, quod anno cinfdem Domini 1 #88. indiiione féxta,men- 1455.
fs vero Maij die decims oûlaus, Pontificatus Sanififfimi in Chriflo Patrés ©
D. N. D. Innocentii Désina Prouidentis Papa VIII. anwo quarto, in noffrorum
. Notariorurs ac teffiums infra fériptorum prafentis, coram veucrabili ac circunffeife
vire Magiffro Stephano Lopin, in Legibus Licentiato, Ecclefie Turonenfis Cansore
G Canonice, Vicario Generaliin fhiritualibus Gr temporalibus Reucrendiffimi in Chrif
to Patré D. D. Roberti *Y,miferatione dinina Turonenfis Archiepiftopi, à füis cini- * C'efoit Ro-
tate C Diecefi abfentis, G in remotis notorie agents, perfonaliter conffitutus , na- do un
gna circumpectionts © féientie vir Magifler Petrus Courthardi, 4doocasus Do-
mini noffri reg in f“a Parlamenti Curia, qui nomince procuratorio ciw/dem Dom.
moffri regis Caroli regnantis, dixit fé prouocare G appellare, prout Prosocauit é
| appellauis , preuocas GC appellat ab codem S. D. N. Papa, GC contra ip/um ad cum-
| dem D. N. Papam, [ès ad illum vel iles, ad quem svel ad ques prouscare potcf C
debet , ex @ pro caufis atque grauaminibus in quadam cedwla ee" in fu
148 8, rencbar manibus ,
578 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
nobifque notariis Jubfériptis tradita continctur € déclaratur, cu-
jus quidem cedule papireæ tenor Jequitur, Gr eff talu. Cum à Sanétis Patribus,
G> iuris conditoribus fuit adinuentum appellationum remediurs ; ad prefidium ©
kuamen opprefforam CG granaioram ; G* nuper allate fucrunt à Romana curia qu+-
dam monitorii fpecialis littere falfe; nulle, mendofe, faltem inciuiles, ininriofe;
fandalofe, iniufle, G* inique, nullam inris formam pre [6 ferentes, ex quibus ex va-
gum occafione, Sereniffimus ; Excellentiffimss , G@ Chriflsaniffimus Dominus mcus
remus Dominus Carolus Dei gratia rex Francorum, G vafalli, fubditi, com-
mendati, adherentes, ac confæderati [ai multipliciter grawentur, vtr ex ipfarum lit-
terarum infpeéfione, Gr alii que paulo poff fubiicientur, poterit apparere. Idisrco
coram vobis vencrabili viro D. Stephano Lopin, Eccleffe Turonen. Cantore G Ca-
nonico, R. D. Roberti Archiepiftopi Turon. Vicario Generali tanquam awthenti-
ca perfona, in prafentia notariorum G° teffium infra fériptorum conflitutus, Gr
Petrus de Courchardi, diéhi D. N. Reg Confiliarius, © in fuprema Parlamen-
ti curia Regis Aduocatus, de mandato G ex ordinatione expreffa ipfius fapremi
D. N. regis G procuratorio nomine fuo, ac vaffallorum , fubditorum , commerdato.
rum , adherentinm, @ confæderatorum füorum , C* omnium quorumcumque alio-
rum , guos boc negotium direite vel indireële, communiter Jeu coninnétim aut di-
sifim, nunc aut in pollerum tangçere poffet, & fhecialiter Brugenfium , Gandenfium,
Iprenfium, G aliorum Flandrenfium appellaui G prouocans, appello C* prouoco, is
bis féripti modo, via C* forma, quibus de iwre mclius pofum Ce debeo, prout in hoc
guaterno continctur à préfatarum litterarum conctffione, proceffu , executione, decla-
Jatione, monitione Cr fulminatione quacumque carum , ad Sanéfiflimum D. N. Pa-
pam modernum nobis informandum , d Sancfam Sedem Apoflolicam , feu adeum ,
vel eos ad yuos de iure pronocare svel appellare poffim Gr debeo. 1n primis pro gra-
saminum cxplanationc, dico #omine quo pe quod Proconfules, Confules, Scabi-
ni, Burgimagifiri, Decani magificriorum , © vninerfitates buiufmodi Brugenfium,
Gandenfium C* Iprenfium oppidorum, Gr aliorum locorum comitatus Flandrie, Tor-
nacenfis, G Morinenfis Diecefium , nulum alium recognofiunt Juperiorem, quim
Chriffanifimum D. regem Francorum, qui eff corum direéfus C° fpremus Dominus,
babens in eos G fuper cos omnem fupremam jurifdictionem C omne Japremum im-
perium, ficuti in alios fuos fubditos, € regnicoles , quoniam comitatus Flandrie cf,
CG fimper fuit de regno Francie, G: Comes quicumque ill fucris vel fit, tenctur. pref-
tare fidelitatem G: homagium ligium prefato Domino regi, cuius ipfe eff vaffallus
€ fabditus, G de numero Parium Francie, nec alium recognofiit fuperiorem quam,
Dominum four regem Francorums, qui habet etiam in cum C* Jiper cum omncm f4-
premam iuri[dictionem , G* omnce fupremwm imperium , G° hinc patet litteras prads-
tas manifeflum expreffumque errorem continere, quantum in ils exprimitur, quod
Bragenfes, Gandenfes @ Iprenfès fans iuremento adffricfi iluffrifimo Duci Auftriz
- Maximiliano / afférenti Regem Romanorum, cui nec funt adffritfi, ciiam pra-
textu nllius adminiffrationts, nec adffringi potuerunt, maxime in preindicinms ipfiue
Domini Regis Francorum , qui ef} corum Dominus direlfus G* fupremus , C* à quo.
dependent libertates G* prinilegis eorum, * quidquid habentinrifditfionss. Item dico
god prafatus Dux Maximilianus limitibus fus non contentus, excefit longe terminos
fuos; multa tentauit G* perpetrauit in ipfo comitatu Frandrie contra authorita-
tem G* faperioritatem fupremi D. mei regis, C* ctiam contra libertates, priuilegis ©
$wra conceffas G conceffa per Chrisfianiffimes reges Francorum Brugenfibus, Ganden-.
fibus, Iprenfibus, G alis Flandrenfibus ; voluit enim in omnibus ufurpare fibi au-
thoritatem omnimodam, perinde ac fi Flandria fuiffét proprium patrimonium fuum ,.
quod facere non debuit, nec potuit. Ier dico néhil effe faifum contra tuffitiam per.
Brugenfés, Gandenfès, G Iprenfés, qui reëta intentione C* fano confilio mot ad.
Salutem reipublice, G* vtilitatem 1luffrifimi Domini Comitis Flandrie mentes ocu-
lofque conserterunt, vt bonos, probos, C* magnanimos decet, quis cum Dux ipfe
Maximilianus opers malorwm bominum cos affligeret vehementer, deffrucrerque
DV ROY CHARLES VIII. 579 ——_——
@ corroderet mirum in modum patriam ilam Flandrenfim, Jeirerque pafim in |, 489
malsos, © debaccharetur in bon, fabflantis, € fanguine innocentis populi, fuit LD
pro conféruationc patrie sutels incolarwm tot affliéfionibus G- f(andalis occurre-
re: nam Flandria ante ducis Maximiliani aduentum abundans erat G: diues pPum »
immo vlra ceteras prouiniies locupletifima, féd per eum füos miniffros depas-
perata fuit, exbanfla, C* deformata in granifimum preiudiciuns Domini noffri re
gis regni fai, C procul dubio Brugenfés , Gandenfis, € Iprenfés, aliique Flan
drenfes ducuntsr folo ffudio C defiderio pacs quam ipfi iuraucrunt G Jigillane-
runt, ideo voluns ilam obféruare, vt tencntur. Cum igitur ebligati fint Domino
noffro regi Francorum duplici inramento, fidelitatis videlices G pacis per cos iurate,
on eff férendum id quod in pradiifis litteris monitoriis contra veritaten cauctur ,
eos fiilicet iuramento cÿfe adffrilfos preditto duci Maximiliano tanquam adminiffras
sors: qui ctiam vbi cidem Maximiliano aliquid iurauiffint, quod minime comperie=
tur, tamen priors iuraments cffent obfermands , nec teneres poïtremum iuramentuns.
Preterea in tali inramento fémper intelligitur reféruata füperioris authoritas , C> er-
rant qui putant Ducem Maximilianum potuiffe fibi vindicare [ub pratextw admi-
niffrationss vel cuinfhis inramenti illam poteffatem qua plane abufus eff. em dico
quod Dax Maximilianus eff notorius G manifeffus infratfor G* violator pacis, nam
contra proprium iuramentum fuwm G* contra traifatum tot cenfaris cr pænis robo-
ratuns , quem ipfe propris mans fignauit, ac figilo proprio figillari fecit, atque con-
#ra conuentiones, promiffiones, Gr legationes fuas, paîfa C firipta [ua , clancu-
lum per infidias, nulla deuuniiatione precedente, impudenter aggreffus eff bello Chrif
tianiffimwm Dominum regem , nihil tale tunc cogitantem, G* Morinenfèm, Comitatens
antiquam regni , 0CCHpauif, © prater illam oppidums ac arcem de Mortagne, qu4
loca funt de antiquo patrimonio corone Francie, @ ad nulum aliurs Principem
temporalens unquam pertinucrant quan ad Cbrifiianifimes reges Francorum. 1p/{0
pratcrea Dux Maximilianus coegit ad huiufinodi belum Brugenfés , Gandenfes,
Iprenfes , € alios Flandrenfés inuitos, qui nunc per litteres ilius pœænalis monitorii
snffimalantar, non ob alias caufam, quis pacem, infiurandum, G paëts feruare defi
derant, quoniam paci fludent, CG pacis zelatores maximi funt. Non ergo debue-
rant ftandalixars G° lapidari de bona opere , aut quesis pailo verféri in fauo-
rem Ducis Maximilians C* fhorum miniffrorum , qui pacems non modo turbauc-
runt C violarunt , [éd cam ctism adhuc impcdire totis conatibus intendunt , nt
wniuerfèm orbem Chriflianum belis inuoluant. Item quod f Brugenfés, Gan-
denfes © Iprenfes incendiffent omnes Bafilices @ Templa omvia vrbis Rome, ip=
Jam denique vrbem , GC cammififens quicquid peius dici poreff, litiere pre-
dicfe monitoris uen coutinerent plus acerbitatis, amaritadinis G vindicte, quan
babent. Et profeito miranduns cf quod repense Cr in momento tam impetuofum ful.
men emiffürm fucrit cx ika fêde que extitit foper exemplum, domicilium @ fons
fotins clementie , benignitatis, manfüctudinis , G duliedinis, Non crat cquidem
fic procedenduss contra Chrifiianifimum regnum Francie, cuius opibus, fédoribes,
daboribus ; periculis, fanguine Scdes ipfa fépenumero adiuta fuit: nam vi fape-
rius diéfum eff, Comitatus Flandrie ef} de Regno Francie, notabilis portio $p-
fus Regni. em dico gwod littere predi£fe exorbitantiffime, fine cau[2 cognitio-
ne, C* fine vla inquiftionc veritatis emanarunt , quod fieri non debuit, quonians
Per iles de grasiffimo anivarurs multarum periculs agitur, € belle concitantur ne-
fandiffims, armanturque in prelis fratres Chrifiians. Item dico quod non erant
expediende ille littere mot proprio ad nulius partis inffantiam, vi fuerant escpes
dite,quia index regulariter impartiri non debes officium [sum nifi requifitus, nec ifle
cafses eff de numero eorums in quibus index poteff motu proprio procedere, 6 quamqwams
pofl ininriofam occupationem ciuitatis Morincnfis, poffque fracfam fidem, pacem ©
énfisyandi religionem, Sancfiffimus Dominus noïter potuiffés mots proprio contra
Ducem Maximilianum , C7 tanti fécleris autfores procedere, quis cafus ile longe di.
merfus ef} ab eo de quo in litteris monitoriis fit meniie; MT a ur ma con
1)
ges iaintdrhmeren tit En
1488.
So OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
quieuit pror[us » O° de cenfnris in tratlatu pacis appofitis, quas Dux Maximiliansus
incurrerat, nullam demonffrationem fecit, licet Chriffianiffimus Dominus Rex effet
racipue frucndus, quia minor annis, patre orbatus G* matre. Item dico, guod per
cinfmodi litteras in quibus omne impetrationis C malediclionis genus congeffum efl,
fauctur nimis apertè aggrefforibus , inuaforibus, raptoribus, C* facibus bib, c in =
fertur iniuria perpctua Chriflianifime Regi lacefito C° prouocato, qui nalli vn-
quam fuit iniuriofus C meleflus, cum fir innocentiffimus. Item dico , quod de
emni caufa, quaeffionc, lite, vel controuerfia orta, vel que exoriri polfer in Co-
mitatu Flandrenfi inter laicos , cognitio G* deftifio fuprema ffiétart ad Maicffa-
fem ipfius Domini Regis, fiue quaffio illa fit cinilis , Jiue criminalis. Et pre.
terea fi de café prefenté Sancfifimus Dominus nofler veles cognofcere, pore-
ret falcem in melem alienam , G faceret iniuriam Domino Regé, prafirtim
cum bac caufé non fit Ecclefiaffica, nec de Ecclefiafficis perfonis agatur. Iicm
dico procedendo svlserius ad alis granamina , quod executio predittarum lit-
terarum non debuit mandari Reucrendiffimo Domino Colonienfi , qui femper
egit caufam Ducs Maximiliani , tanquams propriam , @ de bac re féripfit ad fan-
iffimum Dominum noffrum 51 fesercm ipfins Ducss. Itcm dico quod ad infli-
gendum illas execrabiles pænas C* cenfuras haïicnus in tali cafu inauditas , ttrmi-
nus trium dierum in dicfi litteri appofitus non eff competens: Xiem dico quod
ex pradihis conffat, non effe verifimile Sancfiffimum Dominum noffrum ip lit-
seras conceffiffe , prout de vere non conceffit, G anquam de mente G* confientia
fe Sanélitaté procefferunt , quis de diretfo fant aduerfe, contrarie, € oppofite
boneflati, iaffitie, charitati * vnioni. fidelinm. Quare non eft dubitandum
eus prater fcientiam G* confenfum Domini noffri Sanctiffimi fuiffe fabricatas , à ma-
dignis aliquorum hominum fpiritibus , qui ex bellis, diuifionibus € [chifmatibus
contendunt [ha commoda comparare , ficut alias accidit, G poteff aliquando acci-
dere. Et præterea dixi atque iterum repeto, lirteras ip/as effe falfas, quia de
mente [ancfiffimi Domini noffri non procefferunt , vel quia Sanctitas [ua fuit cir-
cumuents, ut offenditur ex multis veris G conuincibilibus rationibus C* argumen-
tis. Primo, /aniffimus Dominus noïffer non confueuit Ps sg procedere,
G prefértim in boc negotio nurquam fic proceffiffet aduerfus Chriffianiffimum
Dominsm Regem Francorum , ad cuins maicflatem feripfit codem ferme tempore
breuia nonnulla [ub annulo piféatoris in faëfo regni Romanorum , que predittis lit-
seris funt contraria. Secundo, cum fit omnium pater commuanis, nulls ex cau[a
vellet Je monffrare partialem. Tertio, fanctiffimus Dominus nofter oratoribus re-
gi pro filiali obedientia praffanda ad fam Santfitatem miffis C verba facienti-
bus de priuilegiés regum, Cr regni Francis, maxime in articulo Ecclefsaffici in-
serdicti, reSbondit C pollicitus eff quod nullo tempore intendebat terras que funt
de regno Francie fapponere interdiéfo, faltem inconfülto Domino Rege, C quidems
bene , iufle, C clementiffime reffondit quod Chrislianiffimi Reges Francorum ©
regnum ipfum hoc habent ex priuilegio antiquiffimo. Quarto, fanéiffimus Do-
minus noffer per plerofque Oratores C* Nuntios fuos , G* per multa Breuss [ua hor-
satus cf} fémper in bunc ujque diem Dominum Regem ad pacem , qui affidue decla-
rauit fe paratiffimum cffe, C* ideo non potcif ffare cums verisate quod fancfiffimus
Dominus noïter contra verba mcliflua C* commiffiones Oratorum GC Nuntiorum .
Juorum, contraque Breuium tenorem, concef]iffet prediéfas litteras ex quibus con-
flantur bella grauiora primis , € obruitur pax, de cuius felici conclufione non erat
dubitandum , niff buiufmodi littere ilam impediuiffent. (Que omnis pradicfa cum
êta Je habeant, G* inde pateant horrenda granamins mulia : ego Procurator &
procuratorio nomine, per/éflendo in appellatione de qua fuprs, peto inffanter, in-
Jfantins, C* inffantiffime apoffolos mihi dari in forma iris, fubmittens me pro-
#cibione appellationis mes, C offerens ffare iuri, ac parere iuflitie fine ulla contu-
macis C ofenfa. Pofl cuius appellationis interpofitionem prefatus ciwfäem Do-
m5n$ noffré regis Procurator , quo fäpra nomine, petit ab codem Domino Vicario de
DV ROY CHARLES VIIL. 581
GC fuper dicéa appellatione apoftolos, feu reSbonfionem loco ipforum, fibi dari G: con.
sedi. : Qui quidem Dominus Vicarius vifs per eum diéfa ccdula paires, dixit fe
in quantum potuit, potefique G debct, apoffolos renercatiales de € füper dicta 4p-
pellatione fibs dare G* concedere , prout dedit € conceffit. De & fuper quibus œ
premiffis omnibus € fingulis prefatus Procurator, quo Jupra nomine, petit à no-
bis notariis [ubfériptis «num vel plura, publicum [en publics inffrumenta , fibi fieri
aigue dari. Alta fuerunt hæc in Vefhario Eccleffe Turonenfis fub anno, menfe,
die, inditfione , Gr Pontificatu pradictis » prefentibus venerabilibus diféretis
wviris magiffris Ioanne Falaifeau ivdice Turonenfi, Toanne Goyet & Petro
Bureau, 57 leçibus licentiatis, Turonis commorantibus, teflibus ad premiffa vo-
catis Sbecialiter G* rogatis. —-
Et ego Petrus du Ban, Clericus Turonenfis diæcefis, publicus , apoïfolica €
smperiali authoritatibus, Curisque Turonenfis Notarius iuratus , quia pramil]is
omnibus © Jfingulis dum fic, ut premittitur, dicerentur ; agerentur, © fierent,
una Cum prœnominatis teflibus GC Notatio fabfGripto prefens interfui , casque fic
feri vidi G audiui; idcirco huic prefénti publico inifrumento manu alterius fide-
liter feripto, fignum meum appofui confuctum , in fidem , robur, G teffimonium
veritatis omnium G° fingulorum premif[orum ; requifitus C* rogatus. |
Et ego Michael le Large, Turonenfis Diæcefis, in inre Ciuili Baccalaureus pu-
blicus, Apoñtolica G Imperiali anthoritatibus, Curieque Metropolitans Turonen/fis
Notarius, quis premiffe appelationis interiectioni , proteffationi , apoffolorum peti-
fioni, G.corum dationi , caterifque premif]is omnibus G fingulis , dum fic, nt
premittitur , dicerentur, agerentur, C* ficrenr, uns cum Notario publico G teiti-
bus fupra fériptis prefens fui, caque fic fieri vidi G* audiui, hinc ideo prefenti
ublico inffrumento manu alterius fideliter féripto, fignum meum publicam , hoc
me Jubfcribente , appofui folitum , in fidem ac teïlimoninm omnium Gr fingulorum
premillorum , requifitus Gr rogatus. Sic fignatum , M. Le Large, |
Lettre du Roy Charles VIII: au Pape Innocent VIII. au aies à
1 Monitoire dont il eff parlé en Acte precedent.
Res-SainrT PERE, les Gens des trois membres des Pays & Comté
: À de Flandres, nos bons & loyaux fuicts & feruireurs ont nagueres en-
uoyé pardeuers Nous aucuns de leurs Députez, par lefquels Nous ont fait
dire & remonftrer, comme pour raifon & à caufe de la tutelle, Mainbour-
nie *, & Gouuernement de la perfonne de noftre beaufrere & coufin le
Duc Philippes. Comte de Flandres noîftre fuiet, que le Duc Maximilian
d’Auftriche fon pere s’eftoir & s’eft efforcé entreprendre, & que par voye
de fait & puiffance d'armes, il a entrepris contre le traité de Mariage fait
entre luy & feuë noftre coufine la Comtefle de Flandres fa femme, & con-
tre les loix, vfages & couftumes dudit Pays de Flandres, & aufli du grand
defordre que nofdits fuiets difent ledit Duc Maximilian auoir tenu audit
Comté & fes gens & Officiers , tant en impofant tailles, tributs, & em-
prunts, iufques à cres-excefliues fommes de deniers, que en faifanc plu-
fieurs autres actions, griefs, opprefhions & violences, le tout fous ombre &
couleur defdires Tutelles, Mainbournie, & Gouuernement, & en enfreignant
le traité de paix fait, pañlé, conclu & accordé entre feu noftre tres-cher
Seigneur & pere que Dieu abfoille & ledit Duc Maximilian, & nofdits
peuple & fuiets dudit Comté de Flandres. |
Iceux Gens defdits trois membres d’iceluy Comté, tant pour eux que
pour leurs adherans ont appellé à Nous leur Souuerain Seigneur, & à noftre
Cour de Parlement, en laquelle, ainfi qu’il a efté & eft accouftumé de faire
de toute ancienneté, ils ontbien & deuément releué & introduit leurdit ap:
pel; nonobftant lequel, & combien que contre ni au op d'iceluy, ni
| ii}
1 48 8
22. Ofsbre
Z 4 8 8,
* C'eft à dire
Garaenoble.
148 8, de la fouuerainet
58 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
£ à nous appartenante fur ledit Comté & peuple d’iceluy
aucune chofe ne deuft auoir efté faite ,attentée ou innouée par ledit Duc
Maximilian ni autres, neantmoins iceluy Maximilian, & fes gens & Ofi-
ciers perfeuerans en ce que dit eft, fe font efforcez leuer & exiger, & de
fait derechef ont exigé & leué infini argent fur nofdits peuple & fuiers,
8 comme ils difent deliberé de piller la Ville de Bruges, & mettre à l'épée
tous ceux qui y contrediroient, pour laquelle caufe au mois de Féurier der-
nierement pale, ledit Duc Maximilian a voulu maintenir auoir efté arrefte
en ladice Ville de Bruges, duquel cas il n’eft point de doute que à nous feul
& à noftredite Cour Souueraine de la Cour de Parlement, la connoiflance
en deuoit & doit appartenir, mefmement que combien que ledit Duc Ma-
ximilian voulfift dire qu’il ne fuft, ne foit noftre fuiet en fa perfonne , tou-
cesfois en la qualité qu’il eftoir audit Pays de Flandres, qui n'eftoit comme
Duc d’Auftriche, mais comme pretendant auoir ladice Tutelle, Mainbour-
nie, & Gouuernement dudit Pays de Flandres; il eftoit & eft notoirement
noftre fuiet, & le fuft ou non, puis qu'il maintenoïit les habitans des Vil-
les dudit Comté de Flandres nos fuiets auoir delinqué, iceluy Duc Maxi-
milian en deuoit auoir recours à nous, & non à autre.
Tres-Saint Pere, il eft affez notoire, que nonobftant tout ce que dit eft,
& certain traité de | gs depuis fait, paffé, accordé & conclu, & folennel-
lement iuré pour ledit cas, par, & entre ledit Duc Maximilian & nofdics
fuiets , il a contre ledit traité & en iceluy cnfreignant fait guerre cruelle
audit Pays de Flandres, en laquelle a efté l'Empereur d’Allemagne fon pere
eñ fa perfonne, le Lieutenant & gens de l’Archeuefque de Cologne &
autres Princes d'Allemagne, iufques à tres-grand nombre de gens de guer-
re, RE ra par hoftilité ont inuadé nofdits Pays, peuple & fuiets , & com-
me ils dient, les ont pillez, & depredé, auffi pluñeurs Eglifes & Monafteres
d’iceluy Pays, re ils ont bruflé & mis à feu & flambe grande partie,
forcé & violé plufeurs femmes, tant de Religion que autres, tué & occis
infinies perfonnes dudit Pays, fans épargner la Sainteté des lieux, fexe, ne
âge. Et voyant ledit Duc Maximilian, que par armes ne pouuoit vaincre
ne fuperer nofdits fuiers , il a trouué moyen par fon donné à entendre de
obrenir de votre Sainteté certains Briefs & Bulles, qu’il a fait adrefler au-
dit Archeuefque de Cologne, lequel s’eft apparemment monftré & decla-
ré ennemy de nofdits peuple & fuiets,rant éfdites Guerres que autrement,
& incontinent, & fans garder la forme, qui tant de droit commun, que par
les Saints Conciles & ordonnances de nos predecefleurs fe doit garder en
tel cas, a excommunié, aggraué, reagraué, & anathematife nofdits peuple
& fuicts, & qui trop pis cft a fur eux & ledit Comté de Flandres Jaxé in-
ccrdit general, en voulant contraindre nofdits fuiets par telles cenfures Ec-
clefiaftiques faites contre nous, & le vouloir dudit Duc Maximilian,en ve-
nant diredement contre les grands Priuileges que nous & noftre Royaume
auons, que l'on n'y peut mettre interdit, voulant aufli &-s’efforçant Icdic
Archeuefque qui eft eftranger de noftredit Royaume, tirer direétement
hors d’iceluy nos fuiets contre noftre autorité, & les Ordonnances de nos
predeccffeurs & de nous, qui eft le plus grand abus & la plus grande entre
prife fur nous, noftre Couronne & Royaume que l’on fçauroit faire, & qui
plus vifoeralement nous touche, defquels torts & griefs comme abus notol-
res, faits, entreprins, & attentez contre droit, raifon, noftre autorité &
iurifdiction temporelle par ledit Archeuefque de Cologne , & leurs fauceurs
& adherans, nofdits fuiets ont derechef appellé à nous & à noftredite Cour
de Parlement, en adherant à leurdit premier appel, & ne leur auons pu
ny deu denier la prouifion de iuftice fur ce requife & neceflaire, pource
que ladire Comté de Flandres eft ancienne Pairie de noftredit Royaume ,
DY ROY CHARLES VIIL 58
renué de toute ancienneté à foy & hommage de Nous & de noftredite Cou- 1 488,
ronne, & fi nous auons audit Pays de Flandres, & fur les fuiets d’iceluy la
Souueraineté ; au moyen de laquelle, fi aucun debat ou queftion fe meurt
entre le Comté de Flandre & les fuicts dudit Pays,à Nous feul & à noftre-
dire Cour Souueraine de Parlement en appartient la connoiffance , & fe
trouueront plufeurs Arrefts donnez par noftredite Cour, par lefquels plu-
fieurs Comtes de Flandres ont efté condamnez en grandes amendes pour
aucuns excés qu'ils auoient faits aux fuiets dudit Comté; & femblablement
par autres Arrefts lefdits fuiers ont efté condamnez en grandes amendes, en.
femblables cas d’excés enuers lefdits Comtes, fans que le Sainc Siege Apof-
tolique , ni autre [uge Ecclefiaftique s’en foient iamais aucunement meflez,
ni qu'ils y ayent que voir ni que connoiftre en quelque façon ni maniere
que ce foic. Si vous aduertiflons volontiers, tres-Saint Pere, de ces chofes,
afin que plus dorefnauantne pululent, & tant pour la confequence que pour
l'incereft de nous & de noltre auchorité & nofdits Royaume, Couronne,
peuple & fuiets, que auffi des autres Princes Chreftiens en cas femblables,
prians & requerans voftredite Sainteté, tant affetueufement & de’ cœur
ue faire pouuons, qu'il plaife, pour la feureté, falut & repos du peuple,
pers par fes Bulles & Lettres Patences toutes & chafcunes lefdites cen-
fures d'excommuniment, d’interdit, & autres, ainfi que dit eft, nullement
données, promulguées & fulminées contre nofdits Pays, peuple, fuiets &
Comté de Flandres & leurs adherans en cette partie auoir efté & eftre nul
les, & qu’elles foient tenuëés pour non faites & non aduenuës, car nous ne
pourrions croire que lefdites Bulles & Bricfs ayent procede de l'intelligen-
ce & certaine fcience de voftredite Sainteté. Et en ce faifant, icelle voftre:
Sainteté nous obligera de plus en plus à toufiours eftre à elle & au Saint
Siege Apoftolique , auquel auons toufiours eu & auons bonne affeétion &
tres-finguliere deuotion, & encore defirons auoir, en priant Dieu par di-
gne grace qu’il luy plaife préferuer icelle voftre Sainteté longuement au
bon regime & gouucrnement de fa Sainte Eglife. E/érit à Baugé ce vingt-
deuxiefme iour d'Ociobre. : DE ,
D 4GE #5. De cette armée eftoit lors chef & Lieutenant pour le Roy
| le Seigneur de la Trimouille. |
Cette armée ne fut en eftat d’agir que vers la fin du mois de May mil
quatre cens quatre-vingts-huit, & la Lettre qui, fuit monftre affez que le
fiege de Chafteau-Briant ne fut entrepris que dans ce temps-là. L'on peut
voir à ce fuiet fon hiftoire imprimée cy-deflus page 207.
Lettre de Louis Seigneur de Le Trimouïlle au Roy Charles VIII. tou-
| chant l'eflat des affaires de Bretagne.
CIRE, tant & fi cres-humblement comme ie puis me recommande à
voftre bonne grace. Sire, plaife vous fçauoir que ray receu les Lettres
qu'il vous a plu m’efcrire que ie fifle ferrer les Genf-d'armes de la compa:
gnie de quoy il vous a plu me donner la charge. | nu
Sire, paflé à fix femaines en auois ja efcrit, & efpere que à cette monf.
tre qui fe fera, le Commiffaire verra la faute qui y eft, qui ne fera pas gran-
de fi Dieu plaift, & ceux qui ne fe trouueront peuuent bien chercher au-
tre parti, car ils ne feront jamais en la compagnie, fi ce n’eft voftre plaifir
de les y remettre: tautesfois j’ay efperance d’y eftre moy-mefme, & croy
que le Commiffaire trouuera que la compagnie eft en eftat de vous fai-
re feruice. | a |
Sire, ü a efté grand bruit par- deçà fept ou huit iours des Anglois, ge
A Thouari
19. May
1488.
.«
1488.
* al. Berques.
584 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
de quelques quatre-vingts ou cent Nauires qui eftoient fur la Mer, & s’ap
arurent aux fables d'Ollonne: mais il s’eft crouuc que ce n’eftoir que Hur-
ques *, qui venoient charger du fel en Guerrande , Brouage, Ifle de Ré,
& Noirmouftier, & en eft defcendu quelque nombre en Brouage. Il eft
bien venu des nouuelles du Croife, comment les Anglois faifoient vne
groffe armée, mais il fembloic à celuy qui apporta les nouuelles qu'ils n’ef.
toient point # prefts à defcendre que l'on pourroit bien dire : routesfois, tant
pluftoft donnerez prouifion pour leur defcence, la volonté leur viendra touf-
iours moindre de la faire. |
Sire, il vous plaira me mander & commander vos bons plaifirs pour les
accomplirau plaifir noftre Seigneur, auquel ie prie, Sire, qu'il vous doint bon-
ne vie & longue. Efcric à Thoüars Le dixneufuicfme iour de May. Voftre
tres-humble & tres-obeïffant fuiet & feruiteur, De La Trimosille. L'adrefle
ct: As Roy mou Sonncrain Seigneur. |
Tranférit fur lOrigisal.
AGE 49.48 commencament. La capitulation de Chafteau-Briant cft in.
fcrée touc au long dans l’Hiftoire de Bretagne de d’Argentre, 1. 13.
chapitre 43.
AGE 51. an commencement. Le Roy d'Angleterre ne vouloit & ne
pouuoit fans ingratitude rompre le ferment qu'il auoit enuers le Roy.
Il y auoit lors treue entre ces deux Couronnes, au preiudiee de laquelle
il ne laiffa pas d’enuoyer de grands fecours au Duc de Bretagne, qui ne
produifirent pas grand cffet. | |
AGE 53. Monüeur d'Orleans y fut pris prifonnier. Et Page 54. Mon:
fieur d’Orleans fut mené à Sable,
Ce fut par les ordres de Madame de Beauieu Ducheffe de Bourbon,
afin de l’auoir en fa difpoftion, & d’empefcher que le Roy ne luy donnaft la
liberté, comme il fc trois ans aprés de fon propre mouvement, & fans en
confulter Madame de Bourbon fa fœur. Les Lectres qui fuiuent, iuftifienc
. auoit encore béaucoup de éredit, puis que la Duchefle d'Orleans
a fœur ne s’adreffa qu'à elle pour La liberté de fon mary. #. Pages 92. 93.
273. © fuisantes.
Jeanne de France, femme de Louys Duc d Ordre prie La Dame de Beauieu,
= Ducheffe de: Bourben fa fœur, de contribuër à le delisrance de [on mary.
A Soeur, ie me recommande voufours bien fort à vous, pour ce
que inceffamment.je penfe à la deliurancc de Monfeigneur mon
mari, mc fuis aduifée de mettre par elcrit la forme par laquelle on pourroit
* duoir paix, & mondit mary deliuré, & refcris au Roy, & le vouc verrez. Ie
_ Vous prie que teniez la main que les chofes puiffent venir en bon effer, &
vous obligerez mondit mary 8 moy à vous à toufours, & fur ce vous dis à
Dicu, ma fœur, qui vous doint de vos defirs Le parfait. Efcrit à Sais Martin
de Gande ce Mardy au foir. |
Ma fœur, ic vous prie que vous teniez la main, que iaye en bref ref-
ponic. Poffre bonne Jœur Jeanne de France. Et au dos eft cfcrit: L4 4 fœwr.
Pris fur l'Original. |
Aatre Letrre [ur le mefme fuicr.
A Soeur, ie me recommande bien fort à voftre bonne fouuenan-
cc en laquelle ie vous prie que ie demeure, & me faices ce plaifir de
fouuenc
ne “Re Ce = RO me
DV ROY CHARLES. VIII 58 —
foutent me faire fçauoir de vos nouuelles, Il m'eft bien arriué en mal : 48 8
._ de ce que ie ne vous vois plus. Ma fœur,ie vous remercie de voftre litiere;
de laquelle ie me fuis bien trouuée, & n’eufle pas tant attendu de le faire,
mais l’homme s’en alla ; & n’en fceus rien. Touchant,ma fœur, les paroles
que eufmes vous & moy, tout va bien: on vous auoit dit autrement que
n'auoit efté. Ie le vous eufle pluftoft efcrit, mais il me femble que penfiez
bien que les chofes alloient aux fins que le vous manday. Ma fœur, ie
vous prie qu’ayez le fait de Monfieur mon mary pour recommandé, &
uen veuilliez efcrire à mon frere *, nonobftant qu'il s’y acquitte bien, » ;, Ro.
En fommes bien obligez à luy & à vous,ma fœur, priant Dieu qu’il vous
doint ce que defirez. Voftre bonne {œur, Jeanne de France. Et au dos cit ef.
Crit ; CA m4 fœur. |
Pris für l'Original.
l- AGE 56.4u commencement. Or combien que ce Duc ne lauoit pas ap-
pellé /ôn Souuerain Seigneur, & dans la foufcription n’auoit pas mis
S'uset. |
. Le droit de Souucraïineté des Rois de France eftoit pourtant bien établi,
tant par l’éreétion en Pairie faice en 1297. fous Philippes le Bel, que pat
les hommages qui ont efté rendus en diuers temps , & principalement
par Pierre Duc de Bretagne, decedé en 1457.
AGE 57. Ces Articles tels qu'ils furent paflez à Sablé le 20. Aouft
A 83. | or |
D'Argentre & la plufpart des Hiftoriens veulent que ce Traité ait efté coni
clu le lendemain 21. Aouft feulement: mais l’on doit eftre perfuadé du
contraire par la leëture de ce Traité, Quy qu'il en foit,le Duc de Bretagné
ne vefquit pas long-temps aprés : car il deceda le neuf Septembre enfuiuant;
& fur cncerré à Vennés en l’Eglife des Carmes. |
Il eft bon d’obferuer encore en cét endroit, que cé Traité fut conclu pat
l’auis du Chancelier de Rochefort, qui eut affez de-credit pour perfuader
au Roy qu’il deuoit faire examiner fi fon droit {ur la Bretagne eftoit auffi * * 7.2. #.
jufte & aufli-bien établi que l'on le pretendoit-dans fon Confeil, Ce que la
Dame de Beauieu ne put empefcher, quoy-qu'’elle fuft fort incerefflée dans
cette paix, à caufe que le Roy luy auoit fait don du Comté de Nantes,
P AGE 5 9. Pour contemplation des mariages d’'icelles Dames, par l’auis,
confeil & confentement du Roy. Eÿ Page 80. S'il aduenoit que lefdi-
tes Dames fuflent. mariées fans le confentement, auis & confcil du Roy. -
Le confentement du Roy eftoit neceflaire, tant à caufe de fon droit de
Souueraineté fur la Bretagne, que parce qu’il pretendoit la Gardenoble de
ces Princefles; ce qui n’eftoit pas nouueau dans la maifon des Ducs de
Bretagne, puis que par Traité entre le: Roy Charles VII.& Iean VI. Duc
de Bretagne, le Duc promet au Roy que le Mariage de Pierre de Bretai
gné fon fils auec.la fille de Louys d’Amboife ne fe fera point fans le fceu
& confentement du Roy, ce que le-pere & le fils promirént encore par
efcritenr43r. D’Argentré, dans fon Hiftoire de Bretagne, dit que le Roy
l'autorifa, & que le Duc appointa: depuis fon fils aifné & Pierre fon fe,
cond fils fur le debat de fa fucceflion future ; en forte qu’elle . vint entie-
remént à Pierre du confentement du Dauphin prefomptif: heritier da
Roy... UN TR f
“DDAGES 2. 63. 64. 65. Au fuiet de l'Ambalfade du
conduire de Zizim. és. Terres de l’'Eglife. . - :..
)
Turc & de Ja
EEce
— 586 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1488. Les pieces qui fuiuent feruiront à iuflifier à quelles conditions le Roy
y confentit. |
Anthoine d'Aubulfon, Commandeur de Malte , mande au Roy Charles
VIII. qW'il a enuoyé [es gens au-deuant des Consmandeurs qui onf
charge d'amener Sultan Zizim : n'oubliera rien pour l'accompliffement
de La volonté du Roy.
30. Nounbre CIRE, tant & fi tres-humblement comme ie puis me recommande à vof-
1488. tre bonne grace, & vous plaife fçauoir que à cette heure par Monfieur
voftre Maiftre d’Hoftel Rigault ay receu les Lettres qu'il. vous a plu m’ef-
crire , & oùy la créance qu'il vous à plu luy charger me dire; & inconti-
nent ay enuoyé mes gens audeuant des Commandeurs qui ont la charge
d'amener Le frere du Turc, & leur ay fait à fçauoir voftre bon plailir & vo-
lonté, & de moy leur ay efcrit tout ce qui fe peut efcrire & mander, &
croy bien qu'il n’y aura point de faute que voftre bon plaifit & volonté ne
foit accompli, & me femble que auez pris tres-fagement cette matiere pour
le bien & honneur de vous & de voftre Royaume commc plus au long oi-
rez, Sire, par voftredit Maiftre d'Hoftel, lequel vous fupplie que croyez
ce qu'il vous dira de par moy. Et en cela & toutes autres chofes fuis deli-
beré & preft de vous obéir & feruir comme ie dois, & fuis tenu, priant
noftre Seigneur, Sire, qu'il vous doint bonne vie & longue, & tout ce que
defirez, Efcrit à Pont-à-Mouflon le vingtiefme iour de Nouembre. Sire, ray
tenu ma place de Cambolas en Roüérgue douze ans fans y auoir noife .ni
debar, & iufques à ce que vous l’ayez baillée au Marquis de Canillac ,au
pourchas & requefte du grand Maiïftre Chabanes, Le Marquis de Canil-
lac eft crefpañlé de l'épidemie ; & pour ce, Sire, s’il vous plaift me rendrez
madite place, & encore me la donnerez derechef: carie la delire, & la tien-
dray de vous nuëment, & s’il vous plaift m'en commanderez mes Lettres.
Voltre tres-humble & tres-obciffanc fujer & ferureur, Asshoine d'Asbuffon,
. Et au dos cft cfcrit: L4# Roy mon Souurrain Seigneur.
- Pré fur l'Original.
Commiffon du Roy au feur de Blanchefort @r à Anthoine Gimel pour Le
conduite de Sultan Zizim és Terres de l'Eglife.
@ Harzes par la grace de Dieu Roy de France: À nos amez & feaux
Anthoine de Rlanchefort, Cheualier ,noftre Chambeilan , & Anthoine
nr a de Gimel, Marefchal de nos logis, Salut d dileétion. Comme par
noftre commiffion, congé & licence, Zirim Saltaæ, frere du grand Turc, eut
cfté amené en noftre Royaume par ceux de la Religion de Rhodes pour y
eftre plus feurement gardé, ce qui a cfté faic par certain temps, pendant
lequel noftre Saint Pere le Pape, & aufñli le Grand-Maiftre, & ceux de la-
dite Religion de Rhodes auroient enuoyé deuers nous à ce que ledit Zi-
zim fuft tiré hors noftredit Royaume, pour eftre mené és Terres de l'Egli.
fc, & en faire quelque bon & grand feruice à la Chreftiencé, comme les
. Ambañladeurs de noftredit Saint Pere & de ladite Religion de Rhodes qui
en auroient efté chargez l'ont affirmé en leurs confciences : par quoy auons
volontiers confenti & accordé que ledit Zizim foit emmené flics Ter-
res de l'Eglife à la fin deffufdite, moyennant toutesfois que lefdirs Ame
baffadeurs à ce commis & deputez de par noftredit Saint Pere & d'icel-
le Rdligion ont promis & fe font obligez que ledic Ziziat direétement
ou indircétement en maniere quelconque ne fera mis en main d’aucuns
US Re RE RE “menant
DV RÔY CHARLES VIIL 58
nos ennemis ou haineux & malueillans, & que aufli iamais n’en aduiendra
aucun dommage à nous, à noftré Royaume, ni à ladite Chreftienité, ainf que
par Lettres, & féellez defdites promefles à nous baillez, ces chofes & au-
tres apparoiffent plus à plein. En enfuiuanc léquel noftre confentement les
Ambaffadeurs commis & deputez que deflus ont intention ; & pretendent
mener & conduire éfdites Terres : l'Eglife iceluy Zizim, pour laquelle
chofe faire eft befoin commettre & députer aucunes perfonnes à nous feu:
res & feales. Sranoir vous faifôns,que nous voulons iceluy Zizim eftre feu-
tement mené fans deftourbier, & pour la bonne grande, & entiere confian+
ce qu'auons de vos perfonnes, & de vous; pour ces caufes & autres à ce
Nous mouuañs, vous ou l’vn dé vous en l’abfence de l'autre, auons commis
& députez, & par ces Prefentes commettons. & deputons pour mener &
conduire ledic Zizim és Terres de l’Eglife. Commandons & expreflément
enioignons à tous nos Marefchaux, Admiral, Vice-Admital, Sencfchaux,
‘Baillis, Preuofts, Capitaines de Genfdarmes & de trair, Commandeurs,
Confuls & lurez de bonnes Villes, Chafteaux, Forterefles , Ponts, Ports,
Paflages, lurifdiétions & détroits, & à tous nos Jufticiers, ou à leurs Lieu-
tenans ou Commis, & à chacun d’eux endroit foy, que ledic Zizim & ceux
de fa compagnie & nation, & autres qui auec vous le meneront & condui.
ront iufques au nombre de quatre cens perfonnes & autant de cheuaux,
& au deffous, ils fouffrenr, laiflent & permettent aller, venir, demeurer,
feiourner , pafler & repafler par eau, mer & cerre de iour & de nuit, & en
tel temps & manicre que aduiferez, par tous & chafcuns les lieux de leur
pouuoir, paflages & iurifdiétions , fans donner ,ny fouffrir ou permettre ef.
> PaIlag , > NY
tre fait, & donné aucun arreft, deftourbier ou empefchemenr en quelque
manicre que ce foit; mais fi fait auoitefté, le reparent & remettent fans de-
lay à pleine deliurance, & vous donnent force, confort & ayde: car ainfi
Nous plaift-il, & voulons eftre fait, dont vous donnons plein pouuoir, au-
chorité, commiflion & mandement fpecial....."
| | Pré for l'original.
148 8.
DAGE 63. Au fuiet de a de l'Empite des Turcs par Baise
| feth II. fur Sultam Zizim fon frere aifne.
L’Hiftoire en eft amplement décrite dans Calcondile, & dans plufcurs
‘endroits de l’Hiftoire de Philippes de Commines. L’on voit page 525. de
limpreffion du Louure, l'inftruétion donnée par le Pape Alexandre V I. au
Nonce par luy enuoyé au Turc, auec cinq Lettres du Sultan au Pape, par
la derniere defquelles il le prie de faire mourir fon frere, luy promettanr
pour recompenfe de ce feruice, Ducatorum trecents millis ad emenda filis
fais aliqua Dominia. Ce que le Pape accepta. V, pages 252. 307. & 534.
du mefme Hiftorien, & page 285. cy-deflus.
tDDAGE 66. Il eft vray qu'en faifant le Traité de ceux de l’Ifle, Douay
Æ & Orchies. | RSS Ë
Il femble que ce foit le Traité de Bruges, duquel il eft rs dans ce-
‘luy du premier Oë&tobre mil quatre cens quatre-vingts-neuf imprimé cy-
aprés, page 590. & qui eft icy nomme le Traité de l’Ifle, parce qu'il eff prin-
Cipalement en faueur de ceux de cette Ville, | :
For te 6 8. L'Euefque de Perigueux & celuy de Montauban furent ar-
reftez prifonniers. .
Leur procés fut commencé à inftruire, mais il ne fur pas pourfuiui. Voyez.
Cy-deflus pages 69. 74. & 571.
EEce ij
mr tt
148 8.
- 588 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
DD AGE 73. re de Sens ne fut pas pluftoft arriué vers le
Roy, que les Anglois furent debarquez en Bretagne.
Ce fut en.confequence d’vn Traicé fair en la Ville de Rennes au mois de
Féurier 1488. Ce Traité eft rapporté en fubftance par d’Argentré dans fon
Hiftoire de Bretagne, & il n’y eft parlé en aucune maniere du Roy Char-
Jes VIII. ni de la France. Mais quoy-que Guillaume de Jaligny s’ctforce
de dire que le Roy d’Anglererre, par vn motif de reconnoiflance, n= vou-
Jut pas rompre auec le Roy de France, il eft aifé de connoiftre qu’il vou-
loit empefcher fon agrandiffement; ce qui fe voit encore dauantage par le
Traité conclu à Oking entre luy & le Roy des Romains, le 11. Septembre
3490. lequel eft imprimé cy-aprés.
AGE 74. Le Grand-Maiftre de Rhodes, furnommé d'Aubuffon, fut
P créé Cardinal, @ gnfuite la deliurance du Turc és mains du Pape
en fut la caufe. | L
.. Voyez pages 63. 65. & 285. cy-deflus, &c pages 2$2. 307. 525. 528.
& 534. de Philippes de Commines, impreflion du Louure.
_ En la mefine page. Au mois d’Auril fut donné Arreft contre le Seigneur
d’Argenton. |
_ Ileft du 24. Mars 1488. & il eft imprimé cy-deflus page 57.
L
D AGE 74. & 75. Sur ce que l’année ne commençoit en ce temps
Z Là qu'à Pafques.
Ce fut au mois de Januier 1,63. que le commencement de l’année chan-
gea,. & fut comptée du premier lanuier: mais cela ne fut pas exécuté gé.
péralement par tout le Royaume, car le Parlement de Paris ne receut ce
changement qu’en l’année 1567. Voyez l'Hiftoire de Charles VI. de l’im-
preflion du Louure, page 604. nn | |
En la mefme page. Au fuiet de l'hommage du Marquifat de Saluces.
Dans les Regiftres du Parlement de l’année 1486. il ya vn auis don-
né au Roy par les gens du Parlement touchant la reception du Marquis
de Saluces à foy & hommage, & cy-deflus page 4 93. eft imprime le procés
verbal fait le premier Septembre 1495. & iours fuiuans, qui contient les
conteftations d’entre les Officiers du Roy & ceux du Duc de Sauoye, au
fuiet de la mouuance & droit de Souuerainete & reflort du mefme Mar-
quifat pretendus refpeétiuement par le Roy & le Duc, & qui eft quel-
que ro de different de la conteftation formée en 1489. fur le mef-
me fuier. | |
AGE 75. vers La fin. L'Archeuefque d’Auch, | |
C'eftoit François de Sauoye, fils de Louys Dut de Sauoyé & d’An-
ne de Chypre, Oncle du Roy. Ce fut pour luy que la Ducheffe de
Bourbon demanda auec tant d’empreflement vn Chapeau de Cardinal,
À luy fur promis, mais ik n’en jouit pas, tant parce que le credit de Ma-
dame de Bourbon commença deflors à beaucoup diminuer , que parce
qu’il preuint par fa mort fa promotion. Meflieurs de Sainte Marthe, dans
leur Gallia Chrifliana, difent qu'il deceda le 3. O&tobre 1490. Voicy vne
Lettre qui peut iuftifier les pourfuites qui furent faices à Rome pour luy
faire obtenir le Cardinalar:
mu ne
Dv RoY CHAR LES. VITE": 58
Le Cardinal Alerien Ardieni de la Porta mande à Madame de Bourbon
que le Pape by à promis de faire Cardinal François de Sauye
| Archenefque d'Auch fon oncle. " *
à
CE
,
CE e
+48 9
- à
LrusTrissiMA Domina.. Per alias noffres tertii huius menfis litté- 11. Decembre
ras fecimus IUafriffimam Dominationon veffram. certiorem, gued quanquim ‘+?
Sanfiffimus Dominus nojler fe valde dificilem preffabas ad faciendam hoc tempore
Cardinalium promotionems : nos tamen, poff maltos férmones inter [sam Sanclitatens
C me hinc inde habitos in bona She promoucndi reuerendiffimi Domini Archie.
pifcopi Auxitani auunculi füi,rebiqueras. Hodie vero cum denuc de bain fimodi pra-
motionc prafati Domivi auynculi fui [ue Sanétitati locuti fuerimus, @ ça poff mul-
+a tandem aperte nobis promiferit fe eundem Dominum Auxitanuns omnino in prè-
m4 Cardinalinm promotione promoturum, bec [cribenda duximus IMafiriffime De
minations veffre, féientes ill: cidem gratiffima-fore. Quod vero ad hos aftinet, épfs
nunc interea folicitabimns quantum poicrimus , ut quo celerius fieri poffit : hoc st-
dafiriffince Domsvationis vcffre defiderium cftltui mandetur, nec in co aliquid à
nobis pretermitictur quod à vero crga prafatuns Dominurms Archicpifcopum @ il
duffriffimam Dominationem veffram amico poffit G* debear merito defiderari. Qse
filix valear. . Ex vibe wndecima Ne anno millfimo quedringentefime
nn
oëfuagefimo nono. V. Ex. À. Cardinalis Alerien.
Tiré de l'Original.
| AGE 73, 46 commencement. Le Roy de Cafille & d’Arragon leuoic
| vne armée pour entrer dans le Rouflillon. | |
Cette arméc tourna du cofté de Bretagne, fi l’on en croit d’Argentré
dans fon Hifoire, & ce fut apparemment pour y réfifter que le Roy Char-
Jes VIII. conuoqua le ban & arriere-ban de fon Royaume: mais com-
me ces circonftances ne font remarquées par aucun autre Hiftorien, il eff
bon de ne s’y pas arrefter abfolument. |
P AGE 84. à la fin. Pour donner fin à la guerre de Bretagne,
Z L'occafñon en eftoit lors fort fauorable, car la Duchefle eftoit en
défiance du Roy d'Angleterre : c’eft ce qui l’obligea de conuenir d’atbi-
tres. & d'enuoyer à cet effet une députation ou ambaffade au Roy, de L-
quelle fut chef Monfieur le Comte de Dunois. V. page 90. |
| AGE 89. 44 commencement. Pour traiter l'accord des Flamans & de
leur adherans.
. Ce Trait cft confiderable. Le Roy le fit non pas comme Mediareur,
mais comme Souuerain, Il fut conclu en execution.du Traité de Francfort.
Traité de Paix entre le Roy des Romains ex: l'Archiduc Philippes LL fils
: d'une part, @ ceux du pays de Flandres d'autre.
© À Tous ceux qui ces prefentes Lettres verront. lacques d’Eftoutteuille,
Cheualier, Seigneur de Beyne, Baron d'Yury & de Saint Andry
en la Marche, Confeiller & Chambellan du Roy noftre Sire ,& Garde de
la Preuofté de Paris, Salur. Sçauoir faifons que nous, l'an de grace 1489.
& le Ieudy 31. & dernier iour de Decembre, vifmes un cahier de papier
contenant quatre feuillets, contenant la forme qui s’enfüit. |
; ET D)
EEce ii]
gr. Decembre
1489.
bre 1480.
go OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1489. |
À Montils lez
Tours,r.0%o-
( . ARLES par la grace de Diew Roy de France: À tous ceux qui cès pre-
fences Lettres verront , Salur. Comme nagüctes nous ayons faic
bonne, loyale & perpetuelle paix , amitié & alliance aucc tres-haut &
° . /
tres - puiffant Prince noftre tres - cher & tres-amé frere & beau- pere le
Roy des Romains , tant -en fon nom que pour & au nom de noftre tres-
cher & tres-amé frere & coufin l’Archiduc Philippe d’Auftriche Comte
de Flandres fon fils ; ainfi que plus à plein eft contenu au Traité d’icelle
paix faite & concluë en la ville de Francfort, par lequel Traité entre autres
chofes a efté appointé & entendu que pour la pacification des differends
ui pouuoient eftre entre eux d'vne part, & ceux du pays de Flandres
ut , lefdits de Flandres députeront gens ayans toute puiffance d’y be-
{oigner , & à cette caufe noftredit beau-pere aye prefentement enuoyé
pardeuers nous noftre cher & amé coufin Engelbert Comte de Naffau,
Cheualier, fon premier Chambellan, & nos chers & bien-amez Philip-
pes de Veron, dit la Mouche, premier Efcuyer d’Efcurie de noftredit frere
& coufin l’Archiduc , Maiftre François de Buftaydin Preuoft de Liege,
Confciller & Maiftre des Requeftes de l’Hoftel de noftredit beau-pere,
{es Ambañffadeurs , & auec cux Maiftre Paul de Bacuft, Prefident de la
Chambre du Confeil en Flandres , Philippes de Contay fieur de Foreft,
Maiftre Iean Sauuage, fes Confeillers , & Maiftre Louis Courroy fon Se-
cretaire, & il foit que pareillement lefdirs de Flandres nous ayent enuoyé
leurs deputez , c’éft à fçauoir nos chers & bien-amez Raphaël Euefque
de. .... Abbc-de Saint Bauon, Louis de Bruges, Seigneur de la Gruthuze,
Cheualier, Prince de Stechuze , Adrian Villan fieur de Reffeghen, Iean
de Menbbenhoué aufli Cheualier , Maiftre Pierre de Liguo , Preuoft de
Roüais, Anthoine de Fontaines, Maiftre Iean de Bure, lean de la Val-
le... Sçauoir faifons, que nous ce confideré, & la grande & finguliere
amour, confiance & feureté que noftredic beau-pere prend en nous, ainf
que lefdits Comte de Naffau, Philippes de Veron, & le Preuoft de Liege
fes Ambañladeurs nous ont certifie & affirmé, & attendu que defdits diffe-
rends lefdits de Flandres fe font entierement foumis à Nous comme à leur
Sounersin, ainfi qu’il nous a apparu par le pouuoir donné à leurfdirs Dépu-
tez , lequel tenons pour fuffifant. Nous, pour ces caufes & autres raifons à
ce Nous mouuans, & mefmement pour le bien de paix, & afin d’efuiter
aux innumerables maux & inconueniens de la guerre, auons par l'auis &
deliberation des Princes de noftre Sang & Gens de noftre Confeil fait
conceuoir & rediger par efcrit certains articles de paix, en quoy a efté tel-
lement befoigné, que aprés plufeurs grandes & notables communications
fur ce tenuëés par les Gens de noftredir Confeil, tant auec lefdits Ambaf-
fadeurs d’iceluy noftre beau -pere, que auec lefdits Deputez de Flandres,
a cfté fait, pañle & conclu un Traité de paix en Ja forme & maniere qui
s'enfuit. | | | DE
C'EST 4 Traité de paix fait à la loüange de Dieu noftre Createur, &
pour l'honneur & contemplation de tres-haut , tres-excellent & tres-
Puiffanc Prince le tres - Chreftien Roy de France, entre tres-haut & tres-
puiffant Prince le Roy des Romains, tant en fon nom, comme pour & au
# AI. Garde
moble.
nom de Monfeigneur l’Archiduc Philippes d’Auftriche, Comte de Flan-
dres fon fils mineur d’une part, & ceux du païs de Flandres d'autre part.
. 1. Et premicrement, ledit Seigneur Roy des Romains fera reintegre plei-
nement & paifiblement en la Mainbournie* & cutelle de mondie Scigneur
l'Archiduc Philippes fon fils Comte de Flandres, & en ce nom aura plein,
paifñble & entier Gouuernement dudit Pays & Comté de Flandres, en tel
cftat, authorité & obeïflance qu'il auoic auart le commencement defdits
Lee; sd
” CA —_ _ — — —
DV ROY CHARLES VIII. s9:
differends entre luy & ceux de Gand, Bruges, Ypres, & leurs adherans,
2. tem, ceux qui depuis le commencement defdits differends ont efte
en Loy*cfdites Villes . Gand, Bruges, & Ypres, fupplieront en toute
reucrence & humilité audit Seigneur Roy des Romains, en fa prefence, .
ou de celuy qui à ce fera de par luy commis, que le plaifir dudit Seigneur
foic de les receuoir en fa grace, & leur pardonner toute l'offenfe qu'ils:
pourroient auoir faite & commife enuers luy & mondit Seigneur l’Archi.
duc fon fils, & diront que s’ils l’auoient à faire, ils ne le feroient. iamais :
laquelle requefte fe fera en chacune defdites Villes ou au deuant des por-
tes d’icelle Ville, ainfi que mieux plaira audit Seigneur Roy des Romains,
& par chacun defdites loix féparément. Et feront ceux qui la feront, veftus
de noir, defceints, nuë cefte, & à genoux. | . |
3. Item, fur ce que les Ambañladeurs dudit Seigneur Roy des Romains
ont demandé la maifon de Cracimbourg aflife fur le marché de Bruges,
eftre démolie, à caufe que iceluy Seigneur y fut detenu , & que en ce lieu
fut conftruite vne Chapelle auec cettaines fondations, il a efté aduifé que
ce point & article fera remis à la veuë * des deux Rois, dont mention eft
faite au traité de Francfort, lefquels Seigneurs alors aduiferont ce. qui en
deura eftre fait pour le bien & feureté d’icelle paix, & femblablement ad-
uiferont fur certaines auttes fondations que lefdits Ambañladeurs aduife.
ront eftre faites éfdires villes de Gand & Bruges, pour le remede des ames
de ceux qui ont efté executez durant lefdits oi, ur
A. Item, pour faire vuider les Gens de guerre d’iceluy Seigneur Roy des
Romains hors du pays de Flandres , & pour recouurer fa bonne grace, &
auffi pour confideration des grandes pertes, dommages & interefts que
iceluy Seigneur & mondit Seigneur l'Archiduc fon fils ont eu,en ce qu'ils
n’ont iouy dudit pays de Flandres durant lefdits differends, duquel pays
ils n’ont cependant receu aucuns profits, ceux _d’iceluy pays de Flandres
paycront audit Seigneur Roy des Romains la fomme de trois céns mille ef-
cus d’or, de crente-fix fols Parifis piece, reuenans à la fomme de cinq
cens vingt-cinq mille liures tournois, ou à la. valeur mt feront payezà la
monnoye ayant cours audit pays de Flandres, felon la reduétion qui fera
faite des monnoyes par ledit Seigneur Roy des Romains, & les Eftats d’ic
celuy pays, à laquelle reduétion lefdits de Flandres dés à prefenc confens
tiront, dont le payement fe fera à trois ans & à trois cermes pour chacun
an; c’eft à fçauoir à Noël, Pafques, & Saint Ican, qui eft pour chacun an
le ciers de ladite fomme, fauf que pour pluftoft faire partir lefdits Gens de
guerre hors d’iceluy pays de Flandres les payemens des deux premiers ter.
mes fe feront à Noël prochainement venant, de laquelle fomme de cinq
cens vingt-cinq mille liures tournois mondit Seigneur l'Archiduc aura fix-
vingts mille liures tournois, & Madame la Duchefle Marguerite Doitairiere
vingt & un mille liures tournois pour les dommages qui luy ont efté faits
pendant lefdics differends , à laquelle Dame fera payé pardeflus vel refte
qui luy peut eftre deù par lefdirs de Flandres , à caufe de la compofition
par eux faite en l’an quatre-vingts-cinq. Et à l’efgard de ceux qui ont elté
endommagez hors exploit de guerre, pour lefquels les Ambaffadeurs du>
dit Seigneur ont faic doleance, ils auront auffi la fomme de quarante mille
liures tournois, qui feront diftribuées & départies entre eux par l'Ordonnan:
ce & bon plaifir dudit Seigneur. Roy des Romains. dr Fi
! g. 11m, que le Domaine dudit Pays & Comté de Flandres fera remis
& reduit à ce qu'il eftoit du viuant des :feus Ducs Philippes 8 Charles
Seigneurs d’iceluy paÿs, fauf les parties venduëspar eux 8c par feuë Ma-
dame la Duchefle Marie Comtefle de Flandres leur fille.
? 6. 18m, Que lefdits: de Flandres accompliront. ce qui eft:contenu en
148 9.
* * Al. Oni ont
exercé les
Charges de
Ville.
# Al. Entre-
DLTE
1489
$97 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
. certain article dudit traité de Francfort, faifant mention de la deliurance
des prifonniers qui furent menez à Gand, le tout felon ledit article, &
comme s'il fuft icy inferé ; & demeure Meflire Volfang de Polham quitte
de la foy qu'il peut auoir donnée aufdits de Flandres ou autre pour eux.
7. Item , que fur le payement de ladice fomme de cinq cens vingt-cinq
mille liures, fera faite à ceux de la ville d’Ypres touchant leur cotte & por-
tion , telle moderation & déduétion que l’on a accouftumé quand aucuns
deniers font impofez & mis fus audit pays de Flandres, & ce qui leur fera
ainfi modere & rabatu fe recouurera fur les autres villes & quartiers con-
tribuables , en laquelle fomme de cinq cens vingt-cinq mille liures ne con.
tribueront aucunement ceux des villes d'Oudcnarde, Alloft, Tenremon.
de, Hulft, Nicuport , Furnes, Dixmude, Dunkerque , Bergues, Bour-
bourg, Grauelines, Furnes Ambacht, Bergues Ambacht, Bourbourg Am-
bacht, Loo, & Lombardic; & au cas que és Villes qui contribueront en
ladite fomme foit fait afliete par ceftes, ceux defdites Villes qui fe feronc
retirez en l’obeïffance dudit Seigneur Roy des Romains durant lefdits dif-
ferends n’y ferone aflis.
8. 1tem, & pour le bien & feureté de cette paix eft faite pleine, gene.
rale & entiere abolition & pardon à tous ceux qui fe font meflez defdits
differends depuis l’an 1482. Et à l’efgard d’aucuns qui furent referuez par
Ja paix de Flandres faite en l'an 1485. ils feront & font compris en cette
prefente paix pour l'honneur & reuerence de ce qu’il a plu au Roy en faire
inftance , & que le Roy des Romains fon beau- pere luy voudroit bien
complaire en plus grandes chofes.
9. 1tem, que tous banniflemens, de quel party qu'ils ayent efté faits, mou-
uans des differends, partialité & gouuernement defdits Pays depuis ladite
paix de l’an 1482. feront & font mis au neant, & toutes rancunes, iniures
& malucillances pardonnées , réferuc ce dont il y a procez; lefquels pro-
cez feront renuoyez où il appartiendra felon le Traité de ladite paix de
1482. & l’article qui cy-aprés fera touché, | |
_ 10, Ztem , que chacun d’un party & d'autre retournera à vous fes biens,
quels qu’ils foient, aflis en l’Empire, au Royaume, & és Pays de mondit
Séigneur J’Archiduc, felon les articles & prouifons de ladite paix de l'an
14 82. & dudit Traicc de Francfort.
11. Item, que tout ce qui a cfté donné, leué & quitté des frais & reue-
nus des heritages ou arrerages des rentes, tant fur les corps des Villes,
que fur particuliers appartenans à ceux qui eftoient pour lors en pays con-
craire, demeurera ainfi quitte, & ne s’en pourra faire pourfuite; & fi les
perfonnes, biens ou marchandifes des D 8 Manans és Villes du
party des deux Roys ou dudit pays de Flandres qui deuoient lefdices ren
tes, cftoient de prefent ou au temps à venir arreftez ou empefchez pour
lefdits arrerages donnez, leuez ou quittez, ledit empefchement fera in.
continent oftc. |
12, Jrem , que ledir Seigneur Roy des Romains comme Procureur &
Mainbourg de mondit Seigneur l'Archiduc fon fils, fera donner tel ordre
& police audit pays de Flandres, que marchandife y aura cours feur & pai-
fible, & que ceux de Flandres qui feront en pays voifins ne feront point
empefchez en corps ny en biens par Gens de guerre ny autrement, pour
fouldes, ou chofes aucunes du temps pañlé.
13. Item , que pour fatisfaire aux fommes de deniers qu’il conuiendra
fournir à caufe de ce prefent Traité , ledit Seigneur Roy des Romains
comme Procureur & Tuteur de mondit Seigneur l’Archiduc , confentira
& confent que lefdites villes de Gand, Bruges, Ypres, & autres contri-
buables à la fomme deflus declarée , puiffenr vendre rentes fur elles, &
à ce
RE Ur
DV ROY CHARLES VIII. 593
à ce dés-à- prefent ledit Seigneur les authorife, & aufli les venditions 1 4 3 9°
dés rentes qui ont efté paflées par icelles Villes durant lefdits differends, f
auant que le peuple y aura confenty en la maniere accouftumée. |
14. Item, pareillement tout ce qui a efté fair durant lefdits differends
au nom de mondit Seigneur l’Archiduc, en iceluy pays de Flandres par
Monfeigneur Philippes de Clieues fon Lieutenant, la Chambre du Con-
(else: demeurera fait, & n’en fera rien retraété , fauf en tanc qu'ils
pourroient auoir engagé ou aliené aucune chofe du Domaine ou des
droits appartenans à mondit Scigneur l’Archiduc, & fur ce que mondit
Seigneur Philippes de Cleues a fait requefte pour eftre receu à rémonftrer
en tout honneur & reuerence fes iuftifications, & aufli qu’il foit entretenu
en fes Eftats , Offices & penfions qu’il a toufiours eus d’iceux Roy des
Romains & Archiduc , defquels il s’eft continuellement tenu & tient
tres - humble feruireur & fuiet, a efté dit que ledit Monfeigneur Philip-
pes eft compris audit Traité de Francfort, & que le Roy tres-Chreftien
parlera de cette requefte au Roy des Romains quand ils fe verront. |
15. ltem , 2e l'eftaple de Bruges & les Nations feront pour le bien
de la marchandife gardez & entretenus comme ils ont efté de tout temps
en ladite Ville, |
16. Item , que les procez qui font au Grand-Confeil defdits Seigneurs
Roy des Romains &'Archiduc fon fils, pour raifon des perfonnes ou des
biens eftant du reflort de la Cour de Parlement à Paris, feront renuoyez
felon l’article de ladite paix de l'an 1482. & à faute de renuoy, les par-
ties à qui il couche fe pourront pouruoir par iuftice là où il appartiendra.
17. Item , que des Sentences renduës par deffaut & contumace d’vne
part & d'autre, durant lefdits differends, fera fait tout ainfi qu’il fut en
pareil cas ordonné & aduifé par ladite paix de 1482.
18. Item , que les prifonniers de guerre d’vn party & d’autre qui ont
payé leurs rançons feront deliurez, & ceux qui ne l’ont encore payée fe-
Font mis à gracieufe finance & rançon, & moyennant icelle deliurez.
19. Jtem , & quant au fait des priuileges , les Deputez de Flandres ont
tefpondu qu’ils n’ont aucun pouuoir de befoigner en cette matiere, mais
au contraire ont charge expreffe de requerir la confirmation de tous &
quelfconques leurs priuileges felon & en enfuiuant ladite paix de 1482.
Il a efté appointé que lefes de Flandres font entretenus és priuileges &
ufages dont ils ont iouy du viuant des feus Ducs Philippes & Charles,
&c auparauant du temps de leurs Predecefleurs Comtes de Flandres; & en
tant que touche les nouueaux priuileges qu’ils ont obtenus depuis le tref-
pas dudit feu Duc Charles, à la prochaine veuë & aflemblée defdits
deux Seigneurs Roys, ils enuoyeront leurs gens & députez ayant pouuoir,
inftruétion & charge fuffifante pour befoigner fur la moderation defdits
priuileges nouueaux, en ce que l’on trouuera que aucune moderation en
deura eftre faite; & par ce prefent Traité & appointement de paix, eft
mis au neant le dernier Traité & appointement fait en ladite ville de Bru-
ges l'an 1488. & en feront rendués les lettres comme caflées & de nulle
valeur. - | | |
20. Item , que lefdits Seigneurs Roy des Romains & Archiduc bail-
leront leurs Lettres Patentes au Roy tres-Chreftien & aufli à ceux de
Gand, Bruges, & Ypres , par lefquelles ils promettront & iureront fur
leur honneur, & en parole de Roy & Prince, entretenir aufdits de Flan-
dres, & faire entretenir tant en general qu’en particulier ce prefent Trai-
té, & ladite paix de 1482. en tous fes points & articles y contenus con-
cernant le fait de Flandres , fans jamais aller, ny venir, ny ET aller au
1489.
594 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
contraire en quelque maniere que ce foir. Et feront iceux Seigneurs bail-
ler femblables promefles par les Ducs de Cleues & de Juliers, & par les
Prelats & Nobles que lefdirs de Flandres pour leur feureté voudront &
requerronc auoir: & s’il eftoit contreuenu audit Traité, ce que Dieu ne
veuille, le Roy tres-Chreftien, comme Souucrain dudit pays de Flandres, y
ouruoyra, & pourra donner confort pour faire reparer ce qui aura efté
aie contre ledit Traité; & aufli fi aucune declaration ou interpretation
eftoic à faire cy - aprés, il le pourra faire au bien & entretenement de cet-
te paix. .
- Lequel Traité de paix a efté par plufieurs fois veu, vifiré & examiné
emment.en tous fes points & articles par lefdits Ambaffa-
bien & dili
deurs de rie beau-pere, & autres affiftans auec eux, & par lefdits
Deputez de Flandres. Et finalement aprés que leéture d’iceluy Traité leur
a cfté publiquement faire en prefence de Nous, des Seigneurs de noître
Sang, & Gens de noftre Confeil, ils ont tous d'vn mefme accord, fran-
chement, purement, liberalement, & de leur franche volonté, tant par
vertu & authorité de leur pouuoir, & eux faifans fort de leurs Seigneurs
& Maiftres, & autrement en la meilleure forme & maniere que faire fe
peur, confenti , agréé, homologué ,approuué, & receù ledit Traité de paix:
laquelle paix au nom de leurfdits Seigneurs 8 Maiftres ils ont folemnel-
lement en noftre main & aux faints Euangiles de Dieu, promis faire gar-
der, tenir & accomplir loyaument & de fait, perpetuellement & à touf-
jours, & tout le contenu en iceluy Traité de point en point felon fa for
me & teneur, fans jamais aller au contraire ; & aufli de le faire ratifier
fufifamment comme jl appartient. Er pour ce faire iceux Ambaffadeurs
de noftre beau-pere feront tenus de fournir Lettres de ratification de
noftredit beau - | mi bonnes & valables en forme deué , lefquelles Lettres
feront portées dans nos mains à cette fin dans Noël prochain; & aufñf
l'ont promis à Nous & aufdirs Ambaffadeurs de noftredir beau - pere, les
Deputez de Flandres: & au furplus ont voulu & confenri lefdits Ambaf-
fadeurs & Deputez d’vnge part & d'autre, que au vidimw de certes fous
fcel authentique, foy foit adiouftée comme à ce prefenc original, le roue
fans fraude, barat, ny mal engin. En tefméin de ce Nous auons fait met=
tre naître féel à ces Prefentes. Donné-a# Mentils lez Tours , le premier
Otobre l’an mil quatre cens quatre-vingts-neuf, & de noftre regne le
{eptiefme. Ainfi figné , Per Le Roy, le Duc de Bourbon, le Cardinal de
Bordeaux ,les Comtes de Bauge, les Scigneurs de Brefle & de Vendofme,
l'Archeucfque de Sens, le Vicomre de Rohan, le Marquis de Rochelin
Marefchal de Bourgogne, les fieurs d'Orual, de la Trimouiïlle, Defquer-
des Marefchal de France, de Curron Gouuerneur de Limoufin, de Bau-
dricourt Gouuerneur de Bourgogne, de l’Ifle, du Bouchage, de Grimaut
Prefidenc des Comptes, de Piennes, d’Aniou, Defcars , de Champeron,
de Mourillon, du Pleflis Bourré, Maiftre Pierre de Sacierges, Eltienne
Pafcal , Charles Defpontoz Maiftres des Requeftes, & plufieurs autres
prefens , Parenr, Et Nous en tefmoin de ce auons mis à ce prefent tranf-
cript ou vidimus le feel de ladite Preuofté de Paris l’an & iour defluf-
dits. Signé, Reavfils.
Pris for de Vidimus original.
cata
.ce en diminution de fa penfon. |
DV ROY CHARLES VIIL so;
affaires qui fe traitoient lors.
TE Roy de Naples remerçie L Ro de la bonne affiftance & faueur r3.oœ5r
qu’il a donnée à Meflire Camille. Pandouëé fon Orateur, quand dernic- :+#».
rement il fut par- deçà, & du :bon vouloir & bienveillance qu’il a à luy, rene l'a op,
ainfi que luy à rapporte ledir Meflire Camille , dont il louë & regracie ER “a
Dieu, & pour ce &-autres fes faits & affaires, il renuoyce par-deçà Ze4#- open
Baptiste, requerant ledit Seigneur l’ouir, & le croire, : qu'il adnife
Le fieur de Ferriéres efcrit que fon frere, fous couleur de lettres eferites as Fe
par le Roy à noftre Saint Pere le Pape, le veut traicer en Cour de Rome zaris.
contrée les Ordonnances Royaux, & qu’il a obcenu un mandement adref- x monfeur le
fant au Grand Senefchal de Normandie, pour l’authorifer à ce faire, Sup- Chewelier,
plie ledit Seigneur que fon plaifir foit refcrire audit Senefchal' & à fes pour y auifer,
Commis, qu’ils luy gardent fon droit fans faucur, & que rien ne foit fait
au preiudice defdites Ordonnances , & que ladite matiere demeure par-
deçà en premiere inftance. | |
Le Mayne Bloffet efcrit que en enfuiuant ce que le Roy luy à mandé, il zrRoy ef cons.
fera diligence d’aflembler les Gens d'armes de fa charge, mais il doute ** Je di-,
qu'ils fe puiffenc fi-coft aflembler ,parce qu’à caufe de la mortalité qui puis ue Pr
n’agucres s’eft prife à Bethune où ils eftoient en ‘garnifon , fon Lieutenanc /°#"6 Pas
depuis fon partement a efté contraint, pour obuier à inconuenient, auffi sésmis.
que aucuns eftoient morts , de donner congé aux autres, de quoyila bieg -
voulu auertir ledit Seigneur ; afin qu’il ne penfe point que luy & fondic
Lieutenant l’ayeng fait à autre caufe, & fupplie ledit fieur,puis que la paix
cft, donner à fefdits Gens d’armes quelque logis dedans les Villes de fon
Bailliage de Caux, où ils viuront à meilleur marché, & qu'ils ont bon mef-
tier de bien pour les pauuretez qu’ils ont eués. er | |
Le Baffard de Cardonne cfcrit qu’il fait toufours bon guet & garde de la LR lu es
Cité d'Arras, & que à la verité il en eft bien befoin, & qu'il ne faut poine./# 4 sré.
prendre fiance à fes voifins,& qu'il enuoye deuers le Roy Michel Dedons
pour fes affaires, fupplie l’ouir & croire, & le faire dépefcher,
Item , requiert qu’il plaife au Roy luy donner la Baronnie de Lyons en Etés /urple
: ) . . faut parler
Normandie pres Gifors, qui vaut enuiron deux ou trois mille francs, & 4. Trefo-
nn riers @ Gens
Item , le faire appointer du reculement de fa penfon qui luy a efté re. #Fimavess.
/ / Par Monfieut
tranchce cette année. du Dnchre.
cHonfigneur de Foix efcrit au Roy Lettres de créance, le priant de croire Le Roy oire
Ican d'Anglade fon Maiftre d'Hoftel & porteur defdites Lettres, de ce /: Gers. &
u’il dira audit Seigneur de par ledit fieur de Foix, comme foy-mefme, no
touchant aucunes fes affaires, & en toutes fes autres befognes l’auoir pour
bien recommandé, | |
CMeffire Branque Dvria efcrit au Rov que depuis que dernierement de z. Roy luy eh,
luy il prit congé, & qu'il a efté arriué en fon quartier, il n’a pas mis en /fsis ben gré,
oubly de faire incontinent ce dont ledit Seigneur l'auoit chargé, c’eft à Er le :
fçauoir d'entretenir fa Maifon de Gennes, enfemble toutes les autres te- 46/2 qu'il con.
nant la querelle d’iceluy Seigneur. Et pour ce que toufours il luy auoit #*°° ne :
cité deffendu par le Duc de Milan, n’entrer , ny fe trouuer au pays fur
eine de la vice, & aufi qu'il n’a ofé efcrire Lettres pour doute qu'elles ne
fent trouuées, pour cette caufe y a enudyé homme bien fuffifant &-féal,
par lequel il a auerty ceux de fadite Maifon & autres tenans le party du-
dit Seigneur du bon vouloir qu'il a toufiours eu, & encore a d’eftre leur
Seigneur ainf que de droit luy appartient. Parcillement les a auertis des
FFE ij
396 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
148 9. promefles que touchant cette matiere le Roy luy a faites : defquelles chofes
Il s'en fans
enquerir,
s'iln'y apoint
effé pournen.
A Movfonrle
Chancelier,
pour y pour.
soir.
comme il a fteu par l’homme qu'il y auoit enuoyé, ils ont efte tres-loyeux,
defirans plus que iamais de ce l’accompliflement & fin ,& femble audit Do.
ria qu'il ne refte qu’à y mettre la main. |
Ledic Doria a charge defdits de Gennes, bons & loyaux fuiets du Roy,
de recourner deuers luy pour le folliciter dé cette matitre, laquelle chofc
il ne fera iufques à ce que ce foic le bon plaifir dudit Sergneur le luy mans
der, cat autrement il luy femble n’eftre conuenable à leur cas; car ils ont
mandé à iceluy Dori4 en fecret, dire aucunes chofes audit Seigneur de
bouche, & neccflaires à leurdite matiere, lefquelles ledit Doria n'oferoit ef-
crire à iceluy Seigneur pour plufieurs caufes qui pourroient porter domma-
ge à leur fait: mais quand ce fera le bon :plaifir d'iceluy Seigneur, iceluy
Doria le dira de bouche. © : | |
Réquérant au furplus iceluy Doria audit Seigneur l’auoir en fouuenan-
ce s’il aduenoit que fes galeres de Prouente s’armaflent, difant que au
plaifir de Dieu il ft homme pour y feruir iceluy Seigneur , aufli-bien &
loyaument que perfonne dudit pays, confideré qu'il eft nourry tout le temps
paflé deflus la mer. _… ee
Mon/fieur l Admiral efcrit au Roy en faueur du fieur de Neftier touchane
vne Capitainerie vacante comme il dit en la Comté de Comminges, à la.
quelle n’a encore: efté pourveu, afin de par iceluy Seigneur la donner au-
dit de Neftier, qui l’a bien’ feruy, & eft vn tres-bon Gendarme.
Les Iurats de la Ville de Perpignan efcriuent au Roy, que à l’occafon des
differends & partialitez qui fonten ladice Ville, lefquelles comme ils difenc
viennent toufours'en accroiflant, pource que prouifion n’y eft donnée par
les Confuls & autres leurs adherans, ont efté oftez à Maiftres Iean Mau-
re & Jean Vrefan les Offices de Clerc & Sous-Clerc de la maifon com-
munce de ladite Ville fans le fceù defdirs de la Ville de Perpignan & au-
tres anciens & principaux d’icelle, ce: qui, comme ils difent, iamais ne fut
fait, pource que lefdits Offices par ancienne couftume font à vie, ni ia-
mais iceux Confuls ñe les y ont voulu réftituer, combien, comme ils difenc,
qu'il l'ait efté par ledit Seigneur commandé, requerans tres-humblement
ledit Seigneur que fon bon plaifir foit declaret fon intention fur ladite caufe,
êc faire ‘garder & obferuer les anciennes couftumes , afin que par malice ni
haine d'aucun ne foit rien fait contre: ni au preiudice d’icelles, iniure ni
dommage aufdits Maure & Vrefan, ni autre, eñ aduertiffant en outre ledit
Seigneur, que fi lefdits Offices n’eftoient 4 vie, feroit le grand dommage
& preiudice de la chofe publique de ladite Ville.
Plus faut parler à Monfieur le Chancelier de ceux de Bayonne, & figner
la confirmation de leur appointement par fon auis. |
Commandé aux Montils lez Tours, le 1 4. iour d’'Oëtobre 1489. pre-
fens à ce le Duc de Bourbon, les Comres de Brefle & de Vendofme, le
Vicomte de Rohan, François Monfieur de Luxembourg, les fieurs de La-
“ual, Marefchal de Bourgogne, les Marefchaux des Querdes & de Gié, le
Gouuerneur de Bourgogne, les fieurs du Bouchage & d’Efcars, Maiftre
Charles des Poncoz Maiftre des Requeftes, & autres. |
| Pris fur l'Original.
) AGE #9. Le Seigneur de Grauille fur dépefché en Normandie. £+
re enfaite. Le commun bruit eftoir que la Cour commençoit à fe lafler
ce luy. |
Il fauc que cela foit arriué dés le mois de Juin, ainfi que la Lettre qui
fuit le peut iuftifier, Quoy qu'il en foit,la faueur de ce Seigneur eftoir beau-
coup diminuée, ainfi que celle de la Ducheffe de Bourbon, dont le Roy
Dv Roy CHARLES VIIL 5972
commençoit à fe laffer , à quoy aidoient fort les rapports qui luy eftoient 1 4 8 9.
faits par ceux qui la voulojenc ruiner dans fon efprit. Non
Le fieur de Grauille au Roy Charles VIIL lu demande quelques
Genf-d'armes” pour ls garde de ls Normandie. .
IRE, le me recommande à voftre bonne grace, tant humblement com- 4 Magny
Jme ic puis. l’ay receu la Lettre qu’il vous a plu m’efcrire , qui Contient :* 1
que pour le brouïllis qui eft en Angleterre, & aufli des Lettres que. vous 7°”
a cfcrites Monficur, & Rohan, les Genf-d’armes que vous auez ordonnez Le
pour venir en. Normandie ne peuuent encore bouger de: là. _
Sire, Vous en ferez venir en Normandie, ou toft ou tard, ainfi qu’il vous
plaira, car de moy ie feray toufours bien content de ce que vous eri vou-
drez ordonner, pource que voftre ordonnance emporte mon acquit: tou-
tesfois j'ay fceu que Meflire Jean du Beflay ct defia en Normandie, & fa
compagnie auffi ; mais foyez feur que ie ne l'ay mandé venir ni luy ni
autre, ose | | : is
Et au regard de ce qui vous a efté efcrit de la Rochelle, touchant laui-
taillement, Sire,ie ne tiens point voitre argent qui en a efté baillé en
grande feureté, pour beaucoup de raifons;fi voudrois-ie bien qu’il en prift
mieux que iene penfe. "+
Sire, Vn Nauire de Dieppe qui. eftoit alle en Guerre, a pris vne Nef de
Bretagne, où il y auoit 2. Anglois dédans, qui venoient tout droit de Lam-
balle, & difent qu’ils s'en retournoient tous fans. congé excepté vn Gentil-
homme malade d’auprés Wxeftre, qui n'eftoit point de la bande des au-
tres, & porte fon congé par efcrir de fon Capitaine à caufe de fa maladie ;
& fonc tous les autres Anglois du pays de Galles. Ils difent qu’il y a eu de-
bat entre les Capitaines defdits Anglois , & qu'à cette heure Monfiéur
Chefnay s’eft tiré à part à tout fa bande d’enuiron huit tens hommes, &
s'eit logé en vn Village à quatre lieués de Dinan. Ils difent outre qu'ils
n’ont point de charge, ni ne fonc dcliberez-de mettre fiege, ni de comba+
cre les murailles, Ie cioy, Sire, que vous eftes mieux ‘auerty de cela que
ke ne fuis. un | _
… Sire, Ceux de la Ville de Dieppe m'ont auiourd’huy enuoyé vn homme
qui vient tout droit d'Angleterre, qui dit pour vray que le Roy a efté en
perfonne iufques-là où le Comte de Nortomberlant a efté tué, & qu'il a
fait couper enuiron cinquante tetes des plus coupables, & dit que ledit
Roy s'en reuient droit à Londres raffembler des gens, car nonobftant l'ex-
ploic qu'il a fait, fi n’eft pas demeuré le pays en grande feureté pour luy,
&, Sire, de tout ce qu’il me fouuiendra roufrours vous en auertiray, Vous
m'efcriuez que vous m'enuoyez le double de: là Lettre de Monficeur de
Rohan & de Meflieurs les Senefchaux qu'ils vous ont’ éfcrite, mais elle
n’eft point au paquet qui m’a efté baillé. oo
Sire, Plaife vous me mander & commander toufours vos bons plailirs,
out les accomplir s’il plaift à Dieu, Sire, à qui ic prie qu'il vous doint tres-
ses vie & longue. Efcrit à Maigny le treiziefme iour de Iuin. pofre
; tres-bumble dr tres-obeiffent féruitenr C* fuict, Louys À. de Granille. Et fur le
dos : L4w Roy mon Souuerain Seigneur. | "+ a:
Pré fur l'original.
etre
6:
#
1438 D»
Æn Moïtils
Lez Tours
21. Ilwin
s 489.
593 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
Le Roy Chaos VIII. à Anne de France ; Ducheffe de Bourbon fa
feur. Luy mande que l'on ne luy 4 rien rapporté œntre elle:
| er que quand on l'euft fait , il ny auroit
‘ _ adiouffé aucune foy.
À SONNE SOEUR M'A M18, le me recommande bien fort à vous.
À Loys du Pefchin m'a dit que vous auez fceu, que aucunes chofes
m'ont cfte rapportées contre vous qui touchent voftre honneur : à quoy luÿ
ay fait refponfe que rien ne m'en a efté rapporté; & ie vousaffeüre que l’on
ne m’en ofcroit parler , car en quelque façon que ce foit n’y voudrois ad-
joufter foy, ainfi que iefpere vous dire quand nous ferons enfemble, & que
ledit Loys vous en pourra aufli aduertir, par ce que ie luy en ay refpondu.
Vous difant à Dieu, ma bonne fœur m’amie, qui vous ait en fa garde,
Elcrit aux Montils lez Tours, le 21. iour de Juin. Signé, CHARLES. Et
plus bas, Bohier. Et au dos cft efcrit: C4 me bonne Jœur ls Ducheffé de
Bosrbon d'Auuergne.
; Pris for l'Original.
Cette piece eft fi finguliere, que l'on auroit lieu de douter qu'elle fuff wveri-
table, fi l'on n'en auoit ne copie png » © qui ne peut paroi[_
tre [ufpeéle : c'e? po autant pour la rarcté que pour faire con.
ME genie , éd , l'on . qu'elle pan effre Le icy.
Elle merite affex de curiofité pour n'effre pas negligée; @) quoy-que ce
fôit svne piece de deux cens années, elle paroifira [ans doute aufh nou.
uelle que rare. : |
V'Ensvrvenr le nombre des Feftes éfquelles, outre les Dimanches,
S tres-noble Dame Madame Anne de France, Duchefle de Bourbonnois
& d’'Auuergne, a puiffance & faculté, elle & dix perfonnes celles qu’il luy
plaira de nommer, de fe faire abfoudre de tous pechez, & gagner plenie
re remiflion, .
As mois de Tenuier.
Le iour de la Circoncifion, premier de ce mois,
Ec iour de Sainte Gencuiefue, croifiefme.
Le iour de lEpiphanie, 46 des Roys, fixiefme.
Le iour de Saint Vincent le martyr , vingt-deuxiefme.
Le jour de la Conuerfon de Saint Paul, vingt-cinquicfme.
An mois de Feurier.
Le iour de la Purification de Noftre-Dame, de de la Chandeleur , fe-
cond du mois.
Le iour de Saint Mathias Apoître, vingt-cinquicfme.
® Noffre-Da-
An mois de Mars.
ms, à prefint Le jour de Saint Gregoire, le douziefme.
de 35. Mars,
Le iour de l’Annonciation de Noftre Seigneur *, le vingt-fepticfine.
pv ROY CHARLES VIIL 59
Au nois d'Auril. … _ 148%
Le iour de Saint Ambroife, le. quatriefme.
Le iour de Saint Marc Euangelifte, le vingt-cinq.
_ 4h mois de May.
Le iour de Saint Philippes & Saint lacques , le premier,
Au mois de Lun.
Le jour de Saint Barnabé Apoître, le vnziefme.
Le iour de Saint Ican Baptifte, le vingt-trois.
Le iour de Saint Pierre @& de Saint Paul, le vingt-huit.
Au mois de Inillet,
Le iour de la Vifitation de Noftre-Dame, le deuxiefme.
Le iour de Marie Magdelaine, ving-deuxiefme. .
Le ioug de Saint Jacques le Maieur Apoître, vingt-cinquiefme,
Le iour de Saint Anne mere de la Vierge Marie, vingt-huit.
Au mois d'Aouf.
Le iour de Saint Laurent, le dixiefme.
Le iour de l’Aflomption Noftre-Dame, le quinziefme.
Le iour de Saint Barthelemy, le vingt-cinq.
Le iour de Saint Auguftin Doéteur de l’Eglife, le vingt-fix.
Au mois de Septembre.
Le iour de la Nativité Noftre-Dame, huitiefme.
Le iour de Saint Mathieu Apoñtre Euangelifte, vingt-deuxicfme.
Le iour de Saint Michel, vingt-neufuiefme. E
Le iour de Saint Ierofme Doéteur de l'Eglife, trentiefme.
An mois d'Oélobre.
Le iour de Saint Denis, neufuicfme.
Le jour de Saint Luc Euangclifte, dixneufuiefme,
Le iour de Saint Simon & Saint Iude Apoftres, vingt-huitiefme,
Au mois de Nouembre.
Le iour de la fefte de tous les Saints, premier.
Le jour Saint Marcel Euefque de Paris, troificfme.
Le jour Saint Martin, vnziefme.
Le iour Sainte Catherine, vingt-cinquiefme.
Le iour Saint André Apoftre, le trentiefme.
Au mois de Décembre.
Le iour Saint Nicolas, fixiefme.
1 4 8 9.
22. Féurier
T 489.
6ao OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
Le iour de la tres-Sainte Conception de la Vierge Marie, huitiefme,
Le iour Saint Thomas Apoñtre, vingt & .vn. .
Le iour de la Natiuité Noftre Seigneur, vingt-cinquiefme.
Le iour de Saint Eftienne, vingt-fixiefme, D NE «e
Le iour de Saint Ican Euañgelile, vingt-feptiefme. sn
Le iour des Innocens, vingt-huitiefme.
© Autres iors Gr Fefles mobiliaires.
Le jour de la Refüurre&tion, alies de Pafques.
Le iour de l’Afcenfon Noîftre Seigneur. . .
Le iour de la Pentecofte.
Le iour de la Trinite.
Le iour du Saint Sacrement,
Pris fer Ün ancien memoire efcrit du temps mefme.
Contract de Mariage d'Enyelbert de Cleues, co de Charlotte de Bourbon
[œur du Comte de Vendofme.
A Tovs ceux qui ces preféntes Lettres verront G* oirônt. Abraham May:
nac, luge du Roy noître Sire, & garde du Séel Royal aux Contra&s
pour les exemptions d’Auuergne", par le Roy noftredit Seigneur à Cuffec
en Auuergne eftably, Sa/ss. Comme le iour d’hier Lundy vingt-deuxief-
me iour de Féurier, l’an mil quatre cens quatre-vingts-neuf ait efté baillé
en la Ville de Saint Pourfain, entre les mains de Jean Girardet Notaire
du Roy noftredit Sire & de ladite. Cour & Chancelerie de Cuflet, paf
Monfeur Meflire Guillaume de Rochefort, Cheualier , Chancelier de Franz
ce, certains articles , lefquels auoient efté accordez dés Dimanche dernier
pafle,en la prefence du Roy noftredit Seigneur audit Saint Pourfain, &c
de haut & puiffant Prince Monfeigneur le Duc de Bourbonnois & d’Au-
uergne, Madame la Ducheffe de Bourbon, Madame la Douairiere de Bour-
bon , Monfieur de Vendofme, Monfieur le Marquis de Rothelin, Maref-
chal de Bourgongne, mondit fieur le Chancelier, le fieur de Curton, Gow
uerneut de Limofin, Monfieur de lIfle, Monfieur le Bailly de Meaux,
Monfieur de Candale, Monfeur Defcars , & Maiftre Eftienne Petit No-
taire & Secretaire du Roy noftredit Seigneur, contenant ce qui s'enfuit. .
C'ef à Scauoir: Que le Roy noftredit Seigneur , en faueur du maria-
ge fait, traité & accordé entre hault & puiflant Seigneur Monfeigneur
Engelbert de Cleues & Mademoifelle Charlotte de Bourbon, fœur
de haulc & puiflant Seigneur Monfeigneur François de Bourbon, Com-
te de Vendofmois, de Saint Pol & de Marle, auoir donné en dot & ma-
riage à ladite Damoifelle Charlotte de.Bourbon la fomine de trente mille
liures cournois, pour vne fois, fortifflant nature d’heritage, au profit d’el-
le & fes hoirs procréez de fon corps, laquelle famme il auoit mife & met-
toit dés maintenant en apparent aflignac en & fur la Comté d'Auxerre &
appartenances d’icelle, tout ainfi qu’elle s’eftend & comporte de long & de
large, foient Villes, Chafteaux, Forterefles , Juftice haute, moyenne & baf-
fe , hommages, ficfs, arrierefiefs, prez, vignes, terres, bois, buiflons, ef-
tangs, riuieres | garennes , moulins, cens , rentes, tailles , bourdelages,
hommes & femmes, ferfs & dé ferue condition, rentes, redeuances, fruits,
profits, reuenus & émolumens, & autres droits quelfconques appartenans à
icelle Comté quels qu’ils foient , & où qu'ils foient fituez & aflis, fauf &
réferué audit Seigneur le Reflort & Souueraineté, pour d’icelle Comté &
chofes deflufdites en ioyr à caufe & titre de doc, iufques à la fomme de
deux
DV ROY CHARLES VIIL 6ot
deux mille liures cournois de rente, & iufques à ce que ledit Seigneur auroit
payé à vne fois, en deniers comptans, ladite fomme de trente mille liures tour.
nois ; & fi ladite Comté auec fes appartenances eftoient de moindre reuenu,
le Roy noftredit Seigneur ferôit fournir le furplus de prochain en prochain;
& aufh fi ladite Comté & appartenances deflufdites vallent plus de deux
mille liures tournois de rente, le furplus feroit & demeureroit audit Sei-
gneur, & pourroient les deflufdits Monfieur Engelbert & Damoifelle
Charlotte en ayant ladite Comte comme dit eft, mettre & commettre en
icelle Comté, pour & au nom d’eux, Gouuerneur, Bailly, Capitaine, Pre-
uoft, Receueur, & tous autres Officiers tels que bon leur fembleroit, & au-
ront la nomination de tous les Offices Royaux de ladite Comté, comme
de la greneterie, contrôlle, mefurage des greniers à Sel, Ele&ion,& au-
cres Offices Royaux d'icelle quels qu’ils fuient, pour d’iceux Offices eftre
donnez par ledit Seigneur à Icur nominatior, quand le cas y écheroit que
lefdits Offices Royaux ou aucuns d’iceux ee “aa Ec s’il aduenoit que
1 4 8 9.
ladite Damoifelle Charlotte allaft de vie à trefpas fans hoirs de fon corps,
furuiuant mondit Seigneur Engelbert de Cleues,en ce cas le Roy noftredic
Seigneur auroit voulu & vouloir que ledit Monfcigneur Engelbert de Cleues
iouiffe de ladite Comté fa vie durant, & auroit efté accordé que ledit Seigneur
ncpourroitracheter niretirer ladite Comté fors feulement en baïillanc & deli.
urant comptant entierement & à vne fois ladite fomme detrente mille liures,
fans que pour raifon & à caufe des fruits, profits , reuenus & émolumens
de ladire Comté, qui auroient efté leuez, pris & perceüs, ledit Seigneur, en
retirant à luy ladite Comté, puft aucune chofe déduire, rabatreou défalquer
de ladite fomme de trente milleliures. Et s’il aduenoic que ledit Seigneur re-
ciraft ladite Comté des mains defdits Monfeigneur Engelbert & Damoifel-
le Charlotte, ladite fomme de trente mille liures, qui pour ce feront bail-
lées, feront employées en heritages, au profit de ladite Damoifelle & de
fes hoirs procréez de fon corps; & s’il aduenoit qu’elle allaft de vie à cref-
pas fans hoirs procréez de fon corps furuiuant mondit Seigneur Engelbert de
Cleues, il ioyra fa vie durant defdits heritages ainfi acquis, comme dit ef,
Item. QE tous les deniers qui feront receüs par ledit Monfeigneur En-
gelbert de Cleues, de ladite fomme de c'Énce mille liures feront par ice-
luy Monfeigneur Engelbertaflignez bien & fuffifamment à la raifon du denier
quinze, pour 10yr dudit affignat par ladite Damoifelle &c fes hoirs procréez
de fon corps, au cas . la refticution dudit dot ait lieu: & à defaut d’elle
& de fefdits hoirs, ledit aflignat retournera au’ Roy noftredit Seigneur à
faculté del’acquiter & décharger en rendant & rembourfant les deniers re-
ceùs de ladite fomme de trente mille liures. Et en outre ledit Monfeigneur
François de Bourbon frere de ladite Damoifelle Charlotte auroit donné &
conftitué en dot & mariage de fon cofté à ladite Damoifelle Charlotte, ou-
tre les fommes defflufdites, la fomme de vingt mille liures tournois, qui fe-
roit payée à ladite Damoifelle Charlotte fa fœur és termes qui s’enfuiuent,
C’eft à fçauoir dedans cinq ans prochains enfuiuans cinq mille liures tour-
nois, & le furplus d’an en an, chafcun an deux mille liures cournois, iuf-
ques à fin de payement defdites vingt mille liures, & defquelles vingt mille
liures feroient acquis heritages au profit de ladite Damoïfelle Charlotte &
de fes hoirs & ayans caufe d’elle : laquelle fomme de Me À mille liures, ou
ce qui fera receù par ledit Seigneur Engelbert , iceluy afignera à la raifon
du pr quinze ,au profit de ladite Damoifelle Charlotte & fes hoirs fuc-
. ceffeurs & ayans caufe, pour ioyr dudit affignat par elle, fefdits hoirs, fuccef-
feurs, & ayans caufe, toutes les fois que refticution dudit dot 8: mariage aura
lieu ; & au cas que Douaire ait lieu, & que ladite Damoifelle Charlotte fur-
ucfquift ledit Monfcigneur Engelbert, en iceluy cas a Char-
| 8 8
1 48 9.
6027 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
lotte fera douée de quatre mille liures tournois de rente, à les prendre fur
les terres, Seigneuries & heritages appartenans prefentement à mondit Sei.
gneur Engelbert, & qui cy-aprés luy pourront appartenir par droit fuccefff
ou autrement, pour ioyt de ladite rence la vie durant d’icelle Damoifelle
r maniere de Douaire. Item. Et fera tenu ledit Monfeigneur Engelbert don-
ner à ladite Damoifelle Charlotte ioyaux nuptiaux felon fon eftar, defquels
ioyaux elle pourra difpofer à fon plaifir; & ferontau furplus lefdits Monfei.
gneur Engelbert & Damoifelle Charlotte uns & communs enfemble en tous
biens meubles & conquefts faits durant & conftant leur mariage chafcun
par moitié. Et moyennant lefdites chofes ainfi données à ladite Damoifelle,
icelle Damoifelle doit renoncer à route fucceflion & efcheute de pere &
de mere, de freres & de fœurs, au profit de mondit Seigneur François de
Bourbon, comme tout ce lefdices parties cy-aprés nommées ont dit & affir-
mé eftre vray pardeuant ledit Notaire Receueur des prefentes, & les té-
moins cy-aprés nommez. Et depuis fe fuflent lefdires parties tranfportées
en la Ville de Ganat auiourd’huy date des prefentes. Srawoir faifons que
auiourd’huy audit Ganat, pardcuant ledit Ican Girardet Noxaire Iuré du
Roy noftredit Sire, de ladite Cour & Chancelerie & le noftre, auquel quant
à oyr & receuoir le contenu en ces prefentes Nous auons commis noftre
voix, force & pouuoir perfonnellement eftabli ledit Monfeigneur Engel-
bert pour luy & les fiens d’vne part, & ledic Monfeigneur François de
Bourbon & ladite Damoifelle Charlotte pour eux d'autre part, lefdices
parties de leurs bons grez & bonnes volontez par leur bon vouloir, plailir,
& confentement du Roy noftredit Seigneur, comme lefdites parties ont
dit & affirme, ont connu & confeffé auoir parlé & traité mariage à faire &
accomplir en face de Sainte Mere Eglife dudit Monfeigneur Engelbert &
de ladite Damoifelle Charlotte de Bourbon, & fur ce faits les accords,
quittances, conuenances & promefles de mariage qui s’enfuiuent.
C'eft à ffauoir, Que ledit Monfeigneur Engelbert, du vouloir, plaifir &
confentement que deflus,comme il à dit, a promis de prendre pour femme
& cfpoufe ladite Damoifelle Charlotte ; & femblablement ladite Damoi-
felle, du plaifir vouloir, & confentement que deflus aufli, comme elle a dit,
a promis de prendre pour mary & cfpoux ledit Monfeigneur Engelbert de
Cleues, fi Dieu & Sainte Mere Eglife s’y accordent. Et pour faueur & contem-
plation dudit mariage, & pour iceluy faire & accomplir, ledit Monfeigneur
François de Bourbon à donné & conftitué, donne & conftituëé en doc &
mariage de fon cofté à ladite Damoifelle Charlotte fa fœur prefente & ac-
ceptante, outre lefdires chofes données par le Roy noftredit Seigneur, la-
dite fomme de vingt mille liures tournois fortiffant nature d’heritage ; la-
quelle fomme de vingt mille liures ledit Monfeigneur François de Bourbon
a promis & promet par ces prefentes de payer à ladite Damoifelle Charlotte
fa fœur, efpoufe à venir, és cermes qui s’enfuiuent. C’eft à fçauoir d’au-
iourd'huy en cinq ans prochainement venans la fomme de cinq mille li-
ures tournois, & le furplus d'an en an, chafcun an deux mille liures tour-
nois iufques à fin de payement defdites vingt mille liures, comme dit eft,
&c de laquelle fomme de vingt mille liurestournois, feront acquis heritages
au profit de ladite Charlotte & de fes hoirs & ayans caufe d'elle; & la-
quelle fomme de vingt-mille liures, ou ce qui fera receü par mondit Seigneur
Engelberc, il affignera à la raifon du denier quinze au profit de ladite Da-
moifelle Charlotte & fes hoirs, fuccefleurs & ayans caufe, pour ioyr dudic
aflignat par ladite Damoifelle, fefdics hoirs, fucceffeurs & ayans caufe, rou-
tes les fois que reftitution dudit dot & mariage aura lieu; & au cas que
Douaire air lieu, & que ladite Damoifelle Charlotte furuefquift ledit
Monfeigneur Engelbert, en iceluy cas ladice Damoifelle Charlotte fera
Dpy RoY CHARLES VIIL 65;
douée de quatre mille liures tournois de rente à les prendre ainf que diteft 1 4 8 9.
deflus, fur les terres, Seigneuries & heritages à luy appartenans prefentement,
& qui cy-aprés luy pourront appartenir par droit fucceflif de Monfeur le
Comte de Neuers fon ayeul, ou autrement, pour ioyr de ladite rente la vie
durant de ladite Damoifelle Charlotte par maniere de Douaire, Et outre a
promis & fera tenu ledit Seigneur Engelbert de bailler à ladite Damoifelle
Charlotte efpoufe future deux places pour fa demeure,bonnes & honneftes,
pour les cenir par ladite Damoifelle Charlotte par maniere de Douaire , au
choix & ordonnance de mondit Seigneur le Duc de Bourbon & de Madame
la Duçheffe de Bourbon, lefquelles deux places ne feront aucunement com-
prifes aufdits quatre mille liures tournois de rente, & lefquelles deux places
ladite Damoifelle Charlotte fera cenuëé d’entretenir en bonne & fufffante re:
paration, Ztem, Serarenu ledit Monfeigneur Engelbert donner à ladite Damoi-
felle Charlotte. ioyaux nuptiaux felon fon eftat, defquels ioyaux elle pour-
ra difpofer à fon plaifir; & feront au furplus en faueur que deflus lefdics
Monfeigneur Engelbert & Damoifelle Charlotte uns & communs enfemble
en tous biens, meubles & conquefts faits durant & conftant leur mariage
chafcun par moitié, au moyen de ce qui a efté accorde entre lefdites par.
ties en faueur que deflus: & au cas que ledit Monfeigneur Engelbert ira
de vie à crefpas, fans hoirs procrécz de fon corps, ladite Damoifelle furui-
uant, clle aura & prendra tous lefdics biens meubles; & femblablement au
cas que ladite Damoifelle ira de vie à trefpas, fans hoirs procréez de fon
corps, furuiuant Jedit Monfeigneur Engelbert, audit cas aura & prendra
tous lefdits biens meubles, Et moyennant lefdites chofes ainfi données &
promifes comme dit eft ,icelle Damoifelle Charlotte, fous l'authorité dudit
Monfcigneur Engelbert, en tant que meftier feroit, a quitte & renonce, quit-
te & renonce par ces prefentes à touce fucceflion & efcheure de pere, de
mere, de freres & fœurs au profit dudit Monfeigneur François de Bour-
bon fon frere, fes hoirs & ayans caufe de luy, attendu ce qui a efté accor-
dé en faueur que deffus. Et au cas que ledit Monfeigneur François de Bourbon
& Monfeigneur Loys fon frere iroient de vie à trefpas fans hoirs defcendans
de leurs corps en loyal mariage, audit cas ladite Damoifelle Charlotte vien
dra à partir en leur maifon comme l’vne de fes autres fœurs, en rapportant
ce qu'elle aura eu, car ainfi a efté accordé entre lefdites parties & chafcune
d’icclles de leur vouloir & confentement, & en faueur que deflus.. Et par
ainfi ont promis &.iuré lefdices parties & chafcune d’icelles , en tant que à
chafcune d’elles touche & peut toucher & appartenir, par leur foy & fer-
ment, & fous l'obligation & hipoteque de tous & chafcuns leurs biens, meu-
bles & immeubles, prefens & à venir quelfconques, les chofes deflufdites,
& chafcunes d’icelles tenir, garder, accomplir, & contre non venir, ni faire
venir, & qu’elles n’ont fait, ni feront chofe, pourquoy les chofes defluf-
dites & chafcunes d’icelles n’ayent & obtiennent à toufiours pleine & per-
petuelle fermeté & valeur, mais icelles garderont, obferueront, accompli-
ront, & feront obferuer, garder & accomplir, fans venir, ni faire venir par
elles ni autres au contraire du contenu en cefdites prefentes, & rendront
& reflitueront l’vne partie à l’autre tous defpens, dommages &interefts, que
à l'vne defdites parties par defaut de l’autre conuiendroit faire & fouftenir en
quelque maniere que cc foit, pour caufe & occafon des chofes deflufdites
ou aucunes d’icelles non obferuées & accomplies toutes aétions,exceprions,
déceptions, allegations, raifons & défenfes de fair & de droit à ce contraires,
ccffans & arriere mifes, renonçant au droit, difant generale renonciation
non valoir: & ont voulu & veulent lefdites parties & chafcune d’icelles en
tant que à chafcune touche & peut coucher elles & leurs heritiers & fuc-
. Cefleurs, & qui d'elles ont ou auront caufe au temps adugnir, pouuoir &
GGggi
_— 604 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1 48 9. deuoir eftre contraintes, gagées & compellées par nous ou celuy qui fera
A Infpruch
20. Mars
14659,
‘torité, pouuoir & puiflance de
en lieu de nous au temps aduenir par la prife, vente & exploitation de tous
& chafcuns leurfdics biens, meubles & heritages, prefens & à venir,en les
(oumettant à la iurifdiétion & contrainte de ladite Cour fans congé, licen-
ce & monition precedens. En cefmoin defquelles chofes deffufdites, nous,
à la relation dudit iuge, lequel nous a relate lefdites chofes eftre vrayes,
& ainfi que dis eft pardeuant luy auoir efté faites & paflées, auquel & à fa-
dite relation nous adiouftons pleine foy ,auons mis & appofe à cefdites pre.
fentes Lettres criples, ledit Séel Royal que nous tenons. Fait @ donné, pre:
fens à ce & pour tefmoins appellez mondit Seigneur le Duc de Bourbon,
Madame la Ducheffe de Bourbon, Monfieur le Gouuerneur de Limofin,
Maiftres Eftienne Petit & Iean Damont Notaires & Secretaires du Roy
noftredit Seigneur, & Iean Vachot valet de Chambre de mondit Seigneur
le Duc de Bourbon, le Mardy vingt-troifiefme iour de Féurier, lan mil
quatre çens quatre-vingts-neuf. :
Noble & puiflant Seigneur, Meflire Antoine de Chabanes, Cheualier
nommé comme deflus, & depuis le Ieudy enfuiuant vingt-cinquiefme iour
dudit mois de Féurier l’an Lfardis mil er cens quatre-vingts-neuf,
en la Ville de Aigueperfe, ladite Damoïifelle Charlotte procedant fous
Y'aucorité dudit Monfeigneur y fon mary prefent, & luy donnant l’au-
aire & pañler le contenu en ces prefentes,
&c ledit Monfeigneur Engelbert, en tant que luy touche, lefquels & chafcun
d'eux, de l'autorité que deflus, de leur bon gré ont ratifé, loué, agréé, con-
fenti & approuuc, & par ces prefentes nue. louent, agréent, confen-
tent & approuuent toutes & chafcunes les chofes deflus efcrires en cefdi-
tes prefentes en la forme & maniere qu’elles font deflus efcrites , pro-
mettans par leurs foy & ferment, & fous l'obligation que deffus de ne ia-
mais venir, ni faire venir par eux, niaucun d’eux au contraire, ains ont voulu
& veulent qu'elles foient & demeurent en la forme & maniere qu’elles font
deflus efcrites, & voulu eftre contraints par les compulfions deflus efcrites.
Fait G donné, prefens à ce, & appellez pour tefmoins nobles hommes Eynay
de Lay, Efcuyer, Seigneur de Bellegarde, Chambellan de mondit Seigneur
Engelbert de Cleues, Iean Tabout, Efcuyer, Iean Trouflcbois, Efcuyer,
Pierre Coufinot, Efcuyer, Maiftre d’Hoftel de hault & puiflant Seigneur
Monfeigneur le Comte Porcian, Seigneur de Crouy, Loys de Hedouuille,
François de Mery, & Jean Galle, Efcuyers , les iours & an deffudits.
Sign. GIRARDET.
Tiré d'une ancienne copie collationnée d expediée le 3 r. Decembre 1495.
Procuration de Maximilian Roy des Romains, pour traiter du mariage
d'entre luy 7 Anne Duchefle de Bretagne.
AXIMILIAN par la grace de Dieu Roy des Romains, toufours
augufte, Archiduc d’Auftriche, Duc de Bourgogne , de Lothier,
de Brabant, de Lymbourg, de Luxembourg & de Gueldres, Comte de
Flandres , de Tirol, d'Artois, de Bourgogne , Palatin de Hainaut, de
Hollande, de Zelande, de Namur, de Zutphen & de Malines, Marquis
du Saint Empire, Seigneur de Frife & de Salins : A tous ceux qui ces
prefentes Lectres verront, Sa/wr. Comme dés pieçà & du vivant de feu
noftre coufin le Duc François de Bretagne dernier crefpaflé, à qui Dieu
pardoint, nous euffions par nos Gens & Ambafladeurs & les fiens tenu
certains pourparlers & traitez d’alliance & de mariage entre nous, d'une
part, & Haute & Puiflante Princefle Dame Anne fa fille aifnée, à prefent
Duchcfle de Bretagne d'autre parc, lefquels craitez & pouxpatlers au
\
DV ROY CHARLES VIIL 6o;-
moyen du trefpas dudic feu Duc font demeurez à conclure, & il foit que 1 4 8 9.
pour y befogner fi auant que de noftre part le defirons, aprés que fur ce
en auons eu Îles aduis de noftre tres - redoute Seigneur Monfeigneur l’Em-
pereur, & des Princes de l’Empire, nous foit chofe agréable enuoyer au<
cuns de par Nous pardeuers fadite Duchefle ayant fur ce pouuoir tel qu'en
tel cas appartient. Srawoir faifons, que nous confans à plein és fens, grande
leauté, bonne prudence, difcretion & fuffifance que fçauons eftre és per:
fonnes de nos amez & feaux le Comte de Naffan noître coufin, le Seigneur
de Polham Marefchal, Maiftre Jacques de Gondebasls noftre Secretaire, &
aufli de Loupian noftre Maiftre d'Hoftel eftant par-delà, iceux auons
commis ordonnez & eftablis , commettons, ordonnons & eftabliflons nos
Ambaffadeurs, Orateurs, & Procureurs fpeciaux, en leur donnant plein
pouuoir , authorité & mandement exprés par ces prefentes, de pour & au
nom de Nous les trois ou les deux defdits fieurs qui mieux vacquer y
pourront, exprés tranfporter pardeuers ladite Duchefle de Bretagne, lu
dire & declarer & à ceux de fon Sang, aufli aux Barons, Nobles & Suicts
de ladite Duché, fi befoin fait, noftre vouloir, intention & defir au fait
dudit traité & alliance de mariage d’entre nous & elle, entendre & fça-
voir fur ce le fien, & pañler & conclure de noître part lefdits traité & al-
liance , felon que l’auons dit & declaré aufdits Ambafladeurs, fiancer pour
& au nôm de Nous ladite Dame Anne Duchefle, & faire promefle &
ferment folemnel en lame de nous que la prendrons eh noftre femme &
cfpoufe, aufli de en ce cas receuoir le reciproque , à fçauoir de nous pren-
dre à vray & leal efpoux & mary, felon Dieu & noftre Mere Sainte Egli-
fe, & au furplus faire en ce que dic eft tout ce que bons & leaux Ambaf-
fadeurs, Procureurs & Orateurs deflufdits peuuent & doiuent faire, &
iufques à la confommation dudit mariage, ainfi que faire pourrions fi pre-
fent y cftions, & de ce en bailler leur Lettres telles que befoin fera, pro-
mettant en parole de Roy, d’auoir & tenir pour agréable, ferme & ftable
à toufiours, tout ce que par les deflufnommez les crois ou les deux d'i-
ceux, fera fait, iuré, promis, conclu & pañlé, & d’en bailler nos Lettres
de confirmation & ratification en forme deuëé quand requis en ferons. En
tefmoin de ce Nous auons fait mettre noîftre féel à ces Prefentes. Donné
en noftre ville d’Infpruck le vingtiefme iour de Mars l’an de grace mil
quatre ceris quatre-vingts-neuf , & du regne de Nous Roy le cinquicfme.
Signé , Maxim1iLian. Et plus bas, Par le Roy, Nwmans. Et fécllé. .
Traité de Ligue entre Henry Roy d'Angleterre, Maximilian Roy
des Romains , @ Philippe Archiduc d'Aufriche [on fils, contre
CR le Roy Charles VIII.
X T Niversis © féngulis ad quos praféntes Littere peruenerint. Nos Tho- 4 Oking
mas Louell, Miles Thefawrarius Camera potentiffimi Principiés G* Domini ‘1: ‘eprembre
nofri Henrici Dei gratia Regis Anglie @ Francis C Domini Hibernie, & Hen- io
ricus Aynefworth Legww Doëfor, in Offiio Priuati figilli ciufdem Potentiffimi A # ue
Domini noffri fécundarius ; Commiffarii, Procuratores G* Depatati , Salutem. No é 555.
neritis quod cum belum co fælicius © fecuriss agatur quo plurimorum Princi-
pwm aucioritate , confilio , ope C° auxilio conducatur, ac communis boïtis virtus
infirmier G° debilior exiflat quo in plures aduerfarios diui[a fuerit: idcirco nos
Commiffarii Depatati antedicfi cum fheitabilibus CG pranobilibus viris Domino ”
Ladrone de Gheuara, Milite, Confiliario @ Canserario, @ Magiffro Iacobo de
Gondcebault, Secretario in ordinantii Cr guerris, facratiffimi Principis Maximi-
ljani Romanorum Regé Amballistoribus , negotiorum gefforibus C° Commif[ariss , ad
dominandi libidinem Iluffriffimi Principis Francis Caroli Regis reprimendam
GGg5 i
1490.
606 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
matuo communicantes ex certis cauffs C confiderationibus ditfos Principes noffros
ad hoc fpecialiter hinc inde moucntibus prater Cr ultra cateras quaflibet paca-
tiones , consentiones * confæderationes inter ditfum Dominum noffrum metuen-
difimum Anglie G Francis Regem , ac Sets à potentiffimuns Principem Ma-
ximilianum Romanorum Regem initas @° contraitas, © cif[dem in robore fuo ni-
bilominus remanfüris, fheciales quafdam inteligenties , pacationes , conwentiones,
amicitias , alligantias G* confæderationcs de confénfs, voluntate G mandato ex-
preflis ipfius dicii Domini noffri Reg » AC virtuie poteffatis per ditteras Juas pa-
tentes quarum tenor infra féquitur nobis attribute, cum fupradiitis Commiffarits
Jacratiffimi Romanorum Regis, cWm potellate fimiliter faffuienti per litseras dicfi
Regis patentes, quarum cnor Ciiams Jabfiquitar munité communicauimus ; ap-
puntiuauimus , contraximus, conclufimus © concordauimus, 4c per prefentes ap=
puncluames , contrahimus , conclndimus (Ci concordamus articulos, promiflioncs,
pacationcs , conuentiones , aligantias, amicitias C confæderatiônes, que féquuntur.
IN PRIMIS, consentum , concordatum GC" conclufm eff, quod inter dicfos
Inffriffimes & Potentiffimos Komanorum d Anglie Reges, heredes G fucceffores
Jos fit vna, vera, firma © inuiolabilis pax C* amicitia, futuris temporibus per-
petuo per Dei gratiam duratura. Eï god in ea aliifque conuentionibus [ubfequen-
tibus comprehendanter facratifimus Dominus Romanoram Imperator Jemper au-
guffus , 1luffriffimi Principes Caflelle CG Legionis Rex C* Regina, torumque pri-
mogenitus Serenifimus Rex Dacie, Normwecia, Crc. Rex Portugalie, Eküfores
Principes Imperii, atque Britannie Ducif[a, fi in ci comprehendi vclint. Item, cum
Carolus Gallorum Princeps, fuique Progenitores nonnulla oppida infignia, Caffra,
Dominia , aliaque quamplurima ira Iluffriffimorum Principum Romanorum,
Anglorumque G* Hifjanorum Regu»s, Iluffrifimi Philippi Archiducis Auffrie ©
Burgundis Ducés , necnon Sereniffime Principes Anna Britannie Duciffe , cetero-
rumque Chriffians Religions Principum contra omnem ÿurë aquitatem viribus
aflutia nequiter vférpaucrint vfurpaucritque , atque iniuffe detinet in prafenti :
inter nos Oratores , Commiffarios, Procwratores, negotiorsm geflores C* Deputatos
antediétos vice, nomine G* auétoritate Iluffrifimorum Regum C fupremorum nof-
trorum concordatum , conuentum C* conclufüm eff quod fi dittus Carolus Gallorum
Princeps , vel aliquis beredum aur faccefforum fuorum aliquem prefatorum Princs-
pum füpremorum noffrorum Philippum Aufirie Archiducem, G 'Burgundiæ Duccm
fu Britannie Duciffam , vel alicuins eorumdem fubditos per terram aut mare inua-
férit, aut guerram de faifo fecerit, aut fieri mandanerit , ant aliquis fubditoram
forum fine cius mandato guerram fecerit, C* Gallorum Princeps requifitus faper-
inde iuffitiam dencgaucrit, aut facere neglexerit, G* ditfus Rex fic per Je aut
fuos fabditos inuafhs propter inuafionem fibi aut füis fic fatfam , aut alter Re-
gum pradiéforum propter inuaffonem Duci aut Duciffe prediliis faifam , aut suffi
tiam foperinde requifitam , G* ab ipfo Galorum Principe dencgatam negleéfamue
contra eumdem Gallorum Principem fe hoffem manifeffe declaraucrit, belum contra
cundem indicendo realiterque agendo, tunc fi Rex fic inuafus alim Regem n0n
insafèm aut alter Regum pradiforum proper inuaionem Ducis aut Duciffe pre-
diétoram , alterum Regem ad buisfmods bellum requifierit, flatim po/f ipfam requi-
fitionem, Rex fic requifitus fe ipfius Gallorum Principis hoffcm fore declarabit , ac
manifeffabit, ac bellum contra eundem Gallorum Principem, feclufa mors, indicet,
guerram per terram G* mare contra eundem realiter G* fais expenfis agendo C pro-
féquendo. Item, concordatum , conuentum > conclufum eff quod immediate poli
fêx menfés, poff requifitionem, ut predicitur, per alterum ditforum Dominorum
Regum insafäm alteri non inuafo faéfam, vel citius, ff iifdem duobus Regibus
id vtile & conducibile vifum fucrit, vterque Regum Romanorum © Anglorum
pradicforum Regnum Francis cum tali armatorum potentia qua polfet campum te-
nere, féque G* fhos contra ipfum Carolum Regem communcm corum aducrfarinm
fueri Gr defendere, ac verifimiliter fa iura ab co recuperare in propria perfona
DV ROY CHARLES VIIL 6077 =
ingredietur, G° feis expenfis ditfum Principem Carolum eorum bofiem inuader d 1 4 9 04
realiter proféquetur. Âtem; concordatum, conuentum GC conclufum cff qued fi pro-
pter insafionem Daciffe Britannie,"vt Premittitur, factlam, alter Regum Romanorum
CG Anglorum prediéforum alterum requifierit ; vterque corum immediate poff fx
menfes 4 tempore requifitionts huiufmodi proxime futuros, vel citius fi vtrique co-
rum tile vifum fucrit, Regnum France cum Jus porentis, vt fuprà, perfônali-
ter ingredi, ditfumque Principem Carolum eorum hoffcm inuadere infeffareque,
vt prefertur , tencatur, dummodo Brifannis Duciffæ per ditfum Francoram Prin-
cipem inuafa omnem GC omnimodam guerram tam per terram quam per mare
contra eundem Gallorum Regem C fuos pro viribus fecerit Cr realiter profequa-
tur. Item, snter nos Orateres © Commiffarios antediéfos communicatum >» CON-
cordatum, conwentum C conclufum eff, quod poflquam vterque Romanorum C° An-
glis Regum praditforum Rcgnum Francis cum [ua potentia perfonaliter ingref
Jus fuerit, bellumque inuafiuum , ut predicitur, inibi fecerit ; neuter corumdem
Regum fine altérius Regé notitia G confénf# à bello incepto defifiet. 1tem ,con-
cordatum , conuentum @ conclu fum eff inter nos Oratores antedictos , @* aucforitate
qua in bac parte fungimur noffros fupremos fupradiltos affringimus , G- per pre-
fêntes obligamus , quod fi poff inuafionem in Regnum Francis per virumque
Romanorum GC Anglie Regum praditforum faéfam aliquis corumdem Regum
aliqua caffra , villas, munitiones, fortalitia , vel opida ad alterum corumdem duo-
rum Regum de iure Sbelfantia euicerit, auf quoquomodo adquificrit , ile fic ad-
quirens per alterum Regem ad quem ca de iure ffettare nofcuntur , requifitus
magna fine dificultate dilatione cadem cidem requirenti reddere, tradere © de-
bberare debebit. tem, concordatum CG conclufum eff inter nos Oratores G Com-
miffarios antedittos quod neuter dicforum Romanorum GC Anglis Reçum treu-
gas » Amicities ; confæderationces , aut aliquas alias iniclligentias abjque affenfa €
confénfé corumdem alterius cum Carolo Gallorum Principe, aut aliquo fucce forum
Jfuorum poff inuafioncm per cofdem, vt prafertur, in Regnum Francis inchoatam
inibit, ant faciet, [eu iniri aut fieri faciet, aut acceprabit.
Sequitur Commiflionis tenor Illuftriffimi Anglorum Regis
Oratoribus antediétis conceffx.
H ENR1CvS Dei gratia Rex Ançlie G Francis, € Dominns Hibernii,omni- #: Sepf.149e
bus bas preféntes litteras vifuris , Salutem. Sciatis quod pro fingulari
fémma beneuolentis , amore G* affettione qiam nos Babemus «d excellentifimum c
potentiffimum Principem cariffimum C Fer agé fratrem noffrum Maximiliansm
Regem Romanorum femper auzuffum, Archiducem Auffrie, Ducem Burgundie, Lotha-
ringiæ, Brabantie, Limburgie, Luxemburgie, C° Gheldrie, Comitem Flandrie;
Tirolis, Artefiæ, Burgundie, Palatinum de Haynaut, Holandie, Zelandie, Namur,
Zuytphen G* de Malines, Marchionem [acri Imperii, G* Dominum Friffe G: de Sa-
lin, füentes G bene affecurati quod non minori dileitione nos profequitur, ficut
épfimet ampliffime dixit , declarauit, C* pro certo affirmauit per fuos Orstores ad
nos tranfmiffos, C ficuti ad nos ftripfit , G* dinerfis vicibus nunciari fecit, nos
deliberauimus capere G° habere cum preditio fratre noffro maïores inteligentiæ,
confæderationes C aligantias, G* cum opus fit ad eafdem tratfands conflituere
aliquas notabiles perfonas nobis fècuras Gr fidcles. Notum facimus, g#od nos ple-
ne confidentes de induffris fidelitate, prudentis & doitrina dileitorum G* fidelium
noffrorum Thomx Louell, Mihtis, Thefaurarii Camera noffre, G* Magifiri Hen-
rici Aynefworth , Legum Docforw in Offuio Primati figili noffri fecundarii Con-
filiariorum noffrorum cifdem pro buiufmodi caufis & aliis nos moucntibus per bo-
num auifamentwm C° deliberationem dedimus G* damus per prefèntes mans nofira
Jignatas auctoritatem , facultatem G* plenam poteffatem tratfandi, faciendi G con-
cludendi pro nobis G* nomine noffro cum fpeitabilibus viris Domino Ladrone de
60 OBSERVATIONS SVR L’'HISTOIRE
1490. Gheuara, Milite,Confiliario G* Camerario eisfdem fratris noffri, @ Magiffro la-
33. May
149%
cobo de Gondebault, /£o in ordinantiis & guerris fus Secretario, antforitatem,
faculiatem € plenam poteflatem ab codem fratre noffro adhoc babentibus, omnes in
telligentias, confæderationes C* alligantiæs qua videhuntur «fe bone G* vtiles pro
commodo C* honore vtrisfque noffrum, patriarumque C* fubditorum noffrerum ,
promittentes in verbo Regio ratum , firmum , acceptum C* ffabile habere omne €:
sotum illud qued in bac parte per ditios Confiliarios noffros tratfatum , fattum €
conclufons fucris, ficut Ji per perfonam noffram faifum > trafatum C conclufums
fuillet, quamuis in eis requiratur mandatum magis fheciale. In CHEMS Tei teffi-
monium praféntibus figillum noffrum appons fecimus. Data apud Oking féptima
die Scptembris auno Domini millefimo quadringentefimo nonagefimo , CG noffri
Regni fexto. Subfériptio autem tal eff vtr féquitur : Per ipfum Regem, & de
data praditfs aucloritate Parlamenti, Bacheler. |
Tenor vero Commiflionis Sacratifimi Romanorum Revis
Oratoribus conceffæ fequitur, fub hac verborum ferie.
AXIMILIAN par la grace de Dieu Roy des Romains, toufiours
augufte, Archiduc d'Autriche , Duc de Bourgongne, de Lothier,
de Brabant, de Limbourg , de Luxembourg & de Gheldres, Comte de
Flandre, de Tirol, d'Artois, de Bourgongne , Palatin de Haynaut , de
Hollande , de Zellande, de Namur , de Zuytphen & de Malines, Mar-
quis du Saint Empire, Seigneur de Frife & de Salins: A cous ceux qui
ces prefentes Lettres verront , Sa/us. Comme pour la cres- finguliere &
tres-parfaite bienveillance , amour & affedtion que nous auons à tres-
Haut & tres-Puiflanc Prince noftre tres-cher & tres -amé frere le Roy
d'Angleterre , {çachans & bien acertenez qu'il ne l'a pas moindre enuers
nous, ainf que tres - amplement il a dit, declaré & affirmé pour verité à
nos Ambaffadeurs dernierement enuoyez enuers luy, & ainfi le nous a ef-
crit & fait dire par plufeurs fois, nous ayons déliberé prendre avec noftre-
dit frere plus grandes intelligences , confederations & alliances, & foit
befoin pour icelles traiter , & commettre aucuns notables perfonnages à
Nous feurs & féables. Sçauoir faifons que nous à plein confians, des fens,
loyautez, preudommies & fufhfances de nos amez & feaux Mcflire Ladrod
de Gheuars Cheualier, noftre Confeiller 8 Chambellan, & Maiftre Jacques
de Gondebaus noftre Secretaire en Ordonnances & de nos Guerres, à iceux
pour ces caufes & autres à ce Nous mouuans, auons par bon auis & déli-
beration donné & donnons par cefdites prefentes fignées de noftre main,
autorité, faculté & pleine puiffance de traiter, faire & conclure pout & au
nom de nous auec noftredit frere le Roy d'Angleterre, toutes les incelli-
gences , confederations & alliances qui feront aduifées eftre bonnes &
profitables pour le bien & honneur de noftredit frere & de Nous, nos
Pays & Suiets, promettans en parole de Roy, ratifier & auoir ferme ;
agréable & ftable cout ce que en cette partie fera traité, fait & conclu par
lefdits Meflire Ladron, & Maiftre Jacques, comme fi fait, traité & conclu
l'auions en perfonne quand ores ce feroient chofes qui requiflent mande-
ment plus fpecial, En tefmoin de ce Nous auons fait mettre noîftre feel à
ces Prefentes. Doyné en noftre ville de Wim le vingt- deuxiéme iour
de May l'an de grace mil quatre cens quatre-vingts & dix, & de noftre
regne le cinquiefme. Ainf figné, cHaximilian. Parle Roy, Numans.
Que omnis © fingula nos IBuffriffimi Principé Anglorum Regis Oratores
prafati » poteffate qua Jspra fondemus atque promiltinus , eundemque Regem nof-
tram frmiter obligamus , quod idem Princeps noffer Anglorum Rex antédictus,
Hasenus pm concernant, ratificabit, approbabit G* obféruabit, G in bac féb no-
| LU LE I 4
DV ROY CHARLES VIII. 6o9
_ mine fo proprio vna cum manus proprie fabfériptionc G fui magni figili muni-
mine infra tres menfes poff datam prefentium proximo futuros innouabit. In
quotum omnium © fingulorum premifforum fidem GC teffimonium nos omnes ©
finguli Romanorum C* Anglorum Reçgum Oratores antedicti, bi preféntibus ma-
nibus proprié fubfcripris figilla noffra appofiimus. Datum apud Oking vrdeci-
ma die Septembris anno Domini milefone quadringentefimo nonagefime. Signe,
Thomas Loue, Henricus Agnefworth , Ladron , & de Gondebauit.
Pris fur l'original eftant en la Chambre des Comptes de Lifle,
Rolle ex Eflat des Officiers de ls Maifon du Roy Charles VIII.
pour l'année 1490.
M ÂISTRES. D HosrTEeLz. lacques de Chazeron, Seigneur & Baron
dudit lieu, premier Maiftre d'Hoffel, buit cens liures ; Tean François,
Jean Duplefis, François le Bafcle, Philippes Guerin, Michel du Chafte-
net, Guynot de Lozieres, Ican de Sandouuille, Louïs de la Rouchette,
Gilbert de la Fayette, Georges Gafton, Gilles Riuault, Gallehaut d’Aloi-
gné fieur de la Groye Cheualier, Charles de Brilhac, Anthoine de la
Tour dit Turquet, Louïs de Pallu, chacun fépt cens liures ; Colinet de la
Chefhaye , François de. Marfac, chacun cinq cens liures.; Pietre Louïs de
Valton, Petit-Iean Rouflin, & Pierre de Vefc, chacun quatre cens liures.
PanneTreRrs. René de Coffe, premier Pannetier, buir cens liures ; lean
de la Menne, Charles Dancezunne , Claude de Lunencourt, Honoré Du-
chef, Michel Cardonne, Iean de Chandio, Louis Lucas, & Foucaut de
Pierre-Bufhñerre, Efcuyers, chacun quatre cens liures.
EsCHANÇONNERIE. Arnault de Villeiau, Ieannet de Cardes, Pierre
de Pontbriant, Anchoine de Pompadour, Guillaume d’Affigny, Anthoine
de Mortillon , Gaucher de Dinteuille ,Iean du Bec, & René Surgieres, Ef.
cuyers, chacun quatre cens liures. |
VaLETs TRANCHANS. Louïs d'Aux, Efcuyer, premier Valet tranchant,
quatre cens liures ; Poncet de Biron, Anthoine de Vefc, Charles du Mef-
nil, lacques de Graflay, Iean d’Arpaiou , Charles de Harecourt, Iacques
le Senefchal, Jacques de Vefc, Efcuyers, gwarre cens liures chacun.
Escvyers p’Escvrie. Iean Decoué, fieur de Fontenailles , pre-
mier Efcuyer d'Eféurie, quatre cens liures ; Iean de la Blandinicre, dit Blandin,
Pierre de la Porte, François du Breuil, Guillaume de Boyanton , Perron
de Bafcher, Louïs de Poifieu, dit Capdorat, Gilbert de Pierrepont, René
le Clerc, Guillaume de Villeneuue, Guillaume Arbide , Jean Demurat,
Briant de Bridoux, Iean Regnier, dir Efleu Gorrier, Ioachim des Aubus,
Jean de Vercy , frere de la Mouche, Lois Herpin, Philebert de la Pla-
triere, dit Bourdillon, Iean de la Vernade, Michel d’Armandaris, chacun
quatre cens livres.
VALETS DE CHAMBRE. Eftienne de Vefc, Cheualier, premier Va-
let de Chambre, douZe cens liures ; Maiftre Iean Martin premier Medecin, dou:
ze cens liuress Geoffroy de Balfac, fieur de Montmorillon, #euf cens liures;
Jean du Mouftier, Efcuyer, trois cens foixante liares, Gilbert du Gueé, Efcuyer,
fix cens liures; Ican Paucaire, Gabriel de la Bodiniere , Maiftre Thomas
Bohier, Robert de Vcfc, Anthoine des Aubus, Henry le Rotier, Iean
Riet, lean du Bois , Euerard de la Chapelle, chacun trois cens foixante li=
ssres ; Georges Ticrcelin, Macé Scignac, Jean Triboulart, chacus deux cens
uarante liures ; Maiftre Gerard PS nn Medecin, cinq cens liwres ; Maiftres
ean Michel, & Guillaume Miette, a4fi Medecins, quatre cens liures chacun à
Maiftre Jean Laifné, dir de Sens, Chirurgien , cent foixante G° quinze linress
Nicolas Bourgalle Apotiquaire, mille liwres; Marion de grrr Un dy
| | | H
mdeé
1490
1 49 Oo. hnge
éio OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
du corps, trois ceus trente liures; Martine la Bruyerre Æyde, cent vingt li-
ares; Guillaume de Sanzay Libraire , G Garde des Linres de la Chambre, &
François de Madame, chacun cens quatre-vingts linres.
ENFANS D'HONNEVR. René Bourré premier Enfant d'honneur, deux
cens quarante linres ; Jean de Calac, lafpare de Vienne, François de Gram-
mont, Jean de Luce, Gilbert de la Voute, Ican de la Menuce , Fran-
ois de la Riuiere, Louïs de Grouzolles, Charles de Grapannes, Louis
Baftard du Licge, Iean de Villeblanche, Chriftophle de Tournon, Fran-
çois Hebert, frere de l'Euefque de Couftance, Claude de Chaftelus, Fran-
çois de Daillon, ls de Monfeur de Croify, François de Cruflol, Iean
de Clery Cheualier, Artus Gouffer, fils de Monfieur de Boifly, Bertrand
d’Arpaiou, Germain de Bonneual , François de Baugy, Anthoine Chan-
_ dio, Ican de Cardonne, Richard Baftard de Maigny, Anthoine Cofla,
dit le petit Seigneur , Iean de Meffeliez, deux cens quarante liwres chacun.
SOMMELIERS DE PANNETERIE BOVCHE. Jean Tan premier Som-
melicr, cent quatre-vingis- dix liwres; Îcan de Pigny , Louis Beftie, chacun
cent quatre-vingts - dix livres; Anne Coliberde Lawandiere du linge fermant à
La table dudit Seigneur, cent quatre-vingts -dix lisres ; Anthoine Chapellain,
quatre-vingts liures ; Pierre Blanchart Bowlanger, cent vingt biures.
SOMMELIERS D'ESCHANÇONNERIE BOVCH&. Îean de la Bruye-
re, dit cout rond, deux cens quarante liures; Henry de Lanyon, Pierre de
Caftello , Gilles Guyon , chacun cent quatre-vingts liuress Abel Etienne,
Denys Ygonnet, & Îcan Guyon Ayde, chacu» quatre-uingts-dix livres.
Cvisine BOvVCHE. Guillemont de la Vallée, premier Queux, deux
cens quarante livres; quinze autres Officiers ayans gages fort modiques,
SOMMELIERS DE PANNETERIE COMMVYN. Dix Officiers ayans
gages modiques , le plus haut cent quatre-vingts liures, & le moindre
trente - fix liures. |
SOMMELIERS D'ÉSCHANÇONNERIE COMMYN. Treize Ofhciers
en tout.
CvisiNe coMMVvN. Trente Officiers.
Frvirerie. Neuf Offciers à cent vingt liures, C quatre- vingts- dix
linres de. gages. |
FovrrerteE. Six Officiers à cent vingt liures de gages.
Czercs DOrrices, au nombre de quatre, cent vingt liures chacun.
Hvissrers DE SALE, au nombre de fept, cent vingt liures.
FovreiERrs. Jean Vinault premier Fowrrier, cent quatre-vingt lires;
quatorze autres Fourriers, dont dix ont chacun cent quatre-vingts livres;
deux, cent cinquante liures; & les deux autres cent vingt liures chacun.
PorTigrs. Colinet du Gal Cepitaine de la porte, fix cens lisres ; huit
Portiers , dont cinq ont chacun cent gmatre-vingts liures, & les trois autres
foixante liures.
Hvissrers D'ÂARMES, au nombre de fix, dont cinq ont deux cens
quarante liures, & le fixiefme cest vingt liures.
SERGENS D'ARMES, au nombre de deux, cent vingt liures chacun.
Novrrisses pv Rov. Jeanne Beguinelle, cens foixante © quinze li-
sres; Michelle Allaire cent cingsante liures, 8 Icanne Bigotte , cent liures.
Garpe-Rosse. Maiftre Jean Bertrand Maiffre de la Gard. - Robbe,
deux cens quarante linres ; fept Valets de Garde - Robbe.
TartssiERS, au nombre de huit.
CHareLre. Maiftre Iean de Relly Confefeur du Roy, douze cens liures
Maiftre Robert Moreau Céerc de Chapelle , cent foixante-cinq liures ; Maiftce
3 Roy Liféur dewant le Roy, deux cens quarante liures; 8 huit autres Of-
ciers.
__. es -
DV ROY CHARLES VIII. 6x1
Vingt - quatre autres Officiers de differentes profeflions.
Maiftre Martin Bethelot Notaire & Secretaire du Roy, Muaiffre de La
Chambre aux deniers, deux mille huit cens liures.
Le total de la defpenfe monte à quatre-vingts cinq mille fix cens quin-
ze lures, & le nombre des Officiers à trois cens dix-huit.
Tiré de L Original eflant en la Chambre des Comptes.
Efat.c> Rôlle du payement des gages €o° entretenement des cent Gentils.
hommes gr Mar dre de-l'Hoftel du Roy noffre Sire , dont ledit Sei-
gnenr a nouuellement baillé la charge à Louïs Monfcigneur de Lu-
xembourg , Comte de Liney en Barnis, aufquels iceluy Seigneur à
ordonné La fomme de quatre cens liures tournois 4 chafcun d'eux
cffre payée es baillée par Maiftre Iean Bourdin fon Notaire €r Secre-
taire, €9 par luy à ce commis pour leurfdits gages @y entretenement du-
rant cette prefente année, commencée le premier iour de Ianuier 149 0.
© finiffant le dernier iour de Decæmbre 1491. defquels les noms c>
… {urnoms s'enfuinent.
T premierement Louis, Monfeigneur de Luxembourg Capitaine .defdits
Gentils- Hommes , pour fes gages de Capitaine durant ladite année,
douze cens liures, qui eft au feur de cent liures par mois.
A Meflire Ican Baucher * Cheualier, Roy d'ruetos , Lieutenant, la fomme
de quatre cens liures, pour fes gages & entretenement durant ladite année,
qui eft au feur de trente - trois liures fix fols huit deniers par mois.
Monfieur Iean Roux de Bufques Comte de Saint Martin, Jacques
Chabannes Efcuyer , Seigneur de la Paliffe, Jean de Poitiers Efcuyer, Seigneur
de Saint Vallier , Monfeur de Clermont , Charles Damboife Seigneur de
Chaumont , Meflire Pierre de la Guiche Cheualier, Seigneur dudit lieu,
Louïs Taillant Efcuyer, Charles de Poupet Efcuyer, Seigneur de la Chaux,
Ican d’Alinge Efcuyer, Seigneur du Coudray, Guy du Bus, Louis d’Ars,
Guillaume : la Gelierre, Abel de la Chaffre, Meflire François Baraton
Chcualier, Artus de Velor, dit la Chapelle, Pierre de Velor, dit le Bour.
bonnois, Adoph Rawaulr Scigneur de Gamaches, Claude Lallemant Sei-
gneur Defchamps , Mery de Rochechouart, Seigneur de Mortcmar, Phillebert
de Maugiron, can Baftard Difquemme, Iean de Champic, Louïs du Mcf-
nil fieur de Maupas, Mcflire Guy de Champagne Cheualier , Seigneur de
_ Rauault, Iean de Barrault, Pierre Baftard d’Armagnac, Jean Villebremier,
1490.
1490.
I PTLE
* AI. Game :
cher.
Pierre d'Orgemont, dit Demery, Louis de Villeneuue, Bernard de Ville- :
neuue, Charles Dancezune, Bernard Vicomte de Pardillan , lacques Galliot,
Phillebert de la Plaftriere, fieur de Bourdillon, Iean de Murat, Briant de
Bridoux, Iean de Vercy, dit la Mouche, Meflire Alexandre Brus Cheua-
lier, Pierre Cleret fieur de Trochenu, Bertrand Seigneur d'Efillac, Cheua-
lier, lacques de Bueïil Comte de Sancerre, Jacques de Coligny Scigneur de
Chatillon , Ieannot de Gomets, Iean Baftard d’Eftrac, Roux de Leftran-
ge, François Dufau, Adrien Baftard Daueluis, Philippes Baftard de Lon-
gueual ;, Georges de Chafleanbriant, Saint Simon V'aifné, ..... Panneuere;
Lucquin le Grouin, Anthoine Pinet, Claude de Rabodanges, Georges
de Laire, Georges de Caftellar, dit Ragufe, Anthoine de Lobbes, Se-
condin de Saint Felix, Iean Darpajou, Anthoine de Virieu, dit de Bizonne,
Michel_de Cardonne, lacques de Daillon Seigneur du Lude, can de Montfer-
rand, Iean de Brie, Adrien de Genly, François de Grammont, Michel d’Arman-
dans, Jeannot d’Arbouuille Seigneur de Vaux, Foucaut de Picrre-Buffierre,
| | HHkhh à
6 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
1 4 9 1. Charles de Harcwurt, Anthoine de Gimel, Claude fils du Seigneur d’Efpiry,
za4gt.
4498.
2492.
Tafhe
°F.p. 97.
Hector de Sallezard, Seigneur de Saint Iuft, Meffire Galleas de Sallizard Che-
ualier, Meffire Ican Deffampes fieur des Roches Cheualier, Gilles de la Pleffe
Clerembault, Xean le Picart, Louïs de Bellenauc, Guillaume de Lonpaul-
nay, Vrban de Vaulpergue, Florentin de Courcelles fieur de l'Ile en Nor-
mandie, Bernard & Nasaides, Perot de Lefun, Robert de Mallebert, René
fieur du Pleffis Bourre, Gilbert de Lewis ou de la Voute, us de Mire-
beau, Adrien de Brimeu Seipneur d’Imbercourt, Nicolas lieut de Beau-
derc, lacques de Montfpey , dit Taillebart , le Capitaine Buzeth, Iean
Buzeth fon frere, Bertrand de Gelide , Iean d'Ailly, Ican de Leftang,
Anthoine de Brienne, Baftard de Roufly, Charles du Plefis Bourgonnicr-
re, Walleran de la Tour Matefchal des Logis, Aymé des Maréfts, Guil-
liume d'Afigny, Bierte de Broutieres, Guillaume dit Palamedes 9 4944-
gonr, Lancelot 4é Salezard.
Maiftre Iean Bourdin Notaire & Secretaire du Roy, comptable, deux
mille quatre cens liures.
Au Rôlle commencé le r. O&tobre 1491. & finiffant le dernier Sep-
tembre 1492. les mefmes font employez, à la réfcrue de Villeneuue,
pour Panneuere , & Iean de Duhunault, au lieu de Jacques de Cha-
bannes.:
Au Rôlle des mefmes Gentilshommes pour quinze mois, commen-
çans le 1: Octobre 1492. & finiffans le dernier Decembre 1493. fonc em-
ployez de nouueau , James de Brufbec Capitaine des Arbaleitriers au lieu
du Comte de Saint Martin, Bertrand de Beangeas au lieu de Monfieur de
Clermont, Iean de Campenne au lieu de Bernard de Villeneuue, Bernard
le Pouet au lieu de lacques de Coligny Seigneur de Chaftillon, Germain
de Bonneual au lieu de Foucault, de Pierre-Buffierre, Chriftophle Rabeau
au lieu dg Louïs d’Ars, Iean Aubin, dit de Malicorne, au lieu d’Abel de
la Chaftre, Louis Seigneur de L4 Roche- Guyon , aprés Adrien de Montbe-
ron, aprés Pierre Dorgemon, dir de Mery, lacqués de Cafelnau, aprés Ican
de Vercy, Iean de Saint Preft au lieu de Florentin de Courcelles, fieur dé
l'Ifle en Normandie, Guyon d’'A4mboifé au lieu de Charles d’Amboife, Sei-
gnçur de Chaumont fon frere , Lowÿs Monfieur de Luxembourg au licu de
Iean de Villeneuuc Seigneur de Champagne. |
Tiré de l'Original.
AGE 93. Il commença d'entretenir l’Admiral de Grauille en pro.
pofant le mariage de Monfieur de Chaumont fon neueu auec la fille
de l’Admiral. |
Louis de Grauille eut de Marie de Buljäs fa femme, deux fils & trois
filles : 1es deux fils moururent ieunes; & des crois filles, la premiere nom-
mée Lowifé, efpoufa Iacques de pendofme Vidame de Chartres, Prince de
Chabannois & Seigneur de la Ferte Arnault. De ce mariage fortirent
Louis, Charles & Louife de Vendofine demeurez ieunes en la garde &
adminiftration de leur ayeul. La deuxieme des filles de l'Admiral, nom-
mce Jeanne, c{poufa Charles d'Amboife Seigneur de Chaumont fur Loire,
ncucu de l’Euefque de Montauban, depuis Archeucfque de Thoulouze
Cardinal & -Archeuefque de Roûüën*, Ce Charles d’Amboife Seigneur de
Chaumont paruint à de grands honneurs fous le Roy Louis XII. car il
fut Grand-Maiftre de France, & Lieutenant Géneral au Duché de Milan.
Il n'eut qu’un feul fils nommé Georges d'Amboifé , qui mourut fans enfans,
ayant cfté cuc deuant Pauie en 1524. La troiliemc fille de l'Admiral s’ap
DV ROY CHARLES VIIL 65
pclloit Anne de Grauille. Elle fut mariée auec Pierre de Balfac, Seigneur
d'Entragues, | | | |
E* la mefme page, à la fin. Le Roy voulut fe rendre maiftre, & gouuer.
ner luy- mefme fes affaires,
Il commença par mettre en liberté le Duc d’Orleans, qui fut deliuré
en May 1491. & qui auflitoft aprés eut le Gouuernement de Norman-
dic, ainfi qu’il eft iuftifié par les deux Lettres fuiuantes.
Lettre de Louys Duc d'Orleans an Roy Charks VIII. luy rendant
| compte de ce qui fe paffoit en Normandie.
; il ON tres-redonté G Sonuerain Seigneur, à voftre bonne grace me re.
À commande, tanc & fi tres-humblement que faire le puis, LHo#fi-
gneur, fi-toft que fus arriué en cette voftre Ville de Rouën, ry cnuoyaÿ en
route diligence querir mon Lieutenant, lequel eftoit allé mener des agprais
à Honneflenr pour atmer vos Nauires, ainfi que le Vice-Admiral & ceux qui
en ont la charge luy auoient fait fçauoir, & auoit mondit Lieutenant mené
auec luy le Capitaine Philippes du Moulin &c {a pe Je me &c aufli vn nom-
bre des miens & d’autres de vos ordonnances auec des gens de pied, tant
que à Genfdarmes n’a tenu. Mais quand vofdits gens d’armes one efté Ià ;
ledit Vice-Admiral & ceux qui ont la charge de la Mer, ont aflemblé le
Confeil des mariniers, & ont trouué que voftre Nauire n’eftoit puiffanr de
combarre le gros Nauire d'Angiecerre, & pour defcharger le peuple, onc
renuoyé lefdits gens de guerre, 8 mondit Lieutenant.
CHonféigneur, ie me fuis enquis à iceluy mon Lieutenant, s’il auoit point
eù de nouuelles du derneuram de leur armée, & s'ils faifoient nuls fem-
blans de defcente. Il m'a refpondu qu’il a fair ouyr vn Marchand Iralien,
qui ne fait que venir d’Anglecerre, en la prefence du Vice-Admiral, &
ceux qui ont la charge de vos Nauires, lequel 4 refpondu cæ qui eft conte-
nu en fa dépofition, laquelle ie vous enuoye; & s’il vous :pldift aucir ledie
Marchand ie le vous enuoyetay. | |
. CMonfignenr,ie feray dilgence d'en fçauoir plus au long, & toufours vous
en aduertiray; & s’il furuient rien,ie mettray peine de vous feruir le moins
mal que ie pourray. Si ie voy que ce ne foitrien, ie m'en retourneray in-
continent deuers vous. — | _——
cMonfiignenr, y trouué par - deçà ce peuple en grand defefpoir pour la
pillerie des Genfdarmes, & m'en fuis informé: mais fay trouué que les
grandes plaintes font venués des gens de pied, lefquels on a fait aller & ve-
nir trois où qua&re fois fans que befoin en fuft, & y a eu petit ordre iuf-
ues iCy. | |
, PP l'y eufle piecà mis l’ordre, mais ie ne fçay qui fonc les
Commiflaires ny les Capiraines qui en ons la charge, cat rien ne s’eftadref
fé à moy,comme dernierement que fus par - deçà le vous fis fçauoir : tou
tesfois, Mowféignenr, Yay enuoyé de vous coftez, & cfpere y donner fi bon-
ne protifion, que voftre pauure peuple y fera foulagé quien 2 bon befoin;
auf: L enuoye par tout pour faire ferrer les Genfdarmes, & metre en leurs
arnifons. | . | |
sé met ACeÉ ceux de cette Ville m'ont fair une grande remonftrance da
leur prifonnier qui eft cn la Conciergerie, & m'ont prié vous en efcrire: f
vous füupplie, Momféigneur, qu'il. vous plaife y donner quelque prouifion,
autrement ay peur qu’il en vienne quelque fcandale, |
CHon tres-redonté © Souuerain Seigneur, commandez - moy toulours vos
bons plaifirs , pour iceux accomplir à l’aide du Createur qui vous. doine tres=
HHhh ij
RES ERRERES
149 Te
A Rouën
9. Iuin
T#git.
49:
9. Inilles
1497,
64 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
bonne vie & longue, & l’accompliffemenc de vos tres-nobles defirs. £/{rit
en voffre. Ville de Romën, le neuuiefme iour de Tuin. Voftre tres - humble &
obciffant fuier & fcruiteur, Loys. Et fur l'adrefle: C4 mon tres-redouté dr
Souverain Seigneur le Roy.
si Pris fur l'Original.
Ordre à l'Officier qui commande La compagnie des Genfdarmes du Roy,
d'obéir an Duc d'Orleans.
DE PAR LE ROT.
Osrre AME' ET FrAL. Vous eftes aflez auerty Comme pieçà Nous
auons fait noftre Lieutenant Général & Gouuerneur de nos Pays &
Duché de Normandie, noftre tres-cher & tres-amé frere & coufin 4 Duc
d'Orleans , afin de nous y feruir, commander & ordonner toutes chofes ne-
. ceffaires pour le bien de nous & de nofdits Pays comme nous-mefmes; &
#s Montsls
lez Tours,
Juillet 1491.
V. cy-deffus
Page 387.
pource que à l’occafñon des nouuelles qui chafcun iour nous furuiennent
des entreprifes que nos anciens ennemis les Anglois fe vantent de faire à
l'encontre de nous & de nofdits Pays, afin d’éuiter à leur defcente, noîftre-
dit frere & coufin s’en va par-delà pour y donner ordre. A cette caufe, &
que vous & la compagnie des Genfdarmes de nos Ordonnances dont vous
auez la charge, eftes eftablis audit Pays pour y tenir garnifon, & feruir fe.
lon que l'affaire le requerera; aufli que entendons que pour noftredit frere
& coufin vous & tous autres fafliez ce qu'il vous pu rs Nous vou-
lons & vous mandons tres-expreflément & pour tant que defirez nous obéir,
feruir & complaire, qu’à la perfonne d’iceluy noftre frere & coufin le Duc
d'Orleans, vous obéifliez & fafliez pour luy fes mandemens, Lettres &
refcriptions, ce qu’il vous commandera & ordonnera pour noftre feruice
tout ainfi que vous feriez, & faire deuez pour noftre propre perfonne, &
en la forme & maniere qu’il eft accouftumé de faire pour les Gouuerneurs
de nos autres Pays & contrées, & gardez bien comment que ce foit tou-
tes excufations ceflantes, & fur peine de defobéiflance enuers nous qu'il
n’y ait point de faute. Denné à Paris le neuuiéme iour de Iuillet. Signé,
CHaARLes. Et plus bas, Bobier.
| Tôré de l'original.
?
Refitation en leur biens éo* honneurs de Iean @) Louys d'Armagnac, freres,
enfans de Iacques d'Armagnac, Duc de Nemours.
CC HaARLes par la grace de Dieu Roy de France: C4 sous 14 C à
venir. Comme nous reduifans à memoire les grands, loüables & re-
commandables feruices faits le temps pafle à nos Predecefleurs & Progeni-
teurs du cofté paternel de nos tres-chers, amis & coufins Jean & Los d’Ar-
magnac, enfans de feu Jacques d’Armagnac, en fon viuant Duc de Ne-
mours, & de feué Louyfe d’Aniou noftre coufine, & mefmement par feu
Bernard, en fon viuant Comte d’Armagnac, Conneftable de France, lequel
fut. occis par les Anglois pour la défenfe du Royaume & Couronne de
France; & aufli ceux qui ont efté faits pat les Predeccfleurs & Progeni-
teurs de nofdits coufins du cofté maternel, c’eft à fçauoir par ceux d’An-
iou dont nofdirs coufins font -defcendus par ligne maternelle, & par efpe-
cial par feu noftre oncle le Comte du Maine ayeul maternel de nofdits
coufins , tant en la reduétion des Pays de Normandie & Guyenne, que au-
trement en plufeurs & diuerfes manieres : Confderans aufli que depuis
noftre auenement à la Couronne , nofdits coulins onc efté continuelle-
DV ROY CHARLES VIII. 615 ——.
ment nourris & entretenus à l’entour de noftre Perfonne, où ils ont fait
plufñcurs bons & agréables feruices & curialitez, & les auons toufours
trouuez prefts & apparcillez de nous feruir & obeïr en grand foin & dili.
gence, tellement que leur feruice, bonne inclination & vertueufe condui.
ce qu'ils ont touliours eûé à l’entour de nous nous a efté & eft À fingulier
plaifir,. Sçawoir Pas que nous, pour ces caufes & autres grandes, iuftes &
raifonnables confiderations, voulans reconnoiftre les deflufdits grands &
loüables feruices, par l’aduis des Princes & Seigneurs de nofître fang, &
gens de noftre Confeil, auons de noîftre propre mouuement, grace fpecia-
le, certaine fcience, pleine puiflance & authorité Royale oftc & aboli en
tant que méftier feroit, toute note, macule, inhabilité & incapacité que
iceux nos coufins pourroient auoir encouruë au moyen de certain pretendu
Arreft que l'on dit auoir efté donné &execurté à l'encontre dudit feu Jacques
d'Armagnac leur pere; & les auons habilitez, reftituez & remis, habilicons,
reftituons & remettons en tant que meftier eft, enfemble toute leur pofterté,
qui cy-aprés pourroit venir & defcendre d'eux, voulans & declarans nofdits
coufins eftre capables & habiles de pouuoir tenir & accepter, prendre & auoir
tous droits, douaires, & fucceflions loyales efcheüës, dire&es & collaterales,
cfcheüés & à efcheoir par Teftament, 4b inreffat, par inftitutions, fubftitutions,
legats, & autrement, en quelque maniere que ce foit, & auffi retenir, acque-"
tir, tenir & pofleder toutes Terres, Ficfs & Seigneuries, & auoir toutes di-
gnitez, Offices & Eftats, adminiftrations, prééminences & Dr de
quelque autorité, qualité & condition qu’elles foient & puiflent eftre, non.
obftant ledit pretendu Arreft, & tour ainfi que s’il n’euft efté aucunement
donné, prononce & executé à l'encontre deleurdit feu pere, & fans queores
ni pour le temps à venir, fous couleur dudit Arreft,on leur en puiffe iamais obii-
cer quelque macule, incapacité & inhabilité en aucune maniere. Si donmons
en mandement à nos amez & feaux Confcillers les gens de nos Cours de
Parlement, Preuoft de Paris, & à rous nos Baillis, Senefchaux, & autres nos
Jufticiers & Officiers, ou à leurs Lieutenaris & Commis prefens & à venir,
& à chacun d'eux fi comme à luy appartiendra, que de noftre prefente ha-
bilitation, & de tour le contenu en ces prefentes ils faffent, fouffrent &
laiflenc nofdits coufins & leurdite pofterite ioyr & vfer pleinement & pai-
fiblement, fans leur faire, ni fouffrir faire, ni eftre fair orcs, ni pour le
temps à venir,aucun deftourbier ou empefchement au contraire, lequel f
fait ou mis leur eftoit, ils faffent incontinent & fans delay ofter & mettre
au premier eftat & deü: car ainfi nous plaift-il eftre fai, nonobftant ledic
pretendu Arreft & quelconques ordonnances, ftatuts, couftumes, reftri-
étions | mandemens ou défenfes à ce contraires. Et afin que ce foit chofe
ferme & ftable à toufiours, Nous auons figné ces prefentes de noftre main,
& à icelles fait mettre noftre féel, & voulons que au 7dimw d’icelles foy
foit adiouftée comme à l'original. Dosné aux Montils lez Tours au mois de
Juillet, lan de Grace mil quatre cens quatre-vingts-onze, & de noftre Re-
gne le huitiefme. Sie JErsne ;, CHaRLEs. Et fur le reply, Par le Roy,
Monfeigneur le Duc de Bourbon, les Comtes de Montpenfier & de Foix,
l'Eucfque de Luçon, le Marquis de Rothelin, le Seigneur de Grauille Ad-
miral, Maiftre Iean le Maiftre Aduocat du Roy en la Cour de Parlement
à Paris, & autres prefens, Bohier. Vif@ Curia, prafente Procwratere Regio, © con-
Jéntiente obtemperauit © obtemperat preféntibus Litteris @ contentis in eifdem.
Atum Parifius in Parlamento decimä [éptims die Febrwarii anso milefimo qua-
dringentefimo nonagefimo primo. Sic fignatum, Malo.
exe
1491:
16 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1491.
4. Septembre
1491
Ligue entre Louys Duc d'Orleans, Pierre Duc de Bourbon, c9° autres
pour le feruice du Roy.
Ovs Louys Duc d'Orleans, @ Pierre Duc de Bourbon, voyans & confi-
N derans les grandes, faufles & damnées entreprifes que les ennemis
du Roy noftre Souuerain Seigneur, comme Anglois, Efpagnols, Allemans,
& autres font de jour en iour à l’encontre dudit Scigneur & de fon Royau-
me, & le defordre qui auiourd’huy y eft, à caufe des diuifions qui par cy-
deuant ont efté, dont ledit Seigneur & fes fuiets feroient en danger de tom-
ber en grands inconueniens, par nous qui fommes plus prochains de la
Couronne, & fes plus proches parens, & qui en cette matiere auons le plus
grand intereft, n’y eftoit | mn tee de remede conuenable pourveü, lef-
quelles chofes fans grande vnion & amitié bonnement ne fe peuuent faire,
& auffi pour quelques differends qui le temps paflé ontentre nous efté fous
couleur 2H rapports faics l’vn à l’autre font venus infinis maux,
&c laiffé à faire beaucoup de biens, qui euffent efté faits à l'utilité dudit Sei-
gneur & de fondit Royaume. Ce confideré, voulons & confentons que tou-
tes rancunes, haines & malueillances qui entre nous par cy-deuant auroient
‘pu eftre, foient oubliés, mifes au neant, & en l’eftat comme fi iamais
n’auoient eftc aduenués: Nous reprenant l’vn l’autre en amour perpetuelle,
promettans en paroles de Princes fur la foy & ferment de nos corps par le
Baptefme qu'apportafmes de fur les Fonts, & par les Saintes Euangiles
cy-deflous touchées, de bien & loyaument feruir le Roy Charles à prefenc
regnant noftredit Souucrain Seigneur, viure & mourir en fon feruice, dé-
fendre & garder fa perfonne, fon autorité, fon Royaume, & toute la cho-
fe publique, prier & requerir ledit Seigneur, redrefler & mettre en ordre
le fait & affaires de fondit Royaume, foulager fon peuple, reformer fa iuf-
tice, faire en tout & par tout enuers luy & fondir Royaume comme bons &
loyaux fuiets & parens doiuent faire enuers leur Roy & Souuerain Seigneur,
& femblablement aimer lvn l’autre, porter, fauorifer , fouftenir, tafcher
à nous mettre l’vn l’autre en la bonne grace dudit Seigneur, porter, fai-
re porter par nous, nos amis & feruiteurs routes les meilleures paroles dont
nous nous pourrons aüifer, requerir & faire requerir l’vn pour l’autre tou-
tes les chofes que verrons nous eftre vuiles, & non dommageables au-
dit Seigneur nià fon Royaume, & en tout & par tout faire l’vn pour l’au-
tre comme bons freres, parens, amis & alliez doiuent faire, Et pour ce que
nous feuls ne pourrions faire les chofes deflufdites, eft requis auoir à nous
aider aucuns bons & grands perfonnages , gens experimentez , bons &
loyaux audit Seigneur, auons pris & prenons en amitié & compagnie /e
Comte de Dunos , le Seigneur de Basdricourt, les Euefques d'Alby & de Mon-
fauban, les fieurs de Myolant, de l'Ifle, du Boufchaige, & de Gonnault, Cham-
bellans dudit Seigneur , aufquels promettons en la propre forme que cy-
deffus auons promis l’vn à l’autre: c’eft à fçauoir de les entretenir au ferui-
ce dudit Seigneur, les porter & fauorifer en tous leurs affaires comme les
noftres propres, fans iamais permettre qu’ils foient moleftez, trauaillez, ni
icttez hors du feruice dudit Seigneur, mais les y entretenir de tout noître
pouuoir. Et femblablement nous deffufdits promettons eftre bons & loyaux
fuiccs & feruiteurs du Roy, tafcher de tout noftre pouuoir & confeiller audit
Seigneur de mettre ordre en fa maifon, & aprés à cous les Eftars de fon
Royaume, en tant que poffible nous fera , feruir à ce faire le Roy, & nous
deux Seigneurs fufdits nous porter & fauorifer enuers & contre tous qui
voudroient nuire à nos perfonnés,bicns, prééminences qu’auons dudit Sei-
gneur, les entretenir & augmenter de tout noftre pouuoir, porter bonnes
paroles
!
DV ROY CHARLES VIII. 617
paroles audit Seigneur de nous & ailleurs, là ou befoin fera, & en tout & 1 49 1.
par tout nous eftre bons & loyaux amis & feruiteurs; le tout au bien & vtilité
dudit Seigneur & de fondit Royaume: & de ce iurons par la foy & fer-
ment de nos corps, & par les Saintes Euangiles cy-deflous touchées, Et
pour plus grande approbation , nous tous deflufnommez , tant grands que
petics, de quelque eftar, qualité ou conditions que foyons, fignons de nos
mains ces prefentes, voulans eftre reprochez faux & déloyaux en cas que
au contraire venions, Fait à la Fleche, le quatriefme iour de Septembre, l'an
mil quatre cens quatre- vingts-onze, Signé Loys. Pierre, François, Loys
Euefque d’Alby, G. Evefque de Montauban, Baudricourt, Myolans, Eftien.
ne de Vefc, I. du Mas, Imbert de Baftarnay,
Tiré de l'Original.
Infirucfions à Monfieur l'Enefque de Lombez, Abbé de Saint Denys,
à Monfieur le Grand-Prieur d'Auuergne, à Monfieur l'Abbé de Saint
Anthoine de Viennois, an Seigneur de Faucon, à Maiftre Iean Rabor,
Charles du Hautbois, Benoift Adam, Michel Biquet, Anthoine De-
fleurs, Iean de Candida, Iean Briçonnet, Iean Lienans, tous Confeil-
Lers, @r 4 Guillaume Bouguier Secretaire du Roy, touchant ce qu'ils
auront à befogner de par iceluy Seigneur enuers noflre Saint Pere
le Pape *. * C'efoit in-
socent VIII.
L E Roy ordonne à fés Enuoyez, C7 Commiffaires de faire auec le Pape de nou-
| neaux Concordats touchant les affaires Beneficiales @ Ecclefsaffiques. De iuffi-
fier fés pretentions fur Tournay, G fes droits far La Bretagne. De traiter des droits
que le Saint Siege pretend fir les Comtez de Diow GC de Valentinow. De faire
exécuter les promeffes faites par le Pape am Roy G au Grand-Maiffre de Malte,
touchant Zizim frere du Grand Seigneur. D'empejcher quenuls Effrangers ne tiennent
Benefices en France fans permiffion du Roy € fans Lettres de naturaliré. De faire
que le Pape donne les Bailliages © Commanderies de Rhodes, fuisant la difpofition
Gr teneur des Bulles. De recommander Anthoine du Boss pour cffre fait Cardinal.
De faire que frere Louis Pot ne [oit troublé en la poffefion de l'Encfché de Tour.
may. De féliciter la Canonifation de Pierre Berland Archeucfque de Bordeaux.
D'empefiber que Guillaume de Cambray Doyen de Bcauvwais n'y foit troublé, G de
faire reuoquer les citations qui luy ont eflé faites à Rome.
D REMIEREMENT, àprés que les recommandations filiales de Roy au- 4 Tour:
ront efte faites à noftredit Seins Pere, par les Ambaffadeurs deffuf- ‘6: did
nommez, ils remonftreront comme le Roy & fon Royaume ont de tres- “*?”
excellentes prerogatiues & précminences, & non fans caufe: car les feus
Roys de France, predecefleurs & progeniteurs d’iceluy Seigneur ont fait
tant & de fi grandes chofes pour l’Eglife,& generalement pour toute laChref-
tienté, qu'il feroit long & dificilesà les recicer par le menu, Mais les Hif-
coires & Chroniques en font pleines, & pour ce n’eft pas merueille s’il a
cftc permis à l'Eglifé Gallicanc vfér de a Priuileges , dont elle eft en Libertez de
bonne poffeflion & iouyffance, en laquelle poffeffion & iouyffance elle doit l'Egti{e Gali-
bien eftre entretenuëé, tant pour l’honneur & reuerence du diuin Seruice
s’y. fait continuellement, qu’en faueur & contemplation du Roy & de
ondit Royaume , & aufhi des cres-notables Priserfitez , qui fonc audit
Royaume & de leur Saintes Doëtrines.
Ét par efpecial on doit auoir grand égard à cette tres-ancienne, tres-
fameufe & tres-fruétucufe Friserfité de Paru, qui a efté & eft la lumiere de
1lii
—— 6x8 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
Argent qui
fort de France
au profit de
Rome.
Concordats,
V. ey-deffns
Page 397:
Theologie & Philofophie, & nourrice des grands Theologiens & Philo-
fophes, qui font & qui fe font cous les jours en la Chreftienté. |
D'autre part, il eft à confiderer que dudit Royaume viennent au Saint
Siege Apoftolique tant de fi grands profits en deniers & autrement, que
bonnement lon ne le fçauroit eftimer , comme noftredit Saint Pere, Mef-
fieurs les Cardinaux, & autres le fçauent. |
Toutes lefquelles chofes prefuppofées, femble que les affaires du Roy,
de .fondic Royaume, & de ladite Eglfe Gallicane, meritent bien d’eftre au-
thorifées en Cour de Rome, ce que ledit Seigneur efpere, & à cette cau-
fe il a efté content de donner charge à fefdits Ambaflideurs pour befoi-
gner au fait des Concordats , dont a cfté parlé à iceluy Seigneur par les Ora-
teurs de noftre Saint Pere en enfuiuant; ce que aufli fa Sainteté luy en a
efcrit, touchant les affaires Beneficiales & Ecclefaftiques. |
Sur quoy eft à fçauoir que certains Cowcordats furent faits au temps du
Pape Sixte , que Dieu abfoille, nonobftant lefquels l’on a depuis en Cour
de Rome voulu pouruoir de l'Euefché de Tournay, fans le fceu & confente-
ment du Roy, & pour ce n’eft-pas merueille fi ceux dudit Royaume ont
delaiffe vfer defdics Concordats. : |
Toutesfois le Roy connoiffant l’affeétion que noftredit Saint Pere luy
porte, & fe confiant en icelle, veut bien que l'on entre cn communication
auec noftredit Saint Pere fur la matiere defdits Concordats qui furent faits
du temps, vouloir & confentement de feu de tres-glorieufe memoire le Roy
Louys XI. fon Pere à qui Dieu pardoint: mais pource qu’il eft meftier d'y
moderer & adioufter, iceux Ambaffadeurs diront qu’il fera parlé des mo-
— & additions aprés l’expedition des autres matieres dont ils fonc
chargez. | | |
Et s'ils font interrogez plus auant, pour particularifer le fait defdites
moderations & additions, ils répondront qu'ils ont ordonnance de traiter
Jefdites matieres auant tout œuure.
Et pour entrer en icelles, ils diront que le Roy a bien fceu comme noftre-
dit Sainc Pere & le Saint Siege Apoftolique ont par cy-deuant & depuis
: receu plufeurs Lettres & Ambaflades contre & au preiudice du Roy,
fquelles Lettres & Ambafñfades n’a efté verité ni honnefteté gardée, car
kedit Seigneur en tous fes faits a coufours mis Dieu & luftice de fon cofté,
& n’y a perfonne viuant qui s’en puft douloir par raifon; & combien que
l'on fe Éic cfforcé d’entreprendre fur luy à tort & fans caufe en diuerfes
manieres, & par plufieurs fois, neantmoins il ne fe crouuera jamais auoir
excede les limices de fa iufte défenfe, ni qu'il ait inuadé autruy, & cout ce
_ qu’il a fait vercucufement | us armes a efté en défendant le fien, pour le
Affaires de
Bretagne.
fien & fur le fien, & voudroit bien que les chofes fuflent au vray enten-
duës par coutes gens, & que chacun fuft deliberé de nourrir paix entre les
Chreftiens, pour honorer le nom de Dieu, & recouurer les Pays occupez
par les Infideles. :
Mais ceux qui n’ont pas cette volonté tiennent autres termes, & ne cef-
fenc de forger & faire inuentions pour @mouuoir grandes & execrables
guerres en la Chreftienté, & prennentleur couleur fous celles friuoles que-
relles que bon leur femble , entre lefquelles le Roy a entendu qu'ils par-
lent de fa Duché de Breragne fort eftrangement, & fans fondement de vc-
rite. |
Parquoy iceluy Scigneur a ordonné à fefdits Ambaffadeurs remonftrer à
noftredit Saint Pere, & par cout où il appartiendra, le contenu és Articles
qui leur ont efté baillez touchant la iuftification de ce que de fa part a efté
fait audit Pays de Breragne.
Et pource que noftredit Saint Pere, a caufe & matiere de porter la rai-
DV ROY CHARLES VIII. 619
Ton & iuftice du Roy en cette partie, lefdits Ambaffadeurs feront requef-
te à noftredit Saint Pere ainñ le faire, & fur ce declarer fa bonne in-
‘tention.
Et afin que noftredit Saint Pere fçache plus auant comme le Roy a pro-
cedé honneftement & iuftemenc au fait de /adire Duché de Bretagne, iceux
Ambaffadeurs diront que ledit Seigneur a toufours defiré que les droits
pretendus par qui que ce foit fuffent veus, offrant montrer les fiens; & s’il
cftoit crouué que ladice Duché ne luy appartienne, il ne la vouloit point
auoir : mais pource que fes droits font tous éuidens, & que fans difficulté
ladite Duché luy appartient, iamais l’autre partie n’a. voulu qüe lefdits droits
1491.
fuflent veus, ains à toufours fuy la raifon, & refufe toutes bonnes of-
fres, 9%
En aprés lefdits Ambafladeurs parleronc du fair des Comtez de Falen-
tinois & de Diois felon l'information qu’en a Maiftre Jean Rabot l'vn defdits
Ambaffadeurs, qui de par le Roy a efté Commiffaire auec le Prefident du
Dauphiné, à former procés de cette matiere en la compagnie des Orateurs
de noftredit Saint Pere, ayant puiflance fuffifante quant à ce: parquoy n’eft
plus befoin de difputer de ladite matiere, attendu qu’elle a efté longue-
ment traitée par ceux que dit cft; cellement que le tout eft redigé deuë-
ment par efcrit en bonne forme, & ne refte qu'à fçauoir de quelle fomme
noftredit: Saint Pere fe voudra contenter par maniere d’accord & tranfa-
tion, pour les droits que le Saint Siege y pretend , & fur ce lefdits Am-
baffadeurs efcriront incontinent la refponfe finale de noftredit Saint Pere
aucc leurs auis. | |
Au furplus ils diront que noftredit Saint Pere a bonne fouuenance des
promeffes faites par fa Sainceté touchant Zizimir Sulran À du Grand Turc:
& combien que le Roy ne reuoque point en doute lefdites promefles, &
qu’il fe tienne tout affeuré que noftredit Saint Pereles gardera; toutesfois la
chofe eft de telle impertance, qu’il a bien voulu la faire ramenteuoir, à ce
que lefdites promefles faites canc à luy qu’à Monfieur le Grand-Maiffre de
Rhodes, & à ceux de fa Religion foient entretenués de point en point felon
leur forme & teneur. | me |
Car au moyen dudit Zizimir, l’on pourra faire grand feruice à la Chref-
tienté, fi noftredit Saint Pere & les Princes Chreftiens fe vouloient em-
ployer à exterminer du tout les Infidelles, ou du moins à recouurer les Pays
qui fouloient viure fous l’obeïflance de Sainte Eglife, qui à prefent font oc-
cupez par lefdics Infidelles, & pour ce le Roy defire fur tout faire chofe
qui foit à lhonneur & loùange de Dieu le Createur, & au recouurement
defdits Pays, &il declare que à luy ne tiendra que ainf n’en aduienne, ef-
tans les autres Princes de ce vouloir, | |
Plus dironclefdits Ambafladeurs, que par l’obferuance notoire du Royaume
de France fondée en droit & en toute honnefteté, ceux qui ne font natifs
dudit Royaume ne doiuent point eftre receus aux Benefices Ecclefiaftiques
d’iceluy Royaume, s’ils n’ont fur ce Lettres de naturalité, & permiflion du
Roy, car c’eft bien raifon que fes fuiets en fes Pays foient preferez aux
Eftrangers : coutesfois lefdits Ambaffadeurs n’en parleront pas par maniere
de reuoquer en doute ladite Obferuance, mais feulement afin que noîftre-
dit Saint Pere la trouue bonne , & que fa Sainteté foit aduertie de ne
faire aucunes expeditions au contraire. Et fi noftredit Saint Pere en répond
fauorablement, comme il eft à croire, lefdits Ambaffadeurs feront diligen-
ce d’auoir Lettres & enfeignemens de fa refponfe, & en traitant ces cho-
fes , ils pratiqueront, que dorcfnauant l’on ne dépefche en Cour de Ro-
me aucuns interdits ni Monitoires peinaux pour eftre. executez €s Pays
du Roy. : | _ Ra PR DEL : |
Ilii ij
Valentines
Diois,
Zizim on Zi.
Zimir frere de
l'Empereur
des Tres.
Les Effrangers
me doisent te.
mir Benefices
en France.
nm 610 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1 491. Item, lofdics Ambaffadeurs feront Requete à noftredit Saint Pere qu'il
Touchame les Plaife à fa Sainteré entretenir ce qui a cite oétroye & accordé audit Mon- «
Prouifions des ficur le Grand-Maiffre de Rhodes touchant les Prieurez, Bailliages, Comman-
Commande. Qoyies & autres Benefces de la Religion dudit Rhodes, & que fadire Sain-
De ni tete n’en veuille aucunement difpofer contre la veneur des Bulles fur ce ex-
cdi£es; & davantage requerront, que pour le profit & vtilité de la Chref-
tienté. noftre Saint Pere ble venir à Rome ledit Monfeur le Grand-Maif-
ere, & luy efcriue fort expreffément à cette fin. | |
rtem , diront à noftredit Saint Pere que le Roy a en tres-finguliere re-
commandation Maiftre Antoine Dubois , neueu du fieur Defquerdes Ma-
refchal de France, tanr en faueur dudit fieur Defquerdes, que pour les bon-
Rcommande.nes mœurs & vertus d’iceluy Maiftre Antoine; & pource que le Roy defi-
sion du Rey re fort faire fa promotion en Sainte Eglife, il veut & ordonne que lefdits
peur faire 99 À nbafladeurs recommandent tres-fpecialement à noltredir Saint Pere les
affaires dudit Maiftre Antoine Dubois , maintenant & pour le temps à
venir. .
Euefbé de Et auffi veut iceluy Seigneur que fefdits Ambaffadeurs s’employent de
roursay, tour leut pouuoir, à ce que frere Louys Pot poffeffeur de l'Euefche de Towr-
nay en demeure paifible Eucfque, & ne foit aucunement inquicté ni mo-
lefte; & fi ofsdie Saint Pere difoit qu'il en a pourueù vn Cardinal, par
le ercfpas de feu Maiftre Ican Moniffard fon Maitre d'Hoftel , lefdits
Ambafladeurs repliqueront, que ledit Moniffard n’en fut oncques en
poffeffion , car er | Moniflard qui eftoir Eftranger ne le pouuoit auoir,
ni tenir, ni pofleder fans l'intereft & preiudice, du Roy, & fans en-
fraindre les Loix & Ordonnances du Royaume, par les raifons qui ont
efté fouuent declarées à noftredir Sainc Pere; & fe danneroit le Roy gran.
des merurilles, fi noftredit Saint Pere voulait derechef mettre .en queftion
le faic dudit Euefque, veù mefmement que fa Sainteté fouloit dire que la
Prouifion faice audit Moniffard ne fut pas du temps de fa Sainteté, mais fut
faice par le feu Pape Sixte, & pour .ce x à lefdits Ambaffadeurs
qu'il ne plaife poinr à noftredit Saint Pere fufcirer nouucau debat en cette
matiere, en laquelle le Roy pour fondit intereft a deliberé tout outre, gar-
der lefdices Ordonnances , & cuirer à fon dommage, ni iamais ne per-
mettra qu'aucun Eftranger ait ledie Euefché.
eng Iten, \efdits Ambafladeurs feront iteratiues prieres & requeftes à noftre-
pour vne 2... dit Sainc Pere de par le Roy, pour auançer la Canomivarion de feu Mefiire
nonifation. Pierre Berlasd, en fon viuant Archeuefque de Bordeaux, de laquelle Ca-
nonization a efté fouuene efcrie par Le Ray à noftredit Saint Pere. |
tem, diront que: Maiftre Guillaume de Gambray Doyen & Efleu de l'Egli-
fe de Bourges, &c aufli de l'Eglife de Beawsais, Conféiller du Roy en fa Cour
de Parlement, a cfté canpniquement & concordalement cfleu, confirmé &c
jnftallé audit Doyenné de Bsauuais, par les Chanoines & Chapitres d'illec,
lequel Dayenné eft dignité éleétine, & la plus grande aprés celle de l'E-
uefque, & à cp titre & moyen a ioûy paifiblement dudit Doyenné & fruits
d'iceluy, fans procés au inquietation, par l'efpaca de treize ans pañlez: mais .
neantmoins depuis vn an ou enuiron Vn nommé Marc de Monte Archeuef-
qua de Rhodes & natif da Grece, a fair indeüëément citer en Cour de Ro-
me ledir de Cambray, fous ombre de certaine Prouifon que ledit de More
en l'an quatre cens. foixante & feize, fe difoit auoir obtenué du Cardi-
nal Sanéii Petri ad Vincula, etant en Avignon pour venir en ce Royaumé
come Logat ; & fans qu'il fuft à ee receu audit Royaume pour Legat, &
qui pis eft ledic de Monte a fait proceder en ladite Cour de Rome contre
jceluy de Cambray, qui iamais ne fue auerti de ladite procedurs, ni d'au.
une citation, & n’en vint onques rien à fa connoiffance. Et pource que
Re N- ee ET.
DV ROY CHARLES VIIL 61
ledit de Monte {e vante d’auoir obtenu Sentence, & procedé par exeom-
munications & affiétions en ladite Cour de Rome contre iceluy de Cam-
bray, le Roy n’a caufe d'en eftre contenr, veu que ledit de Cambray eft
Confciller, paflé trente ans en icelle Cour de Parlement, & aufli au grand
Confeil, & que ladite procedure eft direétement contre droit & raifon, &
contre La liberté G franchifé dudit Royaume, & femble que ladite procedure
ne foic faire que afin d’eniamber fur les prerogatiues dudit Royaume, &
afin de fcandalifer les fuiecs d'iceluy ; & remonftreront lefdits Ambaffadeurs
à noftredit Saint Pere, qu’il plaife à fa Sainteté cafler & mertre du tour à
neant ladite procedure, en impofant filence perpetuel audit de Moyte, par
maniere que ledit de Cambray demeure paifible en la pofieffion & iouyflan.
ce dudit Doyenné. | |
En outre lefdits Ambaffadeurs reciteront, comme le Roy par cy - de-
uant s’eft voulu employer à mettre bon appointement és maticres qui peu-
uent eftre en differend entre noftredit Saint Pere & 4 Roy de Naples , &
pource diront que iceluy Seigneur leur a ordonné y labourer en cas que ce
foit le plaifiy de noftredit Saint Pere.
Et finalement ils remercieront noftredit Saint Pere des bonnes graces &
Joüables feruices que fs Orateurs ont fair au Roy. C’eft à fçauoir Monfieur
d'Eucfque de Concorde, & Monfeur le Protonotaire, Maiffre Antoine Flores,
lefquels en toutes leurs charges & commiilions fe font portez tres-hon-
. neftement & tres.prudemment,en maniere qu'ils font dignes de toute gran,
de recommandation; & n’a pas tenu à eux que les matieres n’ayent eftcplus
abregées, car ils en ont fait extrénfe diligence, mais il a conuenu auoir
confideration à la nature defdites matieres & des lieux, & aufli des chofes
qui font furuenués.
Fait à Tours ce feiziefme jour de Seprembre, l'an mil quatre cens qua
tre-vingts-onze. Signé CHARLES. Et plus bas, Bobier.:
“DDAGE » 4. à la fin. Les chofes furent f bien menées, qu'enfin vn traito
L de paix fe fiuencre les parties.
Ce Traité fur conclu à Rennes, & il eft imprime dans les prouues de
Philippes de Commines, page 518. Voyez d’Argentté dans fon Hiftoire de
Bretagne ,Liure 13. Chapitre 58. LL.
P AGE 95. 4% commencement. Furent enuoyez véts la Duchefle Meffei.
gneurs d’Alby & du Bouchage , & ie croy que le Roy La vit luy-
mefme. DR —
D’Argencrc dit que le Roy vit la Duchefle, eftant pour cela entré dans
la Ville de Rennes qu'il cenoit aficgée, fans y eftre accompagné de fon
équipage. .. | |
En le mefine page. Finalement fut accordé le Mariage de luy & de la-
dite Dame. “ |
Le Contraét en cft paflé à Langeais le 13. Decembre, fi l'on en croit
d’Argentré, Quelques-vns ont pretendu que ce fut le 16. du mefme mois.
uoy qu'il en foit, il ne fut fair qu'aprés beaucoup de longueurs: car quoy-
qu'il euft efté conclu long-temps auparauane, & que cette affaire fe fuft fai-
te par les foins & l'entremife du Duc d'Orleans, qui y pouuoit plus que
perfonne, il fallut plufeurs difpenfes , & principalement pour la refolution
des Mariages dans lefquels les parties fe trouuoient engagées refpeétiue-
ment, Car fe Roy eftoit marié aucc Marguesite d'Auftriche & la Duchefle
aucc Maximilian Roy des Romains: cependant le pretexte du bien public
&e de la paix feruit à faciliter routes chofes. a
_ ITii üij
1491.
Differend en-
tre Le Pape
le Roy de Na-
ples.
Les Ennoyez
dun Pape nom.
mex en 6e
temps-là Ors-
teurs, @ non
encore Nonces.
62 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
js à do Traité de Mariage entre le Roy Charles VIII. co la Reyne
A Langrsi
Le 13. Decesm-
bre 1491.
Anne de Bretagne.
CACHENT tous prefens & à venir, que comme par cy-deuant euffene
efté, & par grandes & meures deliberations, & precedens traitez, pa-
roles de Mariage entre Tres-Chreffien , G fuperilluffriffime Prince Charles Ro de
France à prefent regnant, d’'vne patt, @ Tres-Illuffre Ducheffe Madame Anne, fille
G'heritiere feule & vnique de feu de bonne memoire Prince François Duc de Bretagne
fécond de ce nom dernier decedé , d'autre part. Oùy le Confeil de plufieurs tres.
illuftres Princes & Seigneurs du Sang Royal & autres, & auf de pluficurs
ens de Confeil & Zelateurs du bien, honneur & profit tant commun que
particulier defdites parties & pays. Auiourd’huy datte de ces prefences, lef-
dices parties, eù l'aduis & meure deliberation , & pour les caufes que deflus,
_au lieu de Langeais & Diocefe de Tours en la Cour du Roy noftre Sire au
Chaîtel dudit lieu de Langeais perfonnellement eftablis, & aufli tres-hauc
& tres-puiflanc Seigneur Meflire Iean de Chaalon Prince d'Orange, foy
voulant, confentant , & mefmement ledit fieur, de fa grace & bien ordon-
née volonté, foumettent & ont foumis eux, leurs hoirs, auec tous & chacuns
leurs biens & chofes, meubles & immeubles prefens & à venir, à la iurifdi-
&ion , correétion, pouuoir & reflort de ladire Cour, quant à ce qui enfuit
par forme de Contraét, ayant force & vigueur en tant que befoin feroit de
conftitution & authorité de Loy, & toute autre vertu, auchorité, fermeté
& ftabilité tels que mieux lefdits fiêur & Dame pourroient defirer tanc
de droit que de couftume, ont connu & confeflé en ladite Cour auoir
fait & font entre eux les Traitez, paëtions, donaifons & conuenances cy-
aprés declarées & fpecifiées, & en la forme & maniere qui enfuit.
C'et à ffauoir, Que lefdits fieur & Dame, de leur pleine, pure, franche
& liberale volonte, à l'honneur de Dieu noftre Createur, & de toute la
Cour Ecclefiaftique de.Paradis , à l’exaltation de la Foy Catholique & des
Saints Sacremens, l'honneur & bien defdices parties & de leurfdits Pays,
ont promis, & des-à-prefent confentent prendre l'vn l’autre par nom & loy
de Saint Sacrement, inftitué &autorife en fon exorde par Dieu noftre Crea-
teur en Paradis, pour eftre entre nos premiers parens & eftat d'innocence,
C'eft à fçauoir le Roy nbftre Sire, ladite Dame & Princefle Madame Anne
‘ en femme & efpoufe, & ladite Dame le Roy noftredit Sire en mary &
cfpoux, par le moyen & miniftere de noftre mere Sainte Eglife.
Item, 8 en faueur & contemplation dudit Mariage, & pour le bien perpetuel
ê& indifloluble de paix entre le Diadefme & Couronne de France & auf le
Duché de Bretagne, pource que chafcune defdires parties, par diuers moyens
qui feroient longs à reiterer, pretendent leur competer & appartenirledit Du-
ché de Bretagne, pour le bien de paix & tranquilité defdits Pays par cy-deuant
enquictez & affigez de guerres, & en contemplation de l’honneur, qu’eh con.
traétant ledit Mariage, le Roy noître Sire exhibe à ladite Dame, & pour les
affe&ions coniugales qu’elle a & doit auoir ladite Dame audit Sire, pour elle,
fes fuccefleurs & ayans caufe, a donné, cedé, quitté, cranfporté & delaiffe à
toufourfmais, perpetuellement, irréuocablement à heritage audit fieur, fes fuc-
cefleurs Roys de France par Titre de donation faite par caufe & raifon dudit
Mariage, fans iamais la reuoquer par Teftament, ni autrement, au cas qu’elle
ira de vie à tre{pas parauant ledit ficur, fans aucuns hoirs procréez d’eux le-
gitimement en leurdit Mariage,ce que n’aduienne par le bon plaifir de Dieu,
tous & chafcuns les droits, proprietez, pofleffions, noms, raifons, aétions &
obligations competans à ladite Dame audit Duché, en cedant &tranfportant
dés-à-prefent comme pour lors pour ladite Dame audit fieur, tous & chaf-
on
= LM ”
DV ROY CHARLES VIIL: 62;
cuhs fes droits de proprieté, poflefion, Seigneurie, noms, raifons & obli- 1 ETLT
gations par cy - deuant à elle competans & appartenans, en le canftituane
& le.conftitué dés-2-prefent audit cas, comme pour lors, en:chofes que.
deflus & chacunes d’icelles, fon Procureur comme en {a propre chofe, &
ce tout en corroborant & fortifiant , en tant que befoin feroit, le droit par
€y- deuant competant audir Seigneur. | |
Etc parcillemenc, ledit feur ; en faueur & contemplation que deflus,
voulant exhiber efgale fauçur maritale à ladite Dame pour les caufes def.
fufdices , a donné, cedé, quitté, delaiflé & cranfporté irréuocablement,
perpetuellement,& à heritage, au cas que ledit fieur, ce qu’à Dieu ne
plaife , aille dé certe vie mortélle fans hoirs procréez legitimement de
leur chair audit mariage, tout tel droit, nom, raifon, aétion , obligation,
proprieté, pofleflion, par cy- deuant competant audit fieur en ladite Du-
che, fans rien, ny.aucune chofe referuer, en cedant & tranfportant dés-à-
prefént, comme pour lors par ledit fieut à ladite Dame tous & chafcuns
{es droits de proprieté, pofleflian, faifine, noms, raifons, actions & obli.
gations, par cy-deuant luy competans & appartenans, en conftituant, &
conftitué ladite Dame dés -à - prefenr, au audit cas, comme pour lors, és
chofes que deflus & chacunes d’icelles , fon procureur, comme en fa propre
chofe, & ce tout en corroborant & fortifiant, en tant que befoin feroit, le
droit par cy- deuant competant à ladite Dame audit Duché.
Et pour éuiter lefdites incommoditez de guerres, & finiftres fortunes
vray -femblablement à enfuiure, entre les pays que ladite Dame ne con-
uolera à autres nopces, fors auec le Roy ms » Si luy plaift, & faire fe
peut ou à autre prochain & prefomptif futur fuccefleur de la Couronne,
& lequel prochain hoir fera tenu en iceluy cas faire & exhiber au Roy les
reconnoiflances & redeuances, tant honorables que profirables deués par
cy- deuant pour raifon dudit Duché & appartenances en la forme & ma-
niere que ont fait les Ducs & -Predecefleurs de ladite Dame; & ne pour-
ront aliener ladite Duché &: fes appartenances enautrés mains que dudit
fieur, & de fes Succefleurs Roys de France , que pour le prix defdites
alienations, les hoirs dudit fieur Roy de France ne la puiffent auoir ne re-
couurer; & en cas qu'il y auroit enfans procréez defdits Sicur & Dame,
& ladite Dame furuiuroit ledit fieur , icelle Dame iouïra & pofledera en-
tierement ledit Pays & Duché de Bretagne, comine à elle appartenante.
Item, en outre ledic fieur a voulu & confenty, veut & confent, conf-
titué & a ‘conftitue par ces prefentes en faueur dudit mariage à ladite
Dame, tout, tant & tel douaire que ledit fieur auroit voulu, confenty &
conftitué pour dot à feu de noble memoire la Reyne dernierement tref-
paflée , mere dudit fieur , que Dieu abfolue, à l'inftrument duquel dot le-
dit fieur fe rapporte, lequel & route fa teneur de point en point il a vou-
lu & veut eftre inferc & incorporé en ces prefentes, & de vel effer com-
me s'il y eftoit incorporé. |
Item, a voulu & confenty, veut & confent ledic fieur ,au cas qu’il ira de
vie à crefpas deuant ladite Dame, que ladite Dame ait, perçoiue & fafle
fien les meubles, foient ioyaux, de quelque & tant grand prix qu'ils pour-
roient eftre, lefquels elle aura au temps du trefpas dudit ie pie, oient
des biens auec fa perfonne & pour le feruice de fadite perfonne, & ail-
‘leurs que pour lentretenement de fa Maifon, lefquels il veut eftre & ap-
partenir perpetucllement à ladite Dame & aux fiens à toufiours.
Et quant à tour ce que deflus eft dir, tenir & accomplir, fans jamais
faire ni tenir au contraire , lefdits Sieur & Dame & chacun d’eux ont
obligé & obligent eux, leurs hoirs, auec tous & chacuns leurs biens &
1491.
624 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
chofes, meubles & immeubles prefens & à venir; & mefmement ladite
Dame en la prefence & du confentement, en tant que befoin feroit, dudit
tres-haut & puiflant Seigneur Monfieur le Prince d'Orange, parent &
heritier de ladite Dame, lequel, aprés qu’il a ouy les chofes défi fdires ê&c
chacunes d’icelles, en tant & pour ant que luy peut toucher pour quel.
conque intereft qui luy puifle competer & appartenir , foy foumettante
comme deflus, a ratifié, loué & approuué ce que deflus, & audit cas d’a-
bondant fondit droit & intereft éfdits Duché, Comté, & leurs apparte-
nances, en telle & quelconque maniere ou qualité que ce pourroit mon-
ter, taxer ou eftimer, du confentement de ladite Dame, ledit Prince
d'Orange a cedé , quitté & tranfporté à toufourfmais, irréuocablement
audit fieut & aux fiens , parce que audit cas le Roy noftre Sire a pro-
mis luy faire recompenfe ailleurs , que audit Duché , & ont renoncé &
renoncent lefdits eftablis & fubmis comme deflus à toute exception &
deceprion, à tous plegemmens contreaplegemmens,& oppofitions quelcon-
ques, & principalement ladite Dame au benefice de Velleyen, & à toutes
& chacunes les chofes à ce contraires.
Defquelles chofes les deflufdits Seigneur & Dame, & Prince d'Oran-
ge ont pañlé autres femblables lettres en effet & fubftance en la pre-
fence de Maiftre Pierre Bourreau Licentié aux Loix, Notaire de l’auto-
rité Apoftolique, pour plus grande fermeté & corroborance des chofes
deflufdites, & fans que l’une defdites Lettres puifle ou doiue aucune-
ment preiudicier à l’autre. Ce fut fait audit Langeais lefdits Seigneur &
Dame prefens, & le Prince d'Orange prefent & confentant, en prefence,
confeil & confentement des tres-hauts & puiflans Princes Meffieurs
Loys Duc d'Orleans, & Pierre Duc de Bourbon, Charles Comte d'Angonlefme,
Jean Comte de Foix , François Comte de Vendofme ; Meflire Guy de Rochefort
Cheualier & Chancelier de France, Reuerends Peres Meflires Louis
d’'Amboifé Eucfque d’Alby, 1ea# de Rely Doëteur en Theologie, Confefleur
dudit Seigneur , efleu en Euefque d'Angers, auec plufieurs autres de la part
dudit Seigneur & ledit Monfieur be Prince, Mefire Philippes de Montauban
Chancelier de Bretagne, le Sire de Guemené, le fieur de Cocrquen Grand
Mäiftre dudit Bretagne, & plufeurs autres de la part de ladite Dame aufñli
refens. | | | :
? Et promirent lefdits Seigneur & Dame en promeffes & paroles Royaux,
& ledit Prince d'Orange par foy & ferment de fon corps, pour ce baillez
corporellement, de non iamais faire n’y venir en contre & incontinent
fans diuertir à autres actes lefdits Seigneur & Dame procedans en la Salle
dudit Chaftel de Langeais, où eftoit preparé pour celebrer la Mefle, & fo- -
lemnifer lefdites Efpoufailles defdits Seigneur & Dame, & illec enla pre-
fence des Notaires cy- deflous fignez , les deflufdits & plufieurs autres
Ducs & Comtes, tres-Illuftriffime Princefle Madame Anne de France, Du-
chef[e de Bourbon, {œur dudit fieur, & autres Seigneurs & Dames en grand
nombre, lefdits Seigneur & Dame, par le Miniftere dudit Reuerend Pere
en Dieu Esefque d'Alby, foleraniferent, & firent publiquement leurdit ma-
triage, & par paroles de prefent prindrent & efpouferent Fvn l’autre,com-
me en tel cas il eft accouftumé, & par le Miniftere dudit Reuerend Pere
en Dieu efleu en Euefque d'Angers, fut celebrée Mefle auec la bene-
‘diétion nuptiale. Donné audit lieu de Langeais, & fée du fceau dont on
# al. le feixié.
5.
cens quatre - vingts - onze.
vfe aux Contrats Royaux en la ville, Chaftellenie & Reflort de Tours, en
tefmoignage de verité, &c. le * treiziefme iour de Decembre mil quatre
eGxe
PAGE
DV ROY CHARLES VIII. 625
I le
AGE 96. La Reyne partit de Saint Denis pour venir faire fon en- LÉ
. trée à Paris.
Voicy ce qui fe trouue de cette entrée dans les Regiftres du Parle-
ment. Elle fut faite le 8. Féurier 149 r. & lon fuiuit le mefme ordre qui
auoit efté obferué pour l'entrée du Roy au mois de Juin 1684. Voyez
cy- deflus page 432.
Entrée à Paris de la Reyne Anne de Bretagne , femme du Roy
Charles VIII.
Ep: iout la Cour, aprés que par aucuns a efté certiorée du vouloir z. Février
du Roy noftre Sire, a déliberé qu’elle ira au-deuanc de la Reyne à fa +?"
nouuelle Entrée en cette ville de Paris, en tel ordre & habits que 1a- r. «-dfus
dite Cour fit au-deuant dudit Seigneur à fa nouuelle Entrée, par luy faite ?- +33:
aprés fon ioyeux auenement à la Couronne en cette ville de Paris, ainfi
que ledit ordre eft regiftré au Regiftre de ladite Cour, au 28. iour de
Juin 1484.
Ç VR ce que les Prefidens des Enqueftes ont dit à la Cour, qu’ils de- s. réurier
L_Ÿ uoient aller audeuant de la Reyne à fa nouuelle Entrée auant les Con- : +°*:
feillers Clercs, nonobftant qu'ils fuflent receus en leurs Offices auant
eux: Déliberé a efté pour cette fois, & fans préiudice des droits defdites
parties, que lefdits Prefidens iront en l’ordre de reception és Offices de
Confeillers, éfquels ils ont efté receus. Outre a efté conclu & déliberé que
le plus ancien Confeiller layÿ ira auec Maiïftre Guillaume de la Haye
quint Prefident en la Cour de ceans , nonobftant la contradiétion des
Confeillers Clercs de ladite Cour ; & aprés eux les plus anciens Con-
feillers Clercs & Lays, deux à deux, felon leur antiquité. Et au furplus,
touchant les Auocats de ladite Cour qui ont fait fupplier à la Cour par
l'Auocat du Roy, qu’il leur fuft permis de porter leurs Chapperons four
rez, il leur fera enioint, & aufli aux Procureurs de ladite Cour, & publié
à la Barre, que demain que doit eftre faite ladite nouuelle Entrée entre
neuf & dix heures , ils fe rendent en la Cour de ceans honneftement vef
tus, & habillez de Robbes & Chapperons ; c’eft à fçauoir lefdits Auocats
auec leur Chapperons fourrez, & les Procureurs ainfi qu'ils ont accouftu-
mé, pour accompagner la Cour, Et fera enioint aufdics Procureurs & Auo-
cats qu’ils aillent chacun en ordre aprés les Auocats & Procureur du Roy,
fans eux entremefler auec les Confeillers. de la Cour, & les Auocats &
Procureur du Roy, fur peine de l'amende.
Ligue de la Reyne Anne, Louis Duc d'Orleans, Pierre es Anne Duc
9* Ducheffe de Bourbon, pour le feruice du Rey.
Ovs ANNE par la grace de Dirw Reyne de France , & Loys Dac d'Or: 5: Iwilles
leans , Pierre G Anne Duc & Duchefle de Bourbon, voyans & confi-"*?"
derans les grandes affaires & damnables entreprifes que les ennemis de
Monfeigneur le Roy font de iour à autre à l'encontre dudit Seigneur &
de fon Royaume, & le grand defordre qui auiourd’huy ef, aufli en la Mai-
fon dudit Seigneur , au moyen de quoy iceluy Scigneur & fes Suicts
pourroient eftre en danger de tumber en grands inconueniens s’il n’y ef-
toit pourueu. Parquoy Nous, qui de tout noftre cœur defirons le bien,
feureté, & profperité dudit Seigneur & de fon Royaume, Les tout nof-
K
66 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1 4 9 2. tre pouuoir nous employer & feruir, comme ceux à qui plus la chofe tou-
che, aprés noftredit Seigneur le Roy, & qui plus y font tenus, foit requis
& tres-neceflaire que bon amour, union & intelligence fe prenne par en-
tre nous, afin que mieux puiflions feruir au bien dudit Seigneur & de fon,
Royaume , & obuier , refifter , & pouruoir contre ceux qui à ce vou-
droient venir au contraire. Et pour toufours entretenir les amitiez, fer-
mens & promefles qui par cy - deuant ont efté faits à cette intention, &
que iceux foient plus feurement tenus & obferuez fans feinte, fraude,
ni mal engin; & aufli que dorefnauant l’amitié dont dépendent lefdits
fermens puifle eftre plus feure & en plus grande fermeté & feurete en-
tre nous. ÂAVIOVRD'HVY cinquiefme iour de luillet, en la prefence
& entre les mains de /'Archeuefque de Narbonne , venant le fuft de la vraye
Croix & autres faintes & precieufes Reliques |, promettons & iurons en
paroles de Princes, par la foy & ferment de nos corps, & damnation de
nos ames, priuation de noftre part de Paradis, & par le Saint Sacrement
de Baptefme que nous auons receu , de bien & loyaument feruir le Roy,
& de nous aimer , entretenir , fauorifer , fouftenir & fupporter l’vn l’au-
tre comme foy-mefme, en la bonne grace dudit Seigneur , nous em-
ployer fans faute nulle aux affaires l’vn de l’autre, comme fes propres
affaires, porter & fouftenir, requerir & faire requerir l’vn pour l’autre de
toutes chofes qui feront pour le bien, honneur & profit du Roy, du Royau-
me , & de Nous ; & quand aucun voudra entreprendre fur aucuns de
Nous, comme fur noftre honneur, eftar & biens , & de nos Seruiteurs,
que tous enfemble nous y obuierons, & courrons fus de toute noftre
puiffance. Et pour ce qu’il peut eftre, qu’aucuns pourroient par cy-aprés
porter paroles, & faire entreprifes & pratiques de nous mettre en défan-
ce & foupçon, malueillance & malcontentement les uns contre les au-
tres, pour quelque maniere & couleur que ce foit, voulans faire nouuel-
le amitié ou autre pratique qui pourroit porter preiudice aux fins pour
lefquelles nous faifons cette prefente amitié, & entre autres /e Seigneur de
Grauille Admiral de France, par luy, ou autres: nous ferons tenus le reueler
ou declarer l’vn à l’autre de ceux qui feront fur les lieux ou aux enui-
rons dedans vingt-quatre heures; & fi n’y fommes, à la plus grande dili-
gence que poflible nous fera, ayant efgard à la diftance du pays où nous
ferons pour lors , & de ne faire auec ledit Admiral, procurer, ou faire
procurer aucune amitié ou intelligence, ny à autre de par luy, fans le fceu,
vouloir & confentement de tous Nous. Et en outre Nous Ducs d’Orleans
& de Bourbon, qui deuons eftre appellez aux affaires dudit Seigneur & de
fon Royaume, promettons & iurons par le ferment deflufdit, faire appel-
ler lvn l’autre ou gens pour nous aufdites affaires. Et s’il aduenoit que
aucuns voulfiffent empefcher que ne nous y trouuafions, que l’vn n’y de-
meure fans l’autre, fi n’eft par le vouloir & confentement l'vn de l’autre.
Au furplus promettons & iurons comme deuant, faire tenir & obferuer à
nos amis & feruiteurs à qui en donnerons connôiffance, les chofes defluf-
dites; & au cas que nofdits amis & feruiteurs en feroient refufans, nous
declarerons à l’encontre d’eux. Item, promettons & iurons comme deflus,
de porter & fouftenir nos feruiteurs à qui de ce baillerons connoiffance
qui nous feruiront éfdites chofes comme nos propres perfonnes. Donné à
Paris fous nos feings manuels & fcels de nos armes, le iour que deflus, l’an
de grace mil quatre cens quatre-vingts-douze. Signé, Lans, Los,
Pierre, Anne de France.
DV ROY CHARLES VIII. 627
ue _— : + 1492
AGE 97. Ils eurent felon mon auis deux ou trois enfans.
Du po du Roy & de la Reyne Anne de Bretagne font fortis
trois fs & une fille, rous decedez en bas âge. L’aifné nommé, Charles or-
land, a naiflance le 10. Oétobre 1492. aux Montils lez Tours, Il fut
baptifé le 13. du mefme mois par Frere Iean Bourgeois, en confideration
duquel le Roy fonda vn Conuent à Lyon. Il mourut en Decembre 1495.
Le fecond, nommé Charles, naquit au mefme lieu le 8: Septembre r 496. &
mourut au mois d'Oétobre de la mefme année. ‘Le troifiefme, nommé
François , ne vécut aufli que fort peu de jours, ainfi que la fille, qui fut
appellég Anne, du nom de fa mere. |
Deux Lettres d'auis aux Gens des Comptes, que ls Reyne eff accouchée
d'un fl.
DE TAR LE ROT.
Os AMEZ ET FEAVX, graces à Dieu & à Noftre- Dame, enui- ,,. oæbre
N ron quatre heures de matin , noftre tres-chere & tres-aimée com- 1 #93:
pagne la Reyne eft accouchée d’vn beau fils, de laquelle chofe vous auons
bien voulu auertir en diligence comme nos bons Seruiteurs , lefquels con-
noiflons en eftre tres-ioyeux. Donné aux Montils lez Tours le dixiefme
jour d'Oétobre. Signé, CHARLES. Et plus bas, De Mefnildor. Età
l’adrefle: LA #05 amez. Gr feaux les Gens de nos Comptes à Paris. Au bas eft ef-
crit: LApporté le Samedy douicfme Octobre mil quatre cens quatre-vingts-douxe.
| | Pris fur l'original. ;
RES CHERS: SEIGNEVRS ET FRERES, tant & de fibon ro. Om
cœur que faire puis me recommande à vous. Graces à Dieu & Nof. "+?*
tre- Dame, enuiron quatre heures du matin, la Reyne a eu un tres-beau
fils, & vous afleure qu’ils font tous deux bonne chere ; de laquelle chofe
ie vous ay bien voulu auertir à diligence, pour ce que en ferez tous meil-
Jeure chere, en priant à Dieu, tres- chers Seigneurs & Ereres, qu’il vous
doint ce que plus vous defirez. Eférit aux Moncils lez Tours le dixiefme
iour d'Oétobre.. Le tout voftre frere Effienne de Vef*, Au. dos eft efcrit: *11 fois Pré
LA mes tres- chers Seigneurs G Freres, les Gens des Comptes du Roy noffre Sire à f4ent de le
: / . Chambre des
Paris. Et au bas : Capporté le Samedy douXe Oéfobre mil quatre cens quatre- Compres.
vingis- doux. more M: |
NU | Pre fur l'Original.
Exvraié d'un Regifre de La Chambre des Comptes.
- E Samedy treiziefme iout d’Otobre l'an mil quatre cens quatre.
L vingts - douze, enuiron dix heures du matin, fut .baptifé Monfieur le
Dauphin, en la Chapelle du Pleffis du Parc lez Tours, prefens le. Roy fon
Pere, & plufñeurs Princes, Euefques , Comtes , Nobles, & autres Sei-
gneurs, tant d'Eglife que lais'; & furent fes parains Meflieurs les Ducs
d'orleans, @ de Bourbon, & fa maraine la Reyne de Cexile *, tous habillez de * al. Sicile,
drap d’or moult riche. Et fut ledit Dauphin porté fur les Fonts qui fu-
rent faits tous propres en l’ordre qui s’enfuit. . Premierement, Monficur
de Nemoux portoit le cierge, Monfieur de Fosx: la faliere d’or, Louis Mon-
fieur de Vendofme Y'aiguiere, Monfeur l'Infant oncle de ae is & fre-
kk i]
623 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1492.rc de mondit fieur de Foix , le baflin & la fcruicte. Et Monfieur le
Prince d'Orange, nuë teîte, à tour vne robe de drap d’or iufques en terre,
porvoit le Dauphin. Madame de Nemosx portoit le bour du drap d'or qui
eftoit fur ledit Dauphin. Er Madame /'Admirate, veuue de feu Mefire
Louïs Baftard de Bourbon, portoit le cremeau auquel y auoit une groffe
efcarboucle & autres pierres de grande valeur. Et aprés fuiuoient Mef-
demes les Duchefles d'Orleans, de Bourbon , 6€ La Reyue de Ceitde , & plu-
ficurs autres Seigneurs, Dames & Damoifelles en prand nombre, tout
*Al. farm. par ordre. Et y auoit cinq cens vorches * ardences, que portoient les Ar-
beaux. chers de la Garde, & autres Officiers de l’Hoftel du Roy. Ecen cét
ordre vindrent iufques en la Chapelle où eftoit Le Roy en grande deuo-
tion , auec Le /aint honmc du Parc dudit Pleflis. Er fut baptifé par un
notable Religieux de grande fainteté & deuotion, nommé Frere Jean Bowr-
< y. cyaprés. gois *, Cordelier de l'Obferuance ; & ledit faint homme que le Roy
durant le Baptefme tenoit par la main, le nomma Charles Orland. Et
furent dites plufeurs benediétions & graces à Dicu que l’on n’a point
MM. Sin accouftumé de dire , & alla de vie à trefpas le...... jour de Nouembre
quil mur l'an mil quatre cens quatre-vingts-quinzc.
8 16 Decem. | | |
bre 1495. Le faint homme dont eft parlé cy-dewant qui nomma Monfieur le
Dauphin Fils du Roy Charles VII. æftoit appellé Frere François de
Paule ,natif de Calabre, & tft celuy qui a ef premier inuenteur de lOr-
dre des Minimes l'an 1518 Son corps fut camonizé à Rome, & fe nom-
me Saint François de Paule. NC nn,
Lettre du Roy aux gens des Comptes, au Juier de le Fondation da Con-
nent de l'Ordre de Saint François dans la Ville de Lyon, en faucur
| de frere Iean Bourgeois, qui auait baprifé le Daupbin.
_ DE PAR LE ROT.
TOs aAmMez ET FEAUX, Nous auons puis trois ans en çà fait venir
1'N és parties de par-decà, noftre tres-cher & bien amé Oraveur fre
Jean Bonrgrok , tequel nous à & continuellement de iour <n iour fac gran-
des confolatiens Ypirituckles, tant en fes Prédications que és Saintes Mcfles
. que de iouren iour deuant nous il celebre, aux Oraifons duquel auons gran-
de confiance. Et pource que auons pieçà defir de faire faire œ naître Vil.
le de Lyon vn Conuent de l'Ordre de Monfeur Saint François, duquel
il ait la totale charge & conduite, & que pour iceluy faire ayons au Cha-
marrier & Chapitre de Saint Paul de Lyon amorti, & quitté la Finance qui
nous pourroit eftre deûë à caufe de fix cens liures.de rence qu'ils ont ac-
27 ou acquerront, au moyen de ce qu’ils baillent la place conuenable à
ire ledit Conuent. A cette cauk, vous mandons & expreflement enioi-
gnons que incantinent & fans aucüun:ircfus expediez nos Lottres Patentes,
lefquelles par.ce prefent:porteur noîftre Cheuaucheur vous-enuoyons, felon
leur forme :& teneur afin que les Religioux dudic'frerc Iean Bourgeais
puiflent dilisemment aller en noftredite ‘Ville de Lyon commencer ledit
Conuent felon & en enfuiuanc noltre vouloir. & defir, & gardez que à ce
ne faffiez faute, & que par .cedit porteur nous senuoyez nofdices Lettres
deüément expedites. Donnéaux Montils:lez Tours le quatorzia{fme ionr de
-Nouembre. Signé CH ares. Etiplus'bas, Bohier. Au dos cft efcrit.: 4
05 amcz © feaux.les gens de nos Comtes à Par. Auibas cft aufli afcrir :
2 4. Nourm.
bre 1493.
ES SO 1.
Am ET VO <-
TS
ee un St
DV ROY CHARLES VIIL @&o
L#pporté le vingt - fixicfine jour de Noucmbre mil quatre cens quatre -viners-
CL D 2. L
Tiré de l'Original, |
Lettre de frere Iean Bourgeois fier le mefme fier.
Esus, Marta, Franciscus. Levray Dieu par fa diuine bonté vous
| doint paix fainte & grace de faire fa fainte volonté, AmM&n. Mes #res=
honsrez C' bons Seigneurs, il a plu au Roy de fon bon mouuement, pour vne
finguliere deuotion donner à Dieu vo Conuent en la Ville de Lyon,.&
pour iceluy faire à fair dépefcher fes Lettres Parentes, lefquelles par vn
de fes Cheuaucheurs il vous enuoye, & vous plaife ,ie vous prie, mes bons
Seigneurs, que voftre plafr foi de expedier lefdites Letrres en maniere
que ie puifle aller ferwir Dieu, & paracheuer Le bon plaifr du Roy, & en
ce faifant, mes freres & moy qui fommes, Sicus Péfces extra aguam, pric.
rons mes freres & may le benoift Dieu, mes Seigneurs, qu’il vous doint par-
faice fanté & Paradis à la fin; & fouuienne vous que nous ferons prou fi
nous pouuons cire fauuez. E/éris au pauyre Conuent de Tours, de la main
du tres-indigne de Dieu feruiteur, & voftre humble Orateur tout voîftre
deuant Dieu, Decima fexta luce * Noscmbris , Frere Jean Bosrgcos. Et vous re-
commande le Roy noftre Sire, lequel a bon vouloir, & la Revyne, & le
bcau petit poupon Moz/eigneur Le Dauphin ; & me pardonnez , car ie parle
François de noftre Pays. Au dos£f efcrit, 1e/us. LA mes tres-honorez & bons
Seigneurs, Meffesgneurs des Compses. Ex au bas: LApparté Le 26. iaur de Nouerm-
bre 1492. | | |
Traité de Paix entre le Roy Charls VIII. @ Henry VII.
LU Koy d'Angleterre, Sn l
HiriPrus DE CREVECOEUS, Domigus Défquerdes, @ de Lansoy,
Marefcallus Francia, Locuw-tencas, G Cappitancus Gencralis Demini nofri
Regis in fus Patrin Aricfi @ Picardie, ac Miles fyi Ordins, Ludouicus de Ha-
kwin, Dominus de Piennes, Francifius de Crequy, Dmminus de Denrrier, Ra-
dulphus de Lannoy, Dominus de Moruikiers, Milites, Cosfliarii ©: Cambellani ;
loannes d'Offiy, Con filiariss Magifier Requeflarum Bofpitié , Ambaffiatores ;
Procuratures C C mg Dé in bac parte Sereniflimi 46 Re Principis
Domini noffri fopremi Caroli Dei grañia Françorum Regis Chritianiffimi :
Omnibns © finçgulis préfentes Litteraes isfheiferis, falnrem. Notsm facimss quod
cum probiera mortalioss dons à foperss tradi ueqocast qguem boys Pacé, C dongo
rerwm jh ac rationc fémper coçuétum fit pacrm cf fumwam ibid dr precipuum
mans juod bumano generi conducere gacat , fatifque campertuss fit quo calamita-
ses CG arumna paffim à bel exorinxisr, 4008 vero commode Paz certa CO fabilis
vndique aituleris; idcirco nos, quantum frulfus C utilitatis Francis @ Angiia
Regnorum {ncolis en "pace O7 amicitis anichac inter ipforum Regnorum Reges G°
Principes initis @ comtratiis accrencrit plene cagnofantes : Nos pre diéfo Sereniff-
mo Principe noffro Francèrum Reg Chrifliani[fino antediiéo fuifque heredibus' dr
Jucceforbus, atque cius &° corum nowine , autorisate vais 4b cedem Rege noffre
per Juai Liticres Patentes commif/s, quarers tenorfequitur, G cf tal.
fN\Harzes, par la grac de Dieu Roy de France: À tous ceux qui ces
prefentes Lettres verront , Sas. Comme puis aucun temps en çà nous
ayons donné charge à nofre ame & feal Confailler & Chambellan le fieur
Defquerdes, Cheualier de noftre Ordre, Marefchal de France, noftre Lieu.
tenauc & Capitaine Général de nos Pays de Picardie & re autres en
ii]
LI 4 9 2e
16 Nonwembre
1492.
* al. die.
A Eflaples fur
Mer le 3, Noa
sembrei492
26, Inilles
1492
60 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
1492. fa compagnie, de tenir paroles, & communiquer auec le fieur d'Abenay
Cheualier, Lieutenant Genéral pour noftre frere & coufin le Roy d’Angles
terre, & Capitaine à Calais, touchant le bien de Paix, trèues, intelligences
& bonnes amitiez d’entre nous & nos Royaumes, Pays, Seigneuries, &
fuicts, tellement que de prefentles matieres & chofes deflufdites font en eftac
& difpoftion de paruenir à bonne fin, & foit ainfi que pour à icelle don-"
acer ordre, & prendre conclufion foit requis & chofe tres-neceflaire , com-
mettre & ordonner auec ledit Marefchal Defquerdes aucuns bons, feaux &
notables perfonnages entendus éfdites matieres, & aufquels ayons toute fian-
ce, Sçadoir faifons que nous confans à plein des grands fens, fufffance,
loyauté & bonne experience d’iceluy noftre Chambellan, / Mareféhal Def.
querdes, & de nos amez & feaux Confcillers l’Eucfque de Noyon , le Sire de
Piennes, noftre Chambellan ordinaire, Jean de la Vacquerie, Cheualier, Pre. :
FHiferis micr Prefident de noftre Cour de Parlement à Paris, le fieur de Douwrrier,
D Maiftre Robert Gagsin, Général Miniftre de l'Ordre de la Trinité des Ma-
Trié de thurins, les fieurs de Moruillers, de Wicre de Fosquerolles, & Maiftre Iean
Paix. d'offay, Maiftre des Requeftes de noftre Hoftel, à iceux pour les caufes def-
fufdites & autres grandes raifons & confiderations à ce nous mouuans, &
principalement pour éuiter aux inconueniens & grands maux qui à caufe
de la guerre font aduenus & pourroient aduenir; aufli pour paruenir à tou.
re paix, tréue, intelligence & bonne amitié, au bien, feureté & foulage-
ment de nos bons & loyaux fuiets, qui eft l’vne des chofes de ce monde
plus defirons aprés noftre falut,auons & aux cinq quatre ou trois d’eux,
ont iccluy Marefchal Defquerdes fera toufours l’vn, donné & donnons
par ces prefentes fignces de noftre main, plein pouuoir , autorité & mande-
ment fpecial d’eux tranfporter en telle des Villes de nofdits Pays de Picar-
die-& Artois ou ailleurs que befoin fera, où ils verront eftre à faire, pour
illec auec ledit fieur d'Aubemay & autres gens 8 Ambafladeurs que noftredic
frere & coufin le Roy d'Angleterre y voudra enuoyer & faire trouuer de fa
. part, befogner, traiter, tranfiger , accorder, appointer, & promettre fur les
: tchofes deflufdites & les defpendances d'icelles, ce qu’ils trouueront &
_ connoiftront en la meilleure & plus grande feüreté que Die {e pourra pour
le mieux au bien de nous & de nofdits Royaume, Pays, Terres, Seigneu-
ries & fuiets, tout ainfi que ferions & faire pourrions fi prefens en noftre
perfonne y eftions, & de ce bailler leurs Lettres & féellez, aufli recouurer
celles de la part d’iceluy noftre frere & coufn le Roy d'Angleterre, com-
mc il eft accouftumé de faire, promettans de bonne fo en parole de Ro
auoir ferme & ftable à coufiours tout ce que par nos épucez defflufdits y
fera fait, promis, accorde & conclu par la maniere deuant dite, & accom-
plir le contenu de point en point, aufli d’en bailler nos Lettres de ratifica-
tion & confirmation telles que befoin fera, & au cas appartiendra, fans ia-
mais aller, ni venir, ni fouffrir aller ni venir au contraife.en manieres quelfs
conques, car ainfi nous plaift-il eftre fait. En tefmoin de ce nous auons fait
mettre noftre féel à cefdites prefentes. Donné à Eftampes le vingt-fixiefme
iour de luillet, l'an de Grace mil quatre cens quatre-vingts - douze, & de
noftre Regne le neufuiefme, Sic fignatum f#b plica, CHARLES. Et fupra pli-
cam: Par le Roy, Monfeur le Duc de Bourbon, les Comtes de Vendof-
me & de Ligny, les fieurs de la Trimouille, de Gyé Marefçghal de Fran-
ce, de Baudricourt Gouuerneur de Bourgogne, de Miollans Gouuerneur
du Dauphiné, de Grimaut Senefchal de Beaucaire, de Saint André, d’Ef-
Cars, & autres prefens, Parent.
Cum Renerendo in Chriffo Patre Domino Richardo Bathesenfi Gr Vellenfi Epifcopo,
ec cuffode prinati figili, Ægidio d’Aubenay, Domino d’Aubensy, milite ° confra-
#re ordinis gartarii, ac docum tenente gencrali ville G Marchiarum Calfia, Chrif-
DV ROY CHARLES VIII. 631
cophoro Wifwilli, Decano Ecclefi Eboracenfis , Magno Eleemofinario, Henri.
co d’Ynefweth Legum Docfore, fécundario in Offcio Priuati Jigili, & laco-
bo Tirello, swilite, locum-tenente Caffri de Guyfnes infra Marchias pradicfas, 1l-
dufiriffimi Principé Anglorum Reg Amballiatoribus € Procuratoribus ad infra
Jcripta per ipfius Litteras Patentes dephtatis , quarum tenor fquitur in bac verbe.
ÉNRICUS Dei gratia Kex Francia G Anglie, G: Dominus Hybernia : Om-
H nibus ad quos prefentes Littere peruenerint, Salutem. Sciaris quod nos de
fidelitate , induftris GC prouida circumihettione dileéforum nobi vencrabilis 55
Chriffo Patris, K. Batthenenfis & Vellenfis Ecclefiarum Epifcopi,, 4c caffodss
piuati figili noffri, Ægidi d’Aubenay, Domini d'Aubenay, vrius militum d
confratrum noffri Ordinis gartarii, ac locum-tenentis noffri Generalis Ville, & Mar-
chiarum noffrarum Calefie, Chriftophori Wifwilli, Decani Ecclefie Cathedralis
Eboracenfis , Magni Eleemoffnarii noffri , Henrici d’Ynefweth Legum Docioré,
fécundarii in Offio Prinati Sigili noffri , @ lacobi Tirelli Mibri, » locum-
tencntis Caffri noffri de Guifnes, énfra Marchias pradicfas , Plenius confidentes
pradiétos noffros veros € indubitatos Ambaf]iatores » Oratores, Procuratores , Com-
miffarios ac Nuncios Generales G° fheciales affigrauimus, fecimus, conflituimus,
GC ordinauimus, affignamuque , facimus, conflituimus G* ordinamus per prafén-
14972
30. Oobre
1498
tes, dantes C concedentes eifdem Ambaffiatoribus » Oratoribus, Procuratoribus, Com.
miffariés * Nunciis plenam potefatem ; autoritatem ac mandatum generale & She
ciale cum cariffimo Confanguinco noffro Principe Carole Franciz Jeu cius Ambafia-
tore, Oratore, Procyratore, Commiffario aut Nuncio, Ambaffatoribus, Oratoribus ;
Procuratoribus, Commifarié , sut Nanciis fi ifficientem pote[fatem , autoritatem cr
mandatum à préfato Principe Carolo ad boc babente vel babentibus conueniendi -
communicandi, tratfandi, concordandi, componend$, paciftendi, appunituandi,
ac plenarie Gr integre determinandi, G: finaliter concludendi tam de d- fuper pace per-
petua, quam de C* Juper treugis feu guerrarum abflinentiis @ mercium intercur/s-
bus, ac amicitia, confæderatione G* concordia inter nos, heredes €: Jacceffores nof-
tros ac Regna C° Dominis noffra, necnon fubditos alliçatos, confæderatos noffros,
ac alios nobw facientes G* adherentes quofiumque, C ditfum Principem Carolum,
beredes Cr fucceffores [nos ,.atque loca G Dominia Jua, fabditofque , alligatos fuos
. € fibi adhaerentes, necnon de G* füper omnibus d Jfingulis contentionibus, quaffio-
aibus , guerr, caufis , querelis , litibus, demandis @ debatis, vna cum fais
circumitantiis emergentibus , incidentibus, dependentibus @ annexi que inter
n0s prefatum Principem Carolum , beredes, [ucceffores , terras | dominia » fubdi-
ts, alligatos facientes G* adherentes predictos hinc inde pendere noftuntur inte-
gra GC finaliter cognoféendi, appuniiuandi, concludendi & determinandi, Vhiserfa-
que C" fingula que inter nos appunituats, conuents, conclufa , concordata, paita, fine
tranfatta fuerint per fidei interpofitionem GC: inramenti in animam noffram praf-
tationem , ac per alias vis G media qua iis in bac parte expedientia vif fserint
roborandi G affecurandi, nec non à prefato Principe Carolo ciufue Ambafiatoribus,
Oratoribus, Procuratoribus , Commiflarié, fiue nunciis faffcientem poteflatem €
antoritatem & prefato Principe Carolo in bac parte habentibus quodcumque jura.
mentum licitum 5n animam cisfdem Principis preffandum nomine noffro cxigenduns
C° recipicndum, ac de C* füper omnibus G fingulis premifis C dependentiis ab
cifdem , omnes C* omnimodas fécuritates , cantiones , obligationes ac litteras Jigit-
latas nomine noffro, heredum G* fuccefforum noffrorum concedendum, faciendum,
diberandum ©* tradendum, necnon à prefato Principe Carolo ciwfüe Ambafatori-
bus, Oratoribus, Procuratoribus, Commiffariis aut Nunciis fimiles cautiones , obli-
gationes C* litteras , prout cifäem Ambafiatoribus, Oratoribus , Procuratoribus,
Commiffariis few nunuiis videbitur expedsre perendum , exigendum & recipiendum,
cateraque omnia C° fingula in premifis per cos conclufa, concordata * firmate,
concludends, concordanda C* firmands expediendi, perficiendi , G* pro parte noffra
1492.
6 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
perimplendi , ac debite exequendi, ctiamfs maiora fint, C mandatum de [ua natu-
ra magis exigant fpeciale, C* qua nofmetipf facere poemes, fÿ perfonaliter prafén-
tes efemus in explicationc premifforum : qua omnia C° fingula premif[a item mo-
do forma > VI premittitur ; geffa, talem , tantamque vim, autoritatem € cffetfum
wolumss obtinere, ac fiea in propria perfona feciffemus, promitientes bona fide,
in verbo Regio nos ratum , gratum C firmum perpeino babituros totum , C quid-
quid per diéfos Ambaffiatores, Oratores , Procuratores, Commiffarios fine Nuncios
actum, geffum, fes procuratum fuerit in premiliis, feu aliguo premifforum. 1n cu-
jus rei teftimonium he Litteras noffras fiers fecimus Patentes, teffe mcipfo in
EXercith CO pres Boloniam füper mare, penultimo die Octobris, anno Regni nof-
pri oéfane. Per ipfum Regem. Es de data praaicta anthoritate Parlamenii,
Blecchd. | |
Connenimie , contraximus, Ge conclufimus, C per praféntes consenimss, con-
trabimus, G concludimus articules fequentes. |
In pPRIMIS quod bonè, fincerè, firme & perfeitè fint G° inuiolabiliter babean-
dur CG: obférucntur,pax, amicitie @ fœdera inter potentifiimes Francia Anglis Re-
es antediéos, eorumdem Patrias > Dominia [ua quecumque, beredes, fuccelfôres, vaf
fâlles atque fubditos fs preféntes futures, ac quofumque alligates G confæde-
ratos virinfque corum qui in iffa pace comprehendi volwerunt, Je comprehendi
velle infra tempors, G fsb forms inferius limitata decharaserunt; necnen inter
Iuffrifima Francis G Anglis Regna per terram ; MATE, POrins maris CO aquas
duices, G quod dicfe amicitie, pax G° federa [sum habeunt cffeétum immcdiate
poff datam preféntinm , © durent vita uvtrinfque Principum preditiorums durante,
G° alterins corum dintins vinentis, Cr per annum Snicgrum ; po obitum vliimo
épforum morientis. Ita tamen gwod Jacceffor Regis premorientss diéfam amicitiam
C pacem infra annam à die obitus fui predeceffors tencbitur per fuas Lifieras ma-
gno fo figillo figillatas banc amicitiam ratificare confirmare, ditfamque ra-
D d confirmationrm Régi fuperffiti notificare , tranfmitiere G deli-
crane,
Item. ©sod durante termine praditfe bella, guerræ, hoffilitates ce inimicitié
gwacmqut inter préfates Frencié © Anglis Reges,corumdemqne, vi fapra fertur,
haredes G facceffères , vaffakles , fubditos G confæderatos quofinmque qui in pre-
fenti tracfatn , vt premitistur, comprehends velserunt, necnon iam dilia inclytifi -
ma Regna, Patries G: dominia [as quecumque vbique locorum per terrans ; mare, bit-
fora maris O7 aquas dulces, omnino ceffabunt. |
Item. Qwod omnes G fingule utrinfque ditforum Principum eorumque hare-
dum faccefforum , aut eorum alicrins , ipforwmque alligatorum in bac parte com-
prehenforum vaffalli dr fobditi, fine fint Principes, Archiepifcopi, Epijcopi, Duces,
Marchiones, Comites, Barones, Mercatores , aut cuinfuis flatus conditionifue cxif-
sant, durante pace antedicta vbini locorum [fé mutuis offuiis profquanser , œ
boneïta affréfione pertratfent, poffintqne libere, tnte G fécure abjque alicuiss ofru=
fa aut faluo conduits fine licentia, vbique perlæffrare per terram, per mare C aquas
aulces nauigare hint nbique ad ports ; dominis & disfrittus quoftumaque volaerint
morari , mercari merces , mercimonia, arma © iocalia quecumque, fi fatuta muns-
cipalis antehac condits non obffent, emere C vendere , ac nt vis placuerit , illins
ad partes proprias , vel aiibi, libere, qavties duxerint , abire cum fais , ant condu-
dis, vel commodatis nauigiis, plauitrss, vehicalis , eauis, armaluris , mercimo-
niis, fércinulis, bonis G: rebus fais quibuftnmque abfque vllo impedimento, of-
fenfs, arreflatione ob caujam Marce, contramarce, reprefaliarum , ant alias diffra-
Éfione quacUmMqUe tam in terra, q#am in mari GC aqué duhibus, quemadwodens
Patriis in propriss bec omnia facerent, aut ei ca facere liceret.
Item. Q4od omnia munera fine oners ab aliquo ditforum principam in cu
iufuss corum Patriarum fine Dominiorums partibus, citra aut infra triginta annos
ante datam prefentinms impofita mercatoribus & fubaitis alteriss dééé +” Me {ae
| sredums
A hs
DV ROY CHARLES VIIL 6;
beredum C faccefforum nocua , durante bac pace penitus fint extincfe, & quod 54-
. dia ant confimilia bac amicitis durante amodo non imponantur, faluis tamen [èm-
per quo ad alia omnibus-Regionum, urbium GC locorum legibus , ffatutis G* confue-
sudinibus , quibus nibil quoad corum iura per premif[a derogatum cenfcatur.
Item. Qsod omnes Mercatores, etff Veneti , Florentini fine intentione fint,
poffint per mare G* aqua dulces, armati vel non armati, cum füis propriis mercibus
aut alienis in nawibus, carenis, aus galcis propriis (inc alienis, in Regna Francis
C Angle, © corum vtrumque tutc, libere € fécure venire, G ad tunc quo ve-
dint, abire durante amicitia antediila, quandocumque , G quoticfumque voluerint,
abjque violentia, diffurbio , molefiis aut granamine quocumque per ditfos Francis
C Anglis Reges, fine eorum aliquem , aut corumdem haredes € fucceffores, fine ip-
Jorum , vel alicuius eorumdem fubditos, vaffallos aut alligatos, aut eorum aligatorum
harcdes, aut fucceffores in iis amicitits comprehenfos fabditos vel vaffallos fuerir atten-
I 49 2
tatum , acfum vel geflum , nibilominus tamen bac pax fine amicitia in Jui viribus
durante termino preditio permanebit, & pro hs attentatis folummodo punientar
ipfi attentantes , C* damnificantes, C° non ali.
Item. Qwod in prefénts tratfats pacs C amicitis comprebendentur alligati
confæderati vtriufque partis fubfequenter nominati, videlicet pro parte Chrifisanilfi-
mi Reg Francis Sacra Maicflas Imperialrs cum Elecforibus Imperii, Sereniffimt
Principes, Reges Caflelle Arragenum, Hungarie © Bohemie, Neapolis , Scotie,
Portugalis C* Nasarre, Potentiffimique Principes, Dux © tota Domus Banaris ,
Duces Sabaudia, Mediolani, Lotharingie, Geldris, Dux C Comitas Venctorum,
Princeps, Ciuitas @ Comites Leodienfis , Comitas Florentinorum GC Siennenfinm
Lige noue C antique Ssetentium * confæderatorum, C* alii quicumque guos Rex
ipfé Francis in fui Litreris prafentis tratfatus confirmatoriis nominare voluerit, ac
pro parte IUuffriffimi Reg Anglie S'acratiffimus Princeps Maximilianus Romano-
rum Rex, cinfque filius Dominus Philippus Archidux Auffris, corumdemque be-
redes G fucceffores Reges hifpanie, Portugalie, Neapolis G Daciæ, Duces Calabrie
# a]. Heluetioe
TNT. !
C Ferraris, Societes ac Comitas Hanffe Teutonica, @ alii quicumque quos ipfe .
Rex Ançglisin fus Litteris prefentis traifatus confirmatoriis nominare voluerit.
Qui quidem alligati G* confæderati , predicti videlicet prefati Rex Romanorum
cinfque filius Dominus Philippus Archidux Auffrie infra quatuor, C* reliqui infra
duodecim menfes dats preféntis tratfatus,proxime G° immediate fequentes per Lit-
teras magno figilo fuo figillatas Principi eos comprehendenti, [5 per cum velint com-
prehends, declarabunt C fignificabunt , idemque Princeps alteri Principi infra dicfos
quatuor menfes quoad Reçem Romanorum @ Dominum Archiducem cius filium ;
G@ quoad reliquos infra duodecim menfes per Litteras fuss magno, figilo [no figila-
tas prefatis Litteris dilfe comprehenfions declaraturiss annexas candem declaratio-
sem notificabit, © priufquam pradicfs notificatio, vt premittitur ; facts fuerit, dicti
mominati de comprehenfis nullatenus cenfébuntur.
Item. Er fi ditfus Romanorum Rex , ciufue filius Dominus Archidux predicrus
pro ft, heredibus Cr faccefforibus fus atque Patrié,modo, tempore G forma pradi-
hi declaramerint fe velle in prefenti tratfatu comprehendi, C* pofimodum prefatus
Rex Francis, eiufue beredes aut fucceffores contra cos vel corum alterum per ca-
prionem alicuius ville nunc fub obedientis eorum vel alterius corum cxiffente bel-
dum mouerit, vel cum exercitu [eu potentia armoruwm corumdem vel corum alte-
sius Patrias, terras vel dominia intraucrit, tunc GC in iflo cafw bene licebis pre-
fato Anglie Regi, ciufque hercdibus G fuccefforibus prefato Domino Regi Roma-
norum , éiufque filio Domino Archiduci , eorum heredibus € fuccefforibus fuccurrere
© fabuenire, prafénti tratfatu nonobstante, fu in [ho robore nibilominus manen-
te, Etfi prefatus Rex Romanorum, vel cius filius Dominus Archidux predilfus,
aut aliquis aliws nomine corum vel heredum aut fuccefforum forum per captio-
nem alicuius ville nunc fab obedientis prefati Regis Francis exiflentis cidem Re-
gi Francis cinfue bercdibus aut fuccefforibus bellum mouecrit, vel ” “aie Je
| L
—."— 64 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1492. potentia armorum Patrius Jub obcdientia Jua nunc exiflentes intranerit ; FH1c é
in iflo cafe non licebit prefato Principt Anglie cofâem iuuare gentibus , armis,
vel pecunia. |
Item. 55 per fübditos vel adherentes prefati Regis Romanorum aut Domini Ar-
chiducis cius filii, prediéti corum, vel heredum , aut faccefforum contra iura, Pa-
trias, aut füubditos prafati Regis Francis modo boffili, ant via faéfi aliquid fiat
aus attentetur, quod in damnum G* praindicigm corwmdem Principis aut Jubdito-
rum cedere pof]it ; G prefatus Dominus Rex ROmanorum cinfñe filins Dominus
Archidux predicfus, corumdemuc locum-tenentes , aut Offiiarii pro iuffitia Œ re-
parstione füpra hoc facienda debise febmoniti G requiliti inffitiam C" reparationem
infra vnum menfim ipfam fubmonitioncm proxime fequentem faccre denegaue-
rint , vel neglexerint, tunc Gin iflo cafi prafatus Rex France, ciufuc locum-te-
nens fine commiffarius prefato menfé clapfo fa autoritate Cr per viam faëti ad re-
parationem buinfmodi faciendam procedere poterit ,abfque eo quod propter hoc pre-
fêns pax fêu amicitia in aliquo rumpatur aut violetur.
Item. Qwod omnes G° finguli babiratores, incole G fabditi cisitatis, villarum
Cr Bailliwatuwm de Tornaco,Tarnefio, Mortagne ©" Sanifo Amando, tanquam Jub-
diti Regni Francis fint nominatim G* expreffé in prafénti trattatu comprehenfi.
Item. ©uod pro firmiori dr inuiolabili preditfarum paci,amicitie federis ob-
féruantia © obféruationc eleéfi G nominati int ex parte ipfius Chriffianiffimi Re-
gis Francis conféruatores fabféquentes. Primo videlicet pro Patria © Dacats Nor-
maniæ, porentiffimns Princeps Dominus Dux Aurelianenfis; pro Patria Lingus
Occiranæ @ aliis partibus Regni in quibus non erunt nominati conftruatores,
+ potentiffimus Princeps Dominus Dux de Borbonio ; pro Patris C* Ducatn de
Guyenne, Dominus Comes d'Angoulefme ; pro Patria G* Ducatu Britanniæ, Do-
mins Princeps de Aurengia;pro Patrié Artefi & Picardiæ, p/t Dominus Def-
querdes; pro Patria, Ducatu Gr Comitats Burgundiæ, Dominus de Baudricourt;
G* pro partibus maritimis, Dominus de Grauille, Admiraldus Francia, faluo ma-
ri Aguitanco, in cuius distriéfu ditfus Princeps de Aurengia erit conferuator. Pote-
runtque conféruatores fapra nominati in Patriis Cr locis Jibi ordinaïis delegare cr
deputare Commiffarios f#b f6.
Et fi aliqui ex prenominatis conféraatoribus ab bac luce decederint, fécceffores
corum in flatu gubernatoris few locum-tenentis Patriarum in quibus committuntur,
babebuntur, quoad hanc conféruationem , loco ditforum deccdentium. :
_ Et pro parte diéfi Sereniffimi Principis Anglie, praclariffimus Aunnculus fus
Hnffrifimus Dux de Bethfort, Cancellarius, Thefaurarins © Admiraldus, Anglia
deputatus, cufles etiam portuum , cuflos prisati figili, CG locum=tenens ditfi Regis
Calefia pro tempore exiffentes. Qui quidem conferuatores ditforum Principum , ac
vtriufque eorum G* duo aut vnus ipforum, ex parte [altem Principis fubditerum
damnificantiwum qui faper hoc requiretur, vel requirentur, babeat few habeant auto-
ritatem G* poteïlatem;uirtute buis tratfatus,ip{os damnificantes coram Je vocandi,
conueniendi G* examinandi, Gr ipfos fic examinatos, fécundum quod iuffitia exigit,
conuertendi, C punienai, attentata © damna contra vires buinus tracfatus illata vna
cum expenfis damnificatorum reficiendi Gr reparandi. Et ff contingat ipfos confér-
#atores per ipfos Principes fic vt premittitur nominatos , vel ipforum Commiffarios
Saper reformationem aliquorum diéforum attentatorum fore difcordes , G* inter eos
füperinde concordare non valentes, quod eo ipfo extunc caufa ila referatur conji-
dio Principis fébditorum fic damnificantium , aut ff opus fit vtriulque Principis,
dum tamen dits caufa fiuc coram conftruatoribns, aut unius vel utriufque Préncipis
confilio ventilanda fummarie C* de plano coram eis examinetur, © felici marte ter-
minctur, G dicforum conféruatorum pro vtraque parte féntentia interlocutoris C
definitine pracepta @ decreta incontinenti G* inailatc dabuntur executioni, nonob[-
tantibus appellationibus quibufumque. |
Jtem, Consentum GC conclufum eff, quod prefatus Iluffriffimus Rex Anglie
DV ROY CHARLES VIIL 6;
ditam amicitjam fic inter eum cinfque heredes Ge facceffores G Christianiffimum: 1 4 9 2e
Regem Francse atque ipfins heredes G* facceffores, ut premittitur, contracfans , atque
omnia C° fingula capitula predicfs in iis Litteris contents per Litteras faas Paten-
tes Juo magno figilo figillatas, manuque propria Jubfiriptas, Gr iuramento vallataé
ratificabit C* confirmabit, ipfamque amicitiam G- capita fic per eum ratificata , con-
Jirmata GC inrata per tres Status Regni Anglie, videlicet per Praelatos & Clerum, No-
biles Commumitates ciufdem Regni, G debite conuocatos infra duodecim menfes
_ Proxime poït datam preféntium ratificari C confirmari faciet, Per que ctian Se-
reniflimus G Chriffianiffimus Rex Francis amicitiam C* capita anteditfa per fuas
Litieras Patentes magno f4o figillo figillates, atque mans propria fubfcriptas, @
suramento vallatas ratificabit G confirmabit, ipfamque amicitiam G capita fic per
eum ratificata C* iurata per tres Status Regni fui Francis, videlicet per Pralatos
Clerum, Nobiles @ Ciuitates cinfdem Regni rite @ debite connocatos infra ditfos *
duodecim menfés ratificari G: confirmari faciet, atque vrerque Principum predicfo-
Tum predifam amicitiam omnia capita antedicfa per Sedem Apoflolicam, G au-
toritate ciufdem infra féx menfés, diétos duodecim menfes proxime [équentes, con-
Jfirmari, vallari roborari pro viribus procurabit, G cum cffiifu faciet. Et infuper
vierque Principum predilorum infra terminum prediéfum inffanter G: cum effects
requiret Sacrofanitam Sedcm Apoffolicam € Summum Pontificem qui ferat fénten-
#iam excommunicationis nn pro UDC, O° IHNC pro nunc in eum ex preditfis duo-
bus Principibus qui omnia € Jingula capita in prefenti tracfatu contents, quatenns .
épfwm concernwnt, non obféruancrit prater G* ultra féntentiam interdicfi in eins re-
Sa, terres, patrias C* dominis, nonobffante aliquo Prinilegio in genere vel in JPe=
cie ilis aut corum alicui [ab quacumque verborum ferie concefo, cui diéti Princi-
pes palam, publice € expreffe renuntiant, G nos nominibus eorumdem fafficienti
awtoritate in bac parte nobis'attributa renunciamus expreffe in iis fériptis. 1nfaper
nos Sereniffimi C° Chriflianiffimi Domini noffri Regis Francie Ambaffiatores G
… Commiflaris anteditfi promittimus, + cundem Dominum noffrum Jupremum Re-.
&m Chriffianiffimum poteflate, vt premittitur , ab ipfo nobis commif[a obligamus
per prefentes , quod idém Dominus noffer Francis Rex omnis GO fingula premiffs
ratificabit, autorifabit @ confirmabit, caque realiter G: cum effeétu pro parte fus exe-
guetur, C facies quod premifforum tenor exigit G* requirit,fwafque litteras Patentes
fsb inde debite confértas magno fo figillo munitas, 1IBuffriffimo Principi confratri
CG confanguinco [no cariffimo Anglia Regi fapraditfo, cum 4d hoc debite requifitus
fuerit, liberabit, liberarine faciet. In quorum omnium G Jingulorum teflimonium
C* approbationcm nos Ambafliatores Francis [upra nominati prefentes Litteras ff-
gnis noffris manualibus fubfignatas figillo Domini Defquerdes pro nobis omnibus
muniri fecimus. Datum apud Stapulas fupra mare,tertia die Nowembris ,anno Do-
mini 1492. Sic fignatam, Philippe de Creuecœur, F. de Crequy, Louys
de Hallewyn, Raoul de Lannoy, & I. d’Auffay.
ÎE decima quinta menfis Decembris anno Domini 1 4 9 2. Indiéfione decima, 15. Decembre
D Pontificatus S'ancfiffimi in Chriflo C* Domini noffri, Domini Alexandri diui- * #92
na Prouidentia Papæ {exti anno primo, in noffrorum Notariorum Pablicorum €
teffium infra fcriptorum ad bac vocatorum prefentia perfonaliter confhtuti nobiles cr
potentes Domini, Dominus Gilbertus de Chabannes » Dominus de Curton, miles
Ordinis Sancfi Michaëlis, ac Gubernator Patrie Lemouicen frs , © Dominus Ste-
phanus de Velc, Dominus de Grimault, Sencfiallus Bellicardi, & Cambellanss
ordinarius füpremi Domini noffri Regw Francia Chriffianiffimi, ad bec per ipfam
fPecialiter ordinati G* commif]i, exiffentibus fimul cum nobilibus G* potentibus Do-
minis Domino Ægidio d'Aubenay, milite Ordinis Garterii locum-tenentis Serenif]i-
mi Regis Anglis in. Calefia, Magiffro Chriffoforo Wifwich, Decano Ecclefie Ca-
thedrals Eboracenfis, magno Elemofinario Anglie, ac Domino 1oanne Rifélay, Con-
filiario ac milite pro corpore Regis Anglis, Ambaffiatoribus dr SEE dicti Se-
| ij
>
1492.
66 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
renifimi Regis Anglie, ac ab co Sbecialiter commiflis eifdem Oratoribus Anglis
tradideruns ac manualiter deliberaucrunt Litteras Parentes ipfius Regis Francis {na
mans fübfignate, & fo magno figilo figilata confirmatories traëtatus paci G
amicitie inter cofdem Reges feu ipforum Ambaffiatores apud Ssapuls füpra mare die
tertia menfis Noucmbris proxime praterita facre CG conclafz, in quibus Litteru
confirmatorins Littera Ambal]iatoruwm Regis Francie in quarum dorfo bec prafens
nota deféribitur de verbe ad verbum inférte erant Cr éncorporats. Poff quarum Lit-
terarum Regiarwm traditioncm ditfi Ambaliatores Anglis has preféntes Litieras
Ambaffiatoribus Regis Francie antcdicts Dominw Commiffariss reddidersnt GC ref
tisuerunt. Lecfa fucrunt bec in Hofpitio Spade, in oppido Blfis Carnotenfis diæce-
Jés,praféntibus ad bac vna cum prenominatis notabilibus viré GC nobis Norariis
Jabfcriptis Guilllmo Laueroch, Thoma Pfempfôn , € Florimond Robertet, Secretari
Regis Francis, teffibus 4d premif]s Vocatis CG rogatis. Sic fignatum, loannes Ar-
noul, publicus autoritatibus Apoffolica G* Imperiali Notarius, & Iudocus Danf-
que, publicus Apoflolica C Imperials autoritatibss Notaris. |
Ratification dy Roy d'Angleterre.
tr. Nomembre EN RI cus Dei gratia Rex Fyancie C Anglie,C Dominus Hibernis: On-
1492.
nibus ad qgwos prefentes Littere peruenerint, Salutem. Infheximus quedam
capita amicitiarum aliarumqne conuentionum C° pailionum inter noffros Commiffa-
rios C Ambaffiateres ex yna parte, C 7277 Procuratores C Ambal]iateres
Chriflianiffimi Principé ac cariffimi confanguinei noftri Regis Caroli Francis ex
parte aliera apud Srapulas fupra mare tertio die inflantis menffs Noucmbri inita
conclufà , quorum tenores féquuntur. Nos autem appunélamenta © capitula preds-
cfa, ac omnia C finçula in es contents G Shecificata rata habemus C grata, C
ea pro nobis , bercdibus C* fuccefforibus noffris , gwantum ad nos © ipfos attinet,
_ acceptamus, ratificamns C° confirmamus. In cuins rei teflimonium bas litteras nof-
13. Decembre AROLVS Der GRATIA FRANCORVM REx: Wniserfis prafentes.
1492
tras fieri fecimws Patentes, teffe meip{o apud vilam noffram Calefie vndecima die
Nouembris suno Domini 1492. Cr Regoi noffri ocfauo. Sic fignatum, HENRY,
@ Blythe. .
— Ratification du Roy Charles VIII.
Liteeras inffeëfurs , Salutem. Cum per fæders pacis G* amicitisrum inter nos
© carifimem fratrem © confanguineum noffrum Henricum Ançlis Regem, Re-
gna, Patrias C* fébditos vtriufque nomine die tertia menfis Nonembris proxime
prateriti apud Stapulas Jupra mare faifa G conclufs, fucrit inter cetera ditfum GC
concordatum , quod infra duodecim menfts proxime tunc fequentes ditius frater Cr
confançuineus nofier omnia capita pacis © amicitiarurs per cum iurata CG" füis Lit-
seris Patentibus ratificata C* confirmats per tres Status Regni Ançlie rite € debire
| connocatos, videlicet per Prelatos GC" Clerum, Nobiles @ Communitates ciu[iem Recon
ratificari C7 confirmari faceret , Gr pereque nos amicitiam G* capita antedicte per
305 israta, @ nofiris Litteris Patentibus ratificata C confirmats, per tres Status
Regni noffri, videlicet per Pralates , Clerum, Nobiles Cr Ciuitates cis[dem Regni ri
te © debite conuocatos, infra dilfos duodecim menfes ratificari C* confirmars face-
remss. Verum quod congregatio trinm Statuums Regni Ançglie C* fimiliter Regni nof-
tri non fine magnis expenfis Jemptibus fieri poteff: Notum facimus, quod de-
fiderantes fubleusmini fubditerum vtriufque nofrum prouidere, nos ablque alique
nonationc feu preiudicio in reliquis capitulis dicfi traltatus paris fine amicitiaruns
in ipfis C° corum quolibet in [ao robore C* vigore manentibus , confenfimss €
concordasimus C per prefentes confentimus G concordamus. Que ratificatio [ts
confirmatio fienda per tres Status Regni Ançlie, @ fimiliter per tres Status Regni
#offri modo Cr forma in ditfo tratfatu pacis declaratis, prolongetur vfque ad pro-
LE]
DV ROY CHARLES VIII. 637
- - --
ximam Congrecationem triwm Statasm, g4am ipfé frater © confanguineus nofier Ppol492.
als agendis fui Regni Anglie faciet, feu fiers ordinabis , C* quam fimiliter pro
egendis regni noffri faciemus , fw ficri ordinabimus , prouifo tamen quod huiufmo-
di Congregatio Statuurm fiat infra trienninm proxime fquens, cafu quo aliqua
matcria n0n o6curraf diéfam Congregationem faciendi in j fra sam dicfam trienniune,
ipfe confanguincus nofler Rex Anglis G nos fimiliter tenchimur, G vterque nof:
trum tenchitur C° procurabit cum efeifu qnod huïufmodi ratificationes [eu confir-
mationes per Status vitriufque Regni refpecfinc qui ob caufam conuocabuntur inffs
diclum triennium, fient modo C* forms in articulis dicfarum pacis C* amicitie con-
sentis, În cuiws rei teffimoniwm litteris prafentibus, mans noffra fébfcriptis figil-
lum noïfrum magnum fecimus apponi. Datum Ambafe die decima-tertis men-
fis Decembris anno Domini millefimo quadringentefime nonagefime-[ccunde ,
Regni noffri decimo. Sic fignatum , CHARLES. Et fur le reply , Per Regem,
Duce Aurelianenfi, Comite de Lyney, Dominis de Curton, d’Aubigny, de Gri-
mault, de Dourrier, de Moruiliers, de Chandée, & des Roches, Ma-
giffro loanne d'Auffay , G* aliis preféntibus, Robertet. Colatio prefénti copia
facta fuit cum Originali in Camera Computorum Domini noffri Regis Parifius
die vadecima menfis lansarii anno Domini millefimo quadringcntefimo nonagefimo
fécunde. Per nos , le Blanc, G Badoüiller. |
Article adioufté.
AROLVS DEr GRATIA FRANCORvVM REx : Vrigerfis & fin.
Vu galis prefentes Litteras infheituris , Salutem. Notum facimus quod pro fe-
curiori firmitate C obferuatione pacis few amicitie nuper inter nos C° cariffimum
ffatrem C° sonfanguineum noffrum Henricuns Anglis Kegem fatis G conclufe,
nos vltra articulos in trafatw dilfe Pacs fhecificatos é per nos ratificatos. conclu
fimus accordauimus, ac per prefentes concludimus C accordamss articulum fib-
féquentem, videlicet. Quod difis amicitiis durantibus neuter noffrum Regum fêu
heredum noffrorum aliquibus rebcllibus fine prodisoribus féu rebelis fine proditori
alterius noffrum qui in aliquem locum obcdientie noffre fi alterius noffrum de-
clinauerint feu declinaucrit gwoquomodo, dabit fèu praflabis confilium , auxilium,
fasorem , [ubfidium aut affiffentiam aduer[us alicrum noffrum qui rebelles extite-
rint, feu rebellis extiteris. In cuius rei itffimenium Litteris prefentibus mans
noffra fabfcriptés figillum noffruns magnum fecimus apponi. Datum A4mbafis die
decima- tertia mènfis Decembris anno millefimo quadringentefime nonacefime - fc
cundo , © Regni moffri decimo. Sic fignatum , CHARLES. Ef per Regem,
Duce Aurelianenfi, Comite de Liney , Dominis de Curton, d’Aubigny, de Gri-
mault, de Dourrier, de Moruilliers, de Chandée, & des Roches, Magiffro
Joanne d'Auffay, C* aliis prefentibue, Robertet. Colatio prefintis copie faëfa
fuit cum Originali in Camcra Computerum Domini noffri Regis Parifius die duo-
decima menfis Iansarii anno Domini millfimo quadringentefime nonagefimo - [e-
cundo. Per nes, lo Blanc, @ Badoüiller.
Letrres au fuies de la mainleuée du temporel de l'Euefthé de Paris, en
confequence du ferment de fidelité prefé par l'Enefque.
DE PAR LE ROT.
| Os AMEZzZ ET FrEAVX. Le Pape, à noftre requefte, à pourueu nof-
tre amé & féal Confeiller Maiftre Iean Simon de l’Euefché de Paris,
& à cette caufe il s’eft tiré pardeuers Nous, & Nous a fait les foy, homma-
ge & ferment de fidelité que tenu ceft nous faire à caufe du temporel du-
dit Euefché auquel l’auons receu, & à certe caufe nous Er mandons &
LLII ii)
23. Decembre
1492
ro. Decembre
ETET
. 63 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1492.
commandons que luy bailliez la deliurance du temporel dudit Euefche,
ainfi que de tout temps a efté fait à tous ceux qui par Nous & nos Prede-
ceffeurs ont efté receus audit ferment, & gardez qu’il n’y aitfaute, Donné
aux Montils lez Tours, le dixiefme iour de Decembre. Signé, CHARLES.
Et plus bas , Bourdin. Et à l’adrefle : C4 nos amex G feaux les Prefidens
> Gens de nos Comptes à Paris. Au bas eft efcrit + C apporté Le vingt-deuxief.
me Decembre mil quatre cens quatre-vingts - deux.
Pris fur l'Original.
P AGE 98. au faiet da vèyage de Naples. Monfeigneur d'Orleans con-
feilloit cette affaire de tout fon gps
L'on commença les preparatifs de ce voyage par les Traitez de Senlis
& de Barcelonne , qui fe verront cy-aprés pages 640. & fuivantes, & qui
furent faits à des conditions fort defauantageufes au Roy & à la Couronne.
L'on doit obferüer que la plufpart des Hiftoriens du temps parlent peu
fauorablement de ce voyage , entre lefquels Philippes de Commines, fe
donnant la liberté de faire à fon ordinaire de belles reflexions morales fur
le peu de precaution que l’on y apporta , il condamne cette entreprife
comme peu auantageufe au Royaume. Guichardin pafle plus loin, & il s’at-
tache à décrier la conduite de ceux qui y eurent part : mais le fuccez fit
connoiftre que cette affaire ne fut pas entreprife fi cemerairement qu’il
le dit. |
N la mefne page. Aufli faifoit l'Euefque de Saint Malo, qui aupara-
uant auoit efté General,
Il s’appelloit Guillaume Briconnet , & il eftoit fils de Jean Briçonner, Seigneur
de Varennes, de la Kaërie & de Porteau en Touraine, Secretaire du Roy,
& Receueur General de fes Finances. Il fuiuit dabord la profeflion de fon
pere, & il fe rendit fi recommandable par fa fuffifance & fa probite, que
le Roy Louis XI. le crea l’un des quatre Generaux fous le vitre de Lan-
gucdoc en la place de Jean de Beaune, dont il auoit efpoufé la fille. Phi-
lippes de Commines rapporte de luy que pendant fon mariage & du vi-
uant de fa femme, Angele Caro Archeuefque de Vienne, qui eftoit en répu-
tation d’une grande doëtrine & fainteté, luy predit fon auancement dans
l'Eglife, & qu'il feroit bien prés d’eftre Pape. De gsoy, dit cet Hiftorien,
Ja femme ne fut trop contente, car c'effoit à dire qu’elle s'en iroit la premiere, ce
ue les femmes n'aiment volontiers. Le Roy Louis XI. qui l’affectionnoic
ayant recommandé à fon Fils Charles VIIL. il luy donna un rang ho-
norable en fon Confeil, où en peu de temps il donna des preuues de fa
prudence & de fon zele, qui luy firent meriter l’affetion de fon maiftre,
qui commença deflors à ne rien entreprendre que par fes auis , l’autorité
de l’Admiral de Grauille eftant tout - à - fait diminuée. Sol Briconette, dit
Paul loue, 44 interiorem Regis amicitiam aditus patebat; & Pierre Bembe ,en
fon Hiftoire de Venife ,vnius Briconerti confiliis Rex omnibus in rebus niteba-
fur. Arnaud du Ferron remarque qu'il eftoit tellement formé aux mœurs
& complexions du Roy, qu'il fembloit regner auec luy, is guoridians rela-
Xationibus ad Regis naturam Gr mores ita aptus erat, regnare ut ipfe cum co vide-
rétur : Jîue enim feris tratfaret, fine ludrica, Briconetto acquiefcebat , adeo eos inter
JE morum fimilitudo coniunxerat. Aprés auoir demeuré long-temps en vi-
duité, il fe fit d'Eglife, & fut pourueu en 1490. de l’Euefché de Saint
Malo. Il fus en mefme-temps creé Chef & Surintendant des Finances,
auec pouuoir d'en difpofer fouuerainement, & le Roy luy commit encore
les plus grandes affaires de fon Eftat. Entre les plus fignalez feruices qu’il
ait rendus à la Couronne, l’on peut marquer le recouurement du Royau-
ne. ee —
DV ROY CHARLES VIII 639
me de Naples , qu’il moyenna par fa prudence, Il receut en 1494. le
Chapeau de Cardinal qui luy fu procuré par fon maiïftre, & qu’il auoit
auparauant refufe à des conditions qui blefloient fon integrité. En 149 7.
il eut l’Archeuefché de Reims , que fon frere Robert, qui eftoit Chance.
lier de France, laifla par fa mort, & en cette qualité il fit la ceremonie du
Sacre du Roy Louis XII. fous lequel il n’eut pas la mefme authorité
qu'il auoit euë fous fon Predeceffeur, quoy-que pour cela il ne fuft pas 4b-
folument efloigné des affaires , car ce Roy l’employa pour moyenner la
conuocation d'vn Concile general fous Jules EI. à quoy le Cardinal Bri-
çonnet trauailla fi heureufement, qu'il fut commencé à Pife, continué à
Milan, & conclu à Lyon en 1 $r1. Le mefme Roy leftablit fon Lieute-
nant General en Languedoc, le fit transferer de l’Archeuefché de Reims
à celuy de Narbonne, & le fit Abbé de Saint Germain des Prez en 1504.
L'on a remarqué de luy que lors qu’il offcioit folemnellement, il eftoit fou-
uent aflifté à l’Autel de deux de fes propres enfans , dont l’un luy fer-
uoit de Diacre & l’autre de Soufdiacre; c’eftoient Gusilaume Euefque de
Meaux, & Dené Eucfque de Lodeue. Il eut des voix pour la Papau-
té aprés la mort d'Alexandre VI. & lors des cleétions de Pie 111. & de
Tulcs II. Enfin, aprés auoir refidé quelque temps à Rome, où il fut em:
ployé aux principales affaires du Saint Siege, il vint mourir à Narbonne
en 1514. fort regreté aprés fa mort, parce qu’il auoit heureufement gou-
uerné pendant fa vie. |
Il laiffa de Raoulerte de Beaune fa femme quatre fils & une fille. Jean Bri-
gonnet fecond Prefident en la Chambre des Comptes de Paris; Guillaume
. Briconnet Euefque de Lodeue, puis de Meaux, Abbé de Saint Germain
des Prez, & de Saint Guillaume des Deferts en Languedoc ; Nicolas Bri-
çonnet Contrôlleur General des Finances en Bretagne ; Denis Briçonnet {uc>
ceffiuement Euefque de Toulon , de Lodeue & de Saint Malo ; Abbé de
Cormery & de Saint Martin d’'Efpernay, Doyen de Tarafcon, Prieur .de
Couflay , Grand Archidiacre de Reims & d’Auignon. La fille, nommée
Catherine Briçennet, efpoufa Thomas Bohier Baron de Saint Cierge, Chambel-
lan des Roys Louïs XI. Charles VIII. Louis XITÏI. & François I. Ge-
neral des Finances en Normandie, & Lieutenant General en Îtalie aprés
la mort du Vicomte de Lautrec.
_ ]l eut pour freres Guillaume Briconnet Confeiller au Parlement de Paris;
Jean Briconnet Secretaire du Roy Louis X:1. & Receueur General des
Finances en Touraine, Martin Brisonnet Doëûteur en Theologie, Grand
Archidiacre de Reims, & Chanoine de Saint Martin & de Saint Gatian
de Tours , Robert Briconnet Archeuefque & Duc de Reims, Pair & Chan-
celier de France, Abbé de Saint Waft d'Arras , & Pierre Briçonnet Che-
ualier de l'Ordre du Roy , & General de fes Finances en Languedoc.
L'on peut voir l’'Hiftoire Genealogique de cette Maifon, qui a hé don-
née au public pat Guy Bretonneau en 1621. |
Guichardin ne parle pas auantageufement du Cardinal Briçonnet, & fi
on l’en croit, la difluafion du voyage d’Iralie diminua le pouuoir de lAd-
miral de Grauille, comme au contraire la perfuafon d'une fi glorieufe en-
treprife fit, fans autre merite ,entrer l’Euefque de Saint Malo dans ladmi-
niftration des affaires : mais eftant eftranger, & ennemi de la Nation Fran-
çoife , l’on ne doit pas croire ce qu'il en dir, & ce d'autant plus qu'ila
{eul blafmé la condition & les qualitez de l’efprir de celuy , que prefque
tous les autres Hiftoriens du fiecle ont honoré de louanges,
ET
1492
1493.
Æ Senlis Le
33. May
249 3.
64o OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
Traité de paix entre le Roy Charles VIII, d’une part, @r Maximilian
premier , Roy des Romains , 7° [on Fils Philippes ÆArchiduc
d'Aufriche ; d'autre.
HARLES PAR LA GRACE DE D1Ev Roy DE FRANCE: À
tous ceux qui ces prefentes Lettres verront. Comme depuis noftre
aduenement à la Couronne ayons defiré de tout noftre cœur & à tres-
foigneufe cure & diligence requis & pourchafé le falut, repos & foulage-
ment de noftre peuple, & pour à ce paruenir connoiffans En paix eft le
fouucrain bien que le Roy des Roys Dieu noftre Createur, duquel feul te-
nons noftre Royaume , ait laiflé aux mortels, que par bonne & feure paix
tous biens affluent , & que au moyen dicelle, la iuftice par laquelle
les Roys regnent, eft efleuce & exercée comme l'experience des chofes
paftées le démonftre, noftre Royaume eft non feulement ferme & ftable,
mais grandement accru & exhauflé, & que au contraire par guerres & di-
uifions aduiennent maux innumerables , à l’infupportable foule, oppreflion
& affition du pauure peuple, ayons à la loüange de noftredit Createur
feul auteur de paix, & par le confeil & aduis des Seigneurs de noftre Sang
& Gens de noftre Confeil, pris, fait, & conclu bonne p#x, union & ami-
tié auec les Roys & Princes de la Chreftienté, qui par cy- deuant auoient
efté en guerre contre nous & noftre Royaume, & ne reftoit feulement que
pacifier & accorder aucuns differends qui eftoient entre Nous & nos tres-
chers & tres-amez Frere & Coufins /e Roy des Romains & l'Archiduc
Philippes fon Fils, pour aufquels mettre fin, aprés que par plufeurs fois nof-
dits Frere & Coufins auoient fait auertir aucuns nos fpeciaux feruiteurs,
que de leur part ils defiroient la pacification defdits differends, & de vi-
ure dorefnauant auec Nous en bonne fraternité, vnion & amitié, ainfi que
de noftre part l’auions toufours defiré, nous euflions ordonné qu’aucunes
# Charles Or-
land, Dan.
phin, në le
10 OGobre
2492.
lournées & communications fuflent tenués tant fur les marches de noftre
pays de Bourgongne que de nofîftre pays de Picardie, aufquels fe font crou-
uez les Ambaffadeurs & Commis enuoyez de par Nous, & aulli les Am-
baffadeurs & Commis enuoyez de par nofdits Frere & Coufins, lefquelles,
aprés aucunes communications eüés en chacun defdits lieux, euflent adui-
fe que pour enfemble entendre & conduire lefdites matieres à brieue &
fruétucufe ifluë, eftoit expedient que eux tous fe trouuaffent & aflemblaf-
fent lez nous en cette noftre Ville & Cité de Senlis.
À laquelle iournce & affemblée il a plu à la facrée Imperiale Maicfté
enuoyer noftre tres-cher & bien-amé l'Eue/que de Eyflad, & noître coufin
le Comte de Solre, & autres fes Confcillers & Orareurs, Ambañladeurs &
Commis, pour moyenner & aider à la pacification defdits differends, par le
moyen defquels, aprés plufieurs pourparlers & communications eués à di-
uerfes fois & en diuers lieux entre nofdits Ambafladeurs & Commis &
ceux de nofdits Frere & Coufins , ils ayent accordé bonne paix finale,
union & amitié entre Nous, noftre tres-cher & tres-amé Fi/s le Dau-
phin *, nos Royaumes, Pays, & Seigneuries , Seruiteurs & Suiets d’une
part; & nofdits Frere & Coufins le Roy des Romains & l’Archiduc Phi.
lippes fon Fils, tant en leur nom que pour & au nom de noftre tres-chere
& tres-amée coufine Margserite d'Auffriche, fille de noftredic frere & fœur,
de noftredit coufin l’Archiduc, leurs Pays, Seigneuries, Seruiteurs & Su-
jets d'autre, felon & ainfi qu'il eft plus au long contenu és articles de la-
dite paix, defquels la teneur s’enfuit.
1. 44 nom G* à la lotange de Dieu le Pere, le Fils, Gr le Saint Efprit, de la
| | tres-
DV ROY CHARLES VIII 64
tres-glorieufe Vierge Marie, & de route la Cour Celefte, bonne paix, 1 A9 3.
union , alliance & amitié à toufours, a efté & eft faire , promife & iurée
entre le tres-Chreftien Roy de France, Monfieur le Dauphin, leurs Royau.
mes, Pays, Seigneuries , Seruiteurs & Suiets, d’une part; & le Roy des
Romains, toufours augufte, & Monfeur l'Archiduc Philippes fon Fils, tant
en leurs noms que au nom de Madame Marguerite d’Auftriche, fille d’i-
celuy Seigneur Roy des Romains, & fœur de mondit Seigneur l’Archi-
duc, pour eux , leurs Pays & Seigneuries , Seruiteurs & Suiets, d'autre
part ; par laquelle coute rancune, hayne & malueillance des uns enuers
les autres font abolies & cfteintes, & routes iniures de fait ou paroles ou-
blices & remifes, & de ce iour en auant iceux Seigneurs Roys , & Meflei-
gneurs leurs enfans s’entr'aimeront, cheriront & fauoriferont l’un l'autre,
à fçauoir lefdits Roys. comme freres & bons amis, & mefdits Seigneurs
leurs enfans comme bons parens les uns des autres.
2. 1tem, Que enfuiuant ce que Îedit Seigneur Roy tres-Chreftien fit aprés
le mariage de luy & de la Reyne, dire & declarer par fes Ambaffadeurs
qu’il enuoya deusrs iceux Seigneurs Roy des Romains & Archiduc, qu’il
defiroit de renuoyer par-delà ladite Dame Marguerite, & la feroit con-
duire honorablement felon fon eftat, en tel lieu ou ville qu’il feroit adui-
fe, & à cette fin l’auoit fait mener & conduire iufques en la ville d'Amiens,
il a derechef fait dire & declarer aufdits Ambafladeurs que toufiours il a
cfté & encore eft de cette mefme intention & vouloir, & pour mettre la
chofe à execution, a offerc & offre de, à fes defpens, dedans le troifiefme
jour du mois de Iuin prochainement venant, la faire partir de la ville de
Meaux où elle eft prefentement, & d'illec la faire mener & conduire ho-
notablement felon que à l’eftat d'elle appartient en la ville de Saint Quen-
tin, & neanmoins dés maintenant la mettra és mains des Ambafladeurs
defdits Seigneurs Roy des Romains & Archiduc, pour auec ceux que le
Roy ordonnera la mener & conduire audit lieu. | |
3. Item , Que madite Dame illec venué, elle fera pleinement deliurée és
mains des Commis à ce, ayans pouuoir defdits Seigneurs Roy des Romains
& Archiduc de la receuoir, en baillant par lefdits Commis aux Gens d'ice-
luy Seigneur Roy tres-Chreftien acquit & defcharge fuffifante, contenant
que lefdits Seigneurs Roy des Romains & Archiduc en leurs noms, & auf
comme pere & frere de madite Dame np Yhte au nom & eux faifans
forts d’elle, connoiftront que icelle leur a efté renduë, ou à leurfdits Com-
mis, defchargée de cous liens de mariage & autres obligations, & que de
ce, enfemble de toutes promefles, obligations & feellez qui touchent la
perfonne d'elle , ils tiennent quitte &c efchargé ledit Seigneur Roy tres-
Chreftien, & tous autres qu’il appartiendra, & aufquels la chofe peut tou-
cher ; & pareille reconnoiffance, declaration 8 quittance , fera par fer-
ment madite Dame Marguerite, aprés qu’elle fera és mains de ceux qui
{eront commis à la receuoir és pays defdits Seigneurs Roy des Romains
& Archiduc. |
4. Itèm , Que le Roy tres-Chreftien & Monfeigneur lArchiduc de-
* meureront entiers à pourfuiure , fouftenir & recouurer chafcun d’eux par
yoye amiable ou de iuftice , & non autrement, tous tels droits & actions
qu'ils entendent & pretendent auoir és chofes qui ne font appointées & de-
cidées par cette paix, & mefmement demeure mondit fieur lArchiduc en-
tier en tous droits, querelles & aétions qu'il maintient auoir acquis par le
traité de l'an quatre - vinges & deux, éfquels il n’a renonce ny renonce, &
le Roy demeure ayffi entier à fouftenir & debatre au contraire.
s. Item, Que les Comtez de Bourgogne, Artois , Charoloës & Seigneurie de
Noers * feront dés-maintenant renduës par le Roy & tous autres qu'il ap- * Al. Nos
MMnmm les.
642 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1493. partiendra au Roy des Romains y comme Pere & Mainbourg * de mondic
« C'ef à dire Seigneur l’Archiduc, & à iceluy Monfeigneur l'Archiduc » pour en jouit
ayant laGar- en tous droits & profits , ainfi & pat la maniere que d'ancienneté en ont
dmbl. jouy les Predcceffeurs de mondit Seigneur l'Archiduc, fauf éfdirs Comtez
d'Artois, Charolois & er de Noycrs les droits Royaux, reflort
& Souueraineté, & autres droits appartenans au Roy; & aufli que les Vil-
les & Chafteaux de He/din, Aire & Bethune, cftans prefentement en l’o-
#0 des Cor. bciffance du Roy, demeureront en la garde de Monfieur De/gserdes * Ma-
des, nommé gefchal de France, lequel les gardera, fans les frais & defpens de mondit
one Seigneur l’Archiduc,autres que.des gages anciens & droits qu'ont accouf-
| tumé prendre les Capicaines defdices Places, & fera ferment au Roy, &
promettra de les bien garder à fa feureté pour les droits à luy appartenans,
& à mondit fieur l’Archiduc de les luy garder aufli à fa feurecc ; aufli pour
les droits à luy appartenans, & que éfdites Villes & Chafteaux il ne met-
tra aucunes Gens de Guerre ou autres que pour la garde d’icelles, & non
pour porter preiudice ou dommage au Roy ou à mondit Seigneur l'Archi-
duc, fours Royaumes, Pays, Suiets, Terres & Scigneuries ; & le Roy &
mondit Seigneur l’Archiduc promettront & dés maintenant promettent
par cetce paix, de non luy ordonner du contraire, & s’ils le faifoient , le def.
chargent en ce cas de tous fermens, le cout iufques à ce que mondit Sei.
neur l’Archiduc ait accomply l’âge de vingt ans, qui fera la furueille de
la Natiuité de Saint Iean Baptifte, l’an 1498.
6. Item, QPE mondit Seigneur l’Archiduc venu audit âge, aprés auoir
faic au Roy la feauté & hommage pour les Pays qui fonc tenus de fa Sou-
ueraineté,ou qu’il aura deûément & fuffifamment, felon la nature des Fiefs,
offert & prefenté par effet, faire lefdics feaucez & hommages, le Roy fera
cenu de faire mettre & deliurer par iceluy fieur Defquerdes & autres
qu’il appartiendra, ceflant toutes excufes, lefdices trois Villes & Chafteaux
és mains de mondit Seigneur l’Archiduc ou fes Commis; & de ce faire
baillera dés maintenant iceluy fieur De/fuerdes fon féellé, & aufli en aura
defcharge & ordonnance du Roy. |
7. Im, Que fi mondit fieur Defquerdes alloit de vie à crefpas auant
qu'iceluy Monfeigneur l’Archiduc foic venu audit âge , celuy ou ceux qui
feront en fon lieu ordonnez & commis de par le Roy à la garde defdites
trois Villes & Chafteaux, feront, auant qu’ils ayent aucune adminiftration
couchant ladite garde, femblables fermens & promeffes , en baillant leurs
fécllez , comme dit eft cy-deflus, dudit fieur Defquerdes ; & aufli le
Roy fera cenu de par eux & tous autres qu'il appartiendra, rendre ou faire
rendre à mondit Seigneur l’Archiduc ou à fes Commis lefdites Villes &
Chafteaux, luy venu audit âge, ayant fait audit Roy lefdices foy & hom-
mage , ou lefdits deuoirs cels que deflus eft dit.
8. Item , Que durant ledit temps & iufques à ce que mondit Seigneur
l’Archiduc ait accomply l’âge que deflus, & fait lefdics deuoirs, les Of-
ciers de Tuftice & Receueurs du Domaine & autres Officiers, defquels la
difpofition appartient au Comté d'Artois , qui prefentement fonc éfdites
trois villes de He/din, Aire, & Bethune, feront entretenus & continuez en
leurs Offices, en prenant commiflion de mondit Scigneur l’Archiduc, en
luy faifant ferment en tel cas requis. |
9- Item, Que quant à la Cité lex Arras, le reuenu & temporel fera rendu
& delaiflé à l'Euefque & Chapitre dudit Atras, aufquels il appartient fous
le reflort ordinaire du Baillage d'Amiens en la maniere accouftumée, Et
€ pr au Capitaine, le Roy auquel appartient en difpofer, fera content
‘iffticuer celuy qui de prefent y eft ou fera durant ledit âge nommé de
par Monfcigneur l’Archiduc aux gages accouftumez, en faifanc par ledic
DV ROY CHARLES VIII. 643
Capitaine ferment au Roy que durant ledit âge il ne fera ny fouffrira eftre r 49 3°
fait en ladite Cité aucune chofe au preiudice & dommage du Roy ny de
fon Royaume. Mais mondit Seigneur lArchiduc venu audit âge, ladite
Cité fera pleinement remife en la main du Roy, pour en difpofer, & y.
mettre Capitaine & Gardes tels que bon luy femblera. . |
10. Item , Que par cette paix les Maifons de Flandres & d’Artois à Pa-
ris, & la Maifon de Conflans hors Paris , feront rendués & deliurées au
Roy des Romains comme Pere & Mainbourg d’iceluy Monfieur l’Archi-
duc, ou autres Commis. | :
11. Item, Que mondit Seigneur lArchiduc fera tenu en furfeance fi
bon luy femble de reprendre le fief du Roy, & luy faire hommage des
Terres & Scigneuries eftant de fa Souueraineté, iufques à ce qu’il ait ac-
comply ledit âge de vingt ans, fans que cependant le Roy ou fes Officiers
y puiflent afleoir fa main, par faute d'hommage non fait, mais aufli des
maintenant, & nonobftanc lefdits deuoirs ou reprifes non faits, le Roy, fes
Juges & Officiers auront la iouïffance des Reflorts , Souueraineté ; &. au-
tres droits, qui d'ancienneté ont appartenu au Roys de France, & dont les
luges & Officiers Royaux ont accouftumé connoiftre & iouir.
12. dtem , Que le Roy iouïra des Comtez de Maféonnois, Auxerrois, &c
Bar-fér- Seyne , ainfi & par la maniere qu’il en iouït de prefent, iufques à ce
qu’il foit connu & decidé des droits & aétions pretenduëés par chacune des
parties. | | : _
13. Jtem, Et aprés la deliurance & reddition faite de madite Dame
Marguerite , enfemble des Pays deffufdits felon ce prefent Traité, & les
feuretez & féellez baïllez pour la reftitution des trois Villes, felon que dit
eft deffus, les Princes, Seigneurs, Villes & Communautez.de ce Royau-
me feront & demeureront acquitez & defchargez des féellez par eux baillez
en l’an mil quatre cens quatre-vingts - deux, en tant que touche la ref-
titution defdits Pays, & aufli de la perfonne de madite Dame Marguerite;
& demeurefont lefdits feellez feulement en valeur pour autant qu'il peut
coucher les droits, querelles & ations referuez par ce Traité: à fçauoir, à
mondit Seigneur l Archiduc tels droits qu’il prétend luy auoir efté acquis
par le Traité dudit an mil quatre cens quatre-vingts-deux; & au Roy de
pouuoir debatre & fouftenir le contraire comme deflus eft dit, & fera cette
defcharge efcrite au dos defdits fééllez. |
14. Item, Que les Bencfces qui font de Patronage Lay éfdites Comtez
d'Artois, de Bourgongne; Charolois & Seigneurie de Noyers, qui ont efte
donnez par le Roy Tres-Chreftiens, fes Lieutenans ou Commis, iufques au
jour de cette, paix demeureront à ceux qui en ont eù collation ou prefenta-
tion dudit Seigneur Roy, fefdits Lieutenans ou Commis. .
15. Ztem, Que les fuiets d’vn party ou d'autre pourront hanter & con-
ucrfer marchandement & autrement les vns auec les autres, & en chafcun
defdits partis mener & faire conduire par mer, par terre, & par eau douce
leurs biens, viures, denrées & marchandifes en toute feurete, fans qu'il
foit requis pour eux de prendre ou leuer aucuns fauf-conduits, en payant en
chafcun party les anciens tonlieux, dettes & droits qui fe font accouftu-
mez payer & leuer en temps de paix, & ceflans les nouuelles exaétions qui
en temps de guerre fe font leuées en chafcun party fur les fuiets de l’au-
tre party, ou les denrées & marchandifes qui y ont efté menées.
16. Item, Que en cette paix font expreflément compris comme fuiets &
appartenans au Roy, les Cirez, Villes & Bailliages de Towrnay, Tournefis,
Mortaigne & Saint-Amant; enfemble les Euefques, Abbez, Gens d'Eglife,
Nobles, Bourgeois, & autres fuiers & habitans d’iceux.
17. Item, Que auf en cette paix font compris les Alliez de chafcun par-
MMmm i)
1493:
#al.Chafteus,
où Caffess en
Cambrefis.
644 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
ty cy-aprés nommez , enfemble leurs Pays, Terres , Seigneuries, feruiteurs
& fuicts, qui compris y voudront eftre, & dont ils feront tenus faire dé-
claration, à fçauoir ceux qui feront dénommez Alliez, ayans leurs Terres &
Seigneuries par-deçà la mer & les monts dedans quatre mois, & les autres
plus loingtains dedans l’an; & fe fera ladite Déclaration par Lettres Paren-
£entes defdirs nommez Alliez, qu'ils enuoyeront au Prince qui les aura nom-
mez, lequel par fes Lettres Patentes où feront inferées lefdites Lettres de
Déclaration , en aucrtira dedans ledit temps le Prince de l’autre party, &
lefdites Declarations & deuoirs faits, cefleront toutes voyes de fait & ex-
ploits de guerre & d’hoftilité à l'encontre defdits Alliez, leurs Pays, Ter-
res, Seigneuries , feruiteurs & fuiets. | .
18. 1tem, Que par ce prefent Traité de paix a efte d’vn commun confen.
tement declaré & accordé, que l’Euefque de Cambray, Comte de Cambre-
fis, les gens du Clerge, de la Loy, manans & habitans de ladite Cité, la
Ville de Cafhl* en Cambrefis, toute ladite Comte, les Chafteaux, Forts, Pla-
ces & Villages dudit Pays de Cambrefis, & les habitans d'iceux feront &
font compris en cette paix, & ioüiront des biens, rentes & reuenus qu'ils
ont en chafcun party, & pourront hanter & frequenter en iceux marchan-
dement & autrement comme de tout temps ils ont accouftume faire en
temps de paix; & feront quant à ce entretenus en leurs anciens droits, fran-
chifes & libertez, & aufhi en nouueaux oûrois & feureté qu'ils ont obte-
nus de chafcuns defdits Princes: & fi aucun, de quelque party que ce foir,
faifoic encreprife de fait fur leurs perfonnes & fur leurs biens, les confer-
uateurs nommez par cette paix, fous lefquels fe trouueront celuy ou ceux
qui auront ou auroient fait ladite entreprife, en feront faire prompte repa-
ration & punition comme d'infracteurs de paix.
19. Ztem, Que par cette paix eft faire abolition generale, rappel de tous
Bans, defauts & contumaces pour les feruiteurs ou fuiets d’vn party & d’au-
tre pour quelques cas, crimes, delits & offenfes procedans de fait de guer-
re, querelle ou partialitez que l’on pourroit impofer aufdits feruiteurs ou
fuiets, à fçauoir que le Roy de fa pleine puiffance & autorité Royale faic
à vous les feruiteurs ou fuiets, rant des Pays de Bourgogne que des Pays
de par-deçà , qui ont cenu le party d’iceux Seigneurs Roy des Romains, &
Monfecigneur l’Archiduc, fuppofé qu’ils foient des Pays eftant fous la fou-
ueraineté du Roy, pleine & entiere abolition de, & pour quelfconques cas
commis ou perpetrez par lefdits fuiets ou feruiteurs, foic en ayant tenu le
party defdits Scigneurs Roy des Romains & Archiduc, ou les ayant feruy
en leurs gucrres, aide & fauorifé de confeil ou autrement en quelque au-
tre manicre que ce foit ou puifle eftre , auoir offenfé & delinqué contre le-
dit Scigneur Roy Tres-Chreftien, & leur remet, quitte & pardonne le Roy
toutes offcnfes & peines corporelles & ciuiles, enfemble routes peines &
amendes adiugées au temps pafle, impofant fur ce filence perpertuel à fon
Procureur, fans qu’il foit befoin aufdits fuiers & feruicefrs enfemble ou
à part obtenir particuliere abolition ou pardon, & neantmoins ceux qui en
voudront auoir Lettres en particulier, les auront fans aucuns frais.
20. Item, Et pareille abolition eft faite par ledit Seigneur Roy des Ro-
mains & chi pour tous ceux qui ont tenu Je party du Roy, & iceluy
feruy, confeillé, afhifté & fauorifé au faic de fes guerres ou autrement ; &
neantmoins eft à entendre que par l'abolition qui fe fait par cette paix aux
fuicts d’vn party & d’autre n’cft preiudicié ou nui aux abolitions qui ont
efté faites par les Trairez precedens aux fuiers & feruiceurs d’vn party &
d'autre, pour cas proccdans du fait defdires guerres aduenués parauant lef-
dits Traitez.
21. Ztem, Que tous Prelats, comme Euefques, Abbez, Commandeurs,
=» LES L O2
DV ROY CHARLES VIII 645 —
Doyens, Archidiacres, Preuofts, Pricurs, & autres, de quelque dignité qu'ils 1 4
foient, Chapitres, Conuents, Colleges, & Eglifes parcillemenr, gens no- |
bles, Corps de Villes, Communautez, & les particuliers fuiets ou feruiteurs
de chafcun party, de quelque eftarou condition qu’ils foient, retourneront par
cette paix à la iouïflance de leurs Dignitez, Benefices, Fiefs, Terres, Sei-.
gncuries & autres heritages, deniers de mariage, d’heritages, rentes he-
riticres & viageres deuës, tant fur les Domaines des Princes que fur Corps
des Villes, Eglifes ou particuliers, quelque part que lefdits biens & herita-
ges foient ficuez ou aflis, ou que ceux qui les doiuent foient demeurans au
Royaume ou hors du Royaume, pour en jouir & pofleder depuis le iour
& darce de cette paix en cel eftac qu'ils les trouueront, qui eft à entendre
que ceux qui retourneront à leurs biens par cette paix feront entretenus
& gardez en pareille pofieflion & iouïffance de leurs Dignitez, Benefices,
&c autres biens, qu'eux ou leurs predeceffeurs eftoient parauant l’empefche.
ment furuenu à caufe des guerres depuis l’an mil quatre cens feptante, &
dont à l'occalion defdites guerres & durant icelles ils aureient efté depoife.
dez, nonobftant quelfconques dons ou difpoftions à temps ou à toufiours
faits au contraire pour caufe defdites guerres par le feu Roy Louys ou le
Roy prefent, de ce qui eft de leur party, & pareilleinent nonobftantc fem-
blables dons faits par le feu Duc Charles, lefdits Seigneurs Roy des Ro-
mains & Archiduc des biens cftans en leurs partis, nonobftant aufli quelf-
conques Declarations de confifcations, Sentences ou Ârrefts rendus par
contumaces, qui pour le bien de cette paix font mis au neant, & declarez
nuls, nonobftant encore quelfconques venditions d’iceux heritages , ou
rachapts defdites rentes fi aucuns s’en trouuoient auoir eftc faits durant lef-
dites guerres , à ceux ou par ceux qui ont eu don defdits heritages ou
rentes, |
22, Item, Que pour l'exécution de l'Article precedent es Iuges ordi-
naires des lieux ou leurs Lieurenans en chafcun parti feront tenus de re.
mettre, reftituer, & reintegrer fommairement & de plein, nonobftant op-
pofitions ou appellations quelfconques, & fans preiudice d’icelles,les fuiets
de chafcun party, qui par le Bencfice de cette paix rstourneront en leurs
biens, Et s’il eft befoin d’auoir main forte pour exécuter les appointe-
mens & prouilions des Iuges ordinaires ou leurs Lieutenans, les Princes
ou leurs Lieutenans en chacun party la feront bailler, & ne fe baïlleront
ou depefcheront és Chanceleries ou Chambres de Confeil defdits Prin-
ces Lettres ou Prouifions aucunes, pour empefcher , retarder ou dilayer le
retour des fuicts de chacun parti à leurs biens; mais lefdits fuiets remis en
la iouïffance de leurfdits Benefñices, heritages ou biens, fi aucuns y veulent
demander aucun droit, ils y refpondront pardeuant les Iuges aufquels la
connoiffance en deura appartenir. |
23. Item, Que fur cét Article de retourner à fes biens, feront compris
les anciens feruiteurs de feus les Ducs Philippes & Charles, qui depuis le
trefpas dudit Duc Charles fe font tenus au party & obéiflance du Roy,
Jefquels par vertu de cette paix ioüiront des penfions & prouifions de vi-
ures à eux donnez & aflignez dés le viuant d'iceluy Duc Charles fur les
Domaines des Comtez d'Artois & Bourgongne. |
24. Item, Que fi aucuns hericages ou rentes ont efté vendus par Decret
rendu par contümace, pour dettes & hypoteques, dont les debiteurs fuflent
en party contraire, lefdits debiteurs ou leurs heritiers pourront dedans l'an,
à compter du iour de la publication de cette paix, retourner aufdics herita-
ges ainfi vendus, en fatisfaifanc à la dette pour laquelle ils auroient efté
vendus & decretez auec les frais des criées; & fi dans ledic temps ne fa-
tisfont audit deu, le Decret demeurera en fa force : fauf coutesfois que fi
MMmm i]
149 34
646 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
le dcbiteur vouloit denier la dette, ou propofer payement, il y fera receu, .
en nantiffanc les deniers, comme s’il fuft comparu, & euft efté ouy pour
empefcher l'effet de l’'adiudication dudit Decret: entendu aufli que les de-
biceurs, qui par vercu de cét Article retourheront à leurs heritages ven-
dus par Decret, feront chargez des rentes dont iccux herirages eftoient
chargez auant ladite adiudication : & encore s’il fe trouue que ladite ad-
judication foit faite par defaut pour dettes purement perfonnelles , def-
quelles lefdits detreurs euffent obcenu don & quittance au party & obcif-
fance ou ils font demeurans, en ce cas lefdits debiteufrs ou leurs heriticrs
ourront dedans l’an retourner de plein droit à leurs heritages ainfi vendus
ar defaut & contumaces , & pareillement en toutes autres matieres Eccle-
fiaftiques ou profanes tous defauts ou contumaces données contre les abfens
pour caufe defdites guerres, fe pourront purger & rabatre dedans l'an, &
s'entend le retour aufdits biens immeubles, non feulement de ceux donc
les fuiets d’vn party & d'autre ont cftc depoffedez au moyen defdites guer-
res, mais de ceux qui leur font fuccedez & efcheus par fucceflion, 4b inteflat,
par Teftament, don, ou autre titre, fuppofé qu'au iour defdites efchean-
ces, ceux qui retourneront fuflent demeurans en l'vn des. partis, & ceux
aufquelsils entendent fucceder foient trefpaffez en l’autre party; & fi auront
lefdics heritiers ou fuccefleurs terme & fouffrance de trois mois, depuis le
jour de la publication de cette paix, pour releuer les Ficfs & heritages à
eux aduenus des Seigneurs de qui ils font tenus.
25. Item, Que quant aux fruits & leuées des heritages ou rentes donnez
par récompenfe en chacun party par Lettres des Princes, leurs Lieurenans
ou Commis, tout ce qui a efté leué, donné ou quitte depuis les guerres &
diuifions commencées en l’an mil quatre cens feptante, & durant icelles,
jufques au jour de cette paix, demeurera leuc, donné & | ml fauf tou-
tesfois que s’il y auoit aucuns sr qui par Sentence de Iuge compe-
tant, donnée parties ouyes, fuflent adiugez aux credireurs pour arrerages de
rentes, defquels arrerages a efté fait don ou quittance, ledit don ou quit-
tance n’auront lieu que pour les arrerages efcheus en temps de guerre de-
puis ladite Sentence, & non pour ceux qui parauant & en temps de paix
feront efcheus, & pour lefquels lefdits herirages auroient efté adiugez. -
16: Item, Et au regard des meubles qui ne feront leuez ou tranfportez,
mais fe trouueront fur les heritages aux lieux aufquels lefdics fuiets de cha-
cun parti retourneront, & aufli quant aux dettes & arrerages qui n'ont efte
donnez & leuez, & dont n’eft procés , ils appartiendront aufdits fuiers, &
non à ceux qui auroient don général de leurs biens meubles.
27. Item, Que pour auoir la ioüïffance des Dignitez, Bencfices, Fiefs,
heritages, & autres biens que les feruiteurs ou fuiets de l’vn des partis ont
ou auront en autre party, ils ne pourront eftre contraints à faire refidence
au party où feront lefdites Dignitez, Benefices, Fiefs, heritages ou biens,
& pareillement ne feront tenus à faire aucun ferment au Prince ou au Sei-
gneur fous qui font lefdits biens, fauf les Fiefez ou Vaffaux qui feront te-
nus faire les fermens de feauté, felon la nature de leur fief, lequel pour cet-
te fois ils pourront faire par Procureur, & en auront fouffrance de quatre
mois aprés la publication de cette paix fi plus n'en ont par la couftume
des lieux, | |
28. Item, Que ceux qui retourneront à leurs biens par cette paix, ne fe-
ront ni auffi leurs herirages pourfuiuables pour rentes foncieres ou furcens
cfcheus durant ledit temps de la guerre, mais feront tenus les defcharger
& aquitter ceux qui defdits heritages ont ioùy par récompenfe; & fi lefdics
heritages eftoient par lefdites guerres demeurez en ruine & fans labeur,
ceux aufquels ils appartiennent feront defchargez defdites rentes & fur
DV ROY CHARLES VIIL 647
cens pour le temps qu'ils n’ont efté labourez, & iufques au jour de cette 14 9 3.
paix. | |
29. Item, Qu'il ne fera fair, mis ou donné aux biens, fruits, rentes &
reuenus que les fuiets d’yvn party ont ou auront és Pays, Terres & Sci.
gneuries de l’autre party, ni pareillement aux corps ou perfonnes defdits
fuiets, leurs biens, denrées & marchandifes qui fe meneront d’vn party en
l’autre aucun‘arreft ou empefchement, fous ombre d’autres prifes, repri-
fes, arreft ou empefchement d’autres biens que l’on diroit eftre faits fur
les fuiers de l’autre party, leurs biens, denrées & marchandifes pour cho-
fes aduenuës durant lefdites guerres au cemps pañle, ou qui cy-aprés pour-
ront aduenit , fi ce n’eft pour le propre fait, contrats, dettes ou obliga-
tions de celuy ou ceux dont Ton voudroit empefcher ou arrefter lefdits
fruits, leuées, denrées & marchandifes, & ne fe bailleront ou dépefche:
ront pat lefdits Princes ou leurs Chanceliers aucunes Lettres de reprefail-
les, marques ou contre-marques, ou autres prouifons, pour faire à l’en-
contre de ces Articles aucuns arrefts ou empefchemens des perfonnes des
fuiets de chafcun party.
30. Item, Que par cette paix les gens d’Eglife, Nobles, Bourgeois, tant
feruiteurs & Officiers du Roy, Marchands de la Nation de France, qu’au-
tres, de quelque eftat ou condition qu'ils foient, qui fe font abfentez des
Villes d'Arras & de la Cité, depuis la furprife d’icelle, en quelque lieu ou
party que lefdits abfentez fe foient retirez, pourront toutes les fois que bon
leut femblera retourner , faire leur demeure & marchandifes en ladice Vil-
le & Cité, fans qu’on les puifle accufer ou charger des chofes faites ou
aduenuëés par cy-deuant dépendant du fait defdires guerres, ni des fou-
miflions ou promefles qu’ils auroient faites de non partir defdites Villes,
ou d'y retourner dedans certain temps fous confifcation de leurs biens,
fommes de deniers, ou autres peines qui feront & font reputées nulles, & fi
lefdits abfens ne veulent retourner & demeurer éfdites Ville & Cité, ils
n’y pourront eftre contraints fous couleur defdites promefles, & néant
moins pourront hanter & conuerfer marchandement & autrement en la
dite Ville & Cité, & en chacun defdits party comme les autres fuiets, &
foit que lefdits abfens retournent à leur premiere refidence, ou qu'ils fe
tiennent dehors en celuy des partis que bon leur femblera, ils iouiront en
toutes chofes du benefice de cette paix, & auront dés maintenant comme
les autres fuiets de chacun party prompte, paifible & entiere ioüïflance de
leurs Benefices, heritages, rentes heritables ou à vie, & autres biens, meu-
bles & vftanciles d’hoftel qui encore font en nature , fans que en leur
maifon ceux qui les occupent puiffent rien ofter, démolir, ni emporter.
31. 1tem, Pareillement les gens d'Eglife, Nobles, Bourgeois & autres qui
fouloient refider en la Ville de Saint Omer, durant que ladite Ville eftoit
neutre, & qui depuis, à l’occañon des diuifions & des prifes & reprifes d’i-
celle s’en font abfentez,aucuns contre leur gré & volonté, & les autres
pour leurs affaires, & néantmoins leur a efté interdit l’encrée & communi-
cation en icelle, pour y viure ainfi qu’ils faifoient durant ladite neutralité,
accordé eft, que tous lefdics gens d’Eglife, Nobles, Bourgeois, manans &
habitans ainfi abfens,en quelques lieux sh fe foicnt retirez, feront rein-
tegrez & remis promptement en la joüiffance de leurs Benefices, maifons,
demeurances, rentes & pofleflions qu’ils auoient eûëés au temps que ladice
Ville eftoit en neutralité , y pourront viure & demeurer en paix com-
me les autres habitans d’icelle Ville , ainfi qu’ils faifoient le temps paf-
fé, nonobftant quelfconques interdiétions, ni autres chofes au contraire, qui
pour le bien de la paix font annullez: enfemble toutes offenfes & iniures
defdics habitans les vns contre les autres, pour caufe defdires querelles, fe-
648 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
I . ront remifes & pardonnées, fans que on en puifle aucune chofe quereller
493 P ,
ou demander, & le tout fera compté & reputé pour non aduenu : & quanc
à la reftitution des Eftats qu'ils auoienc en ladite Ville durant ladite neutra-
lité, ils en pourront faire pourfuite en luftice. :
-32. Item, Que Madame Marguerite d'Angleterre, veufue de feu Monfci-
gncur Charles, en {on viuant Duc de Bourgongne, fera & eft comprife en
cette paix, & confent le Roy qu'elle iouïfle des Terres & Stigneuries de
Chauffins & la Perriere, leurs appartenances & appendances fituées en la Vi.
comté d’Auxonne, ainfi qu’en iouifloit feué Madame la Ducheffe Ifabeau
mere dudit feu Duc Charles, au rachapt de vingt-mille efcus d’or, felon les
Lettres de cranfport & vitres qu’elle en 2. |
33. Item, que de la part du Roy Tres-Chteftien ont efté & font dénom.
mez fes alliez, la Tres-Sacrée zmperiale Maiefié, les Roys de Caflille, d'An-
gleterre, d'Ecoffe, Hongrie, Boheme & Nauarre, le Riche Duc de Bawieres, le
Comte Palatin, 8 tous les Ducs @ Maifons de Bauieres, les Eflkéteurs du Sains
Empire, le Duc CG Maifon de Sauoye, le Duc G* Maifon de Milan, le Duc © Sei-
&ueurie de Venife, le Duc de Lorraine, le Duc de Gueldres, le Marquis G Maifin ‘
de Montferrat, PEuefque G* Cité de Liege, les Ligues des Suiffés conf. derez , vicil-
les & nouuelles, les Communautez 4 Florence & de Gennes.
34. Et de la part defdits Seigneurs Roy des Romains & Archiduc, ont
efté denommez leurs alliez , ladite Tres-Sacrée Imperiale Miesté, les Roys
de Caffille , de Hongrie, de Portugal, de Dannemarc, d'Angleterre & d'Ecoffe, les
Eflecteurs du Saint Empire en commun, 4 Roy de Boheme &c autres, Le Marquis
Mai/on de Montfcrrat, de: Gr Cité de Liege & tous les Princes de l'Empire,
des Ligues des Suiffes, vicilles & nouuelles, les Citez @ Communastez dudis
Empire. Et fi lefdits Princes veulent chafcun de fa part nommer autres al-
Jiez, faire 1: pourront par leurs Lettres Patentes dedans quatre mois, lef_
quels ainfi nommez feront declaration dedans quatre autres mois, ou dedans
l'an en-fuiuanc, ainf que deflus eft dit, s’ils y veulent eftre compris: tous
lcfquels alliez déia nommez ou qui fe nommeront, en faifanc la declara-
tion d'y vouloir eftre compris dedans le temps & en la maniere que def-
fus cft dit, feront comprins en cette paix, enfemble leurs Pays, Terres,
Seigneuries, feruiceurs & fuicts.
35. Item, Que en cette paix eft aufli compris comme Confeiller & fer-
uiteur du Roy, Meflire Guillaume de Haraucourt, Evefque & Comte de Ver-
dun, canc pour fa perfonne que pour ledit Euefché & Comté de Ferdun,
Terres, Seigneuries & fuiets.
6. Item, Pareillement feront comprins en cette paix, du confentement
defdits Princes, l'Archeuefque, Gens d’Eglife, Nobles, Citoyens, manans
& habitans de /4 Cité de Bexançon, qui ioüiront des biens qu’ils ont en chaf-
cun party , & feront entretenus en leurs anciens droits, franchifes & li-
bertez.
37. Item, Que pour l’entretenement de cette paix , & afin qu’elle foit
gardée fans aucune infraétion, ont efté & font aduifées les feuretez qui
s’enfuiuent, Premierement, que le Roy Tres-Chreftien, pour luy & Mon-
feigneur le Dauphin, & mefdits Seigneurs le Roy des Romains, & Archi-
duc pour eux ,& eux faifans forts de madite Dame Margucrite, pafleronc,
reconnoiftront, ratifieront, & confirmeront par leurs Lettres Patentes ce
prefent traité de paix, & feront ferment folemnel fur le fuft de Ja vraye
Croix, Canon de la Mefle, & Saintes Euangiles touches corporellement,
d'entretenir ce prefent Traité de paix en tous fes points & articles, & faire
entretenir par les Gens de leur Confeil, Officiers, feruiteurs & fuiets, fans en
quelque chofe que ce foit aller ou venir, faire ou foufftir eftre fait quelque
chofe au contraire, direétement ou indiretement; & à ce foumettront eux,
leurs
ne
DV ROY CHARLES VIIL :: 649
-
leurs hoirs, leurs Royaumes, Pays, Terres & Seigneuries à toutes cenfures 1 4936
Ecclefaftiques, nonobftant tous Pauileges au contraire; : nn . |
38. tm, Et confentiront que fi par eux, ou leurs fucceffeurs, ou aucuns
de par eux, eftoit contreuenu à ce. Traité par notoire exploit de guerre &
entreprifes de fait, comme fi par.iceux Seigneurs Roy des Romains ou Ar-
chiduc, ou futur mary d’icelle Madame Margucrite, ou autre de leur party,
eftoit procede par voye de fait, main-forte ; emblée, où autrement,en la
prife de quelque Ville , Place, ou autre Fort du party & obtiffance du Roy,
ou defdites trois Villes qui demeurent en la garde’ de mondit . fieur
Defquerdes, ou fi lefdits Seigneurs Roy des Romains, Archiduc, furur
mary, ou autre de par eux, entroit à puiffance. & à main armée dedans le
Royaume & autres Pays du Roy, fans fon gré & confenrement, ou pour
autre cas femblable, enfreignoir,où fouffroit enfreindre ceprefent Traité de:
paix; & femblablement fi en cas pareil le, Roy Tres-Chreftien , Mon-
fcigneur le Dauphin, ou autre de par eux, procedoit par xoye de. fait, em-
blée ou autrement , à la furprife d'aucune Ville, Place où Fort, tenant le
arty & obéiflance d'iceux Seigneurs Roy des Rornains’& Archiduc, ou
de l'vne defdires crois Villes ou que à puiflance 8 main armée entraffent
dedans leurs Pays, pour leur faire & à leurs fuiets guerre: en ces cas, & en
chafcun d’iceux, ou autres femblables, celuy qui premier fera ladite contra.
uention,ou commencera ladite guerre, fera tenu promettre, & promet pat
cette paix, fur fon honneur, d'incontinent, & pour lé plus tard dedans fix
femaines enfuiuant, reparer, ou faire repareï par effet ladite contrauention,
& rendre tous dommages & interefts, à peine d’eftre tenu & reputé noroi-
re infraéteur de paix, | |
39. Item, Et d’abondant, le Roy, pour feureté de cette paix, fera bailler
aufdits Seigneurs Roy des Romains & Archiduc les Lettres & féellez de
Mecfleigneurs les Ducs d’Orleans, de Bourbon, de Nemours , des Comtes d’An:
goulkfme, de Montpenfier, de Vendofme, de Monfieur le Prince d'orange, Me£
fieurs les:Marefchaux & Admiral de France, & par les Citez, Villes &
Communautez de Paré , Rosën, Lyon , Poitiers, Tours, Angers, Orleans,
Amiens G Tournay; & mefdits Seigneurs Roy des Romains & Archiduc,
feront femblablement bailler les Lettres & fécllez des Ducs de 4effe, Mar-
quis de Pade, Monfeur de Rascflain,les Comtes de Naffas &c de Solre,le Prin.
ce de Chimay, les Sires de Beures, d'Egmont & de Fiennes, des fieurs de Was
bain , de Molembax, du Fay, du Frefnoy , du grand Bailly de Haynaulc, &
par les Villes & Communautez de Lounain , Bruxelles, Anuers, Bofle-Duc,
Gand, Bruges, Lille, Dosay, Arras, Saint-Omer, Mons, Valenciennes, Vtrechr,
Midelbourg, & Namur; lefquels féellez d’vn party & d’autre contiendront pros
mefle d'entretenir & faire entretenir ce prefenc Traité de paix; & que s’il
eftoit contreuenu par le Prince duquel party lefdits féellez fe bailleront, ou
aucun de par luy, dont la reftitution & reparation n’en fuft faite dedans
fix femaines enfuiuant , en ce cas ils feront tenus d'abandonner & delaif.
fer celuy qui aura faic ladite contrauention, & donner faueur , ayde & af.
fiftance à celuy fur qui feroit fait ledit exploit & entreprife, & leur eft pat
ledit Traité de paix ordonné ainfi le faire, & dés maintenant ceux qui
bailleront lefdirs féellez font éfdits cas de contrauention & rupture def:
chargez de leurs. fermens; lefquels fcellez fe bailleront d’vn coité & d’au-
tre, à fçauoir de la part du Roy en la Ville de Therowënne, & de la part de
mcefdits Seigneurs Roy des Romains & Archiduc en la Ville de Saint-Omer,
dedans le premier iour de Septembre prochain venant. .
40. Item, Et auec ce les Lettres de ce prefent Traité de paix feront leüës,
publiées êc enregiftrées, à fcauoir celles du Roy es La Cour de Parlement de
Paris, prefent & confençant le Procureur du Roy, & aufli : : Chambre des
nn
650) OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1 4:9:3: Comptes; & celles defdics Scigneurs Roy des Romains & Archiduc es Lur
"© grand Confeil, prefent & confentant leur Procureur General, & ex la Chaws-
bre des Comptes à l'Ile. Ex fera donnée & adiouftéc foy au Pidimus, & Extrait
qui fe feronc des Articles d’iceluy fous féel autentique, comme à l'Original
pour rous.ceux qui s'en voudront ayder en iugement & dehors. |
45: Hem, Sont dénommez conferuateurs de cette paix de la part du Roy,
pour les.marches & quartiers du Pays de sg cod Monfieur /e Prince
d'Orange, Monfeuür de Baudricourt Gouuerneur de Bourgongne, & les Bail.
lys de Diion, Chalons, Authun & Mafcon, ou leurs Lieutenans; pour les
marches de Champagne & de Rethelois, Monfeur d'Orwa/ Gouuerneur
de Champagne, les Baillys de Saint Pierre le Monfier, de Troyes & de
Vitry,ou leurs Lieucenans ; pour les marches de Picardie, Monfeur Def
querdes Marcfchal de France, Meflieurs les Baillys d'Amiens, de Verman-
dois, Senefchaux de. Ponthieu, de Boulennois, & Gouuerneur de Peron-
ne, Mondidier, & Roye ou leurs Lieutenans ; & pour la mer, Monfeur
l’Admiral , fes Lieurenans ou. Commis.
42. item, De la part de mefdits Seigneurs Roy des Romains & Archi-
duc fonc dénommez conferuateurs, pour les marches de Flandres & Ar-
tois, Monfeur de Naffan, enfemble les Gouuerneurs de Lille, d'Arras, &
Baillys éfdits Pays, chafcun en fon endroit ; pour les marches de Haynaulr,
Meflieurs Ls Princes de Chimay, & Grand Bailly de Haynault; pour Luxem-
bourg, Monfeur le Marquis de Bades; pour Bourgongne, le Gouuerneur
du Comté de Bourgongne, & les Baillys d’Amont, d'Aual & de Dole; &
pour la mer, VS de Beures Admiral, fes Lieutenans ou Commis.
43. Item, Tous lefquels conferuateurs dénommezen chafcun party feront
tenus faire prompte & fommaire expedition , fans forme & figure de pro-
cés, de tous cas qui efcherront & dépendront de la réparation & reftitution
qui fe doit faire pour ce prefent Traité & contrauention, infraétion, ou en-
treptife à l'encontre de cette paix; & feront leurs Sentences, Ordonnan-
ces & prouiñons mifes à exécution reaumenc & de fait, nonobftant oppo-
fitions ou appellations quellefconques : fauf coutesfois que en cas d’appel de
Sentences diffnitiues dont feroit appelle, ceux qui les auront obtenués, fe-
ront tenus de bailler bonne & fufñfante caution fuiette auanc d’auoirla de-
liurance de ce qui leur feroit adiugé, pour le rendre au cas que les Senten-
ces defdits conferuateurs fuflenc infirmées par la Cour Souueraine, ou fi
elles cftoient annullées, & qu'il y euft nouucau iugement, pour fournit
le iugé. | |
| Pi Itens , Pource qu'il eft affez apparent que aprés cette paix publiée fe
trouueront de chafcun party plufeurs gens vagabonds & oyfeux, qui fe-
ront legers & enclins à toutes roberies, larcins & pilleries, 8& dont, fi pour-
ueu n’y eftoit, pourroient aduenir de grands dangers, & ne feroit feur pour
les fuiets de chafcun party aller par les chemins marchandement & autre-
ment, aduift eft qu’il fera fair Edit, lequel fera publié en chafcun party,
ren tous gens de guerre & autres vagabonds qui ne voudront retourner à
aire leur meftier & labeur, ou qui n'auront entretenement de viure & or-
donnance defdits Princes, ou entretenement au feruice d’aucuns Seigneurs,
dont ils faflent apparoir par Lettres defdits Seigneurs , lefquels feront ref-
pondans de ceux qu'ils aduouëront eftre leurs feruiteurs , feront tenus eux
ser & eux retirer hors des Villes & du plat Pays dedans tel temps qu'il
eur fera prefix, & ce fur & à peine, ledit temps paffé, d’eftre bannis des Pays
de chafcun party, & d’eftre abandonnez à toutes luftices, & aux gens du
plat Pays de les pouuoir prendre au corps, & les mener à la plus prochai-
ne Tuftice, pour les punir, bannir & contraindre, à eux partir & tirer hors
defdits Pays fans y pouuoir retourner, & d’eftre punis pu cas dont ils fe-
DV ROY CHARLES VIIK 65. —
ront trouuez cftre chargez, fans en faire aucun renuoy ou remmiflion, aux : 493
luges ou à la Iuflice dont ils fe voudront dire fuiets. DE NL
45 Jtem, Que pareille prouifion & de femblable effet fera faite & mife,
pour ceux qui par mer cexerceront aucunes deftroufles ou robéries , dé
quelque party qu'ils foiene, à fçauoir que s'ils ant à veu,c’eft à entendre que
ke Nauire ait efté fretc 8 mis. fus pour quelque Seigneur ou marchand,
lon fe prendra à eux pour les dommages qu'ils auront faits; & fi ce fonr
gens qui n’ayent point de chef autre que d’eux-mefmes, ils feront aban.
donnez à tous Ports & Haures où ils defcendront, pour les prendre au corps,
& faire leur procés, fans en faire aucun renuoy au party dont ils fe diront
ou auouéront eftre. . :
- 46. Item, Que d’vn party ni d’autre ne feront receüs ni fouftenus ceux
qui feront aucun exploit ou emtreprife au preiudice de cette paix; & s'ils fe
retiroient d’vn party à l’autre, quelque don, grace, ou abolition qu'ils ayent
ou pourroient auoir y eme ils feront pourfuiuables des infraétions & en.
treprifes qu’ils auroient faites à l'encontre de cette paix, & partant ne fera
tenué la paix pour rompué. | ue. |
47. Item, Que lefdits Scigneurs, Princes, leurs Lieutepans & Officiers
donneront ayde & afliftance les vns aux autres à l'encontre de cous ceux,
de quelques Eftats ou condition der foienc, qui feront dilayans ou re-
fufans d'entretenir cette paix, lefquels feront de chafcun party abandon-
nez comme ennemis de la chofe publique; & ceux qui les y sages
gent, de viures, ou en autre maniere les receuront ou fauoriferont, feront
pareillement refponfables de tous dommages par eux faits, & reputez infra-
teurs de paix, & comme tels corrigez & punis. , ——
48. Item, Que tous lefdits points & articles deflus efcrits fe pafleront,
confirmeront & ratifieront dés maintenant par Lettres Patentes d’iceluy Sei-
gneur Roy Tres-Chreftien , & pareillement les Ambafladeurs de la Tres-
Sacrée Imperiale Maiefte, & defdirs Scigneurs Roy des Romains & Ar-
chiduc , à fçauoir Reuerend Pere en Dieu Meflire Gwilaume Euefque de
Eïffad ; Mefüre Chriffophble Marquis de Baden , les Comtes de Naffau, de Solre,
des Sires de Walbain, d'Aymeries G de Polham, l'Abbé de Maroles, le Presoft de
Liege, G de Saint Donss de Bruges, Meflire Thomas de Planges Prelident du
rand Confeil defdits Seigneurs, Philbers de Vere, dit la Mouche, & Mef-
Êre less de Montfort Cheualier , bailleront leurs Lettres & féellez, 8 par
icelles promettront & feront ferment folemnel fur les Saintes Euangiles de
Dieu , Canon de la Meffe, & fuft de la vraye Croix, qu’ils feront pañfer ce
refenc Traité de Paix aufdits Scigneurs Roy des Romains & Archiduc, &
eur feront promettre & iurer felon que contenu eft en cedit Traité, d'i-
celuy garder & entretenir, & faire garder & entretenir en tous & chaf-
cuns fes points & articles felon {a forme & teneur, & de cous lefdits paf-
femens, promefles, ratifications & fermens fourniront Lettres defdits Prin-
ces, inftrumens publics & autentiques, & des fécllez qui fe bailleront és
mains des Ambañladeurs & Commis que ledir Seigneur Roy Tres-Chreftien
enuoyera deuers iceux Seigneurs Roy des Romains & Archiduc.
Sçanoir fe Que oùy le rapport de nofdirs Ambañladeurs & Commis,
& fur ce -cûé grande & meure deliberation auec les Séigneurs de naître
Sang & Gens de noftre Confeil, auons accepté, confenty & accotde par
la ceneur des Prefentes fignées de noftre main, acceptons, confentons &
accordons ladite paix, vnion & amitié d’entre nous, noftre tres-cher & tres-
amé fils le Dauphin, nos Royaumes, Pays, Seigneuries, feruiteurs & fuiets,
& de nofdits frere & coufins, tant pour eux que pour noftredite coufine
Marguerite d’Auftriche, leurs Pays, Terres & Scigneuries, feruiteurs & fu-
iccs, en ayant agreable cout ce que par nofdits Ambafladeurs 8 Commis a
| NNannij
= 65 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1493. efté fait & befogné auec les Ambafladeurs & Commis de nofdits frere &
coufns, auons pañlé , reconnu & accorde, pañlons , reconnoiflons & accor-
dons tous & chafcuns les points & articles -cy-deflus inferez promettant de
bonne foy & en parole de Roy iceux entretenir , garder & obferuer inuio-
lablement & fans infraétion aucune. $5 donnons en mandement à nos amez
& feaux Confeillers les gens cenans noftre Parlement à Paris, Gens de nos
Comptes, & à tous nos autres Iufticiers ou à leurs Lieutenans , fi comme
à eux appartiendra, que ce prefent Traité de paix ils faffent publier, enres
giftrer & verifier, & tout le contenu en iceluy garder & obferuer, |
Et pour ce que de ces Prefentes on pourra auoir à faire en plufieurs &
diuers licux de nofdits Royaumes, Pays & Seigneuries, Nous voulons que
au Vidimus d'icclle, fait fous féel Royal, pleine foy foit adiouftées comme
à ce prefent Original. En cefmoin de ce nous auons fait mettre noftre féel
à celles prefentes, Donné à Senlis le vingt-troifiefme iour de May, l'an
de Grace mil quatre cens quatre-vingts-treize, & de noftre Regne le dixie.
mc. Signé CHarLes. Et fur le reply , Par le Roy | Roberter. Leifa, pu-
blicata , G regiffrata Pariffis in Parlamento, prefente confentiente Procuratore
Generali Regis ,quarts die Iunii 1493. De Cerifay. |
Publication de la Paix de Senlis.
Pr L *Ox fait à fçauoir que bonne paix a efté & eft faite, promife & iurée
d entre le Roy Tres-Chreffien nôftre Souuerain Seigneur, & Monfeigneur
le Dauphin, leurs Royaumes, Pays, Seigneuries & fuiets d’vne part, &
cres-hauts & tres-puiffans Princes /e Roy des Romains, Monfieur /'Archiduc
Philippe [on fils, tant en leurs noms que eux faifans fort de Madame Mar-
guérite d’Auftriche fille d’iceluy Seigneur Roy des Romains, fœur dudit
Monfieur l’Archiduc, pour eux, leurs Pays, Seigneuries, feruiteurs & fu-
icts d'autre part, jar laquelle lefdits Princes font én bonne vnion, frater-
nité & amitié; & céfleront dorefnauant touces voyes de fait, & exploits de
guerre des Pays, feruiccurs & fuiers les vns contre les autres; & pour-
ront lefdits feruiceurs & fuiets, de quelque eftat ou condition qu’ils foienr,
hanter, conuerfer & frequenter marchandement & autrement, par ter-
rc, par mer & par eau douce d’vn party en l'autre. Et eft par cette |
faite abolition pleniere aux fuiers de chafcun party, pour tous cas adue-
nus par cy-deuant pour fait dé guerre, & fi retournent chafcun à leurs
biens , comme toutes ces chofes font plus au long declarées és Articles
dudit Traité de Paix, & és Lettres qui fe bailleront par lefdits Prin-
ces confirmatoires & ratificatoites d’icelles. Poutquoy l’on fait exprés
commandement & défenfes à tous füuiets du Roy noftredit Seigneur, que
aul ne attente où fafle chofe dérogeante ou prciudiciable à ladite Paix,
fur peine d’eftre puny criminellement comme infratteur d’icelle ; & or- :
donne-t-on à tous Officiers du Roy noftredit Seigneur , ou leurs Lieu-
tenans, de faire obéir & entretenir cette paix chafcun és metes de fon :
Office, & de aux Conferuateurs d’icelle donner port , faueur, aide & af-
fiftance de confeil, de gens, de prifon, & autrement, pour le faire obéir,
& à prendre punition des tranfgreffeurs & infraëteurs d'icelle. Publié à
Senlis le vingt-troificfme iour de May, l'an mil quatre cens quatre-vingts-
treize, Ainf figné, J. Goyer, aucc paraphe.
| Tôré de la Chambre des Comptes de Lil.
cé rn
DV ROY CHARLES VIIL 65 |
“Promeffe de Philippe de Bourgogne, Seigneur de Beures , d'entretenir a à
| la paix de Senlis, @r d'affifier le Roy de France, en cas
qu'il y foit contreuns par le Roy des Romains,
| © l'Archiduc fon Fil.
D Hizrrr9e 5e BovrGOGNE, Seigneur de Beures, de la Veré, de 4 jratimes
Vlifinghes, &c. Cheualier de l'Ordre, Confeiller, Chambellan du 2°. 48
Roy des Romains noftre Sire , & de Monfcigneur l'Archiduc fon Fils, ‘*°*
Gouueïneur , & Lieutenant General d'Artois, & Admiral de la mer: A ©4# ©.
tous ceux qui ces prefentes Lettres verront , Se/ur. Comme à la loûan- Jens deunez rà
ge de Dieu noftre Createur bonne paix ait n’agueres efté faite, publiée ‘*#nem2r
& iurée en la Ville & Cité de Senlis entre mes tres-redoutez & Souue- rai us sm,
rains- Seigneurs, mefdits Seigneurs le Roy & fon fils, tant en leurs noms, “* |
comme pour & au nom de ma tres-redoutée Dame Madame Margue- |
rite d'Auftriche, fille & fœur de mefdits Seigneurs Roy & Archiduc, leurs
Pays , Seigneuries & Suiets, d’une part: & le tres-Chreffien Roy de France,
pour luy, Monfcigneur le “or {on Fils, leurs Royaumes, Pays , Sei-
gneuries, Seruiteurs & Suiets d'autre part : iceux Seigneurs Roy des Ro-
mains & Archiduc, afin que icelle paix foit en trous fes points & articles
entretenuë, gardée & obferuée, ayent promis que en dedans le premiet
jour de Septembre prochain venant, nous baillerons nos Lettres & féellez
de entrenir & faire entretenir ladite paix, & que fi de leur part y eftoit
contreuenu, dont la reftitution & reparation ne fuft faite dedans fix fe-
maines enfüiuantes , nous ferions. tenus les abandonner & delaifler, &
donner faueur, ayde & afliftance à iceluy Seigneur Roy tres-Chreftien,
& il foit que de la part de mefdits Seigneurs par Lettres fignées de leurs
maihs, nous ait efté ordonné & expreflément commandé bailler nos Let-
tres &. fécllez, contenant promefle d'accomplir tout le contenu cy- def
fus. Sçauoir faifons que nous defirans de tout noftre pouuoir, obeïr à mef.
dits Seigneurs, confiderans les grands biens qui de ladite paix & l’entre-
tenement d’icelle pourront auenir à mefdits Seigneurs Roy des Romains
& Archiduc, leurflits Pays & Suiets, auons promis & iuré , promettons
&c iurons par cettes d'entretenir & faire entretenir ledit Traité de paix
en tous & chacuns les points & articles y contenus , & que s’il y eftoit
contreuenu par mefdits Seigneurs le Roy des Romains & Archiduc fon
Fils, ou par le futur mary de madite Dame Marguerite, ou autre de par
eux, ce que Dieu par fa bonté ne veuille fouffrir, & de laquelle contra.
uention ne fuft faite reftitution & reparation dedans fix femaines pro-
chaines enfuiuant, nous en ce cas ferons tenus d'abandonner & delaiffer
mes deflufdits Seigneurs Roy des Romains & Archiduc, & chacun d'eux,
& donnerons audit cas faueur, ayde & afliftance à iceluy Seigneur Roy
tres-Chreftien. En tefmoin de ce nous auons fait mettre noîftre feel à ces
Prefentes. Donné à Malines le vingtiefme iour d’Aouft l’an mil quatre
cens quatre-vingts & treize. | |
Autre promefle de Guillaume de Croy, Seigneur de Chieures , d'Arfchot, 6. Mes
de Birebecque , de Hauré , &c. d'entrecenir la paix de Senlis, du 6, "+?*
May 1495.
Pareille promefle de Charles. de Croy, Prince de Chimay, Vicom- 27. Auril
te de Limoges , Baron de la Bone, &c. Lieutenant & Capitaine "#97
General. du Pays & Comté de Haynaut, du 27. Auril 149 S.
| NNnn ii]
ee.
654 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
149 3.
23. Aoufi
1493
Semblable promefle de Enghelbert, Comte de Naffau & de Vyanne,
Seigneur de Breda, premier Chambellan du Roy , fon Lieutenant Gene-
ral, & de Monfieur l’Archiduc fon Fils, en leur Pays dé Flandres, & Se-
nefchal du Pays & Duché de Brabant, du 23. Aouft 1493.
28. Aonff Semblabte promefle de Ican Cornre d'Egmond , Seigneur de Beu-
77 res, &cc. du 28. Aouft 1493. |
23. Aowf Autre promeffé de Iean de Bergues, Seigrieur de Walhain, de Me-
1493. lin, &c. Cheualier, Confeiller , & Premier Chambeilan de Monfieur
l’Archiduc, Gotuerneur & Souuerain Bailly de Namur, du 21. Aouft 14 93.
18. Aonf Autre promeffe de Pierre de Lannoy, Cheualier de POrdre de la Foi.
1493. fon d'Ot, Seigneur du Frefnoy, & Grand Bailly d Ale, du 18. Aoûf 1493.
20. Aouft Pareille promefle de Bauduin de Lannoy, Seigneur de Molembais, de
°#9%# Solre le Chafteau, de Torcoing, &c. Cheualier de FOrdre, Confeiller,
fecond Chambellan du Roy des Romains & de Monfieur PArchiduc,
Capitainé & Gouuerneur des Chafteau, Villes & Chaftellenies de Lille,
Douay, & Orchies, du 210. Aouft 1493.
25. Auf Semblable promefle d’Ancoine Rolin , Cheualier, Seigneur d’Ayme.
1493. ries , d’Anchinne, & de Lens, Marefchal & Veneur heritable de Ha2y-
naut ; Confeiller & Chambellan du Roy des Romains & de Monfieur
l'Archiduc fon Fils, Grand Bailly du Pays & Comté de Haynaut, du 25.
Aouft 1493. | |
| | Tiré de la Chambre des Comptes de Lille.
Promeffe de L ville dT pre ; d'entretenir Le paix de Senlis, @ d'affifier
le Roy de France, en cas qW'il y foit contreuens par le Roy
: | des Romains, €7° l'Archiduc [on Fils.
25: Aonf Tovs ceux qui ces preféntes Lettres verront: Aduoûé, Efcheuins, Cons
1493. feil, Bourgeois, Manans & Habitans, & toute la Communauté de
er © la ville d'Ypre, Salur. Comme à la loüange de Dieu , bonne paix aie
fentenexésu. Nagueres cfté faite, publiée & iutée entre 4 tres-Chreffien Roy de France
“es de l'enti- noffre Somuerain Seigneur, pour luy & Monfeigneur le Dauphin fon Fils,
Trad sen. Veur Royaume, Pays, Seigneuries, Setuireurs & Suiets d’vne part, & tres-
lis, auts 6 tres- puiflans Princes, & nos tres-redoucez Seigneurs L Rey des
Romains, voufiours augufte, & Monfeigneur /'Archidsc Philippe fon Fils nof.
tre Prince & Seigneur naturel, tanc en leurs noms que au nom de noftre
tres-redoutée Dame cAfadame Marguerite d'Auffriche , fille & fœur de nofc
dits Seigneurs, leurs Pays, Seigneuries, Seruiteurs & Suiets, d'autre parts
pour feureté de laquelle, & afin que icelle foic d'autant mieux entretenué,
obferuée & gardée fans infraêtion aucune, ait efté confenty, accordé &
profis de la part de nofdits Seigneurs, que dedans le premier iour de
Septembre prochain venant , ils feront par les Seigneurs de leur Sang,
Cheualiers de l'Ordre de la Toifon d'Or, Officiers, Nobles, Villes & Com-
munautez defnommez en l’article de ce faifant mention , bailler leurs
lectres & fécllez à iceluy tres. Chreftien Roy noîftre Souuerain Seigneur,
{es Ambaffadeurs où Commis. Lefquels féellez qui fe bailleront d’un party
& d'autre, contiendronc promefle d’enttetenir & faire entretenir ledit
DV ROY CHARLES VIII 6;;
Traité de paix, & que s’il y eftoit contreuenu par le Prince duquel party 1 49 34
kefdits {éellez fe bailleront, ou aucun de par luy, dont la reftitution & re °
paration n’en fuft faite dedans fix femaines prochaines enfuiuant, ils en ce
cas feront tenus d’abandonner & delaifler celuy qui aura fait la contra-
uention, & bailler faueur, ayde & ailiftance à celuy fur qui fe feroit l’ex-
ploit & entreprife; & leur eft par ledit Traité ordonné ainfi le faire, &
dont dés maintenant ceux qui bailleronc lefdits féellez, fonc éfdits cas de
contrauention & rupture dthastes de leurs fermens. Et il {oit ainf
que de la part de nofdits Seigneurs Roy des Romains & Archiduc, par
lettres fignées de leurs mains nous ait cfté ordonné & expreflément com-
mandé bailler de ce que dit eft nos lettres & féellez contenant promets
d'accomplir tout le contenu cy-deflus : Spauoir faifons, que nous defirans
de tous nos pouuoirs obeïr à nofdits Seigneurs ; confiderant aufli les
grands biens qui de ladite paix, au cas que: par la grace de Dieu elle fait
bien gardée & entretenué , pourront aduenir aux Pays & Suiers de nofs
dits Seigneurs, & les maux qui au contraire par la rupture & infraétion
d’icelle s’en enfuiuroient, auons en noftre affembléc pour ce faite des plus
notables Bourgeois & Manans de ladire Ville en nombre fufffant, repre-
fentans toute la Communauté d’icelle, promis & iuré par cettes féellées
du féel de ladite Communauté, promettons & iurons d'entretenir & faire
entretenir ledit Traité de paix en tous & chacuns les points & articles y -.
contenus; & s’il eftoit contreuenu par nofdits Seigneurs Roy des Romains
& Archiduc fon Fils, ou par le futur mary de madite Dame Margucrite,
ou aucuns de par eux, ce que Dieu par fa grace ne veuille fouffrir ny
permertre , & de laquelle contrauention ne fuit faite reftitution & repara.
tion dedans fix femaines enfuiuant: Nous en ce cas ferons tenus & auons
promis d'abandonner & delaifler nofdits Seigneurs & chacun d'eux, &
deurons audit cas faueur ; ayde & afliftance à iceluy Roy tres-Chreffien
noffredit tres- Souucrain Seigneur , ainfi & par la maniere que nofdits Sei-
gneurs par leurfdites Lettres nous ont cofnmandé & ordonné ce faire, &
à cette fin, éfdits cas de contrauention, & rupture nous ont tenus & tien-
nent defchargez defdits fermens que nous leur deuons, le tout iufques à
ce que ladite reftiturion & reparation ait deuément efté faite. En tef-
moin de ce nous auons cefdites prefentes Lettres fair féeller dy féél aux
caufes de ladite ville d’Ypre , le vingr-cinquicfme jour d'Aouft l’an de
grace mil quatre cens quatre-vingts &c treize. pu |
romefle des Bourgeois, Manans, Habitans , & Communauté 2 6. Aouf
: Pareille
FArras, du 26. Aouft 1493. — 1495.
de la ville
Semblable promefle des Mayeur, Efcheuins, lürez, Efleus, Quarre 23. Auf
des Meftiers , Bourgeois , Manans & Communauté de la ville de Na- 14+9:.
mur , du23. Aouft 1493. | | |
Autre promefle des Lieutenant, Preuolt, Iurez, Efcheuins , Confeil 27. 4f
& Communauté de la ville de Valenciennes, du 27. Aouft 1493. éd
Tiré de la Chambre des Comptes de Libr.
‘
.
ep
656 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1493: A de delisrance de Marguerite d’'Auffriche , entre les mains des
22. Juin
3493
A Malines
3 Iuin
1493.
Ambaffadeurs du Roy des Romains € de l'Archiduc, y renonciation de
cette Princeffe an mariage d'entre Elle y le Roy Charles VIII.
Tovs ceux qui ces preféntes Lettres verront ou oiront : Iean de Van-
À deul Licencié és Loix, Confeiller & Aduocat du Roy noftre Sire,
& Garde du féel Royal de la Baillie de Vermandois eftably à Saint Quen-
tin , Salut. Sçauoir faifons que le Mecredy douziefme iour du mois de
Juin l’an mil quatre cens quatre-vingts & treize, en la prefence de nous &
de Michel Dy Tabellion Royal en la Preuofté de Saint Quentin, pour ce
éuoquez & appellez en la ville de Vanduille, au Diocefe de Cambray, en
la maifon du Molin dudit lieu, qui eft fituée en Cambrefis, & hors les
fins & metes de ce Royaume : Tres-haute & tres-noble Princefle Ma-
dame Margscrite d'Autriche, fille de tres-haut & cres-puiffant Prince le
Roy des Romains, toufiours augufte, & fœur dê haut & puiffant Prince
Monfeigneur l’Archiduc Philippe, accompagnée de hauts & nobles Sei-
gneurs Reuerend Pere en Dieu Guillaume Euefque de Eyftadt, Chrif-
tophe Marquis de Baden , Englebert Comte de Nafjau, & de Vianne, Sei-
gneur de Breda , Meflire Iean de Berghes, Cheualier ; Seigneur de Wal-
bain, & de Meflire Anthoine Rolin, Cheualier, Seigneur d’'4ymeries , &
d’Antinne, Ambañfadeurs defdits Seigneurs Roy des Romains & Archiduc,
Jaquelle Madame Marguerite authorifée en cette partie d’iceluy Seigneur
Roy des Romains fon Pere , & aufli des deflufnommez PRET aire :
en vertu du pouuoir à eux donné en cette partie par iceluy Seigneur Roy
des Romains, & defquelles authorifation & pouuoir eft fuffifamment ap-
paru par les Lettres féellées en double queué de parchemin & cire ver-
D du féel commun defdits Seigneurs , contenant la forme qui s’en-
uit. |
M ÀÂXIMILIAN par la grace de Dies Roy des Romains , toufiours au-
| gufte , de Hongrie, de Dalmatie, de Croatie, &c. Et PHILIPPE
par le mefme grace Archiduc d'Auftriche, Duc de Bourgogne, de Lothier, de
Brabant , de Limbourg , de Luxembourg , & de Gueldres, Comte de
Flandres, de Tyrol, d'Artois, de Bourgogne, Palatin de Hainnault, de
Hollande , Zelande, Namur, & Zutphen, Marquis du Saint Empire, Sei-
gneur de Frize, de Salins, & de Malines : A tous ceux qui ces prefentes
Lettres verront, Salus. Comme par le Traité de paix nagueres fait &
conclu entre Nous, tant en nos noms comme pour & au nom de noftre
tres- chere & tres-amée Fille de Nous Roy, & fœur de Nous Archiduc,
: Marguerite d'Autriche , nos Royaumes, Pays, Terres, Seigneuries, Ser-
uiteurs & Suiets d’vne parts & tres-haut & cres-puiffant Prince noftre
tres- cher & tres-amé Frere & Coufin le Roy de France, fes Pays, Sei-
e. L . . , .
gneuries, Seruiteurs & Suiets, d’autre ; ait entre autres chofes efte dit
L que noftredit Frere & Coufin Roy tres-Chreftien feroit mener & con-
uire noftre tres- chere & tres-amée Fille de Nous Roy des Romains,
& fœur de Nous Archiduc, Marguerite d'Autriche, en la ville de Saint
Quentin , & illec la feroit pleinement bailler & mettre és mains des
Commis de ce ayans pouuoir & commiflion pour la receuoir, en baillant
aux Ambaffadeurs & Commis de noftredit Frere & Coufin acquit & def-
charge fuffifante de la reddition de noftredite fille & fœur, comme ces
chofes font plus au long contenuës és articles dudit Traité de paix. Ssawoir
faifons, que nous confians à plein des vertus, fens, vaillances , prudhom-
mies
DV ROY CHARLES VIII. 65>
mies & loyautez de nos amez & feaux Confcillers Reuctend Pete en
Dieu Mefire Guillaume Eucfque de Eyftadt, Chriftophle Marquis de
Baden, & Englebert Comte de Naflau & de Vianne, Seigneur de Breda,
nos coufins, lean de Berghes Seigneur de Walhain, Cheualier de noftre
Ordre , & Anthoine Rolin aufli Cheualier Seigneur d'Aymeries, noftre
Grand Bailly de Haynnaut ; iceux les cinq, les quatre, ou les trois d'eux,
auons commis , ordonné & deputé, & par ces Prefentes fignées de la main
de nous Archiduc, & féellées de noftre féel commun, commettons , or.
donnons & deputons nos Ambaffadeurs, Orateurs, Procureurs & Com:
mis, & leur donnons autorité & mandement fpecial, de és noms de nous
coniointemgnt , & de chacun de nous diuifément, comparoir, & eux pre-
fenter au iour nommé , & autres iours enfuiuans , qui feront pris en la-
dite ville de Saint Quentin , & illec, és noms de nous & de chacun de
nous, requerir & receuoir noftredite fille & fœur des mains des Ambaffa:
deurs de noftredit frere & coulin , & en icelle receuant, connoiftre &
confefler és noms de nous & de chacun de nous, & aufñi au nom de nof-
tredite fille & fœur Marguerite d’Auftriche, & nous faifant fort d'elle, que
elle a bien , deuément & honorablement efté rendué & remife en nos
mains, ou de nofdits Commis, defchargée de tous liens de mariage & de
routes obligations , & que de ce, enfemble de toutes promefles, obliga-
tions & féellez qui touchent & peuuent toucher la perfonne de noftredite
fille & fœur, auons tenu & tenons quitte & defchargé noftredit Coufin le
Roy tres - Chreftien, & tous autres qu'il appartiendra, & aufquels la cho:
fe peut toucher ; & au furplus auons donné & donnons pouuoir à nofdits
Ambañladeurs, és noms que deflus, de authorifer & confeiller noftredite
fille & fœur, & laquelle neanmoins, Nous Roy des Romains, comme Pere
legitime, tuteur & mainbourg d'elle, dés maintenant pour lors auons au+
torifée & aucorifons, pour aprés qu’elle fera pleinement renduë és mains
de nofdits Ambafladeurs , & qu’elle fera és pays de noftre obeïffance,
faire & pafler par ferment pareïle reconnoiffance , declaration & quittan-
ce, par laquelle elle declarera & confeflera auoir efté renduë és mains de
nous ou nofdits Commis, defchargée de tous liens de mariage & de tou-
tes autres obligations, & que de ce, enfemble de toutes. promeffes, obliga-
tions & fcellez qui touchent la perfonne d'elle , elle quitte & defcharge
iceluy Roy tres-Chreftien & tous autres aufquels la chofe peut toucher,
& ladite quittance, defcharge. & reconnoiflance , promettre garder, en-
tretenir & obferuer fans iamais venir au contraire; & defdites quittance
& reconnoiflance faites par nous au nom de noftredite fille & fœur, & par
elle de noftre authorité ,en la prefence, &. par le confeil de nos Ambaffa-
deurs deflus nommez, bailler lettres & enfeignemens publics & auchen-
tiques, tant par nos Lettres Patentes que par les lettres & fcellez de nof.
dits Ambafladeurs, lefquels ils promettront faire ratifier par nous & cha-
cun de nous; & toutes lefquelles declarations, quittances, defcharges , &
generalement tout ce qui fera fair par nofdits Ambafladeurs &: Commis,
dés maintenant, pour lors, & deflors, pour maintenant paflons , confirmons,
ratifions, auons poûr agréable, & voulons eftre de cel effet & valeur
comme fi le tout eftoit pafle, & fait par nous en noftre perfonne. Promet-
tans lealement & de bonne foy,en parole de Prince, & par nos foy & fer-
ment, auoir pour agréable tout ce que par nofdits Ambaffadeurs fera fait
en cette partie touchant les chofes deflufdites. En tefmoin de ce nous
auons à ces Prefentes fait mettre noftre feel. Donné en noîftre ville de Ma-
lines le traifieme iour de luin l'an de grace mil quatre cens quatre-vingts &
treize, & des regnes de Nous Roy, à fçauoir de celuy des Rgmains le huitie-
me, & de Hongrie, &c. le croiñieme. Ainf Ggné fous le reply, Philippes.
| OOo
1493:
1493
22. Juin
249}.
653 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
Et au deflus du reply defdices Lettres , Par le Rey & Monféigneur, Mon-
feigneur le Duc de Heflen, Lieutenant General, Vous, Monfieur le Prin-
ce de Chimay, les Sires de Chieures, de Molembais, de la Baftie, & de
Beofelle, le Preuoft de Triel, Meflire Paul de Vaeuft Prefident de Flan-
dres, & plufieurs autres du Confeil Priué. 1. Leëin. Et fécllées.
A p1T, connu & confeflé, & par ces Prefentes, de l'autorité, par le
confeil & confentement exprés que deflufdit , reconnoift & confefle le
contenu en une cedulle qui leüé Iuy a efté à haute voix en nos prefences,
par honorable homme & fage Maiftre Iean Goyet, Notaire & Secretaire
du Roy noftredit Seigneur, dé laquelle cedulle la teneur s'enfuit,
Ovs MARGVERITE, Fille de tres-haut & tres- puiffant Prince,
mon tres-redouté Seigneur Monfeigneur le Roy des Romains , touf-
jours augufte, & Sœur de noftre tres-honoré Seigneur & Frere Monfci-
gneur l'Archiduc d'Autriche, fuffifamment auchorifee de noftredit Sei-
gneur & Pere, & aufli de l'autorité, en la prefence, des confeil & confen-
tement de Reuerend Pere en Dieu l'Euefque de Eyftadt, Chriftophle
Marquis de Baden , Englebert Comte de Naffau, Iean de Berghes, Sei.
gneur de Walhain , & Anthoine Rolin, Cheualier, Seigneur d’Aymeries;
& d’Anchinne leurs Ambafñladeurs & Commis; confeflons, connoiffons
& declarons que nous & noftre perfonne auons efté rendué par le tres
Chreftien Roy de France ou fes Commis, és mains des deflufnommez
& Commis Ambaffadeurs de nofdits Seigneurs Pere & Frere, & à plein
deliurée en leurs mains, franche , quitte & defchargée de tous liens de
mariage, & de toutes obligations & promefles; & de ce, enfemble de rou-
tes promefles, obligations & féellez qui touchent noftre perfonne, nous
tenons quitte & defchargé ledit Seigneur Roy tres- Chreftien & trous au.
tres à qui la chofe peut toucher. Prometrant par noftre ferment, & fur
les faintes Euangiles que touchons , que lefdites confeflions , reconnoif-
fances, declarations, quittances & defcharges nous garderons & entre-
tiendrons fermes & ftables , fans iamais venir au contraire, ny faire chofe
contraire, ny au preiudice d’icelle renonciation. De routes lefquelles cho-
fes hauts & puiflans Prince & Seigneurs Monfcigneur le Comte d'Angoulef:
me , Monfieur de Rohan , Reuerend Pere en Dicu Monfeur l'Eucfque de
Laitoure, Monfeur Anthoine de Luxembourg , Comte de Bryenne, Sei-
gneur de Roufly, Monficur Æwhoine, Grand sh de Bourgogne, Monfieur
Loys de Brezé, Grand Senefchal de Normandie , Chriftophle de Plailly,
Bailly de Sens, rous Confeillers & Chambellans du Roy noftredit Sei-
gneur , & ledit Maiftre Iean Goyec Secretaire , au nom & comme Ora-
teurs & Ambafladeurs , Commis & Deputez de par iceluy noftre Souue-
rain Seigneur, nous ont pour ce au nom d'iceluy noftre Souuerain Sei-
gneur, par les bouches defdits Seigneurs de Laitoure & Goyet, requis
lettres d’inftrument, que leur auons accordé pour valoir & feruir à noftre.
dit Souuerain Seigneur ce que de raifon. En refmein de ce, nous Garde
deffufnommé auons féellé ces Prefentes dudit {éel Royal de Baillie, Ce
fuc faic l'an & iour deflufdits. Signé, 4. de Vendeuil, M. Dy.
Pré fur l'Original. |
Abregé de le vie de Marguerite d'Aufiriche.
ARGVERITE D'AVSTRICHE, Fille de Maximilian Archiduc
d'Auftriche, depuis Roy des Romains & Empereur , & de Maria
Fille de Charles dernier Duc FA Bourgogne, naquit à Bruxelles le 10. lan-
uier 1480. Le Traité d'Arras s’cftanc fait en 1482. elle fur en confe.
ne
DV ROY CHARLES VIII 69
quence fiancée lé mois de luillet 1 48 3. à Charles lors Dauphin de Fran.
ce, fils du Roy Loùys XI. eftant lors âgée feulement de trois ans, Enfuite
elle fut menée au Chafteau d’Amboife pour y eftre efleuée par la Reyne
Charlotte de Sauoye auec les enfans du Roy. Mais Charles ayant changé
de penfée, & crouué plus auantageux, pour le bien de fon Royaume, d’é-
poufer Anne fcule & vnique heritiere de Bretagne , elle fut renuoyée en
Flandres à fon pere l'an 1 493. fuiuanc le Traité de Senlis. En 1497. elle
fut mariée auec Iean Infant d’'Efpagne, & s’eftanc embarquée à Midel.
bourg en Zelande pour aller trouuer fon mary, elle fut furprife d’vne tem
peîte fort violente, qui l'ayant mife en peril de fa vie, l'on tient qu’elle
demanda d’vn grand fang froid de l'encre & du papier pour efcrire fon
Epitaphe, qu'elle compofa en deux vers François de la maniere qu’elle fe
voit €n plufieurs endroits. La tempefte s’eftant appaifée, elle aborda en
Galice à Saint Ander, d’où elle fut conduite à Burgos, & ce fut là que fe
fit la folemnite de fon Mariage, qui fur celebré au commencement du
mois d'Auril 1497. Delà eftant allée à Salamanqüe auec fon efpoux , il y
tomba malade trois iours aprés fon arriuce, & mourut le 4. Oë&tobre 1498.
Ce qui l’obligea de retourner en Flandres où elle demeura iufques en O&o-
bre 1$o1. qu'elle fut marice pour la troifiefme fois auec Philbert Duc de Sa-
‘UOyE, qui mourut quatre ou cinq ans aprés, au retour de la chaffe, pour auoir
. beu de l'eau trop froide. Elle retourna donc pour vne troifiefme fois en
Flandres, & l'Empereur fon pere la fit gouuernante des Pays-Bas pour fon
_ petit-fils Charles d’Auftriche, Elle prit poffeffion de cette charge le 28.
May 1507. Elle fit publier deux Edits contre les Lucheriens , l’vn à Ma-
lines le 18. luillet 1526. & l’autre à Bruxelles le 14. Otobre 1529. Elle
fe trouua cette mefme année à Cambray auec Gr de Sauoye mere du
Roy, lors de la fignature du Traité de paix qui y fut conclu entre le Roy
François I. & l'Empereur Charles V. Evfin aprés auoir gouuerné la Flan-
dres pendant plufeurs années, & aflifté à Aix-la-Chapelle au Sacre & Cou-
ronnement de l'Empereur Charles V. fon neueu, elle mourut à Malines le
premier iour de Decembre 1532. âgée de prés de $2. ans. Son cœur fut
porté à Bruges au Monaftere des filles de l'Annonciade, & fon corps à
Notre-Dame de Bourg en Brefle, où il fut mis prés de celuy de Phil-
bert de Sauoye fon dernier mary. Cette Princefle eftoit fçauante, & elle a
compofé quelques ouurages dignes de confideration, : FT
Commifhon de Philippes Archiduc d'Aufriche y & Louys de Luxembours
Comte de Ligny , pour ls garde des Villes @r Chafeaux de He
din, Aire @y Bethune, en exécution du Traité de Paix de Senlis.
| P Hirippes par la Grace de Dieu Archiduc d’Auftriche, Duc de Bour-
| cogne, de Lothier, de Brabant, de Limbourg, de Luxembourg & de
Gueldres , Comte de Flandres, de Tyrol, d'Artois, de Bourgogne, Pala-
tin de Haynault, de Holande, de Zelande, de Namur, de Zutphen, Mar-
quis du Saint Empire, Seigneur de Frize, de Salins & de Malines: A noftre
tres-cher & amé coufin Meflire Loys de Luxembourg Comte de Ligny, Salut.
Comme par le Traité de Paix nagueres fait entre mon tres-redouté Sei..
gneur & Pere Monfeigneur le Roy & Nous, nos Pays, Terres, Seigneu-
ries, feruiceurs & fuiets d’vne part, & tres-haut, tres-excellent, & tres-
puiffant Prince soffre tres - honoré Seigneur & coufin le Roy de France Tres-
Chreffien, {es Pays, Terres, Seigneuries, feruiteurs & fuiets d'autre part,
ait efté dit, confenti & accordé que nos Villes & Chafteaux de Hefdin,
Aire & Bethune demeureroient en la garde de feu Meflire _— de Cre-
Ooo il
149 3e
À Malines
30. Auril
T4 9 3e
ééo OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
149 3. uecœur 2 Defquerdes, Marefchal de France, pour les garder ou fai.
re garder fans nos frais & defpens, autres que des gages anciens & droits
que ont accouftumé prendre les Capitaines defdites Places, iufques à ce
que nous aurions accomply l'âge de vingt ans, qui fera la furueille de la
Natiuité de Saint Iean, l'an mil quatre cens quatre-vingts-dix-huit, & qu'il
feroit ferment, & bailleroit fes Lettres & féellé de garder lefdites Places
& Chafteaux en bonne feurete pour ledit Seigneur Roy Tres-Chreftien &
our nous, & à iceluy Seigneur Roy garderoit les droits à luy appartenans,
& à nous femblablement les droits à nous appartenañs, & que éfdites Vil-
les & Chafteaux ne mettroit aucunes gens de guerre autres que pour la gar-
de d'icelles, & non pour porter préiudice où dommage audit Seigneur Roy
‘ mi à nous, fon Royaume, nos Pays, Terres, Seigneuries 8e fuiets; & que
uand aurons accomply ledit âge de vingt ans, aprés que aurons fait au-
di Seigneur Roy les cauté & hommage pour les dE à nous appartenans
qui font tenus de fa Souueraineté, ou que aurons deuëment & fuffifam-
ment, felon la nature des fiefs, offert & prefenté par effc&, faire lefdites
feauté & hommage, il & tous autres qu’il appartiendroit feroient tenus,
ceffans toutes excufes , mettre & deliurer lefdices trois Villes & Chafteaux
en nos mains ou de nos commis ; & fi ledit Seigneur Defquerdes auant
que ferions audit âge de vingt ans alloit de vie à trefpas, ledit Seigneur:
Roy pourroit à la garde defdites trois Villes & Chafteaux nommer cel que .
bon luy fembleroit, qui feroit tenu de nous faire ferment, & bailler fes
Lettres & feellé auant que en icelles trois Villes & Chafteaux il fe puft au-
cunement admettre, & foy regler & conduire ainf que ledit Seigneur Def-
querdes eftoit tenu de faire, comme toutes ces chofes font plus à plein
contenués és Lettres de ladite paix; & il foit que comme fommes deué-
ment acertenez que ledit Seigneur Roy vous ait depuis le trefpas dudit
Seigneur Defquerdes nommé & ordonné à la garde defdires crois Villes
8 Chafteaux. Sragoir vous faifôns, que voulans & defirans proceder de bonne
foy és chofes deflufdites, & afin que en plus grande feureté puifliez enten-
dre & vaquer à la garde defdites trois Villes & Chafteaux, nous vous auons
commis & commettons à la garde defdites Villes & Chafteaux, & outre vous
auons promis, & par cettes fignces de noftre main promettons loyaument &
de bonne foy en parole de Prince que nous vous aiderons & entretiendrons,
. ê&c à noftre Ieal pouuoir ferons ayder & entretenir en la garde defdites trois
:_ Villes & Chafteaux felon ledit Traité, & ne ferons ni Éuffrirons eftre fait
chofe au contraire, & s’il eftoit fair par nous, ou aucuns de noftre party, le
ferons incontinent & fans delay reparer & amender ,& en outre vous pro-
mettons que ne vous requerrons & ferons requerir de faire chofe déro-
geante & au contraire des chofes deflufdites. Et fi d’auenture par nous ou
aucuns de par nous vous eftoit requis ou ordonné faire chofe préiudi-
ciable à ladite garde, Nous voulons que par vous n'y foit obéy ni obtem- :
peré durant ledit temps , & iufques à ce qu'ayons fait à mondit Sei-
gneur le Roy Îles _ & hommage , ou les offres & deuoirs deflufdits
felon le contenu dudit Traité. Doné en noftre Ville de Malines le der-
nier jour d’Auril, l'an de Grace mil quatre cens quatre - vingts - quinze.
ST on Et plus bas , Par Monfeigneur l’Archiduc. Signé Nwmans.
c feellc.
Tiré de La Chambre des Compte de Lille.
26
nn st Je
—
DV ROY CHARLES VIII GG ——
| : 1493.
Inffrucfion donnée par le Roy Charls VIII, à fe Ambaffadeurs à
Rome pour pourfuiure les Prouifions de l'Euefché d'Angers en
- , foucur de Iean de Rely fon Confeffeur.
Nsrrucrions à vous nos amez & feaux Confeillers le Sire d'Asbi- 1498.
(l y noftre Chambellan, & Cheualier*de noftre Ordre, Peros de Bache, :
ile Maiftre d'Hoftel, & 1ean Matheron Cheualier , Doéteur en chafcun
Droit, Prefident de noftre Pays de Prouence,tous nos Ambafladeurs, de ce
que aurez à dire de par Nous à noftre Saint Pere le Pape *, touchanc la * C'efois 4e
matiere qui s'enfuit. sand de
Premicrement , Aprez la prefentation de nos Lettres, & recommanda-
tions accouftumées, direz à nôftre Saint Pere, que vaquant ia pieça l'Escfthé |
d'Angers en Cour de Rome, combien que par les Concordats anciennement
- faits entre les Papes & les Roys de France conformes au Droit efcrit,noftre-
dit Saine Pere ne puifle & ne doiue difpofer des Benefices éle&ifs vaquans
à Rome ni ailleurs que ce foit, par le fceu & confentement de nous &
d'homme de ñoftre Royaume, à nous féable, feur & agréable: neanmoins
vn nommé Charles du Carret, par prieres & requeftes importunes, ainfi que
lon dit, obtint lors de feu de bonne memoire le Pape Innocent, que Dieu
abfolue, prédecefleur de fa Sainteté, quelques Prouifions d’iceluy Euef:
ché d'Angers, foy-faifant fort, & affirmant au Pape Innocent & à nos
tres-chers & Fe À amis le College des Cardinaux, que nous aurions agrea-
ble, & ferions contens de ladite Prouifon.
1tem , Direz que incontinent que fufmes aduertis de la vacation dudit
Euefché, voyant que les Anglois anciens ennetnis de noftre Royaume cf-
toient lors en grand nombre & puiflante armée en la Duché de Bretagne,
fur la lificre du Pays d’Aniou, defirant de tout noftre pouuoir, pour la feu-
reté de nous & de noftre Royaume, eftre pourueû audit Euefché de per-
fonne digne, feure & féable à nous & à noftredit Royaume, reduifans en
memoire les grandes vertus, literature, prudence, éloquence & fidelité de
noftre ame & feal Confefleur Maiftre Jean de Rey Doëteur en Theolo-
gie, efcriuifmes lors par plufieurs & diuerfes fois à iceluy Page Innocent en
faueur de luy, qu'il pluft à fadité Sainceté le pouruoir d’iceluy Euefché d’An-
ers, dont ne pufmes jamais auoir refponfe quelque pourfuite que fiflions
lire en Cour de Rome. |
1tem, Et quoy voyant les Chanoines & Chapitre de ladite Eplife d’An-
gers, qui defiroient fingulierement auoir noftredit Confefleur pour leur
Pafteur & Euefque, procederent à faire éleétion, lefquels bien affemblez,
les folemnitez en tel cas requifes , gardées & obferutes concordalement
& fans contention quelconque, éleurent iceluy noftre Confeffeur en leur
Prelat & Euefque, laquelle éleétion, qui eft fainte, iufte & canonique, fu
agréable non-feulement au Clergé, mais à tous les Nobles & à tout le peu-
ple dudit Diocefe,
?
Item, Que aprés ladite élection ainfi faite, pour coufiours nous. mettre en.
noftre deuoir, efcriuifmes encore derechef de noftre propre main à iceluy Pa-
pe Innocent, qu'il pluft à fa Sainteté confirmer ladite éle&tion. Mais ledit 4
Carrer, pour les grands port & faueur qu'il auoit lors en ladite Cour de
Rome, trouua moyen d’empefcher ladite confirmation, & à fa tres-grande
pourfuite fut deniée à noftredit Confefleur, & qui plus eft luy fut auñfi
deniée la difpe®fe de tenir le Doyenné de Saint Martin de Tours auec la-
dite Eglife d'Angers, dont & des eftranges termes & grandes rigueurs, que
on a tenu par-delà par cy-deuant en cette matiere, nous donnons moule
OOoo ii]
—— 66 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1.4 9 3. grand merueille, & ne nous en pouuons contenter; attendu le perfonnage
& cftimation de noftredit Confeffeur, qui eft fi prochain de noitre perfon-
ne & vnique en fon office. _
Parquoy noftredit Confeffeur, en ce qui reftoit à faire touchant fadite pro-
motion , voyant ce que -deflus eft dit, & la brieucté du temps de‘fa con-
firmation , fut contraint de vfer du Droit commun, & des Loix de noftre
Royaume , & fe fit confirmer par l'Archeuefque de Tours fon Metro-
politain. : | |
1tem, Et de toutes lefquelles chofes noftredit Saint Pere a efté par cy-
deuant aflez informé, mefmement par vous Pere de Bache, que enuoyafmes
l'an paflé deuers fa Sainteté, & qui requiftes de noftre part de cafler & re-
uoquer la prouifion dudit du Carret. Mais à caufe de voftre foudain parte-
ment, & qu'il vous conuint retourner par-deçà pour autres nos vrgentes
affaires, aucune conclufon n’y fut prife, fors feulement que noftredit Saint
Pere o€troya à noftredit Confeffeur vne difpenfe à vificer fon Diocefe par
Procureur, laquelle incontinent aprés voftre partement de Rome fut de- .
nice à noftredit Confeffeur, & qui plus eft fut baillé vn déuoluc audit du
Carret fa partie aduerfe. |
Finalement, Aprés les remonftrances deflufdices & autres que verrez eftre
à faire , vous requerrez de par nous en toute inftance noftredit Saint Pere
vne fois pour toutes, que attendu ce que dit eft, & mefmement que l’Euef-
che d'Angers au temps de la vacation d’icelle eftoit notoirement en lieu li-
mitrophe prochain des ennemis de nous & de noftre Royaume; qu'iceluy
Pape Innocent’, fans noftre fceu & confentement, en a pourueu ledit Mr
Charles du Carret, qui eft Eftranger, non ayant Lettres de naturalité, le-
quel n’auons aucunement agréable, ni ne le tenons feur ni feable à nous
& à noftre Royaume, mefinement pour ledit Benefice tenir, il luy plaife
cafler, reuoquer, annuler, & du tout mettre au neant la prouifion faite par
ledit Pape Innocent à iceluy du Carret, & fur ce luy impofer filence per-
petuel , & oétroyer à noftredit Confeffeur routes Bulles, prouifions & dif-
penfes neceffaires touchant fadite promotion, & y faire par maniere que
nous ayons caufe d’eftre contens de fa Sainteté, & nous louëér de fa bonne
luftice.
Et au furpl@&, confideré que ledit Confeffeur eft continuellement occu-
pé à l’encour de noftre perfonne, qu’il luy plaife ne differer plus à luy fai-
re expedier les Bulles de la difpenfe à vifiter fon Diocefe par Procureur,
laquelle noftredit Saint Pere, à noftre Requefte, & à l’inftance dudit Peron
de Bache, command: au Dataire dés le cinquiefme iour d’Aouft dernier
paffe; car ce feroit crop grande rigueur tenir à noftredit Confefleur, de luy
denier maintenant ladite difpenfe, aprés qu'elle a efté o&troyée, & aurions
caufe & matiere de nous douloir plus fort que deuant,
Traité entre le Roy Charles VIII. d'vne part, & Ferdinand &
Ifabelle Roys de Caftille & d’Arragon, d'autre.
s rot EH ÉRDINANDUS ET ÉLISABETH Dei gratis Rex G- Regina Cafflle, Le-
Pis gionss » Aragonum , Siciliæ, Granate, Toleti , Walentis, Galicis , Maiorica-
En Efpane VW» Hifbalis, Sardinis, Cordubz, Corfice, Murcie, Giennw, Mgarbie, Algesi-
l'année. com- YA) Gibraltaré € Infularwm Canaris , Comes € Comitiffa Barchinone, Domini
Hate Biftayæ C* Moline, Duces Athenarum € Neopatrie, Comites Roffilionis € Ceri-
Mer. * #anie, Marchiones Oriflanni G Gociani: Vniuerfis G@ fingalis prefentes Litteras
infpeéfurss , Saluvem. Sicur ex guerraram turbinibus, diffidiis G: $offilitatibus que,
zizanie fatore moliente, inter Reges G* Principes, @ prefertim inter finitimos ,
1 . ._ . . . .
Pro dolor, accidere folent, fanguinis efulio nimia , cedes multe,incendis crebra ,
DV ROY CHARLES VIII . 66;
depredationcs innumere, @ alia perniciofa incommoda, male aique demne vige-
re confucucrunt, fic à vefligio ex Pacis amenitate, amoris G: concordie, laus G* ob.
Jfequium immortali Dee, Gr alie quamplurima C laudabilia bona refulsare nemini
dubinm cf. Quid enim melius, quiduc viilius concordis @ Pace, five qua nulius Re-
gré flatus poterit cffe dinsurnus ? Quid enim fancfins, quid denique Pace épfa Deo ace
cepténs, teffante Chriflo Icf4 Redemptore noffre € dicente : In quamcunque domunx
intraueritis, primum dicité : Pax huic domui. Er akbi: Pacem meam do vo-
bis, Pacem meam relinquo vobis. Seéésnde Junt igitur, is quantum bumana
fruit fragilites, ilius vefligia C doéfrina cins Janitiffima ampleilende, nec minus
Pax inqhirenda, © totis conatibus proféquends , iuxta illud, In quire Pacem, &
profequere eam: Reges enim qui Pacem #nquifiuerunt, G can fènt profiquuii,
Jéruaucrunt Rezna, Cr ila dis obtinuerunt® ac iure bereditario poffederust ; quan-
dequidem in amicitie vnitate poteffates frmantur, Jubfifiitque validius, ac firmius
refiflit geminata virtus. Vique alia omittamus exempls , progeniteres Gr Predeceffo-
res mofiros Reges Sercuiffimos recolende memorie, necnon Pregenitores prade-
ceffores Chriffianiffimi Principé Caroli Dei gratia Francorum Regis, Fratri
C Confæderati noffri chariffimi, à MARS C dinturnis citra temporibus valiaiff-
mors nexs fœderum copulatos coligatofque beneficio @ tutamini Statuurm, Re-
&norum C° Jubditorum féorum ex co bene confaluiffe res ip/a edocuit. Inter alias
ÿgitur qu4 fumme cordi gerimus, «4 nos maxime cura temcet, vt Deo in primi
obfequemar, cuius volunsati tunc conformiores reddemur, f @ Nos d- prefatus
Rex Chrifsaniffimes arma fimnl capefcentes communes vires in bofles fidei verts-
mas, deinde vr amicitie debitum iuffi amici perfoluamus , Amicornm euim fides
és profberss feliciffimum eff folatiun, in aduerfis autem Jantéiffirmum prafidinm.
Rebiquans eff, vé Paci, quicti @ tranquilitati Regnorwm nobis à Deo ‘commiffo=
ram operam dermus, corumque rei publice debite confalamus , vt de talentis n6=
bis traditis dignam fibi reddere quesmus rationem. Proffscicutes prateres nulles
amicitias nullauc fœdera, que cum quibufuis Principibus G Potentatibus iniri ad
énuicem poffent, vtiliora , tutiors, feu conuenientiers , qwam noffra fibi, fsaque no-
bis in preféntiarum cffe fêu haberi, tum propter Janguinis vinculum, tum propter
finium Regnorum © Terrarum viriufque conisuitioner , tum CC ctiam quia ip-
Sem Regem Chriffianiffimum ob ingentes G° preclaras cius virtates nedum cari pen-
dimus, fèd ctiam miro amore complefimur. _4d landens staque, cbfiquium & glo=
riam omnipotentis Dci, cinfque orthodoxe fidei incrementum Viilitatemque, Pacem
C quictem, nedum Regnerum, Terrarum, Dominiorum G: Subditorurs vérin/que
noffrums, verum ctiam ‘unincrfe Reipublice Chriffiane, pro nobx I friffime
Principe Toanne, Principe Afturiarum & Gerundz, Primogenito woffre carife
fimo, G poff felices dies noffros immediate herede cr Vasnerfali facceffore, € pre
aliss faccefforibus ac vuiuerfis Terrw, Regnis, Dominsis @* fubditis noffré , Ami-
citiam, Vnioncm, Ligem , Inteligcutiam * Confæderationem cuns predicto Chrife
fianiffimo Rege, C cum vi Carolo Delphino Viennenfi ejss flio Le-
gitimo Cr faceffôre, pra cs wccefforibus , Regnw C vniserfis Dominis dr fsb-
dits corumdem , Ligam ipfam C Confæderationem continsando dr infequendo, ac
guatenus opus fit, municndo, Cr ipfe Rex Christianiffimus nobifcuns Pro fé, bere-
dibus, facceforibus Regibus Gr vniserfis Dominiis @ fubditis fa Ligam ipfam GC
Confæderationem continuando G: snfequendo,ac quatenus opus fit, muniendo, iniui-
mas, fecimns,conéordanimas, contraximes @ couclufimes, ti inimus, facimus, cons
cordamus, contrabimas d cancludimus f#b forms © capitulis tenori buiufnodi.
EqQuunrun.Arricali faëfi, concordati, firmati @: iurari inter d per nos
Ferdinandum -& Ifabellam Dei gratia Regem & Reginam Caftellæ,
Legionts, Aragonum, Sicile, Granate, Cc. pro nobis Gr IBuffriffimo loanne Prin.
cipe Afluriarum Cr Gersnde, primogenite noffro Cariffime , C* poff felices dies nofc
Fos, awxiiante Deco, hercde G facceffore pre ali beredibus noffris ac vniner-
149 2
664 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1 49 3.fis feccefforibus, Regnis T. erris, Dominiis, G fabditis noffrs ab ne, G nos Ca-
rolum eadem gratia Francorum Regem, pro nobis (a cariffimo filio noïfro le-
gitimo fhcceffore Carolo Delphino Viennenfi G* pre baredibus C fusccfforibas qui-
bufiunque, Regno dé vninerfss Terris , Dominiis C Jubastis noffris ab alia parti-
bus, faper amicitiss ligés > inteligensiss G .confæderationibus inter nos ad inui-
cem faétis ; métis concordatis Cr imratis. L
s, Ân primis, Nos dicri Rex G Regina Hiffante, d'Rex Francis, continsando GC
conféruando Confæderationes que ab antiquo fuerunt inter pradecejfores noffros Re-
ges Hifpanis C* Francie noffraque Regna C° Dominia, Pafrias G Dominationes,
fecimss , traéfauimes , concordanimus , firmanimus G paffauimus, facimufque, tra-
Eamss, G concordamuÿ , frmamus C pallamus bonam > VETAMS ; PUTAMS ; SNIEGTAM
Gr perfeitam Ligam, Confæderationer®, Concordiam infeparabilem Amicitiam
perpetuo G cunétis futurs tem oribus durafuram pro nobis ; beredibus C° fucceffo-
ribus noffris C cuinflibet er In quibus quidem Confæderationibus C Ligis
comprehendimus , comprehendere intendimws G volumus omnia Regns, Terras
CG: Dominia noffra G: cuiflibes noffrum , virinte quarum Confæderationnm , Liga-
rum de Amicitiarum tenemur, © féncri volumus © promittimus ad inuicem , @
legaliter quod alter alteri teto pole noïfro auxiliabitur G auxiliabimur , feu auxs-
lium prebchimus aducrfss C* contra quoféunque, G* quod nos declarabimus , G* ex
nunc nos declaramus , aperte vnum pro altero, videlicer nos dicfi Rex € Regina
HiSpanie tam pro nobis @ pro beredibus & fuccefforibus noffris quibufcunque,
quam ctiam pro omnibus Regnis, Terris G* Dominiis noffris efe colligates € con-
federates cum preditfo Chriffianifimo Rege faifque heredibus G faccefforibss,
Terris G Dominiis quibuftunque, tam contra Ançlicos ipfies Chrifiianiffimi Regis
Francorum antiques inimicos , quam contra Regem Romanorum , CG Archiducens
Comitem Flandrie cins filium , quamdis ipfé Rex Romanorum , vel prafatus Ar-
chidux filius fous facies vel facient guerram G* hoflilitatem, G* ipff vel alter eo-
ram reputabitur vel reputabuntur Gr crit decleratus, vel erunt declarati inimici
prefasi Chriffianiffimi Regis C Regni Francie, baredumque G facceforam C° Ter-
yarwm ac Dominiorum faorum, quam etiam contra quofiurique alios qui Junt,erunt,
ant effe poterunt quomodolibet in futurum inimici , maleuoli G* aduerarii preditti
Chriffianiffimi Regis G* Regni Francis, beredumque C* fécceforum ac Terrarum
+ Dominiorum fhorum per mare G* per terram , cuinféumque flatus C* conditio-
mis fucrint. |
2. Et nos prefatas Rex Francoruns pro parte noffra Cr pro beredibus € fccef-
foribus noffris quibufiunque, © pro Regno, Terris ° Dominiis noffri vninerfis fi-
mile facimus G faciemns, vicemque fimilem reddimus C reddemus prefatis poten-
siffimis Regi G Regina Hifpanie, heredibufque Gr Juccfforibus füis quibufcunque,
ac vninerfis G fingulis Regnis,Terris CG Dominiis corum aduerfus C* contra quof-
sunqne bofles, malenolos . aduerfarios prediéforum potentiffimorum Regis € Re-
gina HiShanie, beredumque C Lt Jfaorum quorumcnnque atque Regno-
sum, Terrarum CG Dominiorum fhorum ,qui f[unt, erunt, aut cjfe poterunt, quomo-
dolibet ir > tam per mare, quam per Terram , chiwfcunque flatss C con-
ditionis fuerint. | : |
3. Item ef connentum Gr: concordatum ad magis affecurandum predilfas Amici-
tias , Ligas C* Confæderationes, G* pro maiori earwm robore fécuritate inter nos,
Reges pradictos , hercdefque G* fucceffores noffros,quod iplas cafdem Amicitias, Li-
gas G° Confæderationes preferamus C anteponamus , vii preferimus C* anteponi-
mus omnibus aliis quibuftunque Ligis © Confæderationibus faitis vel faciendis,
cum quocungme Principe vel Principibus quicunque vel qualefcunque fucrint, qua-
cunque dignitate vel authoritate fulférint, Vicario Chriffi excepro, C quod Lige
ipfe, Amicitie C* Confæderationes remancant G* remanchunt, cafque remanere volu-
us in tali vigore C virtute, ac taliter quod fi contigerit quod aliquis Liçatus ©
Confaæderatus , ligandufque © confæderandus nobifium diléis Rege Cr Regina Hif-
panse,
DV ROY' CHARLES VIII. 66;
panie, vel cum bercdibus G* faccefforibus noffris infurgerent contra CG âdaerfus eun-
dem Cbrifianffimam Regem Francoram, beredes C* facceffores fuos, vel quod illi
tales vellent G fatagerent facere guerram tali in cafu, idque notifcando € notif-
cari faciendo, nos dicti Rex G* Regina Hifpanie, noffrique heredes @ fucceffores
tenchimur auxilisri G fhccurrere preditfo Regi Chriffianiffimo G fuis heredibus
Sfaccefforibus , quemadmodum boni fratres coligati @ amici amicorum ini-
mici inimicorum facere debent C tenentur, fine referuationc quacunque.
4. Et nos Rex Francorum praditfus, noffrique baredes Gr fuccefores quicanque,
pari modo tenemur G tenchimur fimile facere C* [imilem vicem reddere ergs ipfos
potentiffimos Regem C* Reginam Hifbanie corumque heredes © fucceffores FAT 0
que in cafu pradicfo.
$. Et cum hoc € ad magis G melius affecurandum © férsandum faperiss
declarats, nos dicfi Ferdinandus G Elizabeth Rex G Regina Hifpanie non co-
pulabimus feu iungemus 4/40 modo , matrimenio liberos noftros ,cum Regi-
bus Romanorum & Angliæ, neque cum liberis eorundem, seque cum aliis
snimicis declaratis diét: Chriffianiffimi Regis Francorum, abfque eiufdem Re-
sis voluntare & confenfu, € guod non auxiliabimur eis, cum quibus nos prafati
Rex © Regina Hifbanie filios noffros matrimenio copulabimus contra flatum
domum predicti Chriffianiffimi Regis , hercdumque G fuccefforum fuorum.
6. Item ef conuentum € concordatum quod 1lluffriffimus loannes Princeps Af°
turiarum G Gerunda primogenitus dileififfimus noftré ditéorum Regis @ kKegine
Hifpanie, G poff felices dies noffros hares & fucceffor noffer vniuerfalis iurabit in
prefénti tenere G° obféruare prediclas Amicitiss, Ligues C Confæderationes. Et vs
aqualitas © viciffitudo féruetur, nos difus Francorum Rex promittimus, pollice-
mur C isramus, quod chariffimus Cr diletiffimus filius nofler legitimus G faccef:
for Carolus Delphinus Viennenfis , poffguam peruenerit ad «tatem annorum duode-
cims, firmiter iurabis de tenendis inuiolabiliter G obferuandis dilfis Amicitiis , Ligis
CG Confæderationibss.
7. Item ef conucntum G* concordatum quod diéfi Rex © Regina Hifpanie pro
nobis, heredibnfque CG fuccefforibus noftris preditfis non recipiemus [éu inibimus in-
teligentiam aliquam cum quon Principe awt alio quocunque , qualifcunque vel
quicunque fucrit, quauss dignitate vel autoritate fulgear (iplo Vicario Chrifti
ExCCptO) 59 preindicium cuisflibet noffrum noffrorumque Regnorum , Terrarum
CG Dominiorwm in futurum. Si quid deliifum fuerit, id relemabitur ex vna parte
ex altera, adeo vt nihil fiat in preindiciwm dilfarum Ligarum GC Confæders-
tionum , que omni temporc féruabuntur de puntlo ad puncum.
. 8.ltem cf conuentum C concordatum quod licct nos ditfus Rex Francorum fi-
mas in bona poffeffione vfuque É titalo fuffcienti ad tenendum Coriratum Roffi-
lionis & Ceritaniæ *Ÿ ,g#4 pofféffionc cariflimus Dominus C* genitor noffer defuntfus
Ladouicus Rex Francorum, cuins anime propitietur Altiffimus, G* nos vfque nunc
gauifs fumus. Nibilominus babentes refhectum ad Ligas , Confæderationcs C Ami-
citias quas nos dicfus Rex Francorum , C° nos ctiam didfi Rex G Regina Hi$pa.
pie ad inuicem encre defideramus, G nos ipfe Rex Francorum volentes fätisfacere
Demandis © Requeflis, que pro parte dicforum potenti[fimorum Regis € Regina
Hifpanie nobis faite fucrunt,concernentibus ipfos Comitatus, promittimus ipfis Po-
tentiffimis Regi @ Regina Hifpanis facere dari poffeÎfionem corum , quotiefunque
àpff porentiffimi Rex CG Regina fecerint © nai) inter Ligas C Confedes
tiones , ilafque inrauerint in forms confucta, Gr dederifit fecuritates tam pro ipfis,
quam pro bonis Villis diéforum Regnorum C° Dominiorum fuorum : prouifo quod ,
toties quoties nos dicfus Rex Francorwm , heredefque G fücceffores noffri voluers-
mus G voluerint facere videri G vifitari Iura per nos pretenfa in ditlis Comitati.
bus , tam ratione Gex caufs ingagiamenti G impignorationss , quam alias quali-
tercumque fit, nos dicfi Rex © Regina Hifbanie, heredejque G° facceffores noffri
tenchimur cligere G* famerc Arbitros Gr 1udices neutros pro diféutiendo Cr determi-
PPPPp
1493:
* Cerdaigne,
dont la Vsle
de Puicerda
eff Capitale.
66 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1493. mando de diéfi Iuribus, Gr tenchimur Rex C Regina Hifpania, harcdejque fuc+
ceffores moftri cligere diétos Iudices, € de ilus fermis intra vrum menfim , pofijuam
de bis pro parte diéfi Regis Francorum Chriffianiffimi, hercduns @ fuorum fuccef-
forum fuerimus requifits. | .. |
9. Et fi nos predicfi Rex C* Regina Hifpanie , aut haredes € fucceffores noffri
recufänerimns aut recufaucrint id facere , dicfus Chriffianiffimus Rex Francorum,
ant cius haredes @ facceffores poterit vel poterunt recuperare peffeffiencm dittornm
Comitatunm Roffilions € Ceritanie, Cr premiitimus obcdire ©: acquicficre ludi-
cio quod Juper premil]is crit latnm , G reflituere praditéo Christiani[]imo Regi, he
redibus © faccefforibus fais realem Cr aifualem pafieffioncm diciforum Comitatuuns
Roffilions © Ceritanie, fi per ludicium ditforum Arbitrorum © 1udicum neutro-
rum jumptorum C* elecforum inter diéfas partes vel earum fucceffores ditfum cd
ordinatum fucrit,quod fic fieri debear ant alias, quemadmodum per ipfos Arbitros
Zadices neutros erit in totum dicfum C* detcrminatum. | |
10. Et fi conigerit , g#od Deus amertat, quod, pofiguam nos Rex Franco-
ram predicfus, fecerimus G compleucrimus pro parte noffra, id quod didfi Sereniffi-
mi Potentiffimi Rex C Regina Hifpanie nobs requiri feccrunt, concernens Co-
mitatus pradicios Roffilions C Ceritanie, GC quod pradilfi Sereniffimi © Poter-
tiffimi Rex GC Regina Hifbanie, heredefque fucctffores fai vellent integre obfer-
are © adimplere ea ,que per ditfss Ligas [nt promiffa Cr concordata, fuerinique
éudicata © sien sd ditéos Arbitros © Indices nentros :tali in cafs nos dicfus
Rex. Francorwm pro nobis, beredibu/que G faccefforibus noffris poterimns recaperare
pleno iure propria asthoritate fine aliqgus Summatione quibufcumque perfonis fa-
cienda, nec alio Minifierio Iufltie, ditfos Comitatus Reffilions G Ceritanie,
on facicmus, nec facere poterimus nos dicfi Rex © Regina Hifjanie, harcdejque
Œ fucceffores noStri uns vel ces impedire, nec pertarbare gaoquo modo, vt dicfums
eff, [ca renunciamus in cafu predicfo pra nobis, harcdibufque Cr fuccefforibus noftris
omni iuri proprictatis, dominii ©” paffeffionis que pollemus pratendere aut deman-
darc in dichis Comitatibus Roffilionis Cr Ceritanie; © poreris ditfus Rex Chriffia-
#iffimus , fuique heredes © fucceffores pradicti poterant Je ponere in tali G fimils
pUefione G gaudentis ,in qua ipfe Chriffianifimus Rex eff de prefenti.
11, Îtem, ff per Sententiam GC: indicium diforum Arbitrerum € Iudicum
predicti Comitatus Roffilionis @ Ceritanie fuerint adindicati nobis prefats ReciC
Regina Hifpanie, vel baredibus @ fuccefforibus noffrw predicfis , eo in cafs vt
vtrinque aqualitas féruetur, Nos dicfus Francorwm Rex , haredefque € fucceffores
noffri predicfi tencbimur dare pro ditta fecuritate G obferuationc dicfarum Liga-
ram G Confæderationum , compenfationem C* taxationcm squalem talem,que crit.
ordinata per difos Arbitres C° ludices qui de ilis determinabunt, quemadmodum
? vidcbitur cis facicndum per rationcm. Et fimiliter ff per dites Sententias dilfo-
sum Arbitrorum GC Indicum ipfi Comitatus fuerint adisdicati ditfo Chriffianifi-
mo Regi Francie vel faccefforibus fais, in eum cafans nos ditii Rex C° Regina Hif
panie, few beredes G fucceffores noffri tenchimur dare aliam talem fecuritatem pro
ebféruatione dictarum Ligarum , quemadmodum per diltos Iudices C Arbitres erit
ordinatum , C° fubditi ditforum Comitatuum féruire, obedire € recognofcere in Do-
minum dicfums Chriffianifimam Regem Gr ficceffores fuos, @ cxoncramus à fobie-
CFione , iuramento @ obcdicntis in quibes poffent tencri mobis dictis Regi C Regi-
24 Hifpanie C° fhccefforibus noffris preditfis ad canfam ditiorum Cemitatnum,
abfque eo quod aliquid ab Gfdem fabditis pofit guerelari vel peti, neque ctiam
quod pofint incurrere aliquas pœnas apud nes. Et ideo nos predilfi Rex @ Regi-
n4 Hiffanis promittimus pro nobis, beredibufque fuccefforibus noffris predictis,
quod nunquam faciemus aliquid quod fit in damnum, defaduantaçinns CG prais-
dicium dicfi Chriffianifimi Francorum Regis O* faarum Patriarum , Terrarum
Dominiorum , quocunque modo fucrit, tam de faifo, féitu, quam alias, C ita
inramus @ imrabimus folemniter ei, meliori forma © mode guibas fieri pererit,
DV ROY CHARLES VIIL 667
Gad hoc nos obligamus fab Cenfuris Ecclefie , noffris Sigilis G: Signaturis nof° 1 4 9 3
tris propriis manibus munitis, antequam poffefio dicforum Comitatusm Roffilionis
© Ceritania fit mobis predithis Regi C Regine Hifjanie tradita.
12. Pro quorum guidem Comitatuum traditionc Gr deliberatione nos predicfus
Francorum Rex donauimus C* damus poteffatem confanguince noffro Comiti de
Montpenfier, vel confanguineo etiam noffro Ludouico de Ambafia Albigenf * dou 2
Epifcopo, accipiendi, fes adipifiendi in manibus [his Caffra, Villas, Oppida & ” É
Fortalitia dicéorum Comitatuum ad tradendum © deliberandum poffeffionem eorum
Gr earum predictis Sereniffimis G Potentiffimis Regi G Regina Hifpanie, vel Com-
miffis aut Depuratis ab es. R
13. Tamen anscquam tradatur CG deliberetur poffefio ditforum Comitatuwm,
Nos praditfus Francorwm Rex intendimus C° intelligimus quod praditfi Poten-
tifimi Rex C Regina HiSbanie, © 1luffrifimes loannes Princeps Affuriarum
© Gerunde, corum primogenitus sarabunt perfonaliter in praféntia alicuius per-
Jonæ, per nos Francorum Regem preditfum ad eos füper hoc miffe vel mittends, de
bene, lgaliter G* integraliter cuflodiendis , obféruandis &: continuandis per cofdens
Regem Reginam , haredefque € fücceffores fuos , faaque Regna G: Dominia pre-
diitas Confæderationes € Liges. Et fimiliter iurabunt hoc @ promittent due ex
bonis Villis fé Ciuitatibus Regnorum, Terrarum C* Dominiorum ipforum , vide-
licet, Cæfaraugufta &- Barchinona, @ dabunt de hoc [ua Sigillata G* Securitates
in manibus pradicfi Epiftopi Albienfis. Qui quidem Albienfis Epiftopus iurabit Cr
promistet quod illa non mittet extra manus C polfe fuum , donec G+ quou/que pof-
Jefio ditforum Comitatuum G: Dominationum fucrit C fit tradita pradittis Poten-
tifimis Regi C Regina Hifpanie.
14. Et cum hoc ipfi Potentifimi Rex © Regina promittent @ affecurabunt de
bene Gr legaliter trattando fubditos manentes G* habitantes in dicfis Comitatibus, cr
quod non facient, paticntur aut permittent eis fieri aligua mala vel inconuenien-
tia indebite in perfonis G* bonis corum, Ce fignanter illis qui feruierunt nobis Re-
gi Francorum pradicfo, vel Domino Regi Ludouico guondam cariffimo genirori
noffro , cuius anima in pace requieftat, co durante tempore, quo Comitaius © Do-
minis predicfa in manibus noffrum extiterunt. |
__ 15. Et hoc faëto, sos predittus Francorum Rex tenchimur G tenemur tradere
G* deliberare realiter de fatto poffefionem preditlorum Comitatuum © Dominio-
ram intra tempus quindecim dieruns proxime féquentium , predictis Potentifimis
Regi € Regina Hifpanis [eu Commifiis G* Deputatis ab eis. Refpefu vero Iura-
mentorum , Securitatnm C* Sigillatorum duarum aliarum Vilarum [tu Cinitatum
pradiéforum Regnorum GC Dominiorum, Nos preditfus Rex C* Regina Hiffanie
tenchimur C* tememur fornire féw complere Sigillata ipfa intra tres menfes poft di-
am poffefionem traditam. Et nos pradictus Francorum Rex fimile faciemus ex
parte moffra, ac fimilem vicem reddemus erga preditios Potentifémos Regem €
Reoinam Hifpanie, G fignanter promittimus fornire feu complere Iuramentum Vil-
darums feu Ciuitatum Tholofe € Narbone äntequam predita poffeffie tradatur.
16. Et erunt per gentes, Offciales € Seruitores predicfi Regis Chriflianifims
recuperate C* accepte omnes prouifiones tam machinarum , vicualium , quam alia-
rum rerum exiSfentium in ditiis Villis G° Caffris preditforum Comitatuum Roffilio-
#is O* Ceritanisæ pro deférendo cas vel ea in Patria Occitans C* in loco vel locis ip-
fus Patrie vbi dicfo Chriffianiffimo Francorum Regi magis placueris.
17. Et fimiliter recipientur © recuperabuntur denarii terminorum efcaduto-
rum G debitorum ficuii efcadent sfque in diem dicfe poffeffionis. Et fi poff di-
Fam poffeffionem traditam aliquid de dicfis denariis debcbitur , debitores corum
compellentur ad pro ei foluendum realiter C* de faëto. Qui quidem denarii tra-
dentur Thefäurario G* Offciariés predicfi Chriffianiffimi Reg Francorum C° aliis
quibus deberi poterant. Qui quidem ctiam denarii qui fünt vel cffe poterunt ref-
fantes ad recuperandum #14 6m aliis denariss qui recepti 1. G* recuperati
Pppi
1493:
668 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
per eundem Regem Chrifiianiffimwm à tempore quo ipfé © Chriffianiflimus Rex
Ladouicus quondam genitor fuus babuerunt © tenucrunt dicfos Comitatus C Do-
minis, crunt Ge remanchunt miilitati Re. L4bjque co quod nurquam praditli Rex
Gr Regina Hifpanie , harcacjque G fucceffores fui poffint illos petere nec de illis
quicguam querelari preditfo Regi Chriffaniffimo , vel fuccefforibus fui tam pro éi-
éi denarix receptis C recipiendis , quam pro demolitionibus factis in Vis , Caf-
trés G Fortalisis predicformm Comitatuuwm.
18. Excepto remen qued in cafy quo ditfus Rex Chriffianiffimns voluerit fa-
cere demsandam, vel procedere ad faciendam difiufionem de 1uribus [uis, & habes-
” dum ludicinm à diéfis Arbitris,in cum cafum qualiber partiwm praditfarum poseris
{6 inuare de omnibus G quibufiunque ivribus ais tam in principals quam quate-
pus concernit fraifas , redditus , demolitiones Cr alia intereffe pretenfa per qguamli-
bet dicfarum partium.
19. Ecintendunt, /w inteligunt partes preditfs, quod manentes G* habitan-
tes im pradictis Comitatibues , GC fimiliter [ubditi preditforam Regum fine int Cle-
rici, laici, Nobiles, aut alii qui habeant bons ei pertinentia in predicfis Comita-
tibus, Regnis @ Dominiis, fine ad canfam corum ‘vel nxorums faarum, ant Bentf-
ciorum , ant ali4s , flabunt, @ reuertentur in gandentia prediéterum fsorum bone
rum ; nonobffantibus quibufinnque bannis ant confifcationibus qua faite fucrint
ob casfam feruitioram | partitormm [êm adherentiarum utriufque Partinm pradi-
éfarum , exceptis tamen frucfibes G" penfionibus perceptis, retentis feu. leuatis, que
remanchunt apsd cos qui ilos vel ils leuancrunt, retinserunt © réceperunt; ex-
ceptis etiam fraclibus G* penfionibus flantibus © qua ffant ujque in diem tradite
poffeffionis. |
20, Et poterunt habitarores @ fnbditi ntrixfque Partiam praditfarum libere
ad insicem communicare cundo, veniendo G flando, ff bonum cis videstur, abf-
que ce quod fuper hoc aliqualiter impediri pol]int.
21. Item, @ quia Principibus faculi conuénir Statum Ecclefiafficum G* perfe-
sarum Ecclefafficarum pretegere, tueri G manire : idcirco ad tranquilitatem ba-
bendam, C: ad fedandas qwafiunque lites G- contronerfies ; qua inde oriri pol]ins,
eff consentum G* concordatum inter Sereniffimes C Potentiffimos Principes pra-
dicfos qued Reuerendi G* Vencrabiles Patres in Chriflo Georgius de Ambafia,
Archiepifiopus Narbonenfis, Carolus de Martini, Epifcopus Elnenfis, Petrus de
Ablaco, Lecforenfis Epiftopus Abbafque Graffénfis, Antonius Perrus de Nar-
bona, Vabrenfis Epifcopus , @ Abbas Foniis frigidi, Antonius de Narbona,
Arularum Abbas, Perrus de Santo Thamant, Abbas Sancti Michaëlis de Tu-
xano, Ludouicus de Auenabulo, Adminiffrator perpetnus Monaffcriorum Beat
Marie de Regali Perpiniani C* Sancti Gencfii de Fontanis, Deodatus de Nar-
bona, Abbas Sanéti Andres de Sureda, Anthonius Vaquerii, Abbas Ville lon-
ge, Magifler loannes Leris , Legum Doéfor, Archidiatonws Elnenfs , Petrus
Galeti, Picariws Elnenfis , Reginaldus de Martini, Canonicus Elsenfis, Œ
Adminiffrator perpetuus Prieratus Brate Marie de Campo ditfe Elnenfis Diece-
fs, Petrus Torti, Comducferiws Elnenffs, G* alis quacunque Perfone Eccleffafis-
ce, obtinentes Epitopatus G* Pontificales Dignitares, Abbatias , Archidiaconatus,
Canonicatus , Prioratus, Prepofitures, @ alias quafiunque Dignitates, Offkis ©
Bencficia Ecclefiaffica régularia vel fécularia , curata, fimplicsa C non curata in
predicfis Comitatibus Roffilienis G Ceritanie, fiut principalé fandatio ac fèdes il-
lorum fit intra dictos Comitatus fine extra, C* fignanter in Regno Franciæ vel
Dominiis illi adiacentibus, G* ad casfam corum, fiue ex mnione Apoflolica, fine alies
obtineant Villas, Oppide, Caffra @ Fortalitia cum mero C* mixto Imperio Cr in-
rifdictione , fi quod vel que ad caufam diéfarum Dignitatum , Bencficiorum , Vills-
rum , Caffrorum, Oppidorum G* Fortalitiorum jibi pertinent, cenfus , vfatica, cen-
Süalis @ alia quacunque Iura, redditus G emolumenta, in diéfis Comitatibus ea
perinde nt antes babere pacifice, C quicte obtinere , poffiaere > adminiffrare, exer-
ae
pv Roÿ CHARLES VII. 669
RIRES ES CRE
cer percipere valeant, ac fi gfent naturales C7 criundi ex dilté Comisatibus 1 4 9 3.
Roffdionis G Ceritanie aut Principats Catalonie , nonobflantibns diéfa Comi-
satunm refitutione, © quibufunque Pragmaticis Sanifionibus , Conffthtionibus
Catalonit, Ediclis C* Ordinationibus Regiis, vel aliis quibufcunque contrarium for-
taffe diSboncniibus, ctismfi maiori expreffione verborum indigerent. Reféruato ra:
men Inramento fidelitatis dictis Sereniffimis ° Potentiffimis Regi G* Regine Hif:
panie & Juccefforibus [uis preffando à füperins nominatis € «ab ali quibuftunque
qui Bencficia in ditfis Comitatibus poffident feu poffidebunt. 46 ctiam reféruata cif°
dem Potentiffimis Regi G Regine Hifbanie, barcdibufque Cr faccefforibas fuis fa-
culsate G* poteflate munsendi caffra G* Fortalitia Alcaydis, gentibns, armornm , ma:
chinis, dr ali inffrumentss [eruientibus ad guerram in cafs neceffirati , fine ta:
men praiuditio lurimm GC libertatum Ecchfis, ac etiam Kegiarum Preeminentia-
ram. Referuato etiam quod diëfis Pralatis G aliis quibufunque Perfonis Eccle=
fasticis dicfes Dignitates @ alia Beneficia poffidentibus per hanc Concefionem non
aitribuatur, nec attribui poffit modo aliquo mains lus in ipfis Dignitatibus G Bene-
ficiss, Gad eas C ea qua cis de jure inffitia pertines C fhcitlat, Verum fe ali-
qua Controncrffa [és Quaffio oriatur faper titulo fé titalis ditfarum Dignitatum,
aut bencficiorum manutentis in fais polfefionibus , cis qui ipfas Dignitares G Bc-
nefcia in prefentia offident , Controuerffe ant Æuaflioses Titulorum ipfaruns
Dignitatum pr nt per Renerendam Archicpifcopum Narbonenfém Metro:
politanum terminentur G@ decidantur. Ipfs tamen dilfus Dignitates C Bencf-
cis nunc poffidentibes faper pofféfforio slorum non turbatis feu inquictatis,donec
quoufque per ditfum Archicpiftopum J#per hoc Partibus auditis aliter fuerit ordi-
natum CO PTONUnCiaÎRm. |
22. Et fi aliqui Ecclefiaffici, quicunque fint, velint ad dicfum Regnum
Francis tranfire , aut in codem morari ; hoc libere facere poffint d valeants
abfque co quod ob cam caufäm in Bencficin fi poffit ci aliquod impcdimentum
fers.
23. Et ex tenore preféntw Tralfatus remittusiur G° indalgentur per Nos pre-
dictos Regem G Reginam Hifjanie omnes cafus, crimina G° delitfa à quibufiun:
que fabditis, cuinftunque flates vel conditionis fucrint, commifi G: faifi, commiffs
Gr faéfa propter feruisinm prefliturs , adherentiamque C- obcdientiam per cos praffi-
tas defuntio bone memoris Ludouico Regi Francorum , G° Chriffsaniffimo Regi
Francorum feliciter regnanti, ratione vel ad camfàm duntaxat guerrarum faifarum
occafione dicfornm Comitaisum , taliter G tali forms god nunc vel in faturum
mon pofiis eis aligna moleffis inferri in perfonis corum, ant bonis occafionaliter
quomodocunque fucrit ex canfa prediéfa. Quin imo, premifñs non obffantibus , re-
tineant rvel recaperent bons [ua , C illis vtantur C° gandeant pacifice. Et fimile
fat ex parte predicti Chriflianifimi Francorum Regis,
24. Et promittetur @ promittitur viris Eccleffafficis, Nobilibus Cr aliis qui-
bufcunque diéforum Comitatunm Rofilionis @ Ceritanie, cuinféunque ffatus vel
conditionis fint vel fuerint,quod fi aliqui vel aliquis corum ivelit ant vclint refide-
re vel remanere in ftruitio Chrifanifims Reg Francorum, pradicti ei vel eis id
biberum cexiflat, G quod ils vel ilhs Jic refidentibes vel remanentibus in perfonis
Gin bonis füis, ant familiarium C° féruitorum forum non fiet aliquod impedi-
menturs , vel diffurbinom , aut opprobrium direële vel indireites imo illi tales vo:
dentes remancre, fi qui fint, vel fucrint, gandebunt corum bonis , reuenutis , vel red-
ditibus. Et poterunt Nobiles C7 alis laici predilfi tenere in ei[dem Comitatibms
nxores, cormm liberos G familiam, quemasdmodum ° taliter facient ali commo-
rantes G habitatores corumdem Comitatuum , aliorumaque Recnorum G Dominio=
rum prefatorwm Potentiffimorum Principum.
25. Qui quidem pradicli poterunt vendere G alienare quocunque mode C
titulo, per fe, vel per Procuratores fuos dicta cerum bons, C pretium ipforum bo-
merum fhorurs alicnatorum in nus fhes conueriere, aut lies de ipfis difbonere «d
PPpp i
1493
67o OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
. fai libitum C° voluntatem; G* de nono permittitur C* permittetur cis ire, merari
@ refidere , fi bonuwm cis videatur , in eadem Patria. |
26. In præmiilis rames non erunt neque fnt aut inteliguntur «fe compre-
benfi feu inclufi féclerati viré, criminofi, G° qui exigentibus facinoribus fuis [en
delichs punitionem merentur condignam. Std ut Iuffitia aqualiter feructur, C
Reipublice debite confulatur, remitientur diéfi fcelerati criminofi féu delinquentes
de una parte ad aliam, C* vice muius debito modo fécundum formans luris d
Iufftia. |
27. Et ultra permittetur G permittitur fabditis G vafallis quibuftunque dicfi
Chriflianiffimi Francorum Regis feraire & adharere Celfitudinibus C Maieffatibus
pradictorum Potentiffimorum Regis cd Regina HiSbanie. Et vice mutua permit-
titur @ permitictur fabditis G vafallis quibufcunque cornndem Potentifimorum
Principum Regis C* Regina Hifpanis fersire Maicffats CG Celfitudin: praefati Chrif:
tianifimi Regis Francie , nomobffantibus Confltutionibus € Pragmaticis San-
éionibes, Legibus generalibus G* particularibus ; terrarum, CG Promifiionions fe
pollicitationibus quibufcunque premiflz facultati, G* aliis preditlis contrariantibus
fes repugnantibus. Quas quidem Confhtutiones G Pragmaticas Sanitiones , fi gu4
Jint, premifiis contrariantes refpeiiu pradictorum » Regis Maicffates predicfa nullius
effe voluns roboris atque momenti.
28. Item ef concordatum G* consentum quod pro obféruatione Commer-
ciorum G rei mercantilis, G* ut ipfa Commercia Mercatorum , Regnorum C Ter-
rarum predicfarum utilius fiant G conducantur in fecuritate debita CG ad ati-
litatem Reipublice, quod nos diéfi Reges ab utraque Partium facicmus & no-
minabimus videlicet quilibet noffrum pro parte [a aqualiter conferuatorem ver
conféruatores pro conferuandis C* manusenendis prediciis Commerciis @ Merca-
toribus. |
29. De quibus omwibus fupradictis fient C* expedientur Litters in meliori for-
m4, qua fieri poterit, pro fécurisate Partinm pradiifarum. Quas quidem Amici-
tias , Ligarum nexus, Vniones, Confæderationes perpetuas , Concordiamque finalens
ob ciufdem Domini noffri Ief# Chriffi, Creatoris G* Redemptoris noffri rewerentiam
(fab cuius nomine omnia ad fine falutarem C perfeifum rediguntur ) nos pre-
diéfi Rex G° Regina Hifpanis intuimus , promifimus , concordauimus , firmaui-
mus C israuimus , inimns, pollicemur , promitiimus, concordamss , firmamus , C*
juramus füaper Sancta Dei quatuor Enangelia corporaliter Ge manualiter per nos
saifa bons fide G* in verbo Regio tenere , adimplere , G* inuiolabiliter obferuare, pro
nobis, Regnis, Terris, Dominiis G* Ditionibus noffris ea omnis,O* finguls que ad
nos attinent, attinereque poffunt G* debent, fingula fingulis referendo, prout in
idem Articulis continetur G* cauctur , Ô* contra ipfos C* ipfam ; quouis modo di-
recte vel indirecte non contrauenire , fub obligatione G* hypotheca omniwm bono-
runs noffrorum preféntium G° futurorum , necnon C* fub pæma periurii, quam Rex
CG Regina Pains tali café incurrere. Et pro pramifiis firmius adimplendis fuppo-
féimus C fabmifimus , fspponimulque G* fébmittimus perfonas noïtras C: faccef-
fôrum noffrorum, Regna C* Dominia noffra prefata fabmifonibus , renwnciation-
bus, obligationibes G: pænis contentis in prefatis Articuls , © pariter Cenfuris
Sanéfe Sedis Apoflelice: volentes quod ad maiorem firmitatem preditiorum : om-
nium C* fingulorum Littere Apofholice Japer ipfis fortiores GC meliores difamine
Sapientum, fubffantis tamen non mutata, confictantur, eafque tradere tencamur , ac
etiam teucantur fucceffores noffri quoties per prefatum Chriffianifimum Regem
Francorum , carifimum fratrem GC Confæderatum noffrum , aut cius fücceffores in
Regno C Dominiis ill adiacentibus fuersmus aut fuerist requifiti. 1n quorum
omnium GC fingalorum fidem & teffimonium prefentes Litieres manibus noffris
fignauimus , Sicillorumque nostrorum munimine iuffimus roborari. Datum 5x
20ftra Ciuitate Barchinonz, decimo-nono menfis Ianwarii, anno à Natiuitate Do-
mini 1493. Regnorumque noïfrorum, videlicet, Siciliæ anno 26. Caftcllæ &
ee
DV ROY CHARLES VIII... 6:
Legionis 20. Aragonum vero @ aliorum 1 5; Grapatæ autem fécundo. Ainf
figné , Yo el Rey, To da: Royma M
Eco Ioannes de Coloma, Seremifimorum &: Potentiffimorum Dominsrum
Regis @ Regina Hifpanis ; Dominorum neftrorum Sccretarins , C° Apañtelica 4c Re:
gia aucforitatibus publicus Notarins, bec omnia [crjbi feci, de mandate Celfisudi
sum fuarum, caque inffh caruw mans propria fignaui, in fidem € teffimoninm
pramifforurs. — | ne +
Er Nos Ioannes Princeps Afturiarum & Gerundæ , Dux Monti/albi,
© Dominss Cinitatis Bala GATÉt , Maicflatum pradiitarum Serensfimorum C:Pe-
tentifimorum Dominorum Regis G* Regine Hifbanie, parentam C* Dominétum
meorum colendifimorum primogenitus , in omnibufque Regnis Cr Terris fais gene-
ralis Gubernater , Cr poff felices G longanos dies [was mninerfalis beres Gr faccefe
Jor ciufdem , paternis motus.refpectibus , buinfmods Amicities, Ligas, Inteligentiss
CG Confæderationes , omnis C° fingula defüper contents, in quantum ad nos at-
tinent, vel quemodolsbet in futurum attinere poterunt, promitiimns Gr policemur
ôn verbo Principis ac ctiam iuramws ad Dominum Deum G* cius fénifa quatuer
Enançclia manibus noffris corporaliter taila, tenere Cr obferuare, ac teneri . ebfêr-
#ari facere in emnibus G* per omis iuxia corune fériem G° fenortm , GC contre ca
directe vel indirecte non fasere vel venire ; fub obligatione G hypethecs omninm
bonorum noffrorum prefentium C futurorum, Jàb pæna periurit. quam -Princeps
poteff in tali cafw incurrere. Et pro premifiis firmins sdimplendis, fppefhimus Gr
fubmifimus fupponimufque C fubmitiimus perfonam. noffram fibmifienibas, re-
1493
19. Ianuier
1493.
nunciationibus © pœnis contentis it prafatis Articulis, C pariter Cenfuris Sancte |
Sedis. Apoffolice , eis modo G forma , quibus preditfi Serenifimi © Potentiffimi
Rex G* Regina, parentes G Domini noffri colendiffimi fe féppofuerunt & fubmi-
férunr. In quorum omnium @ fngulorum fidem € seflimonium prafèntes Lit-
teras mané noffra fignäuimus , Sigilique noffri munimine $uffimus roborari. Da -
tum is Cônitare Barchinons decimo-nono men 70 Jannarit anno à Natiuitate
Domini 1493. Yo el Principe. °°. °. .
Eco preditfus Toannes de Coloma,, Regiss G Reginalis Secretarius; ein f°
dem authoritatibus publics Notarius, ac ctiam dicfi IÜnfiriffimi Domini Prinsi-
pis C primogeniti Secretarins, praditfa de fus Serenitatis mandate ftribi feci, G
mans propria fignani, in fidem C tcfirmonism prewifforum. . un
Les Confuls- de Perpignan , à Madume de Bourbon, Lay mandent qu'ils
veulent demeurer Suiets du Roy, é7 ne fe point rendre |
ah Roy d'Efpagne.
RES-HAvTE & puiflante Princefle, & noître tres -redoutée Dame,
plaife vous fçauoir que nous vous enuoyons les doubles des Lettres
qu'il a plu au Roy noître Sire nous efcrire, & le double de celles que à pre.
fent luy enuoyons, afin, Madame, que vous foyez informée de noftre in-
tcntion, comme voulons eftre & demeurer perpetuellement bons Suicts du
Roy & de fa Couronne, & viure & mourir fous la fuietion d’icelle; com.
me plufeurs fois, Madame, vous en auans auertie, Auec ce de prefenr,
Madame, ferez informée de ce qu’il a plu au Roy par fes Lettres nous
declarer comme il nous tient bons Suiets, & nous défendra contre tous.
Pourquoy, Madame, fi ainf eftoit, de rendre ce Pays, & nous bailler
aux mains du Roy d'Efpagne, ce feroit fait au tres-grand dommage, préiudis
ce & deshonneur du Roy & de fa Couronne, & de tour le Royaume,
RSS CE ————
_— 672 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1493. & en fpecial de fon Pays de Languedoc noftre voifin, duquel, Madame,
È Monfeigneur & vous auez la charge; & pouuez penfer ; Madame, le dom-
mage qui en peut venir, fi le Roy nous baille audit Roy d'Efpagne, & aprés
ne vouloic eftre born amy du Roy. Vous eftes, Madame, la Princefle de
touc.le Royaume qui en ce deuez veiller plus que tout autre, & pour ce
défendre telles chofes comme nous-mefmes pour beaucoup de raifons, Nous
j vous en aduertiflons , Madame, volontiers, pour la finguliere confiance que
auons en vous, & vous fupplions , & pour Dieu prions & requerons que
fur ce, par les remedes que à ce appartiendra, vous plaife y pouruoir, telle-
ment qu’il y foit remedie , & pour que cels brouïlleurs & inuenteurs de
maux foient punis iouxte le cas ; & vous plaife, Madame, d'en bien auertir
le Roy, afin qu’il luy plaife de ne permettre en nulle maniere de parler, &
mefme faire telles chofes. Et vous fupplions, Madame, qu’il vous plaife d’ef.
tre diligente à bien défendre par luftice ce prefent Pays & Comté, qui #4»
ont couffé am Roy G' an Royaume, & en fpecial au Pays de Languedoc, & où
ledit Seigneur a fi bon droit, dont vous en aduertirions bien quand befoin
en feroit; & que nous eftanc à prefenc fous la charge de Monfeigneur voffre
mary, & de Monftigneur de Montpenfier, le Royaume ni nous ne prenions vn
tel dommage, comme de nous bailler audit Roy d'Efpagne. Madame, en
- cecy vous y auez voftre intereft fi grand par ce que dic eft, que y deuez
bien penfer pour y remedier; & de ce faire vous en fupplions, & à tant
prions à Dieu, tres-haute & puiflante Princefle , & noftre tres-redoutée
Dame, qu'il vous ait en fa fainte garde. Efris en Perpignan le quatrieme
jour de Iuin. ÿos tres-humbles @ obéifflans féruiteurs , les Confuls de L: Pile
de Perpignan. Et au dos eft cfcrit: C4 rres-baute Gr puiffante Princeffe, G: nof°
#re tres-redoutée Dame, Madame la Duchefle de Bourbonnois. | |
Le Vicomte de Rode, à Madame de Bourbon. Luy mande que ceux de la
Ville de Perpignan veulent demeurer fuiets du Roy, € qu'ilsnefe
rendront an Roy d'Efpagne que par force.
4. Inis T'Res-HAVTE & puiflante Prigcefle, & ma tres-redoutée Dame, fr
us tres-humblement que faire puis me recommande à voftre bonne gra-
ce, à laquelle plaife fçauoir, comme depuis que vous ay efcrit n’eft furuenu
aucune chofe dont foit befoin vous auertir; mais toutes chofes par-decà fe
portent bien, Dieu mercy, au feruice du Roy, de Monfeigneur, & de vous, &
feront auparauant à l’aide de Dieu, & de ce qui furuiendra incontinent
vous en aduertiray. |
Madame, depuis que le Maiftre d’Hoftel du Roy, Ican François, eft pañle .
en Efpagne, eft venu bruit en cette Ville, & felon que l'on dit eft venu
d’'Alby, que le Roy cftoit deliberé rendre cette Comté de Roufüllon & Cer-
daigne au Roy d'Efpagne, & que ledit Maïftre d’Hoftel en a fait offre audit
*al. Madame. Roy d'Efpagne. À cette caufe, Monfeigneur *, les Confuls efcriuent au Roy
& à vous, & fe font tirez deuers moy, en me remonftrant qu'ils font deli-
berez viure & mourir fous le Roy, Monfeigneur, & vous, Madame, & qu’ils
font émerucillez d'vn tel bruit, & que iamais ils ne feront au Roy d’Efpa-
_ gne que par force; & que au cas que le Roy fuft deliberé de ainfi le faire,
Émis s'en veulent défendre par Iuftice, & m'ont fignific que fur ce ils font
eliberez enuoyer deuers le Roy, Monfeigneur, & vous, Madame, vne Am-
baffade, & monftrenc que de tel bruit font tres-déplaifans; & foyez certai-
ne, Madame, que ceux qui menent tel bruit n'aiment point le feruice, &
font dignes de grande punition, & pour ce Madame vous plaife penfer ce
mari," que couffe Rowfillon a# Roy G à fon Royaume, &e que c’eft le meilleur 7
|
DV ROY CHARLES VIII 6;
que peut auoir le Pays de Languedoc, duquel Monfcigneur & vous auez 1 49 3.
la charge, & les droits que le Roy y a, & les inconueniens que en bail.
Jant Rouflillon s’en peuuent enfuiure, & de tout vous plaife, Madame, ad-
uertir le Roy, en priant Dieu, cres-haute & puiflante Princeffe, qu'il vous
donne bonne vie & longue, & accompliflement de vos defirs, £fris en
Perpignan le quatriefme iour de Iuin. Fofre tres- humble G abéffant feri-
teur, le Vicomte de Rode. Et à la fuperfcriprion ef efcrit: LA tres-bante, puiffante
Princeffe, @ tres-redoutée Dame, Madame la Ducheffe de Bourbon. |
Pris fur l'Original.
Defcharge de la Will er Chaffeas de Perpignan, en faucur de Monfeur
ou | le Duc de Bourbon.
| | L : .
Gels | Ow-rs PAR LA GRACE DE Dieu Roy De FRANC=: À noftre 7. Isikes
tres-cher & tres-amé frere & coufin /e Duc de Bourbonnoës & d Auuer- 71:
gne, ayant de par nous la Charge & Garde des Placés & Chatel de Per-
pignan, Salut @ dilectien. Comme entre autres chofes, afin de parache.
uer les craitez , alliances , amitiez & confederations faites entre tres-
7 hauts & cres-puiflans Prince & Princefle, nos tres-chers & tres-amez fre.
re, fœur & alliez les Roys & Reyne de Caftille, de Leon, d’Arragon, de
Grenade, &c. noître coufin le Prince leur fils, enfans & fuccefleurs, leurs
Royaumes, Pays, Terres, Seigneuries & fuiets d’vne part & nous, auffi
nos Royaumes, Pays, Seigneuries & fuiets d’autre part. Entre autres cho
fes nous ayons accordé,comme fçauez aflez, à iceux nos coufins & coufine
bailler la pofieffion des Comtez de Roufillon cd Sardaigne, fous les .condi-
tions plus à plein contenués és points & articles fur ce fairs, & à ces cau-
fes vous ayons des pieçà ordonné mettre és mains de noftre ame & féal
coufin & Confciller l'Ese/que d'Alby, où autre de par luy, lefdits Chaftel &
Place de Perpignan, pour aprés en faire la deliurance felon ce que deflus :
cit dit, & à cette fin vous ayons enuoyé & fair expedier autres nos fembla-
bles Lertres de defcharge & quittance, ce qui toutefpis n’a encore bon-
nement pu {ortir effet. Parquoy nous, voulans de noffre part faire, tenir &
accomplir ce que deflus eft dit, & que auons iuré & promis felon les con-
ditions d’iceux articles, auons de nouuel conclu, delibere & ordonné que
ladite deliurance fera faice fans plus de dilation. Fows mandons, & tres-
expreflément enioignons derechef, que ladite Place & Chaftel de Perpi-
gnan vous mettiez ou fafliez mettre & bailler par celuy ou ceux de vos
Liceutenans que vous auez commis à la garde d’iceux,és mains de noftredit
coufin & Confeiller l’'Euefque d’Alby, ou de ceux us befoin fera,ou qu’il
auifcra, pour aprés en faire la deliurance à nofdits freres & fœur les Roys
&c Reyne de Caftille, ou à leurs Commis, Procureurs & Dépurez en enfui.
uant les conditions contenués éfdits traité, confederarion & alliance, & en
ce faifanc du ferment, & aufli de la garde & charge que vous & vofdits
Lieutenans & Commis auez euëé & encore auez pour nous defdits Chaf-
cel 8 Place de Perpignan, vous en demeurerez quitte & defchargé enuers
nous & les noftres, & par tout où il appartiendra, fans que ores ni pour le
temps à venir ce puifle tourner à aucun deshonneur ni préiudice de vous ni
des voftres, ni que aucune chofe vous en puifle eftre reprochée ni deman-
dée, ni à vofdirs Lieutenans & Commis en maniere quelconque, & par
la ceneur de ces Prefentes fignées de noftre main vous en auons quitré &
defchargé, quittons & defchargeons : Car tel eft noftre plaifir. Donné à
Paris le feptiefme iout de Luillet, lan de grace 1493. & de noftre Regne
le dixicfme. Signé CHARLES. Et plus bas, Par le Roy, Roberter. |
< Pris fur l'Original.
QQ.q q
67a OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
L 49 3° Prouifion du Gounuernement de Parks, Ifle de France © Bnre, Ch faneur
du Comte de Monspenfier. .
A Amboife le HanrLES PAR LA GRACE DE Disu Roy be FRANCE : À tous
9. Decembre ceux qui ces prefentes Lettres vesront, Salut. Comme nous euflions
Rd puis aucun temps donné à noftre eres-cher & amé coufin Le Comte de Monr-
* C'efloit Gil- pen fier *, Dauphin d’Auuergne, l'Office de Viceroy & Gouuerneur de par
Perses. nous du Pays de Rouffillon & Sardaigne , lequel Office il a depuis tenu &
Montpenfier , poffedé paifiblemenc, & en l'exercice d’iceluy fe foit grandement con-
fils de Longs de Quic & gouuerné au bien de nous & de la chofe publique d’iceux Pays,
à Cite jufqués à ce que puis nagueres au moyen de F'alliance que auons renou-
de ls Teur. uellce à noftre cres-cher & tres-amc frere, coufin & allié le Roy de
Na Vicerey de Caflilte ; de Leon, & d'Arragon L il en a ché décharge. Pour lquel-
fiber Le caufe, nous ayans confideration à la proximite du lignage dont nous
attient noftredir coufin, & aux tres- grands 8 tres-loüables feruices que
luy & fes predecefleurs ont fax à nous & à nos prédeccileuss Roys,
auons deliberé & conclu te pouruoir d’vn autre grand eftat & honorable,
Sçanoir faifôns , que nous, ces chofes confiderées, & que noftre cres.cher &
tres-amé frere le Duc d'Orleans, auquel auons faic don à noftre aduenc-
ment à la Couronne de l'Office de Gouuerneur de par nous en noître
bonne Ville de Paris, & des Pays de l'ile de France, à nagueres efté
pouruet de l'Office de Lieutenant Générat & Gouuerneur de noître Pays
& Duché de Normandie, iceluy noftredit coufin de Moncpenfier, | us ces
caufes & autres grandes confiderations à ce nous mouuans, & mefnemenc
en récompenfe dudic Office de Viceroy de Rouflllon, auons fait, créé, ef-
tabli & ordonne, faifons, creons,eftabliflons, & ordonnons noftredit Lies-
tenant Général @ Gosnerneur de par nous ex nofiredite Ville de Paris, Pas de
P'ifle de France G de Brie, & reflort d’iceux, au lieu de noftredit frere d'Or-
leans, & luy auons donné & donnons par ces Prefenccs plein pouvoir, au-
choricé & mandement fpeciat de vaquer, entendre, & s’employer de par
nous, & en noftre nom en ladite charge, de faire viure & entretenir en
bon ordre & police cous les fuiers defdices Villes & Pays,tant nos gens de
guerre que autres, d'entrer en toutes les Villes & Places d’iceux, toues
fois & en tel nombre & cftac que bon luy femblera , les voir , vifiter, &
pouruoir à la feüreté, garde & fortification d’icelles en maniere que incon-
ucnient n’en puifle aduenir à nous ni à noftredir Royaume, de conuoquer,
appeller & affembler les gens des crois Eftars defdites Villes & Pays defluf-
dies routes fois & quantes que befoin fera, de refifter à toutes entrepries,
courfes, pilleries & affemblées que s’efforceroient faire à Fenconre de nous
& de nos fuiets nofdits ennemis & autres malueillans de nous & de noîftte
Royaume, & pour ce faire mander & affembler deuers luy & ailleurs où
bon luy femblera nos gens de guerre de noftre ban & arriereban, & au-
cres defdites Villes & Pays, & des autres Pays circonuoifins, & fi befoin
eftoit les faire mettre fus en armes & habillemens de guerre, & les me-
ner ou faire mener, conduire & enuoyer en tel nombre, & ainfi qu'il verra
cftre expedient & neceflaire , pour la cuition, défenfe & feureté d’iceux
Pays, de mettre & donner ordre, tant au faic des gens de guerre que au-
cres, ain qu’il appartiendra, de faire ob£ir, fi meftier eft, aux Prouifons,
Arrefts & expedirions de nos Cours de Parlement, Preuofts, Baillis, & au-
tres luges defdits Pays, d’expugner ou faire expugner tous ceux des Villes
& Pays deflufdits qui feront trouuez faifans ou auoir fait pilleries, outra-
ges, ou autres maux & infolences à nos fuices par toutes manieres en tels
cas requifes que noftredit coufin verra eftre à faire, felon l'exigence des
CC eo LA ! L: La nd
Dv RoY CHARLES VIIR ë
vas, & auffi de tenir confeail, & faire aflembler tel nombre de nos Confeil.
lers de nos Cours de Parlement, Généraux de la Iuftice, Chambre des
Comptes & autres qu'il verra.eftre à faire pour & bien de nous & de nos
füuiets, & aller & aflifter en noftredit lieu, quand bon luy femblera,en nofs
149 3«
dites Cours & aillieurs pour le bien de nous & de noftredire luftice, & de
la chofe publique defdits Pays, & généralement de faire & befogner és
" chofes deffufdices & dependances d’icelles tout ainfi qu'ont fait ou pu
faire fes predcceffeurs audit Office, & que noftredit coufin verra eftre , pour
le bien : nous , profit & vtilité de la chofe publique, defdites Villes &
Pays,ou que ferions & faire pourrions fi prefens y eftions, fans qu’il foi be-
foin autrement les fpecifier ni declarer en particulier. Si donnons en mande-
ment par ces mefmes Prefentes à nos amez & feaux Confeillers les gens te-
nans & qui tiendront noftredite Cour de Parlement, au Preuoft de Paris,
& à tous nos Baillis, Senefchaux, & autres nos Iufticiers & Officiers, Ca-
pitaines, Chefs de guerre, vaflaux & fuicts defdits Pays, & à chafcun d’cux
fur ce requis, que lefdites Prefentes ils faffent lire & publier par tout où il
bee, Po &c que noftredit coufin le Comte de Montpenfer , duquel
nous auons prins & receu le ferment accouftumé, fes Lieutenans , Commis
_& Députez touchant ladite Charge, Lieutenance & Gouuernement\defluf-
dics obéïiflent & entendent diligemment, & luy donnent confeil, confort,
ayde & entrée en toutes les Villes & Places de nofdites Villes 8 Pays, tou-
ces fois que meftier fera, & requis en feront. En témoin de ce nous auons
figné ces Prefentes de noftre main, & à icelles fait mettre noftre petit féel
ordonné en J’abfence du grand. Donné à Amboife le neuuiefme iour de
Decembre, l’an de Grace 1493. & de noftre Regne le onziefme. sic si-
atum, CHARLES. Par le Roy, Mcfleigneurs les Ducs d’Orleans & de
Bourbon, le Comte de Liney, l’Euefque de Saint Malo, les fieurs d’Aubi-
gny & de l’Ifle, Maiftre Îean de Gannay Prefident en la Cour de Parle-
ment, & autres prefens, Bohier. Et eff fériptum : Leëfa, publicata, > regiffrate, or-
dinatione tamen fatfs per Curiam,quod ditfus Comes Montifbenferis in albo no-
minatus pretexts , neqwe Jub colore contentorum in dicto albo; non poterit deroga-
re, feu preiudicare autoritatibws * pretminentiss Curis, ncque cuicumque Iuri[di-
éoni ordinarie. CLAGfum in Parlamento decims nons die lunii anno Domi-
mi 1494. Sic Signatum, De Ceri/ay.
| Pré fur ‘vne ancienne copie en forme.
AGE 43. G fuimantes: Au fuiet du voyage de Naples.
P L'on a cru que ce traitté des Droits du Roy fur ce Royaume,
ne feroit pas inutilement placé en cét endroit: ç’eft ce qui a obligé de le
mettre parmy les Obferuations qui feruent de preuue à cette Hiftoire,
Traité des Droits du Roy Charles VIII. aux Royaumes de Nale,
Sicile @9 Arragon, mis par efcrit en 1491. du commandement
du Roy, par Leonard Baronnat Maiftre des Comptes.
M) Our l'élucidation & claire connoiffance du droit qu’a le Roy noftre
Sire au Royaume de Sicile *, eft à préfuppofer & fçauoir que l'Empe-
reur Frederic qui tenoit le Royaume de Sicile de l’Eglife Romaine, fut pri-
ué d’iceluy par le Pape Innocent IV, au Concile de Lyon, & reuint le-
dit Rovaume és mains de ladice Eglife Romaine, & declara ledit Pape
Innocent qu’il vouloit pouruoir dudit Royaume par le confeil des Cardi-
naux ainfi qu'il eft cextuellement contenu au Chapitre, 49 Apoflelice, de
Zudiciss , in 6. |
Aprés la priuation deflufdite, Pape Prbais 17. enuoya Meflagers à
| QQ aa ÿ
* jl entend
auf parler du
Royaume de
Naples.
149 3:
Charles d' An.
son Rey de Ss-
sile, frere du
Roy S. Lowys.
Charles 11.
Roy de Sicile.
Robert Roy de
Sicile,
Jeanne I. Rey.
ne de Naples
donne Aui-
£ron aux P#-
pes.
676 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
Monfeigneur Charles Comte d'Aniou @ de Prouence, fils & frere du Roy de
France, à ce que fous certaines paétions il voulfft accepter & receuoir le.
dit Royaume de Sicile; &-aprés le trefpas dudit Pape Vrbain,le Pape Cle
ment J V.en accompliffant ce qui auoit efté commencé par ledit Vrbain,
donna & bailla ledit Royaume de Sicile auec le Domaine, la Seigneurie &
les appartenances d'iceluy à perpetuel heritage audit Monfeigneur Char-
les Comte d’Aniou, & à fes hoirs mafles & femelles en ligne dire&te; &
s'ils mouroient fans hoirs , voulut le Pape qu'vn des enfans du Roy de
France fuccedaft, & euft ledit Royaume de Sicile fous le .cens annuel de
huit mille onces d’or, & certaines paétions. Et deflors fut ledit Monfei-
gneur Charles receu en foy & hommage dudit Royaume par ledit Pape
Clement, Et fur ce fair à Peroufe, au mois de Mars, le premier an du Pon-
tificat d’iceluy Pape, lequel, & femblablement feize Cardinaux, eux fouf.
crirent dans les Lettres defdits don & infeodation dont parle Iean André
au Chapitre 4d “ES deffus allegué. |
Ledit Royaume de Sicile, aprés ladite priuation dudit Frederic, fut occu-
pé par Conrad fon fils, & aufli par Manfred, Prince de ‘Farente, fon autre
fils, auquel plufieurs Prélats adhererent, & donnerent faueur pour laquelle
caufe ledic Pape Clement IV. par Sentence prononcée én fon Palais de
Viterbe, depofa onze Eucfques qui auoient adheré audit Manfred, & efté
à fon Couronnement, ainfi que le met Gsilelmss Durand, in fpeculat. Titulo
De accufationibus,$. Deponitur autem quis. | |
Finalement aucun temps aprés ledit Monfeigneur Charles d’Aniou vain-
quit & occit ledit Manfred , ainfi que recite ledic Jean André au lieu
deflufdit, & par cé ledit Charles fut vray Roy & paiñble dudit Royau-
me de Sicile.
Ledit Charles premier Roy de Sicile eut vn fils appellé Charles 11. de
ce nom, lequel comme vray Roy fucceda à fon pere au Royaume de Sici-
le, & efpoufa Maric fille du Roy de Hongrie, de laquelle il eut fix fils,
dont laifne fut Roy de Hongrie. Le fecond, nommé Louys de Marfcille,
fur Frere Mineur & Archeuefque de Touloufe. L'autre nommé Phibppes
fut Prince de Tarente. Et l’autre nommé Roberr, qui apres fondit pere fuc
comme fuccefleur & vray Roy dudit Royaume de Sicile. x
Ledit Roy Robert vray Roy & Seigneur dudit Royaume de Sicile eut
vn fils nommé Charles Duc de Calabre, qui de fa femme eut deux filles, c’eft
à {çauoir Jeanne & Marie, & deceda auant ledit Roy Robert fon pere, de-
laiffant fefdités deux fillés Ieanne & Marie.
Le Pape Clement VI. vnique & paiñble Souuerain Euefque, enuoya
deux Cardinaux auec ladite Zeanne audit Rayaume de Sicile, commandant
à tous les habitans d’iceluy Royaume qu’ils euffent & rinflenc ladite Reyne
Icanne comme leur vraye Dame & Reyne: ce qu'ils firent; & lors ladite
Reyne Icanne donna ou vendie audit Pape Clement la Cité d’Auignon, la-
quelle depuis ce temps eft demeurée à l'Eglife de Rome, +
Et depuis ladite Reyne ainfi receué paiñible audit Royaume de Sicile
efpoufa aprés la mort de fon premier mary Asdré Louys Prince de Tarente,
lequel au nom de fadite femme regna, & fut vray Roy, & eux deux com-
. me vrais Regnans donnerent grands Priuileges en Prouence,
Ledit Louys crefpafla, & fut ladite Reyne Ieanne marice en tierces no.
ces auec Jacques fils du Roy de Maiorque, lequel certain temps aprés deceda,
& fut icelle Reyne mariée auec Monfeigneur Orho de Brunfivich Allemand,
ui la défendit en fondit Royaume , tant parauant que depuis le trefpas
"elle contre Charles:de Duras, autrement dit de la Paix, É fera parie
cy-aprés. D:
: Et ainf par ce que dir eft appert clairement, & eft notoire par sou le
DV ROY CHARLES VIII. Gy7
monde, que ladite Reyne Ieanne a efté vrayeReyne & Dame dudit Royau
me de Sicile, à caufe de Charles d’Aniou premier de ce Nom, Pere de
Charles d’Aniou II. qui fur Pere du Roy Robert ayeul d’icelle Reyne
Jeanne, tant au moyen du teftament dudit Roy Robert autorifé par l’E-
que que par Faucorité & ordonnance du Pape Clement VI. dont cy-
eflus a efté parlé, & fut ladite Ieanne tenuë & reputée pour Reyne &
Dame audit Royaume de Sicile , Prouence , Piedmont , & autres Sei-
gneuries. |
1493
Or il aduint que Charles de Duras , dit de la Paix, perfecuta icelle Adoprios de
Reyne iufques à l’enclore, & l’aflieger en la Cité de Naples , & adonc
Louis d'An-
fon, Frero
icelle Reyne voyant qu’elle n’auoit point. d’enfans, & eftoit iflué de 1a 4« Roy Char-
Maifon d’Aniou, & que ledit Charles de Duras la perfecutoit, refoluant !‘: F-
en fon entendement que Monfeigneur Louis Duc d'Anios, frere du Roy de
France Charles V. & ayeul du Roy René, eftoit de mefme Maifon, du
congé & licence dudit Pape Clement VI. elle adopta ledit Monfeigneur
Louïs Duc d’Aniou en fon Fils, le fit fon heritier uniuerfel, & luy donna
routes fes Seigneuries , en le faifant deflors Duc de Calabre, & manda
par fes Lettres Patentes à tous fes Suiets , tant au Royaume de Sicile
qu’en Prouence , & fes autres Seigneuries , que aprés fon trefpas ils luy
ebcïiflent comme à fon vray Fils adoptif heritier & donataire, & le tinf-
{ent pour leur vray Seigneur ; & ce leur manda femblablement ledit Pape
Clement VI. lequel approuua & confirma les chofes deffufdites par fes
Bulles Patentes données en Auignon Fan 1382. foufcrites dudit Pape
& de dix-fept Cardinaux, comme par icelles Bulles peut plus à plein ap-
oir. : |
Aprés ladite adoption & inftitution, don dudit Duché de Calabre,
confirmation, & autres chofes deflufdites ainf faites, ledit Monfeigneur
Louïs Duc d’Aniou, aduerty que ledit Charles de Duras auoit affiegé la-
dite Reyne Ieanne, {8 prepara & mit en armes du confentement & con:
ge dudit Pape Clement VI. pour aller fecourir & défendre ladite Rey-
ne, & y mena grande multitude de Gentilshommes & de grands Sei-
gneurs, entre lefquels eftoit de noble memoire /e Comte de Sasoye, appellé
Le Comte Verd , ayeul du Pape Felix V.
Mais auant que ledit Monfeigneur Louïs d’Aniou & fon armée fuf-
fent arriuez audit Royaume de Sicile, ledit Charles de Duras prit ladite
Reyne leanne , l’emprifonna, & puis la fit eftrangler; & ce eft veritable.
Ledit Monfeigneur Louïs d'Aniou arriué audit Royaume de Sicile
conquit maintes Citez , Seigneuries & Villes , fut receu & tenu comme
vray Roy de Sicile par plufieurs Nobles d’iceluy Royaume , & en con-
querant ainf que le plaifir de Dieu fut, il mourut, delaiffant deux fils;
c’eft à fçauoir Louis 11. de ce Nom, & Charks, appelle Prince de Ta-
rente. os à Su nn
Ledit Louis 11. Pere du Roy René, comme heritier & fuccefleur de
fon feu Pere entra audit Royaume au douziefme an de fon âge de Fau-
chorité du Saint Siege Apoftolique & confentement dudit Pape Clemene,
& eut l’obeïffance prefque de cout le Royaume qu'il tint par mg
excepté la Cité de Gayete, & à la fin le Roy /ean d’Arragon donna en
mariage fa fille Ioland audit Roy Louïs comme vray Roy de Sicile, la-
quelle Ioland fut nommée, & appellée Reyne de Sicile, & d'elle eut le-
dit Roy Louïs trois fs, fçauoir Louis 111. du nom, René, & Charles, &
deux filles , fçauoir UWarie, qui fut mariée auec le Roy de France Char-
les VII. & 1oland. |
:, Ledit Roy Louïs Il.-de ce nom, aprés la mort dudit Charles de Du-
QQqag ii
Louÿs II. Roy
de Sicile.
1493.
673 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
ras, fut perfecuté audit Royaume de Sicile par Lancelot, fils d’iceluy Char-
les, lequel Lancelor eftoit intrus en certaine partie d’iceluy Royaume, &
contre fon ennemie intrufion fe défendit ledit Roy Louïs par long-
temps, comme vray Roy de Sicile. |
Ledit Louïs d'Aniou fut par le Pape Clement VI. & par le Pape Benoif,
autrement dit de Luna, approuué & confirmé Roy de Sicile, enfemble l’2-
doption , l'inftitution, & donation deffufdites faites par la Reyne Icanne
audit Louis d’Aniou pere d’iceluy Louis 11. comme peut à plein apparoir
par les Bulles fur ce faites. | |
En aprés ledit Roy Louïs II. Pere du Roy Renc d’Aniou fut à Pife
où fe tenoit le fainc Concile, auquel fut efleu en Pape Alexandre V. & par
ledit Concile fur ledit Roy Louis conftitué Gouuerneur & Défenfeur de
lEglife, & en approuuant linftitution, filiation, & donation de ladite
Leuïs III.
Roy de Sicile,
#*C'eft le
Royaume de
Naples.
Reyne Jeanne, fut iceluy Roy Louis declaré par ledit Concile vray Roy
de Sicile, & de nouuel inuefty & infeodé d’iceluy Royaume, comme ap-
pert par Bulles datées de l’an 1409. foufcrites dudit Pape Alexandre V,
& de treize Cardinaux de chacun College, tant Italiens que François.
Semblablement le Pape Jean X XI11. eut & approuua ledit Roy Louïs
II. pour vray Roy de Sicile, & tel le declara à Boulogne , & comme vray
Roy luy donna la rofe, & iceluy Roy, comme Gonfalonier & Défenfeur
de lPEglife, accompagna & mena ledit Pape lean fous l’obeiflance duquel
cftoit ledit Royaume de Sicile.
_ En haine de ce le Roy Lancelot aduerfaire dudit Roy Louïs, chaffa de
Rome ledit Pape Ican , lequel, au grand & faint Concile de Conftance,
approuua coutes les chofes deflufdites en faueur dudit Roy Louïs, le tine
pour vray Roy de Sicile, & fut par Sigi/mond Roy de Hongrie receu com-
me fon 4 2e Roy, & firent de grandes alliances enfemble par le
moyen de Meflire Guillaume de Senete, vaillant Cheualier, Doéteur en Loix,
& Chancelier de Prouence. |
Et ainfi qu'il plut à Dieu ledit Roy Louïs finit fes derniers iours à
Angers, delaiffant trois fils; c’eft à fçauoir, Louis, René, & Charles, le-
quel Louis aifné fut audit Royaume de Sicile en l'âge de douze ans, &
eut partie dudit Royaume contre la Reyne 1eannelle, {œur dudit feu Lan
celot, laquelle occupoit iceluy Royaume.
Le Pape Martin PV. voyant les grandes guerres & efclandres qui auoience
efté audit Royaume de Sicile contre les Roys Louïs II. & Lancelor, &
qui pourroient encore eftre deuëment certifiez du bon droit que le Roy
Louis III. frere dudit Roy René auoit en iceluy sg ro fit certaine
Ordonnance & Declaration à ce que, fans preiudice du droit acquis au-
dit Roy Louïs III. & à fes Succeffeurs , ladite Ieannelle tiendroit ledic
Royaume de Sicile fa vie durant, & manda qu’elle fuft couronnée, &
qu’aprés fon trefpas ledit Roy Louis fuft vray Roy dudit Royaume de
Sicile. |
Ledit Pape Martin, aprés l'Ordonnance deflufdite ainfi par luy faite,
voulant declarer fon intention touchant ledit Royaume, & le droit que
auoit ledit. Roy Louïs III. declara que fon intention n'eftoit point d’auoir
baillé ledit Royaume & le droit qu'y auoit ledit Roy Louis à ladite Iean-
nelle, finon fa vie durant tant feulement, en ordonnant & decernant du
confeil & affentement de Meffeigneurs les Cardinaux, qu’aprés le tref-
as d’elle ledit Royaume de Sicile & la poffeflion d’iceluy auec la terre
deçà le Far *reuint franchement & entierement audit Roy Louïs III.
& à fes hcritiers , encore qu'ils n'euflent acquis autre droit que celuy
qu'ils y auoient, & qu’il n'entendoit aucunement deroger aux oétrois &
DV ROY CHARLES VIII. 679
infcodations faites d’iceluy Royaume au Roÿ Louis I. & au Roy Louïs II. 1 4 9 3.
mais vouloit que lefdits oétrois & infeodations dés-à-prefent comme def. |
lors demeuraflent en leur force & vertu, & que ledit Royaume aprés le
trefpas de ladite Reyne paruint audit Roy Louis III. & à fes hericiers
nez & à naiftre, en les inueftiflant en la perfonne de Maiftre Nicolas Per-
rigaut Procureur dudit Roy Louïs 111. & en outre ordonna ledit Pape, du
confeil & aflentement defdits Cardinaux, que fi ledit Roy Louïs III. de-
cedoit fans hoirs de fon corps, que Monfeigneur René d’Aniou fon fre- ”
re & fes heritiers, & eux defaillans, Monfeigneur Charles d’Aniou frere
dudit Roy Louïs III. luy fuccedaffent, en declarant derechef les dona-
tions, infeodations &:inueftitures deflufdites eftre de valeur perpetuelle,
nonobftant quelconques donations , declarations, & autres chofes quel-
conques faites tant par ledit Pape Martin qu’autres à ladite Reyne lean-
nelle, & lefquelles iceluy Pape reuoqua & declara de nulle valeur, & pour
non faites. Ce fut donné & fait à Florence l’an 1419. auec la foufcription
de la main propre dudit Pape Martin & de treize Cardinaux.
Refte de voir quel droit C4/phenfe , foy-difant Roy d Arragen, preten-
doit audit Royaume de Sicile, & à quel titre il l'occupoit.
Premicrement,, il eft à fçauoir que ledit Alphonfe pretendoit & fe fon- preresrions
doit auoit droit audit Royaume de Sicile, fous couleur d’une feinte & #Alphonfe
nulle donation qu’il difoir luy auoir efté faite par ladite Icannelle ,laquel- 2. dut
le auoit occupé & occupoit par vôye de fait ledit Royaume de Sicile,
aprés le crefpas de feu Lancelot fon frere, lequel femblablement l'auoit
occupé comme dit eft, dont s’eftoient enfuiuis maux innumerables , pour
les guerres continuelles qui y auoient efté faites par les Roys Louïs L. IT.
& II. pour à quoy obuier & aux guerres & aux maux qui fe fuflent en-
fuiuis, ledit Pape Martin voulut que ladite Ieannelle tint le Royaume de
Sicile fa vie durant feulement. | |
Ledit Alphonfe, pour cuider fonder ledit droit par luy prerendu audit
Royaume de Sicile, difoit que ladite Dame Ieannelle fentant ledit Roy
Louïs 111. venir par mer à grande armée & Ars audit Royaume de
Sicile, & au nom dudit Roy la Cité de Naples eftre affiegée par le Capi-
taine Sforce , elle auertie que ledit Alphonfe eftoit auec certaines Ga-
leres en l’Ifle nommée Tinacrie*, elle requit ledit Alphonfe qu'il luy *C'et sicib.
aidaft contre ledit Roy Louïs, & qu’il luy donneroit ledit Royaume & |
tour ce qu’elle auoit aprés fa mort. Er de fait, ledit Alphonfe difoit qu'el-
Je luy en auoit fait aucune donation , fous certaine condition & maniere
non obferuée, & fur icelle donation ledit Alphonfe fondoit le droit par
Juy precendu audit Royaume de Sicile ; or n'auoit ladite Icannelle aucun
droit en iceluy Royaume au temps de ladite donation, pourquoy elle ne
ouuoit donner ce qu’elle n'auoit.
” En outre pofé , non toutefois confeflé , que ladite Jeannelle euft pu
faire aucune donation dudit Royaume de Sicile audit Alphonfe, fi ne
pouuoit-il, fous ombre de ce, À gr aucun droit audit Royautne de
Sicile, parce que fi-voft qu'il fut en ladite Cité de Naples, en commet-
tant vice d'ingratitude, il machina contre ladite Reyne [cannelle de la 16annele Res-
prendre & faire prifonniere , & la mener au Royaume d'Arragon, laquel- # Naples
le confpirarion fur découuerte, & conuint à ladite Reyne s'enfuir en la jte qu'els
Cité d'Auerfé pour y eftre en feureté; & lors ledit Alphonfe fut au Chaf- _ aire 20
teau - neuf, & prit prifonnier le Grand Sencfchal de ladite Reyne, laquel- nf
le manda à fon aide le Capiraine Sforce qui entra en la Cire de Naples,
donc il chaffà les Catalans , & prit aucuns prifonniers, en recompenfe def-
quels fut deliuré le Grand Senefchal, & renuoyé à la Reyne , laquelle
—— 680 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1 4 9 3. voyant l'ingratitude dudit Alphonfe, & qu'il auoit merité d’eftre priué du
droit, fi aucun pouuoit auoir audit Royaume de Sicile fous ombre de la.
dite donation, manda les Barons & Nobles dudit Royaume de Sicile, &
de leur confentement elle reuoqua & annulla de toute fa pleine puiffance
la donation & affiliation, fi aucune auoit faite audit Alphonfe.
Semblablement ledit Pape Martin, en infeodant, & receuant ledit Roÿ:
Louïs III. en foy & hommage dudit Royaume de Sicile, caffa & annul-
n tout ce que par ladite Ieannelle auoit efté fait en faucur dudit Al.
onfe. |
: À donc voyant ladite Ieannelle , qu’elle auoit efté déceuë par ledit
zowis 111. Alphonfe , reduifant à fa memoire que ledit Roy Louïs 111. qui eftoit allé
oi à de 1a Cité de Naples à Rome vers le Pape, eftoit defcendu de la Maifon:
Zesnnelle Rey- d'Aniou dont elle auoit eu fa naiffance, & le bon droit qu’il auoit audit
we 4e N4plei. Royaume de Sicile ; & que luy, fon pere & fon ayeul auoient efté par.
tres-long-temps à défendre leur droit, elle, du confentement des No-
bles, Barons & Comces dudit Royaume, mefmement des plus Grands &
de la plus faine partie d’iceluy Royaume, & aufli du confentement dudit
Pape Martin, aprés l’infeodation par iceluy Pape audit Roy Louis III.
dudit Royaume de Sicile, l’affilia, prit, & receut en fon fils, & prirent
enfemble elle & ledit Roy Louis III. confederation, alliance , conuen-
_. tion & affiliation, & lors ledit Alphonfe s’en alla dudit Royaume de Si-
cile, toutefois il laiffa garde au Chafteauneuf & de l'Ocuf
Tantoft aprés ledit Roy Louïs entra en la Cité d’Auerfe, où ladite |
Reyne Icannelle eftoit, & fe tint auec elle pendant cinq ans, & toufiours
fut de tous & chacuns dudit Royaume nommé & appellé Roy de Sicile,
& à la fin accompagna ladite Reyne en la Cité de Naples, & aprés fut au
Duché de Calabre, & illec eftant il fut marié du vouloir de ladite Reyne
Icannelle, laquelle le fit Lieutenant Général & Gouuerneur duditRoyau-
me, & par Lettres Patentces manda qu'on luy obeift comme à fon vray
fuccefleur. Fe
Certain temps aprés il trefpafla viuant ladite Reyne Ieannelle, laquel-
le acertenée de la declaration deflufdite dudit Pape Martin, & de l’infeo-
dation qu’il auoit faite dudit Royaume de Sicile audit Roy Louïs 111. &
René Roy de à fes Succefleurs, confiderant que ledit Monfeigneur René d’'Anio Duc de
Sicile, Bar , qui eftoit frere immediat dudit Roy Louis III & fils dudit _
Louïs II. & du Sang Royal de France, eftoit le vray heritier & fuccef-
feur dudit Roy Louïs III. fon frere, & que les Habitans dudit Royau-
me de Sicile £ Art auoir ledit René en leur Roy & Scigneur, elle fit
fon teftament, par lequel elle inftitua iceluy Roy René fon heritier & fuc-
cefleur tant audit Royaume de Sicile qu'en tous fes autres Pays & Sei-
René d'Aniou SNEUTICS , lequel teftament fut fait à Naples au Chafteau de Capouëé le _
infisné beri. Mardy 2. jour de Féurier 1435. & à ce furent prefens vingt-quatre ref-
me AND. moins , & deux Comtes, & Meflire Martin Baflé Doéteur en Loix , trois
Cheuïliers dudit Royaume de Sicile, M. Vital de Cabans, plufieurs Che-
ualiers, Doéteurs, L Maiftres d'Hoftel de ladite Reyne, & plufeurs Ca-
pitaines & Bourgeôis.
Aprés que ladite Reyne Ieannelle fut trefpaflée, tes Comtes, Nobles,
&c les Citez de Naples, de Laigle, & plufieurs autres enuoyerent Ambaf-
fades folemnelles en France & Bourgogne pardeuers ledit Roy René,
à ce qu'il s’en vint audit Royaume de Sicile, car ils le vouloient auoir en
leur vray Roy; & aprés plufieurs allées. & venuës , ils.amenerent audit
Royaume de Sicile iceluy Roy Rene, lequel enuoya Ambaflade au Pape
Eugenc auant fa fufpenfon, pour l'infeodation dudit Royaume où Ê en
| eroit
Lo
DV ROY CHARLES VIIL 681-——
feroit befoin , laquelle infeodation obüat ledit Roy René, & Iuy en fut 1 4 9 3%
oétroyé Bulles; & depuis iceluy Roy René venant dudie Royaume de Si-
. cile, du à Florence où eftoit ledit Pape Eugene, qui l'inueftit dudit Royau-
me de Sicile, & de ladite inueftiture & infeodation luy baïla fes Bulles,
& ce fait enuoya {edit Roy Rene audit Royaume, dent ileuft tflé paif-
ble, fi n’euft fe la malice, tyrannie, les guertes, tribulations & inuañons
dudit Alphonfe, lequel , fans caufe ,inuada ledit Royaume de Sicile , brufla
k grande partie de la Cié de Naples, fit mettre ke feu par tout où il put, |
mit à faquemain * ce qu’il put, & fans citre , par fa fureur, inuada, oc- + c’.f à dire
cupa, &tyranifa le bon & iufte droit dudit Roy René, & qui pis eftoit #» prlege.
chercha routes les voyes obliques qu’il put pour cuider trouuèr aucun ti-
tre alors , afin que fous ombre d’iceluy il tontinuañft fes inuañons êc ty-
rannies. |
Toutefois , après le Roy René fuc party pour s’en vénir dudit Droit de René
Royaume de che : (die Alphonfe fit tanc si À ns exquis À eur 27,4 Suite
mfeodation d’iceluy Royaume; & ne fufffoit pas audit Alphonfe de vou. d'Arrages.
joir par inuafon & tyrannie ufurper ledit Royaume de Sicile qui apparte-
noit audit René , mais aufh auec ce il vfurpa & inuada À l'efpée, & par
venin, contre toute faifon diuine & humaine, le Royaume d’Arragon, qui
femblablement appartenoit à iufte titre hereditaire audic Roy René, & n'y
auoit ny eut oncques aucun droit edit Alphonfe,
Et qu'il foit vray , eft à noter & celle eft la réelle verité, que Madarne
Joland mere dudit Roy René eftoic fille du Roy Zen d'Arragon, & kedic
Alphonf vfurpateur dudit Royaume eftoit fs de la fœur dudit Roy lean
d'Arragen ; parquoy aprés le crefpas d’iceluy Roy Tean , ledit Royaume
d’Arragon appartenoit à ladice Dame Ioland comme fa file & vraye heti:
tiére , & apres le trefpas d'elle il appartenoït femblablemenc audit Roy
René comme fon fils & heritier en ligne dirette, & non pas audit Alphon-
fe vfurpateur, qui n’eftoit qu’en ligne collacérale, & n'y pouuoit fucceder
tant qu'il y euft eu heritier en ligne direéte. |
Et comme ainfi foit que ledit. Alphonfe Vfurpateut dudit Royaume
d’Arragon n'eut rien audit Royaume de Sicilé deëà le Far, ainfi que cy- sicile delà le
deflus a efté déduit, iceluy vfurpateur n’a femblablemenc aucun droit en F*-
iceluy Royaume délà ledit Fat ; & pour ce montrer eft à fçauoir & telle
cft la verice que l'Ifle de Sicile outre & delà ledit Far, vulgairement ap:
pellée Trinamie, appartient à l'Eglife Romaine; & pour ce que du temps
du Pape Boniface V HIT. & du Roy de Sicile Charles d’Aniou , Le Roy
Pierre d’Arragon vint en ladite Ike de Sicile, & de fait l'occupa, ledit
Pape Boniface & Te Roy Charles enuoyerent leurs armées contre Frede-
ric, qui aprés la mort dudit Roy Pierre fon pete, pat cohtinuation dé vice,
detenoit ladite Ifle de Sicile, & eltoirt Monftigneur Robert Due de Cala-
bre fils dudit Roy, & le conduéteur de l’armée de fondit pere & du Pape;
& cftant les armées deflufdires l’une deuant l'autre, fut éntte lefdits Roys _. :-
Charles & fon fils Robert d’vne part, & ledit Fréderic d'autre , faittraité
qui fut enuoyé par notables imeffagers audit Pape Bonifäce , par lequel
_ traité fut marice Dame Alienor , fille dudit Roy Chatiés, auéc lèdic Frede-
ric,léquel ne deuoit jouir, finon feulement fa vie durant, de ladice 1flé de
Sicile appellée Trinacrie, & fut appellée la perire Sicile, afin que le nom
ê& titre dudit Roy de Sicile ne fuft énerué, & que d’icelle Ifle fercic fait
hommage audit Roy de Sicile Charles fous l’Eglife Romaine, & que le-
dit Frederic, fa vie durant ; feroit appellé Roy de la À as Sicile; liquele
aprés fon trefpas reuiendroit audit Roy Charles & à fes Succefleurs , com-
me ces chofes & autres appoftes audit traité peuuent plus à plein apparoir
par lettres d’iceluy traité, iuré & fécllé par le Roy C rer Robert fon
| rr
632 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1493: fils, & par kdit. Frederic : faites &c paflées au Chafteau de Naples l'an de
l'Incarnation 1302. le r 9. 1our d’'Aouft,
Et ainfi par ce que dit eft appert clairemenc que ledit Alphonfe vfurpa-
teur n’auoit aucun droit audit Royaume de Sicile, ni en ladite Ifle appel
lée Trinacrie & petite Sicile, ni deçà ni delà le Far, mais appartenoit le
tout audit Roy René comme dit eft.
Ledit Roy René eut un fils appellé em, qui fut Duc de Calabre, vaillant
& fage , lequel efpoufa la fille du Duc de Bourbon , defquels & de leur
mariage iffit un fils appellé Nicolas. oo
Ledit Roy Alphonfe, en la fin de fes jours, voyant qu'il n’auoit point
d'hoirs legitimes, Éifanc fcrupule de confcience de ce qu’il auoit ainfñ oc-
cupé fans droit ni cicre ledit Royaume de Sicile, & qu’iceluy Royaume
appartenoit iuftement audit Roy René, enuoya vers luy notable Ambaflide
à ce qu’il luy enuoyaft ledit Iean Duc de Calabre {on fils, car il l’adopre-
roit & feroit fon heritier, & luy bailleroit & deliureroit ledit Royaume de
Sicile ; ledit Roy René doutant de l’inconuenient dudit Iean Duc de Cala-
bre fon fils unique, & qu'il fuft empoifonné, differa de l’enuoyer audit
Roy Alphonfe, lequel aprés ledic refus laiffa ledit Royaume de Sicile à fon
baffard nommé Fermand, qui iufques icy a ufurpé ledit Royaume , & l'a occu-
pe fans qu'il y euft aucun droit.
Ledic Duc Iean de Calabre, en conquerant par armes le Royaume d’Ar-
ragon, mourut vers Barcellonne , viuant ledit Roy René fon pere, lequel
Iean laiffa fon fils Nicolas , qui fut fiancé auec Madame Anne de Fran.
cc fille aifnée du Roy de France, Louïs Pere du Roy Charles VIII. &
René Rey de trcfpafla ledit Nicolas auant qu'il euft efpoufé ladite Dame Anne, furui-
RS uant ledit Roy René fon ayeul, lequel adopta pour fon fils Charles d'Aniow
tir audits {on neueu Comte du Maine, fils de fon feu frere Charles d’Aniou, fils
re puifné dudit Roy Louïs II. de Sicile , & inftitua ledit Roy René fondie
où . ncueu Charles fon heritier uniuerfel, & luy donna ledit Royaume de Sici-
ue#, le, ladite Comté de Prouence, & fes autres Pays & Seigneuries, comme
plus à plein peut apparoir par les lettres d'affiliation, adoption , inftitution
& donarion dudit Roy René. . ne |
Ledit Charles d’Aniou, aprés le trefpas dudit Roy René fon oncle, fut
paifible poffeffeur de ladite Comté & Pays de Prouence, & fut d'vn cha-
cun appellé Roy de Sicile, & pour tel tenu & reputé. Iceluy Charles de
Sicile Roy trefpaffa fans hoirs de fon corps: & voyant que fes Predecef-
feurs Roys & Reynes de Sicile eftoient venus de la Maifon d’Aniou, dont
il eftoit femblablement iflu, comme déduit a efté cy-deflus, & que luy &
fes Predecefleurs eftoient femblablementc defcendus du tres -noble Sang
Royal de France, mefmement ledit Louïs d’Aniou I. de ce nom fon grand
ayeul, qui eftoit fils du Roy Iean & frere du Roy Charles V, pour cetre
Louis XI. Caufe & en remuneration des grands biens & honneurs quiceluy Roy
o os de Sicile Charles & fefdits Predecefleurs auoient eus de la Couronne de
tuez beriniers France ,. & que la Reyne Marie femme du Roy Charles VIL pere &
_ #Xeysms mcre dudit Louïs cftoit fœur dudit Roy René & tante d’iceluy Roy de
7 Sicile Charles, iceluy Charles inftitua & fit fon heritier vniuerfel ledit
Roy Louis 6 Monfeigneur le Dauphin fils vnique d'iceluy Roy Louïs de
France & à prefent Roy de France, & leur donna ledit Royaume de Si-
Cile , ladite Comté de Prouence, enfemble tous fes autres Royaumes, Pays
& Seigneuries, comme plus à plein peut apparoir par les lettres d’inftitu-
tion & donation fur ce hices &c authentiquement paflées. |
L'on peut encere voir à ce faiet deux memoires imprimez, pagts 476, © 433.
dont l'us eff intisulé : Refponfe aux pretentions de René II. Duc de Lor-
DV ROY CHARLES VIIL 68,
raine fur les Duchez d'Aniou, Comtez de Prouence & du Maine, & las- 1 4 94
tre, Droit des Roys de France au Roÿaume de Sicile, Corntez de Prouen-
ce, de Forcalquier ; & Terres adiacentes , 43f qwe cœ qu'en s efrit Mon/ieur
Dupuy dans fon Traité des Droits du Roy, |
L'Encfque de Concorde © le Protonctaire Flores mandent à Madanie
de Bourbon, que le Pape à je vne proteflation , pour la conferuation
des droits de l'Eglife fur le Royaume de Naples.
ADAM, à voftre bonne grace tant & fi trés-humblement que faire , 4,
M pouuons nous recommandons, Madame vous auez bien fceu les 3. O&obre
grandes affaires & neceflitez que offre Saint Pere a pour la confcruation ‘#? *
&c défenfe des droits de la Sainte Eglife de Rome touchant X Royaume de
Naples. Sa Sainteté nous a enuoyÿé certaine proteftation fur ce faite en plein
Confiftoire, donc pourrez eftre plus à plein informée, fi voftre bon plaifit
cft, par Monfcigneur le Chancelier , car nous la luy enuoyons, & luy efcri-
uons plus au long, & vous fupplions, Madame, qu’il vous plaife de voftre
grace auoir lefdites affaires de noftredit Saint Pere & de ladite Sainte Egli-
fe de Rome pour fingulierement recommandées, & en façon, qu’en cette
matiere, foit mife bonne fin & bricue expedition ainfi quele cas le requiert,
& que noftredit Saint Pere fouuerainement le defire. Madame, nous prions
Dieu qu’il vous doint bonne vie & longue. Efris à Tours le troifiefme iour
d'O&tobre. Serwitores L. Epiftopus Concordienfis, A. Flores Prothonatarins. Au
dos eft efcrit: C4 tres-moble G° tres-excellente Dame, Madame de Bourbon.
Pru fur l'Original. |
Lettre du Roy Charles VIII. pour la leuée de quelques deniers deflinez
an recounrement du Royaume de Naples.
HARLES PAR LA GRACE DE Dieu Roÿ DE FRANCE: À nos 4 Lyoh le
amez & feaux Charles d’Orgemont , Cheualier, fieur de Mery, Treforier *®: ! miles
de France, Maiftre Guy Asrilet noftre Notaire & Secretaire, & Clerc or- "*?*"
dinaire de nos Comptes à Paris, & Robert le Lieure noftre Aduocat au Bail-
liage de Roûën, S'alur & diletfion. Comme pour la conduite de l’armée que
pour le bien de la Chreftienté enuoyons au recouurement de noftre Royau-
me de Naples, la plufpart de laquelle eft déja delà les Monts, tirant en auanc
ar terre & par mer, nous ayt efté & foit befoin faire de grandes defpenfes,
à quoy les deniers de nos Finances & autres leuez cette prefente année en
noftre Royaume ne pourroient fournir, ni auffi plufieurs que auons déia à
ce ordonnez fur l’année à venir. À cette caufe,& afin que par faute de pou-
uoir leuer promptement les deniers qu’il faut inceffamment enuoyer pour
noftredite armée qui eft en Pays loingtain, aucunes ruptures ou retarde-
mens n’y puiflent aduenir, nous foit tres-neceflaire pouruoir de bonne heure
au recouurement d’iceux deniers, en quoy entre autres expediens auons efté
confcillez nous ayder dés maintenant du reuenu aduenir de noftre Do-
maine, & mefme des membres & portions d’iceluy qui fe peuuent açen-
fer ou affermer au Pays de Normandie, enfemble des Fermes du reuenu
d’iceluy,en maniere que par aduance on puifle recouurer promptement au-
cune bonne & grande fomme de deniers , & iufques à la fomme de trente
mille liures tournois ; & aufli nous voulans nofdices Ordonnances eftre mifes
à exécution par gens d'autorité, & à ce connoiflans ,& que nous en puiffions
feruir & garder noftre profit ainfi que nos affaires le requierent , woss
asons commis Gr ordonnex, Commettons & ordonnons par ces Prefentes à y
RRrri]
1494.
634 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
vaquer & befongner , & vous mandons ;commandons & enioignons, &
aux deux de vous, dont vous Treforier ferez coufiours l'vn, que vous tran{_
portiez en telles des Villes & lieux de noftredit Pays de Normandie que ad-
uiferez, & fafliez à fçauoir & publier de par nous és lieux, & ainfi qu'il eft
accouftumé , que s’il y a aucuns qui veillent metrte à prix & encherir pour
trois ans prochainement venans telles defdices portions & membres de
noftredit Domaine audit Pays de Normandie, & le reuenu d’icelles que verrez
fe pouuoir bailler à ferme, ou açenfer pour ledit temps ,enfemble les autres
deniers, reuenus & appartenances de noftredit Domaine qui ont accouftu-
mé, ou peuuent eftre baillez à ferme, & dont vous pourrez plus prompte-
ment faire venir auoir & recouurer par aduance comptant ladite fomme de
trente mille liures tournois, ils fe rendent pardeuers .vous à cels iours &
lieux que leur ordonnerez , & illec bailliez, açenfñez & deliuriez aux plus
offrans & derniers encherifleurs pour lefdits trois ans prochainement ve-
nans, lefdits membres & portions de noftredit Domaine, & femblablement
lefdires fermes, traitez & autres defpenfes d’iceluy Domaine que aurez fait
publier à bailler à ferme à gens bien reffleans & cautionnez le mieux que fai-
re fe pourra, & lefquels au moyen defdits baux feront tenus nous aduan-
cer vne partie de ce que monteront lefdites açenfes & fermes , ainfi que
par vous leur fera demandé & ordonné, & leur faifant iceux baux à cels &
les plus aifez prix en diminution de ceux à quoy elles font à prefent, que
vous verrez fe pouuoir faire felon la qualité defdites aduances pour recon-
noiffance d’icelles; & fi aucunes defdires fermes font baillées à cemps &
années encore à efchçoir, mandiez, & faffiez venir les Fermiers d’icelles
pardeuers vous, & leur requeriez de par nous qu’ils nous preftent & ad-
uancent fur ce qu’ils nous pourront dcuoir ey-aprés à caufe defdices fermes,
telles fommes qu’il appartiendra , & verrez x à faire pour le fourniffe-
ment de ladite fomme de trente mille liures tournois, & felon la qualité
defdites aduances leur failiez telle faueur, grace, diminution & aduan-
tagc que connoiftrez fe pouuoir faire fur ledit prix à quoy ils les tien-
nent, & que les aduances defdites fermes & açenfes fe montent , vou-
lons eftre tellement procedé, qu’en puifliez promptement recouurer iufques
à ladice fomme de trente mille liures tournois, laquelle fomme & les parties
d’icelles ainf qu’elles viendront, voulons eftre baillées & deliurées comptanc
és mains du Changeur de noftre Trefor, par les defcharges qui en feront
leuées par iceluy Changeur fur lefdices fermes, ou nos Receueurs ordinai-
res ,en déduction & acquit defdires fermes, pour par iceluy Changeureitre
baillce & deliurée à noftre ame & féal Notaire & Secretaire Maiftre Louys
de Poncher, par nous commis au payement de nos gens, & frais extraordi-
naires de nos guerres, par fes quittances, pour conuertir audit fait de nof-
credite armée & vrgentes affaires, & de tous lefdits baux qui ainf feront par
vous faits defdits fermes & açenfes, diminutions, & autres prouifions que
aurez fur ce aduifées, ordonnées & oétroyées en faueur & pour reconnoif-
fance defdites aduances, nous authorifons en tant que meltier eft par ces
Prefences fignees de noftre main, & voulons eftre d’vn cel effer & valeur,
comme fi faites auoient efté par nous-mefmes, en faifant iouyr defdites
fermes, membres & portions dudit Domaine ceux à qui les aurez ainfi
baillez, açenfez & laiflez, & qui nous auront voulu faire ladite aduance,
fans leur faire, ni fouffrir eftre fait aucun contredit, deftourbier ou empef-
chement au contraire, ni auffi fouffrir lefdices fermes & pieces de nottre-
dit Domaine leur eftre oftées ni mifes en autres mains par encheres ni au-
trement en aucune maniere; & fi voulons ledit Changeur, Receueur, Fer-
micr, & chafcun d’eux refpcétiuement, ou autant qu'à luy pourra toucher
eltre , & demeurera quitte & defchargé des fommes defdites aduances,
DV ROY CHARLES VIII. 68;
& de celles qui auront cfté baïllées audit de Poncher , enfemble des autres 1
graces & prouifions qui, en accompliffant ce que dit eft, feront touchane lef
dites fermes, & icelles fommes eftre rabatuës de leurs receptes pat riosamez
& feaux gens de nos Comptes, aufquels nous mandons ainf le faire fans
difficulté, en rapportant par chafcun cefdites Prefentes , ou Fidimus d’icel-
les, fait fous féel Royal, & par ledit Changeur lefdires quittances dudit
de Poncher , 8 par lefdits Receuëurs particuliers ou Fermiets, lefdires def-
charges auec lertres & certifications de vous touchant ce que deflus : Car
tel eff noffre plaifir, nonobftant quelfconques ordonnances , reftrin&ions,
mandemens, ou défenfes à ce contraires, de faire exécuter les chofés def.
fufdites, & icelles fouffrir, accomplir & contraindre tons ceux qu’il appar-
tiendra ainfi que pour nos propres affaires , nonobftant oppofñtions ou appel-
lations quelconques , vous auons donné & donnons plein pouuoir & man-
dement fpecial pour.ce faire. Mandons G commandons à tous nos lufticiers,
Officiers & fuiets, que à vous & aux deux de vous dont vous Treforier fe-
rez toufiours l’vn,& à vos commis députez, en ce faifänt obtiflent & en-
rendent diligemment, preftent & donnent confeil, confort, ayde & pri-
fons, fi meftier eft, & requis en font. Donné à Lyon fur le Rofne le dixhui-
tiefme iour de Juillet, lan de grace mil quatre cens quatre-vingts-quatorze,
& de nofîftre Regne le onziefme. Signé, CHARLES. Par le Roy, Meflieurs
les Cardinaux de Saint Pierre, ad Vincule, de Lyon,& Duc de Bourbon, les
Comtes de Ligny & de Montpenfier,les Archeuefques de Reims & de Roûën,
les Euefques Dupuy, d'Angers & Saint Malo, les Seigneursde Baudricourt,
Gouuerneur de Bourgongne & Marefchal de France, de Myolans, Gouuer-
neur de Dauphiné, du Bouchage, de l’Ifle,. de Grimault, Maiftre. Iean de
Gannay, Prefident au Parlement de Paris, & autres prefens, Rabineas.
| Pré fur l'Original. 0
Edit du Roy pour engager le Domaine if. ques à La femme & fix vingrs+
mille efcus d'or par le voyage d'Italie. cu Eu
HARLESPAR LA GRACE DE Dieu Roy Dt FRANCE. Sça-
uoir faifons à tous prefens & aduenir, comme pour recouurer & re-
RE EE
A4 9.45
A Plaifance
Octobre
prendre en nos mains noftre Royaume de Naples à prefent.iniuftemenc de-.' #5 #-
tenu par A/phonfe d'Arragon , Nous auons fait mettre fus vne grofle & puif-
fante armée, & icelle fait marcher és Pays d'Italie, où puis nagueres, afin
que puiflions mieux paruenir & entendre à noftredite entreprife, nous foyons
venus en perfonne, & auons déia pafle la Cité de Pasie; & pource que nous
auons toufours trouué les matieres fi auancces & difpofces à noftre ad-
uantage que plus ne pourroient, nous auons propofé & conclu par grande
& meure deliberation de confeil de cirer auant à la pourfuite & recouure.
ment de noftredit Royaume , & efperons de brief à l’aide de Dieu eftre
vers la Ville de Florence, mais pour la conduite & entretenement de nof.
tredite armée & d’autres grandes charges & affaires qu’auons chafcun. iour
à fupporter nous conuient faire de grandes & fomptueufes dépenfes, pour
aufquelles fubuenir & fournir eft befoin auoir de grands deniers & finan-
ces, & entre autres expediens fur ce aduifez par lefdites deliberation &
Confeil, afin que rupture n’aduienne en icelle-noftre armée, qui nous fe.
roit chofe de trop-grande deshonnefteré & déplaifir, veu le bon & grand
commencement qui y eft, S:que fommes déia marchez fi auant en Pays,
auons deliberé & mieux aimé, pour le foulagement de noftre pauure peuple,
qui déia, à noftre grand regret, a fouffert & enduré à caufe des precedentes
affaires de grandes charges, faire vendre & engager de noftre propre Do-
‘maine , iufques à quelque bonne fomme, que. de bailler à noftredit peuple
RRrriu]
66 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1 4 9 4. totalement le faix & charge de noftredice prefente affaire, & à cette caufe
auons ce-iourd’huy decerné Lettres & Commiflions à certains nos Commiffai-
res & deleguez pour befogner au fair de ladite vendition par les Prouinces
& quartiers de noftre Royaume, afin de trouuer fer noffredis Domaine if.
mes à La fomme de fix-vingts mille écus , pour aider à fournir aux dépenfes de
noftredite affaire : toutefois au moyen des ordonnances & reuocations fai.
tes fur le fair de noftredit Domaine, par lefquelles on veut dire & main-
tenir que ne le deuons aliener, feparer, ni demembrer, aucuns doutans à
pr ce nc pouuoir ioüir des venditions qui leur feront faites, pourroi-nt
craindre à y employer & mettre leurs deniers, & par ce moyen ne pourroic
fournir ni recouurer fur noftredit Domaine ladite fomme de fix-vingts.
mille efcus dont nous aduiendroit grand inconuenient. Nous, qui voulons
à ce pouruoir de bonne heure, & que trop mieux nous vaut employer nof-
tredit Domaine, & nous en ayder,que de choir & tomber en neceffité de
noftredice affaire attendu mefmement que y fommes venus en perfonne & en
eftrange Pays; voulans aufli comme raifon eft affeurer lefdits acheteurs de
ce qu'ils mettront en noftredit Domaine, & que ce leur foit chafe feure &
certaine. Powr ces caufés & autres à ce nous mouuans auons declaré, voulu
& ordonné, declarons, voulons & ordonnons de noftre pleine puiflance &
authorité Royale par ces Prefentes, que les venditions ou engagemens qui
feront ainfi faits par nofdits Commiffaires & Deleguez fur noftredit Do-
maine, de quelques pieces que ce foient, foient Baronnies, Chaftellenies, &
autres Terres, rentes & reuenus qui en dépendent, tant en cens, rentes
d'argent & de Eos , terres arables & non arables , bois , prez, pafturages,
faulages, eaux, fours, moulins, eftangs, hommes, hommages, vaffaux, vaffe.
lages, iurifdiétions & iuftices hautes, moyennes & bafles, meres, mixtes &
imperes, & autres Droits & reuenus quelfconques, iufques à ladite fomme de
fix-vingts mille efcus d’or, pour vne fois payer à temps de Remere & rachat,au-
ront lieu, & fortirontleur plein &entier effec, & que les acheteurs en ioyront
& vferont,enfemble leurs hoirs & fuccefleurs, ou qui d’eux auront caufe
en telle prérogatiue, prééminence & authorité, enfemble defdits reuenus,
profits & ou iffans & prouenans, & qui pourront prouenir & iffir
d'icelles Seigneuries qui leur feront ainfi vendués ou engagées, & tout
ainfi que auons.fait par cy-deuant, & iufques à ce que par nous ou nos fuc-
cefleurs les deniers qu’ils y auront employez leur ayent efté reftituez en-
tierement, & à vne fois , fans que au moyen defdites ordonnances & re-
uocations faites ou à faire fur les alienations de noftredit Domaine ils puif.
fenc eftre inquietez, moleftez, ni trauaillez en la poffeffion & iouiffance d’i-
celles Seigneuries en quelque maniere que ce foit. Si donnons en mandement
par cefdites Prefentes à nos amez & feaux les gens de nos Cours de Par-
lement de Paris, Bordeaux & Tholofe, & de noftre Chambre des Com-
tes à Paris, & à chacun d’eux, fi comme à luy appartiendra, que nos pre-
Les. vouloir, Declaration & Ordonnance ils faflent lire, publier & en-
regiftrer en leurs Cours & auditoires, & les enterinent, verifient & expe-
dient de point en point felon leur forme & teneur, & en ce faifant fouf-
frent & confentent que lefdites venditions qui ainfi feront faites des pie-
ces & Scigneuries de noftredit Domaine, iufques à ladite fomme de fix-
vingts-mille efcus, ayent lieu, & fortent leur plein effet, 8 que les ache-
teurs & leurfdics hoirs & fucceffeurs , ou qui d’eux auront caufe, en vfenc
& ioüiflent audit temps de Remere, comme deflus cft dit: Car tel eff noffre
plaifir, nonobftant lefdires Ordonnances ainfi faites fur des alienations d’i-
celuy noftre Domaine, & fans preiudice d'’icelles en autres chofes. Et pour
ce que de ces Prefentes l’on pourra auoir à befogner en diuers lieux, Nous
voulons que au Pidimus d’icelles fait fous féel Royal, foy foit adiouftée com.
_ — 7
DV ROY CHARLES VII : 687
me à ce prefent Original. Et afin que foit chofe ferme & ftable à couf. 1 4 9 4.
iours, nous auons fait mettre noftre {éel à cefdices Prefentes fignées de nof
tre main, fauf en autres chofes noftre droit, & lautruy en coutes, Doré à
Plaifance en la Duché de Milan au mois d'Oétobre, l’an de Grace 1494.
& de noftre Regne le douziefme. Ainfi figné, CHARLES. Par le Roy en
fon Confeil , auquel le Comte de Bauge Seigneur de Brefle, les Euefques
de Saint Malo & d’Eaune, les fieurs de la Tremoille, de Piennes, de
l'Ifle , de la Voute, de Grimault & de Beyne Preuoft de Paris, Maiftre
Jean de Gannay, & Meflire Iean Palmier, Cheualier, Prefident en Parle.
ment, Iean Matheron aufli Cheualier , grand Prefident de Prouence, le
Protonotaire d’Arifoles Maiftre des Requeftes ordinaire, & plufeurs au.
cres eftoient , Bobser.
Vifa, vifis prefentibes Litteris, Curia, omnibus Cameris congregatis, nonnulls ex ges
neralibus Thefawrariss Gr Camere Computorum Confiliariis faper necelfitate Financise
gum Regis nuncextra Regnum fuum pro recuperatione Regni Neapolitani exiffen
tibas debite auditis, ordinauit Curia fuper ipfis punitibus: Lecfa, publicata, G re-
21. Nasembre
1494.
giffrata Caffris, Fortalitiis, @ aliis locés limitrophis comprehenfis pro iffa vice
dumtaxat, non ad confequentians trahatur. CA(fum in Parlamento vigefims pri-
ma die Nouembris anno 1494. De Cerifay.
Vifa expeditione Curie Parlamenti, cui Littere primo diriguntur, Domini confen-
tiunt quo fimiliter ponatur: Leifa, publicata C regiffrata, nb conditionibus €
modificationibus in cadem gs declaratis. CAËum in Camers Computorum
Domini noffri Regis Parifius die vigefima féptima Noucmbris snno 149 4.
Le Blanc. - |
Lettres dy Roy Charles VIII. pour vn emprunt [ur le Clergé de France
pour la Conquefte du Royaume de Naples. |
DE PAR LE ROT.
A RC RE
29. Nouembre
149 #
OsTRE AMB’ ET FEAL, Nous vous auons bien voulu aduertir, 4 Pesrrrmls
comme pour paracheuer l'exécution de noftre prefente entreprife,
qui eft Le le recouurement de noftre Royaume de Naples, Nous fommes
venus deçà les Monts és Pays d'Icalie, où nous auons trouué les matieres
auancées, & fi bien difpofées à noftre aduantage, que nous auons efté con.
{cillez de tirer en auant, & auons pañlé les Alpes de Boulongne, & defia
nos gens de guerre, à l’occafon de ce que les Florentins fe font declarez
pour le Roy Alphonfe, ont pris &. mis en. noftre obeiflance aucunes bon-
nes Villes & Places fortes fur lefdits Florentins, & efperons brief tirer vers
Florence, & de Là aller à Rome, & y eftre enuiron Noel prochain venant, où
nous fommes deliberez de traiter du fait de l'Eglife Gallicane , afin de la
reduire & mettre en fes anciennes libertez, & mieux, fi poffible nous eft, au
grand honneur & bien d’icelle, ainfi que de tout noftre cœur defirons. Et
pour ce que nous auons de grandes defpenfes à fupporter pour la condui-
te de noftredite entreprife , & que nous fommes certains que ne nous vou
driez faillir au befoin, mais nous fecourir, veù mefmementque noftre per
fonne v eft, & en Pays eftrange. C4 cette cawfe nous vous prions fur cant
que defirez le bien & honneur de l’Eglife, le noftre & le voftre ,que vous
nous veuilliez prefter & auancer par lés gens d’'Eglfe ; tant des Abbayes,
Chapitres, que autre Clergé de voftre Diocefe, non comprins les.exempts,
la fomme de quinzecens efcus d'or couronnez., à la rendre dedans vn an pro-
chain venant; & pour ce faire, fi vayez.que befoin foi, faites affembler
29. Oétobre
1494:
68 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
149 4. gd gens d'Eglife de voftredir Diocefe à tel iour que aduiferez, pour
A Viterbe
24. Decembre
1494
remonftrer bien amplement noftredite affaire, ou finon enuoyez-leur
particulierement leurs cotifations de ce qu’ils pourront porter de ladite fom-
me, afin que chafcun en fon égard nous y fafle ayde & fecours, & icelle
fomme faites bailler & deliurer le plus promptement que faire fe pourra
entre les mains de Maiftre Lewys de Poncher, Commis à l’Extraordinaire des
guerres, qui vous en baillera pour feuret de voftre rembourfement , re-
connoiflance fignée de fa main, &’en iceluy voftre rembourfement n'y au-
ra point de faute au terme deflufdic, & fi vous en ferons appointer fur le
plus prochain Receueur de voftre Diocele, fi bien que vous aurez caufe de
vous ‘en loüér & contenter, en rendant ces Prefentes fignces de noîftre
main aucec ladite reconnoiffance, & le feruice & le plaifir que nous ferez
à cettuy noftre grande affaire & befoin, ne mettrons iamais en oubly ainf
que plus à plein ferez aduerty par noftre amé & feal Confcilier /’ 4rchesef-
me de Sens, auquel nous -auons efcrit vous en {olliciter. Dsmné à Pontremo-
e le vingt-neuuiefme iour d'O&tobre. Ainfi figné, CHarzes. Et plus
bas, Bobier. Et au dos font efcrits ces mots: C4 noffre amé CG feal Conféiler
S'Encfque de Troyes, on 4 fes Vicaires. |
| | Pris fur l'Original.
DE TAR LE ROT.
OsTRS AME ET FEAL, Nagueres vous auons efcrit en remonf-
crant nos affaires, & que pour nous ayder à la conduire de noftre .
grefente si , pour laquelle, comme fçauez, fommes en perfonne en
Pays eftrange hors noftre Royaume, vous nous voulfifliez prefter la fomme
de quinze cens eféus, ayant confderation que noftre intention n'eft feule-
ment pour le recouurement de noftre Royaume de Naples, mais eft 44 bien
de P'Eglife @ recosurement de la Terre Sainte, qui concerne le bien vniuerfel
de la Chreftienté & Foy Catholique, à quoy chafcun, mefmement les gens
d'Eglife doiuent auoir efgard, & eux éuertuer à l'exécution dudit affaire.
Et pource que cette matiere requiert celerité, & queentendons ladite fom-
me eftre empruntée tant fur vous que fur voftre Chapitre & Clergé,
. CxEmptS 8 non exempts, nous vous auons bien voulu encore efcrire , vous
priant derechef fi cres-acertes & de cœur que faire pouuons, que nous veuil-
Hiez prefter ladite fomme de quinze cens efcus pour vne fois, & pour ce
faire mandez & aflemblez voftredic Chapitre, voftredit Clergé, exempts &
non exempts, & d’vn commun confentement départiez entre vous & eux
ladite fomme , & icelle faires le plus diligemment. que pourrez cueïllir &
leuer tel perfonnage que aduiferez, pour la bailler, dedans le premier
iour de Januier prochainement venant, à noftre amé & feal Notaire &
Secretaire, Maiftre Loys de Poscher, lequel en fera recepiflé & reconnoif-
fance pour la vous faire payer & appointer fur nos Finances , ainfi que
vous en auons plus à plein efcrit par nos autres, f veuillez ainfi faire fur
tant que defirez le bien de nous, de vous, & de coute l'Eglife Gallicane.
Donné à Vicerbe le quatorziéme iour de Decembre. Ainf figné, CHARLES.
Et plus bas, Dsbois. Et au dos eft cfcrit: C4 #ojfre «mé G° feal Confüiller l'E:
efque de Troyes.
À | Pris fur l'Original.
DD AGE po. © rev. Au fuiet de la défaire de Rapaille.
. Cért heureux fuccés auança de beaucoup l’entteprife de la conquefte
de Naples, & le Roy ne commença d'agir qu'aprés en auoir eu les nouuelles,
Au refte ce combat fur gagné ft Dom Alphonfe Roy de Naples, dont
l’armce
DV ROY CHARLES VIII. 689 —…
Parmée eftoit commandée par Dom Frederic Prince de Tarente, frere de. ] 4 9 4:
Dom Alphonfe, & qui fut depuis Roy de Naples. Voyez Philippes de Com:
mines, p. 278. 288. & fuiuances. |
Guillaume Briçonnet Euefque de Saint! Malo, mande an Duc de Bourbon
quon attend des nouvelles du Duc d'Orleans qui eff en Mer à Le pour-
Juite de l'armée du Roy Alphonfe; que la Ducheffe de Sauoye reçoit
bien le Roy: que le fieur d'Aubigny eff par-dela Boulongne ; que les ar
mées du Roy Alpbonfe es du Pape [ont ioinres y en mauuais eftat;
que le Roy doit aller à Aff; que les Ducs de Ferrare co” de Bar vien-
nent au-deuant de luy; que la Marquife de Montftrrat offre an Roy
_ Les Eflats de [on fils, ex que le Roy fe prépare 4 faire fon entrée à
. Gennes.
ONSEIGNEVR, Tres-bumblement à voffre bonne grace me recommande, 5. Septembre
Le Roy vous efcrit & fair fçauoir de fes nouuelles, & vous enuoye ‘*?#
le double de Lettres d'importance qu'il a eüës depuis fa venuëé de par-decà,
& eft attendant en grande deuotion ce que Monféigneur d'Orleans aura fie
à la chaffe, où il eft aprés l’armée de mer ds Roy Alphonf, ainfi que le com-
mencement pourrez voir par lefdits doubles,
_ Monfeigneur , iufques icy le Roy ni fa compagnie ne trouuent point de
difference au Royaume tant on y eft bien venu, prifé & honoré, & vous
affeure que Madame de Samoye s’en cft bien aquitée; & iamais ne vis faire f
belles entrées de Villes que l'on a fait audit Seigneur par-deçà, ni de
meilleur vouloir les enfans venir au-deuant auec les armes de France, criane -
Viue le Roy, & en tout ce qui fe peut faire n’y a nulle omiflion.
Monfcigneur, le Roy a eü Lettres de Monfeur d 4ubigny, qui eft par:
delà Boslongne prés Cefare, auec mille lances Italiennes, deux cens de Fran-
ce, & cinq cens Arbaleftriers de cheual fous Monfieur Des Julien, à trois
licués de l’armée de Roy Alphonfe , où eftle Duc de Calabre fon fils, le Comte
de Petillane € le fieur Virgile, auec mille ou douze cens lances Italiennes, &
mille ou douze cens hommes de pied, & a efperance ledit d’Aubigny dy
faire quelque venué. nn |
Des Terrcs des Boulouwnois Monfieur le Général de Bidast à refctit plu-
ficurs nouuelles, difant que /e Roy Alphonfe 8e l'armée du Pape font
ble, qui n’ofent aucune chofe leur demander, & que il y a pour le Roy
fix cens lances, & deux mille hommes de pied, qui fonc plus pour les offen-
dre que eftre offendus; & que fi l’armce du Roy pale, qu'il tient la viétei-
re pour le Roy, quiy eft attendu comme Meflias. Et: pource que ledit Gé:
néral auoit efté mande venir deuers le.Roy, a fait refponfe qu’il ne vou:
droit point venir encore, qu'il ne vift faire au Roy quelque bon feruice,
& que incontinent s’en viendra, nonobftant qu’il dit n’y eftre pas pour fa
plaifance, & ie le crois; mgÿs pour le feruice qu’il entend faire audit Sei-
gneur, & dir les matieres y eftre bien difpofées, Dieu veuïlle tout guider
& conduire ainfi qu’il fçair eftre neceflaire. .: |
Le Roy doit aller demain coucher es 4f, & au-deuant de luy viennent
Meflicurs /es Ducs de Ferrare @ de Bar, & en ef le fieur Ladouic & fa fem-
me, & leur eftar,& eft party auiourd’huy Monfieur le Marefchal 4e Gé, pour
aller faire le logis, & leur en départir.
Ledit fieur Ludoüic, à ce que i’4y entendu par Lettres de Monfieur ‘le
Senefchal de Beaucaire, a oëtroyé & fait deliurer ce que l’on luy a demah-
dé, & s’offre fort au Roy. Prefentementc eft arriué mondit 7 Senef-
6ÿgo OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
1494. chal, que le Roy a enuoyé querir pour fçauoir de leurs nouuelles auanc que
parler aux deffufdits. | |
Meflieurs les Général de Languedoc, Treforier des guerres, de la Croix
& Poncher font allez à Gennes, depefchez du fieur Ludouic, pour feruir
à l’rmée de mer, laquelle fera dépefchée en enfuiuant l’auis que Monfcur.
de Thuray apporta, lequel auis de plus en plus le Roy trouue meilleur, &
eft content de ceux qui le luy ont confeillé; & pareillement ledit fieur Lu-
\douic , le fieur Galleas & autres qui ne le trouuoient bon, & pourchaf-
foient le contraire, ont changé d'opinion, & y adherent aufli, On ne fçau-
roit dire le contraire, & on le voit à l'œil, & par experience, |
Madame /« Marquife de Montferrat a enuoyé deuers le Roy luy offrir les
biens, Terres & Seigneuries de Monfieur fon fils; & par effet s’eft de-
monftrée & demonftre bonne Françoifé, & a fait de grands préparatifs. Le
Roy y pourra aller fur la fin de cette femaine, & s’en retourner audit Aft;
& apres a deliberé aller à Gennes faire fon entrée, là ou il eft attendu en
grand triomphe & deuotion : le Roy eft deliberé y entrer couuert, luy &
“: ‘ : fon cheual de Croix doubles de Ierufalem d’orféurerie, dont le deuis eft
bien fait & nouueau, & non pas de grande defpenfe.
Monfeigneur le Roy attend auiourd’huy des nouuelles de mondit Sei-
gneur d'Orleans, & incontinent en ferez aduerti, enfemble de ce qui fur-
uiendra, car le Roy l'entend ainfi, & la raifon le veut. |
Monfeigneur , ie prie à Dieu qu’il vous doint tres-longue & bonne vie.
Efrit à Quicrs le huitiefme iour de Septembre. : |
: Monfeigneur, en efcriuantces prefentes, j'ay receù vos Lettres qu'il vous
a plü me refcrire, dont humblement vous remercie, dorefnauant fuis de-
liberé vous ennuyer de fouuent vous efcrire. Voffre tres - humble Preffre,
Chapclain & férsiteur, GVILLAVME Enefque de Saint Malo.
Monfeigneur, depuis ces Lettres efcrites, fonc venués autres nouuelles
de Gennes, dont ie vous enuoye l'Original , & ainfi qu'il en viendra en
ferez toufiours auerti, car ie fuis feur que la chofe que plus defirez, eft de
{çauoir des nouuelles de la fanté & profperité du Roy. Prefentement le
Roy a depefche Monfieur de Piennes, pour aller au-deuant de mefdirs fieurs
les Ducs, lefquels fe doiuent trouuer au deuant du Roy fur les champs
deçà Aft, deux licuës, & au deuant d'eux enuoyera encore demain Mef_
fieurs de Liney, & Vidame de Chartres. 4 l'adreffe eff eférit : A Monfei-
gneur, Monfcigneur le Duc de Bourbonnois & d’Auuergne,
Prés fur l'Original.
P AGE r00. Le Seigneur Ludouic vint faire la reuerence au Roy.
Philippes de Commines prétend que ce fuc luy qui À née au Roy
Charles V III. la conquefte du Royaume de Naples, ou du moins qu'il en
parla le premier, & prefta de l'argent pour certe expedition. Voyez cy-def-
fus pages 216. & fuiuantes. ;
AGE rer. Îl y eut quelque differend enge le Pape & luy, car ce Pa-
pe eftoit naturellement Efpagnol.
Il s'appelloit Alexandre V I. de la maifon de Borgia. L’on peut voir dans
1es preuues qui font à la fin de l’Hiftoire de Philippes de Commines , Vne
Hiftoire aflez exate & naturelle de la vie de ce Pape, qui cftoit natif de
Valence en Efpagne.
N la mefme Page. Finalement le Roy entra dans Rome.
+ L'on crouuera cy-aprés deux Relations de ce qu'il y ft pendant fon
{ciour, & qui meritent. quelque confderation. pa _
DV ROY CHARLES VII 6x
Contracf de Mariage de Iean du Boulongne, dy de Isanne de Bourbon,
| * venxe du Duc de Bourbon Connefiable de France,
A Tovs ceux qui ces prefemtes Leitres verront : Ican Banderlue Bout-
. gcois de Saint Pierre le Monftier, & Garde du féel Royal efta-
bly pour le Roy noître Sire, en la Preuofté dudit lieu, sslwr. Sçauoir fai-
fons que pardeuant Guillaume Guyonnet :& ‘Laurens Cachemote Clercs,
Iurez Notaires dudit feel, & les Notaires aufquels quant à ce nous auons
commis noftre ra pour ce perfonnellement eftably, haut & puiffant
Seigneur, Monféigneur Jess Comte de Boulongne G: d'Auuergne d'vne part,
&: haute & puiffante Princefle.:Madame Zeanse de Bourbon, Ale de feu hauc
& puiflant Prince Monfeigneur de Bourbon,Comte de Vendofme, & veu-
ue de feu tres-haut &.puiflant Prince Monfeigneur Iean Duc de Bour-
bonnois &-d’Auuergne en fon viuant, eftant & vfant de fes droits, d’autre
part , defquelles parties, par auis & deliberation de tres-haut & tres-puiffant
Prince, Monfeigneur. Pierre Duc de Bosrbonmois 8 d’Auuergne, Monfieur
Jean d'Albret Scigneur d'Orual, Monfeur Facques de Beaufort Comte d’A-
leis, & tres-haut Loys Comte de Vantadour, & d’autres plufeurs leurs pa-
rens & amis, ont fait, pafle, tranfigé & accordé les paétions, accords &
conuentions de Mariage defdits Monfieur le Comte de Boulongne, & de
madite Dame Jeanne de Bourbon en la maniere qui s'enfuit. C’ef à Gawoir,
Que ledit Monfieur le Comte a promis de prendre à femme & cfpoufe ma-
dice Dame Icanne de Bourbon, &icelle madite Dame Ieanne a promis de
prendre à mary & efpoux iceluy Monfeur le Comte de Boulongne, fous les
modifications & conuentions qui s’enfuiuent, Premierement, que ledic
Monfieur le Comte prend & prendra madite Dame Ieanne de Bourbon
pour tous & chafeuns fes droits tels qu’elle à & peut auoir, & qui luy com-
petent & appartiennent, tant de fon droit de fucceflion & heritage en la
maifon de Vendofme, que de fon Douaire a elle conftitué par feu le Duc
Iean de Bourbon que Dieu abfoille, que aufli de la fémme de douze mille
liures tournois a elle ordonnée par le craité dudit feu Monfeur le Duc Ican
& d'elle, pour tous droits de meubles & conquefts. rem, En faueur dudic
Mariage mondit fieur le Comte de Boulongne a douc & doué madite Da:
me Icanne de Bourbon, quant & fi-roft que Douaire aura lieu, de quatre
mille liures tournois de reuenu, francs & fans charge en toute iuftice, foit
qu'il y cuft enfans dudit mariage ou non; lefquelles quatre mille liures tour:
nois de reuenu mondit fieur le Comte luy a aflignez & afligne fur les Ter-
res, Chaftellenies & Scigneuries de Saint Saturnin, ou. Befle, au choix &
éleétion de madite Dame, en ce que le reuenu de chacune d’icelles places
qu'elle choifira en pourra porter, charges deduites, la place & maifon non
comptées audit reuenu, & le refidu defdites quatre mille liures tournois de
reuenu mondit Seigneur le Comte luy a afligné & afligne fur les Terres
de Douzenac, Matemote , Bouflac & Correze, cens, rentes, eftangs, & au-
tres chofes dépendantes & appartenantes defdites Seigneuries & Cheuances
affifes en Limofin, en ce qu'elles pourront fournir, toutes charges payées,
lefdites places & maifons non comptées pareillement audit reuenu; & ce
qui reftera fe prendra fur les Terres & Scigneuries d’Artonne & Moncel
fituées au Pays d’Auuergne , charges deduites, les maifons pareillemenc
hon comptées audit reuenu. Jtem, Et a efté accorde que s’il reftoit aucune
chofe defdites quatre mille liures tournois de reuenu , il fe prendroit au
plus prés defdires Terres & Scigneuries de Saint Saturnin, ou Befle, celle
que madite Dame auroit choifie pour partie de fon Douaire, gages d’Off-
ciers ordinaires payez. Et fera la luftice comptce audit TT laquelle af-
1)
mettt
149 4
2. Iahuier
1494.
—— 792 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1, . fiete defdites quatre mille liures tournois de reuenu, fe fera moyenne, c’eft à
1494 | q A ee
fçauoir à ne prendre de neuf anriées les plus haates ni les plus balles, mais
les moyennes. J#e#, Plus a efté accarde que fitoft que -Dawaire aura lieu, il
aura fon cours fans aucune demande en faire, & fi pourra audit cas madi-
te Dame metre éfdités Places & Seigneuries ainf à elle affignées & bail-
lées pour fondit Douaire, & en prendre le reuenu iufques en ladite fom-
me de quatre mille liures cournois, ainfi que deffus; fans autre myftere de
iuftice. : Item, S'il aducnoic que madite Dame , aprés le wefpas dudit Mon-
fieur le Come, fe remariaft, & conuolaft à tierces nopces, en ce cas elle n'au-
ra que trois mille liures tournois de reuenu, lefquelles trois mille liures tour-
nois de reuenu mondit fieur le Comte luy a affignez & affigne fur lefdites
Terres & Seigneuries de Douzenac, Matemote, Bouflac & Correze, aff.
fes audit Pays de Limofin, Arthonne & Moncel, aflifes audit Pays d’Au-
uergne , toutes charges déduites, les Places non comptées audit reuc:
nu; & ce qui reftera, & ne fe pourra prendre fur lefdites Terres & Seigneu-
ries de Limofin, Arthanne & Moncel fe prendra de prochain en pro-
chain defdites Arthonne & Moncel en femblable afliere que deflus , &
n'aura audit cas madite Dame lefdices Places, Terres & Seigneuries de
Saint Saturnin & Befle, fi bon ne femble aux heritiers de mondit fieur le
Comte. 1m, Mefdits Seigneurs le Comte & Dame feront vns & communs
en tous biens, meubles, aufli en conquefts, immeubles, qui feront faits du-
rant & conftant leurdite communauté, & par le deceds du premier mou-
rant, fe partiront lefdits meubles & conquefts immeubles par moitié, en-
sre le furuiuant & les hcritiers du premier decedé & mourant, foit qu'ils
syent enfans ou non: toutefois 4 efté accordé que les conquefts immeubles
faits durant ledit mariage, feront propres heritages aux enfans qui viendront
& fortiront d’iceluy mariage; neanmoins chafcun defdirs mariez qui furui-
ura ioüira de la part & portion d’iceux conquefts fa vie durant feulement,
nonobftant quelfconques couftumes contraires qu’il puifle y auoir au Pays
d'Auuergne. Item, Et quant à ladite fomme de douze mille liures tournois
qui appartiennent à ladite Dame pour tous meubles & conquéfts qu’elle
pourroit demander à la maifon de Bourbon, ladite fomme fera conuertie
en hericages pour elle, pour eftre fon propre heritage & des fiens de fon
cofté & ligne. Z#», Ét s’il aduenoit que mondit fieur le Comte allaft de
vie à trefpas auant que conuertir & employer ladite fomme de douze
mille liures tournois en heritage pour madite Dame, comme dit eft, mon-
dit feur le Comte luy a dés maintenant pour lors, & aux fiens & ayans
Caufe, baillé, cedé & tranfporté pour ladite fomme de douze mille liures
tournois, la Terre, Seigneurie & Baronnie de la Ferté Chauderon en Ni-
uernois , auec le Chaftel, appartenances & appendances, ainf qu'ils fe com-
POrtent, qui appartiennent 2 mondit fieur le Comte, pour en ioùir par elle
êc les fiens & ayans caufe, comme de fon heritage, aprés le trefpas dudie
Monfeur le Comte, & laquelle Terre, Baronnie & Seigneurie de la Ferte
Chauderon mondit fieur le Comte & les fiens pourront rauoir & racheter
en rendant & reftituant ladite fomme de douze mille liures tournois. Items,
Et s'il aduenoit que madite Dame allaft de vic à trefpas auant mondit fieur
le Comte & fans enfans , mondit fieur le Comte gagnera la fomme de fix
mille liures tournois, faifant moitié defdites douze mille liures tournois :
& neanmoins iufques à la reftitution defdites fix mille liures tournois qui
refteront, ladire Terre de la Ferté demeurera vendué comme deflus, iuf-
ques à la reftitution defdices autres fix mille liures , fans que l’on puifle
compter les fruits de ladite Terre & Seigneurie de la Ferté, en déduétion
defdites douze mille liures, ou fix mille 1iures tournois és cas deffufdits.
Jrem, À cfté accordé que ce qui viendra à ladite Dame de la maifon de
DV. ROY CHARLES VIII 793
… Vendofme, fera propre heritagé d'elle & des fiens de fon cofté & ligne, r 4 9 4.
_ fans toutefois que mondit fieur le Comte ou les fiens foient tenus de faire
reftitution des fruits dont il ioüïira durant ledit mariage, Ztem, Outre,en
faueur dudit mariage , & à ce que la maifon foit entretenuë, & le nom &
les armes en aprés, mondit fieur le Comte 2 voulu & ordonné, veut & or-
donne que l’aifné mafle defcendant dudit mariage, portera le nom & ar-
mes de la maifon de Boulongne, & aura en préciput & auantage les Com-
tez de Boulongne & d’Auuergne, ou la récompenfe de ladite Comté de
Boulongne, aucc la Baronnie de la Tour; & fi l'aifné mafle fe faifoit hom-
me d’Eglife, ou autrement ne fuft habile, ou ne fe mariaft, poutueu toute-
fois qu’il foit marié, ou qu'il fe marie, & par ce ne fuft pour entretenir le
nom & les armes de ladite maifon, le fecond mafle qui fera marié aura le.
dit préciput & auantages, & ainf confecutiuement de mafle en mafle des
defcendans de ce mariage, & neanmoins ioùira mondit fieur le Comte de
ladite Baronnie de la Tour fa vie durant fi bon luy femble. Car 4nf à effé
accordé entre lefdices parties. Promettans , chafcunes endroit foy, en paro-
les de Prince & de Princefle, par la foy & ferment de leurs corps, & fous
l'obligation & hipoteque de cous leurs biens, meubles & immeubles , pre-
fens & aduenir quelfconques, que contre le contenu en ces prefentes Let.
cres ils ne viendront, aller ni venir feront par eux ni par autres en aucune
maniere, au contraire ainçois les chofes deflufdites tiendront , garderont
& accompliront, & les feront tenir , garder & accomplir fans corrompre
nullement, & rendront & refticueront l’une partie à l’autre tous coufts,
frais ,mifes, incerefts & defpens qui faits feront par defaut & accomplif-
fement des chofes deflufdites, obligeant quant à ce eux, leurs hoirs & biens
quelfconques à la lurifdi@tion, compulfion & contrainte de ladite Chan-
celerie & dudit féel , voulans par icelle Cour eftre contraints, gagez &
compellez par prife, vente & exploitation de leurs-biens, renonçans par
leurdite foy à toutes & fingulieres actions , exception$, deceptions, allega-
tions, défenfes, caufes & raifons, & mefmement au droit y dant générale
renonciation non valoir, fi de ferment n’eft precedée. En témoin defquelles
chofes nous Gardes deflufdits, à la relation defdits Iurez qui ces chofes
deffufdites nous ont rapporté eftre vrayes, le féel de ladité Preuofté auons
mis & appofé à cefdites prefentes Lettres deuant les témoins à ce prefens,
& par lefdits Iurez appellez. Fair audit chaftel de Moulins és prefences de
mondit Seigneur le Duc de Bonrbon, mefdits fieurs d’'Orsal & de Vantadour,
Meflieurs les Archeuefque de Reims & Euefque de Clermont, Maiftre An-
thoine Douët Chancelier de mondit fieur le Comte de Boulongne, Meflire
Anthoine d’Eftaing Protonotaire de noftre Saint Pere le Pape, & Dom
d’Aubrac, Monfeur de Canillac,& plufeurs autres, le deuxicfme iour de
Hanuier , lan mil quatre cens quatre-vingts-quatorze. Ainf figné, Cache-
mote & Guyonnet. |
Pré fur vne ancienne copie collationnée.
Couronnement du Roy Jean d'Albret, @ de Casherine de Nauarre.
Vÿ Nom du ps tout-puiffant, le Pere, le Fils, @ le Saint Ef A Pampelune
10. Jansier
49 4.
pris, trois Perfonnes en une eflence, & un feul Dieu, Roy des
Roys, & Seigneur des Seigneurs, à perpetuelle memoire. Soit notoire, &
manifefte à rous prefens & à venir qui verront cét aéte public, le liront,
ou l’oyront lire, qu’en l’an de la Natiuité de Noître - Seigneur Iefus - Chrift
mil quatre cens quatre - vingts - quatorze, un Dimanche qui eftoit le dixief-
me & lanuier de ladite année , en l'indiétion trois, & du Pontificat de
noftre Saint Pere en Icfus-Chrift Alexandre V I, par : Te” diui-
. SS ii}
1494
# AÏ. Rouce.
Sax.
694 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
ne Pape, l'an de fon Siege trois. Ayans les tres -excellentes & puiflartes
Perfonnes , Dom Jean par la grace de Dicu Roy de Nauarre, Duc de Ne-
moux, de Gandias, de Montbianc, de Penafñiel, Comte de Foix, S:igneuc
de Bearn, Comce de Bigorre & de Ribagorça, de Ponticure, de Peri-
gord, Vicomte de Limoges, Pair de France , & Seigneur de la ville de
Ballaguer. Et Dame Catherine, par la mefme grace Rone, Proprictaire du-
dis Royaume , Ducheffe defdits Duchez, Comrefle & Dame dcfdires Com-
rez & Seigneuries, conuoquez & conuiez à venir, & fe crouuer à la fainte
onétion & folemnité de Icur heureux Couronnement, & eflcuation à la
dignité Royale, les. Prelats , Seigneurs, Gentilshommes ; Gens de qualiré, Ci.
toyens , &c Bourgeois des bonnes Villes, reprefencans les trois Eftats du
Royaume, & tout le peuple de Nauarre , comme en cas & aëtes fembla.
bles eft de couftume de faire, a ce iourd’huy en l’Eglife Cathedrale ds:
Saince Maric de la ville de Pampelonne , où ladite folemnité & reception
de marques Royales fe doit & a de couftume de fe faire , lefdites illuftres
Perfonnes Roy & Reyne conftituez perfonnellement en prefence de Nous.
Notaires & Secretaires, & tefmoins cy-aprés foufcrits , fe font prefentez
pour & comme Affemblce d’Eftats , les Perfonnes qui s’enfuiuent, à fça-
uoir;, Les PrsLaTs, les Reuerends Peres en Iefus-Chrift, & hono-
rables Religieux Dom Jean de Barreris, Euefque de Bayonne ; Dom grr-
trand de Boyris, Euefque de Dax; Jean d'Eques, Prieur de Ronccballes*;
Dom Pierre d'Eraffo, Abbe d'Oliuet; Dom Frere Sawseur Caluo , Abbé de
Saint Sauueur de Leyre ; Dom Frerc Diego de Vagsedanno, Abbé d'Yran-
ce ; Dom Frere Michel de Peralte, Abbé de Fitere : Et Les NoBes,
Cheualiers , Gentilshommes |, Dom Louis de Beaumont, Comte de Lerim,
Conneftable de Nauarre ; Dom Pierre de Nawarre, Marefchal dudit Royau-
me; Dom Æ44nf6 de Peralte, Comte de Saint Eftienne ; Dom Jean, Sei-
gneur de Lufe ; Dom “Philippe de Viamonte ; Mcflire Jean Vele de Medrano,
Dom Jean Henry de. Laçarra, noble perfonne Dom Louys de Beaumont, fils
dudit Conneftable ; Dom Charles de Viamont, Dom Iean de Viamont, Dom
Zean de Mendoçe, Dom Iean de Viamont, fieur de Montagut ; Jean Henry
Laçarra, fieur d’Ablites ; Meflire Jean de Garres, Vicomte de Colinc; Mei-
fire Pierre de Peralte, Merin de Tudele, Meflite Martin Henry de Laçarra, Mef-
fire Armand Dorte , Lope de Vaquetanno, Merin de l'Effoille , Vicomte de Ma-
rene; Mcflire philippes de Casalete, nobles perfonnes Garcia Perés de Veraiz,
Gouuerneur de Tudele ; Martin de Gorgny, lacques Dias, Gracian de Viamont,
Giles de Domenxan , Dom Martin de Viamont , Chreffien d'Efpellette, Merin de
Sangnefla, lean d'Artiade, le Seigneur de Mendinüette , le Scigneur de Bel/6n-
te, le Seigneur d'Fr/msa, le Seigneur d’'Armandares, le Seigneur de Garro, le.
_ Seigneur d’Afate, le Seigneur & Verte, le Seigneur d'Frete, le Seigneur de
Nauicre, Gouuerneur de Montreal ; Lopés de Sparce, Bernard d'Efpelerte, les
Seigneurs de Laffaque, Bertrand d'Armandaris , le Seigneur d’Arbiçs , Garceia
d’Arbicu : Efcuyers, Gentilshommes, & plufieurs autres nobles perfonnes
dudit Royaume, Dom Jean de Jaffe Doëteur, Dom Martin de Raffie, Dom
François de laque, Dom Pierre de Friaë. Pour a ville de Pampelonne, Dom
François de Jaque Conful, Martin Cruzat, Iean Munarriz, Fremin de
Baxa, &c. Pour la ville d'Effls , Diego Amburz Conful, Lope d’Efpe
lette, Iean d'Equia, &c. Pour la ville de Tudelle , 1ean des Laue Conf, |
Ican de Chambre- luftice, Pierre de Peralte, Iean Pafquier, Garcya d’Ay-h
bar, Iurats, &c. Pour la ville d'ofirre, Garcia de Falce Conful , Charle#?
d’Alcate Juge Mage, Anthoine luber, &c. Pour la ville du Pons de Le
Reyne, Charles de Licerac, Conful, Lope Diez, d'Obanes, Ilurats, Bour-
geois de ladite Ville. Pour la ville de F;anse Marti doGurpide, Iean
d'Echaberry, Maiftte Jean Miquel, Martinc‘@angeur. Pour la ville de
pv RoOY CHARLES VIIL 69
mer + es.
«
PR ———— — —
pe =
a
Saint Iean , Martin de Bumils Notaire , Girard d’Arambure Bourgeois de IE 49 4e
ladice Ville. , Pour la ville de Tafale , Charles de Nabas Conful, Charles
d’Erbice Preuoft & Bourgeois de ladite Ville, Pour la ville de Filefran-
che, Pierre Garcia de Falfos , Sanche Marrinis Bourgeois de ladite Ville,
Pour la ville d’Aquilar, Lope de Morede, Pour la ville de Lombrere, Char-
les de Liedene Conful, Peryuanes du Liedenos, Bourgeois de ladite Vil- :
le. Pour la ville de Caxede, Xymenc Benedu, & Iean de Meaux Notai-
res. Pour Toralua, Laurens Abbat. Pour Efuninga. Pour Abade, & plu-
fieurs autres Deputez d’autres Villes & Places dudit Royaume, & grand
nombre d’autres gens, & ainfi reprefentez ceux du Clergé auec leurs
marques Pontificabss & chacun felon fon eftat & dignité. Les Seigneurs,
Gentilshommes, Gens de qualité, Cheualiers , Procureurs, & Deputez
defdites Villes, deuant le Grand Autel de ladite Eglige Cathedrale , le
fufdit Prieur de Ronceballes, pour & en l’abfence dudit Euefque de Pam-
pclonne, awquel il appartenoir de ce faire, ff prefent y euff effé; dit publiquement
en prefence de tous les fufdits Deputez, & leurs Alteffes Roy & Reyne,
les paroles qui s’enfuiuent : Vous excellens Prince @ Princeffe, puiffans Sei-
gneur G Dame, voulez effre nos Roys C° Seigneurs ? À quoy leurs Alreffes
refpondirent, Nous le voulons, @ ainff nous plaiff. Et ces paroles re'ïicerées
par trois fois par ledit Prieur; Puis qu'ainf eff, tres-excellens Princes € puif:
fans Seigneur Dame, dewant que paffer plus auant à la facrée Onttion de voftre
heureux Couronnement, il eff neceffaire que vos Alreffes faffent aux peuples le fér-
ment que leurs Predeceffeurs Roys de Nauarre ont fait en leur temps, Gen aprés
de peuple vous preffera fon férment accouflumé. Et lefdits Roy & Reyne ref-
pondirent ,gw'ils l'anoient pour agréable, &* age de faire le ferment. Et
aufli-toft mettans leurs mains Royales fur la Croix & les Saints Euangi-
les, & réucremment les adorans entre les mains dudit Prieur de Ronce:
ualles, iurerent à leurfdits Peuples en la forme & maniere contenué en un
papier , lequel à la requefte dudit Prieur fuc leù à haute & intelligible voix
par Dom Ferdinand de Vaquedane Prochonotaire foufcrit , lequel papier
contenoit la forme qui s'enfuit. | |
N Ovs Dom Iean par la grace de Dieu Roy de Nasarre; C No@ Dons Ca- Serment du
| therine par la mefme grace Reyne Propricraire dudit Roydume, auec le congé 0e de le
du Roy Dom lean mon mary, © ‘un chacun de noss à part comme il nous appars Ho
tenois, iurons fur cette Croix © les Saints Euangiles, les touchans de nos mains,
à vows, Prelats, Gentilshommes , Chewaliers , Bourgeois @ Habitans des bonnes
Villes , @ à tout le peuple de Nanarre tant abfens que prefens, € promerions vons
maintenir aux Prinileges , Droits C Conflumes , franchifés G'libertez comme
avous les anex par cy- deuant euës, les garder © conféruer à vos fucceffeurs, © 2
‘sous nos. Suiets du Royaume de Nauarre tout le temps de noftre vie, les augmeñ-
sans pluffoff que de les amoïndrir en aucune façon on maniere que ce Joit. Et pro-
mettons auff abolir on faire abolir toutes les forces G* violences faites au contraire
par nos Predeceffèurs Roys de Nañärre, à qui Dicu pardonne , ou par leurs Officiers
en leurs temps, amender © remettre le tout felon le droit , quelque excufe que l'on
puff pretendre. Et que pour douze ans nous maintiendrons la monnoye laquelle
fera batuë à prefent par l'aduis de vous lefdits Effars , G que nous ne lairrons
auoir cours qu'en üne jenle monnoye. Et quant 4 Nous Roy Dom Iean , paruen ean d'Albres
à la Royauté G* Couronne de Nauarre; à caufé G* par le droit de la.Reyne D. Ca- “opel
sherine noffre femme , inrons G* promettons comme dit eff, que nous departirons les D brie de
biens dudit Royaume de Nauarre à nos Suiefs ; qu'aux Eflats G Offices de Gou- Nausrre.
serneñr, Chancelier, Marefchal, Iuçe, Presoff, Prejident de la Cour Somueraine,
Maire, Chafhlain de ‘Saint lcan, Officiers de luffice dudit Royaume, n'y mettrons
ny confentirons cffre mife aucune perfônne cffrangere, ains tous naturels originai-
1494.
696 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
res C* habitans dudit Royaume, G* ne maintiendrons awcuns cflrangers aux Off-
ces dudit Royaume de Nauarre , que inques an nombre de cinq perfonnes , qui
pourront acquerir chacun d'eux nn Office tant feulement , felon le droit G couffs-
me que mous auons iuré, @° que durant le temps que nous ticndrons G: pofféderons
ledit Royaume, C* qs'ils tiendront les Chafleanx Gr Fortereffes on aucum d'iceux,
leur ferons faire foy © hommage, C* isrer fur la Croix ° les Saints Esangiles,
que venant à deccder La Reyne noffredite femme, ce qu'à Dieu ne plaife, fans laiffèr
de Nous enfans prouenss de legitime mariage ; en tel cas rendrons Lefäirs Chaffeaux
G* Fortereffés à l'heritier ow l'heriticre d'icclle qui après elle deurs heriter du Royau-
me de Nasarre © non à autre, C que à la Reyne noffre femme ne ferons faire,
ny donnerons permiffion de faire donations, venditions, on alienations , change-
mens, union, adionition , on annexation dudit Royaume de Nasarre, auec autre
Royaume, ny autre Pays; ne ferons, ny donnerons permiffions de faire Statut, Or-
donnance , Edit, on Loy preindiciable 4 l'hoirie G “ces des filles qui feront be-
ritieres dudit Royaume de Nauarre ; C fi nous on elle le faifions, que de [à n-
ture tout foit nul C° de nulle valeur. Outre ce nous iurons , comme dit eff, que &
autrement aduenoit à la Reyne , qu'a Dies ne plaifé, fans laiffer de Nous fils os fil-
Le procedans de legitime mariage, qu'en ce cas hous lairrons G abandonnerons réel.
lement G de fais tout ledit Royaume de Nauarre. Item Nous isrons C promet-
tons, comme dit eff, que venant la Reyne à deceder, laif[ant heritiers ow beriticres
tandis que nous luy garderons la foy promife fans nous remarier, que nous de-
meurerons dans ledit Royaume au gosuernement CG adminiffration d'iceluy com-
me Roy uféfruitier , ainfi que par lefdits Eflats à efié requis qu'au cas que n0ws
vinffions à nous remarier , nous laiffaions CG abandonnaffions ledit Royaume en-
ticrement à l'heritier premier n€ ou heritiere, Seigneur ow Dame proprietaire d'ice-
luy Royaume, Gr que lefaits Effats du Royaume en tel cas , fans charge de confiien-
ce ou blafme , pourront de leur propre autorité nommer , G: cflener à la dignité
Royale le fafäit Seigneur ou Dame , beritier os beritiere, premier né ow premiere
née; © fi tel heritier ou heritiere effoit en minorité, attendant l'accompliffement de
vingt-un an, fèrs gouucrné par les tuteurs, qui à la requefle & fépplication des
trois Effats dudit Royaume luy feront donnez ; © aducnant que tel heritier os he-
ritiere tandis que nous férions encore en noffre viduité, paruint à l'âge de vingt-
sn an 04 fégnariaff, en tel ces pour fon entretenement A donnerions tout ce qui
feroit befoin. Et s'il arriuoit que nous vinffions « deceder deuant la Reyne noffre
femme, en ce qui touche le Royaume de Nauarre, icelle demeurant toufiours Reyne,
G* Dame proprietaire, fé mariant ou non mariant ; C* en ce qui touche nos autres
Seigneuries C Domaines ; C° de l'iluffre Seigneur d'Albret noffre tres - honoré pere,
Cr le faraiuant ,elle ait par chacun an 4 receuoir les quatre-vingts mille liures con-
tensés au Contraif de mariage d'entre elle & moy, G ainfi nous rendrons à noffre
beritier ou beritiere premiere née toutes les Terres © Scigneuries que nous auons,
Cr poffedons de la part de feu Dame Françoife noffre tres- chere mere, 4 qui Dieu faffe
mercy , lequel beritier om bheritiere ferons nourrir G* efleucr en ce Royaume, cn la
langue G* conuerfation de ce peuple au moins pour un temps, @ donnerons ordre
que ladite Reyne faffe fa refidence continuelle, ou pour le plus grand part du temps
en cedit Royaume, confiderans les longues années qu'il a effé fans Roy, Seigneur
proprictaire, qui 4 eflé caufe de tant de maux, pertes G dommages.
Semblablement voslons, € ainfi nous plaiff, que fi en ce que nous auons iuré,
on en partie d'iceluy, nous venions à nous départir de quelque point, que lefdits
Effars CG peuples de noffredit Royaume de Nauarre ne foient tenus de nous obeir és
chofés en quoy nous aurons contreuens. De mefme Nous ladite Reyne Catherine,
awec la permiflion du Roy Dom Lean noffre Seigneur CG mary, G° en fa prefénce is-
rons 4 Dies fur cette Croix, G les Saints Esangiles touchez de la main, que cha-
cune des chofés fufäites par le Roy noffredit Seigneur G7 mary , iurées en tant
qu'à nous eff, qu'à nous peut appartenir, les ticndrons, obférucrens & accom-
| plrons
\
DV ROY CHARLES VIII. 69
plrons de fait, fans y contresenir en aucune maniere ; cr fi nous le faifions, que 1 4 9 4.
fout foit nul G de nulle valeur.
Et ledit ferment ayant ainfi efté fait par leurs Altefles ; auficoft les faf:
dits Prelats, Seigneurs , Gentilshommes, Cheualiers, Bourgeois, Depu-
tez, & Procureurs des Villes, s’entrefuiuans les uns les autres, requis par
ledit fieur de Ronceualles, firent le ferment, couchant de leurs mains la
Croix & les Saints Euangiles, tant pour foy comme pour & au nom de
tous es autres ,tant Clercs que Lais ts bras Ecclefiaftique ou feculier du
Royaume de Nauarre, iurant en main dudie Doéteur Dom Iean de Iaffé, pre-
mier Prefident de la Cour Souueraine, en l'abfence du Chancelier à qui
appartenoit reccuoir ledit ferment en la forme & maniere contenué en un
autre papier , lequel fuc leù publiquement à haute & intelligible voix par
Dom Martin Ciordia Protonotaire, dont la teneur s'enfuit,
N Ovs Les Effats du Clergé, Nobles, Seigneurs, Gentilshommes, Cheualiers,
Bowrgeoës, Procureurs, @ Depatez des Villes du Royawme de N'auarre, ju
7ons à Dies fur cette Croix @ Saints Enangiles par nous manuellement touchez , À
Vous noffre Sire Dom Ican par La grace de Dieu Roy de Nawarre, pour le droit qu'à
vous appartient à caufé de La Reyne Catherine voffre Efpoufé G noffre Reyne, de
Dame naturelle, que garderons Gr defendrons bien € fidellement vos slluftres Pers
Jonnes, Couronnes C Pays , G vous ayderons à Garder, défendre G maintenir
foutes vos Loix C Ordonnances par vous iurées , en tout ce qui nous (ra poli -
ble. Et aprés ce l'Eucfque de Bayonne vint à prefter fon ferment, met.
tant fes mains propres fur la Croix & les Saints Euangiles, en la maniere
contenué en un papier ainfi que s’enfuit,
Nous Dom lean de Barreris Encfque de Bayonne , iurons À Dies Jar ceste Croix
C Les Saints Evangiles, que nous ferons fidelle G° loyal Suiet 44 Roy G: à la Reyne
qui font à prefént, G à leurs Succcffeurs, gardans l'honnenr, l'effat & la perfônne,
biens C° droits de leur Royaume, defournans tout le dommage qui pourroit cjcheoir,
C° Les ayderons à maintenir les droits conffumes dudit Royaume, tans qu'à nous
fers; reféruant toufiours le féruice que nous deuons à noffre Sire Le Roy de France,
Cr les férmens que nous fifmes au . » © droits de lEebfe Et incontinent
aprés l'Euefque d’Acqs vint à prefter le ferment touc ant réueremment de
fes mains Ja Croix & les Saints Euangiles en la forme contenuë cn un
autre papier, comme il s'enfuit, | : |
Nows Dom Ican Bertrand de Boyris Encfque d'Acqs , iutons à Dieu Jur cette
Croix C Saints Esangiles, qu'à nos Seigneur @ Dame le Roy © la Royne qui font
a prefent, © à leurs Succeffèurs qui viendront en aprés, férons fidelle loyal ferui-
teur, à eux C à leurs perfonnes @ droits dr conffumes de leur Royaume, & pro
curerons tout l'honneur G° féruice deû À leurs Altefis, d empelcherons & deftour.
nerons 1041 le dommage qui Leur pourroit fubuenir, leur aidant à maintenir CO gar-
ger les droits dudit Royaume sant qu'à nous fera peffible, en continuant toufionrs
de féruice à noffre Sire le Roy" dè France, obféruant les fermens par nous faits an
Pape © droits de noffre Eclfe,
. Et les Euefques de Calahorta, Taraçonna , & l'Abbé de Montaragon
Maquera , appellez pour eftre auffi tenus de faire ledit ferment, ne fe crou-
uerent prefens. | | | P
Et aprés que tous lefdits fermens furent faits de la facon que deflus,
lefdits Seigneur & Dame Roy & Reyne fe retirerent de la Chambre de le
Sacriflie , qui eftoit derriere le Grand - Autel de ladice Eglife Cathedrale,
| TTte
1 4 9 4. ayan
693 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
s laiffé lefdirs habits &c ornemens qu'ils auoient de toile d’or & brocard,
& fortirent veftus de robes de damas blanc fourrées d’hermines , auec lef_
quelles ils auoient à receuoir la fainte Onétion , accompagnez des fufdits
Eucfques & Prelats. vinrent à l’Autel maieur , où le Reucrend Pere en
Dicu Dom Ican d’Auilla Euefque de Conferans eftoic-reueftu d’habics Pon-
rificaux, en l’abfence de celuy de Pampelonne: lequel Euefque proceda à
la Sainte Onction de leurs Alcefles, obferuant les ceremonics deués ainfi
qu'en femblables aétes l'on a de couftume de faire, & comme il eft or-
donné par le Liure Pontifical. Ladite Onétion faite, lefdics Roy & Reyne
e retirerenc en ladite Chambre, où les Eucfques & Prelats leur oftant
les Robbes auec lefqueltes ils auoïent efté oines, les reueftirent d’autres or-
nemens Royaux , differens de ceux qu’ils ont de couftume de porter, &
fortirenc reueftus comme dit eft, & vindrent audit Gtand Autel, fur le-
quel eftoient une cfpée & deux Couronnes d'ot garnies de pierres pre-
cieufes, deux Sceptres Royaux & deux pommes d'or ; & ledit Euefque de
Conferans difant quelques Oraifons propres à tels aëtes , le Roy prit de
fes mains propres ladite efpée, & fe la mit au cofté, & la tirant de fon four.
reau; la leua en haut, & la branfla, puis la remit en fon fourreau. Cela fait
leurs Alreffes prirenc de leurs mains propres lefdices Couronnes, à feauoir,
chacun la fienne, les mettant fur leurs ceftes , &c lefdites Orarfons dites
par l'Euefque prirent aufli les Seeptres Royaux en leurs mains droites, &
les pommes d’or en leurs mains gauches. Âinfi couronnez, & tenans lef-
dits Sceptres en teurs mains , mirent les picds fur un efcuffon qui auort les
armes Royales de Nauarre feulement, à l’entour duquel efcuffon il y auoit
douze barres trauerfieres de fer, auec lefquelles quelques-uns des fufdits
Seigneurs, Gentilshommes, Cheualiers, & autres EE , qui pour
ce faire auoienc efté deftinez & nommez, leuerent leurs Alcefles par crois
fois, crians à haute voix, Royal, Royal, Royal, cftans ainfi lefdics Seigneur
& Dame Roy & Reyne efleuez für l’efcuffon, ietterent de l’argent en mon-
noye fur les perfonnes qui eftoient à l’entour , accompliflans en cela ce
qu eft de couftume de faire ; & aprés que toutes les Ceremonies furent
aices, ledic Euefque de Conferans qui auoit fait ladite Onction.,, & celebré
l'Office diuin, & les fufdirs Euefques de Bayonne, d'Acqs, & autres Pre-
lacs cftans en. leurs habits Pontificaux, chacun felon fon degré & dignité,
comme dic eft, s’approcherent des Roy & KReyne, & les conduifirent &
leuerent au Trofne, qui pour leurs Royales Maieftez auoit efté paré & or-
né, où il y'auoit deux Sieges Royaux richement couuerts, & fur lefquels
ils les firent feoir en un lieu haut & conuenable en un aétc fi folemnel,
Et ainfi ces Maicftez affifes en leur Trofne Royal, ayans fur eurs ceftes
leurfdites Couronnes , & tenans en leurs mains leurs pommes & Sce-
ptres Royaux, & recicées par ledit Eucfque de Conferans Les Oraifons que
l’on a de couftume de dire en tel cas, commença à entonner à hautc voix
le Cantique Te Dewm landamus , 8c les autres Prelats & le Clergé pourfui-
uirent. Iceluy acheué, & un chacun retourné en fa place, la Meile A com-
mencée par ledit Euefque de Eonferans.
Lors Michel d’Efpinal Procureur Fifcal defdits Roy & Reyne, au nom
de leurs Maieftez, & ledit Prieur de Ronceualles pour foy & au nom des |
Prelats fufdits, & pour le Clergé de tout le Royaume ; &c de mefme tous
les Procureurs & Députez des Villes pour foy & au nom des Confuls,
Communaurez, & peuples de tout le Royaume, requirent à tous & à cha-
cun de nous Notaires, que nous retinflions aûte public de toutes les cho-
fes fufdites, ainfi comme elles auoient efté faires & paflées , & que nous
en fifions un ou plufeurs aëtes publics autant que befoin feroit , & que
nous le leur donnaffions en forme deté, publique & authentique.
æ
DV ROY CHARLES VIIL 699
Aprés ces chofes accomplies ainfi que deflus, comme la Mefle fe difoit 1 49 4.
folemnellement au Grand Aurtel, lefdits Seigneurs & Dame Roy & Reyne
offrirent des robbes de pourpre, & des pieces d’or & d’argent de mon-
noye felon le cours, & s’achéuant le diuin Office auec la folemnité & ma-
niere que dit cft , fortirenc leurs Maicftez auec leurs habits & ornemens,
les Couronnes fur leurs ceftes, pommes d’or, & Sceptres Royaux en leurs
mains, conduits par les fufdits Euefques & Prelats, &.menez en procef.
fion iufques au Cymetiere de ladite Eglife, & 1à le Roy monta fur un che-
ual blanc richement caparaçonne, & la Reyne monta en une riche litiere,
dautant qu’elle eftoit groffc de fix mois ou plus , pour la grande peine
1 auoit endure en cét aéte, ne put monter à cheual, Ainf enuironnez
ce leurs Gentilshommes , Cheualiers, Bourgeois , & femblablement de
tous les Procureurs, Députez des bonnes Villes, & de rouc le peuple du
Royaume de Nauarre, auec beaucoup d'honneur & ceremonie, les me-
nerent en proceflion par les lieux accouftumez à ce faire, & la proceflion
_acheuée s’en retournerenc à la porte de ladite Eglife Maieure , où ayans
mis pied à terre allerent au Refcétoir pour difner, ayans conuié vous les
Gens defdits Eftacs. |
= Toutes ces chofes furent faites, celebrées & pañlées en la forme, ma-
niere, & auec les folemnicez fufdites en l'Eglife Carhedrale de la ville de
Pampelonne, en l’Indiétion, Pontificat, an , mois & iour fufdits , ayans
efté appellez à cefmoins de tout ce que deffus les illuftres 8& magnifiques
Dom lean Infant de Nauarre, Dom lea de Ribera Capitaine des Gardes des
Roy & Reyne de Caftille, Dom Jean de Sylua , & Dom Pierre de Sylua
Commandeur de Calatraue, Meflire Pierre d'Autemon Ambañladeur defdits
Roy & Reyne de Caftille, Dom Jeas de Foix de Lautrec, Seigneur de
Duras, le Seigneur de Pompadour , le Baron de Bearn , François Li me Ca-
pitaine, le Scigneur #'Efiffac, & pluñeurs autres Seigneurs & Cheualiers.
Et nous Ferdinand de Vaquedane, Martin de Ciordia Prothonotaires, & Martin
d'Allegris Secretaire du Roy & de la Revne, nos Seigneur & Dame & No-
taire public, & foufcrits par le commandement de leurs Maieftez, & def-
dits trois Eftats du Royaume, faifons ce prefent aëte de Serment & Cou-
ronnement de nos propres mains, marques. & fignatures , & de chacun de
nous receu en cette publique forme, & y auons attaché auec les fceaux de
la Chancelerie de Nauarre , de l’Euefque de Pampelonne , & de ladite
Ville, en lacs de foye, nos feings & noms accouftumez,en tefmoignage de
verité requis de ce faire. |
Certificat donné par le Bailly de Tourney, que l'Abbé de Saint Amand 4
prefté le ferment à caufe de [a nomination à ladite Abbaye.
A Tovs ceux qui ces preféntes Lettres verront ou oiront : Nicolas Bache_ , 5,
ler, Efcuyer, Confeiller, Chambellan du Roy noftre Sire , & Lieu- :494.
tenant General ; Commis par ledit Scigneur,de Monfieur le Bailly de Tour-
nay & Tournefis, Mortagne, Saint Amand, & des appartenances , Salut.
Sçauoir faifons que ue nous comparut Reuerend Pere en Dieu
-Monfieur Pierre Abbé de l'Eglifé € Abbaye de Saint Amand en Peulle , lequel Abbaye de
die & confefla que fept ans y a & plus, qu'il fut canoniquement pourueu sir 4%
de la dignité Abbatiale & Paftoralc de ladite Eglife & Abbaye, & com-
‘me tel & Seigneur receu par tous les Religieux d’icelle, en quoy faifanr,
aprés toutes les folemnitez entels cas requifes, lefdits Religieux luy firenc
le ferment accouftumé comme à leur Prelat & Seigneur, & ce fait iceluy
fieur comparant fit en la prefence defdits Religieux & de plufieurs Offi-
ciers, ferment tel qui luy eftoit loifible, d’eftre bon, ge & leal Suiet au
Ttcij
149 4.
A A4f 14.
Anvilr4ys.
# Philippes de
Commines.
A Af 15.
Auvil 49 #0
700 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
Roy noftredit Seigneur , & que eftre doit, & comme les conftitutions &
franchifes de ladice Abbaye contenoient ; & pour ce que aucuns fe font
demonftrez ignorans dudit ferment, pourfuiuans ledit fieur par Commif-
fion des Gens de la Chambre du Threfor à Paris de ce faire, ledit fieur
Abbé en noftre prefence ratifia & reïtera auoir fait ledit ferment, & de-
rechef promit & iura comme deflus en nos mains, & iceluy fieur Nous
requit auoir Lettres pour s’en aider &luy valoir par tout ce que de raifon,
ce que luy auons accordé , & depuis ces Prefentes deliuré , aufquelles en
cefmoin de ce Nous auons mis noftre feing manuel, & appendu le féel
defdits Bailliages qui furent faices & données à Tosrmay le vingt -quatrief-
me iour du mois de Féurier l’an mil quatre cens quatre - vingts - quatorze.
Signé , N. Bacheler. |
Tiré de l'Original effant en la Chambre des Comptes à Lilk.
P AGE 101. Le Roy Charles eftant à Naples, le Seigneur Ludouic
manda à Monfeigneur d’Orleans qu’il luy baillaft la ville d’Aft.
Il eftoit lors nas à plus fort que le Duc d’Orleans, ainfi qu'il pa-
roift par les Lettres qui fuiuent: cependant il ne put iamais rien faire con-
tre luy , & il perdie Nouarre que le Duc d'Orleans luy prit, & dans lequel
il fouftint un cres-long Siege qui fut tres -auantageux aux affaires du Roy.
Voyez page 105. de cette Hiftoire.
Louys Duc d'Orleans mande au Duc de Bourbon qu'il luy ennoye Un
paquet du fieur d'Argenton ; par lequel il verra l'eflas des à iffaires du
Roy en Italie, le preffe de luy enuoyer du fecours. |
ONSIEVR MON covsin, Prefentement & depuis ce matin que
ie vous ay cfcrit & depefché la pofte, ay eu vn paquet de Lettres de
Monfieur d’Argenton * eftant à Venife, lefquelles il m'a fait fçauoir que les
ouure & voye, & incontinent les vous enuoye en diligence, ce que je fais
par cette pofte, & par icelles pourrez amplement voir & fçauoir : faic du
Roy d’Icalie, où pour Dieu, Monfieur mon coufin, pouruoyez en toute ex-
tréme diligence, & principalement à m’enuoyer gens à ce que ie puifle gar-
der les paffages des montagnes pour auoir fecours de France, afin d’éuiter
aux inconueniens , & fauuer la perfonne du Roy: car ie fuis deliberé y
employer ma perfonne & mes biens fans rien y efpargner. EfGrir d'Aft tres
à la hafte, ce quatorziéme iour d’Auril à cinq heures du foir. offre bon cou-
fin, Lays. Au dos eft efcrit: LA mon couffin Mon/icur de Bourbon.
Pré fur POriginal.
Le Duc d'Orleans mande an Duc de Bourbon qu'il attend d'heure
à autre d’eftre affiegé, que les ennemis [e font affeirex des palfages
de France.
M OxNsrEVR MoN covsin, Depuis hier que vous efcriuis n'eft rien
furuenu de nouueau, finon que j'attends d'heure à aucre le fiege, car
. e . . . ’ .
les ennemis & leur artillerie fonc à dix milles pres d’icy, & marchent tant
. qu'ils peuuent. Cette nuit me font venués nouuelles qu'ils font paflez qua-
tre ou cinq mille hommes qui vont en Saluffes pour prendre les paflages,
ce que ie croirois bien, car ils font affleurez de ceux 2 Sauoye, & Lundy
dernier Madame de Sauoye fic clore les paflages, & crier par tous fes pays que
. l'on ne laiffaft plus paffer nuls François , & fpecialement gens de guerre.
_———_—— —
DV ROY CHARLES VIII or
Monfieur mon coufin, la caufe pourquoy L Seigzeur Ludomie ne fait encore 1 49 $.
point clore le paflage aux poftes ni aux pañlans, eft parce qu’il attend à pren-
dre Monfieur de Breffe, qui doit recourner par-deçà, & aufli Monfieur de Ths-
ray que l'ay enuoyé deuers le Roy, & parcillement de l'argent de France
qu’il a oùy dire qui vient, dequoy ay efté feurement auerti par vn de fes
gens. Incontinent que feray au vray aduerti que lefdices armées iront au
lieu de Saluffes, ie m'y en iray aucc mon pouuoir, pour garder & défendre
le paflage : pourquoy faut que de voftre part fafliez par tout extréme dili.
gence ainfi que vous ferez feurement. Eféris en Aft le r 5. iour d’Auril ‘au
matin. Voffre bon coufin, Lo xs. Et au dos eft cfcrit: C4 Mon/icur mon coufin,
Monficur de Bourbon. | :
| Tranfcrit fur l'Original.
ONSIEVR MON COVSIN, l'enuoye ce porteur mon feruiteur de- 4 4f rs.
uers Monfieur de Roñën, 8 luy ay donné charge de pafler par vous, . PES
& vous dire de mes nouuelles, vous priant que le veuïlliez croire, & faire qwss.
extréme diligence en l'affaire du Roy ,ou autrement ie.ne vois pas qu'il fe
puifle bien porter. Par les nouuclles venués de Venife ,& depuis par le
Doyen de Lifieux, & par plufcurs Lettres que vous aÿ efcrices auez pù fça-
uoir comme les chofes font, & que en cecy n’eft queftion que du fait du
Roy, pourquoy il me femble que l'on y doit auoir autre égard. l’attends à
Mardy le fiege, & y vient 4 Seigneur Ludouic en a comme vous dira
ce porteur. E/éris à Aft tres à la hafte ce iour de Pafques. Kofre bon cou-
fin, Loys. C4 Monficur mon coffn, Monfieur le Duc de Bourbon. nn
Tiré de l'Original.
Le Duc d'Orleans à Monficur de Bourbon, luy mande ls necelité où
il eff pour défendre les Places dx Milanois; dont l'une à efté fommée ,
offre de vendre fes terres € meubles pour leuer des hommes en Suiffe,
© preuenir les ennemis dans ce deffein. |
ONSIEVR MON covsiN, Vous aurez bien pu fçauoir par tant 2 .
VA de Letcres que vous ay efcrices l'affaire qui eft cy-deçà, & la necef- id
fie où ie fuis. D'heure à autre fe renforce l’armée des ennemis de plus en
plus, & demain où Mercredy doiuent venir mettre Siege icy deuanr, fans
oint de faute; pourquoy fi n’auez fait par tout diligence,ie vous prie que
la fafliez, & fpecialement il faut qu'en coute diligence enuoyez en Suifle
pour auoir deux ou trois mille Suifles, car l'ay efté auerti que le fieur Lu-
douic a enuoyé en querir, & fi n’auez argent de leur payement, faites ven-
dre ou engager mes terres & les voftres , auec toutes nos vaiflelles &:ba-
gues, car fi nous ne faifons diligence de fecourir le Roy par ce bour icy,
il fera en un tres-grand danger comme pouuez aflez entendre, vous priant
derechef qu'il n’y ait aucune faute , & de moy vous pouuez tenir feur que
j'y employcray ma perfonne iufques au mourir. S'il yous plaift me ferez
plus fouuent fçauoir de-vos nouuelles que n’auez fait par cy- deuant, priant
Dieu, Monfeur mon coufin, qu’il vous doine ce que defirez. Eférir à Aft
le 20. iour d’Auril au matin. Le Roy de fon mouuement ; fans eftre auerti
de ces chofes ,m'a efcrit du 7. de-ce mois,que ce qui me ferait befoin par-
deçà, tant de gens que d'argent, le vous fafle fçauoir, & que vous me l'en-
voycriez. Il faut qu'enuoyez en diligence quelque Clerc aucc argent pour
fournir aux chofes neceflaires : ie baïlléray tout ce que ie pourray fournir
tant de mes amis que de moy. Tout à cette heure, & depuis mes Lettres
cfcrites , les ennemis ont enuoyé fommer une de mes de qui eit à de-
te ii]
702 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
149 ÿ. mie lieué d’icy, nommée Saint lean, offre bon coufin, Lo xs. Au dos eft
| cfcrit : C4 Monfieur mon coufin; Monfieur de Bourbon. |
Tranfirit fur l'original.
A SP 33. : J ONSIEVR MON covsin, le fuis tres-fort efbahi, veu que par
Auril 1495. tant de. fois vous ay efcrir, & qu’en cecy gift tout le fait & faluation
du Roy, que autrement n’ay de vos nouuelles, attendu mefmement que la
chofe requiert grande & extrefme diligence, comme pourrez voir par les
® philippes de Lettres de Monfieur d'Argenton* à vous adreflantes , lefquelles par cette
Cemmims: pofte vous enuoye, & aufli le Siege que d’heure en autre j'attends, où me
fera impoñible de réfifter , & feray contraint de départir & abandonner
les paffages, fi autrement.ne fuis fecouru. l’ay enuoye par plufeurs & di-
uerfes Éis hafter les Nobles du Dauphiné, & vous auois efcrit que de
voftre part y voulufliez enuoyer , dont n’ay eu aucune refponfe : toutefois
par Lettres qu'ils m'ont ce iourd’huy efcrites, ils font la meilleure diligen.
ce que pofhble leur eft, & fe montrent en cecy bons & loyaux Suiets &
Seruiteurs du Roy. Mes gens, qui cette nuit eftoient allez dehors, ont
trouué prés d’icy vingt-cinq hommes d'armes du Seigneur Ludouic, lef-
quels ils ont ruc ius &-amenez tous prifonniers en cette ville, & n’en eft
efchappé qu'vn tout feul, dont vous ay bien voulu auertir, parce que ie fçais
| js ferez tres-ioyeux , priant Dieu, Monfieur mon coufin, qu’il vous
oint ce que defirez. Eféris en Aft le 22. iour d’Auril.. Foffre bon con-
fin, Loys. Et au dos eft efcrit : C4 Monfieur mon confin, Monfieur de
Bourbon. | |
TYanfcrit fur l'Original.
Le Duc d'Orleans à Madame de Bourbon, luy mande de faire en forte.
| ., que le Roy foi fecouru. | |
ne: Auril A ADaMezE, humblement à voftre bonne grace me recommande. Ie
1495. refcris à Monfieur mon coufin, comme pourrez voir, vous fuppliant,
… Madame, que y veilliez auoir regard, & faire en maniere que le Roy foit
fecouru, car icy gift coute fon affaire. Madame, pardonnez - moy s’il vous
plaift, de ce que plus fouuent ne vous ay efcri , car j’ay efté fi embefogne
& fuis encore que ie ne fçais auquel entendre, en priant Noftre-Scigneur
qu'il vous doint bonne vie & longue, Eféris en Aîft le 20. iour d’Auril.
Foffre tres- humble G* tres-obciffant frere, Loys. Au dos eft efcrit: C4
Madame. _
Pine
Tiré de l'Original.
P AGE ro5. Le Roy enuoya deuers les Ligues pour auoir du fecours,
à sa ne luy en oétroyerent tant qu’il luy plairoit, |
- Ce fur en confequence d’un Traité conclu auec les Suifles en 1495.
Voyez cy-deflus page 432. L
“D AGE r06. Il fut accordé par ce Traité que Monfcigneur d'Orleans
ÆZ pourroit fortir de Nouarre,
"Ce Traité eft imprimé cysaprés, & il fut conclu le ro. O&tobre 1495.
mais il n’y eft point dit que le Duc d'Orleans pourra fortir de Nouarre,
mais feulement que le Roy rendra au Duc de Milan la Ville & Ciré de
Nouarre, fon Camp leué. | |
[D AGE ro7. Durant que le Roy cftoit à Lyon, il eut nouuelles du tref-
. pas de Monfeigneur le Dauphin, | |
DV ROY CHARLES VIII 70;
L'on a cy-deuanc veu les ceremonies de fon Baptefme, Voicy l’eftat de r 4 9 4.
fa Maifon , que l'on ne peut placer en autre endroit. L’on y a ioint les Ef- |
rats de celles du Roy & de la Reyne Anne de Bretagne. nù
Effat des Officiers de la maifon de Monfeigneur Le Dauphin de Viennois,
Charles Orland, fils du Roy Charles VIII. pour l'année commençante
le premier iour d'Octobre 1494. 7° finiflant le dernier iour de Se-
prembre enfuiuant 1495. Sbecifiez en l'Eflas du Roy fait & Rome. Le |
vingt-quatrifme iour de Tanuier* 149 4. extrait du compte de Maïf- * 1'année vs
tre Nicole Briçonnet Notaire @ Secretaire du Roy, Treforier Géné- Frans paf:
” ral, Argentier, @r Maiftre de la Chambre aux Deniers de mondit Sei- aus
gneur le Dauphin, @] Commis au payement des Gages defdits Officiers.
ÂMES, DEMoiïsezzes , ET Novrerisses. Madame Fränçoifè ,,94.
de Forefts, femme de Bertrand Bezilles, Seigneur de Buflieres , Gou- , 495.
ucrnante, mille liwres. Catherine Malegrappe, Nowrr:ffe, deux cens liwres. Ma-
tie de Dezeft, Bercereffé, deux cems quarante liures. Guillemine Garnier; fèm-
me de Chambre, cent lisres, Anchonique Demoifede, deux cens linres. Marti-
ne Godelle, Lasandiere , cent linres. Louyfe, trente liures.. —.
Chambellans. Monfeur de Boiffy, Monfieur de la Salleguenant, Iean Gue- ee
tin, ncant, parce qu'ils font appointez en l’eftat du Roy. CR
Maiffres d’Hoflel. François le Bafcle premier Maiffre d'Hoffel, Monfeur de
la Heufe, Iean Briçonnet, Artaut de Villeiau, Iean de la Menne, Remond
de Dezeft, Monfieur Dufau, appointez en l’eftat du Roy.
Pannetiers. Jacques Roux fieur de Menetou, premier , lacques d’Allon+
gné , François de Modefne, chacun deux cens quarante liures , Pièrre Salla,
cent quatre-vingts linres. | |
Efchancons. Pierre de Pont-Briant, Adrian de Croix, appointez en l’eftat
du Roy, Robert de Vefc, #roës cens linres, Pierre Hemart Efcuyer,feur d'E-
nonuille, deux cens quarante liures. | | — |
Valets tranchans. Antoine de Vefc, premier, quatre cens liures | Regnauld
de Vendofme, Louys Lucas le icune, chacun cent quatre-vingts liures, Louys
Dubois fils de Monfieur des Arpentis, cent vingt linres. |
Valets de Chambre. 1ean KRiet premier valet de Chambre, trois cens liures, Ican
Raphelin, Martin Peguineau, Anthoine de Heë, Macé Cignac, cha/fGun .cens
quatre-vingts liures. _ on
* Eftuyer — Monfeur de Fontenailles,appointc en l’eftat du Roy.
. Enfans d'honneur. François de Villequier, Seigneur de Montrefor, cent
liures, Gamaliel dé Vauflelles , Jacques de Glene dit lé Defért, Annhec Nef.
fon , Beauregard, appointez en l’eftat du Roy. |
Medecin. Maiftre Iean Michél, srox cens liures, Nicolas de Bonigale Apo=
tiquaire, deux cens quarante liures. | | |
Garderobbe. Six Officiers, ayans énfemble gwarre cens ruiner lisres.
Panneterie. Six Officiers ayans fx cens limres. . .
Efchénçonnerie. Quatre Officiers ayans dewx cens feptante liures. oi
Cuifine, Onze Officiers ayans mile feprante & huit bures dé gages. ;
Fruiterie. Deux Officiers, guatre-vingts-fèire liures.
Fouriere. Quatre Officiers , deux cens qmatre-vingts-douxe linres.
Cleres d'offce. Detx Officiers, deux cens quarante liures.
Huiffiers. Cinq Officiers, quatre cens quarante fix livres.
Portiers. Au nombre de quitre , quatre cens quarante lisrei.
Desx Tapifliers. Deux cens vingt linres. D.
Her
704 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1494. Chapelle Meflire Armant la Font , Preftre & Asmwo/ñier de Monfcigneut,
| cent vingt liures. Maiftre Pierre Plançon Sommelier de Chapelle, cent vingt
linres. Meflire Guillaume Pommier Awmofnier, deux cens quarante liures. Meis
fire Iean de Chaftellus, gwarre-vinçgts-dix liures. Mefire Pierre Barchellemy
Chapclain ordinaire, guatre-vingts-dix linres. Jean d’'Orleans Valet de Cham
_bre, foixante lisres. | |
Chambre aux Deniers Maiftre Nicole Briconnet Notaire & Secretaire du
Roy, Treforier, Argencier, & Maiffre de la Chambre aux Deniers de mondic
Seigneur, mille huit cens quarante linres,. Maïftre Ican Bernard Notaire & Sc-
cretaixe du Roy, Cowsroleur des Finances de mondit Seigneur , froë cens
dinres.
Le nombre des Officiers eft de gwarre-vingts-quinge. Er la defpenfe
monte pour l'annce à douze mille huit cens douze liures.
| _Tranférit [or l'Original.
Effet des Officiers de la Maifon du Roy Charles VIII. pour l'année com-
mençant le premier Oébobre 1495. C9 finiffent le dernier Septem-
bre 1496. extrait du compte cinquiefme de Maiffre Gilles Berthelos
Notaire é9 Secretaire du Koy , Commis 4 foire le payement des gages
defdirs Officiers.
1495. A1STRES D HosT£LPovR LA BOvVCHE pY Roy. lean Fran.
1496. 1 çois de Cardonne,Confeiller, & premier Maiffre d'Hoffel, fix cens liures.
Charles de Brillac Cheualier, Rigaud d'Ozcille, Guinot de Lozieres, Char.
Voyez vs ps. les d’Ancezune , Iean de Chan ho, Gilbert de Pierrepont fieur d’Auzol.…
He ‘fat,pege ]cs, Claude de Lenoncourt, Peron Bacher , Girault d’Ancezune, le Sei-
ge de la Foreft de Sauoye, Meflire Iacques de Silly Cheualier, Huguet
€ Villelume Seigneur de Monbardon, Guillaume de Laire Seigneur de
Grigny, chafuns fix cens liures. |
LAstres Maiffres d'Hoffel qui féruent am commun. Tacques de Chazeron, Con-
{ciller, premier Maiffre d'Hoflel, fix cens livres. Gaucher de Dinteuille,
He&or Stuyer , Guillaume de Villeneuue, Honoré Ducher , Poncet de Bi-
ron, Adrian de Lifle-Adam, Pierre Louys de Valtam, Iuft de Tournon,
Pierre de la Porte, Guillaume Trochmar fieur de la Brofle, Lancelot de
Vezure, Iean de Chafteaudreux, Jean d’Aulnay, Iean du Pleflis dir Cour-
cou, Ican de Suze dit Portingal, Iean d’Elphaüt, Iean Latier, [oachim des
Aubus Efcuyer, chafcan quatre cens linres.
Pannetiers. Mellire René de Coflé, Cheualier, 8 premier Pannetier, huit
cens linres. Louis Lucas, Anthoine de Loubes, Artus Goufñer Seigneur de
Boifli, Perceual de Boulainuilliers, Foucault de Pierre Buffñerre, Guy de
Rochechouart, Gilbert de Leuis dit Mirebeau, chafCun quatre cens liures.
Efthançons. Gcorges de . , François Dufou, lacques de Bueïl, Chrif-
tophe de Tournon, François de Brucïl, René Pot, Germain de Bonneual,
Mery de Mortemar, Iean d'Arpaion , chaf@un quatre cens liures. Louys Fou-
quelin , froû cens lires. |
Valets tranchans. Louys d'Aux, premier, huit cens liures. Louys Deftain..
uille, Charles Dumefnil die Maupas, lacques le Sencfchal, Louys de Heur-
tebie, Jacques Baftard de Chauuigny, lacques de Bez, Charles de Mau-
mont, Anthoine de Vefc, 7 quatre cens liures. |
Eftuyers d'Efurie. lean Blandin de la Blandiniere, Loys de Hedouuille,
Emard Romy Cheualier, Meflire Bertrand d’Eftiffac Cheualier, Bernardin
de Clermont, Louys Chauuin, Bernard de Villeneuuc ,.1ean de Cardon-
ne, Loys de Poifeu dit Capdorat, Cheualier, fieur de Sainte-Mefme, Iac-
ques
—_.
DV ROŸY CHARLES VIII. 70$ _
ques Galliot, Aloph Rouault fieur de Gamaches, cha/un quatre cens liures. 1 4 94e
Michel d’Armandaris, Thomas le Feure, Anthoine Pinet, Mathias à Caftel.
lio, Watcequin le Grand, Adrien de Vernaige, chafcun tro cens liures.
Valets de Chambre. Meflire Geoffroy de Balfac Cheualier | premier Valet
de Chambre, huit cens liures. Gilbert Dugué Senefchal de Lyon, fix cens li
ures. Ican Dumonftier, Gabriel de la Bodinicre, Iean de Paucaire, Geor-
ges Tiercelin, Antoine Defaubus , Iean de l’Ailler, Bernard de Vidoulx,
Jacques Galliot Efcuyer, Bernard de Villeneuue, Mcflire Claude Defpry
Cheualier, Michel de Grantmont, Philbert de la Platiere dit Bourdillon,
Jean de Saint Amadour, Martinet Baron, Guillaume Defaubus, Guyot det
Roches, chaftun quatre cens livres. Paris Heflelin, Pierre Aigneau dic Di-
ion, Iean de la Loué, Guillemin Guerard dit Daillon, Barbiers, chacun deux
cens quarante lisres, Simond Guerard , cent wingt livres. Edoüard Bullio,
Claude de Vary, Martin Beguineau Notaire & Secretaire du Roy, Pierre
Palmier, chafun cent quatre-vingts liures.
Secretaires de La Chambre. Maïftres Florimond Robertet, Iean Dubois de
Fontaines, Henry Bohier, Nicolas Briçonnet , Iean Dubois Guichon No-
taires & Secretaires du Roy, Iean de Bibla Secretaire Napolitain , chaftun
quatre cens liures.
Medecins du Corps. Maïftre Iacques Ponceau premier Medecin , douze cens
linres. Maïftres Iean de Quercigny , Theodore de Pauie, Iean Burgenfs,
Gabriel de Buneis, fx cens liures chacun.
Medecins du Commun. Maiftre Pierre Dubois, Richard de Helain, chaftun
quatre cens liures. |
Apotiquaires du Corps. Antonio Robert, huit cens liures. Nicolas Bonigale
ayde, cent quatre-vingts liures. LE |
Chirurgiens. ean d'Orleans , Eftienne Mathé, Iean Laïfné dit de Sens,
Raymond de Caïifmon, Saint Pic, Iean Bricet dit de Paris, Anthoine de
Fleury de Quiex, Anchoine Baftien, Guillaume le Bel, ex our mille trois
cens quatre-vingts liures. ne
©Affrologien. Maiftre Anthoine du Hamelet, cent vingt liures.
Enfans d'Honneur. Jean le Groin fils du Bailly de Saint Pierre le Monf-
ticr, Gafton de Brezé Efcuyer, lean de Rochebaron, Ioachim de Brion,
fieur de Chafteauboc, lean de Belleuille Efcuyer, Emard de Prie, Jean
Chauuet fils du Capitaine Laporte, Iean de Chabannes, Guillaume de Ta-
laru , Claude de Grofloüe, Gilbert de Saint-Aubin dit le Boutbonnois, An-
dré Grofléc dit Paflin, lacques de Bigny, Gilles Canimel, Charles de Ioyeu-
fe, François de Creuant dit Bauché, Gilles de Saint Sauin , Iulien de Fa-
uicres, Loys de Maubec, chafcun deux cens quarante liures. Marquet de Glan-
defues, Lucien de Grimault, François Durfe, lacques d’Alegre, Pierre de
Marconnay, Charles de Parifot ; Gabriel Defcars de Saint Bonnet, chféur
cent quatre-vingts liures. |
Garderobbe. Guillaume Popillart Maiffre de la Gardeyobbe, quatre cens liures.
Quatorze autres Officiers ayans enfemble deux mille quatre cens trente li-
res de gages. É
Huifiers de fall. Au nombre de fix, fps cens quatre-vingts linres en tout.
Huiffiers d'armes € de Chambre. Au nombre de fept, mille deux cens quatre-
vingts-dix liures de gages. | |
Panneterie bouche, Sept Officiers, ayanc enfemble mille cinq cens quatre-
vincts-dix liures. |
Efchançonnerie bouche, Sept Officiers faifant enfemble mille deux cens foi-
xante linres de gages. |
Cuifine bouche, Vingt- fix Ofhciers ayant enfemble gwarre mille cent qua-
räante-fix biures.
VV um
1494.
1496,
1497.
1498.
706 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
Panneterie commun. Treize Officiers, deux mille quarante liures.
Efhançemnerie, commun. Treize Officiers, dix huit cens foixante &=
nres. .
Cuifine commun. Vingt- neuf Offhciers en tout, rrois mille cénq cens trente-
quatre livres. |
Fourriere. Dix Officiers , mille trois cens quatre-vingts linres.
Fraiterie. Neuf Officiers, mille trois cens vingt liures.
Clercs d'office G* Serdeau. Cinq Officiers, neuf cens linres.
Fourriers. \ean de la Pierre, Fowrrier ordinaire , deux cens quarante liures.
Dix-fept autres Fourriers, dont huit 4 deux cens quarante liures chafiun. Huit
_ autres 4 cent quatre-vingts-liures chafun , & Vn à cent trente.cinq linres.
Portiers. Meflire Guillaume de Seuerac Cheualier, Capitaine de la Porte,
buis cens liures. Douze Porticrs ou Gardes 4 cent quatre-vingts livres chaftun.
Trois aydes de Portiers, l'vn 4 cent vingt livres, & les deux autres à fixer
te liures chaftun. |
Tapiffiers. Au nombre de fix, ayant enfemble mi/X cinquante liures.
Chapelle. Monfeur Maiftre Iean de Rely Eucfque d'Angers, Conftffeur,
douze cens liures. Monfieur Maiftre Raoul Euefque de Cornouaille, douce
cens liures , Tlacques de Gafconquoille, cent quatre-vingts liures. Maiïftre Ro-
bert Moreau, Chapelain, deux cens quarante liures. Dix autres Officiers ayans
enfemble deux mille deux cens liures de gages. Sept autres Officiers ayans en.
femble , fize cens dix liures. | |
Maiftre Gilles Berthelot Notaire & Secretaire du Roy, commis pour faire
les payemens defdits Officiers, pour fes appointemens fps mile Jept cens
cinquante liures. |
Le nombre des Officiers eft de rrois cens foixante- fix ; & la defpenfe
monte pour l’année à sens céng mille cent foixante @ quinze liures.
Tiré de l'Original.
Efat des Offciers de La Maifon de la Reyne _ Anne de Bretagne, ferme |
du Roy Charles VITE. pour les années 1496. 1497. © 1498.
extrait des comptes de Tacques de Beaune le Leune, Treforier Général
des Finances de le Reyne.
(YHEVALIER D Honnever. Meflire Jacques de Tournon Confeiller
C & Chambellan du Roy, douxe cens liures. |
… Maiffre d'Hoffel. Meflire Jacques d’Efpinay Cheualier, Seigneur de Segré,
auf Confeiller & Chambellan du Roy, Grand-Maiffre d'Hoffel de la Reyne,
fix cens liures. Meflire Iean Scigneur de Grignaux Cheualier, Maire & Ca-
pitaine de Bordeaux , premier Maiffre d'Hofkl, fx cens liwres. Meflire Loppe
de Dicaftello Cheualier, Seigneur de la Rocheclermaud, Guillaume Guil.
lemet, chafum fépr cens biures. Fleurant Seigneur de Molitart, Cheualier,
Loys Herpin, chafws cing cens liwres. Nicolas Payen Seigneur de la Pronnic-
rc, Jean de Plouer, Henry de Guefparn, chafêun trois cens liures. René Bre.
te, Paulec Fumée, Colinet de Marchy, chaféur deux cens liures.
Pamnetiers, François de Bron, premier, quatre cens liures. Regnaut de Brei-
gnac, Iean de Tiercelin, Gilles d'Oigny, Oliuier le Voyer, Scigneur de
Montbouan, Iean de Cluhunaut, Lyonnet Parry, Robert Iofton, Guillau-
me de Saint Forgeau, chafun trois cens liures.
Efchançoñs. Gilles de Carmené, Premier, quatre cens livres. Gilles de Boif-
riou, Îean de Breignac, Rion de Guicafno, Thomas d'Eftuer, Mefire Fran-
çais de la Salle Cheualier, chafws trois cens l'iures. Geoffroy de Poulle &
Robert de la Pommeraye, chafun deux cens liures.
à | |
DV':ROY CHARLES-.VAIIL : %0o7—…
Efcuyers tranchans. Tean de Dicaftello., prémier, quatre cens liures. Artus de E 4 9 4.
Loyon, Charles Lefpreuier, Odet de Loyon, Pierre Picdouaut , chafus
sois cens biuress "5 ue CU Un |
- : Efeugers d'éféurns: Loüys de Mentôn Seigneur de Lornay, Capitaine des
cent Allemans du Roy, Grand-Eféuyer, fix cens liures. Pierre de Saint Gilles,
Gilles de-Tiffuë ,; Alain de ‘Coérgourden, Iean de:Miraumont, Raoul de
Tournemine , Huguet de Saint Marcel, Ioachim Defaubus, Arnauld de
Monteftrud ; cha/Cw» tros cens diures. Guillaume de Loyon, Loys de Longuc-
ual, chaftun deux cens liures.
Efuyers de cuifine bouche. Amaury. Aucher ; Pierre de Boifguemené, Guil--
laume Beraftd, cha/Cun deux ceñs lisres. PUS
Efcuyers de Cuifine commun. -Robert Tofton ; premier, deux cens livres. Sale-
bruh Dumas, Pierre de Boifguemenée, «h4fws cent cinquante livres. Guil-
laume de la Bodiniere, Guyon le Lieure, chafur cent-winer liures.
Pahneterie bouche: Cinq Officiers, np ‘cent quatre-vingts-liures:
Efchançonnerie bouche, Quatre Sommeliers, chafun cent quatre-vinets liures
&c deux aydes, chaftun féprante linres. er D Fe |
panneterie comman. Sept Officiers, ayans enfemble fps cens liures.
Eféhançonnerie commun, Sept Officiers ; ayans enfemble /Gps cens quarante
dures. | DA NN 57 - |
Cuifine bouche. Treize Officiers, ayans enfemble smile deux sens quarante
diures.. | : A RE Ho
Caifine commun. Quatorze Officiers, ayans enfemble onze cens quatre-vingts
dures... M A UE :
Clercs d'office. Quatre Officiers aÿans cing:cens vingt liures.
Fraiterie. Quatre Officiers , srois cens vingt liures. “és
Gardes-vaiffele. Trois Officiers, guasre cens quatre-vingts-dix liures.
Huiffiers de chambre. Six Officiers, huit cens quatre-vingts liures.
Valets de chambre. Treize Officiers, ayant enfemble mÂle ‘cinq cens fiixan-
te liures. | 7” us. a
Valets de Fourriere. Au nombre de cinq, rois cens vingt liures, |
Tapiffiers. Au nombre de quatre, chafcun cent liures. +
Hifiers de falle. Quatre Officiers, deux cens quatreïvingts liures.
_ Pertiers. Quatre Officiers, céng cens liures. D |
Médecins. Maiftres Oliuier Laurens, Gabriel Miron le icune, chafîun [fx
cens liures. Gabriel Miron l’aifné , srois cens' cinquante liures. Michel Carré
Apotiquaire , deux cens cinquante liures. lean Malaife Chirurgien , trois cens
liures. | | | |
Confcillers. Meflire Guillaume Gueguen Abbé de Reddon, Vice-Chance-
lier de Bretagne, mile liures. Meflire Antoine de Longueuil Euefque de
Leon, gwatre cens liures. te |
Aumofniers. Meflire Guillaume Euefque de Lodeue, Confciller & grand
Aumofnier, quatre cens liures. Meflire Claude Protonotaire de Tournon, pre-
mier pe 7 trois cens liures. Pierre Blanchet, Frere Yues Mayeu Con-
fefleur , chacun deux cens liures. si. |
Chapelains. Maïftre Anthoine de Saint Moris Treforier de la Chapelle
de la Reyne, Geoffroy le Picard, Iean Cocherel, Ican Cocherel, chafCun cent
vingt liures. Iean Sauuage, Pierre Tremeren, Guillaume Bailly , Jean le
Maiftre, Pregent lagu, [uon le Brun, Pierre Touppe, Pierrequin Bonuel,
Pierre Yuert, chafcun cent liures: Guillaume le Clerc, cent cinquante linres.
Germain de la Hulle, Remy Laurent, cha/cun quatre-vingts liures.
Fourriers. Georges de Quiftenic Marefchal des Logis, gwatre cens liures.
Quatre Fourriers, chafun cent quarante liures. oo |
Secretaires. Guillaume de la Foreft, Crefpin Normant, chaftun deux
| VVuuiÿ
_
Ca
———— 703 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
1 49 4. cens guerawt livres. Iean Simon, Michel Guy, Laurens Mafzaulc , haftun
pres. —— |
és Ican Bernard Notaire & Secretaire du Roy, Contrôlleur de
l'Argenterie & Efcuric de la Reyne, Pierre Signac auffi Contrôleur, af
cas quatre cens linres. : | |
Sawriers CG Chartiers , au ombre de feize , ayans enfemble. onze cœns
cingustc- cinq limres. . | oi .
Orpheures. Arnould du Viuier orphesre , cent uimet liures. Guillaume
Charrau Lapidaire , cent liures, .
Guillaume de la Defeur Grend Fawçannier, fix cens Geres.
Dames G Demoifélles. Damoifelle Charlotte d’Arragon Princeffe de
Tarente, Dame Anne de Bourbon, Dame de Montpenfer, Dame Anne
Pe Foix de Candalle, chafune trois cens livres. Madenwifelle Françoife de
Bretagne , #reixe cens liures. Madame Mathurine du Perrier Dame de la
Guierche, premiere Dame d'hamneur, douxe cans liures. Dame Ieanne Chabor
Dame de Montforeau & du Petit. Chafteau, side fiures. Damoifelle Iean-
ne de Iambes, Dame de Beaumont & de Rendans, sreixe cems lines. Ca-
therine des Barres , Anthoinete de Chafteauneuf , Damoifelles, chafune
cent vingt liures. Taqueline de l'Eftrac, Icanne de Langepierre, Cadorte,
Demoifelles , chafcune cent liures,. Ieanne Demurat Dame de Bourg, Ifa-
beau de Saffre Dame de Monceaux, Demoifelles, deux cens liures chafsne,
Filles d'Honneur. Mefdemoifelles de Tournon, Blanche de Moncberon,
Madeleine de Cecille, Ieanne de Rohan Guimené, chafiume cent liures.
Mefdemoifelles Françoife de Bonuilliers, Marie Defcars, Françoife Du-
maz de Lifle, Louïfe de Villequier, Louife de Bourdeilles , Annc de la
Grange, Antonique de Caillac , Ieanne le Voyer de Montbouam, Marie
de Sourdeac, Icanne de la Pleffe, Françoife Laurens, Charlotte d’Afnie-
res, Orfraize de Boifguemené, Blanche de Marigny , Ifabeau de Marre.
nay, Anuc de la Roche, Catherine Guenant, Anne de Culant, Anne de
Plumauguat, Anne le Porc, Yollagd Doillette, Yoland Friconne, chaftune
trente-cinqg liures. Françaife Dauy, femme de chambre, cénquante liures.
Femmes de Chambre. \canne Mauret, Annette Martine, Catherine Gail-
lard, Annette du Mefhnil, chaftune cent cipqvante livres.
Lasandieres. Au nombre de 6x, ayans enfemble fx cens féixante liures.
Ofwiers de Madémoifelle la Princeffe de Tarente. Anthoinctte Defchelles
Dame de Verrieres, Gossernante, deux cens trente liures. Philippe Gebert
.Collonnat, cest wingt lisres. Margucrite de Puyuinaur, Nourriffi , quatre-
vingts- dix livres. Marguerite de Hellemon | Demoi/élle, quatre- vingts -dix
dures. Perrette de Puguinaur, quarante lisres. Thomine Efturgeonne » ren
te liures.” Trophemon de Lubiecres Mai/fra d'Hoffel, trois cens lisres. Hanni-
bal de Poitiers Eféuyer, deux cens quarante linres. PE de Frebourg Chap-
pellain , quaraute-cing binres. Iean de la Grange, Guillaume Loriot , Valers
de Chambre, chafiun quarante cinq livres. can Defturgcon , Fales de Fourriere,
trente- jix liures.
Offuiers feruans à l'Eféurie. Trois Fourriers ayans enfemble dus cens tren-
te liures, Scpt Valets de pied , enfemble fx cems quaranié-cing linres. Sept
_ Pallefreniers, fx cens vingt linres. Trois Valets de Sommiers » deux cens
dix liures, Trois Valets de pied de charriocs , deux cens Vimgt-cin4 linres.
Six Charetiers, gsatre cens cingsante livres. Tailleur, Joixante bures. Deux
Marefchaux, quatre -mwinets lisres. Vn Scllier, quarante liures. Deux Valers
des Pages, foixante dr quinxe liures. Quatre Laquais des femmes, #ro$ ceus
livres. Deux Cheuaucheurs d’Efcuric, cent vingt biures. Quatre pourfui-
ren » Froës cens vingt liures. Quatre autres Charetiers , deux cens quarante
HUTICS, CR | | |
F*
DV ROY CHARLES VIII >09 ——.
Pemfiommaires de la Reyve, outre les Officiers cy-deffus. Mademoifelle 1 4 9 4e
de Beaumont , gwatre cens bures. Noble homme André de Foix de Lau-
trec, dng ces liures, Gilles de Condeft Seigneur de la Mareraye, cis
cens liures. Iean de Follet, Papgetier, cant cinquante linres. Jean Rouauk, :
quarante livres. Rolland Oches, srente lisres. Thomas de KRion, commis
au payement & à tenir le compte de l'efcurie, #reis ans linres, Huguet
d'Arbois, cinquamte lisres. Maiftre Gabriel Miro Medecèn, cant liures. Îean
Diffal Marefchal de Salle, quatre-vingts livres. Amaury Auchet E£wyer de
caifine besche, cent vingt linres.. Anthonique Doilette Demoi/êlle, cent livres.
Anthoine Martin Marchal dû l'Eféurie, Martin Charenton, cha/un vixet k-
pres, Oliuier de Caufquel , gware-vwimets liyres. Guyon le Licure, çess
vingt liures. Meflire Anthoine de Seflac Cheudlier, Baron & Seigneur
d'Atleux, gæatre cens hiures. Robert Aualouë Céerc d'Office, quatre - vinets li
nrer. Claude de Longucual, quatre-vingts liures. Maitre Gondy Salyo me-
decin, cent cinquanie linres.: is
Sire Pierre Morin, commis pour faire la recepre & payement des ga-
ges des Officiers , Dames & Demoifelles de la Reyne, fous le nom de
Jacques de Beaune le ieune | obftant fon bas âge , deux mille cinq cens li-
“res. |
Le nombre des Officiers cft de #ress ceus quaraute-trais ; & la defpenfe
monte par annce à caguante- huit mile beit cens quatre-vingts - one liures.
| . Pré far l'Original.
P AGE ros8. Monfcigneur le Comte d'Angoulefme. Et plus bas: Cet-
ce maladie s’empira, dont Madame fa femme, &c,
Il s’appellait Charles de Vallois, Comte d’Angoulefme, & fa femme
Louïife , fille de Philippe de Sauoye, Comte de Baugié, Seigneur de
Brefle, & de Catherine de Bourbon. Leur Contraët de mariage eft impri-
mé cy-deflus, page 567. & il cft du 16. Féurier 1497. Ils eurent un fils
nomme François, depuis Roy de France, premier du nom , & unc file
nommée Marguerite, premiérement femme de Charles Duc d'Alençon, &
enfuite de Henry Ray de Nauarre.
AGE 111.112. @ 113. Au fuiet de la mort & des obfeques du
Roy Charles V HIT. UN |
Il y a quelques pieces imprimées cy-aprés , qui parlent de l’eftag des
affaires du Royaume aprés la mort de ce Roy, & des ceremonies funebres
qui luy furent faites. | | |
P AGE 114. Le Mardy 9. Septembre 1494. le Roy partit de Quiers.
.… L'on peut voir page 689. une Lettre de Guillaume Briçonnet Eucf-
que de Saint Malo, dans laquelle il eft parlé de ce depart du Roy.
Relation des habillemens d'une Dacheffe d'Italie, venant [aluer le Roy. Chr habit
: Lee L | | | | | efloit bizarre.
ADAME, tant & fi tres-humblement que faire puis à vous me re- :,54.
commande. Nous aduançons toufours en pays où voyons chofes
nouuclies, & qui femblent eftranges. Gens viennent de toutes parts vers
le Roy, & luy faire accueil, Princes, Princefles, Ducs & Duchefles : en-
core de matin en eft-il venu vne*, & vous plaira fçauair la façon que * C'afoit «p-
: , : ‘ . paremment la
eftoit accouftrée ladite Dame. Premicrement, quand elle arriua elle cftoit 5, 1 ps.
fur un courfer accouftré de drap d'or & de velours cramoify, & elle vne ckege de Mal.
robbe de drap d'or verd, & vne chemife de lin ouurée pardeflus , & eftoit £ ere"
habillée de la tefte grande force de perles, & les cheucux tortillez & ab- perté pages
VVuu ii} | 185% © 159.
7o OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1 49 4. batus auec un ruban de foye pendant derriere , & un chapeau de foye
cramoify fait ny plus ny moins comme les noftres y aucc cinq ou fix plumes
rifes & rouges audit chapeau, & auoit cela fur latefte, & eftoit fur ce
Courfier en façon qu’elle eftoit toute droite, ny plus ny moins que fcroit
un homme, & eftoit auec elle la femme du Scigneur Galleas, & plufieurs
autres. iufques au nombre de vingt-deux, toutes fur haquenées belles &
gorgiaifes , & fix chariots couuerts de drap d’or & de velours verd, &tous
pleins de Dames. | Morte Mn
Et vouloienc venir deuers le Roy en fon logis, ce qu'il ne voulut pas,
mais leur voulut eftre gracieux, & aller au fien, ce qu'il ne fit point pour
ce iour-là, pource que fe fentit un peu malade , & le lendemain aprés dif-
her ledit Seigneur les alla voir, là où elle eftoit merucilleufement gorgiai-
fe à la mode du pays, laquelle eftoit une robbe de fatin verd, dont le corps
eftoit chargé de diamans, de perles, &c de rubis, & autant derriere que
deuant , & les manches bien fort cftroites , toutes defcoupées en celle fa-
çon à ps la chemife paroifloit. Eftoient ces coupes toutes attachées auec vn
gran ruban de oye grife pendant prefque iufques en terre, & auoit la
gorge toute nuë, & à l'entour tout plein de perles bien fort grofles , auec
va rubi qui n’eft gueres moins grand que votre ot valloy, & de la tefte
eftoit habillée tout ny plus ny moins que le iour d’auparauant, referué qu’au
lieu de chapeau elle auoit vn bonnet de velours auec des plumes d’égret-
te, là où il y auoit vne bague de deux rubis,.vn diamant, & vne perle en
façon de poire , laquelle poire eft coute de la forte de la voftre, referué
qu'elle eft plus groffe, Incontinent que le Roy l'eut veuë, s'en partit pour
s’en retourner, referué qu’il l’entrerint vn peu deuant, & la fit danfer à la
mode de France aucc plufieurs de fes femmes; & vous affeure, Madame,
qu’elle danfoit bien à la mode de France , veu qu’elle difoic qu'elle n'y
auoit iamais danfé, Si n’eftoic que le Roy vous. veut enuoyer la’ peinture
d'elle, & la façon dont elle eftoit habillée, feufle mis peine de la recou-
urer pour la vous enuoyer......,.,... | | |
Cette Lettre eft fans fignature , & fur la fuperfcription eft efcrit:
LA Madame, Ce qui montre qu’elle eftoit adreflée à Madame la Ducheñc
de Bourbon.
P AGE 121. vers la fin. Puis il vint difner à Raufillon, & coucher à
Naples. |
Ce n’eft pas.la Capitale du Royaume de ce nom dont il entend parler,
mais vne petite Ville de l’Eftat Ecclefaftique,à douze ou quinze milles de
Vitterbe.
"DD AGE rz22. Le Roy fic fon entrée à Rome le dernier Decembre.
Les deux Relations qui fuiuent expliquent aflez particulieremene
ce qui s’y pañla pendant fon fejiour. |
Relation de ce que fit le Roy Charles VIII. dans Rome. Traité
__entre ce Roy & le Pape Alexandre VI. touchant Gem Sultam
frere du Grand-Seigneur. Entreueuë du Roy & du Pape, & les
ceremonies obferuées par le Pape, pour faire Cardinal Guillau-
me Briçonnet Euefque de Saint Malo. Extrait du Journal d'un
… Maiftre des Ceremonies de la Cour de Rome.
anvier 1495.
ps JL]: dicbus, es rette memini Jexto bujus menfis , poff prandium, fantiifimus
d'Italie, nom noffer Dominus per deambulatorium ; fiwc corridorism de Palatio [so apud
DV ROY CHARLES VIIL 1 -—
Sanitum Petrum, vit, fes portatus eff ad Caffrum Sancti Angeli, vbi pro maiori 1 4 9 $e
Ses fécuritate commoratus cfl,C cum eo Revcrendiffimi Domini Neapolitanus, Sanéte 3 prunes. où
Anaflafe, Mont Regalss, Vrfinus, Alcxandrinus, G Valentinus Cardinales. l'enniene
Die Dominica 1 1. menfis lanuarii conclufüns fuit CG deliberatum inter San- Rés
&iffimum Dominum noftrum * ce JU frifimum Dominum Philippum de Breffa ?* * "#1"
aswnculum Regi Francis, lgcum tenensem cjufdem Regis, quod S. D. N. affigna- a o
re deber Gem * Sultan farrem magni Turce 4d [ex menfes Regi Francis, qui Ce Traité eff
ex suc fôluere debet Pape viginti milia ducaterum, G- dare cautioncm merca- PE
torum Florentinorsm © Venctorum de reffituendo ipfam Gem Sultan ipfÿ Pape ela- 186. $
pfis dichs fx menfibus fine mora. \tem, Corosare Regem Francis Regem Neapoli- * al, Zixim.
sanums , fine aléerius prejudicio, GC facere fecures Cardinales San&ti Pecri ad
Vincula, Gurcenfem, dibellurn, @ Columnam , de son ofendendo eos, pro
quorum fécuritatis declaratione debent conuenire in fero illins dici coram Reuc-
rendi[fimo Domino Cardinale Alexandrino, reucrendiffimi in Chriflo Patres D. Bar-
tholamans , Nepefinus, C° Sultrinus Secretarius , C* loannes Perufinus Epifopus
Datarins nomine Papz, G Dominus de Bref]a G* de Montpenfier, G Dominus 10an-
nes de Sarranii, primus Prefidens Parlamenti Parifienfis. Sed Cardinalis Sanifi
Petri ad Vincula € Gurcenfis, intelleifa conclufione fine is faits, conquefii fans
Regi de paëtis ipfis per cum non [eruatis, cums ip/is premi/iffet per coronam Re-
giam , fine corum fiits CG voluntate , cum Pontifice non ‘vel concordare, vel ali-
quid concludere ; C hoc modo conclufionem huiufmodi, ne illi ad Cardinakm
Alexandrinum venirent, impediuerunt.
Feria fecunda , r2. Janmariÿ, Rex Francis equitanit per vrbem [olus , C7 ‘Un Cardinst
ilam videndi caufa, quem affocianit Cardinalis Sancti Dionyfi, longe poff Regem “empere
cum alirs nobilibus equitans. Inter ip/um C° regem cquitabat quidam Capitaneus stunt per Le
peditum cuffodie Regis circa eur incedentium, curams babens quod pedites féque- vile de Reme,
rentur. Sequebatur Cardinalis cum nobilibus ali. ébnt d
Sequenti die 13. Janwarii, Rex equitauit ad S. Schaffianum , 4b iffis ctiam luy, G: sprés
: se. ’ ; 3 Li : un Capitaine
affociatus, alis fequentibus dicbus alibi pro libito [ue voluntats. de. de
Feria fexta dicfi menfis Ianuarii, bono mane recefferuns ex svrbe Afcanius m,
Vicecancellarius @ de Lunate Cardinales, Mediolanum ituri, vtr à nonnullis affe-
rebatur. Eadem die mane, Rex Francia equitauit ad Bafilitam Sancfi Petri, vbi
audits Miffa in Capelle Sante Petronille per snum ex Capellanss fuis fine cants
Miffa celebrata, afcendit ad Palatium Pape ad cameras novas pro co paratas > Vbi
fccit prandium. Deinde circa horam vigefimam Papa portatus fuit per deambula-
toriums difcoopertum in rochetto C capucino , cruce preccdente, quam portait Do-
minus Raphael Diacanus Capelle, cum nullus adeffet Subdiaconus Apoffolicus, de
Caffro ad Palatinns prefatum. Rex adwcntum Pape intelligens, occurrit ei v/que
circa finem fécundi borti fecreti, de quo ad ditfuns desmbulatorium aftendit. Cardi- *
nales fécuti faut Regem qui tunc cum eo prefentes erant, C ipff Papam expeifan-
tes, Papa cum effet in plano borti praditfi, precefferunt Cardinales Regem vjque ad
Pontificem. Rex vero, vifo Pontifice, ad fhatium dusrum cannarum genuflexit
bis fuccelfiue competenti diffantia, quod Papa finxit fe non videre. Sed cum Rex
pro tertia genuflexionce facienda appropinquaret, Papa depofuit biretum fsum , Gr
occurrit Regçi ad tertiam genuflexionem venienti, 46 eur tenuit ne genuficiteretur,
C deofiulatus eums , ambo deteitis capitibus erant, ficque Rex nec pedem, nec 1, Roy ne bai.
manuim Papæ ofculatus et. Papa noluit reponere biretum fuum nifi prius fe fe Dep
fegerct Rex : tandem fimal capita cooperierunt, Pontifice manwm bireto Regis, ot L, _…
cooperiretur » apponcnte. Rex quam primum 4 Pontifice » VI premittitur » rECCpEUS la joué.
fuit, rogavit Papam velle pronunciare Cardinalem Epifcopum Maclovienfem ze Roy fe cou
Confiliarium fuum, gwod Papa dixit fe fatfurum , mandans mibi quod ad vffe- #7e aues le
um huju/modi cappam vnam Cardinalem C° capellums reperirem , cappam mu- 7
tavit Cardinal Sanctfe Anaflafie, Rex exiflimans ibidem id ffatim fieri debcre,
interrogauis me vhinam C* quando Papa cffet expediturus. Refpondi in camers
_ Le Roy con-
712 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1495$.P apali * ad quam continuo ibam. Papa finiffra man dexteram Regis ACCÉPIENS y
* y a dns çums duxit v/que 4d ditfam cameram Papalem , vbi antequam intrares , finxit fe
FOngsLPæ Dontifex fincopa curbari. 1ntus autem peruento Papa [édit füper fédem balfam
LE ante feneffras ibi apportatam , G* Rex juxis cum füper éabellum , pro quo continuo
2 Eee on Jedem fue fancéitatss Jimilem fecit apportare à me autem inffante, repugnante, €
rh Séfionem huju/modi nequaqam convenire afferente, Papa afiendit ad fédem emi-
Siege du Roy MERtem confifforialem , ibi erdinante me pofitam, dimiffis prius birero C capuci-
Sfemblable à" po rubro, G* acceptis bireto G* capucino albo Cr ffola pretiofa. Pofita fuit fèdes
sr Ier rl Papa cameralis ante dextram [am , in qua édit Rex retro fêdem Regis, C ante
focir le pre in modum corone pofita féabella pro Cardinalibus, in quibus féderunt Cardinales.
He Je papa noluit fédere nifi prius Rex féderes, quem mans coëçit prius fédere, deinde
| fedit Reuerendiffimus D. Cardinalis Neapolitanus, GC fedit ad dexteram Pape
“suxta murum in fabello, prout fédere folet Diaconus Cardinalis à dextris in capells
Papa exiflens : alii Cardinales ordine confifloriali poft ewm , few potius ad ante
um ; ficque Rex non fédit refa linea inter Cardinales, fd ante cos, f[êu in medio
corum. Omnibus fic fédentibus, Papa dixit, nuper [e vots omnium Cardinalium
babuiffé pro creatione Reuereudiffimi Domini Epiftopi Maclouienfis in fancfe Ec-
clefe Romane Cardinalem , quem Maijeflas regis ibidem prefens inffanter fieri [up-
plicanerat , C* ipfe facere paratus crat, ipfis Cardinalibus complacentibus. Refbondit
Reuerendiffimus Cardinalis Neapolitanus, C* poff cum alii, in eandem fententiam;
quod non folum id ipfis placeret, féd fieri fépplicarent pro regis honore G: volunta-
__ #e. Tunc vocatus per mc prefatus Dominus Maclouienfis Guillelmus Bricone.
_ tus, depofitis sbi mantello C° capucine de ciambelloto nigro G* bireto nigro, induit
iplum cappa, Cardinalis Valentinienfis, in qua coram Papa genuflexit, qui deteto
iris capite ex Caremoniali pronuntiauit ip{üms Cardinalem per verba, Authoritate om-
Fu du Car, nipotentis Dei, & Ecclefiim Maclouienfem, & fingula ac omnia Monafte-
dinel de Sains ia & Beneficia Ecclefaftica quæ prius in titulum & commendam obtine.
Male. bat, fibi commendari. Maclouienfis ofculatus eff pedem C* manum Pape, & à
Pontifice eleuatus ad oris ofulum eff receptus ; tunc iterém genuflexit, € Papa
impofuit capiti [ao capellum rubeuns, verbis in Ceremoniali pofitis. Quo faifo Ma-
clouienfis egit gratias Pontifici, qui dixit Regi agendas effe, coram quo Rege iple
I! remercie le Maclouienfis genuflexus, memor noue dignitatis adepte G Epifcopalis, egit ei
Rey A SON. gyatias fic flexus. Surrexit, G: à fingulis Cardinalibus ad oris oféulum receptus eff.
Mantelum prefato D. Maclouienfi exutum recepersnt fui, nec me aduertente Do-
minws lacobus de Ca? a nous, Francifius Alabagnes fécreti Cubicularii [bi inde-
bité #fürparunt C retinuerunt, cappucinum autem G: biretums ego retinui. Interim
Jurrexis Pontifex, G dixit [e velle regem ufque ad Regias cameras affociare : [éd
Rex id fieri omnino recufans, fuit ab omnibus Cardinalibus affociatus ad eiufmodi
duir parles CaMeram, iter faciens per cameras paramenti, : omnes saules, C* deambulatorium
Cardinaux Reuerendiffimi Domins Cardinalis Santte Anaflafis, C* aulam GC cameras nou«s,
He ad quas ipfé erat inhabitaturus. Ibat autem Rex medius inter Neapolitanum 2
” dextris G Sani Clementis Cardinales à finifhris , Cardinalibus omnibus binis
G* fo ordine féquentibus. Peruento ad quartam predittam, Rex egit gratias Car-
dinalibus, qui ab eo reccfferunt omnes, dempto San&ti Dionyfi & Maclouienfis
afque ad cameram fibi deputatam , que fuit olim Domini de Falconis, quam cum
#0n poffent intrare defeifu féruirorum claues habentium , iucrunt ad cameram Epif-
Copt Concordienfis ubi aliquandin manferunt. Tum venerunt ad cameram Domini
Maclouienfis preditfam , ubi ante offium Cardinalis Sancti Dionyfii ab co licentia-
Le Garde des #46 difeffit. Porta prima Palatii , CG omnes alie aditum ad regem prebentes date
Portes donnée fueruns Scotis pro cuffodis Regis deputatis, qui non permittebant, nifi fuos aut pau-
un /( ciffimos ex noffris intrare. Interfuerunt premiffis guatuerdecim Cardinales, vide-
lices Reucrendiffimus D. Neapolitanus Epifcopus San&i Clementis, Parmens:
fis, Sanétæ Anaftañiz , Montis Regalis, Vrfinus, Sani Dionyfii , Alexan-
drinus , Carthagienfis, Presbyteri; Santi Georgii, Sani Seuerini, Valen-
tinus,
DV ROY CHARLES VIIL : 5
tinus, Cæfarinus, d Germanus, Discemi. Dedi cadems die Reucrendifimo D:
Maclouicnfs informationem competentem de fremis confuctis perfélurnais per cedu
dam huisfmodi tenoris : cabiculariis Secretis Papa ducatorem sentum; feutifero Ca-
peli idem ; Magiffris Ceremvniarum, ad volustates [sam ; feruientibus armorum
dacatos quindecim ; magiférss offieriis idem; porta ferres cuflodibus [ex ducates;
cuffodibus prime porte tres ; cuffodibus borti fécreti idem ; curforibus Pape decem
ducatos. |
DoMinNicA decima sËfaua lamsarii, Le Pape dit au Maiftre des Cere-
monies qu'il tiendroit Confiftoire pour la reception du Roy de France, &
comme il la falloit faire. . | |
Comme le Pape parloit de cela , le Roy furuimt. Le Pape le fut rece-
uoir , & là parlerent du Traité de la reftitution du Turc, L'article por-
toit que Île Roy donneroit fécixfféres Nobiles , Barones € Pralatos Regni 4
voluntatem Pontifis. Le premier Prefident de Gannay vouloit reftraindre
à dix perfonnes, le Pape en vouloit trente ou quarante: ils contefterent
fur cela crois heures. |
Sur cela le Pape entra dans vne falle où il y auoir deux chaires. 11 fit
fcoir 1e Roy dans l’une & luy dans l’autre. Là le Traité fut leu; & de la
part du Pape il y auoit les Cardinaux de Sains Anaffaze, GO: Alexandnin, &
pour le Roy les Cardinaux & Saint Denss , 8 de Saint Mate, les deux Se-
cretaires du Pape , le Dataire, & peu d’autres & furenc leus.les articles
du Traité. Le Notaire pour le Pape nommé Srphanme de Narnia, & celu
pour le Roy Ofiseriss Taan Ciericus Cenomanenfis. 1 fut faic deux copies du
Traité, en François pour le Roy, & en Latin pour le Pape.
Le 19. lanuier 1495. deïtiné pour la reception du Roy & l'obedien-
cc, le Maiftre des Ceremonies fut enuoyé au Roy, luÿy dire ce qu’il auoit
à faire circa o/Culationem pedis Pape © obcdientiam preffindam de loco Juo inter
Cardinales fes poff primum Cardinalem. Rex ipfe cum J#is Necreuit ibi non fédere,
fed apud Pontificem in foto flans, aliqua pauca vcrbs prejlationis ebcdientie pro-
èrre.
f Le Roy dit qu'il vouloit oùir la Meffe à Saint Pierre , puis difner, &
de là aller voir le Pape, & ne put rien obtenir de plus. Sur cela le Pape
cint Confeil, de R vint in cemeram Papagalli * fort parc, & puis en la falle
du Confiftoire public. Les Cardiraux Ækxandrin &c de Carrage eurent or-
dre d’aller au deuant du Roy. Le Pape ne voulut pas que céluy de Saint
Malo, le dernier des Catdinaux, en fuit, quoy-que ce futé l'ordre : mais
ce qu’il eftoi creature du Roy, il crut luy faire plus d'honneur.
Le Pape donc en ces Cardinaux aduertir le Roy, qui le trouue-
sent difnant, Les Cardinaux fe retirerent dans üne chambre, attendans
vne demie-heure, Le Roy aduerti que l'on l’atrendoit, interrogea le Maif-
tre des Ceremonies de ce qu’il falloit faire; 8 l'ayant efcouté, il alla dans
vne autre Chambre, où il tint Confeil vne demie- heure , fit appeller ledit
Maiftre des Ceremonies, & luy demanda encore vne fois ce qu'il falloic
,
Q
faire, qu’il luy repetaft, & delà alla trouuer les deux Cardinaox & Euef.
ques qui l’attendoient. - |
Le Roy fut donc au Confiftoire auec ces Cardinaux, & mediws énter eos,
fuiui des Princes & Grands François , Phifppæs Dominss de Breffa, Dominas
de Montpenfier, Dominus de Foix, Dux Clivix, Jilius Ducis Ferrarie, © ali pis-
res. Regeveniente, Pzsps affumpft pretio[äm mitram. Rex fecit debitas rencrentias
in terram , primam in introitw Confiflorii , fecundam in plano ante folium Papx,
dertiam in 6lio ante Papam , sbi genuflexus, pedem , dein Pape manum ofcalatss,
quem Papa cleuans , ad oris ofculum recepit. Rex flans ad finiffram Papz, tunc
Dominus loannes de Gannay primus Prefes Parlamenti Parijfen : , Coram Ponti-
| XX
par=
149$
18. lenuier
149 #
Traité pour le
reflitution de
Sultam Zi:
im.
19. 14nuiey
149$
Obedience da
Roy 4n Pape.
#AL papalen:
Les Cardi-
AUX AIPEN-
dent le Roy.
714 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
149$. fee vénit, C nuflexus expofuit Regem sd praflandum obedicntiam Sanilitati fu.
perfoualiter 4 venile ; velle tamen Prius tres gratias a ua S'anifitate petere ; eÎe
confactum vaffallos ante corums obedientie praffationem fine homagium inueffire.Pere-
bat proptercs primo omnis prinilegia Chriffianiffimo Regi,tius coningi primogenito
conceffa, G* omnia in quodam libro ,cuius titulum fpecificabat, contents, confirmari
fecundo, ip/sm Regem de regno Neapolitano inveffiri ; Lertlo, de dando fideinffo-
res , de rejituendo fratre magni Turcii,nter alis beri fpalatum, caffari G* abolers.
Pontifex ad primum refondit fe confirmare buinfmodi primo petisa,quatenus cjfens
in ufs. Ad fecundum , gwod agitur de preindicio tertii, propterea oportere cum
confilio Cardinalium fuper hoc maturius deliberare, G* in eo velle pro poffe fo R.-
gi complacere. Ad tertium , vel efe cum ipfo Rege C* facre Cardinalium collegie
#0n dubitans concordes futures. Qus refponfione faits, Rex flans ad finiffram Pape,
protslit bac verba. Saint Pere, je fuis venu pour faire obedience & reuerence
x voftre Sainceté, comme ont accouftumé de faire mes predecefleurs Rois de
France, Quibus diétis, ditfus Prefés adhucgenufexus farrexit, C flans coram Pon-
tifice,verba Regis latins extendis bi verbis. Beatiflime Pater ,confeverunt Prin-
cipes, C* prafertim Francoram Reges Chriffianiffimi, per fuos Oratores Scdem Apo[-
tolicam, Gin es pro tempore fédentem vencrari.Chriffianiffimus vero Rex Apoffolorums
dimins vifitaturus,id non per Oratores Gr Legatos fos facere, fed in propria perfona
voluntatem faam effendere volens, fatuit obférvare. Vos igitur, Pater Bcatiflime,
Chriffianerum Summum Pontificem, verum Chriffi Vicarium, Apoñtolorum Petri C
Pauli faccefforem fatetur , Gr recognofiit, illique filiale G debitam reuerentiam €
obedientiam , quam predeceffores fui Francorum Reges Summis Pontificibus facere
confhevcrunt , vobis preflat , feque, G° omnis [ia Sanctitati veffre C* buic fanire
Sedi offert. Papa fêdens à finiffra , mans [hs Regis dextram tenens, refpondit bre-
viffime convenienter prepofitis, Regem ipfàm in [vs rejponfionc huinfmodi pri-
mogenicum flium fuum appelens. Interim , dem premiffs fierent , accefferunt ad
filium Pontificis omnes Cardinales cum confufione propter Gallorum impetum G° in-
fôlentiam. Compleré Pontificis refponfionc, furrexit Papa, finiffrä man fus Re-
gem apprebendens, ad cameram Papagalli reverfus eff, sbi depojitis facris veïtibus,
fnxit Regem ipfum velle affociare, Rex illi gratias agens , ad cameram fôam redit,
4 _ Cardinalium affociatus. 1nterfucruht omnibus premilis viginti Cardi-
pales. :
40. favvier Le vingticfme de Ianvier, jour de Saint Sebaftien , le Pape voulut cele-
149% brer Pontificalement la Mefle en faveur du Roy. Le Roy avant que d'y al-
re Le ge der VOulur difner , & le Pape l’attendit un quart d'heure, & vint enfin af-
en faveur du fifté de fa Nobleffe fans armes , fes Gardes demeurerent hors la Chapelle.
Roy. Rex, cx commillionc Pape ; fédis in fède nuda cum caffino de broccato tantum,
Ordinatis pro minifirands aqua manibus Epiftopi, de Pontificis voluntate, RE; cé
D. Dominis de Foix, Bree , @ Montpenfier : tamen quis corum preccdentia mi-
bi ignota erat , communicaui id Regi , quem SnferrOZAUt » Je ipfe aguam dare vel-
Let. Repondit : id libenter fa&urum , Ji Regibus conueniret, de ali tribus ; qued di-
gniorem locum Dom. de Breffe, fêcundum D. de Foix. Primo igitur dedit aquam Domi-
à des after. %% de Foix, fécundo Dominws de Montpenfier ; tertio Dominus de Bref] , quarto
Rex, cui portari feci bacilia * de credentia Papa per Dominum de LigniCamcrariuns
Joum fécreturs , qui fingulis noëlibus cum Rege fôlet dormire. Et ego portawi toba-
* Toñaile, on liam * pro collo, ujque ad gradus folii Papa ; ubi Regi ip/am impofui; C7 acceptis
es ae Le per Regem bacilibus , ego Jibi de aqua feci credentiam. Rex cum bacilibus afcenaïs
ad Papam, Gr dedit flans aquam manibus Pape , qui voluit quod ipfe Rex de agua
credentiam faceres. Paps aquam poffcommunioncm accepit de manibus Regis Fran-
corum. |
De multis interroganit me Rex, quid hoc cffét. Declaraui fingula vf potur. Re-
plicauit Rex, ve clarius exponerem : nihilominus non ceffauit repctere, C* non potu
Jémper illi fatisfacere. Fr .. | |
DV ROY CHARLES VIII.
Vigefima fécunds Ianuarii, le Cardinal de Gurce reconcilié auec le Pape,
en receut la benediétion, @ culpam fuam Pontificé agnonit : [id in prafentia
Cardinalium de Vrfinis © Sani Georgii crimins Pontifici obiecit , fimoniam,
peccatum carni , informationem magno Turco mifflam*, @ mutsam intelligen-
tiam, afferens ipfm Pontificem magnum fimulatorem G* virum deceptorem effé, fi
fai verum mibs retulerunt.
Vigefima otfaus lansarii poff prandium , le Pape. monta à cheual, & les
Cardinaux auffi, & furent à la place de Saint Picrre. Le Roy de France s’y
trouua, wi cum Papa birettum depofuiflet, amouït etiam Papa capeUum G* birer-
tum , nec voluif Papa illa priss reponere quam Rex caput faum cooperuiffet. Te-
nuit Papa continno Regem à finifiris. D. de Breffé continuo cquitauit ad finiffram
Regis, ficque pofäit Regem medium inter fé Papam. Omnes alii Principes Gr
nobiles equitarunt immcediate pot Regem, C* poff cos gentes fui armorum.
Le vingt -huitiefme Ilanuier , Ben/élran frater magni Turce equefler de Caf-
tro Sancti Angeli affociatus fuit vfque ad Palatiuns Sancti Marc, C: ibidem Regi
Françie affignatus. Erelfa fucrunt per vrbem duo patibula, vnum in campo Flo-
re, alterum in Platea Iudeorum per Officiales Regis Francie, Cr per eos miniffra-
batur iuffitia , non per Officiales Pape, C° mandats publics , fine banni per vrbem
fiebant fab nomine ditfi Regis, C non füb nominc Pape. Rex finxit fé vell pe-
des Papa deofiulari. Papa autems id ficri nullo modo voluit. Cardinal Valenti-
nus dedit Regi fêx pulcherrimos equos in frenis , fine fellis. Rex cum Cardinali
Valentino à finiflra Regis cquitante, cquitarunt recfa vis ad Marinum quo codem
peruenerunt. Ecdem féro fécutus eff Regem Cardinal Gurcenfis, frater quoque magni
Turca. | |
Trigefima lanuarii sunciatum.. .......... eff Pontifici Cardinalem Va-
lentinum ex cinitate Velletri in habite familiaris flabuli Regis à Rege Francie au-
fugille , in receffu ciufdem Cardinalis cums Rege Francis ex vrbe portare fécum fecit
decem Cr nouem falmas bonorum forum apparenter cum copertis fais honorifice,
énter quas due crant credentie , qua agen die, Re C° Cardinali ad Marinum
eguitantes, manferunt retro , C* 2d vrbem in fero redierunt, fersitoribus Cardinali
afferentibus fabmas ipfas effe captas G depredates. Alie 1 7. falma vencrunt ad cu-
riam Reg , quarums capfe poff recefum Cardinalis à Rege fucrunt aperts, G nihil
än cis repertum , prous guidam mibi retulerunt, [éd credo eos mentiri.
Prima Febrmarii Decanus Anditorum Rote C Diécanns Auditorum Confifloris-
Gum, @ alii populi Romani nomine ituri aÿÿRcçcm Francorum ad commendandum
Regi vrhem, C fapplicandum ne propter reccffum Cardinalis ab eo contra Vrhem ac
Romanos indignaretur, Papa mifit Bartholomeum Epifcopum Nepefinum , Secrets.
rium fwm dd Regem Francorum , ad excu/andum [andfiratem fam de receffu Car-
dinalis Velentini «b ipfo Rege. Venit his dicbus ad vrbem Dominus Philippss de
JS —
149 $.
22. ]anuiey
1495.
Le Cardinal
de Gurce re
proche 44 Page
fa conduite a
fa vie.
* Voyez Cy=
aprés page
716.
28. Ianuiey
14935.
Le Pape ne [e
Vent conuriy
qu'auec le
Roy,
# Al. Gem, es
Zitim,mis en-
tre les mains
du Roy, sp
auoir efté 093.
poilonné. y.
Page 716.
La lufiice sd.
minifirée dans
Romo an nom
du Roy.
Départ du
Roy de Rome.
30. leunier
349 se
r, Féurier
1495
Breffe nomine Regis Francie, deinde ab Vrbe recedens ad Regem feum reditures, *
affociatus fuit extra portam vrbis à Cardinalibus Sancfi Clementis & Sancti Dio-
fi, medius inter cos, non [inc magna ipforum Cardinalium nota, C* totius Col-
legii Cardigalium igneminis. Le Roy entra à Naples le 22. Féurier, Les
Chafteaux Saint Elme , de. l'Ouo *, & Caftronouo tenoient contre luy,
& Ja Tour Saint Vincent. Dans Saint Elme eftoient les Gens du Roy ch
Naples, au Chafteau - Neuf, le Comte de Pefquaire, dans le Chafteau de
lOcuf, le Roy Ferdinand, . |
Le 15. Féurier, Zizim fils* du Grand Turc mourut à Naples, ex v/g
|. fie potu non conuenicnti nature [la G confucte. La Tour Saint Vincent ren-
dué au Roy. Le feptiefme Mars , le Chafteau - Neuf rendu au Roy ; le
quiaziefme Mars le Chafteau de l'Ocuf rendu; Er faife funt coram Rege
Francis per fuos tragædie, & Comedie de Papa, Romanorum C° HiSpanie Regi-
bus,ac Venctorum ac sed Dacibus Ligam d Confederationem , colluforie,
Gr more gallico deriforie. Gayette rendu au Roy, ser Gayette ayant
XX i]
22. Féurier
1495.
* Al.de d'Ornf.
25. Féurier
1495.
# AI. Freve.
Zizim mort à
Naples de pois
fon.
Mars 149$
pa 716 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
14 9 $. baillé vingt mille ducats au Caftellan. Liga inter Papam ; Maximilianum
Regem Romanorum CG Hifpanie Regem, ac Venetos, Mediolani Ducem , pro com-
Ms :495. muni Chrifianorum bencfcio , publiée le douziefme iour d'Auril. Au mois
de May Lucretia Borgia fille du Pape vint à Rome. |
TJ) AGE r25. ll luy deliura le frere du Turc, .
P C'eftoit vn des articles du Traité dont il eft parlé cy-deflus : mais
comme par vn autre Traité que le Pape auoit fait auec le Turc, il auoit
promis de le luy liurer moyennant une fomme fort confiderable, il ne fuc
remis au Roy Charles VIII. qu'empoifonné, Voyez les preuues de Com-
mines, pages $25$. 527. & fuiuantes.
AGE 132. Le 22. Feurier le Roy fit fa premiere entrée à Na-
ples. |
La Lettre qui fuit iuftifie que cette entrée fur ce iour-là. L'on y a ioint
une autre piece, parce qu'elle contient plufieurs circonftances particulieres ,
tant de ce qui s’eft pale à Naples, que d’autres affaires particulieres.
exfans Le Roy à l'Archeutfque d'Embtun* @ Maïftre Lean Rabot fs
À ANILUSE Ambalfédeirs à Rome. Leur mande qu'il eff entré dans Le ville
de Le Maifon
de Caderoufe. de Naples.
52. Feurie} À l Essrevrs, Depuis mon partement de Rome, & mefme depuis dix
149 ge ou douze iours en ça, que ie fuis entré en cetuy mon Royaume, j’ay
_: fait celle diligence que ce iourd’huy ie fuis entré en cette ma Cité de Na-
pls , en laquelle par les Gentilshommes & Citoyens m'a efté fait toute
obeïffance, ferment, & fidclité, comme mes bons & loyaux Suiets. l'en
efcris à soÿfre Saint Pere, comme verrez , afin qu’il foit auerti de la viétoi-
re & profperite qu’il a plu à Dieu de me donner en mon entreprife. Pre-
fentez luy mes Lettres, car ie fuis feur qu’il en fera tres-ioyeux. Dom Fer-
rand & Dom Federie fe font retirez à Cafel de l'Ouo, & ont laiflé le Mar
quis de Pefiaire dedans Caffelnouo , aucc quelques gens; mais j’ay fait dref-
fer mon artillerie deuant, & efpere en bien peu de iours lé reduire en mon
obeïflance, & parcillement tout lafarpls du Royaume, car tout leur ef-
poir eft demeuré en quelques Galeïes qu’ils ont auprés de Caftel de lOvo,
Faites - moy fouuent fçauoir ce qui furuiendra par-delà, & ie vous mande-
ray de mes nouuelles; & au demeurant vous Maiïftre Ican Rabot, incon-
tinent ces Lettres veués , partez, & vous en venez deuers moy , quelque
* part que ic fois, À aucunes chofes dont j'ay neceflairement à _——
de vous, & a ites point de faute, & vous Monficur d’Embrun, don-
nez- vous toufiours garde de nos affaires, & me feruez par-delà , ainfi que
day en vous fiance & à Dieu. Eféris en ma Cité de Naples le 32. iour de
sL'amnés sf Feurier, l'an de la Natiuité 1495. * Signé, CHarLes. Et plus bas,
cempiée du Robertet. Et à la fuperfcription : 4 Mefficurs l'Archencfque d'Embrun, G
our dela Na- . . \
sinité : autre. Maiffre Iean Rabot, mes Confeilers G Orateurs 4 Rome.
ment il aurost Pris fer l'ori iginal,
fallu meitre |
149 4.4 C4 . . , ne | ° ° ,
fau elle ne Enfuite de cette Lettre eft adioufté ce qui fuir, & qui eft efcrit d’yne
commençoit … main difference. | | |
dors qu’à Paf-
ques. V.pages
141.588. L E Mardy 12, jour du mois de May, l'an defflufdit , Ze Roy fit fon en-
trée moult honorable à Næks, où il entra portant fa Couronne en
fon chef, à la main dextre le Sceptre Royal, à la main fencftre une pom-
D] 2
DV ROŸY CHARLES VIIL. 7
me ronde d'or, moult richement habillé, accompagné de plufeurs Sei-
gneuts, Cardinaux, Euefques, Princes, Scigneurs du Confeil, Barons, Che-
ualiers, Efcuyers & autres gens de guerre, le poifle deffus luy, l’Archeuef-
que & tout le Clergé dudit Naples allans proceflionnellement au- deuanc
e luy.
Requefte de Tean Rabot au Roy. Luy demande uelque fomme pour le dé-
1 dommager des pertes qu'il à fouffertes 2 pif de Naples.
AV ROT NOSTRE SIRE.
VPPLIE TRES-HVMBLEMENT Maiffre Iean Rabot, Confeiller dudit
Seigneur en fon Parlement de Dauphine, qu’il luy plaife de fa grace
luy pouruoir fur ce qui s'enfuit. |
C'eft que quand ledit Seigneur alla en fon Royawme de Naples pour le
conquerir, 11 mena aucc luy ledit Rabot pour affifter en fon Confeil, qui
fut le premier iour de Septembre l'an 149 4. où il a demeure iufques au
20. iour de May l’an 149$. duquel temps & iufques audit iour 20. de
May, iceluy Rabot a efté payé du falaire & gages à luy ordonnez, telle-
ment qu'il en eft content & fatisfait.
Ledit 20. jour de May, le Roy noftredit Seigneur, aprés qu’il eut don-
né ordte en tout ledit Royaume, tant für le fait de la iuftice, des Finances,
de la guerre, que aufli de la garde des Places, Chafteaux & Forterefles
d'iceluy, .& mis Police en toutes autres chofes, fe départit de Naples auec
fes gens & fon armée pour retourner en France. |
Et pource que l'Office de Protonotaire, l’vn des plus grands Offices du-
dit Royaume , que l’on appelle en Grec, Lagothets , cft le Chef de la iuftice
audit Royaume, & que le Roy n’y auoit point pourueu; il voulut & ordon-
na que le fuppliant euft l'exercice, regime & Gouucrnement d’iceluy Offi-
ce aucc les gages , émolumens & prérogatiues appartenans audit Office,
lefquels gages fonc wre once d'or chafcun jour, qui vaut fix ducats de carlins,
ou cinq ducats d’or larges, iufques à ce que par ledit Seigneur fuft autre-
A e ï Le .
ment pourueb audit Office; & en outre pour le retour dudit Rabot en Fran-
ce luy ordonna, attendu le vieil âge où il eft conftitué, cinquante iours à
femblables gages d’vne once d’or pour chafcun iour, dont les Lettres Pa.
centes furent commandées à Maiftre Florimond Robertet, par iceluy ex.
pediées ce mefme iour 20. de May.
Et combien que ledit Rabot refufaft, & ne voulfñft accepter celles char:
ges, ni demeurer audit Royaume , ains s’en vouloic retourner auec le Roy,
_& de ce l'en fupplia tres-humblement & inftamment: toutefois iceluy Sei-
neur luy dit que fur tous les plaifirs & feruices que le fuppliant auoit de-
£r de luy faire, qu'il prift cette charge, & que dedans cinq ou fix mois aprés
enfuiuans au plus tard, il pouruoiroit audit Office de Protonotaire, puis que
ledit Rabot n'y vouloit demeurer; lequel Rabot, pour obéir, feruir & com-
plaire audit Seigneur, fut content de demeurer, & a depuis exercé ledit
Office au micux qui luy a efté poflible, : |
Or eff aduens que le 7. iour de Juillet l'an deffufdit, ladite Ville de Na-
ples, par grande trahifon & defloyauté, fe rebella contre le Roy, & mit de-
“dans Dom Ferrando d'Arragon auec fa puiflance, & le receut comme fon Roy,
_en occifant, meurtriflant,& tuant inhumainement & cruellement les Fran-
çois qui y furent pris, & aufli alors fe rebellerent pluficurs Seigneurs, Ci-
tez, Villes & Chafteaux dudit Royaume. |
149 Sa
1494
149).
2496:
Départ du Roÿ
Charles VIII.
de Naples.
Logothete , os
Chef de la
Iufiice de Né
ples.
Renoltè de
Naples, 9.
luiles,1491
Lauquel iour 7. dudit Juillet, Meflire Andres Gayetano Cheualier, Francifque
x Xxx ii
x ii
3495.
Rabot empri-
fonné par les
vebelles
Naples.
Grands d
continsels 6s-
plois du fieur
145 Rabot
Jous les Roys
Louys XI.
Charles VIII.
718 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
de Nole Gentilhomme , accompagnez d’enuiron foixante Satellites & com-
pagnons de guerrebien armez de brigandines & Salades, tous portans baf-
tons inuafbles, à l'aube du iour que ledit Rabot fe leuoit du lit, vindrenc
‘affaillir & enuironner de cous coftez la maifon où 1l habitoic, & la mirene
à fac, & fourragerent tous fes biens valans ,tant en or, argent, que autres
biens, fept à huit cens ducats d’or, dont ledit Dom Ferrando eut, de
l'argent dudic Rabot ,deux cens ducats larges, & lefdits Gayetano & de
Nole eurent le demeurant de l'argent, & toutes fes autres bagues & biens, en
faifant prifonnier ledit Rabot du tic Dom Ferrando, & ne luylaifferent qu’vn
manteau , fes chaufles & fouliers, & vn petit bonnet de nuit en fa tefte, &
auffi fes feruiteurs furent tous pris & dépouïllez, & aucuns d'eux mis depuis
en Galere par force.
Lequel Rabot a efté depuis detenu prifonnier par ledit Dom Ferrando en
&ucuns forts Chafteaux 328. iours, & aucunes fois en foffes & tres-mau-
uaifes prifons, & maltraité fans le danger & peril de fa perfonne, & a efté
detenu iufques au premier de Juin dernier pafle, auquel iour, par la volonté
de Dieu, & au pourchas & interceflion de Monfeur Ze Cardinal de Saint Se
serin, il fut deliuré de La Roche Beneuent où il eftoit detenu, fans payer aucu.
ne rançon, referué ce qu’il a payé au Capitaine de ladice Roche pour fes
dépens & fa garde, & a demeuré à venir depuis ledit Beneuent iufques à
Grenoble où eft fa demeure, deux mois, pour les grands dangers & perils
qui font fur les chemins.
Et quand il fut arriué à Rome où il n’auoit aucun argent, habillement,
cheuaux ni feruiteurs , émprunta de Meflire Manaut de Guerrex Capiraine
d'Offie douze vingts ducats d’or, qui véritablement pour l'honneur du Roy
les luy prefta, & plus largement s’il en euft voulu, pour fe remonter £&
habiller luy & fes feruiteurs ; & auparauant auoit emprunté de Meflire Cefar
de Begadelis V'vn des Gentilshommes dudit fieur Cardinalqui eft de Bologne,
&c eftoit venu querir & deliurer ledit Rabot, foixante ducats, pour payer au
dit Capitaine de Beneuenc, & pour autres dépenfes.
Si fapplie tres-bumblement au Roy noffre Sire, ledit Rabor, qu'il luy plaife
de fa bcnigne grace auoir pitié de luy, & pour le defdomager des chofes
deflufdites , & Île payement de fes gages, luy plaife faire deliurer audit fup-
plant par le T taie du Dauphiné, ou le Grenetier du Port Saint Efprir,
aucune fomme de deniers celle qui luy plaira ; & fi les deniers de la recepre
de cette année de celuy fur qui le plaifir du Roy fera lafligner eftoiene
diftribuez ou affignez ailleurs, plaife audit Seigneur luy en faire affignation
fur ceux de l'année prochaine venant, en ayant efgard que kdis füppliant
plein d'enfans 4 ferui,tant Le feu Roy Louys que Dieu abfolue, que le Roy qui eff à
prefent ,en l'effat de leur suffice trente-deux ans, © depuis vingt ans en cà 4 va-
qué prefque continuellement en ju codé Ambaffades , legations, D mené » char-
ges, @° autres grandes affaires defdits Roys & de leur Royaume, fans y épar-
gner fa perfonne, & toufiours eft & fera preft de ce faire, tant qu'il aura
vie & fanté, quandil plaira au Roy, pour la felicité & profperité duquel il
priera Dieu continuellement. :
AGE 139. Là eftoit eftabli le lieu où l’on faifoit la Chancelerie
| _ comme en France, & Monfieur le Prefident de Gannay Chance-
cr. L |
I fit dans tout ce voyage la fonétion de Garde des Sceaux du: Royaume
de Naples, & il eut encore la garde du petit féel. Voicy quelques circonf_
tances particulieres de fa vie que l’on a crû deuoir inferer icy. ::
TE AN DE GannaAy, Cheualier, Scigneur de Perfan, premier Prefidenc
‘au Parlement de Paris , fut premierement Chancelier de Naples. Philippes
=
+ M ES ge EF
DV ROY CHARLES VIIL 159
de Commines, parlant du voyage du Roy pour la conquefte de ce Royau-
me, dit qu’auant qu'il fuft à Witerbe, il auoit enuoyc le Seigneur de la
Trimouille fon Chambellan , & le Prefident de Gannay qui auoit fon
Sceau. Il eftoit natif de Charoles, & il fut pourueü de la charge de Chan-
celier de France par le deceds de Guy de Rochefort. Ses Lettres de Pro-
uifion font données à Blois le 3r. Ianuicr 1507. & elles fe trouuent infe-
rées parmy le recueïl des pieces feruant à l’Hiftoire des Chanceliers de
France de D. Godefroy. Il auoit auparauant eù la garde du petit Sceau.. I]
aflifta le Roy Charles VIII. lors qu’il prefta l'obedience au Pape en 1494.
Ji eft qualifie Cheualier aux Lettres d’Anthoine Duprat fon Re Il
mourut à Blois en 1512. & fon corps fut apporte à Paris, & receu à
Noftre-Dame des Champs par la Cour de Parlement, laquelle l’accompa-
gna de là, iufques en l’Eglife Saint Mederic pour y eftre inhumé le 4. luin
de la, mefme année. En l’aéte de ferment fait pour l’obferuation du Trairé
de Cambray de 1508. il y a, Per os Magiffri atque Excellentiffimi , atriufque,
Pontificum , atque Cafarei iuris interpretis, Domini Ioannis de Gannay , ipfus,
Chrifiianiffimi Regis Cancellarii, |
Le Roy mande aux gens des Comptes qu'il a donné le garde du petit
Sceau du Royaume à lean de Gannay.
DE PAR LE RO TT.
Os AMEZ ET rEAvx, Nous auons baillé à noftre amc & feal
Confeiller & Prefidenc en noftre Cour de Parlement Maiftre Jeas
de Gannay, la garde de noftre féel qui eft lez nous, en l’abfence du grand,
& luy auons ordonné cels & femblables gages que foulloit auoir Maiftre
Adam Fumée, fieur des Roches. Et pource que par aduenture; fous couleur
d’aucunes Lettres Patentes & Mifliues par nous expediées, pourriez faire
deliurance des gages à noftre amé & féal Confciller lArcheucfque de Reims,
nous vous auons bien voulu auertir de noftre vouloir & intention, qui eft
que ledit de . foit payé & non autre, & gardez que en ce n’y ait fau-
te: Car tel eft noftre plaifir. Downé à Naples le troifieme iour de May.
Signé CHARLES. Et plus bas, Roberter. Au dos eft cfcrit: C4 nos amez Gr
feaux gens de nos Comptes à Paris. Ef encore efcrit: C4pporté le vinet-troi fief
me de. May mil quatre ceus quatre-vingts-cinq.
Pré far l'Original.
AGES 146. @ 147. Au fuiet de l'entrée du Roy à Naples:
L'on peut voir page 716. a Lettre que le Roy efcrit fur ce fuier àfes
Ambaffadeurs à Rome, enfuire de laquelle eft vn Apoitille , qui marque
précifément le iour de cette feconde enttée. Elle eft efcrice de Ja main de
Florimond Robertet , Secretaire du Roy Charles VIII. Voyez les Ce-
rémonies de cette Entrée dans le premier volume du Cérémonial , pa-
ge 682. |
AGE 156. Monfeur de la Trimouïlle s'y comporta vaillamment.
Il auoit defa gagné la bataille de Saint Aubin, & il eùt beaucoup
de part au gain de celle de Fornoûé , de l’aucu de tous ceux qui ont efcrit
de ce temps-là. Son Hiftoire eft imprimée cy-deflus, page 207.
P AGE 158. Au fuier de la-bataille de Fornoûë,
” “Elle eft amplement defcrice par Philippes de Commines, page 338.
1495.
3 MaJ1485e
710 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1495$.&i dit que les Venitiens perdirent enuiron 3500. hommes. La Lettre
qui fuit contient quelques circonftances de cette iournée , qui fut gagnée
le 6. luillet 1495.
Guillaume de Badouïller aux gens des Comptes & Paris. Leur efcrit quel-
ques circonflances de la bataille de Fornokë , gagnée par le
Roy Charle VIII.
17. miles Es TRESHONOREZ ET DOVTEZ SEIGNEVRS, Ires-humblement
Én À vos bonnes graces me recommande. Mefeigneurs, plaife vous fça-
uoir que hier au matin ie prefentay vos Lettres clofes à Monfieur ge Reims,
& à Maiftre Ewffache l'Huilier, aufquels ie fis vos recommandations ainf
que à mon partement il vous plut me lordonner. Au regard de Monfieur
Bourcier, il eft de prefent à Lyon, par quoy n’ay pü parler à luy. Meflcigneurs,
trois iours y a que les nouuelles font venuës en cette Ville comme le Sci-
gneur Ludouic & les Fenitiens auec leurs alliez auoient fait vne grofle ar.
mée pour empefcher le paflage du Roy, & tellement que auprés des Alpes
ils préfumerenc de venir ruer fur les gens dudit Seigneur pour les defcon.
..,.. , fr, voulant attenter à fa perfonne , n’euft efté Monfieut L Bafard Ma-
nr thieu *, qui s’'employa tres-vertueufement pour la tuition dudit Seigneur,
mirsl 4 ©n manicre qu'il y cft demeuré prifonnier, Toutefois, Mcfleigneurs, pour-
Gwenm. ce que ces nouuelles eftoient un peu finiftres, & defquelles ie fuis affleûre
que n’eufliez efté ioyeux, ie n’ay voulu, ni ne me fuis ofe ingerer de vous
en efcrire aucune chofe, iufques à ce que autres plus amples fuffent venuës
pour fçauoir quelle en auoit efte la fin. Mais ce-iourd’huy matin eft arriué
vn des laquais de Monfeigneur de Bowrbon qui fut prefent audit confli&, &
lequel a apporté Lettres du Roy, par lefquelles il mande que en cetre en-
treprife il n'y mourut aucuns de fes gens, au moins qui fuffenc de nom, &
que de la part de fefdits ennemis furent tuez fur le champ quatre cens lan.
ces des plus gens de bien, auec deux mille hommes de guerre, dont le
Marquis de Mantouë en eftoit l’vn, combien qu'il euft offert cent mille du-
cats de rançon, & cft de prefent ledic Seigneur fain & ioyeux, auec la
Marquife de Monferrat , qui eft tres-bonne Françoife, à dix ou à douze
licués d’Aft, hors de tous dangereux paflages, & fait tres-bonne chere, Dieu
mercy, defirant s’en retourner en bref, & dit ledit laquais qu’il s’en pour.
roit venir feurement en fondit Royaume en tout fix cheuaux. Mefleigneurs,
les Lettres dudit Scigneur ne portent pas fi auant comme ledit laquais en
dit de bouche; mais il eft homme veritable , & auoit efté expreflémenc en-
uoyé de par mondit Seigneur de Bourbon, pour fçauoir des nouuelles du-
dit Seigneur, lequel l’a incontinent renuoyé par-deçà, pour en compter de
bouche en telle Apeice qu’il eft rout courbe, & ne fe peut ayder de mem.
bre qu’il ait. Incontinenc cefdices nouuelles venuës ont efté faices Pro.
ceflions folemnelles parmy cette Ville, aufquelles affñiftoit Monfieur de Reims
accompagné de cinq ou fix autres Prelats, & a-t-on défendu pour ce iour
toutes œuures manuelles, & foudainement tous ouuroirs fermez, & a-t-on
fait commandement de faire des feux ce dit iour au foir, & vous promets,
Mefleigneurs,que quand vous ferez cy-aprés plus amplement informez de la
grande vaillance que le Roy fit en ladite encreprife, vous direz qu’il à courage
pour porter armes. Mes tres-honorez Seigneurs, s’il eft feruice que ie puiffe
faire pour vous en général ou en particulier, il vous-plaife me le comman-
der, & i’y employeray le cotps & les biens, priant le Benoift fils de Dieu
qu’il vous ait en fa fainte garde, & doinc à cous bonne vié & longue, Eféris à
Moulins je dix-feptiefme iour de luillet. Voftre cres-humble feruiteur & im-
merit
DV ROY CHARLES VIII. 721
merit Greffier, Guillaume de Badouïller. Et à l'adrefle : C4 mes tres -honorez d-
doutz Seigneurs, Meffeigneurs les gens des Comptes d# Rey noffre Sire à Paris. Et
enfuite: apporté de 20. Iuillet 1495.
Tiré de l'original.
. AGE 193. Le iour enfuiuant fut créé Chancelier de France Monfeur
Briçornet Archeuefque de Reims. |
Il s’appelloit Robert Briçonnet, & il eftoit frere du Cardinal de Saint
Malo. Ses Prouifons font du 30. Aouft 149 5. & non pas du 31. Voyez
page 638 . |
Prouifions de l'Office de Chancelier de France, en faueur de
Robert Briçonnet Archeuefque de Reims.
AROLVS Dei gratia Francorum, Sicilia @° Ierufalem Rex : Vninerffs prefentes
litteras infpeiturs , falutem. Nos modica Regibus gloria, regnifque firmitas
accedit, @ jecurites, ff ad fummos honores, magiffratus © dignirates viri affuman-:
sur, qui bons artibus imbuti, clari corruféant virtutibus , quique publics in mu-
+ neribus din verfati, probitatis ; induffrie CG fidelitatés [he experimentum dederint :
binc enim buiuf[modi perfonss condignum laboribus fuis fruifum percipientibus, ma-
1 gis ac magis laudabiliter férviendi defiderinm additur , G* exemplo propofito, ce-
: terorum ingenis Reipublice fuffinendis oncribus fortius attenduntur. Notum igitur
facimus quod nos attendentes Inrifpradentiam, preclaros mores, integritatem , dili-
gentiamque G* finceritatem dileifi ac fidelis Confiliarii noffri Roberti Archicpis
: {copi, & Ducis Remenfis, primé Paris Francis , negotiorum infuper C iudicio=
D Re,
1495.
A Tuviÿ là
30. Aouft
z # 9 ÿ.
rum experientiam, q#am in nofira Parlamenti Curia tempore inclyte recordationts -
Eo cariffimi Domini G* Genitoré noffri, cujus anima in pace quiefcat, deinde noffro,
. Confiliarius prireum , poffes Inqueflarum Préfidens , necnon ali in loci Reipu-
| blice noffre non parum proficiens, longo uw comparavit, externafque € longinquas
- legationes quas libenter fujcepit, 6° honcrifice executus eff: quibus ex caufis 1taliam
£ petituri, non immerito moti fuimus cidem figilé noffri,in ab{entis magni , ordinati
Eh cuffodiam committere , ac ut in magno confilio noffro prefideret officium delegare;
; ubi maxima cum vigilantia , omnique lande € admiratione eff verfatus , aliaque
quamplurima quibus gratus nobis admodum G* commendabilis effetfus eff, eundem
: Robertum Archicpiftopum GC Ducem Remenfem , de Principum fançuinis noffri Pro-
: cerum , Confiliariorum , aliorumque qui lateribus noffrés fidi affiffant confilio elez
gimus , creavimus , fecimus , ordinavimus, retinnimus, ac retinemws noftrum,
ipfufque Regni noftri Franciæ Canccllarium & Confiliarium {pecialem,
cui Officio à morte preffantiffimi quondam wiri Guillelmi de Rochefort, dum wi-
were Militis, Domini de Pluueaux, vltimi ein[dem poffeforés minime fuerat proni-
ci Remenfi plenam potelatem > authoritatrm © mandatum fbeciale agendi, ordi-
. nandi, @ exercendi omnia @ fingula que ad Officium Cancellarii Francis’ huiuf-
: modi fpeifant quomodolibet C* incumbunt; volenteque quod ipfe Robertus huiuf*
modi Officio Cancellarii perfruatur Gr gaudeat plene, integre. C* patifice ad honares,
prerogativas , preeminentias , vadiæ, jura, proficua, penfiones , ac alia emolumenté
’ confueta, & que ditfus defunifus de Rochefort , dums viueret, percipiebat, modo cr
forma quibufcumque. Quocirca cariffimo fratri G* confanguineo noftro Borbonii
fams , dantes , G* tenore praféntium concedentes prefato Roberto Archiepifcopo & Du:
Aruernie Duci locum tenenti noffro Generali mandamus, st ab eodem Roberto Can- :
cellario moffro folitum recipiat juramentum. Quo fatfo, dileifis Gr fidelibus nostris
gentibus Parlamentum noffrum tenentibus, omnibufque aliis Iufficiaris , Offiaris,
fabditifque noffré cuisfiumque authoritass , flatus , dignitatis aut conditions exif-
tant , per cafdem prafentes etiam mandamus, quatcnus eidem Roberte fanquam Can-
cellario Francie pareatit , © diligenter intendant; mandantes infaper gentibus Cam
YYyy
712 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1 4 9 $. mere Compatorum n0firorwm Ge Thefanrariis noffris, st dite vad?a, falaris, pen-
fiones, ce omnia alia inrs ad dictum Offciuns pertinentia prefato Roberto Cancela-
rio noïtro, aut eius certo mandato per Audicentiarinm Cancelarie noffre Francie,
qui pro tempore crit ; tradi Gr perfalui faciant , modo Cr terminis confuctis , que
féc folusa in computis dicfi Audientiarii refentes, ant earum vidimus fub figillo Re-
géo confeium feel sum qsittancia faffiienté reportando , allocari, @ de cius rece-
pts deduci fine aliqua contradictione velumus G* inbemus, ordinationibus feu man-
“datis ad hoc contrariis nonobffantibus quibufcumque. In cuiss rei tefimonium nof
trum preféntibus litteris duximus apponi Jigillun. Datum Fhasrini die penultims
menfis Auguffi anno Domini 1495. Regnorum vero noSfrorum Francis XI11. C
Sicile primo. Sic fignatum, Per Regem, Domino Cardinali Maclouienfi, Prin-
cipe Araufionum, Archicpiftopo Ebredimenfi, Domino de Le Tremoïlle G de Chabe-
nois , Rigaldo Dorcille milite magni hofbitii, @ aliis prefentibes, Dubois. Pref-
sitit iuramentum [olit#ns in manibus Domini Ducis Borbonie locum tevcntis gene-
ralis ad hoc per Regem commifi, G* per cum ad officium Cancellarii Francis rece-
ptus G° admiffus, bac die quarts menfis Septemb. anno 1495. Robertet. Lecfa
regifirata Parifius in Parlamento fidecima die Martii anne 1 49 5. de Cerizay. Si-
militer lecfa, publicata C regiffrats in Camera Computorum Domini noffré Regis
Parifius die x x 1. Martis anno quo fupra, Le Blanc. |
AGE 180. Le 2. Oë&tobre trefpaffa François de Bourbon, Comte de
Vendofme. |
Il auoit efpoufé Marie de Luxembourg, Princefle d’vne grande piété,
de laquelle il eut plufieurs enfans, entre lefquels Charles fon aifné Duc
de Vendofme fuc pere d'Henry d’Albret Roy de Nauarre, & Ayeul du
Roy Henry IV. |
P AGE r#5.: Au fuiet de la publication de la Paix auec les Venitiens &s
le Duc de Milan. d | .
Cette Paix fe ft par deux Traitez féparez, ce qui fe iuftifie par le TFrai-
. té conclu auec le Duc de Milan, qui ne comprend que luy feul, & qui
ne parle prefque point des Veniciens. Il y a encore ces deux obferuations
à faire, qu'il eft marqué le 9. Oétobre , au lieu que le Traité original ef
du 10. & que Philippes de Commines & Raoul de Lannoy, qui font
nommez comme Ambafladeurs du Roy, font obmis dans l'Hiftoire. De
Commines dic que les Venitiens refuferenc cette Paix.
Traité entre le Roy Charles VIII. & Loys Marie Sforce
Duc de Milan.
C'eft le Traité @ appointement de Paix, vnion és bonne amitié faite,
| concluë, paffée 9° accordée le 10. iour d'Octobre 1 4 9 5. entre le tres-
Dre de si. Chreffien Roy de France, de Sicile *, é° de Ierufalem, d'une part, é7* Loys
rujalnn. (Marie Sforce Ducde Milan, d'autre, felon les Articles qui s’enfninenr.
1e. Oésbre R&MIEREMENT, Que le Chafteau & Chaffeler de Gennes fera mis en
1493. neutralité entre les mains du Duc de Ferrare, & que ledit Duc & Mef-
fire Awguflin Adorne, lean Adorne fon frere , 8 Jean Loys de Fiefque , &
parcillement les Anciens au nom de la Cité iureront que le Duc de Milan
obferuera & gardera l'obligation du Fief de Gennes enuers le Roy Tres-
Chreftien, tant à armer qu’à defarmer audit lieu de Gennes , & pareille-
ment en toutes autres grandes chofes éfquelles il eft obligé par l’obligation
dudit Fief ; & où ledit Duc n’obferueroit les chofes deflufdices , ledic
DV ROY CHARLES VIII. 723
Duc de Ferrare mettra ledit Chaftelet és mains dudit Roy Tres-Chreftien; 1 4 95.
& les deffufdits Gubernateurs Meflire Iean Adorne,& Meflire Iean Louys,
& les Anciens d’icelle Cité fe mettront en la totale obcdience dudit Roy
Tres-Chreftien. -
2. Item, Et au cas que ledit Duc de Ferrare allaft de vie à trefpas, ce
que Dieu ne veuïlle, celuy qui fera efleu par ledit Roy Tres-Chreftien, &
que ledit Duc de Milan agrécra, deura faire pareil & femblable iurement; &
parcillement le Lieutenant dudit Duc de Ferrare, & tous les foldats qui
{eront mis audit Chaftelet par ledit Duc de Ferrare feront pareil & fem-
. iurement , & tiendra ledit Chaftelet en neutralité comme deflus
cft dit. .
3. Item, Et RENE Chatel & Chaftelet demeurera deux ans feulement
entre les mains dudit Duc de Ferrare en la neutralité deflufdice, & en tant
que couche les iuremens dudit Gouuerneur & Anciens durera pour dixans;
mais aprés lefdits deux ans pañlez , ledit Duc de Ferrare fera tenu de re-
mettre ledit Chaftelet entre les mains dudit Duc; & aprés dix ans pañlez,
lefdits Gouuerneurs & Anciens, Meflire Iean Adorne, & Meflire Iean Loys
feront quittes dudit ferment, demeurans néanmoins en leur force & vi-
gueur l'obligation de Ficf, au moyen defquelles ledit Duc eft obligé en-
uers le Roy à l’occafñon dudit Fief de Gennes & de Sauonne, & fans que
à l’occafon de ces Prefentes ledit Roy Tres-Chreftien & Duc de Milan
fe départent de la nature & fubftance dudit Fief. | |
4. item , Et promettra le Roy que auec les Nauires, Galeres & armes
qu’il fera à Gennes , il ne fera aucune chofe contre ledit Duc de Mi-
lan, ni le prefenc eftac & gouuernement dudit Gennes direétement ou in-
direétement, & que en armant à Gennes, il prendra les Nauires des amis
du gouuernement & cftat d’aprefent, & non d’autres, pourueu qu'ils luy
baillent lefdits Nauires à prix raifonnable, qu’ils ne baillent Nauires aux
ennemis du Roy, &. que les Patrons & Mariniers des Nauires que le Roy
prendra, foient tenus de faire ferment que loyaument ils feruiront le Roy.
s. Item, Que ledit Duc ne baillera ayde ni fecours aux Roys Alphonfe
& Ferrand, ni à leurs fuccefleurs, ni à aucun autre qui pretendift droit au
Royaume de Naples direétement ni indirectement; & s'ils auoient aucunes
gens par mer ou parterre, ou Nauires à l'encontre dudit Roy Tres-Chref-
tien, il les fera retourner. | |
6. 1tem, Que ledit Duc de Milan fera crier que nul de fes fuiers ne
voife contre le Roy en fon Royaume de Naples; & f aucun faic le con-
traire , il fera puni en mt & en biens. | | |
7. Item, Que le Duc de Milan reftituera à Meflire. racques de Tenlrio*, * al, Trou.
tous fes biens, meubles & immeubles , de quelque qualité ou condition ‘°°* cr
qu'ils foient, & qu’il puifle aller & recourner par toutes Les Scigneuries du #42,"
Duc, & que ledit Duc l'ait en grace ainf qu’il l’auoit auparauant.
8. 1tem, Quant à Meflire Francifque Sero, ledit Duc exhortera le Marquis
de Mantouë à ce qu’il veuille Iny pardonner, & le remettre & reftituer en
tous & chafcuns fes biens ; & fi ledit Duc a quelque chofe du fien, il le luy
reftituera. : | —. |
9.1tem , Que pareïllement ledit Duc reftituera à Meflire Jean Reffo, & fes
_enfans ce qu'ils auoient auparauant qu’ils allaffent auec Le Roy; & s’il auoic :
aucune chofe qui luy appartinft, il luy en fera la rdifon. |
10, Item, Que ledit Duc de Milan fera tenu faire relafcher franche-
ment & quittement le fieur de Myolans, & . Effienne de Nefue, fs
ledir de Nefue eft trouué entre les mains de luy ou de fes fuiets, enfem-
L tous & chafcuns leurs biens meubles, ou ce quil plaira au Roy ot-
onnet. _ | | | . |
YYyy i
149 ÿ°
# al. Danne.
marc.
# al. Joan ac.
ques Triunlice.
. 22. Item, Et qua
714 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1r. Jtem, Que ledit Ducreftiruera reaument & de fair neuf Galeres aueé
leurs munitions qui furent rerenuës pat ledit Duc au port de Gennes, où
par les fiens cftant le Roy à Naples. |
12, Item, Que ledit Duc fera tenu de revoquer Meflire Gard 8 Fra-
cafe de Saint Seuerin auec les gens & compagnie qu'il a dans Pize, & au-
tres gens de guerre fes fuiers, & autres qui y font de par luys
13. 18m, Que le Roy fera content que la Ligue faite entre noftre Saine
Pere 4 Pape, les Roys des Romains G° d'Ejpagne ; la Seigneurie de Penife, &
lcdir Duc de Milan, demeure en fa force & vigueur, pourueü qu'il n’y ait
chofe en'icelle Ligue qui foit contre le Roy de France, ni fon Royaume de
Naples, auquel cas ledit Duc de Milan s’en départira.
14. Item, Que le Roy obferuera les conuentions faites entre luy d'vne
part, & le Roy des Romains d'autre, —
15. Jtem, Que fi aucuns des alliez auoient mené guerre au Roy pour fe-
courir ledit Duc de Milan, ou pour diuertir l’armée du Roy qu'il a en ce
Pays, que à l’occafion de ce le Roy ne luy puifle faire guerre, en remet-
tant par eux au premier eftar & deü ce qu'ils auoient innoué contre ledit
Seigneur Roy Tres-Chreftien. |
16. Item, Que le Roy fera tenu de faire rendre la Cité & Chafteau de
Nowarre, fon camp leuc. |
17. Item, Que le Roy leuera la main aux Marchands Genoë G Milen-
nois, & leurs fuits, des marchandifes qu’ils ont au Royaume de’France, &
icelles fera relafcher, & pourront marchander audit Royaume, ainf qu'ils
ont fait au temps pañle. | |
e ledit Duc de Milan ne pourra aucune chofe pourchaffer
18. Item, Que
à l'encontre de la Maïfon de Sauoye ni des Pays & Seigneuries d'icelle, fous
couleur de quelque aide, paffage, ou fecours qu’elle ait baillé au Roy, au
Duc d’Orleans, ni à fes gens. |
19. Item, En cette prefente Paix feront compris les Alliez du Roy,
dont la ceneur s’enfuit : les Roys des Romains, d'Efpagne, le Roy d'Anglerer-
re, les Roys de Hongrie, d'Efcoffe, Portugal, de Dace*, l'Archiduc d'Aufriche,
le Riche Duc de Baniere, le Comte Palatin, & toute la maifon de Bauicre,
& Eleéheurs dy Saint sr le Duc de Saume, le Duc de Ferrare , les Ligues
vieilles @ nouuelles, la Seigneurie de Florence, le Marquis de Montferrar , le
fieur Conftantin Efleu & Gouuerneur ,le Marquis de Saluces , la Seigneurie
& Comté d'4f, la Seigneurie de Siense, la Seigneurie de Luques, le fieur
Préfer, le Cardinal de Gennes, le Cardinal ad Vincula, &c le fieur Ican Iacques
de Treultio*, comme recommandé du Roy pour fa Comté de Nuyflet*,
20. Item, Iouyra le Cardinal 44 Vincula de tous & chafcuns les biens &
Benefices qu'il a en la Seigneurie dudie Duc, & ne donnera ledit Duc
audit fieur Préfer par luy ni par autres aucun empcfchement en fon
Eftat. Ne LL. æ
21. Item, Et procurera ledic Duc de Milan enuers noftre Saint Pere, de
faire reuoquer, cafler & annuller toutes les Cenfures qu'il auoit promulguées
à l’occafion de cette prefente guerre, contre la conquefte faite ou à faire
par le Roy en fon Royaume de Naples’, comme nulles & de nulle valeur
& cffet. |
‘
nt aux Alliez dudit Duc, il les nommera dedans deux
mois. ni . | nn
23: Item, Et fera tenu ledit Duc de Milan de faire rendre tous & chaf-
cuns les biens à ceux de la Comté d’Aft, pris durant la Tréue d'entre le
Roy & ledic Duc. . A D.
2 4. Item, Que lés fieurs :des Ligues: confederéés vieilles & nouuelles
pourront aller & rerourner marchandement & autrement par les .Ferres
. À
DV ROY CHARLES VIII is
hbertez & ptiuis 1 49 $s
& Seigneuries dudit Duc de Milah en telles franchifes ,
leges qu'ils eftoient auparauant cette guerre. . |
25. item, Que pour la feureté des hofés contenuës en ce. prefent Trai-
té, pour le fait de Gennes, ledit Duc baillera pour oftages 4 fils aifné de
Meflire Auguftin Adorne, & pareillement aucans autrés que le Roy vou
dra nommer. Es nn un
26. Item, Que ledit Duc laiffera iouyr le Cardinal de Gennies de tous
&c chafcuns les Benefices qu’il a en fa Seigneurie, se NS
27. Item, Qué pareillement Mefñlire Baprifle de Campefregouxe iouyra de
tous & chafcuns fes biens tant meubles que immeubles, & pourra ledie
Baptifte aller par tout où bon luy femblera, excepté en l'Eftat dudir Düc
de Milan & de Gennes. ARS A e..
28. Item, Et quant à Meflires Alexandre & Michel Rejfes, ledit Duc leur
pardonnera en tant qu’à luy touche; & qu’ils puiflent iouyr de tous & chaf-
cuns leurs biens. RE à :
29. Item, Et retourneront tous ceux qui font hors de la Duché & terrix
toire de Gennes, & qui fe font abfentez pour la guerre prefente, fi bon leur
femble, & ledic Duc fera tenu de leur pardonner, & les remettre en trous
&c chafcuns leurs biens ,. meubles & immeubles.
30. Item, Et pource que le fieur de Monnegue à tenu le party du Roy, ne
lüy fera pourchaflé ni procuré aucun mal, ni fait aucune chofe contre fon
Eftar; & fi aucune chofé eftoic faite, il fera reparé & remis en tous &
‘
. Chafcuns fes biens. :
31. Item, Pardonnera ledic Duc à tous les Nobles & Ciroyens dela Cité
de Nosarre, & aufli à tous ceux du Diocefe & territoire d’icelle, &. auf
de Blandure, de quelque eftat ou condition qu’ils foient, & mefmemenc
à ceux qui ont baillé, conclu & confeillé de bailler icelle Cité de No-
uarre, & que à l’occafion de ce, direétement ou indireétement, par foy ni
par autruy, il ne procedera à la punition ni vengeance ;aucune à l’encon«<
tre des perfonnes ou biens defdits de Nouarre, & pareillement le Roy bail-
lera pardon à tous les fuiets dudit Duc qui ont fair larguerre contre luy..
32. Item, Que lefdits Nobles & Citoyens & chafcun d’eux puiflent ha-
biter perpetuellement ou à terhps a leur bon plaifir, En’ la Seigneurie ou
hors la Seigneurie dudit Duc de Milan, fans qu’on Ies puifle, pour quél:
que caufe que ce foit, contraindre à y demeurer, ni foy pcrfonnellement
prefenter en la Seigneurie dudit Duc ni en fa iurifdiétion ; & neanmoins
qu’ils puiflent prendre les fruits, profits, reuenus & émolumens feodaux
ou allodiaux fans aucuns empefchemens quelfconques, & d’iceux en dif-
pofer, nonobftant quelfconques Contrats, donations ou aliemarions faites
par ledit Duc. | | |
33. Item, Que tous & chafcuns les prifonniers, excepté ceux qui font
mis à rançon, & lefquels ne pourront eftre contraints à'payer plus grande
fomme, feront deliurez. | ne |
34. 1tem, Que ledit Duc de Milan fera tenu de faire pardonner à tous
ceux qui ont donné aide au Duc d’Orleans, & lefquels pourront demeu-
rer en la Seigneurie de Milan où bon leur femblera, & iouyr de leurs biens
tant meubles qué immeubles allodiaux & feodaux. ne
35. Item, Que ledit Duc de Milan fera tenu de rendre les Galeres, Gal-
lions, & autres Nauires & munitions qui furent pris à Rapalo,enfemble l'är-
tillerie qui fut prife audit lieu, ou +
. 36. Item, Que ledit Duc de Milan fera ceriu de rendre tous & chafcuns
les biens, tant feodaux que allodiaux, à tous ceux qui ont ferui le Koÿ
en fon entreprife, & permettra qu’ils en iouiflent sans “7 faifaient au-
yy 1
s—— 716 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1 49 $. parauanr certe guerre; & au regard des biens meubles. il en iouyront ainfi
qu'ils les trouueront. _——
37. Item, Et pareillement le Roy fera tenu de rendre à Tres-Reuerend
le Cardinal de Saint Seucrin, 8 au Comte de Gayaffe, au Gouuerneur de Gen-
nes, Mcflire /ea» Adorne fon frere, & à Meflire Loys de Fiefque, & à quelf-
conques autres füiets dudit Duc qui l'ont füuiui en cette prefente entre-
prife, ous & chafcuns les Benefices & biens feodaux & allodiaux qu’ils re-
noient, tant audit Royaume de Naples que autrement en la iurifdi&ion
du Roy, & permettra qu'ils en iouyflent ainf qu'ils faifoient auparauanc
cette prefente guerre; & quant aux biens meubles, ils en ioûiront ainf
qu'ils les trouueront quant à prefenr. |
38. Item , Et neantmoins donnera pafñlage au Ray par tous fes Pays, &
aux Genfd'armes que le Roy enuoyera en fon Royaume de Naples, pour-
ueü qu'il ne pafle que quatre cens hommes d’armes, & quatre mille hom-
mes de pied à vne fois, en baillant bonne feureté de ne l’offendre en fa
perfonne , Eftat & Seigneurie.
39. 1tem, Que le Roy ne puifle donner aide au Dse d'Orleans, à l'encon-
tre dudit Duc de Milan, ni contre {on Eftat, en entretenant par ledir Duc
de Milan les chofes par luy promifes en ce prefent Traité. |
40. Item, Er pour les frais, mifes & defpens que le Roy a mis en cette
prefente guerre, ledir Duc quittera au Roy ce qui luy peut eftre deu de 1a
fomme de quatre-vingts mille ducars, & rendra les obligations qu’il a de
fes Chambellans & autres qu'il a en déduétion defdits quatre-vingts mille
ducats.
41. Item, Que pärcillement baillera au Duc d'Orleans dedans dix-huir
mois cinquante mille ducats en la maniere qui s'enfuit: c’eft à fçauoir de
fix mois en fix mois, en trois parties, en luy baillant bonne feureté, à la
difcretion du Roy dedans le Royaume de France, à commencer le pre-
mier payement le premier iour d’Auril prochainement venant.
42. Item, Etaidera ledit Duc au Roy de deux gr caraques en cct-
te annéc , & l’année aprés de trois, le tout à fes dépens, équipées &
armées. | |
43. 1tem, Et couchant la Principauté de Tarente, quand le Roy & Icdit
Duc parleront enfemble, fera tant ledit Scigneur que iceluy Duc deura
eftre content. |
44. item, Que ledit Duc ne pourra pretendre aucun droit de fuperiori-
té, fouuerainete, ni autres droits quelconques en la Comté d’Aft, ni en
fes appartenances & dépendances, dont eft le Marquifat de Sienne, ni pa-
scillement aucun droit d'adherence, confederation , proteétion ou ligue
aucc les Suiets, Vaflaux , ou Marquis defdites Terres. |
45. Item, Que toutes & quantes fois que le Roy voudra aller en per-
fonne en la conquefte de fon Royaume de Naples, ledit Duc l’accompz-
gnera en perfonne par mer & par terre, & luy aydera de fes Genfd’armes.
46. Item, Que fi les Venitiens ne vouloient entretenir cette Paix, &
accorder les trais Aracles dedans deux mois, & qu'ils fflent guerre au
Roy en fon Royaume de Naples, en faueur du Roy Ferrand, ou d’autres
qui pretendiflent droit audit Royaume, ou qui leur donnaffent quelque
aide direétement ou indireement à l'encontre du Roy, en ce cas ledic
Duc de Milan fe declarera à l'encontre defdits Venitiens, & fera tenu ai-
der au Roy à défendre ledit Royaume de Naples contre les Venitiens; &
pour les chofes deflufdites, ledir Duc de Milan fera tenu de luy bailler
affage & à fon armée, & luy aider à faire guerre en leurfdites Terres, oui
5 Terres que lefdits Venitiens ciendronc dedans ledit Royaume de Na-
1]
DYv ROY CHARLES VIII PPT
ples , laquelle aide fera de cinq cens hommes d’armes, & de routes autres
chofes qu'il eftoic tenu l’année pañlée. |
Lefdits Traité & appointement faits auec ledit Duc de Milan par les
fieurs de Gië Marefchal de France , philippes de Commines Cheualier, fieur
d'Argenton, Raoul de Lannoy aufli Cheualier | Confeiller & Chambellan
du Roy, Maiftre Jeas de Gannay Prefident en la Cour de Parlement à Pa-
ris, Commis à la garde du Seel, & Rigauls d'oreilles Cheualier | Maiftre
d'Hoftel dudit Seigneur, & Bailly de........,..... Ambafladeurs d’iceluy
Roy tres - Chreftien, les iqur & an deflufdits. Ainf figné , CHARLES,
&C Damort. |
_Lenre du Duc de Bourbon au fuiet du Traité cy- deffus.
RES-CHERS ET BONS AMIS, l'ay receu les Lettres de Monfi-
gneur le Roy, & les articles de la Paix qui a efté faite entre luy & le
Duc de Milan, par quoy il s’en vient par-deçà, & efperc qu’il pourra eftre
à Lyon vers la Touffaints, ainfi qu’il luy a plu me bire fçauoir, Et pour-
ce que ce font toutes bonnes nouuelles, & que ie fuis feur que vous defi-
rez touliours le bien & profperité de mondit Seigneur le Roy, & que en
ferez tres - ioyeux, vous en ay bien voulu aduertir, & vous enuoyer le dou-
ble defdits articles.‘ Et tres-chers & bons amis, Nofître Seigneur vous ait
en fa garde. Efris à Moulins le 18. d'Oëtobre, Le Duc de Beurbom & d’Au-
uergne, Lieutenant General du Roy, Robertet. |
Pris [ur l'original.
P AGE 188. -Le fept Nouembre, le Roy alla coucher à Lyon.
Il y demeura aflez long-temps, & mefme il y fit l'Ereétion du Par-
lement de Bretagne.
Erection du Parlement de Bretagne, . :
HARLES, par la grace de Dieu Roy de France , de Hicrufalem,G* de Si-
cile : À tous ceux qui ces prefentes Lettres verront. Comme puis
nagueres cn mettant & donnant ordre au fait de la Iuftice de noftre
Pays & Duché de Bretagne, & mefmement à l'expedition, decifion, de-
termination des caufes , procez & differends meus & à mouuoir entre les
Suiets de noftredit Pays 8: Duché de Bretagne qui fonc reflortiffans &
commis par appel & autrement aux grands iours qu'on appelle Parlemene
en noftredit Pays & Duché de Bretagne , lefquels n'auoient pu eftre ce.
nus long-temps auoit, tant à l’occafñon des procez & diuifions qui eftoient
encore par cy-deuant en noftre Pays & Duche, qu’à caufe des deceds &
ercfpas de plufieurs Barons, Nobles , & autres Gens dudit Pays, euflions
entre autres chofes, pour le bien , vrilité, & foulagement des Suiets de
noftre Pays, ordonné par grande & meure déliberation du Confeil, de fai-
re tenir lefdits grands iours au Parlement dorefnauant en noftredir Pays
& Duché de Bretagne pour le premier terme le premier Ieudy de Caref-
me durant iufques au Samedy de Pafques enfuiuant , qu’on difoit lan
1493. & de-là en auant de terme en terme, ainfi que l'ordonnerons &
verrons eftre neceflaire pour le bien dudit Pays & Commis, ordonnez,
créez & retenus nos amez & feaux, Meflire Jeam de Gannay, Roland Du-
breil, Martin Rufé, Charles de Hautbois, Iean du Boucher, Iean Callouëét,
Jean Bohier, Oliuier Ferré, Oliuier de Kaërude, Geoffroy de Kaërmagoët,
Guy Arbalefte, Guillaume de Befançon, Charles Guillard, Jacques Daniel,
Nicolas Racine ; Roland Selizon , Roland Gougeon, Alain le Forceftier,
1495.
ALym a.
Nouembre
T495
Ilaeflé depuis
Chancelier de
France , [ass
le Roy Louis
XII. V.p.
719.
1495:
728 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
Amaury de Quenechquiuilly, & Alain de Quinquifo ; c’eft à fçauoir, [e-
dir de Gannay noftre Confeiller, & Premier Prefidenc efdits grands iours
ou Parlement, & ledit Dubreil auffi noftre Confeiller & fecond Prefdent en
iceux grands iours ou Parlement, lefdits Rufé, de Hautbois, du Bou-
chet, Callouët , Bohier , Ferré, de Kaérude, Kaërmagoër, Confcillers
Clercs, & lefdirs l'Arbalefte, de Befançon, Guillard , Daniel, Racine, Se-
lifon, Gougcon, Foreftier, Quenechquiuilly, & de Quinquifo, nos Con-
{eillers lais, pour eftre, tenir & aflifter éfdits grands iours ou Parlement
de Bretagne, qui commencera , comme dit eft, audit premier Ieudy de
Carefme an fufdit, & à nofdits Prefidens & Confeillers donné pouuoir,
auchorité & faculté de connoiftre, iuger & fentencier, decider & deter-
majner de toutes & chacunes les caufes, matieres, procez, debats meus &
à mouuoir entre nofdits Suiets d’iceluy pays, qui eftoient ou feront doref-
nauant interiettées , mifes , reflorties, ou renuoyées par appel, ou aucre-
ment en iceux grands iours ou Parlement, entre quelfconques perfonnes
que ce foit, & pour quelque matiere, caufe ou occafion, & en quelque
maniere que ce foit; & pour figner & expedier les aétes, confignations,
Sentences ou appointemens qui par nofdits Confeillers feront donnez,
euffions aufi fait, créé & retenu noftre cher & bien -amé Oliuier Barault
Greffier d’iceux grands iours ou Parlement; & dauantage pour appeller les
caufes, fignifier aux ‘parties les Requeftes, Exploits , Aëtes & Regiftres,
ainfi qu’il eft requis, pareillement ordonné deux Huiflers; c’eft à fçauoir
noftre cher & bien-amé Bernard Verus premier Huiflier, & Loys Bour-
geois fecond Huiflier : tous lefquels Officiers deflus declarez feront payez
& fallariez de leurs gages & vacations par noftre cher & bien-amé Phi-
lippes Bertaud, qué nous auons à ce commis & ordonné ; fçauoir eft lef-
dits Prefidens ordinairement, & lefdits Confeillers Clercs & Lais pour le
temps de leurs vacations, feulement & femblablement lefdits Greffier &
Huifliers , le tout felon l'Ordonnance qui en feroit par Nous faire audie
Bertaud, en caffant, reuoquant & annullant tous dons, éreétions & re-
cenuës des Confeillers, & autres Officiers d’iceux grands iours , faites à au-
tres qu’à ceux qui font cy- deffus nommez , quelques perfonnes, ny pour
quelque caufe qu’ils fuffenc créez & retenus, fans que autres perfonnes que
les deffufnommez y fuflent ny puflent eftre admis, ny receus en quelque
maniere que ce foit; & que depuis voyant le bien & vtilité qui procedoit,
& cftoit auenu de la renuëé defdits grands iours ou Parlement audit terme,
aux Suiets de noftredit pays, euflions ordonné fuccefliuement iceux grands
jours eftre renus derechcf fuccefliuement és mois de Septembre 1494.
& 1495. enfuiuans, par nofdits Prefidens & Confeillers cy-deflus nom-
mez, ce qui a eftc fair, Ec foic ainfi qu’ayons efté informez que pour le bien
& vtilicé de noftredit Pays & Duché & foulagement de nofdits Suiets
foit befoin faire tenir iceux grands iours vne fois chacun an, à vn terme
nommé & prefix, & que grands frais & mifes fe fcroienc au grand detri-
ment de nofdits Suiets, s’il conuenoit obtenir Lettres de Nous chacun an,
pour faire tenir lefdits grands iours. Syawoir faifons que Nous, ces chofes
confiderées , & que voulons nofdits Suicts eftre entretenus en paix &
vnion, & en leurs procez & differends eftre fait bonne & brieue expedition
de Iuftice , auons ftatué & ordonné, ftatuons & ordonnons que lefdits
grands jours ou Parlement de Bretagne fe tiendront dorefnauant vne fois
_ Chacun an, c’eft à fçauoir depuis le premier iour de Septembre iufques au
huiticfme iour d'Oétobre enfuiuant, par nofdits Prefidens & Confeillers,
& autres Officiers cy- deflufnommez, fans qu’il foit befoin attendre ny
obtenir dorcfnauant autres Lettres de prouifion de Nous pour faire tenir
lefdits grands jours. Et pource qu’auons efté aduertis quo ledit du
| noftre
pv ROY CHARLES VIIL 19 24
noître Confciller eft maladif , tellement qu'aucunefois ne fe trouue, & i 49 fe
fans inconuenient de fa perfonne ne pourroit pour laduenir foy ttanfpor.
ter aufdits grands jours, & par ce demeureroient & pourroient demeurer
nofdits Confeillers en petit nombre pour tenir lefdits grands iours ou
Parlement aux tres-grands grief, preiudice & dommage de nofdits Suiers :
Nous,audie cas, dés-à-prefent, auons fubrogé & fubrogeons par cefdites
Prefentes au lieu dudit Arbalefte , noftre amé & féal Confciller en noîftre
Cour de Parlement à Paris, Maiftre Iean Briçonnet. Si donnons en man-
dement à noître bien -amé & fsal Confeiller & Premier Prefident en nos
grands jours de Bretagne Mere Iean de Gannay, qw’il fafle lire & publier
ces Prefentes és Sencfchaufices & lurifdiétions de noftredic pays de Bre-
tagne : Car tel eft noftre plaifir ; nonobftant quellefconques Lettres à ce
contraires. En tefmoin de ce Nous auons figné ces Prefentes, & fair fcel-
ler de noftre fécl. Domné à Lyon le 27. iour de Nosembre l'an de grace 1495.
& de nos Royaumes de France le treiziefme, de Hierufalem &.de Sicile le
premier. CA4infi figné, CHARLES. Et fur lereply: Parle Roy, Maiftre
Jean de Gannay Confeiller & Prefident en la Cour de Parlement à Paris,
& autres prefens , Dubrais. : Ce
En la Congregation & Aflemblée des Seigneurs des Eftats de ce Pays
& Duché, deuant hauts & puiffans Seigneurs les Comtes de Laual & de
Vitré, Grand-Maiftre d’'Hoftel de France, commis & deleguez du Roy
noftre Sire pour aflifter aufdics Eftats, a efté le mandement dudit Seigneur
declaré par contenu , leu, publié , & à iceluy felon fon contenu & effet
commande obeïr. Fait le dernier iour de May l'an 1496. L
j €
P AGE rpo. Ilfe refolut d'aller conquerir le Royaume de Naples &
_ Sicile, qui à iufte vitre luy appartenoit. | |
Les raifons de ce droit font imprimez cy-deflus pages 476.483. & 675.
Fa E r93. à la fin. Et pour entretenir les Seigneurs & Villes d’Ita-
lie , furent enuoyez ceux qui s’enfuiuent, |
Les difcours que ces Ambaffadeurs firent aux Princes & Villes , vers
lefquels ils furent enuoyez, font imprimez pages 238. & fuiuantes.
AGE r95. Au fuiet d'une Lettre efcrite par le Roy à lArcheuefque
d’Embrun. nu NE |
Elle eft cy-deflus page 716. L
Prife de pofieffion du Comté de Flandres par des Procureurs |
& Deputez de Philippes I. Archiduc d’Auftriche.
N NOMINE SANCTÆ ET INDIVIDVÆ TRINITATIS PATRIS A Gandleab,
ET FiLir ET SP1RITVS SANCTI, Â MEN. Prefénté publici inffru- ri
menti ferie cunctis euidenter pateat G* fit notum, quod anno à Natiuitate ejufe
dem Domini millefimo quadringentefimo nonagefimo quinto, Inditfione decimä
tertiä, more fcribendi in Cnria Romana, die vero Veneris, C° folemnitate beasi
prothomartyris Stephani, Menfis Decembré die vicefimé fexta, Pontificatus San-
CHiffimi in Chriffo Patrié G* Domini Domini Alexandri , Diuinâ Prouidentià Papz
Sexti, anno tertio, in noffra Notariorum [ubftriptorum prafentia ad hoc fhecialiter
vocatorum , © ad omnia fingula atfa acfitata, aifa res C7 faifa infra féripta prous
cadem fatfa, dicfa, geffa, propofita, perfetfa C* adimpleta-funt , aut gwomodoliber
procurata, pro parte élluffrium , magnificorum , prepotentium , generoforum, [Pcéfa-
bilium > circunfpecforum Dominorum Chriftophori Marchionis Badenfis, sere-
niffimi Doméni noffri Maximiliani Romanorum Regis femper ae » G IUuffrif-
Z Z
—— 739 OBSERVATION SVR L'HISTOIRE |
14 9 Se fimi Primcipis noffri Domini Philippi Archiduci Anffris , Burgundis Duc, Cc.
s 7. Nouembre
149%
e
ÿn Dacats Lacemburgis Gr Cermitatu Chinenfi locum-tenentis , Ingelberti Comi-
ris de Naflau @ de Vianne, Domini de Breda, cjxfdem Domini noffri Romano-
rem Regis primi Camerarii, @ corumdem Principum 17 Paris G Comitats Flan-
drie Llocum-tementis, Chriftophori Comitis de Solren, ée. Balduini Biftardi
Burgundiæ , Pauli de Baenft, Domini de Formifela, Prefidenté corumdens
Principurs, Ge in Camera fus Comfilii Flandria, Judoci Kenin , Magifiri re-
| gucfarum ordinarisrum Domus Confilisriorem, G: Magiftri Gcrardi Numan
primi Seereterii asque Audicntiarit cerumdem Principum noffrorurs, ad, pro Iluf-
triffime Principe noffro Domino Philippo Anffrie Archiduce, Pairie, Dimiri €
Comitatus fui Flendris paffe{fiovem , Gin cadem receptionem cum omnibes & fin-
gli folemnitatibus G: ceremontis confuctu vel requifité, petendum, intrandum
_ d rancifienduw, prout de corumdem Dominorum Procuration mandato legitime
conflitit, Precuratorum ad omnia G* fingula preditfa Gr in bac parte fatfs vel fien-
_ da, prepofits vel proponenda notandum, confcribendum, flipulandum, prothocol-
danduns, &° ad perpetwsm rei memoriam , toffimonium @ firmitaiem inffrumen-
tum > in{fruments publica, litterafque asthenticas defuper conficiendum, @ in
publicam atque authenticam formam redigendum, dandum » faciendum, atque tra-
denduns requifitorum , in prinus coram nobis Notariss Jubfcripté oblate funt dicte
Procurationk litters in pargameno /ub figillo corumdems Regis atque Princips in
cers rubra, quarum litterarum tener fequitur de verbe ad verbum, cff forma
talus. |
“Procuration de Maximilian Roy des Romains er de Philippes
<Archiduc d'Afiriche.
AXIMILIAN, par la grace de Dieu Roy des Romains toufours Au-
Marc Hongrie, de Dalmatie, de Croacie ; &c, Et Philippe par la
mefme grace Archiduc d’Auftriche, Duc de Bourgongne, deLothier, de Bra-
banc, de Limbourg, de Luxembourg, de Gueldres, Comte de Flandres,
de Tyrol, d'Artois, de Bourgongne, Palatin de Haynault, de Holande, de
Zeclande, de Namur & de Zutphen, Marquis du Saint Empire, Seigneur
de Frife, de Salins & de Malines: A tous ceux qui ces prefentes Lettres
verront, Sa/s. Comme Nous Philippes foyons venus en âge competent pour
gouucrner & regir nos Pays, Terres & Scigneuries, & y eftre receu par
nos fuiets en leur Seigneur & Prince naturel, fur quoy auons nagueres efté
& fommes encore occupez en aucuns de nofdits Pays, & il foit que obf-
tant les grands & neceflaires affaires que nous Roy auons pour le fait du
Saint Empire ne pouuons faire long feiour par-deçà, & que neantmoins de.
firons ladite reception eftre acheuce auant noftre partement, n’eft bonne-
ment loifible à nous Philippe de nous trouuer par tout perfonnellement, &
. mefmement en noftre Pays & Comtéde Flandres, à l’occafion dequoy nous
foit befoin d’y enuoyer & commettre aucuns de noftre fang & autres notables
perfonnages, & à nous feables, pour receuoir noftredic Pays, & y eftrereceus
au nom de nous. Srawoir faifans, que pour la bonne connoiffance que auons
des perfonnes de noftre tres-cher & tres-amc coufin Chriftophle Marquis de
Baden noftre Lieutenant en nos Duché de Luxembourg & Comté de Chi-
gny, nos amez & feaux Englebert Comte de Naflau & de Vianne, Sei-
gneur de Breda, premier Chambellan de nous Roy, & noftre Lieutenant
en noftredit Pays de Flandres, Meflire Baudouin Baftard de Bourgongne
auffi nos coufins, Maiftre Thomas de Plane Prefident de noftre grand
Confeil, Paul de Baenft Prefident de noftre Chambre & Confeil en Flan-
dres, Richard Vrenhouëé, Ioffe Kenin Maiïftre des Requefte ordinaire
de noftre Hoftel , tous nos Confeillers, & Maiftre Gerard Numan noftre
DV ROY CHARLES VIII. 731
premier Secretaire & Audiancier, & de leurs fens, vertus & prudences, 1 4 9 [E
iceux, pour ces caufes & autres à ce nous mouuans, confans à plein de
leurs leautez , preudhommies & bonnes diligences , auons prefentement
commis ,ordonnez & eftablis, commettons, ordonnons & eftabliffons par
ces Prefentes nos Procureurs Généraux, & certains Meflagers fpeciaux, en
leur donnant, ou à la plufpart d’eux, fi tous comparoir n’y pouuoient, plein
pouuoir, autorité & mandement fpecial & irréuocable d’aller, & eux tran-
porter en noftredit Pays & Comte de Flandres par tout où meftier fera, &
illec au nom de nous Philippe appeller ceux qui feront à appeller, deman-
der la reception dudit Pays, receuoir icelle, enfemble noftre Ville de
Gand, & en prendre la pleine & entiere pofleffion & iouyflance, de faire
au nom de nous, & prendre de ceux de noftredit Pays & Ville de Gand
les fermens à ce requis & neceflaires , de promettre à ceux qu'il appartien-
dra par leurs Lettres & féellez, fi meftier eft, de eux en bailler nos Lectres
& fecllez, de rappeller tous bannis d’iceux noftredit Pays & Ville de Gand,
& au nom de nous Philippes leur baïller graces & remiflions telles qu’il ap-
partiendra, & generalement de faire par iceux nos Commis, ou la plufpart
d'eux en ce que dit eft & dépendances, tout autant que nous-mefmes fe-
rions & faire pourrions fi prefent en noftre perfonne y eftions, ia fuft que
la chofe requift mandement plus fpecial, promettans en bonne foy & en
parole de Roy & Prince tout ce que au nom de nous Philippe par nofdits
Procureurs ou la plufpart d’eux fera fait, promis & befogné en cette par-
tie, auoir & tenir pour ferme, ftable & agréable à roufours, fans faire ou
aller au contraire en aucune maniere. Si donnons en mandement à tous nos
Jufticiers, Officiers , manans & habitans de noftre Pays de Flandres &
Ville de Gand & autres nos fuiets quelfconques, & à chacun d’eux en-
droit foy, fi comme à luy appartiendra, que à nofdits Commis & Procu-
reurs, en faifant ce que dit eft, ils obéiflent & afliftene comme à nous-
mefmes. Car noftre plaifir eft tel. En tefmoin de ce nous auons fair mettre
noftre féel à ces Prefentes. Donné en noftre Ville de Tenremonde le dix-
feptiéme iour de Nouembre, l’an de Grace mil quatre cens quatre-vingts
quinze, & des Regnes de nous Roy, à fçauoir d’iceluy des Romains le
neuuicfme, & defdits de Hongrie, &c. le cinquiefme. Ain figné fur le
reply. Parle Roy, Martens. |
Er AD efecfualiter onss fibi inivnétum GC: commiffum prout decuit peragen-
dum G* perficiendum, tidem illuffres, magnifici, generoff G* prepotentes Domiri,
atque fheéfabiles viri, tanquam Commiffarii cu Procuratores Jfupradicti, die date.
prefentium ad exccutionem [am Commiffionem praftriptis deducere volentes, circi.
ter horam oéfavam anteprandialem Oppidum Gandenfc 44 quod occafione pre-
dicta declinaucrant € venerant per portam cin[dem Oppidi dilfam de Hueuer-
poorte exierunt, @ fe ab codem Oppido ad aligualem diffantiam clongaucrunt
proxime quemdam locum nbi in platea Cr ffrata publica qua À ace art verf#s Op=
pida Al enardenfe € Curtracenfe ftuata, @ pofita ff Crux Lapidea vulga-
riter dits Ten Sereyboem. ,9wo in loco accefferunt ad cofdem Dominos Commi[-
farios G Procuratores diverfi proféripti G banniti per Legiflatores Oppidorum Gan-
denfis G aliorum Flandrie humiliter gratiam Principé poflulantes, G ut pro iu-
cunda Patrie atque Oppidi receptienc per dicfos Dominos Commiffarios @ Procu-
ratores, vice G nomine IUwffriffimi Principis noffri Domini Philippi Archiducis, rc.
Comitis Flandris fienda , nonobflante profcriptione €* banno, redire atque reverti
poffent ad habitandum G* converfandum intra ditfam Patriam Flandrie Oppidum
Gandenfe, aliaque Oppida in quibus exbanniti erant, petentes defüper fecum dif-
penfari de gratia CG aucforitate Principis noffri fpeciali, dantes banniti C proféri-
pti prefati in manibus cerii Secretaris ad hoc per cofdem Dominos ordinati litieras,
ZZZzz il
732 OBSERVATION SVR L'HISTOIRE
149 $, titulos, aëta, caufas fiue occafiones fua bannitionis atque profériptionis predicre.
Clergé de La
Et cum bac per prafatos Commiffarios atque Procuratores agerentur, fieperuer crunt
ôn codem loco nobiles atque fpeifabiles viri @ Domini Karolus de Ghiftclla G:
Leonius de Maffenien primus Scabinus affociati magno G competenti numero
Scabinorum vtriufque Banchi ville Gandenfis, qui nominc Legiflatorum fine Scabiro-
yum , Decanorum , Officiariorum, ac totins Communitatis atque populi ciufdcm ville
Gandenfis per organum Magifiri Ægidii Vanderbcken ciufdem Oppidi Penfionaris
@ Aduocati cofdem Dominos Commiffarios € Procuratores [alutaucrunt, eo[dem op-
time veniffe dixerunt, Gr cuns gratulatione magna recollegerunt, C* receperunt gra- :
tias,in primis Aliffimo Deo pro magnitudini [ua clementis atque largifiua gratis
qua ci toti Patrie generofiffimwm, iluftriffimum atque excellentiffimum Principem Cr
Dominum ex Sereniffimorum, C° inaiciffimorum, C posentiffimorum Imperatorum,
Regum Principum @* clariffima ffirpe atque Domo largiri, concedere, C* conferuare
dignatus eff, cum omni bumilitatec fupplicatione agentes referentes, exponentes
deinde quod licet adsentus cisfdem slluffriffimi Principé noffri G* Domini Domini
Philippi Archiducis Gr Comitis Flandri.e in propris [ès perfona, ff ad id ceffantibus
Jaës occupationibus G° neceffitatibus perseniri potuiffet, eildem Scabinis, Decanis,ofi-
ciariis , populo, G* toti Communitati Oppidi Gardenfis fuiffet gratiffimus atque su-
cundiffimus : nibilominus paratiffinsi erant ad ciufdem Principes voluntati arque
mandaté obedientiam G* obféquentiam , co[demque Dominos Commiffarios G Pro-
curatores vice, C* nomine ci nfaem Iluffriffimi Principé noffri, ipfum Ilaffrif-
fimum Principem per cofdem Commiffarios * Procuratores in diéfo Oppido Gar-
denfi CG Comitatw Flandrie cum omnibus Gr finçguli reucrentia, obedientia G care-
moniis neccffariis, aut quomodolibet confuctis intronifandum G° recipiendum, cum
inffantia petentes fe C* Oppidum Gandenfe predicfum apud Sereniffimam Regiam
Maicflatem C° iluffrifimum Principem babere G* fieri commendatos , G god idem
Iluffriffimus Princeps, quamprimum commode poffet, dignaretur Oppidum fuums
Gandenfe vifitarc : quibus Scabins, Decanis G Officiariis predicfis cum praefati
Domins Commiff[arii G* Precwratores per organum Magiffri Pauli de Bacnfl mnius
ex ipfis refpondiffent, petitioncm buiufmodi fe libenter effe faéfuros, habito etiam
Per organum cinfdens Magiffri Pauli verbo ad bannitos Cr profériptos preditfos, ve
Cum magna pars ipforum nondum adueniffet ad vfque aliorum aduentum pro die
currents patientiam haberent, ut finguli titulos, atfs, cau[as Cr occafiones banni
in manibus corumdem Dominorum Commiffarierum fine Procuratorum deferrent,
Juper quë re cadem die,vel [altem fequenti ordinario, per ipfos de fuper facienda
cifdem bannitis intimaretur, G* fic itum cff ex loco pradicfo verfus Oppidum Gan-
denfe, preccdentibus Scabinis , Balliue, G° Legiflatoribus tanquam conducentibus G:
Jubfequentibus Ilaffribus G magnificis Dominis Commiffriis C Procuratoribus
prediéfis. Et cum persenirent idem Domini Commiffarii Procwratores ad por-
tam Oppidi Gandenfis vocatam de Pedercelle-Poorte, multi ex bannitis © pro
Sériptis predictis precurreruns C* illic congregati magno cum clamore G* inflantif-
fimis precibus atque obfécrationibus gratiam [écum fieri poflulauerunt Gr rogaueruns,
quibus per cofdem Dominos introitus Oppidi eff permiffus, € cum cifdem vice €
nomine cisfdens Iluffriffimi Principis noffri gratis facfa eff, [wb conditione tamen
Cr ordinatione fuper ipforum faëto, vifis titulis eorumdem, fflatuendis, faciendis
atque ordinandis. Procedentes vero iidem illuffres GC magnifici Domini Commif[i-
ris G* Procuratores, introcuntes portam candem —. pradicii, in primis proxime
candem portam babuerunt obuium Clerum Oppidi Gandenlis proceffionaliser @
] d ns Q NL . + ! a vd n 4
ile de Gand. Jolemniter cum vexillis, fignis fanéfe Crucis, G reliquiis in cappis fericeis cum om-
- #ibus honoribus G* reverentiis atque cerimoniis cifdem Dominis Commiffariis G*
Procuratoribus vice G nomine IUuffriffimi Principis noffri Comitis Flandrie bu-
militer, alacriter C* cum gaudio occurrentem, atque cofdem latiffime recipientem, ubi
Reucrendus in Chriflo Pater G Dominus Dominus Raphael Dei gratis Epifcopus
Rofenfs, Abbas Monafterii fanéti Bauonis juxfa Gandauwm ,cum Priore Cr
DV ROY CHARLES VIII. 733
Conuentu ciufdem Monafieris atque Clero prediéfo cam omni humilitate in habit
Juo pontificali exiflens, benigniffime atque bumaniffime [epedictos iluffres G ma-
gnificos Dominos Commiffarios © Procuratores falutauit, G* mentis gaudium, Le-
titiam atque affcirum iluffri, prepotenti € gencrofiffimo Domino Marchioni Badenfi
G Magiffro Paulo de Bacnff ex equis fuis defilientibus, afiffentibus aliis Dominis
G° Procuratoribus pradidtis, cum oblato ofénlo Dominice Crucis, vice G nomine
Illuffrifimi Domini Principé noffri Domini Philippi Archiducis Comitis Flan-
drie, expofuit, patefecit, © referauit; afcendentibus vero rurfum proprios equos
Domino Marchionc G Magiffro Paulo qui ex equis deféenderant, omnes infimul
procefférunt, G* proxime eandem portam loco fatis contiguo Clero & proceffioni pre-
dictis inuencrunt reliquam partem Scabinorum atque Legiflatorum ; ambos maiores
Decanos, aliofque Decanos iuratos, Officiarios G Secretarios fingulorum artificio-
rum totius Oppidi Gandenfis in veffibus atque togis corumdem folemnibus atque
confuctis ,adSfante illic magna populi multitudine, iluffres, magnificos atque fheifa-
biles Dominos Commif[arios atque Procuratores preditfos expeétantes © preffolan-
tes ac cum omni honore, alacritate G° laetitia cofdem vice C nomine praefcripti
Principis © Domini noffri Comiti Flandrie recipientes, G procefferunt via illa
reifs idem Domini Conshiffarit, [wbféquentibus Clero proceffionaliter, Scabinis,
a » Decanis, Iuratis C Populo predicfis, vfque ad locum qui dicitur Ten-
priete, ex quo loco valefaifione faëfa ad Clerum, fepediéti Domini Commiffarii
1495:
G* Procuratores Nôbilium atque Officiariorum /émper comitat multitudine, Noblefe ds la
precedentibus ctiam femper C° à principio tribus Heraldis vno atque medio induto V‘"*-
snfigniis armorum dr Principis noflri per plateam afcendentibus, acceffe-
runs ad Monafferium Sandi Petri in Monte Blandinio. Er antequam peruenirent
ad Portam meridionalem © maiorem ciu[dem Monafferii, occurrit eifdem Domins
Commiffariis G* Procuratoribus Reucrendus in Chriffo Pater @ Dominus Dominus
Joannes Abbas ciw/dem Monafferii in habitw pontificali cum baculo paftorali
atque mitra, affociatus fibi Priore fuo atque Conuentu, proceffionaliter in Cappis pre-
tiofis bons affimationis incedentibus. Quo peruento dicfi Domini Commiffarii
G° Procuratores ex equis fuis defilsentes, coram ligno Dominice Crucis @ aliis mul.
tis atque pretiofis Reliquiis que ad cundem locum per prefatos Dominum Abbatem
G* Religiofos Monafferii praditfi Ordinis Santti Bencdicéi deferebantur [uper quo-
dam tapete * G* puluinaribus illic pofitis, primo Dominus Marchio Badenfis, Do- * T+bk.
minus Comes de Naffaw, atque omnes alii C7 finguli preféripti Commiffarii @ Pro-
curatores flexerunt genua fha,quos humaniter falutauit Abbas, atque vice G no-
mince illuffrifimi Domini noffri Principis G Comitis Flandrie prefati recepit, aqua
benedicfa afperfit, thurificauit, fancti Euançelii ofiulum dedir, &: dinde Viuificæ
Crucis Dominice ôfculum fimiliter exhibuit, dicens bec verba : Hoc eft verum li-
gnum fan&iflimxæ Crucis. Qibus peraitis, ditfus Reerendus in Chriflo Pater
Dominus Abbas atque Prior Monaflerii cis[dem, precedente proceffione, Refponfrium,
Honor, vittus, decantante, in Monafferiuns Sanüfi Petri prefcriptos Dominos Com-
miflarios G° Procuratores introduxerunt gradientes, C per ianuam meridionalem
äntrocuntes, C per ambitum ante locum Capitularem incedentes, Ecclefiam ipfans
atque chorum eiu[äcm Ecclefie Sancti Petri intrauerunt, precedente [emper Heralde
armis induto cinfdems Principis noffri cum duobus aliis predictis, @ collocati füns,
Gr loca fua acceperunt Domini Commiffarii atque Procuratores predicfi in primis
formis G fedibus Chori ad vtramque partem proximioribus maiori altari ffratis,
veffibus fericeis decenter perornatis, ffantibus Heraldis in medio Chori ante eof:
dem cum maxims [olemnitatce, ceremoniis, atque deuotione incæpta eff decantari,
per Dominum Abbatem preditfum celebrari Miffa folemnis C* votins pro Iluffri[-
fimi Principis noffri Domini Philippi Archiducis Auffrie, G Comitis Flandris
profberitate, felicitate © falute de Spirit fantto. Perucnio autem ad Oféertorium
ciufdem Miffæ, Primo Dominus Marchio Badenfis, confequenter Dominus Comes
de Nafan, Dominus Comes de Solren, Dominm ne "ui sus
ZZ i}
734 OBSERVATION SVR L'HISTOIRE
149 $. CG alii Domini Commiflarii C Procuratores praditfi precedentibus Heraldis G:
Heraldo infigniis armorum induto oblationem deferente, acceferunt ad ofertoriwms,
deofculantes patenam, Cr obtulerunt ibidem nomine cinfdem noffri IUnffrifimi Prin.
cipis pannum aurcum CX 4WT0 fino COMICXINM ; qui repofitus fuit in aliari, G pro-
cedente Domino Abbate in fanifo obfequio © féruitio Miffe data benediéfiore,cete.
rifque ceremoniis confuctis Jolemniter peraéis, Mif finita , accefflermnt omnes Ce
nçuli Domini Commiffarii@" Procuratores pre[cripti ad maius altare in quo Mif/a
celcbrata eff, G: illic ante illud genua [ua flefentes, proffrato ctiam genus fle-
éente Reucrendo Patre C Domino Abbate prefato circunffantibus Conuents de
Rcligiofis predittis, Domino de Meruwede fépremo Baliwo Flandrie, fapremo
Balino Gandenfi, Domino de Denterghem, Domino Balliuo Curtacenff, Domino
de Moca, ce aliis diverfis nobilibus, offciariis Deputatifque Patrie praditfe, idem
Dominus Abbas bumiliter leçit atque orauit fuper co[dem Dominos tanquam Com-
miflarios Procuratores predilfos pro Iluffrifimo Principe @ Domino noffro Co-
mise Flandrie preces , verfus, colletfas, obfécrationes, benediéfionem G orationes
Jequentes. Saluum fac feruum tuum: Deus meus fperantem in te, Mitte ci
Domine auxilium de Sanéto: Et de Sion tuere eum. Efto ei Domine tur-
ris fortitudinis : A facie inimici. Dominus vobifcum: Et cum fpiritu tuo.
OREMvSs. Deus Pater æternx gloriæ fit adiutor & proteëtor Philippi Ar-
chiducis Auftriæ, Ducis Burgundiæ, Comitis Flandriæ, cuius vos eftis Pro-
curatores ,& Omnipotens benedicat ei, preces fuas in cundis exaudiat, &
vitam eus longitudine dierum adimpleat, Dominum fuum fideliter firmer,
& Gentem Populumque eius in æternum conferuet, & fuper eum fandi.
ficatio Chrifti florcat, & præmium æternæ beatitudinis ei-conferat. Qui vi-
uit & regnat in fæcula fæculorum. AMEN. Quibus cum omni bumilitate at-
que deuotione peroratis @ perlecfis,idem Dominus Abbas accinxit iluffrem G: ma-
Srifcum Dominum Marchionem Badenfem,vnum è Procuratoribus @ procuratorio
nomine , @° vice IUufPri [fini Principus noffri predicti, gladio cum omni honore
reuerentia dicens bec verba fequentia : Accingatur gladio fuo fuper femur fuum
potentiflime , & attendat quia Sanéti non in gladio, fed per fidem vicerunt
tégna. Et deinde in codem loco ante maius altare, Gr: in genuflexione permanentes
Prefati Domini Commiffarii C* Procuratores, apponentes omnes C finguli corum-
dem manus fias dextras ad Textum facri Euangelii, vice G nomine Principé
noffri predicti, préffiterunt atque corporaliter exhibucrunt folitum G confuctum
suramentum Ecclefie fanéfi Petri G Monafferio predictis [ub idiomate Gallico, & bac
verborum forma fubfèquenti. |
NoOvs comme Procureurs de Monfï Philippe Archiduc d’Auftriche,
Duc de Bourgongne, &c. Comte de Flandres, & pour luy iurons de garder
comme bon & loyal Gardien , bien & loyalement contre tous & vers tous,
tous les Priuileges, libertez, franchifes, ufages , couftumes, biens, poffef-
fions, perfonnes, fuiets & familiers de-cette Eglife de Saint Pierre au Mont
Blandin fondée de nos Prédecefleurs Roys de France. Ainfi veuille Dieu
ayder Monff Philippe Archiduc d’Auftriche, Comte de F landres, les Saints
dont les corps repofent ceans, & tous les Saints de Paradis. AMEN.
QYo FACTO, fépediéti Domini Commifferii G Procuratores receferunt,
C° exierunt Chorum dicée Ecclefe, conducentibus G° concomitantibus eofdems Re-
serendo Domino Abbate G Priore pradicfs , © habits aliquali diféeptatione C re-
cufatione inter eofdem , ne Dominss Abbas Progrederetur cum cifdens, ad inffanti[-
Jimas preces ciufdem Domini Abbarx Jimul progreffi funt , & introierunt in Do-
um Abbatialem ciufdem Monafferii ; quo in _ snucnerunt ientaculum para-
tum , atque ibidem ientati funt, G cum omni bumanitate Gr bilaritate per cum-
dem Dominum Abbatem recepti G tracfati, dr pOfF paruam moram in loco Gien
DV ROY CHARLES VIIL. 73 ——
saculo pradicfis faëfam , equos [uos denuo afiendendos prefati Domini Domini 1.4 9 S.
Commifarit G* Procuratores, preccdentibus fémper Heraldis predictis, femper per
plateam qua vocatur Nows Platea, reifo itinere defcendentes uerfus Oppidum , G
Ecclefiam Sani Loannis Gendenfis , in cuius platez loco , bi dicuntur cife limites
ville , five dominii Ecclefie Sandi Petri preditfe, cum dominio Oppiai Gandenfis
ad utramque partems platee ffabant ordinati, Grexpeitantes inferior Baliuus, Scabi-.
ni, fie Legiflatores cum fus Secretariis G° Officiaris, amwbo maiores Decani, afque
omnes G* finguli Decani Iurati G Officiarii Oppidi fepeditfi in cifdem fus vefii-
bus prout ffcterant ad portam predicfam expeitantès G* praeffolantes aducntum
prefcriptorum Deminorum Commif[ariorum GC Procuraterum , ex Monaflerio fape-
diéto Sancti Petri ad deducendum, concomitandum , Gr cum omni reucrentis €
honore affociandum cofdem sd Ecclefiam predidfam Sancti Ioannis , quo in loca
Princeps Patrie Comes Flandris inramentum Terre, Patrie, Comitatus, Dominia
Ge populo fo Flandrie preflare confücuit, expeifante aïque congregats in cañcm
Ecclefia aigue plates circumquaque magna popali muliitudine. Et cum perueniffent
side Domini Commiflarii @ Procuratores ad Ecclefiam praditfam in medio ciuf-
dem Ecclefie ante gradus Chori, aftenderunt locums quemdam eminentiorem fub
Campanili ad hoc preparatwm CG pannis ornatum, ubi circumflantibus, videnti-
bus, audientibus| G adffantibus Deputatis quatuor membrorums Patrie Flandrie,
atque Oppidorum G° Villarum territorii Gandenfis , O* aliorum locorum , adffanti-
bus etiam circumquaque pradicfis Scabinis ; Decanis, Offiaris luratis eiufdem
Oppids Gandenfis, atque diuerfis Nobilibus, G plebis magna multitudine, depor-
tato illic ad hoc Textu [anti Euangelii, G: Signo atque Ligno Saniie Cruirs,
préféripti Domini Commiffarii G* Procuratores numero Jéptèm , fupremo Ballino
predicto adflante , C° virgam Balliuatus deferente , genua fus fleëtente per oan-
nem Van melle, Clericum in Caufis fanguinis Gr criminalibus, prout confuetum
ef, adiurati vice, Gnomine IUwfriffimi Principis noffri Domini Philippé Archidu-
cis Comitis Flandrie,G* procuratorio nomine cin[dem, iuramentum praffiterunt, en
juraucrant folemniter [4b modo, forma G* verbis fequeniibus.
No v s Procureurs de noftre redouté Seigneur Philippe Archiduc d'Auf- serment fais
triche, Duc de Bourgongne, Comte de Flandre, iurons en fon nom de dé- aux Eflars de .
fendre, & faire défendre le droit appartenant à la Sainte Eglife; de main-
tenir , & faire maintenir le pays de Flandre, en paix, en droit & en loy; Gand sn nom
de conferuer, & faire canferuer les priuileges , franchifes, couftumes, ufa- de l'Archiduc
es & droits de la Ville de Gand, fuiuant le Traité dernierement fait à Ca- sr Li
Éne deuant l'Eclufe, & conformément audit Traité, de garder, & faire
sarder le droit du pauure & du riche, comme un legitime Scigneur &c
Comte de Flandre doit faire cout le temps qu’il le fera. Ainfi nous aide Dieu
t
& tous fes Saints. | |
ET DEINDE prafati Dermini Commiffarii G* Procuratores, poff buin/madi in-
yamenti pro Principe nafiro; Ge in auimam cinfdem preflationcrm , cordam campa-
na cinfdem Ecclefie ferice vel fluéto insolutam ,omnes Cr firguli traxerunt, ©
campanam pulfancrunt, caterafque alias ceremonias fecerunt per Deminos Princs-
pes de Comites Flandrie in corumdem receptione C* introni[atione fieri confuetas.
Et poff bac prefaii Damini Commiffarii G* Procwraiores deféendentes, G* Ecclefiam
preditiam exeuntes, progreff fant ad magnum forum ciufdem Oppidi, quod vacant
forum dici Vencris ad damwns huisfnodi aëtibus G* conuentionibus popali frequen-
tatam atque confuetam,diééam Toochuys , qguam aféendentes, prefentibus magna
parte Scabinorum cm cis, G° atroque Balliuo in folario fæperiori, religua parte eo-
rumdem Scabinorums cum Decanis maioribus ac omnibus C* fingulis Decanis Iura-
tis G Officiariis, atque magna multisudine popali ciu[dem Oppids infcrine ; G antt
domum pradiétam exiffentibus , Gin foro pradito congregaiis i quibus ; indicto
—— 736 OBSERVATION SVR L'HISTOIRE
1495-
filentio per organum prefati Magiffri Ægidi prediéti Oppidi Gandenfis Penfio:
narii & Aduocati, fuit propofitum , G* omnibus © fingulis fignificatum qualiter
#luffres , magnifici G* prepotentes Domini preftripti ibidem prafentes in fencffris
dite domus iacentes C exiflentes, tanquam Commiflarii G Procuratores vice @
somine IUuffriffimi Domini C* Principis noffri naturalis Domini Philippi Archidu.
cis Anffrie, Comitis Flandrie, G* pro codem poffe[fionem Patrie, Comitatus © Do-
minis Flandrie Jimul G Oppidi, quantum ad fe [peéfaret, Gandenfis, acceperans
furamentum, prout folitum cf CG confuetum, pro codem Principe G Domino noffre
preffiterant , ceteraque omnia alis C* fingula in paffeffionem , receptionem € intro
nifationem Principis ên ditta patria C* Comitatu per Principes fieri [olita @ con-
Jets realiter G* cum cffetfw perfecerant G: adimpleuerant. Quare admopebantur
omnes © finçuli fupraditii , quatenus ci[dem confideratis iuxta antiquanÿ confue-
sudinem defuper obfermatam , ot boni, fideles , atque legales fubditi , atque fubieiti
cidems Principi C Domino noffro Domiro Philippo Archiduci Comiti Flandrie de-
bite Jubicitionis, fidelitatis atque legalitatis iwramentum praflarent; G: facto ali-
qwali interuallo, inditfo denuo filentio per prefatum Ioannem in caufis fenguinis
CG criminalibus ciu[dem Oppidi Clericum , adiurari pradicfi Scabini, Legiflatcrum
Officiarii, Decani, Iurati, populus, @* tota communitas predicfa , C* locorum quilibct
ad hoc mans extenfs C cleuata Iluffriffimo Domino Philippo Archiduci Auffrie,
C°c. Comiti Flandris Principi noffro debitum atque [olitum fubiectienis, obedientis
C* fidelitatis iuramentum cxhibuerunt, de praffiterunt fab verbis, modo atque for-
ma fequentibns |
Le Sermeni Nov: iurons à noftre legitime Seigneur Philippe Archiduc d’Auftri.
des Peuples à Che, Duc de Bourgongne , & Comte de Flandres , de luy eftre bons &
leur Prince.
fidelles , de maintenir, & faire maintenir les limites du pays de Flandres, &
de faire tout ce que de bons Suiets doiuent faire à leur legitime Scigneur.
Ainf nous aide Dieu, & tous fes Saints.
Qvo 1VRAMENTO preflito, © facto , populo Gandenff plandente, in bu-
és rei teflimonium , memoriam, gaudinm € exultationem, pecunis eorumdem Do-
inorum Commiffariorum G* Procuratorum precepto GC mandato per vnum ex Hc-
raldis preditfis extra fencjfras ad popslum fparfe funt, atque proictte. Et déin-
ceps Dominns Karolus de Ghiftella fépremus Balliuus, G ohannes de Poreel-
berghe inferior Balliuus ciufdem Oppidi Gandenfis virgas Juas Ballinatus qua
virage mans tencbat,illuffrious ,magnificis © fpetfabilibus Dominis Commiflariis
atque Procuratoribus humillime, reucrendiffime in obedientie debite verfus perfo-
sam Principé preflationem obtulerunt, qui Domini @ Commiffarii ca[dem virças
ad manss recipientes cam omni maiffate in fignum recepte G* acceptate fubiectionis
GC obedientis vice & nomine Principis noffri predicfi reddiderunt, Cr cifdem Bal-
dinis reffitucrunt. Et tandem congregatis G conuocatis eiufdem Oppidi Gandenfis,
Saliem maiore & Janiore parte Scabinis @* Legiflatoribus prafati Domini Commif
_ Sarii @ Procuratores vice G* nomine Principis G* Domini noffri Comitis fapedicfi,
diéfos Scabinos bene humaniterque admonendo, co[dem , fab codem iuramento quod
prius défuper preffiterant ad Scabinatum officis [ua flatus atque adminiffrationes
autforifancrunt, confirmaucrunt, approbauerunt G* continsaucrunt, G* eo peratfo
finguli «b codem loco ad ropria iucrunt atque recefferunt, hoc ordine, modo, for-
ma, Verbis, pari fé folemnitatibus atque cerimoniis, G* quemadmodum
ex 1HF6Sro Domino Principe © Comite Flandrie perfonaliter comparente, © folem-
nitatem [ua receptionis, ixramenti atque intronifationis in poffefionem © admi-
niffrationem patris , dominii C Comitatus fui Flandrie, necnon Oppidi principa-
dis C* primi Gandenfis cinfdem in perfona agente, ut communiter G ab omnibus
affirmabatur € famabatur, ac etiam in libris regiffris predicfi Monaflerii, fine
Ecclefie Sancti Petri notatum Gr conféripturm reperichatur, per illuffres, magnifros
Œ Pcitabt-
A
DV ROY CHARLES VIII. 737
@ fetfabiles Dominos Commiffarios G* Procuratores procuratorio nomine, vt in 1 49 fe
? rfona agente receptionem, folemnitatem, ceremoniam Cr introni[ationem pradictas
gro Iluftriffimo Principe G Domino n ffro Domino Philippo Archiduce Auffrie Du-
ce Burgundis, Comite Flandris, Ge vt premittitur, afum, fatfum , geflum , di-
um , propofithm fuit, C* alias procuratum de € fuper quibus omnibus C* fingulis
pramiffis ad buiufmodi omnium G fingulorum perpctuam memoriam, teffimonium,
atteflationemque prefcripti iluffres, magnifici, prepotentes €* fpefabiles Domini
Commiffaris G* Prosuratores petierunt C7 cum inffantia requifincrunt fibi fieri,con-
ici, CG in publicam atque autenticam formam redigi atque tradi per nos Notarios
Jubfiripto pre inffrumentum, fine publica infirumenta, vnum ‘vel plura. AËta
fuerunt. bec partim extra Oppidum , partim in Oppido Gandenfi in Monafit-
rio C Düminio Ecchefie Sancti Petri iuxta Gandauuwm, in Ecclefia Sancti 1oan-
nis , in foro Gandenfi, locis, plateis, G° vicis fupraféripsis , anno, indicfione, men-
fe, die € Pontificats quibus fupra , preféntibus vencrabilibus viris Domins d
Magiffris loanne de Fine, Presbytero Curato alterius portionis ditfe Ecclefie,
Sancti loannis Gandenfis , 6 Leonio de Paën Ceerico coniugato , Secretario Mo-
naflerii Franchinicnfis, Notariis publicis teffibus prafentibus ad hoc vocatis G ro-
afts.
: Ego Cornelins Voet, Presbyter Ecclefie Collegiate Santa Pharaildis Gandenfis,
Tornacenfis Diæcefis Decanus C Canonicus, facris Apoflolica CG Imperiali auétori-
fatibus Notarins pablicus C° iuratus , quia praftriptis requifitioni, procuration , ex-
bibitioni, ex Oppido clongationi , falurationi, propofitioni , bannitorum remiffioni,
sntroitiont, conduchoni , reception , Miffaram celebrationi, benedicfioni , orationi,
enfis cinctioni, iwramentorum preffationt, exbibitioni , reflitutioni , auttori[ationi,
continuationi, caterifque pramif]is dum , vt [pra féribuntur , agerentur, dicerentur,
G° fierens una cum Venerabili viro Magiffro Huberto de Crytfche Notario fabftripta
ac teffibus prefcriptis prafèns interfui, caque omnia Cr fingula fic fieri vidi G au-
dini. Idcirco preféntes Litteras, féu pe pablicum Inffrumentum füb forma codi-
cis per nos defuper faitum , G° in hanc publicam formam redattum , vna cum fi-
gillo offcii noftri Decanatus in viridi corda appofitione [nb numero fex folio=
rum confcriptorwm , primo titulum continenti, C vliimo remanenti albo non com-
putato, figno meo © mans propria fignaui, cadem mans fubfribens , in fidem,
robur © teffimonium Poser 44 omniwm C fingulorum, vocatus pariter C ro-
gatus. CORNELIVS Voezr. |
Et ego Hubertus de Crytfhe, Presbyter Ecclefie Collegiata Santfe Pharaildis
Gandenfis,Tornacenfis Diæcefis Canonicus, facris Apoflolica Œ Imperiali autforita-
tibus Notarius publicus GC iuratus, quis premiflis C7 fingulis dum , vt füpra féri-
buntur, agerentur, dicerentur Cr fierent, una cum venerabili viro Domino Decano
Eccleffe predicfæ Notario Cr seflibus prefripru, prefens interfui, eademque omnis
fingula fic fieri vidi, féiui, G audiui. Idcirco, prefentes Litteras, fine prefens pu-
blicum Inffrumentum, fub forms codicis per nos defuper faifum, @ in banc publi-
cam formam redalfum , una cum Jigil Offrii Decanatus ciufdem Domini Decani
CG mci figneti per modums contrafigilli in viridi corda appenfione [ub numero [ex
foliorum confcripterum » primo titulum continenti, © vltimo remanenti albo non
compatato, figno @ nomine mew folitis fignaui, manuque propria fubféripfs in fi-
us. H, CRYTSCHE. |
Tiré de l'Original eflant en la Chambre des Comptes à Lille.
dem , robur GC teflimonium premifforum omnium, requifitus, C [pecialiter roger
P AGE 208. Cependant ledit Seigneur pourfuiuoit la deliurance de fa
Vicomté de Thouars.
Cette Terre luy eftoit venué par Louïs Seigneur d’Amboife fon ayeul
maternel, fur lequel elle auoit cfté faifie fous le Regne de Louis XI. Ce
Roy en auoit ordonné la reftitution dés l’année 1683. cependant il n'en eut
A AAaa
1
1495.
A Boulogne
le 34. May
1497.
L'année ne
73 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
la deliurance que fous le Regne de Chatles VIII. & aprés auoir gagné
la bataille de Sainc Aubin du Cormier. É
N la mefme page. Au fuiet des Eftats de Tours.
E Il y 4 plufieurs pieces concernant ces Eftats, imprimées cy - deflus
pages 399. & fuiuantes,
AGE 2r8. Au fuict de l’ufurpation du Gouuernement de l'Eftat de
Milan. | | |
Ce fut Ludouic, furnommé le More, qui s’en empara , ainfi que de la tu-
celle de Iean Galleas Sforce fon neucu auquel il appartenoit Jegitimement,
& qu’il ne laiffa pas d’en eftre dépouïllé. Pour s'y conferuer , Ludouic
perfuada au Roy la conquefte de Naples, & en 1498. il prit de l'Em-
pereur Maximilian I. l'inueftiture de ce Duché. Le Roy Louis XII. le
pric fur luy en la mefme année, & le contraignit de fe retirer à Infpruck,
dans le Duché de Tirol: mais il trouua moyen d'y rentrer à laide des
Suiffes; ce qui ne dura gueres , car il fut par eux liuré au Roy, & mené à
Lyon, puis à Loches, où il mourut, aprés y auoir demeuré dix années. 11
efloit éloquent & induftrieux : mais iamais Prince n’a efté fouillé de plus
de crimes. Il commit celuy de parricide en la perfonne de fon neueu le
Duc de Milan, & fa vie n’a efté qu'un tiflu de lafchetez, d’infidelitez, & de
paflions turbulentes, qui luy ont fait meriter à iufte titre le malheureux fur-
nom de Perfide, Son frere le Cardinal Afcagne voulant fe fauuer aprés fa
mt les Venitiens l’arrefterent, & l’enuoyerent au Roy Louis XII. qui
uy fit paffer la meilleure partie de fes iours en la groffe tour de Bourges.
AGE 222. Hifjano Regi Rufilio cem Parpiniaco refftuitur.
Ce fur en vertu du Traité de Barcelonne imprimé cy-deflus
page 663.
AGE 228, CMiffi ad Maximilianum Legati, à quo inueffituram Ducats
ingenti pecania mercarentur. ‘
L’inuefticure du Duché de Milan en faueur de Ludouic, eft imprimée
patmy les preuues de Philippes de Commines, page $or. On l’obmeticy,
quoy-qu’clle foit promife , parce qu’elle cft longue, & qu'elle fe crouue
ailleurs.
P AGE 279. Au fuiet de Maiïftre Iean Rabot Confeiller au Parle.
ment de Grenoble.
Voyez cy-deflus page 717. une Requefte, dans laquelle il expofe fes fer
uices, & qui eft remplie de plufeurs circonftances aflez remarquables.
Traité de Paix , ©o°.de commerce entre Charks VIII. Roy de
France, x Henry VII. Roy d'Angleterre.
Enricvs Dei gratia Rex Angliæ & Franciæ,& Dominus Hiber-
niæ : Wniuerfis preféntes Litteres infpecturis, Salutem. Cum pro fédandss ,
pacificandis, atque penitus extingsendis quaffionibus , controuerfiis ac litibus inter
commençait #offros ac Cariffimi @ Dileéfiffimi fratré € confanguinei nofri Caroli Franco-
S à P4F rum Regis Subdites motis ac mouendis ratione Gr: ob caufam damnorwm , iniuris-
rwm , Sholiationum , nauium, captionum, depredationum © gransminum vtrin-
que datorum , C faitorum, per se ad precauendas , amputandas , reftindendafque
in futurum materias G occafiones fimilium inisrisrum , damnorum CG fPoliatio-
Dur, qhadam dicta, feu conuentio Bolonie tenends inter nos G Dominum fratrens
DV ROY CHARLES VIII 739
C confanguincum noffrum flatuta fuiffes, cumque banc ob caufam nuper delega-
siffemus C commififfemus dileifos @ fidéles Confiliarios noffros Robertum Midel-
ton, Legwm, G Thomam Routhale, Decretorum Doéfores, @: loannem Dur-
beruille Militem , Oratores € Armbafliatores noffros, cum mandatis ad bac per-
agenda neceffariis : qui guides noffri Oratores prenominati bunc ip/um ob fincem Bo-
loniam pradicfam profeiti, consenientes cum Oratoribus prafati confanguinci nofiri.
Francorum Regis ab co fimile mandatum habentibus, vififque perfbectis per vtrof
que Docfores fimul plurimis libelis fapplicatoriis binc inde porreëti | materie-
que coram cis propofite muliiplicitaten éntuentes, quam in quatuor partes conffi-
fucrunt, demandatum fibi munws tam füper preteritis quam futuris negotiis its
Jent communiter execusi , vt ex Articulis Jubfériptis Patere poseff, quorum ténorem
bis duximus incorporasdum. |
1. Ïn primis, Prefati Oratores fupplicationum corams cis porreitarum maltipli-
citatem intyentes, cas in quataor genera diffribucrant.
2. Primum de his fuit féper quibus coram aliis ludicibus eras in caufs concls…
Jum lite ita inflituta , vs nibil prater féntentis calculum defiderare viderentur ;
has Jiquidem Oratores, quantum in ipfis fuerat, definierunt , ac in ea parte fuo off
cio fungentes terminancrunt.
3. Secundum genss querelarum fait de fholistionibus, demnis @- intereffe
Japer quibus lis nondum mots cff coram aliquibus Iudicibus : JSubefl tamen acts
materis, ac lis mowcnda fheratur, quas, quoniam in prefénti dicfi Oratores, vt-
pote cawfarum meritis non liquidatis terminare non poffunt, «quum vifum eff per
Principes debere deputari ludices in ciuitatibus ant oppidis vtrinfque Regni, lo-
corum , terrarkm © dominiorum corumdem Portibus propioribus , aus in locis ma.
ritimis damnificatis commodioribus , in quibus tamen fholiatores , Pyrate , G°
turba Naualis non dominentur ; qui guidem ludices lites coram eis monendas tam
Jüper querclis jam natis G* coram ditfis Oratoribus propofitis, quam faper quibsf=
cumgue cliam jam natis Coran ditlis ludicibus proponendes infra certums compe-
fentem terminum pro casfarwm C* negotiorum qualitate breuem, annale tempus
aullo modo excedentem , finali fententis decidere Précipiantur, tam füper damnis
C Spoliationibus quam intereffe partium ; quorum ludicum decreta, inffis @+ fên-
Fentia tam interlocutoris quam deffimitine incontinenti G* indilate per ditforum
Principum Offciarios, G ff opus fuerit mans militari executioni demandabantur,
omni penitus appellationis remedio [ublato, quantum ad querclas iem ortas , ut pra-
miflum cf dumtaxat, sut ff id Principibus videatur, prafati Indices Pasis fratha+
tum infequendo, ab cisfdem pacis conféruatoribus conffituantur. Licebis tamen par-
ti condemnate, à tali fententis ad fapremum Confilium Principis, per viam Sfuppli-
cationis pro reformatione granaminis per cam pratenfe, resurrere , vbi inffa fex
menfes, aut alis infra breuiffimum tempus fécundum quod commode fieri pôterit fi-
mali fenseniis caufs buinfmodi sermêgabuntur, prediéfs tamen féntentis interim
cantionc praflits per partem qua obtinebit fécandum formam iuris cxecafioni deman-
dabitur. |
4. Et quia dffcile, aus prope impoffibile erit fpoliatorum perfônes apprehendire,
aut domicilia corumdem cognoféere, fätis erit cos citari, fine adiornari in portibus
ant oppidis fuo Principi fubieitis , loco vbi damnum ilatum eff propieribus per pro-
clamma generale, praconis vost, perfonante tuba, G affixione querele, auf aliter
Secundum modum C° formam public edicfi in vtrogme Kegno, losis, terris , G Dos
miniss cifdem Principibus fhbditis @ fubicétis fieri foliti G confücti: que guidem
praconifatio geminats, compctenti intéruallo non minus quindecim dierum , vins
peremptionis habebis; tenebunturque Indices locorum, damnificatis poffulantibus,ilam
facere fieri idonee, G dare facere praconi/ationis certificationem , que erit per om-
nia paris autheritatis, roboris Cr cffeitus , ac [5 reus faper hoc perfonaliter ci-
* datus fuiffet.
se Tercium wero gemws precwm erat de iis fuper quibus per appellatio-
aa i)
1497:
740 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1497.16 in Curiis Jupremis pendent , de quibus idem legati cenfucrunt principes ( VAE
men ipfis îta videbitur ) flatuere debere certum ctiam breuem terminum , femeffre
tempus non excedentem, énfra quem dira lites, fi in illis fit in caufa conclufume,
dirimantur, G* finali fententis partibus inSfantibus terminentur. Quod fi in illis fie
minime conclufsm, ordinabuntur duo veltres Jupremarum Curiarum Confiliarii, qui
pertes audiant, lites difcutiant, Gr inffrui faciant, donec in caufa fit conclufum, cui
rei ctiam certus terminus, videlicet femeffre tempus , flatuatur , C cxinde intra
alios féx menfes per Iudices fupremarum Curiarum finali marte terminentur: quod
fi faitum non erit , extunc caufe ile ad Confilis diéforum Principum esocabun-
sur, illic modo CG tempore Jupradictis terminande.
6. Quartum genss fupplicationum fuit fuper fholiationibus , damnis, ininriis
G° interefle, de quibus lites pendent coram Iudicibus inferioribus ques damnificati
conqueruntur in fouwm diSbendium fupra modum prolatas, defferantes etiam vlluns
vhquam finem imponi propter appellationum alierum incidentium muliiplicita-
tes: vifum itaque cff eifdem legatis Principes [ua authoritate debere illas euocare, Cr
ad Indices in locis maritimis conflitsendos, fi tamen hoc afores defideraserint, cum
proceffibss remittere, qui proccdcre babeant, forms CG modo jupradicfis; precipia-
turque dicfis Iudicibus infcrioribus [ub pœns marcarum argenti fifto Regio appli-
candarum , quod proccffus coram eis habitos G* faitos ad partium requifitionem in-
continenti tranfmittant ad dicfos Indices in locis maritimis deputandos, nec fe quo-
uis modo in ea parte difficiles reddant, G* nibilominus ff forte in bis caufis 1u-
dices ipff poffea procefférint, corum inualidus Gr irritus fit proceffus.
7. Et quia opus eff vtrisfque Principis fubditos alteri preces C* libellos fappis-
catorios porrigere, vt inde reféripta principalia obtincant : vifum effpro commodi-
tate fabditorum in vtriufque Regis Confilio certos Confiliarios deputari , ad quos
virinfque Regis fubditi fciant fe in promptu aditum babere pole » C* 4 quibus folis-
citatores de bencplacito Principis poflint certiores reddi. |
8. Item, Qwoniam damnificati conqueruntur in alierius Principis Regno, lo-
cs, terris, C dominiis fe parum tutos , dum ius fuum proféquuntur , curabunt
legati quod litigatoribus authoritate Regia per ipfos Indices in portubus fine locis
Maritimis deputandos plena detur fécuritas.
9. Et quia déserfe porretfe funt querele fuper fpoliis € depredationibus in ter-
ga contra amicitiam . pacem antehac perpetratis © commiffis , prouideatur gsod
ipfi Indices pereque C* pari modo cognofcere determinare valcant de cifdem [poliss,
fout cognofcere féntentiare poffent de [poliis antehac in mari commis.
10, Et vt in pofterum Lafrociniis Piraticis obuietur, ac [incera pax , firma,
inuiolataque amicitia inter cofdem Principes , corumque fübditos iugiter perfeuerct,
cautum profpetfumque eff per vtriufque Principis Oratores pro futuris vt ftquitur.
11. În primis, Qwandocumaque aliqua nauïs indigena cxitura ef} ab aliguo porte
Regnorwm Francis fiuc Angle terrarum , loggrum aut dominiorum cifdem fubdi-
torum , Admiraldus , Viceadmiraldus , feu eorum vicefterentes talis portes, oppidi ,
ville , aut cisitatis vnde exitura ef}, capient idoncam cautionem à domini, capita-
pers, exercitoribss , prefeitis, magiffris, feu burfariis nauis huiufmodi ad valorem
nauës apparatus, C* victualinm ciufdem quod exercitor , magifler , marinarii C*
nant, ac omnes in ca nai cxiflentes fermabunt pacem erga quofcumque [ubditos
alterinus principis, C* nullam eifdem iniuriam © damnum [és violentiam in terra,
mari, aquifue duliibus, aut in ports aliguo factent , inferent, aut inferri procu=
yabunt. |
12. Præterea prefetfi", magifiri, exercitores, CG cateri preeminentiam in nai
babentes non füfiipient aliquos vecfores, nautas , aut viros militares, nifi pris
iUos fifferint GC: cxhibuerint coram Amiraldo , Viceadmiraldo , aut corum vices
Jeu offcia gerentibus, qui illorum nomina in publico regiffro fuper eo confciende
féribi facient,
13. Êt antequam saw buiufmodi portum egredi permittatur, omnes ibi cxif°
Dv ROY CHARLES VIII : E7
tentes, C qui profecturi in ea font, iurabunt [olemniter coram dicfo Domino Admi: X
raldo ; Viceadmiraldo, aut eorum vicefgeremibus, quod fe in expeditione illa in quans
proftéturi funt, nauigando, eundo, ffando , aut redeundo, nullum damnum , vim,
éniuriam facicnt, inferent, aut inferri procurabunt alterius Regis fubditis, terrs,
sut dominiis , fie per ferram, mare, ant aquas dulces.
14. Simili gwoque iuramento folemniter preflando promittent quod de qualibes
Prada, captwra, manubiis fiuc fholiis adducent duos aut tres viros in capta naui
pracipuum locum obtinentes, vt Magiffrum , Submagiffrum, Patronum , aut huiuf°
modi conditionis, quos Admiraldo, Viccadmiralde ; aut corum officiariis exhibebunt,
ot per cofdem , aus corum alicrum debite examinentur, vbi, fuper quibus, G* qua-
diter naurs, fine bone capta fint, nec facient, aut fieri permittent aliquas predarum,
Holiorum,mercium , aut bonoruns per cos capiendorum diuifiones, partitiones , tradi-
tiones , permutationes , alienationefüc prisfjuam fe viros captos, bons C° merces
integre Dominis Admiraldo, Viceadmiraldo , sut eorum vicefgerentibus reprefen-
tauerint, qui de illis difponi , ff «quum putabunt, permittent, alias nihil buiufmo-
di permiffuri. | |
15. Îtem, Zurabunt quod poflquam reuerfi fucrint, Jiue appulerint aliquem portum
dicti Regni vude cxicrint cum fui nauibus, apparatibus Gr fpoliis, fi qua capturi
fint,incontinenti C* indilate iidem reddent certiores Admiraldum, Viceadmiraldum,
fé corum Offuiarios illius portus à quo cgreffi fant, de eorum preda, (polis, mercibus,
GC bons, fine quorum vel alterius eorum Offciariorum decreto C° permilione non
permitientur aliquid ex mercibus transferre , permutare, vendere, vel alsenare.
16. Ad quæ implenda ç> integre obferuanda dicfus Capitancus, Magiffer, Sub-
magifier, Burfarii, focis, @ alii preeminentiam in naui habentes je AT 0 Jatif-
dabunt, G* fideiubebunt per corpors C* bons, vnus pro aliis omnibus qui vna pro:
fecfuri in naui funt. Eu |
_ 17. De quibus fcuritatibus cautionibus confici facient publicum inffrumen-
tum , quod Admiraldo, Viceadmiraldo, aut corum Offiariis tradent , ac fimile 4b
éis capient, vt quocumque delati fuerint , inde abire libere permittantur.
18. Item, Tenchuntur dicti Capitanei, Magiffri, Submagiffri, exerciteres, f6-
cii, burfaris, G* alii preeminentiam in naui habentes tradere cautioncm idoneam
de bis inuiolabiliter obféruandis , rvfque ad eflimationcm nauis ; apparatus, GC
victualinm , alias, C niff omnis premiffa impleantur, non permittetur illa nasis
abire. | …_…
19. Infuper Ediéfo publico interdicetur Jub pœnis incarcerationis corporam Cr
confifations bonoruwm , mercatoribus , aut aliss cuiufiumque flatus , conditionifue
exiflant, ne emant, dono, permutationc, aut alio quouw titulo [ex colore accipiant,
celeñt, occultent , teneant, receptent, ant huiufmodi fieri procurent, «ut permittant
merces aut bons depradata quecumque abduits mari, antequam Amiraldus, Vice-
admiraldus , aut corum vicefgerentes declaraucrint predam C° capturam iufles , infii
C* legitimi lucri elfe. Du |
20. Item, Prefati Admiraldus, Viceadmiraldus ; G* eorum vicefgerentes te-
neantur infra quadraginta dies, 4 die requifitionis fibi fatfe per partem damnifica-
tam, computandos, exequi preditfam obligationem, pofiquam de huiufmodi fpolio fibi
conffiterit contra Dominum poffefforem , magiffrum , cxercitorem , [eu commiffarinm
naaë , C° corum fideiuffores qui tale damnum intulerint. . |
21. Quod fi compertum fit predam ab alterius Regis fubditis , terris ; Regnis,
fine Domiriis abdutfam C° ablatam , caufa fammarie fine flrepits C* figure iudicis,
difcutietur indilate,bona capta © intereffe reffitui fpoliatis iubebuntur,atque fenten-
tia qua per Admiraldum , Viceadmiraldum , feu corum vicefgerentes , tam contra
Capitaneos illos, Magiftros, focios Jiue burfarios, C* alios preeminentiam in nani
babentes ferctur, quinctiam contra fideiuffores iuxta tenorem obligationuns in ca
. parte praffitarum , © per Admiraldum , Viceadmiraldum , vel corum Officiarios re-
ceptarum incontinenti per cofdem lndices, fine corum alserum demandabitur exec=
| A A A aa ii
497:
1497.
744 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
tioni: © fs ab interlecutorits dicforum ludicum partes appellare contigerit, nibilo:
minus füper principale vfque ad fentenliam deffinitiwem inclufine, sppellationsbss
ils nonobffantibss , proceaere poterunt. Sed fi fententia faper bonorum reflitutione
fes principal feratur, slla executioni demandabitur : traitatum pacis infeqwendo,
ap cllationibus ctiam quibufiumque non obffantibus ÿ poterit samen Jupplicari ad
Conjilia Principum modo Jupradiito ; féilices cautionc praeffita ab €a parte contra
quam fapplicabitur de bon captis reffisuendis in euentum contrarie féntentix, cd
à parte fupplicante de expenfis, damnis, G intereffe , fi in caufa fhccumbant. In
quibss quidem Confiliis ficut fapra cantum eff, caufa infra fx menés, aut aliud
breuiffimum tempus serminabitur.
22, Item, gvod Iudicibus füpremarum Curisrums pracipiatur , ne inbibeant,
aut alio quonis modo fé intromitians in his caufis Maritimis , ctiaml ad cos
appelletur per alteram partium de diitis Iudicibus inferioribus vel Maritims.
* 23. Item, prouideatur per Lifteres regias ad Admiraldum, Viceadmiraldum, de
eorum viceferentes taliter , quod ipfi omnia © fingula premiffa obféruent, G: ob-
féruari facient, pablicabunturque Juper bis Principum décrets in portubus locis
Maritimis vtriufque Regni.
24. Et ne res diutius in difjendinm fabditorum pendear, «quum vifom ff
vt pradicri Principes expedire faciant Litteras [has Patentes, quas reddendas cu—
rabunt, videlicet Chriffianiffimus Francorum rex Bolonie, Iluffriffimus vero rex
Anglie Caleffe, prima Olfobris , quibus [6 omnia C* fingula prefiripte, capitulate,
rata, C° grata habere fignificabunt vua cum nominibus ludicum Cr defignationi-
bus lecorum confituendorum. |
25. Quod fi Articulos pratatfos in totum aut partém confirmare voluerint, cer-
tiores [6 inuicem infra olfauam Septembris proxime infequentis propriis litteris
G° nuntiis efficient. Ata bac fuerunr Boloniæ per diéforum Principam Legatos.
In cuius rei teflimorium figna C nomina fübfcripférant C appofucrunt die 24.
Maij anno Domini 1 #97. Sic Signatum, FF, de Crequi, I. Baffard de Cardo-
ne, G. de Sandousille, N. de Sonis, Robertus Midelton , Thomys Routhale, 1oan=
nes Turberuille Miles.
HincC £sT QyOD nos accurate vifs Cr diligenter ponderatis diffs articu-
lis , illorwmque tenore attento, diiorum Oratorum diligentiam , fidem fimul C7 pre-
dentiam comprobantes, capientes fammopere cuigue quod fium eff reddi, C° fécu-
ritatem omnibus bominibus, maxime autem noffré @ dicfi fratris G* confangui-
nei noffr Francorum regis fubditis preffari , his Cr aliis caufis ad hoc nos iufte
moucntibus, babita fuper hoc Confilii matura deliberationc, Articulos fapcrius in-
corporatos ac omnia GC" fingula in cis, C* quolibes ipforum contents, decifà, els,
prouifs, G° déliberara, ratos © gratos, rataque G* grata habentes, de noffra féien-
tia , plens potentis, G autoritate regia comprobamns, firmaque facimus , ac vole
mas © decernimus in verbe regis roberis firmitatem perperuo babituras € habiru-
ra. Quocirca dileétis € fidelibus Confiliaris noftris, gentibus magni Confilii ac
Cancellarie noffre, necnon iuflitis tam de Banco noffro quam 44 communia pla-
cita deputatis Baronibus Scaciarii noffri Wertmonafierienfis > Adriiraldo Vice-
admiraldo Anglie, ac vninerfis maioribus Ballivis, Senechallis, prepofitis, C indi-
cibas , caterilque iuffisiariis noffris, aut corum loca tenentibus préféntibus dr fi-
turis, C* cuilibet ipforum tenore, G prefertim damus in Mandatis, quatenss Ar=
siculos préinfértos © omnia C* fingula in eis cortenta teneant, obferuent, Gr im-
pleant, tencrique @ impleri G: inniolabiliter obférmari faciant, © fécundum ea
decidans atque detcrminent de querelis, litibus G: controserfiis de quibus inibi fit
mentio , compellendas ad hoc compellendo omnibus viis G modis iuridicis , nonob-
fantibss quibuftumque legibus ; erdinationibus regiis, flatutis, oppofitionibas , #p-
pélationibus , confoctudinibus, G* fiilis in contrariwm facientibus. Et infaper vo-
lumus quod tranfumpto fé Vidimus préféntium litterarum fab figillo regio n«
feilo fides indubia adhibeatur. 1n cuius rei #/émonium magnum figillum noffrum
t
DV ROY CHARLES VIII. 743 nn
Listeris prefentibus duximns apponendum. Datum apud Wifimonafierinm quinte- x 497
decimo die Iansarii anno Domini millefimo quadringentefimo nonagefimo- féptimo ,
C regni moffri tertio - decimo. |
Cürconflances particulieres de le © des emplois de Guy de Rochefôrs
Chancelier de France. | |
Vx de Rochefort cftoit frere de Guillaume de Rochefort Chan-
celier de France, donc il cft parlé en plufeurs endroits de cette
Hiftoire*. Il eftoit Prefident au Parlement de Bourgogne , Seigneur de *y. cy-defus
Pluuaut & de lAbergement. Il fut fait Chancelier de France lc 9. Juil- Page 371
_ let 149 7. aprés le deceds de Guillaume Briçonnet Archeuefque de Reims.
Il receut en 1499. en la Cité d'Arras l'hommage fait par Philippes Archi-
duc d’Auftriche, des Comtcz de Flandres, Artois & Charollois: l’aéte en
€ft rapporté dans le Ceremonial de France *. 11 fur au Parlement auec le *Tw. 11.
Roy Louis XIL. en 1504. Le Grand Confeil fut crigé pendant qu'il eftoit ?: +
Chancelier : mais quoy-que les Lettres en foient de 1 497. fous le Regne
du Roy Charles VIII. elles n’eurent leur execution que fous celuy de
Louïs XII. 11 mourut en 1507. & il eft enterré aux Celeflins de Paris.
Prouifions de l'Office de Chancelier, en faueur de Guy de
Rochefort Premier Prefident au Parlement de Bourgogne.
AROLVS Déi gratia Francorum, Sicilie @ Hicrufälem Rex : Vninerfis 9. Iuiket
prefentes Litteras infheituris, Salutem. Non modica regibus &loria, regmif: 1#57
que firmitas accedit, Gr fecuritas , fi ad fummos bonores, magiffratus, € digni-
sates viri af[umantr , qui bonis. artibus imbati, claris corruftant virtutibus, qui-
que publicis in muneribus dis verfati, probitatis, induffrie, € faclitatis [42 cla-
riimum dederuns experimentum. Hinc enim buinfmodi perfonis condignum labo-
ribus fuis frutfum percipientibes , magis ac magis landabiliter Jersiendi defide-
rium additur, C exemplo propafito cateroram ingenis _Reipublice Jaflinends one-
ribus fortius accenduntur. Notum igitur facimus, quod Nos attendentes iuripru-
dentiamn , preclaros mores, integritatem, probitatem, diligentiam, finceritatem , 4c
Jsmmam in rebus agendis experientiam dilect: C fidelis Confiliarii @ Primi Pre- .
fidis Curie noffre Parlaments Burgandie , Guidonis de Rupcforti, militis, ac
Iuris ntrinfque Doéloris, Domini de Abergamento ; qui per plures annos, fammsa
cum omnium lande, in prefati Prefidi Offcie adeo cf verfitus , rt ad iuffitiam co-
lendam, defenfandam , atque adminifrandam natus effe videatur ; eundem Gui.
donem de Rapeforti militens, @ de Principum Janguinis noffri, Procereni, Con 1 fF-
liariorum , aliorsmque qui lateri noffro af fans #nanimi confilio Cr fententia, ele-
Simus, creauimss , fecimss, ordinanimus, refnuimss , 46 retinemss in noffrum
épfinfque regni noffri Francis Cancellarium , @ Confliariom ffecialem, quod off-
cium nuper encre 46 CXerccre folebat bon memorié Robertus quondam Archie-
PSfGopus, Dux Rhemenfis; primus Par, G Cancelarius Francie, G per ipfins de-
ceffum atque obitum ad praefèns liberum & vacans, dantes, d: tenore praféntinns
concedentes prafato Guidons militi, plenam poteffatem , anthoritatem c mande-
tum feciale, agendi, ordinandi C exercendi omnis G: fingula que 44 Offcium
Cancellariÿ Francis huisfmodi fpetfant gnomodolibet , G: incambunt ; volentefque
quod ipfè Guido buiu[modi offuio Cancellarii perffsatur, CG: gaudeat plene, integre
pacifice, ad honores, prerogatinas , preeminentiss, vadis, jura, proficua , pen-
Jiones, ac alis emolumenta confuets, @ qua diéfus Robertus defunitus, dum vi-
seret, percipichat, modo Cr forma quibufiwmque, füper quo ipfé Guido bodie Sfoli-
sum i8 manibus noffris prafitit iwramentum. Quocirca dileéhis G° fidelibus noffrus
Gentibus Parlamentum noffram Parifiis tenentibus, 4c aliorum Parlamentorum
1497
s 4. I ‘oy
497.
2 3. Neutm.
bre 5497.
744 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
noffrorum gentibus , omnibufque Iuflitiaris , Officiariss , G* fubaitis noffru cuiuf-
cumquc authoritatis, flatus, dignitatis, ant conditionts exiflant, per ca/dem præ-
fentes mandamus , quatenus cidem Guidoni, janquam Cancellario Francie pareant
diligenter, G intendant. Mandantes infuper Gentibus Camere Computorum , Gr
Thefaurariés noffris, ut vadia, falaria, penfiones , € omnia alia iura ad dillum
ofcium pertinentia , prefato Guidoni Cancelario noffro, auf eius certo mandato
er Audientiarium Cancellarie noftre Francis, qui pro tempore ecrit, tradi per-
Solui faciant, modo, terminis confuctis. Que fic foluta in computis ditti Au-
dientiarii praféntes , aut carum Vidimus [ub figillo regio confetfum femel, cum
quittantins faffcientibus reportando , allocari , C de cius recepta dedmi fine ulls
contradictione volumus , à iubemus , ordinationibus feu mandatis ad hoc contra-
riés nonobflantibus quibufiumque. In cuius rei teffimonium noffrum prefentibus
litteré duximus apponi figillum. Datum Molinis die 9. menfis Iulii anno Do-
mini 1497. © regnorum noffrorum Francis 14. Sicilie vero.....,... Sic
fignatum fupra plicam, Per Regem in fuo Confilio, Dominis Dute Borbonii
CG Aucrnie, Cardinale Maclouienfi, pipe Andeganenfi , Amiraldo Francie,
Magno Scutifero , Dominis de Bclleuille , de Piennes , du Bouchage, du Moulin,
Balliuo ‘de Giforiaco, Magiffris Chriffophoro de Carmone, Magiffro Requeffarum Hof-
pitii ordinario , Petro de Courthardi Aduocato Regio, GC aliis prefentibus,
Parent. Er eff fériptum : Leëta .& regiftrata Parifis in Parlamento 2 7,
die Januarii anno 1497. Sic fignatum , De Cerifay.
Ordre du Roy aux Gens des C omptes de verifier le don de dix mille liures
de penfion [ur l'émolument du Sceau en faucur de Guy de Rochefort
| fieur de l'Abergement, Chancelier.
DE TAR LE ROT.
N Os AMEZ ET FEAVx, Nous auons par nos Lettres Patentes à
vous adreffantes, & pour les confiderations y contenués, voulu &
ordonné que noftre amé & feal Chancelier le fieur de l Abergement, prenne
chafcun an fur l’'émolument des Sceaux de nos Chanceleries, iufques au
parfait de dix mille liures tournois, y compris ce que fes prédecefleurs au-
dit Office y ont accouftumc de prendre & auoir. Et pource que Nous vou-
lons & entendons nofdites Lettres fortir leur plein & entier effet au profic
de noftredit Chancelier, Nous vous mandons & enioignons tres-expref-
fément fur tant que doutez nous déplaire, que procediez incontinent à la
verification de nofdites Lettres. Donné à Amboife le quatorziéme iour de
Januier. Signé CHARLES. Et plus bas, Robineau. À l'adreffe eft efcrit : C4
nos amez C feaux Conféillers les Gens de nos Comptes à Paris. Et en bas: C4p-
porté le vingt-quatriefme de Iamuicr mil quatre cens quatre-vingts-dix-fepe.
Pris fur l'Original.
Ordre du Roy Charles VIII. pour trauailler à l'inuentaire du ‘Trefor
des Chartes 4 Paru.
DE PAR LE ROT.
N Os AMEz ET FEAVX, Vous fçauez le befoin qu'il eft de parache-
uer de befongner au fait de l’ordre des Chartes de noïtre Trefor, dont
nous vous auons des pieçà baillé charge, & que fi ledit ordre n’y eft mis,
grands dangers & inconueniens nous en pourront auenir. Et pource que la
maticre cft grande, & que les autres grandes Charges que pouuez auoir ou
aucuns
DV ROY CHARLES VIII 74$
aucuns de vous, fouuentefois vous pourroient tant occuper que cette ma-
ticre pourroit prendre long traic: Nous auons ordonné que auec vous le
Juge du Maine, l’vn de nos Aduocats en noftre Cour de Parlement bo-
fongnera en cette commiffion, & départirez enfemble le temps pour y be-
fongner, tellement que continuellement le nombre d’entre vous que y ad-
| viferez y befongnera les vns aprés les autres, ainfi que verrez & connoif.
trez pour le mieux, & de ce efcriuons à noftredit Aduocat. Er pource que
nous voulons que foigneufement & continuellement y foic befongné fans
difcontinuation, Nous vous mandons bien expreffément que toutes excufa-
tions ceffantes, vous & ledit Aduocat vous affembliez enfemble, & donniez fi
bon ordre à befongner ordinairement au fait de l’ordre & inuentaire defdi-
tes Chartes, que le pluftoft que faire fe pourra le tout foit fair & parfair.
Et trouuons fort eftrange que ladite chofe n'eft plus auancée, confideré que
ne bougez de Paris, & que connoiffez de combien cette matiere nous tou-
che; & quand de nous-mcefme, pour nos autres affaires, la mettrions en ou-
bly, vous en deuriez auoir memoire, & y mettre fin. Donné à Lyon fur le
Rofne ce vingt-troifiefme iour de Nouembre, Signé CHARLES. Et plus
bas, Robineau. Et à l'adreffe eft efcrit: 4 nos amez dr feaux Maiftres Robert
Thibouff noffre Confcillr, G Prefident, Raowl Pichon auffi noffre Conféiller en
noffre Cour de Parlement, lacques Louuet Général fur Le fait de La Iuflice, Com-
miffaires par nous ordonnez pour l'inuentaire des Chartes de noffre T refor à Pa-
vis, autres Commiffaires depatez en cette partie. |
Pris fur l'Original.
Lettres du Roy Charles VIII. touchant les Audiances que les Roys
| donnoient au | peuple.
DE PAR LE ROT.
| Os AMEZ ET FEAVX, Pource que voulons bien fçauoir la forme
N que ont tenu nos predecefleurs Roys à donner Asdiance av pauure peu-
pl, & mefme comme Monfieur Saint Loys y procedoit: Nous voulons &
vous mandons que en toute diligence faites chercher par les regiftres &
papiers de noftre Chambre des Comptes ce qui s’en poura trouucr, & en
faites faire vn extrait, & incontinent aprés le nous CnuOyez. Donné à Am-
boife le vingt-deuxiefme iour de Décembre. signé CHarzes. Et plus
bas, Mozelot. Au deflous eft efcric: LApporté le trentiefine jour de Décembre
mil quatre cens quatre-vingts-dix-fépt. Et à l'adreffe : C4 nos amez c feaux les
Gens de nos Comptes à Park. LOS
Le fieur du Bouchaige à fa. femme. Luy cfcrit quelques circonffances dy
| Conuoy és obfèques dy Roy Charles VE IT.
À FEMME MAMIE, le me recommande à vous tant fort comme ie
puis. l'ay receu les Lettres que m'auez efcrites par Iean Bouchain, &
par luy vous renuoye les deux cedules de Monfieur de Saint Malo. En les
vous rendant baillez luy le recepiflé qu'il: vous en bailla, & les roulez en
_ÿn bafton rond afin qu'elles fe gardent mieux. |
Au furplus, le Corps du few Roy, que Dieu abfolue ne partira iufques à
Lundy ou Mardy. À cette caufe ie vous renuoye l’Admiral, qui fe pourra
rendre icy Lundy à difner. La Rgne continue toufours en fon deuil, &
l'on ne la peut appaifer, Ie croy que le Roy la viendra voir quelque iour
de cette femainc.
| BBB bb
L 49 7
tri. Aurèl
14986.
149 8.
27. Anvril
r498.
13. Æuril
1498.
746 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
l'ay efperance au plaifir. de Dieu de vous venir voir tantoft aprés que le
Roy fera Couronné: faites le mieux que vous pourrez en tous nos affaires,
Plus n’en aurez, fors que ie prie Dicu, #54 femme mamie, Vous donner tout
ce que vous delirez fans qu’il s’en puifle rien faillir. E/éris à Amboife le
onziefme iour d’Auril de la main de weffre tout bon © loyal mar, LMBERT
pe Barannax. À l'adrefle eft efcrit: C4 Madanse du Bouchaige.
Pré fur l'Origisal.
A FEMME MAM1E, Île me recommande à vous tant fort que ie
puis. l’ay receu les Lettres que pat l’Admiral m’auez efcrices, enfem-
ble les Lettres que Mabilreau vous a efcrites couchant l’vfagc des bois. Il
le prend bien, de faire faire l'information le pluftoft que faire fe pourra:
vous me l'enuoyerez pendant que ic feray à Paris.
Le Corps du fes Roy que Dieu abfoille n’eft party auiourd'huy , mais de-
main, aprés le feruice, on le portera à quatre lieués d'icy, & ira tous les
jours iufques à ce qu'il foic à Saint Denys, là ou il fera enterré , excepté
que Dimanche il feiournera à Clery, là où on luy fera vn feruice. Le roy
eft party auiourd’huy de Blois, & s’en va à Orleans, attendant Monfcigneur
de Bourbon qui y doit eftre pour toute cette femaine, & delà s’en doit al-
ler à Reims fe couronner. Sicoft que le feu Roy fera enterrc, ie m'en iray
deuers le Roy. | | |
Au regard des gages du Magifter, appointez-en auec luy: car autrement
il ne demeurera pas, & me femble que iufques à trente ou quarante francs
luy pouuez bien donner, car il faudra qu'il s’habille honneftement. Plus n’en
aurez, fors que ie prie Dieu, ma femme mamie, vous donner tout ce que
vous defirez fans qu'il s’en puifle rien failli. E/éris à Amboife le dix-
feptiefme iour d’Auril, de la main de ‘vo/fre tout bon C7 loyal mary, ÎMBERT-
DE BaATARNAY. Et à l’adrefle cft efcrit: 4 Madame du Bouchaige.
Pris fer l'original.
Le Roy Louys X 11. Aux gens des Comptes. Leur mande de fe trouuer
aux obfeques 7° enterrement du Roy Charles VIII.
DE PAR LE ROT.
Os AMEez ET FEAvVXx, Nous vous auons efcrit & fait fçauoir par.
noftre amé & feal Confeiller & Maiftre d’Hoftel ordinaire le fieur de
Polify, noftre vouloir & intention couchant l’obfeque & enterrement de
feu noffre tres-cher Seigneur @ frere Le Ray que Dieu abfoille. Et pource que
fur toutes chofes defirons ledit obfeque & enterrement eftre fait au plus
grand honneur & folemnité que poflble fera, nous vous en auons dere-
chef bien voulu efcrire, & vous prions que vous prepariez de receuoir &
recueillir au plus grand honneur que faire pourrez le Corps au iour qu'il
entrera dedans Paris, qui fera le vingt-quatriefme iour de ce prefént mois
d’Auril, & parcillement au iour qu’il en fortira, & en ce faifant nous fe-
rez feruice, qui nous fera tres-agreable. Donné à Blois Le quatorziefme iour
d'Auril, Signé Loys. Et plus bas , Bosrel. Enfuire eft efcric: LApporté Le
Mardy vinçt-quatricfme Auril aprés Pafques , mil quatre cens quatre-vinets-
dix-huit. Et à l'adrefle : C4 nos amez dr feaux les Gens de nes Comptes 4
Paré. |
| Tiré de l'Original.
exe
et
Dv ROY CHARLES VIII ‘47
LORDRE TENV A L'ENTERREMENT
du Roy Charles VIII.
JT M À vrayc Ordonnance faite par Meflire Pierre d'Yrfé, Cheualier, Grand-
Efcuyer de France, aïinfi que audit Grand-Efcuyer appartient de faire pour
J’encerrement du Corps de bon Roy Charles VIr1. que Dieu abfoille. Et la-
dite Ordonnance leuë & autorifée par Monfcigneur de le Trimouille, pre-
mier Chambellan, & Lieutenant du Roy, à accompagner ledit corps, &
auffi par le confeil de Mefleigneurs les Chambellans , & autres qu’il auoit
aucc luy. |
Le corps fera mis, partant du li& de parement au milieu de falle de deuïl,
en fon cercueil, fur deux treteaux, fur lequel fera mis un drap d’or , traif_
nant en terre, auquel y aura vn bord de veloux bleu, femé de fleurs de lys
d’or, & borde d’hermines, & vne Croix blanche deflus. Sur lequel drap &
corps fera mis un carreau de drap d’or à l’entour de la tefte, où fera la
Couronne, le Sceptre, & la Main de Iuftice, & la Croix fur le Corps. Et
aura deflus vn Poifle de veloux noir, à vne Croix blanche. Et à l’enuiron
du Corps y aura fur chandeliers vingt-quatre cierges de fix liures chaf-
cun, ardans iour, & nuit, & quinze Cordeliers de l'Obfcruance d’vn cofté,
& quinze des Bons- Hommes, faïfans iour & nuit Seruice, & tous les iours
randes Mefles dites en ladite falle, tant qu'il y demeurera. |
Sera ladite falle tendue de taffctas noir, & parautour de ladite falle il y
aura vne ceinture de veloux noir, femée d’efcuflons aux armes de France,
&c fera la porte de ladite falle ouuerte pour receuoir les Eglifes de la Vil-
le, qui vne fois le iour viendront chafcune l’vne aprés l’autre dire Vigiles
& Libera fur le corps, & la nuit femblablement, & aufli pour receuoir ceux
qui auront deuotion de faire quelque Oraifon fur le corps, & y ietcer de
J'Eau benifte. | |
Et au partir de ladite falle, pour le porter en l’Eglife Saint Florentin, y
aura vingt-quatre Officiers de la Maifon , habillez de noir, & leurs chaperons
veftus, qui porteront chafcun vne torche de fix liures pefant , & vn efcuf- *
fon aux armes. Et feront lefdits Officiers depuis la porte de la falle cirane
le long de la galerie d’vn cofté & d'autre. Et fuiuant le rang defdits Of-
ciers y aura des Pawures ordonnez pour les torches d'vn coftc & d’autre,
iufques à la porte de l’Eglife, lefquels tiendront femblablement des torthes.
Parmy les vingt-quatre Officiers deflufdits feront les vingt-qwatre Archers
du corps d'vn cofté & d'autre entrelaffez, entre deux CAE une tor-
che; lefquels Archers feront veftus de noir, & le deuant de leurs robes
ouuert, afin que l’on connoifle leurs hoquetons, & auront leurs chaperons
veftus.
Puis aprés Monfeigneur # Cardinal de Gurc, delegué pour faire le Ser-
uice, viendra de l'Eglife en fon Pontificat, auec la Croix, & l'Eau benifte,
& entrera en la falle accompagné des Euefques d'Angers, de Cornoaille, d'En-
goulefme, G de Bethleem. Er auec eux lefdits quinze Cordéliers de lObfer-
uance, & lefdits quinze Bons-Hommes, lefquels fe mettront à l'encour du
corps, les vns d’vn cofté, & les autres de l’autre, & ledit Prelat au mi-
lieu, & feront le Seruice, & diront fur le corps celle Oraifon que bon leu
femblera. | |
Et pendant que ladite Oraifon fe fera, commenceront à marcher ks
Huiffiers, leurs verges au poing, pout faire place, & auront leurs ceftes nuës,
& Îeurs chaperons fur l'efpaule, & ne les auront veftus, & lefdires em:
boucheures mifes dedans leurs eftuis,
BBBbb ij
meme
14 98.
Auri 1495.
Ornemens di
cercueil,
Toentures dé
deuil,
Officiers:
4
v
Paunres.
Archers de là
Maifon.
L
Prelati.
Ordre pour là
Marche depnis
Æmboie iuf-
ques À Saini
Denys.
Huiflers.
7483 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
14958. Et fuiuantles Trompettes marcheront ks Herauts, auec leurs cottes d’at-
Tromperies, MES Veftuëés, & aufli Îeurs chaperons.
Hérauts, Aprés les Herauts marcheront les deux Sergens 4 Maffe, leurs chaperons
Sergens àmaf. veftus, & porteront leurs mafles la cefte contre bas. Et quand ils feront à
Je. PEglife auprés du corps, leueront la cefte de leurs mafles contremont; &
Capitains des entre deux fera le Capitaine des vingt-quatre Archers, qui femblablement mar-
RIT chera quand & eux, & aura fon chaperon veftu.
Roi d'armes. Et aprés lefdits Sergens marcheront les deux Roys d'armes, leurs cottes
& chaperons veftus. |
Au cofté feneftre defdits Roys d'armes, marcheront un ou deux des
Maiffres des Maiftres des Requeffes des plus anciens, qui femblablement auront leurfdits
Regséfles. chaperons veftus.
Et fuiuant lefdits Roys d'armes au-deuant du corps marchera le Grand
Grand Ef- Efçuyer, fon chaperon veftu, & vn bafton blanc au poing, comme le Sta-
D tut de l'Office le porte. Et aux entrées des Villes & és lieux où il fe fera
folemnité, portera l’efpée d'honneur, & toufiours durant ledit Seruice l’au-
ra, fcra aflis au-deuanc & le plus prés dudit corps, fur vne felle qui fe-
ra couuerte de noir. | |
Ordre pour Et aprés que ledit Prelac & lefdies beaux Peres auront dit fur le corps
nn celles Oraifons qu’il leur plaira, lefdits Cordeliers & Bons-Hommes pren-
dront chafcun vn des cicrges qui feront au long du corps en ladite falle,
& fortiront d'icelle falle, portans lefdits cierges ardans, & fe mettront des
deux coftez de ladite gallerie en tel ordre qu'ils partiront de la falle, Et
ledit Prelat fera au milieu au droit & deuant le corps. Et deuanc luy la
Croix , & l'Eau benifte, & puis marcheront par ordre. Puis y aura /éize
Gentilshom. Gentilshommes de la Chambre dudit défunt cy-aprés nommez, qui prendront
7. Lie le corps, & le porteront à l'Eglife auec fon cercueil, & le drap d’or croi-
fe deffus, & auront leurfdits chaperons veftus.
Chambelans. Puis y aura ES Chambellans, qui porteront chafcun vn des bords du
drap d’or, & veftus de leurfdits chaperons. Et fontchoifis pour ce faire Mef-
feigneurs dy Bouchaige, de Piennes , le Sencfihal de Beaucaire, 6 Philippes du
Moulin.
Poifle. Et partant de ladite falle fera porte fur le corps le poifle de veloux noir,
croife de blanc, fi porter fe peut en fi peu d’efpace que la voye eft entre
la falle & l’'Eglife, & és autres lieux où il fe pourra porter, par Mcffei-
gneurs de Mauleon , de Montauban, de Rochepot, € de Rauel. Er auront lefdits
Seigneurs leurs Chaperons veftus.
ErINEE EN Et partant le corps de ladite falle, Mrffigneurs du Sang qui porteront le
Se 8% euil marcheront aprés à la main droite. Et auec celuy qui marchera pre.
Cardinaux. MiCr, feront Mofféigneurs les Cardinaux quand & quand luy, chafcun en
fon degré. Ec auront lefdits Seigneurs leurs grands manteaux & chape-
rons veftus.
Plus marcheront les autres Seigneurs du Sang , chafcun en fon de-
Prelats. gré, & auec chafcun d'eux à la main gauche marchera wy Prelat, & fi plus
grand nombre de Prelats y auoit que de Seigneurs du Sang qui feront le
deuïl, ils marcheront en front aprés lefdits Seigneurs du Sang en ordre,
felon l’eftac defdits Prelats. Et fera cout l'ordre deflufdic entrecenu tout au
long du voyage, & aux entrécs des Villes & Eglifes. Et s’il y auoic aucuns
Cheualiers de l'Ordre & Chambellans qui n’euffent autre Office à fer
‘uir pour ce iour, marcheront aprés lefdirs Prelats , leurs chaperons
veftus.
Et pource que lefdits vingt-quatre Archers de la Couronne marchent
deuant quand & le corps, comme il leur appartient , a efté aduifé que les
5465 vingt-quatre Suiffes, ayans chafcun leurs chaperons veftus, & leurs halle-
bDv ROY CHARLES VIII. 749
bardes au col, marcheront en truche aprés lefdits Seigneurs du Sang, Pre- 1 4 9 8.
Jats, Cheualiers de l'Ordre, & Chambellans, és entrées & faillics des Vil-
les & des Eglifes. Mais cheuauchant par Pays, lefdits Suifles feront à pied
autour du corps. Et le corps arriué en l’Eglife, & pofe fous la Chapelle ar-
dente, coufiours accompagné de vingt-quatre grandes torches, & defdirs
vingt-quatre Archers & Suifles , en leurs degrez deflufdics , & Meffei-
gneurs du Sang & Prelats affis en leur rang aux chaires, le Seruice de
l'Eglife fe commencera. Et le Seruice fait, : Aa le corps accompa-
gne des gens d’Eglife, Cordeliers, & Bons-Hommes deffufdits, & de fes
sr sg , & autres, comme il a accouftume, durant qu'il eft en la falle
e deuil.
Et au regard des Cheualiers de l'Ordre, & Chambellans, feront aflis fur vn cheusliers de
banc derriere le corps. | ADRIAN:
Et au cofté defdits Cheualiers de l'Ordre, & Chambellans, y aûra vn
banc au long du Chœur , où feront aflis les quatre Barons deffufdits, qui
porteront le poifle; & ceux de la Chambre, qui porteront le corps, apres
qu'ils l’auront mis fous la Chapelle ardente , prendront leurs places aux
bafles chaifes du Chœur, & delà ne bougeront pendant le Seruice.
Et aprés le Seruice , & qu'ils auront mis le corps au chariot, monteront
à cheual, & fe mettront hors de la falle, pour non rompre l’ordre, & s’en
iront deuant, pour eftre prefts à l’arriuée du corps, pour le defcendre, &
recueillir. | |
Et le lendemain, les Seigneurs du Sang, Prelats, & autres deffufdits re.
tourncront , chafcun en fon rang & Office, en l’Eglife, à l’heure que les
grandes Mefles & Office commenceront, & y feront durant tour le Ser-
uice , lequel fini chafcun fe retirera. Er demeurcra le corps accompagné
de gens d’Eglife, comme il a accouftumé. Et fi le iour ne porte que l’on
_ puiffe mettre le corps en chemin, venuë l'heure du Seruice de Vigiles, les
Seigneurs deflufdits & autres fe rendront chafcun en fon cftar & office,
comme dit ef. |
Et quand le temps fera venu de mettre le corps en chemin, deux heu-
res auant fera fait vn cry à fon de trompe, que tous valets portans malles,
& meneurs de fommiers, ayent à aller deuant, & fur peine d’eftre batus,
de ne fe trouuer au train du corps. :
Incontinent ledit cri fait, partira / Maiffre d'Hoffel de la defpenfe ordi- maires
naire Chaftcaudieux. Auec luy marcheront en truche , les menus Officiers d'Hefel.
de la Maifon du Roy, veftus de noir, & s’en iront quand & ledit Maiftre
d'Hoftel au logis, pour entretenir l’eftat accouftumé en la maifon.
Puis /es Commiffaires, qui ont la commiflion de conduire les quatre cens Passe.
Pauures qui portent les torches, mettront leurs gens en ordre, tous les
pauures veftus de noir, & leurs chapperons veftus.
Et aprés marchera le Capitaine des cenf Archers , nommé Claude de La capitaine des
Chaïtre, efleu à porter le Guidon du Corps du Roy , comme homme de Arr.
bien, & digne de le porter, en figne qu'il guide le premiér train du Corps
dudit Seigneut, portant ledit guidon roulé au tour de la lance, monftrant
> à c'eft le guidon du Corps, & non d’Archer , & aufli qu’il fe met def-
us quand ‘il eft enterré, & aprés luy fa bande à cheual, par le chemin
d’entre lefdites torches. Et auront les Archers leurs robbes noires veftuës
& ouuertes deuant, pour monftrer leurs hocquetons & leurs chapperons
” veftus, & les baftons qu’ils ont accouftumé porter en leurs mains, & aux
champs ofteront leurfdits chapperons. Et quand ils arriueront à l'entrée
des logis, & és Eglifes où le corps arreftera, ledit Capitaine & fa bande
fe départira des deux coftez en ordre, pour donner voye au corps & à la
fuite. Et tiendront coufours cét ordre iufques à l’arriuée de la ville de
BBB bb ii]
— 759 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1 49 8. Paris, à l'entrée de laquelle il fe mettra à tout fon guidon ‘defployé, au
lieu & ainfi que dit fera cy-aprés. |
re Aprés & fuiuant ledit Capitaine & Archers , cheuauchera X premier
Li Maistre d'Hostel, & aprés luy les autres Maiffres d’Hoïtel, qui n'auront char-
ge pour le iour, lefquels font en nombre de quarante. Ec auront leurs
baftons noirs, lefquels ils porteront contremont la main, & auec eux les
Autres Of Gentilshommes de la Maifon, Panneticrs, Efchançons, G Valets tranchans , tous
ii portans le deuil.
Et s’il y auoit aucuns Pemfonnaires , o4 autres Gentilshommes portans le
deuil, qui n’euflent autre charge pour le iour, cheuaucheront en la com:
pagnéc du premier Maiftre d'Hoftel, tous fous la charge de Monftigneur le
Grand-Maif. Grand- Maiffre, qui les mettra deuant foy, Et quand ledit premier Maiftre
nié d'Hoftel crouuera à l’arriuée des logis des Archers en ordre pour don
ner voye au corps & fa fuite, il fera femblablement mettre fa bande en
ordre. | |
Et aux defcentes du Corps du Roy aux Epglifes où l’efpace fe trouue-
ra, & où l'Office folemnellement fe Éra pour le corps, le Grand - Maiftré
aura fon afliete au cofté du corps plus en auant deux pas ou trois , felon
l’efpace du lieu où le corps fera. Et demeurera le Grand-Eféuyer auec V'ef-
pée plus prochain du corps comme il appartient. Et au cofté de main
dextre où eft le Grand- Maiftre au deuant de luy, tirant le Grand - Autel,
feront les Maiftres d’Hoftel, Officiers, & Gentilshommes de la Maifon
qui font fous la charge du Grand-Maiftre , lefquels feront chafcun fe-
lon leur degre afis fur le banc. |
Hvifiens dar. : aprés les Maiftres d'Hoftel cheuaucheront 4s AHuifficrs d'Armes, vef-
tus de noir.
Efcuyers. i Et fuiuant les Huifliers cheuaucheront les Chewawcheurs d'Efcarie, veftus
e noir,
_ Et aprés les Trompettes veftus de noir, en l'ordré deuant dit, & en
V'Eglife auront leur banc felon leur degré. Et fuiuant lefdits Trompettes
cheuauchera l'Eftuyer de Corps de la defpenfe. Et deuant luy feront Les
a Pages de l'Eféurie , qui cheuaucheronct les petites haquenées du Roy, le-
quel Efcuyer de Corps & autres d'Efcurie, auront place en l'Eglife au
feruice felon leur degré. |
Et aprés ledit Efcuyer cheuaucheront fx Pages, veftus de veloux noir,
Cheuxl de fur fix courfiers houflez de veloux noir iufques en cerre, auec la croix
Fajpée. blanche deffus. Et aprés lefdits fix courfiers fera mené en main /e chenal
de l'eSpée, auffi houffé de veloux noir. ,
Herguis. Et au cofte defdirs fix courfiers cheuaucheront les Heraurs, & les deux
Sergens à Sergens à maffé, qui auront femblablement leur place en l’Eglife.
sé Et au cofté gauche des Herauts cheuaucheront deux des Maires des Re-
Reguefles. l’efpée plus en auant. | |
CLR Et aprés lefdits fix coutfers cheuauchera X Grand- Eftuyer deuant Île
di corps, & au long de luy feront /es Lagwais qui marcheront quand & luy,
pour fouftenir & redreffer le chariot du corps s’il verfoit.
Et à la fortie de la ville d 4mboifé le Capitaine des vingt & quatre Ar-
chers du Corps auec lefdirs Archers, monteront à cheual & s’en pour-
ront aller deuant pour defcendre à pied, & eux mettre en ordre à la def-
cente du corps à chafcune Ville & Eglife.
Chariot. -_ Aprés le Grand- Efcuyer marchera / chariot qui portera le corps, autour
duquel , en cheuauchant , feront les vingt- quatre torches portées par lef-
dits Officiers, & les vingt - quatre Suiffes auec eux.
Et. pource que les vingt-quatre Archers à l'entrée des Villes & au-
Maiflresdes queÿtes des plüs anciens, qui auront leur banc en l’Eglife à main gauche de
\
pv Roy CHARLES VIII SI
tres lieux, fe crouucront prefts pour recueillir le corps, & eux mettre en
leurs places auec les corches, les Suiffes fe mettront aprés les Seigneurs
du Sang, Cheualiers, & Chambellans, comme deflus eft dit. |
Ec femblablement chemineront à pied les quinze Cerdeliers de l'Obfer-
uance, & quinze Bous- Hommes deflufdits. |
Et au cofté gauche du corps cheuauchera ordinairement Lowÿs Dawx,
premier Valet tranchant, portant 4 panos du Roy, lequel il defployera où il
fera befoin de faire à l'entrée defdites Villes & Eglifes, où il fe mettra à
pied, & marchera dudit cofté gauche fur le deuant. Et durant le Seruice
aux Eglifes ne bougera de fon lieu où fon’ fiege fera mis, lequel fera ap-
prochant plus les chaifes que la Chapelle ardente , en figne qu’il demeu-
rera toufiours où eft le corps, tant à la vie qu’à la mort, iufques à ce qu'il
foit enterré.
1498.
Cordeliers,
Minimes.
Et au cofte droit dudit corps cheuauchera ordinairement Menféigneur rafiigue ds
d'Alegre, lequel a efte choifi pour bon perfonnage, & de grande maifon à RY.
porter l'Enféigne du Rey, à luy liurée pour Enfeigne du Roy, & non com-
me Enfeigne de Capitaine. Et en figne de ce demeurera ladite enfeigne
fur le corps, quand il fera enterré, & la portera roulée au cour de la lan-
.ce & en fon rs. jufques à ce que le corps arriue à Noftre - Dame
des Champs , & lors mondit Seigneur d’Alegre defployera ladite enfei-
gone, & la portera à pied au cofté droit , iufques à l'Eglife Nofre-Dame de
Paris , & delà 4 Saint Denis. Er quand le corps fera à l’Eglife, tanc que
le Seruice durera, ledit Seigneur demeurera en fon lieu où fon fiege luy
fera mis, lequel fera approchant plus les chaifes que la Chapelle ardente.
Semblablement quand viendra aux Entrées des Villes & Eglifes, le C2
pitaine des Archers départira les Archers és portes des Eglifes & du
chœur, principalement de Noftre - Dame de Paris & de Saint Denis, là
où nuls ne doiuent entrer fors ceux qui font ordonnez à accompagner le
corps au Chœur. Et mettra à l'entrée du Chœur fon Lieutenant, auquel
le Maisfre d'Hoffel Guinot baillera par efcrit, felon l'Ordonnance, ceux qui
deuront entrer au Chœur, & non autres. Et à l’entréc de la ville de Paris
defployera fon guidon , & marchera ledit Capitaine à tout fondit guidon
db du cofté droit dudit corps deuant l’enfcigne ; & tant que le fer-
uice durera à Noftre : Dame de Paris & Saint Denis , fera fait fon fige
en fon lieu plus approchant les chaifes que la Chapelle ardente. |
Et femblablement le cheual fur lequel fe porte la banniere ployée & en
fon fourreau , marchera derriere le corps depuis Noftre- Dame des
Champs iufques à Saint Denis, fur lequel fera Mex/féigneur de la Trimouil-
de, comme premier Chambellan. | |
Etc durant le Seruice fera coufours ledit Chambellan , tenant la banniere
fur fon fiege au derriere du corps , & fera fon fiege couuert d’vn veloux
noir. |
Suiuant & ioignant la banniere marcheront les Seigsesrs du deuil, Cardi-
nanx, Prelats, Cheualiers de l'Ordre, G Chambellans. Aprés eux cheuaucheront
les Gentilshommes de La Maifon, lefquels aux defcentes des Villes 8& Eglifes
fuiuront toufours lefdits Seigneurs & Prelats, ayant leurs haches au poing,
Et fi le chœur de l’Eglife où le corps fera eft fi grand qu’ils y puiflent auoir
un banc, ils fe foiront durant l'Office. Et où il n’y auroit place au Chœur,
leur banc leur fera mis à la Nef à l'entrée de la porte du Chœur.
Et quand le corps fera arriué à Noftre - Dame des Champs, fur le tahuc
où cft le corps fera faite vne plate-forme, fur laquelle fera vn lir de pare-
rl où fera mife le Statuë dudit Seigneur cs fon habit Royal, comme s’en-
uit. | |
Premier , au lit y aura vn lodier. Sur le lodier vn linceuil de toile de
Premier
Chambelss.
Seigneurs du
eus.
Cardinaus.
Prelats,
Cheualsers de
l'Ordre.
Chambellans.
Lit de parade,
Effigie, ou re=
prefentation
du Roy.
752 OBSERVATIONS SVR L'HISTOIRE
1 4 9 8. Hollande, traifnant de toutes parts. Sur le linceuïl vn grand drap de ve.
| Joux noir, contenant cinquante aulnes de veloux noir. Et fur le drap de
veloux vn grand drap d'or, où il y aura vingt-cinq aulnes de drap d’or,
du plus riche qu'il fera poffible de finer. Lequel drap d’or fera borde
d'vn bord de la largeur du veloux bleu, femé de fleurs - de-lys de brode-
rie; & fur le drap d’or y aura deux oreillers de drap d’or, l’vn fous la
tefte & l’autre aux pieds de la ftatué du Roy, qui fera couchée fur le lic,
& ornée comme cy- aprés eft declaré, | | |
Figure de Premierement, le vifage dudit Seigneur fait au vif aura le bonnet abba-
ici tu & la Couronne en tefte, & fera chauflé de fandales de fatin bleu, fe-
mécs de fleurs- de -lys, & une robbe de caffetas pourpré, lezerée de ru-
ban d’or, & fur la robbe une tunique de fatin bleu femée de fleurs - de-
lys de brodure frangée de franges d'or, & ne un manteau de ve-
loux bleu, femé de fleurs-de-lys aufli de brodeure fourré d’hermines, fen.
du au cofté droit, & vn fermillet d’or de Florence audeflus de la fente,
tenant en fes mains en la dextre le Sceptre Royal, & à la feneftre la Main
de Iuftice, & fon Ordre au col, & aura fes mains gantées ; & en la droite
aura un anneau d'or, en la portant plus haut fur la poitrine que la fe.
neftre,
Et au regard de ceux de la Chapelle dudit Scigneur, ils s'en iront de-
uant d’un logis en autre, pour preparer les Eglifes & luminaires, & autres
chofes neceflaires à recueillir le corps.
Maifires Les Maiffres d'Hoffel; Guynot de Mazac, Pierre Louïs, & Rigault, au-
#H@ffel ront ces prefentes Ordonnances, & ont charge de folliciter cous les Chefs
à ce que chafcun d'eux en fon endroit ayenc à tenir l’ordre, & feront par.
deffus tous pour le faire tenir. Et eux-mefmes y prendront garde deflors
que le corps partira de la falle de deuil, & iufques à ce qu'il foit enterré,
{oit en repos ou en cheminant.
Preuff de Le Preuoït de l'Hoffel prendra garde à faire venir de toutes parts viures
FHefl au train du corps. Et en cheminant & aux entrées des Villes, cheuauche-
ra cn perfonne aucc fes Archers & Sergens, le long du crain d’un bout
en autre , pour garder queftions, & que nuls autres quels qu'ils foient ne
viennent eux mettre parmi les autres & rompre l’Ordonnance, & princi-
| palement gens qui ne font pas veftus de noir. |
Marsfebaux Les Marefchaux G* Fourriers des Logis partiront toufiours un iout auant
des Logis. pour aller faire le logis, & auec eux le Lieutenant & partie des Sergens
du Preuoft, pour donner ordre aux logis & viures.
È Et quand le Scruice des Vigiles fera dit en l'Eglife Noftre- Dame de
Bannierns Paris, Meflcigneurs qui porteront /4 banniere, l'enfigne , le panon, G: le gui-
= don , laifleront en leurs fieges lefdites banniere, enfcigne, panon , & gui-
Guidon. don; & y aura un trou où ils les mettront plantées , & demeureront-là
jufques au lendemain que lefdits Seigneurs fe viendront mettre en leurs
” places, & les prendront à l'heure du Seruice, Et quand le corps partira,
à caufe que la ftatué du Roy fera coufiours portée defcouuerte iufques à
Saint Denis en France, lefdits Seigneurs porteront en perfonne fur leurs
cheuaux lefdites baniere, enfcigne, pânon, & guidon, au long de la ville
de Paris, & depuis l’iflué iufques à l'entrée de la ville de Saint Denis, là
Frs ils defcendront prés le corps , & reprendront leur ordre- deuant
IC.
Et mur fe viendra au Libere à la fin de la Meffe, que l’on portera le
corps du Chœur iufques à la foffe pour le mettre en terre, ainf que l’on
le portera tiendront leur ordre. Er lors que le corps mettra les pieds de-
dans la tombe , les Maiftres d’Hoftel feront appellez par les Heraults
d’Armes, lefquels Maiftres d'Hoftel viendront l’un aprés l’autre mettre
leurs
DV ROY CHARLES VIII 753 —-
leurs baftons dans la foffe, Et ce fait, les Heraults & Sergens d'armes 1 4 9 8.
mettront leurs cottes d'armes & mafles fur la tombe. Et incontinenc
aprés le Portant le Guidon coucherafa lance fur la tombe, en la plus grande
reuérence que faire fe pourra, & aufli quand le corps fera à demi dedans
la foffe, Semblablément fera Monfcigneur d’Alegre, qui porte l’Enfcigne.
- Et aprés, quand le corps fera dedans, femblablement fera celuy qui porte
le panon. Er le dernier fera le premier Chambellan , qui femblablemené
abbatra la banniere, & la mettra fur toutes les autres chofes , au droit de
la tefte du corps. Et lors le Grand-Efcuyer qui aura couché fon efpée fur
le corps à l'entrée de ladire tombe, la releucra la pointe contremont ; &
cricra Wiue le Roy. : à . |
Aprés ce cry, les Herauts releueront leurs cortes d'armes, & les reuefti:
ront. Et femble que /e premier Chambellan doit relener le banniere, car elle ne
meurt jamais, Et vn Commis de l’Eglife la doic venir prendre entre fes
mains pour la pofer où il appartient, :
Puis aprés le Grand-Maiïftre fe doit mettre le premier pour aller au los
gis du Roy, & Meflcigneurs du Sang , & Chambellans aprés luy. Et là le
difner fe doit faire, & les Cérémonies accouftumées eftre faites par le
Grand-Maiftre. | _
Les deflufdites Ordonnances ont efté bien faites & entretenuëés, tant à ordre bien ob.
Amboife, que depuis le jour que le corps cn partit, allant de logis en au- /erré iwfgmes
tres iufques à Noftre-Dame des Champs prés Paris, auquel lieu Meféigneurs * 7":
de la Cour, de l'Vninerfité, des Comptes, Preuoff de Paris, Preuoff des Marchands,
d° Eféheuins de Ville remonftrerent les Ordonnances & anciens Priuileges
qu'ils auoient , chafcun en fon endtoit particulier, pour accompagner le
corps depuis Noftre-Dame des Champs iufques à la Croix pendante & à
Saint Denys. À quoy Monfcigneur de la Trimouïlle Lieutenant du Roy,
Meilcigneurs les Chambellans & Grand Efcuyer deflufnommer, qui eftoient
en fa compagnée, afin que le Corps fuft mieux & plus grandement ac«
compagné, que aufli pour honoïer nofdits Seigneurs de la Cour & autres
deffufdits, fe voulurent confentir & accorder. Enfuiuant leurfquels Priui-
leges & Ordonnances, le Corps partant de Noftre-Dame des Champs le
rs 2 9; iour d’Auril 1498. entra en la Ville de Paris en l’ordre qui
s'enfuit. | |
Ordre-de la Pompe Funebre du Roy Charles V'I11 I palfant par Paris, 39. Auril.
2298.
REMIEREMENT mafchoit vn Commiffaire auec vn bon nombre de Commifaire.
_ Sergens à paca sr faire vuider les ruës; lefdits Sergens habillez rt e
de noir, & chafcun fon bafton’noir à la main. _
Aprés marcherent en ordre des deux coftez de la rué les quatre cens Pau- Psuuret:
sres, ayans leurs chaperohs veftus, & portans les torches allumées ,; & en
chafcune torche deux efcuflons des armes de France. |
Puis fuiuant lefdites torches matchérent femblablement en ordre des
deux coftez de la rué les vimgs-gmatre Crieurs de La Ville de Paris, eftant veftus cu.
de noir, & portant chafcun deux efcuflons aux armes dudit Seigneur, l’vn
deuant, l’autre derriere, & fonnoient inceflamment leurs cloches. Iceux
Crieurs de la Ville de Paris eftanc veftus de noir, dés le matin, ils auoient
efté en tous les quartiers de la Ville, & publié le crefpas & entrée dudit
Seigneur , aduifant le peuple pour prier Dieu pour fon ame. |
Puis. marchoient en 2 au cofté dextre du corps, ayanc la Croix de- Mandishrs
üant eux, les gsatre Ordres des Mendians, &c les. Religieux des Bikestes, des Blancs- see Lu
Manteaux , des Matharins, de Saint Germain des Prexz, & de Saint Viétor, qui
eftoient tous en grand nombre:
| CCCcs
1 49 8.
Chenslier d
Archers du
Guest.
Porteurs de
fel.
Secrgeus.
754 OBSERVATIONS SVR LHISTOIRE
Puis aprés, dudit cofté dextre, fuiuant les Mendians & Religieux, mar-
choient 4 Chewalier, & tous les Sergens du Guet de la Ville de Paris, veftus de
hoir. Etc aprés eux les vingr-quatre Porteurs de fel de la Ville, que l'on appel-
le Hanoiers , & auil les Sergens de la douzaine, tous veftus de noir. Lefdits
Hanoiers difoient que par Privilege ils deuoicnt porter le corps dudit Sei-
gneut depuis l’entrée de la Ville de Paris iufques à la Croix pendante prés
dudit Saint Denys. Mais il fut aduifé par Meficigneurs que lefdits Gen-
. tilshommes de la Chambre le porteroient, fans préiudice du Priuilege que
Archers de la
Garde.
Suifes,
Enfans d'hen-
nenr.
Ma'ffres
d'Hofiel.
Vaiuerfité.
Officiers de la
masfon.
Trompettes.
Marants.
Chariot,
difoient auoirlefdits Hanoiers.
Et aprés léfdirs Cheualier & Sergens du Guet, Hanoiers, & Sergens de
la douzaine deffufdits, marchoient à pied les Cheuaucheurs de l'Efcurie
dudit Séigneur. |
Et aprés lefdirs Cheuaucheurs marchoient /es Archers de la garde , & Lei
Suifles, tous en deuil, leurs chaperons veftus, & les robes defdits Archers
ouuertes deuant, afin de connoiftre leurs hoquetons, & portans leurs halle
ss ,) & auec eux X Licatenant de Capitaine Claude, Chef defdits Ar-.
chers. à
Et aprés eux dudit cofté marchoient les enfaws d'honneur en ordre, 8
leurs chaperons veftus.
Aprés les enfans d'honneur dudit cofté dextre marchoient les Mai/=
tres d'Hefkl, chafcun portant fon bafton noir , & leurs chaperons vef-
tus. L
Et au cofté feneftre, à l’oppofite defdirs Mendians & Religieux, Sergens,
& autres deflufnommez , fuiuanc les Crieurs deflufdits, marchoient en
femblable ordre Meféigneurs de l'ninerfité, vous Graduez, sans és Arts, De-
cret, Medecine, Theologie, que autres Faculrez, eftans en habits & chape-
rons felon leur Faculté. Et Monfeigneur /e Reëkeur , auec grand nombre
de Docfeurs defdites Facultez, tous reueftus de Chappes, & Îles Bedeaux de
toutes les Nations deuant luy , ledir Seigneur Redteur fe mit en deuoir,
& fit offre d'amener la totalité des Efudians de ladite Vniuerfité, que l'on cff:-
me à plus de vinet-cing mille hommes. Mais pour éuiter la preffe, l'on s'arrefta
à n'auoir que lefdits Gradyez qui effoient quatre à cinq mille hommes. Et tenoic
le rang de ladite Vniuerfité du cofté feneftre iufques prés du corps & fta-
tué cy-aprés declarée. | |
Et par le milieu de la ruë, entre ladite Vniuerficé & les deflufdits qui
alloient à l’oppofite d’eux, marchoient par ordre ceux qui s’enfuiuent.
_ A l'endroit où failloit la bande des torches, marchoit Z Maiffre d'Hoffel
de la defpenfé Chafteaudieux, qui pour lors feruoit, eftant monte fur fa
mulle , menant aprés luy à pied tous Les officiers de La Maifon, qui alloient
par ordre, & leurs chaperons veftus, D |
-Et aprés eux marchoient les Trompettes & Herauts, vous en deuïl, &
en leur ordre.
Plus fuiuant les deffufdirs marchoit L Capitaine Claude fur vn courfier
houffé de veloux noir, lequel Claude aüoit fon chaperon veftu , & portoic
le Guidon du Roy defployé. LL | |
Et fuiuant le Guidon par le milieu de la rué marchoit /e Chariot où auoit
cfté apporte le corps dudit Scigneur depuis Amboife iufques à Noftre-
Dame des Champs , lequel chariot eftoit couuert d’vn drap de veloux
noir. Et pardeflus le veloux d’vn autre drap d’or, ayant vn bout de ve-
loux bleu, de la largeur du veloux, femé de fleurs de lys, & bordé d’her-
mines. Et y auoit fur le drap d’or vne grande Croix blanche, & fix cheuaux
qui menoient ledit Chariot, lefquels eftoienc tous couuerts iufques en rerrè
de veloux noir , & la Croix blanche deffus. Etc femblablement les colliers
& traits tous couuerts de veloux noir, |
DV ROY CHARLES VIIL 755 -
. Et aux coftez du Chariot marchoient à cheual les deux Eféuyers de corps, 1 4 9 8,
Emar Rony, & Camiquan, feruans lors du crefpas dudit Scigneur. Efenyeri,
. Ec aprés ledit Chariot marchoit J'Efuyer de le defjenfé Blandin, cftanc à
cheual, |
Et aprés luy marchoient fx Pages, veftus de veloux noir, fur les fix coure Pages
fiers, tous couuerts de veloux noir , la Croix blanche defflus.
Aprés les fix cheuaux, eftoit mené 4 cheval de l'efpée, couuert de veloux
noir, & la Croix blanche deflus.
Et füuiuant ledit cheual marchoient les EfCuyers Stiflac, Genlis, & Sainte
Mefme, qui eftoient fur leurs mules. |
Puis au cofté dextre marchoienc par ordre les Eglfes féculieres @ Parro- paroiges ds
chiales de Paris. | Paris,
Et aprés eux marchoient dudit cofté ceux des Egli/és de la Sainte Chapelle
GC de Noffre-Dame de Paris, tous par ordre.
Et auditrang dextre fuiuanc les deflufdits Marchoient en ordre Les Prelas Prelass.
qui s’enfuiuent , tous reueftus en Pontificat, ayans chafcun leurs crofles; |
l'Abbé de Saint Victor, l'Abbé de Saint Magloire, l'Abbé de Sainte Genenicfue,
l'Abbé de Fefcan, l'Abbé de Sarlat, l'Eucefque de Valence, l'Eucfque d'Angers, l'Euef-
que d'Auxerre, l'Eucjque de Bethleem , l'Eucfque d'Eureux , l'Eucfque de Cornoaille,
l'Euefque me pot » © l'Enefque de Paris. Les Cardinaux de Gurce, 6: de Lu-
xembourg. Et toufiours au rang feneftre à l'oppofite des deflufdits marchoit
le rang de ladite Vniuerfité en l’ordre deuant dit. Et entre,les deux rangs
d’Eglife & Vaniuerfité marchoient les Sergens 4 maffe, portans la tefte des... à
leurs mañles contre bas. Et les deux Roys d'armes Monioye & Cleruoye, maÿe.
leurs chaperons veftus. Et au cofté fencftre defdits Roys d'armes mar- Ross d'armes,
choient les Maisfres des Requefes. Maifires des
Et aprés lefdics Roys d'armes, marchoit le chewal de parement mené en Rae.
main, tout couuert de veloux noir iufques en terre, & ne luy voyoit-on Che#slés be.
que les yeux, & auoit la Croix blanche deflus. ce |
Apres lequel cheual, marchoit le Grand-Efuyer fur vne mule baffe, cou- Gus rf.
uerte d’vn caparaflon de veloux noir, portant l'efpée. cuyer.
Et à cofté de luy, trois ou quatre pas plus en auant, marchoit le Prewoif prouof di
de Paris à picd, portant fa verge en fa main, comme à fon Office appar- Paris.
tient.
Incontinent aprés ledit Grand-Efcuyer ,marchoient les feize Gentils-hom- Gentilbom-
mes, qui portoient la litiere où eftoit le corps, & audeffus du corps la fta- mes.
tuë & reprefentarion du Roy faite au vif, comme deffus eft dit. Eteftoient |
Mefleigneurs es quatre Prefidens portans les quatre coins du drap d’or du prefarms.
lit de parement, & eftoient veftus d’habits Royaux, & tous Mefeigneurs de parlement.
La Cour au tour dudit corps, tous veftus d'Efcarlate, ayans les Huifliers de
ladite Cour deuant eux, veftus de noir. |
Ec eftoir le Ciel porté par Meflcigneurs /e Prewoff des Marchands & les preuoft des
Efcheuins de la Ville, duquel Ciel le fond eftoit de drap d’or, & les pentes Marchands de
e veloux bleu, femé de fleurs de lys de brodure, & dix baftons , fur %°”**"
quoy il eftoit porté, couuerts de veloux bleu, femblablement femez de
fleurs de lys. | | |
Au cofté feneftre dudit corps marchoit Louys Daux , premier Valet tren>
chant, portant le panon dudit Seigneur defployé.
: Ecau cofté droit marchoit /e Seigneur d'Alegre, portant l'Enféigne dudit rsfigue.
Seigneur aufli defployée. ” |
Apres le corps & ftatuë marchoit Mos/éigneur de la Trimouille pre- Banniers.
mier Chambellan , portant la banniere comme dit eft ; & à cofte de
luy la perfonne de Monfeigneur 4 Grand- Maiffre Monfigneur de Chau-
Mont. : | | |
Cardinsnx.
CCCccij
LÆ
———— 756 OBSERVATION SVR L'HISTOIRE
149 8. Et aprés du cofte droit du corps marchoient Mefcigmeurs les Princes dy
princes du 5408. C'eft à fçauoir , Monféigneur de Montpenfier, Monféigneur de Guife,
Sans @ ss. Monftigneur de Dunois, Monfeigneur le Duc d'Albanie, G Monféignesr d'Auen-
Fr nes , lefquels portoient le deuïl, leurs grands manteaux & chapperons
Chambrllans. Veftus. Et aprés eux Mcfleigneurs les Chambellans & Cheualiers de l'Ordre,
Chemaliers de 8 Les quatre Barons qui auoient porté le poifle, Ec aprés eux en cruche les
due vingt-quatre Archers du Corps en deuil.
Et aprés lefdics Archers marchoient les Gexssilshommes , leurs haches au
poing , felon le premier ordre deflus declaré,
Et de l’autre cofté de la ruë, au cofté feneftre du corps, à l’oppofite def.
Chambre des dits Seigneurs du Sang, marchoient Mefleigneurs de Ja Chambre des Comptes,
Ce a les Généraux de la Iuffice, les Officiers du Tref6r, & du Chaffelet, tant Crimi-
Chafls. nel que Ciuil, & les Bowrgcois de la Ville. Ét après en cruche marchoient
les Archers de la Ville. :
hs Er en cé ordre fut le corps conduit iufques à Noftre - Dame de Paris.
Ses # Et de là le lendemain, dernier iour d’Auril, aprés le Seruice, qui fuc
corps de Paris moult folemnel’ en ladite Eglife, fut le corps conduit en femblable ordre
ms." jufques hors Paris, à où chafcun monta à cheual, & reprit le premier or-
dre deffus declare.
Et aprés la Croix pendante prés Saint Denys, fe trouuerent les Religieux
dudit Saint Denys audeuant dudit corps. Et fut ledic corps porté à Saine
Denys en l'ordre deflufdit. Er à l'entrée de la porte dudit Saint Denys,
mefdits Seigneurs les Prefidens & de la Cour reprirent leurs ordres com-
me ils auoienc fait à Paris, & accompagnerent le corps ce iour & le len-
demain iufques fur le bord de la fofie. |
seruics fairà Et 1e lendemain de fon arriuée audit Saint Denys , qui eftoit le premier
Saint Denys. jour de May, fut fait le Seruice folemnel par Monfcigneur L Cardinal de
Oraifon fun. Luxembourg, & plufieurs autres defdies Prelats: & par Monféigneur d'Angers
bre par lssn fut faite une belle Predicarion. Et le Seruicc fait, fuc le ne mis en fe-
pe PS A ulture, là où par Meffeigneurs les Cardinaux & Prelats deflufdics furene
feeur du Aites les Ceremonies & Solemnitez de l’Eglife à eux appartenantes. Ee
7 femblablemenc par les Seigneurs & Officiers deflufdits furent gardées &
faires en grande reuerence toutes les autres Ceremonies & Solemnitez en
tel cas requifes , & cy-deuant contenuës €s Ordonnances faites par le
Grand - Efcuyer. |
Ledic Grand-Efcuyer fe deporte de parler des funerailles, aumofnes,
Cœur du Roy feruices, & ceremonies faites & venuës cant és Eglifes de Clery, où le Cœur
Charles VIII. dydit Seigneur 4 effé enterré, à Noftre - Dame de Paris, & Saint Denis, que
_. Cly. ouffi és autres Eglifes où le corps a repofé depuis fon trefpas , & où il a
efté faic Seruice folemnel. Car Meffeigneurs les Prelats qui en ont eù la
charge y ont procedé dignement, tant en aumofnes, continuation de Ser…
uice jour & nuit, depuis l’heure du crefpas dudit Seigneur, & iufques à fon
enterrement, que aufli en luminaires, & s’en font acquitez tres- digne.
ment, ainfi que chafcun a veu & connu.
Et au regard des paremens de foye sa les Autels des Eglifes & cein-
tures de veloux & fatin, que autres femées de fleurs-de-lys , tentes de
chaifes & fieges en icelles Eglifes, tant de draps de foye , que de draps
de laine, & euffons & broderie, que autres chofes éfdices Eglifes, ont
cfté ordonnez felon les lieux tels que chafcun a pu euidemment voir, &
par ledit Maiftre d'Hoftel Pierre Louïs bien executées.
Les Noms de Mefleigneurs les Princes pour porter les manteaux de
deuil. cHenféigneur de Montpenfier, Monféigneur de Guift, Aonféigneur de
Danois, Monfcigneur d'Auennes , Monféigneur le Duc d'Albanie.
Les Chambellans pour porter le drap de deflus le corps. cHfowfigneur
DV ROY CHARLES VIIE 57 a
de Piennes , Monftigneur du Bouchaige, le Senefchal de Beaucaire , Monfeigntur 1 49 8:
ds Moulin. |
Les Scigneurs & Barons pour porter le grand poifle. Jacques Mon/i-
geur de Rohan , Monftigneur le Vidame , Monftigneur de PRE ir Mon/ei=
gneur de Mauleon , Monféigneur de Raucl, le fils de Mowféigneur de Lautrec,
Monféigneur de la Rochepof , Monfeigneur de Maifieres , le fils de Monfeigneur
de Lijle. h
LE Gentilshommes pour porter le corps. René de Coffé, le Senefchal
d'Armaignac Bourdillon , George de la Chambre , Saint Amadour , Anthoine des
Anbus , Guyot Courcow , Bernard de Villeneuse , Lailler , le Sencfchal de Lyon,
Pocaire , Ican du Moustier , le Baillif de Mortaing , Efpery, Briant , le grand
Baïtard du Liege. Et pour Grand-Maiftre, Mon/éigneur de Chaumont.
OMISSIONS ET eADDITIONS.
"Proiet de mariage entre Charles Dauphin , fils du Roy Louis XI.
Co Marie heritiere des Pays - Bas.
Ovis par la grace de Dieu Roy de France : À tous prefens & à venir,
Salut. Comme puis nagucres pour toufiours de plus en plus nourrir &
accroiftre l'amour, union & prochaineté de Nous & de noftre tres-cher
&c tres-amé frere & coufn Le Duc de Bourgogne, ait efté fait ouuerture du |
mariage de noftre tres - cher & tres -amé aifné fils * Charles Dauphin de Vien- * Depuis Roy
pois , & de noîftre tres-chere & tres -amée coufine carie * fille de noftre- Jens : nom de
dit frere & coufin de Bourgogne, Sçasoir faifons que pour le fingulier de- 1 efois LE
fir & affeétion qu’auons à noftredit frere & coufin & à fa Maifon de Bour- /esi mafe.
gogne, auons de noftre certaine fcience & par grande & meure delibera-
on de plufeurs des Seigneurs de noftre Sang & lignage, & autres de" "fm
noftre Grand Confeil, fait traité, accordé, conclu, promis & iuré, & par milissl. Em.
la teneur de ces Prefentes, tant en noftre nom, comme pour & au nom ?"#r.
de noftredit fils, & nous eftabliffant & faifant fortpour luy, faifons, trai-
tons, accordons, concluons, iurons & promettons ledit mariage d’iceluy
noftre aifné fils, & de noftredite coufine de Bourgogne, lequel mariage
noftredit frere & coufin Je Duc de Bourgogne, & aufli noftredite coufine
fa fille, onc promis & iuré de leur part faire & accomplir. Ec en faucur &
contemplation d'iceluy nous auons donné & o&roye par forme de doüaire
à noftredite coufine, au cas que aprés ledie mariage confommé & accompli,
elle furuiuroic noftredit fils, la fomme de cest mille eftus d'or de rense X 8e * N° Dohaire
reuenu par chafcun an fa vie durant, & au deffous à icelle afleoir, afhgner, excefif.
parfournir & continuer en nos Pays & Comté de Champagne, & autres
Pays adiacens & contigus iufques au parfourniflement de ladite fomme,
& pour plus grande feureté dudit Traité de mariage, nous auons donné &
donnons par cefdites Prefentes plein pouvoir, authorité , commiffion &
mandement fpecial à noftre cher & feal coufin Confeiller ; & Premier
Chambellan George de la Trimoïlle , Seigneur de Craon, de Rochefort,
& de Lifle Bouchard de conclure par paroles de prefent ledit mariage,
& de fiancer & efpoufer en face de Sainte Eglife, pour & au nom de nof-
credit fils, icelle noftredite coufine de Bourgogne, ou en prendre & bail-
ler celle obligation & feureté qu’il verra eftre à faire. Promettans de bonne
foy, en parole de Roy, fur noftre honneur, & fur l’hiporeque. & obligation
de tous nos biens, de tenir de noftre part, & faire tenir & accomplir par
noftredit fils cout l'effet & contenu de cefdices Prefentes, & le luy faire
CCCcecii)
1498.
r2. Æaril
2456.
* Elle efpou[s
en fecendes
nopces Ican
de Beslogne,
V. cy-deffus
?- 691.
L
758 OBSERVATION SVR L'HISTOIRE
ratifier & auoir agréable, & au furplus accomplir 8 confommer ledit ma-
riage fi-toft qu'il fera venu en âge fuffifant pour ce faire, & quant à ce
nous fubmettons aux cenfures Ecclefiaftiques, & de n’en pouuoir eftre ab.
{ous fans le confentement de noftredit frere & d'’icelle noftre coufine..… ,
Sur le dos eff eférit : Minute premiere faite par Monfieur le Greffer,
Maiftre Guillaume de Cerifay, du mariage de Monfcigneur lé Dauphin &
de Mademoifelle Marie de Bourgogne. | nu
| Pré fur cette Minate Originale.
Articles de mariage entre le Duc de Bourbon C onnefable de France,
9° Teanne de Bourbon [œur du Duc de Vendofme.
A Tovs ceux qui ces preféntes Lettres verront : Jean Bandcreul Bourgeois
de Saint Pierre le Monftier , & Garde du Scel eftabli pour le Roy
noftre Sire en la Preuofté dudit lieu, Sa/wr. Sçauoir faifons que Eftienne
Garmat Clerc luré du Roy noftredit Sire & Notaire dudit Scel , nous a
rapporté & tefmoigné par ces Prefentes, auoir veu, tenu & leu de mot en
mot vn roullo en parchemin fain & entier en feings & efcritures, auquel
cftoit efcrit ce qui s’enfuit. Pour l’accompliflement du mariage pourparlé
entre Monfeigneur le Duc de Bourbon C* d'Auuergne Conneffable de France,
d'vne part ; & Mademoïifelle Jeanne de Bourbon * fœur de Monfcigneur
François de Bourbon Comte de Vendofme d’autre, ont efté accordez les
articles qui s’enfuiuent. Premierement, mondit fieur le Comte de Vendof.
me donne & conftituëé en dot à Mademoifelle fa fœur cel droit, part &
portion qui luy peut competer & appartenir en fa Maifon de Vendofme,
comme fille de ladite Maifon felon la declaration que le Roy en fera.
Item, mondit Seigneur le Conneftable donne à madire Damoifelle pour
fon doüaire la fomme de fix mille liures tournois de reuenu annuel, au
cas que doüaire aura lieu, & à commencer du iour & temps que iceluy
doüaire aura lieu, foit au premier an de cedit mariage ou aprés, fi aura
audit cas pour fa demeure les places & Chaftellenies de Cleyppie & Sury
les Bois, À pre les demeures & Maifons ne feront pour rien comptées, fauf
feulement le reuenu defdites Places ; & fera le furplus fur la Comté de
: Forefts de prochain en prochain. 1m, aura madite Demoifelle pour tous
droits qu’élle pourroir pretendre és meubles & conquefts la fomme de
douze mille liures cournois pour vne fois, qui feront & demeureront pro
pres à elle & aux fiens. Lefquels articles mondie Seigneur le Conneftable
& Monfeur le Comte de Vendofme ont promis & iuré és mains & pre-
fences de Nous lacques Berzeau & Iean Menon Notaires & Secretaires
_ du Roy noftre Sire fousfignez en l'Hoftel Abbatial de l'Abbaye de Sainc
Ioyn en Poitou, le 12. iour du mois d’Auril 1486. auant Pafques, cef-
moins à ce prefens & appellez Meflire Guillaume de Rochefort Cheualier
Chancelier de France, Meflire Pierre Euci{que d'Orange, Méeilire Iean Du-
mas Cheualier, Seigneur æe Lifle, Confeiller 8 Chambellan du Roÿ, Mef-
fire Bertrand de la Roche Cheualier Seigneur du Creft, Bompart, fieur
de Laige, Anchoine fieur de Foulet, Anthoine fieur de Preire, & autres
plufieurs. Ainfi figné, J. Berteag © Menon. En tefmoin de ce nous Garde
deffufdic, à la relation dudit Iuré qui les chofes deflufdites nous a rappor-
cées eftre vrayes, le féel de ladite Preuofté auons mis & appofé à ces Prefen-
tes Lertres A Vidimus. Fait & donné à Molins le 7. iour de Ianuier 1 494.
D AGE 6 9. Ledit Duc l’aimoit, & auoit fiance en luy. |
C’eftoit ss re Comte de Naffau, iflu de la Maifon de Naflau, qui
eft la premiere d'Allemagne entre les Maifons des Comtes. Son frere puif=
DV ROY CHARLES VIII. 759
né Jean Comte de Naflau fur pere de Henry & de Guillaume Comtes de
Naflau; Henry pere de Rene, Prince d'Orange; & Guillaume , pere de
Guillaume Prince d'Orange, & de Iean Comte de Naflau, decedé lan 1606.
AGE 162. Et fpecialement Claude de la Chaftre, qui toufiours eftoit
. loignant le Roy.
I! eftoit Seigneur de Nancey en Berry , & Capitaine des Gardes du
Corps des Roys Louys XI. Charles VIII. & Louys XII. Gabriel de la
Chañtre fon fils, Ioachim fils de Gabriel, & Gafpard fils de Ioachim lu
fuccederent en la mefme charge auprés des Roys Louys XII. François Î
Henry II. François II. Charles IX. & Henry III. Claude frere puifné
dudit Joachim fut Pere de Claude II. Marefchal de France , pere de
Louys, auf Marefchal de France.
AGE 211. Mefhre Adrian de l’'Hofpital menoit l’auantgarde.
Il eftoic Seigneur de Choify. Il eut deux fils d'Anne de Rouhaut,
fille de Ioachim de Rouhaut, Seigneur de Gamaches, Marefchal de France,
fçauoir Aloph de l'Hofpital, Seigneur de Choify, & Charles de l'Hofpital,
Seigneur de Vicry. .
Aloph Seigneur de Choify fut pere de Iean Comte de Choify, pere de
Jacques aufñi Comte de Choify.
Et Charles Seigneur de Vitry, pere de François, auffi Seigneur de Vi-
cry , lequel eut pour fils Louys pareillement Seigneur de Vitry, Lieute-
nant pour le Roy en Brie, Capitaine des Gardes du Corps du Roy
Henry IV. & Marefchal de France.
A PARIS,
DE. LIMPRIMERIE ROYALE,
PAR SEBASTIEN MABRE-CRAMOIS y,
Directeur de ladite Imprimerie.
M DC. LXXXI V.
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